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Le document traite de la prise en charge des carences nutritionnelles chez la femme enceinte, en soulignant l'importance des compléments alimentaires et les risques associés. Il aborde également les besoins spécifiques durant la grossesse, la réglementation des compléments en France et en Europe, ainsi que des exemples de produits disponibles sur le marché. Enfin, une revue de la littérature sur les bénéfices de la supplémentation est présentée.

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Le document traite de la prise en charge des carences nutritionnelles chez la femme enceinte, en soulignant l'importance des compléments alimentaires et les risques associés. Il aborde également les besoins spécifiques durant la grossesse, la réglementation des compléments en France et en Europe, ainsi que des exemples de produits disponibles sur le marché. Enfin, une revue de la littérature sur les bénéfices de la supplémentation est présentée.

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La prise en charge des carences chez la femme enceinte :

intérêts de la dispensation des compléments


alimentaires, risques associés et importance du conseil
officinal
Samy Menzri

To cite this version:


Samy Menzri. La prise en charge des carences chez la femme enceinte : intérêts de la dispensation
des compléments alimentaires, risques associés et importance du conseil officinal. Sciences pharma-
ceutiques. 2023. �hal-05027703�

HAL Id: hal-05027703


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UNIVERSITE DE LORRAINE
2023
_______________________________________________________________________________

FACULTE DE PHARMACIE

THESE

Présentée et soutenue publiquement

le 13 septembre 2023, sur un sujet dédié à :

LA PRISE EN CHARGE DES CARENCES CHEZ LA FEMME


ENCEINTE : INTERETS DE LA DISPENSATION DES
COMPLEMENTS ALIMENTAIRES, RISQUES ASSOCIES ET
IMPORTANCE DU CONSEIL OFFICINAL

pour obtenir

le Diplôme d'Etat de Docteur en Pharmacie

par Samy MENZRI

né le 07/06/1996

Membres du Jury

Président : Mme. Brigitte LEININGER-MULLER, Professeur des Universités

Juges : M. Jean-Edouard MOREAU, Docteur en Pharmacie, Pharmacien d’officine

Mme Perrine BARTECKI, Docteur en Pharmacie, Pharmacien hospitalier

M. Julien VOYAT, Docteur en Pharmacie, Pharmacien hospitalier


UNIVERSITÉ DE LORRAINE
FACULTÉ DE PHARMACIE
Année universitaire 2022-2023

DOYEN
Raphaël DUVAL
Vice-Doyen
Julien PERRIN
Directrice des études
Marie SOCHA
Conseil de la Pédagogie
Président, Luc FERRARI
Vice-Présidence - vacant
Collège d'Enseignement Pharmaceutique Hospitalier
Présidente, Béatrice DEMORE
Commission Prospective Facultaire
Président, Igor CLAROT
Vice-Président, Raphaël DUVAL
Commission de la Recherche
Présidente, Caroline GAUCHER

Chargés de Mission
Communication Aline BONTEMPS
Innovation pédagogique Alexandrine LAMBERT
Référente ADE Virginie PICHON
Référente dotation sur projet (DSP) Marie-Paule SAUDER
Référent vie associative Arnaud PALLOTTA

Responsabilités
Filière Officine Caroline PERRIN-SARRADO
Julien GRAVOULET
Filière Industrie Isabelle LARTAUD,
Jean-Bernard REGNOUF de VAINS
Filière Hôpital Béatrice DEMORE
Marie SOCHA
Pharma Plus ENSIC Jean-Bernard REGNOUF de VAINS
Pharma Plus ENSAIA Xavier BELLANGER
Pharma Plus ENSGSI Igor CLAROT
Cellule de Formation Continue et Individuelle Luc FERRARI
Commission d'agrément des maîtres de stage François DUPUIS
ERASMUS Mihayl VARBANOV

DOYENS HONORAIRES PROFESSEURS EMERITES

Chantal FINANCE Pierre LEROY


Francine PAULUS Philippe MAINCENT
Claude VIGNERON Claude VIGNERON
Patrick MENU

PROFESSEURS HONORAIRES MAITRES DE CONFERENCES HONORAIRES

Jean-Claude BLOCK Monique ALBERT


Pierre DIXNEUF Mariette BEAUD
Chantal FINANCE Emmanuelle BENOIT
Marie-Madeleine GALTEAU François BONNEAUX
Thérèse GIRARD Gérald CATAU
Pierre LABRUDE Jean-Claude CHEVIN
Vincent LOPPINET Jocelyne COLLOMB
Patrcik MENU Bernard DANGIEN
Alain NICOLAS Dominique DECOLIN
Janine SCHWARTZBROD Marie-Claude FUZELLIER
Louis SCHWARTZBROD Françoise HINZELIN
Marie-Hélène LIVERTOUX
Bernard MIGNOT
Blandine MOREAU
Dominique NOTTER
Francine PAULUS
ASSISTANTS HONORAIRES Christine PERDICAKIS
Marie-France POCHON
Marie-Catherine BERTHE Anne ROVEL
Annie PAVIS Gabriel TROCKLE
Maria WELLMAN-ROUSSEAU
Colette ZINUTTI

ENSEIGNANTS Section CNU * Discipline d'enseignement

PROFESSEURS DES UNIVERSITES - PRATICIENS HOSPITALIERS

Danièle BENSOUSSAN-LEJZEROWICZ 82 Thérapie cellulaire


Béatrice DEMORE 81 Pharmacie clinique
Alexandre HARLE 82 Biologie cellulaire oncologique
Jean-Louis MERLIN 82 Biologie cellulaire
Jean-Michel SIMON 81 Economie de la santé, Législation pharmaceutique
Nathalie THILLY 81 Santé publique et Epidémiologie

PROFESSEURS DES UNIVERSITES

Ariane BOUDIER 85 Chimie Physique


Christine CAPDEVILLE-ATKINSON 86 Pharmacologie
Igor CLAROT 85 Chimie analytique
Joël DUCOURNEAU 85 Biophysique, Acoustique, Audioprothèse
Raphaël DUVAL 87 Microbiologie clinique
Béatrice FAIVRE 87 Hématologie, Biologie cellulaire
Luc FERRARI 86 Toxicologie
Pascale FRIANT-MICHEL 85 Mathématiques, Physique
Christophe GANTZER 87 Microbiologie
Caroline GAUCHER ᴴ 86 Chimie physique, Pharmacologie
Frédéric JORAND 87 Eau, Santé, Environnement
Isabelle LARTAUD 86 Pharmacologie
Dominique LAURAIN-MATTAR 86 Pharmacognosie
Brigitte LEININGER-MULLER 87 Biochimie
Jean-Bernard REGNOUF de VAINS 86 Chimie thérapeutique
Anne SAPIN-MINET 85 Pharmacie galénique
Bertrand RIHN 87 Biochimie, Biologie moléculaire
MAITRES DE CONFÉRENCES DES UNIVERSITÉS - PRATICIENS HOSPITALIERS

Pauline GILSON 82 Biologie cellulaire oncologique


Caroline LAROYE 82 Biothérapie
Julien PERRIN ᴴ 82 Hématologie biologique
Loïc REPPEL 82 Biothérapie
Marie SOCHA 81 Pharmacie clinique, thérapeutique et biotechnique

MAITRES DE CONFÉRENCES

Xavier BELLANGER ᴴ 87 Parasitologie, Mycologie médicale


Isabelle BERTRAND ᴴ 87 Microbiologie
Michel BOISBRUN ᴴ 86 Chimie thérapeutique
Cédric BOURA ᴴ 86 Physiologie
Sandrine CAPIZZI 87 Parasitologie
Antoine CAROF 85 Informatique
Frédérique CHANGEY 87 Microbiologie
Sébastien DADE 85 Bio-informatique
Natacha DREUMONT ᴴ 87 Biochimie générale, Biochimie clinique
Florence DUMARCAY ᴴ 86 Chimie thérapeutique
François DUPUIS ᴴ 86 Pharmacologie
Reine EL OMAR 86 Physiologie
Adil FAIZ 85 Biophysique, Acoustique
Anthony GANDIN 87 Mycologie, Botanique
Stéphane GIBAUD ᴴ 86 Pharmacie clinique
Jérémie GOUYON 85 Chimie analytique
Thierry HUMBERT 86 Chimie organique
Olivier JOUBERT ᴴ 86 Toxicologie, Sécurité sanitaire
ENSEIGNANTS (suite) Section CNU * Discipline d'enseignement

Alexandrine LAMBERT 85 Informatique, Biostatistiques


Julie LEONHARD ᴴ 86/01 Droit en Santé
Balbine MAILLOU 85 Biophysique, Acoustique, Audioprothèse
Christophe MERLIN ᴴ 87 Microbiologie environnementale
Maxime MOURER ᴴ 86 Chimie organique
Coumba NDIAYE 86 Epidémiologie et Santé publique
Arnaud PALLOTTA 85 Bioanalyse du médicament
Marianne PARENT 85 Pharmacie galénique
Caroline PERRIN-SARRADO 86 Pharmacologie
Virginie PICHON 85 Biophysique
Sophie PINEL ᴴ 85 Informatique en Santé (e-santé)
Franceline REYNAUD 85 Pharmacie galénique
Marie-Paule SAUDER 87 Mycologie, Botanique
Guillaume SAUTREY 85 Chimie analytique
Rosella SPINA 86 Pharmacognosie
Sabrina TOUCHET 86 Pharmacochimie
Mihayl VARBANOV 87 Immuno-Virologie
Marie-Noëlle VAULTIER ᴴ 87 Mycologie, Botanique
Emilie VELOT ᴴ 86 Physiologie-Physiopathologie humaines
Mohamed ZAIOU ᴴ 87 Biochimie et Biologie moléculaire

PROFESSEUR ASSOCIE
Julien GRAVOULET 86 Pharmacie clinique

PROFESSEUR AGREGE

Christophe COCHAUD 11 Anglais

ᴴ Maître de conférences titulaire HDR

* Disciplines du Conseil National des Universités :


80 : Personnels enseignants et hospitaliers de pharmacie en sciences physico-chimiques et ingénierie appliquée à la santé
81 : Personnels enseignants et hospitaliers de pharmacie en sciences du médicament et des autres produits de santé
82 : Personnels enseignants et hospitaliers de pharmacie en sciences biologiques, fondamentales et cliniques
85 ; Personnels enseignants-chercheurs de pharmacie en sciences physico-chimiques et ingénierie appliquée à la santé
86 : Personnels enseignants-chercheurs de pharmacie en sciences du médicament et des autres produits de santé
87 : Personnels enseignants-chercheurs de pharmacie en sciences biologiques, fondamentales et cliniques

11 : Professeur agrégé de lettres et sciences humaines en langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes


SERMENT DE GALIEN

En présence des Maitres de la Faculté, je fais le serment :

D’honorer ceux qui m’ont instruit(e) dans les préceptes de mon art et de
leur témoigner ma reconnaissance en restant fidèle aux principes qui
m’ont été enseignés et d’actualiser mes connaissances

D’exercer, dans l’intérêt de la santé publique, ma profession avec


conscience et de respecter non seulement la législation en vigueur, mais
aussi les règles de Déontologie, de l’honneur, de la probité et du
désintéressement ;

De ne jamais oublier ma responsabilité et mes devoirs envers la


personne humaine et sa dignité

En aucun cas, je ne consentirai à utiliser mes connaissances et mon état


pour corrompre les mœurs et favoriser des actes criminels.

De ne dévoiler à personne les secrets qui m’auraient été confiés ou dont


j’aurais eu connaissance dans l’exercice de ma profession

De faire preuve de loyauté et de solidarité envers mes collègues


pharmaciens

De coopérer avec les autres professionnels de santé

Que les Hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.

Que je sois couvert(e) d’opprobre et méprisé(e) de mes confrères si j’y


manque.

Version validée par la conférence des Doyens de facultés de Pharmacie le 7 février 2018
« LA FACULTE N’ENTEND DONNER AUCUNE APPROBATION,
NI IMPROBATION AUX OPINIONS EMISES DANS LES
THESES, CES OPINIONS DOIVENT ETRE CONSIDEREES
COMME PROPRES A LEUR AUTEUR ».
TABLE DES MATIERES
Introduction ............................................................................................................................ 1

I. Les besoins spécifiques au cours de la grossesse..................................................... 3

I.1 La supplémentation en micronutriments au cours de la grossesse .................. 3

I.2 La prise de poids : un facteur essentiel durant la grossesse ............................. 4

I.3 Le concept des 1 000 jours ..................................................................................... 5

II. Analyse des produits spécifiques sur le marché français et perspectives


réglementaires des compléments alimentaires en France et en Europe.......................... 6

II.1 Définition .................................................................................................................. 7

II.2 Aspects réglementaires des compléments alimentaires en France et en


Europe ................................................................................................................................. 8
II.2.1 Réglementation ...................................................................................................... 8
II.2.2 Les composants des compléments alimentaires.................................................... 9
II.2.3 Sécurité et qualité des compléments alimentaires ............................................... 10
II.2.4 La déclaration de mise sur le marché des compléments alimentaires ................. 11

II.3 Exemples de spécialités présentes sur le marché français .............................. 11


II.3.1 Oligobs® Grossesse ............................................................................................ 11
II.3.2 Gestarelle® G+ et Gestarelle® G3+ .................................................................... 13
II.3.3 Gynéfam® Supra Grossesse ............................................................................... 14
II.3.4 Ogestan® ............................................................................................................. 16
II.3.5 Folic’Expert 5-MTHF ............................................................................................ 17
II.3.6 Taïdo Pregnancia® .............................................................................................. 18
II.3.7 Maternix® G ......................................................................................................... 20

II.4 Tableau comparatif de la composition des spécialités de compléments


alimentaires ....................................................................................................................... 22

III. Revue de la bibliographie existante sur les besoins spécifiques au cours de la


grossesse.............................................................................................................................. 26

III.1 Recommandations et études cliniques portant sur les bénéfices de la


supplémentation durant la grossesse : focus sur … .................................................... 26
III.1.1 … les vitamines ................................................................................................ 27
III.1.2 … les minéraux ................................................................................................. 49
III.1.3 … les acides gras essentiels ............................................................................ 67
III.1.4 En résumé : Organigramme sur la supplémentation en nutriments chez la
femme enceinte............................................................................................................... 76

III.2 Les limites, les critères de choix et les controverses des études cliniques
quant à la supplémentation en compléments alimentaires chez la femme enceinte. 77
III.2.1 Les limites des études cliniques ....................................................................... 77
III.2.2 Les critères de choix ......................................................................................... 83
III.2.3 Les controverses .............................................................................................. 87

IV. La supplémentation en compléments alimentaires et le conseil officinal ........... 90

IV.1 Le rôle et les responsabilités du pharmacien d’officine dans la dispensation


de compléments alimentaires chez la femme enceinte ................................................ 92
IV.1.1 Conseil et orientation ........................................................................................ 92
IV.1.2 Gestion des interactions médicamenteuses ..................................................... 93
IV.1.3 Suivi et éducation ............................................................................................. 95

IV.2 Les outils disponibles pour aider les pharmaciens dans leur conseil ............. 96
IV.2.1 Formation continue ........................................................................................... 96
IV.2.2 Collaboration interprofessionnelle .................................................................... 97

IV.3 Les limites et défis de la dispensation de compléments alimentaires en


officine ............................................................................................................................... 99
IV.3.1 L’absence de réglementation stricte ................................................................. 99
IV.3.2 Les interactions médicamenteuses complexes .............................................. 100
IV.3.3 Les croyances et les informations erronées ................................................... 101
IV.3.4 La conformité aux réglementations publicitaires............................................. 103

Conclusion .......................................................................................................................... 105

BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 107


TABLEAUX
Tableau I : Prise de poids recommandée selon l'indice de masse corporel (7) ....................... 4
Tableau II : Composition en nutriments de l'Oligobs® (28) .................................................... 11
Tableau III : Composition du Gestarelle® G+ et du Gestarelle® G3+ (29,30) ....................... 13
Tableau IV : Composition du Gynéfam® Supra Grossesse (31) ........................................... 14
Tableau V : Composition de l'Ogestan® (34) ......................................................................... 16
Tableau VI : Composition du Folic'Expert 5-MTHF (35) ......................................................... 17
Tableau VII : Composition du Taïdo Pregnancia® (36) ......................................................... 18
Tableau VIII : Composition du Maternix® G (37) ................................................................... 20
Tableau IX : Tableau comparatif de la composition des spécialités de compléments
alimentaires les plus courants sur le marché ......................................................................... 22
Tableau X : Situations de déficiences nutritionnelles (144) ................................................... 91
TABLE DES FIGURES
Figure 1 : Système de classification des différents micronutriments...................................... 27
Figure 2 : Effets métaboliques de l'acide folique (48) ............................................................ 29
Figure 3 : Métabolisme de l'acide folique (49)........................................................................ 29
Figure 4 : Synthèse et métabolisme de la vitamine D (68)..................................................... 40
Figure 5 : Actions de la vitamine D sur l'organisme (68) ........................................................ 41
Figure 6 : Métabolisme et transport de l'iode dans l'unité foetoplacentaire (97) .................... 57
Figure 7 : Distribution du magnésium dans l'organisme ........................................................ 62
Figure 8 : Schéma de la synthèse des différents acides gras oméga-3 et oméga-6 ............. 68
Figure 9 : Biosynthèse des acides gras polyinsaturés à longue chaîne de la famille des oméga-
3 et des oméga-6 ................................................................................................................... 69
Figure 10 : Organigramme sur la supplémentation en nutriments chez la femme enceinte .. 76

4
LISTE DES ABREVIATIONS
5-MTHF 5-méthyltétrahydrofolate
AA Acide arachidonique
AFSSA Agence française de sécurité sanitaire des aliments
ALA Acide alpha-linolénique
ANC Apport Nutritionnel Conseillé
ANSES Agence national de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail
AR Apport de référence
AS Apport suffisant
ATP Adénosine triphosphate
BK Bacille de Koch
BNM Besoin Nutritionnel Moyen
Ca Calcium
CaBP Calcium-binding protein
CD Cathélicidine
CNGOF Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français
COX Cyclooxygénase
DBP D-binding protein
DGCCRF Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la
Répression des fraudes
DHA Acide docosahexaénoïque
DHF Dihydrofolate
DHFR Dihydrofolate réductase
DIO 2 Deionidase enzyme type 2
DIO 3 Deionidase enzyme type 3
DPA Acide docosapentaénoïque
dTMP Désoxythymidine monophosphate
dUMP Désoxyuridylate monophosphate
EFA Équivalent folates alimentaires
EFSA Autorité Européenne de sécurité alimentaire
EPA Acide eicosapentaénoïque
FGF Fibroblast growth factor
Formyl THF Formyl tétrahydrofolate
Gly Glycocolle
HACCP Hazard Analysis Critical Control Point
HAS Haute Autorité de Santé
hCG Human chorionic gonadotropin
IMC Indice de masse corporelle
IOM Institute of Medicine
LOX Lipooxygénase
LPS Lipopolysaccharide
LSS Limite supérieure de sécurité
Méthyl THF Méthyl tétrahydrofolate
Méthylène THF Méthylène tétrahydrofolate
MTHFD1 Méthylène tétrahydrofolate déshydrogénase 1
MTHFR Méthylène tétrahydrofolate réductase
NFS Numération Formule Sanguine
NIS Symporteur sodium-iode
OMS Organisation Mondiale de la Santé
Ph Phosphore
PL Phospholipides
PNNS Programme National Nutrition Santé
PTH Parathormone
RBP Retinol Binding Protein
RNP Référence Nutritionnelle pour la population
rT3S Reverse sulfated triiodothyronine
rT3/T2 Reverse Triiodothyronine/Diiodothyronine
Ser Sérine
SULT 1A1 Sulfotransferase family 1A member 1
SULT 1A3 Sulfotransferase family 1A member 3
T2S Sulfated diiodothyronine
T3 Triiodothyronine
T3S Sulfated triiodothyronine
T4 Thyroxine
T4S Sulfated thyroxine
TBG Thyroid binding globulin
TD Tube digestif
THF Tétrahydrofolate
TLR Toll-like receptor
TRH Thyrotropin realising hormone
TRPV6 Transient receptor potential cation channel subfamily V member 6
TSH Thyroid stimulating hormone
TTR Transthyretin
UVB Ultraviolets B
VDR Vitamin D receptor
VDRmRNA Vitamin D receptor messenger ribonucleid acid
VNR Valeur nutritionnelle de référence
REMERCIEMENTS

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à ma directrice de thèse et présidente de jury, le


Professeur Brigitte LEININGER-MULLER, pour son encadrement éclairé, son soutien constant
et sa confiance indéfectible. Ces attributs ont été le phare qui a guidé la réalisation de ce long
travail. Je suis honoré d’avoir eu l’occasion de travailler sous sa direction et de bénéficier de
ses précieuses orientations.

Je souhaite exprimer ma plus sincère reconnaissance à mon pharmacien titulaire et maître de


stage, le Docteur Jean-Edouard MOREAU, qui m’a initié au métier de pharmacien avec
passion et dévouement. C’est à ses côtés que j’ai découvert ce domaine et continue de
développer mes compétences. Il a joué un rôle déterminant dans mon développement
professionnel, me confiant des responsabilités qui ont été une véritable opportunité
d’épanouissement et d’apprentissage. Ses précieux enseignements continueront à guider ma
carrière de pharmacien.

Je tiens à remercier sincèrement le Docteur Perrine BARTECKI et le Docteur Julien VOYAT,


tous deux pharmaciens hospitaliers, et qui ont été mes encadrants durant mon stage
hospitalier, pour leur confiance et leurs enseignements précieux. Leur confiance et leur
encadrement éclairé m’ont offert des responsabilités valorisantes et ont été essentiels à ma
montée en compétence. C’est un honneur inestimable de les compter parmi les membres de
mon jury.

Je tiens à exprimer ma sincère gratitude au Docteur Dimitry ABAFOUR, pharmacien et ami,


pour son expertise et ses conseils avisés qui ont été déterminants pour la réalisation de ce
travail. Son soutien a largement contribué à la qualité de mon travail et c’est avec gratitude
que je reconnais son apport inestimable.

Je tiens à exprimer ma plus profonde gratitude à mes parents, pour leur soutien indéfectible
et leur confiance en mes choix. Leur amour inconditionnel, leur encouragement constant et
leur foi en mes capacités m’ont permis de suivre mon chemin avec assurance et détermination.
Merci pour votre amour et votre soutien inestimables.

Je tiens à exprimer ma sincère gratitude à mon frère Yanis et à ma sœur Aïcha, Avec eux, je
partage bien plus que des liens du sang, je partage des moments de vie, des rires, mais aussi
des défis. Leur présence et leur soutien ont été une source constante d’amour et d’inspiration.
Merci d’être toujours à mes côtés.
Je souhaite exprimer ma profonde gratitude à mon entraineur de karaté, mon sensei, Pascal,
pour son soutien et son accompagnement constants tout au long de ces années. Plus qu’un
art martial, il a su insuffler en moi une philosophie de vie qui m’accompagne chaque jour. Ses
leçons vont bien au-delà du dojo et sont ancrées dans toutes mes actions. Merci pour tout.

Je tiens à remercier chaleureusement mon entraîneur de karaté, mon sensei, Kevin. Son
dévouement, sa passion et sa rigueur ont ajouté une dimension nouvelle et enrichissante à
ma pratique. Ses enseignements ont non seulement renforcé mon art martial, mais ont
également inspiré et orienté ma vie hors du dojo. Pour tout cela, je suis profondément
reconnaissant.

Je tiens à remercier sincèrement Nicolas, Anthony, Chloé et Fabrice, mes grands amis et
compagnons de route de ce long parcours académique. Nous avons partagé ensemble des
moments inoubliables, sur les bancs de la fac et au-delà. Leur présence constante et leur
soutien inébranlable ont été une source d’inspiration et de réconfort tout au long de ces
années. Leurs amitiés sont des cadeaux précieux que je chéris.

Je souhaite exprimer ma profonde gratitude envers mon ami, Florian, qui a été comme un
mentor inestimable dans le monde associatif et représentatif. Ses conseils judicieux et son
soutien constant ont été une source d’inspiration et d’orientation inestimables. Sa contribution
à mon parcours ne peut être sous-estimée.

Je tiens à exprimer ma gratitude envers Guillaume et Marion, mes amis et ceux que je
considère comme mes protégés. Leur soutien a été un pilier inestimable dans mon parcours.
La façon dont ils ont repris et poursuivi mes travaux et projets avec dévouement et compétence
est une source de fierté et de reconnaissance pour moi. Je suis convaincu qu’ils sauront se
développer, accomplir de grandes choses et atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. Rien ne
pourra les arrêter dans leur quête de réalisation et de succès.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Fouad et Bilal. Votre amitié a été une source
d’inspiration et de soutien inestimable. Merci de partager ces moments fabuleux et d’enrichir
ma vie de manière indescriptible.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à mes amis, Pheakdey, Ayhan, Enzo, Simon, Arthur,
Timothée, Léa, Mehdi, Thibault, Ivana et Alice que j’ai rencontré dans le cadre de mon
engagement associatif. Ils ont su devenir des membres à part entière de ma vie, partageant
des moments d’amitié, de défis et de succès. Leur soutien et leur dévouement sont devenus
des éléments essentiels de mon quotidien. Enzo, pendant une année, nous avons formé un
binôme solide, non seulement confronté à des défis, mais également bâti sur le
développement d’une amitié solide qui s’est renforcée autour de nos objectifs communs.
Pheakdey, Ayhan, nos chemins communs au sein du monde associatif a donné naissance à
une amitié précieuse qui transcende notre engagement initial. A Simon, dont l’amitié, la
perspicacité et les conseils avisés m’ont été d’une valeur incommensurable. Votre soutien et
votre amitié sont de véritables cadeaux que je chéris profondément.

Je souhaite exprimer ma plus profonde gratitude envers les personnes que j’ai eu le privilège
de rencontrer dans le monde associatif, et avec lesquelles je partage l’honneur de faire partie
du même bureau cette année : Etienne, Emilie, Mathis, Orlane, Miryam, Félix, Simon, Bastien,
Nicolas, Léa, Maëlle, Apolline, Marie, Matéo, Océane, Sarah, Maxime L., Yessine, Salomé,
Maxime B., Maé, Solène, Matthias et Manon. Malgré nos différences, nos parcours d’études,
nos villes d’origine, … nous avons su créer un lien solide et indestructible. Cette année, nous
avons partagé des moments inoubliables, surmonté ensemble les épreuves, et célébré nos
succès. Plus qu’un bureau ou qu’un groupe d’amis, vous êtres une seconde famille. Merci
pour votre solidarité, votre amitié et votre soutien constant.

Je tiens à exprimer toute ma gratitude à mes amis avec qui je passe de fabuleux moments,
ainsi qu’aux personnes que j’ai pu rencontrer durant mon parcours et qui m’ont tant apporté :
Pierre, Morgane, Xavier, Typhaine, Hugo, Edgar, Charlotte, Léna, Julien, Alexis, Kada,
Nicolas, Amine, Lisa, Clément, Marie, Sophie, Laura, Maël, Yassir, Julien, Léa, Léa, Clara,
Jules, Corentin, Célia, Marwan, Kamelia, Julien, Thomas, Alice, Manon, Maëlle, Achille,
Matéo, Angeline, Ihab, Thibault, Cécile, Gaëlle, Randa, Sabrina, Laura, Clémence, Maixent,
Guillaume, Théo, Flavie, Doha, Hajar, à l’équipe de la Pharmacie MOREAU à Malzéville, à
l’équipe de la PUI de l’Hôpital Bel-Air de Thionville, en particulier au Dr Laurence FERRIER, à
l’équipe du service de Chirurgie Orthopédique et Traumatologie de l’Hôpital Bel-Air de
Thionville, en particulier au Dr Mahmoud KHALIFE, à l’équipe du SKEN - Shotokan Karaté
Essey-Lès-Nancy, et à la MSK Elite Team
Introduction

La prise en charge des carences chez la femme enceinte est un enjeu crucial pour assurer
une grossesse saine et sans complications. Les carences en vitamines, minéraux et autres
nutriments peuvent avoir des conséquences graves pour la santé de la mère et du fœtus. C’est
pourquoi, dans de nombreux cas, la dispensation de compléments alimentaires est
recommandée pour répondre aux besoins spécifiques de la grossesse.

Au cours de la grossesse, de nombreux processus physiologiques sont mis en place pour


répondre aux besoins nutritionnels accrus liés à la croissance du fœtus et aux changements
dans l’organisme de la mère. Une augmentation progressive de l’appétit et de la
consommation alimentaire contribue directement à répondre aux besoins nutritionnels de la
mère et du fœtus, tandis que la régulation métabolique et l’absorption intestinale accrue de
nombreux nutriments se produisent de manière naturelle, permettant aux femmes de
constituer des réserves suffisantes pour assurer l’allaitement tout en maintenant une
grossesse normale.

Cependant, il est important de souligner les risques liés aux carences chez la femme enceinte.
En effet, une carence en fer par exemple, peut entraîner une anémie, une carence en acide
folique peut causer des malformations du système nerveux central chez le fœtus, tandis
qu’une carence en vitamine D peut augmenter le risque de complications lors de
l’accouchement.

Hormis pour les supplémentations en folates, vitamine D et fer qui sont bien établies, il n’existe
que très peu, voire pas du tout, de recommandations nationales et internationales concernant
la supplémentation en nutriments chez la femme enceinte. Lorsqu’elles existent, ces
recommandations ne sont pas toujours cohérentes entre elles et peuvent parfois même être
contradictoires. Cette situation peut poser des problèmes pour les professionnels de santé
dans leur pratique clinique. En effet, ils peuvent être confrontés à des situations où deux
recommandations différentes leur sont présentées pour un même nutriment, ce qui peut
impacter leur prise de décision et leur pratique clinique. Cette situation peut conduire à des
confusions chez les professionnels de santé et peut rendre la prise en charge des femmes
enceintes plus difficile. De plus, les femmes enceintes peuvent quant à elles, être exposées à
des informations contradictoires, ce qui peut les amener à ne pas suivre les recommandations
de supplémentation appropriées.

1
D’un autre côté, il y a des risques liés à la prise de compléments alimentaires sans conseil
officinal. En effet, certains compléments alimentaires peuvent contenir des doses élevées de
certains nutriments qui peuvent être dangereux pour la santé de la mère et du fœtus. Une
surdose de vitamine A par exemple, peut entraîner des malformations chez le fœtus.

Il est donc crucial de comprendre les risques associés à la prise de compléments alimentaires
et l’intérêt du conseil officinal. Le pharmacien est un professionnel de santé qualifié pour
dispenser des conseils appropriés sur la prise de compléments alimentaires et pour identifier
les carences spécifiques à chaque patiente. En plus de dispenser des conseils, le pharmacien
a également pour rôle de s’assurer que les compléments alimentaires sont compatibles avec
les autres médicaments que la patiente peut prendre. Il doit s’assurer également que ces
compléments alimentaires soient compatibles avec les antécédents médicaux et pathologies
de la future mère.

