M5 : RdM (Résistance des Matériaux)
Résistance des Matériaux
Cours
1. Introduction, but de la RdM
La résistance des matériaux a trois objectifs principaux :
• la connaissance des caractéristiques mécaniques des matériaux (déformation et
rupture sous l’effet d’une action mécanique),
• l'étude de la résistance à la rupture des pièces mécaniques,
• l'étude de la déformation des pièces mécaniques.
2. Hypothèse de la RdM, champ d’application
2-1) Le matériaux :
Il est homogène : Structure continue et identique dans toutes les directions. Cette
hypothèse est fausse pour tous les matériaux granuleux ou fibreux : béton, pierre, bois,
composites, ...
Il est isotrope : Même propriétés mécaniques dans toutes les directions.
Cette hypothèse est fausse pour tous les matériaux granuleux ou fibreux.
2-2) Cas des pièces pouvant être assimilées à des poutres
Disposition de la matière, définition d’une poutre :
Poutre : on appelle poutre un solide engendré par une
surface plane (S) dont le centre de surface G
décrit une courbe plane (C) appelée ligne
moyenne.
Les caractéristiques de la poutre sont :
- Ligne moyenne droite ou à grand rayon de courbure.
- Section droite (S) constante ou variant progressivement.
- Grande longueur par rapport aux dimensions transversales.
- Existence d'un plan de symétrie.
Les déformations :
Les déformations étant petites devant les dimensions de la poutre, les
actions s'exerçant sur celle-ci seront calculées à partir du principe fondamental
de la statique.
Les supports des forces seront eux
considérés comme constants.
Navier & Bernoulli : Les sections planes normales
aux fibres avant déformation demeurent planes et
normales aux fibres après déformation.
Barré de St Venan : Les résultats obtenus par la RDM ne s'appliquent
valablement qu'à une distance suffisamment éloignée de la région d'application
des efforts concentrés.
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2-3) Cas des pièces ayant une forme complexe
Si la pièce n’est pas une poutre, alors il faut utiliser un logiciel effectuant les calculs par
éléments finis.
Le principe est le suivant :
Exemple : lame mobile du sécateur
a) Maillage de la pièce,
La méthode des éléments finis repose sur un découpage
de la pièce selon un maillage. D'habitude on choisit un
maillage triangulaire mais rien n'interdit de choisir des
maillages plus complexes. On peut resserrer le maillage
près des endroits où l'on pense que la solution va
beaucoup varier. Plus ce maillage est resserré, plus la
solution que l'on obtient par la méthode des éléments finis
sera précise.
b) Définition des liaisons et du chargement
Il faut indiquer une surface considérée comme fixe et il faut
modéliser les efforts s’appliquant sur la pièce
c) Interprétation des résultats.
Contraintes dans le matériau : Déformations :
Attention : la notation scientifique est souvent utilisée pour afficher les résultats :
A savoir : e-003 = 10-3 exemple : 2.374e-003 = 2,374.10-3 = 0,002374
e 000 = 1
e+001 = 10
e+006 = 106
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3. Efforts de cohésion
Pour étudier une poutre (E) en équilibre sous l’action Y
x
de plusieurs forces extérieures, il faut modéliser ce qui
se passe dans la matière. Pour cela, on réalise une
coupure fictive de la poutre située à l'abscisse x qui la X
sépare en 2 tronçons E1 et E2. G
Les efforts de cohésion traduisent les actions de Z E1 E2
contact de (E2) sur (E1). Ces efforts de cohésion
permettent à la poutre de ne pas se "disloquer" sous
l'effet d'actions extérieures.
On note les efforts de cohésion de la façon suivante :
Résultante Moment
N Mt • MT : moment de torsion
• N:
effort normal à la section
(traction ou compression)
• Mfy et Mfz : moments
R Ty MG Mfy de flexion
• Ty et Tz : efforts tranchants
Tz (cisaillement) efforts
R
Mfz
R tranchants
Diagramme des efforts intérieurs
L'objectif des diagrammes des efforts intérieurs est de représenter graphiquement les forces internes (telles
que les efforts tranchants et les moments fléchissants) qui agissent à l'intérieur d'une structure, en fonction de
la position le long de cette structure.
La démarche est la suivante :
1) Identifier la structure étudiée et son 3) Tracer les
chargement diagrammes
d’efforts
tranchants et de
moment
fléchissant en
les alignant
verticalement les
uns par rapport
aux autres.
2) Calculer les réactions aux appuis en
utilisant le PFS (Principe Fondamental de la
Statique) aussi appelé « 1ère Loi de
Newton ».
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4. Sollicitations simples
Compression Traction Flexion Torsion Cisaillement
Exemples de sollicitations composées
(association de plusieurs types de sollicitations Torsion + flexion Traction + flexion
simples).
5. Les contraintes mécaniques
Les contraintes mécaniques (ou tensions internes) désignent la répartition des forces internes par unité de
surface dans un matériau soumis à une sollicitation extérieure (comme des forces, des moments ou des
variations de température). Elles sont essentielles pour l’analyse du comportement d’un matériau ou d’une
structure sous l’effet de charges et permettent de déterminer si le matériau pourra résister à ces sollicitations
sans se déformer de manière irréversible ou se casser.
