GÉOMÉTRIE II (GEO271)/CALCUL
VECTORIEL
Sous la direction de:
Mr AMBI WEKO TCHOROMA
(Chargé de Cours)
March 28, 2025
Introduction
L’analyse vectorielle traite de vecteurs qui dépendent de variables, c’est-
à-dire de fonctions à valeurs vectorielles. On peut donc leur appliquer à la
fois des opérations algébriques (produit scalaire, produit vectoriel) et des
opérations relevant de l’analyse (dérivation, intégration). Cette notion est
fondamentale car elle permet de modéliser des grandeurs que l’on souhaite
décrire en chaque point et dont on souhaite éventuellement étudier l’évolution
au cours du temps (champ magnétique, électrique, gravifique,...). Les fonctions
vectorielles (resp. scalaires) sont dans ce cas plutôt appelées « champs vectoriels
(resp. scalaires) » et il importe de s’assurer que les notions introduites sont
indépendantes des coordonnées servant à les modéliser. La modélisation
et l’étude des phénomènes, des situations concrètes, passent ainsi par des
égalités, des équations, faisant intervenir des champs, leurs dérivées, des
intégrales (le long de chemins, sur des surfaces). Une bonne connaissance des
définitions et résultats mathématiques faisant intervenir ces diverses notions
est donc fondamentale pour aller de l’avant dans les applications. C’est la
raison pour laquelle sont présentés dans le cadre de ce cours les opérateurs
gradient, divergence, rotationnel, leurs propriétés fondamentales ainsi que
plusieurs résultats (comme le théorème de Stokes) les faisant intervenir dans
des intégrales de surface et curvilignes.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
Chapter 1
Fonctions d’une variable
Ce chapitre contient quelques rappels sur les fonctions d’une variable.
1.1 Définitions, Représentation
Définition 1.1.1. Soit I une partie de R. Une fonction sur I est une
application de I dans R. Une fonction f est donc une correspondance qui
associe à tout nombre réel x ∈ I un nombre réel f (x). On écrit
f : x 7→ f (x) ou simplement f (x).
Exemple 1.1.1. L’application
x 7→ ax définit une fonction linéaire.
x 7→ ax + b définit une fonction affine.
x 7→ ax2 + bx + c, a ̸= 0, définit un polynôme de degré 2.
x 7→ sin x définit la fonction sinus.
Définition 1.1.2. L’ensemble des points x où la fonction f est définie s’appelle
le domaine de définition de f .
Exemple 1.1.2.
1
f (x) = est définie pour x ̸= 0. Son domaine de définition est R∗ = R \ {0}.
x
√
f (x) = x2 − 1 est définie pour x ≥ 1 et pour x ≤ −1.
√
f (x) = 1 − x2 est définie sur [−1, 1].
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1.2 Limites, continuité, dérivées 3
Définition 1.1.3. On appelle graphe de la fonction f (x) l’ensemble des points
de coordonnées (x, f (x)) par rapport à deux axes Ox et Oy, lorsque x parcourt
le domaine de définition de f .
Définition 1.1.4. Soient f et g deux fonctions. L’application x 7→ f (g(x))
définit une fonction qu’on appelle la composée de f (x) et g(x). On note f (g(x))
ou (f ◦ g)(x) cette fonction. Elle est définie aux points x dans le domaine de
définition de g tels que g(x) soit dans le domaine de définition de f .
1 √ 1
Exemple 1.1.3. Si f (x) = et g(x) = 1 − x2 , on a f (g(x)) = √ .
x 1 − x2
Le domaine de définition de f (g(x)) est ] − 1, 1[. En effet, ±1 sont dans le
domaine de définition de g mais g(±1) = 0; et donc g(±1) n’est pas dans le
domaine de définition de f .
1.2 Limites, continuité, dérivées
On suppose que la fonction f est définie au moins sur un intervalle ]a, b[
contenant un point x0 , sauf peut-être en x0 .
Définition 1.2.1. On dit que la fonction f (x) tend vers L (L fini) lorsque x
tend vers x0 si quel que soit le nombre réel ϵ > 0, il existe un nombre α > 0
tel que la relation 0 < |x − x0 | < α entraîne |f (x) − L| < ϵ. Ceci signifie que
pour un ϵ donné quelconque on doit trouver un α en fonction de ϵ tel que
quand l’écart de x à x0 (avec x ̸= x0 ) est inférieur à α l’écart de f (x) à L est
inférieur à ϵ.
Définition 1.2.2. La constante L est appelée limite de f (x) quand x tend
vers x0 ou limite de f (x) en x0 et on note
L = x→x
lim f (x).
0
Théorème 1.2.1. Soient f (x) et g(x) deux fonctions telles que f (x) tende
vers L et g(x) tende vers M quand x tend vers x0 . Alors
lim f (x) ± g(x) = L ± M,
x→x0
lim f (x)g(x) = LM.
x→x0
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1.2 Limites, continuité, dérivées 4
Si L ̸= 0, on a
1 1 g(x) M
lim = , lim = .
x→x 0 f (x) L x→x 0 f (x) L
Démonstration: Soit ϵ > 0. Comme f (x) tend vers L quand x → x0 , il
existe α1 > 0 tel que si 0 < |x − x0 | < α1 on ait |f (x) − L| < ϵ/2. De la même
manière, on montre qu’il existe α2 > 0 tel que si 0 < |x − x0 | < α2 on ait
|g(x) − M | < ϵ/2. Posons α = min(α1 , α2 ). On a α > 0 et si 0 < |x − x0 | < α
on a 0 < |x − x0 | < α1 et 0 < |x − x0 | < α2 , donc
|f (x) + g(x) − L − M | ≤ |f (x) − L| + |g(x) − M | (inégalité triangulaire)
< ϵ/2 + ϵ/2 = ϵ.
On a montré que pour tout ϵ > 0 il existe α > 0 de sorte que 0 < |x − x0 | < α
entraîne |f (x) + g(x) − L − M | < ϵ. Donc x→x
lim f (x) + g(x) = L + M .
0
Définition 1.2.3. On suppose que f est aussi définie en x0 . Lorsque la limite
de f (x) en x0 est égale à la valeur f (x0 ) de f (x) en x0 , on dit que f est
continue en x0 . On dira que f est continue sur l’intervalle [a, b] si elle est
continue en tout point x0 de ]a, b[. Si f (x) est continue sur ]a, b[ son graphe
au-dessus de ]a, b[ est une courbe continue.
Exemple 1.2.1. Les fonctions ex , log x, sin x, cos x, tan x, les polynômes,
leurs compositions, sommes, produits, quotients, valeurs absolues sont continus
là où elles sont définies.
Définition 1.2.4. On appelle dérivée de f (x) au point x0 la limite
f (x) − f (x0 )
lim
x→x 0 x − x0
si celle-ci existe et est finie. On note
f (x) − f (x0 )
f ′ (x0 ) = x→x
lim
0 x − x0
Si cette dérivée existe, on dit que f est dérivable en x0 . La dérivée de f (x) en
x0 est égale à la pente de la droite tangente au graphe de f au point (x, f (x)).
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1.2 Limites, continuité, dérivées 5
Proposition 1.2.1. Si f est dérivable en x0 elle est continue en x0 .
Démonstration: On a
f (x) − f (x0 )
lim f (x) − f (x0 ) = x→x
x→x
lim (x − x0 ) = f ′ (x0 ) · 0 = 0.
0 0 x − x0
Donc x→xlim f (x) = f (x0 ) et f est continue en x0 .
0
Les fonctions sin x, cos x, tan x, ex , log x, les polynômes, leurs compositions,
produits, sommes, quotients sont dérivables là où elles sont définies.
√ √
ATTENTION : |x|, x, 3 x ne sont pas dérivables en 0. Si f est dérivable,
|f | n’est pas toujours dérivable.
Exemple 1.2.2.
(sin x)′ = cos x, (cos x)′ = − sin x
1
(tan x)′ = 1 + tan2 x = , (xn )′ = nxn−1 , (ex )′ = ex
cos2 x
1 1 1 1
!′
√
(log x) = ,′
( x)′ = √ , =−
x 2 x x x2
Définition 1.2.5. Si f (x) est dérivable en tout point x0 de ]a, b[, on dit que
f est dérivable sur ]a, b[. Dans ce cas x 7→ f ′ (x) définit une nouvelle fonction.
La dérivée de cette fonction f ′ (x) est notée f ′′ (x), c’est la dérivée seconde de
f . La dérivée d’ordre n de f est notée f (n) . Elle est la fonction dérivée de
f (n−1) .
Théorème 1.2.2. Les dérivées d’une somme, d’un produit, d’un quotient...
sont données par les formules:
(f ± g)′ (x0 ) = f ′ (x0 ) ± g ′ (x0 )
(λf )′ (x0 ) = λf ′ (x0 ) pour toute constante λ
(f g)′ (x0 ) = f ′ (x0 )g(x0 ) + f (x0 )g ′ (x0 )
f ′ (x0 )g(x0 ) − f (x0 )g ′ (x0 )
!′
f
(x0 ) = si g(x0 ) ̸= 0
g g(x0 )2
(f ◦ g)′ (x0 ) = f ′ (g(x0 ))g ′ (x0 ).
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1.3 Développements limités, Différentielles 6
(f (x) + g(x)) − (f (x0 ) + g(x0 ))
Démonstration: On a (f +g)′ (x0 ) = x→x
lim
0 x − x0
f (x) − f (x0 ) g(x) − g(x0 )
= x→x
lim + = f ′ (x0 ) + g ′ (x0 ).
0 x − x0 x − x0
1.3 Développements limités, Différentielles
Définition 1.3.1. Soit f une fonction définie au voisinage d’un point x0 ∈ R.
On dit que f admet un développement limité d’ordre n au voisinage de x0 si
l’on peut écrire
f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + · · · + an (x − x0 )n + (x − x0 )n ϵ(x)
où ϵ(x) est une fonction qui tend vers 0 quand x → x0 . Le polynôme
a0 + a1 (x − x0 ) + · · · + an (x − x0 )n
est appelé la partie régulière du développement limité et (x−x0 )n ϵ(x) est le reste.
On note souvent o((x − x0 )n ) à la place de (x − x0 )n ϵ(x). Ce développement,
s’il existe, est unique. Lorsque x0 = 0 le développement limité d’ordre n de f
s’écrit simplement
f (x) = a0 + a1 x + · · · + an xn + o(xn ).
Notons DLn (f, x0 ) la partie régulière du développement limité d’ordre n de f
en x0 . Alors
DLn (f ± g, x0 ) = DLn (f, x0 ) ± DLn (g, x0 )
et
DLn (λf, x0 ) = λDLn (f, x0 ) pour toute constante λ.
Pour calculer DLn (f g, x0 ), on développe le produit DLn (f, x0 )DLn (g, x0 ) et
on garde uniquement les termes (x − x0 )m avec m ≤ n.
Théorème 1.3.1. Supposons que la fonction f admet les n premières dérivées
qui sont continues au voisinage de x0 . Alors il existe un nombre a, compris
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1.3 Développements limités, Différentielles 7
entre x0 et x, tel que
f (n−1) (x0 ) f (n) (a)
f (x) = f (x0 ) + f ′ (x0 )(x − x0 ) + · · · + (x − x0 )n−1 + (x − x0 )n
(n − 1)! n!