Cette thèse a pour objectif de réaliser un état des lieux sur les recommandations en matière
de supplémentation chez la femme enceinte. En effet, la prise en charge des carences
nutritionnelles chez la femme enceinte est une préoccupation majeure en santé publique. Des
compléments alimentaires peuvent être nécessaires pour prévenir ou traiter des carences.
Cependant, il est important de se questionner sur l’intérêt de dispenser systématiquement des
compléments alimentaires. Il est également essentiel de s’intéresser à la composition des
compléments alimentaires commercialisés, prescrits par les professionnels de santé et dont
la composition n’est peut-être pas toujours adaptée à la situation spécifique de chaque femme
enceinte. Dans ce contexte, il est important de sensibiliser les professionnels de santé, et
notamment les pharmaciens d’officine, sur les risques associés à la dispensation de
compléments alimentaires et sur leur rôle dans la promotion d’une supplémentation adaptée
et sûre. Les pharmaciens doivent être en mesure de conseiller les femmes enceintes sur les
compléments alimentaires les plus adaptés à leur situation et de les informer sur les risques
associés à une surconsommation ou à une mauvaise utilisation de ces produits.

2
I. Les besoins spécifiques au cours de la grossesse

Pendant la grossesse, les besoins nutritionnels de la femme enceinte augmentent


considérablement pour répondre aux besoins de croissance et de développement du fœtus
en développement, ainsi qu’aux changements physiologiques de la mère. De plus, la nutrition
maternelle joue un rôle clé dans la santé future du nourrisson, avec des impacts sur la santé
à long terme, notamment en termes de pathologies chroniques. Cette partie se concentrera
sur les besoins nutritionnels et spécifiques pendant la grossesse et les nutriments qui doivent
être consommés pour répondre à ces besoins.

I.1 La supplémentation en micronutriments au cours de la grossesse

La supplémentation en micronutriments chez la femme enceinte est essentielle car la


grossesse est une période de changements physiologiques importants qui nécessitent un
apport nutritionnel adéquat pour le développement et la croissance du fœtus, ainsi que pour
la santé de la mère. Pendant la grossesse, le corps de la femme subit des changements
hormonaux et physiques importants pour soutenir la croissance et le développement du fœtus.
Les carences nutritionnelles pendant la grossesse peuvent entraîner des complications graves
pour la santé de la mère et du fœtus. Les besoins nutritionnels de la mère augmentent
considérablement pour répondre à ces besoins et la majoration des apports énergétiques
recommandée dépend du poids de départ de la femme enceinte et de la période de grossesse.
(1,2)

La grossesse peut augmenter également le risque de carences nutritionnelles car le fœtus


puise les nutriments de la mère pour sa propre croissance et son développement. Si la mère
n’a pas suffisamment de nutriments, cela peut entraîner des complications pour le fœtus,
comme un retard de croissance ou une naissance prématurée. (3) Les carences en nutriments
chez la mère peuvent également entraîner des complications pour sa santé, comme une
anémie ou une faiblesse immunitaire. (4,5) La supplémentation en nutriments pendant la
grossesse peut avoir des effets bénéfiques sur la santé du fœtus, tels qu’une réduction du
risque de malformations congénitales et une amélioration de la croissance et du
développement du fœtus. (3) Cette supplémentation pendant la grossesse peut aider à
prévenir les complications de la grossesse telles que la pré-éclampsie, le diabète gestationnel
ou encore la naissance prématurée. (3,4)

Les apports alimentaires recommandés pendant la grossesse varient selon les pays et les
organismes de santé. En France, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande
3
pour les femmes enceintes une consommation quotidienne de cinq portions de fruits et
légumes, deux produits laitiers, des protéines animales et végétales, des matières grasses et
des sucres en quantité limitée. (6,7) En Europe, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire
(EFSA) estime une augmentation moyenne de 70, 260 et 500 kcal par jour respectivement au
cours des premier, deuxième et troisième trimestres afin de répondre aux besoins
énergétiques. (8,9) Cependant, il est important de noter que les besoins énergétiques
individuels peuvent varier en fonction de l’âge, du poids, de la taille, de l’activité physique, de
la croissance du fœtus et des antécédents médicaux. Par conséquent, il est recommandé aux
femmes enceintes de consulter un professionnel de santé pour déterminer leurs besoins
énergétiques individuels pendant la grossesse. (7)

I.2 La prise de poids : un facteur essentiel durant la grossesse

D’après le rapport de l’enquête nationale périnatale menée par la Direction de la Recherche


des Études de l’Évaluation et des Statistiques, l’Institut National de la Santé et de la Recherche
Médicale et le ministère des Affaires Sociales du Travail et de la Solidarité, les femmes
enceintes ont en moyenne une prise de poids de 13 kg pendant leur grossesse, mais 10%
d’entre elles prennent plus de 20 kg. Si la prise de poids dépasse les recommandations de
l’Institute of Medicine (IOM), cela peut augmenter le risque de poids élevé à la naissance et
de surpoids chez l’enfant. En revanche, si la prise de poids est inférieure aux
recommandations, cela peut accroître le risque de faible poids à la naissance et
d’accouchement prématuré, en particulier si l’indice de masse corporelle (IMC) de la mère était
déjà bas avant la grossesse. (7)

Tableau I : Prise de poids recommandée selon l'indice de masse corporel (7)

La prise de poids pendant la grossesse est importante pour le développement du fœtus, mais
elle doit être surveillée pour éviter des complications de santé pour la mère et l’enfant. Le poids
recommandé à prendre dépend de l’IMC de la femme avant la grossesse comme l’indique le
tableau I ci-dessus. Si une femme est déjà maigre avant la grossesse, avec un IMC inférieur
4
à 18,5 kg/m2, elle devrait viser à prendre entre 12,5 et 18 kg pendant la grossesse pour assurer
une croissance saine du fœtus. Pour les femmes avec un poids normal avant la grossesse,
avec un IMC compris entre 18,5 et 25 kg/m2, une prise de poids entre 11,5 et 16 kg est
considérée comme optimale pour la santé de la mère et de l’enfant. Pour les femmes en
surpoids avant la grossesse, avec un IMC compris entre 25 et 30 kg/m2, une prise de poids
entre 7 et 11,5 kg est conseillée pour réduire les risques de complications de santé liées à
l’excès de poids. Enfin, pour les femmes obèses avant la grossesse, avec un IMC supérieur à
30 kg/m2, il est recommandé une prise de poids entre 5 et 9 kg suffisante pour soutenir la
croissance du fœtus tout en minimisant les risques pour la santé de la mère. (7,8,10,11)

En plus de l’augmentation des apports énergétiques, une alimentation équilibrée est


essentielle pour répondre aux besoins en nutriments de la femme enceinte et du fœtus. Les
aliments riches en protéines, en fer, en calcium, en acides gras oméga-3 et en acide folique
sont particulièrement importants pendant la grossesse. (6,7,12)

I.3 Le concept des 1 000 jours

Le concept des 1 000 jours correspond à une période clé du développement de l’être humain,
qui s’étend de la conception jusqu’à l’âge de deux ans. Cette période est considérée comme
critique car elle influe sur la santé et le développement à long terme de l’individu. Plus
précisément, les 1 000 jours commencent au moment de la conception, lorsque l’ovule est
fécondé par le spermatozoïde, et se terminent à l’âge de deux ans, période qui correspond au
moment où le cerveau atteint 80% de sa taille adulte et où les fonctions cognitives et physiques
de l’enfant sont en grande partie établies. (13–16)

Au cours de cette période, l’enfant subit des changements rapides et importants sur les plans
physiques, neurologiques et psychologiques. Les expériences de cette période peuvent avoir
des effets durables sur la santé physique et mentale de l’individu à l’âge adulte. (13–16)

Le concept des 1 000 jours repose sur des études scientifiques solides. Des auteurs ont
montré que les conditions de vie pendant cette période peuvent avoir des conséquences
durables sur la santé, le bien-être et le développement cognitif et émotionnel de l’individu à
l’âge adulte. Une carence nutritionnelle pendant cette période peut entraîner des retards de
croissance, une faible masse musculaire, une réduction de la capacité cognitive et une
vulnérabilité accrue aux maladies chroniques telles que l’obésité, le diabète et les maladies
cardiovasculaires. Des études ont également montré que les expériences précoces de stress,
de négligence et de maltraitance peuvent avoir des effets négatifs durables sur la santé
5
mentale de l’individu à l’âge adulte, tels que la dépression, l’anxiété et les troubles de la
personnalité. (13–16)

II. Analyse des produits spécifiques sur le marché français et perspectives


réglementaires des compléments alimentaires en France et en Europe

L’utilisation croissante des compléments alimentaires en tant que source supplémentaire de


nutriments essentiels a suscité un intérêt considérable dans le domaine de la santé publique.
Avec la diversité des produits disponibles sur le marché français, il est crucial de comprendre
la composition en nutriments de ces compléments alimentaires et d’évaluer leur conformité
par rapport aux recommandations nationales de référence en matière de nutrition. Cette partie
se concentre sur une analyse approfondie de la composition en nutriments de plusieurs
compléments alimentaires commercialisés en France, en tenant compte des valeurs
nutritionnelles de référence (VNR) et des apports de référence (AR).

La valeur nutritionnelle de référence (VNR) est une mesure établie pour définir les apports
nutritionnels recommandés pour les différents nutriments essentiels à une alimentation
équilibrée. Les VNR sont utilisées pour évaluer les apports en nutriments d’un individu ou
d’une population donnée. Elles sont généralement basées sur les besoins moyens d’une
population en bonne santé et sont établies par des organismes de santé compétents, tels que
les autorités sanitaires nationales ou les organisations internationales. Les VNR sont
déterminées pour une variété de nutriments, tels que les vitamines, les minéraux, les acides
gras essentiels, les protéines, les glucides, les lipides et les fibres alimentaires. Elles sont
spécifiques à différents groupes de populations en fonction de facteurs tels que l’âge, le sexe,
la grossesse, l’allaitement et les conditions de santé particulières. Les VNR jouent un rôle
essentiel dans l’évaluation de l’adéquation nutritionnelle des régimes alimentaires et dans la
planification des apports en nutriments. Elles servent de guide pour concevoir des
recommandations diététiques équilibrées et contribuent à prévenir les carences nutritionnelles
et les problèmes de santé liés à une alimentation inadéquate. Les VNR peuvent varier d’un
pays à l’autre en fonction des caractéristiques nutritionnelles et des habitudes alimentaires
propres à chaque population. Il convient de noter que les VNR sont des recommandations
générales et qu’elles peuvent ne pas convenir à tous les individus en raison de leurs besoins
nutritionnels spécifiques. Par conséquent, il est important de prendre en compte d’autres
facteurs individuels, tels que l’âge, le poids, l’activité physique, les conditions médicales et les
objectifs personnels, lors de l’évaluation des besoins nutritionnels d’une personne et de
l’élaboration d’un régime alimentaire adapté. (17,18)
6
L’apport de référence (AR) désigne les recommandations officielles établies pour l’apport
quotidien en nutriments nécessaires pour maintenir une alimentation équilibrée et satisfaire
les besoins nutritionnels d’un individu. Les AR sont établis par des organismes de santé et des
autorités sanitaires, tels que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail (ANSES) en France ou l’Institute of Medicine (IOM) aux Etats-
Unis. Ils sont basés sur des évaluations scientifiques approfondies de données disponibles
sur les besoins nutritionnels de différents groupes de population, tels que l’âge, le sexe, la
grossesse ou l’allaitement. Les apports de référence sont spécifiques à chaque nutriment
essentiel, tels que les vitamines, les minéraux, les protéines, les lipides, les glucides et les
fibres. (17)

Pour mener cette étude comparative des compléments alimentaires, une collecte exhaustive
des données sur la composition en nutriments de chaque complément alimentaire sélectionné
sera effectuée. Les nutriments d’intérêt incluront les vitamines, les minéraux et les acides gras
essentiels. Ces informations seront obtenues à partir des étiquettes des produits, des données
fournies par les fabricants et d’autres sources fiables disponibles.

La comparaison entre la composition en nutriments des compléments alimentaires et les


valeurs de référence nationales permettra d’évaluer la pertinence de ces produits en tant que
source supplémentaire de nutriments pour les femmes enceintes. L’analyse des écarts
éventuels entre les valeurs indiquées et les valeurs de référence permettra d’identifier les
compléments alimentaires qui répondent le mieux aux besoins nutritionnels nationaux. Cette
évaluation rigoureuse contribuera à orienter les consommateurs et les professionnels de santé
dans le choix de compléments alimentaires adaptés, à les éclairer sur la qualité et l’adéquation
nutritionnelle de ces produits, et fournira des informations précieuses et des bases solides
pour les réglementations en matière de sécurité alimentaire et de commercialisation des
compléments alimentaires en France.

II.1 Définition

Les compléments alimentaires se définissent comme des aliments qui apportent sous forme
concentrée des vitamines, des minéraux et d’autres éléments utilisés à des fins bénéfiques
pour l’organisme. Ils sont destinés à compléter l’alimentation normale représentant ainsi des
sources concentrées de nutriments ou d’autres substances qui, seuls ou en combinaison,
constituent un effet nutritionnel et/ou physiologique bénéfique à l’organisme. « Les
compléments alimentaires sont caractérisés par trois composantes : leur objectif, leur
composition et leur présentation. » (132)(133)
7
- Leur objectif : Ces compléments alimentaires complètent l’alimentation. Ils ne
remplacent pas les aliments conventionnels. Les apports nutritionnels s’ajoutent à ceux
issus de l’alimentation courante.

- Leur composition : Les compléments alimentaires sont essentiellement composés


d’ingrédients aux bienfaits nutritionnels. Contrairement aux aliments conventionnels,
les compléments alimentaires ne se constituent pas en une matrice alimentaire,
structure physique complexe pouvant associer des macronutriments.

- Leur présentation : Les compléments alimentaires sont vendus sous forme de doses
nécessitant de définir une unité de prise. Cette dernière doit être mesurable et de faible
quantité par rapport à la quantité d’aliment normalement consommée. (20)

En définitif, les compléments alimentaires doivent être présentés sous forme pré-dosée afin
de bien les distinguer des autres denrées et ainsi de ne pas tromper le consommateur sur leur
nature et leur qualité. (20)

II.2 Aspects réglementaires des compléments alimentaires en France et en


Europe

II.2.1 Réglementation

Les compléments alimentaires sont soumis à un cadre réglementaire strict visant à garantir la
sécurité de leur utilisation et l’impartialité des informations données aux consommateurs.

En France, les compléments alimentaires sont réglementés par le décret n°2006-352 du 20


mars 2006 relatif aux compléments alimentaires. Le texte reprend partiellement les
dispositions de la Directive 2002/46/CE du Parlement européen et du Conseil de l’Union
Européenne. (21)

Les éléments chimiques utilisés comme sources de vitamines et de minéraux sont soumis à
une liste positive mentionnée dans l’arrêté du 9 mai 2006. Le décret fixe également la dose
journalière maximale de vitamine D et d’iode pouvant être apportée par les compléments
alimentaires en France, en tenant compte de la dose journalière du produit recommandée par
le fabricant, telle qu’indiquée sur l’étiquetage. Les fibres, acides aminés, plantes et autres
substances incorporés doivent être autorisés par la Direction générale de la Concurrence, de

8
la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF). La réglementation prévoit une
liste positive progressivement établie des ingrédients pouvant entrer dans leur composition.
Ces dispositions réglementaires visent notamment à minimiser les risques sanitaires liés à la
consommation de compléments alimentaires. (21)

Les compléments alimentaires représentent une catégorie définie de denrées alimentaires.


Leur étiquetage doit respecter les dispositions générales applicables aux denrées
alimentaires, notamment le règlement (UE) n°1169/2011 dit INCO, et les dispositions qui y
sont applicables. Cela conduit à une série de mentions obligatoires conçues pour aider les
consommateurs à faire des choix éclairés. (20)

Les allégations nutritionnelles et de santé dans les communications commerciales doivent


respecter les dispositions du règlement (CE) n°1924/2006. En général, ces allégations ne
doivent pas induire les consommateurs en erreur. De plus, l’étiquetage des compléments
alimentaires, leur présentation et les publicités associées ne peuvent revendiquer des
propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie humaine, ni évoquer ces
dernières. Il est également interdit de se référer au rythme ou au degré de perte de poids.
(20,22,23)

Le règlement de la commission européenne n°1924/2006 harmonise les règles d’utilisation


des allégations nutritionnelles ou de santé. Ce règlement se base sur le principe de listes
positives. Seules les allégations présentent sur les listes peuvent être utilisées. A titre
d’exemple, il y a onze allégations de santé autorisées pour la vitamine D et seulement six pour
l’iode. Aucune de ces allégations ne concerne spécifiquement les femmes enceintes. (21)

II.2.2 Les composants des compléments alimentaires

Les compléments alimentaires sont des aliments concentrés en composants « actifs » utilisés
pour leur rôle nutritionnel. Ils peuvent également contenir des améliorants alimentaires, c’est-
à-dire des composants « non-actifs » ayant une fonction technique ou aromatique. (20)

L’article 4 du décret n°2006-352 du 20 mars 2006 relatif aux compléments alimentaires stipule
que seuls les nutriments définis à l’article 2, alinéa 2, c’est-à-dire les vitamines et les minéraux ;
les substances à but nutritionnel ou physiologique définies à l’article 2, alinéa 3, c’est-à-dire
les substances chimiquement définies autres que les vitamines et les minéraux ; les plantes
et les préparations de plantes définies à l’article 2, alinéa 4, comprenant tous les végétaux au
sens large comprenant ainsi les algues, les microalgues, les lichens, les champignons, etc. ;
9
les autres ingrédients dont l’utilisation en alimentation humaine est traditionnelle ou reconnue
comme telle au sens du règlement (UE) n°2015/2238 relatif aux nouveaux aliments ou
autorisés conformément à ce règlement ; les additifs, les arômes et les auxiliaires
technologiques dont l’emploi est autorisé en alimentation humaine. (132)(136)(137)

II.2.3 Sécurité et qualité des compléments alimentaires

La réglementation en vigueur concernant les compléments alimentaires visent avant tout à


assurer la sécurité des produits mis sur le marché, mais également à assurer une information
équitable des consommateurs sur les propriétés de ces produits, soumis à des normes de
qualités élevées. (20)

La sécurité sanitaire fait l’objet d’un corpus très large à l’échelle européenne. Ainsi, les
obligations générales du droit alimentaire, définies notamment dans le règlement (CE)
n°178/2002, s’appliquent aux industries du secteur des compléments alimentaires. Elles
comportent la sécurité incluant la prévention et le suivi des produits, la conformité avec les
auto-contrôles, la traçabilité, la coopération, la loyauté des transactions et l’information des
consommateurs. (132)(138)

Les industries engagées dans la production de compléments alimentaires, quelle que soit leurs
activités, sont soumises aux dispositions générales du « paquet hygiène » et à tous les textes
qui en découlent. Ces textes prescrivent notamment les bonnes pratiques d’hygiène et
l’application des principes HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point). (20)

Du point de vue de la santé et de la sécurité, les compléments alimentaires doivent également


respecter de nombreuses réglementation applicables aux aliments : normes microbiologiques,
contaminants chimiques, améliorants alimentaires, etc. Pour certains produits, la
réglementation les visant peut fixer des seuils spécifiques. C’est le cas, par exemple, des
métaux lourds. (132)(139)

Le droit national vient compléter et enrichir ce corpus. En effet, la France dispose d’une
réglementation spécifique concernant l’utilisation de certains ingrédients, tels que les plantes,
les nutriments ou autres substances. Elle impose des exigences sanitaires par le biais de
seuils ou de précautions devant être présentent sur l’étiquetage. La réglementation précise
également les informations dont les opérateurs doivent disposer pour démontrer la qualité des
ingrédients utilisés. (20)

10
II.2.4 La déclaration de mise sur le marché des compléments
alimentaires

Pour commercialiser un complément alimentaire, ce dernier doit obligatoirement être déclaré


à la DGCCRF selon les exigences des articles 15 et 16 du décret n°2006-352. Chaque
déclaration doit contenir un étiquetage lisible et des informations permettant d’évaluer la
recevabilité de la demande au regard des exigences des articles susmentionnés. Les
informations sur la nature des ingrédients à visée nutritionnelle et la composition du
complément alimentaire déclaré sont indispensables. Les déclarations au titre de l’article 16
doivent également contenir des preuves permettant la mise en œuvre de la reconnaissance
mutuelle. (132)(136)

II.3 Exemples de spécialités présentes sur le marché français

II.3.1 Oligobs® Grossesse

Tableau II : Composition en nutriments de l'Oligobs® (28)

Quantité % VNR*
Vitamine B1 (en mg) 1,8 164
Vitamine B2 (en mg) 1,6 114
Vitamine B6 (en mg) 2,0 143
Vitamines

Vitamine B8 (en µg) 100,0 200


Vitamine B9 (en µg) 400,0 200
Vitamine B12 (en µg) 3,0 120
Vitamine D (en µg) 5,0 100
Cuivre (en mg) 0,5 50
Fer (en mg) 14,0 100
Minéraux

Iode (en µg) 150,0 100


Magnésium (en mg) 60,0 16
Sélénium (en µg) 25,0 45
Zinc (en mg) 15,0 150
Huile de poisson (en mg) 500,0 -
Acides gras

- dont Oméga-3 (en mg) 300,0 -


- dont DHA*** (en mg) 225,0 -
- dont EPA**** (en mg) 50,0 -

11
Le tableau II ci-dessus, issu du Vidal, fournit des informations sur la composition en nutriments
de Oligobs® Grossesse, un complément alimentaire souvent prescrit et/ou dispensé, en
comparant les quantités présentes dans le complément avec les VNR recommandées. (28)

En ce qui concerne les vitamines, l’Oligobs® Grossesse fournit des quantités supérieures aux
valeurs nutritionnelles de référence pour plusieurs vitamines. La vitamine B1 est présente à
164% de la VNR recommandée, la vitamine B2 à 114% et la vitamine B6 à 143%. La vitamine
B8 et la vitamine B9 sont fournies à 200% de leurs VNR respectives, tandis que la vitamine
B12 est fournie à 120% et la vitamine D à 100% de leurs VNR recommandées.

En ce qui concerne les minéraux, l’Oligobs® Grossesse fournit des quantités différentes par
rapport aux VNR recommandées. Le cuivre est fourni à 50% de sa VNR, tandis que le fer,
l’iode et le zinc sont fournis à 100% de leurs VNR respectives. Cependant, ce complément
alimentaire fournit seulement 16% de la VNR recommandée en magnésium, et 45% de la VNR
recommandée en sélénium.

En ce qui concerne les acides gras, le tableau indique la présence d’huile de poisson,
d’oméga-3, d’acide docosahexaénoïque (DHA) et d’acide eicosapentaénoïque (EPA).
Cependant les VNR spécifiques de ces acides gras ne sont pas fournies.

12
II.3.2 Gestarelle® G+ et Gestarelle® G3+

Tableau III : Composition du Gestarelle® G+ et du Gestarelle® G3+ (29,30)

Quantité % VNR*
Vitamine B1 (en mg) 1,1 100
Vitamine B2 (en mg) 1,4 100
Vitamine B5 (en mg) 6,0 100
Vitamine B6 (en mg) 1,4 100
Vitamines

Vitamine B8 (en µg) 50,0 100


Gestarelle® G+

Vitamine B9 (en µg) 400,0 200


Vitamine B12 (en µg) 0,4 16
Gestarelle® G3+

Vitamine D (en µg) 15,0 300


Vitamine E (en mg) 12,0 100
Cuivre (en mg) 1,0 100
Minéraux

Fer (en mg) 14,0 100


Iode (en µg) 150,0 100
Sélénium (en µg) 55,0 100
Huile de poisson (en mg) 386,4 -
Acides gras

- dont Oméga-3 (en mg) 246,0 -


- dont DHA*** (en mg) 200,0 -
- dont EPA**** (en mg) 25,0

Le tableau III fournit des informations détaillées sur la composition en nutriments de deux
compléments alimentaires, Gestarelle® G+ et Gestarelle® G3+, en comparant les quantités
présentes dans ces compléments avec les VNR recommandées. (29,30)

Pour ces deux compléments, plusieurs vitamines sont fournies à des quantités équivalentes à
100% des VNR recommandées, telles que la vitamine B1, B2, B5, B6, B8, la vitamine E, ainsi
que les minéraux cuivre, fer, iode et sélénium. Cependant, la vitamine B9 est fournie à 200%
de la VNR recommandée, indiquant une quantité plus élevée. La vitamine B12 est fournie à
seulement 16% de la VNR, tandis que la vitamine D est fournie à un pourcentage élevé de
300% de la VNR recommandée.

En ce qui concerne le Gestarelle® G3+, contenant en plus de l’huile de poisson, dont de


l’Oméga-3, du DHA et de l’EPA, les VNR spécifiques de ces acides gras ne sont pas indiquées.

13
II.3.3 Gynéfam® Supra Grossesse

Tableau IV : Composition du Gynéfam® Supra Grossesse (31)

Quantité % AR**
Vitamine B1 (en mg) 1,1 100
Vitamine B2 (en mg) 1,4 100
Vitamine B3 (en mg) 16,0 100
Vitamine B5 (en mg) 6,0 100
Vitamines

Vitamine B6 (en mg) 1,4 100


Vitamine B8 (en µg) 50,0 100
Acide folique 5-MTHF (en µg) 600,0 300
Vitamine B12 (en µg) 2,5 100
Vitamine D (en µg) 20,0 400
Vitamine E (en mg) 12,0 100
Cuivre (en mg) 1,0 100
Fer (en mg) 14,0 100
Iode (en µg) 200,0 133
Minéraux

Magnésium (en mg) 60,0 16


Manganèse (en mg) 2,0 100
Sélénium (en µg) 55,0 100
Zinc (en mg) 3,75 37,5
Huile de poisson (en mg) 400 -
Acides
gras

- dont DHA*** (en mg) 200,0 -


- dont EPA**** (en mg) 40,0 -

Le tableau IV fournit des informations détaillées sur la composition en nutriments du


Gynéfam® Supra Grossesse, en comparant les quantités présentes dans ce complément
alimentaire avec les AR recommandés. (31)

Pour les vitamines, le Gynéfam® Supra Grossesse fournit des quantités équivalentes à 100%
des apports de référence recommandés pour la vitamine B1, B2, B3, B5, B6, B8, la vitamine
E et la vitamine D.

Cependant, la vitamine B9, présente sous forme "d’acide folique 5-MTHF" (5-
méthyltétrahydrofolate), est fournie à 300% des AR recommandés, indiquant une quantité plus

14
élevée. Selon le fabricant, l’acide folique 5-MTHF, également appelée "Quatrefolic", est une
forme active et métaboliquement avancée de l’acide folique. Il s’agit d’une forme de folate qui
est déjà convertie en 5-MTHF, la forme active de l’acide folique, lorsqu’elle est ingérée.
Contrairement à l’acide folique classique, qui nécessite une étape supplémentaire de
conversion dans l’organisme, le 5-méthyltétrahydrofolate (5-MTHF) est directement utilisable
par l’organisme sans avoir besoin d’être converti. En effet, le 5-MTHF représente la principale
forme circulante des folates et transportée vers les tissus via les récepteurs aux folates. Cette
caractéristique du "Quatrefolic" en fait une forme d’acide folique potentiellement plus efficace
pour l’organisme, car elle contourne la nécessité de conversion enzymatique, qui peut être
limitée chez certaines personnes en raison de facteurs génétiques ou d’autres problèmes de
santé. Il est important de noter que le "Quatrefolic", en tant que forme de folate active, peut
être mieux toléré et mieux absorbé par l’organisme que l’acide folique traditionnel. (32) Le
"Quatrefolic" est cependant présent en plus grande quantité dans les compléments
alimentaires par rapport à l’acide folique, car des études de biodisponibilité ont démontré qu'il
est moins efficace pour améliorer le statut en folate. (33) Cette situation pourrait résulter du
fait que le « Quatrefolic » est possiblement moins bien absorbé par l’organisme ou éliminé
plus rapidement que l’acide folique, ce qui pourrait potentiellement diminuer son efficacité
totale.

La vitamine B12 est fournie à 100% des AR, tandis que la vitamine D est fournie à un
pourcentage élevé de 400% des AR recommandés.

En ce qui concerne les minéraux, le Gynéfam® Supra Grossesse fournit des quantités
équivalentes à 100% des AR recommandés pour le cuivre, le fer, le manganèse, le sélénium
et le zinc. L’iode est fourni à 133% des AR recommandés, tandis que le magnésium est fourni
à seulement 16% des AR.

Les quantités spécifiques d’acides gras, tels que le DHA et l’EPA, sont fournies dans l’huile de
poisson présente dans le Gynéfam® Supra Grossesse, mais les AR ne sont pas indiqués dans
le tableau.

15
II.3.4 Ogestan®

Tableau V : Composition de l'Ogestan® (34)

Quantité % VNR*
Vitamine B1 (en mg) 1,1 100
Vitamine B2 (en mg) 1,4 100
Vitamine B3 (en mg) 16,0 100
Vitamine B5 (en mg) 6,0 100
Vitamine B6 (en mg) 1,4 100
Vitamines

Vitamine B8 (en µg) 50,0 100


Vitamine B9 (en µg) 400,0 200
Vitamine B12 (en µg) 2,5 100
Vitamine C (en mg) 80,0 100
Vitamine D (en µg) 10,0 200
Vitamine E (en mg) 12,0 100
Cuivre (en mg) 1,0 100
Fer (en mg) 14,0 100
Minéraux

Iode (en µg) 150,0 100


Magnésium (en mg) 100,0 27
Zinc (en mg) 10,0 100
Acides
gras

DHA*** (en mg) 200,0 -

Le tableau V ci-dessus fournit des informations détaillées sur la composition en nutriments de


l’Ogestan®, en comparant les quantités présentes dans ce complément alimentaire avec les
VNR recommandées. (34)

En ce qui concerne les vitamines, le complément alimentaire Ogestan® fournit des quantités
respectables de vitamines B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9, B12, C et E. Ces quantités sont
conformes aux VNR recommandées, atteignant 100% pour la plupart des vitamines. Toutefois,
la vitamine B9 est fournie à un niveau supérieur, atteignant 200% de la VNR recommandée.

16
En ce qui concerne les minéraux, l’Ogestan® fournit des quantités adéquates de cuivre, fer,
iode et zinc, correspondant à 100% des VNR recommandées. Cependant, il est important de
noter que la quantité de magnésium fournie atteint seulement 27% de la VNR recommandée.

En outre, l’Ogestan® contient du DHA mais aucune VNR n’est indiquée pour ce nutriment.

En conclusion, l’Ogestan® fournit des quantités satisfaisantes de vitamines et de minéraux,


respectant généralement les VNR recommandées. Cependant, il est important de prendre en
compte les besoins individuels et de consulter un professionnel de santé pour déterminer si
ces quantités sont adaptées à chaque femme enceinte.

II.3.5 Folic’Expert 5-MTHF

Tableau VI : Composition du Folic'Expert 5-MTHF (35)

Quantité % VNR*
Vitamine B6 (en mg) 1,4 100
Vitamines

Acide folique 5-MTHF (en µg) 600,0 300

Vitamine B12 (en µg) 0,38 15

Le tableau VI ci-dessus fournit des informations sur la composition en nutriments du


Folic’Expert 5-MTHF, en mettant en évidence les quantités de vitamine B6, vitamine B9 et
vitamine B12, ainsi que les VNR correspondantes. (35)

La quantité de vitamine B6 fournie par le complément alimentaire est de 1,4 mg, ce qui
correspond à 100% de la VNR recommandée. Cela indique que le complément alimentaire
fournit une quantité adéquate de vitamine B6, conformément aux recommandations.

