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LIENS
FACULTE DE PHARMACIE
THESE
pour obtenir
né le 07/06/1996
Membres du Jury
DOYEN
Raphaël DUVAL
Vice-Doyen
Julien PERRIN
Directrice des études
Marie SOCHA
Conseil de la Pédagogie
Président, Luc FERRARI
Vice-Présidence - vacant
Collège d'Enseignement Pharmaceutique Hospitalier
Présidente, Béatrice DEMORE
Commission Prospective Facultaire
Président, Igor CLAROT
Vice-Président, Raphaël DUVAL
Commission de la Recherche
Présidente, Caroline GAUCHER
Chargés de Mission
Communication Aline BONTEMPS
Innovation pédagogique Alexandrine LAMBERT
Référente ADE Virginie PICHON
Référente dotation sur projet (DSP) Marie-Paule SAUDER
Référent vie associative Arnaud PALLOTTA
Responsabilités
Filière Officine Caroline PERRIN-SARRADO
Julien GRAVOULET
Filière Industrie Isabelle LARTAUD,
Jean-Bernard REGNOUF de VAINS
Filière Hôpital Béatrice DEMORE
Marie SOCHA
Pharma Plus ENSIC Jean-Bernard REGNOUF de VAINS
Pharma Plus ENSAIA Xavier BELLANGER
Pharma Plus ENSGSI Igor CLAROT
Cellule de Formation Continue et Individuelle Luc FERRARI
Commission d'agrément des maîtres de stage François DUPUIS
ERASMUS Mihayl VARBANOV
MAITRES DE CONFÉRENCES
PROFESSEUR ASSOCIE
Julien GRAVOULET 86 Pharmacie clinique
PROFESSEUR AGREGE
D’honorer ceux qui m’ont instruit(e) dans les préceptes de mon art et de
leur témoigner ma reconnaissance en restant fidèle aux principes qui
m’ont été enseignés et d’actualiser mes connaissances
Que les Hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Version validée par la conférence des Doyens de facultés de Pharmacie le 7 février 2018
« LA FACULTE N’ENTEND DONNER AUCUNE APPROBATION,
NI IMPROBATION AUX OPINIONS EMISES DANS LES
THESES, CES OPINIONS DOIVENT ETRE CONSIDEREES
COMME PROPRES A LEUR AUTEUR ».
TABLE DES MATIERES
Introduction ............................................................................................................................ 1
III.2 Les limites, les critères de choix et les controverses des études cliniques
quant à la supplémentation en compléments alimentaires chez la femme enceinte. 77
III.2.1 Les limites des études cliniques ....................................................................... 77
III.2.2 Les critères de choix ......................................................................................... 83
III.2.3 Les controverses .............................................................................................. 87
IV.2 Les outils disponibles pour aider les pharmaciens dans leur conseil ............. 96
IV.2.1 Formation continue ........................................................................................... 96
IV.2.2 Collaboration interprofessionnelle .................................................................... 97
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LISTE DES ABREVIATIONS
5-MTHF 5-méthyltétrahydrofolate
AA Acide arachidonique
AFSSA Agence française de sécurité sanitaire des aliments
ALA Acide alpha-linolénique
ANC Apport Nutritionnel Conseillé
ANSES Agence national de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail
AR Apport de référence
AS Apport suffisant
ATP Adénosine triphosphate
BK Bacille de Koch
BNM Besoin Nutritionnel Moyen
Ca Calcium
CaBP Calcium-binding protein
CD Cathélicidine
CNGOF Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français
COX Cyclooxygénase
DBP D-binding protein
DGCCRF Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la
Répression des fraudes
DHA Acide docosahexaénoïque
DHF Dihydrofolate
DHFR Dihydrofolate réductase
DIO 2 Deionidase enzyme type 2
DIO 3 Deionidase enzyme type 3
DPA Acide docosapentaénoïque
dTMP Désoxythymidine monophosphate
dUMP Désoxyuridylate monophosphate
EFA Équivalent folates alimentaires
EFSA Autorité Européenne de sécurité alimentaire
EPA Acide eicosapentaénoïque
FGF Fibroblast growth factor
Formyl THF Formyl tétrahydrofolate
Gly Glycocolle
HACCP Hazard Analysis Critical Control Point
HAS Haute Autorité de Santé
hCG Human chorionic gonadotropin
IMC Indice de masse corporelle
IOM Institute of Medicine
LOX Lipooxygénase
LPS Lipopolysaccharide
LSS Limite supérieure de sécurité
Méthyl THF Méthyl tétrahydrofolate
Méthylène THF Méthylène tétrahydrofolate
MTHFD1 Méthylène tétrahydrofolate déshydrogénase 1
MTHFR Méthylène tétrahydrofolate réductase
NFS Numération Formule Sanguine
NIS Symporteur sodium-iode
OMS Organisation Mondiale de la Santé
Ph Phosphore
PL Phospholipides
PNNS Programme National Nutrition Santé
PTH Parathormone
RBP Retinol Binding Protein
RNP Référence Nutritionnelle pour la population
rT3S Reverse sulfated triiodothyronine
rT3/T2 Reverse Triiodothyronine/Diiodothyronine
Ser Sérine
SULT 1A1 Sulfotransferase family 1A member 1
SULT 1A3 Sulfotransferase family 1A member 3
T2S Sulfated diiodothyronine
T3 Triiodothyronine
T3S Sulfated triiodothyronine
T4 Thyroxine
T4S Sulfated thyroxine
TBG Thyroid binding globulin
TD Tube digestif
THF Tétrahydrofolate
TLR Toll-like receptor
TRH Thyrotropin realising hormone
TRPV6 Transient receptor potential cation channel subfamily V member 6
TSH Thyroid stimulating hormone
TTR Transthyretin
UVB Ultraviolets B
VDR Vitamin D receptor
VDRmRNA Vitamin D receptor messenger ribonucleid acid
VNR Valeur nutritionnelle de référence
REMERCIEMENTS
Je tiens à exprimer ma plus profonde gratitude à mes parents, pour leur soutien indéfectible
et leur confiance en mes choix. Leur amour inconditionnel, leur encouragement constant et
leur foi en mes capacités m’ont permis de suivre mon chemin avec assurance et détermination.
Merci pour votre amour et votre soutien inestimables.
Je tiens à exprimer ma sincère gratitude à mon frère Yanis et à ma sœur Aïcha, Avec eux, je
partage bien plus que des liens du sang, je partage des moments de vie, des rires, mais aussi
des défis. Leur présence et leur soutien ont été une source constante d’amour et d’inspiration.
Merci d’être toujours à mes côtés.
Je souhaite exprimer ma profonde gratitude à mon entraineur de karaté, mon sensei, Pascal,
pour son soutien et son accompagnement constants tout au long de ces années. Plus qu’un
art martial, il a su insuffler en moi une philosophie de vie qui m’accompagne chaque jour. Ses
leçons vont bien au-delà du dojo et sont ancrées dans toutes mes actions. Merci pour tout.
Je tiens à remercier chaleureusement mon entraîneur de karaté, mon sensei, Kevin. Son
dévouement, sa passion et sa rigueur ont ajouté une dimension nouvelle et enrichissante à
ma pratique. Ses enseignements ont non seulement renforcé mon art martial, mais ont
également inspiré et orienté ma vie hors du dojo. Pour tout cela, je suis profondément
reconnaissant.
Je tiens à remercier sincèrement Nicolas, Anthony, Chloé et Fabrice, mes grands amis et
compagnons de route de ce long parcours académique. Nous avons partagé ensemble des
moments inoubliables, sur les bancs de la fac et au-delà. Leur présence constante et leur
soutien inébranlable ont été une source d’inspiration et de réconfort tout au long de ces
années. Leurs amitiés sont des cadeaux précieux que je chéris.
Je souhaite exprimer ma profonde gratitude envers mon ami, Florian, qui a été comme un
mentor inestimable dans le monde associatif et représentatif. Ses conseils judicieux et son
soutien constant ont été une source d’inspiration et d’orientation inestimables. Sa contribution
à mon parcours ne peut être sous-estimée.
Je tiens à exprimer ma gratitude envers Guillaume et Marion, mes amis et ceux que je
considère comme mes protégés. Leur soutien a été un pilier inestimable dans mon parcours.
La façon dont ils ont repris et poursuivi mes travaux et projets avec dévouement et compétence
est une source de fierté et de reconnaissance pour moi. Je suis convaincu qu’ils sauront se
développer, accomplir de grandes choses et atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. Rien ne
pourra les arrêter dans leur quête de réalisation et de succès.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Fouad et Bilal. Votre amitié a été une source
d’inspiration et de soutien inestimable. Merci de partager ces moments fabuleux et d’enrichir
ma vie de manière indescriptible.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à mes amis, Pheakdey, Ayhan, Enzo, Simon, Arthur,
Timothée, Léa, Mehdi, Thibault, Ivana et Alice que j’ai rencontré dans le cadre de mon
engagement associatif. Ils ont su devenir des membres à part entière de ma vie, partageant
des moments d’amitié, de défis et de succès. Leur soutien et leur dévouement sont devenus
des éléments essentiels de mon quotidien. Enzo, pendant une année, nous avons formé un
binôme solide, non seulement confronté à des défis, mais également bâti sur le
développement d’une amitié solide qui s’est renforcée autour de nos objectifs communs.
Pheakdey, Ayhan, nos chemins communs au sein du monde associatif a donné naissance à
une amitié précieuse qui transcende notre engagement initial. A Simon, dont l’amitié, la
perspicacité et les conseils avisés m’ont été d’une valeur incommensurable. Votre soutien et
votre amitié sont de véritables cadeaux que je chéris profondément.
Je souhaite exprimer ma plus profonde gratitude envers les personnes que j’ai eu le privilège
de rencontrer dans le monde associatif, et avec lesquelles je partage l’honneur de faire partie
du même bureau cette année : Etienne, Emilie, Mathis, Orlane, Miryam, Félix, Simon, Bastien,
Nicolas, Léa, Maëlle, Apolline, Marie, Matéo, Océane, Sarah, Maxime L., Yessine, Salomé,
Maxime B., Maé, Solène, Matthias et Manon. Malgré nos différences, nos parcours d’études,
nos villes d’origine, … nous avons su créer un lien solide et indestructible. Cette année, nous
avons partagé des moments inoubliables, surmonté ensemble les épreuves, et célébré nos
succès. Plus qu’un bureau ou qu’un groupe d’amis, vous êtres une seconde famille. Merci
pour votre solidarité, votre amitié et votre soutien constant.
Je tiens à exprimer toute ma gratitude à mes amis avec qui je passe de fabuleux moments,
ainsi qu’aux personnes que j’ai pu rencontrer durant mon parcours et qui m’ont tant apporté :
Pierre, Morgane, Xavier, Typhaine, Hugo, Edgar, Charlotte, Léna, Julien, Alexis, Kada,
Nicolas, Amine, Lisa, Clément, Marie, Sophie, Laura, Maël, Yassir, Julien, Léa, Léa, Clara,
Jules, Corentin, Célia, Marwan, Kamelia, Julien, Thomas, Alice, Manon, Maëlle, Achille,
Matéo, Angeline, Ihab, Thibault, Cécile, Gaëlle, Randa, Sabrina, Laura, Clémence, Maixent,
Guillaume, Théo, Flavie, Doha, Hajar, à l’équipe de la Pharmacie MOREAU à Malzéville, à
l’équipe de la PUI de l’Hôpital Bel-Air de Thionville, en particulier au Dr Laurence FERRIER, à
l’équipe du service de Chirurgie Orthopédique et Traumatologie de l’Hôpital Bel-Air de
Thionville, en particulier au Dr Mahmoud KHALIFE, à l’équipe du SKEN - Shotokan Karaté
Essey-Lès-Nancy, et à la MSK Elite Team
Introduction
La prise en charge des carences chez la femme enceinte est un enjeu crucial pour assurer
une grossesse saine et sans complications. Les carences en vitamines, minéraux et autres
nutriments peuvent avoir des conséquences graves pour la santé de la mère et du fœtus. C’est
pourquoi, dans de nombreux cas, la dispensation de compléments alimentaires est
recommandée pour répondre aux besoins spécifiques de la grossesse.
Cependant, il est important de souligner les risques liés aux carences chez la femme enceinte.
En effet, une carence en fer par exemple, peut entraîner une anémie, une carence en acide
folique peut causer des malformations du système nerveux central chez le fœtus, tandis
qu’une carence en vitamine D peut augmenter le risque de complications lors de
l’accouchement.
Hormis pour les supplémentations en folates, vitamine D et fer qui sont bien établies, il n’existe
que très peu, voire pas du tout, de recommandations nationales et internationales concernant
la supplémentation en nutriments chez la femme enceinte. Lorsqu’elles existent, ces
recommandations ne sont pas toujours cohérentes entre elles et peuvent parfois même être
contradictoires. Cette situation peut poser des problèmes pour les professionnels de santé
dans leur pratique clinique. En effet, ils peuvent être confrontés à des situations où deux
recommandations différentes leur sont présentées pour un même nutriment, ce qui peut
impacter leur prise de décision et leur pratique clinique. Cette situation peut conduire à des
confusions chez les professionnels de santé et peut rendre la prise en charge des femmes
enceintes plus difficile. De plus, les femmes enceintes peuvent quant à elles, être exposées à
des informations contradictoires, ce qui peut les amener à ne pas suivre les recommandations
de supplémentation appropriées.
1
D’un autre côté, il y a des risques liés à la prise de compléments alimentaires sans conseil
officinal. En effet, certains compléments alimentaires peuvent contenir des doses élevées de
certains nutriments qui peuvent être dangereux pour la santé de la mère et du fœtus. Une
surdose de vitamine A par exemple, peut entraîner des malformations chez le fœtus.
Il est donc crucial de comprendre les risques associés à la prise de compléments alimentaires
et l’intérêt du conseil officinal. Le pharmacien est un professionnel de santé qualifié pour
dispenser des conseils appropriés sur la prise de compléments alimentaires et pour identifier
les carences spécifiques à chaque patiente. En plus de dispenser des conseils, le pharmacien
a également pour rôle de s’assurer que les compléments alimentaires sont compatibles avec
les autres médicaments que la patiente peut prendre. Il doit s’assurer également que ces
compléments alimentaires soient compatibles avec les antécédents médicaux et pathologies
de la future mère.
Cette thèse a pour objectif de réaliser un état des lieux sur les recommandations en matière
de supplémentation chez la femme enceinte. En effet, la prise en charge des carences
nutritionnelles chez la femme enceinte est une préoccupation majeure en santé publique. Des
compléments alimentaires peuvent être nécessaires pour prévenir ou traiter des carences.
Cependant, il est important de se questionner sur l’intérêt de dispenser systématiquement des
compléments alimentaires. Il est également essentiel de s’intéresser à la composition des
compléments alimentaires commercialisés, prescrits par les professionnels de santé et dont
la composition n’est peut-être pas toujours adaptée à la situation spécifique de chaque femme
enceinte. Dans ce contexte, il est important de sensibiliser les professionnels de santé, et
notamment les pharmaciens d’officine, sur les risques associés à la dispensation de
compléments alimentaires et sur leur rôle dans la promotion d’une supplémentation adaptée
et sûre. Les pharmaciens doivent être en mesure de conseiller les femmes enceintes sur les
compléments alimentaires les plus adaptés à leur situation et de les informer sur les risques
associés à une surconsommation ou à une mauvaise utilisation de ces produits.
2
I. Les besoins spécifiques au cours de la grossesse
Les apports alimentaires recommandés pendant la grossesse varient selon les pays et les
organismes de santé. En France, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande
3
pour les femmes enceintes une consommation quotidienne de cinq portions de fruits et
légumes, deux produits laitiers, des protéines animales et végétales, des matières grasses et
des sucres en quantité limitée. (6,7) En Europe, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire
(EFSA) estime une augmentation moyenne de 70, 260 et 500 kcal par jour respectivement au
cours des premier, deuxième et troisième trimestres afin de répondre aux besoins
énergétiques. (8,9) Cependant, il est important de noter que les besoins énergétiques
individuels peuvent varier en fonction de l’âge, du poids, de la taille, de l’activité physique, de
la croissance du fœtus et des antécédents médicaux. Par conséquent, il est recommandé aux
femmes enceintes de consulter un professionnel de santé pour déterminer leurs besoins
énergétiques individuels pendant la grossesse. (7)
La prise de poids pendant la grossesse est importante pour le développement du fœtus, mais
elle doit être surveillée pour éviter des complications de santé pour la mère et l’enfant. Le poids
recommandé à prendre dépend de l’IMC de la femme avant la grossesse comme l’indique le
tableau I ci-dessus. Si une femme est déjà maigre avant la grossesse, avec un IMC inférieur
4
à 18,5 kg/m2, elle devrait viser à prendre entre 12,5 et 18 kg pendant la grossesse pour assurer
une croissance saine du fœtus. Pour les femmes avec un poids normal avant la grossesse,
avec un IMC compris entre 18,5 et 25 kg/m2, une prise de poids entre 11,5 et 16 kg est
considérée comme optimale pour la santé de la mère et de l’enfant. Pour les femmes en
surpoids avant la grossesse, avec un IMC compris entre 25 et 30 kg/m2, une prise de poids
entre 7 et 11,5 kg est conseillée pour réduire les risques de complications de santé liées à
l’excès de poids. Enfin, pour les femmes obèses avant la grossesse, avec un IMC supérieur à
30 kg/m2, il est recommandé une prise de poids entre 5 et 9 kg suffisante pour soutenir la
croissance du fœtus tout en minimisant les risques pour la santé de la mère. (7,8,10,11)
Le concept des 1 000 jours correspond à une période clé du développement de l’être humain,
qui s’étend de la conception jusqu’à l’âge de deux ans. Cette période est considérée comme
critique car elle influe sur la santé et le développement à long terme de l’individu. Plus
précisément, les 1 000 jours commencent au moment de la conception, lorsque l’ovule est
fécondé par le spermatozoïde, et se terminent à l’âge de deux ans, période qui correspond au
moment où le cerveau atteint 80% de sa taille adulte et où les fonctions cognitives et physiques
de l’enfant sont en grande partie établies. (13–16)
Au cours de cette période, l’enfant subit des changements rapides et importants sur les plans
physiques, neurologiques et psychologiques. Les expériences de cette période peuvent avoir
des effets durables sur la santé physique et mentale de l’individu à l’âge adulte. (13–16)
Le concept des 1 000 jours repose sur des études scientifiques solides. Des auteurs ont
montré que les conditions de vie pendant cette période peuvent avoir des conséquences
durables sur la santé, le bien-être et le développement cognitif et émotionnel de l’individu à
l’âge adulte. Une carence nutritionnelle pendant cette période peut entraîner des retards de
croissance, une faible masse musculaire, une réduction de la capacité cognitive et une
vulnérabilité accrue aux maladies chroniques telles que l’obésité, le diabète et les maladies
cardiovasculaires. Des études ont également montré que les expériences précoces de stress,
de négligence et de maltraitance peuvent avoir des effets négatifs durables sur la santé
5
mentale de l’individu à l’âge adulte, tels que la dépression, l’anxiété et les troubles de la
personnalité. (13–16)
La valeur nutritionnelle de référence (VNR) est une mesure établie pour définir les apports
nutritionnels recommandés pour les différents nutriments essentiels à une alimentation
équilibrée. Les VNR sont utilisées pour évaluer les apports en nutriments d’un individu ou
d’une population donnée. Elles sont généralement basées sur les besoins moyens d’une
population en bonne santé et sont établies par des organismes de santé compétents, tels que
les autorités sanitaires nationales ou les organisations internationales. Les VNR sont
déterminées pour une variété de nutriments, tels que les vitamines, les minéraux, les acides
gras essentiels, les protéines, les glucides, les lipides et les fibres alimentaires. Elles sont
spécifiques à différents groupes de populations en fonction de facteurs tels que l’âge, le sexe,
la grossesse, l’allaitement et les conditions de santé particulières. Les VNR jouent un rôle
essentiel dans l’évaluation de l’adéquation nutritionnelle des régimes alimentaires et dans la
planification des apports en nutriments. Elles servent de guide pour concevoir des
recommandations diététiques équilibrées et contribuent à prévenir les carences nutritionnelles
et les problèmes de santé liés à une alimentation inadéquate. Les VNR peuvent varier d’un
pays à l’autre en fonction des caractéristiques nutritionnelles et des habitudes alimentaires
propres à chaque population. Il convient de noter que les VNR sont des recommandations
générales et qu’elles peuvent ne pas convenir à tous les individus en raison de leurs besoins
nutritionnels spécifiques. Par conséquent, il est important de prendre en compte d’autres
facteurs individuels, tels que l’âge, le poids, l’activité physique, les conditions médicales et les
objectifs personnels, lors de l’évaluation des besoins nutritionnels d’une personne et de
l’élaboration d’un régime alimentaire adapté. (17,18)
6
L’apport de référence (AR) désigne les recommandations officielles établies pour l’apport
quotidien en nutriments nécessaires pour maintenir une alimentation équilibrée et satisfaire
les besoins nutritionnels d’un individu. Les AR sont établis par des organismes de santé et des
autorités sanitaires, tels que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail (ANSES) en France ou l’Institute of Medicine (IOM) aux Etats-
Unis. Ils sont basés sur des évaluations scientifiques approfondies de données disponibles
sur les besoins nutritionnels de différents groupes de population, tels que l’âge, le sexe, la
grossesse ou l’allaitement. Les apports de référence sont spécifiques à chaque nutriment
essentiel, tels que les vitamines, les minéraux, les protéines, les lipides, les glucides et les
fibres. (17)
Pour mener cette étude comparative des compléments alimentaires, une collecte exhaustive
des données sur la composition en nutriments de chaque complément alimentaire sélectionné
sera effectuée. Les nutriments d’intérêt incluront les vitamines, les minéraux et les acides gras
essentiels. Ces informations seront obtenues à partir des étiquettes des produits, des données
fournies par les fabricants et d’autres sources fiables disponibles.
