Chap 1
Chap 1
Le plan complexe. Les nombres complexes ont leur origine dans l'impossibilite qu'il
y a de resoudre certaines equations quadratiques (Cardano 1545) au cours des siecles
suivants, ils deviennent de plus en plus importants (Descartes 1637 voir HW97, pages
56{59] pour plus de precisions). Euler decouvre leur grande utilite dans toutes les branches
de l'analyse, et introduit (en 1777) le symbole
i = 1 i.e. i2 = 1
p
; ; (1.1)
gr^ace auquel les nombres complexes prennent la forme
z = x + iy: (1.2)
Des le debut du 19e siecle (Gauss 1799, Argand 1806), on identie les nombres complexes
0C avec le plan de Gauss (ou plan d'Argand) IR2 (voir Fig. 1.1 a gauche)
C = x + iy x y IR IR2 = (x y) x y IR :
0 f j 2 g ' f (1.3)
j 2 g
complexe conjugue.
Espace metrique. On appelle arg(z) = ' = arctan(y=x) l'argument de z et z = r = j j
La signi cation geometrique du produit est evidente si l'on utilise les coordonnees polaires
c = s(cos + i sin ) c z = sr (cos( + ') + i sin( + ')) (1.6)
z = r(cos ' + i sin ') )
a l'aide des identites trigonometriques connues (HW97, p. 43]). Ainsi, la multiplication
multiplie les valeurs absolues et additionne les arguments (voir Fig. 1.1 a droite). En voici
un cas important :
zz = x2 + y2 = r2 1 = z et c = cz (z = 0) (1.7)
z r2
)
z r2 6
La fonction exponentielle. Celle-ci (voir HW97, p. 25f]) a ses origines dans les pro-
cessus de \croissance exponentielle", i.e. quand une certaine quantite w cro^$t (ou decro^$t)
proportionnellement a elle-m^eme (populations, bacteries, temperatures, comptes bancaires
etc.). Prenons le facteur de proportionnalite egal a 1 et w(0) = 1 et cherchons a calculer
w(x) pour un x donne, pour l'instant reel. Divisons l'intervalle 0 x] en N parties egales,
alors dw
dx = w devient
w1 = w0 + Nx w0 = (1 + Nx )w0
ex ex ex ex
2 w4 2 2 2
w3
w2
w0 =1 w1 w0 =1 w0 =1 w0 =1
N =4 N =8 N = 16 N = 32
0 x x x xx 0 x 0 x 0 x
N N N N
Fig. 1.2 { Creation de la fonction exponentielle, x reel
Si l'on fait tendre N , ces polygones s'approchent d'une courbe bien connue (voir
! 1
Fig. 1.2), pour laquelle on a d'ailleurs, a l'aide du theoreme du bin^ome et d'un passage a
la limite quelque peu vertigineux (voir HW97, p. 26-27])
w(x) = ex = limN !1(1 + Nx )N = 1 + x + x2!2 + x3!3 + x4!4 + : : : : (1.9)
un secteur de cercle dont y mesure la longueur d'arc (voir Fig. 1.3). Cette gure rend
immediatement \visible" la celebre formule d'Euler
eiy = cos y + i sin y (1.10)
N1 = 4 N1 = 8 N1 = 16 N1 = 32
eiy w4 eiy eiy eiy
w3
w2 y y sin y y
wiy1
N
0 1 0 1 0 1 0 cos y 1
Fonctions complexes
\ dass Riemann es unterlassen hat, bei der Veroentlichung sei-
:::
ensemble. Une fonction qui associe a chaque z U un w = f (z) V est une fonction
2 2
w = f (z) (u v) IR2 et arrivons a deux fonctions u(x y) v(x y) (les coordonnees du
' 2
point w) de deux variables reelles (x y) (les coordonnees du point z) (voir Fig. 1.4).
Si un point z1 se met en mouvement le long d'une courbe , alors le point image w1
bougera le long d'une autre courbe f ( ) si un point z2 remplit une surface H (\the horse
of Sarah"), alors le point image w2 remplira une surface f (H ) (voir Fig. 1.4).
Plusieurs exemples vont nous aider a nous familiariser avec cette matiere. On va constater
que des formules tres simples donnent deja lieu a des situations assez compliquees:
Exemple 1.2 Soit c = a + ib un nombre complexe xe. Prenons
w = c z:
(1.13)
1 L'humour russe de l'ere sovietique a rajoute a cela deux autres \constantes universelles" : 2 87
: :
roubles pour 1 litre de vodka et 1 49 roubles pour une demi-bouteille, ainsi que l'equation fondamentale
:
w = cz
c
1 z 1 c
−1 1 −1 1
−1 −1
^etre fondamentale, plus tard, pour toute la comprehension des fonctions dierentiables
(holomorphes).
Exemple 1.3
w = z2 (1.15)
fonction illustree en Fig. 1.6. En coordonnees reelles, nous avons
u + iv = (x + iy)2 = x2 y2 + 2ixy u = x2 y 2 ;
(1.16)
;
v = 2xy: )
u = a2 4va2
2
u = a2 y2 v = 2ay
; ) ; (1.17)
z = √w w=z2
1 1
−1 0 −1 1
−1 −1
w
2 z 2
1 1
−2 −1 1 2 −2 −1 1 2 3
−1 −1
−2 −2
−3
des paraboles. Les lignes horizontales (y = b) deviennent des paraboles aussi (voir Fig. 1.6).
Nous observons que pour chaque w = 0, cette fonction possede 2 preimages (un chat gris
6
1 1
z
−1 1 −1 1
−1 −1
ou
u = 11 + yy2 v = 1 +2yy2 satisfont u2 + v2 = 1:
2
;
;
; (1.20)
Ces expressions ne nous sont pas etrangeres : : :, elles creent une representation rationnelle
du cercle (cos ' et sin ') et les nombres pythagoriciens (voir HW97, p. 123]).
Exemple 1.5 (Transformation de Joukovski 1910)
w = 21 z + z;1 (1.21)
illustree en Fig. 1.8. Cette fonction transforme respectivement les cercles centres en 0 et
les rayons passant par 0 en une famille d'ellipses et d'hyperboles confocales. Pour prouver
ce fait, posons z = r ei' :
w = 2r ei' + 21r e;i' = 2r + 21r cos ' + i 2r 21r sin '; (1.22)
d'ou u = ( 2r + 21r ) cos ' et v = ( r2 21r ) sin ' et on voit que
;
u2 + v 2 = 1 et u2 v2 = 1: (1.23)
( 2r + 21r )2 ( 2r 21r )2
; cos2 ' ;
sin2 '
Remarque. L'image d'un cercle, astucieusement place (voir Fig. 1.8 en
trait discontinu le cercle doit passer par le point z = 1), pourrait res-
sembler a un prol d'aile d'avion. Cela montre l'importance (historique)
de la transformation de Joukovski en aerodynamique.
Exemple 1.6 (Fonction exponentielle) La fonction exponentielle
w = ez (1.24)
z = log w w = ez
3 3
−1 0 1 −1 1/e 1 e
−3 −3
peut ^etre decrite par ez = ex eiy = ex (cos y + i sin y), a l'aide de la formule d'Euler
(1.10) elle est illustree en Fig. 1.9. Les lignes z = Const se transforment en cercles
<
concentriques (de rayon ex), les lignes z = Const deviennent des rayons passant par 0
=
(d'angle y). Quand y progresse de a +, la valeur w s'enroule autour du plan complexe.
;
Comme pour les fonctions reelles, on a pour les fonctions complexes plusieurs facons
de denir la dierentiabilite (voir [Link]. HW97, II.1 et III.6]): une fonction f : U V
x !
f (z) f (z0) 0
!z0 z z0 = f (z0 )
zlim (2.1)
;
tionnelles, series convergentes dont la derivee converge uniformement) restent les m^emes.
Mais: une fonction complexe f : C C dierentiable comme fonction IR2 IR2
0 ! 0 !
(dans le sens de HW97, IV.3]) n'est pas forcement C -dierentiable: pour convaincre les
x 0
h!0 h h!0 h
@u @v
=
@x + i @x
h
(2.5)
lim f (z + ih );f ( z ) = lim u ( x y + h ) u( x;y ) + i ( v ( x y + h) v (;x y ))
h!0 ih h!0 ih
ih
@u
= i @y + @y :
;
@v
(2.6)
On voit immediatement:
Theoreme 2.1 (Conditions de Cauchy-Riemann) Si f est C -di erentiable, alors 0
direction de h. On a
@v !