(c’est la formule de Mac Laurin). On a aussi
f (n) (x0 )
f (x) = f (x0 ) + f ′ (x0 )(x − x0 ) + · · · + (x − x0 )n + o((x − x0 )n )
n!
et si x0 = 0
f (n) (0) n
f (x) = f (0) + f (0)x + · · · +
′
x + o(xn )
n!
Remarque 1.3.1. Le nombre a dépend de x, x0 , n et f .
Exemple 1.3.1. Les DL en 0
1
= 1 + x + · · · + xn + o(xn )
1−x
x3 x5 p x
2p+1
sin x = x − + + · · · + (−1) + o(x2p+2 )
3! 5! (2p + 1)!
x2 x4 x2p
cos x = 1 − + + · · · + (−1)p + o(x2p+1 )
2! 4! (2p)!
3
x
tan x = x + + o(x4 )
3
x2 xn
e =1+x+
x
+ ··· + + o(xn )
2! n!
2 3 n
x x n−1 x
log(1 + x) = x − + − · · · + (−1) + o(xn )
2 3 n
Définition 1.3.2. Soit y = f (x) une fonction dérivable au voisinage de x0 .
On appelle différentielle de la fonction f (x) au point x0 la fonction linéaire
X 7→ Y = f ′ (x0 )X.
On pose Y = dy = df (x). En particulier si y = f (x) = x, on obtient la
différentielle dy = dx qui est la fonction linéaire
X 7→ X.
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1.4 Primitives, Intégrales 8
Ceci permet d’écrire pour une fonction f générale
dy = f ′ (x0 )dx.
Par abus de langage, nous confondrons souvent la différentielle de f avec sa
valeur que nous noterons df .
Proposition 1.3.1. On a
d(f ± g) = df ± dg et d(λf ) = λdf pour toute constante λ
f gdf − f dg
!
d(f g) = gdf + f dg et d = là où g ̸= 0.
g g2
Démonstration: On a
d(f + g) = (f + g)′ dx = (f ′ + g ′ )dx = f ′ dx + g ′ dx = df + dg.
On a la proposition suivante.
Proposition 1.3.2. Si F (x) = f (g(x)) et si f, g sont dérivables alors
dF (x) = f ′ (g(x))g ′ (x)dx
sur le domaine de définition de F .
Démonstration: On a
dF (x) = F ′ (x)dx = f ′ (g(x))g ′ (x)dx.
Remarque 1.3.8. Si une fonction f est définie sur un intervalle [a, b], on peut
parler de la limite, la continuité, la dérivabilité à droite en a et à gauche en b.
1.4 Primitives, Intégrales
Définition 1.4.1. Soit f une fonction sur un intervalle ]a, b[. On appelle
primitive de f toute fonction dérivable F sur ]a, b[ telle que
F ′ (x) = f (x) pour tout x ∈]a, b[.
Si F et G sont deux primitives de f sur ]a, b[, la différence F − G est toujours
une fonction constante.
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1.4 Primitives, Intégrales 9
Exemple 1.4.1. La fonction sin x est une primitive de cos x sur R car
(sin x)′ = cos x. Les primitives de cos x sont sin x + c où c est une constante.
Les primitives de sin x sont − cos x + c; les primitives de ex sont ex + c,
xn+1 1
n
les primitives de x sont + c pour n ≥ 0 et les primitives de sont
n+1 x
log |x| + c1 sur ]0, +∞[ ou log |x| + c2 sur ] − ∞, 0[. Considérons une fonction
f continue sur un intervalle fermé [a, b]. On partage [a, b] en n intervalles
égaux au moyen des points de division
b−a k(b − a)
x0 = a, x1 = a + , ..., xk = a + , ..., xn = b.
n n
On définit
b−a n b−a n
In = [f (x1 ) + · · · + f (xn )] = f (xk ) = (xk − xk−1 )f (xk ).
X X
n k=1 n k=1
On admet que la limite suivante existe
I = n→∞
lim In .
Définition 1.4.2. On appelle I l’intégrale de f sur [a, b] et on note
Z b
I= f (x)dx.
a
Convention. Z a Z b
f (x)dx = − f (x)dx.
b a
Supposons que f est positive sur [a, b]. Alors (xk − xk−1 )f (xk ) est l’aire du
rectangle de base [xk−1 , xk ] et de hauteur f (xk ). Donc In est l’aire approchée
de la surface limitée par le graphe de f , les droites x = a, x = b et l’axe Ox.
L’intégrale I est, dans ce cas, l’aire de la surface.
Proposition 1.4.1. On a
Z b Z b Z b
[f (x) ± g(x)]dx = f (x)dx ± g(x)dx
a a a
Z b Z b
λf (x)dx = λ f (x)dx pour toute constante λ
a a
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
1.4 Primitives, Intégrales 10
Z b Z c Z c
f (x)dx + f (x)dx = f (x)dx.
a b a
Si F est une primitive de f alors
Z b
f (x)dx = F (b) − F (a).
a
Proposition 1.4.2. (changement de variable) Si l’on pose x = φ(t) avec
φ(α) = a, φ(β) = b et φ dérivable, on a
Z β Z β
f (x)dx = f (φ(t))φ′ (t)dt.
α α
Proposition 1.4.3. (intégration par parties) On a pour u, v dérivables de
dérivée continue Z b Z b
udv = [uv]ba − vdu.
a a
Plus précisément, on a
Z b Z b
uv dx =
′
[uv]ba − u′ vdx.
a a
Notation 1.4.1. [f ]ba = f (b) − f (a).
Démonstration: On a
Z b Z b Z b
[uv]ba = (uv)(b) − (uv)(a) = (uv)′ dx = uv ′ dx + u′ vdx.
a a a
D’où Z b Z b
uv dx =
′
[uv]ba − u′ vdx.
a a
Remarque 1.4.1. Pour les calculs d’intégrale, on utilise souvent la formule
précédente quand u′ v est "plus simple" que uv ′ comme on le voit dans l’exemple
suivant.
Z 1
Exemple 1.4.2. Pour calculer xex dx, posons u(x) = x et v ′ (x) = ex . On
0
a u′ (x) = 1 et v(x) = ex . Donc du(x) = dx et dv(x) = ex dx. On a
Z 1 Z 1 Z 1
xe dx =
x
udv = [uv]10 − vdu
0 0 0
Z 1
= [xex ]10 − ex dx = [xex ]10 − [ex ]10 car ex est une primitive de ex
0
= (1.e − 0.e0 ) − (e1 − e0 ) = (e − 0) − (e − 1) = 1.
1
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
1.5 Aire d’un domaine du plan 11
1.5 Aire d’un domaine du plan
Dans ce paragraphe, nous utilisons les intégrales pour calculer l’aire d’une
surface du plan.
1.5 Aire d’un domaine du plan
Aire d’une arche de sinusoïde
Considérons le graphe de la fonction y = sin x pour x entre 0 et π. Cette
fonction est positive sur [0, π]. Calculons l’aire de la surface limitée par le
graphe de cette fonction et l’axe Ox. Cette aire a pour valeur
Z π
S= sin x dx = [− cos x]π0 = (− cos π) − (− cos 0) = 2
0
car − cos x est une primitive de sin x, voir la proposition 1.4.4.
Aire d’une ellipse
Considérons la surface bordée par la courbe
v
2 2
x y x2
u
+ = 1 = 1
u
⇔ y ±b − t
a2 b2 a2
où a et b sont strictement positifs. C’est une ellipse. La demie-ellipse supérieure
est limitée par l’axe Ox et le graphe de la fonction positive
v
x2
u
y = f (x) = b 1 − 2
u
t
a
qui est définie sur [−a, a]. Donc la surface de l’ellipse est donnée par
Z a
S=2 f (x) dx.
−a
On effectue le changement de variable
x = a cos t, y = b sin t, t ∈ [0, π].
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
1.5 Aire d’un domaine du plan 12
Il est clair que si t = π on a x = −a et si t = 0 on a x = a. Donc
Z 0 Z 0
S=2 (b sin t)d(a cos t) = 2 (b sin t)(−a sin t)dt
π π
Z 0 Z π Z π
= −2ab sin2 t dt = 2ab
sin2 t dt = ab 2 sin2 t dt
π 0 0
sin 2t
Z π " #π
= ab (1 − cos 2t) dt = ab t − = πab.
0 2 0
Pour a = b = r, on obtient que l’aire d’un disque de rayon r est πr2 .
Rappel. 2 sin2 t = 1 − cos 2t.
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Chapter 2
Fonctions de plusieurs variables
Dans ce chapitre, nous étudions les fonctions à deux variables réelles.
2.1 Définitions, Graphe, Lignes de niveau
Définition 2.1.1. Soit D une partie de R2 . Une fonction sur D est une
application de D dans R, c.-à-d. une correspondance (x, y) 7→ f (x, y) qui, à
chaque couple de nombres réels (x, y) ∈ D, associe un nombre réel f (x, y).
L’ensemble des points (x, y) ∈ R2 où f est définie s’appelle domaine de
définition de f . Si M est le point de coordonnées (x, y), on peut noter par
f (M ) ou par f (x, y) la valeur de f en (x, y).
Exemple 2.1.1.
f (x, y) = ax + by est une fonction linéaire
f (x, y) = ax + by + c est une fonction affine
f (x, y) = x3 − y 2 + x + 2y − 1 est un polynôme.
La fonction
√ q
f (x, y) = 1 − x2 + 1 − y 2
est définie quand |x| ≤ 1 et |y| ≤ 1, c.-à-d. sur le carré de centre (0, 0) de
taille 2 × 2 avec bord; la fonction
1
f (x, y) = √ √
1 − x2 + 1 − y 2
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.2 Limites et Continuité 14
est définie quand |x| ≤ 1 et |y| ≤ 1 sauf pour |x| = |y| = 1, c.-à-d. sur le carré
de centre (0, 0) de taille 2 × 2 privé de ses 4 sommets; et la fonction
1
f (x, y) = √
1 − x2 − y 2
est définie pour x2 + y 2 < 1, c.-à-d. sur le disque sans bord de centre (0, 0) et
de rayon 1.
Comme pour les fonctions d’une variable, on peut définir le graphe d’une
fonction à deux variables. Le graphe d’une fonction à deux variables f est
l’ensemble des points de coordonnées (x, y, f (x, y)) dans R3 . On note S le
graphe de f . C’est la surface représentative de la fonction f . On peut également
représenter la distribution des valeurs de f (x, y) à l’aide de l’ensemble des
points (x, y) tels que f (x, y) ait une même valeur c. C’est une courbe dans R2
d’équation
f (x, y) = c.
Elle est une ligne de niveau de f . Les lignes de niveau de la fonction f (x, y) =
x2 + y 2 sont les cercles de centre 0, d’équation
x2 + y 2 = c.
Remarque 2.1.1. Les fonctions à trois variables sont définies de la même
manière. Si f (x, y, z) est une fonction de trois variables, les surfaces de niveau
ont comme équation
f (x, y, z) = c.
Les surfaces de niveau de la fonction f (x, y, z) = x2 + y 2 + z 2 par exemple
sont les sphères de centre 0.
