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Traitement de L'eau Process (Usées de La Laiterie Candia A Béjaia)

Ce mini projet de licence traite du traitement des eaux usées générées par la laiterie Candia à Béjaia, en mettant en lumière leur origine, leur composition et les impacts environnementaux associés. Il souligne l'importance de la gestion des effluents laitiers, qui contiennent une charge organique élevée et peuvent entraîner des nuisances si non traités. Le document aborde également la réglementation algérienne en matière d'eaux usées industrielles.

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Traitement de L'eau Process (Usées de La Laiterie Candia A Béjaia)

Ce mini projet de licence traite du traitement des eaux usées générées par la laiterie Candia à Béjaia, en mettant en lumière leur origine, leur composition et les impacts environnementaux associés. Il souligne l'importance de la gestion des effluents laitiers, qui contiennent une charge organique élevée et peuvent entraîner des nuisances si non traités. Le document aborde également la réglementation algérienne en matière d'eaux usées industrielles.

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


Université Abderrahmane Mira-Bejaia

Mini projet de Licence

Domaine : Science et Technologie


Filière : Génie de procédé

Traitement de l’eau process (usées de la


laiterie candia a Béjaia)

Auteurs : Encadrants :
MAAMAR CELIA ISADOUNENE Samra
ATIF LIZA

Année Universitaire 2025/2026


Remerciements

Tout d’abord, nous remercions Dieu le Tout-Puissant de nous avoir accordé le courage,
la force et la santé nécessaires pour mener à bien ce travail.
Nous tenons à exprimer notre profonde reconnaissance à notre encadrante ISADOU-
NENE Samra, pour la qualité de son encadrement, sa disponibilité, sa patience ainsi que
pour ses précieux conseils tout au long de la réalisation de ce projet. Son soutien et son intérêt
constant ont été d’une grande aide et ont largement contribué à l’aboutissement de ce travail.
Nous lui adressons nos sincères remerciements et notre profonde gratitude.
Nous saisissons également cette occasion pour adresser nos vifs remerciements à l’en-
semble du personnel du département Technologie, ainsi qu’à tous les enseignants qui
ont contribué à notre formation.
Enfin, nous exprimons notre gratitude aux membres du jury pour l’honneur qu’ils
nous font en acceptant d’évaluer ce travail.
Table des matières
Liste des figures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iii

Liste des tableaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iv

Nomenclature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . v

Chapitre I : Généralités sur l’imagerie nocturne . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

2 Origine des eaux usées dans une laiterie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3


2.1 Origine générale des effluents laitiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Pertes de lait et de sous-produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Eaux de nettoyage et systèmes CIP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.4 Effluents spécifiques selon le type de fabrication . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.5 Selon le type de capteur embarqué . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

3 Caractérisation physico-chimique et biologique . . . . . . . . . . . . . . . . . 5


3.1 Caractéristiques physiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.2 Caractéristiques chimiques générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.3 Plages usuelles des paramètres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.4 Matières grasses, azote et phosphore . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.5 Caractérisation biologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

4 Impacts environnementaux et réglementation algérienne . . . . . . . . . . . 8


4.1 Impact environnemental des eaux usées laitières . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4.1.1 Consommation d’oxygène dans le milieu récepteur . . . . . . . . . . . . 8
4.1.2 Eutrophisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4.1.3 Formation de flottants, mousses et dépôts . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4.1.4 Perturbation des stations d’épuration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.1.5 Nuisances locales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.2 Principes de prévention environnementale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.3 Réglementation algérienne applicable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.3.1 Loi n° 03-10 du 19 juillet 2003 relative à la protection de l’environnement 10
4.3.2 Loi n° 05-12 du 4 août 2005 relative à l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.3.3 Décret exécutif n° 06-141 du 19 avril 2006 . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.4 Valeurs limites de rejet importantes pour une laiterie en Algérie . . . . . . . . 10
4.5 Exigences pratiques découlant de la réglementation . . . . . . . . . . . . . . . 10

