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UNIVERSITÉ GRENOBLE ALPES
DÉPARTEMENT DE MAÏEUTIQUE
UNIVERSITAIRE DE GRENOBLE
Année 2022
UNIVERSITÉ GRENOBLE ALPES
DÉPARTEMENT DE MAÏEUTIQUE
UNIVERSITAIRE DE GRENOBLE
Année 2022
1
RÉSUMÉ
chez les femmes enceintes dans leur première moitié de grossesse. Déterminer les
caractéristiques des compléments consommés et évaluer une association entre les croyances
incluant les femmes enceintes entre 20 et 25 semaines d’aménorrhée. Les croyances ont été
Résultats : 41 femmes ont été incluses dont 53,66 % prenaient des compléments alimentaires,
d’une prise préventive. Nous n’avons pas observé d’association significative entre les
répandue chez les femmes enceintes dans leur première moitié de grossesse et cela malgré
prévalence
2
ABSTRACT
Objectives: Determine the prevalence of dietary supplement intake during their first part of
pregnancy. The study also aimed to determine dietary supplements characteristics and assess
whether there was an association between beliefs about medications and dietary supplements
including pregnant women between 20 and 25 weeks of amenorrhea. Beliefs were assessed
Results : 41 women were included, 53.66% of whom took food supplements, mostly given by
a health professional and purchased in a pharmacy as part of a preventive intake. We did not
observe any significant association between dietary supplements consumption and beliefs
about medications.
widespread among pregnant women in their first half of pregnancy, despite the absence of
recommendations on the subject. The promotion of a healthy and balanced diet is most likely
important to promote.
3
REMERCIEMENTS
Invitée ;
4
Je remercie plus particulièrement :
mémoire;
Pour ses précieux conseils, son soutien et sa grande disponibilité dans l’élaboration globale
de ce mémoire ;
Grenoble-Alpes ;
Pour son soutien et son encadrement pendant toutes ces années d’études ;
5
TABLE DES MATIÈRES
ABRÉVIATIONS..........................................................................................................................8
INTRODUCTION........................................................................................................................9
MATÉRIELS ET MÉTHODES..................................................................................................12
Schéma de l’étude..................................................................................................................12
Population étudiée..................................................................................................................12
Recueil de données.................................................................................................................12
Données du questionnaire......................................................................................................14
RÉSULTATS..............................................................................................................................17
Flow-chart..............................................................................................................................17
Description de la population..................................................................................................18
DISCUSSION............................................................................................................................26
6
A) Définition.................................................................................................................26
B) Recueil de données...................................................................................................27
C) La population............................................................................................................28
CONCLUSION..........................................................................................................................37
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES....................................................................................38
ANNEXES..................................................................................................................................42
7
ABRÉVIATIONS
CA : complément alimentaire
SA : semaine d’aménorrhée
UI : unité internationale
8
INTRODUCTION
Les compléments alimentaires ont une histoire très récente. En effet, leur première
apparition date des années 60 aux Etats-Unis. A cette époque, ils étaient considérés comme
des produits de consommation et aucune surveillance particulière n’y était associée. Ainsi, la
première définition juridique n’est apparue qu’en 1995. C’est le point de départ de la
constitution d’un cadre réglementaire de ces produits, qui sont largement utilisés au sein de la
population (1). Selon le ministère des solidarités et de la santé, les compléments alimentaires
sont des denrées dont le but est de compléter un régime alimentaire normal et constituent une
les gélules, pastilles, comprimés, pilules, sachets de poudre ou encore en préparations liquides
(ampoules, flacons munis de compte-gouttes) (3). Ce n’est qu’en 2009 que l’Agence
que très récente, et les études à propos de ces produits sont peu nombreuses, surtout
lorsqu’elles concernent les femmes enceintes. D’après l’INCA3, 22% des adultes et 14% des
enfants consomment des compléments alimentaires. Ce rapport souligne également que « les
femmes enceintes constituent une population particulièrement vulnérable vis-à-vis des apports
nutritionnels […]. Dans ses recommandations de 2014, l’Autorité Européenne de Sécurité des
Aliments indique qu’elles doivent être incluses dans l’étude et faire l’objet, si cela est
9
possible, d’une étude spécifique ». En effet, pendant la grossesse, l'utilisation de compléments
alimentaires à des fins thérapeutiques n'est pas anodine et peut se révéler dangereuse dans
certains cas, pour la mère comme pour l'enfant à naître. Pour cette raison, la femme enceinte
Selon un sondage de l’Institut Français d’Opinion Publique (IFOP) publié en mars 2021, près
de la moitié des français ont consommé des compléments alimentaires au cours des 12
derniers mois (parmi lesquels une immense majorité est convaincue de leur bienfaits). Cette
croissance de la consommation des compléments alimentaires au cours des derniers mois étant
associée au contexte de crise sanitaire (5). Pourtant, le bénéfice clinique réel de ces
La population des femmes enceintes exige une attention particulière. La grossesse est une
période de la vie des femmes qui demande à être surveillée et accompagnée. Selon les
sont avant tout comblés par une alimentation variée et équilibrée. La supplémentation
vitaminique reste rare et se fait sur prescription des médecins et sage-femmes (6). La
risque de carence comme les femmes enceintes. Le ministère de la santé précise que la prise
Les compléments alimentaires sont accessibles en vente libre dans les grandes surfaces, les
pharmacies, les boutiques spécialisées ou via internet. Dans la littérature, il est difficile de
10
prescrites pendant la grossesse par les professionnels de santé et l’automédication des femmes
alimentaires chez les femmes enceintes jusqu’au cours du cinquième mois de grossesse.
