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UNIVERSITÉ DE CLERMONT-AUVERGNE
PINEAU Megane
Née le 19 Mai 1993
UNIVERSITÉ DE CLERMONT-AUVERGNE
PINEAU Megane
Née le 19 Mai 1993
À l'équipe de Nutrifizz,
Emilie Chanséaume,
Céline Gryson et
Emilie Dalle
Merci d'avoir accepté d'être co-directrices de ce projet. Merci de
m'avoir accueilli dans de si bonnes conditions au sein de votre établissement.
À Céline Lambert,
Biostatisticienne
Merci d'avoir accepté de suivre mon travail. Merci pour votre aide
précieuse et le temps que vous m'avez accordé.
À mes parents,
Vous m’avez apporté tout ce qu'il est possible de donner à un enfant
pour se construire. Merci de m’avoir toujours poussée dans mes études, de n’avoir cessé de me
valoriser pour que je dépasse mes limites. Votre amour et votre affection inconditionnels m'ont porté
et m’accompagnent encore chaque jour dans ma vie d’adulte. Merci de m'avoir permis de mener des
études dans de si bonnes conditions.
À ma sœur,
Le plus beau cadeau que mes parents m’aient fait.
Merci Laurène d'avoir joué ton rôle au-delà de ce qu’on pouvait te demander. Tu as été une coach
exceptionnelle, attentive et rassurante, tu as su me guider avec amour et humour à travers mes
études. Tu as su trouver les mots quand personne ne les avait.
À Mima,
Pour avoir tant cru en moi.
À ma famille,
Merci pour votre soutien quotidien.
À mes amies,
Élodie et Justine
Mes plus belles rencontres.
À ma promotion,
Grâce à qui les « années sage-femme » resteront inoubliables.
Hippocrate
GLOSSAIRE
INTRODUCTION
REVUE DE LA LITTÉRATURE
1. La femme enceinte…………………………………………………………………….... 4
1.1 L'alimentation de la femme enceinte ……………………………………….… 4
1.2 Les recommandations des professionnels de santé …………………………... 8
1.3 Des situations à risques ………………………………………………………. 10
2. Les compléments alimentaires …………………………………………………………. 15
2.1 Définition ……………………………………………………………….……. 15
2.2 Législation et réglementation ………………………………………………… 16
2.3 Un marché porteur …………………………………………………………… 20
2.4 Les principaux compléments alimentaires de la femme enceinte ………..….. 22
3. Frontière entre médicaments et compléments alimentaires ……………………...…….. 25
PATIENTES ET MÉTHODES
1. Type d’étude ……………………………………………………………..……………... 28
2. Rappel des objectifs de l’étude ………………………………………………………… 28
3. Critère de jugement ……………………………………………………………………. 28
4. Population ……………………………………………………………………… ……... 29
5. Méthode ………………………………………………………………………………... 29
5.1 Le recueil de données ………………………………………………………… 29
5.2 Analyse statistique ……………………………………………………………. 30
6. Éthique …………………………………………………………………………………. 31
RÉSULTATS
1. Taux de réponse ………………………………………………………………………… 32
2. Description de l'échantillon ……………………………………………………….…… 32
2.1 Caractéristiques de la population …………………………………………….. 32
2.2 A propos de la grossesse …………………………………………….……..… 33
2.3. Les compléments alimentaires ……………………………………….……… 37
2.4 Autres types ………………………………………………………………..…. 42
DISCUSSION
1. Critique de l’étude ……………………………………………………………….…..… 45
1.1 Forces de l’étude ……………………………………………………...……… 45
1.2 Faiblesses de l’étude …………………………………………………….....… 45
2. Analyse des résultats …………………………………………………………………… 46
2.1 La prévalence de la consommation de compléments alimentaires ………...… 46
2.2 L'importance de l'indice de masse corporelle avant et pendant un projet
de grossesse …………………………………………………………………... 46
2.3 Le score EPICES ………………………………………………………...…… 48
2.4 La consultation préconceptionnelle …………………………………..……… 49
2.5 Les informations nutritionnelles ……………………………………………... 50
2.6 Les pathologies de la grossesse …………………………………..………….. 52
2.7 Le marché des compléments alimentaires ……………………………...……. 52
3. Projet d'action ………………………………………………………………...….…….. 54
3.1 Rôle de la sage-femme ……………………………………………...…….…. 54
3.2 Stratégies possibles pour une prise en charge optimale ………….....……….. 56
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES
1
INTRODUCTION
L’alimentation au cours de la grossesse est un thème essentiel de la qualité de
vie des femmes enceintes. Il s'agit d'un facteur important du bon développement fœtal et
probablement de la santé de l'enfant à venir. De ce fait, les femmes enceintes sont de
plus en plus soucieuses de leur santé et cherche une manière de palier à des carences
(supposées ou avérées) ce qui explique clairement cette évolution du marché. En effet,
depuis quelques années fleurissent dans les rayons des pharmacies, des parapharmacies,
des magasins bio et des Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) un nouveau type de
produits : les compléments alimentaires.
Le marché de ces derniers est en plein essor dans le monde entier. Selon le
syndicat des compléments alimentaires, le marché français a subi une croissance
d’environ 3 à 4% chaque année depuis 2011 (1). Ainsi, en 2013, les compléments
alimentaires profitaient d'une croissance de + 3,5% (2). Plus précisément, le marché
« grossesse » a subi un essor de +10,1 % en 2011 , il est depuis toujours en croissance
avec + 3,9 % depuis 2015 (3).
Très peu d’études ont été menées sur l’utilisation des compléments alimentaires
et seules les recommandations de la Haute Autorité de Santé, sur lesquelles s'appuient
les sages-femmes et les gynécologues obstétriciens, indiquent la nécessité ou non de
complémenter les femmes enceintes (4) (Annexe I).
2
Dans un premier temps, une revue de la littérature a été réalisée. L'alimentation
de la femme enceinte et les recommandations des professionnels de santé ainsi que les
situations à risques rencontrées pendant la grossesse ont d'abord été abordées. Une
présentation des compléments alimentaires avec quelques généralités ainsi que leur
réglementation ont été traitées. Enfin la frontière entre médicaments et compléments
alimentaires a été définie.
3
REVUE
DE LA
LITTÉRATURE
1. La femme enceinte
4
femmes enceintes doivent avoir une alimentation nutritive et équilibrée, puisque des
changements majeurs s'effectuent dans leur corps tout au long de la grossesse.
5
kcal par jour durant le 2ème trimestre est de 200 à 250 kcal par jour pendant le 3ème
trimestre. Ainsi, les besoins totaux sont évalués à 2 000 kcal par jour pendant le 1 er
trimestre, 2 100 kcal par jour durant le 2ème trimestre et 2 500 kcal par jour pendant le
3ème trimestre. Cette augmentation des besoins est généralement couverte par les
modifications du métabolisme de base et la réduction de l'activité physique. Cependant,
il existe quelques cas particuliers où les apports recommandés sont modifiés telles que
les femmes exerçant une activité physique importante, les femmes enceintes obèses, les
grossesses multiples ou encore les femmes réalisant un ou des régimes alimentaires
(11) .
Les apports énergétiques sont assurés par des macronutriments dans des
proportions qui ont fait l'objet de recommandations.
Bien qu'il n'existe pas de données factuelles précises sur l'effet de la teneur en
lipides du régime et que les études portent davantage sur la composition en acides gras,
la teneur lipidique de la ration énergétique devrait se situer autour de 35 à 40 % soit
environ 70-80 grammes par jour. Il est recommandé de varier les sources de corps gras
dans l'alimentation de la femme enceinte, afin d'éviter toute carence en acides gras
essentiels, indispensables au développement cérébral du fœtus.
