Introduction :
Le béton est le matériau le plus utilisé en construction. Il est solide, pas trop cher et facile à
fabriquer. Mais,malgré ses nombreux avantages, le béton présente certaines faiblesses liées
à sa porosité qui permettent à l’eau, aux gaz et aux substances chimiques de pénétrer. Ces
infiltrations peuvent altérer ses propriétés et réduire sa durée de vie, notamment en
favorisant la corrosion des armatures métalliques qu’il protège. Pour améliorer la durabilité
du béton et limiter ces dégradations, il est nécessaire d’étudier ses réactions face aux
agressions extérieures afin de mettre en place des méthodes de conception et de contrôle
qui prolongent sa résistance dans le temps.
Dans le cadre de l’étude de la durabilité des bétons, nous allons réaliser deux t TPs afin
d’analyser leurs propriétés et leur comportement face aux agressions extérieures. Les deux
TP retenus pour commencer ce compte rendu sont :
• TP de porosité : qui permet de mesurer la capacité du béton à absorber l’eau et à
évaluer sa compacité.
• TP de carbonatation: qui permet de déterminer la profondeur de la réaction
chimique entre le CO₂ et le béton, et d’apprécier son impact sur la protection des
armatures.
• TP de migration des ions clorure dans le béton
• TP de caracterissation du béton à l’état durci
Définition de la porosité :
La porosité est la proportion de vides présents dans le béton. Ces vides peuvent être
microscopiques ou plus grands ; ils se forment lors de la fabrication et du durcissement du
béton.
Objectifs :
Le TP de la porosité du béton a pour objectif de Mesurer la quantité d’eau absorbée par un
échantillon de béton pour déterminer son degré de porosité et Comprendre l’importance de
la compacité dans la formulation du béton
Principe de l’essai :
Le principe de l’essai repose sur la mesure de la capacité d’un échantillon de béton à
absorber l’eau.
Lorsque l’échantillon est plongé dans l’eau, celle-ci pénètre progressivement dans ces pores ;
En comparant la masse du béton avant et après immersion, on détermine la quantité d’eau
absorbée. Cette variation de masse permet de calculer le taux de porosité et donc d’évaluer
la compacité du béton.
Matériel utilisé :
Échantillons de béton
Balance de précision
Étuvé
bassin d’eau
Mode opératoire :
Préparation des échantillons :
• Sécher les échantillons de béton dans une étuve à température contrôlée (environ
105 °C) jusqu’à obtenir une masse constante.
• Laisser refroidir les échantillons à température ambiante.
• Peser chaque échantillon et noter la masse sèche (Ms).
Immersion dans l’eau
• Plonger les échantillons complètement dans un bac rempli d’eau.
• Laisser l’immersion se poursuivre pendant 24 h
• Retirer les échantillons, les essuyer rapidement avec un chiffon humide pour enlever
l’eau de surface.
• Peser immédiatement et noter la masse saturée (Msa).
Mesure de la masse immergée
• Peser les échantillons directement dans l’eau à l’aide d’une balance adaptée.
• Noter la masse immergée (Mi).
Calculs :
𝑀𝑠𝑎−𝑀𝑠
• Porosité ouverte (%) = × 100
𝑀𝑠𝑎−𝑀𝑖
• Ce calcul permet de déterminer la proportion de vides accessibles à l’eau dans le
béton.
Interprétation :
• Porosité faible → béton dense, durable, bonne résistance aux agressions.
• Porosité élevée → béton vulnérable, risque de carbonatation et de pénétration des
chlorures.
Conclusion :
L’essai de porosité a permis de mettre en évidence l’importance de la compacité du béton
dans sa durabilité. Les résultats obtenus montrent que plus le béton est dense et présente
une faible porosité, plus il résiste aux infiltrations d’eau et aux agressions extérieures. À
l’inverse, un béton poreux absorbe davantage d’eau, ce qui favorise les phénomènes de
carbonatation, de pénétration des ions chlorure et de corrosion des armatures.
Ainsi, la porosité constitue un indicateur essentiel de la qualité du béton et de sa longévité.
Ce TP confirme que la maîtrise de la formulation et de la mise en œuvre du béton est
indispensable pour garantir la performance et la durabilité des ouvrages.
