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Introduction

La protection sociale de l'enfant en République Démocratique du Congo est compromise par la participation croissante des mineurs aux jeux de hasard, exacerbée par des facteurs socio-économiques et une régulation institutionnelle insuffisante. Malgré des lois interdisant cette pratique, les enfants continuent d'y accéder, souvent encouragés par des adultes, ce qui soulève des inquiétudes quant à leur bien-être et à leur avenir. Ce document vise à évaluer et dénoncer ces dérives pour renforcer les mécanismes de protection sociale des enfants.

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Introduction

La protection sociale de l'enfant en République Démocratique du Congo est compromise par la participation croissante des mineurs aux jeux de hasard, exacerbée par des facteurs socio-économiques et une régulation institutionnelle insuffisante. Malgré des lois interdisant cette pratique, les enfants continuent d'y accéder, souvent encouragés par des adultes, ce qui soulève des inquiétudes quant à leur bien-être et à leur avenir. Ce document vise à évaluer et dénoncer ces dérives pour renforcer les mécanismes de protection sociale des enfants.

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1

FLd ..LCCLINTRODUCTION

1. PRÉSENTATION DU SUJET

La protection sociale de l'enfant en République Démocratique du Congo


est un enjeu majeur pour le développement du pays. Malgré les efforts déployés
par le gouvernement et les organisations de la société civile, la situation des
enfants reste encore en République Démocratique du Congo préoccupante.

L'enfant est, depuis quelques temps, l'objet d'une attention à la fois sur
le plan national qu'international scientifique, juridique et sociale. Il faut parfois se
doter d'un certain " pedo centrisme " pour pouvoir déceler le contour d'un droit de
l'enfant 1

Or, depuis un certain temps, la déclaration des droits de l'enfant


annonçait déjà expressément que l'enfant, en raison de son manque de maturité
physique et intellectuelle a besoin d'une protection spéciale et de soins spéciaux,
notamment d'une protection juridique appropriée, avant, comme après la
naissance 2.

Pourtant la participation des enfants aux jeux de hasard est devenue


un défi majeur pour la protection sociale des enfants mineurs. Ce phénomène
autrefois marginalisé s'est amplifié progressivement avec l'urbanisation de
prolifération des maisons de jeux et l'essor des paris sportifs, les enfants attirés par
la promesse des gains rapides s'y engagent souvent sans conscience des risques qui
peuvent en résulter. Plusieurs facteurs expliquent l'implication croissante des
mineurs dans les jeux de hasard : la pauvreté, la précarité économique, le manque
de loisirs éducatifs, l'influence des pairs et de la société, la faiblesse régulation
institutionnelle.

C'est dans ces mêmes perspectives que les textes nationaux et


internationaux interdisent à large la participation effective des enfants mineurs
dans les salles de jeux de hasard. Ceci est renforcé par l'article 7 d'un arrêté
ministériel N° 041/MJS/CAB/2100/01/2011 du 28 décembre 2011 modifiant et
complétant l'arrêté N° 005/MJS/CAB/2100/2011 du 14 Mars 2011 portant
règlementation des activités des loisirs en République Démocratique du Congo 3 ,
qui stipule clairement que les mineurs de moins de 18 ans, même émancipés ne
peuvent être admis dans les salles de jeux, soulignant ainsi la volonté de protéger
cette catégorie vulnérable contre les risques d'exploitation des enfants mineurs .

Comme le dit l'adage: il faut tout un village pour élever un enfant, il


est de l'obligation à tout le monde, parents, éducateurs, autorités locales et
opérateurs de veiller strictement sur les entrées répétées des mineurs dans les
salles de jeux de hasard. Force est de constater, à kindu dans la province du
2

Maniema, les salles de jeux accueillent souvent des enfants mineurs même en
uniforme voire avec l'argent de scolarité, les exploitants ne mettent pas en place
de contrôle d'âge, les autorités locales manquent des stratégies pour surveiller
efficacement les entrées des mineurs aux jeux de hasard

C'est dans ce cadre que se construit de manière particulière notre


sujet : " état critique de la protection sociale de l'enfant dans la ville de kindu :
participation des enfants aux jeux de hasard" qui, actuellement se présente comme
une nécessité pour évaluer, dénoncer et corriger les dérives qui compromettent un
affaiblissement des mécanismes de protection sociale censés garantir le bien-être
des enfants mineurs

2. ETAT DE LA QUESTION

L'état de la question est la partie dans laquelle l'auteur, analyse de


manière pertinente les travaux antérieurs de recherche de ses devanciers dans le
domaine tout en mettant l'accent sur son originalité. Il cherchera donc à se
démarquer des prédécesseurs en insistant sur la particularité ou la nouveauté de
son sujet 4.

Cependant, notre travail s'inscrit dans une démarche claire structurée et


compréhensible, afin de rendre la question de la protection sociale de l'enfant
accessible à tous. Pour ce faire, toute recherche gagne en pertinence lors qu'elle
confrontée à d'autres travaux scientifiques, c'est notamment entre autres :

✓ Ghislain-David KASONGO LUKOJI, dans son ouvrage intitulé : < Manuel de droit
congolais de protection des mineurs >5 a adopté une approche "pedo centriste "
plaçant l'enfant au centre de la réflexion juridique. L'auteur souligne que le droit
congolais de protection des mineurs est encore en phase de consolidation et
appelle à une meilleure application normative, à une application effective des lois,
ainsi qu'au renforcement des institutions et de la formation des acteurs judiciaires
et sociaux. Il insiste sur la nécessité de considérer l'enfant non comme objet de
droit mais comme un sujet à part entière, porteur de dignité et des droits
fondamentaux.

L'ouvrage et notre travail mettent ensemble un accent sur la nécessité de protéger


l'enfant dans la société de considérer l'enfant comme un sujet de droit à part
entière dont la dignité et l'intégrité doivent être garanties. Nous abordons
également tous la protection contre l'exploitation, les abus et les pratiques
nuisibles en l'encontre des enfants. Contrairement au professeur qui a tourné son
étude couvrant globalement la protection des mineurs dans la généralité, famille,
société, institutions. Mais nous, nous ciblons la participation des enfants aux jeux
3

de hasard, un aspect particulier de la protection sociale et met en lumière un


danger moins étudié mais réel : la participation des enfants aux jeux de hasard.

✓ Mayssa MATOUK ABDELNABY, dans sa thèse soutenue : < sur la protection des
droits des enfants dans les conflits armés >6 a déclaré que tous les droits auxquels
les enfants peuvent prétendre sont systématiquement violés en période de conflit
armé, il démontre également la faiblesse de la communauté internationale pour
garantir à ces êtres vulnérables la jouissance entière de leurs droits. Il en appelle
par conséquent la communauté internationale dans sa globalité, c'est-à-dire les
gouvernements, les organisations internationales et les institutions de la société
civile, à se mettre en action et se doit de lutter activement contre le déclenchement
des conflits armés. Selon l'auteur, la seule manière de garantir et de défendre
effectivement les droits de l'homme y compris ceux des enfants, d'écarter les
traditions qui conditionnent ou limitent leur protection, et enfin prévenir les
risques de violations est de diffuser et sensibiliser l'opinion publique. Il ne faut donc
pas se contenter des instruments de lutte existants, mais sans cesse les affiner et
les adapter aux réalités afin de mieux répondre aux nouveaux défis.

Nos deux travaux mettent en avant la vulnérabilité de l'enfant et la nécessité de


garantir ses droits fondamentaux et soulignent l'insuffisance des mécanismes
existants pour assurer une protection réelle et efficace. A la divergence du
professeur qui a structuré sa thèse sur un contexte macro et violent : les conflits
armés, où les droits des enfants sont systématiquement bafoués. Pour nous, il est
question d'aborder un contexte social et comportemental : la participation des
enfants aux jeux de hasard, qui menace leur équilibre psychologique et social mais
sans impliquer la violence physique.

✓ MULOMBA TSHITUMBU Élie, dans sa thèse de doctorat sur :< le droit de


participation de l'enfant en contexte scolaire, une enquête exploratoire à Kananga
en République Démocratique du Congo > 7 met au centre de sa recherche le droit
de participation de l'enfant en contexte scolaire et démontre l'importance de
rappeler que vouloir d'un enfant acteur social, sujet de droits et protagoniste de sa
protection demande que l'éducation ne soit pas uniquement transmettre des
savoirs et des compétences aux élèves, mais aussi les rendre autonomes et
capables de juger de quel usage en faire.

Les deux approches considèrent l'enfant comme acteur social et sujet de droit,et
non comme simple bénéficiaire passif et insistent sur la nécessité de renforcer la
protection de l'enfant dans les environnements où il est exposé à des risques
antisociaux. À la différence du professeur qui s'intéresse à l'intégration de l'enfant
dans les processus éducatifs, décisionnels et protecteurs au sein de l'école, alors
4

que notre travail présente une protection sociale, liée à l'exploitation économique
et psychologique. Autrement dit notre travail de recherche est préventif et
protecteur, il cherche à limiter l'exposition de l'enfant à des pratiques nuisibles.

✓ Chloé KASONG dans son article intitulé : < protection de l'enfant en RDC : l'étude
IBCR révèle un système à bout de souffre > 8, a basé sa recherche sur un échantillon
éloquent en recueillant beaucoup de témoignages des enfants mineurs et note que
le système de protection de l'enfant en République Démocratique du Congo souffre
de multiples carences: absence de cadre légal de formation pour les acteurs,
coordination défaillante entre les intervenants. Il abouti aux conclusions selon
lesquelles, les lois existent, les diagnostics sont posés, mais la mise en œuvre
effective tarde à venir. Les enfants continuent de payer le prix de cette lenteur, leur
avenir hypothéqué par des systèmes qui peinent à passer de la théorie à la
pratique. Le temps n'est-il pas venu d'écouter vraiment ces voix enfantines qui
réclament protection et considération ?

Les deux sujets se concentrent sur la protection de l'enfant et soulignent


l'importance de la mise en œuvre effective des lois pour protéger les enfants et
resident dans la finalité commune de garantir le respect des droits de l'enfant et de
protéger contre toute forme de vulnérabilité. A la différence du journaliste qui a
insisté sur l'absence de formation structurée pour les acteurs et sur le décalage
entre le cadre légal et sa mise en œuvre concrète. Pour nous, il est question
d'aborder la protection sociale qui se concentre sur un aspect spécifique de la
protection de l'enfance: participation aux jeux de hasard.

✓ Timothée KITAMBALA, dans son sujet de mémoire intitulé: < la protection de


l'enfant exposé à la mendicité : état des lieux et perspectives > 9. En abordant cette
étude, le présent auteur roule autour de ce questionnement suivant :

- Pourquoi est-ce qu'il est établi la protection spéciale de l'enfant qui s'expose
à la mendicité ?

- Et pourquoi y a-t-il un écart entre la loi et la pratique dans la protection de


l'enfant ?

A l'issu de ce questionnement, l'auteur abouti aux conclusions selon lesquelles, les


défis qui résultent de la charge du gouvernement congolais de mettre en place les
textes d'application de la loi portant protection de l'enfant. Il ajoute qu'il faut
protéger les enfants pour prévenir de basculer dans la délinquance juvénile, dans
tout ça il faut alors monter des stratégies de la protection de l'enfance en
collaborant avec d'autres nations du monde en vue de mettre en place des
perspectives d'avenir tendant à lutter contre la précarité des enfants.
5

De ce point de vue, un rapport entre nos deux travaux est établi au motif que nous
soulignons tous la nécessité de renforcer les mécanismes de protection de l'enfant
pour assurer leur bien-être et leur développement et mettons en avant l'importance
de la protection spéciale de l'enfant qui doit être adaptée aux besoins spécifiques de
chaque enfant. A la divergence, le travail de celui-ci se concentre sur la protection
spéciale de l'enfant exposé à la mendicité et souligne la mendicité comme une cause
de vulnérabilité tandis que nous, nous nous concentrons sur la participation des
enfants aux jeux de hasard et mettons un accent sur la nécessité de protéger les
enfants contre les dangers des jeux de hasard.

