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Correction TD

Le document traite des obligations contractuelles dans divers cas pratiques, en abordant des exemples tels que les obligations des transporteurs, des vendeurs, des salariés, et des médecins. Il examine également des contrats spécifiques, comme la vente de terrain, l'assurance, et les prêts, en qualifiant les obligations associées. Enfin, il aborde des articles du COCC concernant les obligations de résultat, de moyens, et les modalités d'exécution des obligations, tout en discutant de la liberté contractuelle et de l'autonomie de la volonté dans le cadre des contrats.

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Correction TD

Le document traite des obligations contractuelles dans divers cas pratiques, en abordant des exemples tels que les obligations des transporteurs, des vendeurs, des salariés, et des médecins. Il examine également des contrats spécifiques, comme la vente de terrain, l'assurance, et les prêts, en qualifiant les obligations associées. Enfin, il aborde des articles du COCC concernant les obligations de résultat, de moyens, et les modalités d'exécution des obligations, tout en discutant de la liberté contractuelle et de l'autonomie de la volonté dans le cadre des contrats.

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Exercice commentaire d’article

Tous les groupes devront traiter l’exercice 1 et 2 en plus de l’article à commenter.

Exercice 1 : Qualifiez les obligations découlant des différents contrats et cas pratiques :
1. L’obligation du petit train bleu
Obligation de résultat et de sécurité. En droit du transport, les transporteurs sont tenus d’une
obligation de résultat et de sécurité. V. 645 du COCC.
2. L’obligation du vendeur d’un bien meuble
Obligation de donner, c’est-à-dire transférer la propriété, obligation de faire puisqu’il
accomplit une prestation positive.
3. L’obligation du salarié
Obligation de ne pas faire. Le salarié durant l’exécution de son contrat ne peut
concurrencer son employeur. Il est ainsi tenu d’une obligation de non concurrence. De
plus, il est tenu d’une obligation de faire car il doit aussi exécuter une prestation positive
notamment l’exécution de sa prestation de travail.
4. Tombée d’une charrette, la dame Diouf a été admise à l’hôpital de Grand Yoff pour fracture
multiples. On lui fit subir une intervention chirurgicale grâce à laquelle, elle a pu retrouver
l’usage de ses deux jambes. Mais, au moment de sa sortie, les médecins découvrent qu’elle est
atteinte d’une infection nosocomiale (Se dit d’une infection contractée lors d’un séjour en
milieu hospitalier). Déterminer les obligations violées.
Les obligations violées sont : l’obligation de sécurité et l’obligation de moyen. Les médecins
sont tenus d’une obligation de moyen à l’égard de leurs patients.
5. Pour rester en contact permanent avec ses enfants résidant à l’étranger, la vieille Fatou a pris
un abonnement de téléphone et d’internet auprès d’un opérateur de la place. A la réception de
sa dernière facture, elle constate que, des appels ont été émis vers des destinations inconnues à
partir de postes non localisés. Le service chargé de l’installation et de la maintenance de son
réseau a-t-il exécuté toutes ses obligations professionnelles ?
Les obligations manquées sont celles relatives à la sécurité des installations et à
l’information. Sur la question de la sécurité, voir la loi de 2018 sur les communications
électroniques et l’obligation d’information, v. la loi de 2021 sur les prix et la protection du
consommateur.
6. Abdou est un riche homme d’affaire réputé pour sa générosité. Depuis le décès de sa mère,
il verse une somme mensuelle à son beau-père. Mais, rattrapé par les difficultés de la vie, il
décide d’arrêter le soutien financier apporté ce dernier. A sa grande surprise, le vieux menace
de saisir la justice pour l’obliger à exécuter son obligation. Qu’en pensez-vous ?
L’obligation violée est qualifiée d’obligation naturelle. En principe, elle ne peut faire l’objet
d’une poursuite judiciaire. A noter qu’il existe plusieurs catégories d’obligations naturelles.
L’on peut citer l’obligation civile avortée : l’obligation n’a pu accéder à la vie juridique.
Exemple, violation d’une formalité qui peut entacher en acte. Il y a aussi l’obligation civile
dégénérée : l’obligation existe mais finie par perdre son caractère obligation. Exemple, la
prescription extinctive.
Il faut, toutefois, relever que l’obligation nature peut devenir une obligation civile. C’est le
cas lorsqu’elle a été reconnue comme telle et exécutée volontairement.
Exercice 2 :
1. Le contrat de vente de terrain intervenu le 26 mars 2008 entre Modou et Abdou.
Qualification du contrat : qualification principale : contrat synallagmatique ; qualification
secondaire : contrat à titre onéreux, commutatif, contrat solennel,
Qualification des obligations : obligation de donner, de faire, de délivrance.
2. Le contrat d’assurance signé entre monsieur Diop et la compagnie « Sécurité Routière (S R)
il y a maintenant deux ans. Qualification du contrat d’assurance : principal : Contrat
aléatoire. Accessoire : synallagmatique, onéreux, successif, consensuel, d’adhésion, nommé
Pour l’autre contrat : CDI
Obligation : de faire.
2. Le contrat de prêt d’argent entre Aminata, une étudiante en première année de droit et
son amie Khady.
Françoise a confié à sa petite sœur le reste de son argent après paiement de sa chambre et achat
de tickets de restauration.
Contrat de prêt : Contrat réel ; à titre unilatéral, consensuel, successif, commutatif, nommé
Obligation de restitution
Contrat de dépôt ; contrat réel, successif,
Obligation de conservation en bon père de famille
Contrat de vente, synallagmatique, onéreux, consensuel
Obligation de donner.
4. Le contrat de donation dont a bénéficié Coumba BA à l’occasion de son mariage. Contrat à
titre gratuit, à exécution instantanée
Obligation de donner ; de faire
5. Le contrat de travail liant la Société de Transformation de produits Maraîchers (STPM) et
Boubacar KANE et dont la durée n’est pas prévue au moment de sa formation.
Contrat de travail à durée indéterminée, à exécution successive, nommé,
Obligation de faire, de ne pas faire.
Exercice 2
Groupes du lundi : Commentez l’article 7 du COCC
« Le débiteur peut garantir au créancier l'exécution d'une obligation précise ou s'engager
simplement à apporter tous les soins d'un bon père de famille à l'exécution de son obligation.
La responsabilité du débiteur est engagée par l'inexécution ou l'exécution défectueuse de son
obligation ».

Idée générale : Les obligations de résultat et de moyens ou l’intensité des obligations de moyens
et de résultat.
I- Les obligations pouvant être garanties par le débiteur au créancier
A- L’obligation de résultat
B- L’obligation de moyens
II- La mise en œuvre de la responsabilité du débiteur
A- L’inexécution de l’obligation précise
B- L’exécution défectueuse de l’obligation

OU
IG : La garantie d’exécution du débiteur de l’obligation

I. L’objet de la garantie d’exécution


II. La responsabilité liée à une violation de la garantie

Groupes du mercredi : Commentez l’article 8 du COCC


« Sauf dispositions contraires, le débiteur d'une somme d'argent doit être mis en demeure de
s'exécuter. Les dommages et intérêts moratoires sont dus, sans que le créancier soit tenu de
justifier d'aucune perte, et n'excédent pas, sauf convention contraire, les intérêts légaux. Les
intérêts échus pour une année entière produisent des intérêts dès lors qu'ils sont judiciairement
réclamés, sous réserve des règles spéciales aux contrats commerciaux ».

IG : L’exécution d’une obligation de somme d’argent


I. Les Modalités d’exécution d’une obligation de somme d’argent
A. La mise en demeure préalable
B. Sauf dispositions contraires
II. La sanction de l’inexécution d’une obligation de somme d’argent
A. L’octroi immédiat de dommages et intérêts moratoires
B. Les modalités de paiement des intérêts échus

Groupes du jeudi : Commentez l’article 6 du COCC


« Le débiteur d'une obligation de faire ou de ne pas faire doit exécuter complètement son
obligation.
A défaut, il est tenu à réparation. Le juge peut en outre ordonner la destruction de ce qui aura
été fait contrairement à l'obligation. »

IG : L’exécution de l’obligation de faire ou de ne pas faire


I. L’exécution de l’obligation par le débiteur
A. L’obligation d’exécuter
B. L’exigence d’une exécution complète
II. La sanction de l’inexécution
A. La réparation par le débiteur
B. La destruction prononcée par la juge

Groupe du vendredi : commentez l’article 5 du COCC


« Le créancier acquiert le droit sur la chose au moment de la délivrance, sauf volonté contraire
des parties et sous réserve des dispositions particulières à la propriété foncière et aux meubles
immatriculés ».
IG : Le transfert de propriété
I. L’acquisition de droit : Le transfert de propriété à la délivrance
A. La caractérisation du droit
B. Le moment de l’acquisition
II. Les atténuations de l’acquisition du droit : Les modalité particulières de
transfert de propriété
A. La volonté contraire des parties
B. Le respect des dispositions particulières

Séance N°3 :

THÈME: THÉORIE GÉNÉRALE DU CONTRAT DES OBLIGATIONS


Sous-thème: Les fondements du contrat
Sujet 1 Lundi : L’autonomie de la volonté

Problématique : Quelle est la place de l’autonomie de la volonté dans le contrat ?

