Cours Options
Cours Options
Une option financière est un contrat dérivé qui confère à son détenteur un droit — et non une obligation
— d'acheter ou de vendre un actif sous-jacent à un prix prédéfini, avant ou à une date d'échéance
déterminée. En contrepartie de ce droit, l'acheteur verse une somme appelée prime (ou premium) au
vendeur de l'option.
Les options font partie de la grande famille des produits dérivés, dont la valeur est dérivée (dépend) de
celle d'un actif sous-jacent. Ce sous-jacent peut être une action, un indice boursier, une devise, une
matière première, un taux d'intérêt ou même une autre option.
Contrat donnant à l'acheteur le DROIT (et non l'obligation) d'acheter ou de vendre un actif sous-jacent
à un prix fixé à l'avance (le strike), pendant une durée déterminée, en échange du paiement d'une
prime au vendeur.
Couverture Protéger un portefeuille contre une Un gérant achète des Puts sur le CAC
(Hedging) baisse 40 pour limiter les pertes
Amplifier les gains avec un capital Acheter un Call LVMH anticipant une
Spéculation limité (levier) hausse
Génération de Vendre des options pour encaisser la Vendre des Calls couverts sur une
revenus prime action détenue (Covered Call)
Imaginez que vous souhaitez acheter une maison à 300 000 € dans 3 mois, mais vous n'êtes pas sûr
de disposer des fonds. Vous pouvez payer 3 000 € au vendeur pour qu'il vous réserve la maison au
prix de 300 000 € pendant 3 mois. C'est exactement le principe d'une option : vous payez une prime
pour avoir LE DROIT d'acheter à prix fixe. Si le marché immobilier monte à 350 000 €, vous exercez
votre droit et achetez à 300 000 €. Si le marché baisse à 250 000 €, vous n'exercez pas et perdez
seulement vos 3 000 €.
■ À retenir
Un Call donne à son détenteur le DROIT D'ACHETER l'actif sous-jacent au prix d'exercice (strike)
avant ou à l'échéance. L'acheteur d'un Call anticipe une HAUSSE du sous-jacent.
Le Call est rentable lorsque le prix du sous-jacent dépasse le strike. La logique est simple : si vous avez le
droit d'acheter à 100 € et que l'actif vaut 120 €, vous réalisez immédiatement un gain de 20 € (diminué de
la prime payée).
Où : S_T = prix du sous-jacent à l'échéance | K = strike (prix d'exercice) | Prime = coût de l'option
Apple (AAPL) cote 180 $. Vous achetez un Call avec Strike K = 190 $, échéance 3 mois, Prime = 5 $.
• Si AAPL monte à 210 $ : Profit = (210 - 190) - 5 = +15 $ par action → rendement de +200% sur la
prime • Si AAPL monte à 193 $ : Profit = (193 - 190) - 5 = -2 $ → perte partielle • Si AAPL reste en
dessous de 190 $ : Profit = 0 - 5 = -5 $ → perte de la prime entière Point mort (break-even) = 190 + 5
= 195 $
Un Put donne à son détenteur le DROIT DE VENDRE l'actif sous-jacent au prix d'exercice (strike)
avant ou à l'échéance. L'acheteur d'un Put anticipe une BAISSE du sous-jacent.
Le Put est rentable lorsque le prix du sous-jacent descend en dessous du strike. Si vous avez le droit de
vendre à 100 € un actif qui ne vaut plus que 80 €, vous réalisez un gain de 20 € (diminué de la prime).
Tesla (TSLA) cote 250 $. Vous détenez 100 actions et craignez une correction. Vous achetez un Put
K = 230 $, échéance 2 mois, Prime = 8 $. • Si TSLA chute à 200 $ : Profit sur le Put = (230 - 200) - 8
= +22 $ → compense partiellement la perte en portefeuille • Si TSLA monte à 280 $ : Perte = -8 $
(prime) → coût de l'assurance Point mort = 230 - 8 = 222 $
■ À retenir
Un contrat d'option est défini par plusieurs paramètres précis. Maîtriser ces termes est indispensable pour
lire une chaîne d'options (option chain) sur n'importe quelle plateforme.
■ Définition — Sous-jacent
L'actif sur lequel porte l'option. Il peut s'agir d'une action (ex : LVMH), d'un indice (CAC 40, S&P; 500),
d'une devise (EUR/USD), d'une matière première (or, pétrole), ou d'un contrat à terme (futures).