3. PROBLÉMATIQUE ET HYPOTHÈSES

3.1. PROBLÉMATIQUE

Pour la problématique, M. Eric LUBANGU note à ce sujet que dans cette


rubrique, l'étudiant posera clairement les problèms ou les questions sans donner la
réponse. Mais s'il présente sous une forme interrogative, l'on peut déjà deviner
dans quek sens il orientera sa recherche.10

En effet, en République Démocratique du Congo, en dépit des efforts déployés, de


nombreux enfants continuent d'être maltraités , discriminés, accusés de sorcellerie,
infectés par le VIH/SIDA ou sont l'objet de trafic, ils sont privés de leur droit à la
succession, aux soins de santé et à l'éducation;

Pis encore, de nombreux enfants vivent dans la rue, victimes d'exclusion,


d'exploitation économique et sexuelle tandis que d'autres sont associés aux forces
armées. C'est dans ce contexte que s'est fait sentir le besoin pressant d'élaborer
dans notre pays une loi portant protection de l'enfant 11.

Dans cette même pensée, la loi N°09/001 du 20 janvier 2009 portant protection de
l'enfant plus précisément à son article 74 énumère à ce sujet les organes de
protection sociale de l'enfant, notamment:

1. Le conseil national de l'enfant

2. Le corps des conseils d'orientation scolaire et professionnelle

3. Le corps des assistants sociaux

4. La brigade spéciale de protection de l'enfant

5. Le corps des inspecteurs du travail


6

6. Le corps des inspecteurs de l'enseignement primaire, secondaire et


professionnel

7. Le comité national de lutte contre les pires formes du travail des enfants

8. Les organismes et institutions agréés de la société civile du secteur de


l'enfant

9. Le parlement et les comités des enfants

Malgré ces efforts salués du législateur, le constat demeure encore


amer, la participation des enfants aux jeux de hasard qui est un concept spécifique
à ce travail, constitue aujourd'hui l'un des paradoxes les plus inquiétants de nos
sociétés contemporaines. Alors que les textes juridiques, les conventions
internationales et les politiques publiques proclament haut et fort la nécessité de
protéger l'enfant et de préserver son avenir, la réalité dans les rues, dans les
quartiers et dans les salles de jeux démontre une contradiction flagrante. Les
enfants parfois très mineures, se retrouvent exposés à des pratiques qui devraient
leur être interdites, mais qui sont facilitées par les adultes, les institutions
défaillantes. La protection sociale des enfants, censée être un rempart contre les
dangers, se trouve remise en cause par la banalisation de la participation des
mineurs aux jeux de hasard.

Ce problème ne se limite pas à une simple observation ponctuelle. Il s'agit


d'une réalité qui s'inscrit dans un contexte plus large, celui de la fragilisation des
mécanismes de contrôle et de surveillance. Les salles de jeux, censées être
régulées, deviennent des espaces accessibles à tous sans distinction d'âge. Les
responsables de ces établissements négligent volontairement la question des
participants. Les surveillants se transforment en instigateurs permettant aux
enfants mineurs d'entrer et de s'adonner à des pratiques qui les explosent à des
risques majeurs.

Pourtant, l'accessibilité géographique des salles de jeux, souvent


implantées dans les zones populaires, attire les enfants mineurs qui y voient un lieu
de distraction. L'attrait des promesses de gains rapides agit comme un aimant Sur
des esprits encore en construction. Ce phénomène met en évidence une
contradiction fondamentale: l'enfant censé être protégé par la société devient
victime d'un système qui l'expose à des pratiques destructives. La protection
sociale, qui devrait être un bouclier se révèle inefficace. Les institutions chargées de
veiller à l'application des lois manquent de sérénité et de rigueur, les compagnes de
sensibilisation sont rares, parfois même inexistantes. Les familles, n'en parlons pas,
préoccupées par les difficultés économiques, négligent la surveillance de leurs
7

propres enfants. La société civile quant à elle, peine à se mobiliser face à un


problème banalisé.

Face à cela, l'enfant qui participe aux jeux de hasard n'est plus perçu comme une
victime, mais comme un acteur ordinaire d'une pratique tolérée détruisant l'avenir
des enfants et entraînant des conséquences multiples et graves sur tous les plans
de la vie.

Le problème étant démontré, face à ces difficultés, il est légitime que cette
problématique se comprend au travers de ces principales questions ci-après :

- Comment la protection sociale de l'enfant s'organise-t-elle en Droit positif


congolais ? Et dans quelle mesure est-elle remise en cause ?

- Les jeux de hasard, un fléau pour les enfants de KINDU ? Quels sont les
mécanismes socio-juridiques pouvant être mis en place pour protéger les
enfants contre les risques liés aux jeux de hasard ?

Ces deux questions fondamentales soient-elles, ouvriront dans le cadre


de ce sujet les réponses claires et résolutoires quant à l'analyse et au
développement de ce présent travail. Mais nous allons essayer d'en répondre avec
des arguments turbulents de manière provisoire.

3.2 HYPOTHÈSES

L'hypothèse joue un rôle inestimable en silence. C'est grâce à elle qu'on


passe du versant abstrait au versant concret de sa démarche. Une hypothèse peut
donc être confirmée ou infirmée par les données recueillies dans la réalité et, dans
un cas comme dans l'autre, elle a une valeur de révélation sur une partie de la
réalité. Il serait par conséquent contraire à l'esprit scientifique de ne pas être
ouvert à des résultats contredisant son hypothèse.12

Afin de satisfaire les questions susmentionnées, en voici comment se formulent


provisoirement nos hypothèses de ce présent travail :

1. L'enfant faisant aussi partie des préoccupations majeures des États du


monde entier, particulièrement des pouvoirs législatifs, nous pensons que la
protection sociale de l'enfant semblerait être organisée par les textes
juridiques tant nationaux qu'internationaux notamment, la constitution de
la RDC du 18 février 2006 telle que modifiée à ce jour, la loi portant
protection de l'enfant, et la convention relative aux droits de l'enfant
ratifiée par la RDC en 1990.
8

2. Oui, le jeu de hasard serait à KINDU un vrai désastre, la participation


effective des enfants mineurs entraîne des risques d'addiction, de
décrochage scolaire et de délinquance. Les mécanismes socio-juridiques
pour limiter les entrées des enfants dans les jeux de hasard seraient d'une
part l'application stricte de la loi, la sensibilisation communautaire, le
renforcement du contrôle étatique, l'implication des familles et leaders, la
promotion d'activités alternatives.

4. OBJECTIFS DU TRAVAIL

Les objectifs de la recherche sont des déclarations affirmatives qui expliquent


ce que le chercheur vise, cherche à atteindre. Ils expriment l'intention générale du
chercheur ou le but de la recherche et spécifient les opérations ou actes que le
chercheur devra poser pour atteindre les résultats escomptés 13. Au cours de ce
travail, nous voulons atteindre les objectifs ci-après :

4.1 OBJECTIF PRINCIPAL

L'objectif principal est d'analyser la relation entre le droit de la protection


sociale de l'enfant et sa participation aux jeux de hasard, afin de déterminer les
mécanismes juridiques et sociaux, nécessaires pour prévenir les risques et garantir
son bien-être.

4.2 OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

Ce travail poursuit des objectifs spécifiques ci-après :

- Étudier le cadre juridique existant en matière de protection sociale de


l'enfant;

- Analyser les limites du droit actuel dans la protection de l'enfant;

- Identifier les risques sociaux, économiques et psychologiques liés à la


participation des enfants aux jeux de hasard;

- Proposer des recommandations juridiques et sociales pour renforcer la


protection de l'enfant contre les risques liés aux jeux de hasard.

5. CHOIX ET INTÉRÊTS DU SUJET


9

Dans cette partie, il est question de démontrer d'une part notre préférence
accordée à ce sujet, comme qui dirait l'intellect qui nous a exhortés ou animés à
parler en profondeur de ce sujet. Et d'autre part, montrer aux agents la curiosité ou
l'attirance que peut leur offrir ce présent travail.

5.1 CHOIX DU SUJET

Notre choix porté sur cette étude est loin d'être un fait de hasard, notre
dévolu sur ce sujet s'explique par la nécessité d'analyser une problématique sociale
émergente et préoccupante dans la ville de Kindu, la participation croissante des
enfants aux jeux de hasard. Cette, ville marquée par des réalités économiques
difficiles ( pauvreté, déscolarisation....) constitue un terrain pertinent pour observer
comment les failles de la protection sociale exposent les enfants mineurs à des
pratiques compromettant leur avenir.

En étudiant ce sujet, pour nous c'est motiver la pertinence du terrain, la


gravité du phénomène, et la nécessité d'apporter des données locales pour enrichir
la réflexion sur la protection sociale des enfants face aux jeux de hasard.

5.2 INTÉRÊTS DU SUJET

Notre recherche étant une une question préoccupante de tout le monde,


poursuit un triple intérêt : intérêt scientifique, social et institutionnel :

✓ intérêt scientifique : cette étude vient mettre à la disposition de plusieurs


chercheurs scientifiques un outil de référence des travaux qui va contribuer à la
documentation académique sur les liens entre jeux de hasard et protection sociale.

✓ intérêt social : la population du Maniema en général et celle de la ville de


Kindu en particulier pourront désormais se servir de cet ouvrage qui leur offre des
résultats de la sensibilisation des familles, des écoles et des communautés locales
aux risques d'addiction, de déscolarisation et de marginalisation qui sont liés aux
jeux de hasard.

✓ intérêt institutionnel : ce sujet fournit des données utiles et importantes aux


autorités locales chargées de protection et promotion des situations des enfants et
aux organisations non gouvernementales afin de leur permettre de renforcer les
mécanismes de régulation et de protection des enfants mineurs.

6. MÉTHODOLOGIE
10

La méthodologie en sciences et en sciences techniques est un ensemble de


principes pour résoudre des problèmes scientifiques et technologiques. Elle est
fondée sur des principes de base qui sont communs à toutes les sciences et à toutes
les technologies. Ces principes sont, le développement de la connaissance,
l'utilisation de la raison, l'utilisation de la méthode scientifique et l'utilisation des
technologies14.

6.1 MÉTHODES

Le professeur Abbé MILAMBO définit la méthode de recherche comme


un ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline scientifique
cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontrer et les vérifier 15.

Dans cette même optique, nous pouvons dire que la méthode est une
disposition des matières ou des pensées dans l'ordre le plus conforme à la raison et
plus propre à faciliter l'intelligence de l'ensemble. Dans le cadre de cette étude,
plusieurs méthodes scientifiques seront utilisées afin de mieux analyser le
phénomène :

✓ la méthode juridique ou exégétique : elle consiste à analyser les textes


des lois, les conventions internationales et les règlements qui protègent les enfants
contre les activités dangereuses notamment les jeux de hasard. Elle permettra
également d'évaluer l'efficacité ou les limites de ces textes dans la protection sociale
de l'enfant. Dans le cas d'espèce, cette étude nous a conduits aux textes des loi
suivants:

- La constitution du 18 février 2006 telle que modifiée et complétée à ce jour,

- La loi N°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant,

- La convention relative aux droits de l'enfant,

✓ la méthode descriptive: elle permet de décrire la réalité sociale telle


qu'elle se présente sur le terrain. Dans cette étude, elle sera utilisée pour présenter
la situation des enfants exposés aux jeux de hasard, les lieux où ces activités se
déroulent, les acteurs impliqués ( organisateurs, familles, autorités ).