5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Chapitre II : Notion nocturne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

i
Chapitre III : Partie théorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

BIBLIOGRAPHIES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

ii
Liste des figures

Table des figures


I.1 Couverture végétale d’une mare eutrophisée Image prise dans le parc du Mar-
quenterre en baie de Somme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
I.2 Fabrication des mousses lignocellulosiques solides à partir d’une suspension des
fibres dans l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

iii
Liste des tableaux

Liste des tableaux


1 Caractéristiques des principaux paramètres des eaux usées laitières . . . . . . . 6

iv
Nomenclature
ANLR Average Nighttime Light Radiance
BRDF Bidirectional Reflectance Distribution Function
DMSP Defense Meteorological Satellite Program
DNLR Difference of Nighttime Light Radiance
DNB Day/Night Band
JPSS Joint Polar Satellite System
NASA National Aeronautics and Space Administration
NDBI Normalized Difference Built-up Index
NOAA National Oceanic and Atmospheric Administration
NTL Night Time Light
OLS Operational Linescan System
SNLR Sum of Nighttime Light Radiance
Suomi NPP Suomi National Polar-orbiting Partnership
VIIRS Visible Infrared Imaging Radiometer Suite

v
Introduction générale
EMP Introduction générale

Le traitement des images nocturnes représente aujourd’hui un champ de recherche promet-


teur dans l’analyse et l’exploitation des données issues des capteurs satellitaires. Ces images,
acquises notamment par les capteurs VIIRS (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite) et
DMSP (Defense Meteorological Satellite Program), constituent une source d’information pré-
cieuse pour l’étude de nombreux phénomènes socio-économiques et environnementaux.
À l’échelle mondiale, les conflits armés — en particulier en Palestine, en Ukraine, au Soudan,
au Yémen et en Irak — continuent de poser de sérieux défis en matière de stabilité, de sécurité
humaine et de développement socio-économique. Les approches classiques d’évaluation de leurs
impacts, telles que les enquêtes de terrain et les missions humanitaires, se heurtent souvent à
des contraintes majeures liées à l’insécurité, à l’accessibilité limitée et aux difficultés logistiques.
Dans ce contexte, la télédétection de la lumière nocturne (NTL) apparaît comme un outil
pertinent et efficace pour le suivi et l’évaluation des effets des conflits.

1
Chapitre I

GÉNÉRALITÉS SUR LES EAUX


USÉES INDUSTRIELLES LAITIÈRES
EMP Chapitre I

1 Introduction
L’industrie laitière fait partie des industries agroalimentaires les plus consommatrices d’eau,
car l’eau y est utilisée pour le transport des fluides, le chauffage et le refroidissement, le la-
vage des équipements, le nettoyage des sols, la désinfection et les opérations de rinçage. Cette
consommation importante se traduit par une production significative d’eaux usées, dont la com-
position varie selon les fabrications réalisées, les pratiques de nettoyage et le niveau de pertes
de matière première. Les références techniques de la FAO et du Dairy Processing Handbook
soulignent que les effluents laitiers sont surtout marqués par une forte charge organique, une
teneur notable en matières grasses, protéines et sucres, ainsi qu’une grande variabilité de pH
liée aux opérations de nettoyage. 1 .
Ces eaux usées constituent un enjeu environnemental important, car elles sont facilement
fermentescibles et fortement biodégradables. Lorsqu’elles sont rejetées sans traitement, elles pro-
voquent une consommation rapide de l’oxygène dissous dans les milieux récepteurs et peuvent
entraîner des nuisances majeures : odeurs, eutrophisation, colmatage des réseaux, perturbation
des stations d’épuration et dégradation des eaux de surface. Dans le contexte algérien, leur rejet
est encadré par un dispositif juridique fondé sur la loi relative à l’environnement, la loi relative
à l’eau et le décret fixant les valeurs limites des effluents liquides industriels.[1]

2 Origine des eaux usées dans une laiterie


Dans une laiterie, les eaux usées proviennent de plusieurs étapes de production et de net-
toyage, comme le lavage des cuves, des camions et des canalisations, ainsi que les opérations
de désinfection et les changements de fabrication. Elles peuvent aussi contenir des résidus de
caillé dans les fromageries et du babeurre dans les ateliers de beurre. Leur composition varie
donc selon les produits fabriqués et les procédés utilisés.

