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Protection Sociale

Le syllabus du cours de protection sociale aborde la sécurité sociale au Burkina Faso, en s'inspirant de la législation française, et vise à transmettre des connaissances théoriques et pratiques aux étudiants. Le cours est structuré en plusieurs chapitres, incluant l'historique, l'organisation du système de sécurité sociale, les branches de risques professionnels, ainsi que les prestations familiales et de maternité. Une approche participative est encouragée, avec des exercices pratiques et des études de cas pour renforcer l'apprentissage.

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Protection Sociale

Le syllabus du cours de protection sociale aborde la sécurité sociale au Burkina Faso, en s'inspirant de la législation française, et vise à transmettre des connaissances théoriques et pratiques aux étudiants. Le cours est structuré en plusieurs chapitres, incluant l'historique, l'organisation du système de sécurité sociale, les branches de risques professionnels, ainsi que les prestations familiales et de maternité. Une approche participative est encouragée, avec des exercices pratiques et des études de cas pour renforcer l'apprentissage.

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BEREMWIDOUGOU Issouf

ISFP Inspecteur du Travail


Tél. : 78 01 69 84/74 34 12 84
E-mail : issoufberemwidougou@[Link]

PROTECTION SOCIALE
SYLLABUS DU COURS

Volume horaire : …………


Période retenue : ………….

PREAMBULE
Ce cours aborde la sécurité sociale sous l’angle réglementaire et dans le cas
précis du Burkina évidemment inspiré de la législation française. L’assimilation de ce
cours requiert nécessairement un préalable, à savoir la maîtrise du cours en droit du
travail dans la mesure où le présent module en est dérivé. Celui-ci sera administré de
manière fortement participative tout en mettant l’accent sur les cas pratiques tirés
d’exemples vécus en milieu professionnel.

OBJECTIF GENERAL
Il s’agit de partager avec les étudiants les connaissances théoriques et pratiques
en sécurité sociale qui est l’une des disciplines essentielles régissant le monde du
travail que ceux-ci sont appelés à servir au cours de l’exercice de leur profession.

OBJECTIFS SPECIFIQUES
Ce cours vise spécifiquement à :
 inculquer aux étudiants les concepts fondamentaux de la sécurité sociale ;
 initier aux étudiants les modalités d’application des connaissances acquises leur
conférant les aptitudes professionnelles nécessaires ;
 susciter l’initiative de recherches personnelles et d’analyse de cas.
PLAN DU COURS

INTRODUCTION

CHAPITRE I : APERÇU SUR LA SECURITE SOCIALE


A) Historique
B) L’organisation du système de sécurité sociale
CHAPITRE II : LA BRANCHE DES RISQUES PROFESSIONNELS
SECTION I : CONDITIONS D’ADMISSION AU BENEFICE DES
PRESTATIONS AT ET MP
Paragraphe I : Conditions de fond
A) CONDITION DE FOND EN MATIERE D’A.T
B) CONDITIONS DE FOND EN MATIERE DE MALADIE
PROFESSIONNELLE
Paragraphe II : Conditions de forme
SECTION II : LES PRESTATION DE L’ASSURANCE A.T. ET M.P.
Paragraphe I : Les prestations en nature
Paragraphe II : Les prestations en espèces
Paragraphe III : L’incidence de la faute sur les prestations
CHAPITRE III : LA BRANCHE DES PENSIONS
SECTION I : L’ASSURANCE D’INVALIDITE
Paragraphe I : Conditions d’admission
Paragraphe II : Les prestations
SECTION II : L’ASSURANCE VIEILLESSE (OU RETRAITE)
Paragraphe I : Conditions d’admission
Paragraphe II : Les prestations
SECTION III : LA PENSION DE SURVIVANT (OU DE DECES)
CHAPITRE IV : LES PRESTATIONS FAMILIALES ET DE
MATERNITE
SECTION I : CONDITIONS D’OUVERTURE AU BENEFICE DES
PRESTATIONS FAMILIALES
Paragraphe I : Conditions de fond
Paragraphe 2 : Conditions de forme
SECTION II : LES PRESTATIONS
Paragraphe 1: Les prestations en nature
Paragraphe 2 : Les prestations en espèces
CHAPITRE V : LE CONTROLE ET LE CONTENTIEUX DE LA
SECURITE SOCIALE
SECTION I : LE CONTROLE
Paragraphe I : L’intervention de l’inspection du travail
Paragraphe II : Les agents de contrôle de la caisse
SECTION II : LE CONTENTIEUX DE LA SECURITE SOCIALE
Paragraphe I : Le contentieux général
Paragraphe II : Le contentieux technique ou médical
Paragraphe III : Les autres types de contentieux

CONCLUSION
DEMARCHE PEDAGOGIQUE
Les étudiants recevront le support de la formation dès le démarrage du cours.
Celui-ci servira de repère pour la transmission du message. Toutefois, les étudiants, de
par les connaissances générales déjà acquises et celles issues des recherches
personnelles sont invités à s’inscrire dans l’approche participative. Dans cette
dynamique, le cours théorique se traduira en connaissances concrètes grâce aux
exercices, aux discussions, aux études de cas et des mises en situation.

BIBLIOGRAPHIE

1) Ouvrages
 Paul KIEMDE, cours de droit du travail et de la sécurité sociale, janvier 2013 ;

 Issa-SAYEGH Joseph, Le droit sénégalais de la sécurité sociale, Dakar, NEA, 1992 ;

 LYON-CAEN Gérard et LYON-CAEN Antoine, Droit social international et


européen, 8e édition, 1993 ;

2) REVUES

 Revue internationale du travail, B.I.T., Genève ;


 Revue burkinabé de droit (RBD).

3) RECUEILS DE TEXTES

 ABADIE Pierre, Code social du Burkina Faso, 2e édition,


[Link] ;
 CNSS, Textes législatifs et règlementaires de sécurité sociale applicables
aux travailleurs salariés et assimilés au Burkina Faso, édition 2009.

4) SITES WEB
[Link]
[Link]
[Link]

MATERIEL D’ANIMATION

 un vidéoprojecteur personnel ;
 un ordinateur portable personnel ;
 un tableau mis à disposition par l’école.
MODE D’EVALUATION
Au regard de la courte durée réservée à l’enseignement du cours, il n’est pas
prévu d’exposé faisant l’objet de notation. Il sera organisé au moins un contrôle de
connaissance sur table pour obtenir les notes nécessaires. Celui-ci consistera en des
questions de cours, en des calculs et en des questions de réflexion.
INTRODUCTION

CHAPITRE 1 :

A) Historique

La sécurité sociale était au départ une branche du droit du travail. Elle est
aujourd’hui devenue une discipline distincte du droit du travail. Mais ces deux
disciplines demeurent liées à plusieurs points de vue :
- toutes deux conservent le même champ d’application, à savoir celui
des relations entre employeurs et travailleurs ;
- elles poursuivent un but commun : la protection du travailleur, même
si la sécurité sociale est plus extensible au plan des personnes
concernées ;
- enfin, elles utilisent beaucoup de notions communes, sans toutefois
que les définitions soient toujours identiques (ex. : notion de
travailleur, de salaire, etc.)
Cette proximité a parfois conduit à réunir les deux disciplines sous
l’appellation de droit social (appellation peut être peu heureuse).
La sécurité sociale qui s’est progressivement détachée du droit du travail,
est de nos jours perçue comme le droit de la protection sociale de l’individu (au
moins dans les pays développés où la protection s’étend au delà des travailleurs
salariés). Il ne s’agit pas seulement de la protection du travailleur à l’égard de
l’employeur (comme en droit du travail), mais de la protection de l’individu
dans la société.
L’idée de protection sociale est conçue de manière large en relation avec
le développement des techniques et des moyens de protection.
L’élargissement de l’idée de protection est perceptible à travers les étapes
historiques du développement des systèmes de protection.
Avant l’apparition de la sécurité sociale, la protection de l’individu contre
les risques sociaux reposait sur les systèmes suivants :

- d’abord, il y avait un système inorganisé essentiellement fondé sur les


techniques de l’épargne et de l’assistance ;
- ensuite apparaîtront des formes spontanées d’organisation (en dehors
de la puissance publique) qui reposent sur les techniques de
l’assurance et de la mutualité. L’assurance est une vieille technique
apparue depuis le 16ème siècle dans les transports maritimes. La
mutualité consiste en une mise en commun de fonds pour faire face à
des risques (exemple : cantine) : c’est une variante de l’assurance,
avec l’avantage d’être non commerciale. Ces systèmes sont peu
efficaces, en ce sens que le nombre de bénéficiaires, de même que les
risques couverts demeuraient très limités.
- Enfin, dans une troisième étape, l’Etat intervient pour organiser cette
protection. C’est le système actuel de sécurité sociale, dont
l’expression elle-même n’est consacrée qu’à partir de 1935 avec la loi
du 14/10/1935 sur la « social security act » de Franklin Roosevelt
(cette loi faisait partie de la législation du New Deal). Ainsi peut-on
considérer la sécurité sociale comme un ensemble d’institutions
prévues par l’Etat pour garantir l’individu contre les risques sociaux.

On entend ici, par risques sociaux, des évènements divers, qui peuvent
avoir une incidence sur la situation économique de l’individu : maladie, accident
de travail, vieillesse, invalidité, chômage, etc. Ces évènements entraînent pour
l’individu, soit une baisse de revenu, soit une augmentation de dépenses. Il ne
s’agit donc pas de tout risque social : en sont exclues, les guerres, les calamités,
les crises économiques.
L’OIT, dans la norme 102 (adoptée en 1952 à la 35 ème session) a retenu
neuf (9) branches de risques que devraient chercher à couvrir les systèmes
nationaux de sécurité sociale. Ces 9 branches de risques embrassent les risques
les plus courants. Ce sont :

- la maladie qui se décompose en deux risques :


 les soins
 les indemnités compensant la perte de revenu

- le chômage (+)
- la vieillesse (+)
- l’accident du travail et la maladie professionnelle (+)
- la maternité
- l’invalidité (+)
- le décès (+)
- les charges familiales.

L’Etat qui accepte de ratifier cette convention doit assurer une protection
qui couvre trois au moins de ces neuf éventualités, et les trois risques couverts
doivent être choisis parmi les six risques suivants : chômage, vieillesse, accident
du travail et maladie professionnelle, invalidité, décès.

Les 9 branches de risques peuvent être regroupées en trois catégories de la


sécurité sociale.
- Première catégorie : les assurances sociales qui comprennent la maladie,
la maternité, l’invalidité, la vieillesse, le décès.
- Deuxième catégorie : les prestations familiales
- Troisième catégorie : les accidents du travail et M.P. (+ le chômage).

Dans chaque pays, le système de sécurité sociale peut couvrir


partiellement ou totalement, certaines de ces 9 branches.

B) L’organisation du système de sécurité sociale

Le droit de la sécurité sociale est, d’une manière générale, un droit


étatique en ce sens que c’est la loi qui en fixe les principes fondamentaux d’une
part et, d’autre part, ce sont les règlements des pouvoirs centraux et des organes
de la caisse de sécurité sociale qui fixent les rapports entre les tiers et les
organismes du système de la sécurité sociale.

De cette source étatique découle certains caractères de la sécurité sociale :

- La sécurité sociale a un caractère territorial, c’est-à-dire que tous ceux qui


se trouvent sur le territoire et qui remplissent les conditions
d’assujettissement à la sécurité sociale sont couverts ;
- Elle a un caractère d’ordre public : on ne peut pas renoncer au bénéfice de
la sécurité sociale ;
- La protection est plus ou moins étendue selon le niveau de développement
du pays.
- Suivant les champs de risques sociaux couverts, le système de sécurité
sociale du pays peut se différencier en plusieurs régimes.

Quels sont les régimes existants au Burkina Faso et Quels sont les critères
d’assujettissement ?

1) Les régimes de sécurité sociale

D’une manière générale, on peut être bénéficiaire de la sécurité sociale


par le biais soit d’une assurance obligatoire, soit d’une assurance volontaire ou
facultative.

L’assurance obligatoire concerne les personnes qui, remplissant certaines


conditions, doivent être obligatoirement assujettis à la sécurité sociale.
L’assurance volontaire est une exception permettant d’étendre le bénéfice de la
sécurité sociale à des gens ne remplissant pas les conditions de l’assurance
obligatoire.

L’assuré peut être soumis à divers types de régimes de sécurité sociale.

En France, on distingue essentiellement trois types de régimes de sécurité


sociale.

- Le régime général, qui s’applique aux salariés de l’industrie et du


commerce ;
- Les régimes spéciaux, qui se subdivisent en régimes spéciaux des
professions agricoles (essentiellement des mutuelles) et en régimes
spéciaux des professions non agricoles c’est-à-dire les artisans et les
professions libérales. Ces derniers se rapprochent du régime général des
salariés de l’industrie et du commerce ;
- Les régimes complémentaires : ce sont des systèmes qui procurent un
supplément aux prestations dont bénéficient déjà les assurés sociaux. Ces
régimes complémentaires sont apparus d’abord chez les cadres à travers
les conventions collectives, puis se sont étendues aux autres salariés. On a
par exemple : l’Association générale des institutions de retraite des cadres
(AGIRC), l’Association des régimes de retraite complémentaire
(ARRCO), l’Association pour l’emploi de l’industrie et du commerce
(ASSEDIC), l’Union Nationale Interprofessionnelle pour l’emploi dans le
commerce et l’industrie (UNEDIC).

Ces distinctions sont d’autant plus importantes qu’il y a plusieurs


institutions de sécurité sociale : caisses nationales, régionales, primaires, caisses
autonomes, mutuelles, etc… (Pour les étudiants : Mutuelle nationale des
étudiants de France (MNEF), SMERRA).

