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Définition Divers

La division internationale du travail (DIT) se réfère à la répartition mondiale des productions selon les avantages comparatifs des territoires, influencée par la mondialisation et la libéralisation des échanges. La DIT traditionnelle a évolué vers une nouvelle DIT où les pays en développement se spécialisent dans des industries à plus forte valeur ajoutée, tandis que les métropoles des pays riches se concentrent sur la conception et les services. La mondialisation, un processus complexe et multiscalaire, entraîne des défis de gouvernance mondiale et suscite des mouvements altermondialistes qui cherchent des alternatives à ses effets perçus comme négatifs.

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Définition Divers

La division internationale du travail (DIT) se réfère à la répartition mondiale des productions selon les avantages comparatifs des territoires, influencée par la mondialisation et la libéralisation des échanges. La DIT traditionnelle a évolué vers une nouvelle DIT où les pays en développement se spécialisent dans des industries à plus forte valeur ajoutée, tandis que les métropoles des pays riches se concentrent sur la conception et les services. La mondialisation, un processus complexe et multiscalaire, entraîne des défis de gouvernance mondiale et suscite des mouvements altermondialistes qui cherchent des alternatives à ses effets perçus comme négatifs.

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La division internationale du travail (DIT) correspond à la répartition

mondiale des productions en fonction des avantages comparatifs de chaque espace producteur.

Dans la théorie libérale classique (Ricardo, 1817), l'abolition des droits de douane et des contrôles
frontaliers doit permettre la libre circulation des marchandises et des travailleurs. De cette manière,
plutôt que de produire du drap et du vin au Portugal et en Angleterre, l'Angleterre produit du drap
pour les deux marchés et en exporte une partie au Portugal, et le Portugal produit du vin pour les
deux marchés et en exporte une partie en Angleterre, étant entendu dans cet exemple que le
Portugal dispose d'un avantage comparatif dans la production de vin, et l'Angleterre dans la
production de drap.

Cette théorie a été largement appliquée à l'échelle mondiale au cours de la phase la plus récente de
la mondialisation marchande, pour la circulation des marchandises seulement, et beaucoup moins
pour celle de la main d'œuvre. La fragmentation et la mondialisation des chaînes de valeurs
correspond à une division internationale des processus productifs (DIPP, terme moins utilisé
aujourd'hui au profit de chaîne de valeur) et implique des échanges internationaux de composants,
de pièces (biens intermédiaires), et non de produits finis comme dans la théorie de Ricardo. On parle
aussi de commerce de tâches. La localisation des différentes activités le long des chaînes de valeurs
se fait en fonction des avantages comparatifs des territoires (au sens large si on inclut la fiscalité par
exemple). L'éclatement géographique de la production a été favorisé par la forte baisse des coûts de
transports et de communication distante, et la libéralisation des échanges. La production des avions
et celle des smartphones en sont des illustrations classiques.

Schématiquement, la DIT répartit les activités d'encadrement et de conception dans les métropoles
des pays à hauts revenus, l'extraction des ressources, les fonctions de production et le
conditionnement dans des pays à faibles revenus, et les fonctions de commercialisation dans les
foyers de consommation. Il naît de cette organisation une inégalité des termes de l'échange, c'est-à-
dire des bénéfices inégaux pour chaque territoire en fonction de la partie de la chaîne de valeur qui
le concerne. À l’intérieur des territoires concernés, les bénéfices sont également extrêmement
inégaux entre les différents contributeurs de la production.

Cette division internationale du travail n'est pas figée dans le temps. Ceux qu'on a appelé les pays-
ateliers ont parfois capté des fonctions de commandement et peuvent être devenus des foyers de
décision. Une ville-usine littorale chinoise peut être devenue une métropole financiarisée. On a parlé
d'ancienne et de nouvelle division internationale (NDIT) du travail pour décrire l'émergence
économique de l'Asie de l'Est et du Sud. Dans la DIT traditionnelle, les pays pauvres étaient
spécialisés dans les matières premières ou agricoles et les pays riches dans la production industrielle,
avec une complémentarité des spécialisations, même si les pays industrialisés ont toujours été aussi
exportateurs de produits primaires. Dans la nouvelle DIT (NDIT), les pays en développement ou
émergents se sont spécialisés dans l'industrie légère, l'assemblage, voire dans des produits à plus
forte valeur ajoutée, et les pays riches dans le haut de gamme, la conception et les services. Et
encore cette organisation très schématique est-elle en recomposition rapide. La concurrence et les
échanges intrabranche s’en trouvent accrus.