Nous avons préféré mener cette étude durant la première moitié de la grossesse, puisque c’est
(développement des organes). Cette première moitié de grossesse peut également s’avérer
compliquée pour les femmes enceintes à cause des maux de grossesse tels que : les nausées, la
fatigue, les maux de tête ou encore les troubles digestifs. On peut donc émettre l’hypothèse
- Déterminer les caractéristiques des compléments consommés, leur origine, par qui
- Évaluer si les croyances sur les médicaments sont associées à la prise de compléments
compléments alimentaires pourrait avoir un lien avec une certaine méfiance des
mieux aviser les patientes sur le sujet, les orienter et les conseiller pour une utilisation plus
11
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Schéma de l’étude
(CHUGA). L’étude a été réalisée sur une période de six mois s’étalant du 1er décembre 2021
au 16 mai 2022.
Population étudiée
Ont été incluses dans cette étude, les patientes dont le terme est compris entre 20 et 25 SA
dont le suivi échographique du deuxième trimestre avait été effectué à l’HCE dans le service
de consultations obstétricales. Ont été exclues les patientes mineures, non francophones et/ou
Recueil de données
Les données ont été recueillies par le biais d’un questionnaire (Cf. Annexe I) réalisé lors d’un
- Dans un premier temps, les échographistes ont été sollicités pour distribuer un
document d’information (Cf. Annexe II) aux femmes réalisant leur échographie du
deuxième trimestre, entre 20 et 25 SA. Les coordonnées des participantes ont été
documents remplis s’est fait dans une armoire fermée à clé située dans le bureau de
12
- Dans un deuxième temps, nous avons collecté toutes les deux semaines pendant une
bulletins ont été détruits par une broyeuse adaptée au sein de l’établissement et la
récupération s’est faite sous pseudonymat avec les initiales des patientes, suivi de leur
numéro d’inclusion.
CA chez les femmes enceintes jusqu'au cours du cinquième mois de grossesse. Le critère de
jugement principal était la proportion de femme qui déclare avoir pris au moins un CA durant
jugement ici était pour chaque complément alimentaire, de quantifier les différent(e)s :
o Formes galéniques
paramédical, publicité/internet
(Annexe III), nous a permis de quantifier les croyances et les attentes des femmes
13
enceintes concernant les médicaments et les prescriptions médicamenteuses des
professionnels de santé. Nous avons donc comparé le score moyen du BMQ général
des patientes qui prennent des CA et des patientes qui n’en prennent pas.
par jour, une fois par jour, plusieurs fois par semaine, une fois par semaine, une fois
par mois.