0 @v @u 1
f (z + h ) f (z ) 0(z) = 1 @w @w @u
@x @x = @ @y @y A : (2.8)
lim = f i
; ;
h!0 h 2 @x @y @v @u @u @v
; '
@x @x @y @y ;
(1.13) avec (1.14) prouve que cette derniere matrice doit ^etre de la forme
! @u @u !
a b = @x @y
@v : (2.14)
;
b a @v
@x @y
Les equations de Cauchy-Riemann, ainsi que les dernieres expressions pour f 0(z) dans
(2.8), deviennent clairement visibles.
Contre-exemple. La fonction
f (z) = zz 4
5
j j
(2.15)
est continue, possede des derivees partielles par rapport a x et y et satisfait en z = 0
les conditions de Cauchy-Riemann. Pourtant, elle n'est pas C -dierentiable (voir stereo-
0
x x
y y
v v
x x
y y
morphe dans U . Une fonction est holomorphe en un point z0 si elle est holomorphe dans
un voisinage B"(z0).
Gauss a adresse l'article mentionne ci-dessus a la Societe Royale de Copenhague. Pour trai-
ter des problemes en geodesie et en cartographie, on recherche des applications \similaires
dans leurs plus petites parties", c'est-a-dire pour lesquelles des triangles innitesimaux
(ou des courbes qui se croisent) preservent leurs angles. Riemann a alors remarque que
chaque fonction dierentiable dans C possede cette propriete remarquable, a condition
0
z w = f(z)
α6
α7 α7
α6 α5
f(H) w5
H α5 α3
α8 z5
α3 α8
α2 α2 α4
α1 α4 w4
α1
z1 z4 w1
L'explication du phenomene est simple: plus on s'approche d'un point zk , plus le terme
d'erreur dans (2.3) devient negligeable et, localement, la fonction f (z) f (z0) n'est rien ;
d'autre que le produit f 0(z0 ) (z z0), application qui, sous la forme c z, a ete analysee
;
w0, une fonction inverse f ;1 : V U (voir \Theoreme d'inversion locale", Analyse IIB,
!
a nouveau une matrice de la m^eme forme, donc f ;1 est holomorphe. Les applications
bijectives f : U V holomorphes dans les deux sens s'appellent biholomorphes.
!
kraft, oder die Electricitat, oder den Magnetismus, oder das Gleich-
gewicht der Warme handelt."
(Manuscript de Riemann 1850, Werke p. 545.)
1.5
1.0
.5
.0
−2 −1 0 1 2
−.5
−1.0
−1.5
Remarque. Nous allons voir plus tard que chaque fonction holomorphe est inniment
dierentiable. L'hypothese concernant les deuxiemes derivees sera donc super%ue.
Gr^ace a cette decouverte, Riemann a ouvert l'application des fonctions holomorphes
a de nombreux problemes de la physique, puisque cette equation est satisfaite par le po-
tentiel gravitationnel d'un corps (Laplace 1785, voir Oeuvres I, Mecanique celeste, publie
1843, p. 157), par les champs electriques et magnetiques (Gauss et W. Weber a Gottin-
gen) et par la chaleur en equilibre (Fourier 1807 cf. citation de Riemann ci-dessus). Il
faut rajouter a cette liste certains mouvements de liquides (les mouvements sans rotation-
nel d'Alembert 1752, Helmholtz 1858). Ainsi, chaque dessin des exemples de la section
I.1 peut representer les lignes d'ecoulement d'un %uide, les lignes de force d'un champ
electrique, magnetique ou gravitationnel, les lignes equipotentiels, les lignes de tempera-
ture constante ou les lignes d'un %ot calorique (plus precisement, les lignes des images
de gauche sont les lignes de niveau de la partie reelle et partie imaginaire de la fonc-
tion inverse f ;1 ). Un exemple interessant nous est donne par le le potentiel d'un dip^ole
(ou l'ecoulement d'un liquide sortant d'une source et rentrant dans un trou) cree par la
fonction holomorphe w = log(z + 1) log(z 1) (voir Figure 2.4).
; ;
= g(a0 y) dy + f (x b) dx : b
b0 a0 b0
a0 ax
Si l'on derive la derniere equation par rapport a a, et celle du milieu par rapport a b, on
obtient
@U = f (a b) @U = g(a b): (3.6)
@a @b
Finalement, en calculant les derivees partielles croisees de ces deux expressions (et en
utilisant a nouveau le theoreme de Schwarz HW97, p. 317]), on arrive a (3.4) comme
condition necessaire.
Inversement, on voit, en evaluant les integrales doubles
Z bZ a @g Z aZ b @f
dx dy = dy dx
b0 a0 @x a0 b0 @y
= = (3.7)
Z b Z a
g(a y) g(a0 y) dy =
; f (x b) f (x b0) dx
;
b0 a0
que les deux dernieres lignes de (3.5) determinent la m^eme fonction U (a b). La condition
(3.4), si elle est satisfaite partout a l'interieur du rectangle, est donc susante aussi.
Remarque. Les formules (3.7) se laissent transformer en une relation entre une integrale
curviligne sur un lacet ferme et une integrale double, la formule de Green (voir cours
d'Analyse I voir aussi gure 3.1).
Intégrales curvilignes
\Der stetige U bergang von einem (complexen) Werthe von zu einem
x
anderen + geschieht demnach durch eine Linie und ist mithin auf
a bi
unendlich
R ( ) nach viele Arten moglich. Ich behaupte nun, dass das Integral
' x dx zwei verschiednen U bergangen immer einerlei Werth
erhalte Dies ist ein sehr schoner Lehrsatz, dessen eben nicht schwe-
:::
z4
z = γ(t)
z3
z2
z1
b0 c0
a0 a x
Fig. 3.2 { Chemin pour integrale curviligne (a droite: dessin de Riemann, Neuen96,
p. 97])
Idee. On place sur la courbe une suite de points c0 = z0 z1 : : : zn = c et on pose
Z
f (z) dz := lim f (z0 ) (z1 z0 ) + f (z1) (z2 z1 ) + : : : + f (zn;1) (zn zn;1 ) (3.9)
; ; ;
ou la limite est prise sur des subdivisions de plus en plus nes de la courbe.
Calculs. Supposons que la courbe soit determinee par une application : 0 1] ! C,
0
qui soit contin^ument dierentiable . Inspires par zk = (tk ), pour lesquels zk+1 zk
2
;
Z Z1
f (z) dz := f ( (t)) 0 (t) dt (3.10)
0
insere dans (3.10) donne deux fois la m^eme chose, gr^ace a la formule de substitution d'une
variable (HW97, p. 112]).
Chemin renverse. On a Z Z
f (z) dz = f (z) dz (3.11)
;
;
ou est le chemin parcouru dans le sens inverse.
;
2(0) = 1(1). Alors nous ecrivons pour le chemin compose des deux chemins = 1 + 2
en posant
2 Le choix de 0 et 1 pour les bornes du parametre est arbitraire, nous aurons ainsi moins de lettres
:
dierentes.
( γ1
(t) = 1(2 t) if 0 t 12 γ2
(3.12)
2 (2t 1) if 12 t 1:
;
γ
Existence de primitive. Si on applique la fonction U (a b) de (3.5) aux deux integrales
dans (3.2), on tombe sur deux fonctions U (x y) et V (x y). Ensuite, les equations (3.6)
montrent que F (z) = U (x y) + iV (x y) satisfait F 0(z) = f (z), i.e., F est primitive de f ,
et la premiere formule dans (3.5) devient
Zc
f (z) dz = F (c) F (c0): ; (3.13)
c0
Le m^eme resultat reste valable pour une integrale curviligne
Z
f (z) dz = F ( (1)) F ( (0)) ; (3.14)
car f ( (t)) 0(t) = (F ( (t)))0 (voir HW97, Thm. III.6.7 et III.6.13]), cela donne la version
C
c0 γ1 c0 γ
Remarques. Cauchy a demontre le Th. 3.2 par une homotopie reliant 1 a 2 (cf. Remm91,
p. 196], Bottazz86, p. 153]). Un autre acces a ce resultat est donne par (3.14). Riemann
(1851, cf. Figure 3.1) demontre le Th. 3.3 a l'aide d'une des Formules de Green (1828,
dans un travail sur l'electricite et le magnetisme).