En ce qui concerne l’acide folique, le Folic’Expert 5-MTHF fournit une quantité de 600
microgrammes ce qui correspond à 300% de la VNR recommandée.

Enfin, la quantité de vitamine B12 fournie est de 0,38 microgrammes, ce qui correspond à 15%
de la VNR recommandée. Cette quantité est inférieure à la VNR recommandée, ce qui peut
indiquer une concentration plus faible de vitamine B12 dans le complément alimentaire.

17
En résumé, le Folic’Expert 5-MTHF fournit des quantités satisfaisantes de vitamine B6,
respectant la VNR recommandée. Cependant, il fournit une quantité élevée de vitamine B9
par rapport à la VNR recommandée, et une quantité inférieure de la vitamine B12.

II.3.6 Taïdo Pregnancia®

Tableau VII : Composition du Taïdo Pregnancia® (36)

Quantité % AR**
Vitamine B9 (en µg) 600,0 300
Vitamines

Vitamine B12 (en µg) 4,5 180


Vitamine D (en µg) 20,0 400
Fer (en mg) 14,0 100
Minér
aux

Iode (en µg) 200,0 133


Huile de poisson (en mg) 400,0 -
Acides gras

- dont Oméga-3 (en mg) 268,0 -


- dont DHA*** (en mg) 200,0 -
- dont EPA**** (en mg) 40,0 -

Le tableau VII fournit des informations sur la composition en nutriments du Taïdo Pregnancia®,
mettant en évidence les quantités de vitamine B9, vitamine B12, vitamine D, fer, iode, ainsi
que les AR correspondants. (36)

La quantité de vitamine B9 fournie par le Taïdo Pregnancia® est de 600 microgrammes ce qui
correspond à 300% de l’AR recommandé. Cela indique que le complément alimentaire fournit
une quantité élevée de vitamine B9 par rapport à l’AR recommandé.

En ce qui concerne la vitamine B12, le complément alimentaire fournit une quantité de 4,5
microgrammes, ce qui correspond à 180% de l’AR recommandé. Cette quantité dépasse l’AR
recommandé, indiquant une concentration élevée de vitamine B12 dans ce complément
alimentaire.

Le Taïdo Pregnancia® fournit également une quantité de vitamine D de 200 microgrammes,


correspondant à 400% de l’AR recommandé. Cela indique une concentration élevée de
vitamine D dans le complément alimentaire par rapport à l’AR recommandé.

18
En ce qui concerne les minéraux, la quantité de fer fournie est de 14 mg correspondant à
100% de l’AR recommandé. Cela indique que le complément alimentaire fournit une quantité
adéquate de fer conformément à l’AR recommandé. La quantité d’iode fournie est de 200
microgrammes, correspondant à 133% de l’AR recommandé. Cela indique une concentration
relativement élevée d’iode dans le complément alimentaire par rapport à l’AR recommandé.

Enfin, le Taïdo Pregnancia® contient de l’huile de poisson avec une quantité totale de 400 mg.
Les quantités spécifiques d’oméga-3, DHA et EPA sont également indiquées. Cependant, il
n’y a pas d’AR indiqués pour ces acides gras.

En résumé, le Taïdo Pregnancia® fournit des quantités élevées de vitamine B9, B12, D et
d’iode par rapport aux AR recommandés. Il fournit également une quantité adéquate de fer
conformément à l’AR recommandé.

19
II.3.7 Maternix® G

Tableau VIII : Composition du Maternix® G (37)

Quantité % AR**
Vitamine B1 (en mg) 1,1 100
Vitamine B2 (en mg) 1,4 100
Vitamine B3 (en mg) 16,0 100
Vitamine B5 (en mg) 6,0 100
Vitamines

Vitamine B6 (en mg) 1,4 100


Vitamine B9 (en µg) 600 300
Vitamine B12 (en µg) 2,5 100
Vitamine C (en mg) 80,0 100
Vitamine D (en µg) 20,0 400
Vitamine E (en mg) 12,0 100
Fer (en mg) 14,0 100
Iode (en µg) 150,0 100
Minéraux

Sélénium (en µg) 50,0 90


Zinc (en mg) 10,0 100
Chrome (en µg) 40,0 100
Huile de poisson (en mg) 165,6 -
Acides gras

- dont Oméga-3 (en mg) 124,2 -


- dont DHA*** (en mg) 101,0 -
- dont EPA**** (en mg) 6,6 -

Le tableau VIII regroupe des informations sur la composition en nutriments de Maternix® G,


en comparant les quantités présentes dans le complément avec les AR recommandés. (37)

Pour les vitamines, le Maternix® G fournit des quantités équivalentes à 100% des AR
recommandés pour la vitamine B1, B2, B3, B5, B6, B12, la vitamine C et la vitamine E.
Cependant, la vitamine B9 est fournie à 300% des AR recommandés, et la vitamine D est
fournie à 400% des AR, indiquant une quantité plus élevée.

En ce qui concerne les minéraux, le Maternix® G fournit des quantités équivalentes à 100%
des AR recommandés pour le fer, l’iode, le zinc et le chrome. Le sélénium est fourni à 90%
des AR recommandés.

20
Les quantités spécifiques d’acides gras, tels que les oméga-3, le DHA et l’EPA, sont fournies
dans l’huile de poisson présente dans le Maternix® G, mais les AR ne sont pas indiqués dans
le tableau.

21
II.4 Tableau comparatif de la composition des spécialités de compléments alimentaires

Tableau IX : Tableau comparatif de la composition des spécialités de compléments alimentaires les plus courants sur le marché

Gynéfam®
Oligobs® Gestarelle® Gestarelle® Folic’Expert 5- Taïdo
Supra Ogestan® Maternix® G
Grossesse G+ G3+ MTHF Pregancia®
Grossesse
% % % % % % %
% AR
VNR* VNR VNR AR** VNR VNR VNR
Vitamine B1 (en mg) 1,8 164 1,1 100 1,1 100 1,1 100 1,1 100 - - - - 1,1 100

Vitamine B2 (en mg) 1,6 114 1,4 100 1,4 100 1,4 100 1,4 100 - - - - 1,4 100
Vitamine B3 (en mg) - - - - - - 16,0 100 16,0 100 - - - - 16,0 100
Vitamine B5 (en mg) - - 6,0 100 6,0 100 6,0 100 6,0 100 - - - - 6,0 100
Vitamine B6 (en mg) 2,0 143 1,4 100 1,4 100 1,4 100 1,4 100 1,4 100 - - 1,4 100
Vitamine B8 (en µg) 100,0 200 50,0 100 50,0 100 50,0 100 50,0 100 - - - - - -
Vitamine B9 (en µg) 400,0 200 400,0 200 400,0 200 600,0 300 400,0 200 600,0 300 600,0 300 600 300
Vitamine B12 (en µg) 3,0 120 0,4 16 0,4 16 2,5 100 2,5 100 0,38 15 4,5 180 2,5 100
Vitamine C (en mg) - - - - - - - - 80,0 100 - - - - 80,0 100
Vitamine D (en µg) 5,0 100 15,0 300 15,0 300 20,0 400 10,0 200 - - 20,0 400 20,0 400
Vitamine E (en mg) - - 12,0 100 12,0 100 12,0 100 12,0 100 - - - - 12,0 100
Calcium - - - - - - - - - - - - - - - -
Cuivre (en mg) 0,5 50 1,0 100 1,0 100 1,0 100 1,0 100 - - - - - -

22
Fer (en mg) 14,0 100 14,0 100 14,0 100 14,0 100 14,0 100 - - 14,0 100 14,0 100
Iode (en µg) 150,0 100 150,0 100 150,0 100 200,0 133 150,0 100 - - 200,0 133 150,0 100
Magnésium (en mg) 60,0 16 - - - - 60,0 16 100,0 27 - - - - - -
Manganèse (en mg) - - - - - - 2,0 100 - - - - - - - -
Sélénium (en µg) 25,0 45 55,0 100 55,0 100 55,0 100 - - - - - - 50,0 90
Zinc (en mg) 15,0 150 - - - - 3,75 37,5 10,0 100 - - - - 10,0 100
Chrome (en µg) - - - - - - - - - - - - - - 40,0 100
Oméga-3 (en mg) 300,0 - - - 246,0 - - - - - - - 268,0 - 124,2 -
DHA*** (en mg) 225,0 - - - 200,0 - 200,0 - 200,0 - - - 200,0 - 101,0 -
EPA**** (en mg) 50,0 - - - 25,0 - 40,0 - - - - - 40,0 - 6,6 -

Légende :
*VNR Valeurs Nutritionnelles de Référence
**AR Apports de Référence
***DHA Acide docosahexaénoïque
****EPA Acide eicosapentaénoïque

23
L’analyse des différents compléments alimentaires pour la grossesse, tels que Oligobs®
Grossesse, Gestarelle® G+, Gestarelle® G3+, Gynéfam® Supra Grossesse, Ogestan®,
Folic’Expert 5-MTHF, Taïdo Pregnancia® et Maternix® G, met en évidence des variations
significatives dans la composition en nutriments et des pourcentages par rapport aux VNR et
aux AR. L’analyse approfondie du tableau ci-dessus permet une comparaison directe des
compositions en nutriments et des pourcentages par rapports aux VNR et des AR, offrant ainsi
une vision claire des différences et des similitudes entre les compléments disponibles sur le
marché. Il est important de prendre en compte que des pourcentages supérieurs à 100% ne
signifient pas automatiquement que la consommation de ces compléments alimentaires est
plus bénéfique ou recommandée à des doses dépassant les VNR. Il est essentiel de consulter
un professionnel de santé ou un nutritionniste pour évaluer les besoins individuels en
nutriments et déterminer si ces compléments alimentaires sont adaptés pour répondre à ces
besoins spécifiques.

En ce qui concerne les vitamines, plusieurs paramètres doivent être pris en compte. Par
exemple, la vitamine B1, présente dans tous les compléments, se situe entre 1,1 mg (100%
VNR) et 1,8 mg (164% VNR). De même, la vitamine B9, cruciale pour le développement du
fœtus, varie entre 400 microgrammes (200% VNR) et 600 microgrammes (300% VNR).
Certaines vitamines comme la vitamine B12 et la vitamine C affichent des variations plus
importantes, allant de 0,4 microgrammes (16% VNR) à 4,5 microgrammes (180% VNR) pour
la vitamine B12, et de 80 mg (100% VNR) à l’absence totale pour la vitamine C.

Les minéraux constituent également un élément clé des compléments alimentaires pour la
grossesse. Par exemple, le fer, crucial pour la prévention de l’anémie, est présent à une
quantité constante de 14 mg (100% VNR) dans la majorité des compléments alimentaires
analysés. L’iode, essentiel au bon développement et fonctionnement de la thyroïde, varie entre
150 microgrammes (100% VNR) et 200 microgrammes (133% VNR). D’autres minéraux tels
que le cuivre, le sélénium et le zinc présentent également des variations significatives.

En ce qui concerne les acides gras, les compléments alimentaires différent dans leur
composition en oméga-3, DHA et EPA. Les quantités d’oméga-3 varient de 246 mg à 300 mg,
tandis que les quantités de DHA varient de 200 mg à 225 mg, et les quantités d’EPA varient
de 25 à 50 mg.

Afin d’orienter les femmes enceintes vers le complément alimentaire le plus adéquat, il est
recommandé de prendre en considération les besoins spécifiques de chaque individu, les

24
recommandations de santé, ainsi que les éventuelles carences ou besoins particuliers
identifiés par le professionnel de santé.

Pour les professionnels de santé, un tel tableau constitue un outil précieux lorsqu’ils conseillent
les femmes enceintes sur la supplémentation en nutriments pendant cette période cruciale.
En se basant sur les informations fournies, ils peuvent évaluer les besoins individuels de
chaque femme et recommander le complément alimentaire le mieux adapté. Par exemple, la
variabilité des vitamines B1, B2, B6, B9, B12, C et D dans les différents compléments leur
permet de personnaliser les recommandations en fonctions des besoins spécifiques de
chaque patiente. De plus, les variations dans les minéraux tels que le fer, l’iode, le cuivre, le
sélénium et le zinc offrent aux professionnels de santé la possibilité de cibler les carences
potentielles et d’adapter les dosages en conséquence.

Il est important de noter que cette analyse est basée sur les données fournies dans la
bibliographie et qu’il est essentiel de consulter un professionnel de santé avant de consommer
tout complément alimentaire, notamment pendant la grossesse, pour garantir une approche
individualisée et sécuritaire pour la mère et le fœtus.

25
III. Revue de la bibliographie existante sur les besoins spécifiques au cours de la
grossesse

Il existe un intérêt considérable pour la supplémentation nutritionnelle pendant la grossesse,


en raison de son potentiel pour améliorer la santé de la mère et du fœtus. De nombreux
travaux de recherche ont été menés pour explorer les effets de la supplémentation en
vitamines, minéraux, acides gras essentiels et autres nutriments sur la santé de la mère et du
fœtus.

Dans l’ensemble, il y a une quantité considérable de bibliographie et d’articles scientifiques


portant sur la supplémentation pendant la grossesse. Ces travaux de recherche ont aidé à
mieux comprendre les effets des nutriments sur la santé maternelle et infantile et ont mis en
évidence l’importance de la supplémentation en nutriments pour réduire les risques de
complications pendant la grossesse, dans certaines conditions spécifiques.

III.1 Recommandations et études cliniques portant sur les bénéfices de la


supplémentation durant la grossesse : focus sur …

Les recommandations en matière de supplémentation nutritionnelle pendant la grossesse ont


évolué au fil du temps en fonction des résultats de la recherche clinique. Les autorités
sanitaires du monde entier ont publié des recommandations pour aider les femmes enceintes
à comprendre quels nutriments sont importants pour une grossesse en bonne santé et quels
aliments ou suppléments peuvent aider à combler les lacunes nutritionnelles.

De nombreuses études cliniques ont également été menées pour examiner les effets de la
supplémentation en nutriments sur la santé maternelle et infantile. Ces études ont exploré ses
effets sur la prévention des complications de la grossesse, le développement du fœtus et la
santé infantile. Les résultats de ces études ont aidé à établir les recommandations actuelles
pour la supplémentation en nutriments pendant la grossesse.

Dans cette partie, seront examinées les recommandations actuelles pour la supplémentation
en nutriments pendant la grossesse, ainsi que les preuves cliniques qui sous-tendent ces
recommandations. Seront également présentés les nutriments clés pour une grossesse
optimale et les doses recommandées pour ces nutriments.

26
III.1.1 … les vitamines

Les vitamines sont des composés inorganiques nécessaires en petites quantités pour soutenir
le bon fonctionnement du métabolisme. Elles sont considérées comme des nutriments
essentiels, ce qui signifie qu’elles doivent être obtenues à partir de sources externes, car notre
corps ne peut pas les produire en quantités suffisantes. (38)

Figure 1 : Système de classification des différents micronutriments

Les vitamines sont classées en deux groupes en fonction de leur solubilité :


- Les vitamines hydrosolubles, solubles dans l’eau, comprenant les vitamines B ainsi
que la vitamine C. Ces vitamines sont facilement absorbées par l'organisme, mais elles
ne sont pas stockées en grande quantité. Par conséquent, il est important de les
apporter régulièrement dans notre alimentation pour répondre à nos besoins
quotidiens.
- Les vitamines liposolubles, solubles dans les graisses, comprenant les vitamines A, D,
E et K. Ces vitamines sont mieux absorbées en présence de matières grasses et
peuvent être stockées dans les tissus adipeux de notre corps. En raison de leur
capacité de stockage, il est possible de constituer des réserves de ces vitamines, mais
une consommation excessive peut entraîner une accumulation toxique. (38)

III.1.1.1 Acide folique (ou vitamine B9)

L’acide folique, connu également sous le nom de vitamine B9, est une vitamine soluble dans
l’eau qui est importante pour le métabolisme cellulaire et la croissance des tissus. Elle joue un
rôle clé dans la formation de l’ADN, la production de globules rouges sains et la division
27
cellulaire. L’acide folique est souvent consommé sous forme de supplément par les femmes
enceintes pour prévenir certaines anomalies du développement du fœtus. (12,39–41)

Cette vitamine se trouve naturellement dans certains aliments. On la retrouve notamment


dans :
- Les légumes verts feuillus : épinards, brocoli, chou frisé, avocat, asperges ;
- Les fruits : papaye, bananes, oranges ;
- Les légumineuses : haricots, pois, lentilles ;
- Les viandes : foie, rognons, bœuf, porc ;
- Les céréales enrichies : farine, pain ;
- Les noix et graines : amandes, graines de sésame ;
- La levure de bière, qui est utilisée comme supplément nutritionnel ou dans la
production de pains et de produits de boulangerie. (29)

Il est important d'avoir une alimentation équilibrée pour obtenir une quantité suffisante d’acide
folique et d’autres nutriments importants pour la santé. Les femmes enceintes peuvent
également prendre des suppléments d’acide folique sur recommandation d’un professionnel
de santé. (12) La supplémentation optimale en acide folique chez la femme enceinte est
complexe. Elle se base sur une variété de facteurs dont le dosage, la biodisponibilité, la date
de début de la supplémentation et certains facteurs métaboliques et génétiques. (45)

III.[Link] Le métabolisme de l’acide folique au cours de la


grossesse

L’acide folique est absorbé dans l’intestin grêle à travers un processus actif de transporteur et
est ensuite transporté vers le foie et d’autres tissus. L’absorption de l’acide folique peut être
influencée par plusieurs facteurs tels que la présence d’autres nutriments, les niveaux d’acide
gastrique et les conditions métaboliques. Des études ont montré que la prise de suppléments
d’acide folique avec un repas peut améliorer son absorption. (42,46,47)

L’acide folique, une fois absorbé dans l’intestin grêle, est transporté par le sang à travers tout
l’organisme et est distribué dans différents tissus et organes tels que le foie, la moëlle osseuse
et le sang. Le foie peut stocker une partie de l’acide folique pour une utilisation future, tandis
que le reste est utilisé par les cellules pour des fonctions telles que la formation de l’ADN, la
production de globules rouges et la division cellulaire. La distribution de l’acide folique dépend

28
des besoins individuels de chaque tissu et peut être influencée par des facteurs tels que le
métabolisme de la vitamine B12 et d’autres nutriments. (41,46)

Figure 2 : Effets métaboliques de l'acide folique (48)

Légende : Phospholipides (PL) ; Adénosine triphosphate (ATP) ; Méthyl tétrahydrofolate (Méthyl THF) ;
Tétrahydrofolate (THF) ; Méthylène tétrahydrofolate (Méthylène THF) ; Glycocolle (gly) ; Sérine (ser) ;
Désoxyuridylate monophosphate (dUMP) ; Désoxythymidine monophosphate (dTMP) ; Dihydrofolate réductase
(DHF réductase) ; Dihydrofolate (DHF) ; Formyl tétrahydrofolate (Formyl THF)

L’acide folique est métabolisé dans le foie où il est converti en différentes forme actives
utilisées par l’organisme. La forme la plus active de l’acide folique est le 5-MTHF, qui peut être
utilisée directement par les cellules pour des fonctions telles que la formation de l’ADN et la
production de globules rouges. (41,42,46,48,49)

Figure 3 : Métabolisme de l'acide folique (49)

29
Légende : Dihydrofolate réductase (DHFR) ; Dihydrofolate (DHF) ; Tétrahydrofolate (THF) ; Méthylène
tétrahydrofolate déshydrogénase 1 (MTHFD1) ; Méthylène tétrahydrofolate réductase (MTHFR)

D’autres formes de l’acide folique peuvent être converties en 5-MTHF ou en d’autres formes
actives en fonction des besoins de l’organisme. Le métabolisme de l’acide folique peut être
influencé par plusieurs facteurs tels que les niveaux d’autres nutriments, les conditions
métaboliques et les maladies héréditaires. (48,49)

L’acide folique est excrété par les reins sous forme inchangée ou métabolisée. Les excès
d’acide folique peuvent être rapidement excrétés, ce qui réduit les effets secondaires liés à
une surdose de vitamine B9. La vitesse d’excrétion de l’acide folique peut être influencée par
plusieurs facteurs, tels que l’état de la fonction rénale, les niveaux d’autres nutriments et les
conditions métaboliques. Des études ont montré que la consommation excessive d’acide
folique peut entraîner une accumulation dans le corps et un risque accru d’effets secondaires
tels que les interactions avec d’autres médicaments et les anomalies du métabolisme. (46)

III.[Link] Les bénéfices de l’acide folique au cours de la


grossesse

La prise d’acide folique pendant la grossesse confère plusieurs avantages :


- Il joue un rôle essentiel dans la prévention des anomalies du tube neural et leurs
récurrences. En effet, l’acide folique peut aider à prévenir les anomalies de fermeture
du tube neural telles que le spina bifida chez le fœtus ;
- Il joue un rôle dans la croissance du fœtus : l’acide folique aide à la croissance et au
développement du fœtus, en particulier du système nerveux ;
- Il permet le soutien de cellules sanguines saines : l’acide folique peut aider à prévenir
l’anémie en soutenant et aidant à la production de cellules sanguines saines, ce qui
est important pour la santé du fœtus et de la mère ;
- Il permet de prévenir les risques de naissances prématurés ;
- Il permet de prévenir le faible poids à la naissance ;
- Il permet la réduction du risque de complications pré-natales. Des études ont montré
que la prise d’acide folique peut aider à réduire le risque de complications pré-natales
telles que la pré-éclampsie et le travail prématuré. (7,8,12,39,44,50,51)

Il est important de souligner que l’acide folique doit être consommé en quantité suffisante avant
la conception et au début de la grossesse pour être efficace dans la prévention des anomalies

30
du tube neural. Il est primordial que les femmes enceintes échangent avec leur médecin ou
leur sage-femme pour déterminer la quantité d’acide folique nécessaire pour leur grossesse
spécifique.

III.[Link] Les risques en cas de carence en folates au cours


de la grossesse

La carence en folates serait impliquée dans 2 à 3% des principales anomalies prénatales ou


néonatales et dans 4 à 5% des anomalies structurelles ou de développements identifiés après
la naissance. Une carence peut être à l’origine :
- D’une anémie mégaloblastique : l’acide folique est nécessaire à la formation des
globules rouges sains. Une carence peut donc causer une anémie macrocytaire,
caractérisée par des globules rouges plus grands que la normale ;
- De défauts de développement du tube neural : une carence en acide folique pendant
la grossesse peut causer des défauts de fermeture du tube neural chez le fœtus, tels
que le spina bifida ;
- Un retard de croissance utérin ;
- De problèmes cardiovasculaires : une carence en acide folique peut augmenter le
risque de problèmes cardiovasculaires, tels que des maladies cardiaques et des
accidents vasculaires cérébraux ;
- De problèmes de cognition : une carence en acide folique peut causer des problèmes
de cognition et de mémoire ;
- De cancer : certaines études ont montré que des niveaux insuffisants d’acide folique
peuvent augmenter le risque de cancer, en particulier le cancer colorectal. (7,39,41)
(42,45,50,51)

Dans environ 95% des grossesses, des anomalies surviennent sans antécédents familiaux.
En France, le risque de récurrence de ces anomalies est estimé entre 3 et 5%. Cependant, ce
risque est multiplié par 10 en cas d’antécédents de grossesse ayant présenté ce type
d’anomalie. (52)

Il est important de suivre les recommandations en acide folique pour maintenir des niveaux
adéquats dans le corps et prévenir les carences. Les aliments riches en acide folique tels que
les légumes à feuilles vertes, les fruits et les légumineuses peuvent aider à combler les besoins
en acide folique.

31
III.[Link] Le spina bifida

Le spina bifida est un défaut de fermeture du canal spinal qui peut causer des problèmes de
paralysie, de déficience musculaire, d’incontinence et d’autres maladies associées. (53)

En France, on estime que le spina bifida touche 1,3 naissance sur 1000, faisant de cette
maladie rare la deuxième la plus répandue en France. Actuellement, il n’existe pas de
statistiques précises sur la prévalence du spina bifida chez les adultes, car cette condition peut
parfois passer inaperçue à la naissance et ne pas être diagnostiquée ultérieurement.
Cependant, le nombre de cas de spina bifida en France s’estimerait à 25 000. (54)

III.[Link].1 Les causes du spina bifida

Les causes du spina bifida sont multiples :


- Elles peuvent être d’ordre génétique. En effet, certains gènes peuvent augmenter le
risque de survenue de spina bifida ;
- Une carence en acide folique, avant et pendant la grossesse, peut augmenter le risque
de spina bifida ;
- Les facteurs environnementaux, tels qu’une exposition à certaines substances
chimiques, peuvent augmenter le risque de spina bifida. (55)

III.[Link].2 Les conséquences du spina bifida

Les conséquences du spina bifida sont multiples. Le spina bifida peut être à l’origine :
- D’une paralysie partielle ou totale des membres inférieurs ;
- D’une déficience musculaire : les personnes atteintes de spina bifida peuvent avoir des
problèmes de déficience musculaire pouvant entraîner des difficultés à marcher et à
faire des activités quotidiennes ;
- D’une incontinence : le spina bifida peut causer une incontinence urinaire ou fécale qui
peut entraîner des problèmes d’hygiène et une perte de qualité de vie ;
- De problèmes médicaux associés : les personnes atteintes de spina bifida peuvent
également souffrir d’autres problèmes médicaux tels que des problèmes de colonne
vertébrale, des maladies hydrocéphaliques et des problèmes de développement du
système nerveux. (53,55,56)

32
Le spina bifida est un défaut de développement grave qui peut causer des problèmes de santé
durables. Il est donc important de prendre les mesures nécessaires pour prévenir le spina
bifida, telles que la consommation d’aliments riches en acide folique et la prise de suppléments
d’acide folique avant et pendant la grossesse.

III.[Link].3 Les symptômes du spina bifida

Les symptômes du spina bifida dépendent du degré de gravité de la malformation. Les


symptômes peuvent inclure :
- Une paralysie des membres inférieurs ;
- Une incontinence urinaire et fécale ;
- Des lombalgies ;
- Une hydrocéphalie, c’est-à-dire un excès de liquide cérébrospinal ;
- Une déficience mentale ou une déficience intellectuelle ;
- Une déficience visuelle ou auditive ;
- Une déformation de la colonne vertébrale ou des membres ;
- Des démangeaisons et des douleurs aux jambes. (53,55,56)

Ces symptômes peuvent être légers ou graves et peuvent varier considérablement selon les
personnes atteintes de spina bifida. Il est important de consulter un médecin pour un
diagnostic précis et un traitement approprié.

III.[Link] Les risques en cas d’excès en folates au cours de


la grossesse

L’excès d’acide folique pourrait entraîner plusieurs effets indésirables pendant la grossesse,
notamment :
- Une interférence avec la détection des anomalies chromosomiques : une quantité
excessive d’acide folique peut masquer les anomalies chromosomiques lors des tests
prénataux ;
- Un risque accru de complications obstétriques : certaines études ont montré que des
niveaux élevés d’acide folique peuvent augmenter le risque de complications
obstétriques telles que la pré-éclampsie et le travail prématuré ;
- Des interactions médicamenteuses : l’acide folique peut interférer avec l’efficacité
d’autres médicaments pris pendant la grossesse, tels que les anticonvulsivants ;

33
- Des anomalies métaboliques : une consommation excessive d’acide folique peut
perturber les niveaux de certains nutriments importants entraînant des anomalies
métaboliques. (42)

L’hypothèse du fetal programming propose que l’environnement intra-utérin pendant la


grossesse exerce une influence profonde sur la santé et le développement de l’individu tout
au long de sa vie. Des conditions défavorables pendant cette période critique peuvent
« programmer » le fœtus et conduire à des maladies et des troubles plus tard dans la vie.
L’épigénétique, étudiant les modifications du génome n’impliquant pas de changements dans
la séquence d’ADN, joue un rôle majeur dans ce processus. (58) Les folates, une vitamine B
essentielle, est un élément crucial de ce paysage épigénétique, en particulier pendant la
grossesse. Il est un contributeur majeur au cycle du métabolisme de l’ADN, un processus
épigénétique clé régulant l’expression des gènes. Un apport adéquat en acide folique pendant
la grossesse assure donc une méthylation correcte de l’ADN fœtal, influençant favorablement
son développement et santé à long terme. Cependant, niveau élevé de folate au cours de la
période périconceptionnelle augmente le nombre de nourrissons portant l’allèle 677T, une
variante de génétique du gène MTHFR (méthylène tétrahydrofolate réductase). Cette variante
peut influencer la capacité de l’organisme à métaboliser l’acide folique et d’autres formes de
folate, essentielles à de nombreux processus biologiques, dont la réplication de l’ADN et la
régulation de l’expression génique. Il a été établi un lien entre l’allèle 677T et diverses
pathologies, y compris les troubles vasculaires, les anomalies du tube neural et la
schizophrénie. (59) Le terme de « fetal programming » utilisées pour décrire ce mécanisme
est actuellement en passe d’être substituées par des termes comme « developpemental
conditionning » ou « priming », car il évoque une connotation déterministe, alors qu’il s’agit
uniquement d’une notion de risque statistique. (60)

Il est important de discuter avec le médecin ou la sage-femme afin de déterminer la dose


d’acide folique appropriée pour chaque grossesse individuelle et d’éviter tout excès.

