Plan du cours de « Structures des Matériaux »
I. États de la matière
II. Matériaux cristallins
III. Cohésion et structure cristalline
IV. Défauts dans les cristaux
1. Introduction
2. Défauts ponctuels
3. Défauts linéaires - dislocations
4. Défauts surfaciques - polycristaux
5. Défauts volumiques
V. Caractérisation par DRX
VI. Structure de bandes électroniques
152
IV-1. Introduction
IV-1.A. Défaut : une définition
Un défaut cristallin dans une structure est un
écart à la perfection de l’empilement cristallin
Imperfections
- Intrinsèques : propres à la structure elle-même
- Extrinsèques : ajout d’impuretés, alliages
Défauts, vraiment ?
- Influence : négative ou positive sur les propriétés
- « Défauts » au sens du physicien du solide :
inconvénient, ou avantage !
- Défauts : permettent de nouvelles propriétés
Mécaniques : dureté, ou plasticité (e.g. aciers)
Électriques : dopage des semi-conducteurs
(électronique)
153
IV-1.B. Classification des défauts
On peut classer les défauts dans les cristaux selon leur taille et leur
forme, et notamment en fonction de leur dimensionnalité :
c-à-d :
• ponctuels lacunes, atomes en insertion, substitution
• linéaires dislocations, coin ou vis
• surfaciques joints de grains TP N°1 : fonte et laiton
• volumiques précipités, cohérents ou non TP N°1 : fonte
154
IV-2. Défauts ponctuels dans les cristaux
IV-2.A. Généralités
1 – Lacune
2 1
2 et 3 – Atomes étrangers en substitution 5
(solution solide de substitution)
4 – Atome étranger en insertion 3
4
(solution solide d’insertion)
5 – Auto-interstitiel
155
IV-2.B. Sites interstitiels dans les structures cubiques
Selon que l’atome interstitiel vient se loger au cœur d’un octaèdre ou d’un
tétraèdre, les sites interstitiels peuvent être de deux types :
• Octaédriques : environnement = 6 atomes
• Tétraédriques : environnement = 4 atomes
CC (cubique centré) CFC (cubique faces centrées)
Cubique centré (CC)
Sites octaédriques : en centre de face ou en milieu d’arête
Sites tétraédriques : à mi chemin sur une face
Cubique faces centrées (CFC)
Sites octaédriques Sites tétraédriques
• En milieu d’arête • Au centre des 8 petits
• Au centre de maille cubes d’arête moitié
IV-2.C. Taille des sites interstitiels dans le cubique centré (CC)
a) Sites octaédriques :
L’octaèdre n’est pas régulier :
• arêtes de taille variable
• et
Les atomes de rayon sont
tangents selon la diagonale du
cube :
les atomes se touchent selon la
direction [001] :
petit atome en insertion 159
b) Sites tétraédriques du CC:
• Les atomes tangents selon la diagonale
du cube :
taille maximale du site :
petit atome en
insertion 160
IV-2.D. Taille des sites interstitiels dans le CFC
a) Sites octaédriques :
atomes d’une face tangents selon la
diagonale
Site octaédrique en milieu d’arête :
Rayon maximal du site octaédrique :
161
b) Sites tétraédriques : 1 1
0, ,
2 2
• centre des cubes 1 1
d’arête moitié , 0,
2 2
0,0,1
Tétraèdre régulier :
• Arête
• Sommets en 1 1
, ,0
, , 2 2
1 1
, ,0 0,0,0
0,0,0
2 2
,
1,0,0
Atomes de la matrice : contact / diagonale des faces
Interstitiel : grande diagonale
Rayon maximal du site tétraédrique :
petit atome en
insertion 162
d) Bilan des sites dans les CC et CFC (motif à 1 atome)
Rayon
Site structure Position
max
• centre de maille
octaédrique CFC
• milieu d’arête
• centre de face
octaédrique CC
• milieu d’arête
au centre des 8 sous-
tétraédrique CFC
cubes
tétraédrique CC sur les faces
163
IV-2.E. Solutions solides
a) Deux types
• Les solutions solides peuvent être de deux types
• Solution de substitution
• Solution d’insertion
substitution
(Al-Si, Al-Cu,
…Ni-Cu en CFC)
insertion
(Fe-C)
164
b) Condition d’existence : solution solide d’insertion
Une solution solide d’insertion est un matériau cristallin composé
d’atomes A dans lequel des atomes d’impuretés B viennent s’insérer
dans le réseau cristallin, en dehors des sites réguliers du cristal hôte.
Condition pour l’insertion : R(atome de soluté) << R(atome de solvant)
Ex : acier = Fe + C en solution solide d’insertion
R(C)=0,56 R(Fe) trop gros, distorsion du réseau cristallin du Fe
limite de solubilité à 727°C : à 0,1% en fraction atomique 165
c) Condition d’existence : solution solide de substitution
Une solution solide de substitution est un matériau cristallin composé
d’atomes A dans lequel des atomes d’impuretés B viennent remplacer des
atomes du réseau cristallin, sur des sites réguliers du cristal hôte.