✓ la méthode sociologique : la méthode sociologique permet de


comprendre les comportements et les facteurs sociaux qui expliquent la
participation des enfants aux jeux de hasard. Elle sera utilisée dans cette étude afin
d'étudier l'influence du milieu familial, la pauvreté, l'environnement social,
l'influence des pairs.

✓ la méthode comparative : elle permet de comparer les textes des lois et


les situations des autres enfants sous d'autres cieux. Cette méthode nous permettra
11

de comparer d'autres législations étrangères et l'état sur lequel la protection sociale


de l'enfant s'organise-t-elle.

6.2 TECHNIQUES

La technique est un moyen précis pour atteindre un résultat partiel à un


niveau et à un moment précis de la recherche. Cette atteinte de résultat est directe
et révèle du concret du fait observé, de l'étape pratique et limitée. Elle est en ce
sens, l'ensemble des moyens, des outils, des instruments dont on se sert pour
couvrir des étapes d'opérations limitées 16.

Pour notre étude, nous avons fait recours aux techniques ci-après :

✓ la technique documentaire : elle permet de consulter différents


documents afin de recueillir des informations utiles à la recherche. Nous avons de ce
fait consulté des ouvrages scientifiques, des mémoires et thèses universitaires, des
articles, des rapports des organisations internationales.

✓ la technique d'observation directe: consistant à observer directement


certaines situations sur le terrain. Elle permettra notamment de constater la
présence des enfants dans les lieux de jeux de hasard, les conditions dans lesquelles
ils participent, le rôle des adultes dans ces activités.

✓ la technique d'entretien : poser des questions à certaines personnes


ressources afin de recueillir leurs opinions et leurs expériences sur le sujet. Dans ce
mémoire, les entretiens pourront être réalisés auprès de travailleurs sociaux,
responsables des services de protection de l'enfance, magistrats ou juristes, parents.

7. DÉLIMITATION

Afin de permettre l'appréhension de cette réflexion, ce travail important


ne saurait être pris en considération que s'il est essentiellement délimité dans le
temps et dans l'espace.

- Dans le temps : cette étude couvre une période allant de 2018-2025. Cette
période a été choisie afin d'analyser de manière récente l'état de la
protection sociale de l'enfant face aux jeux de hasard. C'est pendant cette
période que nous avons observé une recrudescence de jeux de hasard .

- Dans l'espace : la présente étude est circonscrite dans la ville de Kindu, chef-
lieu de la province du Maniema en République Démocratique du Congo.
Depuis un certain tey, cette ville connaît une croissance des activités de jeux
de hasard, ce qui expose davantage les enfants à ces pratiques.
12

8. SUBDIVISION DU TRAVAIL
13

CHAPITRE PREMIER : CONSIDÉRATION GÉNÉRALE SUR LA PROTECTION DE


L'ENFANT EN DROIT POSITIF CONGOLAIS

L'enfant constitue au sein de toute organisation sociale, une catégorie


particulière de personnes dont la protection s'impose comme une exigence
fondamentale. En raison de sa vulnérabilité naturelle, de son immaturité physique et
intellectuelle, ainsi que sa dépendance à l'égard de son environnement familial et
social, l'enfant se trouve exposé à de nombreux risques susceptibles de
compromettre son développement harmonieux. Cette réalité confère à la société, et
plus spécifiquement à l'État, une responsabilité accrue dans la mise en place des
mécanismes adaptés visant à garantir sa sécurité, sa dignité et son bien-être.

Par ailleurs, dans sa Résolution 40/33 du 29 novembre 1985 adoptant


l’Ensemble de règles minima des Nations unies concernant l’administration de la
justice pour mineurs, l’Assemblée générale des Nations Unies reconnait que «les
jeunes, du fait qu’ils n’en sont encore qu’aux stades initiaux du développement de
leur personnalité, ont besoin, pour se développer physiquement et
intellectuellement et pour bien s’insérer dans la société, d’une attention et d’une
assistance particulières et doivent etre protégés par la loi selon les conditions qui
garantissent leur sérénité, leur liberté, leur dignité et leur sécurité17.

C'est pourquoi dans cette même perspective que Chloé KASONG s'est
profondément questionné dans sa publication, le temps n'est-il pas venu d'écouter
vraiment ces voix enfantines qui réclament protection et considération ?18

Nous pouvons de ce fait dire qu'historiquement, la place de l'enfant


dans la société congolaise a longtemps été déterminée par les structures familiales
traditionnelles, au sein desquelles l'autorité parentale et les normes coutumières
jouaient un rôle prépondérant dans son encadrement. L'enfant y était perçu
davantage comme un membre de groupe familial soumis à l'autorité des adultes que
comme un individu titulaire de droits propres, ce modèle présentait certains
avantages en terme de solidarité et de cohésion sociale, il comportait également des
limites, notamment en ce qui concerne la protection contre certaines pratiques
préjudiciables au bien être de l'enfant.

Dans ce contexte, l'organisation sociale de l'enfant apparaît comme un


processus dynamique, en perpétuelle évolution qui doit concilier les exigences du
droit avec les réalités sociales. Elle suppose une articulation harmonieuse entre les
différents niveaux d'intervention, ainsi qu'une coordination efficace entre acteurs
impliqués. Elle implique également une volonté politique forte et un engagement
continu en faveur de l'amélioration des conditions de vie des enfants. Plus qu'un
simple dispositif juridique, elle constitue un véritable instrument de justice sociale,
visant à garantir à chaque enfant les conditions nécessaires à son épanouissement.
14

Puisque dans ce chapitre nous posons des considérations générales sur la protection
sociale de l'enfant, il sera question d'une part de parler des notions générales
( section 1) et d'autre part l'organisation juridique de la protection sociale en droit
congolais.( Section 2).

SECTION 1 : NOTIONS GÉNÉRALES

La protection de l'enfant est un domaine multidimensionnel qui combine droit,


sociologie, économie et politique publique. Pour analyser cette notion dans le
contexte congolais, il est indispensable de clarifier les concepts clés sur lesquels
reposent le droit et les mécanismes de protection, une définition précise permet
d'éviter toute ambiguïté et fonde l'étude sur les bases solides.

Paragraphe 1 : DÉFINITION DES CONCEPTS

Dans cette partie nous définissons deux grandes notions importantes que sont: enfant
et protection sociale, qui sont des concepts clés facilitant l'appréhension de ce présent
travail.

1. enfant

Le concept "enfant" constitue le point de départ de toute analyse de protection


sociale. La législation congolaise, définit l'enfant comme toutee personne âgée de
moins de dix-huit ans 19. Cette définition adoptée universellement, permet de
déterminer le champ d'application des droits et obligations.

Signalons que l’expression «enfant mineur» employée par le Constituant de


2006 à l’article 40 est à opposer à la définition de l’enfant en droit civil
(particulièrement dans le Code de la famille en ce qui concerne la filiation, ou on
distingue l’enfant mineur de l’enfant majeur20.

L'enfant n'est pas seulement défini par son âge mais aussi par sa vulnérabilité
et sa dépendance vis-à-vis de l'adulte. Ainsi, le droit considère l'enfant comme une
personne qui nécessite une protection particulière, non seulement physique , mais
aussi morale et intellectuelle.

C'est pourquoi J.J ROUSSEAU définit pour sa part un enfant comme un être
en devenir dont le développement naturel doit être protégé et guidé par l'éducation.
Il considère que l'enfance est une période spécifique où la liberté et la protection
doivent coexister, et que l'enfant ne peut être traité comme un adulte, car ses
facultés de jugement et de compréhension sont limitées 21.

2. Protection sociale de l'enfant


15

Le législateur congolais ne définit pas expressément la protection sociale,


elle est définie de part et d'autre par la doctrine et par les rapports des organisations
en matière de l'enfance.

D'abord la protection sociale désigne tous les mécanismes de prévention, de


protection et prise en charge Collectifs ainsi que de promotion ou de relèvement
social permettant aux individus et ménages de faire face aux conséquences des
risques sociaux, financiers, économiques ou autres susceptibles de compromettre
leur dignité ou leur survie 22.

Moody définit la protection sociale de l'enfant comme un principe qui


englobe les services de santé, d'éducation, la sécurité économique et la protection
contre les abus, avec une attention aux inégalités23.

Eu égard à ce qui précède, nous pouvons dire que la protection sociale de


l'enfant peut alors être définie comme l'ensemble des mesures légales,
institutionnelles et sociales destinées à assurer le bien-être physique, moral et
intellectuel de l'enfant. Elle englobe des actions préventives, curatives et
réintégrantives.

Paragraphe 2 : SOURCES JURIDIQUES ET CADRE INSTITUTIONNEL DE LA


PROTECTION DE L'ENFANT

Dans ce paragraphe, il sera question de démontrer les différents textes des lois
nationaux et internationaux ainsi que des institutions en rapport le droit l'enfant qui, depuis
un certain temps ont conduit au décollage de la protection et de la promotion de droit de
l'enfant. Ces instruments sont autrement appelés sources formelles.

A) FONDEMENTS JURIDIQUES DE LA PROTECTION DE L'ENFANT

Les sources formelles sont constituées par les dispositions juridiques qui
consacrent des règles de rapportant à la protection de l'enfant, se référant à la protection et
à la promotion des droits de l'enfant dans les différents aspects de la vie de l'enfant. Cette
précision apportée, nous distinguons les sources nationales et les sources internationales 24.

1. SOURCES INTERNES DE LA PROTECTION DE L'ENFANT

a. La constitution

La constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006 telle


que modifiée et complétée par la loi N°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de
certaines dispositions de la constitution de la République Démocratique du Congo
spécialement à ses articles 40-45.

La constitution constitue le fondement suprême des droits de l'enfant, elle vise en


la matière à garantir la protection sociale et juridique des enfants sur l'ensemble du
territoire national en impliquant, l'État, les familles et les communautés. Elle oblige de créer
16

des politiques nationales de protection sociale et de systèmes de suivi. Les droits à la santé,
à l'éducation, la protection contre la violence et autres droits de l'enfant sont autant garantis
par la constitution.

b. La loi N°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant

La loi portant protection de l'enfant est le principal instrument juridique en la


matière. Elle représente un cadre juridique solide et progressiste en la matière de protection
de l'enfant en République Démocratique du Congo.

Historiquement, Le décret du 6 décembre 1950 qui était en quelque sorte la


copie conforme de la loi Belge du 15 Décembre 1912 a constitué pendant longtemps la
première charte de l’enfant délinquant en République Démocratique du Congo 25. Ce décret
n’a pas expressément organisé toutes les règles de procédure spécifique en matière
d’enfance déviante ou délinquante. Le conseil colonial a justifié la quasi absence de telles
règles dans son rapport relatif au décret du 6 décembre 1950 en rappelant qu’au cours des
débats parlementaires qui ont précédé le vote de la loi Belge du 15 Décembre 1912 relative
à la protection de l’enfance, le ministère de la justice avait déclaré que cette loi ne
dérogerait au droit commun que quant elle le stipulait de manière expresse et tout ce
qu’elle ne modifiait pas dans la législation générale devait en être de même du projet de
décret..

La République Démocratique du Congo est entrain de réaliser des efforts pour la


consolidation des droits des enfants. Cette évaluation s’est manifestée par l’adoption par les
deux chambres du parlement et la promulgation par le chef de l’Etat de la loi portant
protection de l’enfant.26. Cette loi poursuit notamment les objectifs ci-après :

- Le premier consiste en l’obtention d’un document unique contenant l’essentiel des


dispositions légales et réglementaires concernant l’enfant. En effet, auparavant
plusieurs textes réglaient la manière, entre autres le code de la famille, le code du
travail, le code judiciaire, le code militaire, etc. cependant, le renvoyant pour le reste
aux codes concernés.