Les contraintes s’expriment en MPa (rappel : 1MPa = 106 Pa)
Il existe des contraintes normales et des contraintes tangentielles à la surface étudiée :
Contraintes normales Contraintes tangentielles
σ : contrainte normale (MPa) τ : contrainte tangentielle (MPa)
N : effort normal (N) T : force de cisaillement (N)
S : surface (mm2) S : surface (mm2)
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Concentrations de contraintes
Les concentrations de contraintes surviennent lorsque la
section d'une pièce varie de manière brutale : trou (perçage),
rainure, épaulement, gorge, …
Ce phénomène est parfois voulu
par exemple dans le cas des
emballages.
Pour limiter les concentrations
de contraintes, il faut faire varier
la géométrie des pièces progressivement.
6. Traction et compression
6-1) Détermination de la contrainte normale:
Quand une pièce est sollicitée à ses 2 extrémités par deux efforts F parallèles à l’axe longitudinal de la pièce,
la répartition des contraintes dans la section (S) est uniforme et normale à la surface :
F La contrainte normale de traction vaut :
N
X = .n avec =
(S) S
>0: Traction Les efforts extérieurs tendent à allonger la pièce
<0: Compression Les efforts extérieurs tendent à raccourcir la pièce
6-2) Loi de Hooke :
Lorsqu’une pièce se déforme dans son
domaine élastique, son allongement est
proportionnel à la contrainte appliquée.
« E » appelé Module d’Young correspond
à la raideur du matériau.
Loi de HOOKE :
: contrainte normale de traction (Mpa)
= E. Avec :
E : Module d'élasticité longitudinal (Mpa)
: allongement unitaire (déformation. par unité de longueur)
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6-3) Expression de la déformation élastique :
L’allongement élastique L d’une pièce en traction dépend de la force de traction N, de la section S et de
la longueur au repos de la pièce L.
F : norme de la force (N)
L : longueur au repos de la pièce (mm)
Avec :
E : module de Young (Mpa)
S : aire de la section de la pièce (mm²)
6-4) Condition de résistance :
Pour qu'une pièce résiste aux efforts de traction sans subir de déformation permanente il faut que la
contrainte interne ne dépasse pas la limite élastique Re (en MPa) du matériau.
Pour des raisons de sécurité et compte tenu des hypothèses faites avec les modélisations, la contrainte
normale doit rester inférieure à une valeur limite appelée contrainte pratique à l'extension Rpe. On considère
que c’est la contrainte maximale admissible.
Re
Rpe = Avec s: coefficient de sécurité >1
s
s = 1,5 à 3 pour des structures courantes.
s = 8 à 10 pour des structures présentant un danger pour l'homme et son environnement
Condition de résistance : Rpe
7. Sollicitation de CISAILLEMENT
7-1) Contrainte dans la section droite :
Les contraintes tangentielles sont
sensiblement uniformément réparties dans une
section droite.
: contrainte tangentielle de cisaillement (MPa)
𝐓
= Avec : T : norme de l’effort tranchant (N)
𝐒
S : aire de la section droite (mm²)
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7-2) Condition de résistance :
moy Rpg Rpg =
Re g
s
• Reg : Résistance élastique au glissement (MPa)
• Rpg : Résistance pratique au glissement (MPa)
• s : coefficient de sécurité
8. Sollicitation de FLEXION simple
8-1) Contraintes :
Ordonnée du point M
Dans le cas de la flexion plane simple,
(ici y>0)
les contraintes se réduisent
Max
essentiellement à des contraintes
Zone de normales.
compression (S) M
M. (Contrainte en M)
Zone de
traction
S1 Max
Fibre neutre
M : contrainte normale au point M due à la flexion (en MPa)
Mfz : moment de flexion selon (G, ) dans (S) (en [Link])
Avec : IGz : moment quadratique de la section droite (S) / à son axe neutre
(en mm4)
y : ordonnée du point M dans (G, ) (en mm)
Remarque : - La contrainte normale maximale se trouve sur le point le plus éloigné de l’axe neutre.
- La condition de résistance en flexion est la même qu’en traction en prenant la valeur maximale
de la contrainte.
8-2) Moment quadratique :
Le moment quadratique (mm4) caractérise la
raideur de la poutre au fléchissement.
Exemple du réglet :
Un réglet fléchira facilement s’il est à plat mais
beaucoup moins s’il est sur la tranche.
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Il est possible de calculer la flèche (déplacement
maximal d’une poutre) en utilisant les formules
suivantes.
• E : module d’élasticité du matériau
• I : moment quadratique de la section
• L : longueur de la poutre
• P : charge appliquée sur la poutre
9. Sollicitation de TORSION
9-2) Contrainte dans la section droite :
La valeur de la contrainte tangentielle en un point M est proportionnelle à la
distance de ce point au centre de la section. D’où la répartition des contraintes
tangentielles dans la section droite :
Ce qui amène cette relation liant le rayon à la contrainte tangentielle :
: Contrainte tangentielle dans le matériau. (Mpa)
𝛕𝐌 = 𝐆 ∙ 𝛉 ∙ 𝛒𝐌 Avec : G : module d’élasticité transversale du matériau
(ou module de Coulomb) (Mpa)
: rayon considéré pour l’analyse (mm)
Dans le domaine élastique, le moment de torsion Mt est proportionnel à l'angle unitaire de torsion .
Mt : Moment de torsion ([Link])
G : Module d'élasticité transversale (MPa)
Mt = G..Io Avec : : Angle unitaire de torsion (rad/mm)
Io : Moment quadratique de (S) par rapport à (O, ) (mm4)
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