Définition de la carbonatation :
La carbonatation est un phénomène chimique qui se produit lorsque le dioxyde de carbone
(CO₂) de l’air pénètre dans le béton et réagit avec l’hydroxyde de calcium présent dans la
pâte cimentaire.
Objectifs du TP :
Ce TP a pour objectif de Mettre en évidence le phénomène de carbonatation dans un
échantillon de béton et Déterminer la ça profondeur à l’aide de phénophtaléine
Principe de l’essai :
Le principe repose sur l’utilisation d’un indicateur coloré (phénolphtaléine) :
• Le béton sain (non carbonaté) est basique → il devient violet au contact de la
phénolphtaléine.
• Le béton carbonaté est neutre/acide → il reste incolore.
• La profondeur de la zone incolore correspond à la profondeur de carbonatation.
Matériel utilisé :
• Échantillons de béton (prismes ou cylindres).
• Solution de phénolphtaléine
• Récipients et pulvérisateur pour appliquer la solution.
• Outils de coupe ou de cassage pour obtenir une surface fraîche de béton.
Mode opératoire :
1. Préparer un échantillon de béton en cassant une partie pour obtenir une surface
fraîche.
2. Pulvériser la solution de phénolphtaléine sur cette surface.
3. Observer la coloration :
o Zone violette → béton sain (non carbonaté).
o Zone incolore → béton carbonaté.
4. Mesurer la profondeur de la zone incolore à l’aide d’une règle.
5. Noter les résultats et comparer selon les différents échantillons.
Interpretation :
• Les échantillons présentent une zone colorée (violette) et une zone incolore.
• La profondeur de la zone incolore indique la progression de la carbonatation.
• Béton dense et peu poreux → faible profondeur de carbonatation → meilleure
durabilité.
• Béton poreux → grande profondeur de carbonatation → risque élevé de corrosion
des armatures.
Definition :
C’est le processus par lequel les ions chlorure, présents dans l’environnement, pénètrent et
diffusent dans les pores du béton jusqu’à atteindre les armatures métalliques
Objectifs :
Mettre en évidence la diffusion ou la migration des Cl⁻ à travers des éprouvettes de béton
exposées à une solution saline
Comprendre l’impact de la pénétration des chlorures sur la corrosion des armatures et la
perte de performance des structures.
Analyser l’effet du rapport eau/ciment, de la porosité, de la nature du ciment ou des ajouts
minéraux sur la vitesse de migration.
Déterminer la profondeur de pénétration des chlorures et comparer avec des seuils critiques
de corrosion
Mode opératoire :
-Préparer des échantillons de béton et les immerger dans une solution contenant des ions Cl⁻
-Mesurer la concentration en chlorures à différentes profondeurs.
-Tracer le profil de pénétration des chlorures dans le béton.
-Déduire le coefficient de diffusion/migration des ions chlorure.
Matériel utilisée :
-Éprouvettes de béton
-Solution saline (NaCl)
-Bac d’immersion
-Source électrique
-Solution de nitrate d’argent
-Pulvérisateur ou pipette
-Outils de cassage
-Instrument de mesure
-Matériel de sécurité
Résultat :
Zone blanche → présence d’ions chlorure
Zone brunâtre → absence de chlorures
La limite entre ces deux zones indique la profondeur de pénétration des chlorures
On mesure l’épaisseur de la zone blanche (en mm) à plusieurs points de l’éprouvette.
Ces mesures permettent de tracer un profil de pénétration des chlorures et à partir de ces
données, on peut calculer ou estimer le coefficient de diffusion/migration des ions Cl⁻ dans le
béton.
Interprétation
Grande profondeur de pénétration → béton poreux, rapport eau/ciment élevé, faible
durabilité.
• Faible profondeur de pénétration → béton dense, bonne compacité, meilleure
résistance à la corrosion.
• Les résultats permettent de comparer différents bétons (avec ou sans ajouts
minéraux, différents rapports E/C, etc.).
Conclusion :
Ce TP a montré que les ions chlorure migrent dans le béton en fonction de sa porosité et de
sa formulation. L’essai au nitrate d’argent a permis de visualiser la profondeur de pénétration
des Cl⁻, confirmant que plus le béton est dense et compact, plus il résiste à cette migration.
Ainsi, la maîtrise du rapport eau/ciment et l’utilisation d’ajouts minéraux sont essentielles
pour améliorer la durabilité des ouvrages en béton armé exposés aux environnements
agressifs.