III.[Link] Les recommandations de supplémentation selon


les autorités compétentes

D’après le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), dans les
pays en développement, les carences infracliniques en folates sont fréquentes et touchent
jusqu’à 50% des femmes. Une supplémentation en acide folique de 100 microgrammes par
jour peut aider à prévenir la baisse des concentrations sanguines de folates, tandis qu’une

34
supplémentation de 200 microgrammes par jour est recommandée pour les femmes qui ont
des réserves en folates insuffisantes au début de la grossesse. (50)

Selon l’ANSES, les apports suffisants (AS) en acide folique sont de 600 microgrammes par
jour d’EFA (équivalent folates alimentaires) chez la femme en âge de procréer et chez la
femme enceinte. (61)

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise quant à elle, une supplémentation en


acide folique à une dose de 0,4 mg par jour tout au long de la grossesse. Cette
recommandation vise ainsi à améliorer les résultats de la grossesse et à réduire l’incidence de
l’anémie maternelle pendant cette période. (38)

La vitamine B9 inclut à la fois les folates naturellement présents dans les aliments et l’acide
folique, une forme synthétique retrouvée dans les aliments enrichis et les compléments
alimentaires. Contrairement aux folates, l’acide folique est plus stable et présente une
meilleure biodisponibilité. La notion d’équivalents folates alimentaires (EFA) est ainsi utilisée.
Il convient également de noter qu’une limite supérieure de sécurité (LSS) est définie,
correspondant à la dose maximale d’acide folique pouvant être consommée par jour, sans
présenter de risque d’effets indésirables pour la santé de la population concernée. Cette
dernière s’élève à 1000 microgrammes par jour d’EFA. (61)

A l’heure actuelle, en France, une supplémentation en acide folique à 0,4 mg/j est
recommandée chez toutes les femmes dès le désir de conception dans le but de prévenir du
spina bifida. En effet, selon l’Association Nationale Spina Bifida et Handicaps associés, extrait
d’un article de La Revue du Praticien de juin 2021, une étude a montré que seulement 6,7 à
8,1% des femmes primipares avaient bénéficié de cette supplémentation. (62) Cependant, il
est recommandé de fournir une supplémentation en acide folique à une dose de 5 mg par jour
aux femmes présentant un risque élevé, c’est-à-dire celles considérées comme ayant des
antécédents de grossesse avec une anomalie de fermeture du tube neural, ainsi que celles
qui sont traitées par certains médicaments antiépileptiques en raison des carences en folates
qu’ils peuvent entraîner. (52)

Des recherches ont montré qu’une prise de complexes polyvitaminés contenant de l’acide
folique peut réduire le risque global de malformations, y compris les anomalies de fermeture
du tube neural, ainsi que les anomalies malformatives urinaires et cardiaques. Toutefois, il
n’est pas clair si cet effet préventif est dû à l’acide folique ou à d’autres vitamines et minéraux
présents dans les complexes. (28)
35
La mise en œuvre de cette mesure de prévention est complexe car elle doit commencer avant
même que la femme ne soit enceinte. La prévention des anomalies de fermeture du tube
neural devrait être désormais systématiquement abordée lors des consultations avec les
femmes en âge de procréer. (52)

III.1.1.2 La vitamine B12

La vitamine B12, également connue sous le nom de cobalamine, est une vitamine
hydrosoluble essentielle au bon fonctionnement de l’organisme. Elle est impliquée dans la
synthèse de l’ADN, la formation des globules rouges, la production d’énergie et le
fonctionnement normal du système nerveux. (63–65) Les aliments d’origine animale, tels que
la viande, la volaille, le poisson et les produits laitiers, sont les principales sources de vitamine
B12 dans l’alimentation humaine. (63,64,66)

III.[Link] Le métabolisme de la vitamine B12 au cours de la


grossesse

La vitamine B12 est essentielle pendant la grossesse pour le développement normal du fœtus.
La plupart des femmes enceintes obtiennent suffisamment de vitamine B12 en consommant
une alimentation équilibrée et variée, mais certaines femmes peuvent avoir besoin d’une
supplémentation en vitamine B12 pendant la grossesse. (63)

La vitamine B12 est absorbée dans l’intestin grêle en présence du facteur intrinsèque, une
protéine produite par les cellules pariétales de l’estomac. Pendant la grossesse, la production
de facteur intrinsèque peut augmenter en réponse à l’augmentation des hormones de la
grossesse, ce qui peut améliorer l’absorption de la vitamine B12. Les personnes atteintes de
déficit en facteur intrinsèque peuvent rencontrer des difficultés à absorber suffisamment de
vitamine B12. (63,65)

La vitamine B12 est transportée par la circulation sanguine, liée à une protéine appelée
transcobalamine II. Cette protéine transporte la vitamine B12 des tissus de stockage vers les
tissus où elle est nécessaire, comme le foie, le cerveau et les cellules sanguines. (63,64)

Au cours de la grossesse, la demande en vitamine B12 augmente pour soutenir le


développement du fœtus. Le placenta joue un rôle important dans la régulation de la

36
distribution de la vitamine B12 entre la mère et le fœtus. La vitamine B12 est transférée du
sang de la mère vers le fœtus par l’intermédiaire de la circulation placentaire. (63)

La vitamine B12 est stockée dans l’organisme pendant la grossesse principalement dans le
foie. Le foie est capable de stocker de grandes quantités de vitamines B12, généralement
suffisantes pour répondre aux besoins de l’organisme pendant plusieurs années. (63,64) Le
foie maintient un équilibre dynamique de la vitamine B12 entre les réserves de stockage et la
circulation sanguine. Lorsque l’organisme a besoin de vitamine B12, il puise dans les réserves
stockées dans le foie. Si l’apport en vitamine B12 est suffisant, l’excédent de vitamine B12 est
stockée dans le foie pour une utilisation future. (63)

Il est important de noter que la capacité de stockage de la vitamine B12 dans le foie peut varier
d’une personne à l’autre. Certaines personnes ont des réserves de vitamine B12 plus
importantes que d’autres, ce qui peut affecter leurs besoins en vitamine B12 pendant la
grossesse.

La vitamine B12 est éliminée de l’organisme principalement par la bile, qui est produite par le
foie et stockée dans la vésicule biliaire. La vitamine B12 liée à la bile est ensuite excrétée dans
l’intestin grêle, où elle est réabsorbée et retournée au foie par le cycle entérohépatique. (67) Il
est important de noter que la vitamine B12 n’est pas excrétée dans l’urine en quantité
significative. Par conséquent, les tests sanguins de la vitamine B12 sont généralement
considérés comme le meilleur moyen de mesurer le statut en vitamine B12.

III.[Link] Les bénéfices de la vitamine B12 au cours de la


grossesse

La vitamine B12 est importante pendant la grossesse car elle joue plusieurs rôles clés dans le
développement normal du fœtus et la santé de la mère :
- Elle favorise le développement cérébral et nerveux du fœtus : la vitamine B12 est
essentielle pour la croissance et la maturation normales des cellules nerveuses et du
cerveau du fœtus.
- Elle réduit le risque d’anomalies congénitales : une carence en vitamine B12 pendant
la grossesse peut augmenter le risque d’anomalies congénitales chez le fœtus,
notamment des anomalies de fermeture du tube neural et des malformations
cardiaques.

37
- Elle prévient l’anémie : la vitamine B12 est nécessaire pour la production normale de
globules rouges, qui transportent l’oxygène dans l’organisme. Une carence en vitamine
B12 peut entrainer une anémie chez la mère et le fœtus.
- Elle soutient le système immunitaire : la vitamine B12 est importante pour le
fonctionnement normal du système immunitaire, qui peut aider à protéger la mère et le
fœtus contre les infections.
- Elle contribue au métabolisme énergétique : la vitamine B12 est impliquée dans le
métabolisme énergétique, ce qui peut aider à réduire la fatigue et la faiblesse pendant
la grossesse. (7,63,64)

III.[Link] Les risques de carence en vitamine B12 au cours


de la grossesse

Une carence en vitamine B12 pendant la grossesse peut avoir des effets négatifs sur la santé
de la mère et du fœtus.
- Les carences en vitamine B12 peuvent causer une anémie mégaloblastique, qui se
caractérise par une production de globules rouges anormaux, ainsi que des dommages
au système nerveux, y compris des troubles de la mémoire, de la vision et de la
coordination. Cela peut entraîner des troubles neurologiques chez la mère, tels que
des fourmillements ou une perte de sensation dans les mains et les pieds, des
difficultés à marcher, des pertes de mémoire et des troubles de la concentration. Cela
peut engendrer une fatigue, une faiblesse et une insuffisance de la croissance chez le
fœtus. Chez le fœtus, cela peut affecter le développement normal du cerveau et des
cellules nerveuses.
- Une carence en vitamine B12 pendant la grossesse peut augmenter le risque
d’anomalies congénitales chez le fœtus en particulier les anomalies du tube neural et
les malformations cardiaques.
- Une carence en vitamine B12 peut augmenter le risque de pré-éclampsie, une
complication potentiellement grave de la grossesse qui peut mettre la vie de la mère
et du fœtus en danger. (7,63–66)

Les végétariens et les végétaliens peuvent être à risque de carence en vitamine B12, car ils
ne consomment pas de produits animaux, et doivent obtenir leur vitamine B12 par des
suppléments ou des aliments enrichis. Les femmes enceintes qui suivent ces régimes
devraient envisager de prendre des suppléments de vitamine B12 pour s’assurer que leur
apport est adéquat pour elles et leur fœtus en développement. (64)

38
Les suppléments en vitamine B12 sont généralement considérés comme sûrs pendant la
grossesse, mais il est toujours recommandé de consulter un professionnel de santé avant de
commencer tout supplément nutritionnel.

III.[Link] Les recommandations de supplémentation selon


les autorités compétentes

Les recommandations courantes pour l’apport quotidien en vitamine B12 sont généralement
de l’ordre de 2 microgrammes. Cependant, il est déconseillé d’utiliser la vitamine B12 dans les
cas de troubles myéloprolifératifs, tels que la leucémie. Il est important de souligner qu’aucun
cas de toxicité dû à un surdosage n’a été signalé pour des doses allant jusqu’à 1000
microgrammes. (38)

Selon les recommandations de l’ANSES, un apport suffisant de 4,5 microgrammes par jour de
vitamine B12 est recommandé pour les femmes enceintes. (61)

III.1.1.3 La vitamine D

La vitamine D est soluble dans les graisses et peut être apportée par l’exposition à la lumière
du soleil ou par la consommation d’aliments riches en vitamine D. Cette vitamine aide à la
croissance et au maintien de la minéralisation des os en participant à la régularisation de
l’homéostasie du calcium et du phosphore dans l’organisme. (38,57,68,69) Elle exerce
également des effets sur les systèmes immunitaire, endocrinien et cardiovasculaire. (38)

39
III.[Link] Le métabolisme de la vitamine D au cours de la
grossesse

Figure 4 : Synthèse et métabolisme de la vitamine D (68)

Légende : Parathormone (PTH) ; Ultraviolets B (UVB) ; D-binding protein (DBP) ; Fibroblast growth factor (FGF) ;
Vitamin D receptor (VDR) ; Calcium (Ca) ; Phosphore (Ph) ; Transient receptor potential cation channel subfamily
V member 6 (TRPV6) ; Calcium-binding protein (CaBP) ; Tube digestif (TD)

La vitamine D est absorbée par l’organisme grâce un processus qui commence dans l’intestin
grêle. Lorsque la vitamine D est consommée avec des aliments ou des compléments
alimentaires, elle est dissoute dans les graisses et transportée vers le foie, où elle est convertie
en une forme pré-active appelée calciférol. Cette conversion est réalisée par une enzyme : la
25-hydroxylase. Le calciférol est ensuite transporté vers les reins, où il est converti en une
autre forme plus active appelée calcitriol, qui peut alors être utilisée par l’organisme pour aider
à la croissance des os. Cette conversion est permise grâce à la 1-a-hydroxylase, une enzyme
située dans les reins. (68,70,71)

La vitamine D est distribuée dans l’organisme par le sang, où elle est transportée dans
différents organes et tissus. Le système endocrinien contrôle la quantité de vitamine D utilisée
par l’organisme en régulant la production et l’utilisation du calcitriol, la forme active de la
vitamine D. Certaines cellules, telles que les cellules osseuses et les cellules immunitaires,
possèdent des récepteurs pour le calcitriol, ce qui leur permet de réagir à sa présence et de
l’utiliser pour les fonctions importantes telles que la croissance des os, ainsi que pour renforcer
le système immunitaire. (68,70,71)
40
La vitamine D est stockée dans le foie et les graisses de l’organisme. Elle peut également être
stockée dans les cellules osseuses sous forme de calciférol. Le foie peut stocker une quantité
importante de vitamine D sous forme de calciférol, qui peut être converti en calcitriol, la forme
active de la vitamine D, en réponse aux besoins de l’organisme. Les graisses peuvent
également stocker de la vitamine D, en particulier la forme inactive, le cholécalciférol, qui peut
être utilisé pour maintenir des niveaux normaux de vitamine D lorsque la production cutanée
et l’apport alimentaire sont insuffisants. (68)

A noter que la vitamine D est une vitamine liposoluble. Cela signifie qu'elle se dissout dans les
graisses et qu’elle peut être stockée dans le corps pendant une période prolongée. Cependant,
un excès de vitamine D peut entraîner des problèmes de santé. (68)

Une fois que la vitamine D a rempli ses fonctions et qu’elle n’est plus nécessaire dans
l’organisme, elle est excrétée principalement par les reins sous forme de métabolites inactifs
qui seront ensuite éliminés dans l’urine ou par voie fécale. (72)

III.[Link] Les bénéfices de la vitamine D au cours de la


grossesse

Figure 5 : Actions de la vitamine D sur l'organisme (68)

Légende : Cathélicidine (CD) ; Bacille de Koch (BK) ; Vitamin D receptor (VDR) ; Vitamin D receptor messenger
ribonucleid acid (VDRmRNA) ; Toll-like receptor (TLR) ; Lipopolysaccharide (LPS) ; Ultraviolets B (UVB)

41
La vitamine D est importante pour la santé pendant la grossesse pour plusieurs raisons :
- Elle joue un rôle important dans le développement osseux du fœtus : la vitamine D aide
à la fixation du calcium dans les os, ce qui est crucial pour le développement des os
du fœtus ;
- Elle permet un soutien du système immunitaire : la vitamine D aide à renforcer le
système immunitaire, ce qui peut aider à prévenir les infections pendant la grossesse ;
- Elle joue un rôle dans la prévention de la pré-éclampsie : plusieurs études ont suggéré
que des niveaux adéquats de vitamine D pendant la grossesse peuvent réduire le
risque de pré-éclampsie, une condition qui peut entraîner une hausse de la pression
artérielle et une accumulation de protéines dans l’urine ;
- Elle joue un rôle dans la réduction du risque du diabète gestationnel : des niveaux
adéquats de vitamine D peuvent aider à réduire le risque de diabète gestationnel, une
condition où la glycémie augmente pendant la grossesse ;
- Elle joue un rôle dans le soutien de l’activité cardiaque : la vitamine D peut aider à
maintenir la santé cardiaque en régulant les niveaux de calcium et de phosphore dans
l’organisme. (12,68,69,73)

Il est important de consulter un médecin avant de prendre des compléments alimentaires de


vitamine D pendant la grossesse. Les niveaux élevés de vitamine D peuvent entraîner des
effets secondaires indésirables et peuvent interagir avec d’autres médicaments ou
compléments. Il est important d’obtenir des niveaux adéquats de vitamine D à partir d’aliments
tels que les poissons gras, les produits laitiers enrichis et les œufs, ainsi que par l’exposition
à la lumière du soleil.

III.[Link] Les risques en cas de carence en vitamine D au


cours de la grossesse

Une carence en vitamine D pendant la grossesse peut entraîner plusieurs risques pour la
santé :
- Une déficience en calcium : la vitamine D aide à la fixation du calcium dans les os, ce
qui peut être compromis en cas de carence en vitamine D entrainant une perte osseuse
et une déficience en calcium ;
- Un faible poids du nourrisson à la naissance : les nourrissons nés de mères ayant des
niveaux insuffisants de vitamine D peuvent peser moins à la naissance, ce qui peut
entraîner des complications pour la santé à long terme ;

42
- Une augmentation du risque de déficience immunitaire : la carence en vitamine D peut
affaiblir le système immunitaire, ce qui peut augmenter le risque d’infections et de
maladie chez la mère et le fœtus ;
- Un risque accru de dépression post-partum : plusieurs études ont suggéré que les
femmes enceintes ayant des niveaux insuffisants de vitamine D peuvent courir un
risque accru de dépression post-partum ;
- Un risque accru de développer un diabète gestationnel : des niveaux insuffisants de
vitamine D peuvent augmenter le risque de développer un diabète gestationnel.
(68,69,73)

D’après le CNGOF, les femmes enceintes ont souvent une carence en vitamine D en fin de
grossesse, surtout en hiver ou au début du printemps. (50) La carence en vitamine D est plus
fréquente également chez les femmes vivant dans des pays ou des régions où l’exposition au
soleil est limitée, ainsi que chez celles qui suivent un régime végétarien ou végétalien. Dans
de tels cas, il est essentiel de faire preuve d’une vigilance accrue et de veiller à un apport
adéquat en vitamine D par le biais de l’alimentation, tels que les produits laitiers enrichis et les
poissons gras, ou éventuellement par le biais de suppléments nutritionnels. (38)

En cas de carence en vitamine D, les conséquences se font sentir de différentes manières.


Cette vitamine est nécessaire pour absorber le calcium et un faible taux est associé à une
augmentation de l’hypocalcémie chez les nouveau-nés. (50)

Chez les enfants, une carence peut entraîner le rachitisme, qui se caractérise par une
déformation des os. Ces symptômes sont liés à une altération de la minéralisation des os,
causée par une absorption insuffisante du calcium et du phosphore alimentaires. La diminution
de la densité minérale osseuse est également un effet d’une déficience en vitamine D, qui peut
prédisposer les sujets âgés, en particulier les femmes ménopausées, à l’ostéoporose, une
maladie qui les expose à un risque accru de fractures. (61)

III.[Link] Les risques en cas d’excès de vitamine D au cours


de la grossesse

En général, des doses inférieures à 10 000 UI par jour ne conduisent pas à une toxicité, tandis
que des doses supérieures ou égales à 50 000 UI par jour pendant plusieurs semaines ou
mois sont souvent associées à des cas d’hypercalcémie. (21)

43
Un excès en vitamine D pendant la grossesse peut être à l’origine de plusieurs conséquences
néfaste pour la santé de la mère et du fœtus :
- Une toxicité en vitamine D : une consommation excessive de vitamine D peut entraîner
une toxicité en vitamine D, qui peut causer des dommages aux reins et à d’autres
organes ;
- Une hypercalcémie : un excès de vitamine D peut entraîner une augmentation du
niveau de calcium dans le sang, appelée hypercalcémie, qui peut causer des troubles
cardiaques et rénaux ;
- Un excès de calcium chez le fœtus : un excès de vitamine D peut entraîner une
absorption excessive de calcium pour le fœtus, ce qui peut causer des dommages au
fœtus et entraver le développement des os. (21)

En cas d’hypervitaminose D, certains symptômes peuvent apparaître, tels qu’une anorexie,


des nausées, une perte de poids, une asthénie, une polyurie, une polydipsie, la
déshydratation, une hypertension artérielle, des troubles du rythme cardiaque, une irritabilité,
des troubles de la conscience, une insuffisance rénale fonctionnelle, une formation de calculs
rénaux ou encore une néphrocalcinose. (21)

III.[Link] Les recommandations de supplémentation selon


les autorités compétentes

En France, l’étude INCA réalisé par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments
(AFSSA) en 2009 (devenu l’ANSES) a révélé que l’apport alimentaire en vitamine D chez
l’adulte n’est que de 2,6 microgrammes par jour (104 UI/j) et de 1,9 microgrammes par jour
(76 UI/j) chez l’enfant, ce qui est en dessous des apports nutritionnels conseillés. Par ailleurs,
il a été observé dans cette étude que chez les adultes, 38% de l’apport en vitamine D provient
de la consommation de poisson, tandis que 10% provient de la consommation d’œufs et 18%
de la consommation de fromages. Chez les enfants, ces proportions s’élèvent respectivement
à 31%, 9% et 7%. (70)

Les apports recommandés par le CNGOF en vitamine D sont de 10 mg/j (400 UI/j), mais cela
ne suffit pas si la supplémentation n’est pas entreprise dès le début de la grossesse. Si elle
n’est entreprise qu’au troisième trimestre, une dose de 1000 UI/j est nécessaire. Toutefois,
une dose unique de 100 000 UI administrée au début du sixième ou septième mois peut
également être efficace pour atteindre un bon statut vitaminique. Ainsi, il est recommandé de
prescrire une dose unique de 100 000 UI de vitamine D au début du septième mois de

44
grossesse pour assurer le meilleur statut vitaminique possible aux femmes enceintes, en
particulier au cours du troisième trimestre et pendant les mois en « r ». (50)

Selon les recommandations de l’ANSES, les apports suffisants sont de 15 microgrammes par
jour pour prévenir les risques de carence chez la femme enceinte. La limite supérieure de
sécurité est de 100 microgrammes par jour. (61)
Selon les recommandations nationales en France, il est préconisé une supplémentation en
vitamine D chez la femme enceinte afin de prévenir toute carence. Trois schémas
d’administration sont proposés :
- Une dose unique de 2 à 2,5 mg (80 000 – 100 000 UI) par voie orale au sixième ou
septième mois de grossesse ;
- Un apport régulier de 10 µg/j (400 UI/j) tout au long de la grossesse ;
- Un apport de 25 µg/j (1 000 UI/j) à partir du sixième mois de grossesse. (21)

Selon les recommandations de la Société Française de Pédiatrie, en l’absence de risques


particuliers, il est recommandé de supplémenter en vitamine D une dose unique de 80 000 à
100 000 UI au début du septième mois de grossesse. (21)

III.1.1.4 Vitamine A

La vitamine A est une vitamine liposoluble essentielle pour la santé. Elle joue un rôle important
dans la vision, la croissance et le développement, la division cellulaire, le système immunitaire
et la protection de la peau et des muqueuses. (38) La vitamine A est naturellement présente
dans certains aliments :
- Les produits animaux tels que le foie, la viande de poulet, la viande de veau ;
- Les fruits et légumes tels que les carottes, les abricots, les melons, les tomates, les
brocolis, les patates douces et les épinards ;
- Les poissons gras tels que le saumon, le thon et les sardines. (74,75)

Le terme « vitamine A » est utilisé pour désigner non seulement le rétinol libre et estérifié
présent dans l’alimentation, mais aussi ses métabolites produits dans l’organisme, le rétinal et
les acides rétinoïques, responsables de son activité biologique, ainsi que les caroténoïdes
provitaminiques tels que le bêta-carotène, l’alpha-carotène et la bêta-cryptoxanthine. (61,74)

45
III.[Link] Le métabolisme de la vitamine A au cours de la
grossesse

L’absorption de la vitamine A se produit principalement dans l’intestin grêle. La vitamine A


présente dans les aliments d’origine animale est facilement absorbée par le système digestif.
Une fois dans l’intestin, la vitamine A est libérée de sa forme liée aux protéines grâce à l’action
des enzymes pancréatiques. Elle est ensuite incorporée dans des micelles, des agrégats de
lipides, pour faciliter son transport à travers la paroi intestinale et son absorption dans les
cellules épithéliales intestinales. (74,76)

La vitamine A se trouve sous forme de précurseurs, tels que le bêta-carotène, dans les
aliments d’origine végétale. Ces précurseurs sont convertis en vitamine A dans l’intestin. Les
aliments contenant des précurseurs de vitamine A sont ensuite digérés dans l’estomac et
l’intestin grêle grâce à l’action des enzymes digestives. Cette digestion permet ainsi la
libération des précurseurs de vitamine A. (74,76)

Une fois absorbée, la vitamine A est libérée dans la circulation sanguine, où elle se lie à une
protéine spécifique appelée retinol binding protein (RBP). Cette association avec la RBP
permet le transport de la vitamine A vers les tissus périphériques où elle est nécessaire. La
vitamine A est ensuite libérée des RBP et est disponible pour les cellules cibles, y compris les
tissus de l’œil, les tissus épithéliaux et les cellules du système immunitaire. (76)
Une fois dans les cellules cibles, la vitamine A subi un processus de métabolisme complexe.
Elle peut être stockée sous forme de rétinol, rétinal ou rétinoïdes actifs, tels que l’acide
rétinoïque. Ces formes actives de la vitamine A interagissent avec des récepteurs spécifiques
situés dans le noyau des cellules pour réguler l’expression des gènes impliqués dans différents
processus biologiques. Le métabolisme de la vitamine A est étroitement régulé pour maintenir
des niveaux adéquats de cette vitamine dans l’organisme. (76)

L’organisme a la capacité de stocker la vitamine A pour une utilisation ultérieure. Le foie est
le principal site de stockage de la vitamine A. Une fois absorbée, la vitamine A est transformée
en rétinol et est estérifiée en rétinylesters pour être stockée dans des cellules hépatiques
spécifiques. Le stockage de la vitamine A dans le foie permet de maintenir des réserves
adéquates pour répondre aux besoins de l’organisme en cas de carence alimentaire ou de
demande accrue. (50,76)

46
III.[Link] Les risques en cas de carence en vitamine A au
cours de la grossesse

La carence en vitamine A est plus fréquente dans les régions où l’accès à une alimentation
diversifiée et équilibrée est limité, ainsi que dans les populations défavorisées et les régions
touchées par la malnutrition. Les femmes enceintes qui ont une alimentation pauvre en
aliments contenant de la vitamine A, en particulier ceux d’origine animale, sont plus exposées
au risque de carence. Les symptômes de carence en vitamine A pendant la grossesse peuvent
inclure une vision altérée, une sécheresse oculaire, des infections récurrentes des voies
respiratoires, une peau sèche et squameuse, une altération de la croissance fœtale et un
affaiblissement du système immunitaire maternel. (38,77)

III.[Link] Les risques en cas d’excès de vitamine A au cours


de la grossesse

Bien que la vitamine A soit essentielle à la santé, une consommation excessive peut entraîner
des effets indésirables. La toxicité de la vitamine A est plus courante avec la consommation
excessive de suppléments de vitamine A plutôt qu’avec une alimentation normale. L’excès de
vitamine A peut provoquer des symptômes tels que des maux de tête, des nausées, des
vomissements chez la femme enceinte. Chez le fœtus, la vitamine A peut être à l’origine d’une
tératogénicité en cas de surdosage pendant la grossesse. Il est important de noter que les
femmes enceintes doivent éviter les suppléments de vitamine A à hautes doses, car cela peut
être dangereux pour le développement du fœtus. (38,78)

III.[Link] Les recommandations de supplémentation selon


les autorités compétentes

La vitamine A est principalement stockée dans les cellules hépatiques. La concentration


plasmatique de rétinol ne reflète pas les réserves de cette vitamine. Bien qu’il n’y ait pas
d’étude à grande échelle sur la consommation de vitamine A chez la femme enceinte en
France, il semble que les apports soient proches des recommandations. (50)

Selon le CNGOF, les concentrations plasmatiques et le stock hépatique du fœtus restent


constants quel que soit le statut vitaminique de la mère, sauf en cas de carence avérée. En
outre, des apports insuffisants ne se traduisent pas par des conséquences fœtales ou
néonatales particulières. Cependant, l’hypervitaminose A est soupçonnée d’être tératogène à

47
des doses faibles (> 10 000 UI/j), bien qu’il n’y ait pas de seuil précisément défini. Par
conséquent, une supplémentation systématique en vitamine A chez les femmes enceintes en
France n’est pas justifiée. (50)

Selon l’ANSES, les besoins nutritionnels moyens (BNM) en vitamine A pour les femmes
enceintes sont limités à 540 microgrammes équivalent rétinol par jour. Le BNM est la dose
moyenne d’un nutriment requise pour la population, telle qu’estimée à partir de données
individuelles d’apport associées à un critère d’adéquation nutritionnelle lors d’études
expérimentales. Les critères d’adéquation nutritionnelle utilisés sont généralement des critères
de bilan en nutriment, de renouvellement métabolique, de modification de l’état des réserves
ou de marqueurs des fonctions associées au nutriment lors d’études de déplétion-réplétion.
La référence nutritionnelle pour la population (RNP) est de 700 microgrammes équivalent
rétinol par jour, ce qui permet de couvrir les besoins de grande majorité de la population. La
RNP correspond à l’apport nutritionnel qui couvre les besoins de presque toute la population
(97,5% en général), établi à partir de données expérimentales. Pour estimer la RNP, on se
base sur la distribution des besoins dans la population, supposée suivre une loi normale. Est
calculé ainsi l’apport qui couvre les besoins de 97,5% de la population en ajoutant deux écart-
types au BNM. Généralement, l’écart-type est estimé à 15% du BNM, ce qui donne une RNP
équivalente à 1,3 fois le BNM. Il convient de noter que cette définition correspond à celle
l’ancien terme « Apport Nutritionnel Conseillé » (ANC), qui n’est plus utilisé aujourd’hui et qui
englobait également l’AS. (61) Cependant, il est important de noter que la LSS pour la
consommation de vitamine A est de 3000 microgrammes équivalent rétinol par jour. (61)
Il est important de noter que certaines recommandations ont une fenêtre thérapeutique étroite,
ce qui peut entraîner des contradictions dans la pratique clinique. Par exemple, les besoins en
vitamine A sont légèrement augmentés pendant la grossesse, mais une forte dose de vitamine
A peut être tératogène, ce qui signifie que la consommation de foie très riche en vitamine A
doit être limitée. (8)

Pendant la grossesse, maintenir des niveaux adéquats de vitamine A est essentiel pour
soutenir la santé de la mère et du fœtus. La vitamine A est transmise à l’enfant à travers la
mère, à la fois par le placenta pendant la période de gestation et à la naissance, ainsi que par
les glandes mammaires pendant l’allaitement. Les femmes enceintes ont tendance à présenter
une diminution des taux de rétinol sérique, en particulier au troisième trimestre de la
grossesse. Cela est dû à la barrière placentaire sélective, qui limite le transfert de vitamine A
vers le fœtus, afin de prévenir d’éventuels effets tératogènes. Par conséquent, les niveaux de
vitamine A dans le foie du nouveau-né sont également faibles. (38)

48
Il est plutôt conseillé de consommer des légumes riches en bêta-carotène, qui est une
provitamine A. De même, la consommation de poissons gras est souhaitable car les acides
gras polyinsaturés de la série n-3 sont bénéfiques pour le développement cérébral du fœtus.
Cependant, certains poissons peuvent contenir des contaminants et il est important de
préciser quels poissons sont préférables et ceux qu’ils convient de déconseiller. (8)

Les conséquences d’une carence ou d’une hypervitaminose en vitamine A peuvent être


évitées ou atténuées grâce à des interventions de santé publique telles que l’éducation
nutritionnelle par exemple.

III.1.2 … les minéraux

Les minéraux sont des substances inorganiques indispensables à la croissance et à la santé.