Le prix auquel l'acheteur a le droit d'acheter (Call) ou de vendre (Put) le sous-jacent. Ce prix est fixé
au moment de l'achat du contrat et ne change pas jusqu'à l'échéance.
Sur les marchés organisés, les strikes sont standardisés à des intervalles fixes (par exemple, tous les 5 $
pour une action américaine). Une action cotant 150 $ aura des options avec strikes : 130, 135, 140, 145,
150, 155, 160...
La date limite à laquelle l'option peut être exercée (style européen) ou la date jusqu'à laquelle elle
peut l'être (style américain). Après cette date, l'option expire sans valeur si elle n'est pas dans la
monnaie.
Aux États-Unis, les options sur actions expirent traditionnellement le troisième vendredi du mois. Il
existe des options hebdomadaires (weekly options), mensuelles, trimestrielles et même à plusieurs
années (LEAPS — Long-term Equity AnticiPation Securities).
4. La Prime (Premium)
Le prix que l'acheteur verse au vendeur pour obtenir le droit conféré par l'option. C'est le prix du
contrat d'option lui-même, coté sur les marchés en temps réel.
La prime est exprimée par action. Comme un contrat standard aux États-Unis couvre 100 actions, une
prime de 3 $ correspond à un coût total de 300 $ par contrat.
5. La Taille du Contrat
Aux États-Unis et sur Euronext, un contrat d'option standard porte sur 100 actions du sous-jacent. Ce
multiplicateur doit toujours être pris en compte dans les calculs de profit/perte.
La moneyness (ou monnaie) d'une option désigne la relation entre le prix actuel du sous-jacent (S) et le
strike (K). C'est l'un des concepts les plus importants, car il détermine si une option a une valeur
intrinsèque et influence fortement sa sensibilité aux mouvements de marché.
Une option est ITM quand son exercice immédiat serait PROFITABLE. • Call ITM : S > K (le
sous-jacent vaut plus que le strike) • Put ITM : S < K (le sous-jacent vaut moins que le strike)
Airbus cote 140 €. Un Call avec K = 130 € est ITM car 140 > 130. Si exercé immédiatement,
l'acheteur achète à 130 € un actif qui vaut 140 € → gain intrinsèque de 10 €. Mais il faut déduire la
prime payée pour connaître la rentabilité globale.
Une option est ATM quand le strike est approximativement égal au prix du sous-jacent (S ≈ K). Sa
valeur intrinsèque est nulle ou quasi-nulle. ATM est la zone de transition entre ITM et OTM.
Une option est OTM quand son exercice immédiat serait NON rentable. • Call OTM : S < K (le
sous-jacent vaut moins que le strike) • Put OTM : S > K (le sous-jacent vaut plus que le strike) Une
option OTM n'a aucune valeur intrinsèque — elle ne vaut que sa valeur temps.
■■ Point d'attention
La moneyness est DYNAMIQUE — elle change à chaque instant avec le cours du sous-jacent. Une
option ATM peut devenir ITM ou OTM en quelques minutes si le marché bouge.
Chapitre 5 — Valeur Intrinsèque et Valeur Temps
Le prix d'une option (la prime) se décompose toujours en deux éléments fondamentaux : la valeur
intrinsèque et la valeur temps. Comprendre cette décomposition est essentiel pour analyser pourquoi une
option coûte ce qu'elle coûte.
La valeur intrinsèque représente le gain immédiat si l'option était exercée à l'instant même. • VI d'un
Call = max(S - K, 0) • VI d'un Put = max(K - S, 0) La valeur intrinsèque ne peut jamais être négative
(elle vaut 0 au minimum).
La valeur temps représente la PRIME PAYÉE EN PLUS de la valeur intrinsèque pour la possibilité
que l'option devienne (plus) profitable avant l'échéance. Elle reflète le temps restant et l'incertitude du
marché. Valeur Temps = Prime - Valeur Intrinsèque
La valeur temps est maximale pour les options ATM, car c'est là où l'incertitude sur le résultat final est la
plus grande. Elle décroît à mesure que l'on s'éloigne du strike (ITM ou OTM profond) et diminue
inexorablement avec le passage du temps — c'est le theta decay.