Le terme de chaîne de valeur, ou chaîne de valeur ajoutée, est issu de


l’économie ou de la gestion (management et organisation des entreprises) dans les années 1980-
1990. Il recouvre les différentes étapes de production d’un bien, matériel ou immatériel, ou d’un
service complexe au sein d’une entreprise. Celle-ci déploie une chaîne de valeur qui peut être soit
interne, soit externe, en faisant dans ce deuxième cas appel à des fournisseurs et sous-traitants.
L’identification de la chaîne de valeur passe par une étude précise des activités de l’entreprise afin de
mettre en évidence les activités clés, ou stratégiques, et les activités secondaires. Son utilisation peut
viser plusieurs objectifs : améliorer son organisation, sa coordination et sa gestion ; identifier les
nœuds stratégiques qu’elle maîtrise face à la concurrence ; analyser les rapports valeur/coût dans le
cadre d’une logique d’optimisation financière de sa rentabilité.

Avec l’essor du commerce international et l’internationalisation des firmes (nécessitant pour elles la
mise en œuvre d’une Global Supply Chain, une chaîne logistique mondiale), de grands organismes
comme l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ont ensuite remobilisé dans les décennies
2000-2010 la notion pour étudier les effets de la décomposition internationale de la chaîne de valeur
sur la nature et la valeur des échanges entre États. Celle-ci fut en particulier utilisée pour analyser les
relations commerciales – et les grands déséquilibres des balances – entre les États-Unis et la Chine.

En géographie, le terme de chaîne de valeur ajoutée est d’une utilisation beaucoup plus récente. Les
géographes préfèrent encore parfois mobiliser des termes moins économiques et financiers, mais
tout aussi efficaces, pour décrire et analyser les réalités contemporaines, comme systèmes, réseaux
ou tissus productifs. Ceux-ci renvoient en effet aux liens multiformes – économiques, juridiques,
techniques, logistiques, sociaux – tissés par les firmes transnationales dans l’espace mondial et dans
(ou entre) ses différents territoires productifs, et ce à toutes les échelles d’analyse. Dans tous les
cas, ces différents termes renvoient à une thématique générale, celle de la mondialisation, et à la
division internationale du travail (DIT) qui l’organise dans des liens d’interdépendances de plus en
plus denses, mais asymétriques car très hiérarchisés. Le terme de division internationale des
processus productifs (DIPP) fut d’ailleurs utilisé dans les années 2010 en lieu et place de celui de
chaîne de valeur ajoutée.

L'espace productif est la dimension spatiale du système productif, c'est-à-dire d'un


ensemble d'activités productives fonctionnant en système.

Alors que le système productif est reproductible (il existe dans le monde plusieurs grappes
d'entreprises innovantes, plusieurs bassins miniers en reconversion, plusieurs zones franches
littorales), l'espace productif est situé : il n'existe qu'une Silicon Valley, qu'un Bassin lorrain, qu'une
seule Shenzhen

Cela n'empêche pas un espace productif d'être érigé en modèle d'inspiration : ainsi la Silicon Valley
maintes fois copiée (par exemple en France sur le plateau de Saclay, entre autres), ou encore le
modèle de l'industrie cinématographique à Hollywood (Bollywood, Nollywood…).

Un territoire productif est un espace productif dont les acteurs (économiques mais pas seulement,
les acteurs politiques et les habitants également) ont conscience de leur appartenance à cet espace,
et se l'approprient dans leurs discours et leurs pratiques. C’est par exemple le cas de certains espaces
agricoles, comme les territoires viticoles ou plusieurs zones maraichères, où l’appropriation passe
notamment par la labellisation, garante et symbole de cette appropriation. Elle se traduit par le
réemploi du nom labellisé (dans les noms de commerces par exemple) et de l’iconographie entourant
la labellisation, notamment à travers les paysages.

La métropole est avant tout un ensemble urbain de grande importance qui exerce des
fonctions de commandement, d’organisation et d’impulsion sur une région et qui permet son
intégration avec le reste du monde. Elle anime un système urbain plus ou moins complexe à la
hiérarchisation emboîtée. Elle peut être dotée de fonctions spécialisées dans les domaines politique,
économique, de l'innovation, aussi regroupées sous l’expression fonctions métropolitaines
supérieures. Ses services à forte valeur ajoutée irriguent une aire plus ou moins vaste selon les
échelles considérées, de l'espace régional à l'espace mondial. Une métropole de rang global,
international, ne pourra être analysée comme une simple métropole régionale. L'accentuation du
rôle des métropoles dans la mondialisation définit la métropolisation.