I. L’autonomie de la volonté, un paradigme (fondement) du contrat


A. La signification
-les philosophes individualistes
-L’école libérale
B. Les manifestations
- Liberté contractuelle - Force obligatoire – effet relatif
II. L’autonomie de la volonté, un paradigme du contrat affaibli
A. Un paradigme affaibli par la loi
L’interventionnisme étatique dans le contrat (le dirigisme),
Ordre public…
B. Un paradigme affaibli par le juge
La réfaction, le forçage contractuel….

Sujet 2 Mercredi : La liberté contractuelle

Problématique : En quoi consiste la liberté contractuelle ?

I. La liberté contractuelle, un principe consacré


A. La liberté de contracter ou pas
B. La liberté de définir le contenu du contrat
II. II. La liberté contractuelle, un principe limité
A. Le respect de l’ordre public
B. Le respect des bonnes mœurs
Sujet 3 Jeudi : Le déclin de l’autonomie de la volonté
Problématique : En quoi consiste le déclin de l’autonomie de la volonté ?
I. L’effritement (remise en cause) de l’autonomie de la volonté
A. L’action du législateur (la loi)
B. L’action du juge (la jurisprudence)
II. L’émergence d’autres fondements du contrat
A. Le solidarisme contractuel
B. Le civisme contractuel

Sujet 4 Vendredi : Les fondements alternatifs du contrat


Problématique : Quels sont les nouveaux fondements du contrat ?

I. Les nouveaux fondements changeant l’orientation


II. Les fondements protectionnistes
- Le solidarisme contractuel
- La conception collective du contrat
III. Les fondements tirés de l’analyse économique du contrat
- L’utilité contractuel
- La justice contractuelle
- Le solidarisme contractuel
A. La conception individualiste
B. La conception collective
IV. La consécration des fondements contractuels
A. Le solidarisme contractuel
B. La coopération des parties

Séance n° 4 :
THÈME : La période précontractuelle
Sous-thème : Les pourparlers
NOTE INTRODUCTIVE :
Il y a deux sortes de schémas relatifs à la formation d’un contrat : un schéma simple d’une part
et un schéma complexe d’autre part. Le schéma simple traduit ce que certains auteurs appellent le « coup
de foudre contractuel » c’est-à-dire le contrat se forme par une offre suivie d’une acceptation. V. Art.
78 du COCC. Dans le schéma simple, le contrat se forme immédiatement. Mais il est des hypothèses où
cela n’est pas le cas et ce, pour plusieurs raisons : enjeux du contrat, complexité de celui-ci. Comme le
dit un auteur : « à la conclusion immédiate du contrat, la pratique privilégie aujourd’hui une formation
plus graduelle, faite d’étapes et d’avancées successives ». Le schéma complexe englobe les contrats à
distance, la phase précontractuelle et les modalités de l’obligation. L’accent sera mis ici sur le schéma
complexe plus particulièrement sur la phase précontractuelle. Dans cette séance, nous mettrons l’accent
uniquement sur les pourparlers.
L’Equipe Pédagogique

Exercice : Commentaire de décision


Groupe du lundi : Commentaire d’arrêt : Alain MANOUKIAN

Cour de cassation : chambre commerciale


Audience publique du 26 novembre 2003
N° de pourvoi : 00-10243 00-10949.
La cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, a rendu l’arrêt suivant :
Donne acte aux consorts X... et à M. et Mme Y... de ce qu’ils se sont désistés de leur pourvoi n° B 00-
10.949 en tant que dirigé contre la société Stuck, la société Les Complices et M. Z... ;
Joint les pourvois n° J 00-10.243, formé par la société Alain Manoukian, et n° B 00-10.949, formé par
les consorts X..., M. et Mme Y..., qui attaquent le même arrêt ;
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 29 octobre 1999), que la société Alain Manoukian a engagé avec
les consorts X... et Y... (les consorts X...),, actionnaires de la société Stuck, des négociations en vue de
la cession des actions composant le capital de cette société ; que les pourparlers entrepris au printemps
de l’année 1997 ont, à l’issue de plusieurs rencontres et de divers échanges de courriers, conduit à
l’établissement, le 24 septembre 1997, d’un projet d’accord stipulant notamment plusieurs conditions
suspensives qui devaient être réalisées avant le 10 octobre de la même année, date ultérieurement
reportée au 31 octobre ; qu’après de nouvelles discussions, la société Alain Manoukian a, le 16 octobre
1997, accepté les demandes de mordication formulées par les cédants et proposé de reporter la date
limite de réalisation des conditions au 15 novembre 1997 ; que les consorts X... n’ayant formulé aucune
observation, un nouveau projet de cession leur a été adressé le 13 novembre 1997 ; que le 24 novembre,
la société Alain Manoukian a appris que les consorts X... avaient, le 10 novembre, consenti à la société
Les complices une promesse de cession des actions de la société Stuck ; que la société Alain Manoukian
a demandé que les consorts X... et la société Les complices soient condamnés à réparer le préjudice
résultant de la rupture fautive des pourparlers ;

Sur le moyen unique du pourvoi formé par les consorts X..., pris en ses deux branches :
Attendu que les consorts X... font grief à l’arrêt de les avoir condamnés à payer à la société Alain
Manoukian la somme de 400 000 francs à titre de dommages-intérêts alors, selon le moyen :
1 / que la liberté contractuelle implique celle de rompre les pourparlers, liberté qui n’est limitée que par
l’abus du droit de rompre qui est une faute caractérisée par le fait de tromper la confiance du partenaire
; que la cour d’appel, qui n’a relevé aucun élément à la charge du cédant de nature à caractériser un tel
comportement, contraire à la bonne foi contractuelle, a privé sa décision de toute base légale au regard
des articles 1382 et 1383 du Code civil ;
2 / que celui qui prend l’initiative de pourparlers en établissant une proposition d’achat de la totalité des
actions d’une société, soumise à plusieurs conditions suspensives affectées d’un délai de réalisation, et
qui ne manifeste aucune diligence pour la réalisation de ces conditions, ne saurait imputer à faute la
rupture par son partenaire des pourparlers, après l’expiration de ce délai, de sorte que la cour d’appel,
en statuant comme elle l’a fait, a violé les articles 1382 et 1383 du Code civil ;
Mais attendu, d’une part, qu’après avoir relevé, d’un côté, que les parties étaient parvenues à un projet
d’accord aplanissant la plupart des difficultés et que la société Alain Manoukian était en droit de penser
que les consorts X... étaient toujours disposés à lui céder leurs actions et, d’un autre côté, que les
actionnaires de la société Stuck avaient, à la même époque, conduit des négociations parallèles avec la
société Les complices et conclu avec cette dernière un accord dont ils n’avaient informé la société Alain
Manoukian que quatorze jours après la signature de celui-ci, tout en continuant à lui laisser croire que
seule l’absence de l’expert-comptable de la société retardait la signature du protocole, la cour d’appel a
retenu que les consorts X... avaient ainsi rompu unilatéralement et avec mauvaise foi des pourparlers
qu’ils n’avaient jamais paru abandonner et que la société Alain Manoukian poursuivait normalement ;
qu’en l’état de ces constatations et appréciations, la cour d’appel a légalement justifié sa décision ;
Et attendu, d’autre part, que la cour d’appel ayant relevé, par un motif non critiqué, que les parties
avaient, d’un commun accord, prorogé la date de réalisation des conditions suspensives, le moyen pris
de la circonstance que la rupture des pourparlers aurait été postérieure à cette date est inopérant ;
D’où il suit que le moyen ne peut être accueilli en aucune de ses branches ;

Sur le premier moyen du pourvoi formé par la société Alain Manoukian :