Au Burkina Faso, il y a deux institutions, la caisse nationale de


sécurité sociale et la caisse autonome de retraite des fonctionnaires.

La CARFO est chargée de la gestion du régime de sécurité sociale des


fonctionnaires, des militaires et des magistrats.

Quant à la CNSS, elle gère le régime de sécurité sociale des


travailleurs salariés institué par la loi n°004‐2021/AN du 06 avril
2021. Cette loi a remplacé la loi n°015-2006/AN du 11 mai 2006 portant
code de sécurité sociale en faveur des travailleurs salariés.
Plusieurs raisons ont été évoquées pour justifier la relecture de la loi
de 2006 et l’adoption de la nouvelle loi en 2021. Ces raisons évoquées sous la
forme d’innovation sont de deux ordres : les innovations de formes et celles
de fond.

Pour les innovations de forme


Bien qu’il y ait eu des modifications, la contexture de l’ancienne loi n’a
pas fondamentalement changée. Comme modification nous avons :

 l’ajout d’un nouveau chapitre portant sur l’objet de la loi au titre I


portant sur le champ d’application;
 l’introduction d’une nouvelle section II portant sur le rachat des
cotisations au niveau du chapitre III portant sur la branche
vieillesse;
 l’introduction de 11 nouveaux articles ramenant ainsi de 131 à 142
articles dans la loi n° 004-2021/AN du 6 avril 2021;
 le changement de la numérotation à partir du titre I suite à
l’introduction de nouvelles dispositions;
 l’augmentation du nombre de texte d’application qui passe 18 à
vingt-quatre (24) pour la loi 004.
Ces textes règlementaires se répartissent en :
 cinq (05) décrets pris en Conseil des ministres;
 quatre (04) arrêtés conjoints;
 quinze (15) arrêtés simples.

Pour les innovations de fond

A. Champ d’application personnelle du régime

La loi étend désormais le bénéfice de toutes les prestations du régime


aux volontaires nationaux. La définition ainsi que les modalités de
participation des volontaires nationaux au financement du régime sont
contenues dans le projet d’arrêté relatif à l’affiliation, à l’immatriculation
des travailleurs et autres assurés au régime géré par la CNSS.

Il est important de noter que la définition de «volontaire national»


proposée est une amélioration des dispositions de la loi n°031-2007/AN
du 29 novembre 2007 portant institution d’un corps de volontariat
national.
 les stagiaires qui étaient jusque-là admis au régime sur la base
d’un arrêté ont été pris en compte dans le champ d’application
personnelle de la loi et pour deux des branches du régime à savoir
les RP et la pension;

B. Allègement des procédures

 Le délai de stage lié aux conditions d’assujettissement de six (6)


mois et le délai de souscription de cinq (5) ans ont été supprimés
afin de permettre à un travailleur ayant perdu sa qualité d’assuré
obligatoire de souscrire à l’assurance volontaire sans aucune
condition particulière ;
 la suppression des carnets de grossesse et de maternité pour
l’octroi des allocations prénatales;
 la suppression de la saisine de l’inspection du travail dans la
procédure d’émission de la contrainte. L’abandon de cette étape
fait suite à une transposition des dispositions du socle juridique de
sécurité sociale de la CIPRES;
 la conduite des enquêtes de rachat de rente et des accidents du
travail par les agents assermentés de la Caisse nationale de
sécurité sociale.
 Cependant, les enquêtes et les actions de prévention sont
effectuées également par tout autre agent assermenté de l’Etat

C. financement des branches du régime

 La prise en compte de la contribution des assurés volontaires


parmi les sources de financement du régime ;
 L’augmentation du délai imparti aux employeurs pour satisfaire à la
formalité de demande d’immatriculation auprès de la Caisse
nationale de sécurité sociale;
 la possibilité de cumuler les sanctions pénales et pécuniaires, à
savoir le paiement des cotisations et des majorations dont le
versement incombait à l’employeur ainsi que le remboursement à
la CNSS des sommes indûment perçues;
 la possibilité pour la CNSS de recouvrer ses créances vis-à-vis des
bénéficiaires des prestations au titre du régime de sécurité sociale;
 la part des frais d’administration et de l’action sociale et sanitaire à
imputer à chacune des trois branches du régime est désormais
déterminée par le Conseil d’administration de la Caisse nationale
de sécurité sociale en lieu et place du Ministre de la tutelle
technique.

D Amélioration des prestations


D1. Branche des prestations familiales
 Le non cumul des prestations ne s’applique qu’aux allocations
familiales ;
 Revalorisation des prestations familiales
 l’octroi de l’allocation familiale à l’assuré pour les enfants ayant
seize ans au plus et non jadis accordé aux enfants ayant moins de
quinze ans conformément à l’âge obligatoire de scolarisation et à
l’âge minimum d’accès à l’emploi;
 le bénéfice de l’allocation familiale pendant six (6) mois au profit de
l’allocataire qui a perdu la qualité de travailleur salarié
conformément au socle juridique de sécurité sociale de la CIPRES;

D2. Branche des risques professionnels

 Le renforcement des attributions de la Caisse nationale de sécurité


sociale en matière de prévention des risques professionnels ;
 la création du corps des ingénieurs spécialisés conformément au
socle juridique de sécurité sociale de la CIPRES.
 la création de corps des contrôleurs de prestation en plus du corps
des contrôleurs de recouvrement et de celui de la prévention.
 l’octroi d’une subvention aux employeurs respectueux des
prescriptions en matière de prévention des risques professionnels;
 la création d’un fonds spécial de prévention destiné à financer les
actions de promotion de la prévention des risques professionnels;
 l’élargissement de la définition de l’accident du travail qui prend en
compte le détournement ou l’interruption de trajet pour des
nécessités de la vie courante;
 l’obligation d’information de l’employeur à la charge de la victime
ou de ses ayants-droit en cas d’accident du travail;
 le remboursement des frais de transport de la victime à celui qui
les a effectivement supportés. Par ailleurs, la faculté est donnée à
la CNSS de conventionner avec les formations sanitaires agréées ;
 le caractère de compensatoire de l’indemnité journalière à laquelle
peut prétendre la victime d’un accident du travail qui ne saurait
donc être soumise à cotisation;
 la prise en compte des rechutes dans la détermination de la rente
d’incapacité permanente partielle.

D3 Branche des pensions

 La consécration formelle du principe de non cumul du salaire et de


la pension directe au titre de la présente loi;
 la possibilité donnée à tout assuré ne remplissant pas les
conditions pour bénéficier d’une pension de vieillesse, de
poursuivre son assujettissement par le mécanisme de l’assurance
volontaire aux fins de complément des périodes manquantes;
 l’institution d’une retraite complémentaire au titre de la branche
vieillesse;
 la possibilité pour le conjoint survivant de cumuler l’intégralité de sa
pension directe avec celle résultant de la réversion.

D4 SANCTIONS ET ENTREE EN VIGUEUR

 Les délits ont été listés afin de responsabiliser au mieux les


différents acteurs. Ainsi, au sens de la présente loi, constituent des
délits, les infractions suivantes :
- le défaut d’affiliation de l’employeur à la Caisse nationale de sécurité
sociale ;
-le défaut de déclaration d’un travailleur ;
-la non production de déclaration récapitulative de salaires ;
la non production des BNTS;
- la fraude dans la déclaration des effectifs des salaires et du nombre de
jours de travail ;
- le non versement des cotisations ;
- la non-exécution de la mise en demeure ;
- les oppositions aux contrôles;
- les fraudes aux prestations ;
le défaut de déclaration d’accident du travail ou de la maladie
professionnelle.
Ces infractions sont sanctionnées par une peine d’emprisonnement de
trente jours au moins et de dix ans au plus et/ou d’une amende
supérieure à 200 000 francs CFA sans excéder 500 000 francs CFA.
En cas de récidive dans un délai de 5 ans aux infractions citées,
l’auteur de l’infraction est passible du double des peines.
Par ailleurs, le vol, l’escroquerie, l’abus de confiance, l’abus de blanc-
seing, le recel, le détournement de deniers publics ou d’objets
saisis, l’extorsion de fonds, la corruption, la concussion, les délits
relatifs aux chèques, le faux et usage de faux commis au préjudice
de la CNSS sont sanctionnés conformément à la loi pénale.
Il est important de souligner que pour la mise en œuvre de toutes ces
innovations et des droits et obligations issues de la loi, la Caisse
nationale de sécurité sociale dispose d’un délai de 12 mois à
compter de la date d’entrée en vigueur de celle-ci.

La loi n°004-2021/AN du 06 avril 2021 portant régime de sécurité


sociale applicable aux travailleurs salariés et assimilés au Burkina Faso
distingue deux types d’assurance (art.4 et 5):

- l’assurance obligatoire pour les salariés (équivalent au régime


- général en France) et ;
- l’assurance volontaire.

Il n’y a pas encore de régime de cotisation complémentaire pour tous ceux


qui touchent de hauts salaires mais il est probable qu’il soit institué compte tenu
des besoins exprimés par les syndicats. (à moins que l’on ne déplafonne
simplement le salaire soumis à cotisation).

Le régime d’assurance volontaire en vigueur sous l’ancienne loi (la loi


n°13/72/AN portant code de sécurité sociale) n’était qu’une assurance
facultative continuée ouverte à toute personne qui, ayant été affiliée au régime
de sécurité sociale pendant un certain temps au moins, cesse de remplir les
conditions d’assujettissement. Cette personne a la faculté de demeurer
volontairement affiliée à certaines branches de la sécurité sociale sous certaines
conditions.

Sous la loi n°015-2006/AN du 11 mai 2006 portant régime de sécurité


sociale des travailleurs salariés et assimilés au Burkina Faso, le régime de
l’assurance volontaire qui était en vigueur sous la loi n°13/72/AN a été revu et
élargi à d’autres catégories de travailleurs. Ainsi, en plus des travailleurs ayant
été obligatoirement affiliés au régime, le champ de l’assurance volontaire a été
étendu aux personnes exerçant une activité professionnelle qui ne les assujettit
pas à un régime de sécurité sociale. Il s’agit notamment des travailleurs
indépendants de l’économie informelle et ceux exerçant des professions
libérales.
La loi n°004-2021/AN du 06 avril 2021 admet toujours l’assurance
volontaire en son article 5 tout en conservant les mêmes bénéficiaires de la loi
de 2006.

2) Les critères d’assujettissement

Aux termes de l’article 4 du Code de sécurité sociale 2021portant


régime de sécurité sociale applicable aux travailleurs salariés et assimilés au
Burkina Faso, sont assujettis au régime de sécurité sociale, tous les travailleurs
occupés en ordre principal sur le territoire national pour le compte d’un ou
plusieurs employeurs. Le critère d’assujettissement est la qualité de travailleur
dépendant.

Comme en droit du travail, plusieurs critères avaient été avancés à


l’origine : la subordination juridique, la dépendance économique, la
rémunération, l’existence d’un contrat de travail.

En définitive, pour être assujetti à la sécurité sociale, il faut être un


travailleur au sens du code du travail, c’est-à-dire réunir les critères de la
subordination juridique et de la rémunération, qui constituent le salariat. Sont
donc obligatoirement assujettis les travailleurs salariés.
Y sont également assujettis, les salariés de l’Etat et des autres personnes
morales du droit public qui ne bénéficient pas, en vertu des dispositions légales
et règlementaires, d’un régime particulier et obligatoire de sécurité sociale.
Sont assimilés aux travailleurs dorénavant : les élèves et les étudiants des
écoles ou centre de formation professionnelle et les apprentis et les volontaires
nationaux.

Mais des exceptions sont faites au profit de certaines personnes qui, bien
que n’étant pas des travailleurs salariés, peuvent bénéficier de la sécurité sociale.
- les salariés ayant perdus cette qualité et qui peuvent devenir des assurés
volontaires ;
- les travailleurs indépendants.

Les critères qui donnent vocation à acquérir la qualité d’assuré social sont
plus souples qu’en droit du travail. En effet selon l’article 4 § 1 « Sont assujettis
au régime de sécurité sociale institué par la présente loi tous les travailleurs
soumis aux dispositions du code du travail sans aucune distinction notamment
de race, de nationalité, de sexe et d’origine sociale lorsqu’ils sont occupés en
ordre principal, sur le territoire national pour le compte d’un ou plusieurs
employeurs, nonobstant la nature, la forme, la validité du contrat, la nature et le
montant de la rémunération ».

Les particularités dans cette définition sont :

- 1° le travailleur peut être occupé pour le compte d’un ou plusieurs


employeurs ;
- 2° il n’est pas tenu compte de la nature ou de la validité du contrat, ni du
montant de la rémunération (sauf exigence du SMIG pour le total).

Les personnes assujetties au régime de sécurité sociale entrent


effectivement dans le système de sécurité sociale par la formalité de
l’immatriculation.

L’immatriculation est l’acte par lequel une personne assujettie


obligatoirement à la sécurité sociale se trouve officiellement inscrite par la
caisse sur la liste des assurés sociaux.

La caisse lui attribue un numéro matricule à 13 chiffres et une carte


d’immatriculation et d’affiliation (carte de sécurité sociale). Cette formalité est
accomplie une fois pour toute. Elle n’a pas à être renouvelée. L’assuré conserve
le même numéro quelque soit les changements intervenus d’employeurs ou de
lieu de travail.