2.1 Origine générale des effluents laitiers


Dans une laiterie, les eaux usées ne proviennent pas d’un seul poste, mais de l’ensemble de la
chaîne de transformation. Les principales sources sont la réception du lait cru, le dépotage des
citernes, le stockage dans les cuves, la pasteurisation, l’écrémage, les opérations de fabrication,
le conditionnement, le lavage des installations et le nettoyage des locaux. La FAO précise que
les postes les plus contributeurs sont souvent le lavage des camions-citernes, le rinçage des
équipements, le nettoyage des cuves, les pertes de produit lors des changements de fabrication
et les rejets liés aux ateliers fromagers et beurriers.
Les effluents d’une laiterie sont donc hétérogènes. Certains flux sont relativement peu pol-
lués, comme certaines eaux de refroidissement lorsqu’elles restent séparées du procédé. D’autres
sont au contraire très chargés, notamment les eaux de premier rinçage, qui entraînent direc-
tement du lait, du babeurre, de la crème, du lactosérum ou des particules de fromage. Cette
1. [Link]

3
EMP Chapitre I

distinction est essentielle, car elle conditionne les possibilités de tri à la source, de recyclage et
de traitement.[?].

2.2 Pertes de lait et de sous-produits


Une partie importante de la pollution est due aux pertes directes de produit. Dans une usine
laitière, de petites quantités de lait ou de dérivés perdus à différents points du procédé peuvent
entraîner une charge organique très élevée dans l’effluent final. Les études récentes sur les eaux
usées laitières indiquent que les pertes de produit vers l’égout peuvent représenter une fraction
non négligeable du lait traité, en particulier lors des vidanges de lignes, des transitions entre
fabrications, des défauts d’automatisme ou des arrêts de production.[2]
Ces pertes sont d’autant plus pénalisantes que les composants du lait possèdent une très
forte charge polluante. Le lactose, les protéines et les matières grasses contribuent fortement à
la DBO5 et à la DCO. C’est pourquoi même un faible pourcentage de lait perdu peut fortement
dégrader la qualité de l’effluent. La FAO insiste d’ailleurs sur le fait que le niveau de pollution
rejetée dépend non seulement du volume de production, mais surtout de la qualité de la gestion
industrielle et des pratiques d’exploitation.

2.3 Eaux de nettoyage et systèmes CIP


Les opérations de nettoyage représentent l’une des sources majeures d’eaux usées en laiterie.
Le nettoyage en place, ou CIP (Cleaning-In-Place), est largement utilisé pour laver les canali-
sations, cuves, échangeurs thermiques et équipements sans démontage. Un cycle CIP comprend
en général un pré-rinçage à l’eau, un lavage alcalin, un rinçage intermédiaire, un lavage acide,
puis un rinçage final. Chacune de ces étapes génère un effluent de nature différente.[3]
Le pré-rinçage est particulièrement chargé en matière organique, car il entraîne les résidus de
lait encore présents dans les installations. Les lavages alcalins et acides contiennent davantage
de produits chimiques de nettoyage, ce qui explique les variations extrêmes de pH observées
dans les effluents laitiers. Les travaux de caractérisation montrent que les effluents de nettoyage
diffèrent nettement des “eaux blanches” de premier rinçage, aussi bien du point de vue chimique
que microbiologique.[2]

