Introduction
La connaissance de la fiscalité présente aujourd’hui une importance
capitale surtout pour les entreprises. En effet, cette dernière intervient au
niveau du choix du domaine de l’investissement, de son implantation,
comme elle intervient dans l’arbitrage entre la dépense et
l’investissement. La méconnaissance par l’entreprise de ses obligations
fiscales, ne pas les prendre en compte au niveau du choix de ses
investissements, financement, ainsi que la forme juridique de
l’organisation de son activité constitue un risque pour elle dont les
conséquences peuvent s’avérer lourdes.
En effet, les concepts de la fiscalité tels que impôts, taxes,
redevances, bien qu’ayant des significations différentes sur le plan
théorique, n’ont qu’un sens pour le citoyen et le contribuable d’une
manière générale celui d’un prélèvement obligatoire au profit de l’Etat ou
de toute autre collectivité publique et qui grève son revenu disponible.
Bien que le système fiscal tunisien comporte deux grandes catégories
d’impôts et taxes à savoir les impôts directs et les impôts indirects, cette
notion demeure complexe par essence surtout pour le grand public.
Concernant les impôts directs, plusieurs définitions ont été données à
cette notion, définitions qui ont évolué avec le temps en fonction de
l’environnement économique et social, mais il n’existe pas un consensus
général sur une définition donnée.
En fait, parmi les définitions, attribuées à l’impôt direct par référence
à des considérations économiques il y a celle qui le défini comme étant
un impôt qui est supporté définitivement par le contribuable lui-même,
par opposition à l’impôt indirect où « le contribuable ne serait qu’un
intermédiaire capable de rejeter l’impôt sur d’autres personnes ».
Constituent des impôts directs notamment l’impôt sur le revenu des
personnes physiques et l’impôt sur les sociétés. Ces deux types d’impôt
vont faire l’objet de notre cours.
3
CHAPITRE I
L'IMPOT SUR LE REVENU DES
PERSONNES PHYSIQUES
Section I. Champ d’application de l’impôt sur le revenu des
personnes physiques
I- Personnes soumises à l’impôt sur le revenu
Sous réserve des dispositions des conventions internationales de non
double imposition le champ d’application de l'impôt sur le revenu couvre
les personnes physiques résidentes et les personnes physiques non
résidentes en Tunisie.
1) Personnes résidentes en Tunisie
A/ Notion de résidence
Sont considérées comme résidentes en Tunisie les personnes
physiques qui :
1- disposent en Tunisie d'une habitation principale à titre gratuit ou
onéreux, la notion d'habitation principale suppose la permanence de
l'installation de la personne en Tunisie. Cette notion est indépendante du
lieu et de la durée du séjour de la personne en Tunisie.
2- séjournent en Tunisie pendant une période ou des périodes
égales ou supérieures à 183 jours d'une façon continue ou discontinue
durant l'année civile.
L'appréciation de la durée de séjour s'effectue année par année.
C'est ainsi qu'une personne qui séjourne en Tunisie pendant une ou des
périodes dont le total n'atteint pas 183 jours au cours d'une année civile
n'est pas considérée comme résidente en Tunisie au titre de cette année
même si son séjour se prolonge durant l'année suivante et le total des
périodes du séjour au titre des deux années dépasse 183 jours ;
3- ont la qualité de fonctionnaires ou d'agents de l'Etat tunisien
exerçant leurs fonctions ou chargés de mission dans un pays étranger,
dans la mesure où ces personnes ne sont pas soumises dans ce dernier
pays à un impôt sur leur revenu global
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B/ Revenus couverts par le champ d’application de l’impôt sur le
revenu
Les personnes physiques disposant d'une résidence habituelle en Tunisie
sont assujetties à l'impôt sur le revenu à raison de leur revenu global soit
sur les revenus de source tunisienne et les revenus de source étrangère.
Toutefois lorsque les revenus de source étrangère ont subi l'impôt
dans le pays de la source, ils ne font pas partie du revenu global soumis à
l'impôt.
2) Personnes non résidentes
A/ Revenus couverts par le champ d’application de l’impôt sur le
revenu
Les personnes physiques, qui ne sont pas résidentes en Tunisie, mais qui
réalisent des revenus de source tunisienne, sont soumises à l'impôt sur le
revenu uniquement à raison de ces revenus.
Il s’agit notamment :
- des revenus et bénéfices provenant de tous autres services rendus
en Tunisie (services de maintenance et de réparation …),
indépendamment de la situation du débiteur eu égard aux critères
de la « résidence » et de « l’établissement » en Tunisie ;
- des revenus et bénéfices provenant de tous autres services rendus à
l’étranger (commissions d’intermédiation, rémunérations
d’activités salariales, de professions indépendantes d’avocats,
d’architectes, de médecins…), lorsque la rémunération
correspondante est mise à la charge d’une personne établie ou
domiciliée en Tunisie ;
- des revenus générés par tous autres biens, droits et valeurs situés ou
détenus en Tunisie.