2.2 Limites et Continuité
Définition 2.2.1. Soit f (x, y) une fonction à deux variables qui est définie au
moins dans un carré de centre M0 = (x0 , y0 ) sauf peut-être en M0 . On dit que
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.2 Limites et Continuité 15
f (M ) = f (x, y) tend vers L quand M tend vers M0 si la propriété suivante
est satisfaite quel que soit le nombre ϵ > 0, il existe un nombre α > 0 tel que
(|x − x0 | < α, |y − y0 | < α, (x, y) ̸= (x0 , y0 )) =⇒ |f (x, y) − L| < ϵ
et on écrit
lim f (M ) = L.
M →M0
La propriété précédente dit que f (M ) appartient à l’intervalle ]L − ϵ, L + ϵ[
dès que M appartient au carré de centre M0 et de taille 2α × 2α et M ̸= M0 .
Définition 2.2.2. On dit que f est continue en M0 si lim f (M ) existe et
M →M0
est égale à la valeur f (M0 ) de f en M0 . Si f est continue en chaque point de
D, on dit que f est continue sur D.
Proposition 2.2.1. Si la fonction f est continue en M0 , elle est bornée dans
un voisinage de M0 . Plus précisément, il existe α > 0 et A > 0 tels que lorsque
|x − x0 | < α et |y − y0 | < α on a |f (x, y)| < A.
Démonstration: Comme f est continue en M0 , pour tout ϵ > 0 il existe
α > 0 tel que
(|x − x0 | < α, |y − y0 | < α, (x, y) ̸= (x0 , y0 )) =⇒ |f (M ) − f (M0 )| < ϵ.
Observons que la dernière inégalité est aussi vraie pour M = M0 car on a
0 = |f (M0 ) − f (M0 )| < ϵ. On en déduit que pour tout ϵ > 0 il existe α > 0
tel que
(|x − x0 | < α, |y − y0 | < α) =⇒ |f (M ) − f (M0 )| < ϵ.
En particulier, pour ϵ = 1, il existe α > 0 tel que
(|x − x0 | < α, |y − y0 | < α) =⇒ |f (M ) − f (M0 )| < 1.
Posons A = |f (M0 )| + 1. Si α et (x, y) sont comme ci-dessus, on obtient grâce
à l’inégalité triangulaire que
|f (M )| = |f (M )−f (M0 )+f (M0 )| ≤ |f (M )−f (M0 )|+|f (M0 )| ≤ 1+|f (M0 )| = A.
C’est qu’il faut démontrer.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.2 Limites et Continuité 16
Proposition 2.2.2. On a
lim (f (M ) ± g(M )) = lim f (M ) ± lim g(M )
M →M0 M →M0 M →M0
lim λf (M ) = λ lim f (M )
M →M0 M →M0
lim (f (M )g(M )) = lim f (M ) lim g(M )
M →M0 M →M0 M →M0
f (M ) limM →M0 f (M )
lim = si lim g(M ) ̸= 0.
M →M0 g(M ) limM →M0 g(M ) M →M0
Démonstration: (première partie) Posons
L = lim f (M ) et H = lim g(M ).
M →M0 M →M0
Par définition de limite, pour tout ϵ > 0, il existe α1 > 0 tel que
(|x − x0 | < α1 , |y − y0 | < α1 , (x, y) ̸= (x0 , y0 )) =⇒ |f (x, y) − L| < ϵ/2.
Pour la fonction g, il existe α2 > 0 tel que
(|x − x0 | < α2 , |y − y0 | < α2 , (x, y) ̸= (x0 , y0 )) =⇒ |g(x, y) − H| < ϵ/2.
Posons α = min(α1 , α2 ). On a α > 0 et lorsque
|x − x0 | < α, |y − y0 | < α, (x, y) ̸= (x0 , y0 )
on a
|x − x0 | < α1 , |y − y0 | < α1 , (x, y) ̸= (x0 , y0 )
et
|x − x0 | < α2 , |y − y0 | < α2 , (x, y) ̸= (x0 , y0 ).
Les deux dernières propriétés impliquent
|f (x, y) − L| < ϵ/2 et |g(x, y) − H| < ϵ/2;
On obtient grâce à l’inégalité triangulaire que
|f (x, y) + g(x, y) − L − H| ≤ |f (x, y) − L| + |g(x, y) − H| ≤ ϵ/2 + ϵ/2 = ϵ.
Ceci implique que
lim f (M ) + g(M ) = L + H = lim f (M ) + lim g(M ).
M →M0 M →M0 M →M0
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.2 Limites et Continuité 17
Proposition 2.2.3. Si f et g sont continues en M0 alors f ± g, λf , f g sont
f
continue en M0 . Si de plus g(M0 ) ̸= 0 alors est continue en M0 .
g
Démonstration: (première partie) On a d’après la proposition précédente
lim f (M ) + g(M ) = lim f (M ) + lim g(M ) = f (M0 ) + g(M0 )
M →M0 M →M0 M →M0
car f et g sont continues en M0 . Ceci montre que f + g est continue en M0 .
Théorème 2.2.1. Si f est une fonction à deux variables, continue en M0
et si h est une fonction à une variable continue en f (M0 ), alors la fonction
composée h(f (x, y)) est continue en M0 .
Théorème 2.2.2. Soient h1 (x) une fonction à une variable continue en x0 et
h2 (y) une fonction à une variable continue en y0 . Si f est une fonction
à deux variables continue en (h1 (x0 ), h2 (y0 )), alors la fonction composée
f (h1 (x), h2 (y)) est continue en M0 .
2 2
Exemple 2.2.1. La fonction ex +y est continue en tout point car la fonction
exponentielle est continue et la fonction x2 + y 2 est continue comme somme
de fonctions continues.
Remarque 2.2.1. (changement de variables) Soient u(x, y) et v(x, y) deux
fonctions de deux variables en x, y et f (u, v) une fonction de deux variables
u, v. Si on remplace les variables u, v par les fonctions u(x, y) et v(x, y) on
obtient une fonction de deux variables x, y
F (x, y) = f (u(x, y), v(x, y)).
Si f, u et v sont continues, F est aussi continue.
Remarque 2.2.2. La limite, la continuité et les fonctions composées au cas
de trois variables sont définies de la même manière.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.3 Dérivées partielles 18
2.3 Dérivées partielles
On considère une fonction f (x, y) à deux variables définie au voisinage d’un
point M0 = (x0 , y0 ). Lorsqu’on fixe une variable x ou y on obtient une fonction
d’une variable. On suppose que les fonctions d’une variable
F1 (x) = f (x, y0 ) est dérivable en x0
et
F2 (y) = f (x0 , y) est dérivable en y0
Définition 2.3.1. On appelle dérivée partielle de f , par rapport à la variable
x, au point M0 = (x0 , y0 ) la dérivée F1′ (x0 ) de la fonction F1 (x) en x0 . On la
note
∂f
fx′ (x0 , y0 ) ou (x0 , y0 ).
∂x
La dérivée partielle de f par rapport à la variable y au point M0 = (x0 , y0 ) est
la dérivée F2′ (y0 ) de F2 (y) en y0 . On la note
∂f
fy′ (x0 , y0 ) ou (x0 , y0 ).
∂y
Lorsque les dérivées partielles existent en tout point d’un domaine D, elles
définissent des fonctions à deux variables sur ce domaine. On note
∂f ∂f
fx′ (x, y) et fy′ (x, y) ou et
∂x ∂y
ces fonctions.
Exemple 2.3.1. Soit f (x, y) = x2 + y 3 + xy. On a
fx′ (x, y) = 2x + y et fy′ (x, y) = 3y 2 + x.
Comme dans le cas d’une variable, on a la proposition suivante
Proposition 2.3.1. On a
(f ± g)′x = fx′ ± gx′ , (af )′x = afx′ , (f g)′x = fx′ g + f gx′
f ′ fx′ g − f gx′
!
=
g x g2
là où g ne s’annule pas.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.3 Dérivées partielles 19
Démonstration: (première partie) Posons
F1 (x) = f (x, y0 ), G1 (x) = g(x, y0 ) et H1 (x) = f (x, y0 ) + g(x, y0 ).
On a
(f + g)′x (x0 , y0 ) = H1′ (x0 ) = F1′ (x0 ) + G′1 (x0 ) = fx′ (x0 , y0 ) + gx′ (x0 , y0 ).
C’est qu’il faut démontrer. □ On peut considérer les dérivées partielles de
fx′ (x, y) et fy′ (x, y)
′′
fxx (x, y), ′′
fxy (x, y), ′′
fyx (x, y), ′′
fyy (x, y)
lorsqu’elles existent. Ce sont les dérivées d’ordre 2 de f . Dans l’exemple 2.3.1
on obtient
2, 1, 1, 6y.
On admet le théorème suivant.
′′
Théorème 2.3.1. Si les dérivées fxy (x, y) et fyx
′′
(x, y) existent et sont continues,
alors elles sont égales. Supposons que f admet toutes les dérivées partielles
jusqu’à l’ordre n et ces dérivées sont continues. Pour n dérivations où
interviennent p fois la variable x et q fois la variable y, (n = p + q), on
note la dérivée partielle correspondante
(n) ∂ nf
fxp yq (x, y) ou (x, y).
∂xp ∂y q
Par exemple pour n = 3, les dérivées partielles d’ordre 3 sont
∂ 3f ∂ 3f ∂ 3f ∂ 3f
, , , .
∂x3 ∂x2 ∂y ∂x∂y 2 ∂y 3
Ceci correspond à (p, q) = (3, 0), (2, 1), (1, 2) ou (0, 3).
Exemple 2.3.2. Soit f (x, y) = x3 y 2 . On a
∂ 3f ∂ 3f ∂ 3f ∂ 3f
3
= 6y 2 , = 12xy, = 6x2 , = 0.
∂x ∂x2 ∂y ∂x∂y 2 ∂y 3
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.3 Dérivées partielles 20
Théorème 2.3.2. (dérivée de fonction composée) Soient u(x) et v(x) des
fonctions d’une variable dérivables en x0 . Soient u0 = u(x0 ) et v0 = v(x0 ).
Soit f une fonction à deux variables définie au voisinage de (u0 , v0 ) admettant
les dérivées partielles d’ordre 1 qui sont continues au voisinage de (u0 , v0 ).
Alors la fonction composée f [u(x), v(x)] est une fonction à une variable et sa
dérivée en x0 est égale à
fu′ (u0 , v0 )u′ (x0 ) + fv′ (u0 , v0 )v ′ (x0 ).
On a aussi le théorème suivant.
Théorème 2.3.3. (dérivée de fonction composée) Soient u(x, y) et v(x, y)
des fonctions de deux variables admettant les dérivées partielles au voisinage
de (x0 , y0 ). Soient u0 = u(x0 , y0 ) et v0 = v(x0 , y0 ). Soit f une fonction à deux
variables définie au voisinage de (u0 , v0 ) admettant les dérivées partielles
d’ordre 1 qui sont continues au voisinage de (u0 , v0 ). Posons F (x, y) =
f (u(x, y), v(x, y)). Alors
Fx′ (x0 , y0 ) = fu′ (u0 , v0 )u′x (x0 , y0 ) + fv′ (u0 , v0 )vx′ (x0 , y0 )
et
Fy′ (x0 , y0 ) = fu′ (u0 , v0 )u′y (x0 , y0 ) + fv′ (u0 , v0 )vy′ (x0 , y0 ).