Attendu que la société Alain Manoukian fait grief à l’arrêt d’avoir limité à 400 000 francs la
condamnation à dommages-intérêts prononcée à l’encontre des consorts X... alors, selon le moyen, que
celui qui rompt brutalement des pourparlers relatifs à la cession des actions d’une société exploitant un
fonds de commerce doit indemniser la victime de cette rupture de la perte de la chance qu’avait cette
dernière d’obtenir les gains espérés tirés de l’exploitation dudit fonds de commerce en cas de conclusion
du contrat ; qu’il importe peu que les parties ne soient parvenues à aucun accord ferme et définitif ;
qu’en l’espèce, la cour d’appel a constaté que les consorts X... avaient engagé leur responsabilité
délictuelle envers la société Alain Manoukian en rompant unilatéralement, brutalement et avec mauvaise
foi les pourparlers qui avaient eu lieu entre eux au sujet de la cession des actions de la société Stuck
exploitant un fonds de commerce dans le centre commercial Belle Epine ; qu’en estimant néanmoins
que le préjudice subi par la société Alain Manoukian ne pouvait correspondre, du seul fait de l’absence
d’accord ferme et définitif, à la perte de la chance qu’avait cette société d’obtenir les gains qu’elle
pouvait espérer tirer de l’exploitation du fonds de commerce et en limitant la réparation du préjudice
subi par la société Alain Manoukian aux frais occasionnés par la négociation et aux études préalables
qu’elle avait engagées, la cour d’appel a violé l’article 1382 du Code civil ;
Mais attendu que les circonstances constitutives d’une faute commise dans l’exercice du droit de rupture
unilatérale des pourparlers précontractuels ne sont pas la cause du préjudice consistant dans la perte
d’une chance de réaliser les gains que permettait d’espérer la conclusion du contrat ;
Attendu que la cour d’appel a décidé à bon droit qu’en l’absence d’accord ferme et définitif, le préjudice
subi par la société Alain Manoukian n’incluait que les frais occasionnés par la négociation et les études
préalables auxquelles elle avait fait procéder et non les gains qu’elle pouvait, en cas de conclusion du
contrat, espérer tirer de l’exploitation du fonds de commerce ni même la perte d’une chance d’obtenir
ces gains ; que le moyen n’est pas fondé ;
Et sur le second moyen du même pourvoi :
Attendu que la société Alain Manoukian fait encore grief à l’arrêt d’avoir mis hors de cause la société
Les Complices alors, selon le moyen, que le seul fait pour l’acquéreur de garantir par avance le vendeur
de toute indemnité en cas de rupture des pourparlers auxquels ce dernier aurait pu se livrer avec un tiers
antérieurement constitue une faute dont l’acquéreur doit réparation envers la victime de la rupture des
pourparlers dès lors qu’une telle garantie constitue pour le vendeur, et pour le profit de l’acquéreur, une
incitation à rompre brutalement des pourparlers, fussent-ils sur le point d’aboutir, sans risque pour lui ;
qu’en l’espèce, la cour d’appel a constaté qu’aux termes de la convention de cession liant les consorts
X... à la société Les complices, celle-ci s’était engagée à garantir les vendeurs de toute indemnité que
ceux-ci seraient éventuellement amenés à verser à un tiers pour rupture abusive des pourparlers ; qu’en
considérant néanmoins que la société Les complices, dont les juges du fond ont constaté qu’elle avait
profité des manœuvres déloyales commises par les consorts X... à l’encontre de la société Alain
Manoukian, n’avait commis aucune faute envers la société Alain Manoukian, victime de la rupture
brutale des pourparlers qu’elle avait engagés avec les consorts X..., peu important qu’il n’ait pas été
démontré que la société Les complices avait eu connaissance de l’état d’avancement de ces pourparlers,
la cour d’appel a violé l’article 1382 du Code civil ;
Mais attendu que le simple fait de contracter, même en connaissance de cause, avec une personne ayant
engagé des pourparlers avec un tiers ne constitue pas, en lui-même et sauf s’il est dicté par l’intention
de nuire ou s’accompagne de manœuvres frauduleuses, une faute de nature à engager la responsabilité
de son auteur ;
Attendu qu’ayant relevé que la clause de garantie insérée dans la promesse de cession ne suffisait pas à
établir que la société Les Complices avait usé de procédés déloyaux pour obtenir la cession des actions
composant le capital de la société Stuck, ni même qu’elle avait une connaissance exacte de l’état
d’avancement des négociations poursuivies entre la société Alain Manoukian et les cédants et du manque
de loyauté de ceux-ci à l’égard de celle-là, la cour d’appel a exactement décidé que cette société n’avait
pas engagé sa responsabilité à l’égard de la société Alain Manoukian, peu important qu’elle ait, en effet,
profité des manœuvres déloyales des consorts X... ; que le moyen n’est pas fondé ;
PAR CES MOTIFS : REJETTE les pourvois ;

Problèmes de droit :
- Relève-t-il de la liberté contractuelle le fait de contracter avec un tiers alors qu’un projet
d’accord a été mis en place par les parties aux pourparlers ?
- La réparation de la perte de chance peut-elle être invoquer suite à une rupture des
pourparlers ?
- Peut-on engager la responsabilité du tiers suite à la rupture des pourparlers ?
Ou

Le fait de rompre des négociations avancées constitue-t-il un abus du droit de rompre les pourparlers
pouvant engager la responsabilité du partenaire et du tiers ?

I. L’existence d’une rupture abusive des pourparlers

II. L’obligation de réparation du préjudice découlant de la rupture abusive

Groupe du mercredi : Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 7 avril 1998, 95-


20.361, Inédit.
Sur le pourvoi formé par :
1°/ la société Laboratoires Sandoz, société à responsabilité limitée, dont le siège est ...,
2°/ la société Sandoz Pharma AG, société de droit suisse, dont le siège est Lichstrasse 35, 4002 Bale
(Suisse), en cassation d'un arrêt rendu le 21 septembre 1995 par la cour d'appel de Versailles (12e
chambre, section 2), au profit de la société civile Poleval, dont le siège est résidence Plein Sud, bât. C,
..., défenderesse à la cassation ;
Les demanderesses invoquent, à l'appui de leur pourvoi, les deux moyens de cassation annexés au
présent arrêt ;

LA COUR, composée selon l'article L. 131-6, alinéa 2, du Code de l'organisation judiciaire, en


l'audience publique du 24 février 1998, où étaient présents : M. Bézard, président, M. Gomez, conseiller
rapporteur, M. Nicot, conseiller, M. Raynaud, avocat général, Mme Arnoux, greffier de chambre ;
Sur le rapport de M. Gomez, conseiller, les observations de Me Baraduc-Benabent, avocat de la société
Laboratoires Sandoz et de la société Sandoz Pharma AG, de Me Luc-Thaler, avocat de la société Poleval,
les conclusions de M. Raynaud, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Attendu, selon les énonciations de l'arrêt attaqué (Versailles, 21 septembre 1995), que la société Poleval
a mis au point un procédé de conditionnement de médicaments appelé Diapack pour lequel elle a déposé
un brevet le 28 mai 1985 et un brevet additif le 21 novembre 1987 pour protéger notamment
l'exploitation du procédé à l'étranger; que des pourparlers se sont engagés, dans le courant de l'année
1987 entre cette société et la société Sandoz Suisse, elle-même informée par la société Sandoz France;
que plusieurs réunions ont eu lieu et des correspondances ont été engagées; que la société Sandoz Suisse
a adressé à la société Poleval plusieurs projets de contrat; que la société Poleval y a répondu
favorablement, mais après études de faisabilité, la société Sandoz Suisse a fait connaître à son
interlocuteur, le 19 décembre 1989, qu'elle n'entendait pas donné suite au projet; que cependant la société
Sandoz France a poursuivi ses études de faisabilité et à la fin du mois d'août 1990, les relations ont été
définitivement rompues entre les deux sociétés; que la société Poleval a assigné les sociétés Sandoz
France et Sandoz Suisse en réparation du préjudice résultant de cette rupture ;
Sur le premier moyen, pris en ses trois branches :
Attendu que les sociétés Sandoz France et Sandoz Suisse font grief à l'arrêt d'avoir déclaré fautive la
rupture des pourparlers alors, selon le pourvoi, d'une part, que le principe de la liberté de ne pas
contracter qui inclut la liberté de rompre à tout moment les pourparlers trouve sa limite dans le devoir
de bonne foi et de loyauté de chacun des interlocuteurs ;
que ne peut être tenue pour fautive pour avoir laissé espérer à la société Poleval pendant quatre années
la conclusion d'un accord définitif, son attitude dont la cour d'appel constate que la société Sandoz Suisse
a rompu le 19 décembre 1989 des pourparlers commencés deux ans auparavant, en novembre 1987,
qu'elle n'était ensuite plus intervenue, seuls les projets par elle rédigés ayant été transmis à la société
Poleval par la société Sandoz France ; qu'en déclarant que la société Sandoz Suisse avait manqué de
loyauté à l'égard de la société Poleval et en condamnant solidairement cette société avec la société
Sandoz France, la cour a violé l'article 1382 du Code civil; alors, d'autre part, que méconnaît les
exigences des articles 455 et 458 du nouveau Code de procédure civile, la cour d'appel qui ne précise
pas les documents sur lesquels elle se fonde ni ne procède à une analyse des pièces qui lui sont soumises;
qu'en indiquant que "les différents tests réalisés rendaient le projet viable tant sur le plan de sa mise en
oeuvre industrielle que sur celui de ses débouchés commerciaux" tandis qu'elles faisaient valoir que les
pourparlers avec la société Sandoz France avaient été rompus en août 1990 dès qu'il s'était révélé certain
que le cahier des charges imposé pour la taille de la machine destinée à réaliser le conditionnement et le
rendement de celle-ci ne pouvaient être respectés, la cour d'appel a entaché sa décision d'un défaut de
motifs, en violation des articles 455 et suivants du nouveau Code de procédure civile;
et alors, enfin, qu'en ne se prononçant pas sur les différents documents versés aux débats par elles,
postérieurs à la rupture des pourparlers avec la société Sandoz Suisse le 19 décembre 1989, et notamment
sur les conclusions signifiées par elles le 9 mars 1995 qui mettaient en lumière l'accord des parties pour
subordonner la passation des conventions à la réalisation de deux conditions suspensives tenant à
l'acceptabilité du conditionnement par les patients et les praticiens et à la construction d'une machine
prototype répondant au cahier des charges et l'impossibilité de l'entreprise Serea, choisie par la société
Poleval, pour remettre une offre répondant au cahier des charges, la cour d'appel a violé l'article 455 du
nouveau Code de procédure civile ;
Mais attendu qu'en retenant que le fait de laisser espérer à la société Poleval pendant quatre années un
accord définitif qui n'a été abandonné selon les propres dires de la société Sandoz que pour des
considérations internes au groupe ne mettant aucunement en cause la qualité du produit, ce dont il résulte
que la rupture de pourparlers s'étant étendus sur un temps très long et ayant occasionné de nombreuses
études ne tenait aucunement au résultat des dites études et se trouvait dépourvue de motif légitime, la
cour d'appel, qui n'avait pas à répondre au moyen inopérant invoqué par la troisième branche, a, par ces
seuls motifs, abstraction faite des motifs surabondants critiqués par la deuxième branche du moyen, pu
décider que la société Sandoz avait manqué de loyauté à l'égard de la société Poleval lui causant un
préjudice; d'où il suit que le moyen ne peut être accueilli ;
Et sur le second moyen :
Attendu que les sociétés Sandoz fait grief à l'arrêt de l'avoir condamnée au paiement de la somme de
quatre millions de francs alors, selon le pourvoi, qu en réparant par une somme globale de quatre millions
de francs à la fois le préjudice résultant de l'immobilisation du projet breveté et celui résultant de la perte
de la chance de contracter avec elles ou avec un autre partenaire, la cour d'appel n'a pas mis la Cour de
Cassation en mesure d'exercer son contrôle sur les modalités d'indemnisation de la perte de la chance de
contracter et de s'assurer que la réparation du préjudice ainsi subi n'était pas intégrale; que sa décision
manque de base légale au regard l'article 1382 du Code civil ;
Mais attendu qu'en précisant que la société Poleval avait, en raison du comportement fautif de la société
Sandoz, immobilisé en pure perte son procédé breveté pendant quatre années sans pouvoir négocier avec
un autre partenaire pendant cette période et avait également de ce fait divulgué son savoir-faire et en,
appréciant le préjudice en résultant, la cour d'appel a légalement justifié sa décision ; d'où il suit que le
moyen n'est pas fondé ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE le pourvoi ;