L’immatriculation est une formalité obligatoire pour les employeurs et


pour tous les travailleurs. En effet tout employeur de personnel salarié est tenu
de demander son immatriculation à la sécurité sociale dans les 8 jours soit de
son premier embauchage de personnel, soit de l’ouverture ou de l’acquisition de
l’entreprise. La demande d’immatriculation du travailleur incombe aussi à
l’employeur.
Si l’employeur ne s’exécute pas après le délai des 8 jours, le travailleur peut
saisir le tribunal du travail territorialement compétent pour voir ordonner à
l’employeur à procéder à son immatriculation.

Il faut distinguer l’immatriculation de l’affiliation. Celle-ci ne désigne pas


une formalité à accomplir, mais la situation de droit résultant de
l’immatriculation. Le travailleur immatriculé est affilié c’est-à-dire rattaché à
une caisse particulière (caisse régionale ou section). Il est inscrit sur la liste des
assurés de cette caisse particulière.

Par exemple, lorsqu’il perd son emploi, il conserve son numéro


d’immatriculation, mais il peut être radié de la liste des affiliés de la caisse (de la
liste des bénéficiaires de prestations) s’il n’a pas contracté d’assurance
volontaire.

La gestion du système de sécurité sociale

La sécurité sociale burkinabè a été créée en 1955 avec une seule branche,
celle des prestations familiales (arrêté N° 1 029/ITLS/VV du 6 décembre 1955).
Son siège était fixé à Bobo-Dioulasso et la caisse portait le nom de caisse de
compensation des prestations familiales.

En 1959 a été créée la branche des risques professionnels comprenant les


accidents du travail et les maladies professionnelles (loi N°3/59 du 30 janvier
1959). La caisse pris le nom de caisse de compensation des prestations
familiales et des accidents de travail (CCPF & AT).

En 1960 on a ajouté la branche des pensions (loi N° 78/60/AN du


6/10/1960) ; ce qui conduit à un nouveau changement du nom en caisse de
prévoyance sociale.

Le siège fut transféré en 1963 à Ouagadougou.

Par la loi N° 13/72/AN du 28 décembre 1972 portant code de sécurité


sociale, fut adopté le nom actuel de caisse nationale de sécurité sociale.

Aux termes de la loi n°004-2021/AN du 06 avril 2021 portant régime


de sécurité sociale applicable aux travailleurs salariés et assimilés au
Burkina Faso, le régime des salariés comprend trois branches :

- la branche des prestations familiales ;


- la branche des accidents de travail et maladies professionnelles ou
branche des risques professionnels ;
- la branche des pensions, comprenant les assurances vieillesse,
invalidité, décès.
- Toute autre branche qui viendrait à être créée par la loi.
Ces différentes branches sont gérées par un établissement public de
prévoyance sociale, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

1) Organisation administrative de la CNSS

Anciennement établissement public à caractère industriel et


commercial, la Caisse nationale de sécurité sociale est devenue un
établissement public de prévoyance sociale depuis l’adoption de la loi
n°016-2006/AN portant création de la catégorie d’établissements publics de
prévoyance sociale. Elle est dotée de la personnalité morale et de l’autonomie
financière.

Les organes de la caisse comprennent : le conseil d’administration, la


commission permanente, la direction, les commissaires aux comptes.

Le conseil d’administration (C.A.) est l’organe délibérant. Il a une


composition tripartite : Etat/employeurs/travailleurs. La loi n°016-2006/AN
prévoit une présidence tournante du CA entre Etat –Employeurs-
Travailleurs. Selon les statuts particuliers de la CNSS approuvés par
décret, le C.A. compte désormais 15 membres (5 représentants de l’Etat, 5
représentants des employeurs et 5 représentants des travailleurs dont un
représentant du personnel de la CNSS) au lieu de 12 sous le régime du
décret n° 93-211 du 15 juillet 1993, aujourd’hui abrogé. Les représentants
des travailleurs et des employeurs sont présentés par les organisations syndicales
les plus représentatives, à raison d’un nombre double de poste à pourvoir.

Les attributions du conseil d’administration sont essentiellement :

- voter le budget et approuver les comptes annuels ;


- prendre les mesures destinées à faire appliquer les textes législatifs,
réglementaires ou administratifs relatifs à la sécurité sociale ;
- déterminer le programme de placement des fonds et décider des
acquisitions ou aliénation d’immeubles, etc.

Les décisions du C.A. sont soumises à l’approbation des autorités de


tutelle (Ministre chargé de la sécurité sociale et Ministre chargé des finances)
notamment celles relatives à l’adoption du budget et des comptes doivent
recueillir l’avis du Ministère chargé des finances. Le Ministère chargé de la
Protection sociale, qui est le Ministère de tutelle technique, dispose d’un délai de
15 jours pour suspendre les décisions qu’il estime contraires aux lois et
règlements en vigueur, ou de nature à compromettre l’équilibre financier du
régime de sécurité sociale. Passé ce délai, les délibérations deviennent
exécutoires. En cas d’opposition, le Ministère doit statuer dans le délai d’un
mois à partir de l’opposition.

Une commission permanente est instituée au sein du CA. Elle est


chargée de surveiller l’exécution des décisions du C.A. et de donner son avis sur
des points particuliers. Elle peut recevoir toute autre attribution par délégation
accordée par le C.A. Elle est habilitée à prendre, en cas d’urgence, les décisions
nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de la CNSS. Elle doit faire un
rapport de ses décisions et avis à la prochaine session du C.A. La commission
permanente est composée :

- du Président du CA,
- de deux représentants du syndicat des employeurs,
- de deux représentants du syndicat des travailleurs,

Les commissaires aux comptes. Au nombre de deux, ils sont chargés de


contrôler la gestion du Directeur Général pour le compte du C.A. Ils ne doivent
pas être des administrateurs. Ils sont choisis l’un par le Ministre des Finances,
l’autre par le conseil d’administration pour un mandat de trois ans renouvelable
(une seule fois si c’est un cadre administratif).

Le Directeur Général : Il est chargé d’organiser le travail des services de


la caisse, de gérer le personnel, d’élaborer le projet de budget. La Direction
Générale compte, outre les services centraux (direction du recouvrement et du
contentieux, direction administrative, financière et comptable, direction des
investissements et de la gestion immobilière, direction de la prévention et de
l’action sanitaire et sociale…).

2) Ressources de la caisse

Les ressources de la CNSS sont constituées par :

- les cotisations destinées au financement des différentes branches du


régime de Sécurité Sociale ;
- Les pénalités encourues pour cause de retard dans le paiement des
cotisations ou/et dans la production des déclarations nominatives de
salaire ;
- le produit des placements des fonds de la CNSS;
- les subventions, dons et legs,
- toutes autres ressources attribuées par un texte législatif ou
réglementaire en vue d’assurer l’équilibre financier du régime.

Les cotisations dues à la CNSS sont assises sur l'ensemble des rémunérations
perçues par les personnes assujetties y compris les indemnités, primes,
gratifications ainsi que les avantages en nature, mais à l'exclusion des
remboursements de frais et des prestations familiales et dans la limite d'un
plafond de 800 000 F CFA par mois.

Chaque branche du régime de sécurité sociale dispose de ses propres recettes


qui servent à couvrir les dépenses de la branche. Celle-ci fait donc l’objet d’une
gestion distincte. Les recettes sont constituées des cotisations des employeurs et
des travailleurs. Suivant les branches, le taux de la cotisation varie :

- le taux est de 11% du salaire en ce qui concerne la branche des


pensions reparties à concurrence de 5,5% chacun entre l’employeur
et le travailleur.
- il est de 7% pour la branche des prestations familiales, supportées
par l’employeur seul.
- Pour la branche des risques professionnels, le taux est de 3,5%, à la
charge de l’employeur.

Au total, les cotisations sont de 21,5% dont 5,5% à la charge du


travailleur et 16% à la charge de l’employeur.

L'employeur est débiteur vis-à-vis de la CNSS de l'ensemble des


cotisations dues. La part mise à la charge du travailleur est précomptée sur la
rémunération mensuelle de celui-ci lors de chaque paie. La contribution de
l'employeur reste exclusivement à sa charge.

Les cotisations sont assises sur l’ensemble des rémunérations du


travailleur, c’est-à-dire le salaire de base plus les accessoires de salaire.

La notion de salaire est ici entendue de façon très large. On inclut dans
l’assiette des cotisations les avantages en nature, les pourboires, les primes et
gratifications ; mais à l’exclusion des indemnités de licenciement, des
indemnités journalières compensatrice de la rémunération perdue pour cause de
maladie ou d’accident professionnelle ou de maternité, des prestations
familiales, des frais de logement, l’indemnité de décès, l’indemnité de départ
négocié, l’indemnité de fin de contrat, l’indemnité de licenciement, l’indemnité
de départ à la retraite, l’allocation familiale, la rente, la pension et les dommages
et intérêts.

L’assiette de cotisation est comprise entre un plancher (minimum) qui est


le SMIG, et un plafond qui est de 800 000 francs par mois.

Les majorations encourues pour retard dans le versement des cotisations


sont de 1,5% de majoration.

Les majorations pour non déclaration de salaire sont de 25% auxquels on


ajoute 1,5% pour le retard subséquent.

La non production des bordereaux trimestriels nominatifs des salariés


donne lieu à une pénalité de 2% du SMIG pour chaque salarié non déclaré.
CHAPITRE II : LA BRANCHE DES RISQUES PROFESSIONNELS

Cette branche comprend les accidents du travail et les maladies


professionnelles. Elle vise à protéger les travailleurs contre les risques inhérents
à l’exercice de l’activité professionnelle. Nous distinguerons les conditions à
remplir pour bénéficier de cette protection d’une part, et les différentes
prestations qui sont servies, d’autre part.

SECTION I : CONDITIONS D’ADMISSION AU BENEFICE DES


PRESTATIONS AT ET MP

Rappelons que les conditions générales pour bénéficier de la couverture


de la sécurité sociale sont d’être immatriculé et affilié à une caisse déterminée et
d’être en règle vis-à-vis des cotisations. A ces conditions générales s’ajoutent les
conditions spécifiques de fond et de forme.

Paragraphe I : Conditions de fond

Il y a lieu de faire la distinction entre accident du travail et maladie


professionnelle.

A) CONDITION DE FOND EN MATIERE D’A.T

La condition de fond est relative à la notion d’accident du travail dont il


convient d’en donner une définition générale avant de préciser la notion
d’accident, son caractère professionnel et le cas de l’accident de trajet.

1) Définition générale

Selon l’article 56 de la loi n°004-2021/AN portant régime de sécurité


sociale des travailleurs salariés et assimilés au Burkina Faso (LSST), «
Est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la
cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du
travail, à toute personne salariée ou travaillant, à quelque
titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs
employeurs. Est également considéré comme accident du
travail, l’accident survenu à un travailleur pendant le trajet
aller et retour et dans la mesure où le parcours n’a pas été
interrompu ou détourné pour un motif dicté par l’intérêt
personnel et étranger aux nécessités essentielles de la vie
courante ou indépendant de l’emploi : - entre sa résidence
principale, une résidence secondaire présentant un
caractère de stabilité ou tout autre lieu où le travailleur se
rend de façon habituelle pour des motifs d’ordre familial et le
lieu de travail ; - entre le lieu de travail et le restaurant, la
cantine ou, d’une manière générale, le lieu où il prend
habituellement ses repas ou perçoit sa rémunération ; -
pendant les voyages et missions dûment autorisés par
l'employeur ».
L’accident du travail couvre en fait deux évènements : l’accident du
travail proprement dit, et l’accident de trajet c’est-à-dire l’accident survenu entre
le lieu de travail et les lieux suivants :

- Le lieu de résidence principale ;


- Le lieu de résidence secondaire ;
- Le lieu où le travailleur prend habituellement son repas ;
- Le lieu où il perçoit sa rémunération ;
- Le lieu où il se rend habituellement pour motif d’ordre familial.

En France, on prend en compte la résidence principale et la résidence


secondaire (cf. tableau ci-dessus de J.J. Dupeyroux p. 523).

Lieu habituel des repas

Missions et voyages autorisés


Par l’employeur
Résidence principale

Lieu de travail Résidence secondaire


Lieu où le travailleur
perçoit sa rémunération
Lieu où il se rend
habituellement pour motif
d’ordre familial

Est considéré comme A.T. l’accident survenu pendant le voyage du


travailleur dont les frais sont supportés par l’employeur (déplacement du
travailleur).

La formule de l’article 56 est très large : elle englobe tous les accidents
survenus au travailleur dans l’exercice de ses fonctions, quel qu’en soit le lieu.

Mais que recouvre la notion d’accident ?


2) Définition de l’accident

Il n’y a pas de définition légale de l’accident.

La jurisprudence traditionnelle retenait comme critères « l’action soudaine


et violente d’une cause extérieure provoquant une lésion de l’organisme
humain » (soc. 20 mai 1950, D. 1950. 469 ; so. 31 avril 1956). Quatre critères
étaient ainsi retenus : l’extériorité, la violence, la soudaineté et la cause
extérieure (voy.J.J. Dupeyroux, la notion d’accident du travail, D. 1964 chr. P.
23. ; Saint jours, Traité T.1, 1980 p. 294 et s.).

Cette conception a été abandonnée parce que les critères de la violence et


de la cause extérieure sont souvent inopérants et constituent des exigences
restrictives. Par exemples constitueraient des éléments extérieurs, la voiture, le
marteau, l’arme. Mais les juridictions admettent des évènements qui ne sont pas
extérieurs à la victime comme constitutifs d’un accident. C’est le cas lorsqu’une
personne fourni beaucoup d’efforts au cours de son travail et se blesse (entorse,
faux mouvements, etc.). Le critère d’extériorité peut par conséquent être
inopérant.