Apple cote 185 $. Un Call K = 180 $, échéance 3 mois, vaut 10 $. • Valeur intrinsèque = max(185 -
180, 0) = 5 $ • Valeur temps = 10 - 5 = 5 $ Même exemple mais Call K = 200 $ (OTM), vaut 3 $. •
Valeur intrinsèque = max(185 - 200, 0) = 0 $ • Valeur temps = 3 - 0 = 3 $ (100% valeur temps)
■ À retenir
Pour chaque contrat d'option, il y a deux parties : un acheteur et un vendeur. Leurs profils de
risque/rendement sont parfaitement symétriques — le gain de l'un est la perte de l'autre.
Risque Gain
Position Nom Action Prime Droit/Obligation max max
OBLIGATION de Prime
Short Call Vendeur de Call Vend l'option Reçoit vendre Illimité reçue
Achète Prime
Long Put Acheteur de Put l'option Paie DROIT de vendre payée K - Prime
OBLIGATION Prime
Short Put Vendeur de Put Vend l'option Reçoit d'acheter K - Prime reçue
■■ Point d'attention
Le vendeur d'option (position short) a un profil de risque asymétrique DÉFAVORABLE : gain limité à la
prime, risque potentiellement illimité (surtout pour le Short Call). Cette position nécessite une gestion
rigoureuse et souvent un dépôt de garantie (margin).
La prime d'une option est déterminée par le marché (offre et demande) et reflète plusieurs facteurs
fondamentaux. Elle évolue en temps réel pendant les heures de trading.
Prix du sous-jacent (S) ↑ ↑ Prime ↓ Prime Un Call ITM vaut plus si S monte
Peut être exercée à N'IMPORTE QUEL MOMENT avant ou à la date d'échéance. C'est le style le plus
courant pour les options sur actions aux États-Unis. Cette flexibilité supplémentaire la rend
légèrement plus chère qu'une option européenne.
Ne peut être exercée QU'À la date d'échéance exacte. C'est le style standard pour les options sur
indices (CAC 40, S&P; 500). Ex : options sur l'Euro Stoxx 50, options CAC 40 sur Euronext.
En pratique, la grande majorité des options américaines ne sont pas exercées par anticipation — elles
sont vendues ou laissées expirer. L'exercice anticipé d'un Call n'est rationnel que juste avant un dividende
important. L'exercice anticipé d'un Put deep ITM peut être rationnel si la valeur temps restante est
quasi-nulle.
■ À retenir
• Option américaine : exercice possible à tout moment → prime légèrement plus élevée
• Option européenne : exercice uniquement à l'échéance → moins flexible mais plus simple à pricer
• En pratique, il est souvent préférable de vendre l'option plutôt que de l'exercer (pour récupérer la
valeur temps)
Les Greeks (ou "Grecs") sont des mesures de sensibilité qui quantifient comment la valeur d'une option
réagit aux variations de différents paramètres de marché. Ce sont des outils fondamentaux pour gérer le
risque d'un portefeuille d'options. Ils tirent leurs noms des lettres grecques utilisées en mathématiques
financières.
Le delta mesure la variation du prix de l'option pour une variation de 1 $ (ou 1 €) du prix du
sous-jacent. ∆ = ∂V / ∂S • Call : ∆ compris entre 0 et +1 • Put : ∆ compris entre -1 et 0
Le delta est aussi interprété comme la probabilité approximative que l'option expire ITM (sous certaines
hypothèses). Un Call avec ∆ = 0,70 a ~70% de chances d'expirer ITM.
Delta Hedging
Un teneur de marché qui vend des options va delta-hedger sa position pour être neutre aux mouvements
du sous-jacent. Si un trader est short un Call avec ∆ = 0,60, il achète 60 actions pour se couvrir. C'est la
base de la gestion des books d'options dans les banques.
Vous achetez un Call LVMH, K = 700 €, ∆ = 0,45. LVMH monte de 10 €. Variation de la prime ≈ 0,45
× 10 = +4,50 € par action Pour un contrat de 100 actions : gain ≈ +450 €
Chapitre 11 — Gamma (Γ) : le taux de variation du delta
Le gamma est maximal pour les options ATM et proche de l'échéance. Il mesure la convexité de l'option :
plus le gamma est élevé, plus le delta change rapidement lorsque le sous-jacent se déplace.
Short gamma (vendeur) : vous souffrez des grands mouvements. Chaque jump dans le sous-jacent
érode votre position de couverture et vous force à re-hedger à des niveaux défavorables.
■ À retenir
Le theta mesure la perte de valeur de l'option due au passage du temps, toutes choses égales par
ailleurs. Θ = ∂V / ∂t Le theta est généralement NÉGATIF pour les acheteurs (la valeur temps s'érode)
et POSITIF pour les vendeurs (ils 'collectent' la valeur temps).