Maintenant, on définit le plan tangent d’une surface dans R3 . Soit S une
surface dans R3 d’équation
z = f (x, y)
où f est une fonction définie au voisinage de (x0 , y0 ). Soit z0 = f (x0 , y0 ). On
suppose que f admet les dérivées partielles d’ordre 1 et que ces dérivées sont
des fonctions continues. Alors le plan tangent de S en (x0 , y0 , z0 ) est défini
par l’équation
z − z0 = fx′ (x0 , y0 )(x − x0 ) + fy′ (x0 , y0 )(y − y0 ).
Exemple 2.3.3. Soit S la surface d’équation
z = f (x, y) = x2 + y 2 .
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.4 Fonctions implicites 21
On a
fx′ (x, y) = 2x fy′ (x, y) = 2y.
Le plan tangent de S en (1, 1, 2) a comme équation
z − 2 = 2(x − 1) + 2(y − 1)
soit
z = 2x + 2y − 2.
2.4 Fonctions implicites
On admet le théorème général suivant
Théorème 2.4.1. (existence et unicité de fonction implicite) Soit f (x, y) une
fonction de deux variables telle que f (x0 , y0 ) = 0. Supposons que f admet
les dérivées partielles d’ordre 1 qui sont continues au voisinage de (x0 , y0 ).
Supposons aussi que fy′ (x0 , y0 ) ̸= 0. Alors il existe un voisinage de x0 et une
fonction dérivable y = φ(x) sur ce voisinage tels que
φ(x0 ) = y0 et f (x, φ(x)) = 0.
De plus, la fonction φ(x) satisfaisant ces conditions est unique.
Définition 2.4.1. Cette fonction φ(x) s’appelle fonction implicite définie par
l’équation f (x, y) = 0 et par la condition initiale φ(x0 ) = y0 .
Exemple 2.4.1. Soit f (x, y) = x2 + y 2 − 1. L’ensemble des zéros de f est
le cercle {x2 + y 2 = 1}. Soient x0 = 0 et y0 = 1. L’équation f (x, y) = 0 est
√
équivalente à y = ± 1 − x2 . Au voisinage de (x0 , y0 ) = (0, 1) on a y > 0,
√ √
donc y = 1 − x2 . La fonction φ(x) est, dans ce cas, égale à 1 − x2 . Elle
est définie sur [−1, 1].
Théorème 2.4.2. Sous l’hypothèse du Théorème 2.4.1, on a
fx′ (x, φ(x))
φ (x) = − ′
′
.
fy (x, φ(x))
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.4 Fonctions implicites 22
Démonstration: On a f (x, φ(x)) = 0 pour tout x au voisinage de x0 . En
prenant la dérivée par rapport à x on obtient grâce au théorème 2.3.6 que
fx′ (x, φ(x)) + fy′ (x, φ(x))φ′ (x) = 0.
Ceci implique le théorème.
Remarque 2.4.1. Si fx′ (x0 , y0 ) ̸= 0, il existe une fonction dérivable ψ(y)
définie au voisinage de y0 telle que
ψ(y0 ) = x0 et f (ψ(y), y) = 0
et on a
fy′ (ψ(y), y)
ψ (y) = − ′
′
.
fx (ψ(y), y)
Corollaire 2.4.1. Soit f (x, y) une fonction de deux variables telle que
f (x0 , y0 ) = 0. Supposons que f admet les dérivées partielles d’ordre 1 qui sont
continues au voisinage de (x0 , y0 ). Supposons aussi qu’au moins l’une de deux
dérivées fx′ (x0 , y0 ) ou fy′ (x0 , y0 ) soit non nulle. Alors la droite tangente de la
courbe d’équation f (x, y) = 0 en (x0 , y0 ) admet comme équation
fx′ (x0 , y0 )(x − x0 ) + fy′ (x0 , y0 )(y − y0 ) = 0.
Démonstration: On considère le cas où fy′ (x0 , y0 ) ̸= 0, l’autre cas sera
traité de la même manière. Au voisinage de (x0 , y0 ), la courbe f (x, y) = 0
est le graphe de la fonction y = φ(x). Sa droite tangente en (x0 , y0 ) admet
comme équation
y − y0 = φ′ (x0 )(x − x0 ).
D’après le théorème 2.4.4, la dernière équation est équivalente à
fx′ (x0 , y0 )
y − y0 = − ′ (x − x0 )
fy (x0 , y0 )
ou encore
fx′ (x0 , y0 )(x − x0 ) + fy′ (x0 , y0 )(y − y0 ) = 0.
C’est qu’il faut démontrer.
On a des propriétés analogues pour les fonctions à trois variables
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.5 Développement limité d’ordre 1 23
Théorème 2.4.3. (existence et unicité de fonction implicite) Soit f (x, y, z)
une fonction de trois variables telle que f (x0 , y0 , z0 ) = 0. Supposons que f
admet les dérivées partielles d’ordre 1 qui sont continues au voisinage de
(x0 , y0 , z0 ). Supposons aussi que fz′ (x0 , y0 , z0 ) ̸= 0. Alors il existe un voisinage
de (x0 , y0 ) et une fonction z = φ(x, y) sur ce voisinage tels que
φ(x0 , y0 ) = z0 et f (x, y, φ(x, y)) = 0
et φ admette les dérivées partielles d’ordre 1 continues. De plus, la fonction
φ(x, y) satisfaisant ces conditions est unique.
Définition 2.4.2. Cette fonction φ(x, y) s’appelle fonction implicite définie
par l’équation f (x, y, z) = 0 et par la condition initiale φ(x0 , y0 ) = z0 .
Théorème 2.4.4. Les dérivées partielles de la fonction φ(x, y) sont données
par les formules
fx′ (x, y, φ(x, y)) fy′ (x, y, φ(x, y))
φ′x (x, y) =− ′ et φ′y (x, y) =− ′ .
fz (x, y, φ(x, y)) fz (x, y, φ(x, y))
Corollaire 2.4.2. Soit f (x, y, z) une fonction de trois variables telle que
f (x0 , y0 , z0 ) = 0. Supposons que f admet les dérivées partielles d’ordre 1 qui
sont continues au voisinage de (x0 , y0 , z0 ). Supposons aussi qu’au moins l’une
de trois dérivées fx′ (x0 , y0 , z0 ), fy′ (x0 , y0 , z0 ) ou fz′ (x0 , y0 , z0 ) soit non nulle.
Alors le plan tangent de la surface d’équation f (x, y, z) = 0 en (x0 , y0 , z0 )
admet comme équation
fx′ (x0 , y0 , z0 )(x − x0 ) + fy′ (x0 , y0 , z0 )(y − y0 ) + fz′ (x0 , y0 , z0 )(z − z0 ) = 0.
2.5 Développement limité d’ordre 1
Soit f une fonction définie au moins sur un voisinage de M0 = (x0 , y0 ). Nous
supposons que les dérivées partielles d’ordre 1 de f existent et sont des
fonctions continues.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.6 Formes différentielles 24
Théorème 2.5.1. On a la formule
√
f (x0 + h, y0 + k) = f (x0 , y0 ) + hfx′ (x0 , y0 ) + kfy′ (x0 , y0 ) + h2 + k 2 ϵ(h, k)
où ϵ(h, k) est une fonction à deux variables qui tend vers 0 quand (h, k) tend
vers (0, 0). La formule précédente est le développement limité d’ordre 1 pour
√
la fonction f (x, y) au voisinage de M0 . Notons que h2 + k 2 est la distance
entre les points (x0 , y0 ) et (x0 + h, y0 + k).
Exemple 2.5.1. Soit f (x, y) = x2 + y 2 . On a fx′ (x, y) = 2x et fy′ (x, y) = 2y.
Le DL d’ordre 1 de f au voisinage de (1, 1) est
√
f (1 + h, 1 + k) = 2 + 2h + 2k + h2 + k 2 ϵ(h, k).
Remarque 2.5.1. On peut aussi considérer les DL pour les fonctions à trois
variables. Si f (x, y, z) est une fonction admettant les dérivées partielles d’ordre
1 continues au voisinage de (x0 , y0 , z0 ), alors
√
f (x0 +h, y0 +k, z0 +l) = f (x0 , y0 , z0 )+hfx′ (x0 , y0 , z0 )+kfy′ (x0 , y0 , z0 )+lfz′ (x0 , y0 , z0 )+ h2
où ϵ(h, k, l) tend vers 0 quand (h, k, l) tend vers 0.
2.6 Formes différentielles
Soit f (x, y) une fonction à deux variables définie au voisinage de (x0 , y0 ).
Supposons aussi qu’elle admet les dérivées partielles d’ordre 1. La fonction
(h, k) 7→ fx′ (x0 , y0 )h + fy′ (x0 , y0 )k
définit une application linéaire de R2 dans R que l’on appelle différentielle de
la fonction f au point (x0 , y0 ). En un point (x, y) général la différentielle de f
s’écrit
(h, k) 7→ fx′ (x, y)h + fy′ (x, y)k
ou plus simplement
(h, k) 7→ fx′ h + fy′ k.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.6 Formes différentielles 25
C’est une fonction linéaire de R2 dans R mais elle dépend du point (x, y) car
les dérivées fx′ et fy′ dépendent de (x, y). On l’a noté par df . Par abus de
langage, nous confondrons souvent df avec sa valeur fx′ h + fy′ k. Si f (x, y) = x
on a df = dx = h et si f (x, y) = y on a df = dy = k. Par conséquent, on peut
écrire pour f générale
df = fx′ dx + fy′ dy.
Proposition 2.6.1.
d(f1 ± f2 ) = df1 ± df2 d(λf ) = λdf
u vdu − udv
!
d(uv) = udv + vdu d =
v v2
Démonstration: (deuxième partie) On a
∂(λf ) ∂(λf )
d(λf ) = dx + dy = λfx′ dx + λfy′ dy = λdf.
∂x ∂y
C’est qu’il faut démontrer.
Définition 2.6.1. On appelle forme différentielle (plus précisément 1-forme
différentielle) une combinaison linéaire ω de dx et dy à coefficients variables
A(x, y) et B(x, y), que nous écrirons
ω = A(x, y)dx + B(x, y)dy.
Les formes différentielles ω qui sont les différentielles d’une fonction, c.-à-d.
que ω = df , sont appelées exactes.
Théorème 2.6.1. Supposons que A et B admettent les dérivées partielles qui
sont continues sur un domaine sans trou D de R2 . Alors la forme différentielle
ω = Adx + Bdy
est exacte sur D si et seulement si
∂B ∂A
= .
∂x ∂y
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
2.6 Formes différentielles 26
Démonstration: (condition nécessaire, valable pour tous les domaines) Si
ω est exacte, on a ω = df . Donc A = fx′ et B = fy′ . Par hypothèse, A′y = fyx
′′
et
Bx′ = fxy
′′
existent et sont continues. D’après le théorème 2.3.4, on a fxy
′′
= fyx
′′
.
Ceci implique que A′y = Bx′ .
Remarque 2.6.1. En général, la condition suffisante est fausse pour les
domaines qui ont des trous.