C C C
Δ4 Δ3
Δ Δ2
Δ1
Soit alors & un triangle et soit f dierentiable sur & (cf. Figure 3.5). Nous devons
demontrer que Z
f (z) dz (3.20)
@
est nulle. A l'aide des centres de chacun des trois c^otes, on decoupe & en 4 triangles
semblables, mais deux fois plus petits. De ces 4 triangles, nous en choisissons un, &1,
pour lequel l'integrale (3.20) est maximale (en valeur absolue). Ensuite nous continuons
de subdiviser &1 de la m^eme facon et arrivons a une suite & &1 &2 &3 : : : avec
Z Z Z
f (z) dz 4 f (z) dz : : : 4n
f (z) dz ::: : (3.21)
@ @ 1 @ n
L'intersection de cette suite contient un point z0 , car les &k sont compacts. Inserons alors
(2.3) (f est C -dierentiable en z0 ) dans (3.21)
0
Z Z Z Z
f (z) dz = f (z0 ) 0
dz + f (z0) (z z0) dz +
(z z0 ) (z z0) dz: (3.22)
; ;
@ n @ n @ n @ n
Les deux premieres integrales sont nulles, car il est facile de trouver une primitive. Esti-
mons la derniere:
Soit " > 0 donne. Il existe un tel que (z z0 ) < " pour z z0 < . Prenons alors n
j j j ; j
assez grand pour que &n B (z0 ). Alors z z0 Const 2;n et L(@ &n ) Const 2;n.
j ; j
Tout cela insere dans (3.16) pour la troisieme integrale de (3.22), donne pour (3.21)
Z
f (z) dz 4n " Const 2;n Const 2;n:
(3.23)
@
Le " etant arbitraire, cette integrale doit ^etre nulle.
γ γ1 D1
γ
D γ3 γ2 D2
Z1
e;(1+i)2 t2 (1 + i) dt = 2 :
p
(3.25)
0
(3.26)
0 0 4
et, a l'aide de substitutions, nous avons
Z1 Z1 1 r Z 1 cos t Z 1 sin t r
cos t dt = sin t dt = 2 2
2 2
et dt = dt = 2 (3.27)
t t
p p
0 0 0 0
(formules a(rmees en HW97, p. 131]), de maniere plus elegante qu'en HW97, page 350].
Le Logarithme
c c1·c2
γ
a) γ2 b) c)
c1·dz
c1·γ2
r γ3 c2
c1
c1·z dz
dz γ2 γ1
dϕ ϕ z
ϕ z 0 1 γ1
0 0 1
Fig. 3.7 { Chemins pour integrales logarithmiques
R
\Wurde das Integral @B ( ; );1 verschwinden, so gabe es
::: c d
Le chemin 3 = 2 c1 relie donc c1 a c2 c1. Toutefois, comme (c1 dz)=(c1 z) = dz=z, les
integrales de dz=z sur 2 et 3 seront les m^emes. Nous avons donc (voir Figure 3.7, dessin
(c)) Z Z Z Z Z
log(c1 c2) =
= + = + = log c1 + log c2: (3.31)
1 +3 1 3 1 2
Cauchy nomme cette integrale, pour une raison evidente, le compteur logarithmique. La
branche (3.32) (avec k = 0) est appelee branche principale. Chaque formule sur le loga-
rithme (par ex. (3.31)) peut necessiter un terme de correction 2ik. 3
3 J'ai soumis l'Exercice Numero 1, apparemment contradictoire, a mon collegue E. Hairer, pour tester
:
son intelligence il a toute de suite repondu: \Il y a certainement un truc de 2 la dedans", ce qui n'a
ik
D*
c −α
z
α a
−β
γ
Fig. 4.1 { Chemin pour la preuve de la formule de Cauchy (
a droite: manuscript de
Riemann, Neuen96, p. 120]).
Demonstration. On choisit un z 2 D xe. La fonction de dans l'integrale (4.1) est
holomorphe partout en D, sauf en = z. On doit donc o^ter ce point \chirurgicalement".
Soit c le \centre de l'etoile" D (voir Def. 3.1), et soit a la projection de z a partir de c sur
le bord de D (cf. Figure 4.1). Le domaine D = D z a] est donc etoile (pour le m^eme
n
centre c).
Pour un > 0, notons le cercle centre en z de rayon . Le theoreme decoule des
deux egalites suivantes :
Z f ( ) Z f ( ) Z 1
d = d = f ( z ) d (4.2)
z z z
; ; ;
La deuxieme equation de (4.2) resulte du fait que f (z) est continue. Nous estimons
simplement la dierence
Z f ( ) f (z) 1 L < " 1 2 = 2" 0: (4.3)
;
z d max j f ( ); f (z ) max
j
z !
; ;
Dérivées Supérieures
Commencons par chercher une expression pour f (z) f (z0): rien de plus simple que de
;
calculer
1 1 = z z0
z z0 ( z)( z0 ) (4.4)
;
;
; ; ; ;
Cette identite algebrique peut ^etre inseree dans la formule de Cauchy. On obtient
Z
f (z) = f (z0 ) + 2i ( zf)(() z ) d (z z0 ):
1 ; (4.5)
; 0 ;
A l'aide de (2.4) (la formulation de Caratheodory), on voit que f (z) est dierentiable (ce
n'est pas encore tres excitant, nous le savons deja), et que la derivee est l'expression (z)
de (2.4) avec z remplace par z0. Ainsi, nous obtenons
Z
f 0(z) = 21i (f (z))2 d (4.6)
;
1 1 = ( z) + ( z0 ) (z z )
; ;
(4.7)
( z)2 ( z0)2 ( z)2 ( z0 )2
;
;
; ; ;
0 ;
(utiliser a2 b2 = (a + b)(a b) pour la prochaine derivee on utilisera a3 b3 = (a2 +
; ; ;
Z
f 0(z) = f 0(z0) + 21i ((( zz))2+(( z z)02)) f ( ) d (z z0 ):
; ;
; (4.8)
; ; 0
Si l'on continue de la m^eme facon avec f 00(z) etc., on arrive a notre premiere surprise :
Theoreme 4.2 Soit f (z) holomorphe dans D et continue sur D* . Alors pour tout z D 2
Remarque. On peut facilement obtenir les integrales (4.10) par dierentiation de l'inte-
grale (4.1) \par rapport au parametre z" (cf. HW97, p. 310]) mais il faut s'occuper de
la validite des conditions de Cauchy-Riemann.
Inégalités de Cauchy
Theoreme 4.3 Soit f (z) holomorphe dans D et continue sur D* . Soit f ( ) j j M sur le
bord 2 @D. Alors pour tout z 2 D
f (k)(z)k! M L( )
(4.11)
j
2 rk+1
j
ou r est la plus petite distance du point z au bord @D (cf. Figure 4.2).
⎥ ƒ⎥ ≤ M
r
z
Exemples. Les polyn^omes, les fonctions exp(z), cos(z), sin(z) sont des fonctions entieres.
Theoreme 4.5 (Theoreme de Liouville) Chaque fonction entiere et bornee est une
constante.
Demonstration. Puisque c'est tellement facile, degustons en deux:
1. Utilisons l'inegalite de Cauchy (4.11) pour un cercle de rayon R centre en z, ce qui
donne
jf
(k)
R (z)j k! Mk : (4.12)
Si on fait tendre R (par hypothese M est independant de R), on arrive a f (k)(z) = 0
! 1
pour k 1 et pour z.
8 8
≥ R-r ζ
z
r R
z0
Fig. 4.3 { Estimation pour la deuxieme preuve du Th. de Liouville
2. On majore l'integrale (4.5). Supposons z0 et z xes de distance r et prenons pour un
cercle de rayon R centre en z0 . Ainsi z R r (cf. Figure 4.3) et nous obtenons
j ; j ;
;
(4.13)
Pour R , cela tend vers zero. Donc f (z) = f (z0), i.e. f est constant (cf. Cauchy
! 1
theoreme a ete chaudement discute pendant des siecles (Tschirnhausen Leibniz croyait
avoir un contre-exemple en x4 + a4 = 0 d'Alembert). Plusieurs applications (integration
de fonctions rationnelles (Joh. Bernoulli 1702), equations dierentielles a coe. constants
(Euler 1743), perturbations seculaires d'orbites des planetes, valeurs propres (Lagrange
1770)) ont toujours reactualise le probleme et conduit a plusieurs tentatives de demons-
tration (p. ex. Euler 1749, Opera Omnia 6, p. 78-147, Laplace 1797). Finalement, Gauss
(1799) a consacre toute sa these a 4 demonstrations de ce \Grundlehrsatz". Une revue
sur une centaine de demonstrations (correctes et fausses) a travers l'histoire par E. Netto
et R. Le Vavasseur se trouve dans Encycl. des Sc. Mathematiques T. I, vol. 2, p. 189-205,
et vaut la peine d'^etre consultee.