Problèmes de droit : Peut-on procéder à la rupture de pourparlers ayant durée quatre ans sans invoquer
un motif légitime ?

I. L’existence d’une rupture fautive.


A. La rupture tardive
B. La rupture sans motif légitime
II. L’étendue du préjudice réparable
A. Le pouvoir souverain d’appréciation du juge
B. La réparation intégrale du préjudice (immobilisation)

Groupe du jeudi : Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 20 mars 1972, 70-


14.154, Publié au bulletin

Sur les deux moyens réunis : attendu que, selon les énonciations de l'arrêt attaqué (Colmar, 13 juillet
1970) la société des établissements x... est entrée en pourparlers, en avril 1966, avec la société
établissements vilber-lourmat chargée de la distribution exclusive en France de machines, destinées à la
fabrication de tuyaux en ciment, construites par la société américaine Hydrotile Machinery c° dont le
siège est à nashua (iowa) ;
Qu'après un voyage aux Etats-Unis effectué par Robert x... Du 13 au 23 mai 1966 pour voir fonctionner
ces machines, la société x... demanda à la société vilber-lourmat des renseignements complémentaires
avant de faire son choix entre plusieurs types de machines fabriquées par la société hydrotile ;
Que la société vilber-lourmat ne répondit pas à cette lettre ;
Que la société x... apprit ultérieurement que dès le 4 juin 1966 le fabricant américain avait adressé un
devis aux établissements Vilber-lourmat, mais que ceux-ci ne le transmirent pas à la société x... ;
Que le 16 juin 1966 la société vilber-lourmat signa avec la société les tuyaux centrifuges du rhin,
concurrente de la société x..., un contrat de vente d'une machine Hydrotile comportant une clause aux
termes de laquelle la société vilber-lourmat s'engageait à ne pas vendre une machine semblable dans une
zone englobant l'est de la france pendant un délai de quarante-deux mois suivant la livraison de la
machine commandée par la société les tuyaux centrifuges ;
Que le 21 février 1967 la société x... fit assigner la société vilber-lourmat en paiement de dommages-
intérêts ;
Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt confirmatif défère d'avoir condamné la société vilbert-lourmat en
retenant tant le refus de vente que les autres fautes imputées à cette société, alors, selon le pourvoi, que,
d'une part, au regard de l'article 37-1° de l'ordonnance du 30 juin 1945 modifiée il n'y a pas refus de
vendre lorsque le refus de satisfaire à la demande d'un acheteur résulte d'une convention d'exclusivité
reconnue valable ;
Que la cour d'appel ne pouvait donc, sans se contredire, ni faussement appliquer ce texte, déclarer la
société vilber-lourmat coupable envers la société x... D'un refus de vendre une machine hydrotile, alors
qu'il est constant que ce refus résulte de la clause d'exclusivité stipulée dans le contrat de vente de la
même machine, antérieurement conclu avec la société les tuyaux centrifuges du rhin, et que la cour
d'appel reconnait la validité de cette clause dans un tel contrat, alors que d'autre part, en faisant stipulée
dans le contrat de vente de la même machine, antérieurement à la rupture des pourparlers, et encore de
ce que les pourparlers avaient dépassé le stade précontractuel, tout en confirmant la décision des
premiers juges, lesquels déclarent que la rupture des pourparlers par la société vilber-lourmat constitue
une faute commise en période précontractuelle et justiciable de l'article 1382 du code civil, la cour
d'appel ne permet pas de reconnaitre si elle se fonde sur la responsabilité contractuelle ou délictuelle de
cette société, que, des lors, en laissant incertaine la base juridique de sa décision, la cour d'appel ne lui
a pas donné de base légale, alors, au surplus, que l'arrêt confirmatif attaque n'est justifié ni sur le
fondement de la responsabilité contractuelle ni sur celui de la responsabilité délictuelle, la cour d'appel
ne saurait en effet sans dénaturer les termes du litige fonder sa décision sur la responsabilité contractuelle
de la société vilber-lourmat, la société x... S'étant expressément bornée à demander la condamnation de
cette société par application de l'article 1382 du code civil, et que, par ailleurs, la cour d'appel ne peut
sans se contredire, ni violer le principe de l'indivisibilité de l'aveu, déduire la conscience fautive de la
société vilber-lourmat de l'affirmation de celle-ci qu'elle s'est enquise par téléphone des intentions de la
société x... Avant de s'engager avec une autre société, tout en écartant comme non établie l'existence de
cette démarche ;
Que, de plus, la cour d'appel, qui ne répond pas aux conclusions de la société vilber-lourmat faisant
valoir les termes de son appel téléphonique et la réponse dilatoire de la société x..., ne justifie pas que
les pourparlers n'aient pu être rompus à la suite de ce coup de téléphone ;
Qu'enfin les motifs adoptes des premiers juges ne justifient pas davantage le caractère abusif de la
rupture, qu'en effet il y a contradiction à invoquer la brutalité de celle-ci tout en constatant l'attitude
dilatoire de la société vilber-lourmat, et l'absence de raison légitime de cette rupture, également
invoquée, laquelle n'est pas démontrée, la cour d'appel admettant la validité de la clause d'exclusivité
dans le contrat de vente d'une machine hydrotile et ne répondant pas aux conclusions de la société vilber-
lourmat qui faisait valoir qu'elle avait reçu, pour cette machine d'une haute technicité, une commande
ferme assortie d'un acompte émanant d'une société déjà spécialisée dans la fabrication de tuyaux en
béton ;
Mais attendu que l'arrêt défère a, par motifs adoptes relevé que la société vilber-lourmat avait, de propos
délibéré, retenu le devis définitif du fabricant américain destine aux établissements x... Et rompu sans
raison légitime, brutalement et unilatéralement, les pourparlers avancés qu'elle entretenait avec ledit
établissements, qui avaient déjà, à sa connaissance, engagé de gros frais et qu'elle maintenait
volontairement dans une incertitude prolongée, qu'elle avait ainsi manqué aux règles de la bonne foi
dans les relations commerciales ;

Que, par motifs propres, la cour d'appel, qui n'a nullement déclaré que la société vilber-lourmat avait
commis une faute contractuelle, a retenu que les établissements vilber-lourmat déclaraient eux-mêmes
qu'avant de s'engager avec leur autre client ils s'étaient enquis une ultime fois des intentions de x..., mais
qu'ils n'en fournissaient pas la moindre justification et qu'en tout cas il fallait observer que des
négociations aussi laborieuses ne pouvaient être rompues par un simple coup de téléphone, d'ailleurs
plus que problématique, que c'était donc à bon droit que les premiers juges avaient constaté la rupture
abusive des pourparlers par les établissements vilber-lourmat ;
Attendu que par ces énonciations, et abstraction faite des autres motifs qui sont surabondants, la cour
d'appel, sans encourir les griefs du pourvoi, a pu retenir à l'encontre de la société vilbert-lourmat une
responsabilité délictuelle et a ainsi justifie la condamnation de cette société ;
Qu'aucun des moyens ne peut donc être accueilli ;

Par ces motifs : rejette le pourvoi formé contre l'arrêt rendu le 13 juillet 1970 par la cour d'appel de
Colmar.

Problèmes de droit :
- Peut-on considérer comme une faute le refus de transmettre des devis destinés à en vue des
pourparlers ?
- Peut-on considérer le refus de vendre comme une faute en l’existence d’une clause d’exclusivité
contenue dans le contrat de vente au profit du tiers et postérieur au pourparlers engagé ?
- Est-il un motif légitime le fait de contracter avec un tiers ayant fait une offre ferme et assortie
d’un acompte au détriment d’une partie aux pourparlers ?