- Le second objectif visait à harmoniser ce texte unique avec les standards


internationaux établis par les instances internationales auxquelles la République
Démocratique du Congo fait partie, en vue de répondre à l’évolution de la société
congolaise.

La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 organise, outre la protection judiciaire (titre III), la
protection sociale (titre II), la protection pénale (titre IV), et une protection générale dans
des dispositions générales (Titre I). Le titre V de la loi est consacré aux dispositions
transitoires, abrogatoires et finales.

Les dispositions générales de cette loi portent, d’une part, sur l’objet, les définitions et les
principes généraux de protection de l’enfant, et d’autre part, sur l’objet de la loi de
protection de l’enfant. L’objet de cette loi, précisé à son article 1er, est de déterminer les
principes fondamentaux relatifs à la protection et à la promotion des droits de l’enfant en
17

République Démocratique du Congo. Pour sa validité juridique, la loi du 10 janvier 2009 est
conforme aux articles 122, point 6, 123, point 16 et 149, alinéa 5 de la Constitution.

Les dispositions générales de cette loi portent, d’une part, sur l’objet, les définitions et les
principes généraux de protection de l’enfant, et d’autre part, sur l’objet de la loi de
protection de l’enfant. L’objet de cette loi, précisé à son article 1er, est de déterminer les
principes fondamentaux relatifs à la protection et à la promotion des droits de l’enfant en
République Démocratique du Congo. Pour sa validité juridique, la loi du 10 janvier 2009 est
conforme aux articles 122, point 6, 123, point 16 et 149, alinéa 5 de la Constitution.

Contrairement au décret du 06 décembre 1950 sur l'enfance délinquante, cette loi de


2009, a introduit plusieurs innovations notamment :

1. La protection sociale de l’enfant est organisée en plus de la protection judiciaire,

2. La mendicité et le vagabondage sont passés des faits de délinquance juvénile ou infantile


à des situations difficiles dans lesquelles se trouvent les enfants et qui nécessitent des
mesures spéciales de protection de la part de l’État de type social et non plus judiciaire,

3. Le placement social de l’enfant est institué et organisé dans sa famille élargie, dans la
famille d’accueil ou dans un foyer autonome,

4. L’institution d’une assistance par l’État aux parents incapables d’assurer la survie de leur
enfant,

5. L’institution du devoir de l’État de subvenir aux besoins sanitaires et alimentaires de


l’enfant vivant avec son ou ses parents emprisonnés,

6. La création du corps des assistants sociaux parmi les organes de la protection sociale de
l’enfant en tant structure technique du ministère des Affaires sociales,

7. La création d’une brigade spéciale de protection de l’enfant parmi les organes de


protection sociale de l’enfant

8. La fixation de la majorité pénale à 18 ans contrairement au décret du 06 décembre 1950


sur l’enfance délinquante qui la prévoyait, après sa modification par l’ordonnance du 4 juillet
1978, à 16 ans,

9. La création dans chaque territoire et dans chaque ville d’au moins un tribunal pour
enfants qui, en tant que juridiction spécialisée, ne traitera que les affaires des enfants
contrairement aux tribunaux de paix, qui étaient des juridictions ordinaires,

10. L’institution de la présomption irréfragable d’absence de discernement de l’enfant à 14


ans,

11. L’institution des procédures extrajudiciaires en l’occurrence, la médiation pour des faits
bénins afin d’éviter à l’enfant les inconvénients d’une procédure judiciaire,

12. Interdiction et l’incrimination de l’enrôlement et de l’utilisation des enfants dans les


groupes et forces armés ainsi que dans la police [......]27.
18

La loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant a consacré une


évolution normative significative de la promotion, de la protection, de la mise en œuvre et
de la revendication des droits des enfants en République Démocratique du Congo. C'est une
reconnaissance des problématiques dans lesquelles l'enfance et la jeunesse congolaises sont
prises en étau28.

C. La loi n°87-010 du 1er août 1987 portant code de la famille, telle que modifiée et
complétée par la loi n°16/008 du 15 juillet 2016

Le code de la famille, adopté en 1987 et révisé en 2016, est l’un des piliers du droit
privé congolais. Il régit les relations familiales, les mariages, la filiation, l’autorité parentale
et la protection des enfants. L’exposé des motifs de la loi de 2016 précise que six innovations
y ont été introduites, dont trois sont directement liées aux enfants. Il s’agit de :

1) La suppression de l’émancipation automatique du mineur par l’effet du mariage, sans


préjudice de l’émancipation judiciaire du mineur, à la demande motivée des parents ou, à
défaut, du tuteur ;

2) La réaffirmation de la compétence exclusive du tribunal pour enfants dans tous les actes
impliquant l’état et la capacité du mineur ;

3) Le renforcement des dispositions pour assurer la protection des droits de l’enfant


congolais contre toutes sortes d’abus en matière d’adoption internationale1.

Ce texte est essentiel car il encadre juridiquement la cellule familiale, qui constitue le
premier lieu de protection et d’éducation de l’enfant. Il couvre plusieurs dispositions
relatives à la protection de l'enfant à savoir :

- Nationalité et le nom : l'acquisition de la nationalité congolaise et du nom à


l'enfant,

- Mariage : fixation de l’âge minimum légal pour se marier, interdiction des mariages
précoces et forcés,

- Filiation et identité : reconnaissance des droits de l’enfant à une identité, une


filiation et une nationalité,

- Adoption : encadrement juridique de l’adoption pour garantir l’intérêtsupérieur de


l’enfant,

- Protection contre les pratiques néfastes : interdiction des coutumes contraires à


l’ordre public et aux droits fondamentaux des enfants,

- Autorité parentale.

Le Code de la famille, révisé en 2016, est un texte fondamental pour la protection des
enfants en RDC. Il encadre le mariage, la filiation, l’autorité parentale et l’adoption, tout en

1 Ghislain-David KASONGO LUKOJI, Manuel de droit congolais de protection des mineurs, kongoEditions,
Kinshasa 2022, p.1
19

luttant contre les pratiques traditionnelles néfastes. Ce Code constitue un pilier du droit
national de l’enfant, mais il exige une mise en œuvre effective, une sensibilisation accrue des
familles et une mobilisation institutionnelle pour garantir une protection réelle et durable.

d. Les décrets cordonnés du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais, telle que
modifiée et complétée par la loi n°06/018 du 20 juillet 2006 sur les violences sexuelles

Le Code pénal congolais, issu des décrets coordonnés du 30 janvier 1940, constitue la
base du droit répressif en République démocratique du Congo. Bien qu’ancien, il a été
régulièrement modifié pour s’adapter aux évolutions sociales et juridiques. La réforme
majeure de 2006, avec la Loi n°06/018, a renforcé la lutte contre les violences sexuelles et
les atteintes aux droits fondamentaux, en particulier ceux des enfants. Ce texte en matière
de protection de l'enfant est très important, car il définit les infractions et les sanctions
applicables, y compris celles qui concernent directement la protection des mineurs contre
les abus, l’exploitation et les violences.

Le Code pénal congolais prévoit :

- Infractions contre les enfants : incrimination des violences physiques, sexuelles et


psychologiques.

- Protection contre l’exploitation : interdiction du travail forcé, de la traite et de


l’exploitation sexuelle des mineurs.

- Sanctions renforcées : la réforme de 2006 a aggravé les peines pour les auteurs de
violences sexuelles, notamment lorsqu’elles visent des enfants.

- Responsabilité pénale des adultes : les parents, tuteurs ou toute personne ayant
autorité peuvent être poursuivis en cas de maltraitance ou d’exploitation.

- Lien avec la loi de 2009 : le Code pénal complète la loi sur la protection de l’enfant
en définissant les sanctions applicables aux violations.

La loi de 2009 renvoie tacitement au Code pénal par rapport aux manquements
infractionnels susceptibles d’être commis par les enfants. Le Titre VI intitulé « Infractions
contre l’ordre des familles » prévoit des dispositions applicables aux enfants et il a des
équivalences avec le Titre IV de la la loi portant protection de l'enfant qui recense
l’ensemble des infractions que les adultes comment sur les enfants.

E. Le décret du 6 décembre 1950 relatif à l'enfance délinquante

Le Décret du 6 décembre 1950 relatif à l’enfance délinquante est l’un des premiers
textes congolais à encadrer juridiquement la justice des mineurs. Hérité du système colonial,
il visait à organiser la prise en charge des enfants en conflit avec la loi, en distinguant leur
traitement de celui des adultes. Bien que daté, ce décret a posé les bases de la justice
20

juvénile en République démocratique du Congo (RDC) et reste une référence historique dans
l’évolution du droit de l’enfant.

Le décret de 1950 prévoit :

- Définition de l’enfance délinquante : il qualifie les mineurs auteurs d’infractions


comme « enfants délinquants ».

- Procédures spécifiques : il introduit des règles particulières pour juger les mineurs,
distinctes de celles applicables aux adultes.

- Mesures éducatives : il prévoit des mesures de garde, d’éducation et de


réhabilitation, en alternative aux peines classiques.

- Institutions spécialisées : il organise la création de juridictions et de structures


adaptées pour traiter les affaires impliquant des enfants.

Le Décret du 6 décembre 1950 relatif à l’enfance délinquante représente une étape


historique dans l’évolution du droit de l’enfant en RDC. Il a introduit une distinction entre
justice des mineurs et justice des adultes, et posé les bases d’une approche éducative.
Toutefois, son caractère ancien et ses limites pratiques en font aujourd’hui un texte
dépassé, remplacé par des lois plus modernes comme celle de 2009. ce décret reste une
référence historique, mais il doit être compris comme une étape transitoire vers une justice
des mineurs plus protectrice et conforme aux standards internationaux

F. Le décret du 6 décembre 1959 portant code de procédure pénale telle que modifiée et
complétée par la loi n°06/019 du 20 juillet 2006 sur les violences sexuelles

Le Décret du 6 août 1959 portant Code de procédure pénale est un texte fondamental
qui organise les règles de poursuite, d’instruction et de jugement des infractions en
République démocratique du Congo. Hérité du système colonial, il a été modifié à plusieurs
reprises pour s’adapter aux évolutions sociales et juridiques. La réforme majeure de 2006,
avec la Loi n°06/019, a renforcé la lutte contre les violences sexuelles et amélioré la
protection des victimes, notamment des enfants. Ce texte encadre la manière dont les
infractions sont poursuivies et jugées, garantissant ainsi les droits procéduraux des mineurs
victimes ou en conflit avec la loi.

Le Code de procédure pénale prévoit :

- Organisation des poursuites : rôle du ministère public, des juges d’instruction et des
juridictions.

- Garanties procédurales : droit à la défense, droit à un procès équitable, interdiction


des traitements cruels.

- Procédures spécifiques pour les mineurs : règles adaptées pour les enfants en conflit
avec la loi.
21

- Réforme de 2006 : introduction de dispositions renforçant la lutte contre les


violences sexuelles, avec des procédures accélérées et une meilleure protection des
victimes mineures.

Le Décret du 6 août 1959 portant Code de procédure pénale, révisé en 2006, est un
texte fondamental pour la protection des enfants en RDC. Il encadre les poursuites et
garantit les droits procéduraux des mineurs, tout en renforçant la lutte contre les violences
sexuelles. Toutefois, son efficacité reste limitée par la corruption, le manque de moyens et
les conflits armés. Ce Code constitue un pilier du droit procédural congolais, mais il doit être
modernisé et accompagné de politiques sociales et éducatives pour garantir une protection
réelle et durable des enfants.