Ils sont tous considérés comme des nutriments, ce qui signifie que nous devons les obtenir
par le biais de notre alimentation. (38)

Les minéraux sont généralement classés en trois groupes en fonction de leurs besoins
quantitatifs (Figure 1 : Système de classification des différents micronutriments) :
- Les macroéléments, tels que le sodium, le potassium, le calcium, le phosphore, le
magnésium, le chlore et le soufre, sont nécessaire en plus grande quantité par
l’organisme (mesurée en grammes). Ces minéraux jouent un rôle essentiel dans des
fonctions clés telles que la régulation de l’équilibre hydrique, la formation des os et des
dents, le fonctionnement des muscles et des nerfs, ainsi que dans d’autres processus
métaboliques importants.
- Les oligo-éléments, ou éléments traces, tels que le fer, le fluor, l’iode, le manganèse,
le cobalt, le cuivre et le zinc, sont nécessaires en quantités plus faibles (mesurées en
milligrammes) par rapport aux macroéléments. Ces minéraux jouent des rôles divers
dans l’organisme, tels que la formation des enzymes, la production d’hormones, la
protection contre les radicaux libres et la régulation du métabolisme.
- Les éléments ultra-traces, tels que le silicium, le nickel, le chrome, le lithium, le
molybdène et le sélénium, sont nécessaires en très petites quantités (de l’ordre de
quelques microgrammes) par l’organisme. Bien que nécessaires en faible quantités,
ces minéraux jouent un rôle essentiel dans divers processus biologiques, tels que la
fonction thyroïdienne, l’activité enzymatique et la défense antioxydante. (38)

49
III.1.2.1 Fer

Le fer est un oligo-élément essentiel pour le bon fonctionnement de l’organisme. Il joue un rôle
crucial dans la formation de l’hémoglobine, la protéine responsable du transport de l’oxygène
dans le sang, ainsi que dans d’autres processus biologiques tels que la synthèse de l’ADN et
la fonction immunitaire. (38) Le fer peut être obtenu à partir de deux sources : le fer héminique,
présent dans les aliments d’origine animale comme la viande rouge, la volaille et les fruits de
mer, et le fer non héminique, présent dans les aliments d’origine végétale tels que les légumes
verts, les céréales enrichies et les légumineuses. (79)

III.[Link] Le métabolisme du fer au cours de la grossesse

L’absorption du fer se produit principalement dans l’intestin grêle. Le fer héminique est absorbé
plus efficacement que le fer non héminique. Lors de la digestion, le fer est libéré des aliments
par l’action de l’acide gastrique et des enzymes digestives. Le fer non héminique est
généralement moins bien absorbé, mais cette absorption peut être améliorée en présence de
facteurs tels que la vitamine C et les acides organiques présents dans certains aliments. Une
fois libéré, le fer est capté par des protéines de transport spécifiques, telles que la transferrine,
pour être acheminé vers les tissus et les organes qui en ont besoin. (80–82)

La transferrine, la principale protéine de transport du fer, permet la distribution du fer dans tout
l’organisme. Elle transporte le fer depuis l’intestin vers les tissus périphériques, tels que la
moelle osseuse, où il est utilisé pour la production de globules rouges. Le fer est également
nécessaire dans d’autres tissus, comme les muscles et le foie, pour des fonctions vitales. (81)
(82)

Le fer est continuellement recyclé dans l’organisme. Les vieux globules rouges sont dégradés
dans la rate, libérant le fer qui est réutilisé pour la formation de nouveaux globules rouges. Le
fer peut également être stocké dans les cellules de réserve du foie, dans lesquelles se trouvent
des protéines de stockage appelées ferritine, pour une utilisation ultérieure. (80–82) Le foie
est le principal site de stockage du fer. Il peut stocker une quantité importante de fer sous
forme de ferritine. (83) Le stockage du fer dans le foie permet de maintenir des réserves
adéquates pour répondre aux besoins de l’organisme en cas de déficit alimentaire ou de
demande accrue. (79,82)

L’élimination du fer se produit principalement par le biais de la desquamation cellulaire, la perte


de cellules de la peau et de la muqueuse intestinale. De plus, une petite quantité de fer est
50
excrétée dans les selles et l’urine. Cependant, l’organisme dispose de mécanismes précis
pour réguler l’élimination du fer afin de maintenir un équilibre optimal. (80)

III.[Link] Les risques en cas de carence en fer au cours de


la grossesse

La carence en fer, également connue sous le nom d’anémie ferriprive, est l’un des problèmes
nutritionnels les plus courants dans le monde. Elle peut entraîner une diminution de la
production d’hémoglobine et une altération de la fonction des globules rouges, ce qui se traduit
par une fatigue, une faiblesse, une diminution des performances cognitives et une
augmentation de la susceptibilité aux infections. (84,85) Les femmes en âge de procréer, les
femmes enceintes, les nourrissons, les enfants et les végétariens sont particulièrement
susceptibles de présenter une carence en fer. (81)

III.[Link] Les risques en cas d’excès en fer au cours de la


grossesse

Bien que le fer soit essentiel à la santé, un excès peut également être préjudiciable. L’excès
de fer peut entraîner une accumulation toxique dans les tissus et organes, provoquant des
dommages oxydatifs. Pendant la grossesse, un excès de fer peut augmenter le risque de
complications, y compris le développement de la pré-éclampsie, une augmentation du stress
oxydatif et une perturbation de l’équilibre des nutriments. Il est donc important de surveiller
attentivement les niveaux de fer et de suivre les recommandations spécifiques en matière de
consommation de fer pendant la grossesse. (81,82)

III.[Link] Les recommandations de supplémentation selon


les autorités compétentes

Le besoin de transfert de fer de la mère pour une grossesse unique normale menée à terme
est estimé entre 500 mg et 800 mg. Au cours de la grossesse, la demande moyenne
d’absorption de fer est d’environ 4,4 mg par jour. Cependant, cette demande varie tout au long
au long de la grossesse, étant plus faible au début (0,8 mg/j) et plus élevée vers la fin (7,5
mg/j). (38)

Selon les recommandations de l’ANSES, il est conseillé à la femme enceinte de consommer


7 mg de fer par jour, qui est la quantité de fer recommandé par le BNM. En outre, la RNP pour

51
le fer est de 16 mg par jour, ce qui indique la quantité recommandée pour la majorité de la
population. (61)

Selon le CNGOF, le fer est un nutriment important pendant la grossesse, mais le fœtus n’en
nécessite qu’une quantité relativement faible, soit environ 30 mg à 20 semaines de grossesse
et 270 mg chez un nouveau-né à terme et en bonne santé. Cependant, les besoins totaux en
fer pour la grossesse sont d’environ 850 mg, et la viande, le poisson, les céréales et les fruits
sont les principales sources alimentaires pour ce nutriment. Si le fer héminique contenu dans
les tissus animaux est relativement bien absorbé, l’absorption du fer d’origine végétale est
limitée à 5%. Cela, ajouté aux apports alimentaires moyens qui ne représentent que 10 à 15
mg/j en France, pourrait exposer toutes les femmes enceintes au risque de carence martiale.
Cependant, les capacités d’absorption intestinale du fer augmentent considérablement
pendant la grossesse, ce qui devrait permettre de répondre aux besoins supplémentaires.
L’anémie ferriprive pendant la grossesse peut augmenter les risques d’accouchement
prématuré et de naissances d’enfants de faible poids. Cependant, les conséquences d’une
carence en fer de la mère sur le nouveau-né sont minimes, voire inexistantes. En
conséquence, il n’y a aucune justification pour la supplémentation systématique en fer des
femmes enceintes si elles suivent une alimentation suffisante et variée, sans exclusion
d’aliments d’origine animale, et que leur ration contient plus de 2 000 kcal. (50)

Rappelons que selon les données de l’OMS, la prévalence de l’anémie chez les femmes
enceintes dans le monde est estimée à 38%. En France, ce taux est légèrement inférieur, se
situant à 25%, avec une prévalence très faible, seulement 0,2%, pour les formes sévères.
Selon les estimations de la Haute Autorité de Santé (HAS), un déficit en fer serait présent chez
54 à 77% des femmes enceintes en France. (86)

Ces chiffres soulignent l’importance de la surveillance de la santé maternelle pendant la


grossesse, en particulier en ce qui concerne les niveaux de fer et l’anémie, afin de prévenir
les complications potentielles et d’assurer le bien-être de la mère et du fœtus.

Selon les travaux de A. Loustau, N. Besson et F. Bauduer, une étude observationnelle


transversale descriptive a été menée auprès d’un échantillon de sage-femmes du département
de la Gironde. Le but principal de cette étude était d’examiner les pratiques des sage-femmes
concernant le traitement de l’anémie ferriprive chez les femmes enceintes par le biais de fer
oral. Sur les réponses obtenues au questionnaire, les posologies de fer prescrites et les durées
de traitement semblaient souvent insuffisantes. Les sage-femmes avaient fréquemment
associé l’acide folique et la vitamine C au fer oral. Les contrôles biologiques de l’efficacité du
52
traitement étaient principalement effectués après un mois à l’aide d’un hémogramme et d’un
dosage de ferritine. Les précautions d’utilisation du fer oral et les réponses face à une
inefficacité ou une intolérance digestive du traitement étaient en cohérence avec les
recommandations de la littérature. Toutefois, certaines sage-femmes ne s’appuyaient sur
aucune recommandation spécifique. En conclusion, la plupart, des sage-femmes de
l’échantillon suivaient des pratiques en accord avec diverses recommandations nationales,
bien qu’il n’existe pas d’algorithme thérapeutique précis pour les guider de manière adéquate.
Des études plus étendues sur la prise en charge de l’anémie ferriprive chez les femmes
enceintes par les professionnels de santé et une harmonisation des pratiques sont
nécessaires. (86)

Selon les recommandations actuelles, une supplémentation martiale n'est envisagée qu'après
réalisation d'un bilan biologique comprenant une Numération Formule Sanguine (NFS) et la
mesure de la ferritinémie confirmant une anémie ferriprive. (82,85) La HAS précise qu’une
supplémentation chez les femmes enceintes à risque de carence martiale est possible,
notamment lorsque les apports alimentaires sont insuffisants. (86)

III.1.2.2 Calcium et Phosphore

Le calcium et le phosphore sont des minéraux essentiels pour la santé osseuse, dentaire et
musculaire. Le calcium joue également un rôle dans la transmission nerveuse et l’excitabilité
neuromusculaire. (87) Le calcium est le minéral le plus abondant dans le corps humain.
(38,88,89) Les principales sources de calcium comprennent les produits laitiers, les légumes
verts à feuilles, les poissons à petits os comestibles et les aliments fortifiés. Les sources de
phosphores comprennent les produits laitiers, les viandes, les fruits de mer, les noix et les
légumineuses. (89,90)

III.[Link] Le métabolisme du calcium et du phosphore au


cours de la grossesse

L’absorption du calcium se produit principalement dans l’intestin grêle, principalement dans sa


partie supérieure. L’absorption du phosphore se produit tout au long de l’intestin grêle.
L’absorption du calcium et du phosphore est régulée par des mécanismes complexes,
notamment par la vitamine D, les hormones parathyroïdiennes et les facteurs de croissance.
Une absorption adéquate dépend également de la présence de suffisamment de calcium
ionisé et de vitamine D activée. (87,89–92)

53
Le calcium est principalement distribué dans les os et les dents, où il joue un rôle structurel
essentiel. Le calcium est également présent dans les fluides extracellulaires et intracellulaires,
où il est impliqué dans de nombreuses fonctions cellulaires. (93) Le phosphore est également
largement distribué dans tout le corps, étant présent dans les os et les dents, ainsi que dans
les tissus mous et les fluides corporels. (87,94)

Le métabolisme du calcium et du phosphore est étroitement lié. La vitamine D joue un rôle clé
dans le métabolisme de ces minéraux en favorisant leur absorption intestinale, leur
réabsorption rénale et leur libération des os. Les hormones parathyroïdiennes et la calcitonine
régulent également l’homéostasie du calcium et du phosphore dans l’organisme en ajustant
leur taux sanguin. (87,90,92–94)

L’élimination du calcium se fait principalement par les reins, où il est filtré et réabsorbé ou
excrété dans l’urine. Une petite quantité de calcium est également excrétée par les selles et
la transpiration. Le phosphore est excrété principalement par les reins, mais il peut également
être excrété par les selles. (88,94)

III.[Link] Les risques en cas de carence en calcium et en


phosphore au cours de la grossesse

Pendant la grossesse, une carence en calcium et en phosphore peut avoir des conséquences
particulièrement graves pour la santé de la mère et du fœtus. Le calcium est essentiel pour la
formation et le développement des os et des dents du fœtus, ainsi que pour le bon
fonctionnement des systèmes nerveux et musculaire. Une carence en calcium pendant la
grossesse peut augmenter le risque de complications, notamment l’hypertension artérielle
gravidique, la pré-éclampsie et l’ostéomalacie maternelle. De plus, une carence en calcium
peut également affecter la croissance fœtale, entraîner une diminution du poids à la naissance
et augmenter le risque de fractures chez le nouveau-né. Chez la mère, une carence en calcium
peut augmenter le risque d’ostéoporose post-partum et de fractures ultérieures. (89,90)

De nombreuses études ont établi une corrélation entre une insuffisance en calcium et le
développement de la pré-éclampsie caractérisée par l’apparition d’une hypertension artérielle
et une protéinurie après la vingtième semaine de gestation chez une femme précédemment
en bonne santé. En outre, cette condition est souvent associée à un risque accru de
prématurité. (38)

54
Quant à la carence en phosphore pendant la grossesse, elle peut avoir des conséquences
néfastes pour la santé maternelle et fœtale. Le phosphore est nécessaire pour le
développement normal des os et des dents du fœtus, ainsi que pour le fonctionnement
adéquat des systèmes métaboliques et énergétiques. Elle peut entraîner une altération de la
croissance fœtale, un risque accru de faible poids à la naissance et de problèmes osseux chez
le nouveau-né. Chez la mère, une carence en phosphore peut provoquer une faiblesse
musculaire, une fatigue accrue et une diminution de la fonction immunitaire. (95)

III.[Link] Les risques en cas d’excès en calcium et en


phosphore au cours de la grossesse

Un excès en calcium peut entraîner des problèmes de santé, tels que la formation de calculs
rénaux, des troubles gastro-intestinaux et des problèmes rénaux. Pendant la grossesse, un
excès de calcium peut également augmenter le risque de complications, notamment la pré-
éclampsie. (38,89)
Un excès de phosphore peut interférer avec l’absorption et le métabolisme du calcium, ce qui
peut avoir des effets néfastes sur la santé osseuse. En effet, le métabolisme du phosphore
est étroitement interconnecté avec celui du calcium. Étant présent dans de nombreux aliments,
une supplémentation systématique en phosphore pendant la grossesse n’est généralement
pas recommandée. (96)

III.[Link] Les recommandations de supplémentation selon


les autorités compétentes

D’après le CNGOF, au cours de la grossesse, le fœtus accumule une quantité importante de


calcium (30 g) et de phosphore (15 g), principalement vers la fin de la grossesse avec une
augmentation de 20 g de calcium et de 10 g de phosphore. L’absorption intestinale de calcium
augmente dès le début de la grossesse et le bilan calcique est positif tout au long de la
gestation, avec des besoins d’environ 150 à 200 mg/j. Les recommandations pour l’apport
calcique varient selon les pays, mais en France, la consommation moyenne des femmes
enceintes est de l’ordre de 700 à 1 100 mg/jour. Si les femmes enceintes consomment déjà
quotidiennement des produits laitiers, il n’est pas nécessaire de leur recommander
d’augmenter leur consommation de calcium. (50)

Les recommandations de l’ANSES pour l’apport en calcium chez les femmes enceintes varient
en fonctions de différents facteurs. Le BNM est estimé à environ 750 mg par jour, ce qui

55
représente la quantité minimale de calcium nécessaire pour répondre aux besoins
physiologiques de la femme enceinte. La RNP, qui est la quantité recommandée pour la
majorité de la population, est de 950 mg par jour. Il est important de noter que ces
recommandations peuvent être ajustées en fonction de l’âge, du poids et de l’état de santé de
la femme. Cependant, il est également essentiel de respecter la LSS de 2 500 mg par jour,
afin d’éviter un apport excessif en calcium, qui pourrait entraîner des effets indésirables. (61)

Toujours selon l’ANSES, les recommandations pour l’apport en phosphore chez les femmes
enceintes sont basées sur l’AS, qui est estimé à environ 550 mg par jour. Cet apport est
considéré comme adéquat pour répondre aux besoins physiologiques de la femme enceinte
et soutenir le développement sain du fœtus. (61)

Dans la majorité des études portant sur la supplémentation en calcium pendant la grossesse,
il existe une corrélation inverse entre l’apport en calcium provenant de l’alimentation et
l’incidence de la maladie hypertensive pendant la grossesse. Selon les conclusions d’une
revue Cochrane, une supplémentation en calcium à une dose élevée (supérieure à 1 g/j)
diminue le risque de pré-éclampsie et d’accouchement prématuré, en particulier chez les
femmes dont l’apport alimentaire en calcium est insuffisant. Néanmoins, les données limitées
concernant la supplémentation en calcium à faible dose laissent entrevoir une diminution de
la pré-éclampsie, de l’hypertension et de l’admission en soins néonatals intensifs. Toutefois,
pour confirmer ces résultats, des essais de plus grande envergure et de haute qualité sont
nécessaires. En raison de ces considérations, il n’est pas recommandé d’avoir une
supplémentation universelle en calcium pendant la grossesse, et la dose recommandée est
identique à celle des femmes non enceintes en âge de procréer, soit 1 g de calcium par jour.
Cependant, il est recommandé d’envisager une supplémentation pour les femmes présentant
un risque élevé, notamment les femmes enceintes résidant dans des pays en développement,
celles enceintes âgées de moins de 18 ans et pour donc lesquelles une dose de 1,3 g de
calcium par jour est recommandé, celles présentant une faible consommation de calcium
(inférieur à 600 mg par jour), et celles enceintes présentant un risque élevé de pré-éclampsie.
(38)

III.1.2.3 Iode

L’iode est un oligo-élément essentiel pour le bon fonctionnement de la glande thyroïde et de


la production d’hormones thyroïdiennes, qui jouent un rôle crucial dans la régulation du
métabolisme et le développement normal du système nerveux central chez le fœtus. Les

56
principales sources alimentaires d’iode comprennent les produits de la mer, tels que les
poissons et les fruits de mer, ainsi que le sel iodé, les produits laitiers et les œufs. (97,98)

III.[Link] Le métabolisme de l’iode au cours de la


grossesse

L’iode est principalement absorbé par l’organisme par le biais de l’alimentation. Une fois
ingéré, l’iode est rapidement absorbé par l’estomac et les intestins. Il est ensuite transporté
vers la glande thyroïde, où il est utilisé pour produire les hormones thyroïdiennes, la thyroxine
(T4) et la triiodothyronine (T3). (99,100) Ces hormones jouent un rôle clé dans la régulation
du métabolisme, de la croissance et du développement normal. (21,101)

La distribution de l’iode dans l’organisme pendant la grossesse implique plusieurs étapes clés.
Après son absorption par l’intestin, l’iode est transporté par le sang vers la glande thyroïde, où
il est capté par les cellules thyroïdiennes. La glande thyroïde utilise ensuite l’iode pour
synthétiser les hormones thyroïdiennes, qui seront libérées dans la circulation sanguine pour
être distribuées dans l’organisme. (101,102)

Figure 6 : Métabolisme et transport de l'iode dans l'unité foetoplacentaire (97)

Légende : Thyrotropin realising hormone (TRH) ; Thyroid stimulating hormone (TSH) ; Human chorionic
gonadotropin (hCG) ; Triiodothyronine (T3) ; Thyroxine (T4) ; Thyroid binding globulin (TBG) ; Transthyretin (TTR) ;
Sulfotransferase family 1A member 1 (SULT 1A1) ; Sulfotransferase family 1A member 3 (SULT 1A3) ; Deiodinase
enzyme type 2 (DIO 2) ; Deiodinase enzyme type 3 (DIO 3) ; Reverse triiodothyronine/tiiodothyronine (rT3/T2) ;

57
Sulfated diiodothyronine (T2S) ; Sulfated triiodothyronine (T3S) ; Sulfated thyroxine (T4S) ; Reverse sulfated
triiodothyronine (rT3S)

L’iode est transféré de la mère au fœtus à travers le placenta pour soutenir la production des
hormones thyroïdiennes fœtales. Le placenta joue un rôle clé dans la régulation de la quantité
d’iode transféré au fœtus. Il possède des mécanismes spécifiques pour concentrer l’iode
provenant de la circulation maternelle et le transporter à travers les cellules du placenta vers
le fœtus. Cela garantit que le fœtus reçoive une quantité adéquate d’iode pour soutenir son
développement. (97,103)

Il est important de noter que la concentration d’iode dans la circulation sanguine maternelle
peut influencer la quantité d’iode disponible pour le fœtus. (104) Par conséquent, une
consommation adéquate d’iode par la mère est essentielle pour maintenir des niveaux
suffisants d’iode dans la circulation maternelle et assurer une distribution appropriée de l’iode
au fœtus.

Une fois que l’iode est absorbé par l’intestin et distribué dans l’organisme, il subit plusieurs
processus de métabolisme. Le processus de métabolisme de l’iode dans la glande thyroïde
commence par la capture de l’iode par les cellules thyroïdiennes à l’aide d’un transporteur
spécifique appelé le symporteur sodium-iode (NIS). Une fois à l’intérieur de la cellule
thyroïdienne, l’iode est utilisé pour la formation des hormones thyroïdiennes. (101,103)

La thyroxine (T4) est la principale hormone thyroïdienne produite par la glande thyroïde. Elle
est sécrétée dans la circulation sanguine et constitue une forme inactive de l’hormone. Dans
les tissus périphériques, la thyroxine est convertie en triiodothyronine (T3), l’hormone
thyroïdienne active, par une enzyme appelée la déiodinase. (102,104)

Une fois que l’iode est absorbé dans l’intestin et distribué dans l’organisme, il est capté par les
cellules de la glande thyroïde grâce au NIS. Dans la glande thyroïde, l’iode est utilisé pour la
production des hormones thyroïdiennes qui seront stockées dans la glande thyroïde sous
forme de précurseurs inactifs. (101–103)

La quantité d’iode stockée dans la glande thyroïde dépend de l’apport d’iode provenant de
l’alimentation. Si l’apport en iode est adéquat, la glande thyroïde peut accumuler suffisamment
d’iode pour produire des hormones thyroïdiennes en quantité adéquate. Cependant, si l’apport
en iode est insuffisant, la glande thyroïde peut épuiser ses réserves d’iode, ce qui peut

58
entraîner des troubles thyroïdiens tels qu’une production insuffisante d’hormones
thyroïdiennes. (104)

Pendant la grossesse, la demande en hormones thyroïdiennes augmente en raison des


besoins accrus pour le développement du fœtus. La glande thyroïde doit donc stocker
suffisamment d’iode pour soutenir cette demande accrue. (104) Une consommation adéquate
d’iode pendant la grossesse est donc essentielle pour maintenir des réserves adéquates
d’iode dans la glande thyroïde et soutenir le développement normal du fœtus.

L’élimination de l’iode est principalement assurée par les reins. Après avoir été absorbé par
l’intestin et distribué dans le corps, l’iode non utilisé ou en excès est filtré dans les glomérules
rénaux, qui sont les structures responsables de la filtration du sang dans les reins. L’iode filtré
est ensuite excrété dans l’urine. La quantité d’iode éliminée dans l’urine dépend de plusieurs
facteurs, notamment de l’apport en iode provenant de l’alimentation et du métabolisme
thyroïdien. Lorsque l’apport en iode est suffisant et que le métabolisme thyroïdien fonctionne
normalement, la quantité d’iode éliminée dans l’urine est généralement équilibrée avec l’apport
d’iode. Cependant, en cas de carence en iode ou de métabolisme thyroïdien altéré,
l’élimination de l’iode peut être réduite. Cela peut entrainer une accumulation d’iode dans
l’organisme ou une diminution des niveaux d’iode dans l’urine. (102,105)

III.[Link] Les risques en cas de carence en iode au cours


de la grossesse

Une carence en iode pendant la grossesse peut avoir des conséquences importantes sur la
santé de la mère et du fœtus. Une carence en iode peut être la cause :
- D’un retard de développement et d’atteintes neurologiques : l’iode est nécessaire à la
production d’hormones thyroïdiennes, qui jouent un rôle crucial dans le développement
du cerveau et du système nerveux du fœtus. Une carence en iode pendant la
grossesse peut entraîner un retard de développement mental et physique, des
atteintes cognitives, des troubles de l’apprentissage et des déficiences neurologiques
chez l’enfant.
- D’une hypothyroïdie maternelle : une carence en iode peut entraîner une production
insuffisante d’hormones thyroïdiennes chez la mère, conduisant à une hypothyroïdie.
Cela peut avoir des répercussions sur la santé maternelle, notamment une prise de
poids excessive, une fatigue, une dépression, une altération de la fonction cardiaque
et une diminution de la capacité à se remettre de l’accouchement.

59
- De complications de la grossesse : une carence en iode augmente le risque de
complications pendant la grossesse, notamment une augmentation du risque
d’hypertension artérielle, de pré-éclampsie, de fausse couche, de naissance
prématurée et de retard de croissance intra-utérin. Ces complications peuvent avoir un
impact sur la santé de la mère et du fœtus, et entraîner des problèmes à long terme
pour l’enfant.
- D’anomalies congénitales : une carence sévère en iode pendant la grossesse peut
entraîner des anomalies congénitales chez le fœtus, en particulier des malformations
du système nerveux. L’une des anomalies les plus graves associées à une carence en
iode est l’hypothyroïdie congénitale, qui peut être la cause d’un retard mental et des
problèmes de croissance chez le nouveau-né. (21,102,104,106,107)

Il est important de souligner que la gravité des effets indésirables en iode dépend de la sévérité
de la carence, de la durée de la carence et du moment de la carence pendant la grossesse.
Une carence légère à modérée peut entraîner des effets moins prononcés, tandis qu’une
carence sévère peut avoir des conséquences graves.

III.[Link] Les risques en cas d’excès en iode au cours de la


grossesse

Bien que l’iode soit essentiel pour la santé de la mère et du fœtus, une consommation
excessive d’iode peut également avoir des conséquences néfastes. Un excès en iode peut
être la cause de :
- Une hyperthyroïdie maternelle : un excès en iode peut entraîner une production
excessive d’hormones thyroïdiennes, conduisant à une hyperthyroïdie chez la mère.
Cela peut provoquer des symptômes tels qu’une augmentation de la fréquence
cardiaque, de l’irritabilité, de l’anxiété, de l’insomnie et une perte de poids non
intentionnelle. Une hyperthyroïdie non contrôlée peut entraîner des complications
pendant la grossesse, y compris un risque accru de pré-éclampsie et de naissance
prématurée. (104,108)
- Une hypothyroïdie fœtale : un excès en iode chez la mère peut également avoir un
impact sur la fonction thyroïdienne du fœtus. Des niveaux excessifs d’iode peuvent
supprimer la fonction thyroïdienne fœtale, ce qui peut entraîner une hypothyroïdie chez
le fœtus. Une hypothyroïdie fœtale non traitée peut entraîner un retard de
développement, des problèmes neurologiques et des anomalies congénitales. (109)

60
- Effets sur la fonction thyroïdienne du nouveau-né : un excès en iode chez la mère peut
également affecter la fonction thyroïdienne du nouveau-né après la naissance. Un
nourrisson dont la mère a une consommation excessive d’iode peut présenter une
fonction thyroïdienne altérée, ce qui peut entraîner des problèmes de croissance, un
développement neurologique anormal et des troubles thyroïdiens. (104,108)

Il est important de souligner que les risques d’un excès en iode pendant la grossesse
dépendent de la gravité de l’excès et de la durée de l’exposition. Dans la plupart des cas, un
apport modéré d’iode provenant d’une alimentation équilibrée ne présente pas de risque
d’excès en iode. Cependant, les suppléments d’iode et certains aliments très riches en iode
peuvent entraîner un apport excessif si leur consommation n’est pas contrôlée.

III.[Link] Les recommandations de supplémentation selon


les autorités compétentes

Pendant la grossesse et la lactation, les besoins en iode augmentent de 50 microgrammes


par jour pour atteindre entre 150 et 200 microgrammes par jour. La France est considérée
comme un pays présentant un problème de goitre endémique. Les carences légères à
modérées peuvent entraîner une hyperplasie thyroïdienne (goitre) chez la mère et le nouveau-
né. Pour prévenir ou atténuer ces anomalies, il est recommandé de privilégier les aliments
riches en iode tels que le lait, le poisson, les œufs et d’utiliser du sel enrichi en iode. Une
supplémentation en iode sous forme de médicaments de 100 à 150 microgrammes par jour
ne doit être envisagée que dans des cas de risque de carence avérée, tels que dans les
régions traditionnellement touchées en France ou chez les immigrés, notamment ceux de la
zone sub-saharienne, comme le Mali. Il est important de noter les risques associés à une
surcharge en iode, qui peut entraîner des troubles graves de la fonction thyroïdienne chez les
prématurés. (50)

L’EFSA a établi en 2014 une recommandation d’AS de 200 microgrammes par jour pour les
femmes enceintes. Cette valeur est définie comme étant l’apport quotidien recommandé pour
répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des femmes enceintes et garantir leur santé et
celle du fœtus. (21)

Selon les recommandations émises par l’OMS, il est recommandé de proposer une
supplémentation systématique en iode en France. Les recommandations précisent qu’une
dose de 100 microgrammes par jour d’iode devrait être administrée aux femmes en âge de

61
procréer, tandis qu’une dose de 200 microgrammes par jours d’iode devrait être administrée
dès le début de la grossesse et pendant l’allaitement. (110)

III.1.2.4 Magnésium

Le magnésium est un minéral essentiel qui joue un rôle vital dans de nombreuses fonctions
biologiques de l’organisme. Il participe à la formation des os, à la production d’énergie, à la
fonction musculaire, à la régulation du rythme cardiaque, à celle de la température corporelle
et à la synthèse des protéines. (38,111,112)
Les principales sources alimentaires de magnésium comprennent les légumes à feuilles
vertes, les noix, les graines, les céréales complètes, les légumineuses et les produits laitiers.
(61,112)

III.[Link] Le métabolisme du magnésium au cours de la


grossesse

Figure 7 : Distribution du magnésium dans l'organisme

L’absorption du magnésium se produit principalement dans l’intestin grêle. Sa biodisponibilité


dépend de divers facteurs, tels que la forme chimique du magnésium, la présence d’autres
nutriments et la fonction intestinale. Le corps régule l’absorption du magnésium pour maintenir
des niveaux sains dans l’organisme. (111–113)

62
Une fois absorbé, le magnésium est transporté dans le sang et distribué à travers les cellules
de l’organisme. La majeure partie du magnésium se trouve dans les os, les muscles et les
tissus mous, tandis qu’une petite quantité circule dans le plasma sanguin. (111,112)

Le magnésium est impliqué dans de nombreux processus métaboliques, y compris la


production d’énergie, la synthèse des acides nucléiques et des protéines, la régulation
enzymatique et la transmission nerveuse. Il agit également comme cofacteur pour de
nombreuses réactions enzymatiques essentielles. (111,112)

Le magnésium est stocké principalement dans les os. Il agit comme un réservoir de
magnésium disponible pour l’organisme lorsque les niveaux sanguins sont insuffisants. (112)

L’élimination du magnésium se fait principalement par les reins, où il est filtré par les
glomérules rénaux et réabsorbé dans les tubules rénaux en fonction des besoins de
l’organisme. Les selles et la transpiration peuvent également contribuer à l’élimination du
magnésium. (112,113)

III.[Link] Les risques en cas de carence en magnésium au


cours de la grossesse

Une carence en magnésium peut entraîner divers problèmes de santé. Les symptômes
courants d’une carence en magnésium comprennent la fatigue, les crampes musculaires, les
spasmes, les palpitations cardiaques, les troubles du sommeil et la faiblesse. Pendant la
grossesse, une carence en magnésium peut augmenter le risque de complications telles que
la pré-éclampsie, la prématurité et la croissance restreinte du fœtus. (112,114,115)

III.[Link] Les risques en cas d’excès en magnésium au


cours de la grossesse

Un excès de magnésium provenant de l’alimentation est généralement bien toléré par


l’organisme. L’hypermagnésémie est une condition moins courante que l’hypomagnésémie et
peut être causée par une diminution de l’élimination du magnésium ou une augmentation de
son apport. (112,113)

Cependant, une supplémentation excessive en magnésium peut entraîner une diarrhée, une
détresse gastro-intestinale et, dans certains cas, une accumulation excessive de magnésium

63
dans le sang (hypermagnésémie). Pendant la grossesse, un excès de magnésium peut
également affecter le développement du fœtus et augmenter le risque de troubles
neurologiques chez le nouveau-né. (112)