I. L’existence d’une rupture abusive des pourparlers

- Rupture unilatérale, sans motif : rétention du devis destiné aux partenaires


- Mauvaise foi caractérisée par le maintien volontaire du partenaire dans l’incertitude en
connaissance de cause

II. La nature de la responsabilité (délictuelle)

- Violation d’une obligation précontractuelle : information


- Fait délicutel entrainant une responsabilité délictuelle et non contractuelle.
-
Problématique : la rupture de négociations avancées avec un partenaire ayant engagé des frais constitue-t-elle
une rupture abusive des pourparlers ?

I- La rupture abusive des pourparlers

A- L’absence des raison légitime

B- Le manquement aux règles de bonne foi dans les relations précontractuelles

II- La responsabilité de l’auteur de la rupture

A- Une faute précontractuelle

B- La nature délictuelle de la responsabilité délictuelle

La Cour de cassation n’a de cesse de rappeler que la période précontractuelle est irriguée par
le principe de la bonne foi. La rupture demeure libre, sauf à démontrer un abus dans son
exercice (Cass. com., 16 février 2016, n° 13-28.448).

Séance 5 : Les avant-contrats


THÈME : La période précontractuelle
Sous-thème : Les avant-contrats
NOTE INTRODUCTIVE :
Il y a deux sortes de schémas relatifs à la formation d’un contrat : un schéma simple d’une part
et un schéma complexe d’autre part. Le schéma simple traduit ce que certains auteurs appellent le « coup
de foudre contractuel » c’est-à-dire le contrat se forme par une offre suivie d’une acceptation. V. Art.
78 du COCC. Dans le schéma simple, le contrat se forme immédiatement. Mais il est des hypothèses où
cela n’est pas le cas et ce, pour plusieurs raisons : enjeux du contrat, complexité de celui-ci. Comme le
dit un auteur : « à la conclusion immédiate du contrat, la pratique privilégie aujourd’hui une formation
plus graduelle, faite d’étapes et d’avances successives ». Le schéma complexe englobe les contrats à
distance, la phase précontractuelle et les modalités de l’obligation. L’accent sera mis ici sur le schéma
complexe plus particulièrement sur la phase précontractuelle. Dans cette séance, nous mettrons l’accent
uniquement sur les avant-contrats.

L’Equipe Pédagogique

Exercice : Commentaire de décision


Groupe 1 : LUNDI : Arrêt n° 79 du 16 juillet 2008 Aliou Bathily c/ Abdoul Diallo
La Cour
Après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Vu la loi organique n° 92-25 du 30 mai 1992 sur la Cour de cassation ;
Attendu, selon l’arrêt confirmatif attaqué, que par jugement du 28 mars 2001, le tribunal régional de
Dakar, après avoir rejeté la demande de résolution du contrat de vente conclu entre Aliou Bathily et
Abdoul Diallo et constaté que ce dernier s’est libéré du prix convenu, a ordonné la perfection du contrat
sous astreinte de 15000 F par jour de retard ;
Sur le premier moyen pris de la violation des dispositions des articles 323, 382 et 383 du Code des
Obligations Civiles et Commerciales, en ce que le juge d’appel a confirmé la perfection de la vente sur
la base uniquement d’un acte sous seing privé n’ayant pas date certaine, passé entre le défendeur au
pourvoi et El hadji Mamadou Sall qui, ne disposant pas d’une procuration notariée, n’a jamais justifié
être son mandataire, alors que, s’agissant d’un titre foncier, les transactions portant sur l’immeuble dont
la perfection de la vente était recherchée, sont régies par un formalisme rigoureux fixé par les règles
visées au moyen ;
Vu les articles 323, 382 et 383 du Code des Obligations Civiles et Commerciales, ensemble l’article 258
du même Code ;
Attendu qu’en vertu de ces textes d’ordre public, la vente et la promesse synallagmatique de vente d’un
immeuble immatriculé, ainsi que la procuration donnée pour conclure de tels actes doivent, à peine de
nullité absolue, être passées par devant notaire ;

Attendu que, pour confirmer le jugement entrepris, qui a ordonné la perfection de la vente d’un
immeuble objet du TF n° 19916/DG sur la base d’un acte sous seing privé, l’arrêt retient « que l’appelant
principal bien que représenté par un conseil, n’a versé au dossier, à part l’acte d’appel, aucune autre
pièce pour soutenir sa demande tendant à l’infirmation de la décision attaquée ; que l’attitude de
l’appelant laisse supposer qu’il n’a pas de moyens sérieux à opposer aux arguments retenus par les
premiers juges » ;
Qu’en se déterminant ainsi, alors que la vente porte sur un immeuble immatriculé, la cour d’Appel a
violé les textes susvisés ;
Par ces motifs,
Et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les deuxième et troisième moyens :
Casse et annule…
Problème de droit : Les actes juridiques relatifs à la vente et à la promesse de vente d’immeuble
immatriculé peuvent-ils être passés sous seing privé ?

I. Exigence d’une forme notariée pour la vente d’immeuble immatriculé

II. La nullité de la promesse

NB : Rappelez aux étudiants que cette position a évolué en jurisprudence Cf. les arrêts Express Transit
c/ CBAO de la Cour suprême du Sénégal.
Groupe du mercredi : Cour suprême, Chambres réunies, 19 juin 2012
La Cour,
Vu la loi organique n° 92-25 du 30 mai 1992 sur la Cour de cassation ;
Vu la loi organique n° 2008-35 du 8 août 2008 par la Cour suprême ;
Vu les mémoires produits en demande et en défense ;
Après en avoir délibéré conformément à la loi,
Attendu que par arrêt n° 03 de 2 janvier 2008, la Chambre civile et commerciale statuant sur le pourvoi
formé par la CBAO contre l’arrêt n° 21 du 15 janvier 2004 de la Cour d’appel de Dakar a, sur le
fondement de l’article 38 de la loi n° 92-25 du 30 mai 1992, ordonné la saisine des chambres réunies ;
Attendu qu’après cassation de l’arrêt n°229 du 12 mai 2000, un second arrêt rendu entre les mêmes
parties procédant en la même qualité dans la même affaire est attaqué par le même moyen que
précédemment tiré de la violation de l’article 382 du Code des obligations civiles et commerciales
(COCC) ;
Sur le moyen unique, tiré de la violation des articles 379, 382 et 383 du COCC, qui fait grief à l’arrêt
attaqué d’ordonner la perfection de la vente aux motifs que « aux termes de l’article 382 du COCC,
l’engagement de la CBAO de céder les titres fonciers 81/DP et 3409/DG à express Transit et la levée de
l’option par cette dernière constituent une promesse synallagmatique de contrat et s’analysent en avant-
contrat ; qu’il ressort de ces dispositions que le contrat de vente d’immeuble immatriculé ne se forme
qu’au moment de sa passation devant notaire ; que par ailleurs l’article 382 n’exige aucune forme pour
la validité de la promesse synallagmatique de vente… », alors qu’une distinction entre le régime
juridique de l’avant-contrat et de celui du contrat est en totale contradiction avec les textes et que la
Cour de cassation a déjà jugé que la promesse synallagmatique de contrat portant sur un immeuble
immatriculé devait être notarié ;

Mais attendu que, contrairement à la jurisprudence invoquée par le moyen, les dispositions des articles
321, 322, 323, 382, 383 du COCC n’exigent aucune forme particulière pour la validité de la promesse
synallagmatique de contrat ou avant-contrat qu’il faut distinguer du contrat, lequel, lorsqu’il s’agit d’un
immeuble immatriculé, doit être passé, à peine de nullité absolue, par devant notaire sauf dispositions
législatives ou réglementaires contraires ; que la promesse synallagmatique de contrat oblige les parties
à parfaire le contrat ;
Et attendu qu’en ordonnant la perfection de la vente, après avoir relevé que « l’engagement de la CBAO
de céder les TF n° 81/DP et 3409/DG à Express Transit et la levée de l’option par cette dernière
constituent une promesse synallagmatique de contrat qui oblige les parties à parfaire le contrat », la Cour
d’appel, loin de violer les textes visés au moyen, en a fait l’exacte application ;
PAR CES MOTIFS :
Statuant toutes Chambres réunies,
Rejette le pourvoi formé par la CBAO contre l’arrêt n° 21 rendu le 15 janvier 2004 par la Cour d’appel
de Dakar ;
Condamne la CBAO aux dépens ;
Ainsi fait, jugé et prononcé par la Cour suprême, Chambres réunies, en son audience publique tenue les
jours, mois et an ci-dessus et à laquelle siégeaient […].

Problème de droit : Peut-on, en matière de vente d’immeuble immatriculé, considéré qu’il n’existe
pas de distinction entre l’avant contrat (promesse synallagmatique) et le contrat définitif de
vente ?
La promesse de vente d’immeuble immatriculé peut-elle être valablement formée par la seule
volonté des parties nonobstant les règles d’ordre public encadrant les transactions immobilières ?