Le theta est souvent exprimé en dollars perdus par jour. Une option avec Θ = -0,05 perd environ 0,05 $ de
valeur chaque jour qui passe. Ce phénomène s'appelle le time decay ou theta decay.
Un Call ATM à 3 mois de l'échéance vaut 8 $ avec Θ = -0,04. • Dans 30 jours : prime ≈ 8 - (30 × 0,04)
= 6,80 $ (si le marché ne bouge pas) • Dans 60 jours : prime ≈ 8 - (60 × 0,04) = 5,60 $ Mais en réalité
le theta s'accélère : les 10 derniers jours voient une perte de prime beaucoup plus rapide.
■■ Point d'attention
Le theta decay est l'ennemi numéro 1 des acheteurs d'options à long terme. Même si votre analyse
directionnelle est correcte mais que le mouvement tarde à venir, la valeur temps s'érode
inexorablement. C'est pourquoi il faut anticiper le TIMING du mouvement, pas seulement sa direction.
Le vega mesure la variation du prix de l'option pour une variation de 1% (1 point) de la volatilité
implicite. ν = ∂V / ∂σ Le vega est POSITIF pour les acheteurs d'options (ils bénéficient d'une hausse
de volatilité) et NÉGATIF pour les vendeurs.
Le vega est maximal pour les options ATM avec une longue durée de vie. Il diminue lorsque l'option
devient très ITM ou très OTM, et à mesure que l'échéance approche.
Avant la publication des résultats trimestriels d'Apple, la volatilité implicite monte de 25% à 45%. Un
Call avec ν = 0,15 : variation de prime ≈ 0,15 × (45 - 25) = +3 $ par action Après la publication (même
si les résultats sont bons), la IV redescend → le prix de l'option chute. C'est l'effet 'vol crush' ou 'IV
crush' → acheteurs d'options souvent perdants même lors d'une bonne publication.
Le rho mesure la variation du prix de l'option pour une variation de 1% des taux d'intérêt sans risque.
ρ = ∂V / ∂r • Call : ρ positif (les taux élevés favorisent les Calls) • Put : ρ négatif (les taux élevés
défavorisent les Puts)
Le rho est généralement le Greek le moins important pour les options à court terme, mais devient
significatif pour les options longues (LEAPS). Son impact est devenu plus notable depuis le cycle de
hausse des taux 2022-2023.
Short
Greek Formule Long (acheteur) (vendeur) Maximal quand ?
Delta (∆) ∂V/∂S Call: 0→1 | Put: -1→0 Inverse Deep ITM
Rho (ρ) ∂V/∂r Call +, Put - Inverse Deep ITM, longue durée
Note : Il existe des Greeks de second ordre moins courants mais utilisés par les traders avancés :
• Vanna : sensibilité du delta à la volatilité implicite (∂∆/∂σ) • Charm : sensibilité du delta au temps (∂∆/∂t)
— decay du delta • Volga / Vomma : dérivée seconde de la prime par rapport à la volatilité (∂²V/∂σ²) •
Speed : dérivée du gamma par rapport au prix (∂Γ/∂S)
PARTIE IV — PRICING DES OPTIONS
Le prix d'une option dépend de six variables fondamentales. Leur compréhension permet d'anticiper
comment une prime évolue dans différents scénarios de marché.
↑ Impact
Variable Symbole ↑ Impact Call Put Intuition
La volatilité future anticipée par le marché, extraite du prix des options via le modèle de
Black-Scholes. C'est la seule inconnue du modèle : on observe les prix des options et on résout pour
σ. IV élevée → options chères (marché nerveux) | IV basse → options peu chères (marché serein)
L'indice VIX (CBOE Volatility Index) est la mesure la plus connue de la volatilité implicite — il mesure la
volatilité implicite à 30 jours des options sur le S&P; 500. Surnommé le 'baromètre de la peur', il monte lors
des crises et descend en période calme.
Ce phénomène s'explique par la demande de protection contre les chutes brutales (left tail risk) et par le
fait que les marchés baissent plus vite qu'ils ne montent. Les options avec strike bas (Puts OTM deep) ont
une IV plus élevée que les options ATM.
Hypothèses du modèle
1. Le prix du sous-jacent suit un mouvement brownien géométrique (log-normal) 2. La volatilité (σ) est
constante dans le temps 3. Les marchés sont parfaits (pas de coûts de transaction, pas de dividendes) 4.