II.1 Définition
Les compléments alimentaires se définissent comme des aliments qui apportent sous forme
concentrée des vitamines, des minéraux et d’autres éléments utilisés à des fins bénéfiques
pour l’organisme. Ils sont destinés à compléter l’alimentation normale représentant ainsi des
sources concentrées de nutriments ou d’autres substances qui, seuls ou en combinaison,
constituent un effet nutritionnel et/ou physiologique bénéfique à l’organisme. « Les
compléments alimentaires sont caractérisés par trois composantes : leur objectif, leur
composition et leur présentation. » (132)(133)
7
- Leur objectif : Ces compléments alimentaires complètent l’alimentation. Ils ne
remplacent pas les aliments conventionnels. Les apports nutritionnels s’ajoutent à ceux
issus de l’alimentation courante.
- Leur présentation : Les compléments alimentaires sont vendus sous forme de doses
nécessitant de définir une unité de prise. Cette dernière doit être mesurable et de faible
quantité par rapport à la quantité d’aliment normalement consommée. (20)
En définitif, les compléments alimentaires doivent être présentés sous forme pré-dosée afin
de bien les distinguer des autres denrées et ainsi de ne pas tromper le consommateur sur leur
nature et leur qualité. (20)
II.2.1 Réglementation
Les compléments alimentaires sont soumis à un cadre réglementaire strict visant à garantir la
sécurité de leur utilisation et l’impartialité des informations données aux consommateurs.
Les éléments chimiques utilisés comme sources de vitamines et de minéraux sont soumis à
une liste positive mentionnée dans l’arrêté du 9 mai 2006. Le décret fixe également la dose
journalière maximale de vitamine D et d’iode pouvant être apportée par les compléments
alimentaires en France, en tenant compte de la dose journalière du produit recommandée par
le fabricant, telle qu’indiquée sur l’étiquetage. Les fibres, acides aminés, plantes et autres
substances incorporés doivent être autorisés par la Direction générale de la Concurrence, de
8
la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF). La réglementation prévoit une
liste positive progressivement établie des ingrédients pouvant entrer dans leur composition.
Ces dispositions réglementaires visent notamment à minimiser les risques sanitaires liés à la
consommation de compléments alimentaires. (21)
Les compléments alimentaires sont des aliments concentrés en composants « actifs » utilisés
pour leur rôle nutritionnel. Ils peuvent également contenir des améliorants alimentaires, c’est-
à-dire des composants « non-actifs » ayant une fonction technique ou aromatique. (20)
L’article 4 du décret n°2006-352 du 20 mars 2006 relatif aux compléments alimentaires stipule
que seuls les nutriments définis à l’article 2, alinéa 2, c’est-à-dire les vitamines et les minéraux ;
les substances à but nutritionnel ou physiologique définies à l’article 2, alinéa 3, c’est-à-dire
les substances chimiquement définies autres que les vitamines et les minéraux ; les plantes
et les préparations de plantes définies à l’article 2, alinéa 4, comprenant tous les végétaux au
sens large comprenant ainsi les algues, les microalgues, les lichens, les champignons, etc. ;
9
les autres ingrédients dont l’utilisation en alimentation humaine est traditionnelle ou reconnue
comme telle au sens du règlement (UE) n°2015/2238 relatif aux nouveaux aliments ou
autorisés conformément à ce règlement ; les additifs, les arômes et les auxiliaires
technologiques dont l’emploi est autorisé en alimentation humaine. (132)(136)(137)
La sécurité sanitaire fait l’objet d’un corpus très large à l’échelle européenne. Ainsi, les
obligations générales du droit alimentaire, définies notamment dans le règlement (CE)
n°178/2002, s’appliquent aux industries du secteur des compléments alimentaires. Elles
comportent la sécurité incluant la prévention et le suivi des produits, la conformité avec les
auto-contrôles, la traçabilité, la coopération, la loyauté des transactions et l’information des
consommateurs. (132)(138)
Les industries engagées dans la production de compléments alimentaires, quelle que soit leurs
activités, sont soumises aux dispositions générales du « paquet hygiène » et à tous les textes
qui en découlent. Ces textes prescrivent notamment les bonnes pratiques d’hygiène et
l’application des principes HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point). (20)
Le droit national vient compléter et enrichir ce corpus. En effet, la France dispose d’une
réglementation spécifique concernant l’utilisation de certains ingrédients, tels que les plantes,
les nutriments ou autres substances. Elle impose des exigences sanitaires par le biais de
seuils ou de précautions devant être présentent sur l’étiquetage. La réglementation précise
également les informations dont les opérateurs doivent disposer pour démontrer la qualité des
ingrédients utilisés. (20)
10
II.2.4 La déclaration de mise sur le marché des compléments
alimentaires
Quantité % VNR*
Vitamine B1 (en mg) 1,8 164
Vitamine B2 (en mg) 1,6 114
Vitamine B6 (en mg) 2,0 143
Vitamines
11
Le tableau II ci-dessus, issu du Vidal, fournit des informations sur la composition en nutriments
de Oligobs® Grossesse, un complément alimentaire souvent prescrit et/ou dispensé, en
comparant les quantités présentes dans le complément avec les VNR recommandées. (28)
En ce qui concerne les vitamines, l’Oligobs® Grossesse fournit des quantités supérieures aux
valeurs nutritionnelles de référence pour plusieurs vitamines. La vitamine B1 est présente à
164% de la VNR recommandée, la vitamine B2 à 114% et la vitamine B6 à 143%. La vitamine
B8 et la vitamine B9 sont fournies à 200% de leurs VNR respectives, tandis que la vitamine
B12 est fournie à 120% et la vitamine D à 100% de leurs VNR recommandées.
En ce qui concerne les minéraux, l’Oligobs® Grossesse fournit des quantités différentes par
rapport aux VNR recommandées. Le cuivre est fourni à 50% de sa VNR, tandis que le fer,
l’iode et le zinc sont fournis à 100% de leurs VNR respectives. Cependant, ce complément
alimentaire fournit seulement 16% de la VNR recommandée en magnésium, et 45% de la VNR
recommandée en sélénium.
En ce qui concerne les acides gras, le tableau indique la présence d’huile de poisson,
d’oméga-3, d’acide docosahexaénoïque (DHA) et d’acide eicosapentaénoïque (EPA).
Cependant les VNR spécifiques de ces acides gras ne sont pas fournies.
12
II.3.2 Gestarelle® G+ et Gestarelle® G3+
Quantité % VNR*
Vitamine B1 (en mg) 1,1 100
Vitamine B2 (en mg) 1,4 100
Vitamine B5 (en mg) 6,0 100
Vitamine B6 (en mg) 1,4 100
Vitamines
Le tableau III fournit des informations détaillées sur la composition en nutriments de deux
compléments alimentaires, Gestarelle® G+ et Gestarelle® G3+, en comparant les quantités
présentes dans ces compléments avec les VNR recommandées. (29,30)
Pour ces deux compléments, plusieurs vitamines sont fournies à des quantités équivalentes à
100% des VNR recommandées, telles que la vitamine B1, B2, B5, B6, B8, la vitamine E, ainsi
que les minéraux cuivre, fer, iode et sélénium. Cependant, la vitamine B9 est fournie à 200%
de la VNR recommandée, indiquant une quantité plus élevée. La vitamine B12 est fournie à
seulement 16% de la VNR, tandis que la vitamine D est fournie à un pourcentage élevé de
300% de la VNR recommandée.
13
II.3.3 Gynéfam® Supra Grossesse
Quantité % AR**
Vitamine B1 (en mg) 1,1 100
Vitamine B2 (en mg) 1,4 100
Vitamine B3 (en mg) 16,0 100
Vitamine B5 (en mg) 6,0 100
Vitamines
Pour les vitamines, le Gynéfam® Supra Grossesse fournit des quantités équivalentes à 100%
des apports de référence recommandés pour la vitamine B1, B2, B3, B5, B6, B8, la vitamine
E et la vitamine D.
Cependant, la vitamine B9, présente sous forme "d’acide folique 5-MTHF" (5-
méthyltétrahydrofolate), est fournie à 300% des AR recommandés, indiquant une quantité plus
14
élevée. Selon le fabricant, l’acide folique 5-MTHF, également appelée "Quatrefolic", est une
forme active et métaboliquement avancée de l’acide folique. Il s’agit d’une forme de folate qui
est déjà convertie en 5-MTHF, la forme active de l’acide folique, lorsqu’elle est ingérée.
Contrairement à l’acide folique classique, qui nécessite une étape supplémentaire de
conversion dans l’organisme, le 5-méthyltétrahydrofolate (5-MTHF) est directement utilisable
par l’organisme sans avoir besoin d’être converti. En effet, le 5-MTHF représente la principale
forme circulante des folates et transportée vers les tissus via les récepteurs aux folates. Cette
caractéristique du "Quatrefolic" en fait une forme d’acide folique potentiellement plus efficace
pour l’organisme, car elle contourne la nécessité de conversion enzymatique, qui peut être
limitée chez certaines personnes en raison de facteurs génétiques ou d’autres problèmes de
santé. Il est important de noter que le "Quatrefolic", en tant que forme de folate active, peut
être mieux toléré et mieux absorbé par l’organisme que l’acide folique traditionnel. (32) Le
"Quatrefolic" est cependant présent en plus grande quantité dans les compléments
alimentaires par rapport à l’acide folique, car des études de biodisponibilité ont démontré qu'il
est moins efficace pour améliorer le statut en folate. (33) Cette situation pourrait résulter du
fait que le « Quatrefolic » est possiblement moins bien absorbé par l’organisme ou éliminé
plus rapidement que l’acide folique, ce qui pourrait potentiellement diminuer son efficacité
totale.
La vitamine B12 est fournie à 100% des AR, tandis que la vitamine D est fournie à un
pourcentage élevé de 400% des AR recommandés.
En ce qui concerne les minéraux, le Gynéfam® Supra Grossesse fournit des quantités
équivalentes à 100% des AR recommandés pour le cuivre, le fer, le manganèse, le sélénium
et le zinc. L’iode est fourni à 133% des AR recommandés, tandis que le magnésium est fourni
à seulement 16% des AR.
Les quantités spécifiques d’acides gras, tels que le DHA et l’EPA, sont fournies dans l’huile de
poisson présente dans le Gynéfam® Supra Grossesse, mais les AR ne sont pas indiqués dans
le tableau.
15
II.3.4 Ogestan®
Quantité % VNR*
Vitamine B1 (en mg) 1,1 100
Vitamine B2 (en mg) 1,4 100
Vitamine B3 (en mg) 16,0 100
Vitamine B5 (en mg) 6,0 100
Vitamine B6 (en mg) 1,4 100
Vitamines
En ce qui concerne les vitamines, le complément alimentaire Ogestan® fournit des quantités
respectables de vitamines B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9, B12, C et E. Ces quantités sont
conformes aux VNR recommandées, atteignant 100% pour la plupart des vitamines. Toutefois,
la vitamine B9 est fournie à un niveau supérieur, atteignant 200% de la VNR recommandée.
16
En ce qui concerne les minéraux, l’Ogestan® fournit des quantités adéquates de cuivre, fer,
iode et zinc, correspondant à 100% des VNR recommandées. Cependant, il est important de
noter que la quantité de magnésium fournie atteint seulement 27% de la VNR recommandée.
En outre, l’Ogestan® contient du DHA mais aucune VNR n’est indiquée pour ce nutriment.
Quantité % VNR*
Vitamine B6 (en mg) 1,4 100
Vitamines
La quantité de vitamine B6 fournie par le complément alimentaire est de 1,4 mg, ce qui
correspond à 100% de la VNR recommandée. Cela indique que le complément alimentaire
fournit une quantité adéquate de vitamine B6, conformément aux recommandations.
En ce qui concerne l’acide folique, le Folic’Expert 5-MTHF fournit une quantité de 600
microgrammes ce qui correspond à 300% de la VNR recommandée.
Enfin, la quantité de vitamine B12 fournie est de 0,38 microgrammes, ce qui correspond à 15%
de la VNR recommandée. Cette quantité est inférieure à la VNR recommandée, ce qui peut
indiquer une concentration plus faible de vitamine B12 dans le complément alimentaire.
17
En résumé, le Folic’Expert 5-MTHF fournit des quantités satisfaisantes de vitamine B6,
respectant la VNR recommandée. Cependant, il fournit une quantité élevée de vitamine B9
par rapport à la VNR recommandée, et une quantité inférieure de la vitamine B12.
Quantité % AR**
Vitamine B9 (en µg) 600,0 300
Vitamines
Le tableau VII fournit des informations sur la composition en nutriments du Taïdo Pregnancia®,
mettant en évidence les quantités de vitamine B9, vitamine B12, vitamine D, fer, iode, ainsi
que les AR correspondants. (36)
La quantité de vitamine B9 fournie par le Taïdo Pregnancia® est de 600 microgrammes ce qui
correspond à 300% de l’AR recommandé. Cela indique que le complément alimentaire fournit
une quantité élevée de vitamine B9 par rapport à l’AR recommandé.
En ce qui concerne la vitamine B12, le complément alimentaire fournit une quantité de 4,5
microgrammes, ce qui correspond à 180% de l’AR recommandé. Cette quantité dépasse l’AR
recommandé, indiquant une concentration élevée de vitamine B12 dans ce complément
alimentaire.
18
En ce qui concerne les minéraux, la quantité de fer fournie est de 14 mg correspondant à
100% de l’AR recommandé. Cela indique que le complément alimentaire fournit une quantité
adéquate de fer conformément à l’AR recommandé. La quantité d’iode fournie est de 200
microgrammes, correspondant à 133% de l’AR recommandé. Cela indique une concentration
relativement élevée d’iode dans le complément alimentaire par rapport à l’AR recommandé.
Enfin, le Taïdo Pregnancia® contient de l’huile de poisson avec une quantité totale de 400 mg.
Les quantités spécifiques d’oméga-3, DHA et EPA sont également indiquées. Cependant, il
n’y a pas d’AR indiqués pour ces acides gras.
En résumé, le Taïdo Pregnancia® fournit des quantités élevées de vitamine B9, B12, D et
d’iode par rapport aux AR recommandés. Il fournit également une quantité adéquate de fer
conformément à l’AR recommandé.
19
II.3.7 Maternix® G
Quantité % AR**
Vitamine B1 (en mg) 1,1 100
Vitamine B2 (en mg) 1,4 100
Vitamine B3 (en mg) 16,0 100
Vitamine B5 (en mg) 6,0 100
Vitamines
Pour les vitamines, le Maternix® G fournit des quantités équivalentes à 100% des AR
recommandés pour la vitamine B1, B2, B3, B5, B6, B12, la vitamine C et la vitamine E.
Cependant, la vitamine B9 est fournie à 300% des AR recommandés, et la vitamine D est
fournie à 400% des AR, indiquant une quantité plus élevée.
En ce qui concerne les minéraux, le Maternix® G fournit des quantités équivalentes à 100%
des AR recommandés pour le fer, l’iode, le zinc et le chrome. Le sélénium est fourni à 90%
des AR recommandés.
20
Les quantités spécifiques d’acides gras, tels que les oméga-3, le DHA et l’EPA, sont fournies
dans l’huile de poisson présente dans le Maternix® G, mais les AR ne sont pas indiqués dans
le tableau.