L'apport en glucide devrait être au moins égal à 50-55 %. Il ne doit pas excéder
50 grammes de saccharose par jour car pouvant entraîner des hypoglycémies et de
l'hyperinsulinisme. Dans les pays développés, l'apport en sucres simples est
excédentaire. Par contre nous manquons de certains glucides complexes tels que les
fibres alimentaires.
Les besoins protéiques, dont la finalité est moins énergétique que plastique et
trophique, sont largement couverts par l'alimentation usuelle. Ils sont de l'ordre de
1,2g/kg/j (70g/j) soit 15 % de la ration énergétique. Les protéines animales ayant une
meilleure valeur biologique, un apport de 50 à 60 % est recommandé contre 33 à 55 %
de protéines d'origine végétale. Les apports nécessaires sont de 70 à 80 grammes par
jour au 1er trimestre et de 80 à 100 grammes par jour au 2ème et 3ème trimestre.
L'apport entre protéines des pays développés est à ce jour estimé autour de 80%
protéines animales et 20% protéines végétales, alors que le PNNS souhaite rééquilibrer
cet apport autour de 50/50.
6
Les besoins en eau sont de 2,5 litres par jour dont 40 % apportés par
l'alimentation.
L'augmentation des apports énergétiques est assurée par une augmentation
spontanée des apports en nutriments énergétiques du fait de la croissance fœtale et
placentaire. Elle ne nécessite pas de modifications diététiques tant que le gain pondéral
est en adéquation avec les objectifs (12).
→ Enfant : 3 à 4 kg
→ Réserve graisseuse : 3 à 4 Kg
7
La prise pondérale souhaitable au cours de la grossesse dépend pour une large
part du poids initial. Elle est généralement progressive, elle se situe généralement aux
alentours de 11 à 12 kg (13).
Le poids préconceptionnel est un autre facteur prédictif validé du déroulement
de la grossesse et du poids de naissance de l'enfant. Un indice de masse corporelle
(IMC) inférieur à 20 est associé à un risque de prématurité et d'hypoptrophie fœtale
pouvant être corrigé par une prise pondérale suffisamment importante durant la
grossesse. À l'opposé une prise pondérale modérée permet d'atténuer les conséquences
d'une obésité maternelle. Le seuil critique est difficile à définir cependant les
recommandations proposent des fourchettes de prise pondérale prenant en compte le
poids préconceptionnel.
8
Pour les professionnels de santé, la grossesse représente une opportunité
d’ouvrir un dialogue avec les futurs parents afin de discuter du projet de suivi de
grossesse et de naissance, élaboré par le couple, de s'assurer de la présence et de la
qualité d’un entourage affectif pendant la grossesse et à la sortie de la maternité,
d’identifier les situations de vulnérabilité et toute forme d’insécurité ainsi que des
éventuels conflits affectifs, et d’en prévenir les conséquences.
Pour cela, la Haute Autorité de Santé (HAS) a ciblé les bonnes pratiques
concernant l'information. La prescription de complémentations pendant la grossesse est
abordée. Il est indiqué que seul l’acide folique est à conseiller systématiquement en
supplément nutritionnel, 28 jours avant la conception et jusqu’à 12 semaines de
gestation, il réduit le risque de malformation du tube neural. En effet, la
supplémentation en acide folique augmente le statut maternel en folates. Un faible statut
en folates chez la mère augmente les risques d'apparition d'anomalies du tube neural
chez le fœtus en développement (Règlement UE n°1135/2014). La dose journalière
recommandée est de 400 μg par jour.
En cas de carence, de la vitamine D, du fer, de l’iode ou du calcium peuvent être
prescrits. La vitamine D est prescrite systématiquement aux femmes qui s'exposent peu
au soleil ou en cas de port de vêtements couvrants ou de faible apport alimentaire et
pour les grossesses qui se développent en hiver. Dans ces cas, une dose unique de 100
9
000 UI administrée au début du 6ème ou 7ème mois est recommandée lorsque la
supplémentation n’a pas été entreprise dès le début de la grossesse.
De plus, il est évoqué la prise de poids pendant la grossesse suggère en moyenne
1 kg par mois et 1,5 kg les deux derniers mois ainsi que la prévention des risques
infectieux tels que la toxoplasmose, la salmonellose, la listériose.
Pour finir, la démarche éducative peut de la même manière porter sur l’aide à
l’adoption de comportements alimentaires favorables à la santé et à l’état de grossesse,
en particulier, l’aide au changement des habitudes de vie en cas de prescription ou
d’observance d’un régime alimentaire particulier par exemple suite à un diabète
gestationnel, un surpoids ou une obésité préexistant à la grossesse, ou en cas de
végétarisme. Il est important de constater la façon dont la femme vit sa prise de poids et
la pression de l’entourage sur ce sujet (15).
Les femmes en situation de monoparentalité sont encore plus vulnérables que les
autres. D’une part, elles se privent souvent pour leur ou leurs enfants et d’autre part,
l'absence de conjoint complique la gestion de leur temps et de leurs déplacements. Pour
limiter la fréquence des courses à faire ainsi que le poids à porter, elles privilégient
plutôt des aliments dits « d'épicerie », non périssables et stockables. Une santé souvent
précaire, le manque de temps, d’argent, de voiture, d’espace, d’équipement, et plus
généralement le manque d’avenir, d’affection et de lien social ne les motivent pas non
plus pour cuisiner (8).
L’aspect nutritionnel de la grossesse peut être préoccupant chez les adolescentes,
souvent issues de milieux défavorisés et ayant par ailleurs des comportements à risque
10
comme la consommation de tabac ou de drogue. Les adolescentes limitent souvent leur
apport énergétique et ont un risque accru de déficits, en particulier en calcium et en fer.
De plus, du fait des besoins liés à la croissance, leurs capacités d’adaptation énergétique
et calcique sont moindres. Les études concernant l’adolescente objectivent une
augmentation des toxémies gravidiques, des retards de croissance in utéro (RCIU), des
petits poids de naissance et de la mortalité périnatale. Contrairement à ce qui se passe
chez la femme plus âgée, le risque de déminéralisation osseuse pendant l’allaitement est
réel et justifie une supplémentation calcique systématique (8).
Dans les pays développés, le tabagisme de la mère est la principale cause des
petits poids de naissance. L’usage du tabac est associé à une augmentation du risque
d’avortements, de malformations congénitales, de RCIU, d’accouchements prématurés
et de mortalité périnatale. Les effets combinés de la nicotine et du monoxyde de carbone
se traduisent par un apport insuffisant d’oxygène et d’éléments nutritifs au fœtus, ce qui
augmente le risque d’un retard de croissance. Par ailleurs, la consommation de tabac
induit une augmentation du métabolisme de certains nutriments tels que les folates,
vitamines B6, B12, C et E alors que la consommation en fruits et en légumes est
diminuée chez les fumeuses en comparaison avec les non-fumeuses, probablement en
raison d’une altération du goût qui réduit plus particulièrement la saveur des légumes
(16).
L’alcool est un agent tératogène dont les effets nocifs, notamment sur le système
nerveux central du fœtus, sont bien connus. À l’effet toxique direct s’associent souvent
des déficits énergétiques et nutritionnels : protéines, vitamine B, acide folique, zinc et
vitamine A. Il n’existe aucune information concernant la quantité d’alcool qui peut être
consommée sans risque au cours de la grossesse et, par mesure de prudence,
l’abstention de toute consommation d’alcool est recommandée chez la femme enceinte.
En cas de consommation régulière, une attention particulière doit être apportée à
l'évaluation de l'état nutritionnel et des apports. La consommation d'alcool exerce un
effet toxique direct à l'origine du syndrome d'alcoolisme fœtal et favorise les déficits en
folates, en vitamine A et en protéines. Toute consommation doit être prohibée (16).