Le critère de la violence n’est pas précis car il n’est pas fait de distinction
²entre violence physique et violence psychique. Les juges y font rarement
état (arrêt du 20 mai 1950. Typhus contracté lors du travail).

Le seul critère nécessaire est celui de la soudaineté, car c’est le critère qui
distingue l’accident du travail de la maladie professionnelle. Ça serait une
maladie professionnelle s’il y avait évolution lente. Mais l’aggravation ou la
révélation soudaine par l’effet du travail, d’un état pathologique préexistant est
un accident du travail (SO. 21 oct. 1965, Bull. civ., IV, p. 581 n° 690 ; D. 1966,
86).

« L’accident de travail serait donc, une brusque survenance d’une lésion


de l’organisme aux temps et lieu de travail » (Revue fiduciaire n° 517, p. 163).
Au critère de la soudaineté qui caractérise l’accident s’ajoutent d’autres critères
(au temps et lieu ; par le fait ou l’occasion du travail) qui donnent un caractère
professionnel à l’accident.

3) Le caractère professionnel de l’accident


Des difficultés peuvent naître lorsqu’il s’agit de déterminer le caractère
professionnel de l’accident. Comment prouver que l’accident est survenu par le
fait ou à l’occasion du travail ? (théorie risque – profit – subordination
juridique).

Il faut que l’activité soit exercée sous la subordination juridique du chef


d’entreprise. Si l’accident est survenu sur les lieux et pendant les heures du
travail, il y a présomption du caractère professionnel. Mais on peut rapporter la
preuve contraire. Par exemple, lorsque la victime quitte son poste de travail pour
se livrer à des activités personnelles, il s’est soustrait à l’autorité de l’employeur.

Toutefois, le non respect des ordres (par ex. non respect des mesures de
sécurité), la désobéissance ne veut pas dire soustraction à l’autorité c’est-à-dire
absence de subordination. Dans ce cas là, le travailleur encourt seulement des
réductions de prestations pour faute inexcusable (s’il pénètre dans un lieu
interdit, ça veut dire que c’est en connaissance de cause des conséquences
dommageables et qu’il a accepté ces conséquences).

La présence sur les lieux de travail peut être étrangère à l’accident : le


travailleur peut être victime d’une crise cardiaque qui résulte d’un état
pathologique et non pas du travail.

Si l’accident s’est produit hors des lieux de travail et en dehors des heures
normales de travail, il faut apprécier selon les circonstances. Ex. il y a accident
de travail si un travailleur est envoyé dans une localité et il est victime d’une
calamité survenue dans la zone (tremblement de terre en Guinée…). La causalité
est ici présumée (préjudice tenant à l’accident).

Dans le cas de l’accident de trajet, le travailleur est protégé s’il se rend


dans les deux sens : de son lieu de travail à sa résidence principale et secondaire
si celui-ci présente un caractère de stabilité, au lieu où il prend habituellement
ses repas, et au lieu où il se rend habituellement pour motif d’ordre familial.

Le lieu de travail s’entend de tout lieu ou le travailleur se rend sur ordre


de son employeur. Ce n’est pas nécessairement le lieu où est situé l’entreprise ou
l’atelier. Mais il est à noter qu’il n’est pas protégé s’il n’y allait pas pour
travailler (ex. travailleur en congé) qui se rend au lieu de travail pour des raisons
personnelles ; travailleur en grève qui s’y rend pour faire le piquet).

4) Interruption de trajet

Dans quelques cas, le travailleur sera couvert lorsqu’il a eu à interrompre


ou à détourner son trajet. Il en est ainsi si le trajet a été interrompu ou détourné
dans l’intérêt du travail (achat d’instrument de travail). Il ne sera pas couvert si
le détour a été fait dans un intérêt personnel.

B) CONDITIONS DE FOND EN MATIERE DE MALADIE


PROFESSIONNELLE

Il n’y a pas de définition de la maladie professionnelle. Sont des maladies


professionnelles celles causées par l’exercice de certaines professions bien
déterminées. Il est établi une liste de maladies professionnelles, indiquant les
travaux, professions ou emplois qui exposent au risque de les contracter.

Depuis l’adoption de la loi n°004-2021/AN portant régime de sécurité


sociale des travailleurs salariés et assimilés au Burkina Faso, la notion de
maladie professionnelle va au-delà des maladies inscrites sur la liste. Elle
s’étend à des maladies ne figurant pas sur le tableau des maladies
professionnelles. Dans ce cas, il devra être prouvé que la maladie en
question est essentiellement et directement causée par le travail de la
victime. Cette innovation introduite par le législateur se justifie par le fait
qu’il ne parait pas réaliste de pouvoir établir une liste exhaustive des
maladies professionnelles.

Les causes des maladies professionnelles proviennent :

- Soit d’agents chimiques : mercure, phosphore, chlorure, plombs, ciment,


acides, etc. Ces agents chimiques sont causes de diverses maladies (ex :
saturnisme pour le plomb…).

- Soit d’affections dues à l’ambiance et aux attitudes particulières exigées


par le travail : salariés qui utilisent des marteaux pneumatiques ; travaux
dans des conditions atmosphériques anormales ;

- Soit d’infections microbiennes : ex. charbon, tétanos, dermatose (emplois


de lubrifiants) brûcelose ou fièvre ondulante (travaux dans les laiteries,
abattoirs, boucherie) silicose, fibrose pulmonaire due à la poussière,
forage, mines (loi n° 3/59/AL du 3/1/1959. Recueil annexe 71, Décret
96.355 du 11 octobre 1996 fixant la liste des maladies professionnelles
voy. code social p. 569 et s.).

Le travailleur qui estime être touché par une maladie professionnelle doit
établir :
- qu’il est atteint d’une maladie inscrite sur la liste des maladies
professionnelles ou, si elle n’est pas inscrite sur la liste, apporter la
preuve qu’elle est essentiellement et directement causée par son
travail habituel;

- qu’il a exercé une activité susceptible de faire contracter la maladie


prévue au tableau des maladies professionnelles ;

- que le délai d’incubation n’est pas dépassé. La date du délai d’incubation


prend pour base la date de cessation de l’activité.

Si ces éléments ci-dessus sont remplis, il y a présomption que la maladie


est effectivement due à l’activité professionnelle.

La maladie professionnelle est assimilée à l’A.T au point de vue du


régime de prestations.

Paragraphe II : Conditions de forme

Les conditions de forme concernent essentiellement l’accident de travail


puisqu’en cas de M.P. conditions de fond et de forme se confondent.

La victime ainsi que l’employeur doivent accomplir certaines formalités


afin que les prestations soient servies.

Lorsqu’il s’agit d’un accident du travail, la victime doit déclarer l’accident


à l’employeur ou à son préposé ou le faire déclarer dans les 48 heures.

Aucune sanction n’est prévue en cas de non respect de ce délai de


déclaration à l’employeur, sinon que la victime court le risque de perdre le
bénéfice de la présomption de causalité (la relation entre l’accident et le travail).
L’employeur doit à son tour déclarer l’accident dans un délai de 48 heures
ouvrables à la CNSS et lui fournir tous les renseignements nécessaires au calcul
des indemnités (période de travail, nombre de journées, montant du salaire, date
de la paie…). Il doit remettre au salarié une feuille d’accident de travail (pour le
bénéfice des prestations en nature).

En cas de carence ou d’impossibilité de l’employeur, la victime, ses


représentants ou ses ayants droits peuvent faire la déclaration jusqu’à
l’expiration d’un délai de deux (2) ans suivant la date de l’accident du
travail ou de la maladie professionnelle. Il s’agit là d’une innovation
introduite par le législateur en 2006. En effet, la rédaction ancienne n’était
pas favorable à la victime qui pouvait perdre le bénéfice de la réparation
des conséquences de l’accident du fait d’un employeur trop négligeant. La
nouvelle formulation est, du reste, conforme à l’article 142 du code du
travail.

Dans les 48 heures, l’employeur doit de même déclarer l’accident à


l’inspection du travail. Cette déclaration a pour but de permettre à l’inspecteur
de déclencher s’il y a lieu une enquête sur les causes et les circonstances de
l’accident. L’enquête est obligatoire s’il y a décès ou une personne gravement
blessée.

Les causes et circonstances de l’accident entre en ligne de compte pour le


calcul des droits de la victime. L’employeur qui néglige de faire les déclarations
d’accident s’expose à des sanctions pénales ou civiles. Au plan pénal, il encoure
une amende de 10 000 à 50 000 frs et en cas de récidive dans le délai d’un an,
l’amende passe de 50 000 à 100 000 frs.

Les sanctions civiles consistent en l’action en remboursement des


prestations versées à l’assuré par la caisse.

SECTION II : LES PRESTATION DE L’ASSURANCE A.T. ET


M.P.

Les prestations de la branche des risques professionnels sont de deux


types : les prestations en nature et les prestations en espèce.

Paragraphe I : Les prestations en nature

La caisse prend directement en charge un certain nombre de frais qui sont


compris dans le terme de soins médicaux. Les frais de soins médicaux pris en
charge comprennent voir art. 62 LSST

1) les frais médicaux et chirurgicaux (assistance médicale, examens de


radiologie et de laboratoire, analyses médicales) ;

2) les frais pharmaceutiques ;

3) les frais d’hospitalisation ;


4) les frais de prothèse dentaire : ces frais sont généralement remboursés
à des taux faibles (taux : …) ;

5) les frais de transport de la victime du lieu de l’accident à la formation


sanitaire la plus proche ou à sa résidence. Les frais de transport de la
résidence au cabinet médical ne sont pas pris en charge ;

6) les frais d’appareillage. La caisse fournit, entretient et renouvelle les


appareils de prothèse et d’orthopédie reconnus nécessaires par le
médecin de la caisse (les appareils d’orthopédie sont des appareils
destinés à corriger les affectations des membres ; les appareils de
prothèse sont eux destinés à remplacer un membre). La victime peut
exercer un recours devant la commission d’appareillage si le médecin
de la caisse rejette la demande d’appareil ;

7) les frais de réadaptation fonctionnelle, de rééducation professionnelle


et de reclassement.

- La réadaptation fonctionnelle consiste à faire subir un traitement en vue


de la récupération totale ou partielle d’une aptitude physiologique. Ce traitement
peut être prescrit à la demande de la victime ou sur l’initiative de la caisse, après
un examen médical spécial effectué par le médecin traitant et le médecin de la
caisse. En cas de désaccord entre ces deux médecins, la décision est prise par
une procédure d’expertise. L’expert est désigné d’un commun accord par le
médecin traitant et le médecin de la caisse. La décision de l’expert n’est pas
susceptible d’un recours contentieux.

- La rééducation professionnelle concerne la victime qui, à la suite d’un


accident ou d’une maladie professionnelle, est devenue inapte à exercer sa
profession ou ne peut plus le faire qu’après une nouvelle adaptation. Le
travailleur est soit admis gratuitement dans un établissement public ou privé de
rééducation professionnelle, soit placé chez un employeur pour s’y réadapter à
sa profession ou apprendre une autre profession. C’est très fréquemment une
rééducation en vue d’occuper un nouvel emploi (contrat type de rééducation).

- Le reclassement professionnel concerne la situation ou la victime d’un


accident du travail ou d’une maladie professionnelle est atteinte d’une réduction
de capacité la rendant inapte à occuper son ancien emploi. Selon la
réglementation du travail, le contrat de travail du salarié victime d’un A.T. ou
d’une M.P. est simplement suspendu et non rompu. Aussi l’employeur doit
reprendre le salarié après sa guérison. Si celui-ci est atteint d’une incapacité
permanente, l’employeur doit l’affecter à un poste correspondant à ses aptitudes.
Si l’employeur ne dispose d’aucun emploi permettant le reclassement, il soumet
le licenciement du travailleur à la décision de l’inspecteur du travail. L’article
115 de l’arrêté n° 1318/FPT du 24 décembre 1976 fait obligation aux
employeurs de réserver une part de leurs emplois aux mutilés du travail. (En
France parfois la caisse primaire peut accorder les primes de fin de rééducation
ou des prêts d’honneur pour faciliter le reclassement. Y. Saint-jours, Traité T.1,
p. 324).

Paragraphe II : Les prestations en espèces

Les prestations en espèce ont pour but de compenser les pertes de revenus
résultant, pour la victime, de son incapacité temporaire de travailler ou de son
incapacité permanente. Il est servi à la victime d’A.T. ou de M.P. des indemnités
journalières, en cas d’incapacité temporaire, et une rente, en cas d’incapacité
permanente.

1°) L’indemnité journalière en cas d’incapacité temporaire (art. 68


LSST)

La victime a droit, pendant toute la période qui précède la guérison, la


consolidation de la lésion ou le décès, à une indemnité journalière dont le
montant est égal aux deux tiers (2/3) de sa rémunération journalière moyenne.

SJM  2
i. j. 
3

La rémunération journalière moyenne (SJM) est obtenue en divisant le


total des rémunérations soumises à cotisation des trois derniers mois par 90.

Total RM  3
SJM 
90

Le salaire soumis à cotisation comprend le salaire de base + les primes +


les indemnités (à l’exclusion de celles qui constituent des remboursements de
frais) + les gratifications + les commissions + la contre-valeur des prestations en
nature, jusqu’à concurrence du plafond de cotisation. Ce plafond est de 800 000
francs CFA par mois ou 2 400 000 par trimestre. Les prestations familiales ne
sont pas prises en compte.