21
II.4 Tableau comparatif de la composition des spécialités de compléments alimentaires
Tableau IX : Tableau comparatif de la composition des spécialités de compléments alimentaires les plus courants sur le marché
Gynéfam®
Oligobs® Gestarelle® Gestarelle® Folic’Expert 5- Taïdo
Supra Ogestan® Maternix® G
Grossesse G+ G3+ MTHF Pregancia®
Grossesse
% % % % % % %
% AR
VNR* VNR VNR AR** VNR VNR VNR
Vitamine B1 (en mg) 1,8 164 1,1 100 1,1 100 1,1 100 1,1 100 - - - - 1,1 100
Vitamine B2 (en mg) 1,6 114 1,4 100 1,4 100 1,4 100 1,4 100 - - - - 1,4 100
Vitamine B3 (en mg) - - - - - - 16,0 100 16,0 100 - - - - 16,0 100
Vitamine B5 (en mg) - - 6,0 100 6,0 100 6,0 100 6,0 100 - - - - 6,0 100
Vitamine B6 (en mg) 2,0 143 1,4 100 1,4 100 1,4 100 1,4 100 1,4 100 - - 1,4 100
Vitamine B8 (en µg) 100,0 200 50,0 100 50,0 100 50,0 100 50,0 100 - - - - - -
Vitamine B9 (en µg) 400,0 200 400,0 200 400,0 200 600,0 300 400,0 200 600,0 300 600,0 300 600 300
Vitamine B12 (en µg) 3,0 120 0,4 16 0,4 16 2,5 100 2,5 100 0,38 15 4,5 180 2,5 100
Vitamine C (en mg) - - - - - - - - 80,0 100 - - - - 80,0 100
Vitamine D (en µg) 5,0 100 15,0 300 15,0 300 20,0 400 10,0 200 - - 20,0 400 20,0 400
Vitamine E (en mg) - - 12,0 100 12,0 100 12,0 100 12,0 100 - - - - 12,0 100
Calcium - - - - - - - - - - - - - - - -
Cuivre (en mg) 0,5 50 1,0 100 1,0 100 1,0 100 1,0 100 - - - - - -
22
Fer (en mg) 14,0 100 14,0 100 14,0 100 14,0 100 14,0 100 - - 14,0 100 14,0 100
Iode (en µg) 150,0 100 150,0 100 150,0 100 200,0 133 150,0 100 - - 200,0 133 150,0 100
Magnésium (en mg) 60,0 16 - - - - 60,0 16 100,0 27 - - - - - -
Manganèse (en mg) - - - - - - 2,0 100 - - - - - - - -
Sélénium (en µg) 25,0 45 55,0 100 55,0 100 55,0 100 - - - - - - 50,0 90
Zinc (en mg) 15,0 150 - - - - 3,75 37,5 10,0 100 - - - - 10,0 100
Chrome (en µg) - - - - - - - - - - - - - - 40,0 100
Oméga-3 (en mg) 300,0 - - - 246,0 - - - - - - - 268,0 - 124,2 -
DHA*** (en mg) 225,0 - - - 200,0 - 200,0 - 200,0 - - - 200,0 - 101,0 -
EPA**** (en mg) 50,0 - - - 25,0 - 40,0 - - - - - 40,0 - 6,6 -
Légende :
*VNR Valeurs Nutritionnelles de Référence
**AR Apports de Référence
***DHA Acide docosahexaénoïque
****EPA Acide eicosapentaénoïque
23
L’analyse des différents compléments alimentaires pour la grossesse, tels que Oligobs®
Grossesse, Gestarelle® G+, Gestarelle® G3+, Gynéfam® Supra Grossesse, Ogestan®,
Folic’Expert 5-MTHF, Taïdo Pregnancia® et Maternix® G, met en évidence des variations
significatives dans la composition en nutriments et des pourcentages par rapport aux VNR et
aux AR. L’analyse approfondie du tableau ci-dessus permet une comparaison directe des
compositions en nutriments et des pourcentages par rapports aux VNR et des AR, offrant ainsi
une vision claire des différences et des similitudes entre les compléments disponibles sur le
marché. Il est important de prendre en compte que des pourcentages supérieurs à 100% ne
signifient pas automatiquement que la consommation de ces compléments alimentaires est
plus bénéfique ou recommandée à des doses dépassant les VNR. Il est essentiel de consulter
un professionnel de santé ou un nutritionniste pour évaluer les besoins individuels en
nutriments et déterminer si ces compléments alimentaires sont adaptés pour répondre à ces
besoins spécifiques.
En ce qui concerne les vitamines, plusieurs paramètres doivent être pris en compte. Par
exemple, la vitamine B1, présente dans tous les compléments, se situe entre 1,1 mg (100%
VNR) et 1,8 mg (164% VNR). De même, la vitamine B9, cruciale pour le développement du
fœtus, varie entre 400 microgrammes (200% VNR) et 600 microgrammes (300% VNR).
Certaines vitamines comme la vitamine B12 et la vitamine C affichent des variations plus
importantes, allant de 0,4 microgrammes (16% VNR) à 4,5 microgrammes (180% VNR) pour
la vitamine B12, et de 80 mg (100% VNR) à l’absence totale pour la vitamine C.
Les minéraux constituent également un élément clé des compléments alimentaires pour la
grossesse. Par exemple, le fer, crucial pour la prévention de l’anémie, est présent à une
quantité constante de 14 mg (100% VNR) dans la majorité des compléments alimentaires
analysés. L’iode, essentiel au bon développement et fonctionnement de la thyroïde, varie entre
150 microgrammes (100% VNR) et 200 microgrammes (133% VNR). D’autres minéraux tels
que le cuivre, le sélénium et le zinc présentent également des variations significatives.
En ce qui concerne les acides gras, les compléments alimentaires différent dans leur
composition en oméga-3, DHA et EPA. Les quantités d’oméga-3 varient de 246 mg à 300 mg,
tandis que les quantités de DHA varient de 200 mg à 225 mg, et les quantités d’EPA varient
de 25 à 50 mg.
Afin d’orienter les femmes enceintes vers le complément alimentaire le plus adéquat, il est
recommandé de prendre en considération les besoins spécifiques de chaque individu, les
24
recommandations de santé, ainsi que les éventuelles carences ou besoins particuliers
identifiés par le professionnel de santé.
Pour les professionnels de santé, un tel tableau constitue un outil précieux lorsqu’ils conseillent
les femmes enceintes sur la supplémentation en nutriments pendant cette période cruciale.
En se basant sur les informations fournies, ils peuvent évaluer les besoins individuels de
chaque femme et recommander le complément alimentaire le mieux adapté. Par exemple, la
variabilité des vitamines B1, B2, B6, B9, B12, C et D dans les différents compléments leur
permet de personnaliser les recommandations en fonctions des besoins spécifiques de
chaque patiente. De plus, les variations dans les minéraux tels que le fer, l’iode, le cuivre, le
sélénium et le zinc offrent aux professionnels de santé la possibilité de cibler les carences
potentielles et d’adapter les dosages en conséquence.
Il est important de noter que cette analyse est basée sur les données fournies dans la
bibliographie et qu’il est essentiel de consulter un professionnel de santé avant de consommer
tout complément alimentaire, notamment pendant la grossesse, pour garantir une approche
individualisée et sécuritaire pour la mère et le fœtus.
25
III. Revue de la bibliographie existante sur les besoins spécifiques au cours de la
grossesse
De nombreuses études cliniques ont également été menées pour examiner les effets de la
supplémentation en nutriments sur la santé maternelle et infantile. Ces études ont exploré ses
effets sur la prévention des complications de la grossesse, le développement du fœtus et la
santé infantile. Les résultats de ces études ont aidé à établir les recommandations actuelles
pour la supplémentation en nutriments pendant la grossesse.
Dans cette partie, seront examinées les recommandations actuelles pour la supplémentation
en nutriments pendant la grossesse, ainsi que les preuves cliniques qui sous-tendent ces
recommandations. Seront également présentés les nutriments clés pour une grossesse
optimale et les doses recommandées pour ces nutriments.
26
III.1.1 … les vitamines
Les vitamines sont des composés inorganiques nécessaires en petites quantités pour soutenir
le bon fonctionnement du métabolisme. Elles sont considérées comme des nutriments
essentiels, ce qui signifie qu’elles doivent être obtenues à partir de sources externes, car notre
corps ne peut pas les produire en quantités suffisantes. (38)
L’acide folique, connu également sous le nom de vitamine B9, est une vitamine soluble dans
l’eau qui est importante pour le métabolisme cellulaire et la croissance des tissus. Elle joue un
rôle clé dans la formation de l’ADN, la production de globules rouges sains et la division
27
cellulaire. L’acide folique est souvent consommé sous forme de supplément par les femmes
enceintes pour prévenir certaines anomalies du développement du fœtus. (12,39–41)
Il est important d'avoir une alimentation équilibrée pour obtenir une quantité suffisante d’acide
folique et d’autres nutriments importants pour la santé. Les femmes enceintes peuvent
également prendre des suppléments d’acide folique sur recommandation d’un professionnel
de santé. (12) La supplémentation optimale en acide folique chez la femme enceinte est
complexe. Elle se base sur une variété de facteurs dont le dosage, la biodisponibilité, la date
de début de la supplémentation et certains facteurs métaboliques et génétiques. (45)
L’acide folique est absorbé dans l’intestin grêle à travers un processus actif de transporteur et
est ensuite transporté vers le foie et d’autres tissus. L’absorption de l’acide folique peut être
influencée par plusieurs facteurs tels que la présence d’autres nutriments, les niveaux d’acide
gastrique et les conditions métaboliques. Des études ont montré que la prise de suppléments
d’acide folique avec un repas peut améliorer son absorption. (42,46,47)
L’acide folique, une fois absorbé dans l’intestin grêle, est transporté par le sang à travers tout
l’organisme et est distribué dans différents tissus et organes tels que le foie, la moëlle osseuse
et le sang. Le foie peut stocker une partie de l’acide folique pour une utilisation future, tandis
que le reste est utilisé par les cellules pour des fonctions telles que la formation de l’ADN, la
production de globules rouges et la division cellulaire. La distribution de l’acide folique dépend
28
des besoins individuels de chaque tissu et peut être influencée par des facteurs tels que le
métabolisme de la vitamine B12 et d’autres nutriments. (41,46)
Légende : Phospholipides (PL) ; Adénosine triphosphate (ATP) ; Méthyl tétrahydrofolate (Méthyl THF) ;
Tétrahydrofolate (THF) ; Méthylène tétrahydrofolate (Méthylène THF) ; Glycocolle (gly) ; Sérine (ser) ;
Désoxyuridylate monophosphate (dUMP) ; Désoxythymidine monophosphate (dTMP) ; Dihydrofolate réductase
(DHF réductase) ; Dihydrofolate (DHF) ; Formyl tétrahydrofolate (Formyl THF)
L’acide folique est métabolisé dans le foie où il est converti en différentes forme actives
utilisées par l’organisme. La forme la plus active de l’acide folique est le 5-MTHF, qui peut être
utilisée directement par les cellules pour des fonctions telles que la formation de l’ADN et la
production de globules rouges. (41,42,46,48,49)
29
Légende : Dihydrofolate réductase (DHFR) ; Dihydrofolate (DHF) ; Tétrahydrofolate (THF) ; Méthylène
tétrahydrofolate déshydrogénase 1 (MTHFD1) ; Méthylène tétrahydrofolate réductase (MTHFR)
D’autres formes de l’acide folique peuvent être converties en 5-MTHF ou en d’autres formes
actives en fonction des besoins de l’organisme. Le métabolisme de l’acide folique peut être
influencé par plusieurs facteurs tels que les niveaux d’autres nutriments, les conditions
métaboliques et les maladies héréditaires. (48,49)
L’acide folique est excrété par les reins sous forme inchangée ou métabolisée. Les excès
d’acide folique peuvent être rapidement excrétés, ce qui réduit les effets secondaires liés à
une surdose de vitamine B9. La vitesse d’excrétion de l’acide folique peut être influencée par
plusieurs facteurs, tels que l’état de la fonction rénale, les niveaux d’autres nutriments et les
conditions métaboliques. Des études ont montré que la consommation excessive d’acide
folique peut entraîner une accumulation dans le corps et un risque accru d’effets secondaires
tels que les interactions avec d’autres médicaments et les anomalies du métabolisme. (46)
Il est important de souligner que l’acide folique doit être consommé en quantité suffisante avant
la conception et au début de la grossesse pour être efficace dans la prévention des anomalies
30
du tube neural. Il est primordial que les femmes enceintes échangent avec leur médecin ou
leur sage-femme pour déterminer la quantité d’acide folique nécessaire pour leur grossesse
spécifique.
Dans environ 95% des grossesses, des anomalies surviennent sans antécédents familiaux.
En France, le risque de récurrence de ces anomalies est estimé entre 3 et 5%. Cependant, ce
risque est multiplié par 10 en cas d’antécédents de grossesse ayant présenté ce type
d’anomalie. (52)
Il est important de suivre les recommandations en acide folique pour maintenir des niveaux
adéquats dans le corps et prévenir les carences. Les aliments riches en acide folique tels que
les légumes à feuilles vertes, les fruits et les légumineuses peuvent aider à combler les besoins
en acide folique.
31
III.[Link] Le spina bifida
Le spina bifida est un défaut de fermeture du canal spinal qui peut causer des problèmes de
paralysie, de déficience musculaire, d’incontinence et d’autres maladies associées. (53)
En France, on estime que le spina bifida touche 1,3 naissance sur 1000, faisant de cette
maladie rare la deuxième la plus répandue en France. Actuellement, il n’existe pas de
statistiques précises sur la prévalence du spina bifida chez les adultes, car cette condition peut
parfois passer inaperçue à la naissance et ne pas être diagnostiquée ultérieurement.
Cependant, le nombre de cas de spina bifida en France s’estimerait à 25 000. (54)
Les conséquences du spina bifida sont multiples. Le spina bifida peut être à l’origine :
- D’une paralysie partielle ou totale des membres inférieurs ;
- D’une déficience musculaire : les personnes atteintes de spina bifida peuvent avoir des
problèmes de déficience musculaire pouvant entraîner des difficultés à marcher et à
faire des activités quotidiennes ;
- D’une incontinence : le spina bifida peut causer une incontinence urinaire ou fécale qui
peut entraîner des problèmes d’hygiène et une perte de qualité de vie ;
- De problèmes médicaux associés : les personnes atteintes de spina bifida peuvent
également souffrir d’autres problèmes médicaux tels que des problèmes de colonne
vertébrale, des maladies hydrocéphaliques et des problèmes de développement du
système nerveux. (53,55,56)
32
Le spina bifida est un défaut de développement grave qui peut causer des problèmes de santé
durables. Il est donc important de prendre les mesures nécessaires pour prévenir le spina
bifida, telles que la consommation d’aliments riches en acide folique et la prise de suppléments
d’acide folique avant et pendant la grossesse.
Ces symptômes peuvent être légers ou graves et peuvent varier considérablement selon les
personnes atteintes de spina bifida. Il est important de consulter un médecin pour un
diagnostic précis et un traitement approprié.
L’excès d’acide folique pourrait entraîner plusieurs effets indésirables pendant la grossesse,
notamment :
- Une interférence avec la détection des anomalies chromosomiques : une quantité
excessive d’acide folique peut masquer les anomalies chromosomiques lors des tests
prénataux ;
- Un risque accru de complications obstétriques : certaines études ont montré que des
niveaux élevés d’acide folique peuvent augmenter le risque de complications
obstétriques telles que la pré-éclampsie et le travail prématuré ;
- Des interactions médicamenteuses : l’acide folique peut interférer avec l’efficacité
d’autres médicaments pris pendant la grossesse, tels que les anticonvulsivants ;
33
- Des anomalies métaboliques : une consommation excessive d’acide folique peut
perturber les niveaux de certains nutriments importants entraînant des anomalies
métaboliques. (42)
D’après le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), dans les
pays en développement, les carences infracliniques en folates sont fréquentes et touchent
jusqu’à 50% des femmes. Une supplémentation en acide folique de 100 microgrammes par
jour peut aider à prévenir la baisse des concentrations sanguines de folates, tandis qu’une
34
supplémentation de 200 microgrammes par jour est recommandée pour les femmes qui ont
des réserves en folates insuffisantes au début de la grossesse. (50)
Selon l’ANSES, les apports suffisants (AS) en acide folique sont de 600 microgrammes par
jour d’EFA (équivalent folates alimentaires) chez la femme en âge de procréer et chez la
femme enceinte. (61)
La vitamine B9 inclut à la fois les folates naturellement présents dans les aliments et l’acide
folique, une forme synthétique retrouvée dans les aliments enrichis et les compléments
alimentaires. Contrairement aux folates, l’acide folique est plus stable et présente une
meilleure biodisponibilité. La notion d’équivalents folates alimentaires (EFA) est ainsi utilisée.
Il convient également de noter qu’une limite supérieure de sécurité (LSS) est définie,
correspondant à la dose maximale d’acide folique pouvant être consommée par jour, sans
présenter de risque d’effets indésirables pour la santé de la population concernée. Cette
dernière s’élève à 1000 microgrammes par jour d’EFA. (61)
A l’heure actuelle, en France, une supplémentation en acide folique à 0,4 mg/j est
recommandée chez toutes les femmes dès le désir de conception dans le but de prévenir du
spina bifida. En effet, selon l’Association Nationale Spina Bifida et Handicaps associés, extrait
d’un article de La Revue du Praticien de juin 2021, une étude a montré que seulement 6,7 à
8,1% des femmes primipares avaient bénéficié de cette supplémentation. (62) Cependant, il
est recommandé de fournir une supplémentation en acide folique à une dose de 5 mg par jour
aux femmes présentant un risque élevé, c’est-à-dire celles considérées comme ayant des
antécédents de grossesse avec une anomalie de fermeture du tube neural, ainsi que celles
qui sont traitées par certains médicaments antiépileptiques en raison des carences en folates
qu’ils peuvent entraîner. (52)
Des recherches ont montré qu’une prise de complexes polyvitaminés contenant de l’acide
folique peut réduire le risque global de malformations, y compris les anomalies de fermeture
du tube neural, ainsi que les anomalies malformatives urinaires et cardiaques. Toutefois, il
n’est pas clair si cet effet préventif est dû à l’acide folique ou à d’autres vitamines et minéraux
présents dans les complexes. (28)
35
La mise en œuvre de cette mesure de prévention est complexe car elle doit commencer avant
même que la femme ne soit enceinte. La prévention des anomalies de fermeture du tube
neural devrait être désormais systématiquement abordée lors des consultations avec les
femmes en âge de procréer. (52)
La vitamine B12, également connue sous le nom de cobalamine, est une vitamine
hydrosoluble essentielle au bon fonctionnement de l’organisme. Elle est impliquée dans la
synthèse de l’ADN, la formation des globules rouges, la production d’énergie et le
fonctionnement normal du système nerveux. (63–65) Les aliments d’origine animale, tels que
la viande, la volaille, le poisson et les produits laitiers, sont les principales sources de vitamine
B12 dans l’alimentation humaine. (63,64,66)
La vitamine B12 est essentielle pendant la grossesse pour le développement normal du fœtus.
La plupart des femmes enceintes obtiennent suffisamment de vitamine B12 en consommant
une alimentation équilibrée et variée, mais certaines femmes peuvent avoir besoin d’une
supplémentation en vitamine B12 pendant la grossesse. (63)
La vitamine B12 est absorbée dans l’intestin grêle en présence du facteur intrinsèque, une
protéine produite par les cellules pariétales de l’estomac. Pendant la grossesse, la production
de facteur intrinsèque peut augmenter en réponse à l’augmentation des hormones de la
grossesse, ce qui peut améliorer l’absorption de la vitamine B12. Les personnes atteintes de
déficit en facteur intrinsèque peuvent rencontrer des difficultés à absorber suffisamment de
vitamine B12. (63,65)
La vitamine B12 est transportée par la circulation sanguine, liée à une protéine appelée
transcobalamine II. Cette protéine transporte la vitamine B12 des tissus de stockage vers les
tissus où elle est nécessaire, comme le foie, le cerveau et les cellules sanguines. (63,64)
36
distribution de la vitamine B12 entre la mère et le fœtus. La vitamine B12 est transférée du
sang de la mère vers le fœtus par l’intermédiaire de la circulation placentaire. (63)
La vitamine B12 est stockée dans l’organisme pendant la grossesse principalement dans le
foie. Le foie est capable de stocker de grandes quantités de vitamines B12, généralement
suffisantes pour répondre aux besoins de l’organisme pendant plusieurs années. (63,64) Le
foie maintient un équilibre dynamique de la vitamine B12 entre les réserves de stockage et la
circulation sanguine. Lorsque l’organisme a besoin de vitamine B12, il puise dans les réserves
stockées dans le foie. Si l’apport en vitamine B12 est suffisant, l’excédent de vitamine B12 est
stockée dans le foie pour une utilisation future. (63)
Il est important de noter que la capacité de stockage de la vitamine B12 dans le foie peut varier
d’une personne à l’autre. Certaines personnes ont des réserves de vitamine B12 plus
importantes que d’autres, ce qui peut affecter leurs besoins en vitamine B12 pendant la
grossesse.
La vitamine B12 est éliminée de l’organisme principalement par la bile, qui est produite par le
foie et stockée dans la vésicule biliaire. La vitamine B12 liée à la bile est ensuite excrétée dans
l’intestin grêle, où elle est réabsorbée et retournée au foie par le cycle entérohépatique. (67) Il
est important de noter que la vitamine B12 n’est pas excrétée dans l’urine en quantité
significative. Par conséquent, les tests sanguins de la vitamine B12 sont généralement
considérés comme le meilleur moyen de mesurer le statut en vitamine B12.