III.[Link] Les recommandations de supplémentation selon


les autorités compétentes

Selon le CNGOF, pendant la grossesse, le fœtus à terme accumule environ 1 g de


magnésium. La quantité totale de magnésium dans le plasma de la mère reste stable ou
augmente légèrement, tandis que le magnésium érythrocytaire diminue légèrement. Le sang
du cordon affiche une concentration en magnésium plus élevée que celui de la mère, ce qui
indique un transport actif via le placenta. En France, la consommation moyenne de
magnésium est d’environ 250 mg/j, et une rétention maternelle de 10% suffirait à satisfaire les
besoins croissant du fœtus et de la mère (soit 7 g de magnésium disponible). Les études sur
les effets de la supplémentation en magnésium (100 à 350 mg/j) sur les complications de la
grossesse donnent des résultats très divergents. Ainsi, il n’y a pas de justification à la
supplémentation systématique en magnésium au cours de la grossesse. (50)

Des recherches ont indiqué que l’administration de magnésium en complément pendant la


période de grossesse pourrait potentiellement diminuer l’incidence de la pré-éclampsie et
favoriser un poids de naissance plus élevé. Toutefois, une analyse de 10 essais randomisés
portant sur 9 090 femmes et leurs nourrissons, publiée dans une revue Cochrane du Pregancy
and Chilbirth Register, n’a pas révélé de différence significative dans le risque de mortalité
périnatale entre le groupe de nourrissons dont les mères ont reçu une supplémentation en
magnésium pendant la grossesse et le groupe de nourrissons dont les mères n’ont pas reçu
de magnésium. En outre, l’ajout, de magnésium n’a démontré aucune réduction du risque de
retard de croissance intra-utérin chez les nourrissons ni du risque de pré-éclampsie chez les
mères. Par conséquent, il n’existe pas de preuves convaincantes soutenant les effets
bénéfiques de la supplémentation en magnésium pendant la grossesse. (38)

Diverses études indiquent une association entre les perturbations de l’homéostasie du


magnésium et le risque d’hypertension gestationnelle. Dans un essai contrôlé, l’effet de la
supplémentation en magnésium chez les femmes enceintes en bonne santé a été examiné
dans le contexte de la prévention de l’élévation de la pression artérielle. Cet essai conclu sur
le fait que la supplémentation n’est pas recommandée chez les femmes enceintes en bonne
santé pour prévenir l’élévation de la pression artérielle. (38)

64
III.1.2.5 Zinc

Le zinc est un oligo-élément essentiel pour l’organisme, nécessaire à de nombreuses fonctions


biologiques, telles que le maintien de l’activité enzymatique au sein de nombreuses voies
métaboliques. Il est impliqué dans des fonctions cellulaires vitales telles que la division
cellulaire, la synthèse de l’ADN, la production de protéines, ainsi que dans la régulation et
l’activation de certains gènes. (38,116,117) Il est présent dans divers aliments, notamment les
viandes, les fruits de mer, les noix, les graines et les légumineuses. Les sources de zinc
comprennent également les produits laitiers, les céréales complètes et certains légumes. (61)

III.[Link] Le métabolisme du zinc au cours de la grossesse

L’absorption du zinc se produit principalement dans l’intestin grêle. Plusieurs facteurs peuvent
influencer cette absorption, tels que la présence de phytates, la réduisant. La biodisponibilité
du zinc varie selon les aliments. (61,118,119)

Une fois absorbé, le zinc est distribué dans tout l’organisme par la circulation sanguine. Il est
transporté par des protéines spécifiques et est essentiel pour de nombreuses enzymes et
protéines impliquées dans des processus cellulaires clés. (118,119)

Le zinc est impliqué dans plusieurs voies métaboliques de l’organisme. Il joue un rôle crucial
dans la synthèse des protéines, la régulation de l’expression génique, le métabolisme des
glucides, des lipides et des acides nucléiques. Il est également nécessaire pour le
fonctionnement optimal du système immunitaire. (116,117,119)

Le zinc est principalement éliminé par les voies urinaires et intestinales. L’excrétion urinaire
est la principale voie d’élimination, suivie de l’excrétion fécale. L’élimination du zinc peut être
influencée par divers facteurs, tels que l’état nutritionnel, les maladies et les médicaments.
(118,120)

III.[Link] Les risques en cas de carence en zinc au cours


de la grossesse

Une carence en zinc pendant la grossesse peut entraîner divers problèmes de santé. Elle peut
augmenter le risque de complications obstétriques comme la prématurité, le retard de
croissance intra-utérin et la pré-éclampsie. De plus, une carence en zinc peut avoir des

65
conséquences négatives sur la santé du fœtus, y compris des retards de développement et
un système immunitaire affaibli. (117,118,121)

III.[Link] Les risques en cas d’excès en zinc au cours de la


grossesse

Bien que des apports adéquats en zinc soient essentiels, une consommation excessive de
zinc peut également présenter des risques pour la santé, en particulier pendant la grossesse.
Un excès de zinc peut interférer avec l’absorption d’autres minéraux, tels que le cuivre, et
perturber l’équilibre nutritionnel. Des doses élevées de zinc peuvent également causer des
effets indésirables, tels que des troubles gastro-intestinaux. (117,122)

III.[Link] Les recommandations de supplémentation selon


les autorités compétentes

Étant donné les multiples rôles du zinc dans l’organisme, il est logique que les besoins en cet
élément augmentent pendant la grossesse, nécessitant une consommation quotidienne d’au
moins 11 mg. Cependant, les données disponibles dans la littérature scientifique concernant
l’impact de la supplémentation en zinc sur le déroulement de la grossesse et le développement
du fœtus ne permettent pas de tirer des conclusions définitives. Selon les estimations, environ
82% des femmes enceintes dans le monde présentent une insuffisance d’apport en zinc, ce
qui peut avoir des répercussions sur la santé du fœtus. En cas de carence modérée en zinc,
une augmentation du risque de rupture prématurée des membranes, des accouchements
prématurés et des faibles poids à la naissance sont observés. De plus, des altérations du
développement immunitaire peuvent se produire. En présence d’une carence sévère en zinc,
il est possible que des malformations congénitales surviennent, telles que des malformations
palatines, cardiaques, urologiques, squelettiques et cérébrales. Par conséquent, il existe des
associations entre la supplémentation en zinc, l’augmentation du poids à la naissance et la
réduction des complications périnatales, bien que ces relations n’aient pas été formellement
établies par des essais randomisés. (38)

Des études ont établi une corrélation entre la carence en zinc et l’apparition de complications
telles que la pré-éclampsie, l’hémorragie post-partum et les avortements spontanés.
Cependant, les données issues de la base de données Cochrane des revues systématiques
suggèrent que la supplémentation en zinc peut avoir peu ou pas d’effet en termes de réduction
du nombre de naissances prématurées, du risque de mortinatalité ou du nombre de décès

66
périnataux. Il n’est pas clairement établi si la supplémentation en zinc peut contribuer à
diminuer le taux de mortalité néonatale. En ce qui concerne d’autres résultats à la naissance,
il a été constaté que la supplémentation en zinc peut avoir peu ou pas d’effet sur le poids
moyen à la naissance, c’est-à-dire sur le risque de faible poids à la naissance et de nourrissons
petits pour l’âge gestationnel, par rapport à l’utilisation d’un placebo ou à l’absence de
supplémentation en zinc. (38)

Les divergences observées dans les études pourraient résulter de variations nutritionnelles
entre les populations concernées par l’intervention. Par conséquent, les preuves disponibles
ne sont pas suffisantes pour soutenir que la supplémentation en zinc pendant la grossesse
conduit à des améliorations des résultats maternels ou néonatals. (38)

D’après les données fournies par le CNGOF, il n’y a pas d‘effet notable sur le déroulement de
la grossesse en cas de supplémentation systématique en zinc chez les femmes enceintes.
Les besoins en zinc peuvent être comblés par une alimentation équilibrée qui comprend
suffisamment de protéines animales. Toutefois, pour les femmes végétariennes ou
végétaliennes, une supplémentation en zinc peut être nécessaire. Il est essentiel de noter que
le métabolisme du zinc et du fer peut interférer, ce qui implique de prendre des précautions en
cas de supplémentation. En conclusion, la supplémentation en zinc ne semble pas
recommandée de manière systématique chez les femmes enceintes, mais elle peut être
envisagée pour les femmes ayant des régimes spécifiques. (50)

III.1.3 … les acides gras essentiels

Les acides gras essentiels sont des types spécifiques d’acides gras qui sont indispensables à
l’organisme humain car ils ne peuvent pas être synthétisés par l’organisme lui-même et doivent
donc être obtenus à partir de l’alimentation. Il existe deux principaux acides gras essentiels :
l’acide linoléique (oméga-6) et l’acide alpha-linolénique (oméga-3). Ces deux acides gras
essentiels sont des acides gras polyinsaturés. (123–125)

67
Figure 8 : Schéma de la synthèse des différents acides gras oméga-3 et oméga-6

L’acide linoléique (oméga-6) se trouve principalement dans les huiles végétales telles que
l’huile de tournesol, l’huile de maïs et l’huile de pépins de raisin. Il est également présent dans
certains aliments tels que les noix, les graines et les légumes à feuilles vertes. (125)

L’acide alpha-linolénique (oméga-3) se trouve principalement dans les graines de lin, les noix
et les poissons gras tels que le saumon, le maquereau et les sardines. Il peut également être
présent dans certaines huiles végétales comme l’huile de lin et l’huile de colza. (125–127)

Les acides gras essentiels jouent un rôle crucial dans de nombreuses fonctions biologiques
de l’organisme. Ils sont nécessaires à la formation et au fonctionnement des membranes
cellulaires, à la production d’hormones, à la régulation de l’inflammation, à la fonction cérébrale
et au développement du système nerveux. (123,125)

III.1.3.1 L’acide docosahexaénoïque (DHA)

L’acide docosahexaénoïque (DHA) est un acide gras à longue chaîne de la famille des acides
gras oméga-3. (128) Il est considéré comme l’un des acides gras essentiels, bien que dans
une définition stricte, seuls l’acide alpha-linolénique (ALA) et l’acide linoléique soient
considérés comme essentiels. (38,124)

Le DHA est synthétisé à partir de l’ALA dans l’organisme, mais la conversion de l’ALA en DHA
est limitée et inefficace. Par conséquent, il est souvent recommandé de consommer
directement des sources de DHA dans l’alimentation ou sous forme de suppléments.
(124,128,129)

68
Le DHA est abondant dans les poissons gras tels que le saumon, le maquereau, les sardines
et les anchois. Il peut également être présent dans les huiles de poisson et les compléments
alimentaires à base d’huile de poisson. (123,129)

Le DHA joue un rôle crucial dans le développement et le fonctionnement du cerveau et du


système nerveux. Il est particulièrement important pendant la grossesse, car il est nécessaire
à la croissance et à la différenciation des cellules cérébrales du fœtus. Le DHA est essentiel
à la construction des membranes cellulaires du cerveau et contribue au bon fonctionnement
des neurones. (123,127–129)

III.[Link] Le métabolisme de l’acide docosahexaénoïque au


cours de la grossesse

Le DHA, une fois absorbé et distribué dans l’organisme, peut être utilisé de différentes
manières pour soutenir les processus biologiques.

Figure 9 : Biosynthèse des acides gras polyinsaturés à longue chaîne de la famille des
oméga-3 et des oméga-6

Les principales voies de métabolisme du DHA sont les suivantes :


1) Incorporation dans les membranes cellulaires : le DHA est principalement incorporé
dans les membranes cellulaires, en particulier celles des cellules du cerveau, du
système nerveux et de la rétine. Il joue un rôle crucial dans la structure et la fluidité des
membranes cellulaires, ce qui est essentiel pour leur fonctionnement optimal.
2) Conversion en eicosanoïdes : le DHA peut être converti en eicosanoïdes, qui sont des
composés lipidiques biocatifs. Ces eicosanoïdes dérivés du DHA, tels que les
69
résolvines, les protectines et les maresines, ont des propriétés anti-inflammatoires et
sont impliqués dans la régulation de l’inflammation et de l’homéostasie dans
l’organisme.
3) Métabolisme en d’autres acides gras : le DHA peut être métabolisé en d’autres acides
gras à longue chaîne tels que l’EPA ou l’acide arachidonique (AA) par des enzymes
spécifiques. Ces acides gras sont également importants pour diverses fonctions
biologiques, notamment la régulation de l’inflammation et la signalisation cellulaire.
4) Stockage dans les tissus adipeux : une partie du DHA peut être stockée dans les tissus
adipeux de l’organisme pour une utilisation ultérieure. Cela permet un
approvisionnement continu en DHA, même lorsque l’apport alimentaire en acides gras
oméga-3 est insuffisant. (123,130)

Il est important de noter que le métabolisme du DHA peut varier d’une personne à l’autre en
fonction de facteurs génétiques, nutritionnels et hormonaux. De plus, la conversion du DHA
en d’autres composés dépend de l’activité des enzymes impliquées dans ces voies
métaboliques. (123)

Pendant la grossesse, le métabolisme du DHA est particulièrement important car il est


nécessaire pour soutenir le développement et la fonction du cerveau et du système nerveux
du fœtus. Un apport adéquat en DHA, que ce soit par le biais d’une alimentation équilibrée ou
de compléments alimentaires, est crucial pour répondre aux besoins métaboliques pendant
cette période critique. (127–129)

III.[Link] Les risques en cas de carence en acide


docosahexaénoïque au cours de la grossesse

Une carence en DHA pendant la grossesse peut avoir des conséquences néfastes sur le
développement du fœtus et la santé maternelle. Le DHA est essentiel pour la construction et
le développement du cerveau et du système nerveux central. Une carence en DHA peut
compromettre la formation adéquate des membranes cellulaires du cerveau et entraver le
développement normal des neurones, ce qui peut potentiellement affecter les capacités
cognitives, la fonction visuelle et le comportement de l’enfant. Des études ont suggéré qu’une
carence en DHA pendant la grossesse peut également être associée à un risque accru de
troubles du développement, tels que des problèmes de langage, des difficultés
d’apprentissage, des problèmes de comportement et des troubles du spectre autistique.
Cependant, il convient de noter que les résultats de ces études ne sont pas concluants et que
d’autres recherches sont nécessaires pour établir des liens de causalité. (129,131)
70
Une carence en DHA pendant la grossesse peut augmenter le risque de certaines maladies
chez l’enfant, notamment des troubles neurodéveloppementaux, des maladies
cardiovasculaires, des troubles de l’humeur et des problèmes de vision. Les acides gras
oméga-3, tels que le DHA, jouent un rôle important dans la régulation de l’inflammation, du
métabolisme lipidique et du fonctionnement cellulaire, et une carence peut perturber ces
processus essentiels. (129,131)

Outre les risques pour le fœtus, une carence en DHA peut également affecter la santé
maternelle. Des niveaux insuffisants de DHA peuvent être associés à un risque accru de
dépression post-partum, de troubles de l’humeur, d’inflammation chronique et de
dysfonctionnement hormonal. (42,132)

III.[Link] Les recommandations en apport en acide


docosahexaénoïque au cours de la grossesse

Selon les recommandations de l’ANSES, l’apport en DHA chez la femme enceinte est
préconisé à hauteur de 250 mg par jour. Ces recommandations s’inscrivent dans les apports
en acides gras polyinsaturés pour une femme enceinte consommant environ 2 050 kcal par
jour. (123,133)

III.1.3.2 L’acide eicosapentaénoïque (EPA)

L’acide eicosapentaénoïque (EPA) est un acide gras oméga-3 à longue chaîne qui appartient
à la famille des acides gras polyinsaturés. (123,124)

L’EPA est essentiellement présent dans les poissons gras tels que le saumon, le thon, les
sardines et les anchois. Il peut également être synthétisé à partir de l’ALA, un autre acide gras
oméga-3, mais la conversion d’ALA en EPA dans le corps humain est limitée. (123,124)

L’EPA est métabolisé dans l’organisme à partir de son précurseur, l’ALA, par des enzymes
spécifiques. Il est transformé en EPA grâce à des réactions d’élongation et de désaturation
qui se produisent dans le foie. (123,125,134)

Il convient de noter que l’EPA et le DHA sont tous deux des acides gras oméga-3 à longue
chaîne présents dans les poissons gras. Ils ont des structures similaires et partagent certaines
fonctions biologiques, mais ils diffèrent légèrement en termes de structure et d’activités

71
métaboliques. Le DHA est particulièrement important pour le développement du cerveau et du
système nerveux, tandis que l’EPA est davantage associé à ses propriétés anti-
inflammatoires. (123,125)

III.[Link] Le métabolisme de l’acide eicosapentaénoïque au


cours de la grossesse

Au cours de la grossesse, l’EPA subit divers processus de métabolisme dans


l’organisme (Figure 9 : Biosynthèse des acides gras polyinsaturés à longue chaîne de la
famille des oméga-3 et des oméga-6) :
1) Conversion en composés bioactifs : l’EPA peut être converti en différents composés
bioactifs, tels que les eicosanoïdes, par des enzymes spécifiques. Les eicosanoïdes
dérivés de l’EPA, tels que les prostaglandines et les leucotriènes, jouent un rôle
essentiel dans la modulation de l’inflammation, la régulation de la fonction immunitaire
et la protection de la santé cardiovasculaire. Ces composés bioactifs sont formés grâce
à des réactions enzymatiques complexes impliquant des enzymes telles que la
cyclooxygénase (COX) et la lipoxygénase (LOX).
2) Métabolisme en acides gras plus courts : l’EPA peut être métabolisé en acides gras
plus courts, tels que l’acide docosapentaénoïque (DPA). Le DPA est un autre acide
gras oméga-3 présent dans certains aliments, notamment les poissons gras. Bien que
le DPA ne soit pas aussi étudié que l’EPA et le DHA, il a été suggéré qu’il pourrait
également avoir des effets bénéfiques sur la santé, tels que la réduction de
l’inflammation et la protection cardiaque.
3) Oxydation et élimination : l’EPA peut subir des réactions d’oxydation dans l’organisme.
Ces réactions peuvent impliquer des enzymes telles que les cytochromes P450 et les
peroxydases, conduisant à la formation de métabolites oxydés de l’EPA. Ces
métabolites oxydés peuvent être ultérieurement éliminés de l’organisme par des voies
métaboliques, notamment la voie de la bile et l’excrétion urinaire. (123,135,136)

III.[Link] Les risques en cas de carence de l’acide


eicosapentaénoïque au cours de la grossesse

Une carence en EPA au cours de la grossesse peut être à l’origine de nombreux


dysfonctionnement. Cependant, il convient de noter que les études sur les effets spécifiques
de la carence en EPA pendant la grossesse sont limitées. Une carence en EPA pendant la
grossesse peut potentiellement compromettre le développement cérébral normal du fœtus, ce

72
qui peut avoir des conséquences à long terme sur ses capacités cognitives et son
fonctionnement neurologique. (137,138)

L’EPA est connu pour ses effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire, notamment la
réduction de l’inflammation, de la tension artérielle et du risque de maladies cardiaque. Une
carence en EPA pendant la grossesse pourrait augmenter le risque de problèmes
cardiovasculaires chez la mère et éventuellement chez l’enfant à long terme. (138,139)

Il est important de noter que la carence en EPA n’est pas souvent isolée, et qu’elle peut être
associée à une carence en d’autres acides gras oméga-3, tels que le DHA. (137)

III.[Link] Les recommandations en apport en acide


eicosapentaénoïque au cours de la grossesse

Selon les recommandations de l’ANSES, l’apport en EPA associé au DHA chez la femme
enceinte est préconisé à hauteur de 500 mg par jour. Ces recommandations s’inscrivent dans
les apports en acides gras polyinsaturés pour une femme enceinte consommant environ 2 050
kcal par jour. (123)

III.1.3.3 Les huiles de poissons : focus sur la présence de


vitamine A

Les huiles de poissons sont des produits dérivés de différentes espèces de poissons, obtenus
généralement par extraction à partir des tissus gras des poissons. Elles sont riches en acides
gras oméga-3, tels que l’EPA et le DHA. (140,141)

Les huiles de poissons sont souvent utilisées comme compléments alimentaires, car elles
fournissent une source concentrée d’acides gras oméga-3 bénéfiques pour l’organisme. Ces
acides gras sont réputés pour leurs effets positifs sur la santé, notamment en ce qui concerne
la santé cardiovasculaire, le développement cérébral, la réduction de l’inflammation et le
soutien du système immunitaire. (141)
Les espèces de poissons les plus couramment utilisées pour extraire les huiles de poissons
sont les poissons gras, tels que le saumon, le maquereau, le hareng, la sardine et l’anchois.
Ces poissons sont connus pour contenir des quantités élevées d’acides gras oméga-3, ce qui
en fait des sources privilégiées pour la production d’huiles de poissons. (127,142,143)

73
Il convient de noter que les huiles de poissons peuvent subir un processus de purification pour
éliminer les contaminants potentiels, tels que les métaux lourds et les polluants
environnementaux, afin de garantir leur sécurité et leur pureté. (142,143)

Les huiles de poissons sont disponibles sous forme de compléments alimentaires, notamment
sous forme de capsules ou de liquides, et sont souvent recommandées pour compléter l’apport
en acides gras oméga-3, en particulier lorsque l’alimentation ne fournit pas suffisamment de
ces nutriments essentiels.

La vitamine A est présente dans les huiles de poissons, bien que la quantité puisse varier
selon l’espèce de poisson et d’autres facteurs. La vitamine A est un nutriment essentiel pour
le bon fonctionnement de l’organisme, jouant un rôle crucial dans la vision, la croissance, le
développement cellulaire et le système immunitaire. Les huiles de poissons sont souvent
considérées comme une source naturelle de vitamine A, ainsi que d’autres nutriments tels que
les acides gras oméga-3, y compris l’EPA et le DHA.

Cependant il est important de noter que la vitamine A peut être présente sous différentes
formes dans les huiles de poissons. Il existe deux principales formes de vitamine A : le rétinol
et les caroténoïdes. Les huiles de poissons contiennent généralement une petite quantité de
vitamine A sous forme de rétinol, bien que les niveaux puissent varier.

Il est essentiel de reconnaître que la vitamine A est potentiellement tératogène, ce qui signifie
qu’une consommation excessive de cette vitamine pendant la grossesse peut entraîner des
risques pour le développement normal du fœtus. Cependant, il est important de noter que la
vitamine A est présente naturellement dans les huiles de poissons, qui sont souvent utilisées
dans certains compléments alimentaires destinés à la grossesse. Malheureusement, il est
fréquent, voire habituel, que la vitamine A ne soit pas dosée dans ces huiles de poissons, ce
qui signifie qu’elle n’est pas dosée, ni identifiée dans les compléments alimentaires eux-
mêmes. Cette absence de dosage de la vitamine A dans les huiles de poissons et les
compléments alimentaires peut poser un problème pour les femmes enceintes qui cherchent
à compléter leur apport nutritionnel pendant cette période critique de la vie. Sans dosage
précis, il devient difficile pour les femmes enceintes de connaître la quantité de vitamine A
qu’elles consomment réellement, ce qui peut entraîner une exposition excessive et
potentiellement risquée. Il en est de même pour les professionnels de santé qui souhaite
aiguiller la femme enceinte vers un complément aux dépens d’un autre.

74
La vitamine A est un nutriment essentiel, mais son excès peut être préjudiciable au
développement du fœtus. Des niveaux élevés de vitamine A ont été associés à des
malformations congénitales, en particulier lorsqu’ils surviennent pendant la période de
formation des organes. Par conséquent, il est crucial de surveiller attentivement l’apport en
vitamine A pendant la grossesse.
En tant que professionnel de santé, en particulier en tant que pharmacien, il est de leur devoir
de sensibiliser la femme enceinte aux risques potentiels liés à la vitamine A et aux
compléments alimentaires contenant des huiles de poissons non dosées. Il est essentiel
d’encourager les femmes enceintes à choisir des compléments alimentaires spécifiquement
formulés pour la grossesse, qui fournissent des dosages appropriés de vitamine A et d’autres
nutriments essentiels tout en tenant compte des habitudes alimentaires de la femme enceinte.

Lorsqu’il s’agit de compléments alimentaires à base d’huiles de poissons destinés à la


grossesse, il est important de prendre en compte la quantité de vitamine A contenue dans le
produit. Une consommation excessive de vitamine A pendant la grossesse peut présenter des
risques tératogènes pour le développement du fœtus. Par conséquent, il est recommandé de
suivre les recommandations et les dosages recommandés par les autorités sanitaires
compétentes pour éviter une consommation excessive de vitamine A.

Il serait nécessaire de demander aux fabricants de compléments alimentaires de fournir des


informations précises sur la teneur en vitamine A dans les huiles de poissons utilisées et de
respecter les recommandations et les limites de dosage en vitamine A pour les produits
destinés aux femmes enceintes.

Il est important de noter que les huiles de poissons peuvent varier en termes de composition
nutritionnelle et de qualité, donc il est recommandé de choisir des produits de haute qualité
provenant de sources fiables et d’adhérer aux dosages recommandés par les autorités
sanitaires compétentes.

75
III.1.4 En résumé : Organigramme sur la supplémentation en nutriments chez la femme enceinte

Figure 10 : Organigramme sur la supplémentation en nutriments chez la femme enceinte

76
Cet organigramme guide les décisions de supplémentation en nutriments pour les femmes
enceintes. Il souligne l’importance de la supplémentation systématique en acide folique et
recommande des doses spécifiques en fonction des facteurs de risque. Il suggère également
une supplémentation en vitamine D, avec diverses stratégies en fonction de l’alimentation de
la femme. Pour les cas spécifiques de carences en calcium, fer et iode, un questionnaire et
éventuellement un dosage peuvent aider à déterminer la nécessité d’une supplémentation.
Enfin, il indique qu’une supplémentation en vitamine A n’est pas recommandée en raison de
ses effets tératogènes.

III.2 Les limites, les critères de choix et les controverses des études cliniques
quant à la supplémentation en compléments alimentaires chez la femme enceinte

La supplémentation en nutriments et en compléments alimentaires chez la femme enceinte


est un sujet d’intérêt croissant, mais il existe des limites importantes dans les études cliniques,
des controverses persistantes et des risques associés à cette pratique.

Tout d’abord, les études cliniques sur la supplémentation en nutriments chez les femmes
enceintes peuvent être confrontées à des défis méthodologiques. Il peut être difficile de
recruter un nombre suffisant de participantes pour constituer des groupes de traitement et de
contrôle, ce qui limite la puissance statistique de l’étude. De plus, il est souvent difficile de
contrôler tous les facteurs confondants, tels que l’alimentation globale et le mode de vie, qui
peuvent avoir un impact sur les résultats. Par conséquent, les résultats des études peuvent
être variables et les conclusions peuvent être limitées.

Les études cliniques sont des recherches menées sur des sujets humains pour évaluer
l’efficacité et la sécurité d’un complément alimentaire. Bien qu’elles soient cruciales pour la
prise de décision en matière de santé, il est important de reconnaître leurs limites.

III.2.1 Les limites des études cliniques

III.2.1.1 Les biais de sélection

Lorsqu’il s’agit de la supplémentation chez la femme enceinte, les biais de sélection sont d’une
importance cruciale dans les études cliniques. Les décisions de supplémentation doivent être
basées sur des données solides et représentatives de la population cible, afin d’obtenir des
résultats fiables et généralisables.

77
Les biais de sélection peuvent se produire lorsque les critères d’inclusion et d’exclusion des
études sont trop restrictifs, ce qui peut entraîner l’exclusion de certaines femmes enceintes
qui pourraient bénéficier de la supplémentation étudiée. Par exemple, si une étude exclut les
femmes enceintes présentant certaines conditions médicales préexistantes, cela peut limiter
la pertinence des résultats pour les femmes enceintes présentant ces conditions dans la
population générale. De même, si l’étude exclut les femmes enceintes de certaines origines
ethniques ou socioéconomiques, les résultats pourraient ne pas être applicables à ces
populations spécifiques.

Il est essentiel que les études cliniques sur la supplémentation chez la femme enceinte
incluent une représentation adéquate des femmes provenant de différentes populations, avec
des caractéristiques démographiques variées. Cela permettrait d’obtenir des données plus
représentatives de la population générale et d’identifier les bénéfices et les risques potentiels
de la supplémentation dans différents contextes.

Pour minimiser les biais de sélection, il est important que les critères d’inclusion et d’exclusion
des études soient définis de manière à être justifiés scientifiquement et à refléter la réalité des
femmes enceintes dans la population cible. Les chercheurs doivent veiller à ce que les critères
soient clairement définis, transparents et cohérents avec l’objectif de l’étude.

En outre, il est crucial de tenir compte des considérations éthiques lors de la conception et de
la mise en œuvre des études cliniques sur la supplémentation chez la femme enceinte. La
protection des droits et du bien-être des participantes, ainsi que la prise en compte des
potentiels risques et avantages, doivent être pris en compte de manière rigoureuse. Des
protocoles de recherche éthiques et des comités d’éthique indépendants peuvent jouer un rôle
essentiel dans l’évaluation et la supervision de ces études.

En somme, pour assurer la pertinence et la fiabilité des études cliniques sur la


supplémentation chez la femme enceinte, il est nécessaire de minimiser les biais de sélection
en incluant une représentation adéquate des femmes provenant de différentes populations.
Cela permettra d’obtenir des résultats plus généralisables et de guider les décisions en matière
de supplémentation, en tenant compte des spécificités de chaque groupe de femmes
enceintes.

78
III.2.1.2 Les biais de publication

Le biais de publication est un aspect important à prendre en compte lors de l’interprétation des
résultats des études cliniques. Ce biais se produit lorsque les études avec des résultats positifs
sont plus susceptibles d’être publiées que celles avec des résultats négatifs, ce qui peut
entraîner une surestimation de l’efficacité apparente d’un traitement.

Le biais de publication peut avoir un impact significatif sur la prise de décision en matière de
supplémentation chez la femme enceinte. Si seules les études démontrant des résultats
positifs sont disponibles, il peut y avoir une tendance à considérer la supplémentation comme
efficace, alors même que d’autres études avec des résultats contradictoires ou négatifs n’ont
pas été publiées ou sont restées non divulguées.

Cette situation crée une distorsion de la perception globale de l’efficacité d’un traitement de
supplémentation chez la femme enceinte. Les résultats positifs surestimés peuvent conduire
à des recommandations inappropriées en faveur de la supplémentation, tandis que les
résultats négatifs non publiés peuvent ne pas être pris en compte, entraînant ainsi une prise
de décision basée sur une image biaisée.

Pour atténuer le biais de publication, il est essentiel de promouvoir la transparence et l’accès


à l’ensemble des résultats des études cliniques, qu’ils soient positifs, négatifs ou neutres. La
publication sélective des résultats est une pratique préjudiciable à la prise de décision fondée
sur des preuves solides.

Les chercheurs, les organismes de réglementation et les revues scientifiques ont un rôle
crucial à jouer dans la lutte contre le biais de publication. Les chercheurs doivent être
encouragés à publier leurs résultats, quels qu’ils soient, afin de contribuer à une meilleure
compréhension globale de l’efficacité de la supplémentation chez la femme enceinte. Les
organismes de réglementation doivent également promouvoir la divulgation complète des
résultats lorsqu’ils évaluent l’efficacité et la sécurité des compléments alimentaires. Les revues
scientifiques peuvent jouer un rôle actif en encourageant la publication d’études avec des
résultats négatifs ou neutres, ainsi qu’en promouvant la transparence dans la divulgation des
données.