Théorème 2.6.2. (changement de variables) Si l’on effectue le changement
de variables
x = x(u, v) y = y(u, v)
alors la forme différentielle ω = A(x, y)dx + B(x, y)dy devient
A1 (u, v)du + B1 (u, v)dv
avec
∂x ∂y
A1 (u, v) = A(x(u, v), y(u, v)) + B(x(u, v), y(u, v))
∂u ∂u
et
∂x ∂y
B1 (u, v) = A(x(u, v), y(u, v)) + B(x(u, v), y(u, v)) .
∂v ∂v
Démonstration: On a
∂x ∂x ∂y ∂y
dx = du + dv et dy = du + dv.
∂u ∂v ∂u ∂v
Donc
∂x ∂x ∂y ∂y
! !
ω = A(x(u, v), y(u, v)) du + dv +B(x(u, v), y(u, v)) du + dv .
∂u ∂v ∂u ∂v
En développant le membre à droite, on obtient
ω = A1 (u, v)du + B1 (u, v)dv
avec A1 et B1 comme ci-dessus.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
Chapter 3
Intégrales curvilignes
nous définissons quelques concepts et nous passons à l’étude des intégrales
curvilignes.
3.1 Systèmes de coordonnées
3.1.1 Coordonnées cartésiennes
Dans le repère orthonormé direct (O, ⃗ux , ⃗uy , ⃗uz ), un point M de l’espace est
repéré par ses coordonnées cartésiennes (x, y, z). Le vecteur position du point
M s’écrit alors:
−−→
OM = x⃗ux + y⃗uy + z⃗uz
OM 2 = x2 + y 2 + z 2
[Link] Déplacement élémentaire
Le déplacement élémentaire d’un point M de coordonnées (x, y, z) correspond
à son déplacement jusqu’au point M (x + dx, y + dy, z + dz). On a donc:
−−→
dOM = dx⃗ux + dy⃗uy + dz⃗uz
(dOM )2 = dx2 + dy 2 + dz 2
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.1 Systèmes de coordonnées 28
[Link] Volume élémentaire
Comme le montre la figure ci-contre, les déplacements élémentaires suivant
chaque axe induisent un volume élémentaire:
dτ = dx dy dz
[Link] Surfaces élémentaires
De même, si on ne considère les déplacements que sur deux axes, on obtient
trois surfaces élémentaires:
• dxdy, perpendiculaire au vecteur ⃗uz ;
• dxdz, perpendiculaire au vecteur ⃗uy ;
• dydz, perpendiculaire au vecteur ⃗ux .
3.1.2 Coordonnées cylindriques
On définit M par sa coordonnée z et par les coordonnées polaires (r, θ) de
son projeté sur le plan xOy. Le vecteur position du point M s’écrit alors :
−−→
OM = ru⃗r + z u⃗z
OM 2 = r2 + z 2
[Link] Déplacement élémentaire
Le déplacement élémentaire d’un point M en coordonnées cylindriques s’écrit
donc :
−−→
dOM = dru⃗r + rdθu⃗θ + dz u⃗z
(dOM )2 = dr2 + (rdθ)2 + dz 2
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.1 Systèmes de coordonnées 29
[Link] Volume élémentaire
Comme le montre la figure ci-contre, les déplacements élémentaires suivant
chaque axe induisent un volume élémentaire :
dt = dr × rdθ × dz
[Link] Surfaces élémentaires
De même, si on ne considère les déplacements que sur deux axes, on obtient
trois surfaces élémentaires :
• dr × rdθ, perpendiculaire au vecteur u⃗z ;
• dr × dz, perpendiculaire au vecteur u⃗θ ;
• rdθ × dz, perpendiculaire au vecteur u⃗r .
3.1.3 Coordonnées sphériques
Enfin, on peut aussi repérer tout point M de l’espace par ses coordonnées
sphériques (r, θ, ϕ). r représente la distance du point M au point O : r = OM .
θ et ϕ définissent la direction dans laquelle, depuis le point O, on voit le point
M (θ angle compris entre 0 et π, ϕ angle compris entre 0 et 2π). Le vecteur
position du point M s’écrit alors :
−−→
OM = ru⃗r
OM 2 = r2
[Link] Déplacement élémentaire
Le déplacement élémentaire d’un point M en coordonnées sphériques s’écrit
donc :
−−−→
dOM = dr⃗ur + rdθ⃗uθ + r sin θdϕ⃗uϕ
(dOM )2 = dr2 + (rdθ)2 + (r sin θdϕ)2
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.2 Vecteurs 30
[Link] Volume élémentaire
dt = dr × rdθ × r sin θdϕ
[Link] Surfaces élémentaires
• dr × rdθ, perpendiculaire au vecteur ⃗uϕ ;
• dr × r sin θdϕ, perpendiculaire au vecteur ⃗uθ ;
• rdθ × r sin θdϕ, perpendiculaire au vecteur ⃗ur .
3.2 Vecteurs
→
− →
−
La norme d’un vecteur V , habituellement écrite ∥ V ∥ sera désignée tout
simplement par la lettre V pour ne pas surcharger l’écriture, sauf nécessité.
3.2.1 Somme de deux vecteurs
→
− →
− → − →
− →
−
V = V 1 + V2 = X 1 →−
ux + Y1 →
−
uy + Z1 →
−uz ; V2 = X2 →
−
ux + Y2 →
−
uy + Z2 →
−
uz V = (X1 +
X2 )→
−
ux + (Y1 + Y2 )→
−
uy + (Z1 + Z2 )→
−
uz
3.2.2 Produit scalaire de deux vecteurs
S = V⃗1 · V⃗2 ; S est un scalaire Par définition, S = V1 V2 cos α Où l’angle α est
défini par α = (V⃗1 , V⃗2 ) Le produit scalaire de deux vecteurs perpendiculaires
est nul. Pour les vecteurs unitaires u⃗x , u⃗y , u⃗z , on a :
u⃗x · u⃗y = u⃗x · u⃗z = u⃗y · u⃗z = 0
u⃗x · u⃗x = u⃗y · u⃗y = u⃗z · u⃗z = 1
Expression cartésienne du produit scalaire :
S = (X1 u⃗x + Y1 u⃗y + Z1 u⃗z ) · (X2 u⃗x + Y2 u⃗y + Z2 u⃗z ) = X1 X2 + Y1 Y2 + Z1 Z2
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.3 Éléments d’analyses vectoriels 31
3.2.3 Produit vectoriel de deux vecteurs
P⃗ = V⃗1 ∧ V⃗2 Par définition, P⃗ est un vecteur
• perpendiculaire au plan (V⃗1 , V⃗2 ),
• orienté de telle sorte que le trièdre V⃗1 , V⃗2 , P⃗ soit direct,
• de norme V1 V2 | sin α| où α = (V⃗1 , V⃗2 )
Le produit vectoriel de deux vecteurs parallèles est nul. Pour les vecteurs
unitaires u⃗x , u⃗y , u⃗z on a :
||u⃗x ∧ u⃗y || = ||u⃗y ∧ u⃗z || = ||u⃗z ∧ u⃗x || = 1
u⃗x ∧ u⃗x = u⃗y ∧ u⃗y = u⃗z ∧ u⃗z = ⃗0
Expression cartésienne du produit vectoriel :
⃗ = (X1 u⃗x +Y1 u⃗y +Z1 u⃗z )∧(X2 u⃗x +Y2 u⃗y +Z2 u⃗z ) = (Y1 Z2 −Y2 Z1 )u⃗x +(X2 Z1 −
S
X1 Z2 )u⃗y + (X1 Y2 − X2 Y1 )u⃗z
3.3 Éléments d’analyses vectoriels
3.3.1 Champ scalaire, Champ vectoriel
Soit un trièdre orthonormé (e⃗x , e⃗y , e⃗z ) et M un point de l’espace, de coordonnées
(x, y, z):
−−→
OM = xe⃗x + y e⃗y + z e⃗z (1.1)
La fonction f (M ) est dite fonction scalaire de point ou champ scalaire si:
f (M ) = f (x, y, z) (1.2)
Le vecteur ⃗v (M ) est dit fonction vectorielle de point ou champ vectoriel si:
⃗v (M ) = vx (x, y, z)e⃗x + vy (x, y, z)e⃗y + vz (x, y, z)⃗
ez (1.3)
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.3 Éléments d’analyses vectoriels 32
3.3.2 Gradient d’un champ scalaire
−−→
Le gradient (noté grad) est défini à partir d’une fonction scalaire de point et
a pour composantes suivant e⃗x , e⃗y , et e⃗z les dérivées partielles de f (M ) par
rapport à x, y et z respectivement:
−−→ ∂f ∂f ∂f
grad(f ) = e⃗x + e⃗y + e⃗z (1.4)
∂x ∂y ∂z
3.3.3 Divergence d’un champ vectoriel
La divergence (notée div) n’est définie qu’à partir d’une fonction vectorielle
⃗v (M ) de point et donne une fonction scalaire de point définie, en coordonnées
cartésiennes par:
∂vx ∂vy ∂vz
div(⃗v ) = + + (1.5)
∂x ∂y ∂z
3.3.4 Rotationnel d’un champ vectoriel
−→
Le rotationnel noté (rot) d’un champ vectoriel donne une fonction vectorielle
de point définie en coordonnées cartésiennes par:
−→ ∂vz ∂vy ∂vx ∂vz ∂vy ∂vx
" # " # " #
rot(⃗v ) = − e⃗x + − e⃗y + − e⃗z (1.6)
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
3.3.5 Laplacien scalaire
Le laplacien scalaire d’une fonction scalaire de point (noté lap ou ∆) est par
définition un champ scalaire défini par :
lap(f ) = ∆f = div[grad(f )] (1.7)
Dans un système de coordonnées cartésiennes, il s’écrit :
∂ 2f ∂ 2f ∂ 2f
lap(f ) = ∆f = + + (1.8)
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.4 Opérateur nabla 33
3.3.6 Laplacien vectoriel
−→ →
−
Le laplacien vectoriel (noté lap ou ∆) d’un champ vectoriel → −v est un champ
vectoriel défini par :
−→ → −→− →−
lap(− v ) = ∆→
−v = grad(div(→
−
v )) − rot[rot(→
v )] (1.9)
Dans le cas d’un système de coordonnées cartésiennes, le laplacien vectoriel a
pour composantes:
3.4 Opérateur nabla
Pour écrire de manière plus compacte les opérateurs vectoriels précédemment
définis, on introduit un vecteur symbolique appelé opérateur nabla et défini
par :
→
− ∂ ∂ ∂
∇= e⃗x + e⃗y + e⃗z (1.11)
∂x ∂y ∂z
où ex , ey et ez sont des vecteurs unitaires le long des axes x, y et z respectivement.
Les opérations vectorielles peuvent souvent être écrites en utilisant l’opérateur
Nabla sous les formes suivantes :
• Le gradient d’un champ scalaire f est noté :
−−→ ⃗ = ∂f e⃗x + ∂f e⃗y + ∂f e⃗z (1.12)
grad(f ) = ∇f
∂x ∂y ∂z
• La divergence d’un champ vectoriel ⃗v est notée :
⃗ · ⃗v = ∂vx + ∂vy + ∂vz (1.13)
div(⃗v ) = ∇
∂x ∂y ∂z
• Le rotationnel d’un champ vectoriel ⃗v est noté :
−→ ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v
" # " # " #
z y x z y x
rot(⃗v ) = ∇
⃗ × ⃗v = − e⃗x + − e⃗y + − e⃗z (1.14)
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
• Le laplacien scalaire d’un champ scalaire est noté :
−−→
lap(f ) = ∆f = div[grad(f )] = ∇ ⃗ · ∇f ⃗ = ∇2 (f ) (1.15)
∇2 se lit "del de".