G. La loi n°015/2002 du 16 octobre 2002 portant code du travail, telle que modifiée et
complétée à ce jour

Le Code du travail, adopté en 2002 et régulièrement modifié, constitue la principale


source nationale en matière de droit du travail en République démocratique du Congo. Il
encadre les relations entre employeurs et travailleurs, fixe les droits et obligations des
parties, et définit les conditions de travail. Pour les enfants, ce texte est particulièrement
important car il fixe l’âge minimum d’admission à l’emploi et interdit les formes
d’exploitation économique. Ce Code traduit dans le droit interne les engagements
internationaux de la RDC, notamment la Convention n°138 de l’OIT sur l’âge minimum et la
Convention n°182 sur les pires formes de travail des enfants.

Le Code du travail prévoit :

- Âge minimum d’admission à l’emploi : fixé à 16 ans, sauf exceptions pour des
travaux légers autorisés à partir de 15 ans.

- Interdiction des travaux dangereux : les enfants ne peuvent être employés dans des
activités compromettant leur santé, leur sécurité ou leur moralité.

- Protection contre l’exploitation : interdiction du travail forcé, de la traite et de


l’exploitation économique des mineurs.

- Encadrement des contrats de travail : obligation pour les employeurs de respecter


les droits des travailleurs mineurs autorisés.

Le Code du travail de 2002, modifié, est un texte fondamental pour la protection des enfants
en RDC. Il fixe l’âge minimum d’admission à l’emploi, interdit les travaux dangereux et
encadre les conditions de travail des mineurs. Toutefois, son efficacité reste limitée par la
pauvreté, le travail informel et le manque de moyens institutionnels. Ce Code constitue un
pilier du droit national de l’enfant, mais il doit être accompagné de politiques sociales et
éducatives pour garantir une protection réelle et durable contre l’exploitation économique.

H. Les actes réglementaires conformes aux lois


22

Les actes réglementaires pris en application des lois constituent une étape essentielle
dans la mise en œuvre concrète de la protection de l’enfant en République démocratique du
Congo (RDC). Ils traduisent les principes généraux des lois dans des mesures pratiques et
opérationnelles. Parmi les plus importants figurent :

- Le Décret n°11/01 du 5 janvier 2011 fixant les sièges ordinaires et ressorts des
tribunaux pour enfants.

- L’Arrêté interministériel du 29 décembre 2010 portant composition, organisation et


fonctionnement du Comité de médiation en matière de justice pour mineurs.

- L’Arrêté ministériel du 19 novembre 2009 sur le placement social des enfants en


situation difficile.

- Les Arrêtés ministériels du 5 janvier 2011 relatifs aux sièges secondaires des
tribunaux pour enfants et au regroupement de leurs ressorts.

Ces textes complètent la loi de 2009 sur la protection de l’enfant et permettent son
application effective.

Les actes réglementaires précisent :

- Organisation judiciaire : localisation et compétence des tribunaux pour enfants,


création de sièges secondaires et regroupement des ressorts.

- Médiation : mise en place d’un Comité de médiation pour favoriser les solutions
éducatives et éviter la détention des mineurs.

- Placement social : encadrement du placement des enfants en situation difficile dans


des structures spécialisées.

- Exécution des mesures éducatives : organisation pratique de la garde, de


l’éducation et de la préservation des enfants pris en charge par la justice.

2. SOURCES INTERNATIONALES DE LA PROTECTION DE L'ENFANT

1- La Convention concernant le travail forcé ou obligatoire (Convention C29) adoptée à


Genève par la Conférence générale de l’Organisation internationale du travail (OIT) le 10
juin 1930.

La Convention n°29 de l’Organisation internationale du travail (OIT), adoptée en


1930, est l’un des instruments fondateurs de la lutte mondiale contre le travail forcé. Elle
définit ce dernier comme « tout travail ou service exigé d’un individu sous la menace d’une
peine quelconque et pour lequel l’individu ne s’est pas offert de plein gré ». Cette définition
englobe directement les enfants, qui sont souvent contraints de travailler dans des
conditions abusives, sans consentement et sous la pression économique ou familiale. Dans
le contexte de la République démocratique du Congo, cette convention prend une
importance particulière : le pays est marqué par une forte pauvreté, une économie
informelle dominante et des conflits armés qui favorisent l’exploitation des enfants
23

- Protection contre l’exploitation économique : En RDC, des milliers d’enfants


travaillent dans les mines artisanales, dans l’agriculture ou comme domestiques. La
Convention n°29 interdit ces pratiques et oblige l’État à mettre en place des
mécanismes de contrôle.

- Sanctions contre les auteurs : La Convention impose à l’État de sanctionner


pénalement les employeurs ou les familles qui imposent un travail forcé aux enfants.
Cela renforce la responsabilité juridique et dissuade les abus.

- Prévention des formes modernes d’esclavage : Elle couvre les pratiques


contemporaines comme le trafic d’enfants, le travail domestique abusif ou
l’exploitation dans les zones de conflit.

2- La Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée et proclamée par l’Assemblée


générale des Nations Unies dans sa Résolution 217(III) du 10 décembre 1948.

La Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) a été adoptée le 10


décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies, dans un contexte marqué par
les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Elle constitue le premier texte international à
proclamer, de manière solennelle, les droits fondamentaux de tous les êtres humains, sans
distinction de race, de sexe, de religion ou d’origine sociale. Bien qu’elle ne soit pas
juridiquement contraignante, la DUDH a une valeur normative et morale immense : elle
inspire les constitutions, les lois et les conventions internationales ultérieures. Pour les
enfants, elle représente une base essentielle de reconnaissance de leur dignité et de leurs
droits fondamentaux.

- Reconnaissance de la dignité humaine : La DUDH affirme que « tous les êtres


humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Cette affirmation inclut les
enfants, qui doivent être protégés contre toute forme de dévalorisation ou de
traitement inhumain.

- Principe de non-discrimination : Elle interdit toute discrimination fondée sur l’âge,


le sexe ou l’origine. En RDC, ce principe est crucial pour protéger les filles contre les
mariages précoces et les enfants issus de minorités contre l’exclusion sociale.

- Droit à la vie et à la sécurité : La Déclaration consacre le droit à la vie et à la


protection contre la violence. Cela s’applique directement aux enfants victimes de
conflits armés, de maltraitance ou de négligence.

- Droits sociaux fondamentaux : Elle reconnaît le droit à l’éducation, à la santé et à un


niveau de vie suffisant. Ces droits sont essentiels pour garantir le développement
harmonieux des enfants.

La Déclaration universelle des droits de l’homme est un texte fondateur qui a


profondément marqué le droit international et le droit congolais. Pour les enfants, elle
représente une garantie de dignité, de protection et de reconnaissance.
24

3- Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté et ouvert à la


signature, à la ratification et à l’adhésion par l’Assemblée générale des Nations Unies dans
sa Résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966.

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), adopté en 1966 et
entré en vigueur en 1976, est l’un des instruments les plus contraignants du droit
international des droits de l’homme. Contrairement à la Déclaration universelle des droits de
l’homme, il est juridiquement obligatoire pour les États qui l’ont ratifié, dont la République
démocratique du Congo (RDC). Il consacre les libertés fondamentales : droit à la vie, liberté,
sécurité, égalité devant la loi, liberté d’expression et protection contre la torture.

Pour les enfants, ce pacte est crucial car il les protège non seulement en tant que
citoyens, mais aussi en tant que personnes vulnérables nécessitant une attention
particulière. Le Pacte vise:

- Protection contre la détention arbitraire : Le PIDCP interdit l’arrestation et la


détention arbitraires. En RDC, cela est essentiel pour protéger les enfants arrêtés
lors de manifestations ou dans des contextes de conflit armé.

- Justice équitable pour les mineurs : Le Pacte garantit le droit à un procès équitable.
Les enfants en conflit avec la loi doivent bénéficier de procédures adaptées à leur
âge, avec une assistance juridique et des mesures éducatives

plutôt que répressives.

- Interdiction de la torture et des traitements inhumains : Les enfants détenus dans


des prisons ou des centres de réhabilitation sont protégés contre les violences
physiques et psychologiques.

- Protection des enfants soldats : Dans les zones de conflit, le Pacte interdit
l’enrôlement forcé des enfants et leur utilisation dans les hostilités.

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques est un instrument majeur
pour la protection des enfants en RDC. Il garantit leurs libertés fondamentales, les protège
contre les abus de l’État et impose des obligations juridiques contraignantes. Son impact est
considérable : il a inspiré la loi de 2009, favorisé la création de tribunaux pour enfants et
soutenu la lutte contre l’enrôlement des enfants soldats.

4- Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adopté et


ouvert à la signature, à la ratification et à l’adhésion par l’Assemblée générale des Nations
Unies dans sa Résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966.

Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC),


adopté en 1966 et entré en vigueur en 1976, complète le Pacte relatif aux droits civils et
politiques. Contrairement à ce dernier, qui protège les libertés fondamentales, le PIDESC
garantit les droits liés aux conditions de vie : éducation, santé, logement, travail, culture. Il
repose sur le principe de réalisation progressive : les États doivent prendre des mesures
pour améliorer progressivement les conditions de vie de leurs populations, en fonction de
25

leurs ressources disponibles. Pour les enfants, ce pacte est essentiel car il consacre les droits
qui assurent leur développement physique, intellectuel et social. Le PIDESEC prévoit des
dispositions comme :

- Droit à l’éducation : Le PIDESC impose aux États de rendre l’enseignement primaire


gratuit et obligatoire. En RDC, cela a inspiré des politiques visant à élargir l’accès à
l’école, même si la mise en œuvre reste inégale.

- Droit à la santé : Les enfants doivent bénéficier de soins médicaux, de vaccinations


et de protection contre la malnutrition. Le Pacte oblige l’État à développer des
infrastructures de santé adaptées.

- Droit à un niveau de vie suffisant : Les enfants ont droit à une alimentation
adéquate, à un logement décent et à des conditions de vie qui favorisent leur bien-
être.

- Protection contre l’exploitation économique : En garantissant un niveau de vie


suffisant, le Pacte réduit la nécessité pour les enfants de travailler pour subvenir aux
besoins de la famille.

5- La Convention concernant l’âge minimum d’admission à l’emploi (Convention C138)


adoptée à Genève par la Conférence générale de l’Organisation internationale du travail
(OIT) le 26 juin 1973, entrée en vigueur le 19 juin 1976.

La Convention n°138 de l’Organisation internationale du travail (OIT), adoptée en


1973, complète la Convention n°29 sur le travail forcé. Elle fixe un âge minimum légal pour
l’admission à l’emploi, généralement 15 ans, avec des exceptions pour les pays en
développement (14 ans). Elle prévoit également un âge plus élevé (18 ans) pour les travaux
dangereux. Son objectif est clair : empêcher le travail précoce qui compromet la santé,
l’éducation et le développement des enfants. En RDC, où le travail des enfants est répandu
dans les mines, l’agriculture et le secteur informel, cette convention est d’une importance
capitale. Elle prévoit les dispositions relatives à :

- Limitation du travail précoce : En fixant un âge minimum, la Convention protège les


enfants contre l’exploitation économique et physique.

- Encouragement de la scolarisation : En interdisant le travail des enfants trop jeunes,


elle favorise leur fréquentation scolaire et leur réussite éducative.

- Protection de la santé physique et mentale : Les enfants sont préservés des travaux
dangereux qui menacent leur intégrité physique (mines, chantiers, agriculture
intensive).

- Lutte contre l’exploitation dans les secteurs informels : Elle s’attaque aux pratiques
courantes en RDC, comme l’emploi d’enfants dans les marchés, les ateliers ou
comme domestiques.
26

La Convention n°138 est un instrument essentiel pour protéger les enfants en RDC contre le
travail précoce et dangereux. Elle complète la Convention n°29 en donnant un cadre précis
et en distinguant entre travail acceptable et exploitation illégale. Son impact est majeur : elle
favorise la scolarisation, protège la santé des enfants .