La grossesse chez la toxicomane est à haut risque, en raison de la toxicité propre
des drogues, mais aussi des conditions socio-économiques et d’un état nutritionnel
11
précaires, d’une diminution des apports alimentaires, d’un suivi médical souvent
médiocre, de l’association fréquente à une consommation excessive d’alcool et de tabac
ou à d’autres facteurs de risque comme le virus de l'immuno-déficience humaine. La
consommation de drogues est associée à une augmentation de la fréquence des
avortements, des RCIU, des petits poids de naissance et des accouchements prématurés,
résultant de l’effet toxique direct des drogues sur le fœtus, mais aussi de la diminution
des apports nutritionnels et des perturbations du métabolisme ou de l’absorption des
nutriments (16).
12
L’insuffisance pondérale est associée à une morbi-mortalité périnatale et à un
risque d’hypotrophie néonatale accrus. L’étiologie doit en être précisée : situation
précaire ou détresse psychologique ; consommation de tabac, d’alcool ou de drogues ;
régime restrictif excessif, alimentation déséquilibrée ou troubles du comportement
alimentaire; activité physique trop importante. Lorsque le déficit pondéral reflète des
apports énergétiques insuffisants, les carences fréquemment associées, en particulier les
carences en fer, contribuent à l’augmentation de la morbidité.Une prise en charge
nutritionnelle précoce et un gain pondéral suffisant permettent de réduire les risques.
13
Pour les grossesses répétées et rapprochées peuvent entraîner un épuisement des
réserves maternelles en micronutriments, plus particulièrement en fer, en iode et en
vitamine D, notamment lorsque les femmes ont une alimentation peu conforme aux
repères du PNNS. Les grossesses, dites «rapprochées», sont définies par l’intervalle de
temps les séparant. Peu d’études françaises ont été réalisées à ce sujet, néanmoins, la
majorité d’entre elles utilisent un intervalle inférieur ou égal à six mois. La prise en
charge nutritionnelle est comparable à celle des grossesses gémellaires. En s'appuyant
sur les recommandations du Canada publiées en 2009 de l'Institute of Medicine (IOM)
des États-Unis pour conseiller les femmes sur le gain de poids approprié, une femme
possédant un IMC normal, peut concéder un gain pondéral de 17 à 25 kg, une femme en
surpoids 14 à 23 kg et pour finir, il est recommandé à une femme obèse de prendre
seulement 11 à 19 kg. De plus, prévenir une carence en vitamine D est important quelle
que soit la saison de l’accouchement. Enfin, les carences en fer et en folates,
particulièrement fréquentes, doivent être dépistées précocement et traitées (18).
14
hommes et 28 % des femmes prenaient des compléments alimentaires au moins trois
jours par semaine, et que 60 % d’entre eux étaient consommés régulièrement depuis
plus d’un an (20). Entre décembre 2010 et octobre 2013, 282 signalements d’effets
indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires ont été jugés
recevables par le dispositif de nutrivigilance de l’ANSES. Alors, que sait-on exactement
? Sont-ils bons ou mauvais pour notre santé ?
2.1 Définition
15
Une fois les ingrédients rentrant dans la fabrication du complément alimentaire
définis, l’industriel doit suivre un processus de production bien précis. L’ingrédient
sélectionné est intégré à un mélange et présenté sous une forme galénique : comprimé,
gélule, capsule ou infusion. Cette forme sera par la suite mise sous emballage et
identifiée par un numéro de lot permettant sa traçabilité. De plus, un étiquetage
minutieux est nécessaire et obligatoire avec le nom des catégories de nutriments ou
substances caractérisant le produit, la portion journalière de produit dont la
consommation est recommandée, une déclaration visant à éviter que les compléments
soient utilisés comme substituts d'un régime alimentaire varié, un avertissement contre
le dépassement de la dose journalière indiquée et un avertissement indiquant que les
produits doivent être tenus hors de la portée des enfants. Pour finir, une déclaration à la
Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des
Fraudes (DGCCRF) sera obligatoire avant toute mise sur le marché (22).
2.2.1 En France
16
compléments alimentaires mis sur le marché, avec les dispositions réglementaires en
vigueur, tant en matière de sécurité que d’information du consommateur.
Dans notre pays, deux organismes permettent une réglementation stricte des
compléments alimentaires.
17
En second plan, il s'agit de la Direction Générale de la Concurrence, de la
Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). Cet organisme, rattaché au
ministère de l’économie et des finances, assure plusieurs objectifs :
→ La régulation concurrentielle des marchés en s’assurant de la transparence
des marchés publics, en luttant contre la concurrence déloyale ou en organisant la lutte
contre la contrefaçon.
→ La protection économique des consommateurs en s’assurant de la qualité des
produits et services sur le marché français.
→ Rôle en ce qui concerne la surveillance de l’étiquetage des produits comme
les compléments alimentaires par exemple.
→ La sécurité des consommateurs afin de préserver la sécurité physique
Enfin, l'étiquetage des produits couverts par la directive sont vendus sous la
dénomination de vente « Compléments alimentaires ». Leur étiquetage s'applique sans
préjudice des règles générales relatives à l’étiquetage et à la présentation des denrées
alimentaire. Cependant, l'étiquetage entre des compléments alimentaires et des plantes
médicinales n'est pas toujours compréhensible pour le consommateur.
2.2.2 A l'international
18
être des animaux ainsi que la santé et la protection des plantes. Dans l’ensemble de ces
domaines, la tâche essentielle de l’EFSA consiste à fournir des conseils objectifs et
indépendants fondés sur les connaissances scientifiques et à assurer une communication
claire fondée sur les informations et les connaissances scientifiques les plus récentes.
Ainsi, l’ANSES travaille en étroite collaboration avec l’EFSA notamment en lui
communiquant les résultats de ses travaux que l’Autorité européenne prend en
considération pour établir ses décisions finales (25).
La Food and Drug Administration (FDA) qui est l'agence américaine des produits
alimentaires et médicamenteux, considère les compléments alimentaires au titre de
l'alimentation commune, et non comme des médicaments. Elle ne doit donc pas pré-
approuver leur sécurité et leur efficacité mais elle peut demander des explications à des
fabricants si elle constate à posteriori la présence de produits dangereux sur le marché.
Par rapport à l'Union européenne, la consommation des compléments alimentaires est
beaucoup plus commune, quasi systématique pour les "multivitamines". Dans la
réglementation américaine, les ingrédients autorisés sont plus nombreux, et leur dosage
peut être plus puissant, puisqu'il peut dépasser l'apport journalier recommandé (AJR),
contrairement à la réglementation européenne. En mai 2016, la réglementation a été
remise à jour avec plusieurs modifications apportées. L'idée principale permet de revoir
les règlements afin de mettre à jour l'information sur les étiquettes et d’améliorer la
présentation de l’information nutritionnelle aux consommateurs (27).
19
doit répondre aux trois critères suivants : s’ingérer oralement, avoir au moins l’une des
22 fonctions préventives reconnues par le Ministère de la Santé et ne pas être un
médicament curatif (28). Tous les compléments alimentaires vendus en Chine doivent
être testés et validés par la Food and Drug Administration (FDA), la même organisation
qu'aux États-Unis. Les normes compliquées et non transparentes de la Chine ont
engendré l’hésitation de beaucoup d’entreprises étrangères pour la production de leurs
produits.
