CITOYENNETE
I- DEFINITION DE CONCEPTS CLES
- Civisme : Le civisme a trait à tout ce qui concerne le
citoyen et son rôle dans la vie politique. C’est le
dévouement, le zèle du citoyen pour la patrie, son respect
pour les conventions ; c’est le sens des devoirs collectifs
au sein d’une collectivité. C’est une forme d’attachement
du citoyen pour sa patrie, sa nation, sa cité, bref la société
dans laquelle il vit, qui se manifeste par sa participation à
la vie politique, notamment à travers l’exercice du droit
de vote. Le civisme entraine plusieurs valeurs
fondamentales parmi lesquelles nous avons :
- L’amour : C’est le sentiment de profond attachement à
Dieu, à son prochain et à sa patrie ; ce sentiment suppose
l’estime de soi et bannit l’orgueil, la haine, l’antipathie,
les luttes fratricides ;
- La préservation de la vie : c’est l’action de créer les
conditions matérielles, psychiques et intellectuelles pour
que la vie humaine, en tant que valeur suprême dans
l’échelle des droits de l’homme soit sauvegardée et se
développe dans ses fonctions de base ;
- Le sens élevé de responsabilité : c’est la forte conscience
d’assumer une charge et de répondre des conséquences
qui en découlent ; il exclut l’irresponsabilité, le laisser
aller, l’inertie, le populisme ;
- L’abnégation : c’est le sacrifice volontaire de soi-même,
de son intérêt personnel ou bien particulier au bénéfice de
l’intérêt général ; elle se présente comme le contraire de
2 l’égoïsme ;
- L’audace : grand courage, sens de l’initiative opportune,
force de caractère, fermeté devant le danger ou toute
situation difficile à affronter ; elle s’oppose à la peur
d’agir, de penser et de dire, à l’inertie administrative et
sociale ;
- Le travail : activité laborieuse de l’homme considérée
comme facteur essentiel pour l’épanouissement
personnel, la production et la croissance économique ;
- La dignité : valeur inhérente à un être humain, qui lui est
propre et qui fait son honneur ;
- L’excellence : degré élevé de perfection qu’une personne a
en son genre et qui s’entend du refus de la médiocrité, de
l’imperfection et de la paresse ;
- La fraternité : conscience d’appartenir à une même patrie,
à un même continent ; elle est la base de la solidarité et
de l’entraide. Elle constitue une barrière à l’intolérance,
au sectarisme, à l’ethnocentrisme et au régionalisme ;
- L’intégrité : état d’une personne honnête, probe et
incorruptible ; elle constitue l’un des fondements de la
dignité humaine et fait appel au détachement, au refus de
la cupidité en tant que désir indécent et mesquin
d’amasser des biens matériels ;
- La justice : principe moral qui exige le respect du droit et
de l’équité considérée comme une justice naturelle ou
morale indépendante du droit en vigueur ; elle fait appel
à l’impartialité et exclut l’iniquité, l’injustice, la violation
du droit ;
- La liberté : faculté pour un citoyen de faire tout ce qui
n’est pas contraire à la loi et qui ne nuit pas à autrui ; elle
s’oppose à la servitude, aux entraves, aux contraintes et à
l’arbitraire ;
- La paix : état de concorde, d’accord, de tranquillité,
d’harmonie et de sérénité d’esprit entre les membres d’un
groupe, d’une nation ; elle exclut la guerre, la violence,
les troubles, les divisions et les conflits ;
- La solidarité : relation entre personnes ayant conscience
d’une communauté d’intérêts, qui entraine, pour les unes
l’obligation morale de ne pas desservir les autres et de
leur porter assistance ; elle s’oppose à l’individualisme et
à l’égoïsme ;
- La vérité : réalité des faits, amour du vrai (ce qui est
conforme à la réalité) par rapport au faux (ce qui est
contraire à la réalité) ;
- La civilité : attitude de respect, à la fois à l’égard des
autres citoyens, mais aussi envers les divers bâtiments et
lieux de l’espace public. C’est une reconnaissance
mutuelle et tolérante des individus entre eux, au nom du
respect de la dignité de la personne humaine, qui permet
une plus grande harmonie dans la société.
• Les cinq grandes catégories de comportements ou
habiletés référant au civisme :
- La politesse ;
- Le respect d’autrui ;
- La courtoisie ;
- Le savoir-vivre ;
- La collaboration.
• Valeurs civiques
- Le respect : C’est la considération pour la collectivité,
accompagnée de la résolution de ne pas porter atteinte à
la sécurité de cette collectivité. Le respect de la
collectivité prend sa source dans le respect pour chaque
individu, la prise en compte de leur opinion et de leur
bien-être.
- La responsabilité sociale : Elle ressort de l’affirmation
personnelle d’une conscience politique par l’individu et
de la connaissance de droits et de devoirs vis-à-vis de la
société.