Données du questionnaire
tel que : l’âge, le poids, la taille, le niveau d'étude, la situation maritale (seule/en couple), les
tabac, le nombre d'enfants à charge et le terme prévu. Ces données avaient pour but de définir
La suite de l’entretien portait sur la caractérisation de la prise de CA. Quel(le) : type, forme
Le score moyen du BMQ général a permis d’évaluer les croyances générales des femmes
enceintes, d’une part vis-à-vis des professionnels de santé (questions 1 à 4) et d’autre part sur
l’aspect nocif des médicaments (questions 5 à 8). Les réponses vont de 1 à 5, plus nous
14
Méthode de traitement des données
Les variables qualitatives ont été décrites par leur effectif et pourcentage, et les variables
distribution ne suivait pas une loi normale. La normalité des variables quantitatives a été testé
chez les femmes enceintes, encadrée de son intervalle de confiance à 95%. Les comparaisons
de variables continues (BMQ) ont été réalisées avec un test t de Student si les conditions
L’analyse statistique a été réalisée avec le logiciel Jamovi ® v1.8 (The jamovi project (2021),
[Link]
La capacité d’inclusion maximale sur la période d’étude, pour cette étude monocentrique,
était estimée à 80 patientes. Nous avons évalué la précision de l’estimation obtenue avec un
Clopper-Pearson. Nous obtenons ainsi une largeur de l’IC 95% comprise entre 14,3 et 22,8%
pour des prévalences de 10 à 50%, respectivement (PASS v15 P, 2017, Kaysville, Utah, USA).
15
Considération éthique et réglementaire
Cette étude impliquant la personne humaine était considérée sans risque et ne modifiait pas la
prise en charge des participants (type 3). Elle a obtenu l’avis favorable du comité de
2021-A02452-39)
16
RÉSULTATS
Sur les 43 patientes contactées, deux d’entre elles ont dû être exclues car elles n’étaient pas
joignables malgré plusieurs relances. L’effectif final de patientes incluses dans l’étude était
donc de 41.
17
Le tableau I résume la description générale de l’échantillon recueillie lors des entretiens
18
Nous avons calculé la prévalence de la prise de CA chez les 41 femmes enceintes incluses
19
Figure 3 : Pourcentage de femmes qui consomment un ou deux CA
Sur les 26 CA, c’est le Gynéfam ® le plus consommé à 50%, le magnésium à 19,23%, le
20
Figure 5 : Pourcentage de femmes qui consomment ou ne consomment pas de CA
Sur les 22 patientes consommant des CA, 90,91 % en consomment une fois par jour, 13,64 %
en consomment deux fois par jour, 4,55 % en consomment trois fois par jour et 9,09 % en
Figure 6 : Indication de la prise de CA chez les femmes enceintes qui en consomment (en
pourcentage)
21
Sur les 26 CA consommés, l’indication de la prise chez les patientes qui en consomment est
tableau II).
Figure 7 : Lieu d’achat des CA chez les femmes enceintes qui en consomment (en
pourcentages)
Sur les 26 CA consommés, le lieu d’achat chez les patientes qui en consomment est à 88,46 %
dans une pharmacie, 7,69 % dans une grande surface et 3,85 % sur internet (Cf. Annexe IV :
tableau II).
22
Figure 8 : Source d’information à l’origine de la prise de CA chez les femmes enceintes qui
Sur les 26 CA consommés, la source d’information à l’origine de la prise chez les femmes qui
en consomment est de 69,23 % pour les professionnels de santé, 26,92 % par soi-même et
23
Q1 = Les médecins prescrivent trop de médicaments
Q2 = Si les médecins passaient plus de temps avec leurs patients ils prescriraient moins de
médicaments
Q3 = Les médecins placent trop de confiance dans les médicaments
Q4 = Les remèdes naturels sont plus sûrs que les médicaments
Q5 = Les médicaments font plus de mal que de bien
Q6 = Tous les médicaments sont des poisons
Q7 = La plupart des médicaments sont addictifs
Q8 = Les personnes qui prennent des médicaments devraient arrêter de temps en temps
pourcentage)
24
Figure 10 : Comparaison du score moyen du BMQ général chez les femmes enceintes qui
Concernant les croyances, nous avons observé un score plus élevé chez les femmes qui ne
consomment pas de CA ce qui traduit une tendance. Toutefois la p-value est supérieure à 5%
25
DISCUSSION
A) Définition
Nous avons pu constater lors de nos recherches que la définition des CA n’était pas
- Pratique millénaire basée sur un savoir empirique enrichi au fil des générations, la
dilutions) et la globalité (la cible du traitement n'est pas un organe en particulier, mais
l'organisme (le plus souvent des vitamines ou des minéraux), destiné à compléter une
rappel de cette définition avant chaque entretien. Certaines patientes n’arrivaient pas à
comprendre exactement les produits qui pouvaient correspondre aux CA et certaines avaient
26
définition de ces produits. On pourrait donc penser que cela impacterait nos résultats plutôt
vers une diminution de la prévalence. La prévalence réelle serait peut-être plus grande sans ce
B) Recueil de données
Le biais d’auto-sélection a fait que la décision d’inclusion dans l’étude a été faite selon
la volonté des patientes. On peut donc émettre l’hypothèse qu’une certaine partie de la
population n’a pas été étudiée. Dans la sélection de notre échantillon, seules les patientes
souhaitant participer à l’étude ont été interrogées, un certain nombre de refus ont pu être mis
l’effectif des patientes ayant refusé de donner leur coordonnée téléphonique n’a pas été relevé.