Dix autres pays se partagent le tiers restant : la Scandinavie (10 % des ventes),
l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas (4% des ventes), l’Autriche, la Suisse et la
Turquie (2% du marché), le Portugal, l’Irlande et la Grèce (1% du marché). Les français
20
consomment en moyenne 17,5 euros par habitant en 2008 contre 20 euros pour les
britanniques, 24 euros pour les Allemands, 28 euros pour les Italiens. D'après une étude
réalisée sur la consommation de compléments alimentaires ainsi que les caractéristiques
socio-démographiques et les comportements vis-à-vis de la santé et de la nutrition qui
ont été évalués sur un échantillon de 290 consommateurs de compléments, âgés de 25 à
54 ans. Près de 3/4 des consommateurs de compléments de cette enquête sont des
femmes et des employés ou cadres. Les sujets ayant la plus forte intensité de
consommation suivent plus souvent un régime, et sont plus nombreux à considérer que
leur alimentation est déséquilibrée. Les utilisateurs de compléments enquêtés
consomment généralement un seul complément à la fois, sous forme de cures,
majoritairement en hiver, principalement pour lutter contre la fatigue. À l'intérieur des
utilisateurs de compléments, il existe un groupe de plus forts consommateurs, qui
cumulent plusieurs comportements traduisant une forte intensité de consommation.
Cette forte consommation semble liée à un contrôle médical plus soutenu de la prise de
compléments, mais l'auto prescription reste toutefois répandue chez ces consommateurs
(29).
En vente libre et non soumis à prescription médicale, ces produits peuvent être
indifféremment vendus en officine ou en grandes et moyennes surfaces. En effet, le
21
monopole de la vente de médicaments permet aux pharmacies de conserver un avantage
certain sur la distribution de produits santé en particulier celle des compléments
alimentaires. Leur crédibilité est renforcée par le conseil à la vente apporté par les
pharmaciens aux clients.
22
utilisés durant les premiers mois de la grossesse. Un complément alimentaire “spécial
grossesse” doit couvrir tous les besoins de la femme et comprend du magnésium, du
calcium, des vitamines B , du zinc (aide au bon fonctionnement du système
immunitaire), du sélénium (intervient dans le fonctionnement hormonal), du fer
(nécessaire au renouvellement des cellules), de la vitamine C (antioxydant), des omégas
3 (acides gras essentiels), de la vitamine E (antioxydant).
23
-Normalité 1000 Grossesse® (Laboratoire Codiffra, 30 capsules, 11,83 euros).
Complet au niveau de sa composition en vitamines, mais peu de minéraux.
24
consommateur se multiplient. Parfois, les problèmes sont mêmes plus graves avec la
commercialisation de produits comportant des surdosages en certains minéraux ou
contenant des plantes interdites car relevant du monopole pharmaceutique puisque
pouvant présenter un réel danger pour le consommateur.
Sur son site, la DGCCRF nous informe que : ‘En 2006, une enquête s'est
concentrée sur la commercialisation illégale de compléments alimentaires contenant
des plantes toxiques ou ayant fait l'objet de signalements de survenue d'effets délétères.
Cette enquête a conduit à 20 cessations de commercialisation, 23 rappels de
réglementation et 5 procès-verbaux.’
Il était à l’époque, très courant que la justice, après une plainte, requalifie
certains compléments alimentaires en médicaments. Ainsi la multiplication d’allégations
abusives voire trompeuses, a rendu nécessaire une harmonisation de la réglementation
communautaire pour une protection accrue du consommateur. Pour palier à cela, a été
créée la directive de 2002 qui clarifie les limites entre médicaments et compléments
alimentaires. Elle insiste notamment sur le but des compléments alimentaires de
maintenir des fonctions physiologiques normales par opposition aux médicaments qui
visent à corriger un dérèglement. En effet, dans la définition du complément
alimentaire, il est fait référence à un effet physiologique. C’est pourquoi après la
transposition en droit français, il a été décidé de modifier la définition de médicament
en février 2007. Cette modification clarifie encore d’avantage la distinction entre un
médicament caractérisé notamment par son action pharmacologique et un complément
alimentaire caractérisé par son action physiologique.
La différence entre ces deux notions reste cependant parfois difficile à cerner.
Pour comprendre, il nous faut évoquer le concept d’homéostasie et se référer à la notion
« d'intention ». Lorsqu’un individu prend un médicament, cela implique l’intention de
traiter alors qu’un complément alimentaire vise à maintenir un état physiologique. Ceci
dit, il n’est pas toujours aisé de déterminer la différence puisque bon nombre de
compléments alimentaires visent à « améliorer » cet état physiologique en promettant
par exemple au consommateur de devenir plus mince ou moins fatigué.
Notons que la notion de « dose utilisée » est également importante. Bon nombre
de substances possèdent des propriétés physiologiques à faible dose et des propriétés
pharmacologiques à doses plus importantes. Voici les limites de la directive. En effet,
25
malgré des définitions de plus en plus précises, il reste difficile de clarifier la frontière
entre médicaments et compléments alimentaires. On constatera donc, malgré l’adoption
de ce texte, de nouveaux contentieux amenant les fabricants de compléments
alimentaires devant les tribunaux qui procéderont à une requalification en médicaments
(33).
26
utilisation et seules les recommandations de la Haute Autorité de Santé, sur lesquelles
s’appuient les sages-femmes et les gynécologues obstétriciens, indiquent la nécessité ou
non de complémenter les femmes enceintes. Il était donc intéressant de réaliser une
enquête descriptive sur l'état des lieux de la consommation des compléments
alimentaires pour permettre une meilleure prise en charge des patientes, une meilleure
sensibilisation des professionnels auprès des parturientes concernant l'importance de la
nutrition et de la complémentation car de nombreux cas d'effets indésirables ont été
rapportés.
27
PATIENTES
ET
MÉTHODES
1. Type d’étude
3. Critère de jugement
28
4. Population
Cette étude a porté sur les parturientes d'une maternité de type III hospitalisées
en service de suite de couches entre le 11 octobre et le 11 décembre 2016.
Les critères d’inclusion étaient les suivants:
5. Méthodes
- Un formulaire de consentement
29
→ Les renseignements à propos de la grossesse : consultation
préconceptionnelle, informations nutritionnelles, régimes particuliers, pathologies,
consommation de médicaments ;
Les questionnaires, une fois remplis, ont été récupéré sur place le jour même.
Le questionnaire a été testé sur une période d'une semaine du 03 octobre au 09
octobre 2016.
Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel Stata (version 13 ;
StataCorp, College Station, Texas, USA) et R 3.3.1 ([Link] en
considérant un risque d’erreur de première espèce bilatéral de 5%. Une différence a été
considérée comme statistiquement significative quand le degré de signification (p) était
inférieur à 0.05 (risque =5%). La population est décrite par des effectifs et
pourcentages associés pour les variables catégorielles et par la moyenne (± écart-type
associé) ou la médiane [intervalle interquartile] pour les variables quantitatives, au
regard de leur distribution statistique (normalité étudiée par le test de Shapiro-Wilk).
Les comparaisons entre groupes indépendants (notamment selon la prise ou non de
compléments alimentaires) concernant des paramètres de nature quantitative, ont été
30
réalisées par le test t de Student ou par le test de Mann-Whitney si conditions du t-test
non respectées (normalité, homoscédasticité étudiée par le test de Fisher-Snedecor). Les
comparaisons entre groupes concernant des paramètres qualitatifs ont été effectuées par
le test du Chi2 ou par le test exact de Fisher. En situation multivariée, une régression
logistique a été mise en œuvre en considérant les covariables au regard des résultats
d’analyse univariée et de leur pertinence clinique, afin d’étudier les facteurs associés à
la prise de compléments alimentaires. Les résultats sont exprimés en termes d’odds-ratio
(OR) et intervalle de confiance à 95%. Je remercie Madame Céline Lambert,
biostatisticienne, pour m'avoir aidé à réaliser ces analyses.
6. Éthique
31
RÉSULTATS
1. Taux de réponse de l'étude
Pour cette étude, les questionnaires ont été proposés à 255 parturientes du
service de suite de souches des maternités de la maternité de type 3, 250 ont été
retournés. En effet, 5 femmes ont refusé de participer à l'étude. La population était donc
composée de 250 patientes répondant aux critères d’éligibilité de l'étude.