La vitamine B12 est importante pendant la grossesse car elle joue plusieurs rôles clés dans le
développement normal du fœtus et la santé de la mère :
- Elle favorise le développement cérébral et nerveux du fœtus : la vitamine B12 est
essentielle pour la croissance et la maturation normales des cellules nerveuses et du
cerveau du fœtus.
- Elle réduit le risque d’anomalies congénitales : une carence en vitamine B12 pendant
la grossesse peut augmenter le risque d’anomalies congénitales chez le fœtus,
notamment des anomalies de fermeture du tube neural et des malformations
cardiaques.
37
- Elle prévient l’anémie : la vitamine B12 est nécessaire pour la production normale de
globules rouges, qui transportent l’oxygène dans l’organisme. Une carence en vitamine
B12 peut entrainer une anémie chez la mère et le fœtus.
- Elle soutient le système immunitaire : la vitamine B12 est importante pour le
fonctionnement normal du système immunitaire, qui peut aider à protéger la mère et le
fœtus contre les infections.
- Elle contribue au métabolisme énergétique : la vitamine B12 est impliquée dans le
métabolisme énergétique, ce qui peut aider à réduire la fatigue et la faiblesse pendant
la grossesse. (7,63,64)
Une carence en vitamine B12 pendant la grossesse peut avoir des effets négatifs sur la santé
de la mère et du fœtus.
- Les carences en vitamine B12 peuvent causer une anémie mégaloblastique, qui se
caractérise par une production de globules rouges anormaux, ainsi que des dommages
au système nerveux, y compris des troubles de la mémoire, de la vision et de la
coordination. Cela peut entraîner des troubles neurologiques chez la mère, tels que
des fourmillements ou une perte de sensation dans les mains et les pieds, des
difficultés à marcher, des pertes de mémoire et des troubles de la concentration. Cela
peut engendrer une fatigue, une faiblesse et une insuffisance de la croissance chez le
fœtus. Chez le fœtus, cela peut affecter le développement normal du cerveau et des
cellules nerveuses.
- Une carence en vitamine B12 pendant la grossesse peut augmenter le risque
d’anomalies congénitales chez le fœtus en particulier les anomalies du tube neural et
les malformations cardiaques.
- Une carence en vitamine B12 peut augmenter le risque de pré-éclampsie, une
complication potentiellement grave de la grossesse qui peut mettre la vie de la mère
et du fœtus en danger. (7,63–66)
Les végétariens et les végétaliens peuvent être à risque de carence en vitamine B12, car ils
ne consomment pas de produits animaux, et doivent obtenir leur vitamine B12 par des
suppléments ou des aliments enrichis. Les femmes enceintes qui suivent ces régimes
devraient envisager de prendre des suppléments de vitamine B12 pour s’assurer que leur
apport est adéquat pour elles et leur fœtus en développement. (64)
38
Les suppléments en vitamine B12 sont généralement considérés comme sûrs pendant la
grossesse, mais il est toujours recommandé de consulter un professionnel de santé avant de
commencer tout supplément nutritionnel.
Les recommandations courantes pour l’apport quotidien en vitamine B12 sont généralement
de l’ordre de 2 microgrammes. Cependant, il est déconseillé d’utiliser la vitamine B12 dans les
cas de troubles myéloprolifératifs, tels que la leucémie. Il est important de souligner qu’aucun
cas de toxicité dû à un surdosage n’a été signalé pour des doses allant jusqu’à 1000
microgrammes. (38)
Selon les recommandations de l’ANSES, un apport suffisant de 4,5 microgrammes par jour de
vitamine B12 est recommandé pour les femmes enceintes. (61)
III.1.1.3 La vitamine D
La vitamine D est soluble dans les graisses et peut être apportée par l’exposition à la lumière
du soleil ou par la consommation d’aliments riches en vitamine D. Cette vitamine aide à la
croissance et au maintien de la minéralisation des os en participant à la régularisation de
l’homéostasie du calcium et du phosphore dans l’organisme. (38,57,68,69) Elle exerce
également des effets sur les systèmes immunitaire, endocrinien et cardiovasculaire. (38)
39
III.[Link] Le métabolisme de la vitamine D au cours de la
grossesse
Légende : Parathormone (PTH) ; Ultraviolets B (UVB) ; D-binding protein (DBP) ; Fibroblast growth factor (FGF) ;
Vitamin D receptor (VDR) ; Calcium (Ca) ; Phosphore (Ph) ; Transient receptor potential cation channel subfamily
V member 6 (TRPV6) ; Calcium-binding protein (CaBP) ; Tube digestif (TD)
La vitamine D est absorbée par l’organisme grâce un processus qui commence dans l’intestin
grêle. Lorsque la vitamine D est consommée avec des aliments ou des compléments
alimentaires, elle est dissoute dans les graisses et transportée vers le foie, où elle est convertie
en une forme pré-active appelée calciférol. Cette conversion est réalisée par une enzyme : la
25-hydroxylase. Le calciférol est ensuite transporté vers les reins, où il est converti en une
autre forme plus active appelée calcitriol, qui peut alors être utilisée par l’organisme pour aider
à la croissance des os. Cette conversion est permise grâce à la 1-a-hydroxylase, une enzyme
située dans les reins. (68,70,71)
La vitamine D est distribuée dans l’organisme par le sang, où elle est transportée dans
différents organes et tissus. Le système endocrinien contrôle la quantité de vitamine D utilisée
par l’organisme en régulant la production et l’utilisation du calcitriol, la forme active de la
vitamine D. Certaines cellules, telles que les cellules osseuses et les cellules immunitaires,
possèdent des récepteurs pour le calcitriol, ce qui leur permet de réagir à sa présence et de
l’utiliser pour les fonctions importantes telles que la croissance des os, ainsi que pour renforcer
le système immunitaire. (68,70,71)
40
La vitamine D est stockée dans le foie et les graisses de l’organisme. Elle peut également être
stockée dans les cellules osseuses sous forme de calciférol. Le foie peut stocker une quantité
importante de vitamine D sous forme de calciférol, qui peut être converti en calcitriol, la forme
active de la vitamine D, en réponse aux besoins de l’organisme. Les graisses peuvent
également stocker de la vitamine D, en particulier la forme inactive, le cholécalciférol, qui peut
être utilisé pour maintenir des niveaux normaux de vitamine D lorsque la production cutanée
et l’apport alimentaire sont insuffisants. (68)
A noter que la vitamine D est une vitamine liposoluble. Cela signifie qu'elle se dissout dans les
graisses et qu’elle peut être stockée dans le corps pendant une période prolongée. Cependant,
un excès de vitamine D peut entraîner des problèmes de santé. (68)
Une fois que la vitamine D a rempli ses fonctions et qu’elle n’est plus nécessaire dans
l’organisme, elle est excrétée principalement par les reins sous forme de métabolites inactifs
qui seront ensuite éliminés dans l’urine ou par voie fécale. (72)
Légende : Cathélicidine (CD) ; Bacille de Koch (BK) ; Vitamin D receptor (VDR) ; Vitamin D receptor messenger
ribonucleid acid (VDRmRNA) ; Toll-like receptor (TLR) ; Lipopolysaccharide (LPS) ; Ultraviolets B (UVB)
41
La vitamine D est importante pour la santé pendant la grossesse pour plusieurs raisons :
- Elle joue un rôle important dans le développement osseux du fœtus : la vitamine D aide
à la fixation du calcium dans les os, ce qui est crucial pour le développement des os
du fœtus ;
- Elle permet un soutien du système immunitaire : la vitamine D aide à renforcer le
système immunitaire, ce qui peut aider à prévenir les infections pendant la grossesse ;
- Elle joue un rôle dans la prévention de la pré-éclampsie : plusieurs études ont suggéré
que des niveaux adéquats de vitamine D pendant la grossesse peuvent réduire le
risque de pré-éclampsie, une condition qui peut entraîner une hausse de la pression
artérielle et une accumulation de protéines dans l’urine ;
- Elle joue un rôle dans la réduction du risque du diabète gestationnel : des niveaux
adéquats de vitamine D peuvent aider à réduire le risque de diabète gestationnel, une
condition où la glycémie augmente pendant la grossesse ;
- Elle joue un rôle dans le soutien de l’activité cardiaque : la vitamine D peut aider à
maintenir la santé cardiaque en régulant les niveaux de calcium et de phosphore dans
l’organisme. (12,68,69,73)
Une carence en vitamine D pendant la grossesse peut entraîner plusieurs risques pour la
santé :
- Une déficience en calcium : la vitamine D aide à la fixation du calcium dans les os, ce
qui peut être compromis en cas de carence en vitamine D entrainant une perte osseuse
et une déficience en calcium ;
- Un faible poids du nourrisson à la naissance : les nourrissons nés de mères ayant des
niveaux insuffisants de vitamine D peuvent peser moins à la naissance, ce qui peut
entraîner des complications pour la santé à long terme ;
42
- Une augmentation du risque de déficience immunitaire : la carence en vitamine D peut
affaiblir le système immunitaire, ce qui peut augmenter le risque d’infections et de
maladie chez la mère et le fœtus ;
- Un risque accru de dépression post-partum : plusieurs études ont suggéré que les
femmes enceintes ayant des niveaux insuffisants de vitamine D peuvent courir un
risque accru de dépression post-partum ;
- Un risque accru de développer un diabète gestationnel : des niveaux insuffisants de
vitamine D peuvent augmenter le risque de développer un diabète gestationnel.
(68,69,73)
D’après le CNGOF, les femmes enceintes ont souvent une carence en vitamine D en fin de
grossesse, surtout en hiver ou au début du printemps. (50) La carence en vitamine D est plus
fréquente également chez les femmes vivant dans des pays ou des régions où l’exposition au
soleil est limitée, ainsi que chez celles qui suivent un régime végétarien ou végétalien. Dans
de tels cas, il est essentiel de faire preuve d’une vigilance accrue et de veiller à un apport
adéquat en vitamine D par le biais de l’alimentation, tels que les produits laitiers enrichis et les
poissons gras, ou éventuellement par le biais de suppléments nutritionnels. (38)
Chez les enfants, une carence peut entraîner le rachitisme, qui se caractérise par une
déformation des os. Ces symptômes sont liés à une altération de la minéralisation des os,
causée par une absorption insuffisante du calcium et du phosphore alimentaires. La diminution
de la densité minérale osseuse est également un effet d’une déficience en vitamine D, qui peut
prédisposer les sujets âgés, en particulier les femmes ménopausées, à l’ostéoporose, une
maladie qui les expose à un risque accru de fractures. (61)
En général, des doses inférieures à 10 000 UI par jour ne conduisent pas à une toxicité, tandis
que des doses supérieures ou égales à 50 000 UI par jour pendant plusieurs semaines ou
mois sont souvent associées à des cas d’hypercalcémie. (21)
43
Un excès en vitamine D pendant la grossesse peut être à l’origine de plusieurs conséquences
néfaste pour la santé de la mère et du fœtus :
- Une toxicité en vitamine D : une consommation excessive de vitamine D peut entraîner
une toxicité en vitamine D, qui peut causer des dommages aux reins et à d’autres
organes ;
- Une hypercalcémie : un excès de vitamine D peut entraîner une augmentation du
niveau de calcium dans le sang, appelée hypercalcémie, qui peut causer des troubles
cardiaques et rénaux ;
- Un excès de calcium chez le fœtus : un excès de vitamine D peut entraîner une
absorption excessive de calcium pour le fœtus, ce qui peut causer des dommages au
fœtus et entraver le développement des os. (21)
En France, l’étude INCA réalisé par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments
(AFSSA) en 2009 (devenu l’ANSES) a révélé que l’apport alimentaire en vitamine D chez
l’adulte n’est que de 2,6 microgrammes par jour (104 UI/j) et de 1,9 microgrammes par jour
(76 UI/j) chez l’enfant, ce qui est en dessous des apports nutritionnels conseillés. Par ailleurs,
il a été observé dans cette étude que chez les adultes, 38% de l’apport en vitamine D provient
de la consommation de poisson, tandis que 10% provient de la consommation d’œufs et 18%
de la consommation de fromages. Chez les enfants, ces proportions s’élèvent respectivement
à 31%, 9% et 7%. (70)
Les apports recommandés par le CNGOF en vitamine D sont de 10 mg/j (400 UI/j), mais cela
ne suffit pas si la supplémentation n’est pas entreprise dès le début de la grossesse. Si elle
n’est entreprise qu’au troisième trimestre, une dose de 1000 UI/j est nécessaire. Toutefois,
une dose unique de 100 000 UI administrée au début du sixième ou septième mois peut
également être efficace pour atteindre un bon statut vitaminique. Ainsi, il est recommandé de
prescrire une dose unique de 100 000 UI de vitamine D au début du septième mois de
44
grossesse pour assurer le meilleur statut vitaminique possible aux femmes enceintes, en
particulier au cours du troisième trimestre et pendant les mois en « r ». (50)
Selon les recommandations de l’ANSES, les apports suffisants sont de 15 microgrammes par
jour pour prévenir les risques de carence chez la femme enceinte. La limite supérieure de
sécurité est de 100 microgrammes par jour. (61)
Selon les recommandations nationales en France, il est préconisé une supplémentation en
vitamine D chez la femme enceinte afin de prévenir toute carence. Trois schémas
d’administration sont proposés :
- Une dose unique de 2 à 2,5 mg (80 000 – 100 000 UI) par voie orale au sixième ou
septième mois de grossesse ;
- Un apport régulier de 10 µg/j (400 UI/j) tout au long de la grossesse ;
- Un apport de 25 µg/j (1 000 UI/j) à partir du sixième mois de grossesse. (21)
III.1.1.4 Vitamine A
La vitamine A est une vitamine liposoluble essentielle pour la santé. Elle joue un rôle important
dans la vision, la croissance et le développement, la division cellulaire, le système immunitaire
et la protection de la peau et des muqueuses. (38) La vitamine A est naturellement présente
dans certains aliments :
- Les produits animaux tels que le foie, la viande de poulet, la viande de veau ;
- Les fruits et légumes tels que les carottes, les abricots, les melons, les tomates, les
brocolis, les patates douces et les épinards ;
- Les poissons gras tels que le saumon, le thon et les sardines. (74,75)
Le terme « vitamine A » est utilisé pour désigner non seulement le rétinol libre et estérifié
présent dans l’alimentation, mais aussi ses métabolites produits dans l’organisme, le rétinal et
les acides rétinoïques, responsables de son activité biologique, ainsi que les caroténoïdes
provitaminiques tels que le bêta-carotène, l’alpha-carotène et la bêta-cryptoxanthine. (61,74)
45
III.[Link] Le métabolisme de la vitamine A au cours de la
grossesse
La vitamine A se trouve sous forme de précurseurs, tels que le bêta-carotène, dans les
aliments d’origine végétale. Ces précurseurs sont convertis en vitamine A dans l’intestin. Les
aliments contenant des précurseurs de vitamine A sont ensuite digérés dans l’estomac et
l’intestin grêle grâce à l’action des enzymes digestives. Cette digestion permet ainsi la
libération des précurseurs de vitamine A. (74,76)
Une fois absorbée, la vitamine A est libérée dans la circulation sanguine, où elle se lie à une
protéine spécifique appelée retinol binding protein (RBP). Cette association avec la RBP
permet le transport de la vitamine A vers les tissus périphériques où elle est nécessaire. La
vitamine A est ensuite libérée des RBP et est disponible pour les cellules cibles, y compris les
tissus de l’œil, les tissus épithéliaux et les cellules du système immunitaire. (76)
Une fois dans les cellules cibles, la vitamine A subi un processus de métabolisme complexe.
Elle peut être stockée sous forme de rétinol, rétinal ou rétinoïdes actifs, tels que l’acide
rétinoïque. Ces formes actives de la vitamine A interagissent avec des récepteurs spécifiques
situés dans le noyau des cellules pour réguler l’expression des gènes impliqués dans différents
processus biologiques. Le métabolisme de la vitamine A est étroitement régulé pour maintenir
des niveaux adéquats de cette vitamine dans l’organisme. (76)
L’organisme a la capacité de stocker la vitamine A pour une utilisation ultérieure. Le foie est
le principal site de stockage de la vitamine A. Une fois absorbée, la vitamine A est transformée
en rétinol et est estérifiée en rétinylesters pour être stockée dans des cellules hépatiques
spécifiques. Le stockage de la vitamine A dans le foie permet de maintenir des réserves
adéquates pour répondre aux besoins de l’organisme en cas de carence alimentaire ou de
demande accrue. (50,76)
46
III.[Link] Les risques en cas de carence en vitamine A au
cours de la grossesse
La carence en vitamine A est plus fréquente dans les régions où l’accès à une alimentation
diversifiée et équilibrée est limité, ainsi que dans les populations défavorisées et les régions
touchées par la malnutrition. Les femmes enceintes qui ont une alimentation pauvre en
aliments contenant de la vitamine A, en particulier ceux d’origine animale, sont plus exposées
au risque de carence. Les symptômes de carence en vitamine A pendant la grossesse peuvent
inclure une vision altérée, une sécheresse oculaire, des infections récurrentes des voies
respiratoires, une peau sèche et squameuse, une altération de la croissance fœtale et un
affaiblissement du système immunitaire maternel. (38,77)
Bien que la vitamine A soit essentielle à la santé, une consommation excessive peut entraîner
des effets indésirables. La toxicité de la vitamine A est plus courante avec la consommation
excessive de suppléments de vitamine A plutôt qu’avec une alimentation normale. L’excès de
vitamine A peut provoquer des symptômes tels que des maux de tête, des nausées, des
vomissements chez la femme enceinte. Chez le fœtus, la vitamine A peut être à l’origine d’une
tératogénicité en cas de surdosage pendant la grossesse. Il est important de noter que les
femmes enceintes doivent éviter les suppléments de vitamine A à hautes doses, car cela peut
être dangereux pour le développement du fœtus. (38,78)
47
des doses faibles (> 10 000 UI/j), bien qu’il n’y ait pas de seuil précisément défini. Par
conséquent, une supplémentation systématique en vitamine A chez les femmes enceintes en
France n’est pas justifiée. (50)
Selon l’ANSES, les besoins nutritionnels moyens (BNM) en vitamine A pour les femmes
enceintes sont limités à 540 microgrammes équivalent rétinol par jour. Le BNM est la dose
moyenne d’un nutriment requise pour la population, telle qu’estimée à partir de données
individuelles d’apport associées à un critère d’adéquation nutritionnelle lors d’études
expérimentales. Les critères d’adéquation nutritionnelle utilisés sont généralement des critères
de bilan en nutriment, de renouvellement métabolique, de modification de l’état des réserves
ou de marqueurs des fonctions associées au nutriment lors d’études de déplétion-réplétion.