I. La validité de la promesse synallagmatique


A. La nature de la promesse
B. L’obligation de perfectionnement
II. Le revirement de jurisprudence.

Groupe du jeudi : Arrêt de la Cour de cassation française, 1ére civ. 11 juil. 2006
LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l’arrêt suivant :
Donne acte aux consorts X... de leur reprise d’instance en tant qu’héritiers de Daurice X..., décédée le
25 septembre 2003 ; Attendu qu’une donation-partage du 18 décembre 1957, contenant un pacte de
préférence, a attribué à Adèle Y... un bien immobilier situé à Haapiti ; qu’une donation-partage du 7
août 1985, reprenant les termes du pacte de préférence, a attribué à M. Ruini Y..., fils d’Adèle Y..., une
parcelle dépendant du bien immobilier ; que, par acte reçu le 3 décembre 1985 par M. Z..., notaire, M.
Y... a vendu la parcelle à la SCI Emeraude ;
Sur le premier moyen :
Attendu que M. Z... et la SCI Emeraude font grief à l’arrêt attaqué (Papeete, 13 février 2003) d’avoir dit
que le pacte de préférence n’a pas été respecté à l’égard de Daurice X... et de les avoir déclarés avec M.
Y... responsables de ce préjudice et tenus de le réparer in solidum, alors, selon le moyen, qu’ils
soutenaient dans leurs conclusions d’appel que la SCI, conjointement avec M. Y..., avait offert à Mme
X... d’exercer son droit de préférence par lettre recommandée du 7 août 1987 et qu’en estimant
néanmoins que ce droit avait été méconnu et qu’un préjudice en résultait, au seul motif que cette offre
n’avait pas été notifiée avant le 3 décembre 1985, sans expliquer en quoi l’offre qui lui avait été adressée
ultérieurement ne lui permettait pas d’acquérir la parcelle litigieuse par préférence à la SCI Emeraude,
qui y avait ainsi consenti expressément, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard des
articles 1134, 1147 et 1382 du code civil ;
Mais attendu qu’en décidant que M. Y... avait violé le pacte de préférence à l’égard de Daurice X... pour
avoir omis de lui proposer la vente projetée, la cour d’appel a légalement justifié sa décision ;
Sur le deuxième moyen :
Attendu que M. Z... et la SCI Emeraude font encore grief à l’arrêt attaqué d’avoir déclaré M. Z...
responsable du préjudice subi par Daurice X... du fait de la violation du pacte de préférence et tenu, in
solidum avec M. Y... et la SCI Emeraude, de le réparer, alors, selon le moyen, que l’obligation pour le
débiteur d’un pacte de préférence de ne pas vendre à autrui le bien qui en est l’objet relève de l’obligation
d’exécuter de bonne foi ses obligations contractuelles, de sorte que nul ne peut voir sa responsabilité
engagée pour ne pas lui avoir rappelé ce principe, et qu’en estimant néanmoins que M. Z... avait commis
une faute en ne rappelant pas à M. Y... qu’il devait exécuter de bonne foi le pacte de préférence dont il
se savait débiteur, la cour d’appel a violé les articles 1134, 1147 et 1382 du code civil ;
Mais attendu que, tenu de conseiller les parties et d’assurer l’efficacité des actes dressés, le notaire
ayant connaissance d’un pacte de préférence doit, préalablement à l’authentification d’un acte de
vente, veiller au respect des droits du bénéficiaire du pacte et, le cas échéant, refuser d’authentifier
la vente conclue en violation de ce pacte ; qu’en l’espèce, la cour d’appel a décidé à bon droit que M.
Z... avait engagé sa responsabilité, en n’ayant pas, d’une part, en sa qualité de professionnel du droit et
des transactions immobilières, incité M. Y... et la SCI Emeraude à respecter les droits des bénéficiaires
du pacte, d’autre part, fait référence au pacte de préférence dans l’acte de vente, tout en ayant
mentionné le second acte de donation-partage qu’il avait lui-même authentifié ; que le moyen n’est pas
fondé ;

Sur le troisième moyen, pris en ses deux branches :


Attendu que M. Z... et la SCI Emeraude font enfin grief à l’arrêt attaqué d’avoir déclaré la SCI Emeraude
responsable du préjudice subi par Daurice X... du fait de la violation du pacte de préférence et tenue, in
solidum avec M. Z... et M. Y..., de le réparer, alors, selon le moyen :
1° qu’un pacte de préférence, qui s’analyse en une promesse de vente conditionnelle n’est pas une
restriction au droit de disposer soumise à publicité obligatoire, de sorte que sa publication ne suffit pas
à établir la connaissance qu’en auraient les tiers, et qu’en estimant néanmoins qu’en raison de la
publication du pacte de préférence stipulé dans les donations-partages de 1957 et 1985, la SCI
Emeraude était censée en avoir connaissance et qu’elle avait donc commis une faute en achetant le
terrain qui en constituait l’objet, la cour d’appel a violé les articles 28-2 et 37-1 du décret du 4 janvier
1955, ensemble l’article 1382 du code civil ;

2° que l’acquéreur, serait-il un professionnel de l’immobilier, n’est pas tenu de s’informer de l’existence
des droits de préférence dont son vendeur pourrait être débiteur et qu’en retenant la responsabilité de
la SCI Emeraude au seul motif qu’elle était prétendument tenue de s’informer des obligations dont
pouvait être tenu son vendeur, la cour d’appel a violé les articles 1147 et 1382 du code civil ;
Mais attendu qu’ayant précédemment retenu que la SCI Emeraude était censée connaître l’existence du
pacte de préférence en raison de l’opposabilité aux tiers des actes de donation-partage qui avaient été
publiés à la conservation des hypothèques, la cour d’appel a pu décider que la SCI avait commis une
faute de négligence en omettant de s’informer précisément des obligations mises à la charge de son
vendeur ; que le moyen, qui est sans portée en sa première branche et qui manque en fait en sa seconde,
ne peut être accueilli ;
Par ces motifs : REJETTE le pourvoi.

Problèmes de droit :
1) Peut-on procéder à la vente d’un bien immobilier issue d’une donation-partage contenant
un pacte de préférence sans avoir permis au bénéficiaire du pacte d’exercer son droit de
préférence antérieurement à la vente ?
(Peut-on déclarer responsables solidairement avec le débiteur d’un pacte de préférence, le
notaire qui n’a pas rappelé à celui-ci son obligation de respecter les droits des bénéficiaires
du pacte ? Peut-on déclarer l’acquéreur (SCI) d’un bien issu d’une donation-partage
assortie d’un pacte de préférence et publié à la conservation des hypothèques ?)

I. La violation caractérisée du pacte de préférence


II. La responsabilité des parties impliquées
Documents
Mayatta Ndiaye MBAYE, « Les transactions immobilières au Sénégal » In De l’esprit du droit
africain, Mélanges en l’honneur P. G. POUGOUE, 2013, pp. 521 et s.
« L’absence d’obligation d’établissement d’un autre acte valant contrat définitif. Plusieurs dispositions
légales permettent d’avancer une telle affirmation. A titre principal, les dispositions des articles 382 et
383 du COCC et celles de la loi n° 2011- 07 du 30 mars 2011 en constituent le fondement. Elles ne font
pas de distinction entre le contrat définitif et l’avant-contrat en matière de transaction immobilière.
En effet, l’obligation des parties de parfaire la transaction immobilière résulte de l’avant-contrat lui-
même. Cette obligation a pour objet d’exiger des parties l’accomplissement de la formalité de
l’inscription au Livre Foncier. Il n’est donc pas exigé l’accomplissement d’une double formalité :
l’établissement d’un acte notarié avant la phase ultime de la transcription de la transaction au Livre
Foncier. Une interprétation aussi large des dispositions législatives imposerait la rédaction d’un autre
acte valant contrat définitif et ajouterait une formalité supplémentaire à celle unique retenue et imposée
par le législateur : l’accomplissement des formalités de publicité foncière.
Ainsi, l’avant-contrat qui est le support de l’obligation de parfaire le contrat est dépourvu, seul, d’autre
effet. Les effets du contrat définitif résultent, quant à eux, de l’inscription de la transaction au Livre
Foncier. Ils sont nécessairement la conséquence de l’obligation des parties née de l’acte support, donc
de l’avant-contrat.
En matière de vente immobilière, le contrat définitif correspond donc à l’acte légalement qualifié
d’avant-contrat qui donne naissance, non pas à l’obligation de faire, mais à l’obligation de donner du
vendeur qui s’exécute par l’inscription foncière qui en constitue l’objet. Cette obligation de donner
emporte, comme une suite naturelle, une obligation de délivrer qui en est l’assurance et qui s’opère
exactement de la même manière. Il n’est donc pas possible, en ce qui concerne l’avant-contrat en matière
de vente immobilière, de dissocier l’obligation de parfaire le contrat que constitue l’inscription du
transfert de propriété au Livre Foncier et l’obligation de délivrance qui pèse sur le vendeur, visée aux
articles 276 alinéa 2 et 277 alinéa 2 du COCC.
Si l’avant-contrat, tel que qualifié par le législateur, est le contrat définitif, ses conditions de forme sont
clairement fixées : il doit être établi sous la forme d’un acte authentique, d’un acte notarié ab initio.
Lorsque le législateur exige, pour la validité et l’opposabilité du contrat, l’accomplissement de
formalités, la protection qu’il veut assurer aux parties n’existerait plus s’il est possible de conclure, en
l’absence des formes prévues, un contrat préparatoire pour réaliser ladite transaction. La jurisprudence
est donc légalement fondée lorsqu’elle subordonne la validité des promesses et mandats de passer des
contrats notariés à leur établissement devant notaire ».
Dispositions légales :
Article 79 du Code des obligations civiles et commerciales
Contrat entre présents
Les parties doivent échanger leurs consentements sur toutes les stipulations du contrat.
Toutefois, le contrat est réputé conclu dès que les parties se sont mises d’accord sur les points essentiels,
notamment sur la nature et l’objet des prestations promises.
Article 318 du Code des obligations civiles et commerciales
Définition du droit de préemption
Quelle qu’en soit la source, le droit de préemption donne à une personne la faculté de se porter acquéreur
d’un bien de préférence à toute autre.
Ce droit peut s’exercer dans toute espèce de vente.
Article 319 du Code des obligations civiles et commerciales
Droit de préemption conventionnel
Le droit de préemption d’origine conventionnelle résulte du pacte de préférence. Ce pacte est soumis
aux règles des promesses de vente.
Article 320 du Code des obligations civiles et commerciales
Effet quant au promettant
Le promettant est tenu de faire connaître au bénéficiaire sa décision d’aliéner et les conditions du contrat
qu’il projette de passer avec un tiers.
Article 321 du Code des obligations civiles et commerciales
Diverses sortes de promesses de vente
Le contrat de vente peut être précédé d’une promesse de vente, synallagmatique ou unilatérale.
Article 322 du Code des obligations civiles et commerciales
Promesse synallagmatique
La promesse synallagmatique est celle par laquelle les deux parties sont d’accord, le vendeur pour
vendre, l’acheteur pour acheter une chose déterminée pour un prix fixé.
Article 323 du Code des obligations civiles et commerciales
Effets
La promesse synallagmatique est une vente parfaite lorsque le contrat peut être passé librement. Dans
le cas contraire, elle oblige les parties à parfaire le contrat en accomplissant les formalités nécessaires à
sa formation.
Article 324 du Code des obligations civiles et commerciales
Promesse unilatérale de vente
La promesse de vente est unilatérale lorsque le bénéficiaire de l’offre n’assume aucune obligation
d’acheter, alors que le promettant est tenu de l’obligation de vendre.
Article 325 du Code des obligations civiles et commerciales
Effets
Lorsque toutes les conditions nécessaires à la formation de la vente sont fixées dans le contrat, la
promesse de vente engage le vendeur et fait naître l’option au profit de l’acheteur.
La promesse de vente est parfaite dès l’échange des consentements et la vente est conclue au moment
où l’acquéreur lève l’option.
Article 326 du Code des obligations civiles et commerciales
Violation de la promesse de vente
Si, malgré sa promesse, le promettant a vendu la chose à un tiers, le bénéficiaire peut lui réclamer des
dommages et intérêts ; il ne peut poursuivre l’annulation du contrat contre le tiers acquéreur que s’il
établit la mauvaise foi de ce dernier au moment de l’acquisition.
Article 327 du Code des obligations civiles et commerciales
Promesse unilatérale d’achat, définition
La promesse d’achat est une convention par laquelle une personne s’engage à acheter une chose si le
vendeur consent à la vendre.
Article 328 du Code des obligations civiles et commerciales
Effets
Le promettant est lié par l’acceptation du vendeur si toutes les conditions de la vente sont fixées dans le
contrat.
La vente est conclue lorsque le vendeur fait connaître son adhésion à vendre la chose.
Article 382 Code des obligations civiles et commerciales
Avant-contrat
L’acte par lequel les parties s’engagent, l’une à céder, l’autre à acquérir un droit sur l’immeuble, est une
promesse synallagmatique de contrat
Elle oblige l’une et l’autre partie à parfaire le contrat en faisant procéder à l’inscription du transfert du
droit à la conservation de la propriété foncière
Article 383 Code des obligations civiles et commerciales
Conditions de forme
Le contrat doit à peine, de nullité absolue, être passé par devant un notaire territorialement compétent
sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires.

