PROBLÉMATIQUE : – QUEL DISPOSITIF LÉGAL À ÉTÉ MIS EN
PLACE PAR LE LÉGISLATEUR EN VUE DE CONCILIER ENTRE
RECONNAISSANCE LA AUX ASSOCIÉS D'UN DROIT DE
PROVOQUER LA DISSOLUTION JUDICIAIRE DE LA SOCIÉTÉ
POUR JUSTES MOTIFS ET LA PRÉSERVATION DE L'INTÉRÊT
SOCIAL ?
La mésentente existant entre les associés et par suite la disparition de
l'affectio societatis ne constitue un juste motif de dissolution qu'à la
condition de se traduire par une paralysie du fonctionnement de la
société. Si les difficultés rencontrées ne sont pas jugées suffisamment
graves pour paralyser le fonctionnement social, la demande doit être
rejetée par le juge. (3 ème Chambre civile 16 mars 2011, pourvoi n°10-
15459, BICC n°746 du 15 juillet 2011 et Legifrance).
2. Les conséquences juridiques d’une mésentente entre associés
Une mésentente grave peut rapidement bloquer le fonctionnement de
l’entreprise et créer une impasse décisionnelle. Lorsqu’aucune solution à
l’amiable n’est trouvée, plusieurs issues juridiques peuvent être
envisagées.
a) La dissolution judiciaire de la société
Si la mésentente entre associés est telle qu’elle paralyse la société, un ou
plusieurs associés peuvent demander la dissolution judiciaire de la
société. Selon l’article 1844-7 du Code civil, la dissolution peut être
prononcée par le tribunal si la société est paralysée dans son
fonctionnement en raison de conflits internes insurmontables.
La dissolution judiciaire est une mesure ultime et grave, car elle entraîne
la liquidation de la société et la fin de ses activités. Il est donc crucial,
avant d’en arriver là, d’envisager d’autres solutions, telles que la
médiation ou la revente des parts sociales à l'un des associés.
La convocation d'une assemblée générale extraordinaire
Avant d’envisager la voie judiciaire, une assemblée
générale extraordinaire (AGE) peut être convoquée pour tenter de
résoudre le conflit. Les associés peuvent discuter des solutions
envisageables, comme la revente de parts ou la modification des statuts
pour mieux encadrer les relations entre associés.
c) Représentation devant le tribunal de commerce
Si la situation ne peut être résolue à l’amiable, l’avocat représente l’un
des associés devant le tribunal de commerce pour engager une
procédure judiciaire. Que ce soit pour une demande de dissolution
judiciaire ou pour la résolution d’un litige financier, l’avocat plaide en
faveur de son client tout en veillant à protéger ses intérêts.
Ainsi, la société et pour l'une des causes énumérés par l'article 1051 du
DOC, peut être dissoute. L'article 1051 énumère les causes de dissolution
communes à tous les types de sociétés, elle sont au nombre de huit2.
L'article 1056 du même code met le point sur une cause particulière
permettant à un associé de la société de poursuivre la dissolution de la
société , et ce même avant le terme établi, s'il y'a des justes motifs . Le
juste motif est une notion qui n'a pas reçu de définition juridique précise,
c'est une notion qui est apparue avec le DOC en 1913, et auquel le droit
des sociétés fait référence en matière de révocation de certains organes
sociaux, de récusation de commissaires aux comptes ou pour la
dissolution de la société. En dehors d'une définition juridique, il semble
opportun de procéder à un décorticage l'expression juste motif. de *
L'adjectif « juste » : relève plus de la philosophie que du droit, il est
synonyme de : conforme à la raison, à la justice, à la morale, à la vérité,
au droit, au bon sens, à la réalité, qui est exact ou qui a un fondement
légitime. Le terme renvoie un certain nombre d'exigences essentielles et
dont le défaut ne pourrait logiquement qualifier le motif de juste.
L'article 1056 du DOC ne donne pas une définition au juste motif mais se
contente d'énumérer les cas qui ouvrent à l'associé le droit de déclencher
la procédure de dissolution pour justes motifs. Il s'agit des
mésintelligences graves et de l'inexécution de ses obligations par un
associé ou l'impossibilité où il se trouve de les accomplir. L'associé de la
société se voit donc attribuer le droit de provoquer la dissolution par voie
judiciaire de la société, lorsque la continuation des rapports sociaux se
trouve indéniablement compromise.
demander la dissolution pour justes motifs ne doit pas traduire un abus.
Le juge saisi d'une demande de dissolution pour justes motifs, doit
rechercher si le demandeur n'est pas à l'origine de la mésintelligence et
s'il ne l'a provoquée pour obtenir la dissolution de la société. C'est ainsi
qu'il contrôlera la bonne foi du demandeur19. Le droit d'agir en
dissolution doit être refusé à l'associé perturbateur. Il s'agit là d'une
simple application de la règle selon laquelle, '' nul ne peut se prévaloir de
sa propre turpitude''20.
2-le pouvoir du tribunal dans la prise de la desicion de
la dissolution de la société
La dissolution représente l’acte juridique par lequel les associés décident de mettre un terme à
l’activité de la société, ou qui résulte d’une décision de justice ou de l’arrivée du terme
statutaire. Les sources légales de la dissolution sont plurielles. L’article 1051 du DOC énonce
les causes de dissolution communes à toutes les sociétés, qu’elles soient civiles ou
commerciales, marquant l’ancrage de la société dans le droit des contrats. Cependant, le droit
des sociétés commerciales, notamment la loi n° 5-96, a précisé et complété ces dispositions en
fonction de la forme sociale de l’entreprise. L’un des principes directeurs est que la
dissolution ne provoque pas l’extinction immédiate de la personne morale.