Conditions pour la substitution :
|R(atome de soluté) R(atome de solvant)| ≤ 15%R(moyen)
• soluté et solvant cristallisent dans le même système
• électronégativités peu différentes
• forte valence
Ex : Au (CFC) + Cu (CFC) (ou Ni ou Ag),
R(Cu)=0,88 R(Au)
duralumin (aéronautique) : Al (CFC) + Cu
R(Cu)=0,895 R(Al)
Ag (CFC) + Cu solubilité limitée
(conditions ci-dessus nécessaires mais non
suffisantes)
166
d) Solution solide d’insertion : limites de concentration
insertion : R(atome de soluté) << R(atome de solvant)
Ex : acier = Fe + C en solution solide d’insertion
Teneur en carbone nombreuses propriétés de l'acier :
• en changeant la structure stable (ferrite, cémentite, perlite) ;
• en permettant la formation de martensite ;
• en formant des précipités avec les autres éléments d'alliage (carbures).
[Link]
167
TP N°1 : fonte à graphite sphéroïdale
Précipités de graphite : Joints de grains :
défauts 3D défauts 2D
IV-3. Défauts linéaires - dislocations
IV-3.A. Position du problème
comment déformer un cristal ?
Analogie : tapis
ou : comment bouger le
« tapis » sans faire
d’effort
La magie des matériaux
Par Michel Duneau & Christian Janot
169
Importance des dislocations : plasticité des métaux
Selon l’intensité de la contrainte appliquée :
Δ𝐿
GRAND 𝜀 =
𝐿
170
IV-3.B. Deux types de dislocation
a) Dislocation coin
insertion d’un plan supplémentaire
dislocation de Taylor : « edge dislocation »
171
b) Dislocation vis
dislocation de Burgers
« screw dislocation »
172
IV-3.C. Lignes
a) Définitions dislocation VIS
« chemins » de
Burgers
vecteurs de
Burgers
rangée / plan supplémentaire 173
b) Déplacement Déplacement de la chenille…
ou : comment bouger le
« tapis » on a déformé le
cristal à moindre
effort !
un cisaillement
irréversible est
apparu.
La magie des matériaux
Par Michel Duneau & Christian Janot
174
c) Glissement des dislocations
• Créer une dislocation : coûte beaucoup d’énergie
• Déplacer une dislocation : glissement par propagation coûte
peu d’énergie
On suppose que les dislocations préexistent dans un cristal
réel
175
IV-3.D. Durcissement structural appliqué: la forge
La haute température permet de
facilement déformer
plastiquement le métal : création
de dislocations, durcissement par
écrouissage
La trempe dans l’eau froide
permet de figer à froid
l’altération créée à chaud
[Link]
[Link]
176
Ancrage des dislocations dureté
impuretés
dislocations
Introduction à la physique des solides
C. Kittel, Dunod 177
Mouvement des dislocations
observé par microscopie
électronique
[Link]
Glissement de
dislocations
Dislocation glide during in situ TEM
straining at 400°C of 304 stainless
steel. Video speed is increased 5x.
[Link] 178
[Link]
[Link]
L’acier gaulois
était apprécié par
les Romains
179
IV-4. Défauts surfaciques - polycristaux
IV-4.A. Surface libre
• liaisons manquantes énergie de surface modifiée
arêtes
angle
© K. Wang, LPS d’Orsay
facette
180
IV-4.B. Joints de grains (grain boundary)
• Les matériaux se trouvent généralement à l’état polycristallin
• De nombreux grains sont juxtaposés
• Ces grains sont séparés par des joints de grains
• Un joint de grains est l'interface
entre deux cristaux de même
grain structure cristalline et de même
composition, mais d’orientation
différente
TP
181
IV-5. Défauts volumiques - alliages
IV-5.A. Les particules « précipitées »
Solution solide et solubilité limitée → rassemblement des
atomes de soluté en une phase cristalline homogène
(composé défini) : précipités
Superalliage base Ni
cohérents
Photo : étudiant S4/MCPC
Particules de Ni3(Al,Ti)
incohérents AS7G03
Al2Cu, Ti3Al
182
IV-5.B. Les particules « inclusions »
- non désirées (mauvaise maîtrise de l’élaboration)
Ex: Impuretés néfastes pour l’acier
[Link]
• Carbures (acier fonte)
• soufre (S) Image : Laurent Barrallier (ENSAM)
• phosphore (P)
• hydrogène (H) : vient de réactions avec H2O, ou soudage TP
183
IV-6. Bilan
Dimension nature propriétés modifiées
0 lacune diffusion dans le solide
soluté mécanique, électrique
Schottky/Frenkel électrique dans les ioniques
1 dislocations mécanique (électrique)
2 surfaces libres réactivité, rupture
joints de grains réactivité, mécanique
3 particules mécanique (électrique)
184
Plan du cours de « Structures des Matériaux »
I. États de la matière
II. Matériaux cristallins
III. Cohésion et structure cristalline
IV. Défauts dans les cristaux
g
V. Caractérisation par DRX
1. Introduction
2. Relation de Bragg
g
3. Intensité des faisceaux diffractés
4. Méthodes expérimentales
VI. Structure de bandes électroniques
185
V. Caractérisation par DRX
V-1. Introduction
Nature du rayonnement X
• Les rayons X sont des photons (symbole : )
• Les RX traversent la matière
• ces rayons obéissent comme tous les rayonnements
électromagnétiques à la relation d’Einstein :
Constante de Planck :
Célérité de la lumière :
186
• Longueurs d’onde : 10 nm 1 pm
• Fréquences : 30 PHz 300 EHz (péta1015, exa 1018)
• Énergies : 120 eV 1,2 MeV.
atomes
diffraction
187