Soit un taux de réponse de 98 %.
2. Description de l'échantillon
L’âge moyen des parturientes était de 30 ± 5 ans et dans 66,4 % des cas entre 25
et 34 ans. Les patientes de l'étude avaient entre 18 et 43 ans.
L'indice de masse corporelle de l'étude était compris entre 14,4 et 43,9 kg/m².
La majorité des parturientes possédaient un indice de masse corporelle normal .
Plus de 33 % des femmes étaient en surpoids ou en obésité.
32
TABLEAU I : CARACTERISTIQUES DE LA POPULATION
Les femmes qui ont consulté en préconceptionnel étaient significativement plus âgées
que les autres (32 ans ± 4.7 vs 29 ans ± 4.9, p = 0,002). La moyenne de l'indice de
masse corporelle des patientes ayant réalisé cette consultation est de 23,9 kg/m², ce qui
33
est sensiblement la même donnée que les patientes n'ayant pas réalisé de consultation
préconceptionnelle (24,0 kg/m²).
De plus, seulement 8,6% des patientes dont la situation est précaire ont bénéficié de la
consultation préconceptionnelle contre le double pour les femmes dont le score EPICES
est strictement inférieur à 30 (16,1%).
Moins d'un cinquième de la population (18%) présentant une pathologie ont bénéficié
d'une consultation préconceptionnelle comme présenté dans la figure I.
90%
80%
70% 3
4
60% 110 135
105 184 31 80 212 202 13 211
50%
40%
30%
20% 2
2
10% 20 24
15 30 5 11 33 33 2 33
0%
Pas pathologie Diabète Pas anémie HTA Pas thyroïde Autre
Pas de consultation
34
2.2.2 Les informations nutritionnelles
Pendant leur grossesse, 60,4 % des patientes avaient reçu des informations
nutritionnelles. Comme le montre le tableau II, parmi ces parturientes, l'information
venait en majorité des sages-femmes à 35,2 %.
Le gynécologue-obstétricien quant à lui était intervenu pour 20,8 % des patientes , les
médias à 12 % et l'entourage à 10 %.
Dans l'échantillon de l'étude, seulement une patiente suivait un régime sans gluten et
quatre patientes suivaient un régime végétarien et cela avant et pendant la grossesse.
L'effectif était trop faible pour évoquer une relation avec la consommation de
compléments alimentaires.
Plus de la moitié des patientes interrogées (52%) ont déclaré avoir présenté une ou
plusieurs pathologies pendant la grossesse.
Selon les déclarations des patientes, l'anémie s'est présentée pour 91 d'entre elles dont
56 ont bénéficié d'informations nutritionnelles. Elle est avérée si le seuil de
l'hémoglobine est inférieur à 10.5 g/dl pendant les trois trimestres de la grossesse.
35
TABLEAU II : A PROPOS DE LA GROSSESSE
Grossesse (n=250)
36
2.3 Les compléments alimentaires
60%
49,6%
50%
40%
30%
Prévalence (%)
20%
13,6%
10% 7,2%
5,2% 6%
4% 3,6%
1,6% 2,4% 1,6% 2% 1,2% 1,6%
0,8% 0,4%
0%
CA : Compléments alimentaires
37
2.3.2 Prévalence de la consommation de compléments
alimentaires par rapport aux facteurs associés
38
Dans un contexte d’analyse multivariée, les facteurs associés à la prise de
compléments alimentaires sont l’âge (OR [IC 95%] : 1.07 [1.01 ; 1.14], p=0.02), la
consultation préconceptionnelle, (OR [IC 95%] : 6.83 [2.45 ; 19.01], p<0.001) et
l’information nutritionnelle (OR [IC 95%] : 1.91 [1.09 ; 3.34], p=0.02). En résumé, le
fait d'avoir bénéficié d'une information nutritionnelle et d'une consultation
préconceptionelle ainsi que l'âge favoriseraient la consommation de compléments
alimentaires. Au contraire, la prise d’un médicament semble un facteur « protecteur »
(OR [IC 95%] : 0.56 [0.33 ; 0.97], p=0.04).
Nous noterons que seulement 5 % de l'échantillon soit 6 patientes ont consommé des
compléments alimentaires en automédication.
L’ensemble de ces résultats sont présentés dans la figure III ci-dessous.
Nutritionniste 1
Parapharmacie 2
Professionnels de santé
Pharmacien 5
Médecin traitant 5
Automédication 6
Sage-femme 53
Gynécoloue-obstétricien 58
0 10 20 30 40 50 60 70
Effectifs (N)
39
2.3.4 Indications et bénéfices attendus par les professionnels
de santé.
Le questionnaire basé sur les déclarations des patientes, les indications et les bénéfices
attendus par la consommation de compléments alimentaires n'ont pas été exhaustifs.
Cependant, les quelques données répertoriées sont unanimes :
- aider au bon développement fœtal
- lutter contre la fatigue
- palier à une anémie physiologique de la grossesse
Dans 80,65 % des cas, les parturientes allaient à la pharmacie pour se procurer les
complément(s) alimentaire(s).
Seules 2,5 % d'entre elles utilisaient internet.
40
TABLEAU IV: LIEUX, DURÉE ET COÛT D'UN OU DES COMPLÉMENTS
ALIMENTAIRES
Complément alimentaire
Lieux (n=124)
Pharmacie 111 (44.4)
Parapharmacie 15 (6.0)
Grande Surface 8 (3.2)
Internet 4 (1.6)
Autre 1 (0.4)
Durée (mois) (n=122)
Moyenne 4.9 ± 3.1
41
2.4 Autres types
Dans l'effectif, 43 parturientes (17%) ont consommé pendant leur grossesse des
vitamines, de la levure de bière, des probiotiques ou bien de la phytothérapie. Dans cet
échantillon, 60 % d'entre elles ont consommé des vitamines de grossesse.
70
61,5
60
50
Pourcentage (%)
40
30
20
11,5
10 7,7
1,9
0
Vitamines Levure de bière Probiotiques Phytothérapie
42
DISCUSSION
1. Critique de l’étude
L'étude ayant été réalisée au sein d'une maternité de type 3 uniquement, nous
pouvons penser que l'échantillon de patientes interrogé à cet endroit puisse être non
représentatif de la population générale.
Le biais de déclaration de patientes. En effet, il s'agit d'une limite majeure
puisqu'il s'agit d'une distribution de questionnaires auto-déclaratifs. Cela donne
cependant une idée de la connaissance des femmes vis-à-vis des compléments
alimentaires qu'elles prennent ainsi que de leur investissement pendant leur grossesse.
Pour finir, les contraintes de temps et de moyens dans le cadre du mémoire n'ont
pas permis le recrutement d'un échantillon d'étude plus important.
45
2. Analyse des résultats
Selon les résultats des études, le facteur « grossesse » semble favoriser la prise de
compléments alimentaires. Cependant, comme cela a été évoqué auparavant, la
consommation de compléments alimentaires chez la femme enceinte n'est pas
recommandée par l'HAS et il en est de même pour l'ANSES qui "déconseille l'usage" de
ces compléments à certaines populations précises. Celles présentant des risques cardio-
vasculaires ou souffrant d'une maladie cardiaque, d'insuffisance rénale, d'une altération
des fonctions du foie ou de troubles neuropsychiatriques, enfants, adolescents et
femmes enceintes ou allaitantes.