1er Exemple :
1er mois : salaire de base (S.B.) 55 000, Indemnité 25 000, soit un total de
rémunération (T.R) de 80 000
2ème mois : S.B.=55 000. Indemnités = 30 000. T.R = 85 000
3ème mois : S.B. = 55 000. Indemnités= 30 000. T.R = 90 000

Total Salaire des 3 mois = 80 000 + 85 000 + 90 000 = 255 000

255 000
SJM   2833
90

2ème Exemple

1er mois S.B. 35 000


Ind = 10 000
Total = 45 000

2ème mois S.B. 35 000


Ind 8 000
Total R = 43 000

3ème mois S.B. 35 000


Ind 12 000
Total R = 47 000

Salaire des 90 derniers jours = 45 000 + 43 000 + 47 000 = 135 000

135 000
SJM   1 500
90

SMJ  2 1 500  2
I .J .    1 000
3 3

I.J par mois = 1 000 x 30 = 30 000.

L’indemnité journalière est payée pour chaque jour d’incapacité, y


compris les dimanches et jours fériés. La caisse commence à lui verser cette
indemnité le 2ème jour de l’arrêt de travail, l’employeur devant supporter la
rémunération du jour de l’arrêt de travail.

L’indemnité est payée selon la même périodicité que le salaire, sans


pouvoir être inférieur à 7 jours ou supérieur à 1 mois.

Elle peut être révisée lorsqu’il y a une augmentation générale de salaire


après l’accident et que l’interruption de travail atteint 3 mois.

L’assuré est astreint à certaines obligations pendant le versement de


l’indemnité journalière. Il n’a pas le droit de travailler. Cependant on peut
l’autoriser exceptionnellement et sous certaines conditions à reprendre un travail
léger : si cela peut permettre la guérison et sur autorisation du médecin traitant
avec l’accord du médecin de la caisse. En ce cas l’indemnité journalière peut
être partiellement ou totalement maintenue.

Le versement de l’indemnité journalière prend fin avec la guérison ou la


consolidation. S’il y a guérison, le travailleur reprend le travail. S’il y a
seulement consolidation, il passe dans une autre catégorie. Il y a consolidation
quand la blessure est médicalement stabilisée.

2) La rente d’incapacité permanente

On dit qu’il y a incapacité permanente quand l’accident ou la maladie a


entraîné une réduction définitive de la capacité de travail de la victime. Cette
incapacité peut être partielle ou totale. Le degré d’incapacité permanente est
déterminé d’après la nature de l’infirmité, l’état général de la victime, son âge,
ses facultés physiques et mentales, ses qualifications professionnelles, et sur la
base d’un barème indicatif d’invalidité. Exemples :

- les deux yeux 100%, 1 œil 25 à 30%


- les deux jambes 90 à 100%
- la main droite 70%, la main gauche 65% (ou l’inverse si c’est un gaucher)
etc.

Selon le degré d’incapacité permanente, il est servi à la victime une rente


ou une allocation. Il lui est servi une rente d’incapacité permanente (I.P) lorsque
le degré d’incapacité est au moins égal à 15%. Une allocation lui est versée en
une seule fois si le degré d’incapacité est inférieur à 15%.
La rente d’incapacité permanente totale (RIPT) est égale à 85% de la
rémunération mensuelle moyenne, celle-ci étant déterminée selon les mêmes
critères que précédemment.

Ainsi :

SMM = SJM x 30 = Rémunération mensuelle moyenne = 30 fois la


rémunération journalière moyenne

SJM  30 85 SMM  85


RIPT  ou RIPT 
100 100

La RIPT est égale à 30 fois la rémunération journalière moyenne divisé


par 100 multiplier par 85.

Si on a une rémunération journalière moyenne de 3 000 francs, cela


donnera :

RJM = 3 000, alors

3 000  30  85
RIPT   76 500
100

La rente d’incapacité permanente partielle (IPP) est proportionnellement


calculée à partir d’une rente d’incapacité permanente totale fictive. Par exemple
si l’incapacité permanente partielle est de 20%, la RIPP sera :

I
RIPP  RIPT 
100

SMM  85 I
RIPP  
100 100

Soit, si le SJM est de 3 000 et I (taux d’incapacité) de 20% on aura :

3 000  30  85 20 76 500  20
RIPP     15 300
100 100 100
L’allocation d’incapacité est de trois fois le montant annuel de la rente
fictive correspondant au degré d’incapacité (article 71 alinéa 3 [Link])

Exemple : pour une incapacité de 10% l’allocation sera :

Soit RIPT de 76 500, dans l’exemple précédent,

10 76 500  10
Allocation  RIPT   12  3   12  3  275 400
100 100

La rente est versée trimestriellement. Mais elle peut être versée


mensuellement si le taux d’incapacité est élevé (presque total car le montant
dépend de la rémunération et du degré d’incapacité).

La rente, comme l’indemnité journalière, est insaisissable et incessible


dans les mêmes conditions que le salaire.

La rente peut être révisée dans le sens de la diminution ou de


l’augmentation s’il y a modification de l’état de l’assuré, c’est-à-dire, s’il y a
aggravation ou diminution de son incapacité. Pour permettre de suivre les
modifications éventuelles de son état, l’assuré est obligé de se soumettre aux
examens médicaux requis par la caisse. Ces examens peuvent être
périodiquement organisés à intervalle de 6 mois ou d’un an. Si l’assuré refuse de
se soumettre à ces examens, la rente peut être suspendue.

La rente peut être majorée pour assistance d’une tierce personne. Cela
arrive quand la victime est dans l’impossibilité d’accomplir seul les actes de la
vie courante et est donc obligée de recourir aux services d’une tierce personne.
La majoration est de 50%.

La rente peut être rachetée (article 73 [Link]). Le rachat consiste en une


conversion de la rente en capital. Mais ce rachat est soumis à plusieurs
conditions :

- il ne peut avoir lieu qu’après un délai de cinq ans ;


- il doit être demandé dans les deux ans qui suivent ce délai de 5 ans ;
- le rachat n’est possible que si l’assuré peut prouver qu’il bénéficie de la
garantie d’un emploi judicieux du capital racheté ;
- on ne peut racheter la totalité de la rente. Le montant du capital racheté
varie avec l’âge de l’assuré et le degré d’incapacité.
V. Paul Ahizi AKOI : Droit du Travail et de la prévoyance sociale en Côte
d’Ivoire CEDA, Abidjan 1975, p. 261 à l’âge du bénéficiaire de la rente
correspondant un coefficient multiplicateur.

3) Les droits des survivants

Si l’accident ou la maladie professionnelle entraîne le décès de la victime,


ses proches bénéficient de certains droits. Une rente de survivants leur est
versée. Les bénéficiaires de cette rente de survivants sont les ayants droit, c’est-
à-dire les personnes envers lesquelles l’assuré était tenu d’une obligation
alimentaire. Ce sont : le conjoint ou la ou les conjointes, les ascendants et
descendants qui étaient à la charge de l’assuré.

- La veuve ou le veuf a droit à 50% de la rente d’incapacité permanente.


S’il y a plusieurs veuves, elles se partagent les 50%.
- Chaque enfant orphelin a droit à 40% de la rente d’incapacité
permanente. S’il y a plusieurs orphelins, ils se partagent les 40% ;
- Chaque ascendant à charge a droit à 10%.

L’ensemble des rentes des survivants ne peut dépasser 85% du salaire


mensuel moyen de l’assuré c’est-à-dire le montant de la rente d’incapacité
permanente totale.

Paragraphe III : L’incidence de la faute sur les prestations

Le régime d’indemnisation peut être modifié s’il y a faute commise lors


de l’accident. On distingue la faute lourde, la faute inexcusable, la faute
intentionnelle.

1) La faute lourde

La faute lourde n’a aucune incidence sur le droit à réparation. Elle n’est
pas considérée de la même façon qu’en droit du travail. En matière de sécurité
sociale, ses effets sont moins graves. La faute lourde est celle que n’aurait pas
commise le travailleur le plus inexpérimenté en la matière. Elle contient une
idée de connaissance supposée, mais pas un élément intentionnel.

Seules les fautes intentionnelles et inexcusables ont une incidence sur la


réparation.
2) La faute intentionnelle

C’est la faute commise en toute connaissance des résultats de l’acte et en


vue de la production de ces résultats constitutifs de dommage. Il y a ici un
élément connaissance et un élément intentionnel.

En cas de faute intentionnelle de la victime elle-même, celle-ci ne touche


aucune prestation au titre de l’assurance accident du travail et maladie
professionnelle.

En cas de faute intentionnelle de l’employeur ou de l’un de ses préposés,


la victime touche normalement les prestations sur la base forfaitaires, mais elle a
le droit d’intenter une action en justice sur la base de l’article 1382 c. civ. en vue
d’obtenir un complément de réparation du préjudice patrimonial. De plus, elle
peut demander la réparation du préjudice extrapatrimonial, la caisse ne réparant
pas ce type de préjudice.

La caisse aura le droit de demander le remboursement des prestations


versées par elle à l’auteur de la faute intentionnelle.

3) La faute inexcusable

Selon la cour de cassation française la faute inexcusable « s’entend de


celle d’une gravite exceptionnelle dérivant d’un acte ou d’une omission
volontaire, de la conscience du danger que devait en avoir son auteur et
l’absence de toute cause justificative et se distinguant par le défaut d’un élément
intentionnel de la faute intentionnelle » (C. Cass., 16 juillet 1941, D. 41, 117).

Les éléments de cette définition sont :

- la gravité exceptionnelle,
- l’élément connaissance,
- l’absence de cause justificative (exemple de cause justificative, porter
secours à une personne en danger),
- l’absence d’élément intentionnel.

En d’autres termes, la faute inexcusable est « la faute d’une gravité


exceptionnelle, commise en toute connaissance des conséquences
dommageables de l’acte ou de l’omission et caractérisée par l’acceptation
téméraire de ces conséquences sans motifs ».
La faute inexcusable de la victime elle-même n’a pas d’incidence sur les
prestations en nature et les indemnités journalières, mais elle a une incidence sur
la rente d’incapacité permanente : il y a possibilité de diminuer le taux de la
rente et, en cas de décès, de diminuer la pension versée aux ayants droits.

En cas de faute inexcusable de l’employeur ou de son préposé la victime


touche toutes les prestations ordinaires, mais lorsqu’il y a lieu de verser une
rente, celle-ci est majorée en raison de la gravité de la faute. L’employeur peut
être amené à payer une cotisation supplémentaire.
CHAPITRE II : LA BRANCHE DES PENSIONS

La branche des pensions comprend : l’assurance d’invalidité, l’assurance


vieillesse et l’assurance décès (ou survivant).

Avec l’adoption de la loi n°015-2006/AN portant régime de sécurité


sociale des travailleurs salariés et assimilés au Burkina Faso, des
innovations majeures ont été introduites au niveau de la branche des
pensions.

La première concerne la fixation de l’âge de départ à la retraite par


décret, contrairement à l’ancienne loi pour laquelle cette matière relevait
du domaine de la loi (art. 94 [Link]).
la loi n°004-2021/AN conserve la fixation de l’âge de départ à la
retraite par un décret.

La deuxième innovation concerne l’amélioration des prestations.


Selon les dispositions de l’ancienne loi, le montant mensuel des pensions est
fixé à 1,33 pour cent du salaire mensuel moyen pour chaque période de
douze (12) mois d’assurance. La nouvelle loi fixe le montant mensuel des
pensions à 2 pour cent du salaire mensuel moyen pour chaque période de
douze (12) mois d’assurance (art. 87 [Link]).
La loi n°004-2021/AN maintient toujours les deux pour cent(art.96 al.
1).

La troisième innovation porte sur le salaire de référence utilisé pour


le calcul des pensions. La loi de 1972 considérait un salaire de référence
correspondant à la moyenne des rémunérations des 3 ou 5 dernières années,
selon ce qui est le plus avantageux pour le travailleur. Le législateur
d’antan, en optant pour cette solution avait certainement à l’esprit que le
travailleur était en principe mieux rémunéré en fin de carrière. Cette
position ne correspond plus à la réalité car beaucoup de travailleurs
déflatés, pour se sortir du chômage, se voient obligés d’accepter des emplois
faiblement rémunérés de sorte que leurs salaires de fin de carrière se
trouvent être parmi les plus bas.
Pour tenir compte de cette situation, la nouvelle loi impose de calculer
la pension sur la base des cinq (5) meilleures années de service du
travailleur (art 86 [Link]).
La loi n°004-2021/AN maintient aussi les cinq ans (art.95 al. 1)

Une autre innovation concerne les pensions de réversion. Avec la loi


de 1972 le versement de pensions aux veufs était soumis à des conditions
très restrictives qui rendaient pratiquement impossible au conjoint
survivant d’une femme salariée de bénéficier de cette prestation. Par souci
d’équité, la nouvelle loi assujettit le droit à la pension de veuf aux mêmes
conditions que le droit à la pension de veuve (art 90 [Link]). En outre, elle
prévoit une pension d’ascendant octroyée dans les mêmes conditions que la
rente d’ascendant de la branche des risques professionnels (art 90 [Link]).
La loi n°004-2021/AN conserve le même principe ( art.98).

La dernière innovation en relation avec les pensions concerne


l’institution d’une bonification pour enfants mineurs à charge de l’assuré
au départ de celui-ci à la retraite. Cette innovation a été introduite dans le
but de respecter l’un des principes de la branche des prestations familiales
fondé sur des critères d’activité et de temps de travail (art 84 [Link]). La
bonification est provisoire et est accordée dans la limite de six (6) enfants.
Elle s’estompe au fur et à mesure que les enfants atteignent la majorité. Par
souci d’équité, le montant de la bonification est égal à celui des allocations
familiales (art 87 [Link]).
La loi n°004-2021/AN conserve le même principe( art.92).