La référence nutritionnelle pour la population (RNP) est de 700 microgrammes équivalent
rétinol par jour, ce qui permet de couvrir les besoins de grande majorité de la population. La
RNP correspond à l’apport nutritionnel qui couvre les besoins de presque toute la population
(97,5% en général), établi à partir de données expérimentales. Pour estimer la RNP, on se
base sur la distribution des besoins dans la population, supposée suivre une loi normale. Est
calculé ainsi l’apport qui couvre les besoins de 97,5% de la population en ajoutant deux écart-
types au BNM. Généralement, l’écart-type est estimé à 15% du BNM, ce qui donne une RNP
équivalente à 1,3 fois le BNM. Il convient de noter que cette définition correspond à celle
l’ancien terme « Apport Nutritionnel Conseillé » (ANC), qui n’est plus utilisé aujourd’hui et qui
englobait également l’AS. (61) Cependant, il est important de noter que la LSS pour la
consommation de vitamine A est de 3000 microgrammes équivalent rétinol par jour. (61)
Il est important de noter que certaines recommandations ont une fenêtre thérapeutique étroite,
ce qui peut entraîner des contradictions dans la pratique clinique. Par exemple, les besoins en
vitamine A sont légèrement augmentés pendant la grossesse, mais une forte dose de vitamine
A peut être tératogène, ce qui signifie que la consommation de foie très riche en vitamine A
doit être limitée. (8)
Pendant la grossesse, maintenir des niveaux adéquats de vitamine A est essentiel pour
soutenir la santé de la mère et du fœtus. La vitamine A est transmise à l’enfant à travers la
mère, à la fois par le placenta pendant la période de gestation et à la naissance, ainsi que par
les glandes mammaires pendant l’allaitement. Les femmes enceintes ont tendance à présenter
une diminution des taux de rétinol sérique, en particulier au troisième trimestre de la
grossesse. Cela est dû à la barrière placentaire sélective, qui limite le transfert de vitamine A
vers le fœtus, afin de prévenir d’éventuels effets tératogènes. Par conséquent, les niveaux de
vitamine A dans le foie du nouveau-né sont également faibles. (38)
48
Il est plutôt conseillé de consommer des légumes riches en bêta-carotène, qui est une
provitamine A. De même, la consommation de poissons gras est souhaitable car les acides
gras polyinsaturés de la série n-3 sont bénéfiques pour le développement cérébral du fœtus.
Cependant, certains poissons peuvent contenir des contaminants et il est important de
préciser quels poissons sont préférables et ceux qu’ils convient de déconseiller. (8)
Les minéraux sont généralement classés en trois groupes en fonction de leurs besoins
quantitatifs (Figure 1 : Système de classification des différents micronutriments) :
- Les macroéléments, tels que le sodium, le potassium, le calcium, le phosphore, le
magnésium, le chlore et le soufre, sont nécessaire en plus grande quantité par
l’organisme (mesurée en grammes). Ces minéraux jouent un rôle essentiel dans des
fonctions clés telles que la régulation de l’équilibre hydrique, la formation des os et des
dents, le fonctionnement des muscles et des nerfs, ainsi que dans d’autres processus
métaboliques importants.
- Les oligo-éléments, ou éléments traces, tels que le fer, le fluor, l’iode, le manganèse,
le cobalt, le cuivre et le zinc, sont nécessaires en quantités plus faibles (mesurées en
milligrammes) par rapport aux macroéléments. Ces minéraux jouent des rôles divers
dans l’organisme, tels que la formation des enzymes, la production d’hormones, la
protection contre les radicaux libres et la régulation du métabolisme.
- Les éléments ultra-traces, tels que le silicium, le nickel, le chrome, le lithium, le
molybdène et le sélénium, sont nécessaires en très petites quantités (de l’ordre de
quelques microgrammes) par l’organisme. Bien que nécessaires en faible quantités,
ces minéraux jouent un rôle essentiel dans divers processus biologiques, tels que la
fonction thyroïdienne, l’activité enzymatique et la défense antioxydante. (38)
49
III.1.2.1 Fer
Le fer est un oligo-élément essentiel pour le bon fonctionnement de l’organisme. Il joue un rôle
crucial dans la formation de l’hémoglobine, la protéine responsable du transport de l’oxygène
dans le sang, ainsi que dans d’autres processus biologiques tels que la synthèse de l’ADN et
la fonction immunitaire. (38) Le fer peut être obtenu à partir de deux sources : le fer héminique,
présent dans les aliments d’origine animale comme la viande rouge, la volaille et les fruits de
mer, et le fer non héminique, présent dans les aliments d’origine végétale tels que les légumes
verts, les céréales enrichies et les légumineuses. (79)
L’absorption du fer se produit principalement dans l’intestin grêle. Le fer héminique est absorbé
plus efficacement que le fer non héminique. Lors de la digestion, le fer est libéré des aliments
par l’action de l’acide gastrique et des enzymes digestives. Le fer non héminique est
généralement moins bien absorbé, mais cette absorption peut être améliorée en présence de
facteurs tels que la vitamine C et les acides organiques présents dans certains aliments. Une
fois libéré, le fer est capté par des protéines de transport spécifiques, telles que la transferrine,
pour être acheminé vers les tissus et les organes qui en ont besoin. (80–82)
La transferrine, la principale protéine de transport du fer, permet la distribution du fer dans tout
l’organisme. Elle transporte le fer depuis l’intestin vers les tissus périphériques, tels que la
moelle osseuse, où il est utilisé pour la production de globules rouges. Le fer est également
nécessaire dans d’autres tissus, comme les muscles et le foie, pour des fonctions vitales. (81)
(82)
Le fer est continuellement recyclé dans l’organisme. Les vieux globules rouges sont dégradés
dans la rate, libérant le fer qui est réutilisé pour la formation de nouveaux globules rouges. Le
fer peut également être stocké dans les cellules de réserve du foie, dans lesquelles se trouvent
des protéines de stockage appelées ferritine, pour une utilisation ultérieure. (80–82) Le foie
est le principal site de stockage du fer. Il peut stocker une quantité importante de fer sous
forme de ferritine. (83) Le stockage du fer dans le foie permet de maintenir des réserves
adéquates pour répondre aux besoins de l’organisme en cas de déficit alimentaire ou de
demande accrue. (79,82)
La carence en fer, également connue sous le nom d’anémie ferriprive, est l’un des problèmes
nutritionnels les plus courants dans le monde. Elle peut entraîner une diminution de la
production d’hémoglobine et une altération de la fonction des globules rouges, ce qui se traduit
par une fatigue, une faiblesse, une diminution des performances cognitives et une
augmentation de la susceptibilité aux infections. (84,85) Les femmes en âge de procréer, les
femmes enceintes, les nourrissons, les enfants et les végétariens sont particulièrement
susceptibles de présenter une carence en fer. (81)
Bien que le fer soit essentiel à la santé, un excès peut également être préjudiciable. L’excès
de fer peut entraîner une accumulation toxique dans les tissus et organes, provoquant des
dommages oxydatifs. Pendant la grossesse, un excès de fer peut augmenter le risque de
complications, y compris le développement de la pré-éclampsie, une augmentation du stress
oxydatif et une perturbation de l’équilibre des nutriments. Il est donc important de surveiller
attentivement les niveaux de fer et de suivre les recommandations spécifiques en matière de
consommation de fer pendant la grossesse. (81,82)
Le besoin de transfert de fer de la mère pour une grossesse unique normale menée à terme
est estimé entre 500 mg et 800 mg. Au cours de la grossesse, la demande moyenne
d’absorption de fer est d’environ 4,4 mg par jour. Cependant, cette demande varie tout au long
au long de la grossesse, étant plus faible au début (0,8 mg/j) et plus élevée vers la fin (7,5
mg/j). (38)
51
le fer est de 16 mg par jour, ce qui indique la quantité recommandée pour la majorité de la
population. (61)
Selon le CNGOF, le fer est un nutriment important pendant la grossesse, mais le fœtus n’en
nécessite qu’une quantité relativement faible, soit environ 30 mg à 20 semaines de grossesse
et 270 mg chez un nouveau-né à terme et en bonne santé. Cependant, les besoins totaux en
fer pour la grossesse sont d’environ 850 mg, et la viande, le poisson, les céréales et les fruits
sont les principales sources alimentaires pour ce nutriment. Si le fer héminique contenu dans
les tissus animaux est relativement bien absorbé, l’absorption du fer d’origine végétale est
limitée à 5%. Cela, ajouté aux apports alimentaires moyens qui ne représentent que 10 à 15
mg/j en France, pourrait exposer toutes les femmes enceintes au risque de carence martiale.
Cependant, les capacités d’absorption intestinale du fer augmentent considérablement
pendant la grossesse, ce qui devrait permettre de répondre aux besoins supplémentaires.
L’anémie ferriprive pendant la grossesse peut augmenter les risques d’accouchement
prématuré et de naissances d’enfants de faible poids. Cependant, les conséquences d’une
carence en fer de la mère sur le nouveau-né sont minimes, voire inexistantes. En
conséquence, il n’y a aucune justification pour la supplémentation systématique en fer des
femmes enceintes si elles suivent une alimentation suffisante et variée, sans exclusion
d’aliments d’origine animale, et que leur ration contient plus de 2 000 kcal. (50)
Rappelons que selon les données de l’OMS, la prévalence de l’anémie chez les femmes
enceintes dans le monde est estimée à 38%. En France, ce taux est légèrement inférieur, se
situant à 25%, avec une prévalence très faible, seulement 0,2%, pour les formes sévères.
Selon les estimations de la Haute Autorité de Santé (HAS), un déficit en fer serait présent chez
54 à 77% des femmes enceintes en France. (86)
Selon les recommandations actuelles, une supplémentation martiale n'est envisagée qu'après
réalisation d'un bilan biologique comprenant une Numération Formule Sanguine (NFS) et la
mesure de la ferritinémie confirmant une anémie ferriprive. (82,85) La HAS précise qu’une
supplémentation chez les femmes enceintes à risque de carence martiale est possible,
notamment lorsque les apports alimentaires sont insuffisants. (86)
Le calcium et le phosphore sont des minéraux essentiels pour la santé osseuse, dentaire et
musculaire. Le calcium joue également un rôle dans la transmission nerveuse et l’excitabilité
neuromusculaire. (87) Le calcium est le minéral le plus abondant dans le corps humain.
(38,88,89) Les principales sources de calcium comprennent les produits laitiers, les légumes
verts à feuilles, les poissons à petits os comestibles et les aliments fortifiés. Les sources de
phosphores comprennent les produits laitiers, les viandes, les fruits de mer, les noix et les
légumineuses. (89,90)
53
Le calcium est principalement distribué dans les os et les dents, où il joue un rôle structurel
essentiel. Le calcium est également présent dans les fluides extracellulaires et intracellulaires,
où il est impliqué dans de nombreuses fonctions cellulaires. (93) Le phosphore est également
largement distribué dans tout le corps, étant présent dans les os et les dents, ainsi que dans
les tissus mous et les fluides corporels. (87,94)
Le métabolisme du calcium et du phosphore est étroitement lié. La vitamine D joue un rôle clé
dans le métabolisme de ces minéraux en favorisant leur absorption intestinale, leur
réabsorption rénale et leur libération des os. Les hormones parathyroïdiennes et la calcitonine
régulent également l’homéostasie du calcium et du phosphore dans l’organisme en ajustant
leur taux sanguin. (87,90,92–94)
L’élimination du calcium se fait principalement par les reins, où il est filtré et réabsorbé ou
excrété dans l’urine. Une petite quantité de calcium est également excrétée par les selles et
la transpiration. Le phosphore est excrété principalement par les reins, mais il peut également
être excrété par les selles. (88,94)
Pendant la grossesse, une carence en calcium et en phosphore peut avoir des conséquences
particulièrement graves pour la santé de la mère et du fœtus. Le calcium est essentiel pour la
formation et le développement des os et des dents du fœtus, ainsi que pour le bon
fonctionnement des systèmes nerveux et musculaire. Une carence en calcium pendant la
grossesse peut augmenter le risque de complications, notamment l’hypertension artérielle
gravidique, la pré-éclampsie et l’ostéomalacie maternelle. De plus, une carence en calcium
peut également affecter la croissance fœtale, entraîner une diminution du poids à la naissance
et augmenter le risque de fractures chez le nouveau-né. Chez la mère, une carence en calcium
peut augmenter le risque d’ostéoporose post-partum et de fractures ultérieures. (89,90)
De nombreuses études ont établi une corrélation entre une insuffisance en calcium et le
développement de la pré-éclampsie caractérisée par l’apparition d’une hypertension artérielle
et une protéinurie après la vingtième semaine de gestation chez une femme précédemment
en bonne santé. En outre, cette condition est souvent associée à un risque accru de
prématurité. (38)
54
Quant à la carence en phosphore pendant la grossesse, elle peut avoir des conséquences
néfastes pour la santé maternelle et fœtale. Le phosphore est nécessaire pour le
développement normal des os et des dents du fœtus, ainsi que pour le fonctionnement
adéquat des systèmes métaboliques et énergétiques. Elle peut entraîner une altération de la
croissance fœtale, un risque accru de faible poids à la naissance et de problèmes osseux chez
le nouveau-né. Chez la mère, une carence en phosphore peut provoquer une faiblesse
musculaire, une fatigue accrue et une diminution de la fonction immunitaire. (95)
Un excès en calcium peut entraîner des problèmes de santé, tels que la formation de calculs
rénaux, des troubles gastro-intestinaux et des problèmes rénaux. Pendant la grossesse, un
excès de calcium peut également augmenter le risque de complications, notamment la pré-
éclampsie. (38,89)
Un excès de phosphore peut interférer avec l’absorption et le métabolisme du calcium, ce qui
peut avoir des effets néfastes sur la santé osseuse. En effet, le métabolisme du phosphore
est étroitement interconnecté avec celui du calcium. Étant présent dans de nombreux aliments,
une supplémentation systématique en phosphore pendant la grossesse n’est généralement
pas recommandée. (96)
Les recommandations de l’ANSES pour l’apport en calcium chez les femmes enceintes varient
en fonctions de différents facteurs. Le BNM est estimé à environ 750 mg par jour, ce qui
55
représente la quantité minimale de calcium nécessaire pour répondre aux besoins
physiologiques de la femme enceinte. La RNP, qui est la quantité recommandée pour la
majorité de la population, est de 950 mg par jour. Il est important de noter que ces
recommandations peuvent être ajustées en fonction de l’âge, du poids et de l’état de santé de
la femme. Cependant, il est également essentiel de respecter la LSS de 2 500 mg par jour,
afin d’éviter un apport excessif en calcium, qui pourrait entraîner des effets indésirables. (61)
Toujours selon l’ANSES, les recommandations pour l’apport en phosphore chez les femmes
enceintes sont basées sur l’AS, qui est estimé à environ 550 mg par jour. Cet apport est
considéré comme adéquat pour répondre aux besoins physiologiques de la femme enceinte
et soutenir le développement sain du fœtus. (61)
Dans la majorité des études portant sur la supplémentation en calcium pendant la grossesse,
il existe une corrélation inverse entre l’apport en calcium provenant de l’alimentation et
l’incidence de la maladie hypertensive pendant la grossesse. Selon les conclusions d’une
revue Cochrane, une supplémentation en calcium à une dose élevée (supérieure à 1 g/j)
diminue le risque de pré-éclampsie et d’accouchement prématuré, en particulier chez les
femmes dont l’apport alimentaire en calcium est insuffisant. Néanmoins, les données limitées
concernant la supplémentation en calcium à faible dose laissent entrevoir une diminution de
la pré-éclampsie, de l’hypertension et de l’admission en soins néonatals intensifs. Toutefois,
pour confirmer ces résultats, des essais de plus grande envergure et de haute qualité sont
nécessaires. En raison de ces considérations, il n’est pas recommandé d’avoir une
supplémentation universelle en calcium pendant la grossesse, et la dose recommandée est
identique à celle des femmes non enceintes en âge de procréer, soit 1 g de calcium par jour.
Cependant, il est recommandé d’envisager une supplémentation pour les femmes présentant
un risque élevé, notamment les femmes enceintes résidant dans des pays en développement,
celles enceintes âgées de moins de 18 ans et pour donc lesquelles une dose de 1,3 g de
calcium par jour est recommandé, celles présentant une faible consommation de calcium
(inférieur à 600 mg par jour), et celles enceintes présentant un risque élevé de pré-éclampsie.
(38)
III.1.2.3 Iode
56
principales sources alimentaires d’iode comprennent les produits de la mer, tels que les
poissons et les fruits de mer, ainsi que le sel iodé, les produits laitiers et les œufs. (97,98)
L’iode est principalement absorbé par l’organisme par le biais de l’alimentation. Une fois
ingéré, l’iode est rapidement absorbé par l’estomac et les intestins. Il est ensuite transporté
vers la glande thyroïde, où il est utilisé pour produire les hormones thyroïdiennes, la thyroxine
(T4) et la triiodothyronine (T3). (99,100) Ces hormones jouent un rôle clé dans la régulation
du métabolisme, de la croissance et du développement normal. (21,101)
La distribution de l’iode dans l’organisme pendant la grossesse implique plusieurs étapes clés.
Après son absorption par l’intestin, l’iode est transporté par le sang vers la glande thyroïde, où
il est capté par les cellules thyroïdiennes. La glande thyroïde utilise ensuite l’iode pour
synthétiser les hormones thyroïdiennes, qui seront libérées dans la circulation sanguine pour
être distribuées dans l’organisme. (101,102)
Légende : Thyrotropin realising hormone (TRH) ; Thyroid stimulating hormone (TSH) ; Human chorionic
gonadotropin (hCG) ; Triiodothyronine (T3) ; Thyroxine (T4) ; Thyroid binding globulin (TBG) ; Transthyretin (TTR) ;
Sulfotransferase family 1A member 1 (SULT 1A1) ; Sulfotransferase family 1A member 3 (SULT 1A3) ; Deiodinase
enzyme type 2 (DIO 2) ; Deiodinase enzyme type 3 (DIO 3) ; Reverse triiodothyronine/tiiodothyronine (rT3/T2) ;
57
Sulfated diiodothyronine (T2S) ; Sulfated triiodothyronine (T3S) ; Sulfated thyroxine (T4S) ; Reverse sulfated
triiodothyronine (rT3S)
L’iode est transféré de la mère au fœtus à travers le placenta pour soutenir la production des
hormones thyroïdiennes fœtales. Le placenta joue un rôle clé dans la régulation de la quantité
d’iode transféré au fœtus. Il possède des mécanismes spécifiques pour concentrer l’iode
provenant de la circulation maternelle et le transporter à travers les cellules du placenta vers
le fœtus. Cela garantit que le fœtus reçoive une quantité adéquate d’iode pour soutenir son
développement. (97,103)
Il est important de noter que la concentration d’iode dans la circulation sanguine maternelle
peut influencer la quantité d’iode disponible pour le fœtus. (104) Par conséquent, une
consommation adéquate d’iode par la mère est essentielle pour maintenir des niveaux
suffisants d’iode dans la circulation maternelle et assurer une distribution appropriée de l’iode
au fœtus.
