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Struct - Amphi 5

Le cours de 'Structures des Matériaux' couvre les états de la matière, les matériaux cristallins, et la cohésion des structures cristallines, avec un accent particulier sur les défauts dans les cristaux, leur classification et leur impact sur les propriétés des matériaux. Il aborde également la caractérisation par diffraction des rayons X (DRX) et la structure des bandes électroniques. Les défauts, qu'ils soient ponctuels, linéaires, surfaciques ou volumiques, jouent un rôle crucial dans les propriétés mécaniques et électriques des matériaux.

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Struct - Amphi 5

Le cours de 'Structures des Matériaux' couvre les états de la matière, les matériaux cristallins, et la cohésion des structures cristallines, avec un accent particulier sur les défauts dans les cristaux, leur classification et leur impact sur les propriétés des matériaux. Il aborde également la caractérisation par diffraction des rayons X (DRX) et la structure des bandes électroniques. Les défauts, qu'ils soient ponctuels, linéaires, surfaciques ou volumiques, jouent un rôle crucial dans les propriétés mécaniques et électriques des matériaux.

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Plan du cours de « Structures des Matériaux »

I. États de la matière
II. Matériaux cristallins
III. Cohésion et structure cristalline
IV. Défauts dans les cristaux
1. Introduction
2. Défauts ponctuels
3. Défauts linéaires - dislocations
4. Défauts surfaciques - polycristaux
5. Défauts volumiques

V. Caractérisation par DRX


VI. Structure de bandes électroniques

152
IV-1. Introduction
IV-1.A. Défaut : une définition
Un défaut cristallin dans une structure est un
écart à la perfection de l’empilement cristallin

Imperfections
- Intrinsèques : propres à la structure elle-même
- Extrinsèques : ajout d’impuretés, alliages

Défauts, vraiment ?
- Influence : négative ou positive sur les propriétés
- « Défauts » au sens du physicien du solide :
inconvénient, ou avantage !
- Défauts : permettent de nouvelles propriétés
 Mécaniques : dureté, ou plasticité (e.g. aciers)
 Électriques : dopage des semi-conducteurs
(électronique)
153
IV-1.B. Classification des défauts
On peut classer les défauts dans les cristaux selon leur taille et leur
forme, et notamment en fonction de leur dimensionnalité :
c-à-d :

• ponctuels lacunes, atomes en insertion, substitution

• linéaires dislocations, coin ou vis

• surfaciques joints de grains TP N°1 : fonte et laiton

• volumiques précipités, cohérents ou non TP N°1 : fonte

154
IV-2. Défauts ponctuels dans les cristaux
IV-2.A. Généralités

1 – Lacune

2 1
2 et 3 – Atomes étrangers en substitution 5
(solution solide de substitution)
4 – Atome étranger en insertion 3
4
(solution solide d’insertion)

5 – Auto-interstitiel

155
IV-2.B. Sites interstitiels dans les structures cubiques
Selon que l’atome interstitiel vient se loger au cœur d’un octaèdre ou d’un
tétraèdre, les sites interstitiels peuvent être de deux types :

• Octaédriques : environnement = 6 atomes


• Tétraédriques : environnement = 4 atomes

CC (cubique centré) CFC (cubique faces centrées)


Cubique centré (CC)
Sites octaédriques : en centre de face ou en milieu d’arête
Sites tétraédriques : à mi chemin sur une face
Cubique faces centrées (CFC)
Sites octaédriques Sites tétraédriques

• En milieu d’arête • Au centre des 8 petits


• Au centre de maille cubes d’arête moitié
IV-2.C. Taille des sites interstitiels dans le cubique centré (CC)
a) Sites octaédriques :
L’octaèdre n’est pas régulier :
• arêtes de taille variable
• et