Malgré les innovations introduites en 2006, le régime d’assurance de cette


branche, est moins favorable que celui de la branche accidents du travail et
maladies professionnelles sur deux points :

- 1°) Alors qu’en matière d’A.T et MP l’employeur supporte seule les


cotisations au taux de 1,5% des salaires, pour la branche des pensions,
l’employeur supporte 8,5 et le travailleur 5,5% .

- 2°) Les prestations de la branche des pensions, du moins celles en


espèces, tiennent beaucoup compte de l’importance des cotisations de
l’assuré.

Les conditions à remplir pour bénéficier des prestations de cette branche


et les prestations servies diffèrent selon qu’il s’agit de l’invalidité, de la
vieillesse ou du décès.
SECTION I : L’ASSURANCE D’INVALIDITE

On examinera les conditions d’admission au bénéfice de cette assurance


avant d’aborder la nature des prestations qui sont servies.

Paragraphe I : Conditions d’admission

Trois types de conditions doivent être remplis :

- la condition tenant à l’invalidité,


- la condition tenant à la qualité du bénéficiaire,
- la formalité à remplir c’est-à-dire la demande

Les deux premières constituent les conditions de fond.

1) Conditions de fond : l’invalidité et la qualité du bénéficiaire

a) L’invalidité

Dans la conception classique, l’invalidité est l’altération d’une faculté


physique. La sécurité sociale a une conception moins large. Pour elle, un
coureur professionnel qui se casse une jambe est invalide, mais pas un
standardiste. De même un pianiste qui perd un doigt est invalide, mais pas un
footballeur. L’invalidité est liée à l’incapacité d’exercer sa profession.

Selon l’article 90 de la [Link], est considéré comme invalide l’assuré qui,


par suite de maladie ou d’accident d’origine non professionnel, a subi une
diminution permanente de ses capacités physiques ou mentales le rendant
incapable de gagner plus qu’un tiers de la rémunération qu’un travailleur ayant
la même qualification ou la même formation peut se procurer par son travail.
L’invalidité est constatée par le médecin de la caisse.

b) La qualité de bénéficiaire

Pour avoir la qualité de bénéficiaire, l’assuré doit avoir été immatriculé à


la caisse depuis au moins cinq (5) ans et doit totaliser six (6) mois d’assurance
au cours des 12 derniers mois précédant le début de l’invalidité. L’assuré ne
doit pas avoir atteint l’âge de départ à la retraite fixé entre 56 ans et 63 ans
selon la catégorie socioprofessionnelle.

Mais est dispensé des conditions de 5 ans d’immatriculation et 6 mois


d’assurance dans les 12 derniers mois, l’assuré qui est devenu invalide par suite
d’un accident. Cet assuré doit seulement avoir occupé un emploi assujetti à
l’assurance à la date de l’accident et être immatriculé avant cette date.

2) Les formalités à accomplir

L’assuré introduit une demande pour bénéficier de la pension d’invalidité.


Son état d’invalidité fera l’objet d’une constatation par certificat médical.

Paragraphe II : Les prestations

Le montant mensuel de la pension d’invalidité est égal à 2% de la


rémunération mensuelle moyenne multiplié par le nombre de périodes de
12 mois d’assurance.

On considère comme mois d’assurance tout mois pendant lequel l’assuré a


travaillé 18 jours au moins. Pour le calcul de ses mois d’assurance, les années
comprises entre l’âge de la retraite et l’âge effectif de l’invalide à la date où la
pension prend effet sont assimilées à des années d’assurance à raison de six
mois par année. Par exemple, si l’assuré devient invalide à 50 ans, les années
comprises entre 56 et 50 sont prises en compte à raison d’une ½ année par an.
Soit : 6 ans : 2 = 3 ans d’assurance si l’on considère 56 ans comme âge légal de
la retraite.

La pension d’invalidité prend effet soit à la date de la consolidation ou de


la stabilisation de l’état de l’assuré soit à l’expiration d’une période de 6 mois
consécutifs d’incapacité si de l’avis du médecin, l’incapacité devait durer
probablement encore 6 mois au moins.

Le salaire mensuel moyen s’obtient en divisant par 60 le total des


rémunérations soumises à cotisation au cours des cinq meilleures années de
la carrière de l’assuré. Pour les périodes antérieures à 2006, le salaire
mensuel moyen s’obtient en divisant par 36 ou par 60 le total des
rémunérations soumises à cotisation au cours des trois ou des cinq
dernières années. SMM = TR x 1/36 ou TR x 1/60 (TR = total des
rémunérations des 3 ou 5 dernières années).
Selon l’article 96, alinéa 2, « le montant initial ne peut être
inférieur à quatre‐vingt‐quatre pour cent du Salaire mensuel
minimum interprofessionnel garanti (SMIG) le plus élevé
correspondant à une durée de travail hebdomadaire de quarante
heures. Il ne peut non plus excéder quatre‐ vingt pour cent de la
rémunération mensuelle moyenne de l’assuré ».

Exemple de calcul

Un assuré ayant 18 ans d’immatriculation avant 2006, devient invalide à


47 ans.

Pour calculer le montant de la pension, c’est la loi n°13/72/AN portant


code de sécurité sociale qui s’applique.

Temps de cot isation  18  12 


53  47  12  216  36  252 mois
2

Majoration du taux 
252  180  1,33%  72  1,33%  6  1,33  7,98%
12 12

Taux de la pension 20  7,98%  27,98%

Rémunérations des 3 dernières années = 260 000


240 000
220 000
-------
TR = 720 000

S mm 
720 000  1  20 000
36

20 000  27,98
Pension Invalidité   5 596 par mois
100

Ce montant est inférieur à 60% du SMIG i.e.


30 684  60  18 411
100

Mais 60% du SMIG (18 411) est supérieur à 80% de 20 000. Il lui sera
alors servi une pension d’un montant mensuel égal à 80% de 20 000 soit 16 000.

La pension sera augmentée de 50% si l’assuré est obligé de recouvrir à


une tierce personne pour les actes de la vie courante.

La pension n’a pas un caractère définitif : elle peut être révisée, suspendue
ou même supprimée. Elle est révisée en augmentation ou en diminution s’il y a
modification de l’état de l’invalide, par exemple si son état s’aggrave ou au
contraire s’il trouve un emploi rémunéré.

Elle peut être suspendue si l’invalide trouve un emploi qui lui assure 50%
de sa rémunération antérieure. Elle est supprimée si son nouveau travail assure
un salaire atteignant celui d’avant.

La pension d’invalidité est transformée en pension de vieillesse si l’assuré


atteint l’âge de la retraite.

Signalons que les ayants droits du pensionné invalide auront, comme en


matière d’assurance vieillesse, droit à certaines prestations en espèces et en
nature, en cas de décès de l’assuré. Il s’agit du conjoint survivant et des enfants
à charge.

SECTION II : L’ASSURANCE VIEILLESSE (OU RETRAITE)

Quelles sont les conditions d’admission au bénéfice et les prestations


servies au titre de cette assurance ?

Paragraphe I : Conditions d’admission

La première condition parmi les plus importantes tient à la notion de


vieillesse. Dans l’acception médicale, un individu est vieux quand ses tissus sont
fatigués. Cette conception est d’application difficile car même les spécialistes ne
sont pas sûres de l’évaluation de la vieillesse. Une deuxième conception,
sociologique celle-là, se fonde sur l’utilité sociale du travailleur. L’individu a
travaillé pendant par exemple 30 ans, il est tout à fait normal qu’on lui verse des
prestations quand il ne peut plus travailler. Cette conception sociologique veut
donc que l’on accorde la retraite à partir d’un certain âge. La sécurité sociale
retient cette conception avec des aménagements consistant à autoriser la retraite
avant l’âge fixé.
Les autres conditions de fonds ouvrant droit au bénéfice des prestations de
retraite sont :

- avoir atteint la limite d’âge de départ à la retraite,

- avoir cotisé pendant 180 mois au moins,

- enfin, avoir cessé toute activité professionnelle.

En ce qui concerne les conditions de forme, (ou formalités à accomplir),


l’assuré doit déposer une demande de liquidation de pension ou de rente à la
Caisse et produire les pièces justificatives.

Lorsqu’il s’agit d’un assuré qui demande à prendre une retraite anticipée,
c’est-à-dire avant l’âge légal de départ, il doit réunir les conditions suivantes :

- être âgé de 50 ans

- avoir cotisé pendant 180 mois

- avoir cessé toute activité

- produire à l’appui de sa demande de pension anticipée une attestation de


son employeur indiquant qu’il est inapte à remplir ses fonctions et un
certificat médical établissant l’usure prématurée de ses facultés. La caisse
peut faire effectuer une enquête auprès de l’employeur et un examen
médical par son médecin. En cas de désaccord entre le médecin de la
caisse et le médecin de l’assuré, il est procédé à une expertise médicale.
L’avis de l’expert n’est pas susceptible de recours.

Paragraphe II : Les prestations

Les droits de l’assuré dépendent de ses années de cotisation. Il a droit à


une pension s’il a cotisé pendant 15 ans, à une allocation ou à remboursement
s’il n’a pas atteint 15 ans de cotisation.

1) La pension de vieillesse
Selon l’article 96 al. 1 de la loi n°004-2021/AN, le montant mensuel de la
pension de vieillesse est égal à 2% du salaire mensuel moyen pour chaque
période de 12 mois de cotisation.

En tout état de cause, le montant mensuel de la pension ne peut être inférieur à


84% du SMIG mensuel correspondant à une durée hebdomadaire de travail de
quarante heures par semaine (art. 96 al 2). Si tel était le cas, il est servi à
l’assuré le montant minimal de 84% du SMIG. Toutefois ce montant minimal ne
doit pas dépasser 80% de la rémunération mensuelle moyenne de l’assuré.

La pension de vieillesse, la pension d’invalidité et la pension anticipée se


calculent de la même façon : 20% du salaire de référence (SR1) majoré de
1,33% pour chaque période de 12 mois au delà de 180 mois pour les
périodes antérieures à mai 2006 et 2% du salaire de référence (SR2) pour
chaque année de cotisation pour les périodes après.

Le salaire de référence SR1 est définie comme la soixantième partie du total


des rémunérations soumises à cotisation au cours des 5 ou 3 dernières
années.

Le salaire de référence SR2 est définie comme la soixantième partie du total


des rémunérations soumises à cotisation au cours des 5 meilleures années de
la carrière.

Exemple

Si l’assuré a cotisé pendant 16 ans (192 mois) et si ces cotisations ont été
effectuées avant mai 2006, il a droit à 20% du salaire de référence (avec une
majoration de 1,33 pour la période de 12 mois au delà de 180 mois. Sa pension
sera calculée sur la base de 21,33% du salaire mensuel moyen et non sur 20%.

Si l’assuré a cotisé pendant 16 ans dont une année après mai 2006, il a
droit 20% de SR1 augmenté de 2% de SR2.

La pension de vieillesse est payée trimestriellement. Les mêmes règles


jouent en ce qui concerne la pension anticipée.

Remarque : En plus de la pension, l’assuré a droit à une bonification pour


enfants à charge, jusqu’à 6 enfants au maximum.

Sont considérés comme enfants à charge, les enfants jusqu’à 16 ans


révolus qui vivent avec l’assuré et dont celui-ci assume de façon permanente
l’entretien, ceux jusqu’à 18 ans qui sont placés en apprentissage et ceux jusqu’à
21ans qui poursuivent des études (Voy. art. 39 [Link].).

Entrent dans les catégories d’enfants à charge :

- les enfants de l’assuré(e)


- les enfants du conjoint ou ceux placés sous la tutelle de l’un des
conjoints ;
- les enfants adoptés par l’assuré ou son conjoint conformément aux règles
du code civil ;
- les enfants des mères célibataires salariés ;
- les enfants d’un travailleur déclaré incapable et placé sous tutelle ;
- les enfants d’un travailleur décédé placés sous tutelle.

2) L’allocation de vieillesse

L’assuré qui a atteint l’âge de départ à la retraite sans avoir réuni 15 ans
ou 180 mois de cotisation a droit à une allocation de vieillesse versée en une
seule fois pour toute.

« Le montant de l’allocation de vieillesse est égal à autant de mensualités


de la pension de vieillesse à laquelle l’assuré aurait pu prétendre au terme de 180
mois d’assurance, qu’il a accompli de période de 6 mois d’assurance » (art.97).

Par exemple, s’il a cotisé pendant 12 ans soit 144 mois, cela fait 24
périodes de 6 mois. Il aura donc 24 fois sa pension mensuelle fictive de
vieillesse. Si les cotisations ont été effectuées avant mai 2006, l’allocation se
calcule comme suit :

soit un salaire mensuel moyen de 150 000 frs

sa pension fictive sera de


150 000  20
 30 000
100
son allocation sera de 30 000 x 24 = 720 000.
SECTION III : LA PENSION DE SURVIVANT (OU DE DECES)

En cas de décès d’un assuré ou d’un pensionné :


- La veuve ou le veuf a droit à 50% de la pension qu’avait ou qu’aurait
eu droit le défunt. S’il y a plusieurs veuves, elles se partagent les
50% ;
- L’enfant orphelin a droit à 50% de la pension qu’avait ou qu’aurait
eu droit le défunt. S’il y a plusieurs orphelins, ils se partagent les
50% ;
- Si le défunt est célibataire sans enfant, les ascendant en ligne directe
ont droit à 100% de la pension qu’avait ou qu’aurait eu droit le
défunt.