représentatif de la population étudiée. Nous pouvons nous demander si le motif de refus de ces
femmes pourrait correspondre à une prise trop importante de CA ou à contrario une absence
clair pour inciter à la participation ? Ce refus pourrait aussi correspondre à leur peur d’être
dérangées ou que l’entretien prenne trop de temps. Ce n’est donc peut-être pas représentatif
de la population de l'HCE.
Cette méthode de recueil de données a été choisie après discussion avec la cadre du service. Il
ciblant que les femmes venant pour leur échographie du deuxième trimestre. L’avantage d’un
entretien téléphonique était de s’assurer de la bonne compréhension des patientes vis-à-vis des
27
d’autorisation du lancement de l’étude par le CPP, le mode de recueil des données en deux
temps et la durée de l’étude n’ont permis qu’un recueil limité des données par rapport à
l’effectif attendu. Cet échantillon réduit conduit à un biais de puissance notamment pour
l’interprétation de la comparaison du score moyen du BMQ général chez les patientes qui
consomment des CA et celui des patientes qui n’en consomment pas. On peut en déduire que
l’absence d’association statistiquement significative dans le cas de notre étude est peu
exploitable. Pour le reste, l’étude est descriptive, cela impacte donc moins l’interprétation des
résultats.
Le biais de mémorisation reste possible mais est limité car le souvenir de la prise en CA
Une possible omission volontaire des participantes concernant leur consommation d’alcool et
s'il n’y aurait pas d’autres omissions volontaires d’informations qui auraient pu soulever un
élément majeur dans la description de la population. On pense par exemple à la prise plus ou
pas faire ressortir cette consommation chez les patientes qui consomment des compléments
C) La population
Un biais de volontariat est possible si on admet l’hypothèse que les patientes qui ont
différentes de celles qui n’ont pas voulu participer. Les patientes voulant participer à l’étude
étaient peut-être celles étant les plus intéressées et les plus motivées ou a contrario, étaient
peut-être celles ayant plus de méfiance envers les CA. Les patientes avec un niveau d’étude
28
supérieur auraient peut-être moins d’interrogations vis-à-vis des CA que les patientes n’ayant
Au départ, nous pensions que la consommation en CA chez les femmes enceintes dans
la première moitié de grossesse était plus importante du fait de l’association d’une plus
grande consommation de CA en France (5) dans la population générale et des maux survenant
réglementation des CA, nous avons remarqué que la surveillance de ceux-ci était
partir de 2009 (3). Cette surveillance récente associée à une certaine vulnérabilité des femmes
enceintes concernant les apports nutritionnels nous faisait émettre l’hypothèse d’un risque
pour la santé des femmes enceintes et de leur nouveau-né. Le développement du marché des
CA ces dernières années et notamment sur internet remet en question l’accessibilité à ces CA
L’objectif de notre étude était donc d’estimer une prévalence de la consommation de CA chez
les femmes enceinte dans leur première moitié de grossesse pour avoir une vision plus globale
de cette consommation et particulièrement dans cette population. Nos résultats montrent une
prévalence estimée à 53,66%. Dans la littérature, il existe très peu de données concernant la
29
notre étude. L’étude NutriNet-Santé de 2018 réalisée sur 77 000 adultes français, montre que
43% d’entre eux étaient consommateurs de CA (12). Selon un sondage IFOP de 2020 réalisé
française, il y a 57% des Français qui ressentiraient le besoin de consommer des CA (13). Il
semblerait donc que les résultats de notre étude soient cohérents avec les données obtenues
dans la population générale. Cependant, les deux populations ne sont pas comparables
d’autant plus que notre population d’étude est celle d’une maternité de niveau trois spécifique.
On ne peut pas dire ici si le contexte de la grossesse influe ou non sur la consommation de
CA.
dose de 0,4 mg par comprimé par jour en péri conceptionnel et en vitamine D à dose de 100
recommandée selon les autorités de santé. Cependant, malgré ces recommandations on note
important de souligner que ces recommandations sont anciennes et n’ont pas été mises à jour
Dans notre étude, on observe que la majorité des CA consommés sont des CA
consommés.