6- La Convention relative aux droits de l’enfant adoptée dans sa résolution 44/25 du 20


novembre 1989. Cette Convention entra en vigueur le 2 septembre 1990.

Elle est considérée comme le texte le plus complet et le plus universel en matière de
protection de l'enfant. Ratifiée par la quasi-totalité des États du monde,dont la RDC, elle
marque une rupture fondamentale : l'enfant n'est plus perçu comme un simple objet de
protection mais comme un sujet de droit à part entière. La CDE repose sur quatre principes
directeurs : la non-discrimination, l'intérêt supérieur de l'enfant, le droit à la survie et au
développement, et la participation de l'enfant. Ces principes irriguent l'ensemble des
dispositions et constitue un cadre normatif universel. La CDE couvre tous les aspects de la
vie de l'enfant :

- Droits civils et politiques, droit à l'identité, à la nationalité, à la liberté d'expression,


à la protection contre la torture et les détentions arbitraires

- Droits économiques et sociaux, droit à l'éducation de l'enfant, à la santé, à un


niveau de vie suffisant

- Droits culturels, droit de participer à la vie culturelle et de bénéficier d'activités


récréatives.

7- Le protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant vente


d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, du
26 juin 2000, entré en vigueur le 18 janvier 2002.

Le protocole cible particulièrement des formes graves d'exploitation, la vente


d'enfants, la prostitution infantile et la pornographie impliquant des enfants. Il répond à une
préoccupation croissante de la communauté internationale face à l'essor des réseaux
transnationaux de traite et d'exploitation sexuelle des enfants mineurs amplifiés par la
mondialisation et les nouvelles technologies. La RDC, confrontée à des phénomènes de
traite et d'exploitation dans un contexte de pauvreté et de conflits armés, a ratifié ledit
protocole pour renforcer ainsi son cadre juridique de protection de l'enfant. Le protocole
impose aux Etats parties, dont la RDC plusieurs obligations à savoir :

- Criminalisation des actes visés, les États doivent incriminer la vente d'enfants, la
prostitution infantile et la pornographie.

- Protection des victimes, les enfants victimes doivent bénéficient d'une assistance
juridique, médicale et psychologique et des programmes de réhabilitation sociale

- Coopération internationale, les États doivent coopérer pour lutter contre les réseaux
Transnationaux, échanger des informations et harmoniser leurs législations.
27

8- Le protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l’enfant,


concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, du 26 juin 2000, entré en
vigueur le 12 février 2002.

Ce texte complète la CDE mais cette fois-ci, avec l'utilisation des enfants dans les
conflits armés. Il interdit le recrutement obligatoire des enfants de moins de 18 ans et leur
participation directe aux hostilités. Ce protocole est d'une grande importance capitale en
RDC, où les conflits armés ont entraîné l'enrôlement massif d'enfants soldats. Il prévoit :

- L' interdiction du recrutement obligatoire des enfants de moins de dix-huit ans dans
les conflits armés, de la participation directe des enfants aux hostilités

- La responsabilité des groupes armés non étatiques qui ne doivent en aucun cas
recruter ou utiliser les enfants

- Des mesures de prévention, les États doivent mettre en place des programmes de
démobilisation, de réhabilitation et de réinsertion sociale pour les enfants soldats.

9- La Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant adoptée à Addis-Abeba le


11juillet 1990 par la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation de
l’unité africaine (OUA).

Cette charte est le premier instrument régional consacré spécifiquement à la


protection des enfants en Afrique. En complétant la CDE, elle tient compte des réalités
culturelles, socio-économiques propres au continent africain. La charte africaine se distingue
par plusieurs éléments à savoir:

- Adaptation culturelle, elle reconnait les spécificités africaines et intègre les devoirs
de l'enfant envers sa famille et la société

- Protection contre les pratiques traditionnelles néfastes, elle interdit les mariages
précoces, les mutilations génitales féminines et les accusations de sorcellerie visant
les enfants

- Droits fondamentaux, elle consacre les droits civils et politiques, économiques


sociaux et culturels, en cohérence avec la CDE

- Elle insiste sur le rôle de la famille, de la communauté et de l'État dans la protection


de l'enfant

- Elle crée le comité africain d'experts sur les droits et le bien-être de l'enfant, chargé
de surveiller la mise en œuvre de la charte.

10- La Convention sur les pires formes de travail des enfants adoptée à Genève par la
Conférence générale de l’Organisation internationale du travail (OIT) le 17 juin 1999,.

Elle est l'un des instruments les plus importants du droit international du travail. Elle
vise l'élimination urgente des formes les plus dangereuses et inhumaines de travail des
enfants, en complétant la convention n°138 sur l'âge minimum d'admission à l'emploi. La
28

RDC, confrontée à une exploitation massive des enfants dans les mines, l'agriculture et les
conflits armés, a ratifié cette convention. La convention n°182 définit les pires formes de
travail des enfants comme :

- L'esclave et les pratiques analogues: servitude pour dettes, travail forcé,


recrutement forcé d'enfants soldats

- La prostitution et la pornographie, l'exploitation sexuelle des enfants

- Les activités illicites, utilisation d'enfants dans le trafic de drogues ou d'autres


activités criminelles

- Les travaux dangereux, toute activité qui compromet la santé, la sécurité ou la


moralité des enfants

Elle impose aux Etats parties d'interdire et d'éliminer ces formes de travail, de
prendre des mesures immédiates et efficaces pour protéger les enfants, de mettre en place
des programmes de prévention, de retrait et de réhabilitation.

11- L’Ensemble des règles minima concernant l’administration de la justice pour mineurs
(Règles de Beijing) adopté par l'Assemblée générale dans Nations Unies dans sa Résolution
40/33 du 29 novembre 1985.

Les règles de Beijing constitue le premier instrument international consacré


spécifiquement à la justice des mineurs. Elles ne sont pas une convention juridiquement
contraignante, mais des principes directeurs qui orientent les États dans l'élaboration de
systèmes judiciaires adaptés aux enfants en conflit avec la loi. Elles visent à humaniser la
justice des mineurs en privilégiant la réhabilitation et la réinsertion sociale plutôt que la
répression. Pour la RDC, où de nombreux enfants sont confrontés à la justice dans les
conditions difficiles, ces règles représentent un cadre normatif essentiel. Les règles de
Beijing reposent sur plusieurs principes fondamentaux :

- Traitement adapté aux mineurs, les enfants doivent être jugés dans les conditions
respectueuses de leur âge et de leur dignité

- Priorité à la réhabilitation, la justice des mineurs doit viser la réinsertion sociale


plutôt que la sanction pénale

- Recours à la médiation, à la probation à des mesures éducatives.

12- Les Principes directeurs des Nations Unies pour la prévention de la délinquance
juvénile (Principes directeurs de Riyad) adoptés et proclamés par l’Assemblée générale
des Nations Unies dans sa Résolution 45/112 du 14 décembre 1990 ; 22.

Ces principes constituent un instrument normatif majeur dans le domaine de


la prévention de la délinquance juvénile. Contrairement aux règles de Beijing qui portent sur
le traitement des enfants déjà en conflit avec la loi, les principes de Riyad mettent l'accent
29

sur la prévention. Ils reposent sur l'idée que la délinquance juvénile est largement influencée
par des facteurs socio-économiques et culturels et que la meilleure manière de la réduire est
de renforcer les mécanismes de protection et d'éducation. Ces principes offrent pour la RDC,
où les enfants sont exposés à la pauvreté, aux pratiques traditionnelles néfastes un cadre
juridique primordial pour prévenir la marginalisation et la criminalisation des mineurs. Ces
principes reposent sur plusieurs axes fondamentaux notamment :

- La prévention sociale, renforcer le rôle de la famille, de l'école et de la communauté


dans l'éducation et la protection des enfants

- Approche éducative, privilégier l'éducation, la formation professionnelle et les


activités culturelles comme moyens de prévention

- Réduction des factures de risque, lutter contre la pauvreté, l'exclusion sociale et les
discriminations que favorise la délinquance.

13- Les Règles des Nations Unies pour la protection des mineurs privés de liberté (Règles
de La Havane), adoptées et proclamées par l’Assemblée générale des Nations dans sa
Résolution 45/113 du même 14 décembre 1990.

Ces règles visent à garantir que les enfants et adolescents placés en détention
bénéficient des conditions respectueuses de leur dignité et de leurs droits fondamentaux. En
RDC, où plusieurs enfants sont détenus dans des conditions difficiles, ces règles y
humanisent le système pénitentiaire et judiciaire. Elles reposent sur le respect de la dignité
humaine, la séparation des mineurs et adultes, c'est-à-dire les enfants ne doivent pas être
détenus avec des adultes afin d'éviter les abus et stigmatisation, la réinsertion en d'autres
termes, la détention doit viser la réhabilitation et la réintégration des enfants dans la
société.

Les règles de La Havane constituent un texte fondamental pour la protection des


mineurs privés de liberté. En RDC, elles ont inspiré des réformes juridiques et
institutionnelles. Elles rappellent que la détention doit être une mesure exceptionnelle
visant avant tout la réhabilitation et la réinscription sociale.

B) CADRE INSTITUTIONNEL DE LA PROTECTION DE L'ENFANT

1. Le Ministère du genre, famille et enfant

Ce Ministère a pour attributions en matière de protection de l’enfant :

- La protection et la promotion du statut de la femme, de l’enfant et de la famille ;

- La collaboration avec les Ministères de la justice et droits humains, de


l’enseignement tant primaire, secondaire, technique que supérieur et universitaire,
de la santé, des affaires sociales,… pour améliorer le statut de la femme et de
l’enfant ;

- La promotion et la vulgarisation de toutes les études et recherches en rapport avec


la condition de la femme et de l’enfant ;
30

- La coordination, l’évaluation et la supervision des programmes humanitaires;

- La collaboration avec le Ministère de la santé et celui de la défense nationale pour


appuyer le programme de réinsertion des militaires et autres groupes assimilés,
pour la vie civile.

En outre, en ce qui concerne la justice pour enfant, l’intervention du Ministère du genre,


famille et enfant se situe spécifiquement au niveau du comité de médiation, qui fonctionne
sous sa supervision.

2. Le Ministère des affaires sociales

Le Ministère des affaires sociales intervient dans le système de protection de l’enfant à


travers principalement le corps des Assistants sociaux. Ces derniers jouent une double
mission dont la première est exercée devant le tribunal pour enfant après leur affectation
aux différents tribunaux pour enfant, par la (les) divisions des affaires sociales (DIVAS),
tandis que l’autre est exercée en matière de protection sociale de l’enfant. En claire, il s’agit
des enquêtes sociales sur les enfants, la guidance psycho-sociale et la réunification
familiale, à ce titre, ce Ministère a sous sa responsabilité, les institutions publiques ou
privées chargées de placement des enfants, soit en situation difficile, soit en situation de
conflit avec la loi.

3. Le Ministère de la justice

Ce Ministère est celui qui a en charge, toutes les questions relatives à la justice en général
et, en particulier, la justice pour enfants en collaboration avec le pouvoir judiciaire. Bien que
celle-ci concerne également d’autres Ministères, vu son caractère multidisciplinaire. Le
Ministère de la justice s’occupe de la question de la justice pour enfant à travers la Direction
de la protection de l’enfant, des victimes et de l’assistance judiciaire (DPEVAJ), mais aussi à
travers des structures en concertation, comme le Groupe de Travail Justice et Droits
Humains, ainsi que les équipes de travail national et provincial.

a. La Direction de la protection de l’enfant, des victimes et de l’assistance judiciaire.