Le fait que ce theoreme devienne ici un \jeu d'enfants" de quelques lignes, nous laisse
une fois de plus songeurs quant a la puissance de la theorie que nous venons de decouvrir:
Theoreme 4.6 (Theoreme Fondamental de l'Algebre) Pour chaque polyn^ome
p(z) = an zn + an;1zn;1 + : : : + a0 avec ak 2 C0 et an 6= 0 (4.14)
il existe un z 2 C0 avec p(z) = 0.
Demonstration. Si jz j = r, on a
an;1 h i
p(z) rn + : : : + an0 :
an j j
(4.15) j j
j j
r j
rj ;
Supposons que p(z) n'ait pas de racine. La fonction f (z) := 1=p(z) serait donc entiere.
La minoration precedente montre que
f (z ) 2
j
an rn pour r R.
j
j j
(4.16)
Par compacite de BR (0), la fonction f est donc bornee partout (cf. HW97, p. 289]). Cela
contredit le Theoreme de Liouville, car f n'est pas constante.
Théorème de la Moyenne
La Formule de Cauchy devient particulierement simple si est un cercle centre en z. Dans
ce cas, similairement a l'integrale du logarithme (3.29), on a d=( z) = i d'. ;
f (0) doit aussi ^etre zero. Cela est impossible, car f (0) = 1=p(0) = 0. 6
Principe du Maximum
On doit ce theoreme a Riemann 1851, p. 22] pour les fonctions harmoniques. D'apres
Remm91, p. 259], l'auteur de ce resultat important, pour le cas des fonctions holomorphes,
est inconnu. Les premieres traces semblent ^etre un article de Schottky (1892) et de Cara-
theodory (1912).
Lemme 4.8 Soit f holomorphe dans un ouvert D, continue dans D* . Si un point c D 2
z ƒ ƒ(c)
r M ƒ(z)−ƒ(c)
M
c
ƒ(z)
rotation et
translation
Fig. 4.4 { Preuve du Lemme
Demonstration. Si f (c) = 0, le Lemme est evident. Sinon, posons M = jf (c)j. D'apres
l'hypothese, 9 r > 0 tel que jf (z)j M pour z = c + rei', 0 ' 2. Regardons
l'image de cette courbe placee dans le cercle B*M (0). Avec une rotation, nous ramenons le
point f (c) sur l'axe reel et apres la soustraction g(') = f (z) ; f (c) = f (c + rei') ; f (c)
ce point revient a l'origine. Par le Theoreme de la Moyenne
Z 2
g(') d' = 0: (4.18)
0
(4.18) impliquent que g(') = 0 ' (cf. HW97, p. 233, Ex. 5.5]). Mais le seul point, ou
< 8
le cercle en question touche l'axe imaginaire, est 0. Ainsi g(') = 0 et f (z) est constante
sur le bord de Br (c). Le facteur f ( ) peut donc sortir de l'integrale (4.1), ce qui entra^$ne
que f (z) est constante partout dans ce cercle.
M, 8 z @D, alors
2
jf (z) < M
j 8 z D
2 (4.19)
(sauf si f (z ) = Const dans D).
Demonstration. Soit M 0 = supz2D jf (z )j. Si les seuls points maximaux sont sur @D, alors
M 0 = M et les autres points satisfont (4.19). Sinon, 9 c 2 D 4 avec jf (c)j = M 0 . Le
clou de la demonstration consiste a regarder l'ensemble E = fz 2 D* f (z) = f (c)g, qui
est non vide (car c 2 E ), ferme (Th. de Hausdor HW97, p. 295]), et ouvert dans D*
(Lemme). Comme D* est connexe, E = D* .
application :
1
X
f (z) = a0 + a1 (z z0 ) + a2 (z z0 )2 + a3 (z z0 )3 + : : : =
; ; ; ak (z z0 )k
; (5.1)
k=0
ou Z
f z
ak = k! = 2i ( f (z ))k+1 d:
(k )
( 0) 1 (5.2)
@D 0 ;
La serie converge vers f (z) (au moins) dans chaque cercle de rayon < , ou est la plus
petite distance entre z0 et le bord @D.
Remarque. Pour la \prehistoire" de ce theoreme, voir HW97, p. 93-94, 115-116, 250f].
La version \complexe" a ete trouvee par Cauchy 1831 en m^eme temps que la formule
(4.1). D'apres Lagrange (1797), les fonctions developpables en series entieres s'appellent
fonctions analytiques.
Demonstration. Le theoreme est vrai tout simplement parce que la fonction
1 = 1 = 1 1
z z0 (z z0 ) z0 1 z;;zz00
; ; ; ; ; ;
(5.3)
1 z z ( z z 0)
2
=
z + ( z )2 + ( z )3 + : : :
0 ; ;
; 0 ; 0 ; 0
possede un tel developpement en serie. Pour prouver la convergence, nous ecrivons l'iden-
tite (4.4) sous la forme
1 = 1 + z z0 1 : ;
(5.4)
z z z z ; ; 0 ; 0
;
4 Comme
: D est ouvert, le est, en fait, superu. Il a ete laisse pour eviter tout malentendu.
On peut maintenant reinserer l'expression pour 1=( z) a droite pour obtenir successi-
;
vement
1 = 1 + z z0 + z z0 2 1 ; ;
(5.5)
z z0 ( z0 )2 z0 z
; ; ; ;
;
1 = 1 + z z0 + (z z0)2 + z z0 3 1
; ;
(5.6)
;
z z0 ( z0 )2 ( z0 )3 z0 z
; ; ; ; ;
;
et ainsi de suite. Si on insere (5.5), (5.6), etc., dans la formule de Cauchy (4.1), on obtient
precisement la serie (5.1), ou les coe(cients sont les derivees superieures par (4.10). Le
reste apres k termes est par (5.6)
Z z z0 k+1 f ( )
Rk = 21i z d:
;
(5.7)
@D z0
; ;
1 k+1 M L( )
Rk
(5.8)
2 r j j
avec r comme dans (4.11). Ce terme tend donc vers zero si k ! 1 et la serie converge
vers f (z).
Exemple 1.
Z z d Z z d Z z
log z = = = 1 ( 1) + ( 1) 2
: : : d
1 1 1 + ( 1) 1 ; ; ; ;
;
(5.9)
= (z 1) (z 1) + (z 1) (z 1) + : : :
2 3 4
; ; ;
2 3 4
; ; ;
On voit en Figure 5.1 que la serie converge pour z 1 < 1. Cela n'est pas etonnant, car
j ; j
x x
ℜw n = 24 ℑw n = 24
y y
x x
x x
1 n
X
anz = a0 + a1z + a2 z2 + a3 z3 + : : : (5.10)
n=0
s'appelle une serie entiere. Independamment des questions de convergence, ces series
forment \l'algebre C z]] des series formelles".
0
de convergence seront donc des cercles, tel qu'on peut les observer en Figure 5.1. Il est a
nouveau vrai que si la serie converge pour un certain ze, alors elle converge automatique-
ment pour chaque z avec z < ze .
j j j j
Pour chaque avec < , la serie (5.10) converge uniformement sur B (0).
Pour le rayon de convergence , on a les formules habituelles
= nlim an
!1 an+1j si la limite existe (Cauchy) (5.12)
j j
et
= 1q (Formule de Hadamard 1892): (5.13)
lim sup n an
n!1
j j
(z peut bouger, mais reste xe, voir g. 5.2). Idee: On intercale un avec < 1 entre
et . Ainsi,
q qn
lim sup n an < (def. du limsup) an
n N
n!1
j j ) j j 8
√|a2| 4√|a |
4
z
ρ θ/η
limsup
η
|a1|
0 3
√|a3|
et notre serie est uniformement majoree par la serie geometrique (convergente) nous avons
convergence absolue et uniforme (Critere de Weierstrass HW97, p. 216]).
Au cas ou z > , on obtient anzn n pour un nombre in ni de n et un > 1. Il
j j j j
y a donc divergence.
Preuve de (5.14) et (5.15): Par Hadamard et le fait que n n 1.
p
!
Par consequent, une serie entiere represente a l'interieur de son cercle de convergence
une fonction continue.