30
Ce complément se compose de : vitamine B1, B2, B3, B5, B6, B8, B12, acide folique,
vitamine D, E, fer, zinc, magnésium, cuivre, manganèse, iode, sélénium et huile de poisson.
Selon le site officiel de Gynéfam ®, ce complément contient tous les nutriments essentiels de
français. Ces compléments, “ont été formulés spécifiquement pour répondre à vos besoins
nutritionnels spécifiques de ces périodes particulières de votre vie et vous apportent ainsi les
optimal, favorisant le développement normal de votre bébé” (15). La posologie selon le Vidal
est d’une capsule par jour au milieu d'un repas à avaler avec un grand verre d'eau. Au vu des
recommandations nationales par le CNGOF et la HAS ces descriptions sont faussées par le
Dans les précautions d'emploi, il est quand même rappelé que ce complément alimentaire est à
consommer dans le cadre d'un mode de vie sain et qu’il ne doit pas être utilisé comme
pourrait fausser la perception des femmes vis-à-vis des CA. De simples compléments, ils
L’autre complément alimentaire qui ressort dans notre étude est le magnésium à 19,23 %.
Selon l’étude NutriNet de 2013, les produits contenant du magnésium et des vitamines B6 et
C sont les plus majoritairement consommés (17). Selon la définition du Vidal, le magnésium
31
est un sel minéral qui participe à plus de 300 réactions chimiques dans l’organisme. Il
Les autres compléments alimentaires sont variés, vitamine C, levure de bière, zinc, gingembre
Nos résultats montrent que 90,91 % des patientes consommant des CA ont une
fréquence de prise d’une dose par jour. Il est évident qu’il n’y a pas de surconsommation de
ces produits dans l’échantillon étudié. Comme nous le verrons par la suite, les CA étant
mode de prise est cohérent avec les conseils de bonne utilisation des produits.
On observe que 9,09 % des patientes ont une consommation occasionnelle, souvent dû à un
Nous voulions étudier la quantité de CA consommés par patiente pour nous faire une
idée de l’importance accordée aux CA dans la vie quotidienne. Les résultats montrent qu’au
maximum, 18,18 % des patientes ont consommé jusqu’à deux CA par jour. Cela montre que
consommation est également limitée, majoritairement à une dose de CA par jour. En revanche,
comme nous l’avons évoqué dans les limites et les biais de l’étude, la compréhension de la
32
définition du CA reste assez vague. On peut se demander si la consommation d’autres CA n’a
pas été omise involontairement par les patientes, celles-ci ne pensant pas que ces produits
Les CA ne sont pas censés se substituer à une alimentation saine et équilibrée. Dans
La fatigue est un état fréquent de la grossesse, en particulier pendant les premiers et les
derniers mois. En général, elle est le résultat de plusieurs causes : par exemple, modifications
hormonales, troubles du sommeil, voire anémie. En début de grossesse, elle est surtout
progestérone dans le sang qui provoque fatigue et somnolence. Dans la vaste majorité des
cas, ces troubles s’apaisent avec le temps et la fatigue disparaît au cours du deuxième
trimestre. Seul une meilleure organisation de la vie quotidienne, une alimentation équilibrée et
une activité physique régulière peuvent contribuer à prévenir la fatigue du début de grossesse
(11). Ce type de fatigue ne peut donc a priori pas être prévenu par quelconque
supplémentation ou CA.
conseils d’utilisation par les professionnels de santé. Le but d’un CA n’est pas de traiter mais
d’apporter un supplément à un mode de vie sain. Nous pouvons donc évoquer soit un manque
de compréhension de la part des patientes, soit une volonté de la part des professionnels de
santé d’utiliser une méthode placebo pour aider les patientes à surmonter les maux de la
grossesse tant que cela ne relève pas de la pathologie. Les traitements médicamenteux ne
33
restent pas anodins, on peut aussi émettre l’hypothèse que les professionnels de santé
souhaitent soulager les patientes dans un premier temps sans véritable traitement.
développer la vente par internet. Le développement de cette vente en ligne assurait une
Notre étude révèle un achat très majoritairement fait en pharmacie à 88,46 %. Ces résultats
sont plutôt rassurants car nous pensions au départ que l’achat sur internet, moins contrôlé,
avantages de l’achat en pharmacie résident dans le contrôle des produits aux normes
françaises ainsi que dans le conseil du pharmacien. En effet, sur le site du ministère de
l’économie, de la finance et de la relance on peut voir que ces CA font l’objet d’un
l’ensemble des dispositions générales du droit alimentaire mais aussi aux règles spécifiques
relative au rapprochement des législations des États membres concernant les compléments
34
f) Source d’information à l’origine de la prise de compléments alimentaires
majoritairement basée sur la prescription d’un professionnel de santé (69,23 % sur les 26
compléments consommés).