En conclusion, le biais de publication est une limite importante des études cliniques sur la
supplémentation chez la femme enceinte. Il est essentiel de promouvoir la publication et
l’accès à l’ensemble des résultats, indépendamment de leur nature, afin de prendre des
79
décisions éclairées et fondées sur des preuves solides en matière de supplémentation
pendant la grossesse. La transparence et l’ouverture dans la divulgation des résultats sont
essentielles pour garantir une prise de décision éclairée et éthique dans le domaine de la
supplémentation chez la femme enceinte.

III.2.1.3 Effet placebo

L’effet placebo est un élément important à considérer lors de l’évaluation de la


supplémentation chez la femme enceinte à partir des résultats des études cliniques. Dans ces
études, un groupe témoin est généralement utilisé pour comparer les effets du traitement actif
avec ceux d’un placebo. Cependant, l’effet placebo peut exercer une influence significative
sur les résultats et fausser les conclusions sur l’efficacité réelle de la supplémentation.

L’effet placebo se produit lorsque les participants ressentent une amélioration de leurs
symptômes ou de leur condition en raison de leurs attentes et en leur croyance envers le
traitement, plutôt que des propriétés intrinsèques du traitement lui-même. Dans le contexte de
la supplémentation chez la femme enceinte, cela signifie que certaines femmes pourraient
ressentir une amélioration subjective de leur bien-être ou de leurs symptômes simplement
parce qu’elles croient qu’elles reçoivent un traitement bénéfique, même si le traitement réel
n’a pas d’effet spécifique.

Cet effet placebo peut biaiser les résultats des études cliniques sur la supplémentation chez
la femme enceinte. Si un groupe de femmes enceintes reçoit un placebo, mais croit qu’il s’agit
d’un traitement actif, elles peuvent signaler des améliorations subjectives de leur santé ou de
leur bien-être, même en l’absence d’un bénéfice réel provenant de la supplémentation. Cela
peut conduire à une surestimation de l’efficacité perçue du traitement.

Pour atténuer l’effet placebo dans les études cliniques, des mesures de contrôle rigoureuse
sont nécessaires. Le recours à un groupe témoin recevant un placebo est souvent justifié pour
évaluer spécifiquement l’effet du traitement actif. Cependant, il est également important de
réaliser des études en double aveugle, où ni les participants ni les chercheurs ne savent qui
reçoit le traitement actif ou le placebo. Cela permet de minimiser les biais et les attentes qui
pourraient influencer les résultats.

Dans le contexte de la supplémentation chez la femme enceinte, il est crucial de comprendre


l’effet placebo et de l’appréhender de manière appropriée lors de l’interprétation des résultats
des études cliniques. Lorsqu’il s’agit de décider de la nécessité d’une supplémentation chez
80
la femme enceinte, il est important de prendre en compte les résultats objectifs et vérifiables
plutôt que les seules améliorations subjectives rapportées par les participantes. La conception
rigoureuse des études cliniques et l’analyse appropriée des données sont essentielles pour
identifier et évaluer les véritables bénéfices de la supplémentation chez la femme enceinte, en
minimisant les effets de l’effet placebo.

III.2.1.4 Durée limitée

Dans le contexte de la supplémentation chez la femme enceinte, la durée limitée des études
cliniques peut représenter une limitation importante. La grossesse est un processus qui
s’étend sur une période de neuf mois et comporte différents stades et besoins nutritionnels
changeants. Par conséquent, les études cliniques de courte durée peuvent ne pas être
suffisantes pour évaluer pleinement l’efficacité et la sécurité à long terme de la
supplémentation chez la femme enceinte.

Les études cliniques de courte durée ont généralement pour objectif d’évaluer les effets
immédiats de la supplémentation sur des paramètres spécifiques, tels que les niveaux de
nutriments, les marqueurs biologiques ou certains résultats de santé maternelle ou fœtale.
Bien qu’elles puissent fournir des informations précieuses sur les effets à court terme, elles ne
permettent pas de comprendre pleinement les effets à long terme de la supplémentation. Il est
important de noter que la grossesse est une période critique au cours de laquelle des besoins
nutritionnels spécifiques sont nécessaires pour soutenir le développement et la croissance du
fœtus, ainsi que pour maintenir la santé maternelle. La supplémentation en nutriments vise à
combler d’éventuelles carences ou à optimiser les apports nutritionnels afin de répondre aux
besoins accrus pendant la grossesse.

Cependant, certaines conséquences de la supplémentation, qu’elles soient bénéfiques ou


indésirables, peuvent prendre du temps à se manifester ou à être pleinement évaluées. Par
exemple, l’effet à long terme de la supplémentation sur la santé du fœtus, le développement
post-natal, le risque de maladies chroniques ou les interactions avec d’autres médicaments
ou suppléments peuvent ne pas être complètement compris dans le cadre d’une étude de
courte durée.

Pour évaluer l’efficacité et la sécurité à long terme de la supplémentation chez la femme


enceinte, il est nécessaire de mener des études de suivi à plus long terme, y compris des
études observationnelles et des essais cliniques prolongés. Cela permettrait de recueillir des

81
données sur les effets à long terme de la supplémentation sur la santé maternelle, le
développement fœtal et post-natal, ainsi que sur d’autres résultats pertinents.

En conclusion, la durée limitée des études cliniques représente une limitation pour évaluer
pleinement l’efficacité et la sécurité à long terme de la supplémentation chez la femme
enceinte. Il est essentiel de prendre en compte cette limitation lors de l’interprétation des
résultats des études cliniques et de reconnaître la nécessité de mener des études de suivi à
plus long terme pour mieux comprendre les effets à long terme de la supplémentation chez la
femme enceinte.

III.2.1.5 Taille de l’échantillon

Dans le contexte de la supplémentation chez la femme enceinte, la taille de l’échantillon est


un aspect crucial à prendre en compte lors de l’interprétation des résultats des études
cliniques. Une taille d’échantillon insuffisante peut limiter la capacité de détecter des effets
significatifs du traitement étudié, ce qui peut compromettre la fiabilité et la généralisabilité des
résultats.

La taille de l’échantillon dans une étude clinique fait référence au nombre de participants inclus
dans l’étude. Idéalement, une étude devrait avoir un échantillon représentatif de la population
cible pour obtenir des résultats pertinents et fiables. Cependant, en pratique, il peut être difficile
de recruter un grand nombre de femmes enceintes pour participer à une étude, en raison de
contraintes logistiques, éthiques et de la disponibilité des participantes.

Lorsque la taille de l’échantillon est trop petite, cela peut entraîner une faible puissance
statistique de l’étude, c’est-à-dire la probabilité de détecter un effet réel du traitement s’il existe.
Les résultats d’une étude avec une puissance statistique insuffisante peuvent être sujets à des
fluctuations aléatoires, ce qui rend difficile la distinction entre les effets réels et les variations
dues au hasard.

Dans le contexte de la supplémentation chez la femme enceinte, une taille d’échantillon


insuffisante peut compromettre la capacité de détecter les effets réels de la supplémentation
sur des paramètres tels que la santé maternelle, le développement fœtal ou les résultats
néonataux. Les effets de la supplémentation peuvent être subtils et nécessiter un nombre
suffisant de femmes enceintes pour être détectés de manière significative.

82
De plus, une taille d’échantillon réduite peut également limiter la généralisation des résultats.
Si l’échantillon n’est pas représentatif de la population générale de femmes enceintes, les
conclusions de l’étude peuvent ne pas être applicables à l’ensemble de la population cible.
Cela peut être particulièrement pertinent dans le contexte de la supplémentation chez la
femme enceinte, car les effets de la supplémentation peuvent varier en fonction de différents
facteurs, tels que l’âge gestationnel, l’état de santé maternelle ou les caractéristiques
démographiques.

Pour pallier ces limitations, il est essentiel de mener des études cliniques avec des échantillons
plus importants, ce qui permettrait d’améliorer la puissance statistique de l’étude et d’obtenir
des résultats plus fiables et généralisables. Cela nécessite une collaboration entre les
chercheurs, les praticiens et les institutions pour faciliter le recrutement d’un grand nombre de
participantes.

En conclusion, la taille de l’échantillon est une limite importante à considérer dans les études
cliniques portant sur la supplémentation chez la femme enceinte. Une taille d’échantillon
insuffisante peut compromettre la capacité de détecter des effets significatifs du traitement et
limiter la généralisation des résultats. Il est nécessaire de mener des études avec des
échantillons plus importants pour obtenir des résultats plus fiables et applicables à l’ensemble
de la population cible.

III.2.2 Les critères de choix

En ce qui concerne les critères de choix des études cliniques, plusieurs facteurs doivent être
pris en compte.

III.2.2.1 La randomisation

Dans le contexte de la supplémentation chez la femme enceinte, la randomisation est un


critère de choix essentiel dans la conception des études cliniques. Les études randomisées
sont préférées car elles permettent d’attribuer aléatoirement les participants aux différents
groupes de traitement, ce qui contribue à réduire les biais potentiels et à renforcer la validité
interne des résultats.

La randomisation consiste à assigner les participants de manière aléatoire à l’un des groupes
de traitement, que ce soit le groupe recevant la supplémentation ou le groupe placebo (ou tout

83
autre groupe de comparaison). Cela signifie que la décision d’attribuer un participant à un
groupe donné est prise de manière aléatoire, sans influence ni préjugé. Cette méthode vise à
équilibrer les caractéristiques des participants entre les différents groupes, ce qui permet de
minimiser les biais potentiels liés aux différences individuelles ou aux facteurs de confusion.

Dans le cas de la supplémentation chez la femme enceinte, la randomisation permet de


réduire les biais de sélection et d’assurer une répartition équitable des caractéristiques
individuelles, telles que l’âge gestationnel, l’IMC, les antécédents médicaux ou les habitudes
de vie. Cela contribue à créer des groupes comparables, ce qui facilite l’analyse des effets
spécifiques de la supplémentation sur la santé maternelle et les résultats de la grossesse.

L’utilisation de la randomisation permet également de contrôler les facteurs de confusion


potentiels, tels que les différences dans les habitudes alimentaires, l’exposition à d’autres
facteurs environnementaux ou les interventions médicales concomitantes. En répartissant de
manière aléatoire les participants aux différents groupes de traitement, les effets de ces
facteurs de confusion sont répartis de manière égale entre les groupes, ce qui facilite
l’interprétation des résultats et l’attribution des effets observés à la supplémentation elle-
même.

Cependant, il est important de noter que la randomisation ne garantit pas à elle seule l’absence
totale de biais. D’autres biais, tels que le biais de performance ou le biais de détection, peuvent
encore exister et influencer les résultats de l’étude. Il est donc essentiel de prendre en compte
d’autres critères de choix des études, tels que l’assignation en aveugle des participantes et
des investigateurs, pour réduire davantage les biais potentiels.

En conclusion, la randomisation est un critère essentiel dans la conception des études


cliniques sur la supplémentation chez la femme enceinte. Elle permet d’attribuer aléatoirement
les participantes aux différents groupes de traitement, réduisant ainsi les biais potentiels et
renforçant la validité interne des résultats. Cependant, il est important de combiner la
randomisation avec d’autres critères, tels que l’assignation en aveugle, pour minimiser les
biais et obtenir des résultats fiables et robustes.

III.2.2.2 Groupe témoin

Dans le contexte de la supplémentation chez la femme enceinte, la présence d’un groupe


témoin revêt une importance particulière dans la conception des études cliniques. En effet, la
comparaison des effets du traitement étudié par rapport à un groupe témoin recevant un
84
placebo ou un traitement de référence permet d’évaluer de manière plus précise l’efficacité du
complément ou nutriment testé.

Le groupe témoin joue un rôle crucial dans l’établissement d’une référence, en fournissant une
base de comparaison pour évaluer les effets spécifiques du traitement étudié. Dans le cas de
la supplémentation chez la femme enceinte, le groupe témoin peut être composé de femmes
enceintes recevant un placebo, c’est-à-dire une substance inactive qui ressemble au
traitement actif mais ne contient pas les nutriments ou les composés spécifiques étudiés. Cette
approche permet de contrôler les effets de l’attente ou de la croyance des participants dans le
traitement, en isolant les effets réels du complément lui-même.

Alternativement, le groupe témoin peut également recevoir un traitement de référence déjà


établi et reconnu comme standard dans la pratique clinique. Dans le domaine de la
supplémentation chez la femme enceinte, cela pourrait inclure des recommandations
diététiques spécifiques, des conseils sur l’alimentation équilibrée ou d’autres interventions
couramment utilisées pour soutenir la santé maternelle et fœtale.

La comparaison entre le groupe témoin et le groupe recevant le traitement étudié permet de


mesurer les différences d’efficacité entre les deux groupes. Si le traitement étudié se révèle
significativement supérieur au placebo ou au traitement de référence en termes d’effets
bénéfiques sur la santé maternelle ou fœtale, cela suggère l’efficacité potentielle de la
supplémentation chez la femme enceinte.

Cependant, il est important de noter que la conception et la sélection appropriée du groupe


témoin sont essentielles pour garantir des résultats fiables et significatifs. Les chercheurs
doivent veiller à ce que le groupe témoin soit représentatif de la population cible et que les
participantes des deux groupes soient similaires en termes de caractéristiques
démographiques, de facteurs de risque et d’autres variables pertinentes. De plus, la durée du
suivi et le respect des protocoles de traitement doivent être rigoureusement contrôlés pour
éviter les biais potentiels.

En résumé, la présence d’un groupe témoin dans les études cliniques sur la supplémentation
chez la femme enceinte permet de comparer les effets du traitement étudié à ceux d’un
placebo ou d’un traitement de référence, ce qui permet d’évaluer l’efficacité spécifiques de la
supplémentation. Cependant, une conception appropriée et une sélection rigoureuse du
groupe témoin sont essentielles pour obtenir des résultats significatifs et fiables.

85
III.2.2.3 Évaluation en double aveugle

Dans le contexte de la supplémentation chez la femme enceinte, l’évaluation en double


aveugle revêt une grande importance dans la conception des études cliniques. Lorsqu’elle est
possible, cette approche consiste à ce que ni les participantes, ni les chercheurs ne sachent
qui reçoit le traitement actif ou le placebo, garantissant ainsi une évaluation impartiale des
effets du traitement.

L’évaluation en double aveugle vise à réduire les biais potentiels liés aux attentes des
participantes et des chercheurs. Dans le cas de la supplémentation chez la femme enceinte,
les attentes et les croyances des participantes peuvent influencer leurs réponses subjectives
aux mesures de résultats, telles que les évaluations de leur bien-être ou de leur santé. De
même, les chercheurs peuvent involontairement influencer les résultats en interprétant ou en
évaluant différemment les données en fonction de leurs attentes ou de leurs connaissances
préalables.

En utilisant une approche en double aveugle, les participantes sont réparties de manière
aléatoire dans les groupes de traitement et de contrôle, sans savoir s’ils reçoivent le traitement
actif ou le placebo. De plus, les chercheurs chargés de recueillir et d’analyser les données
sont également aveugles à l’attribution du traitement. Cette absence de connaissance permet
de minimiser les biais potentiels et d’obtenir des résultats plus objectifs.

La mise en œuvre de l’évaluation en double aveugle dans les études sur la supplémentation
chez la femme enceinte nécessite une planification rigoureuse et une organisation appropriée.
Il est essentiel de garantir que les traitements actifs et les placebos sont indiscernables
visuellement et que les procédures de distribution et de suivi sont effectuées de manière
rigoureusement confidentielle. Les chercheurs doivent également s’assurer que les
participantes sont pleinement informées du processus en double aveugle et qu’ils
comprennent l’importance de ne pas divulguer l’attribution du traitement.

En lien avec la supplémentation chez la femme enceinte, l’évaluation en double aveugle


permet de recueillir des données plus fiables et impartiales sur les effets réels de la
supplémentation sur la santé maternelle et fœtale. Elle réduit les biais potentiels liés aux
attentes et aux perceptions subjectives, renforçant ainsi la validité et la crédibilité des résultats.

En résumé, l’évaluation en double aveugle est une approche essentielle dans les études
cliniques sur la supplémentation chez la femme enceinte. Elle vise à réduire les biais liés aux
86
attentes des participantes et des chercheurs, en garantissant que ni les participantes, ni les
chercheurs ne connaissent l’attribution du traitement actif ou du placebo. Cette approche
renforce la fiabilité et l’objectivité des résultats, contribuant ainsi une meilleure compréhension
des effets de la supplémentation chez la femme enceinte.

III.2.3 Les controverses

En ce qui concerne les controverses, il existe des opinions divergentes quant à l’efficacité et
à la sécurité de la supplémentation en nutriments pendant la grossesse. Certaines études
suggèrent des bénéfices potentiels, tels qu’une réduction du risque de certaines malformations
congénitales ou de complications de la grossesse, tandis que d’autres études ne montrent pas
de résultats concluants. De plus, les recommandations en matière de supplémentation
peuvent varier d’un pays à l’autre ce qui contribue à la confusion et aux débats.

La supplémentation en nutriments pendant la grossesse est un sujet de débat parmi les


chercheurs et les cliniciens en raison des incertitudes entourant son efficacité et sa sécurité.
Les nutriments clés tels que les folates, le fer, l’iode, le calcium, la vitamine D et les acides
gras oméga-3 sont souvent au cœur de ces controverses, car leurs besoins augmentent
pendant la grossesse et une carence ou un excès peuvent avoir des conséquences négatives
sur la santé maternelle et fœtale.

La vitamine D est recommandée pendant la grossesse pour soutenir la santé osseuse de la


mère et du fœtus et pour prévenir la pré-éclampsie et le diabète gestationnel. Toutefois, les
doses optimales de vitamine D restent controversées et une supplémentation excessive peut
entraîner une hypercalcémie et des calcifications vasculaires. De plus, de nombreuses études
observationnelles ont révélé une association significative entre des concentrations plus faibles
en vitamine D et un risque accru de pré-éclampsie et les effets positifs de la prise de
complément nutritionnel sur les niveaux de vitamine D ont été reportés chez les femmes
enceintes. Cependant, ces études présentent une grande hétérogénéité en termes de nombre
de participantes et de méthodologie utilisée. Il est nécessaire de poursuivre les recherches
afin de mieux comprendre le mécanisme précis du métabolisme altéré de la vitamine D chez
les patients atteints de pré-éclampsie et de troubles hypertensifs. (38)

La supplémentation en fer est couramment recommandée pour prévenir l’anémie pendant la


grossesse, mais le dosage optimal est sujet à débat. De plus, une supplémentation excessive
en fer peut entraîner une surcharge en fer et des problèmes gastro-intestinaux, ce qui soulève
des questions sur le rapport bénéfice-risque de la supplémentation systématique en fer.
87
L’iode, un autre nutriment essentiel pendant la grossesse, nécessaire à la production
d’hormones thyroïdiennes qui sont vitales pour le développement neurologique fœtal.
Cependant, une supplémentation excessive en iode peut perturber la fonction thyroïdienne,
ce qui souligne l’importance d’une supplémentation adaptée.

Pour rappel, la supplémentation excessive en vitamine A peut être toxique pour le fœtus et
augmenter le risque de malformations congénitales.

Enfin, les acides gras oméga-3, tels que l’EPA et le DHA, sont importants pour le
développement cérébral et visuel du fœtus. Cependant, les recommandations concernant la
supplémentation en oméga-3 varient d’un pays à l’autre, reflétant des incertitudes quant aux
besoins optimaux en oméga-3 pendant la grossesse.

En ce qui concerne la qualité et la sécurité des compléments alimentaires, ces derniers sont
régulés de manière différente des médicaments, ce qui peut conduire à des variations
importantes en termes de qualité et de contenu. Certains compléments peuvent contenir des
contaminants ou ne pas contenir les quantités de nutriments indiquées sur l’étiquette. Cela
soulève des préoccupations quant à la capacité de garantir que les femmes enceintes
reçoivent des compléments de haute qualité et sûrs.

Outre les controverses relatives à l’efficacité et à la sécurité de la supplémentation en


nutriments pendant la grossesse, il y existe d’autres débats en cours dans ce domaine.

La supplémentation systématique versus la supplémentation ciblée : dans le contexte de la


grossesse, certaines autorités sanitaires recommandent une supplémentation systématique
en certains nutriments, comme l’acide folique, pour toutes les femmes enceintes. Cependant,
cette approche a fait l’objet de débats. En effet, toutes les femmes enceintes n’ont pas les
mêmes besoins nutritionnels. Des facteurs tels que l’âge, le statut socio-économique, l’ethnie,
le régime alimentaire ou le poids peuvent influencer le besoin en nutriments. Une
supplémentation ciblée pourrait donc être plus appropriée dans certains cas pour éviter des
apports excessifs inutiles et potentiellement nuisibles. Toutefois, l’identification des femmes
présentant un risque de carence peut être un défi en soi.

Utilisation de compléments non recommandés : certaines femmes enceintes peuvent choisir


d’utiliser des compléments alimentaires qui ne sont pas recommandés ou qui contiennent des
ingrédients non testés ou potentiellement dangereux. Il peut s’agir de compléments
88
commercialisés pour la santé et le bien-être en général, qui ne sont pas spécifiquement
destinés aux femmes enceintes.

Manque de suivi et d’adhésion : certaines femmes enceintes peuvent ne pas prendre leurs
compléments de manière régulière ou selon les recommandations, ce qui peut limiter
l’efficacité de la supplémentation. Il peut être difficile pour les professionnels de santé de suivre
l’utilisation de compléments alimentaires par les femmes et de garantir qu’elles prennent les
compléments comme recommandé.

Le timing de la supplémentation : il est controversé de savoir quand commencer la


supplémentation. Par exemple, pour l’acide folique, il est recommandé de commencer la
supplémentation avant la conception pour réduire le risque de malformations du tube neural.
Cependant, toutes les femmes ne planifient pas leur grossesse, ce qui rend ce conseil difficile
à suivre en pratique.

Supplémentation et santé du nouveau-né : il existe un débat sur l’impact de la supplémentation


sur la santé à long terme de l’enfant. Par exemple, certaines recherches suggèrent que la
supplémentation en vitamine D pendant la grossesse pourrait avoir des effets bénéfiques sur
la santé de l’enfant, tels qu’une réduction du risque d’asthme. Cependant, d’autres études
n’ont pas trouvé de tels bénéfices.

En conclusion, bien que la supplémentation en nutriments et en compléments alimentaires


pendant la grossesse puisse sembler prometteuse, il existe des limites dans les études
cliniques, des controverses persistantes et des risques potentiels associés à cette pratique. Il
est nécessaire de mener des recherches rigoureuses pour mieux comprendre les effets de la
supplémentation sur la santé maternelle et fœtale, ainsi que d’établir des recommandations
claires et fondées sur des preuves pour guider la pratique clinique. En attendant, il est
important que les femmes enceintes consultent un professionnel de santé avant de
commencer toute forme de supplémentation afin de prendre des décisions éclairées et de
préserver leur santé et celle du fœtus. Ces controverses mettent en évidence la nécessité
d’une approche individualisée de la supplémentation en nutriments pendant la grossesse,
basés sur les besoins spécifiques de chaque femme enceinte et sur les preuves les plus
récentes. Elles soulignent également le rôle crucial des professionnels de santé, notamment
des pharmaciens, dans le conseil et le soutien aux femmes enceintes en matière de
supplémentation.

89
IV. La supplémentation en compléments alimentaires et le conseil officinal

La santé de la femme enceinte revêt une importance primordiale, car elle affecte à la fois la
mère et le développement du fœtus. En tant que professionnel de santé, le pharmacien
d’officine joue un rôle essentiel dans la dispensation de compléments alimentaires adaptés
aux besoins spécifiques de la femme enceinte. Cependant, cette responsabilité est associée
à divers défis et limites qui nécessitent une approche réfléchie et basée sur des outils
appropriées.

La prévention et l’éducation nutritionnelle pendant la grossesse sont essentielles pour garantir


une santé optimale pour la mère et le fœtus. La prévention et l’éducation nutritionnelle pendant
la grossesse peuvent aider à éviter les carences nutritionnelles et certaines complications de
la grossesse telles que la pré-éclampsie, le diabète gestationnel et la naissance prématurée.
Les professionnels de santé doivent travailler avec les femmes enceintes pour développer un
plan alimentaire qui répond à leurs besoins nutritionnels spécifiques.

Les femmes enceintes doivent consommer une variété d’aliments pour satisfaire leurs besoins
nutritionnels. Les aliments riches en nutriments tels que les fruits, les légumes, les grains
entiers, les protéines maigres et les produits laitiers sont particulièrement importants. Les
portions alimentaires doivent être adaptées aux besoins nutritionnels de la femme enceinte et
de son fœtus en croissance. Les femmes enceintes doivent éviter les régimes alimentaires
restrictifs ou les régimes hypocaloriques, qui peuvent causer des carences nutritionnelles. (8)

Si la femme enceinte n’arrive pas à obtenir suffisamment de nutriments par l’alimentation, une
supplémentation en nutriments peut être recommandée.

90
Tableau X : Situations de déficiences nutritionnelles (144)

Nutriments déficients – Vitamine D


Population cible Apports quotidiens
non incluse
Adolescentes Folates 400 µg
Immigrées Fer Correction ciblée
Grossesses rapprochées Calcium 1 000 mg
Grossesse gémellaires Iode 200 µg
Folates 400 µg
Tabagiques Vitamine C 100 mg
Zinc 10 à 20 mg
Vitamine B12 2,6 µg
Fer Correction ciblée
Végétaliennes
Iode 200 µg
Zinc 10 à 20 mg
Folates 400 µg
Fer Correction ciblée
Sous poids (P/T2 < 18-20) Calcium 1 000 mg
Iode 200 µg
Vitamine B6 2 mg

Le tableau X, réalisé par Y. Giovangrandi, présente une synthèse de diverses carences en


nutriments observées au sein de différents groupes cibles. Ces groupes ont été sélectionnés
en fonctions de facteurs spécifiques tels que l’âge, le mode de vie, les habitudes alimentaires,
le poids et les conditions de grossesse. Les nutriments déficients ont été identifiés sur la base
de diverses études et recherches. Cette synthèse vise à faciliter la compréhension des
carences nutritionnelles spécifiques et de leur distribution au sein de ces groupes. (144)

Les suppléments de vitamines et de minéraux doivent être prescrits par un professionnel de


santé, car une surconsommation peut également causer des effets indésirables.

Les femmes enceintes doivent boire suffisamment d’eau pour prévenir la déshydratation. Une
déshydratation légère peut causer de la fatigue, des maux de tête et une diminution de la
fonction rénale, tandis qu’une déshydratation sévère peut causer des complications graves de
la grossesse.

91
Certaines précautions alimentaires doivent être prises pendant la grossesse pour éviter les
infections alimentaires et les toxines alimentaires. Les femmes enceintes doivent éviter les
aliments crus, les poissons riches en mercure, les charcuteries et les fromages à pâte molle.

Le gain de poids pendant la grossesse est normal et nécessaire, mais un gain de poids
excessif peut causer des complications lorsde la grossesse, comme un diabète gestationnel
et une pré-éclampsie. Les femmes enceintes doivent travailler avec leurs professionnels de
santé pour surveiller leur gain de poids et établir des objectifs de gains de poids appropriés.

Il est également recommandé de réaliser une consultation pré-conceptionnelle pour éviter les
comportements à risques, prévenir certains risques infectieux et éventuellement prévenir les
troubles métaboliques pendant la grossesse. (7)

IV.1 Le rôle et les responsabilités du pharmacien d’officine dans la


dispensation de compléments alimentaires chez la femme enceinte

IV.1.1 Conseil et orientation

En tant qu’expert, le pharmacien d’officine est en première ligne pour fournir des conseils et
une orientation aux femmes enceintes sur les compléments alimentaires appropriés. Il joue un
rôle crucial dans l’éducation des femmes enceintes sur les besoins nutritionnels spécifiques
pendant cette période critique de leur vie.

Le pharmacien d’officine doit avoir une connaissance approfondie des différentes vitamines,
minéraux et autres nutriments essentiels nécessaires au bon développement du fœtus et au
maintien de la santé de la femme enceinte. Il doit également être au courant des
recommandations et des lignes directrices nationales et internationales en matière de
supplémentation pendant la grossesse.

Lorsqu’une femme enceinte se présente à la pharmacie à la recherche de compléments


alimentaires, le pharmacien d’officine doit effectuer une évaluation complète de ses besoins
individuels. Cela implique de recueillir des informations sur son état de santé général, ses
antécédents médicaux, ses habitudes alimentaires, ses allergies éventuelles et les
médicaments qu’elle prend déjà. Ces informations sont essentielles pour recommander les
compléments alimentaires les plus adaptés à ses besoins spécifiques.

92
Le pharmacien d’officine peut également offrir des conseils sur la façon d’optimiser l’apport
nutritionnel par le biais de l’alimentation. Il peut fournir des informations sur les aliments riches
en nutriments essentiels, sur les bonnes pratiques alimentaires et sur les stratégies pour
atténuer les symptômes courants de la grossesse tels que les nausées et les vomissements.

En plus de fournir des recommandations spécifiques, le pharmacien d’officine joue un rôle


important dans l’éducation des femmes enceintes sur les avantages des compléments
alimentaires et sur la façon de les utiliser de manière sûre et efficace. Il doit expliquer les
posologies recommandées, les interactions potentielles avec d’autres médicaments et les
éventuels effets indésirables. L’éducation permet aux femmes enceintes de prendre des
décisions éclairées et d’optimiser leur santé et celle de leur futur enfant.

En outre, le pharmacien d’officine peut aider à démystifier les informations contradictoires ou


confuses sur les compléments alimentaires commercialisés. En s’appuyant sur des preuves
scientifiques solides et des recommandations basées sur des études cliniques, il peut fournir
des informations précises et fiables aux femmes enceintes, les aidant ainsi à faire des choix
éclairés en matière de compléments alimentaires.

En conclusion, le rôle du pharmacien d’officine dans la dispensation de compléments


alimentaires chez la femme enceinte est essentiel. Son expertise et ses connaissances
approfondies lui permettent de fournir des conseils et une orientation personnalisés, en
prenant en compte les besoins nutritionnels spécifiques de chaque femme enceinte. Grâce à
ses compétences en éducation et en communication, le pharmacien d’officine peut aider les
femmes enceintes à prendre des décisions éclairées pour optimiser leur santé et celle de leur
futur enfant.

IV.1.2 Gestion des interactions médicamenteuses

Le pharmacien d’officine joue un rôle essentiel dans la gestion des interactions potentielles
entre les compléments alimentaires et les médicaments que prend la femme enceinte. La
grossesse peut entraîner des changements physiologiques importants, affectant l’absorption,
la distribution, le métabolisme et l’élimination des médicaments. De plus, certains
compléments alimentaires peuvent interagir avec les médicaments, ce qui peut avoir des
conséquences sur l’efficacité et la sécurité du traitement.