Mais! Il n'est pas encore etabli qu'une serie entiere represente a l'interieur de son cercle
de convergence une fonction C -dierentiable (avec derivee (5.14)). Pour voir cela, nous
0
f (z) = a0 + a1 z + a2 z2 + a3 z3 + : : : (5.16)
et
f (z0) = a0 + a1 z0 + a2 z02 + a3 z03 + : : : (5.17)
on obtient
f (z) f (z0 ) = (z) (z z0 )
; ; (5.18)
avec
(z) = a1 + a2 (z + z0) + a3 (z2 + zz0 + z02 ) + a4 (z3 + z2 z0 + zz02 + z03 ) + : : : : (5.19)
On voit tout de suite que (z0) sera la derivee annoncee en (5.14). Il nous reste a verier
que la fonction (z) est continue. Le n-ieme terme de la serie pour (z) donne l'estimation
an(zn;1 + zn;2 z0 + : : : + z0n;1 ) n an n;1:
j (5.20)
j j j
C'est le terme general, en valeur absolue, de la serie (5.14) pris au point . Nous savons que
cette serie converge absolument, et nous avons trouve une serie convergente qui majore la
serie (5.19) independamment de z. Le \Critere de Weierstrass" (cf. HW97, p. 217]) assure
alors la convergence uniforme et, avec elle, la continuite (cf. HW97, p. 215]). Nous avons
obtenu :
Theoreme 5.2 Une serie entiere represente a l'interieur de son cercle de convergence
une fonction holomorphe. La serie peut ^etre derivee terme par terme. Elle est in niment
di erentiable a l'interieur de ce cercle.
Exemples de Séries
\... & ils se jettent sur les series, ou M. Newton m'a precede sans
di culte..."
(Leibniz, pendant le dispute de priorite contre Newton)
Le premier virtuose des series entieres fut Newton. Agace par un livre au ton pompeux
Logarithmo-technica de N. Mercator sur la serie de log(1 + z ) (1668 ne pas a confondre
avec l'auteur de la \carte de Mercator"), Newton presente un manuscript De analysi a son
Prof. Barrow, avec interdiction de le passer plus loin, ou, pire encore, de le faire publier.
Cette cachotterie fut la cause, quelque 30 ans plus tard, de violentes disputes de priorite
entre Newton et Leibniz. Le comportement de Newton et de ses disciples (Fatio, Taylor,
Maclaurin) fut la cause de l'isolement scientique et du declin des mathematiques en
Grande Bretagne.
Le manuscript de Newton contient presque toutes les series des fonctions elementaires
connues. Voici une liste:
1;z = 1 + z + z + z + z + : : : z <1 (serie geometrique)
1 2 3 4
j j
vir d'exemples dans les theories qui suivent. Seule la serie de tan z ne montre pas un
comportement \regulier". Elle va nous interesser plus tard.
Exemple: la serie pour arctan. Vue dans le reel, la fonction y = arctan x est parfaite-
−1 0 1
de Taylor (voir Figure 5.3 a gauche) refuse de servir au-dela des points 1. Mais, vu dans
0 C (a droite), on remarque que les singularites en i sont la cause du desastre. Ces sin-
gularites viennent de log((1 + z)=(1 z)), car pour z iz, la serie pour l'arctan devient
; 7!
evidence toutes les deformations que la fonction holomorphe correspondante a une somme
nie fait subir aux sardines de Stephane. Une copie transparente de la limite ez , fournie
par les soins de la Section de maths et posee sur les dierents dessins, montre comment
la situation s'ameliore avec n grandissant.
k=1 k=2
3 3
1 e 1 e
−3 −3
k=3 k=5
3 3
1 e 1 e
−3 −3
k=7 k=9
3 3
1 e 1 e
−3 −3
Nous rappelons qu'une serie a1 + a2 + a3 + : : : converge si (: : : pout tout " etc etc")
an+1 + an+2 + : : : + an+k < "
j (5.25) j
Nous voyons en (5.24) que les s0m se rapprocheraient necessairement des sn si (5.26) etait
satisfait, i.e. si nous avions convergence absolue par contre, (5.25) n'est pas su(sant (voir
HW97, p. 193-194]).
Rearrangement de series doubles. Les m^emes idees (seulement l'ecriture est un peu
plus compliquee) montrent (pour plus de details voir HW97, p. 196]) : un schema double
de nombres (complexes)
a00 a01 a02 a03 : : :
a10 a11 a12 a13 : : :
a20 a21 a22 a23 : : : (5.27)
a30 a31 a32 a33 : : :
: : : :
peut ^etre arbitrairement additionne en colonnes ou en lignes ou en arrangement P P lineaire, et
donne toujours la m^eme somme, si le schema converge absolument, i.e. si i=0 mj=0 aij
m j j
B uniformement en m.
Somme et Produit. Soit f (z) = a0 + a1 z + a2z2 + a3 z3 + : : : et g(z) = b0 + b1 z + b2z2 +
b3 z3 + : : : deux series avec rayon de convergence 1 et 2 respectivement. Alors
f (z) + g(z) = (a0 + b0 ) + (a1 + b1 )z + (a2 + b2 )z2 + : : : + (an + bn)zn + : : : (5.28)
X
n
f (z) g(z) = (a0 b0)+(a0b1 + a1b0 )z +(a0b2 + a1b1 + a2b0 )z2 + : : :+
aj bn;j zn + : : : (5.29)
j =0
Les deux series possedent un rayon de convergence min( 1 2). La premiere est
la somme terme par terme de deux series convergentes (HW97, p. 175]). La deuxieme
s'appelle \Produit de Cauchy". La preuve se base sur le fait que le produit des deux series
ci-dessus correspond a une addition du schema double compose de aj bk zj+k en lignes ou
colonnes. Le produit de Cauchy est un arrangement lineaire en diagonales ascendantes.
La convergence absolue est assuree par z < min( 1 2 ).
j j
Quotient. Pour calculer f (z)=g(z), il su(t de conna^$tre 1=g(z) car f (z)=g(z) = f (z)
(1=g(z)). On peut aussi diviser la serie par b0 (qui doit ^etre = 0) et commencer la serie 6
c2 = c1 b1 b2
; ;
c3 = c2 b1 c1 b2 b3
; ; ; (5.32)
c4 = c3 b1 c2 b2 c1 b3 b4
; ; ; ;
::: :
Demonstration de convergence: Appliquons l'inegalite du triangle a (5.32) :
c1 b1
j j j j
c2 c1 b1 + b2
j j j jj j j j
c3 c2 b1 + c1 b2 + b3
j j j jj j j jj j j j (5.33)
c4 c3 b1 + c2 b2 + c1 b3 + b4
j j j jj j j jj j j jj j j j
::: :
q4 g q
Supposonsqque laqserie pour soit convergente. Donc, par Hadamard, les elements de la
suite b1 , b2 , b3 , b4 , 5 b5 : : : sont bornes, et nous avons
j j
3
j j j j j j j j
bn
j j qn : (5.34)
L'idee principale consiste maintenant a inserer ces estimations dans (5.33) et a remplacer
tous les \ " par des \=". On obtient donc
1 = q
2 = 1q + q2
3 = 2q + 1q2 + q3 (5.35)
4 = 3q + 2q2 + 1q3 + q4
::: :
qui denit une suite de nombres reels 1, 2, 3 : : : et, par construction, nous sommes s^urs
que cn P n. Cela veut dire que la suite des
j j
P n majore la suite des cn et la convergence de
la serie n nz entra^$ne celle de la serie n cnzn . Les equations (5.35) sont equivalentes
n
a (en analogie avec (5.32) et (5.31))
1 = (1 + 1z + 2z2 + 3z3 + : : :) (1 qz q2z2 q3z3 : : :)
; ; ; ; (5.36)
ou
1+ 1z + 2z2 + 3z3 + : : : = 1 qz q2z21 q3z3 : : : = 1 1 qz = 1+ 1 qz2qz : (5.37)
; ; ;
1;qz ; ; ;
La serie de cette derniere expression converge pour z < 1=(2q). Dans ce cas, toutes les
j j
operations ci-dessus sont justiees. Pour chaque serie, dont le premier coecient b0 = 0, 6
F (z) = g(f (z)) (cf. Figure 5.5). On insere la premiere serie dans la deuxieme et on
rearrange la serie en puissances de z:
F (z) = b0 + b1 (a1 z + a2z2 + a3z3 + : : :) + b2 (a1 z + a2z2 + a3z3 + : : :)2 + : : :
= b0 + b1 a1 z + (b1a2 + b2 a21 )z2 + (b1 a3 + 2b2a1 a2 + b3 a31)z3 + : : : (5.38)
= c0 + c1z + c2z2 + c3z3 + c4z4 + : : : :
On voit a nouveau que les coe(cients de la nouvelle serie sont determines recursivement
par des expressions nies (gr^ace a a0 = 0 !) de coe(cients connus.