La Direction de la protection de l’enfant, des victimes et de l’assistance judiciaire


(DPEVAJ), est l’une des Directions du Ministère de la Justice et garde de sceau et Droits
Humains. Elle a pour mission :

- L’administration des établissements de garde et d’éducation de l’Etat (EGEE) et des


établissements de rééducation de l’Etat (ERE) destinés à recevoir les enfants faisant
l’objet de mesure de garde, d’éducation et de préservation prise en exécution de la
loi n°09/001 du 10 Janvier 2009 portant protection de l’enfant ;

- La mise en œuvre des décisions des juridictions pour enfants ;

- L’administration des écoles et ateliers des EGEE et ERE ;

- Le service social près du juge pour enfants ;


31

- Le suivi et l’accompagnement des enfants accusés d’être en conflit avec la loi, aux
stades pré juridictionnels ;

- La réinsertion socio-familiale ou professionnelle des enfants ;

- La centralisation des statistiques nationales sur la justice pour enfants. La DPEVAJ


joue le rôle de trait d’union entre le Ministère de la justice, l’équipe de travail sur la
justice pour enfants et le Groupe de Travail Justice et Droits Humains.

Elle collecte les rapports et les données sur la justice pour enfants auprès des divisions
provinciales et équipes provinciales sur la justice pour enfants qu’elle partage avec les
membres de l’équipe du travail. C’est à elle que revient la charge de présider les réunions
des équipes et d’en rédiger les comptes rendus. Elle identifie les besoins, élabore les
programmes et projets de justice pour enfants et en assure la coordination. Sur la base de la
cartographie des acteurs et des besoins identifiés. Elle oriente les interventions des acteurs
de justice pour enfants et coordonne également, dans le cadre de l’équipe de travail, les
formations, les visites de terrain (prisons, amigos, etc.)

b. Le conseil supérieur de la Magistrature

Le conseil supérieur de la Magistrature est un organe de gestion du pouvoir judiciaire en


République Démocratique du Congo, sous l’autorité du Président de la République et Chef
de l’Etat, (en sa qualité de Magistrat suprême). Le conseil supérieur de la Magistrature
élabore des propositions de nomination (et affectation), de promotion, de révocation ou
autre cessation de la qualité de Magistrat (démission par exemple), mise à la retraite, la
réhabilitation des Magistrats. Il dispose même du pouvoir disciplinaire des Magistrats.

c. Bureaux de consultations gratuites

Sont des structures relevant des Barreaux, et dont le but principal est d’assurer
gratuitement des consultations juridiques aux personnes n’ayant pas des revenus pour
payer les honoraires de l’Avocat. Dans le cadre de la justice pour enfants, le rôle étant d’une
extrême importance, car l’assistance par un Avocat, à toutes les étapes de procédure, est
l’une des garanties procédurales établies par la loi portant protection de l’enfant en RDC,
surtout que la vulnérabilité des enfants n’est plus à démontrer, pour justifier le besoin de
l’assistance gratuite.

d. Autres Institutions impliquées dans la justice pour enfants en RDC

Plusieurs Institutions non développées ci-haut, peuvent intervenir à la question sous


examen, tel est le cas du Ministère de l’intérieur par l’unité de la police chargée de la
protection de l’enfant, le Ministère de l’EPST à travers le corps de ses Inspecteurs, le
Ministère du travail et prévoyance sociale à travers le corps des Inspecteurs du travail et le
comité de lutte contre les pires formes de travail des enfants.

PARAGRAPHE 2 : ORGANISATION DE LA PROTECTION SOCIALE

La loi consacre aux articles 46 à 83 trois modalités de protection sociale :


32

- La protection sociale ordinaire ;

- La protection sociale spéciale ;

- La protection sociale exceptionnelle ;

Elle détermine, par ailleurs, les organes de la protection sociale de l’enfant en situation
ordinaire, difficile et exceptionnelle aux articles 74 à 83.

Section 1 : La protection sociale ordinaire

La loi assure la protection sociale ordinaire de l’enfant selon trois modalités :

o en famille ;

o au travail ;

o dans le cas de l’enfant exposé à toute forme d’exploitation et de violences.

§1. La protection sociale ordinaire de l’enfant en famille

La protection sociale ordinaire de l’enfant en famille est organisée suivant les six modalités
suivantes :

o La détermination du domicile de l’enfant chez ses père et mère ou chez la personne qui
exerce sur lui l’autorité parentale (article 46).

o La consécration du droit de l’enfant d’avoir et de connaître ses père et mère et d’être


élevé dans la mesure du possible par eux (article 47, alinéa 1).

o L’interdiction faite à tout géniteur d’ignorer son enfant qu’il soit né dans le mariage ou
hors mariage (article 47, alinéa 2).

o L’affirmation de l’intérêt supérieur de l’enfant comme principe devant prévaloir dans


l’établissement de la filiation, telle que régie par le Code de la famille, et dans les
contestations y relatives (article 47, alinéa 3).

o L’interdiction des fiançailles et du mariage d’enfants (article 48).

o L’interdiction des pratiques, traditions et coutumes qui portent atteinte au

développement, à la santé et à la vie de l’enfant (article 49).

§2. La protection sociale ordinaire de l’enfant au travail

La protection sociale ordinaire de l’enfant au travail est organisée par la loi selon les neuf
modalités suivantes :

o La fixation de l’âge minimum à l’emploi à 16 ans révolus (article 50, alinéa 1er).

o La détermination des conditions d’engagement ou de maintien en service d’un enfant âgé


de 15 ans accomplis : l’exigence d’obtenir une dérogation expresse du juge pour enfants,
33

saisi part l’inspecteur du travail ou toute personne intéressée, à la demande des parents ou
de toute personne exerçant l’autorité parentale ou tutélaire sur l’enfant, et cela, après avoir
obtenu l’avis psycho-médical d’un expert et de l’inspecteur du travail (article 50, alinéas 2 et
3).

o La conservation du droit de l’enfant de poursuivre ses études jusqu’à dix-huit ans, sans
préjudice de son emploi (article 51).

o L’interdiction pour tout maître, homme ou femme, de loger comme apprenti [un] enfant
(âgé de moins de dix-huit), s’il ne vit en famille ou en communauté (article 52).

o L’interdiction des pires formes de travail telles que définies à l’article 53, à savoir :

- toutes les formes d’esclavage ou pratiques analogues, telles que la vente et la traite
des enfants, la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé ou
obligatoire;

- le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans les
conflits armés ;

- l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant à des fins de prostitution, de


production de matériel pornographique, de spectacles pornographiques ;

- l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant aux fins d’activités illicites,


notamment pour la production et le trafic des stupéfiants ;

- les travaux qui, par leur nature et les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont
susceptibles de nuire à la santé, à la croissance, à la sécurité, à l’épanouissement, à
la dignité ou à la moralité de l’enfant.

o L’exigence de l’engagement ou du maintien en service d’un enfant âgé de 16 ans à moins


de 18 ans uniquement pour l’exécution des travaux légers et salubres déterminés par le
ministre ayant le travail dans ses attributions (article 54).

o L’interdiction pour un enfant de travailler plus de quatre heures par jour (article 55, alinéa
1er).

o L’interdiction du travail de nuit d’un enfant, soit de 18 heures à 6 heures (article 55, alinéa
2).

o La reconnaissance du droit de l’enfant à un congé d’au moins un jour ouvrable par mois
entier de service concurremment au congé annuel consacré dans le Code du travail (article
56).

§3. La protection sociale ordinaire de l’enfant exposé à toute forme d’exploitation et de


violences

La protection sociale ordinaire de l’enfant exposé à toute forme d’exploitation et de


violences est organisée suivant les modalités ci-après :
34

o La consécration du droit de l’enfant à la protection contre toute forme d’exploitation et


de violences (article 57, alinéa 1er)

o La consécration du devoir des parents et de l’Etat de veiller à ce que la discipline

familiale ou dans les établissements scolaires, les institutions de garde privées agréées et
publiques, soit administrée de telle manière que l’enfant soit traité avec humanité (article
57, alinéas 2 et 3).

o La protection de l’enfant contre toutes les formes d’exploitation économique, entendue


comme toute forme d’utilisation abusive de l’enfant à des fins économiques compte tenu
du poids du travail par rapport à l’âge de l’enfant, du temps et de la durée du travail, de
l’insuffisance ou de l’absence de la rémunération, de l’entrave du travail par rapport à
l’accès à l’éducation, au développement physique, mental, moral et social de l’enfant
(article 58).

o L’interdiction d’utiliser l'enfant dans les différentes formes de criminalité organisée, y


compris l’espionnage, du fait de lui inculquer le fanatisme et la haine, de l'initier et l’inciter
à commettre des actes de violence et de terreur (article 59).

o L’interdiction du harcèlement sexuel, sous toutes ses formes, exercé sur l’enfant (article
60)

les formes d’exploitation et violences sexuelles et l’interdiction des faits suivants :

 l’incitation, l’encouragement ou la contrainte d’un enfant à s’engager dans une

activité sexuelle ;

- l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant à des fins de pédophilie ;

- la diffusion de films pornographiques à l’intention des enfants;

- l’exposition de l’enfant à des chansons et spectacles obscènes (article 61).

La plupart des actes interdits en faveur de l’enfant sont érigés en infraction et punis
pénalement (voir le titre IV consacré à la protection pénale de l’enfant). Le droit pénal est
mobilisé là dans son rôle sanctionnateur des dispositions relatives à la protection sociale
ordinaire de l’enfant.

Section 2 : La protection sociale spéciale

§1. Les bénéficiaires de la protection sociale spéciale

Aux termes de l’article 62 de la loi, la protection sociale spéciale est assurée à l’enfant en
situation difficile, tel que défini à l’article 2.4 de la loi, à savoir l’enfant qui ne jouit pas de
ses droits fondamentaux et qui n’a pas accès aux services sociaux de base tels que la santé,
le logement, l’alimentation et l’éducation.

La loi cite, de manière non limitative, les cas d’enfant en situation difficile, notamment :
35

1. l’enfant rejeté, abandonné, exposé à la négligence, au vagabondage et à la mendicité ou


trouvé mendiant, vagabond ou qui se livre habituellement au vagabondage ou à la
mendicité;

2. l’enfant qui, par sa mauvaise conduite ou son indiscipline, donne de graves sujets de
mécontentement à ses parents ou tuteur ou à son entourage ;

3. l’enfant qui se livre à la débauche ou cherche ses ressources dans le jeu ou dans les trafics
ou occupations l’exposant à la prostitution, à la mendicité, au vagabondage ou à la
criminalité ;

4. l’enfant qui manque, de façon notoire et continue, de protection ou ne fréquente aucun


établissement scolaire ou n’exerce aucune activité professionnelle ;

5. l’enfant habituellement maltraité ;

6. l’enfant exploité économiquement ou sexuellement ;

7. l’enfant accusé de sorcellerie ;

8. l’enfant mère ou porteuse d’une grosse, objet de maltraitance de la part de ses parents
ou tuteurs ;

9. l’enfant sans soutien familial ou autre à la suite de la perte de ses parents ;

10. l’enfant vivant avec handicap ;

11. l’enfant toxicomane ;

12. l’enfant orphelin.

L’enfant surdoué bénéficie aussi d’une protection spéciale.

§2. Les mécanismes de la protection sociale spéciale

La protection sociale spéciale se réalise à l’aide des mécanismes suivants :

- la tutelle de l’Etat ;

- Le placement social ;

- autres mécanismes de prise en charge appropriés.

A. La tutelle de l’Etat

La tutelle de l’Etat est organisée dans le Code de la famille. Elle est assurée par le Conseil de
tutelle et un tuteur délégué.