Le pharmacien d’officine doit être attentif à ces interactions médicamenteuses potentielles et


adopter une approche proactive pour évaluer les risques et les bienfaits associés. Lorsqu’une
93
femme enceinte recherche des compléments alimentaires, le pharmacien doit prendre en
compte les médicaments qu’elle prend déjà et identifier les interactions possibles. Cela
nécessite une connaissance approfondie des médicaments couramment prescrits pendant la
grossesse, ainsi que des compléments alimentaires les plus couramment utilisés.

Dans certains cas, il peut être nécessaire de recommander des alternatives aux compléments
alimentaires qui peuvent potentiellement interagir avec les médicaments. Le pharmacien peut
proposer des options qui offrent des bienfaits similaires sans les risques d’interactions
indésirables. Il est important que le pharmacien communique efficacement avec la femme
enceinte et explique clairement les raisons de ces recommandations. Cette approche garantit
que la femme enceinte comprend les enjeux et est en mesure de prendre des décisions
éclairées concernant sa santé et celle du fœtus.

Dans d’autres cas, il peut être nécessaire d’ajuster les doses des médicaments pour tenir
compte de l’utilisation concomitante de compléments alimentaires. Certains compléments
peuvent affecter l’absorption ou le métabolisme des médicaments, ce qui peut nécessiter des
adaptations de posologie pour maintenir l’efficacité du traitement. Le pharmacien doit être
compétent pour évaluer ces situations et collaborer avec d’autres professionnels de santé, tels
que les médecins prescripteurs, pour trouver des solutions adaptées.

En outre, le pharmacien d’officine joue un rôle important dans l’éducation de la femme enceinte
sur la prise appropriée des compléments alimentaires en lien avec ses médicaments. Il doit
expliquer l’importance de respecter les posologies recommandées, de ne pas dépasser les
doses recommandées et d’alerter sur les signes d’effets indésirables ou d’interactions
médicamenteuses potentielles. Cette éducation contribue à garantir une utilisation sûre et
efficace des compléments alimentaires pendant la grossesse.

En conclusion, la gestion des interactions médicamenteuses est un aspect crucial du rôle du


pharmacien d’officine dans la dispensation de compléments alimentaires chez la femme
enceinte. Sa connaissance approfondie des médicaments et des compléments alimentaires
lui permet d’évaluer les risques et les bienfaits, de recommander des alternatives lorsque
nécessaire et d’ajuster les doses pour éviter des interactions indésirables. Cette approche
garantit une prise en charge optimale de la santé de la femme enceinte et contribue à la
sécurité et à l’efficacité de son traitement.

94
IV.1.3 Suivi et éducation

Lorsqu’il s’agit de la dispensation de compléments alimentaires chez la femme enceinte, le


suivi régulier et l’éducation jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement réalisé par le
pharmacien d’officine. Ces éléments permettent d’évaluer l’efficacité des compléments
alimentaires prescrits, de répondre à d’éventuelles questions et de fournir une éducation
continue sur les bonnes pratiques nutritionnelles pendant la grossesse.

Le suivi régulier de la femme enceinte permet au pharmacien de surveiller sa progression tout


au long de la grossesse. Cela offre l’occasion d’évaluer si les compléments alimentaires
prescrits répondent aux besoins nutritionnels spécifiques de la femme enceinte. Le
pharmacien peut s’enquérir de l’observance du traitement, discuter des éventuels effets
indésirables et ajuster la posologie si nécessaire. Le suivi régulier assure également une
surveillance des éventuelles interactions médicamenteuses et permet d’adapter le traitement
en conséquence.

En plus du suivi, l’éducation est un aspect essentiel de la dispensation de compléments


alimentaires chez la femme enceinte. Le pharmacien a la responsabilité de fournir une
éducation continue sur les bonnes pratiques nutritionnelles pendant la grossesse. Cela
comprend l’explication des bienfaits ou méfaits des compléments alimentaires spécifiques,
des posologies recommandées, ainsi que des informations sur les aliments à privilégier pour
obtenir les nutriments essentiels. Le pharmacien peut également fournir des conseils sur les
habitudes alimentaires saines, telles que l’importance d’une alimentation équilibrée,
l’hydratation adéquate et l’exercice physique modéré.

L’éducation fournie par le pharmacien joue un rôle clé dans l’observance de la femme enceinte
à prendre des décisions éclairées concernant sa santé et celle du fœtus. Cela lui permet de
comprendre les avantages et les inconvénients que peuvent avoir les compléments
alimentaires, de suivre les recommandations de posologie et de signaler tout effet indésirable.
De plus, l’éducation continue renforce la compréhension de la femme enceinte sur
l’importance d’une alimentation saine pendant la grossesse, ce qui peut avoir des effets
positifs à long terme sur sa santé et celle de son futur enfant.

Le suivi et l’éducation offrent également une occasion précieuse pour la femme enceinte de
poser des questions au pharmacien. Le pharmacien doit être prêt à répondre aux
interrogations et à fournir des explications claires et compréhensibles. Cela inclut des

95
informations sur les interactions potentielles avec d’autres médicaments, les précautions
d’emploi, ainsi que des conseils sur les éventuels ajustements à apporter en cas de besoin.

En conclusion, le suivi régulier et l’éducation sont des éléments essentiels dans la


dispensation de compléments alimentaires chez la femme enceinte. Le suivi permet d’évaluer
l’efficacité des compléments dispensés, de surveiller les interactions médicamenteuses et
d’ajuster le traitement si nécessaire. L’éducation continue fournit des informations précieuses
sur les bonnes pratiques nutritionnelles pendant la grossesse, renforçant ainsi l’autonomie de
la femme enceinte dans la prise en charge de sa santé. Le pharmacien d’officine joue un rôle
clé dans ces aspects en fournissant un suivi attentif, des conseils avisés et une éducation de
qualité pour optimiser la santé de la femme enceinte et du fœtus.

IV.2 Les outils disponibles pour aider les pharmaciens dans leur conseil

IV.2.1 Formation continue

Dans le domaine de la pharmacie et de la santé maternelle, la formation continue revêt une


importance capitale pour les pharmaciens d’officine. Les formations spécialisées dans la
nutrition et la santé maternelle permettent aux professionnels de rester à jour sur les dernières
avancées scientifiques et les recommandations en matière de compléments alimentaires pour
les femmes enceintes. Ces formations fournissent des connaissances approfondies et
actualisées, leur permettant de dispenser des conseils éclairés et d’offrir des services de
qualités aux femmes enceintes.
La formation continue offre aux pharmaciens l’occasion d’approfondir leurs connaissances en
matière de nutrition et de santé maternelle, en se familiarisant avec les besoins nutritionnels
spécifiques des femmes enceintes. Ils acquièrent ainsi une compréhension approfondie des
vitamines, minéraux et autres nutriments essentiels pour la santé de la mère et du fœtus
pendant la grossesse. Cette expertise leur permet d’évaluer les compléments alimentaires
disponibles sur le marché et de recommander ceux qui répondent aux besoins spécifiques de
chaque femme enceinte.

Les formations continues spécialisées abordent également les aspects pratiques de la


dispensation des compléments alimentaires en officine. Les pharmaciens apprennent à
évaluer la qualité des produits, à identifier les informations essentielles sur l’étiquetage, à
comprendre les dosages recommandés et les modes d’administration appropriés. Ils
acquièrent également des compétences en matière de communication et de conseil, leur

96
permettant d’établir une relation de confiance avec les femmes enceintes et de fournir des
conseils personnalisés et adaptés à chaque situation.

La formation continue offre également l’opportunité d’aborder les questions de sécurité et de


surveillance des compléments alimentaires chez les femmes enceintes. Les pharmaciens sont
formés à reconnaître les signes d’effets indésirables potentiels, à évaluer les interactions
médicamenteuses et à conseiller les femmes enceintes sur les mesures à prendre en cas de
préoccupations ou de symptômes inhabituels. Ils sont également informés des protocoles de
signalement des effets indésirables afin de contribuer à la surveillance et à la sécurité des
compléments alimentaires sur le marché.

En participant à des formations continues spécialisées, les pharmaciens ont également


l’opportunité d’échanger avec d’autres professionnels de santé, tels que des nutritionnistes,
des médecins ou encore des sage-femmes. Ces interactions favorisent le partage des
connaissances, des bonnes pratiques et des expériences, contribuant ainsi à une approche
collaborative et multidisciplinaire de la prise en charge de la santé maternelle.

En conclusion, la formation continue dans le domaine de la nutrition et de la santé maternelle


est essentielle pour les pharmaciens d’officine impliqués dans la dispensation de compléments
alimentaires chez les femmes enceintes. Elle leur permet de rester à jour sur les dernières
avancées scientifiques, les recommandations et les bonnes pratiques en matière de
compléments alimentaires pendant la grossesse. Grâce à ces formations, les pharmaciens
acquièrent les connaissances nécessaires pour offrir des conseils éclairés, personnalisés et
basés sur des preuves scientifiques, contribuant ainsi à une meilleure prise en charge de la
santé maternelle et fœtale.

IV.2.2 Collaboration interprofessionnelle

La dispensation de compléments alimentaires chez la femme enceinte ne se limite pas


toujours au rôle du pharmacien seul. Une approche holistique et intégrée de la santé
maternelle nécessite une collaboration étroite entre différents professionnels de santé. En
travaillant de concert avec des médecins, des diététiciens et d’autres experts en santé
maternelle, le pharmacien peut obtenir des informations complémentaires, partager des
connaissances et fournir des conseils plus complets aux femmes enceintes.

La collaboration interprofessionnelle offre de nombreux avantages dans la dispensation de


compléments alimentaires. Tout d’abord, elle permet une prise en charge globale et cohérente
97
de la femme enceinte. Chaque professionnel de santé apporte son expertise spécifique, en
fonction de sa formation et de son domaine de compétence. Le médecin peut fournir des
informations médicales précieuses, évaluer l’état de santé global de la femme enceinte et
prendre en compte les éventuelles contre-indications médicales. Le diététicien, quant à lui,
peut apporter des connaissances approfondies en matière de nutrition, en évaluant les apports
alimentaires de la femme enceinte et en fournissant des recommandations spécifiques pour
combler les besoins nutritionnels.

En travaillant en collaboration, ces professionnels de santé peuvent partager leurs


connaissances et leurs expériences, discuter des cas complexes et prendre des décisions
conjointes pour assurer une prise en charge optimale. Ils peuvent également collaborer dans
le suivi des femmes enceintes, en s’assurant que les compléments alimentaires prescrits sont
efficaces et bien tolérés, et en adaptant les recommandations en fonction de l’évolution de la
grossesse.

La collaboration interprofessionnelle offre également l’avantage de favoriser une approche


centrée sur la patiente. En travaillant ensemble, les professionnels de santé peuvent prendre
en compte les besoins et les préférences spécifiques de chaque femme enceinte, en
proposant des solutions personnalisées et adaptées à sa situation. Ils peuvent également
répondre aux questions et aux préoccupations de manière exhaustive, en fournissant des
informations claires et cohérentes.

La communication et la coordination entre les différents professionnels de santé sont


essentielles pour assurer une collaboration interprofessionnelle efficace. Des réunions
régulières, des échanges de courriers électroniques et des discussions en personne
permettent de partager les informations pertinentes, de discuter des cas complexes et de
prendre des décisions concertées. Les dossiers médicaux partagés et les systèmes de
communication interprofessionnelle facilitent également la transmission des informations entre
les différents acteurs de la prise en charge.

En conclusion, la collaboration interprofessionnelle joue un rôle clé dans la dispensation de


compléments alimentaires chez la femme enceinte. Travailler en étroite collaboration avec des
médecins, des diététiciens et d’autres professionnels de santé permet au pharmacien d’obtenir
des informations complémentaires, de partager des connaissances et de fournir des conseils
holistiques et intégrés aux femmes enceintes. Cette approche collaborative garantit une prise
en charge globale, centrée sur la patiente et basée sur les meilleures pratiques de santé
maternelle.
98
IV.3 Les limites et défis de la dispensation de compléments alimentaires en
officine

IV.3.1 L’absence de réglementation stricte

L’un des principaux défis auxquels sont confrontés les pharmaciens dans la dispensation de
compléments alimentaires est l’absence de réglementation stricte comparée aux
médicaments. Contrairement aux médicaments, les compléments alimentaires sont régis par
des réglementations moins strictes et moins contraignantes. Cette différence de
réglementation peut entraîner plusieurs conséquences préoccupantes pour les professionnels
de santé et les consommateurs.

Tout d’abord, cette absence de réglementation stricte peut entraîner une variabilité de la
qualité des produits sur le marché. Les compléments alimentaires ne sont pas soumis aux
mêmes normes rigoureuses de fabrication, de contrôle et de surveillance que les
médicaments. Par conséquent, il peut exister des variations dans la composition, la pureté, la
stabilité et la biodisponibilité des compléments alimentaires disponibles.

De plus, l’absence de réglementation stricte peut également contribuer à la confusion chez les
consommateurs. Sans des normes claires et uniformes, il peut être difficile pour les patients
de distinguer les compléments alimentaires de qualité des produits moins fiables. Les
allégations de santé souvent présentes sur les étiquettes peuvent prêter à confusion et induire
en erreur les consommateurs quant à l’efficacité réelle des produits. Cette confusion peut
compromettre la confiance du public dans l’utilisation des compléments alimentaires et rendre
plus difficile la prise de décision éclairée.

En outre, l’absence de réglementation stricte peut également limiter la disponibilité de données


scientifiques solides sur l’efficacité et la sécurité des compléments alimentaires. Contrairement
aux médicaments, les compléments alimentaires ne sont pas tenus de prouver leur efficacité
avant d’être commercialisés. Cela signifie que les preuves scientifiques sur l’efficacité des
compléments alimentaires peuvent être limitées, voire inexistantes, pour de nombreux
produits. En tant que professionnels de santé, les pharmaciens doivent faire preuve de
prudence lorsqu’ils recommandent des compléments alimentaires, en se basant sur des
preuves disponibles, des données cliniques et l’expérience professionnelle.

Face à ces défis, il est primordial que les pharmaciens adoptent une approche proactive pour
garantir la qualité et l’efficacité des compléments alimentaires dispensés en officine. Cela peut
99
inclure la recherche d’informations fiables auprès de sources telles que les autorités
réglementaires, les organismes de santé et les associations professionnelles. De plus, les
pharmaciens peuvent se tenir informés des dernières études scientifiques sur les
compléments alimentaires spécifiques, en s’abonnant à des revues spécialisées et en
participant à des formations continues.

En conclusion, l’absence de réglementation stricte des compléments alimentaires pose des


défis pour les pharmaciens dans leur rôle de dispensation. La variabilité de la qualité des
produits, la confusion chez les consommateurs et le manque de données scientifiques solides
sont autant de problèmes auxquels ils doivent faire face. Cependant, en restant informés, en
recherchant des informations fiables et en fournissant des conseils basés sur des preuves, les
pharmaciens peuvent jouer un rôle clé dans l’éducation et la protection des consommateurs
en matière de compléments alimentaires.

IV.3.2 Les interactions médicamenteuses complexes

Lorsqu’il s’agit de la dispensation de compléments alimentaires en officine, l’un des défis


majeurs auxquels sont confrontés les pharmaciens concerne les interactions
médicamenteuses complexes. En effet, les compléments alimentaires peuvent interagir avec
les médicaments pris par la femme enceinte, ce qui nécessite une vigilance accrue de la part
des pharmaciens pour fournir des conseils pertinents et sécuritaires.

Les interactions médicamenteuses peuvent être complexes et difficile à prévoir, en particulier


lorsqu’elles impliquent des compléments alimentaires qui contiennent un large éventail de
substances actives, telles que les vitamines, les minéraux, les acides gras ou d’autres
nutriments. Ces interactions peuvent être pharmacodynamiques, c’est-à-dire qu’elles affectent
la manière dont les médicaments agissent dans l’organisme, ou pharmacocinétiques, c’est-à-
dire qu’elles modifient la manière dont les médicaments sont absorbés, distribués, métabolisés
ou éliminés par l’organisme.

Il est essentiel que les pharmaciens disposent de connaissances approfondies sur les
interactions médicamenteuses pour pouvoir évaluer les risques et les bienfaits des
compléments alimentaires en fonction des médicaments que prend la femme enceinte. Une
interaction médicamenteuse peut compromettre l’efficacité du traitement médicamenteux,
augmenter le risque d’effets indésirables ou perturber l’équilibre des nutriments dans
l’organisme.

100
Pour faire face à ces défis, les pharmaciens doivent s’appuyer sur plusieurs sources
d’informations. Les bases de données spécialisées sur les interactions médicamenteuses sont
des outils précieux pour identifier les interactions potentielles mais ne sont pas toujours
suffisants. Ces bases de données fournissent des informations détaillées sur les mécanismes
d’interaction, les précautions à prendre et les recommandations spécifiques pour minimiser
les risques.

De plus, une communication étroite et une collaboration interprofessionnelle avec d’autres


professionnels de santé, tels que les médecins et les diététiciens, sont essentielles pour une
gestion efficace des interactions médicamenteuses. En partageant les informations
pertinentes sur les médicaments et les compléments alimentaires, les pharmaciens peuvent
travailler en équipe pour identifier les alternatives appropriées, ajuster les doses si nécessaire
et minimiser les risques d’interactions indésirables.

Il est important de souligner que chaque femme enceinte peut présenter des besoins
nutritionnels et des traitements médicamenteux spécifiques. Par conséquent, les conseils
doivent être adaptés à chaque situation individuelle. Les pharmaciens doivent prendre en
compte les caractéristiques physiologiques de la femme enceinte, les médicaments qu’elle
prend, les doses et les fréquences d’administration, ainsi que les compléments alimentaires
qu’elle souhaite utiliser.

En conclusion, les interactions médicamenteuses complexes constituent un défi important


dans la dispensation de compléments alimentaires en officine. Les pharmaciens doivent
disposer de connaissances approfondies, utiliser des sources d’informations spécialisées et
collaborer avec d’autres professionnels de santé pour fournir des conseils pertinents et
sécuritaires aux femmes enceintes. En veillant à l’optimisation des traitements
médicamenteux et à la sécurité nutritionnelle, les pharmaciens jouent un rôle clé dans la prise
en charge globale de la santé maternelle et du fœtus.

IV.3.3 Les croyances et les informations erronées

Dans le contexte de la dispensation de compléments alimentaires en officine, il est important


de reconnaître que les femmes enceintes peuvent avoir des croyances et des informations
erronées concernant ces produits. Ces croyances et informations erronées peuvent provenir
de diverses sources, telles que des amis, des membres de la famille, des médias, ou des
sources non fiables sur Internet. Ces éléments peuvent exercer une influence significative sur
les choix et les décisions des femmes enceintes en matière de compléments alimentaires.
101
Les croyances erronées peuvent être liées à des idées fausses sur les bienfaits supposés des
compléments alimentaires pendant la grossesse, les doses recommandées, les effets
secondaires potentiels ou même des perceptions erronées de la sécurité et de l’efficacité des
produits. Par exemple, certaines femmes enceintes peuvent croire que la prise de doses
élevées de vitamines ou de minéraux peut améliorer la santé de leur enfant ou compenser un
régime alimentaire déficient. D’autres peuvent être influencées par des affirmations non
étayées scientifiquement, telles que l’utilisation de compléments alimentaires pour prévenir ou
traiter des troubles spécifiques.

Face à ces croyances et informations erronées, il est primordial que les pharmaciens jouent
un rôle actif pour démystifier les mythes et fournir des informations précises et basées sur des
preuves scientifiques. Les pharmaciens sont des professionnels de santé qualifiés et bien
informés, capables d’évaluer et de filtrer les informations disponibles sur les compléments
alimentaires. Ils sont en mesure de fournir des conseils fondés sur des études scientifiques
rigoureuses et des recommandations d’experts en matière de nutrition maternelle.

Dans ce contexte, les pharmaciens doivent être prêts à écouter attentivement les
préoccupations et les croyances des femmes enceintes, afin de créer un dialogue ouvert et de
comprendre leurs motivations et leurs attentes. Cela permet d’établir une relation de confiance
et de renforcer l’adhésion aux recommandations et aux conseils donnés. En expliquant de
manière claire et concise les preuves scientifiques disponibles, les pharmaciens peuvent aider
à dissiper les idées fausses et à fournir des informations objectives sur les compléments
alimentaires.

Les pharmaciens peuvent également s’appuyer sur des ressources fiables et des sources
d’information scientifique pour étayer leurs conseils. Les études cliniques et les
recommandations des organisations de santé nationales et internationales constituent des
sources précieuses d’informations basées sur des preuves. En utilisant ces ressources, les
pharmaciens peuvent fournir des explications claires et précises sur les avantages potentiels,
les risques éventuels et les limitations des compléments alimentaires pendant la grossesse.

En conclusion, les croyances et les informations erronées sont des facteurs importants à
considérer lors de la dispensation de compléments alimentaires en officine aux femmes
enceintes. Les pharmaciens jouent un rôle crucial en démystifiant les mythes et en fournissant
des informations précises, basées sur des preuves scientifiques. En établissant une relation
de confiance avec les femmes enceintes, en écoutant attentivement leurs préoccupations et

102
en fournissant des conseils individualisés, les pharmaciens peuvent aider à garantir des choix
éclairés et sécuritaires en matière de compléments alimentaires pendant la grossesse.

IV.3.4 La conformité aux réglementations publicitaires

Lorsqu’il s’agit de la dispensation de compléments alimentaires en officine, il est important de


tenir compte de la conformité aux réglementations publicitaires qui entourent ces produits. Les
compléments alimentaires sont souvent promus de manière agressive par les fabricants,
utilisant des stratégies de marketing sophistiquées pour attirer l’attention des consommateurs,
y compris les femmes enceintes. Cependant, il est essentiel que les pharmaciens veillent à
respecter les réglementations en vigueur et à fournir des informations objectives et fondées
sur des preuves.

Les réglementations publicitaires visent à protéger les consommateurs en garantissant que


les allégations faites par les fabricants de compléments alimentaires sont précises, vérifiables
et conformes aux preuves scientifiques. Elles visent également à empêcher la promotion
excessive ou trompeuse de ces produits, ainsi qu’à éviter de créer des attentes irréalistes chez
les femmes enceintes quant à l’efficacité des compléments alimentaires pendant la grossesse.

En tant qu’experts, les pharmaciens ont la responsabilité de s’assurer que les informations
qu’ils fournissent aux femmes enceintes sont conformes aux réglementations publicitaires.
Cela signifie qu’ils doivent se familiariser avec les lois et les réglementations applicables dans
leur pays ou leur région, ainsi qu’avec les bonnes pratiques en matière de publicité des
compléments alimentaires. Les pharmaciens doivent être en mesure de reconnaître les
allégations exagérées, les informations non étayées scientifiquement et les stratégies de
marketing trompeuses, et de les corriger de manière objective et éthique.

En fournissant des informations objectives, les pharmaciens aident à éduquer les femmes
enceintes sur les véritables avantages, les limites et les risques des compléments alimentaires
pendant la grossesse. Ils doivent expliquer clairement que les compléments alimentaires ne
doivent pas être considérées comme des substituts à une alimentation équilibrée et variée,
mais plutôt comme des compléments visant à combler des besoins nutritionnels spécifiques,
le cas échéant. De plus, les pharmaciens doivent souligner l’importance de consulter un
professionnel de santé avant de commencer tout nouveau complément alimentaire, afin
d’évaluer les besoins individuels et d’identifier d’éventuelles interactions médicamenteuses.

103
En respectant les réglementations publicitaires et en fournissant des informations objectives,
les pharmaciens contribuent à éviter les attentes irréalistes chez les femmes enceintes
concernant les compléments alimentaires. Ils jouent un rôle crucial en aidant les femmes
enceintes à prendre des décisions éclairées et en les guidant vers des choix de produits sûrs
et appropriés. En fin de compte, la conformité aux réglementations publicitaires protège à la
fois les consommateurs et l’intégrité de la profession pharmaceutique dans le domaine de la
dispensation de compléments alimentaires.

104
Conclusion

En conclusion, ce travail a permis de mettre en lumière l’importance cruciale de la prise en


charge nutritionnelle chez la femme enceinte pour assurer une gestation saine et sans
complications. Les besoins spécifiques au cours de la grossesse ont été étudiés en détail,
mettant en évidence l’importance des nutriments tels que les vitamines, les minéraux et les
acides gras essentiels. La supplémentation en compléments alimentaires peut jouer un rôle
crucial pour combler ces besoins. Cependant, elle doit être adaptée et conseillée avec
précaution.

L’étude des compléments alimentaires présents sur le marché a permis d’observer que
certains produits contiennent de la vitamine A, qui est reconnue comme étant tératogène à
des doses élevées. Cette constatation souligne la nécessité d’une réglementation stricte et
d’une évaluation approfondie des doses de vitamines et minéraux inclus dans ces
compléments afin de prévenir tout risque pour la santé de la mère et du fœtus.

Le pharmacien joue un rôle essentiel dans la prise en charge de la grossesse en dispensant


des conseils adaptés à chaque patiente. Sa formation continue et sa collaboration avec
d’autres professionnels de santé sont des atouts précieux pour garantir un suivi nutritionnel
optimal des femmes enceintes. La gestion des interactions médicamenteuses et le suivi
régulier des femmes prenant des compléments alimentaires sont des actions importantes pour
assurer leur sécurité et leur bien-être.

Cependant, certaines limites et défis ont été identifiés dans la dispensation de compléments
alimentaires en officine. L’absence de réglementation stricte peut conduire à des incohérences
dans la prescription et à des risques potentiels pour la santé des femmes enceintes. De plus,
les interactions médicamenteuses complexes doivent être prises en compte pour éviter tout
effets indésirables chez les patientes prenant des médicaments concomitamment à des
compléments alimentaires.
En somme, la prise en charge des carences chez la femme enceinte est essentielle pour
garantir une grossesse saine et sans complications. La dispensation de compléments
alimentaires peut être une solution efficace, mais il est important de comprendre les risques
liés aux carences et à la prise de compléments alimentaires sans conseil officinal. Le
pharmacien est un des acteurs clés dans la prise en charge de la grossesse, prodiguant des
conseils et des solutions adaptés à chaque patiente. L’harmonisation des pratiques, une
réglementation stricte et une recherche approfondie sur la prise en charge de la grossesse
pourraient être bénéfiques pour améliorer l’accompagnement apporté aux femmes enceintes
105
et à leurs fœtus. Une approche multidisciplinaire impliquant les professionnels de santé et les
autorités compétentes est essentielle pour assurer la santé maternelle et fœtale pendant cette
période cruciale de la vie d’une femme.

Depuis le 7 novembre 2022, une avancée significative a été initiée par la convention
pharmaceutique, mettant en exergue le rôle central du pharmacien dans la prise en charge
des femmes enceintes. Cette innovation, visant à instaurer un entretien pharmaceutique dédié,
se focalise sur la sensibilisation des futures mères aux risques tératogènes associés à certains
médicaments et sur l’importance cruciale de la vaccination durant la grossesse. Il est à noter
que cet entretien se concentre exclusivement sur la prise médicamenteuse et la vaccination,
sans aborder le terrain des compléments alimentaires, malgré leur rôle potentiel dans la prise
en charge des carences pendant la grossesse. Ce dispositif, pourrait tout de même permettre
de renforcer le maillage de précaution autour de la grossesse, venant compléter les stratégies
déjà en place pour pallier les carences nutritionnelles potentielles chez la femme enceinte.

106
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besoins-nutritionnels-dune-femme-enceinte

116
FACULTE DE PHARMACIE UNIVERSITE DE LORRAINE

DEMANDE D'IMPRIMATUR

Date de soutenance : 13/09/2023

DIPLOME D'ETAT DE DOCTEUR


EN PHARMACIE

présenté par : MENZRI Sarny.


Vu,
[Link]: Prise en charge des carences chez la femme enceinte :
intérêts de la dispensation de compléments alimentaires,
risques associés et importance du conseil officinal Directeur de thèse : Brigitte Leininger-Muller,
visa de validation le 28/08/2023.

Président de jury : Brigitte Leininger-Muller,


Président: Brigitte Leininger-Muller, Enseignant-chercheur. visa de validation le 28/08/2023.
Directeur : Brigitte Leininger-Muller, Enseignant-chercheur.
Référent des thèses d'exercice,
Juges:
Jean-Edouard Moreau, Pharmacien. visa de validation le 28/08/2023.
Perrine Bartecki, Pharmacien.
Julien Voyat, Pharmacien.

Vu et approuvé, Vu,

Doyen de la Faculté de Pharmacie La Présidente de l'Université de Lorraine,


de l'Université de Lorraine,

Hélène BOULANGER

N° d'enregistrement:
N° d’identification :

TITRE

LA PRISE EN CHARGE DES CARENCES CHEZ LA FEMME ENCEINTE : INTERETS DE LA


DISPENSATION DES COMPLEMENTS ALIMENTAIRES, RISQUES ASSOCIES ET IMPORTANCE
DU CONSEIL OFFICINAL

Thèse soutenue le 13 septembre 2023

Par Samy MENZRI

RESUME :

La grossesse est un moment déterminant dans la vie d’une femme, caractérisé par des besoins nutritionnels en
constante évolution pour garantir un développement optimal du fœtus. Cette thèse débute par une exploration des
besoins nutritionnels spécifiques pendant cette période. Elle met en avant l’importance de la supplémentation en
micronutriments, l’impact significatif de la prise de poids et souligne le rôle crucial des 1 000 premiers jours de
vie de l’enfant sur sa santé future. L’étude se poursuit en se penchant sur le paysage réglementaire des compléments
alimentaires en France et en Europe. Elle détaille la définition des compléments alimentaires, leur réglementation,
leurs composants et la procédure de déclaration de mise sur le marché. Parallèlement, un examen approfondi des
principales spécialités disponibles sur le marché français est réalisé, fournissant un aperçu détaillé de leurs
compositions et caractéristiques. Une large partie de la thèse est consacrée à la revue de la littérature actuelle, qui
traite des recommandations, des études cliniques et des avantages potentiels de la supplémentation durant la
grossesse, avec un focus sur les vitamines, les minéraux et les acides gras essentiels. Elle met en lumière les limites,
les critères de choix des compléments et les controverses existantes dans le domaine de la supplémentation pendant
la grossesse. La dernière section se concentre sur le rôle cardinal du pharmacien d’officine dans la recommandation
et la dispensation des compléments alimentaires. Elle souligne leurs responsabilités, les outils à leur disposition et
les défis qu’ils rencontrent. Les interactions médicamenteuses, les informations erronées et la conformité aux
réglementations publicitaires sont également discutées. La thèse conclut sur l’importance de la consultation et du
conseil des pharmaciens pour assurer la sécurité et la santé optimale de la mère et du fœtus pendant la grossesse,
tout en reconnaissant la nécessité de poursuivre les recherches dans ce domaine pour éclairer davantage la pratique
clinique.

MOTS CLES : PRISE EN CHARGE, CARENCES, FEMME, ENCEINTE. COMPLEMENTS


ALIMENTAIRES, DISPENSATION, RISQUES, CONSEIL, OFFICINAL

Directeur de thèse Intitulé du laboratoire Nature

Expérimentale □
Pr Brigitte LEININGER-MULLER INSERM U1256-NGERE Bibliographique X
Thème □

Thèmes 1 – Sciences fondamentales 2 – Hygiène/Environnement


3 – Médicament 4 – Alimentation – Nutrition
5 - Biologie 6 – Pratique professionnelle

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