L’ensemble des pensions de survivants ne peut dépasser 100% de la


pension qu’avait ou qu’aurait eu droit le défunt (art 100 LSST).

Les survivants n’ont droit à ces pensions que si l’assuré défunt justifiait de
180 mois d’assurance. Si l’assuré ne remplissant pas ces conditions, les
survivants (la veuve ou le veuf invalide ou à défaut, les orphelins) bénéficieront
d’une allocation de survivant versée en une seule fois. Cette allocation est
calculée comme à l’article 100 (montant égal à autant de mensualités de la
pension de vieillesse à laquelle l’assuré aurait pu prétendre au terme de 180
mois d’assurance qu’il avait accompli de période de 6 mois d’assurance à la date
du décès).

Sont considérés comme survivants : (art. 99 LSST)

-  le conjoint survivant non divorcé, non remarié, ni en


abandon de domicile conjugal. Le droit s’éteint en cas de
remariage. En France depuis un arrêt de l’assemblée plénière du 30
janvier 1970 (D. 70. 221 concl. Lindon, note Dupeyroux), la concubine
peut être bénéficiaire des prestations de l’assurance décès.
- les enfants à charge du défunt tels qu’ils sont définis à l’article 40 de
la loi ;
- les ascendants en ligne directe qui étaient à la charge de l’assuré
célibataire sans enfant.
CHAPITRE III : LES PRESTATIONS FAMILIALES ET DE
MATERNITE

La branche des prestations familiales comprend : les allocations


familiales, les allocations prénatales et les prestations de maternité.

Les personnes couvertes par cette branche bénéficient aussi bien de


prestations en nature et en espèce.

Les conditions générales d’ouverture au bénéfice de ces prestations sont


d’ordre professionnelles (exercice d’une activité salariée) ou familiales
(grossesse, enfant à charge).

SECTION I : CONDITIONS D’OUVERTURE AU BENEFICE DES


PRESTATIONS FAMILIALES

Les personnes qui bénéficient des prestations familiales sont des femmes
assurées sociales elles-mêmes, ou les femmes des assurés sociaux. Il faut donc
faire la distinction entre l’allocataire et l’attributaire. L’allocataire est la
personne du chef de laquelle les prestations sont dues (généralement le mari ou
l’enfant). L’attributaire est la personne entre les mains de laquelle le paiement
est fait (la mère normalement ou le père ou le tuteur).

Ces précisions faites, quelles sont les conditions de fond et de forme ?

Paragraphe I : Conditions de fond

Il y a les conditions générales et des conditions particulières :

- La première condition générale de fond est d’ordre professionnel : le


travailleur doit être immatriculé à la caisse de sécurité sociale et justifier
de 3 mois de travail consécutif chez un ou plusieurs employeurs. Si c’est
une personne non en activité, elle remplit les conditions requises s’il
s’agit soit d’un titulaire d’une pension de vieillesse ou d’invalidité ayant
des enfants à charge, soit d’une veuve d’un allocataire décédé qui n’était
pas titulaire d’une pension.

- La seconde condition générale tient à la situation familiale c’est-à-dire les


charges de famille.
Les allocations familiales sont attribuées à l’assuré pour chacun des
enfants à charges dans la limite de six enfants (art. 39 LSST). La limite d’âge
des enfants pris en compte est de 16 ans. Mais cet âge est porté à 18 ans pour
l’enfant placé en apprentissage et à 21 ans pour l’enfant poursuivant des études.
Pour cela, il a déjà été dit, il faut que l’enfant entre dans une des catégories
suivantes :

- les enfants de l’assuré(e)


- les enfants du conjoint ou ceux placés sous la tutelle de l’un des
conjoints ;
- les enfants adoptés par l’assuré ou son conjoint conformément aux règles
du code civil ;
- les enfants des mères célibataires salariés ;
- les enfants d’un travailleur déclaré incapable et placé sous tutelle ;
- les enfants d’un travailleur décédé placés sous tutelle.

Les enfants à charge sont « ceux qui vivent avec l’assuré et dont il assure
de façon permanente l’entretien ».

Les conditions particulières qui peuvent s’y ajouter tiennent au type de


prestations : par exemple, pour les prestations de maternité, il faut que la femme
soit en état de grossesse.

Paragraphe 2 : Conditions de forme

L’assuré doit faire une demande de prestations familiales. La caisse lui


attribue un matricule d’allocation et un livret familial d’allocataire.

La femme de l’assuré ou la femme elle-même assurée est tenue


d’accomplir les formalités ci-après :

- 1°) faire la déclaration de grossesse accompagnée d’un certificat médical.


Cette déclaration est faite dans les trois premiers mois de la grossesse (par
lettre ou au guichet). Le retard de déclaration entraîne la perte des 3 mois
d’allocations prénatales. La caisse lui remet un carnet de grossesse et de
maternité.

- 2°) se soumettre aux examens médicaux et à la surveillance médicale. Il y


a trois examens médicaux prénataux effectués au cours du 3 ème mois, du
6ème et du 8ème mois. Des examens post-nataux sont aussi faits après
l’accouchement. La femme doit se prêter à ces examens et respecter les
conseils des assistantes sociales ou infirmières.

SECTION II : LES PRESTATIONS

On distingue les prestations en nature et les prestations en espèce. Mais


l’effort principal de la caisse de sécurité sociale se portent sur les prestations en
nature (hormis l’indemnité journalière de maternité)

Paragraphe 1: Les prestations en nature

Ces prestations se constituent essentiellement :

- 1° de la prise en charge par la caisse des examens médicaux prénataux et


post-nataux ;

- 2° de la prise en charge des frais d’accouchement et de la femme salariée


dans une formation sanitaire agréée, ainsi que, le cas échéant, des soins
médicaux nécessaires pendant la période de congé de maternité ;

- 3° de l’aide à la mère et au nourrisson par des dons de matériels ou de


produits (lait par exemple). Cette aide est fournie sur le fonds d’action
sanitaire et sociale (art. 103 LSST.). Ce fonds est alimenté par le produit
des majorations de retard perçues à l’encontre des employeurs qui ne
versent pas les cotisations en temps utile, et par prélèvement sur les
recettes des différentes branches de la sécurité sociale si la situation des
réserves de ces branches le permet (art. 105 LSST. sur la réserve
technique et la réserve de sécurité).

Paragraphe 2 : Les prestations en espèces

Ces prestations sont constituées :


- les allocations familiales
- des allocations prénatales
- des indemnités journalières de maternité de la femme salariée (art. 32 et S.
du C.S.S.).
a) Les allocations prénatales

La femme salariée ou le conjoint femme d’un travailleur salarié bénéficie


d’allocations prénatales à compter du jour de la déclaration de grossesse. Si cette
déclaration a été faite dans les trois premiers mois de la grossesse, les allocations
prénatales sont dues pour les 9 mois ayant précédé la naissance. Son taux est de
1500 francs CFA par mois soit 13 500 frs pour les 9 mois. Le paiement de ces
allocations est subordonné à l’observation des prescriptions médicales ( art.36 à
38)
b) Les allocations familiales

Les allocations familiales sont liquidées sur la base de 2 500 frs par mois
et par enfant à charge. Elles sont en principe payées à terme échu tous les trois
(3) mois, entre les mains de la mère. Mais elles peuvent être directement payées
par l’employeur au travailleur allocataire. Le paiement de ces allocations est
subordonné à des obligations particulières. L’allocataire doit justifier :

- d’une activité salariée car l’allocation est payée par mois d’assurance. On
entend ici par mois d’assurance, tout mois civil pour lequel l’allocataire a
justifié d’une activité salariale d’au moins 18 jours ou d’au moins 120
heures (la justification est faite par un bulletin de présence signé de
l’employeur) ;

- fournir un certificat de visite médicale tous les deux mois pour chaque
enfant de moins d’un an ;

- fournir un certificat de vie ou de scolarité tous les ans pour ceux de 1 à 6


ans ;

- fournir un certificat de scolarité ou d’apprentissage pour ceux de 14 à 21


ans, ou un certificat médical pour les infirmes. (voir statistique des
prestations de la CNSS dans « Echo de la CNSS n°3, 2ème trimestre 1983).

c) L’indemnité journalière de maternité

La femme salariée a droit, pendant les 14 semaines de congé de maternité,


à une indemnité journalière égale à 100% de son salaire soumis à cotisation
(ainsi qu’à la prise en charge des frais d’accouchement). Elle conserve donc la
totalité de son salaire à la charge de la CNSS (et non plus à 50% à la charge de
la caisse et 50% à la charge de l’employeur comme c’était le cas jusqu’en 1981).
L’indemnité journalière ne se cumule pas avec les allocations prénatales.
Dans le cas d’un repos supplémentaire justifié par une maladie résultant
de la grossesse ou de la fausse couche, l’indemnité journalière peut être payée
jusqu’à concurrence d’une période supplémentaire de trois semaines. S’il y a
erreur du médecin dans l’estimation de la date d’accouchement, elle conserve
son droit à l’indemnité journalière à compter de la date indiquée sur le certificat
jusqu’à la date de l’accouchement.
CHAPITRE IV : LE CONTROLE ET LE CONTENTIEUX DE LA
SECURITE SOCIALE

La réglementation de sécurité sociale est soumise au même type de


contrôle administratif qu’en matière de droit du travail. Par exemple, le
contentieux de la sécurité sociale, bien que faisant une large part à la
compétence des juridictions du travail, connaît de nombreuses particularités.

SECTION I : LE CONTROLE

Le contrôle de l’application par les employeurs de la réglementation en


matière de sécurité sociale est assuré par les agents de contrôle de la caisse et
par les inspecteurs et contrôleurs du travail.

Paragraphe I : L’intervention de l’inspection du travail

L’inspection du travail intervient dans le contrôle de l’application de la


législation et de la réglementation de sécurité sociale à deux titres :

- D’abord par le fait que certaines directions extérieures du travail peuvent


être chargées des services de la caisse de sécurité sociale là où la caisse
n’en dispose pas.

- Ensuite par l’obligation faite aux employeurs de faire certaines


déclarations à l’inspection du travail, qui concernent aussi la
réglementation de sécurité sociale.

Par exemples :

L’employeur est tenu de produire une déclaration trimestrielle indiquant


pour chacun des salariés qu’il a occupé au cours de la période, le montant total
des rémunérations ou gains perçues ainsi que la durée du travail effectué. Cette
déclaration est transmise à la CNSS et à l’inspection du travail (art. 18 LSST).

L’employeur est tenu de déclarer à la caisse et à l’inspecteur du travail,


dans un délai de 48 heures, tout accident de travail et toute maladie
professionnelle dont est victime un travailleur (art. 61 LSST). L’inspecteur du
travail doit procéder à une enquête si la blessure paraît entraîner la mort ou une
incapacité permanente totale ou partielle d’au moins 15%, ou lorsque la victime
est décédée.
Paragraphe II : Les agents de contrôle de la caisse

Le contrôle est surtout assuré par les agents de contrôle de la CNSS.


Ceux-ci ont à peu près les mêmes statuts et attributions que les contrôleurs du
travail (art. 124LSST).

Ils prêtent serment dans les conditions prévues pour les contrôleurs du travail ;

- Ils sont tenus au secret professionnel ;

- Ils ont qualité pour dresser des PV en cas d’infraction, aux dispositions du
CSS et des règlements d’application. Ce PV fait foi jusqu’à preuve
contraire.

- Ils ont les pouvoirs : de pénétrer dans les locaux à usage professionnel, de
contrôler l’effectif du personnel, d’avoir communication de tout document
prévu par la législation du travail, notamment le « livre de paie » et le
« registre employeur ». Les employeurs sont tenus de les recevoir lors de
leurs tournées.

- Les oppositions ou obstacles à l’accomplissement du travail des


contrôleurs sont passibles des mêmes peines que celles prévues par le
code du travail en ce qui concerne les inspecteurs du travail (cf. art. 238 j
1 mois à 3 ans ; en cas de récidive, amende de 300 000 à 600 000 frs CFA
ou emprisonnement de 2 mois à 5 ans).

SECTION II : LE CONTENTIEUX DE LA SECURITE SOCIALE

Biblio : Y. St jours, T. 1, p. 168 et s. ; T. III, p. 58 et s. Art. 86 et s. du


Code S.S. burkinabè ; Niger : Loi n° 65-23 du 15 mai 1965 relative au
contentieux de la sécurité sociale (JO du 1er juin 1965, Recueil des lois et
règlements n°76-1 ; Mali, loi n° 62-68/AN-RM du 9/10/1962 portant code de
prévoyance sociale annotées, les éditions juridiques africaines (EDJA) 1969.

L’existence d’un contentieux particulier en matière de sécurité sociale se


justifie par le caractère technique des litiges d’ordre médical et par le fait que la
caisse de sécurité sociale est un organisme public.

Bien de difficultés se posent quand il faut faire la délimitation de


compétences entre celle du tribunal de travail, qui est la juridiction normalement
compétente en matière de sécurité sociale, et celles des autres juridictions
relevant d’un autre contentieux. Par ailleurs, tous les litiges relevant du
contentieux particulier de la sécurité sociale ne suivent pas la même procédure
de règlement.

Ainsi peut-on distinguer deux types de contentieux de la sécurité :

- le contentieux général
- et le contentieux technique ou médical.

A ces deux types s’ajoutent les contentieux relevant des juridictions


civiles, pénales ou administratives.

Paragraphe I : Le contentieux général

Aux termes de l’article 126 (LSST), « les litiges auxquels donne lieu
l’application des législations et réglementations de sécurité sociale visant les
assurés, les employeurs et la caisse, à l’exception des affaires pénales et des
litiges qui appartiennent exclusivement par leur nature à un autre contentieux,
seront réglés par le tribunal du travail dans le ressort duquel se trouve la
résidence habituelle de l’assuré ou le siège social au Burkina Faso de
l’employeur intéressé ».