Les taux d'intérêt (r) sont constants 5. Pas d'opportunité d'arbitrage 6. L'option est européenne
Paramètres intermédiaires :
Où : S = prix du sous-jacent | K = strike | r = taux sans risque | T = temps en années | σ = volatilité | N(x) =
fonction de répartition de la loi normale standard | e = base de l'exponentielle
Interprétation économique
• N(d■) représente la probabilité (risque-neutre) que l'option expire ITM • N(d■) est lié au delta du Call • K
× e^(-rT) est la valeur actualisée du strike (ce qu'on paiera à l'échéance) • S × N(d■) est la valeur espérée
du sous-jacent si l'option est exercée
Call sur action : S = 100 $, K = 105 $, T = 0,5 an (6 mois), σ = 20%, r = 5% d■ = [ln(100/105) + (0,05
+ 0,02) × 0,5] / (0,20 × √0,5) = [-0,0488 + 0,035] / 0,1414 = -0,0988 / 0,1414 ≈ -0,099 d■ = -0,099 -
0,1414 ≈ -0,240 N(d■) ≈ N(-0,099) ≈ 0,461 | N(d■) ≈ N(-0,240) ≈ 0,405 C = 100 × 0,461 - 105 ×
e^(-0,025) × 0,405 = 46,1 - 105 × 0,9753 × 0,405 ≈ 46,1 - 41,46 ≈ 4,64 $
■■ Point d'attention
Le modèle BSM est un modèle simplifié. Ses hypothèses (volatilité constante, distribution log-normale)
ne tiennent pas dans la réalité : les marchés montrent des queues épaisses (fat tails), la volatilité est
stochastique, et il y a des sauts de prix. Des modèles plus avancés comme Heston (volatilité
stochastique) ou les modèles à sauts de Merton corrigent ces défauts.
Développé par Cox, Ross et Rubinstein en 1979, le modèle binomial est une approche discrète du pricing
d'options. Il est particulièrement utile pour les options américaines (exercice anticipé possible) que BSM
ne gère pas bien.
Principe
On découpe la durée de vie de l'option en N périodes. À chaque période, le prix du sous-jacent peut
monter d'un facteur u ou descendre d'un facteur d avec des probabilités risque-neutres p et (1-p). On
construit un arbre binomial et on remonte de l'échéance vers aujourd'hui par actualisation.
Probabilité risque-neutre :
À chaque nœud terminal, on calcule le payoff de l'option (max(S-K,0) pour un Call). On remonte en
actualisant, en testant à chaque nœud si l'exercice anticipé est préférable à la continuation (pour les
options américaines).
Relation fondamentale liant le prix d'un Call et d'un Put européens de même strike et même échéance
: C - P = S - K × e^(-rT) Ou de manière équivalente : C + K × e^(-rT) = P + S
Cette relation d'arbitrage garantit qu'il n'existe pas d'opportunité de profit sans risque entre les deux types
d'options. Si elle était violée, des arbitragistes l'exploiteraient immédiatement jusqu'à ce que les prix
reviennent à l'équilibre.
■ Exemple — Synthèse par parité Put-Call
On peut synthétiser n'importe quelle position à partir des autres : • Long Call synthétique = Long Put
+ Long Sous-jacent + Emprunt de K×e^(-rT) • Long Put synthétique = Long Call + Short Sous-jacent
+ Placement de K×e^(-rT) • Forward synthétique = Long Call + Short Put (même strike, même
échéance)
PARTIE V — STRATÉGIES AVEC LES OPTIONS
Hausse ou
Short Put Vendre 1 Put stabilité Prime K - Prime K - Prime
Acheter un Call à strike bas (K■) + Vendre un Call à strike plus haut (K■) Profit max = K■ - K■ -
Prime nette | Perte max = Prime nette payée Break-even = K■ + Prime nette
Cette stratégie réduit le coût d'achat d'un Call mais plafonne le gain. Adaptée quand on est modérément
haussier et qu'on veut limiter la dépense en prime.
AAPL cote 180 $. Achat Call K■=180 $ (prime=8 $) + Vente Call K■=200 $ (prime=3 $). Prime nette
= 8 - 3 = 5 $ | Profit max = (200-180) - 5 = 15 $ | Break-even = 185 $ Si AAPL monte à 200 $ : profit =
15 $ (rendement +200% sur la prime) Si AAPL reste à 180 $ : perte = 5 $ (prime nette)
Acheter un Put à strike haut (K■) + Vendre un Put à strike bas (K■) Profit max = K■ - K■ - Prime
nette | Perte max = Prime nette payée Break-even = K■ - Prime nette
Calendar Spread (Time Spread)
Vendre une option à échéance courte + Acheter une option de même strike à échéance longue.