Pour la justi cation de tous ces rearrangements et la preuve de convergence de la nou-
velle serie, nous employons a nouveau la methode des majorantes: pour majorer toute la
serie double dans (5.38), nous appliquons, de nouveau, l'inegalite du triangle et rempla-
cons tous les coe(cients par des majorants que nous supposons an pn et bn Mqn. j j j j
O O
f
z
z0
O ƒ O
w0
g w
Cette equation peut ^etre resolue facilement (par \separation des variables", HW97,
p. 138])
w w2 q = Mz w=1 1 2qMz
p
2
(1 wq) dw = M dz
; ) ; )
;
q
;
(5.48)
solution, dont la serie converge pour z < 1=(2qM ).
j j
Exemples.
d exp z = exp z exp(0) = 1 (5.46) bn = n1 bn;1 (5.49)
dz )
Retour aux Fonctions Inverses. Nous avons pour la fonction w = f (z) de (5.42)
dw = a + 2a z + 3a z2 + : : : (5.51)
dz 1 2 3
vu, converge. La formule (5.52) est une equation dierentielle. L'algorithme (5.46) (en
d'autres lettres) nous donne pour z la m^eme serie que (5.43) et la convergence en prime.
Exemple. L'equation dierentielle pour la fonction inverse du log est justement (5.49).
Nombres de Bernoulli
\Der elegante Weg durchs Komplexe ist bei der Funktion ( z ; 1)
z= e
ou ! ! ! !
n B + n B + n B + : : : + n B = 0: (5.55)
0 0 1 1 2 2 n 1 n;1
;
Cette formule permet de calculer recursivement les coe(cients Bn, que Euler baptisait
\Nombres de Bernoulli",
B0 = 1 B1 = 21 B2 = 16 B4 = 30
; ;
1 B = 1 B = 1
6
42 8
30
; (5.56)
Figure 5.7, a gauche). Une fois de plus, dans C , le mystere s'eclaircit, car en 2i le
0
−5 0 5
Fig. 5.7 { Serie avec nombres de Bernoulli dans le reel et dans le complexe
denominateur de notre fonction s'annule et produit une singularite (Figure 5.7, a droite).
Le rayon \mysterieux" de convergence est donc = 2.
On observe que, a l'exception de B1 , tous les B2k+1 sont nuls. Cela se conrme imme-
diatement si on soustrait B1z de la fonction (5.53), car le resultat
z + z = z ez=2 + e;z=2 = B + B2 z2 + B4 z4 + B6 z6 + : : : (5.58)
ez 1 2 2 ez=2 e;z=2
; ;
0
2! 4! 6!
est une fonction paire. Nous decouvrons egalement que, si l'on remplace z par iz, la
fraction dans (5.58) est cos(z=2)= sin(z=2). Ainsi, nous avons
1
X
cot z = 1 + ( 1)k 2 B2k z2k;1 :
2k
(5.59)
z k=1 (2k)!
;
nous donne 1
X 2k
1)B2k z2k;1
2k
tan z = (;1)k;1 2
(2
(2k)!
;
(5.61)
k=1
la serie de tan z de maniere plus elegante qu'en (5.21).
lation z0 D. Alors, f1 et f2 sont identiques dans tout le cercle centre en z0 ou les deux
2
series convergent.
Demonstration. (Courant-Hurwitz, p. 31) : d'apres le Theoreme 5.1, les deux fonctions
sont analytiques. Apres une translation, nous supposons que z0 = 0 et nous considerons
la serie entiere pour la dierence
f1 (z) f2 (z) = a0 + a1 z + a2z2 + a3z3 + : : : :
; (6.1)
Nous devons demontrer que ak = 0 8 k. Sinon, soit ak le premier coe(cient = 0. Alors
6
C'est une contradiction, car il existe une sous-suite de zk qui converge vers 0.
Prolongement Analytique
Voici un autre principe, \vu" par Riemann, et devenu un point central de la theorie de
Weierstrass. Il permet, entre autres, d'etendre le theoreme de l'Unicite a tout le domaine
D.
Faisons dans la serie (5.10) f (z) = a0 + a1 z + a2 z2 + a3 z3 + : : : la substitution z =
c + (z c). Nous avons alors
;
= a0 + a1 c + a2c2 + a3 c3 + : : :
+ (z c) (a1 + 2a2c + 3a3 c2 + 4a4 c3 + : : :)
; (6.3)
+ (z c)2 (a2 + 3a3 c + 6a4c2 + : : :)
;
+:::
= b0 + b1 (z c) + b2 (z c)2 + b3(z c)3 + : : :
; ; ;
;;
Les premiere et derniere lignes de ce tableau impressionnant sont des rearrangements en
une serie lineaire du milieu, qui represente une serie double. Pour la double serie ci-dessus,
la condition de convergence absolue devient
ja0 + a1 c + a1 z c + a2 c 2 + 2 a2 c z c + a2 z c 2 + : : :
j j jj j j jj ; j j jj j j jj jj ; j j jj ; j
= a0 + a1 ( c + z c ) + a2 ( c + z c )2 + a3 ( c + z c )3 + : : : M:
j j j j j j j ; j j j j j j ; j j j j j j ; j
(6.4)
Cela est certainement le cas si
c+z c< j j j ; (6.5)
j
B1
ρ−|c| B2
c c
ρ
O O
Soit f (z ) une fonction holomorphe dans B1 B2 qui possede dans B1 la serie convergente
niere unique. Ce procede peut ^etre repete plusieurs fois et permet de remplir un domaine
de plus en plus grand, jusqu'a arriver, eventuellement, a un bord naturel.
Exemple d'une fonction sans prolongement. Il existe des fonctions qui convergent
dans un cercle et qui ne permettent aucun prolongement en dehors de ce cercle. Cette
question est liee a l'existence de fonctions C 1 sans developpement en serie de Taylor
elles
P akont interesse des auteurs comme Fredholm (Acta Math. 15, p. 279, 1891 f (z) =
k z k2 ) et A. Pringsheim (un article agressif et arrogant cf. HW97, p. 256]). Il para^$t
paradoxal que surtout les series convergeant tres vite (comme les \fonctions theta") ont
cette propriete. L'exemple le plus simple est
f (z) = z + z2 + z4 + z8 + z16 + : : : (6.7)
qui, evalue en ei', donne pour la partie reelle
'=0: +1 +1 +1 +1 +1 +::: ! 1
'=: 1 +1 +1 +1
; +1 +::: ! 1
0 6
' = 2 32 : 0 1 +1 +1
; +1 +::: ! 1 (6.8)
3 5 7
' = 4 4 4 4 : 2=2 +0 1 +1
p
; +1 +::: ! 1 0 6
etc.
0 6
0 6
0 6
Theoreme 6.3 Soit D un ouvert connexe et f une fonction holomorphe non constante
dans D. Alors pour chaque ouvert U D l'image f (U ) est ouverte (on dit que f est une
\application ouverte").
Demonstration. Pour comprendre la preuve, etudions le contre-exemple IR2 IR2 de !
la gure 6.5, que les historiens des sciences reconnaissent ^etre la celebre fonction de la
\Figure 2.6" de HW97, p. 295]. A chaque point z1 ou la matrice jacobienne est reguliere,
l'application f possede une fonction reciproque f ;1 (holomorphe, donc continue) denie
dans un voisinage, et f (V ) est l'image reciproque de V pour f ;1, et donc ouverte par le
theoreme de Hausdor (HW97, p. 295]). Examinons alors les points ou la matrice jaco-
bienne est singuliere : ces points forment une ligne 6, le long de laquelle cette application
forme un \pli". Si on choisit un point z0 sur cette ligne, l'image d'une \rustine" U collee
dessus sera plie a cet endroit, et ne sera pas ouverte, i.e. un voisinage de f (z0) n'a pas
d'image reciproque dans U .
Par contre, pour une fonction holomorphe, les points ou la matrice jacobienne est singuliere
sont les points ou f 0(z) = 0, ces points sont isoles, si f n'est pas constante. Dans un
voisinage d'un tel point, la fonction f s'enroule, similairement a la fonction zp, que nous
avons etudie dans la section I.1 (voir Figure 1.6). L'ensemble f (U ) contourne totalement
le point f (z0) (voir Figure 6.6) et est donc ouvert.
5 Celebre topologue neerlandais 1881-1966 (Th. d'invariance de la dimension, Th. du point xe).
:
Farouche adversaire de Hilbert quant a la logique mathematique (\intuitionnisme"), qui le fait ejecter en
1929 comme editeur des Math. Annalen.