La population des femmes enceintes aurait donc tendance à se fier en majorité à des
professionnels de santé plutôt que de se laisser influencer par leur entourage ou bien les pubs
et les réseaux. On note peut-être une vigilance particulière des femmes enceintes concernant
cette période de leur vie. Cependant, selon une étude de 2015 réalisée sur 740 femmes
conclusion un recours de plus en plus fréquent à l’automédication (20). Ici, notre étude
montre que sur les 26 CA consommés, 26,86 % des compléments étaient pris en
autoconsommation. Cela reste une partie non négligeable. Cette autoconsommation peut nous
dans les recommandations nationales, seuls d’acide folique et la vitamine D sont préconisés.
D’autant plus que les CA ne sont pas remboursés par la sécurité sociale. Selon la HAS,
l’intérêt des compléments alimentaires multivitaminés n’a pas été évalué, les dosages étant
l’accès aux soins. Selon un sondage IFOP de 2020, 70% des Français sont convaincus des
35
bienfaits de la médecine douce et 77% d’entre eux pensent que la médecine douce a de
l’avenir. Vingt-trois pourcents déclarent consommer plus qu’avant des produits issus de la
consommation de produits issus de la médecine traditionnelle est plutôt stable (13). Qu’en
Un des objectifs secondaires de notre étude était de comparer le score moyen du Belief about
Medicines Questionnaire général (BMQ) chez les femmes enceintes qui consomment des CA
et chez les femmes qui ne consomment pas de CA. Le but ici était de déterminer si les
Au vu d’un défaut de puissance statistique, nos résultats montrent une différence non
significative entre les deux. Cependant, on peut quand même apercevoir une tendance. Les
femmes enceintes qui ne consomment pas de CA croiraient plus en une médecine alternative,
mais ces résultats sont très difficilement interprétables. Comme nous l’avons vu
précédemment, une certaine partie des patientes consommaient les CA à but thérapeutique.
L’interprétation de cette tendance pourrait s’expliquer par le fait qu’une certaine partie des
femmes qui consomment des CA les consomment au même titre que des médicaments et les
36
CONCLUSION
grossesse dans une maternité de niveau trois. Nos résultats montrent que sur 41 femmes
enceintes, 53,66 % (n = 22) d’entre elles consomment des compléments alimentaires dans leur
première moitié de grossesse. On note dans nos résultats que la consommation des
pendant la grossesse n’est peut-être pas suffisamment développé car comme nous l’avons vu,
folique et la vitamine D. La promotion d’une alimentation équilibrée et d’un mode de vie sain
suffit globalement à subvenir aux besoins essentiels de la grossesse hors contexte particulier
ou pathologique. La vision des CA est peut-être également à redéfinir chez les femmes
enceintes car certaines pourraient les considérer comme des traitements médicamenteux.
Du point de vue des professionnels de santé, il serait intéressant de connaître les motifs de
alimentaires au niveau national permettrait d’avoir une meilleure vision d’ensemble, voire
même d’évaluer les facteurs associés à cette consommation comme l’âge, le niveau de vie ou
37
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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ments-alimentaires
40
20. Courrier D, Villier C, Jourdan S, Hoffmann P. Automédication et grossesse : enquête
auprès de 740 femmes enceintes dans le réseau périnatal Alpes-Isère. Rev Sage-Femme. 1
sept 2015;14(4):131‑41.
41
ANNEXES
42
43
44
Annexe II : Document d’information distribué par les sage-femmes
45
Annexe III : Belief about Medicines Questionnaire général (BMQ)
46
Annexe IV :
47
RÉSUMÉ
chez les femmes enceintes dans leur première moitié de grossesse. Déterminer les
caractéristiques des compléments consommés et évaluer une association entre les croyances
incluant les femmes enceintes entre 20 et 25 semaines d’aménorrhée. Les croyances ont été
Résultats : 41 femmes ont été incluses dont 53,66 % prenaient des compléments alimentaires,
d’une prise préventive. Le BMQ ne montre aucune différence significative entre les
répandue chez les femmes enceintes dans leur première moitié de grossesse et cela malgré
prévalence