Profite du fait que le theta decay est plus rapide pour l'option courte. Stratégie adaptée en volatilité
faible, vision neutre à court terme.
Achat simultané d'un Call ATM et d'un Put ATM (même strike, même échéance). Profit si le
sous-jacent bouge fortement dans SOIT sens. Perte max = Prime Call + Prime Put (si le sous-jacent
ne bouge pas) Break-even : deux points → S ± (Prime Call + Prime Put)
Tesla cote 250 $. Avant les résultats trimestriels : Achat Call K=250 $ (prime=12 $) + Achat Put
K=250 $ (prime=11 $) = coût total 23 $ Break-even haussier = 273 $ | Break-even baissier = 227 $ Si
TSLA monte à 290 $ ou chute à 200 $ → stratégie gagnante. ■■ Risque : le 'IV crush'
post-publication peut effacer les gains même si le mouvement est important.
Achat d'un Call OTM (K■ > S) + Achat d'un Put OTM (K■ < S). Moins cher qu'un Straddle car les
options sont OTM, mais nécessite un mouvement encore plus grand. Profit si S > K■ + prime nette
OU si S < K■ - prime nette
Achat d'un Call K■ + Vente de 2 Calls K■ + Achat d'un Call K■ (avec K■ < K■ < K■) Profit max si S
= K■ à l'échéance | Perte max = prime nette payée Stratégie à faible coût pour un scénario de
stabilité précise du sous-jacent.
Combinaison d'un Bull Put Spread + Bear Call Spread. Construction : Vente Put K■ + Achat Put K■ +
Vente Call K■ + Achat Call K■ (avec K■ < K■ < S < K■ < K■) Profit si le sous-jacent reste dans la
fourchette [K■, K■] | Perte limitée des deux côtés.
SPY cote 500 $. On construit un Iron Condor mensuel : • Vente Put K=480 $ (-4 $) + Achat Put
K=470 $ (+2 $) = crédit net Put = +2 $ • Vente Call K=520 $ (-4 $) + Achat Call K=530 $ (+2 $) =
crédit net Call = +2 $ Prime totale reçue = 4 $ | Zone de profit = [480, 520] (±4% de SPY) Probabilité
de profit ≈ 68% si les strikes sont à 1 écart-type
Acheter des Puts sur un actif que l'on détient pour limiter les pertes en cas de baisse. Equivalent à
une assurance : on paie une prime pour protéger la valeur de son portefeuille.
Vendre des Calls sur un actif que l'on détient pour générer des revenus supplémentaires. On cède le
potentiel de hausse au-delà du strike en échange de la prime encaissée. Stratégie populaire chez les
investisseurs institutionnels et dans les ETFs d'options (ex: QYLD).
■ Exemple — Covered Call sur LVMH
Vous détenez 100 actions LVMH à 700 €. Vous vendez 1 Call K=730 €, échéance 1 mois, prime=8 €.
• Revenu mensuel : 8 × 100 = 800 € • Si LVMH monte à 750 € : vos actions sont 'rappelées' à 730 €
→ vous avez manqué 20 € de hausse mais votre profit total = (730-700) + 8 = 38 € par action soit
+5,4% • Si LVMH reste stable ou baisse légèrement : vous gardez l'action + la prime
PARTIE VI — APPLICATIONS PRATIQUES ET RISQUES
Option A — Acheter l'action directement : Achat de 5 actions à 400 € = 2 000 €. Si Kering monte à 440
€ : profit = 5 × 40 = +200 € (+10%)
Option B — Call 410 € : Achat de 4 Call K=410, prime=8 €, contrat=100 actions. Coût = 4 × 8 × 100 = 3
200 € (trop cher avec 2 000 €). Avec 2 000 € : achat de 2 contrats = 1 600 €. Si Kering monte à 440 € :
profit = 2 × (440-410-8) × 100 = 2 × 22 × 100 = 4 400 € - 1 600 € investi = +2 800 € net (levier x17!). Si
Kering reste sous 410 € : perte totale des 1 600 €.
■■ Point d'attention
Le levier des options amplifie les gains mais aussi les pertes. Ne jamais investir en options une somme
dont on ne peut se permettre la perte totale.
