Ben Ouali Aziz DM Diagonalisation simultanée 2025-2026
Problème :
On s’intéresse dans ce sujet à la somme de deux matrices diagonalisables et, en parti-
culier, au caractère diagonalisable d’une telle somme.
La première partie s’intéresse à la décomposition en somme de deux matrices diago-
nalisables. Elle ne sert pas dans la suite.
La seconde partie traite le cas particulier de matrices qui commutent et montre que, si
A et B sont diagonalisables et commutent alors pour tout 2 |, A+ B est diagonalisable
dans Mn (|) pour tout n dans N .
La troisième partie donne des applications de la diagonalisation simultanée vue en
deuxième partie et on peut l’aborder en admettant le résultat.
Notations :
Soit E un |-e.v de dimension …nie n et f 2 L (E) :
On appelle valeur propre de f , tout scalaire 2 | pour lequel il existe x 2 En f0E g
véri…ant f (x) = x c.à.d ker(f idE ) 6= f0E g. Un tel x, s’il existe, est dit vecteur propre
de f associé à la valeur propre . L’ensemble des valeurs propres de f est noté Sp(f ).
ker(f idE ) est dit sous-espace propre de f associé à la valeur propre .
On dit que f est diagonalisable s’il existe une base dans laquelle la matrice de f est
diagonale.
Une matrice A 2 Mn (|) est diagonalisable si elle est semblable à une matrice diago-
nale.
Pour f 2 L(E) et F s.e.v de E, F est dit stable par f si f (F ) F.
Préliminaires :
Y
1. Montrer que ker( (f idE )) = ker(f idE )
2sp(f )
2sp(f )
2. Soit une base de E, f 2 L(E) et A = M at (f ).
Montrer que f est diagonalisable si et seulement si A l’est aussi.
3. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
(a) A est diagonalisable
(b) Il existe une base de E formée de vecteurs propres de f .
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(c) E = ker(f idE ).
2sp(f )
(d) Il existe un polynôme scindé à racines simples P tel que P (f ) = 0.
4. Si f est diagonalisable et F un s-ev stable par f , montrer que fF est diagonalisable.
5. Montrer que 8 2 sp(fF ), ker(fF idF ) = ker(f idE ) \ F .
6. En déduire que F = (ker(f idE ) \ F ).
2sp(f )
7. Véri…er que, si B est diagonalisable, t B l’est aussi.
8. Montrer que si f est nilpotent et diagonalisable alors f est l’endomorphisme nul.
Partie I :
0 1 10
0 0 1 0
1. Soit n 2. On note G = @ A et H = @ A.
1 1 1 0
(a) Montrer que G et H sont diagonalisables.
(b) Soit M 2 Mn (|) une matrice nilpotente d’indice n. Montrer que M est sem-
P
n
blable à Jn où Jn = Ei;i 1 .
i=2
(c) En distinguant suivant la parité de n et en utilisant des matrices blocs dia-
gonales construites à l’aide des matrices G et H, montrer qu’une matrice de
Mn (|) nilpotente d’indice n est somme de deux matrices diagonalisables.
(d) On accepte le résultat suivant : toute matrice nilpotente est semblable à une
matrice diagonale par blocs diag(Jn1 ; :::; Jnp ) où n1 ::: np . Déduire que
toute matrice nilpotente est somme de deux matrices diagonalisables.
0 1
B0 (0) a0 C
B .. C
B 1 ... . C
B C
2. On suppose dans cette question que | est un sous-corps de C. Soit C = B C.
B ... C
B 0 C
@ A
(0) 1 an 1
Ecrire C comme somme de deux matrices diagonalisables.
Partie II :
Soit | un corps et E un |-espace vectoriel de dimension …nie.
On considère u et v deux endomorphismes diagonalisables de E qui commutent c’est-
à-dire tels que u v = v u.
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1. Montrer que les sous-espaces propres de v sont stables par u.
2. Montrer que u induit sur tout sous espace stable un endomorphisme diagonalisable.
3. En déduire l’existence d’une base commune de réduction dans E pour les endomor-
phismes u et v, c’est-à-dire qu’il existe une base de E telle que celle ci soit une
base de vecteurs propres à la fois de u et de v.
4. Plus généralement, on considère (ui )i2I une famille d’endomorphismes diagonali-
sables de E. On suppose en outre que ces endomorphismes commutent deux à deux.
Montrer l’existence d’une base commune de réduction dans E pour la famille (ui )i2I
. On pourra raisonner par récurrence sur la dimension de E.
5. Montrer que, si u et v commutent, alors pour tout 2 |, u + v est diagonalisable.
Partie III :
Dans toute cette partie, | = C et n 1.
On considère A et B deux matrices de Mn (C) et on introduit l’endomorphisme A;B
de Mn (C) dé…ni par A;B (M ) = AM + M B.
1. Montrer que A(resp. B) est diagonalisable si et seulement si A;0 (resp. 0;B ) est
diagonalisable.
2. En supposant A et B diagonalisables, établir que A;B est diagonalisable. (On pourra
utiliser la partie II)
3. Lorsque A et B sont diagonalisables, déterminer le spectre de A;B et donner une
base de vecteurs propres de A;B construite à partir de bases de diagonalisation de
A et de tB .
4. On souhaite dans le suite prouver la réciproque de l’implication prouvée dans la
question 2, c’est à dire, en supposant que A;B est diagonalisable, on souhaite prou-
ver que A et B sont diagonalisables. Pour cela, on admettra la décomposition de
Dunford suivante : pour toute matrice M 2 Mn (C), il existe une unique décompo-
sition M = D + N avec D diagonalisable, N nilpotente et DN = ND (ce résultat
pouvant bien sûr aussi être énoncé dans le cadre d’un endomorphisme d’un C-espace
de dimension …nie). Pour toute la suite, on utilise la décomposition de Dunford pour
A et B et on écrit A = DA + NA et B = DB + NB .
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(a) Montrer que N (resp. N ) est nilpotent si et seulement si N;0 (resp. 0;N
0 ) est
nilpotent.
(b) Déduire que NA ;NB est nilpotent.
(c) Trouver, à partir de la décomposition de Dunford de A et B, celle de A;B et
déduire que NA ;NB = 0L(Mn (C)) .
(d) Véri…er que NB = NA et déduire que NA = NB = 0n .
(e) Conclure que A et B sont diagonalisables.