Une fois que l’iode est absorbé par l’intestin et distribué dans l’organisme, il subit plusieurs
processus de métabolisme. Le processus de métabolisme de l’iode dans la glande thyroïde
commence par la capture de l’iode par les cellules thyroïdiennes à l’aide d’un transporteur
spécifique appelé le symporteur sodium-iode (NIS). Une fois à l’intérieur de la cellule
thyroïdienne, l’iode est utilisé pour la formation des hormones thyroïdiennes. (101,103)
La thyroxine (T4) est la principale hormone thyroïdienne produite par la glande thyroïde. Elle
est sécrétée dans la circulation sanguine et constitue une forme inactive de l’hormone. Dans
les tissus périphériques, la thyroxine est convertie en triiodothyronine (T3), l’hormone
thyroïdienne active, par une enzyme appelée la déiodinase. (102,104)
Une fois que l’iode est absorbé dans l’intestin et distribué dans l’organisme, il est capté par les
cellules de la glande thyroïde grâce au NIS. Dans la glande thyroïde, l’iode est utilisé pour la
production des hormones thyroïdiennes qui seront stockées dans la glande thyroïde sous
forme de précurseurs inactifs. (101–103)
La quantité d’iode stockée dans la glande thyroïde dépend de l’apport d’iode provenant de
l’alimentation. Si l’apport en iode est adéquat, la glande thyroïde peut accumuler suffisamment
d’iode pour produire des hormones thyroïdiennes en quantité adéquate. Cependant, si l’apport
en iode est insuffisant, la glande thyroïde peut épuiser ses réserves d’iode, ce qui peut
58
entraîner des troubles thyroïdiens tels qu’une production insuffisante d’hormones
thyroïdiennes. (104)
L’élimination de l’iode est principalement assurée par les reins. Après avoir été absorbé par
l’intestin et distribué dans le corps, l’iode non utilisé ou en excès est filtré dans les glomérules
rénaux, qui sont les structures responsables de la filtration du sang dans les reins. L’iode filtré
est ensuite excrété dans l’urine. La quantité d’iode éliminée dans l’urine dépend de plusieurs
facteurs, notamment de l’apport en iode provenant de l’alimentation et du métabolisme
thyroïdien. Lorsque l’apport en iode est suffisant et que le métabolisme thyroïdien fonctionne
normalement, la quantité d’iode éliminée dans l’urine est généralement équilibrée avec l’apport
d’iode. Cependant, en cas de carence en iode ou de métabolisme thyroïdien altéré,
l’élimination de l’iode peut être réduite. Cela peut entrainer une accumulation d’iode dans
l’organisme ou une diminution des niveaux d’iode dans l’urine. (102,105)
Une carence en iode pendant la grossesse peut avoir des conséquences importantes sur la
santé de la mère et du fœtus. Une carence en iode peut être la cause :
- D’un retard de développement et d’atteintes neurologiques : l’iode est nécessaire à la
production d’hormones thyroïdiennes, qui jouent un rôle crucial dans le développement
du cerveau et du système nerveux du fœtus. Une carence en iode pendant la
grossesse peut entraîner un retard de développement mental et physique, des
atteintes cognitives, des troubles de l’apprentissage et des déficiences neurologiques
chez l’enfant.
- D’une hypothyroïdie maternelle : une carence en iode peut entraîner une production
insuffisante d’hormones thyroïdiennes chez la mère, conduisant à une hypothyroïdie.
Cela peut avoir des répercussions sur la santé maternelle, notamment une prise de
poids excessive, une fatigue, une dépression, une altération de la fonction cardiaque
et une diminution de la capacité à se remettre de l’accouchement.
59
- De complications de la grossesse : une carence en iode augmente le risque de
complications pendant la grossesse, notamment une augmentation du risque
d’hypertension artérielle, de pré-éclampsie, de fausse couche, de naissance
prématurée et de retard de croissance intra-utérin. Ces complications peuvent avoir un
impact sur la santé de la mère et du fœtus, et entraîner des problèmes à long terme
pour l’enfant.
- D’anomalies congénitales : une carence sévère en iode pendant la grossesse peut
entraîner des anomalies congénitales chez le fœtus, en particulier des malformations
du système nerveux. L’une des anomalies les plus graves associées à une carence en
iode est l’hypothyroïdie congénitale, qui peut être la cause d’un retard mental et des
problèmes de croissance chez le nouveau-né. (21,102,104,106,107)
Il est important de souligner que la gravité des effets indésirables en iode dépend de la sévérité
de la carence, de la durée de la carence et du moment de la carence pendant la grossesse.
Une carence légère à modérée peut entraîner des effets moins prononcés, tandis qu’une
carence sévère peut avoir des conséquences graves.
Bien que l’iode soit essentiel pour la santé de la mère et du fœtus, une consommation
excessive d’iode peut également avoir des conséquences néfastes. Un excès en iode peut
être la cause de :
- Une hyperthyroïdie maternelle : un excès en iode peut entraîner une production
excessive d’hormones thyroïdiennes, conduisant à une hyperthyroïdie chez la mère.
Cela peut provoquer des symptômes tels qu’une augmentation de la fréquence
cardiaque, de l’irritabilité, de l’anxiété, de l’insomnie et une perte de poids non
intentionnelle. Une hyperthyroïdie non contrôlée peut entraîner des complications
pendant la grossesse, y compris un risque accru de pré-éclampsie et de naissance
prématurée. (104,108)
- Une hypothyroïdie fœtale : un excès en iode chez la mère peut également avoir un
impact sur la fonction thyroïdienne du fœtus. Des niveaux excessifs d’iode peuvent
supprimer la fonction thyroïdienne fœtale, ce qui peut entraîner une hypothyroïdie chez
le fœtus. Une hypothyroïdie fœtale non traitée peut entraîner un retard de
développement, des problèmes neurologiques et des anomalies congénitales. (109)
60
- Effets sur la fonction thyroïdienne du nouveau-né : un excès en iode chez la mère peut
également affecter la fonction thyroïdienne du nouveau-né après la naissance. Un
nourrisson dont la mère a une consommation excessive d’iode peut présenter une
fonction thyroïdienne altérée, ce qui peut entraîner des problèmes de croissance, un
développement neurologique anormal et des troubles thyroïdiens. (104,108)
Il est important de souligner que les risques d’un excès en iode pendant la grossesse
dépendent de la gravité de l’excès et de la durée de l’exposition. Dans la plupart des cas, un
apport modéré d’iode provenant d’une alimentation équilibrée ne présente pas de risque
d’excès en iode. Cependant, les suppléments d’iode et certains aliments très riches en iode
peuvent entraîner un apport excessif si leur consommation n’est pas contrôlée.
L’EFSA a établi en 2014 une recommandation d’AS de 200 microgrammes par jour pour les
femmes enceintes. Cette valeur est définie comme étant l’apport quotidien recommandé pour
répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des femmes enceintes et garantir leur santé et
celle du fœtus. (21)
Selon les recommandations émises par l’OMS, il est recommandé de proposer une
supplémentation systématique en iode en France. Les recommandations précisent qu’une
dose de 100 microgrammes par jour d’iode devrait être administrée aux femmes en âge de
61
procréer, tandis qu’une dose de 200 microgrammes par jours d’iode devrait être administrée
dès le début de la grossesse et pendant l’allaitement. (110)
III.1.2.4 Magnésium
Le magnésium est un minéral essentiel qui joue un rôle vital dans de nombreuses fonctions
biologiques de l’organisme. Il participe à la formation des os, à la production d’énergie, à la
fonction musculaire, à la régulation du rythme cardiaque, à celle de la température corporelle
et à la synthèse des protéines. (38,111,112)
Les principales sources alimentaires de magnésium comprennent les légumes à feuilles
vertes, les noix, les graines, les céréales complètes, les légumineuses et les produits laitiers.
(61,112)
62
Une fois absorbé, le magnésium est transporté dans le sang et distribué à travers les cellules
de l’organisme. La majeure partie du magnésium se trouve dans les os, les muscles et les
tissus mous, tandis qu’une petite quantité circule dans le plasma sanguin. (111,112)
Le magnésium est stocké principalement dans les os. Il agit comme un réservoir de
magnésium disponible pour l’organisme lorsque les niveaux sanguins sont insuffisants. (112)
L’élimination du magnésium se fait principalement par les reins, où il est filtré par les
glomérules rénaux et réabsorbé dans les tubules rénaux en fonction des besoins de
l’organisme. Les selles et la transpiration peuvent également contribuer à l’élimination du
magnésium. (112,113)
Une carence en magnésium peut entraîner divers problèmes de santé. Les symptômes
courants d’une carence en magnésium comprennent la fatigue, les crampes musculaires, les
spasmes, les palpitations cardiaques, les troubles du sommeil et la faiblesse. Pendant la
grossesse, une carence en magnésium peut augmenter le risque de complications telles que
la pré-éclampsie, la prématurité et la croissance restreinte du fœtus. (112,114,115)
Cependant, une supplémentation excessive en magnésium peut entraîner une diarrhée, une
détresse gastro-intestinale et, dans certains cas, une accumulation excessive de magnésium
63
dans le sang (hypermagnésémie). Pendant la grossesse, un excès de magnésium peut
également affecter le développement du fœtus et augmenter le risque de troubles
neurologiques chez le nouveau-né. (112)
64
III.1.2.5 Zinc
L’absorption du zinc se produit principalement dans l’intestin grêle. Plusieurs facteurs peuvent
influencer cette absorption, tels que la présence de phytates, la réduisant. La biodisponibilité
du zinc varie selon les aliments. (61,118,119)
Une fois absorbé, le zinc est distribué dans tout l’organisme par la circulation sanguine. Il est
transporté par des protéines spécifiques et est essentiel pour de nombreuses enzymes et
protéines impliquées dans des processus cellulaires clés. (118,119)
Le zinc est impliqué dans plusieurs voies métaboliques de l’organisme. Il joue un rôle crucial
dans la synthèse des protéines, la régulation de l’expression génique, le métabolisme des
glucides, des lipides et des acides nucléiques. Il est également nécessaire pour le
fonctionnement optimal du système immunitaire. (116,117,119)
Le zinc est principalement éliminé par les voies urinaires et intestinales. L’excrétion urinaire
est la principale voie d’élimination, suivie de l’excrétion fécale. L’élimination du zinc peut être
influencée par divers facteurs, tels que l’état nutritionnel, les maladies et les médicaments.
(118,120)
Une carence en zinc pendant la grossesse peut entraîner divers problèmes de santé. Elle peut
augmenter le risque de complications obstétriques comme la prématurité, le retard de
croissance intra-utérin et la pré-éclampsie. De plus, une carence en zinc peut avoir des
65
conséquences négatives sur la santé du fœtus, y compris des retards de développement et
un système immunitaire affaibli. (117,118,121)
Bien que des apports adéquats en zinc soient essentiels, une consommation excessive de
zinc peut également présenter des risques pour la santé, en particulier pendant la grossesse.
Un excès de zinc peut interférer avec l’absorption d’autres minéraux, tels que le cuivre, et
perturber l’équilibre nutritionnel. Des doses élevées de zinc peuvent également causer des
effets indésirables, tels que des troubles gastro-intestinaux. (117,122)
Étant donné les multiples rôles du zinc dans l’organisme, il est logique que les besoins en cet
élément augmentent pendant la grossesse, nécessitant une consommation quotidienne d’au
moins 11 mg. Cependant, les données disponibles dans la littérature scientifique concernant
l’impact de la supplémentation en zinc sur le déroulement de la grossesse et le développement
du fœtus ne permettent pas de tirer des conclusions définitives. Selon les estimations, environ
82% des femmes enceintes dans le monde présentent une insuffisance d’apport en zinc, ce
qui peut avoir des répercussions sur la santé du fœtus. En cas de carence modérée en zinc,
une augmentation du risque de rupture prématurée des membranes, des accouchements
prématurés et des faibles poids à la naissance sont observés. De plus, des altérations du
développement immunitaire peuvent se produire. En présence d’une carence sévère en zinc,
il est possible que des malformations congénitales surviennent, telles que des malformations
palatines, cardiaques, urologiques, squelettiques et cérébrales. Par conséquent, il existe des
associations entre la supplémentation en zinc, l’augmentation du poids à la naissance et la
réduction des complications périnatales, bien que ces relations n’aient pas été formellement
établies par des essais randomisés. (38)
Des études ont établi une corrélation entre la carence en zinc et l’apparition de complications
telles que la pré-éclampsie, l’hémorragie post-partum et les avortements spontanés.
Cependant, les données issues de la base de données Cochrane des revues systématiques
suggèrent que la supplémentation en zinc peut avoir peu ou pas d’effet en termes de réduction
du nombre de naissances prématurées, du risque de mortinatalité ou du nombre de décès
66
périnataux. Il n’est pas clairement établi si la supplémentation en zinc peut contribuer à
diminuer le taux de mortalité néonatale. En ce qui concerne d’autres résultats à la naissance,
il a été constaté que la supplémentation en zinc peut avoir peu ou pas d’effet sur le poids
moyen à la naissance, c’est-à-dire sur le risque de faible poids à la naissance et de nourrissons
petits pour l’âge gestationnel, par rapport à l’utilisation d’un placebo ou à l’absence de
supplémentation en zinc. (38)
Les divergences observées dans les études pourraient résulter de variations nutritionnelles
entre les populations concernées par l’intervention. Par conséquent, les preuves disponibles
ne sont pas suffisantes pour soutenir que la supplémentation en zinc pendant la grossesse
conduit à des améliorations des résultats maternels ou néonatals. (38)
D’après les données fournies par le CNGOF, il n’y a pas d‘effet notable sur le déroulement de
la grossesse en cas de supplémentation systématique en zinc chez les femmes enceintes.
Les besoins en zinc peuvent être comblés par une alimentation équilibrée qui comprend
suffisamment de protéines animales. Toutefois, pour les femmes végétariennes ou
végétaliennes, une supplémentation en zinc peut être nécessaire. Il est essentiel de noter que
le métabolisme du zinc et du fer peut interférer, ce qui implique de prendre des précautions en
cas de supplémentation. En conclusion, la supplémentation en zinc ne semble pas
recommandée de manière systématique chez les femmes enceintes, mais elle peut être
envisagée pour les femmes ayant des régimes spécifiques. (50)
Les acides gras essentiels sont des types spécifiques d’acides gras qui sont indispensables à
l’organisme humain car ils ne peuvent pas être synthétisés par l’organisme lui-même et doivent
donc être obtenus à partir de l’alimentation. Il existe deux principaux acides gras essentiels :
l’acide linoléique (oméga-6) et l’acide alpha-linolénique (oméga-3). Ces deux acides gras
essentiels sont des acides gras polyinsaturés. (123–125)
67
Figure 8 : Schéma de la synthèse des différents acides gras oméga-3 et oméga-6
L’acide linoléique (oméga-6) se trouve principalement dans les huiles végétales telles que
l’huile de tournesol, l’huile de maïs et l’huile de pépins de raisin. Il est également présent dans
certains aliments tels que les noix, les graines et les légumes à feuilles vertes. (125)
L’acide alpha-linolénique (oméga-3) se trouve principalement dans les graines de lin, les noix
et les poissons gras tels que le saumon, le maquereau et les sardines. Il peut également être
présent dans certaines huiles végétales comme l’huile de lin et l’huile de colza. (125–127)
Les acides gras essentiels jouent un rôle crucial dans de nombreuses fonctions biologiques
de l’organisme. Ils sont nécessaires à la formation et au fonctionnement des membranes
cellulaires, à la production d’hormones, à la régulation de l’inflammation, à la fonction cérébrale
et au développement du système nerveux. (123,125)
L’acide docosahexaénoïque (DHA) est un acide gras à longue chaîne de la famille des acides
gras oméga-3. (128) Il est considéré comme l’un des acides gras essentiels, bien que dans
une définition stricte, seuls l’acide alpha-linolénique (ALA) et l’acide linoléique soient
considérés comme essentiels. (38,124)
Le DHA est synthétisé à partir de l’ALA dans l’organisme, mais la conversion de l’ALA en DHA
est limitée et inefficace. Par conséquent, il est souvent recommandé de consommer
directement des sources de DHA dans l’alimentation ou sous forme de suppléments.
(124,128,129)
68
Le DHA est abondant dans les poissons gras tels que le saumon, le maquereau, les sardines
et les anchois. Il peut également être présent dans les huiles de poisson et les compléments
alimentaires à base d’huile de poisson. (123,129)
Le DHA, une fois absorbé et distribué dans l’organisme, peut être utilisé de différentes
manières pour soutenir les processus biologiques.
Figure 9 : Biosynthèse des acides gras polyinsaturés à longue chaîne de la famille des
oméga-3 et des oméga-6
Il est important de noter que le métabolisme du DHA peut varier d’une personne à l’autre en
fonction de facteurs génétiques, nutritionnels et hormonaux. De plus, la conversion du DHA
en d’autres composés dépend de l’activité des enzymes impliquées dans ces voies
métaboliques. (123)
Une carence en DHA pendant la grossesse peut avoir des conséquences néfastes sur le
développement du fœtus et la santé maternelle. Le DHA est essentiel pour la construction et
le développement du cerveau et du système nerveux central. Une carence en DHA peut
compromettre la formation adéquate des membranes cellulaires du cerveau et entraver le
développement normal des neurones, ce qui peut potentiellement affecter les capacités
cognitives, la fonction visuelle et le comportement de l’enfant. Des études ont suggéré qu’une
carence en DHA pendant la grossesse peut également être associée à un risque accru de
troubles du développement, tels que des problèmes de langage, des difficultés
d’apprentissage, des problèmes de comportement et des troubles du spectre autistique.
Cependant, il convient de noter que les résultats de ces études ne sont pas concluants et que
d’autres recherches sont nécessaires pour établir des liens de causalité. (129,131)
70
Une carence en DHA pendant la grossesse peut augmenter le risque de certaines maladies
chez l’enfant, notamment des troubles neurodéveloppementaux, des maladies
cardiovasculaires, des troubles de l’humeur et des problèmes de vision. Les acides gras
oméga-3, tels que le DHA, jouent un rôle important dans la régulation de l’inflammation, du
métabolisme lipidique et du fonctionnement cellulaire, et une carence peut perturber ces
processus essentiels. (129,131)
Outre les risques pour le fœtus, une carence en DHA peut également affecter la santé
maternelle. Des niveaux insuffisants de DHA peuvent être associés à un risque accru de
dépression post-partum, de troubles de l’humeur, d’inflammation chronique et de
dysfonctionnement hormonal. (42,132)
Selon les recommandations de l’ANSES, l’apport en DHA chez la femme enceinte est
préconisé à hauteur de 250 mg par jour. Ces recommandations s’inscrivent dans les apports
en acides gras polyinsaturés pour une femme enceinte consommant environ 2 050 kcal par
jour. (123,133)
L’acide eicosapentaénoïque (EPA) est un acide gras oméga-3 à longue chaîne qui appartient
à la famille des acides gras polyinsaturés. (123,124)
L’EPA est essentiellement présent dans les poissons gras tels que le saumon, le thon, les
sardines et les anchois. Il peut également être synthétisé à partir de l’ALA, un autre acide gras
oméga-3, mais la conversion d’ALA en EPA dans le corps humain est limitée. (123,124)
L’EPA est métabolisé dans l’organisme à partir de son précurseur, l’ALA, par des enzymes
spécifiques. Il est transformé en EPA grâce à des réactions d’élongation et de désaturation
qui se produisent dans le foie. (123,125,134)
Il convient de noter que l’EPA et le DHA sont tous deux des acides gras oméga-3 à longue
chaîne présents dans les poissons gras. Ils ont des structures similaires et partagent certaines
fonctions biologiques, mais ils diffèrent légèrement en termes de structure et d’activités
71
métaboliques. Le DHA est particulièrement important pour le développement du cerveau et du
système nerveux, tandis que l’EPA est davantage associé à ses propriétés anti-
inflammatoires. (123,125)
72
qui peut avoir des conséquences à long terme sur ses capacités cognitives et son
fonctionnement neurologique. (137,138)
L’EPA est connu pour ses effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire, notamment la
réduction de l’inflammation, de la tension artérielle et du risque de maladies cardiaque. Une
carence en EPA pendant la grossesse pourrait augmenter le risque de problèmes
cardiovasculaires chez la mère et éventuellement chez l’enfant à long terme. (138,139)
Il est important de noter que la carence en EPA n’est pas souvent isolée, et qu’elle peut être
associée à une carence en d’autres acides gras oméga-3, tels que le DHA. (137)
Selon les recommandations de l’ANSES, l’apport en EPA associé au DHA chez la femme
enceinte est préconisé à hauteur de 500 mg par jour. Ces recommandations s’inscrivent dans
les apports en acides gras polyinsaturés pour une femme enceinte consommant environ 2 050
kcal par jour. (123)
Les huiles de poissons sont des produits dérivés de différentes espèces de poissons, obtenus
généralement par extraction à partir des tissus gras des poissons. Elles sont riches en acides
gras oméga-3, tels que l’EPA et le DHA. (140,141)
Les huiles de poissons sont souvent utilisées comme compléments alimentaires, car elles
fournissent une source concentrée d’acides gras oméga-3 bénéfiques pour l’organisme. Ces
acides gras sont réputés pour leurs effets positifs sur la santé, notamment en ce qui concerne
la santé cardiovasculaire, le développement cérébral, la réduction de l’inflammation et le
soutien du système immunitaire. (141)
Les espèces de poissons les plus couramment utilisées pour extraire les huiles de poissons
sont les poissons gras, tels que le saumon, le maquereau, le hareng, la sardine et l’anchois.