La prise de poids peut donc être abordée de façon plus précise selon l'indice de
masse corporelle avant la conception. En effet, une autre notion importante concernant
les coûts énergétiques de la grossesse est leur remarquable adaptation en fonction du
46
taux de masse grasse avant la conception. Ainsi, chez les femmes minces, on constate
une capacité d'épargne en début de grossesse liée à une réduction significative du
métabolisme de base réalisant une économie énergétique sans que la croissance fœtale
n'en soit affectée. Inversement, lorsque les réserves maternelles sont élevées, le
métabolisme de base augmente dès le début de la grossesse et cela dans des proportions
importantes. Cette augmentation des dépenses énergétiques pourrait avoir pour but de
limiter un gain pondéral maternel souvent néfaste (36).
En résumé, il est crucial que les femmes soient avisées, avant la grossesse, de la
nécessité d’être aussi en santé que possible avant de devenir enceintes, ce qui comprend
le fait de présenter un IMC normal, l’adoption d’un régime alimentaire équilibré et la
pratique régulière d’exercices.
47
2.3 Le score EPICES
Or ce sont les populations les plus pauvres qui sont soumises le plus souvent au
risque de déficience. Un effet du revenu apparaît de manière significative pour une
douzaine de nutriments selon le Cahier de Nutrition et de Diététique. De ce fait, les
populations aux plus bas revenus courent alors systématiquement un risque de
déficience plus important, hausse de 9 % en moyenne. En effet, ces carences découlent
d’habitudes alimentaires particulières que l’on peut mettre en lien avec le sexe, l’âge et
le revenu.
48
2.4 La consultation préconceptionnelle
La consultation prénuptiale n’existe plus depuis 2007, mais toutes les femmes et
les couples devraient bénéficier, en période préconceptionnelle, d’informations, de
messages de prévention et d’interventions adaptées, pour maintenir ou améliorer leur
santé et éviter des complications obstétricales. Cette consultation peut être menée par un
médecin généraliste, un gynécologue-obstétricien, un gynécologue médical et une sage-
femme. Elle est proposée lors d’une demande d’arrêt d’une contraception ou en réponse
aux demandes spontanées d’une femme ou d’un couple qui a un projet de grossesse, ou
encore dans le cadre d’un suivi gynécologique régulier en particulier lors du
renouvellement d’une contraception. Celle-ci peut favoriser le maintien ou
l’amélioration de la santé de toute femme en âge de procréer et permet d’éviter
d’éventuelles complications obstétricales. Ainsi, dès lors qu’ils expriment un projet de
grossesse, toutes les femmes et tous les couples devraient bénéficier d'une consultation
préconceptionnelle.
49
D'après nos résultats, la situation s'est aggravée puisque seulement 14 % des
parturientes interrogées ont bénéficié d'une consultation préconceptionnelle mais
85,7 % d'entre elles sont consommés des compléments alimentaires pendant leur
grossesse. Or cette consultation permet de faire la promotion et la prévention de la
grossesse à venir en permettent d'aborder plusieurs thèmes essentiels de la grossesse,
telle qu'une alimentation variée et équilibrée. C'est une réelle opportunité d’améliorer
les issues de grossesses, la santé des femmes enceintes et des nouveau-nés en évitant de
consommer des denrées non recommandées. C'est un devoir pour tous ceux impliqués
dans la promotion, la prévention et la protection de la santé maternelle et infantile.
Un peu plus de la moitié des patientes (56,3%) de notre étude ont reçu des
informations nutritionnelles durant leur grossesse. Ces chiffres restent trop faibles car
selon l'indice de masse corporelle de chaque patiente, une pathologie de la grossesse
peut y être associée et une orientation vers un spécialiste de la nutrition peut d'avérer
judicieux. La femme enceinte ne doit négliger aucune classe alimentaire. Les conseils
pour une prise en charge nutritionnelle optimale pendant la grossesse sont très
importants d'autant plus que près d'un quart des femmes de notre étude étaient en
surpoids ou obèses. Le médecin traitant n'est intervenu sur le sujet que pour un petit
nombre de cas (2,8%) en comparaison à la sage-femme (35,2%) et au gynécologue-
obstétricien (20,8 %). Il est pourtant primordial d'insister sur l'importance du médecin
traitant dans la politique de prévention et de promotion de la santé auprès des femmes
50
notamment en début de grossesse pour repérer les femmes à facteurs de risque de
carences mais aussi d'excès. Selon la HAS, une alimentation saine, variée et équilibrée
est recommandée durant la grossesse. En cas d’alimentation variée et équilibrée, aucun
complément alimentaire multivitaminé n’est nécessaire. Les professionnels de santé se
reposent sur l’utilisation du guide « La santé vient en mangeant » de l’Institut national
de prévention et d’éducation pour la santé qui est fortement recommandée.
De surcroît, dans notre étude, les patientes ayant reçu une information
nutritionnelle ont consommée dans plus de la moitié des cas des compléments
alimentaires. En supposant que l'information et les conseils éclairés dispensés aux
patientes reposent sur les recommandations, la consommation de ces produits devrait
être réduite, ce n'est cependant pas le cas.
51
2.6 Les pathologies de la grossesse
Selon les données nationales de 2007, une pathologie pendant la grossesse est signalée
pour 8,3% des naissances et un diabète gestationnel pour 2,5%. En 2008, selon les
données issues des premiers certificats de santé, une pathologie est enregistrée lors de la
grossesse pour 10,5% des femmes parisiennes. Un diabète gestationnel est mentionné
pour 3,4% des grossesses. Sur l'échantillon de patientes de l'étude, plus de la moitié des
femmes ont une pathologie. Enfin, environ une femme parisienne sur dix a présenté une
pathologie au cours de la grossesse en 2010. Au vu des résultats, une nette augmentation
du diabète gestationnel est constatée (41).
De même, l'anémie reste un problème de santé publique majeur dans le monde.
Dans les pays occidentaux, la diminution des marqueurs sériques posent rarement de
problème clinique sérieux surtout si la femme enceinte a des apports en fer alimentaires
adéquats via une information nutritionnelle éclairée. Cependant, on recense dans l'étude
un taux de 36 % d'anémie selon les déclarations des patientes. En France, l'anémie
touche 5,7 % des femmes non ménopausées c'est-à-dire en âge de procréer selon l’Étude
Nationale Nutrition Santé (ENNS) réalisée en 2006-2007 (42). En outre, selon l'étude
EFEMERIS, les prescriptions en fer qui concernaient près de 75 % des femmes en 1996
n'en concernent aujourd'hui plus que 50 %. Ces résultats sont a associer au revenus du
foyer, en effet, les parturientes en situations précaires déclarent avoir pris plus de fer que
les patientes en milieux plus favorables (43).
52
suite à la découverte du produit sur un linéaire ou sur internet (15%). La prescription
médicale est majorée puisqu'il y a 88 % de prise de compléments alimentaires suite à
celle-ci.
Dans une étude réalisée par Nutri-Net Santé relayé par le British Journal of
Nutrition, les compléments alimentaires ont été prescrits ou conseillés par un médecin
dans 55% des cas, soit 45% d’automédication. La consommation de compléments
alimentaires en automédication est plus fréquente chez les personnes dont le mode de
vie est déjà sain et qui ont un niveau socioéconomique plus élevé. L'automédication n'a
pas été confirmé avec seulement 5 % de cas (19).
Tous les professionnels aptes à suivre des grossesses doivent être sensibilisés à
l'importance d'une nutrition optimale des futures mères de santé et de l'impact sur la
santé à court terme et à long terme de l'enfant. Un complémentation systématique ou en
excès est non adaptée, « anti-éducative », elle déresponsabilise les patientes dans leur
prise en charge nutritionnelle. Il est primordial de renforcer les collaborations
multidisciplinaires entre les agents de santé.
La majorité des achats de compléments alimentaires se fait ainsi en pharmacie tant chez
les adultes (54%) que chez les enfants (78%). Cela est bien représentatif puisque 80,7 %
des achats se font en pharmacies dans notre étude. Néanmoins, la part non négligeable
53
des achats en supermarché (14%) et en magasins de diététique (9%) est moins flagrante
(45).