2.4 Effluents spécifiques selon le type de fabrication


La nature des eaux usées varie avec les produits fabriqués. Dans les ateliers de lait liquide,
la pollution provient surtout des pertes de lait, des rinçages et des nettoyages d’équipements.
Dans les fromageries, le problème majeur peut être l’entraînement de particules de caillé et
surtout de lactosérum, qui possède un très fort pouvoir polluant s’il est rejeté sans valorisation.
Dans les ateliers de beurre, les eaux de lavage peuvent contenir du babeurre et des matières
grasses en quantité importante. Dans les usines de poudres laitières, la pollution liquide peut
être plus liée au nettoyage des installations qu’au procédé lui-même. 2
2. [Link]

4
EMP Chapitre I

Cette diversité explique pourquoi il est difficile de donner une composition unique des eaux
usées laitières. Deux laiteries de taille comparable peuvent avoir des effluents très différents
selon qu’elles produisent du lait pasteurisé, du fromage, de la crème, du beurre ou de la poudre.
La gestion interne de l’eau et la récupération des sous-produits sont donc aussi importantes
que la nature du produit fini.

2.5 Selon le type de capteur embarqué

3 Caractérisation physico-chimique et biologique


3.1 Caractéristiques physiques
Les eaux usées laitières ont souvent un aspect blanchâtre ou jaunâtre, lié à la présence de lait
dilué, de matières colloïdales, de fines particules protéiques et de globules gras. Elles peuvent
présenter une turbidité élevée, une mousse plus ou moins importante et, en cas de stagnation,
une odeur aigre due à la fermentation de la matière organique. Ces caractéristiques physiques
sont particulièrement marquées dans les eaux de premier rinçage et dans les effluents issus des
ateliers fromagers.
Les matières en suspension proviennent principalement des résidus de lait coagulé, des frag-
ments de caillé, des dépôts protéiques détachés lors du nettoyage et des particules solides en-
traînées depuis les sols ou les équipements. Leur concentration varie fortement selon la qualité
du prétraitement interne, la présence ou non de tamisage et le niveau de pertes de produit dans
l’atelier.[4]

3.2 Caractéristiques chimiques générales


Sur le plan chimique, les eaux usées laitières sont caractérisées avant tout par une forte teneur
en matière organique. Cette pollution provient des sucres, surtout le lactose, des protéines du
lait, des matières grasses, ainsi que des résidus de détergents et désinfectants utilisés lors du
nettoyage. Les revues techniques et scientifiques décrivent de manière convergente les effluents
laitiers comme des rejets riches en DBO5, DCO, matières en suspension, huiles et graisses, azote
et phosphore.[1]
La DBO5 exprime la quantité d’oxygène nécessaire à la dégradation biologique de la matière
organique biodégradable, tandis que la DCO mesure l’ensemble de la matière oxydable, qu’elle
soit biodégradable ou non. Dans les effluents laitiers, ces deux paramètres sont généralement
élevés. Le Dairy Processing Handbook indique que le rapport DCO/DBO5 est souvent inférieur
à 2 pour de nombreux effluents laitiers, ce qui traduit une bonne biodégradabilité et explique
pourquoi les traitements biologiques sont couramment utilisés dans ce secteur. 3
3. Dairy Effluent - Tetra Pak