Ces poissons sont connus pour contenir des quantités élevées d’acides gras oméga-3, ce qui
en fait des sources privilégiées pour la production d’huiles de poissons. (127,142,143)
73
Il convient de noter que les huiles de poissons peuvent subir un processus de purification pour
éliminer les contaminants potentiels, tels que les métaux lourds et les polluants
environnementaux, afin de garantir leur sécurité et leur pureté. (142,143)
Les huiles de poissons sont disponibles sous forme de compléments alimentaires, notamment
sous forme de capsules ou de liquides, et sont souvent recommandées pour compléter l’apport
en acides gras oméga-3, en particulier lorsque l’alimentation ne fournit pas suffisamment de
ces nutriments essentiels.
La vitamine A est présente dans les huiles de poissons, bien que la quantité puisse varier
selon l’espèce de poisson et d’autres facteurs. La vitamine A est un nutriment essentiel pour
le bon fonctionnement de l’organisme, jouant un rôle crucial dans la vision, la croissance, le
développement cellulaire et le système immunitaire. Les huiles de poissons sont souvent
considérées comme une source naturelle de vitamine A, ainsi que d’autres nutriments tels que
les acides gras oméga-3, y compris l’EPA et le DHA.
Cependant il est important de noter que la vitamine A peut être présente sous différentes
formes dans les huiles de poissons. Il existe deux principales formes de vitamine A : le rétinol
et les caroténoïdes. Les huiles de poissons contiennent généralement une petite quantité de
vitamine A sous forme de rétinol, bien que les niveaux puissent varier.
Il est essentiel de reconnaître que la vitamine A est potentiellement tératogène, ce qui signifie
qu’une consommation excessive de cette vitamine pendant la grossesse peut entraîner des
risques pour le développement normal du fœtus. Cependant, il est important de noter que la
vitamine A est présente naturellement dans les huiles de poissons, qui sont souvent utilisées
dans certains compléments alimentaires destinés à la grossesse. Malheureusement, il est
fréquent, voire habituel, que la vitamine A ne soit pas dosée dans ces huiles de poissons, ce
qui signifie qu’elle n’est pas dosée, ni identifiée dans les compléments alimentaires eux-
mêmes. Cette absence de dosage de la vitamine A dans les huiles de poissons et les
compléments alimentaires peut poser un problème pour les femmes enceintes qui cherchent
à compléter leur apport nutritionnel pendant cette période critique de la vie. Sans dosage
précis, il devient difficile pour les femmes enceintes de connaître la quantité de vitamine A
qu’elles consomment réellement, ce qui peut entraîner une exposition excessive et
potentiellement risquée. Il en est de même pour les professionnels de santé qui souhaite
aiguiller la femme enceinte vers un complément aux dépens d’un autre.
74
La vitamine A est un nutriment essentiel, mais son excès peut être préjudiciable au
développement du fœtus. Des niveaux élevés de vitamine A ont été associés à des
malformations congénitales, en particulier lorsqu’ils surviennent pendant la période de
formation des organes. Par conséquent, il est crucial de surveiller attentivement l’apport en
vitamine A pendant la grossesse.
En tant que professionnel de santé, en particulier en tant que pharmacien, il est de leur devoir
de sensibiliser la femme enceinte aux risques potentiels liés à la vitamine A et aux
compléments alimentaires contenant des huiles de poissons non dosées. Il est essentiel
d’encourager les femmes enceintes à choisir des compléments alimentaires spécifiquement
formulés pour la grossesse, qui fournissent des dosages appropriés de vitamine A et d’autres
nutriments essentiels tout en tenant compte des habitudes alimentaires de la femme enceinte.
Il est important de noter que les huiles de poissons peuvent varier en termes de composition
nutritionnelle et de qualité, donc il est recommandé de choisir des produits de haute qualité
provenant de sources fiables et d’adhérer aux dosages recommandés par les autorités
sanitaires compétentes.
75
III.1.4 En résumé : Organigramme sur la supplémentation en nutriments chez la femme enceinte
76
Cet organigramme guide les décisions de supplémentation en nutriments pour les femmes
enceintes. Il souligne l’importance de la supplémentation systématique en acide folique et
recommande des doses spécifiques en fonction des facteurs de risque. Il suggère également
une supplémentation en vitamine D, avec diverses stratégies en fonction de l’alimentation de
la femme. Pour les cas spécifiques de carences en calcium, fer et iode, un questionnaire et
éventuellement un dosage peuvent aider à déterminer la nécessité d’une supplémentation.
Enfin, il indique qu’une supplémentation en vitamine A n’est pas recommandée en raison de
ses effets tératogènes.
III.2 Les limites, les critères de choix et les controverses des études cliniques
quant à la supplémentation en compléments alimentaires chez la femme enceinte
Tout d’abord, les études cliniques sur la supplémentation en nutriments chez les femmes
enceintes peuvent être confrontées à des défis méthodologiques. Il peut être difficile de
recruter un nombre suffisant de participantes pour constituer des groupes de traitement et de
contrôle, ce qui limite la puissance statistique de l’étude. De plus, il est souvent difficile de
contrôler tous les facteurs confondants, tels que l’alimentation globale et le mode de vie, qui
peuvent avoir un impact sur les résultats. Par conséquent, les résultats des études peuvent
être variables et les conclusions peuvent être limitées.
Les études cliniques sont des recherches menées sur des sujets humains pour évaluer
l’efficacité et la sécurité d’un complément alimentaire. Bien qu’elles soient cruciales pour la
prise de décision en matière de santé, il est important de reconnaître leurs limites.
Lorsqu’il s’agit de la supplémentation chez la femme enceinte, les biais de sélection sont d’une
importance cruciale dans les études cliniques. Les décisions de supplémentation doivent être
basées sur des données solides et représentatives de la population cible, afin d’obtenir des
résultats fiables et généralisables.
77
Les biais de sélection peuvent se produire lorsque les critères d’inclusion et d’exclusion des
études sont trop restrictifs, ce qui peut entraîner l’exclusion de certaines femmes enceintes
qui pourraient bénéficier de la supplémentation étudiée. Par exemple, si une étude exclut les
femmes enceintes présentant certaines conditions médicales préexistantes, cela peut limiter
la pertinence des résultats pour les femmes enceintes présentant ces conditions dans la
population générale. De même, si l’étude exclut les femmes enceintes de certaines origines
ethniques ou socioéconomiques, les résultats pourraient ne pas être applicables à ces
populations spécifiques.
Il est essentiel que les études cliniques sur la supplémentation chez la femme enceinte
incluent une représentation adéquate des femmes provenant de différentes populations, avec
des caractéristiques démographiques variées. Cela permettrait d’obtenir des données plus
représentatives de la population générale et d’identifier les bénéfices et les risques potentiels
de la supplémentation dans différents contextes.
Pour minimiser les biais de sélection, il est important que les critères d’inclusion et d’exclusion
des études soient définis de manière à être justifiés scientifiquement et à refléter la réalité des
femmes enceintes dans la population cible. Les chercheurs doivent veiller à ce que les critères
soient clairement définis, transparents et cohérents avec l’objectif de l’étude.
En outre, il est crucial de tenir compte des considérations éthiques lors de la conception et de
la mise en œuvre des études cliniques sur la supplémentation chez la femme enceinte. La
protection des droits et du bien-être des participantes, ainsi que la prise en compte des
potentiels risques et avantages, doivent être pris en compte de manière rigoureuse. Des
protocoles de recherche éthiques et des comités d’éthique indépendants peuvent jouer un rôle
essentiel dans l’évaluation et la supervision de ces études.
78
III.2.1.2 Les biais de publication
Le biais de publication est un aspect important à prendre en compte lors de l’interprétation des
résultats des études cliniques. Ce biais se produit lorsque les études avec des résultats positifs
sont plus susceptibles d’être publiées que celles avec des résultats négatifs, ce qui peut
entraîner une surestimation de l’efficacité apparente d’un traitement.
Le biais de publication peut avoir un impact significatif sur la prise de décision en matière de
supplémentation chez la femme enceinte. Si seules les études démontrant des résultats
positifs sont disponibles, il peut y avoir une tendance à considérer la supplémentation comme
efficace, alors même que d’autres études avec des résultats contradictoires ou négatifs n’ont
pas été publiées ou sont restées non divulguées.
Cette situation crée une distorsion de la perception globale de l’efficacité d’un traitement de
supplémentation chez la femme enceinte. Les résultats positifs surestimés peuvent conduire
à des recommandations inappropriées en faveur de la supplémentation, tandis que les
résultats négatifs non publiés peuvent ne pas être pris en compte, entraînant ainsi une prise
de décision basée sur une image biaisée.
Les chercheurs, les organismes de réglementation et les revues scientifiques ont un rôle
crucial à jouer dans la lutte contre le biais de publication. Les chercheurs doivent être
encouragés à publier leurs résultats, quels qu’ils soient, afin de contribuer à une meilleure
compréhension globale de l’efficacité de la supplémentation chez la femme enceinte. Les
organismes de réglementation doivent également promouvoir la divulgation complète des
résultats lorsqu’ils évaluent l’efficacité et la sécurité des compléments alimentaires. Les revues
scientifiques peuvent jouer un rôle actif en encourageant la publication d’études avec des
résultats négatifs ou neutres, ainsi qu’en promouvant la transparence dans la divulgation des
données.
En conclusion, le biais de publication est une limite importante des études cliniques sur la
supplémentation chez la femme enceinte. Il est essentiel de promouvoir la publication et
l’accès à l’ensemble des résultats, indépendamment de leur nature, afin de prendre des
79
décisions éclairées et fondées sur des preuves solides en matière de supplémentation
pendant la grossesse. La transparence et l’ouverture dans la divulgation des résultats sont
essentielles pour garantir une prise de décision éclairée et éthique dans le domaine de la
supplémentation chez la femme enceinte.
L’effet placebo se produit lorsque les participants ressentent une amélioration de leurs
symptômes ou de leur condition en raison de leurs attentes et en leur croyance envers le
traitement, plutôt que des propriétés intrinsèques du traitement lui-même. Dans le contexte de
la supplémentation chez la femme enceinte, cela signifie que certaines femmes pourraient
ressentir une amélioration subjective de leur bien-être ou de leurs symptômes simplement
parce qu’elles croient qu’elles reçoivent un traitement bénéfique, même si le traitement réel
n’a pas d’effet spécifique.
Cet effet placebo peut biaiser les résultats des études cliniques sur la supplémentation chez
la femme enceinte. Si un groupe de femmes enceintes reçoit un placebo, mais croit qu’il s’agit
d’un traitement actif, elles peuvent signaler des améliorations subjectives de leur santé ou de
leur bien-être, même en l’absence d’un bénéfice réel provenant de la supplémentation. Cela
peut conduire à une surestimation de l’efficacité perçue du traitement.
Pour atténuer l’effet placebo dans les études cliniques, des mesures de contrôle rigoureuse
sont nécessaires. Le recours à un groupe témoin recevant un placebo est souvent justifié pour
évaluer spécifiquement l’effet du traitement actif. Cependant, il est également important de
réaliser des études en double aveugle, où ni les participants ni les chercheurs ne savent qui
reçoit le traitement actif ou le placebo. Cela permet de minimiser les biais et les attentes qui
pourraient influencer les résultats.
Dans le contexte de la supplémentation chez la femme enceinte, la durée limitée des études
cliniques peut représenter une limitation importante. La grossesse est un processus qui
s’étend sur une période de neuf mois et comporte différents stades et besoins nutritionnels
changeants. Par conséquent, les études cliniques de courte durée peuvent ne pas être
suffisantes pour évaluer pleinement l’efficacité et la sécurité à long terme de la
supplémentation chez la femme enceinte.
Les études cliniques de courte durée ont généralement pour objectif d’évaluer les effets
immédiats de la supplémentation sur des paramètres spécifiques, tels que les niveaux de
nutriments, les marqueurs biologiques ou certains résultats de santé maternelle ou fœtale.
Bien qu’elles puissent fournir des informations précieuses sur les effets à court terme, elles ne
permettent pas de comprendre pleinement les effets à long terme de la supplémentation. Il est
important de noter que la grossesse est une période critique au cours de laquelle des besoins
nutritionnels spécifiques sont nécessaires pour soutenir le développement et la croissance du
fœtus, ainsi que pour maintenir la santé maternelle. La supplémentation en nutriments vise à
combler d’éventuelles carences ou à optimiser les apports nutritionnels afin de répondre aux
besoins accrus pendant la grossesse.
81
données sur les effets à long terme de la supplémentation sur la santé maternelle, le
développement fœtal et post-natal, ainsi que sur d’autres résultats pertinents.
En conclusion, la durée limitée des études cliniques représente une limitation pour évaluer
pleinement l’efficacité et la sécurité à long terme de la supplémentation chez la femme
enceinte. Il est essentiel de prendre en compte cette limitation lors de l’interprétation des
résultats des études cliniques et de reconnaître la nécessité de mener des études de suivi à
plus long terme pour mieux comprendre les effets à long terme de la supplémentation chez la
femme enceinte.
La taille de l’échantillon dans une étude clinique fait référence au nombre de participants inclus
dans l’étude. Idéalement, une étude devrait avoir un échantillon représentatif de la population
cible pour obtenir des résultats pertinents et fiables. Cependant, en pratique, il peut être difficile
de recruter un grand nombre de femmes enceintes pour participer à une étude, en raison de
contraintes logistiques, éthiques et de la disponibilité des participantes.
Lorsque la taille de l’échantillon est trop petite, cela peut entraîner une faible puissance
statistique de l’étude, c’est-à-dire la probabilité de détecter un effet réel du traitement s’il existe.
Les résultats d’une étude avec une puissance statistique insuffisante peuvent être sujets à des
fluctuations aléatoires, ce qui rend difficile la distinction entre les effets réels et les variations
dues au hasard.
82
De plus, une taille d’échantillon réduite peut également limiter la généralisation des résultats.
Si l’échantillon n’est pas représentatif de la population générale de femmes enceintes, les
conclusions de l’étude peuvent ne pas être applicables à l’ensemble de la population cible.
Cela peut être particulièrement pertinent dans le contexte de la supplémentation chez la
femme enceinte, car les effets de la supplémentation peuvent varier en fonction de différents
facteurs, tels que l’âge gestationnel, l’état de santé maternelle ou les caractéristiques
démographiques.
Pour pallier ces limitations, il est essentiel de mener des études cliniques avec des échantillons
plus importants, ce qui permettrait d’améliorer la puissance statistique de l’étude et d’obtenir
des résultats plus fiables et généralisables. Cela nécessite une collaboration entre les
chercheurs, les praticiens et les institutions pour faciliter le recrutement d’un grand nombre de
participantes.
En conclusion, la taille de l’échantillon est une limite importante à considérer dans les études
cliniques portant sur la supplémentation chez la femme enceinte. Une taille d’échantillon
insuffisante peut compromettre la capacité de détecter des effets significatifs du traitement et
limiter la généralisation des résultats. Il est nécessaire de mener des études avec des
échantillons plus importants pour obtenir des résultats plus fiables et applicables à l’ensemble
de la population cible.
En ce qui concerne les critères de choix des études cliniques, plusieurs facteurs doivent être
pris en compte.
III.2.2.1 La randomisation
La randomisation consiste à assigner les participants de manière aléatoire à l’un des groupes
de traitement, que ce soit le groupe recevant la supplémentation ou le groupe placebo (ou tout
83
autre groupe de comparaison). Cela signifie que la décision d’attribuer un participant à un
groupe donné est prise de manière aléatoire, sans influence ni préjugé. Cette méthode vise à
équilibrer les caractéristiques des participants entre les différents groupes, ce qui permet de
minimiser les biais potentiels liés aux différences individuelles ou aux facteurs de confusion.
Cependant, il est important de noter que la randomisation ne garantit pas à elle seule l’absence
totale de biais. D’autres biais, tels que le biais de performance ou le biais de détection, peuvent
encore exister et influencer les résultats de l’étude. Il est donc essentiel de prendre en compte
d’autres critères de choix des études, tels que l’assignation en aveugle des participantes et
des investigateurs, pour réduire davantage les biais potentiels.
Le groupe témoin joue un rôle crucial dans l’établissement d’une référence, en fournissant une
base de comparaison pour évaluer les effets spécifiques du traitement étudié. Dans le cas de
la supplémentation chez la femme enceinte, le groupe témoin peut être composé de femmes
enceintes recevant un placebo, c’est-à-dire une substance inactive qui ressemble au
traitement actif mais ne contient pas les nutriments ou les composés spécifiques étudiés. Cette
approche permet de contrôler les effets de l’attente ou de la croyance des participants dans le
traitement, en isolant les effets réels du complément lui-même.
En résumé, la présence d’un groupe témoin dans les études cliniques sur la supplémentation
chez la femme enceinte permet de comparer les effets du traitement étudié à ceux d’un
placebo ou d’un traitement de référence, ce qui permet d’évaluer l’efficacité spécifiques de la
supplémentation. Cependant, une conception appropriée et une sélection rigoureuse du
groupe témoin sont essentielles pour obtenir des résultats significatifs et fiables.
85
III.2.2.3 Évaluation en double aveugle
L’évaluation en double aveugle vise à réduire les biais potentiels liés aux attentes des
participantes et des chercheurs. Dans le cas de la supplémentation chez la femme enceinte,
les attentes et les croyances des participantes peuvent influencer leurs réponses subjectives
aux mesures de résultats, telles que les évaluations de leur bien-être ou de leur santé. De
même, les chercheurs peuvent involontairement influencer les résultats en interprétant ou en
évaluant différemment les données en fonction de leurs attentes ou de leurs connaissances
préalables.
En utilisant une approche en double aveugle, les participantes sont réparties de manière
aléatoire dans les groupes de traitement et de contrôle, sans savoir s’ils reçoivent le traitement
actif ou le placebo. De plus, les chercheurs chargés de recueillir et d’analyser les données
sont également aveugles à l’attribution du traitement. Cette absence de connaissance permet
de minimiser les biais potentiels et d’obtenir des résultats plus objectifs.
La mise en œuvre de l’évaluation en double aveugle dans les études sur la supplémentation
chez la femme enceinte nécessite une planification rigoureuse et une organisation appropriée.
Il est essentiel de garantir que les traitements actifs et les placebos sont indiscernables
visuellement et que les procédures de distribution et de suivi sont effectuées de manière
rigoureusement confidentielle. Les chercheurs doivent également s’assurer que les
participantes sont pleinement informées du processus en double aveugle et qu’ils
comprennent l’importance de ne pas divulguer l’attribution du traitement.
En résumé, l’évaluation en double aveugle est une approche essentielle dans les études
cliniques sur la supplémentation chez la femme enceinte. Elle vise à réduire les biais liés aux
86
attentes des participantes et des chercheurs, en garantissant que ni les participantes, ni les
chercheurs ne connaissent l’attribution du traitement actif ou du placebo. Cette approche
renforce la fiabilité et l’objectivité des résultats, contribuant ainsi une meilleure compréhension
des effets de la supplémentation chez la femme enceinte.