6 On obtient pour cette ligne la formule = (4 3 ; 48 2 ; 6 + 11) (24 2 ; 12)
: x y y y = y
y v
f (z0)
1 1
D f
f(U)
−1 1
x −1 1
u
f (z1)
z0
z1 −1 −1
V U f(V)
1 1
D f
f ( z0 )
z0
−1 1
x −1 1
u
z1 −1 −1
f (z1)
La preuve rigoureuse utilise les series : apres des translations, nous supposons z0 = 0
et f (z0) = 0. Soit ap (p 2) le premier terme = 0 de la serie pour f :
6
δ ∼
δ ε
analyse complexe, il est plus naturel de considerer tout l'inni comme un seul point.
Une premiere motivation pour cette convention sont les fonctions rationnelles comme
1=z, la transformation de Cayley (1.18) ou celle de Joukovski (1.21). On voit, par exemple,
en Figure 1.7, que les deux \taches blanches", representant l'exterieur de la gure d'a c^ote,
se rapetissent au point 1, si l'on imagine que l'exterieur s'agrandit a l'inni. Donc, le \point
1" correspond au \point " par cette application.
1
S2 C
0
N
N
α1
α2
A
α3
α4
B C
Fig. 7.1 { Projection stereographique
Une deuxieme motivation est fournie par la projection stereographique, qui projette une
sphere S 2 a partir du \p^ole nord" N sur un plan parallele a l'equateur. Elle est bijective
entre le plan et la sphere, sans le point N. Ce point N correspond justement au \point
1 " du plan. On sait depuis l'Antiquite (Hipparchus 150 B.C., Ptolemaios A.D. 150)
que cette projection preserve les cercles (voir Figure 7.1). Specialement interessant en
analyse complexe est le fait (connu depuis le 17eme siecle, Halley 1696) que la projection
stereographique preserve les angles, i.e. est conforme. Cela est d^u au fait que chaque
rayon de projection NAC traverse le plan tangent AB sous le m^eme angle que le plan
de projection BC (voir Figure 7.1, a droite: on a 1 = 4 , car BC est parallele au plan
tangent a N, puis 1 = 2 et 2 = 3, donc 3 = 4).
Cette representation de C = C
0 0 s'appelle sphere de Riemann.
f1g
Proposition 7.1 Une suite z1, z2 , z3, : : : converge vers le point , i.e.,
1
lim z =
k!1 k
1 (7.1)
si 8 R 9 K 8 k K on a jzk j > R.
Demonstration. C'est exactement a cette condition que les points correspondants sur la
sphere de Riemann convergent vers N .
Exemples. La suite 0 i 2 3i 4 5i 6 7i 8 : : : converge dans C , ainsi que 0, 1,
; ; ; ; 0 ;
X1
= ak (z z0)k;
k=;1
(7.2)
ou Z
ak = 21i ( f (z ))k+1 d k = : : : 3 2 1 0 1 2 3 : : :
; ; ; (7.3)
0 ;
est la m^eme formule que (5.2), mais aussi valable ici pour les k negatifs. Le chemin
d'integration est un lacet simple ferme parcourant l'interieur de la couronne dans le sens
positif. L'inegalite de Cauchy (voir (4.11))
jak j
2 rk+1
r = max( (t) z0 ) si k
j ; 2, j ; (7.4)
r absent si k = 1, ;
−α
ρ1 α
ζ
ζ
ρ2
z0 z
γ
−γ2
γ1
1 Z f ( ) 1 Z f ( ) 1 Z f ( ) 1 Z f ( )
f (z) = 2i z d 2i z d = 2i z d + 2i z d: (7.5)
;
1 ; 2 ; 1 2 ; ;
Comme au I.5, la premiere integrale donne naissance aux termes avec k 0. Pour la
x
deuxieme integrale, nous echangeons z dans (5.6), ainsi la serie devient convergente
$
1 = 1 + z0 + ( z0)2 + : : : :
; ;
(7.6)
z z z0 (z z0)2 (z z0 )3
; ; ; ;
k = 2, etc. Car l'integrant des integrales (7.3) est holomorphe dans la couronne, les deux
;
z0 = 0:4 + 0:6 i. Les p^oles sont a distance r2 = 0:566 et r1 = 1:65 de z0 . Dans la couronne
entre ces deux rayons, la fonction est holomorphe et nous recherchons le developpement
de Laurent pour cette region. L'idee est de remplacer les deux fractions simples dans (7.7)
par les deux series geometriques (7.6) et (5.6), une fois avec remplace par i et l'autre
fois par i, en faisant attention a la convergence. Ainsi, on obtient pour (7.7)
;
1 = 1 : : :+ (i z0 )2 + i z0 + 1 + 1 + z z0 + (z z0 )2 +: : : ::
; ; ; ;
1 + z2 2i (z z0)3 (z z0 )2 z z0 i z0 ( i z0 )2 ( i z0 )3
; ; ; ; ; ; ; ; ;
(7.8)
Le resultat de cette serie peut ^etre admire en Figure 7.3.
Fig. 7.3 { Dessin de < de 24 termes d'une serie de Laurent pour (1=(1 + z2 )).
singularite essentielle.
1. Singularites supprimables. Ici, nous avons le
Theoreme 7.5 (Riemann 1851) Si f (z) est holomorphe et borne dans un disque epointe,
alors f (z) est aussi holomorphe en z0 .
Demonstration. Si jf (z )j M , alors les inegalites de Cauchy (7.4), pour r ! 0, montrent
que tous les ak = 0 pour k < 0. Ainsi, le developpement de Laurent devient une serie
entiere.
2. P^oles. Si f (z) possede un p^ole d'ordre m en z0 , alors
g(z) = a;m + a;m+1 (z z0 ) + a;m+2 (z z0 )2 + : : : = (z z0 )m f (z)
; ; ; (7.11)
est holomorphe avec g(z0) = 0. Dans ce cas, il est facile de voir (par continuite de g(z))
6
On a
!z0 f (z) = :
zlim 1 (7.13)
Similairement, si une fonction f1 (z0 ) = 0 et f2 (z) possede z0 comme zero de multiplicite
6
x x
jf (z ) ; aj ) jg (z )j
1 ) g holomorphe ) f holomorphe ou avec p^ole:
(7.15)
Une illustration est donnee en Figure 7.5, pour la fonction e;1=z2 , une fonction qui,
dans le reel, est SI aimable (voir HW97, p. 253]). Les deux tours qui apparaissent forment
une singularite, les lignes de niveau de f (z ) sont des lemniscates. L'argument de f (z ) se
j j
comporte beaucoup plus violemment, avec des rotations de 2 sur une innite de lem-
.0
−.4 .0 .4
x x
Fig. 7.5 { Fonction e;1=z2 avec singularite essentielle a droite: arg f (z)
j j
; 5z3 z2 + 8z 4
; ;
;
(z 1)3(z + 2)2
;
(8.1)
n'a plus de p^ole en z = 1. Nous developpons cette fonction en serie de Taylor et obtenons
le developpement de Laurent
f (z) = (z 1 1)3 (z 2 1)2 + z 3 1 + 89 27
;
;
; ;
7 (z 1) + 2 (z 1)2 + : : :
; ;
27 ; (8.2)
et similairement pour l'autre point
f (z) = (z +1 2)2 + z +3 2 34
;
27 27
;
14 (z + 2) 17 (z + 2)2 + : : : :
;
81 ; (8.3)
Idee: Si on denote les \parties principales" de ces developpements par
`1(z) = (z 1 1)3 (z 2 1)2 + z 3 1 et `2(z) = (z +1 2)2 + z +3 2 (8.4)
;
;
; ;
;
alors f (z) `1(z) `2 (z) n'a plus de p^ole et, par le theoreme de Riemann, est holomorphe.
; ;
A cause de limz!1 f (z) = 0 et du theoreme de Liouville, cette dierence est 0, nous avons
donc
f (z) = (z 1 1)3 (z 2 1)2 + z 3 1 (z +1 2)2 + z +3 2
;
;
; ;
; (8.5)
(cf. HW97, formule (II.5.11)]).