La moyenne annuelle de prise d’un complément alimentaire est de 4,5 mois chez les
adultes et de 2,5 mois chez les enfants ce qui peut être mise en corrélation chez les
femmes enceintes puisque celle-ci s'étend à 5 mois dans notre étude (46).
Tous les compléments alimentaires n'auront pas le même poids sur le porte-
monnaie. Leur prix varie en fonction du type de produit, mais également de sa
présentation. Une grande partie du prix de vente d'un complément alimentaire est
fonction de sa composition. Ainsi, il dépend des différents ingrédients utilisés, du degré
d'innovation, de la durée du programme et du lieu d'achat. Côté budget, si une boîte de
40 gélules coûte entre 6 et 25 euros, le coût quotidien de revient pour le consommateur
n'est lui que de 0,15 à 0,60 euros ce qui correspond bien au prix moyen de 61 euros
constaté dans notre étude.
3. Projet d'action
54
D'après l'arrêté du 12 octobre 2011, les sages-femmes sont autorisées à prescrire
auprès des femmes des vitamines, sels minéraux et l'acide folique aux doses
recommandées pour la prévention primaire des anomalies embryonnaires de fermeture
du tube neural. Aussi, de part sa fonction, la sage-femme jour un rôle important de
prévention, d'information et de promotion de la santé en prénatal, lors des cours de
préparation à l'accouchement, de l'entretien prénatal du quatrième mois, en suites de
couches ou encore lors de la visite post-natale.
Selon l'Union Professionnelle des Sages-femmes Belges, la sage-femme
conseille et guide durant la période préconceptionnelle afin d’envisager la grossesse
dans les meilleures conditions. Il s’agit de réaliser une ou deux consultations avant la
conception, dont les buts sont de permettre de mettre une grossesse en route dans des
conditions optimales de santé générale. Un bilan de santé, bilan d’immunité, bilan
nutritionnel, bilan de paramètres seront effectués. L’issue des bilans donne une
orientation (médicale, alimentaire ou autre) pour débuter une grossesse dans les
meilleures conditions de santé. En effet, la grossesse et l’allaitement sont des situations
physiologiques particulièrement importantes en termes de nutrition. Dès la première
rencontre avec la femme, la sage-femme se doit de repérer les situations à risques afin
de sensibiliser les patientes à leur nutrition ce qui aura son intérêt également en dehors
de la grossesse dans le cadre des troubles nutritionnels actuels avec une augmentation
du surpoids et de l'obésité. Il s'agit d'une occasion de conseiller et d'informer la femme
enceinte sur son hygiène de vie. Ces informations seront ensuite répétées et complétées
tout au long de la grossesse. La sage-femme doit mettre l'accent sur la prévention et
l'éducation. Elle doit aussi souligner les risques d'automédication et expliquer à la
femme qu'elle ne doit pas prendre de médicaments sans prescription médicale. Enfin,
elle tient compte du mode de vie et de la situation psychosociale de la femme ou du
couple en identifiant les situations de vulnérabilité. La nutrition et la supplémentation
font partie intégrale de la prise en charge globale de la grossesse. Un moment où les
femmes sont souvent plus assidues à leur rendez-vous et plus réceptives aux conseils de
santé (47).
De la même manière le conseil de l'ordre des sages-femmes du Quebec, revendique le
rôle de celle-ci. A chaque visite, la sage-femme vérifie les paramètres cliniques
permettant d’évaluer l’évolution normale de la grossesse. Elle prend le temps de
55
discuter de tous les sujets qui préoccupent le couple. Chaque visite dure en moyenne 50
minutes. Les sujets abordés sont variés, les conseils sont personnalisés et couvrent tous
les aspects importants de la grossesse. Par exemple, la sage-femme aborde la nutrition,
les malaises courants, les tests disponibles, l’échographie, le dépistage prénatal… (48).
Dans notre étude, seulement 14 % des femmes déclarent avoir bénéficié d'une
consultation préconceptionnelle. Il paraît indispensable d'encourager les femmes à
réaliser une consultation préconceptionnelle afin de dépister les situations à risque et
d'éviter certaines complications de la grossesse. Les visites prénatales avec entretien du
quatrième mois devraient être l'occasion d'un conseil nutritionnel visant à orienter les
choix alimentaires des patientes vers les aliments qui contribuent au mieux à la
couverture des besoins. Il s'agirait alors d'améliorer les connaissances et les
comportements des femmes ayant un désir de grossesse et de s'assurer que toutes ces
femmes bénéficient de soins leur permettant de débuter un grossesse dans les meilleures
conditions. Les patientes en situation socio-économique précaire devraient être les plus
concernées par cette consultation car elles sont touchées par des pathologies fréquentes
telles que des troubles psychosomatiques, pathologies dermatologiques et infectieuses
par manque d'hygiène, problèmes respiratoires liés au tabac. Or ce n'est pas
l'observation faite avec 8,5 % de femmes en situation de précarité ayant bénéficié d'une
consultation préconceptionnelle et plus du double (16,1%) chez les femmes dont le seuil
est inférieur à 30. Cela peut s'expliquer par une population ayant recours au système de
santé plus rarement et plus tardivement. Durant la grossesse, la déclaration se fait
souvent tardivement et ces femmes ont recours à un nombre restreint de consultation et
56
d'échographie. L'information reste primordiale pour toutes les femmes, par le biais
d'articles publiés dans des revues féminines ou des journaux gratuits, une fiche
d'information a délivrer en début de grossesse, à l'entretien du quatrième mois par
exemple, un rendez-vous systématique avec une diététicienne ou nutritionniste et
proposer un remboursement de certains compléments alimentaires les plus consommés.
57
pas la qualité nutritionnelle. Nous pouvons insister sur le fait que les produits de base
premiers prix ont une qualité nutritionnelle équivalente à celle des produits de marque.
Les compléments alimentaires n'étant pas remboursés ne doivent pas être proposé à ces
femmes dans des situations précaires (49). La proposition pour les femmes de milieux
défavorisées et étrangères est d'utiliser plutôt des images, tenir compte des traditions et
des coutumes culturelles et valoriser certains produits peu chers ayant une qualité
nutritionnelle équivalente.
58
CONCLUSION
Aventure physiologique ayant des besoins nutritionnels spécifiques, la grossesse
se prépare dès la phase préconceptionnelle afin d'obtenir un statut nutritionnel optimal
dès le début de la grossesse.
59
RÉFÉRENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
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France.’, 2012, p.1
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71, 1218S-1225S.
10. Programme OLO. Aide alimentaire aux femmes enceintes. (En ligne). Disponible à
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12. SCHLIENGER JL. Etat des lieux des compléments alimentaires chez la femme
enceinte. Médecine des maladies métaboliques. Elsevier Masson ; 2011, 5 (5) : 521-532.
17. DAVIES G., MAXWELL C., MCLEOD L. Directive Clinique de la SOGC. Obésité
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28. Le marché des compléments alimentaires en Chine. (En ligne). Disponible à partir
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29. TOUVIER M., DUFOUR A., GOURILLON S., POTIER DE COURCY G.,
VOLATIER JL., MARTIN A ., Les forts consommateurs de compléments alimentaires
en France : Résultats de l'enquête ECCA. Cahier de nutrition et de diététique. 2003.
34. HURAULT-DELARUE C., LACROIX I., VIDAL S., MONT STRUC JL.,
DAMASE-MICHEL C. Médicaments et grossesse : étude dans la base de sonnées
EFEMERIS 2004-2008. Gynecol Obstet Fertil. Octobre 2011; 39:554-558
36. Sciences et Avenir. Surpoids pendant la grossesse : quels risques pour l'enfant ? (En
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47. Union Professionnelles des sages-femmes Belges. (En ligne). Disponible à partir de
URL : < [Link] (Consulté le
18 avril 2017).