• Le laplacien vectoriel d’un champ vectoriel est noté
−−→ −→ −→
∇2⃗v = ∆⃗v = grad[div(⃗v )] − rot(rot(⃗v )) = ∇
⃗∇⃗ · (⃗v ) − ∇
⃗ × [∇
⃗ × ⃗v ] (1.16)
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.5 3.3 Courbes, tangentes 34
3.5 3.3 Courbes, tangentes
Définition 3.5.1. Soit I un intervalle de R. Considérons deux fonctions
continues f et g sur I. On appelle courbe du plan l’ensemble C des points M
de coordonnées x = f (t) et y = g(t) où t parcourt l’intervalle I. On dit aussi
que C est une courbe paramétrée.
Exemple 3.5.1. La courbe définie par les fonctions f (t) = a1 t + b1 et g(t) =
a2 t + b2 , avec (a1 , a2 ) ̸= (0, 0) et t ∈ R, est une droite dans le plan. Si a1 = 0,
c’est la droite verticale x = b1 , si a2 = 0 on obtient la droite horizontale
y = b2 .
Remarque 3.5.1. On peut paramétrer une même courbe C par plusieurs
manières différentes. Par exemple, la droite y = x peut être paramétrée par
x = t, y = t, t∈R
mais aussi par
x = 2t, y = 2t, t ∈ R.
Exemple 3.5.2. La courbe définie par x = cos t et y = sin t pour 0 ≤ t ≤ 2π
est le cercle de centre 0 et de rayon 1 (cercle unité)
Définition 3.5.2. Le point M de coordonnées x = f (t) et y = g(t) de
la courbe C est dit ordinaire si (f ′ (t), g ′ (t)) ̸= (0, 0). Il est stationnaire si
(f ′ (t), g ′ (t)) = (0, 0).
Définition 3.5.3. Soit M0 le point de coordonnées x = f (t0 ) et y = g(t0 ) de
la courbe C. Supposons que M0 est un point ordinaire. La droite paramétrée
par
x = f ′ (t0 )t + f (t0 ) et y = g ′ (t0 )t + g(t0 )
est appelée (droite) tangente de C en M0 .
Exemple 3.5.3. Considérons le cercle unité C défini par
x = cos t, y = sin t, t ∈ [0, 2π]
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.6 Intégrale curviligne le long d’une courbe 35
√ √
et le point M0 = (1/ 2, 1/ 2) qui correspond à t0 = π/4. La droite tangente
de C en M0 est définie par
t 1 t 1
x = −√ + √ , y=√ +√
2 2 2 2
soit
√
x+y = 2.
Définition 3.5.4. Soit P un point quelconque de la droite tangente de C
−−→
en M0 . Le vecteur M0 P d’origine M0 et d’extrémité P est appelé vecteur
tangent de C en M0 . En particulier, le vecteur d’origine M0 et de composantes
(f ′ (t0 ), g ′ (t0 )) est un vecteur tangent en M0 .
Remarque 3.5.2. Une courbe paramétrée C dans R3 est définie par 3
équations
x = f (t), y = g(t), z = h(t).
Le point M0 de coordonnées (f (t0 ), g(t0 ), h(t0 )) est ordinaire si
(f ′ (t0 ), g ′ (t0 ), h′ (t0 )) ̸= (0, 0, 0)
et stationnaire sinon. La tangente en un point ordinaire M0 est paramétrée
par
x = f ′ (t0 )t + f (t0 ), y = g ′ (t0 )t + g(t0 ), z = h′ (t0 )t + h(t0 ).
Le vecteur d’origine M0 et de composantes (f ′ (t0 ), g ′ (t0 ), h′ (t0 )) est tangent à
C en M0 .
3.6 Intégrale curviligne le long d’une courbe
On considère une courbe paramétrée définie par les équations
x = f (t), y = g(t), t ∈ [a, b].
Notons A = (f (a), g(a)), B = (f (b), g(b)) et AB
d
la courbe. Soit ω =
P (x, y)dx + Q(x, y)dy une 1-forme différentielle définie dans un domaine qui
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.6 Intégrale curviligne le long d’une courbe 36
contient AB.
d
On remplace x par f (t) et y par g(t). On a dx = df (t) = f ′ (t)dt,
dy = dg(t) = g ′ (t)dt. Notons
P1 (t) = P (f (t), g(t)), Q1 (t) = Q(f (t), g(t)).
La forme ω devient
[P1 (t)f ′ (t) + Q1 (t)g ′ (t)]dt.
Considérons l’intégrale
Z b
I= [P1 (t)f ′ (t) + Q1 (t)g ′ (t)]dt.
a
Proposition 3.6.1. L’intégrale I ne dépend pas du paramètre choisi mais
uniquement de la courbe AB
d
et de la forme ω.
Définition 3.6.1. L’intégrale I est appelée intégrale curviligne de la forme
ω = P dx + Qdy le long de la courbe AB
d
et nous la noterons
Z Z
ω ou P dx + Qdy.
AB d AB
d
On a donc
Z Z b
P dx + Qdy = [P (f (t), g(t))f ′ (t) + Q(f (t), g(t))g ′ (t)]dt.
AB
d a
Remarque 3.6.1. Considérons le cas d’une courbe AB
d
dans l’espace R3
paramétrée par
x = f (t), y = g(t), z = h(t), t ∈ [a, b]
et une 1-forme différentielle
ω = P dx + Qdy + Rdz.
L’intégrale curviligne de ω le long de AB
d
est notée
Z
P dx + Qdy + Rdz.
AB
d
Elle est égale à
Z b
[P (f (t), g(t), h(t))f ′ (t) + Q(f (t), g(t), h(t))g ′ (t) + R(f (t), g(t), h(t))h′ (t)]dt.
a
Elle ne dépend pas du choix de paramètre.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.7 Circulation d’un vecteur 37
3.7 Circulation d’un vecteur
Nous allons introduire quelques notations vectorielles. Supposons que la courbe
AB
d
est paramétrée par
x = f (t), y = g(t), t ∈ [a, b].
−−−→
Notons M ou M (t) le point (f (t), g(t)) de la courbe et M ′ (t) le vecteur
−−−→
d’origine M et de composantes (f ′ (t), g ′ (t)). On a vu que M ′ (t) est un vecteur
→
−
tangent à la courbe AB
d
en M . Considérons aussi un champ de vecteurs V de
composantes P (x, y) et Q(x, y) définie dans un domaine qui contient AB. d
On
→
−
associe à V la 1-forme différentielle
P (x, y)dx + Q(x, y)dy.
Proposition 3.7.1. On a
Z Z b→
− −−−→
P dx + Qdy = V (f (t), g(t)) · M ′ (t)dt.
AB d a
Démonstration: On a
→
− −−−→
V (f (t), g(t)) · M ′ (t) = P (f (t), g(t))f ′ (t) + Q(f (t), g(t))g ′ (t).
Donc
Z b→
− −−−→ Z b
V (f (t), g(t)) · M ′ (t)dt = [P (f (t), g(t))f ′ (t) + Q(f (t), g(t))g ′ (t)]dt
a Za
= P dx + Qdy.
AB
d
Définition 3.7.1. L’intégrale ci-dessus est appelée la circulation ou le travail
→
−
du vecteur V le long du chemin AB.d
−
→ −
→ →
−
Posons dM (t) := M ′ (t)dt. Alors on peut noter la circulation de V
Z →
− − →
V · dM
AB
Elle ne dépend pas du paramètre choisi pour AB.
d
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.8 Propriété de l’intégrale curviligne 38
d → −
Remarque 3.7.1. Si en tout point M de la courbe AB, V est orthogonal à
la tangente de AB
d
alors
Z →
− − →
B V · dM = 0
A
− −
→ →
En effet, on a V · M ′ = 0 en tout point M de la courbe.
3.8 Propriété de l’intégrale curviligne
L’intégrale curviligne dépend linéairement de la forme ω. Plus précisément on
a les propriétés suivantes.
Proposition 3.8.1. On a
Z Z Z Z Z
ω1 + ω2 = ω1 + ω2 et λω = λ ω.
AB AB AB AB AB
On a aussi
Z →
− → − −
→ Z →
− − → Z → − − → Z →
− −
→
(V1 + V2 ) · dM = V1 · dM + V2 · dM et (λ V ) · dM =
AB AB Z − AB −
→ → AB
λ V · dM
AB
Démonstration: (deuxième partie) On écrit ω = P dx + Qdy. On a
λω = λP dx + λQdy. D’où
Z Z b
λω = [λP (f (t), g(t))f ′ (t) + λQ(f (t), g(t))g ′ (t)]dt
AB
d a
Z b
=λ [P (f (t), g(t))f ′ (t) + Q(f (t), g(t))g ′ (t)]dt
a
Z
=λ ω.
AB
d
On a aussi la proposition suivante.
Proposition 3.8.2. Si C est un point sur la courbe AB
d
alors
Z Z Z Z Z Z
ω= ω+ ω et ⃗ =
V⃗ · dM ⃗ +
V⃗ · dM V⃗ · dM
⃗.
AB d AC d CB
d AB d AC d CB
d
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.8 Propriété de l’intégrale curviligne 39
Démonstration: En utilise le paramètre de AB
d
comme ci-dessus. Soit
c ∈ [a, b] tel que (f (c), g(c)) = C. On a
Z Z b
ω= [P (f (t), g(t))f ′ (t) + Q(f (t), g(t))g ′ (t)]dt
AB d a
Z c Z b
= [P (f (t), g(t))f (t) + Q(f (t), g(t))g (t)]dt +
′ ′
[P (f (t), g(t))f ′ (t) + Q(f (t), g
Za Z c
= ω+ ω.
AC
d CB
d
Attention. On a Z Z
ω=− ω.
BC
d CB
d
Pour un champ de gradients, on obtient
Théorème 3.8.1. On a
Z Z −−→
dU = U (B) − U (A) et ⃗ = U (B) − U (A).
gradU · dM
AB
d AB
d
En particulier, si A et B sont sur la même ligne de niveau de U alors
Z Z −−→
dU = 0 et ⃗ = 0.
gradU · dM
d AB d AB
Démonstration: On a dU = Ux′ dx + Uy′ dy et
Z Z b
dU = [Ux′ (f (t), g(t))f ′ (t) + Uy′ (f (t), g(t))g ′ (t)]dt
AB
d a
Z b
= [U (f (t), g(t))]′ dt
a
= U (f (b), g(b)) − U (f (a), g(a))
= U (B) − U (A).
−−→
Pour la deuxième partie, puisque la 1-forme associée à gradU est dU , on a
Z −−→ Z
gradU · d ⃗ =
M dU
d AB
d AB
qui est égale à U (B) − U (A).
Si A et B sont sur la même ligne de niveau de U , on a U (A) = U (B); et les
intégrales précédentes sont égales à 0.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
3.9 Aire d’un domaine du plan 40
Remarque 3.8.1. Si C est une courbe fermée (ceci correspond au cas où
A = B), alors Z Z −
→
dU = 0 et grad U · dM = 0.