4.2 Les causes légales de dissolution
4.2.1 Causes communes à toutes les sociétés
Le législateur marocain a prévu une panoplie de causes de dissolution, qui peuvent être
regroupées en deux grandes catégories : les causes communes à toutes les sociétés et celles
spécifiques à certaines formes sociales ou situations. Ces causes, prévues par le DOC et le
CSC, s’appliquent à toutes les formes de sociétés commerciales :
▪ L’expiration de la durée statutaire : La société est constituée pour une durée déterminée (99
ans maximum). Arrivée à son terme, elle est dissoute de plein droit, sauf si les associés
décident de la proroger par une décision prise en assemblée générale extraordinaire avant
l’échéance (Art. 22 CSC).
▪ La réalisation ou l’extinction de l’objet social : Si l’objet pour lequel la société a été créée est
réalisé (par exemple, la construction d’un ouvrage spécifique) ou devient impossible à
réaliser, la société est dissoute de plein droit (Art. 25 CSC). En pratique, les statuts prévoient
souvent un objet social suffisamment large pour éviter cette issue.
▪ La volonté des associés : Les associés peuvent décider à tout moment de mettre fin à
l’aventure sociale. Cette dissolution anticipée doit être décidée en assemblée générale
extraordinaire (AGE) selon les conditions de majorité prévues par les statuts (Art. 26 CSC).
Pour une SARL, par exemple, cette décision requiert en principe l’accord des associés
représentant les trois quarts des parts sociales (Art. 131 CSC).
▪ L’annulation du contrat de société : Si le contrat de société est frappé de nullité pour vice de
forme ou de fond, cette annulation entraîne la dissolution de la société sans rétroactivité.
4.2.2 Causes spécifiques
D’autres causes de dissolution sont liées à des événements particuliers ou à des formes
sociales spécifiques :
▪ La dissolution judiciaire pour justes motifs : Tout associé peut demander au tribunal de
commerce de prononcer la dissolution de la société pour des motifs jugés légitimes (Art. 26
CSC). La mésentente grave entre associés paralysant le fonctionnement de la société est
l’exemple le plus courant de juste motif. L’appréciation de la gravité et du caractère
paralysant de la mésentente est laissée à la souveraineté du juge.
▪ La fusion ou la scission : La fusion par absorption d’une société par une autre, ou la fusion
par création d’une nouvelle société, entraîne la dissolution sans liquidation des sociétés
absorbées (Art. 411 CSC). Leur patrimoine est transmis universellement à la société
absorbante ou nouvelle.
▪ La perte de la moitié du capital social : Si, du fait des pertes constatées, les capitaux propres
de la SARL deviennent inférieurs à la moitié du capital social, les associés doivent être
consultés pour décider s’il y a lieu de prononcer la dissolution anticipée de la société. À
défaut de décision ou si la situation n’est pas régularisée dans un délai d’un an, tout intéressé
peut demander la dissolution judiciaire.
4.2 Les causes légales de dissolution
4.2.1 Causes communes à toutes les sociétés
Le législateur marocain a prévu une panoplie de causes de dissolution, qui peuvent être
regroupées en deux grandes catégories : les causes communes à toutes les sociétés et celles
spécifiques à certaines formes sociales ou situations. Ces causes, prévues par le DOC et le
CSC, s’appliquent à toutes les formes de sociétés commerciales :
▪ L’expiration de la durée statutaire : La société est constituée pour une durée déterminée (99
ans maximum). Arrivée à son terme, elle est dissoute de plein droit, sauf si les associés
décident de la proroger par une décision prise en assemblée générale extraordinaire avant
l’échéance (Art. 22 CSC).
▪ La réalisation ou l’extinction de l’objet social : Si l’objet pour lequel la société a été créée est
réalisé (par exemple, la construction d’un ouvrage spécifique) ou devient impossible à
réaliser, la société est dissoute de plein droit (Art. 25 CSC). En pratique, les statuts prévoient
souvent un objet social suffisamment large pour éviter cette issue.
▪ La volonté des associés : Les associés peuvent décider à tout moment de mettre fin à
l’aventure sociale. Cette dissolution anticipée doit être décidée en assemblée générale
extraordinaire (AGE) selon les conditions de majorité prévues par les statuts (Art. 26 CSC).
Pour une SARL, par exemple, cette décision requiert en principe l’accord des associés
représentant les trois quarts des parts sociales (Art. 131 CSC).
▪ L’annulation du contrat de société : Si le contrat de société est frappé de nullité pour vice de
forme ou de fond, cette annulation entraîne la dissolution de la société sans rétroactivité.
4.2.2 Causes spécifiques
D’autres causes de dissolution sont liées à des événements particuliers ou à des formes
sociales spécifiques :
▪ La dissolution judiciaire pour justes motifs : Tout associé peut demander au tribunal de
commerce de prononcer la dissolution de la société pour des motifs jugés légitimes (Art. 26
CSC). La mésentente grave entre associés paralysant le fonctionnement de la société est
l’exemple le plus courant de juste motif. L’appréciation de la gravité et du caractère
paralysant de la mésentente est laissée à la souveraineté du juge.
▪ La fusion ou la scission : La fusion par absorption d’une société par une autre, ou la fusion
par création d’une nouvelle société, entraîne la dissolution sans liquidation des sociétés
absorbées (Art. 411 CSC). Leur patrimoine est transmis universellement à la société
absorbante ou nouvelle.
▪ La perte de la moitié du capital social : Si, du fait des pertes constatées, les capitaux propres
de la SARL deviennent inférieurs à la moitié du capital social, les associés doivent être
consultés pour décider s’il y a lieu de prononcer la dissolution anticipée de la société. À
défaut de décision ou si la situation n’est pas régularisée dans un délai d’un an, tout intéressé
peut demander la dissolution judiciaire.