- La solidarité et l’entraide : Ce sont les relations existantes
entre les individus et entrainant des obligations morales,
à l’encontre de tous les membres de la communauté ou de
la société, de se porter assistance et de ne pas se desservir
mutuellement.
II- QUELQUES DROITS DU CITOYEN (Constitution
béninoise du 11 décembre 1990 telle que modifiée le 7
novembre 2019)
Article 8 : La personne humaine est sacrée et inviolable.
L’Etat a l’obligation absolue de la respecter et de la protéger.
Il lui garantit un plein épanouissement. A cet effet, il assure à
ses citoyens l’accès égal à la santé, à l’éducation, à la culture,
à l’information, à la formation professionnelle et à l’emploi.
Article 9 : Tout être humain a droit au développement et au
plein épanouissement de sa personne dans ses dimensions
matérielle, temporelle, intellectuelle et spirituelle, pourvu qu’il
ne viole pas les droits d’autrui ni n’enfreigne l’ordre
constitutionnel et les bonnes mœurs
Article 10 : Toute personne a droit à la culture. L’Etat a le
devoir de sauvegarder et de promouvoir les valeurs nationales
de civilisation tant matérielles que spirituelles, ainsi que les
traditions culturelles.
Article 11 : Toutes les communautés composant la Nation
béninoise jouissent de la liberté d’utiliser leurs langues parlées
et écrites et de développer leur propre culture, tout en
respectant celle des autres.
L’Etat doit promouvoir le développement de langues
nationales d’intercommunication.
Article 12 : L’Etat et les collectivités publiques garantissent
l’éducation des enfants et créent les conditions favorables à
cette fin.
Article 13 : L’Etat pourvoit à l’éducation de la jeunesse par
des écoles publiques. L’enseignement primaire est obligatoire.
L’Etat assure progressivement la gratuité de l’enseignement
public.
Article 14 : Les institutions et les communautés religieuses
peuvent également concourir à l’éducation de la jeunesse. Les
écoles privées, laïques ou confessionnelles, peuvent être
ouvertes avec l’autorisation et le contrôle de l’Etat. Les écoles
privées peuvent bénéficier des subventions de l’Etat dans les
conditions déterminées par la loi.
Article 15 : Tout individu a le droit à la vie, à la liberté, à la
sécurité et à l’intégrité de sa personne. Nul ne peut être
condamné à la peine de mort.
(…)
III- QUELQUES DEVOIRS DU CITOYEN BENINOIS
(Articles 32 à 38 de la Constitution)
- La défense de la Nation et de l’intégrité du territoire de la
République est un devoir sacré pour tout citoyen
béninois.
- Le service militaire est obligatoire. Les conditions
d’accomplissement de se devoir sont déterminées par la
loi.
- Tous les citoyens de la République du Bénin ont le devoir
de travailler pour le bien commun, de remplir toutes leurs
obligations civiques et professionnelles, de s’acquitter de
leurs contributions fiscales.
- Tout citoyen béninois, civil ou militaire, a le devoir sacré
de respecter, en toutes circonstances, la Constitution et
l’ordre constitutionnel établit, ainsi que les lois et
règlements de la République.
- Les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à
une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec
conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté
dans l’intérêt et le respect du bien commun.
(…)
IV- LA DEMOCRATIE
Selon la formule d’Abraham Lincoln, la démocratie est
‘’le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le
peuple’’. La démocratie est donc un système politique
dans lequel on accède au pouvoir par la volonté du
peuple. C’est un ensemble de valeurs que chaque peuple
peut s’approprier, les transformer selon son génie propre,
les adapter : c’est une pratique. C’est un système social,
politique, qui restitue libertés et pouvoirs de décisions de
l’ensemble des acteurs sociaux, qui reconnait les
décisions émanant du dialogue institutionnalisé, prônant
l’initiative et l’exemplarité c’est-à-dire mettre en pratique
la théorie, en somme l’action. Elle suppose les libertés
publiques et la séparation de pouvoirs, des élections
libres et périodiques.
V- L’ETAT DE DROIT
L’Etat légal ou Etat de droit au sens formel est une
avancée significative par rapport à la manière dont le
droit doit servir de fondement aux actes de
l’administration. Dans l’Etat légal qui est une certaine
forme d’Etat de droit, l’administration est soumise à la
loi. Or la loi, en vertu du principe de la séparation des
pouvoirs, n’est pas édictée par l’administration elle-
même. Elle est l’œuvre du Parlement, c’est-à-dire
l’expression de la volonté générale. L’Etat légal ou Etat
de droit au sens formel a été conçu dans l’intérêt des
citoyens pour les prémunir contre l’arbitraire de
l’administration (soit le prince ou le monarque, ou encore
l’Exécutif). Par Etat de droit au sens moderne, il faudrait
entendre un Etat dans lequel tout le monde est soumis à
des règles protectrices des libertés individuelles et
collectives dont la modification n’est pas laissée à la
discrétion des acteurs, qu’il s’agisse des particuliers, de
l’Exécutif ou du Parlement.
Par AKATSUKI-ENA