1) La compétence du tribunal du travail

La compétence du tribunal du travail repose sur deux critères :


l’applicabilité des lois et règlements de sécurité sociale, la portée habituelle ou
générale de la décision.

a) L’applicabilité des lois et règlements de sécurité sociale

Il faut que le litige donne lieu à l’application des lois et règlements de


sécurité sociale, mais que ceux-ci ne relèvent pas, par leur nature, d’un autre
contentieux.

Les litiges visés par l’article 126 sont essentiellement ceux relatifs : à
l’assujettissement au régime de sécurité sociale, au recouvrement des
cotisations, et au service des prestations des divers régimes.

Relèvent ainsi du contentieux général :

1°) Les litiges concernant les assurés et relatifs :


- à l’affiliation ou le refus d’affiliation ;
- au caractère professionnel ou non professionnel de l’accident ou de la
maladie ;
- à la faute inexcusable de la victime ou de l’employeur ;
- à la faute intentionnelle de la victime ;
- aux contestations sur l’attribution ou sur le montant des prestations ;
- etc…

2°) Les litiges concernant les employeurs et relatifs :

- au montant des cotisations et des majorations de retard ;


- à la faute inexcusable du préposé de l’employeur ;
- au remboursement des prestations à la caisse ;
- etc…

3°) Les différends entre la caisse et les bénéficiaires et les employeurs,


etc.

Seront par contre exclus de la compétence du tribunal du travail, les litiges


concernant le fonctionnement de la caisse, c’est-à-dire ceux qui opposent la
caisse à l’autorité de tutelle, aux fournisseurs et dans une certaine mesure, au
personnel. Ces litiges relèvent des juridictions civiles ou administratives. (Mais
en ce qui concerne les litiges entre la caisse et son personnel ceux-ci relèvent en
général de la compétence du tribunal du travail, et exceptionnellement de la
compétence de la juridiction administrative, pour les fonctionnaires détachés ou
soumis à un contrat de droit public).

b) La portée des décisions

Compte tenu de la nature d’organisme public de la caisse, ses décisions


peuvent être à la portée générale ou individuelle.

Si la décision est de portée individuelle, le litige relève par nature de la


compétence de la juridiction normale de sécurité sociale, c’est-à-dire le tribunal
du travail.

Si la décision est de portée générale, il faut faire la distinction entre les


décisions de caractère réglementaire et celles non réglementaires.
Les décisions de caractère réglementaire relevant de la compétence de la
juridiction administrative.

Les actions dans le cadre du contentieux général peuvent être engagées


par les assurés, les employeurs ou la caisse. Ces contestations sont portées
d’abord devant une commission de recours gracieux, puis devant le tribunal du
travail.

2) La procédure en matière de contentieux général

La procédure comprend trois phases : une phase gracieuse devant la


commission de recours gracieux, une phase contentieuse devant le tribunal du
travail, et la possibilité d’exercer des recours en appel et en cassation.

a) La commission de recours gracieux

Cette commission est constituée au sein du conseil d’administration de la


caisse et comprend cinq membres (cf statuts particuliers de la CNSS) :

- le président du conseil d’administration, membre de droit :


- deux représentants travailleurs ;
- et deux représentants employeurs.

Les 4 derniers membres sont désignés pour un an renouvelable.

Le recours devant cette commission est une procédure obligatoire et


préalable à la saisine du tribunal. La décision de la commission doit être motivée
et notifiée à la partie plaignante. Si dans un délai de deux mois à compter de la
date de réclamation, la partie plaignante n’a pas reçu notification de la décision,
elle peut considérer sa demande comme rejetée et se pourvoir devant le tribunal
dans un délai de 2 mois. Mais ce délai peut être interrompu par la notification
faite par la caisse.

L’article 16 de l’arrêté n° 1317 du 24 décembre 1976 prévoit que


l’employeur à qui est appliqué une majoration de retard pour non acquittement
des cotisations dans les délais prescrits, peut formuler une demande gracieuse en
réduction de la majoration devant le Directeur de la caisse, qui est compétent
pour statuer si la demande ne dépasse pas un montant initial fixé chaque année
par le conseil d’administration. Au delà de ce chiffre, c’est la commission qui
statue.
b) La procédure devant le tribunal du travail et les recours

Le requérant dispose d’un délai de deux (2) mois à compter de la date de


notification de la décision de la commission de recours gracieux pour saisir le
tribunal du travail (ou un délai de deux mois après la date présumée de rejet).

Le tribunal statue dans les conditions prévues par le Code du travail. Il


n’est plus exigé une phase de conciliation devant l’inspecteur du travail.

L’appel est exercé dans les conditions prévues par le Code du travail.

Le recours en cassation est exercé dans les conditions de droit commun


devant la chambre judiciaire de la cour de cassation.

En matière de recouvrement des cotisations, la caisse dispose de moyens


d’actions plus promptes pouvant lui éviter la voie judiciaire : ce sont la mise en
demeure et la contrainte.

Si un employeur ne paie pas ses cotisations dans les délais requis, la


caisse le met en demeure par lettre recommandée d’avoir à régulariser sa
situation dans un délai de 15 jours au moins et de trois mois au plus (art 21
LSST) .Cette mise en demeure est préalable à toute poursuite.

Si après la mise en demeure, l’employeur ne s’exécute pas, la caisse peut


lui délivrer une contrainte revêtue de la formule exécutoire apposée par le greffier
en chef du tribunal du travail territorialement compétent (Art 22 LSST). Ladite
contrainte produit tous les effets d’un jugement.

L’employeur peut obtenir l’interruption de l’exécution de la contrainte en


saisissant le tribunal en contestation de la réalité du montant de la dette. Le
paiement des cotisations et des majorations de retard est garanti par un privilège
sur les biens meubles et immeubles du débiteur, qui prend rang immédiatement
après celui garantissant le paiement des salaires. (La majoration de retard est de
1,5% par mois ou fraction de mois appliquée sur les cotisations qui n’ont pas été
acquittées dans les délais (art 17 LSST). Les cotisations sont acquittées
mensuellement dans les 15 premiers jours du mois suivant ou trimestriellement
si l’entreprise emploie au moins de 20 travailleurs art. 15-1 et 2 de l’arrêté n°
1317 du 24/12/76. Si défaut de déclaration nominative, la majoration est de 2%
du SMIG pour chaque travailleur non déclaré art. 19 arrêté 1317.
En ce qui concerne les cotisations dues par les collectivités locales et
autres personnes morales de droit public, la caisse peut saisir l’autorité de tutelle
de la personne morale débitrice. L’autorité de tutelle ordonne, dans les trois
mois suivant la date d’échéance des cotisations, le paiement d’office des
sommes dues par arrêté tenant lieu de mandat de l’ordonnateur de la personne
morale débitrice. Cette procédure se justifie par le fait que les cotisations sont
des dépenses obligatoires (cf. art. 129 LSST).

L’ordonnateur de la personne morale débitrice est tenue : d’exécuter


immédiatement l’ordre de paiement si des fonds sont disponibles ou de
suspendre tout autre paiement à l’exception des salaires, jusqu’à exécution totale
de l’ordre. Cette procédure ne semble pas réellement utilisée puisque les
personnes morales visées sont souvent lourdement débitrices à l’égard de la
CNSS.

Paragraphe II : Le contentieux technique ou médical

Le contentieux technique a pour objet de trancher les contestations


relatives à l’état de l’assuré (cf. article 127 LSST). Suivant l’énumération de cet
article, entrent dans le champ de ce contentieux les contestations portant sur :

- la date de consolidation en cas de réalisation d’un risque professionnel


(accident du travail ou maladie professionnelle) ;
- le taux d’incapacité permanente ;
- l’existence d’une usure prématurée des facultés physique ou mentale
c’est-à-dire l’état d’inaptitude du travailleur en matière d’assurance
vieillesse ;
- l’existence ou la gravité de l’invalidité

Ces contestations donnent lieu à l’application d’une procédure d’expertise


médicale. Un médecin expert est désigné d’un commun accord par le médecin
traitant et le médecin de la CNSS. A défaut d’accord, l’expert est désigné par le
Ministre de la Santé sur une liste établie par lui. L’expert rédige un rapport qu’il
remet à la caisse et au médecin traitant dans le délai d’un mois de sa saisine (art.
122 de l’arrêté n° 1317 du 24 décembre 1976).

L’avis de l’expert n’est pas susceptible de recours. Il s’impose à la caisse


et à l’assuré (N.B. la procédure semble peu utilisée au Burkina Faso). Cette
autorité absolue de l’avis ne souffre d’exception que dans les cas :

- d’irrégularité de forme ou de fond de l’expertise ;


- ou de nécessité de complément d’expertise, lorsque l’avis n’est pas clair,
précis et non équivoque.

La procédure d’expertise est critiquée :

- l’avis, de par sa portée, déroge au principe selon lequel l’expertise n’est


qu’un élément d’information destiné à éclairer le juge ;

- de plus, la rédaction des questions posées à l’expert est en général


unilatéralement faite par la caisse, ce qui peut orienter les réponses.

- enfin les délais impartis à l’expert pour donner son avis ne sont pas
respectés (avec l’assentiment de la jurisprudence), ce qui met les assurés
dans une situation inconfortable : par exemple, en cas de contestation
d’une invalidité ou du taux d’incapacité, il attend la réponse pour avoir sa
pension.

En matière d’appareillage, il est créé, auprès du Ministre de la Santé, une


commission d’appareillage qui statue sur :

- les rejets de demande de fourniture, de réparation, de renouvellement ou


de remplacement d’appareils de prothèse ou d’orthopédie ;

- le refus par la caisse de l’appareil choisi par la victime ou le médecin


traitant.

Paragraphe III : Les autres types de contentieux

Certaines contestations peuvent relever des juridictions pénales, civiles ou


administratives.

1) Les juridictions pénales

Les juridictions pénales sont compétentes pour sanctionner les infractions


au droit de la sécurité sociale, de même qu’elles peuvent, par voie d’exception,
se prononcer sur le fond du différend (qualifier par exemple un accident de
professionnel).
Selon l’article 131 LSST, l’employeur qui a contrevenu aux prescriptions
de la loi et de ses textes d’application peut être poursuivie devant les juridictions
pénales soit à la requête du ministère public, de sa propre initiative ou à la
demande du Ministère du travail, soit à la requête de la caisse ou de toute partie
intéressée.

Les infractions visées, du chef de l’employeur, concernent


essentiellement :

- La non déclaration par l’employeur, d’un accident de travail ou d’une


maladie professionnelle (cf. article 55 LSST.) ; cette infraction est punie
d’une amende de 200 000 frs CFA à 500 000 FCFA; (art. 132 LSST).

- Le détournement de précompte, c’est-à-dire le fait pour l’employeur de


retenir par devers lui, indûment, la contribution du salarié au régime des
pensions (cf. l’article 16 LSST) ; l’employeur est débiteur vis-à-vis de la
caisse de l’ensemble des cotisations dues. Il est responsable de leur
versement y compris la part mis à la charge du travailleur). Cette
infraction est passible d’un emprisonnement d’un mois à trois mois ou/et
d’une amende de 200 000 frs CFA à 500 000 FCFA frs. En cas de
récidive dans un délai de cinq ans, aux infractions prévues à
l’article 132 ci‐dessus, l’auteur de l’infraction est passible du
double des peines prévues à l’article précédent (article
133LSST).

- Les oppositions ou obstacles aux agents de contrôle de la caisse, qui


encourent les mêmes peines qu’en ce qui concerne l’inspecteur du travail
(articles 125 LSST).

- L’article 421 prévoit d’une manière générale, des peines d’amendes allant
de 5 000 à 50 000 frs, et en cas de récidive de 50 000 à 100 000 frs, pour
les contraventions aux codes et à ses textes d’application. Cette
disposition est applicable par exemple au non paiement des cotisations,
sans préjudice des majorations pour retard ou non production des
bordereaux nominatifs de salariés. L’action publique contre l’employeur
ou son préposé est prescrite après un an, l’action civile par 5 ans.

Le salarié peut aussi être poursuivi pour fraude ou fausse déclaration en


vue de bénéficier des prestations qui ne sont pas dues (art. 422 CODE DU
TRAVAIL). La sanction applicable est une amende de 50 000 à 300 000 frs
et/ou un emprisonnement d’un mois à trois ans, sans préjudice du
remboursement des sommes indûment payées. En cas de récidive une amende de
300 000 à 600 000 frs et/ou un emprisonnement deux mois à cinq ans

2) Les juridictions civiles

Elles peuvent avoir à connaître des litiges relatifs à la sécurité sociale, soit
en raison de dispositions expresses (contestations électorales, question d’état,
vérification d’écriture…), soit par la mise en jeu de responsabilité délictuelle
d’un tiers, de l’employeur, de la caisse, etc.

Elles peuvent aussi avoir à statuer par voie d’exception en vertu du


principe selon lequel le juge de l’action est juge de l’exception.

3) La compétence des juridictions administratives

Cette compétence découle du caractère d’organisme public de la caisse


nationale de sécurité sociale.

Relèvent de la compétence des juridictions administratives :

- les litiges qui engagent directement l’autorité de tutelle ;

- les problèmes d’appréciation de la légalité des règlements (décrets,


arrêtés, circulaires ministérielles) et des décisions générales de la caisse ;

- les litiges entre la caisse et le personnel fonctionnaire détaché ou


bénéficiant d’un contrat de droit public.

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