C C
3.9 Aire d’un domaine du plan
Soit D un domaine dans le plan limité par une courbe C fermée, sans point
double. On suppose que la courbe C est orientée dans le sens direct (contre
les aiguilles d’une montre).
Théorème 3.9.1. L’aire du domaine D est égale à l’intégrale curviligne
Z 1ZZ
S = x dy = − y dx = (x dy − y dx).
C C 2 C
Exemple 3.9.1. Nous recalculons l’aire de l’ellipse limitée par la courbe
d’équation
x2 y 2
+ = 1, a, b > 0.
a2 b2
Nous prendrons la représentation paramétrique
x = a cos t, y = b sin t, t ∈ [0, 2π], a, b > 0.
Alors l’aire de l’ellipse est égale à
1Z
S= (x dy − y dx)
2 C
1 Z 2π
= a cos t d(b sin t) − b sin t d(a cos t)
2 0
1 Z 2π
= ab cos2 t dt + ab sin2 t dt
2 0
1 Z 2π
= ab(cos2 t + sin2 t) dt
2 0
1 Z 2π
= ab dt
2 0
= πab.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
Chapter 4
Intégrales multiples
4.1 Intégrale double
Soit z = f (x, y) une fonction à deux variables sur un domaine D de R2 limité
par une courbe C 1 . Supposons que f est continue sur D (avec son bord C).
On divise le plan R2 en petits rectangles de taille ∆x × ∆y parallèles aux axes
Ox, Oy de la manière suivante. On coupe d’abord R2 en plusieurs tranches
Ti de hauteur ∆y en moyenne des droites parallèles à l’axe Ox. Ensuite, on
coupe chaque tranche en moyenne des droites parallèles à l’axe Oy et nous
gardons les rectangles Ri,j contenus dans D. Notons Mi,j le centre de Ri,j .
Considérons la somme double
f (Mi,j )∆x∆y.
XX
i j
Notons que ∆x∆y est l’aire du rectangle Ri,j . Nous admettons la propriété
suivante: lorsque ∆x et ∆y tendent vers 0, la somme ci-dessus converge vers
une quantité que nous noterons
ZZ
I= f (x, y)dxdy.
D
Définition 4.1.1. On appelle I l’intégrale double de la fonction f (x, y) sur
le domaine D. Donnons une interprétation géométrique. Supposons que la
fonction f est positive. Notons S le graphe de f au-dessus de D. Cette surface
et les parallèles à Oz menées par les points de C limitent un domaine V dans
R3 . L’intégrale I est le volume de ce domaine. En effet, le volume limité dans V
par le rectangle Ri,j et les plans parallèles à Oz qui s’appuient sur son périmètre
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.2 Théorème de Fubini 42
a pour valeur approchée f (Mi,j )∆x∆y. La somme f (Mi,j )∆x∆y représente
XX
une valeur approchée du volume de V. La limite I est donc le volume exacte
de V.
Proposition 4.1.1. Lorsque le domaine D est fixé, on a
ZZ ZZ ZZ
f1 (x, y)dxdy + f2 (x, y)dxdy = (f1 (x, y) + f2 (x, y))dxdy
D D D
ZZ ZZ
λf (x, y)dxdy = λ f (x, y)dxdy, pour λ ∈ R.
D D
Si l’on divise D en deux domaines D1 et D2 alors
ZZ ZZ ZZ
f (x, y)dxdy = f (x, y)dxdy + f (x, y)dxdy.
D D1 D2
ZZ
Démonstration: (deuxième partie) L’intégrale λf (x, y)dxdy est par
D
définition la limite de la somme
λf (Mi,j )∆x∆y
XX
quand ∆x et ∆y tendent vers 0. Cette somme est égale à
f (Mi,j )∆x∆y
XX
λ
ZZ
qui tend vers λ f (x, y)dxdy. D’où
D
ZZ ZZ
λf (x, y)dxdy = λ f (x, y)dxdy.
D D
4.2 Théorème de Fubini
Sur le domaine D, lorsque y est fixé, x varie dans une partie de R. On suppose
que x varie sur un intervalle [ψ0 (y), ψ1 (y)] où ψ0 et ψ1 sont des fonctions en y.
Fixons une tranche Ti de D et une valeur yi telle que les points d’ordonnée
yi soient dans cette tranche. Alors x varie dans l’intervalle [ψ0 (yi ), ψ1 (yi )].
Considérons les rectangles Ri,j de cette tranche et la somme
f (Mi,j )∆x.
X
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.2 Théorème de Fubini 43
Cette somme représente la valeur approchée de l’intégral simple
Z ψ (y )
1 i
f (x, yi )dx.
ψ0 (yi )
Cette intégrale dépend de yi . Posons
Z ψ (y)
1
F (y) = f (x, y)dx.
ψ0 (y)
On a
f (Mi,j )∆x ≈ F (yi ).
X
Pour la somme double que nous considérons, on a
f (Mi,j )∆x∆y ≈ F (yi )∆y.
XX X
i j i
Sur le domaine D, y varie sur un certain intervalle [c, d]. On a
Z d
f (Mi,j )∆x∆y ≈ F (yi )∆y ≈ F (y)dy.
XX X
i j i c
Quand ∆x et ∆y tendent vers 0, on obtient
ZZ Z d
f (x, y)dxdy = F (y)dy.
D c
Ceci entraîne le théorème de Fubini:
Théorème 4.2.1. On peut calculer l’intégrale double en moyenne de deux
intégrales simples:
ZZ Z d Z ψ (y) !
1
f (x, y)dxdy = f (x, y)dx dy.
D c ψ0 (y)
Remarque 4.2.1. Supposons que sur le domaine D, la variable x varie sur
un intervalle [a, b] et lorsque x est fixé, y varie sur un intervalle [φ0 (x), φ1 (x)]
où φ0 et φ1 sont des fonctions en x. Alors on a aussi
ZZ Z b Z φ (x) !
1
f (x, y)dxdy = f (x, y)dy dx.
D a φ0 (x)
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.3 Changement de variables 44
4.3 Changement de variables
Nous donnons ici la règle générale pour le changement de variables. Supposons
qu’on effectue le changement de variables
x = x(u, v) et y = y(u, v).
Lorsque (x, y) varie dans le domaine D, (u, v) varie dans un domaine R4 . On
considère le déterminant de la matrice
x′u x′v
yu′ yv′
On l’appelle le Jacobien des fonctions x(u, v) et y(u, v) par rapport aux
variables u et v et on le note
D(x, y)
.
D(u, v)
Théorème 4.3.1. On a
ZZ ZZ D(x, y)
f (x, y)dxdy = f (x(u, v), y(u, v)) dudv.
D R D(u, v)
Attention : Dans la formule précédente, on prend la valeur absolue du
Jacobien.
Coordonnées polaires
Soit D le disque de centre 0 et de rayon a. On considère les coordonnées
polaires (r, θ) et on effectue le changement de variables
x = r cos θ et y = r sin θ.
Le Jacobien de (x, y) par rapport à (r, θ) est
D(x, y) cos θ −r sin θ
= = r.
D(r, θ) sin θ r cos θ
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.4 2-formes différentielles sur R2 45
Lorsque (x, y) varie dans D, r varie dans [0, a] et θ varie dans [0, 2π[. Donc
(r, θ) varie dans le rectangle R = [0, a[×[0, 2π[. On obtient
ZZ ZZ
f (x, y)dxdy = f (r cos θ, r sin θ)rdrdθ.
D R
Coordonnées polaires. Ici on a pour la valeur absolue du Jacobien |r| = r car
r ≥ 0.
4.4 2-formes différentielles sur R2
Les formes différentielles que nous considérons jusqu’à présent sont les formes
différentielles de degré 1 ou les 1-formes différentielles. Nous allons définir
les 2- formes différentielles. Introduisons d’abord le produit extérieur des
1-formes, noté par ∧. Soient ω1 , ω2 , ω3 des 1-formes sur R2 ou sur un domaine
de R2 . Le produit extérieur des 1-formes vérifie les propriétés suivantes:
1. ω1 ∧ ω2 = −ω2 ∧ ω1 .
2. (ω1 ± ω2 ) ∧ ω3 = ω1 ∧ ω3 ± ω2 ∧ ω3 .
3. ω1 ∧ (ω2 ± ω3 ) = ω1 ∧ ω2 ± ω1 ∧ ω3 .
4. (f · ω1 ) ∧ ω2 = f · (ω1 ∧ ω2 ) où f (x, y) est une fonction.
En particulier, on a d’après la propriété 1
dx ∧ dx = −dx ∧ dx
donc dx ∧ dx = 0. De la même manière, on obtient dy ∧ dy = 0 et dx ∧ dy =
−dy ∧ dx. Si ω1 = A1 dx + B1 dy et ω2 = A2 dx + B2 dy où Ai , Bi sont des
fonctions, on a
ω1 ∧ ω2 = (A1 dx + B1 dy) ∧ (A2 dx + B2 dy)
= A1 A2 dx ∧ dx + B1 A2 dy ∧ dx + A1 B2 dx ∧ dy + B1 B2 dy ∧ dy
= (−B1 A2 + A1 B2 )dx ∧ dy.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.4 2-formes différentielles sur R2 46
Définition 4.4.1. On appelle 2-forme différentielle sur un domaine D de R2
toute expression
f (x, y)dx ∧ dy
où f (x, y) est une fonction sur D.
Définition 4.4.2. Soit Ω = f (x, y)dx ∧ dy une 2-forme différentielle sur un
domaine D. On définit l’intégrale de Ω sur D par
ZZ ZZ
Ω= f (x, y)dxdy.
D D
Attention. On a f (x, y)dy ∧ dx = −Ω ̸= Ω et donc
ZZ ZZ ZZ
f (x, y)dx ∧ dy = − f (x, y)dy ∧ dx ̸= f (x, y)dy ∧ dx.
D D D
Lorsqu’on effectue le changement de variables
x = x(u, v), y = y(u, v), (u, v) ∈ R
la 2-forme différentielle Ω = f (x, y)dx ∧ dy devient
Ω1 = f (x(u, v), y(u, v))dx(u, v) ∧ dy(u, v).
Comme dx = x′u du + x′v dv et dy = yu′ du + yv′ dv, on a
dx ∧ dy = (x′u du + x′v dv) ∧ (yu′ du + yv′ dv)
= x′u yv′ du ∧ du + x′v yu′ dv ∧ dv
= (−x′v yu′ + x′u yv′ )du ∧ dv
D(x, y)
= du ∧ dv.
D(u, v)
Attention. Il n’y a pas de valeur absolue pour le Jacobien dans la ligne
précédente.
Théorème 4.4.1. Supposons que lorsque (u, v) parcourt le bord de R dans
le sens direct alors (x, y) parcourt le bord de D également dans le sens direct
(ou le jacobien est positif en tout point). Alors
ZZ ZZ
Ω= Ω1 .
D R
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.5 Formule de Green-Riemann 47
Démonstration: (deuxième cas) Si le Jacobien est positif en tout point
on déduit des calculs précédents que
ZZ ZZ
Ω= f (x, y)dxdy
D D
ZZ D(x, y)
= f (x(u, v), y(u, v)) dudv
R D(u, v)
ZZ D(x, y)
= f (x(u, v), y(u, v)) dudv
R D(u, v)
ZZ D(x, y)
= f (x(u, v), y(u, v)) du ∧ dv
R D(u, v)
ZZ
= Ω1 .