48. Ordre des sages-femmes du Québec. (En ligne). Disponible à partir de URL: <
[Link] (Consulté le 18 avril
2017).
En cas d'alimentation variée et équilibrée, aucun complément alimentaire multivitaminé n'est nécessaire. Seul
l'acide folique est à conseiller systématiquement.
L'utilisation du guide « La santé vient en mangeant » de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la
santé est recommandée.
([Link]
I RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
□ Oui □ Non
5. Au cours de votre grossesse, avez-vous reçu des informations nutritionnelles ?
□ Oui □ Non
Si oui, par qui ? Veuillez s’il vous plaît, cocher la ou les propositions proposées.
□ La sage-femme □ Le pharmacien
□ Le gynécologue-obstétricien □ Les médias (Internet, magazine...)
□ L'entourage (amis, famille...) □ Autre professionnel :
…................................
□ Oui □ Non
Si oui, lequel : Veuillez s’il vous plaît, cocher la ou les propositions proposées.
□ Végétarien (exclusion des viandes.) □ Atkins (riche en protéines et sans restriction des
graisses et contrôle progressif de l'apport en glucides)
□ Végétalien (exclut les produits animaux et les □ Paléolithique (composé de viandes maigres mais
sous-produits d'origine animale type viandes, aussi de poisson, racines, noix et baies. Il exclut en
poissons, crustacés, mollusques, les produits laitiers, revanche les produits issus de l'agriculure et de l'industrie
œufs, gélatine, miel…) agroalimentaire)
□ Dukan (régime amaigrissant et hyper protéiné.) □ Sans gluten (exclusion des aliments contenant du
gluten.)
□ Oui □ Non
Si oui, lequel ?
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………..
8. Au cours de votre grossesse, avez-vous présenté une ou plusieurs pathologies ?
Veuillez s’il vous plaît, cocher la ou les propositions proposées.
□ Diabète □ Anémie
□ Hypertension artérielle □ Hypo ou Hyperthyroïdie
□ Autre : ………………………………..
□ Oui □ Non
Si oui, lesquels ?
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
III COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES
□ Oui □ Non
Si oui, est-ce ? Veuillez s’il vous plaît, cocher la ou les propositions proposées.
11. Si vous avez bénéficiez d'un conseil de santé de la part d'un pharmacien, d'une sage-femme,
d'un médecin ou d'un gynécologue-obstétricien :
→ Quelle était la ou les indication (s) médicale ?
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………..
→ Quel était le ou les bénéfice (s) attendu ?
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………..
12. Lors de votre grossesse, avez-vous eu recours à des complémentations de la liste suivante ?
Veuillez s’il vous plaît, cocher la ou les propositions proposées.
13. Avez-vous consommé d'autres types de compléments alimentaires pendant votre grossesse ?
□ Oui □ Non
Si oui, précisez :
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………..
14. Où avez-vous acheté vos compléments alimentaires ? Veuillez s’il vous plaît, cocher la ou les
propositions proposées.
□ Oui □ Non
18. Bénéficiez-vous d'une assurance maladie complémentaire ?
□ Oui □ Non
19. Êtes-vous propriétaire de votre logement ?
□ Oui □ Non
20. Vous est-il arrivée de faire du sport au cours des 12 derniers mois ?
□ Oui □ Non
21. Êtes-vous allée au spectacle au cours des 12 derniers mois ?
□ Oui □ Non
22. Êtes-vous partie en vacances ces 12 derniers mois ?
□ Oui □ Non
23. Au cours des 6 derniers mois, avez-vous eu des contacts avec des membres de votre famille
autre que vos parents ou vos enfants ?
□ Oui □ Non
24. Rencontrez-vous parfois un travailleur social ?
□ Oui □ Non
25. Y-a-t-il des périodes dans le mois où vous rencontrez de réelles difficultés financières à faire
face à vos besoins (alimentation, loyer, EDF…)
□ Oui □ Non
26. En cas de difficultés, y-a-t-il dans votre entourage des personnes sur qui vous puissiez
compter pour vous héberger quelques jours en cas de besoins ?
□ Oui □ Non
27. En cas de difficultés, y-a-t-il dans votre entourage des personnes sur qui vous puissiez
compter pour vous apporter une aide matérielle ?
□ Oui □ Non
Commentaires :
RÉSUMÉ
Introduction :
La nutrition de la femme enceinte est une préoccupation ancienne dans nos sociétés car
elle est un facteur important du bon développement fœtal. En France, la
complémentation des femmes enceintes est de plus en plus fréquente. L'objectif
principal de ce travail était d'évaluer la prévalence de la consommation de
compléments alimentaire chez la femme enceinte. L'objectif secondaire était d'évaluer
la prévalence de la consommation de compléments alimentaires par rapport aux
facteurs associés tels que le score EPICES, l'indice de masse corporelle et le régime
alimentaire.
Patientes et Méthodes :
Une étude observationnelle descriptive auprès de 250 femmes ayant accouché au sein
d'un Centre Hospitalier de type III a été réalisée à l'aide de questionnaires auto-
administrés. Les parturientes sélectionnées étaient hospitalisées dans les services de
suites de couches à J2 et J3 du post-partum et avaient donné leur accord au préalable.
Les critères d'exclusion étaient : les femmes ne comprenant ou ne parlant pas le
français, une interruption médicale de grossesse, un nouveau-né devant être prise en
charge dans le cadre de soins de réanimation ou néonataux, une mort fœtale in utéro.
Résultats :
La prévalence de la consommation de compléments alimentaires chez la femme
enceinte était de 49,60 %. Il s'est avéré que les femmes en situation de précarité
consommaient moins de compléments alimentaires, l'IMC n'a démontré aucun effet sur
la prise de complémentations et pour finir le manque d'exhaustivité à propos des
régimes alimentaires n'a pas permis la réflexion.
En outre, la consultation préconceptionnelle est encore trop peu réalisée.
Discussion et Conclusion :
Les compléments alimentaires restent très prescrits alors qu'aucun intérêt n'a été
démontré en leur faveur. Ces résultats montrent que les recommandations mériteraient
une meilleure diffusion auprès des professionnels de santé ainsi que des femmes en âge
de procréer afin d'être plus sensibilisés à l'importance de la nutrition et de la
complémentation éclairée pendant la grossesse.
SUMMARY
Introduction :
Nutrition of pregnant women is a long-standing concern in our societies because it is
an important factor in the fetal development. In France, supplementation of pregnant
women is more common. The main objective of this work was to evaluate the
prevalence of food consumption of supplements in pregnant women. The secondary
objective was to assess the prevalence of use of dietary supplements compared to
factors such as the EPICES score, body mass index and diet.
Patients and Méthods :
A descriptive observational study among 250 women who gave birth in a Hospital
Centre of type III was conducted using self-administered questionnaires. The selected
parturient were hospitalized in services of suites of layers to J2 and J3 of the
postpartum and had given their consent beforehand. Exclusion criteria were: women
not understanding or not speaking french, medical termination of pregnancy, a
newborn to be supported as part of resuscitation or neonatal care, fetal death in utero.
Résults :
The prevalence of food supplements consumption concerning pregnant women was
49.6 percent. It turns out that women in poverty consumed less food supplements, BMI
showed no effect on the decision-making complementations and finally the lack of
completeness about diets found no reflection.
In addition, the preconceptional is still not common enough.
Discussion and Conclusion :
Food supplements are still often prescribed while no interest has been shown in their
favor. These results show that recommendations deserve better dissemination to
health's professionals as well to women in age to procreate in order to be more aware
of the importance of nutrition and the complementation lit during pregnancy.