Les atomes de rayon sont


tangents selon la diagonale du
cube :

les atomes se touchent selon la


direction [001] :

petit atome en insertion 159


b) Sites tétraédriques du CC:
• Les atomes tangents selon la diagonale
du cube :

taille maximale du site :


petit atome en
insertion 160
IV-2.D. Taille des sites interstitiels dans le CFC
a) Sites octaédriques :

atomes d’une face tangents selon la


diagonale
Site octaédrique en milieu d’arête :

Rayon maximal du site octaédrique :

161
b) Sites tétraédriques : 1 1
0, ,
2 2
• centre des cubes 1 1
d’arête moitié , 0,
2 2
0,0,1

Tétraèdre régulier :
• Arête
• Sommets en 1 1
, ,0
, , 2 2
1 1
, ,0 0,0,0
0,0,0
2 2
,
1,0,0

Atomes de la matrice : contact / diagonale des faces

Interstitiel : grande diagonale

Rayon maximal du site tétraédrique :


petit atome en
insertion 162
d) Bilan des sites dans les CC et CFC (motif à 1 atome)

Rayon
Site structure Position
max
• centre de maille
octaédrique CFC
• milieu d’arête
• centre de face
octaédrique CC
• milieu d’arête
au centre des 8 sous-
tétraédrique CFC
cubes

tétraédrique CC sur les faces

163
IV-2.E. Solutions solides

a) Deux types

• Les solutions solides peuvent être de deux types


• Solution de substitution
• Solution d’insertion

substitution

(Al-Si, Al-Cu,
…Ni-Cu en CFC)
insertion
(Fe-C)

164
b) Condition d’existence : solution solide d’insertion

Une solution solide d’insertion est un matériau cristallin composé


d’atomes A dans lequel des atomes d’impuretés B viennent s’insérer
dans le réseau cristallin, en dehors des sites réguliers du cristal hôte.

Condition pour l’insertion : R(atome de soluté) << R(atome de solvant)

Ex : acier = Fe + C en solution solide d’insertion


R(C)=0,56 R(Fe)  trop gros, distorsion du réseau cristallin du Fe
limite de solubilité à 727°C : à 0,1% en fraction atomique 165
c) Condition d’existence : solution solide de substitution
Une solution solide de substitution est un matériau cristallin composé
d’atomes A dans lequel des atomes d’impuretés B viennent remplacer des
atomes du réseau cristallin, sur des sites réguliers du cristal hôte.

Conditions pour la substitution :


|R(atome de soluté)  R(atome de solvant)| ≤ 15%R(moyen)
• soluté et solvant cristallisent dans le même système
• électronégativités peu différentes
• forte valence

Ex : Au (CFC) + Cu (CFC) (ou Ni ou Ag),


R(Cu)=0,88 R(Au)

duralumin (aéronautique) : Al (CFC) + Cu


R(Cu)=0,895 R(Al)

Ag (CFC) + Cu solubilité limitée


(conditions ci-dessus nécessaires mais non
suffisantes)

166
d) Solution solide d’insertion : limites de concentration
insertion : R(atome de soluté) << R(atome de solvant)

Ex : acier = Fe + C en solution solide d’insertion

Teneur en carbone  nombreuses propriétés de l'acier :


• en changeant la structure stable (ferrite, cémentite, perlite) ;
• en permettant la formation de martensite ;
• en formant des précipités avec les autres éléments d'alliage (carbures).

[Link]

167
TP N°1 : fonte à graphite sphéroïdale

Précipités de graphite : Joints de grains :


défauts 3D défauts 2D
IV-3. Défauts linéaires - dislocations
IV-3.A. Position du problème
comment déformer un cristal ?

Analogie : tapis

ou : comment bouger le
« tapis » sans faire
d’effort

La magie des matériaux


Par Michel Duneau & Christian Janot
169
Importance des dislocations : plasticité des métaux
Selon l’intensité de la contrainte appliquée :

Δ𝐿
GRAND 𝜀 =
𝐿

170
IV-3.B. Deux types de dislocation
a) Dislocation coin

insertion d’un plan supplémentaire

dislocation de Taylor : « edge dislocation »

171
b) Dislocation vis

dislocation de Burgers
« screw dislocation »
172
IV-3.C. Lignes
a) Définitions dislocation VIS
« chemins » de
Burgers
vecteurs de
Burgers

rangée / plan supplémentaire 173


b) Déplacement Déplacement de la chenille…

ou : comment bouger le
« tapis » on a déformé le
cristal à moindre
effort !

un cisaillement
irréversible est
apparu.