R
4.5 Formule de Green-Riemann
On note toujours D un domaine dans R2 limité par une courbe C. La courbe
C est orientée dans le sens direct. Soient P (x, y) et Q(x, y) deux fonctions sur
D ayant les dérivées partielles d’ordre 1 continues.
Théorème 4.5.1. On a
∂Q ∂P
I ZZ !
P dx + Qdy = − dxdy.
C D ∂x ∂y
Définition 4.5.1. Soit ω = P dx + Qdy une 1-forme différentielle. On appelle
dérivée extérieure de ω la 2-forme différentielle
dω = dP ∧ dx + dQ ∧ dy.
On dit que ω est fermée si dω = 0.
Proposition 4.5.1. On a
∂Q ∂P
!
dω = − dx ∧ dy
∂x ∂y
et ω est fermée si et seulement si
∂Q ∂P
= .
∂x ∂y
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.6 Volume d’un domaine dans R3 48
Corollaire 4.5.1. On a Z ZZ
ω= dω.
C D
En particulier, si ω est fermée, on a
I
ω = 0.
C
Démonstration: On a d’après le théorème 4.5.1 que
∂Q ∂P
I I ZZ !
ω= P dx + Qdy = − dxdy
C C D ∂x ∂y
∂Q ∂P
ZZ ZZ !
= − dx ∧ dy = dω.
D ∂x ∂y D
Si ω est fermée, on a dω = 0 et donc
I ZZ
ω= dω = 0.
C D
Proposition 4.5.2. Soit ω une 1-forme dont les coefficients admettent les
dérivées partielles d’ordre 1 continues. Si ω est exacte, alors elle est fermée.
Sur un domaine sans trou, ω est exacte si et seulement si elle est fermée.
Démonstration: (première partie) Si ω = P dx + Qdy est exacte, il
existe une fonction f telle que ω = df . Donc P = fx′ et Q = fy′ . D’après la
proposition 4.5.3, on a
dω = (Q′x − Py′ )dx ∧ dy = (fyx
′′ ′′
− fxy )dx ∧ dy = 0.
Donc ω est fermée.
4.6 Volume d’un domaine dans R3
Soit f (x, y) une fonction à deux variables définie sur un domaine D limitée
par une courbe C. Soit S la surface représentative (le graphe) de f . On a vu
que si f est positive, l’intégrale de f sur D est le volume du domaine V de R3
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.6 Volume d’un domaine dans R3 49
limitée par S et les parallèles à Oz menées par les points de C. Ceci permet
de calculer les volumes dans R3 . Donnons un exemple. Soit B la boule de
centre 0 et de rayon R. La demi-boule supérieure est limitée par le graphe de
la fonction
q
z = R2 − x2 − y 2
au-dessus du disque ∆ de centre 0 et de rayon R. Donc le volume de B est
égal à ZZ q
vol(B) = 2 R2 − x2 − y 2 dxdy.
∆
Si on effectue le changement de variables
x = r cos θ, y = r sin θ
alors (r, θ) varie dans le rectangle R = [0, R] × [0, 2π] et
D(x, y)
= r.
D(r, θ)
On obtient
q √
R 2 − x2 − y 2 = R2 − r 2
et ZZ √
vol(B) = 2 R2 − r2 rdrdθ.
R
En appliquant le théorème de Fubini on a
Z R Z 2π √ !
vol(B) = 2 R2 − r2 rdθ dr.
0 0
√
On intègre d’abord par rapport à θ. Comme R2 − r2 r ne dépend pas de θ,
on obtient
Z 2π √ √ Z 2π √
R2 − r2 r dθ = R2 − r2 r dθ = 2π R2 − r2 r.
0 0
D’où
Z R √
vol(B) = 2 R2 − r2 r2π dr
0
Z R√
= 4π R2 − r2 rdr
0
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.7 Aire d’un domaine dans R2 50
Effectuons le changement de variable t = R2 − r2 . On a dt = −2rdr, rdr =
1
− dt et t varie de R2 à 0. On obtient
2
1 2 4
Z 0 ! Z R2 " #R2
vol(B) = 4π t 1/2
− dt = 2π t1/2 dt = 2π t3/2 = πR3 .
R 2
2 0 3 0 3
4.7 Aire d’un domaine dans R2
Si la fonction f (x, y) considérée dans le paragraphe précédent est identiquement
égale à 1, le volume qu’on a calculé est égal à l’aire du domaine D. On a donc
ZZ ZZ
aire(D) = dx dy = dx ∧ dy.
D D
Comme d(xdy) = dx ∧ dy, la formule de Green-Riemann donne
ZZ I
aire(D) = d(xdy) = xdy.
D C
On a aussi dx ∧ dy = −d(ydx) et donc
ZZ I
aire(D) = −d(ydx) = − ydx.
D C
En considérant la somme des égalités ci-dessus, on obtient
1I
aire(D) = xdy − ydx.
2 C
Nous avons donc démontré le théorème 3.7.1.
4.7.1 Intégrale triple
Les intégrales de fonctions à trois variables sont définies de la même manière
que dans le cas de deux variables. Soit D un domaine dans R3 limité par une
surface S. Soit f (x, y, z) une fonction continue sur le domaine D avec son
bord S. On divise l’espace R3 en petits parallélépipèdes rectangles de taille
∆x×∆y×∆z parallèles aux axes Ox, Oy, Oz. On considère les parallélépipèdes
Ri,j,k contenus dans V . Notons Mi,j,k le centre de Ri,j,k . Considérons la somme
triple
f (Mi,j,k )∆x∆y∆z.
XXX
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.8 Théorème de Fubini 51
Notons que ∆x∆y∆z est le volume de Ri,j,k . Nous admettons la propriété
suivante: lorsque ∆x, ∆y, ∆z tendent vers 0, la somme ci-dessus converge
vers une quantité que nous noterons
ZZZ
I= f (x, y, z)dxdydz.
D
Définition 4.7.1. On appelle I l’intégrale triple de la fonction f (x, y, z) sur
le domaine D.
Proposition 4.7.1. Lorsque le domaine D est fixé, on a
ZZZ ZZZ ZZZ
f1 dxdydz + f2 dxdydz = (f1 + f2 )dxdydz
D D D
ZZZ ZZZ
(λf )dxdydz = λ f dxdydz, pour λ ∈ R.
D D
Si l’on divise D en deux domaines D1 et D2 alors
ZZZ ZZZ ZZZ
f dxdydz = f dxdydz + f dxdydz.
D D1 D2
4.8 Théorème de Fubini
Considérons un point (x, y, z) dans D. Supposons que z varie sur un certain
intervalle [z0 , z1 ] et pour chaque z fixé, (x, y) varie dans un certain domaine
D(z) qui dépend de z. En raisonnant comme dans le cas de deux variables,
on obtient la version suivante du théorème de Fubini.
Théorème 4.8.1. On a
ZZZ Z z ZZ !
1
f (x, y, z)dxdydz = f (x, y, z)dxdy dz.
D z0 D(z)
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.9 Changement de variables 52
Remarque 4.8.1. Pour calculer l’intégrale double
ZZ
f (x, y, z)dxdy
D(z)
on peut appliquer le théorème de Fubini pour le cas de deux variables. Donnons
une autre version du théorème de Fubini. Supposons que (x, y) varie dans un
certain domaine ∆ de R2 et pour chaque (x, y) fixé dans ∆, z varie dans un
intervalle [z0 (x, y), z1 (x, y)].
Théorème 4.8.2. On a
ZZZ ZZ Z z (x,y) !
1
f (x, y, z)dxdydz = f (x, y, z)dz dxdy.
D ∆ z0 (x,y)
Remarque 4.8.2. On obtient d’autres versions du théorème de Fubini en
permutant les rôles des variables x, y, z.
4.9 Changement de variables
La règle générale pour le changement de variables est ici analogue au cas de
deux variables. Supposons qu’on effectue le changement
x = x(u, v, t), y = y(u, v, t), z = z(u, v, t).
Lorsque (x, y, z) varie dans le domaine D de R3 , (u, v, t) varie dans un domaine
D′ de R3 . On suppose que la correspondance (u, v, t) 7→ (x, y, z) est bijective.
On considère le déterminant de la matrice
x′u x′v x′t
yu′ yv′ yt′
zu′ zv′ zt′
C’est le Jacobien des fonctions x(u, v, t), y(u, v, t), z(u, v, t) par rapport aux
variables u, v, t et nous le noterons
D(x, y, z)
.
D(u, v, t)
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.9 Changement de variables 53
Théorème 4.9.1. On a
ZZZ ZZZ D(x, y, z)
f (x, y, z)dxdydz = f (x(u, v, t), y(u, v, t), z(u, v, t)) dudvdt.
D D′ D(u, v, t)
Attention. Dans la formule précédente, on prend la valeur absolue du
Jacobien.
Coordonnées cylindriques
Soit D le cylindre défini par
x2 + y 2 ≤ R 2 , z ∈ [z0 , z1 ].
On effectue le changement de coordonnées
x = r cos θ, y = r sin θ, z = z.
Les nouvelles variables sont (r, θ, z). Le point (r, θ, z) varie dans le domaine
D′ défini par
0 ≤ r ≤ R, 0 ≤ θ < 2π, z0 ≤ z ≤ z1 .
Donc D′ est le parallélépipède [0, R] × [0, 2π[×[z0 , z1 ]. On a
∂x ∂x ∂x
∂r ∂θ ∂z cos θ −r sin θ 0
D(x, y, z) ∂y ∂y ∂y
= = sin θ r cos θ 0 = cos θ(r cos θ)−(−r sin θ) sin θ = r(co
D(r, θ, z) ∂r ∂θ ∂z
∂z ∂z ∂z 0 0 1
∂r ∂θ ∂z
et ZZZ ZZZ
f (x, y, z)dxdydz = ′
f (r cos θ, r sin θ, z)rdrdθdz.
D D
Coordonnées sphériques. Soit D la boule de centre 0 et de rayon R. Elle
est définie par
x2 + y 2 + z 2 ≤ R2 .
On effectue le changement de coordonnées
x = r sin φ cos θ, y = r sin φ sin θ, z = r cos φ.
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
4.9 Changement de variables 54
Les nouvelles variables sont (r, θ, φ). Le point (r, θ, φ) varie dans le domaine
D′ défini par
0 ≤ r ≤ R, 0 ≤ θ < 2π, 0 ≤ φ ≤ π.
Donc D′ est le parallélépipède [0, R] × [0, 2π[×[0, π]. On a
∂x ∂x ∂x
∂r ∂θ ∂φ sin φ cos θ −r sin φ sin θ r cos φ cos θ
D(x, y, z) ∂y ∂y ∂y
= = sin φ sin θ r sin φ cos θ r cos φ sin θ = −r2 sin φ
D(r, θ, φ) ∂r ∂θ ∂φ
∂z ∂z ∂z cos φ 0 −r sin φ
∂r ∂θ ∂φ
et
ZZZ ZZZ
f (x, y, z)dxdydz = f (r sin φ cos θ, r sin φ sin θ, r cos φ)r2 sin φdrdθdφ.
D D′
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025
Chapter 5
Formules de Stokes (TPE)
Géométrie II : ANALYSE VECTORIELLE ENS/BONGOR-2025