5
EMP Chapitre I

3.3 Plages usuelles des paramètres


Les études disponibles montrent que les valeurs varient largement d’une usine à l’autre. Des
sources techniques récentes rapportent que la DBO5 des effluents laitiers se situe fréquemment
dans une plage de l’ordre de 1 000 à 4 000 mg/L, avec des valeurs parfois supérieures lorsque
les pertes de produit sont importantes. Ces teneurs sont bien supérieures à celles des eaux usées
domestiques, ce qui confirme le caractère fortement polluant des rejets laitiers bruts. 4
Pour la DCO, une étude récente publiée dans le Journal of Dairy Research indique que
la charge organique des eaux usées laitières peut typiquement correspondre à 1,3 à 7,0 kg
COD/m³, soit 1 300 à 7 000 mg/L, selon le procédé, le type de produit et l’importance des
pertes. La même source rappelle que les effluents laitiers sont aussi riches en graisses, huiles,
azote et phosphore, avec un pH souvent fluctuant à cause des produits de nettoyage.
Le pH constitue justement l’un des paramètres les plus instables. Les eaux de premier
rinçage tendent à être proches de la neutralité, alors que les solutions de nettoyage alcalines
ou acides peuvent donner des effluents partiels très basiques ou très acides. Cette variabilité
justifie la présence, dans les schémas de traitement, d’un bassin d’égalisation et souvent d’une
neutralisation avant traitement biologique.[2]

3.4 Matières grasses, azote et phosphore


Les matières grasses sont un paramètre fondamental de la pollution laitière. Elles pro-
viennent du lait entier, de la crème, du beurre et des eaux de lavage des installations. Elles
favorisent la formation d’écumes, le colmatage des conduites et la perturbation des procédés
biologiques lorsqu’elles ne sont pas éliminées en amont. Les références de synthèse sur les eaux
usées laitières insistent sur l’importance du dégraissage ou de la flottation en prétraitement.
L’azote et le phosphore proviennent des protéines laitières, des phospholipides du lait et
parfois des agents de nettoyage. Bien que la pollution laitière soit d’abord organique, la présence
de nutriments contribue fortement au risque d’eutrophisation des milieux aquatiques en cas de
rejet sans traitement adéquat. Leur suivi analytique est donc essentiel dans la conception des
filières d’épuration.

Table 1 – Caractéristiques des principaux paramètres des eaux usées laitières


Paramètre Origine Effets principaux Impact environnemen- Traitement
tal
Matières Lait, crème, beurre, Formation d’écumes, col- Réduction de l’oxygène, Dégraissage, flotta-
grasses eaux de lavage matage, augmentation de nuisances visuelles tion
la pollution organique
Azote Protéines laitières, Augmente la charge nutri- Eutrophisation des eaux Traitement biolo-
résidus de lait, lac- tive gique
tosérum
Phosphore Phospholipides, dé- Enrichissement en nutri- Eutrophisation (proliféra- Précipitation chi-
tergents, résidus de ments tion d’algues) mique
lait

4. Dairy Effluent

6
EMP Chapitre I

3.5 Caractérisation biologique


Du point de vue biologique, les eaux usées laitières contiennent une microflore variable issue
du lait, des surfaces d’équipement, de l’eau utilisée et de l’environnement de production. La
nature de cette flore dépend du type d’effluent. Les eaux blanches de premier rinçage sont
souvent les plus riches en biomasse et en ADN microbien détectable, alors que les effluents très
acides ou très alcalins issus du CIP sont moins favorables à la survie bactérienne.
L’étude de caractérisation publiée dans la revue Dairy montre que la composition bacté-
rienne des eaux usées dépend de plusieurs facteurs propres à chaque site industriel. Les auteurs
ont observé, selon les usines, la dominance de genres tels que Psychrobacter ou Anoxybacillus,
ce qui souligne que la flore des effluents n’est pas uniforme et reflète les conditions thermiques,
les pratiques de rinçage et le contexte technologique de l’usine.
Dans une perspective de traitement, le point le plus important n’est pas seulement l’iden-
tification taxonomique des microorganismes, mais surtout le fait que la matière organique des
effluents laitiers est généralement facilement biodégradable. Cela explique à la fois leur pouvoir
polluant élevé dans le milieu naturel et leur bonne aptitude au traitement biologique lorsqu’ils
sont convenablement prétraités et homogénéisés.