Solution : Achat de Puts CAC 40 K=4 800 (OTM), prime=80 points, 1 contrat = 10 × index. 50 000 € / (5
000 × 10) = 1 contrat. Coût de la couverture = 80 × 10 = 800 € (1,6% du portefeuille). Si le CAC chute à 4
000 points : gain sur les Puts = (4 800-4 000) × 10 - 800 = 7 200 € qui compensent partiellement la perte
portefeuille estimée à 50 000 × (1 000/5 000) = -10 000 €.
■■ Point d'attention
ERREUR 1 — Ignorer le Theta Decay : Acheter des options OTM avec une échéance très courte
(quelques jours). La valeur temps s'évapore si le mouvement ne vient pas rapidement. Solution :
préférer des options avec au moins 30-45 jours d'échéance.
■■ Point d'attention
ERREUR 2 — Ne pas comprendre l'IV Crush : Acheter des options juste avant un événement
important (résultats, FED...) en pensant que si l'événement est positif, l'option va forcément gagner. La
volatilité implicite s'effondre après l'événement, annulant le gain. Solution : acheter avant que la
volatilité monte, ou utiliser des spreads.
■■ Point d'attention
ERREUR 3 — Sous-estimer le rôle du Strike : Acheter des options deep OTM ('lottery tickets') car elles
sont peu chères. Elles ont très peu de chances d'expirer ITM. Solution : préférer les options ATM ou
légèrement OTM pour un meilleur rapport delta/coût.
■■ Point d'attention
ERREUR 4 — Vendre des options sans couverture (naked selling) : La vente nue de Calls (sans
détenir l'actif) expose à des pertes théoriquement illimitées. Catastrophique lors de gaps haussiers
soudains. Solution : toujours vendre des spreads (achat d'une option de protection) ou couvrir avec
l'actif sous-jacent.
■■ Point d'attention
ERREUR 5 — Ne pas gérer les positions : Laisser expirer une option qui a perdu 80% de sa valeur en
espérant un retournement. Solution : définir des stops à l'avance (ex: couper si -50% sur la prime) et ne
pas laisser la position aller à zéro par manque de discipline.
PARTIE – — SYNTHÈSE GÉNÉRALE
1. Une option est un DROIT (non une obligation) d'acheter (Call) ou de vendre (Put) à prix fixé (strike), en
échange d'une prime.
2. L'acheteur (long) a un risque limité à la prime payée, avec un potentiel de gain asymétrique. Le
vendeur (short) a un risque potentiellement illimité.
3. La prime = Valeur Intrinsèque + Valeur Temps. À l'échéance, seule la valeur intrinsèque subsiste.
4. La moneyness (ITM/ATM/OTM) détermine si une option a une valeur intrinsèque positive et son
comportement face aux mouvements du marché.
6. Le Gamma mesure l'accélération du delta. Maximal ATM près de l'échéance — zone la plus
dangereuse pour les vendeurs.
7. Le Theta représente le coût quotidien du temps. L'acheteur paie le theta (temps qui passe lui est
défavorable). Le vendeur le collecte.
8. Le Vega représente la sensibilité à la volatilité implicite. Toutes les options (Call et Put) voient leur
prime augmenter quand l'IV monte.
9. Black-Scholes est le modèle de référence, mais il repose sur des hypothèses simplificatrices. La
volatilité implicite est la 'vraie' inconnue du marché.
10. La parité Put-Call (C - P = S - Ke^(-rT)) est une relation d'arbitrage fondamentale entre options et
sous-jacent.
11. Les spreads (Bull Call Spread, Bear Put Spread, Iron Condor) permettent de réduire le coût et le
risque en combinant plusieurs options.
12. Le Straddle/Strangle profite des grands mouvements sans direction définie. Court Straddle/Strangle
profite de la stabilité.
13. La couverture (Protective Put, Covered Call) permet de gérer le risque d'un portefeuille à coût
maîtrisé.
14. Le 'IV crush' post-événement est l'un des principaux pièges pour les acheteurs d'options. Acheter de
la volatilité AVANT qu'elle monte.
15. Les options sont des instruments à double tranchant : elles amplifient les gains mais aussi les pertes.
La gestion du risque (sizing, stops) est non-négociable.
→ Options, Futures and Other Derivatives — John C. Hull (The Bible des dérivés)
→ Site web : [Link] — vidéos pédagogiques sur les options, Greeks et stratégies
→ Cours Yale — Financial Markets de Robert Shiller (contexte macro et instruments dérivés)
At the Money (ATM) — Option dont le strike est approximativement égal au prix actuel du sous-jacent.