En ce qui concerne les controverses, il existe des opinions divergentes quant à l’efficacité et
à la sécurité de la supplémentation en nutriments pendant la grossesse. Certaines études
suggèrent des bénéfices potentiels, tels qu’une réduction du risque de certaines malformations
congénitales ou de complications de la grossesse, tandis que d’autres études ne montrent pas
de résultats concluants. De plus, les recommandations en matière de supplémentation
peuvent varier d’un pays à l’autre ce qui contribue à la confusion et aux débats.
Pour rappel, la supplémentation excessive en vitamine A peut être toxique pour le fœtus et
augmenter le risque de malformations congénitales.
Enfin, les acides gras oméga-3, tels que l’EPA et le DHA, sont importants pour le
développement cérébral et visuel du fœtus. Cependant, les recommandations concernant la
supplémentation en oméga-3 varient d’un pays à l’autre, reflétant des incertitudes quant aux
besoins optimaux en oméga-3 pendant la grossesse.
En ce qui concerne la qualité et la sécurité des compléments alimentaires, ces derniers sont
régulés de manière différente des médicaments, ce qui peut conduire à des variations
importantes en termes de qualité et de contenu. Certains compléments peuvent contenir des
contaminants ou ne pas contenir les quantités de nutriments indiquées sur l’étiquette. Cela
soulève des préoccupations quant à la capacité de garantir que les femmes enceintes
reçoivent des compléments de haute qualité et sûrs.
Manque de suivi et d’adhésion : certaines femmes enceintes peuvent ne pas prendre leurs
compléments de manière régulière ou selon les recommandations, ce qui peut limiter
l’efficacité de la supplémentation. Il peut être difficile pour les professionnels de santé de suivre
l’utilisation de compléments alimentaires par les femmes et de garantir qu’elles prennent les
compléments comme recommandé.
89
IV. La supplémentation en compléments alimentaires et le conseil officinal
La santé de la femme enceinte revêt une importance primordiale, car elle affecte à la fois la
mère et le développement du fœtus. En tant que professionnel de santé, le pharmacien
d’officine joue un rôle essentiel dans la dispensation de compléments alimentaires adaptés
aux besoins spécifiques de la femme enceinte. Cependant, cette responsabilité est associée
à divers défis et limites qui nécessitent une approche réfléchie et basée sur des outils
appropriées.
Les femmes enceintes doivent consommer une variété d’aliments pour satisfaire leurs besoins
nutritionnels. Les aliments riches en nutriments tels que les fruits, les légumes, les grains
entiers, les protéines maigres et les produits laitiers sont particulièrement importants. Les
portions alimentaires doivent être adaptées aux besoins nutritionnels de la femme enceinte et
de son fœtus en croissance. Les femmes enceintes doivent éviter les régimes alimentaires
restrictifs ou les régimes hypocaloriques, qui peuvent causer des carences nutritionnelles. (8)
Si la femme enceinte n’arrive pas à obtenir suffisamment de nutriments par l’alimentation, une
supplémentation en nutriments peut être recommandée.
90
Tableau X : Situations de déficiences nutritionnelles (144)
Les femmes enceintes doivent boire suffisamment d’eau pour prévenir la déshydratation. Une
déshydratation légère peut causer de la fatigue, des maux de tête et une diminution de la
fonction rénale, tandis qu’une déshydratation sévère peut causer des complications graves de
la grossesse.
91
Certaines précautions alimentaires doivent être prises pendant la grossesse pour éviter les
infections alimentaires et les toxines alimentaires. Les femmes enceintes doivent éviter les
aliments crus, les poissons riches en mercure, les charcuteries et les fromages à pâte molle.
Le gain de poids pendant la grossesse est normal et nécessaire, mais un gain de poids
excessif peut causer des complications lorsde la grossesse, comme un diabète gestationnel
et une pré-éclampsie. Les femmes enceintes doivent travailler avec leurs professionnels de
santé pour surveiller leur gain de poids et établir des objectifs de gains de poids appropriés.
Il est également recommandé de réaliser une consultation pré-conceptionnelle pour éviter les
comportements à risques, prévenir certains risques infectieux et éventuellement prévenir les
troubles métaboliques pendant la grossesse. (7)
En tant qu’expert, le pharmacien d’officine est en première ligne pour fournir des conseils et
une orientation aux femmes enceintes sur les compléments alimentaires appropriés. Il joue un
rôle crucial dans l’éducation des femmes enceintes sur les besoins nutritionnels spécifiques
pendant cette période critique de leur vie.
Le pharmacien d’officine doit avoir une connaissance approfondie des différentes vitamines,
minéraux et autres nutriments essentiels nécessaires au bon développement du fœtus et au
maintien de la santé de la femme enceinte. Il doit également être au courant des
recommandations et des lignes directrices nationales et internationales en matière de
supplémentation pendant la grossesse.
92
Le pharmacien d’officine peut également offrir des conseils sur la façon d’optimiser l’apport
nutritionnel par le biais de l’alimentation. Il peut fournir des informations sur les aliments riches
en nutriments essentiels, sur les bonnes pratiques alimentaires et sur les stratégies pour
atténuer les symptômes courants de la grossesse tels que les nausées et les vomissements.
Le pharmacien d’officine joue un rôle essentiel dans la gestion des interactions potentielles
entre les compléments alimentaires et les médicaments que prend la femme enceinte. La
grossesse peut entraîner des changements physiologiques importants, affectant l’absorption,
la distribution, le métabolisme et l’élimination des médicaments. De plus, certains
compléments alimentaires peuvent interagir avec les médicaments, ce qui peut avoir des
conséquences sur l’efficacité et la sécurité du traitement.
Dans certains cas, il peut être nécessaire de recommander des alternatives aux compléments
alimentaires qui peuvent potentiellement interagir avec les médicaments. Le pharmacien peut
proposer des options qui offrent des bienfaits similaires sans les risques d’interactions
indésirables. Il est important que le pharmacien communique efficacement avec la femme
enceinte et explique clairement les raisons de ces recommandations. Cette approche garantit
que la femme enceinte comprend les enjeux et est en mesure de prendre des décisions
éclairées concernant sa santé et celle du fœtus.
Dans d’autres cas, il peut être nécessaire d’ajuster les doses des médicaments pour tenir
compte de l’utilisation concomitante de compléments alimentaires. Certains compléments
peuvent affecter l’absorption ou le métabolisme des médicaments, ce qui peut nécessiter des
adaptations de posologie pour maintenir l’efficacité du traitement. Le pharmacien doit être
compétent pour évaluer ces situations et collaborer avec d’autres professionnels de santé, tels
que les médecins prescripteurs, pour trouver des solutions adaptées.
En outre, le pharmacien d’officine joue un rôle important dans l’éducation de la femme enceinte
sur la prise appropriée des compléments alimentaires en lien avec ses médicaments. Il doit
expliquer l’importance de respecter les posologies recommandées, de ne pas dépasser les
doses recommandées et d’alerter sur les signes d’effets indésirables ou d’interactions
médicamenteuses potentielles. Cette éducation contribue à garantir une utilisation sûre et
efficace des compléments alimentaires pendant la grossesse.
94
IV.1.3 Suivi et éducation
L’éducation fournie par le pharmacien joue un rôle clé dans l’observance de la femme enceinte
à prendre des décisions éclairées concernant sa santé et celle du fœtus. Cela lui permet de
comprendre les avantages et les inconvénients que peuvent avoir les compléments
alimentaires, de suivre les recommandations de posologie et de signaler tout effet indésirable.
De plus, l’éducation continue renforce la compréhension de la femme enceinte sur
l’importance d’une alimentation saine pendant la grossesse, ce qui peut avoir des effets
positifs à long terme sur sa santé et celle de son futur enfant.
Le suivi et l’éducation offrent également une occasion précieuse pour la femme enceinte de
poser des questions au pharmacien. Le pharmacien doit être prêt à répondre aux
interrogations et à fournir des explications claires et compréhensibles. Cela inclut des
95
informations sur les interactions potentielles avec d’autres médicaments, les précautions
d’emploi, ainsi que des conseils sur les éventuels ajustements à apporter en cas de besoin.
IV.2 Les outils disponibles pour aider les pharmaciens dans leur conseil
96
permettant d’établir une relation de confiance avec les femmes enceintes et de fournir des
conseils personnalisés et adaptés à chaque situation.
L’un des principaux défis auxquels sont confrontés les pharmaciens dans la dispensation de
compléments alimentaires est l’absence de réglementation stricte comparée aux
médicaments. Contrairement aux médicaments, les compléments alimentaires sont régis par
des réglementations moins strictes et moins contraignantes. Cette différence de
réglementation peut entraîner plusieurs conséquences préoccupantes pour les professionnels
de santé et les consommateurs.
Tout d’abord, cette absence de réglementation stricte peut entraîner une variabilité de la
qualité des produits sur le marché. Les compléments alimentaires ne sont pas soumis aux
mêmes normes rigoureuses de fabrication, de contrôle et de surveillance que les
médicaments. Par conséquent, il peut exister des variations dans la composition, la pureté, la
stabilité et la biodisponibilité des compléments alimentaires disponibles.
De plus, l’absence de réglementation stricte peut également contribuer à la confusion chez les
consommateurs. Sans des normes claires et uniformes, il peut être difficile pour les patients
de distinguer les compléments alimentaires de qualité des produits moins fiables. Les
allégations de santé souvent présentes sur les étiquettes peuvent prêter à confusion et induire
en erreur les consommateurs quant à l’efficacité réelle des produits. Cette confusion peut
compromettre la confiance du public dans l’utilisation des compléments alimentaires et rendre
plus difficile la prise de décision éclairée.
Face à ces défis, il est primordial que les pharmaciens adoptent une approche proactive pour
garantir la qualité et l’efficacité des compléments alimentaires dispensés en officine. Cela peut
99
inclure la recherche d’informations fiables auprès de sources telles que les autorités
réglementaires, les organismes de santé et les associations professionnelles. De plus, les
pharmaciens peuvent se tenir informés des dernières études scientifiques sur les
compléments alimentaires spécifiques, en s’abonnant à des revues spécialisées et en
participant à des formations continues.
Il est essentiel que les pharmaciens disposent de connaissances approfondies sur les
interactions médicamenteuses pour pouvoir évaluer les risques et les bienfaits des
compléments alimentaires en fonction des médicaments que prend la femme enceinte. Une
interaction médicamenteuse peut compromettre l’efficacité du traitement médicamenteux,
augmenter le risque d’effets indésirables ou perturber l’équilibre des nutriments dans
l’organisme.
100
Pour faire face à ces défis, les pharmaciens doivent s’appuyer sur plusieurs sources
d’informations. Les bases de données spécialisées sur les interactions médicamenteuses sont
des outils précieux pour identifier les interactions potentielles mais ne sont pas toujours
suffisants. Ces bases de données fournissent des informations détaillées sur les mécanismes
d’interaction, les précautions à prendre et les recommandations spécifiques pour minimiser
les risques.
Il est important de souligner que chaque femme enceinte peut présenter des besoins
nutritionnels et des traitements médicamenteux spécifiques. Par conséquent, les conseils
doivent être adaptés à chaque situation individuelle. Les pharmaciens doivent prendre en
compte les caractéristiques physiologiques de la femme enceinte, les médicaments qu’elle
prend, les doses et les fréquences d’administration, ainsi que les compléments alimentaires
qu’elle souhaite utiliser.
Face à ces croyances et informations erronées, il est primordial que les pharmaciens jouent
un rôle actif pour démystifier les mythes et fournir des informations précises et basées sur des
preuves scientifiques. Les pharmaciens sont des professionnels de santé qualifiés et bien
informés, capables d’évaluer et de filtrer les informations disponibles sur les compléments
alimentaires. Ils sont en mesure de fournir des conseils fondés sur des études scientifiques
rigoureuses et des recommandations d’experts en matière de nutrition maternelle.
Dans ce contexte, les pharmaciens doivent être prêts à écouter attentivement les
préoccupations et les croyances des femmes enceintes, afin de créer un dialogue ouvert et de
comprendre leurs motivations et leurs attentes. Cela permet d’établir une relation de confiance
et de renforcer l’adhésion aux recommandations et aux conseils donnés. En expliquant de
manière claire et concise les preuves scientifiques disponibles, les pharmaciens peuvent aider
à dissiper les idées fausses et à fournir des informations objectives sur les compléments
alimentaires.
Les pharmaciens peuvent également s’appuyer sur des ressources fiables et des sources
d’information scientifique pour étayer leurs conseils. Les études cliniques et les
recommandations des organisations de santé nationales et internationales constituent des
sources précieuses d’informations basées sur des preuves. En utilisant ces ressources, les
pharmaciens peuvent fournir des explications claires et précises sur les avantages potentiels,
les risques éventuels et les limitations des compléments alimentaires pendant la grossesse.
En conclusion, les croyances et les informations erronées sont des facteurs importants à
considérer lors de la dispensation de compléments alimentaires en officine aux femmes
enceintes. Les pharmaciens jouent un rôle crucial en démystifiant les mythes et en fournissant
des informations précises, basées sur des preuves scientifiques. En établissant une relation
de confiance avec les femmes enceintes, en écoutant attentivement leurs préoccupations et
102
en fournissant des conseils individualisés, les pharmaciens peuvent aider à garantir des choix
éclairés et sécuritaires en matière de compléments alimentaires pendant la grossesse.
En tant qu’experts, les pharmaciens ont la responsabilité de s’assurer que les informations
qu’ils fournissent aux femmes enceintes sont conformes aux réglementations publicitaires.
Cela signifie qu’ils doivent se familiariser avec les lois et les réglementations applicables dans
leur pays ou leur région, ainsi qu’avec les bonnes pratiques en matière de publicité des
compléments alimentaires. Les pharmaciens doivent être en mesure de reconnaître les
allégations exagérées, les informations non étayées scientifiquement et les stratégies de
marketing trompeuses, et de les corriger de manière objective et éthique.
En fournissant des informations objectives, les pharmaciens aident à éduquer les femmes
enceintes sur les véritables avantages, les limites et les risques des compléments alimentaires
pendant la grossesse. Ils doivent expliquer clairement que les compléments alimentaires ne
doivent pas être considérées comme des substituts à une alimentation équilibrée et variée,
mais plutôt comme des compléments visant à combler des besoins nutritionnels spécifiques,
le cas échéant. De plus, les pharmaciens doivent souligner l’importance de consulter un
professionnel de santé avant de commencer tout nouveau complément alimentaire, afin
d’évaluer les besoins individuels et d’identifier d’éventuelles interactions médicamenteuses.
103
En respectant les réglementations publicitaires et en fournissant des informations objectives,
les pharmaciens contribuent à éviter les attentes irréalistes chez les femmes enceintes
concernant les compléments alimentaires. Ils jouent un rôle crucial en aidant les femmes
enceintes à prendre des décisions éclairées et en les guidant vers des choix de produits sûrs
et appropriés. En fin de compte, la conformité aux réglementations publicitaires protège à la
fois les consommateurs et l’intégrité de la profession pharmaceutique dans le domaine de la
dispensation de compléments alimentaires.
104
Conclusion
L’étude des compléments alimentaires présents sur le marché a permis d’observer que
certains produits contiennent de la vitamine A, qui est reconnue comme étant tératogène à
des doses élevées. Cette constatation souligne la nécessité d’une réglementation stricte et
d’une évaluation approfondie des doses de vitamines et minéraux inclus dans ces
compléments afin de prévenir tout risque pour la santé de la mère et du fœtus.
Cependant, certaines limites et défis ont été identifiés dans la dispensation de compléments
alimentaires en officine. L’absence de réglementation stricte peut conduire à des incohérences
dans la prescription et à des risques potentiels pour la santé des femmes enceintes. De plus,
les interactions médicamenteuses complexes doivent être prises en compte pour éviter tout
effets indésirables chez les patientes prenant des médicaments concomitamment à des
compléments alimentaires.
En somme, la prise en charge des carences chez la femme enceinte est essentielle pour
garantir une grossesse saine et sans complications. La dispensation de compléments
alimentaires peut être une solution efficace, mais il est important de comprendre les risques
liés aux carences et à la prise de compléments alimentaires sans conseil officinal. Le
pharmacien est un des acteurs clés dans la prise en charge de la grossesse, prodiguant des
conseils et des solutions adaptés à chaque patiente. L’harmonisation des pratiques, une
réglementation stricte et une recherche approfondie sur la prise en charge de la grossesse
pourraient être bénéfiques pour améliorer l’accompagnement apporté aux femmes enceintes
105
et à leurs fœtus. Une approche multidisciplinaire impliquant les professionnels de santé et les
autorités compétentes est essentielle pour assurer la santé maternelle et fœtale pendant cette
période cruciale de la vie d’une femme.
Depuis le 7 novembre 2022, une avancée significative a été initiée par la convention
pharmaceutique, mettant en exergue le rôle central du pharmacien dans la prise en charge
des femmes enceintes. Cette innovation, visant à instaurer un entretien pharmaceutique dédié,
se focalise sur la sensibilisation des futures mères aux risques tératogènes associés à certains
médicaments et sur l’importance cruciale de la vaccination durant la grossesse. Il est à noter
que cet entretien se concentre exclusivement sur la prise médicamenteuse et la vaccination,
sans aborder le terrain des compléments alimentaires, malgré leur rôle potentiel dans la prise
en charge des carences pendant la grossesse. Ce dispositif, pourrait tout de même permettre
de renforcer le maillage de précaution autour de la grossesse, venant compléter les stratégies
déjà en place pour pallier les carences nutritionnelles potentielles chez la femme enceinte.
106
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besoins-nutritionnels-dune-femme-enceinte
116
FACULTE DE PHARMACIE UNIVERSITE DE LORRAINE
DEMANDE D'IMPRIMATUR
Vu et approuvé, Vu,
Hélène BOULANGER
N° d'enregistrement:
N° d’identification :
TITRE
RESUME :
La grossesse est un moment déterminant dans la vie d’une femme, caractérisé par des besoins nutritionnels en
constante évolution pour garantir un développement optimal du fœtus. Cette thèse débute par une exploration des
besoins nutritionnels spécifiques pendant cette période. Elle met en avant l’importance de la supplémentation en
micronutriments, l’impact significatif de la prise de poids et souligne le rôle crucial des 1 000 premiers jours de
vie de l’enfant sur sa santé future. L’étude se poursuit en se penchant sur le paysage réglementaire des compléments
alimentaires en France et en Europe. Elle détaille la définition des compléments alimentaires, leur réglementation,
leurs composants et la procédure de déclaration de mise sur le marché. Parallèlement, un examen approfondi des
principales spécialités disponibles sur le marché français est réalisé, fournissant un aperçu détaillé de leurs
compositions et caractéristiques. Une large partie de la thèse est consacrée à la revue de la littérature actuelle, qui
traite des recommandations, des études cliniques et des avantages potentiels de la supplémentation durant la
grossesse, avec un focus sur les vitamines, les minéraux et les acides gras essentiels. Elle met en lumière les limites,
les critères de choix des compléments et les controverses existantes dans le domaine de la supplémentation pendant
la grossesse. La dernière section se concentre sur le rôle cardinal du pharmacien d’officine dans la recommandation
et la dispensation des compléments alimentaires. Elle souligne leurs responsabilités, les outils à leur disposition et
les défis qu’ils rencontrent. Les interactions médicamenteuses, les informations erronées et la conformité aux
réglementations publicitaires sont également discutées. La thèse conclut sur l’importance de la consultation et du
conseil des pharmaciens pour assurer la sécurité et la santé optimale de la mère et du fœtus pendant la grossesse,
tout en reconnaissant la nécessité de poursuivre les recherches dans ce domaine pour éclairer davantage la pratique
clinique.
Expérimentale □
Pr Brigitte LEININGER-MULLER INSERM U1256-NGERE Bibliographique X
Thème □