7
EMP Chapitre I

4 Impacts environnementaux et réglementation algérienne


4.1 Impact environnemental des eaux usées laitières
4.1.1 Consommation d’oxygène dans le milieu récepteur

L’impact majeur d’un rejet laitier brut est la consommation rapide de l’oxygène dissous dans
les eaux superficielles. En raison de leur DBO5 et de leur DCO élevées, ces effluents favorisent
une forte activité microbienne qui épuise l’oxygène disponible. Cette situation peut provoquer
l’asphyxie des organismes aquatiques, la mortalité piscicole et une dégradation importante de
la qualité biologique du milieu.

4.1.2 Eutrophisation

Les eaux usées laitières contiennent également des nutriments, en particulier l’azote et le
phosphore. Lorsqu’ils sont rejetés en quantités importantes, ces éléments favorisent la proliféra-
tion d’algues et de microorganismes dans les milieux aquatiques. Ce phénomène d’eutrophisa-
tion provoque un déséquilibre écologique, une dégradation de la qualité de l’eau, des odeurs et,
à terme, une aggravation de la consommation d’oxygène. Le Dairy Processing Handbook met
clairement en évidence le rôle de ces nutriments dans les perturbations des milieux récepteurs.

Figure I.1 — Couverture végétale d’une mare eutrophisée Image prise dans le parc du
Marquenterre en baie de Somme

4.1.3 Formation de flottants, mousses et dépôts

Les matières grasses et les solides entraînés peuvent former des pellicules en surface, des
flottants, des dépôts dans les réseaux et des mousses dans les ouvrages de traitement. Ces
phénomènes nuisent au fonctionnement hydraulique et réduisent l’efficacité des installations
d’épuration.

8
EMP Chapitre I

Figure I.2 — Fabrication des mousses lignocellulosiques solides à partir d’une suspension
des fibres dans l’eau

4.1.4 Perturbation des stations d’épuration

Lorsque les eaux usées laitières sont déversées sans prétraitement vers un réseau collectif,
leur forte charge organique, leur variabilité de débit et les variations brutales de pH peuvent
perturber les stations d’épuration en aval. Les pics de pollution ou les chocs chimiques issus
des solutions de CIP peuvent inhiber partiellement la biomasse épuratrice.

4.1.5 Nuisances locales

Les effluents laitiers mal gérés peuvent également engendrer des odeurs, une fermentation
rapide, une prolifération microbienne, une dégradation paysagère et des risques d’insalubrité
autour du site industriel. Ces effets sont particulièrement marqués dans les zones où les réseaux
d’assainissement sont insuffisants ou les traitements inexistants.

4.2 Principes de prévention environnementale


La réduction de la pollution laitière passe d’abord par la prévention à la source. Cela im-
plique la diminution des pertes de lait, la séparation des flux les plus concentrés, la récupération
des sous-produits comme le lactosérum, l’optimisation des nettoyages, la réutilisation raisonnée
de certaines eaux et la mise en place d’un bassin d’égalisation avant traitement. Ces approches
sont cohérentes avec les recommandations techniques internationales sur la gestion durable de
l’eau dans le secteur laitier.

9
EMP Chapitre I

4.3 Réglementation algérienne applicable


4.3.1 Loi n° 03-10 du 19 juillet 2003 relative à la protection de l’environnement

En Algérie, le cadre général de lutte contre la pollution industrielle est fondé sur la loi n°
03-10 relative à la protection de l’environnement dans le cadre du développement durable. Cette
loi établit les principes de prévention, de réduction et de contrôle des pollutions susceptibles
d’affecter les milieux naturels, y compris les eaux. Elle constitue le fondement juridique général
auquel se rattachent les textes réglementaires spécifiques sur les rejets industriels.

4.3.2 Loi n° 05-12 du 4 août 2005 relative à l’eau

La loi n° 05-12 relative à l’eau fixe les principes de gestion, d’utilisation et de protection
durable des ressources hydriques. Elle inscrit explicitement la protection qualitative des eaux, la
collecte et l’épuration des eaux usées, y compris industrielles, dans les objectifs de la politique
nationale de l’eau. Cette loi établit donc la base sectorielle de la lutte contre la pollution
hydrique en Algérie.