Cas d'une In nite de P^oles. Soit, par exemple, f (z) = cot z = cos z= sin z. Il y a des
p^oles simples aux points z = k, k 2 ZZ , avec Res (f k) = 1. La formule analogue a
(8.5) serait ici
= : : : + z +1 2 + z +1 + z1 + z 1 + z 1 2 + : : :
;
(8.7)
;
formule trouvee par Euler, a l'aide de son produit pour sin z (voir Introductio 1748,
Chap. X, 178). Voici d'autres exemples :
x
1 = (8.8)
sin z −2π −π 0 π 2π
= : : : + z +1 2
; ;
1 + 1
z+ z ; +;
1 1
z z 2 + : : : ;
; (8.9)
ou encore
1 = (8.10)
sin2 z
−2π −π 0 π 2π
et
cos z = (8.12)
sin2 z −2π −π 0 π 2π
= : : : + (z +12)2
; ;
1
(z + ) 2
+ 1
z2 ;
;
+ 11
(z ) (z 2)2 + : : : : (8.13)
2 ;
;
0
−3π −2π −π 0 π 2π 3π
−2
Demonstration. Ce theoreme fut publie 1877 en suedois, simplie par Weierstrass, puis
elabore par Mittag-Le+er, Acta Math. vol. 4, 1884). Nous developpons l'idee de ces preuves
pour l'exemple de la serie de cot z. Pour cette fonction, l'hypothese (8.14) est satisfaite
q .q
pour Rk = (k + ), car avec cot(x+iy) = cos x + sinh y sin2 x + sinh2 y, on trouve
1
2 j j
2 2
M = 1:0028 (voir Fig. 8.1). Si on enleve une singularite apres l'autre (voir Fig. 8.2),
on trouve f (z) `k (z), holomorphe a l'interieur ;
0 0
−4π −3π −2π −π 0 π 2π 3π 4π −4π −3π −2π −π 0 π 2π 3π 4π
−2 −2
−4 −4
4 k=2 4 k=6
2 2
0 0
−4π −3π −2π −π 0 π 2π 3π 4π −4π −3π −2π −π 0 π 2π 3π 4π
−2 −2
−4 −4
Z Z
f (z) `k (z) = 21i f ( ) 1 z 1 d = 21i f ( ) ( z z) d:
; ; (8.19)
k ; k ;
Nous majorons cette derniere integrale (majoration tres similaire a (4.13), en utilisant
(8.14)), ce qui donne
l'un des plus formidables triomphes d'Euler. M^eme le cas k = 1 fut une enigme pour
Leibniz et Joh. Bernoulli pendant un demi-siecle (plus precisement: de 1673 a 1740).
preuve par le Theoreme des residus sera donnee en I.9. La premiere application de ce
x
principe est due a Riemann (1859, Werke p. 148, pour estimer le nombre de zeros de sa
\fonction "), une deuxieme par E.J. Routh (1877, dans un travail sur la stabilite d'un
systeme).
De nition (Indice de Cauchy) Soit un chemin ferme simple dans D et f (z) une
fonction meromorphe dans D. Supposons qu'aucun zero ni p^ole de f (z) ne se trouvent sur
. Ainsi, l'argument arg(f (z)) est une fonction continue sur et nous pouvons compter le
nombre de tours qu'eectue cet angle (au sens positif), quand z parcourt (dans le sens
positif). Ce nombre, necessairement un entier, est note Ind (f (z)).
Exemple. Dans la Figure 8.3 est dessine le champ des arguments pour la fonction f (z) =
sin z2 =(eaz b) (a = 1:75 b = 11:4). Cette fonction possede deux zeros (z = 0 et z = 2)
;
γ0
γ1 γ2 γ3 γ
0 2 4 6
−2
Fig. 8.3 { Indice de Cauchy pour f (z) = sin z2 =(eaz b)
;
Demonstration. Le champ des arguments est continu en z = (x y ), a l'exception des zeros
et des p^oles de f (z). Si nous partons d'un chemin constant 0, et si nous l'aggrandissons
continuellement pour devenir 1, puis 2 etc., l'indice de Cauchy est 0 d'abord, est en
general une fonction continue, et toujours un entier. Il change seulement au moment ou
la courbe , pendant sa croissance, traverse un zero (en ce moment l'indice augmente de
1) ou un p^ole (ici l'indice diminue de 1, car arg 1z = ; arg z). Quand on aura atteint la
courbe , l'indice aura compte le nombre de zeros avales moins le nombre de p^oles.
Ce theoreme possede d'innombrables applications, entre autres le \Theoreme de Rouche"
et une n +1-eme preuve du Theoreme fondamental d'algebre (voir Exercices).
Si z0 est un p^ole d'ordre m de f (z), on pose g(z) = (z z0)m f (z). Puis, le residu de f
;
Demonstration. La preuve est tres similaire a celle de la formule de Cauchy 4.1 (cf. la
gure 4.1): la seule dierence reside dans le fait que nous avons maintenant plusieurs
points singuliers a contourner par de petits cercles (voir Figure 9.1). Comme auparavant,
cela marche sans autre complication si le domaine de denition est etoile. On projette
les singularites vers le bord et on applique le theoreme de Cauchy 3.2 a un chemin qui
rev^et tout le domaine comme un peritoine. Les chemins aller et retour disparaissent, il ne
reste que
Z k Z
X
f ( ) d ; f ( ) d = 0 (9.5)
j =1 j
ou les j sont les cercles qui contournent les points singuliers. On obtient la formule (9.4)
en remplacant les dernieres integrales par (9.1).
γ
z1
−β1
c
z3
z2 −β3
−β2
γ
0
si f (z) = (z z0 )m g(z) g(z0) = 0 Res f (z) z0 = m (9.7)
; 6 )
f (z)
0
si f (z) = (z g(zz) )m g(z0) = 0
6 ) Res ff ((zz)) z0 = m :
; (9.8)
; 0
1. f (x) dx: On suppose que f n'a pas de singularites sur l'axe reel et que
;1
!1 z f (z) = 0 :
zlim (9.10)
On prend comme chemin d'integration l'intervalle reel ( R R),
;
Preuve. Les singularites concernees sont z123 = e 6 i e 6 . Les residus sont zk;5 =6 par
i 5i
;5i ;i
(9.2), formule b). Ainsi, Res z123 = e 6 =6 i=6 e 6 =6 et la somme = 2i=6.
; ;
Remarque. Une methode elegante pour cette integrale utilise le developpement (8.9) :
Z 1 sin x Z 2 Z Z 2 1 1 1 +: : :dx = Z 2 dx = : (9.16)
x dx = +
+ : : : = sin x x x x+ ; ;
2
0 0 2 0 ; 0
Le theoreme des residus n'est pas toujours la meilleure methode. (P.S. Dans un article
plein d'humour britannique de G.H. Hardy, Mathematical Gazette, Vol. 5 (1909), p. 98-103,
cette preuve s'appelle \Mr. Berry's second proof" elle a recu les meilleurs \28 marks"
voir aussi Grobner-Hofreiter, Vol. II, p. 5).
Z 2
2. F (cos ' sin ') d': Ici, on pose z = ei' et est le cercle unite, ainsi
0
Z 2 Z ;1 ;1
F (cos ' sin ') d' = F z +2z z 2iz dz iz :
;
(9.17)
0
Exemple 2.1.
Z 2 d' 1 Z dz 2
= =
1 2p cos ' + p i (z p)(1 pz) 1 p2
2
si p < 1:
j j (9.18)
0 ; ; ; ;
Exemple 2.2.
Z 2
d' = 2 Z dz 2
p + cos ' i z + 2pz + 1 =
p2 1 si p > 1: (9.19)
p j j
0 2 ;
necessite le calcul du residu d'un p^ole double. Pour eviter cela, on peut deriver l'integrale
(9.19) par rapport au parametre p.
3. Nous terminons le chapitre par \la belle formule d'Euler, relative a l'integrale"
Z 1 xa;1 dx 1
= 0 < a < b: (9.21)
0 1 + xb b sin ab
(Cauchy, cite d'apres Remm91, p. ea307]). La condition 0 < a rend l'integrale convergente
en x 0, la condition a < b assure (9.10).
a;1
!
z
Il est clair qu'on va poser f (z) = 1 + zb et qu'on va commen-
cer le chemin a l'origine, longer l'axe reel par 1 jusqu'a un
2iπ
Re b
e
iπ
b endroits le denominateur devient 1 + tb, le m^eme qu'a l'aller,
tandis que le numerateur est l'ancien numerateur multiplie
i(a;1)' . A cela, se rajoute un autre ei' venant du \dz " et
0 1 γ R par e
nous avons
1
Z za;1 dz Z 1 xa;1 dx
2ia=b
= (1 e ) (9.22)
1 + zb 1 + xb
;
0
A l'interieur de il y a un seul point singulier z1 = ei=b avec residu Res z1 = z1a;1 =(bz1b;1 ) =
z1a;b =b = z1a =b. Cela, multiplie par 2i et insere dans (9.22), donne (9.21).
;