Bear Put Spread — Achat Put K■ + Vente Put K■ (K■>K■). Stratégie baissière à coût réduit.
Break-even — Point mort : prix du sous-jacent à partir duquel la stratégie est rentable.
Bull Call Spread — Achat Call K■ + Vente Call K■ (K■>K■). Stratégie haussière à coût réduit.
Calendar Spread — Vente d'une option courte + achat d'une option longue, même strike. Profite du theta.
CBOE — Chicago Board Options Exchange — plus grande bourse d'options au monde.
Condor / Iron Condor — Stratégie utilisant 4 options pour créer une large zone de profit (stabilité du marché).
Contrat — Unité standard = 100 actions du sous-jacent. Prime × 100 = coût total du contrat.
Covered Call — Vente d'un Call sur un actif détenu. Génère des revenus, plafonne le gain haussier.
Deep ITM/OTM — Option très largement dans ou hors de la monnaie (delta proche de 1 ou 0).
Delta (∆) — Variation de la prime pour +1 € du sous-jacent. Entre 0 et 1 pour le Call, -1 et 0 pour le Put.
Dérivé — Instrument financier dont la valeur dépend d'un actif sous-jacent (action, indice, devise...).
Greeks — Mesures de sensibilité de la prime aux facteurs de marché (Delta, Gamma, Theta, Vega, Rho).
In the Money (ITM) — Option dont l'exercice immédiat serait rentable (valeur intrinsèque > 0).
Iron Condor — Combinaison Bull Put Spread + Bear Call Spread. Profite de la stabilité dans une fourchette.
LEAPS — Long-term Equity AnticiPation Securities — options à longue échéance (>1 an).
Levier — Amplification des gains (et pertes) par rapport à l'investissement initial.
Long Call — Achat d'un Call. Pari haussier à risque limité (prime).
Long Put — Achat d'un Put. Pari baissier ou couverture à risque limité (prime).
Naked / Nu — Position vendeuse sans couverture — risque illimité. Déconseillé sans expérience.
OTC (Over-The-Counter) — Marché de gré à gré — contrats sur mesure entre deux parties.
Out of the Money (OTM) — Option sans valeur intrinsèque — exercice immédiat non rentable.
Premium / Prime — Prix de l'option, coté sur les marchés. Inclut valeur intrinsèque + valeur temps.
Protective Put — Achat de Puts sur un actif détenu pour se protéger contre une baisse.
Short Call — Vente d'un Call. Pari baissier/neutre. Gain limité à la prime, risque illimité.
Short Put — Vente d'un Put. Pari haussier/neutre. Gain limité à la prime.
Smile de volatilité — Courbe de la volatilité implicite en fonction des strikes — non plate en réalité.
Sous-jacent (S) — Actif sur lequel porte l'option (action, indice, matière première, devise...).
Straddle — Achat Call + Put ATM. Profite d'un grand mouvement dans les deux sens.
Strangle — Achat Call OTM + Put OTM. Moins cher que le Straddle, nécessite un plus grand mouvement.
Strike / Prix d'exercice (K) — Prix auquel l'acheteur peut acheter (Call) ou vendre (Put) le sous-jacent.
Valeur Intrinsèque — max(S-K,0) pour Call | max(K-S,0) pour Put. Gain immédiat si exercé maintenant.
VIX — CBOE Volatility Index — mesure la volatilité implicite à 30 jours du S&P; 500. 'Baromètre de la peur'.
Volatilité Implicite (IV) — Volatilité future anticipée par le marché, extraite du prix des options.
• Hull, J.C. (2022). Options, Futures, and Other Derivatives (11th ed.). Pearson.
• Black, F., & Scholes, M. (1973). The Pricing of Options and Corporate Liabilities. Journal of Political
Economy, 81(3), 637-654.
• Merton, R.C. (1973). Theory of Rational Option Pricing. Bell Journal of Economics, 4(1), 141-183.
• Cox, J.C., Ross, S.A., & Rubinstein, M. (1979). Option Pricing: A Simplified Approach. Journal of
Financial Economics, 7(3), 229-263.
• Taleb, N.N. (1997). Dynamic Hedging: Managing Vanilla and Exotic Options. Wiley.
• CFA Institute. (2023). CFA Program Curriculum — Derivatives. CFA Institute Press.