Séance 6 :
THÈME : La formation du contrat
Sous-thème : Le formalisme et les vices du consentement
NOTE INTRODUCTIVE :
Accord de volontés générateur d’obligations, le contrat ne devient la loi des parties que s’il est
légalement formé. Aux termes de l’article 47 COCC, sont requis pour la validité du contrat : 1°) Le
consentement des parties ; 2°) La capacité de contracter ; 3°) Un objet déterminé et licite, formant la
matière du contrat et des obligations ; 4°) Une cause licite pour le contrat et les obligations qui en
résultent. A rappeler que, de manière exceptionnelle, en plus de ces conditions de fond, il peut être exigé
le respect de conditions de forme pour la validité du contrat : c’est l’hypothèse des contrats solennels.
Aux termes de l’article 58 COCC, il n’y a point de contrat sans consentement émanant de l'une et de
l'autre partie. L'existence d'un contrat légalement formé suppose alors avant tout le consentement des
parties. Le consentement est la volonté prise en compte par le droit. Il doit être exprimé et rencontré
celui de l’autre partie et être intègre. L’objet de la séance, c’est de mettre l’accent sur les conditions de
formation du contrat.

Exercice à faire

Groupe du lundi : ARRÊT N° 79 DU 5 SEPTEMBRE 2012 FAOUZY SALÉME ET SOSEIMEX


C/ LA SGB
Sur le moyen unique du pourvoi tiré de la violation de la loi n° 63-62 du 10 juillet 1963 pris en ses deux
branches à savoir la violation de dispositions des articles 61 à 63 et des articles 133-134 & 152 alinéas
2;
Sur la première branche du moyen tiré de la violation de la loi n° 63-62 du 10 juillet 1963 portant
première partie du Code des obligations civiles et commerciales au Sénégal en ce que la Cour n’a pas
tiré les conséquences du comportement dolosif de la banque qu’elle a elle-même reconnu dans l’arrêt n°
429 du 12 juin 2007
Attendu qu’aux termes de l’article 61 de la loi n° 63-62 du 10 juillet 1963 portant première partie du
Code des obligations civiles et commerciales au Sénégal : « Il n’y a point de consentement valable si le
consentement n’a été donné que par erreur, s’il a été surpris par dol ou extorqué par violence ».
Que l’article 63 61 de la loi n° 63-62 du 10 juillet 1963 portant première partie du Code des obligations
civiles et commerciales au Sénégal dispose, en outre, que « Le dol est une tromperie provoquée par des
manœuvres que l’un des contractants a pratiqué à l’encontre de l’autre pour l’amener à donner son
consentement.
Il y a dol également lorsque ces manœuvres exercées par un tiers contre l’une des parties ont été connues
de l’autre ».
Attendu que la chambre civile et commerciale de la Cour d’Appel de Dakar a, dans son arrêt n° 429 du
12 juin 2007, violé les dispositions susvisées en retenant que : « Considérant que sur ce sujet, l’article
5q-2 infini stipule qu’en ce qui concerne Monsieur Hikmat R. Saléme, ce dernier s’engage à déléguer
au profit de la SGBS à hauteur de 200 000 000 F CFA le bénéfice d’une assurance décès individuelle
souscrite auprès d’une Compagnie d’assurances solvable ;
Considérant que cette disposition, même si elle constitue un engagement unilatéral est néanmoins une
disposition fondamentale du contrat parce qu’elle a pour effet de garantir le paiement du prêt en cas de
décès du client par son assureur ;
Qu’elle ne saurait d’ailleurs être laissée à la seule appréciation de Monsieur Hikmat Saléme ; Qu’il s’agit
d’une condition essentielle relativement aux engagements de Faouzy Saléme, mais également de la
Banque qui y ont tous intérêts ;
Qu’on peut lire d’ailleurs de manière implicite l’acceptation par la Banque de cette stipulation ;
Considérant toutefois que ce comportement ne peut fonder la nullité de la convention telle que sollicitée
par l’appelant, en ce que la nullité tend à sanctionner le non-respect des conditions requises pour la
formation ou l’établissement d’un acte » ;
Que cette motivation de la Cour est inexacte, car cette dernière ne peut pas reconnaître l’existence du
dol et ne pas en tirer les conséquences juridiques.
Que le silence de la banque, au moment de la signature de la convention sur la dispense accordée à
l’autre co-emprunteur, est constitutive d’un dol viciant le consentement du demandeur au pourvoi ; Que
ce dernier était convaincu que, le sieur Hikmat Saléme devait, au même titre que lui, souscrire à une
police d’assurance destinée à garantir le crédit accordé par la banque ;
Or, la banque a sciemment dispensé ce dernier, sans informer le sieur Faouzi Saléme de l’existence de
cette dispense lors de la signature de la convention, et ce, sans méconnaître, en sa qualité de
professionnel du crédit, que le demandeur serait le seul à supporter le risque garanti au cas où, il viendrait
à se réaliser ;
Que cela est d’autant plus vrai que, le consentement du demandeur a été déterminé pas la garantie
apportée par le sieur Hikmat Saléme ;
Attendu qu’il résulte de la convention d’ouverture de crédit du 27 mars 2000 (article 16 in fine) que «
le client devra justifier des assurances et du paiement des primes. À défaut, la banque pourra assurer
elle-même lesdits biens jusqu’au montant ci-dessus prévu, à une ou plusieurs compagnies de son choix
au frais du client. En cas de sinistre, les sommes dues par la compagnie seront versées à la banque,
jusqu’à concurrence de sa créance éventuelle en principal, intérêts et accessoires, d’après l’évaluation
présentée par elle » ;
Le dol dans la formation du contrat, peut être défini comme une tromperie destinée à surprendre le
consentement du cocontractant ;
Il suppose par conséquent un acte ou un engagement à venir ;
Qu’en tant que vice du consentement, le dol est sanctionné par la nullité ;
Que dès lors, en retenant que le comportement dolosif de la banque ne peut entraîner la nullité du contrat,
la Cour a violé les articles 61 & 63 de la loi n° 63-62 du 10 juillet 1963 portant première partie du Code
des obligations civiles et commerciales au Sénégal ;
Qu’il conviendrait de casser l’arrêt n° 429 du 12 juin 2007 rendu par la Cour d’Appel de Dakar pour
violation des dispositions des articles 61 & 63 de loi n° 63-62 du 10 juillet 1963 portant première partie
du Code des obligations civiles et commerciales au Sénégal ;

Problème de droit :
Le silence d’un professionnel de banque relativement à l’obligation d’un co-emprunteur de
souscrire une garantie le paiement d’un prêt est-il constitutif d’un comportement dolosif pouvant
entraîner la nullité de la convention de prêt ?