La magie des matériaux


Par Michel Duneau & Christian Janot
174
c) Glissement des dislocations

• Créer une dislocation : coûte beaucoup d’énergie


• Déplacer une dislocation : glissement par propagation coûte
peu d’énergie

 On suppose que les dislocations préexistent dans un cristal


réel

175
IV-3.D. Durcissement structural appliqué: la forge
La haute température permet de
facilement déformer
plastiquement le métal : création
de dislocations, durcissement par
écrouissage

La trempe dans l’eau froide


permet de figer à froid
l’altération créée à chaud
[Link]

[Link]

176
Ancrage des dislocations  dureté

impuretés

dislocations

Introduction à la physique des solides


C. Kittel, Dunod 177
Mouvement des dislocations
observé par microscopie
électronique

[Link]

Glissement de
dislocations
Dislocation glide during in situ TEM
straining at 400°C of 304 stainless
steel. Video speed is increased 5x.

[Link] 178
[Link]
[Link]

L’acier gaulois
était apprécié par
les Romains

179
IV-4. Défauts surfaciques - polycristaux
IV-4.A. Surface libre

• liaisons manquantes  énergie de surface modifiée

arêtes

angle
© K. Wang, LPS d’Orsay

facette

180
IV-4.B. Joints de grains (grain boundary)

• Les matériaux se trouvent généralement à l’état polycristallin


• De nombreux grains sont juxtaposés
• Ces grains sont séparés par des joints de grains

• Un joint de grains est l'interface


entre deux cristaux de même
grain structure cristalline et de même
composition, mais d’orientation
différente

TP
181
IV-5. Défauts volumiques - alliages
IV-5.A. Les particules « précipitées »
Solution solide et solubilité limitée → rassemblement des
atomes de soluté en une phase cristalline homogène
(composé défini) : précipités
Superalliage base Ni
cohérents
Photo : étudiant S4/MCPC
Particules de Ni3(Al,Ti)

incohérents AS7G03

Al2Cu, Ti3Al

182
IV-5.B. Les particules « inclusions »
- non désirées (mauvaise maîtrise de l’élaboration)

Ex: Impuretés néfastes pour l’acier

[Link]
• Carbures (acier  fonte)

• soufre (S) Image : Laurent Barrallier (ENSAM)

• phosphore (P)
• hydrogène (H) : vient de réactions avec H2O, ou soudage TP
183
IV-6. Bilan

Dimension nature propriétés modifiées

0 lacune diffusion dans le solide


soluté mécanique, électrique
Schottky/Frenkel électrique dans les ioniques

1 dislocations mécanique (électrique)

2 surfaces libres réactivité, rupture


joints de grains réactivité, mécanique

3 particules mécanique (électrique)

184
Plan du cours de « Structures des Matériaux »
I. États de la matière
II. Matériaux cristallins
III. Cohésion et structure cristalline
IV. Défauts dans les cristaux
g
V. Caractérisation par DRX
1. Introduction
2. Relation de Bragg
g
3. Intensité des faisceaux diffractés
4. Méthodes expérimentales
VI. Structure de bandes électroniques

185
V. Caractérisation par DRX
V-1. Introduction
Nature du rayonnement X
• Les rayons X sont des photons (symbole : )
• Les RX traversent la matière
• ces rayons obéissent comme tous les rayonnements
électromagnétiques à la relation d’Einstein :

Constante de Planck :
Célérité de la lumière :
186
• Longueurs d’onde : 10 nm  1 pm
• Fréquences : 30 PHz  300 EHz (péta1015, exa  1018)
• Énergies : 120 eV  1,2 MeV.

atomes

 diffraction
187

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