Une métropole internationale, de rang mondial, est dotée de fonctions directionnelles, de services
supérieurs, de capacités d'innovation scientifique et technologique. Elle entretient d'importants
réseaux internationaux et bénéficie d'excellentes conditions d'accessibilité, d'accueil et
d'hébergement et d'effets d'image positifs. Avec la mondialisation, les métropoles possédant une
influence internationale ont pris une importance croissante. Les plus grandes métropoles sont aussi
des villes mondiales.

Le poids et la croissance démographiques ne sont pas des critères déterminants dans la définition
des métropoles. Certaines agglomérations africaines, multimillionnaires, ne possèdent pas forcément
de fonctions métropolitaines.

La mondialisation (globalization en anglais) est un processus historique, pluriséculaire,


de mise en relation des sociétés du monde entier, ou plutôt du Monde, avec une majuscule, devenu
un lieu commun à toute l'humanité. L'accélération sans précédent des flux, de la production et des
échanges, que connaît actuellement l'humanité n'est que la phase la plus récente de la
mondialisation. La mondialisation se décompose en plusieurs processus relevant de plusieurs grands
domaines (socio-économiques, culturels, technologiques, etc.) liés entre eux. Le terme «
mondialisation » s'est imposé à partir des années 1980, même s'il a été employé en France pour la
première fois dès 1904. Il se distingue de la « globalisation », anglicisme qui, en français, désigne
plutôt la mondialisation financière. Il n'y a en fait pas une mais des mondialisations : culturelle,
agricole, logistique, financière, politique, technologique, etc., qui se superposent et reposent sur des
vecteurs en partie communs (internet, la financiarisation de l'économie, les institutions
internationales, les États, les entreprises transnationales...).

La mondialisation est un processus continu d'intensification et de fluidification des échanges, porté


par l'essor des transports et des mobilités (populations, entreprises, etc.) et accéléré depuis les
années 1970 par les systèmes contemporains de communication et de circulation de l'information.
Elle tend à accentuer les phénomènes de diffusion et d'homogénéisation à travers l'espace mondial.
Mais, paradoxalement, par la mise en concurrence des territoires et des sociétés qui lui sont
associée, elle alimente aussi des comportements de contestation : localismes, particularismes,
régionalismes, communautarismes sont ainsi revisités à la lueur de la mondialisation.

Pour Laurent Carroué, la mondialisation « n’est pas réductible à la seule échelle mondiale. Le couple
mondial/local (ou glocal) est un leurre car chaque échelle spatiale joue son rôle (mondiale,
continentale, nationale, régionale et locale). La mondialisation n‘est ni automatique, ni mécanique
mais le fruit de rapports de forces et de jeux de puissance entre États. C'est une construction
systémique, la fois géohistorique, géoéconomique, géopolitique, sociale et culturelle. Elle n’abolit ni
l’histoire, ni le temps, ni la mémoire des faits d’un côté, ni l’espace, ni les distances, ni les territoires,
ni les sociétés et cultures de l’autre. » (Carroué, 2018). La mondialisation est l’un des meilleurs
exemples de phénomènes géographiques multiscalaires, voire transcalaire, dans la mesure où
l’échelle mondiale fait régulièrement irruption dans les autres échelles.

Christian Grataloup, s'inscrivant dans une tradition remontant au moins à Fernand Braudel, a bien
montré l'inscription de la mondialisation dans le temps long, celui de la géohistoire, en discernant
des grandes phases de la mondialisation. Le « bouclage du monde » (Dollfus, Grataloup et Lévy,
1999) par les explorateurs européens entre le XVe et le XVIIe siècle en est l'une des étapes
importantes.

La mondialisation pose aujourd'hui des défis de développement à l'échelle mondiale. Cela suppose
des capacités de gouvernance mondiale et d'actions internationales : coopération et arrangements
(institutionnels ou plus informels), accommodement entre des intérêts différents, régulations. De
leur côté, les altermondialistes, partisans d'une altermondialisation, souhaitent proposer des
alternatives aux formes contemporaines de la mondialisation jugée trop uniquement fondée sur la
dérégulation et sur la libéralisation des marchés et responsable, par là même, de dégradations
sociales et environnementales. La démondialisation peut signifier à la fois un mot d'ordre face aux
excès de la mondialisation et un recul observable de celle-ci dans un domaine ou à une époque
donnée (par exemple lors des crises économiques (1929, 1973, 2008…) ou de la pandémie de covid-
19).

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