I. La caractérisation d’un comportement dolosif


A. Le silence de la banque
B. La dispense de la souscription à une garantie
II. L’annulation la convention pour dol
A. Le caractère déterminant du comportement de la banque
B. Le caractère vicié du consentement

Revenir au cours du TD sur la notion de silence en droit

Groupe du mercredi : Commentez de l’arrêt de la Cour de cassation, chambre civile et


commerciale, 17 mars 1999, arrêt n° 78, Les Moulins SENTENAC contre sieurs H.
HAWILI et ZEN FAWAZ et la FAAP
LA COUR :
(…) Attendu que la SIMPA, une société de fabrique de produits plastique, appartenant au groupe
SENTENAC, a été cédée par les moulins SENTENAC, en novembre 1990 à la société Financo SA ;
Que celle-ci, le 26 avril 1991, a rétrocédé la totalité des actions de la SIMPA à la société Franco
Africaine d'Apprivoisement dite FAAP; Que le 31 juillet 1991, la FAAP a cédé aux sieurs H. HAWILI
et ZEN FAWAZ, la SIMPA acquise en avril de la même année; Que s'estimant avoir été trompés par les
cessionnaires sur la valeur réelle de la société cédée, les sieurs H. HAWILI et ZEN FAWAZ, ont assigné
devant le tribunal régional hors classe de Dakar, la FAAP et les moulins SENTENAC pour les voir
déclarés coupables de dol et condamnés à leur payer la somme de 1 389 000 000 F à titre de dommages
et intérêts ; Que le 08 juin 1994, le tribunal régional hors classe, après les avoir déboutés de leurs
demandes, les a condamnés à payer à la FAAP et moulins SENTENAC la somme de 6 000 000 F à titre
de dommages et intérêts ; Que l’arrêt attaqué a infirmé le jugement du 08 juin 1994 et sans annuler la
convention du 31 juillet 1991, a condamné solidairement la FAAP et les moulins SENTENAC à payer
à HAWILI et ZEN FAWAZ la somme de 839.000.000 F à titre de dommages et intérêts pour dol ;
Sur le 3e moyen en sa première branche, pris de la violation de l'article 63 du code des obligations civiles
et commerciales en ce que l'arrêt attaqué condamne les requérants pour un dol présumé et non démontré
alors que selon, le texte visé au moyen, le dol est une tromperie provoquée par les manœuvres que l'un
des contractants a pratiquées à l'encontre de l'autre pour l'amener à donner son consentement et il y a
également dol lorsque ces manouvres exercées par un tiers contre l'une des parties ont été connues de
l'autre ; Vu l'article 63 du code des obligations civiles et commerciales ; Attendu que pour retenir le dol
et condamner les requérants, l'arrêt attaqué énonce qu’en l'espèce, il résulte des conclusions du premier
expert que le patrimoine de la SIMPA qui a été cédé aux sieurs HAWILI et ZEN FAWAZ, a été gonflé,
l'actif surévalué, le passif sous-évalué ; que ni la FAAP, actionnaire principal, ni les moulins
SENTENAC qui se sont fait attribuer les comptes-clients de la SIMPA, n'ont remis les documents
comptables qu'ils promettaient de faire annexer au protocole signé entre les parties ; (…) Que ces
agissements ont été de nature à empêcher les sieurs HAWILI et ZEN FAWAZ de connaître la valeur
réelle des actions, objet de leur engagement ; Attendu qu'en statuant ainsi, sans indiquer ni caractériser
les manœuvres commises avant ou au moment de la signature du protocole d'accord du 31 juillet 1991
par les cédants et qui auraient déterminé les sieurs HAWILI et ZEN FAWAZ à souscrire leurs
engagements, alors que les manœuvres dolosives, vices du consentement, doivent non seulement être
caractérisées et prouvées, mais également déterminantes de la volonté de la partie qui s'engage, la Cour
d'appel a violé le texte visé au moyen; PAR CES MOTIFS, Et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres
moyens;
Casse et annule en toutes ses dispositions, l'arrêt n° 313 rendu le 14 mai 1998 entre les parties par la
Cour d'appel de Dakar

PB : Peut-on prononcer la nullité d’une cession pour dol sans caractériser l’existence de
manœuvres commises avant ou au moment de la signature de la cession et ayant déterminé le
consentement du requérant ?
I. Le défaut de caractérisation des manœuvres frauduleuses
A. Le défaut de preuve manœuvres non prouvées
B. La non-imputabilité des manœuvres frauduleuses aux cessionnaires
II. L’impossible prononcée de la nullité pour dol
A. Le défaut de caractère déterminant des agissements
B. La validité de cession.

Groupe du jeudi : Commentaire de l’arrêt de la Cour Suprême du 16 janvier 2008,


Youssou SECK c/ SNR, arrêt n° 21.
Attendu qu’il résulte des énonciations de l’arrêt confirmatif attaqué que par jugement du 26 mars
1997, le tribunal régional de Dakar a débouté Youssouf SECK à sa demande de perfection de vente
dirigée contre la SNR, venue aux droits de la BNDS.
Sur le premier moyen, en ses cinq branches, et le troisième moyen réunis, pris d’une violation de
la loi, notamment les articles 60, 78, 96, 99 et 382 du COCC et d’un défaut de base légale, en ce
que, la cour d’appel, nonobstant l’accord de volontés clairement exprimé dans les correspondances
produites aux débats, a dénié l’existence d’un contrat valable entre les parties, et, se bornant à citer
évasivement une jurisprudence qui n’existe pas, a estimé que le promesse synallagmatique de
vente, telle que réglementée par l’article 382 COCC, doit revêtir la forme d’un acte authentique ou
sous seing privé, alors que, le principe, en matière contractuelle, est le consensualisme, qui signifie
que la validité des conventions n’est subordonnée au respect d’aucune forme particulière et qu’en
conséquence, la simple rencontre entre l’offre et l’acceptation forme valablement le contrat, créant
entre les parties un lien irrévocable ;
Mais attendu qu’abstraction faite du motif erroné mais surabondant, selon lequel la promesse
synallagmatique de vente portant sur un immeuble immatriculé peut revêtir la forme d’un acte sous
seing privé, la cour d’appel ayant retenu que cet acte doit revêtir la forme d’un acte authentique, sa
décision se trouve justifiée par ces seuls motifs ;
D’où il suit que le moyen ne saurait être accueilli ;
Sur le deuxième moyen pris du défaut de réponse à conclusions, en ce que, le juge d’appel n’a pas
répondu aux conclusions par lesquelles le requérant lui demandait d’interpréter les écrits échangés
entre les parties, pour constater l’existence d’un avant-contrat ;
Mais attendu que la cour d’appel, en énonçant que « … le juge ne saurait déduire par interprétation
de simples correspondances échangées entre les parties de l’existence de l’acte visé à l’article 382
COCC », a répondu aux conclusions invoquées ;
Par ces motifs, rejette le pourvoi de Youssouf SECK formé contre l’arrêt n° 513 du 3 octobre 2001,
rendu par la cour d’appel de Dakar

Problème de droit : La promesse synallagmatique de vente d’immeuble nécessite-t-elle une forme


particulière pour sa validité ?

I. La nécessité du formalisme pour la validé de la promesse synallagmatique de vente


d’’immeuble immatriculé
A. L’insuffisance d’un acte sous-seing privé
B. L’exigence d’un acte authentique
II. L’insuffisance des échanges de correspondance
A. L’absence de matérialisation des engagements
B. L’inexistence d’un acte valable entre les parties
Pour aller plus loin :

- Jurisprudence Express Transit c/ CBEAO en 2008 et en 2012 ; CS Sénégal n° 79 du 16 juillet


2008, Aliou Bathily c/Abdoul Diallo
- Amadou FAYE, « Le transfert de propriété dans la vente de l’immeuble en droit sénégalais »,
Revue de Droit sénégalais, n° 8, 2009, p. 257 et suivants
- Jean Louis CORREA, « Contribution à l’étude de l’obligation de donner »,
- MBAYE Mayatta Ndiaye, « Les transactions immobilières au Sénégal », in De l’esprit du droit
africain, Mélanges en l’honneur de Paul-Gérard POUGOUE, Wolters Kluwers, 2013, pages
519 et suivantes.
- DIALLO Boubacar, « Promesse sous seing privés de vente d’immeuble immatriculé ne vaut ?
» Revue Droit et Ville, n° 71, 2001, pages 175 et suivantes.
- H. ABERKANE, « Essai d’une théorie générale de l’obligation propter rem en droit positif
français. Contribution à l’étude de la distinction des droits de créance et des droits réels» In :
Revue internationale de droit comparé, Vol. 11 N°2, Avril-juin 1959. pp. 436-437;

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