4.3.3 Décret exécutif n° 06-141 du 19 avril 2006

Le texte réglementaire le plus directement applicable aux laiteries est le décret exécutif n°
06-141 définissant les valeurs limites des rejets d’effluents liquides industriels. Ce décret précise
que toute installation générant ce type de rejet doit être conçue, exploitée et équipée de manière
à respecter les valeurs limites fixées à la sortie de l’installation. Il prévoit aussi des obligations
d’autocontrôle et de tenue de registre.

4.4 Valeurs limites de rejet importantes pour une laiterie en Algérie


Pour une industrie laitière, plusieurs paramètres du décret n° 06-141 sont particulièrement
importants. Le texte fixe notamment les seuils suivants : température maximale de 30 °C, pH
compris entre 6,5 et 8,5, MES à 35 mg/L, DCO à 120 mg/L, DBO5 à 35 mg/L, azote Kjeldahl
à 30 mg/L, phosphore total à 10 mg/L, huiles et graisses à 20 mg/L, et hydrocarbures totaux
à 10 mg/L. Ces seuils montrent clairement qu’un effluent laitier brut ne peut généralement pas
être rejeté sans traitement approprié.

4.5 Exigences pratiques découlant de la réglementation


En pratique, le respect de la réglementation algérienne impose à la laiterie de mettre en place
un système de gestion et de traitement des effluents. Celui-ci comprend souvent le dégrillage,
le tamisage, le dégraissage, l’égalisation des débits, la neutralisation du pH et un traitement
physico-chimique ou biologique adapté. Le décret prévoit aussi des contrôles périodiques et l’en-
registrement des résultats d’analyse, ce qui implique une surveillance régulière des paramètres
de rejet.

10
EMP Chapitre I

5 Conclusion
Les eaux usées industrielles laitières se caractérisent par une origine multiple, une forte
variabilité et une pollution essentiellement organique. Elles proviennent des pertes de produit,
des opérations de nettoyage, des ateliers de transformation et des lavages généraux de l’usine.
Leur composition physico-chimique est dominée par la matière organique biodégradable, les
matières grasses, les matières en suspension, l’azote, le phosphore et les résidus de produits de
nettoyage. Leur charge biologique est également significative, surtout dans les flux contenant
du lait dilué.
Sur le plan environnemental, ces effluents peuvent provoquer une désoxygénation du milieu,
une eutrophisation, des nuisances locales et des dysfonctionnements des stations d’épuration.
En Algérie, leur rejet est strictement encadré par la loi sur l’environnement, la loi relative à
l’eau et le décret exécutif n° 06-141, qui imposent des limites précises et une obligation de
contrôle. L’ensemble de ces éléments montre que la maîtrise des eaux usées laitières est à la fois
une exigence technique, environnementale et réglementaire.

11
Chapitre II

TECHNIQUE DE TRAITEMENT DES EFFLUENTS


LAITIERS
Chapitre III

DESCRIPTION DE LA STATIR ET TRAITEMENT A


LA LAITIERE CANDIA
BIBLIOGRAPHIES
EMP BIBLIOGRAPHIES

Références
[1] Ramsuroop, J., Gutu, L., Ayinde, W. B., Basitere, M., Manono, M. S. A Review of Bio-
logical Processes for Dairy Wastewater Treatment and the Effect of Physical Parameters
Which Affect Their Efficiency. Water, 16(4), 537, 2024. DOI : 10.3390/w16040537.
[2] Alalam, S., Ben-Souilah, F., Lessard, M.-H., Chamberland, J., Perreault, V., Pouliot, Y.,
Labrie, S., Doyen, A. Characterization of Chemical and Bacterial Compositions of Dairy
Wastewaters. Dairy, 2(2), 179–190, 2021. DOI : 10.3390/dairy2020016.
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