B. Le placement social

a. La définition
36

Le placement social consiste à placer un enfant en situation difficile soit dans une famille
élargie, soit dans une famille d’accueil, soit au sein d’une institution publique ou privée
agréée à caractère social ou encore en foyer autonome pour son hébergement, sa
rééducation ainsi que sa réinsertion sociale (article 64, alinéa 1er).

La loi ne définit pas la famille élargie. Elle s’étend naturellement aux membres de la famille
du père et de la mère ainsi que les parents éloignés incluant parfois les ressortissants de la
localité des parents.

Par famille d’accueil, la loi entend, à l’article 65, une structure à caractère familial qui prend
en charge de façon temporaire au maximum deux enfants, sauf en cas de fratrie. Par foyer
autonome, la loi entend, à l’article 66, une structure composée et entretenue par un groupe
d’enfants placée sous la supervision d’une institution publique ou privée agréée à caractère
social. Le placement dans un foyer autonome ne peut concerner que l’enfant âgé au
minimum de quinze ans révolus (article 64, alinéa 1er , in fine). institution publique, la loi
entend, à l’article 67, une structure ou établissement de garde créée par l’Etat et placée
sous la tutelle du ministère ayant les affaires sociales dans ses attributions et travaillant en
collaboration avec celui ayant la justice dans ses attributions avec comme objectif la garde,
la rééducation, et la réinsertion sociale des enfants en situation difficile ou en conflit avec la
loi ; ayant entre autre comme agents, les assistants sociaux qui y sont employés. Le
placement social en institution est pris en dernier recours et sa durée maximale est de six
mois (article 64, alinéa 2).

b. La procédure du placement social

Le placement se réalise selon les deux modalités suivantes :

- Placement social réalisé par l’assistant social et homologué par le juge des enfants
(article 63, alinéa 2) :

Si l’enfant en situation difficile n’est pas entre les mains de ses parents ou de son tuteur,
son placement social est réalisé directement par l’Assistant social. Il doit prendre en compte
l’opinion de l’enfant concerné selon son degré de maturité et son âge. Et après l’avoir placé,
il doit faire rapport immédiatement au juge des enfants qui doit prendre une décision
(ordonnance) d’homologation de ce placement social.

- Placement ordonné par le juge des enfants sur requête de l’assistant social (article
63, alinéa 3).

Si l’enfant intéressé est entre les mains de ses parents ou tuteur, la décision de placement
social est ordonnée par le juge pour enfants, saisi par une requête de l’assistant social.

c. Autres mécanismes appropriés de prise en charge

Dans cette rubrique, on pourrait mentionner la prise en charge d’une enfant qui est devenue
enceinte avant d’avoir achevé son cycle d’études secondaires (les filles mères). La loi
consacre à l’article 68, le droit de cet enfant de reprendre les études compte tenu de ses
aptitudes individuelles.
37

§3. L’assistance matérielle et financière de l’Etat aux parents incapables d’assurer la


survie de leur enfant

La loi met à charge de l’Etat le devoir d’accorder une assistance matérielle ou financière aux
parents se trouvant dans l’incapacité d’assurer la survie de leur enfant (article 69). Cette
charge incombe aux ministres ayant dans leurs attributions la famille, l’enfant et les affaires
sociales, qui doivent fixer, dans un arrêté interministériel, les conditions d’intervention de
l’Etat. A ce jour, cet arrêté n’est pas encore pris.

§4. Situation de l’enfant vivant avec l’un ou les deux parents emprisonnés

La loi met également à charge de l’Etat le devoir de subvenir aux besoins sanitaires et
alimentaires de l’enfant vivant avec l’un ou les deux parents emprisonnés (article 70). Il peut
s’agir, soit d’un enfant né pendant l’incarcération (la détention) de la mère, soit d’un enfant
quoi est entré en prison en accompagnant son parent à cause de sa dépendance nécessaire
avec ce dernier ou du fait qu’il n’existe personne en liberté pouvant s’occuper de l’enfant au
moment de l’incarcération de son parent ou de ses parents. Il revient aux ministres ayant la
justice et les affaires sociales dans leurs attributions de prendre un arrêté interministériel
pour déterminer les modalités d’accès de l’enfant à la jouissance de ce droit.

Section 3 : La protection sociale exceptionnelle

La protection sociale exceptionnelle concerne l’enfant en situation exceptionnelle tel que


défini à l’article 2.5 ou l’enfant déplacé tel que défini à l’article 2.2.

Pour rappel, l’enfant en situation exceptionnelle est celui qui se trouve en situation de
conflits armés, de tensions ou de troubles civils, de catastrophes naturelles et de
dégradation sensible et prolongée des conditions socio-économiques. Tandis que l’enfant
déplacé est l’enfant non accompagné de ses parents ou tuteurs, qui a été contraint de
quitter son milieu de vie par suite de la guerre, de catastrophes naturelles ou d’autres
événements graves et s’est installé dans un autre endroit à l’intérieur du pays où il réside.
La protection sociale exceptionnelle est assurée selon les trois modalités suivantes :

- L’interdiction de l’enrôlement et de l’utilisation des enfants dans les forces et


groupes armés ainsi que dans la police (article 71, alinéa 1er).

- La consécration du devoir de l’Etat d’assurer, d’une part, la sortie de l’enfant enrôlé


ou utilisé dans les forces et groupes armés ainsi que dans la police, et d’autre part,
sa réinsertion en famille ou en communauté (article 71, alinéa 2).

- La consécration du devoir de l’Etat de garantir la protection, l’éducation et les soins


nécessaires aux enfants affectés par les conflits armés, les tensions ou troubles
civils, spécialement à ceux trouvés et non identifiés par rapport à leur milieu
familial, ainsi qu’aux enfants déplacés par suite d’une catastrophe naturelle ou
d’une dégradation des conditions socio-économiques (article 72, alinéas 1 et 2).

Section 4 : L’objectif de la protection sociale spéciale et exceptionnelle


38

Il convient de préciser que l’objectif de la protection sociale spéciale (pour l’enfant en


situation difficile) ou exceptionnelle (pour l’enfant déplacé ou en situation exceptionnelle)
vise à assurer la réadaptation et la réinsertion de l’enfant concerné (article 73). Cet objectif
constitue un devoir de l’Etat.

La réadaptation tend à permettre à l’enfant à acquérir des aptitudes et des attitudes qui lui
manquaient de manière à redevenir apte et développer des relations sociales moins
problématiques avec les autres et à parvenir ainsi à son épanouissement ou à son
développement au sein du groupe ; tandis que la réinsertion tend à reconnaître une place au
sein d’un groupe social (famille, l’école ou structure professionnelle). Ainsi, la réinsertion
sociale est soit familiale, scolaire ou socioprofessionnelle. La réadaptation peut être une voie
pour la réinsertion sociale.

La loi ne précise pas les modalités de protection de l’enfant en situation exceptionnelle.


Nous

pensons qu’ils doivent également bénéficier des mesures de placement conformément aux
dispositions de l’article 64, suivant la procédure prévue à l’article 63, alinéa 3 (ordonnance
de placement social de l’enfant sur requête de l’assistant social).

Section 5 : Les organes de la protection sociale de l’enfant et leurs rôles

Les organes de la protection sociale de l’enfant sont énumérés, de manière non limitative, à
l’article 74 de la loi.

§1. Le Conseil national de l’enfant (article 75)

Le Conseil national de l’enfant est un organe conseil du Gouvernement qui relève du


ministère ayant la famille et l’enfant dans ses attributions. Il a pour rôle d’assurer la mise en
œuvre de la politique du Gouvernement en matière de promotion et protection des droits
de l’enfant. Il est prévu qu’un décret du Premier ministre, délibéré en conseil des ministres,
fixe l’organisation et le fonctionnement du Conseil national de l’enfant.

§2. Le Corps des conseillers d’orientation scolaire et professionnelle

Le Corps des conseillers d’orientation scolaire et professionnelle est une structure technique
relevant du ministère ayant dans ses attributions l’enseignement primaire, secondaire et
professionnel. Son rôle est de conseiller et d’orienter l’enfant dans le choix des options et
métiers à suivre au regard de ses aptitudes intellectuelles (article 79).

§3. Le corps des assistants sociaux

Les assistants sociaux sont les agents de l’Etat ou d’un organisme agréé, spécialisés dans la
résolution des problèmes liés aux relations humaines afin d’améliorer le bien-être général.
Ils œuvrent à la promotion de bonnes mœurs (article 2.8 de la loi).

Le rôle des assistants sociaux a été préalablement déterminé en ce qui concerne la


protection sociale spéciale de l’enfant (en situation difficile), notamment en ce qui se réfère
à son placement social (article 63). Mais le Corps des assistants sociaux est une structure
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technique du ministère ayant les affaires sociales dans ses attributions, chargée des
enquêtes sociales sur les enfants, de la guidance psychosociale et de la réunification
familiale de ces derniers (article 76). Il est prévu qu’un arrêté du ministre ayant les affaires
sociales dans ses attributions fixe l’organisation et le fonctionnement du Corps des assistants
sociaux.

§4. La Brigade spéciale de protection de l’enfant

La Brigade spéciale de protection de l’enfant relève du ministère ayant la police dans ses
attributions (ministère de l’Intérieur). Elle a la mission de surveillance des enfants et de
prévention générale (article 77). Il est prévu qu’un arrêté du ministre ayant les affaires
intérieures dans ses attributions fixe l’organisation de la Brigade spéciale de protection de
l’enfant.

§5. Le corps des inspecteurs du travail

Le Corps des inspecteurs du travail relève du ministère ayant le travail dans ses attributions.
Son rôle est de veiller notamment au respect des normes en matière de travail des enfants.
Il est organisé conformément au Code du travail et à ses mesures d’application (article 80).

§6. Le Corps des inspecteurs de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel

Le Corps des inspecteurs de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel est une


structure technique du ministère ayant l’enseignement primaire, secondaire et
professionnel dans ses attributions. Son rôle consiste, notamment à contrôler la qualité de
l’enseignement (article 78).

§7. Le Comité national de lutte contre les pires formes de travail de l’enfant

Le Comité national de lutte contre les pires formes de travail des enfants a pour missions,
d’une part, d’élaborer la stratégie nationale en vue de l’éradication des pires formes de
travail des enfants ; et d’autre part, d’assurer le suivi de la mise en œuvre de cette stratégie
et d’évaluer le niveau d’application des mesures préconisées. Il est organisé conformément
aux dispositions du Code du travail (article 81).

§8. Les organismes et institutions agréés de la société civile du secteur de l’enfant

Aux termes de l’article 82 de la loi, les organismes et institutions agréés de la société civile
du secteur de l’enfant assistent l’Etat dans sa mission de protection des enfants et de
promotion de leurs droits. Ils sont créés et organisés conformément à la loi sur les
associations sans but lucratif.

§9. Le Parlement et les Comités des enfants

Le Parlement et les Comités des enfants permettent à ces derniers d’exercer leur liberté
d’associations. Ils ont pour mission de rendre effective la participation des enfants aux
initiatives de la communauté nationale, sur les questions qui les concernent (article 83). Il
est prévu qu’un arrêté interministériel des ministres ayant la famille et l’enfant ainsi que
l’enseignement, primaire, secondaire et professionnel dans leurs attributions fixe
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l’organisation et le fonctionnement du Parlement et des Comités des enfants. Mais à ces


différents organes, on pourrait ajouter la famille de l’enfant, qui est la première instance
naturelle de protection sociale de l’enfant (articles 46 et 47 de la loi), ainsi que le Conseil de
tutelle, qui assure la protection sociale spéciale de l’enfant (article 63).

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