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La Cour de cassation a statué sur le pourvoi des consorts X concernant la responsabilité du docteur Y pour un accident causé par sa voiture volée. Elle a confirmé que Y n'avait plus la garde de son véhicule au moment de l'accident, le dégageant ainsi de toute responsabilité selon l'article 1384 du Code civil. La Cour a renvoyé la seconde branche du moyen à la chambre civile pour examen, car elle n'avait pas été examinée précédemment.

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La Cour de cassation a statué sur le pourvoi des consorts X concernant la responsabilité du docteur Y pour un accident causé par sa voiture volée. Elle a confirmé que Y n'avait plus la garde de son véhicule au moment de l'accident, le dégageant ainsi de toute responsabilité selon l'article 1384 du Code civil. La Cour a renvoyé la seconde branche du moyen à la chambre civile pour examen, car elle n'avait pas été examinée précédemment.

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RÉPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

CASSATION, sur le pourvoi des consorts X…, d’un arrêt rendu, le 25


février 1937, par la cour d’appel de Besançon, au profit du docteur Y….

ARRET

Du 2 décembre 1941.

La Cour,

Statuant toutes chambres réunies ;

Ouï, à l’audience publique du 1er décembre 1941, M. le président


Lagarde en son rapport, Maîtres Masson et Coutard, avocats des
parties, en leurs observations respectives, M. le procureur général
Caous en ses conclusions :

Et après en avoir délibéré en la chambre du conseil en l’audience de ce


jour ;

Sur le moyen unique pris en sa première branche :

Attendu qu’il résulte des énonciations de l’arrêt attaqué que, dans la


nuit du 24 au 25 décembre 1929, une voiture automobile, appartenant
au docteur Y…, et que celui-ci avait confiée à son fils Claude, alors
mineur, a été soustraite frauduleusement par un individu demeuré
inconnu, dans une rue de Nancy où Claude Y… l’avait laissée en
stationnement ;

Qu’au cours de la même nuit, cette voiture, sous la conduite du voleur,


a, dans les environs de Nancy, renversé et blessé mortellement le
facteur X… ;

Que les consorts X…, se fondant sur les dispositions de l’article 1384,
alinéa 1er, du Code civil, ont demandé au docteur Y… réparation du
préjudice résultant pour eux de la mort de X… ;

Attendu que, pour rejeter la demande des consorts X…, l’arrêt déclare
qu’au moment où l’accident s’est produit, Y…, dépossédé de sa voiture
par l’effet du vol, se trouvait dans l’impossibilité d’exercer sur ladite
voiture aucune surveillance ;
Qu’en l’état de cette constatation, de laquelle il résulte que Y…, privé
de l’usage, de la direction et du contrôle de sa voiture, n’en avait plus
la garde et n’était plus dès lors soumis à la présomption de
responsabilité édictée par l’article 1384, alinéa 1er, du Code civil, la
cour d’appel, en statuant ainsi qu’elle l’a fait, n’a point violé le texte
précité ;

Sur le point pris en sa seconde branche :

Attendu que, dans leurs conclusions en cause d’appel, les consorts X…


soutenaient que Y…, en abandonnant sa voiture automobile sur la voie
publique sans prendre aucune précaution en vue d’éviter un vol, avait
commis une faute, au sens de l’article 1382 du Code civil, faute qui
avait eu pour conséquence directe le dommage dont les demandeurs
poursuivaient la réparation ;

Que, pour rejeter ces conclusions, l’arrêt déclare qu’il n’y a lieu de
rechercher si Y… a commis la faute qui lui est imputée, aucun lien de
cause à effet ne pouvant exister entre la faute prétendue et l’accident
dont X… a été victime ;

Que le pourvoi fait grief à l’arrêt d’avoir, en statuant ainsi, violé


l’article 1382 du Code civil ;

Mais attendu que ce grief n’a pas été examiné par la chambre civile à
l’occasion du pourvoi formé contre l’arrêt rendu, le 10 juillet 1931, par
la cour d’appel de Nancy, que l’arrêt de la chambre civile du 3 mars
1936, qui a cassé l’arrêt précité de la cour de Nancy, est fondé
exclusivement sur la violation de l’article 1384, alinéa 1 er, du Code civil
;

Attendu, d’autre part, qu’aux termes de l’article 1 er de la loi du 1er avril


1837, les chambres réunies de la Cour de cassation n’ont compétence
pour statuer que lorsque le deuxième arrêt ou jugement rendu dans la
même affaire, entre les mêmes parties procédant en la même qualité,
est attaqué par les mêmes moyens que le premier ;

Qu’il échet, en conséquence, de renvoyer à la chambre civile la


connaissance de la seconde branche du moyen ;

Par ces motifs :


Déclare le moyen mal fondé dans sa première branche et, pour être
statué sur la seconde branche dudit moyen, renvoie la cause et les
parties devant la chambre civile.

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