B/ Revenus exonérés
Certains revenus réalisés par ces personnes sont expressément
exonérés de l’impôt, il s’agit :
- des intérêts des dépôts ou des titres en devises ou en dinars
convertibles ;
- des dividendes, des revenus de parts des fonds communs de
placement, des tantièmes attribués aux membres du conseil
5
d’administration et les bénéfices et réserves capitalisés, depuis
moins de cinq ans, par les personnes morales soumises à l’impôt
sur les sociétés et cessent d’y être assujetties (considérés comme
revenus distribués)
- des rémunérations payées par les entreprises totalement
exportatrices telles que définies par la législation en vigueur, au
titre :
des droits d’auteur ;
de l’usage, de la concession de l’usage ou de la cession d’un
brevet, d’une marque de fabrique ou de commerce, d’un
dessin ou d’un modèle, d’un plan, d’une formule ou d’un
procédé de fabrication, y compris les films
cinématographiques ou de télévision ;
de l’usage ou de la concession de l’usage d’un équipement
industriel, commercial, agricole, portuaire ou scientifique ;
des informations ayant trait à une expérience acquise dans le
domaine industriel, commercial ou scientifique ;
des études techniques ou économiques, ou d’une assistance
technique.
- des rémunérations pour affrètement de navires ou d’aéronefs
affectés au trafic international …..
II- Personnes exonérées de l’impôt sur le revenu
Sont exonérés de l'impôt sur le revenu, les agents diplomatiques et
consulaires de nationalité étrangère sous réserve de réciprocité.
L’exonération ne s’applique pas donc, notamment :
- aux diplomates de nationalité tunisienne exerçant leur activité en
Tunisie au sein des organisations internationales ou régionales ;
- aux personnes de nationalité tunisienne qui sont au service des
missions diplomatiques des Etats étrangers ;
- aux personnes de nationalité étrangère qui sont au service des
missions diplomatiques des Etats étrangers, mais n’ayant pas la
qualité d’agent diplomatique ou consulaire.
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SECTION II. REVENUS IMPOSABLES
I- Règles générales d’assujettissement à l’impôt sur le revenu
1- Principe de l’annualité de l’impôt sur le revenu
L’impôt est dû au 1er janvier de chaque année sur le montant total
des revenus ou bénéfices perçus ou réalisés pendant l’année précédente.
Toutefois, ce principe de l’annualité a été assoupli par la loi (article 7
code de l’IRPP et de l’IS) dans les cas suivants :
lorsqu’une personne, précédemment non résidente en Tunisie, s’y
établit en cours d’année, son imposition s’effectue selon sa
situation au 1er janvier de l’année qui suit celle du transfert de
domicile à raison des revenus de source tunisienne et de source
étrangère qu’elle réalise depuis son établissement en Tunisie ;
lorsqu’un contribuable, auparavant résident, transfère son domicile
en cours d’année, hors de Tunisie, il est soumis à l’impôt à la date
de son départ, et selon la législation en vigueur au 1er janvier de
l’année de son départ, sur les revenus qu’il a réalisés, durant la
période au cours de laquelle il était résident en Tunisie
en cas de cession ou de cessation totale de l’exploitation, l’impôt
est établi sur les bénéfices réalisés à partir du 1er janvier jusqu’ à la
date de la cession ou de la cessation de l’exploitation ;
en cas de décès, l’impôt est établi à raison de l’ensemble des
revenus ou bénéfices que le défunt a réalisés depuis le 1er janvier
de l’année du décès jusqu’à la date de celui-ci selon la législation
en vigueur au premier janvier de l’année du décès.
2- Principe d’imposition séparée des époux
En vertu de la législation fiscale en vigueur, l’imposition dans un
foyer a lieu séparément entre les époux.
L’imposition du chef de famille peut avoir lieu à raison de ses
propres revenus ainsi que de ceux de ses enfants à charge (enfants âgés
de moins de 20 ans au 1er janvier de l’année d’imposition).
A ce titre, est considéré comme chef de famille :
- l’époux ;
- le divorcé ou la divorcée qui a la garde des enfants ;
- le veuf (ou la veuve) même sans enfants à charge ;
- l’adoptant.
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Cependant, l’épouse est considérée comme chef de famille :
- lorsqu’elle justifie que le mari ne dispose d’aucune source de
revenu durant l’année précédant celle de l’imposition ;
- lorsque remariée, elle a la garde des enfants issus d’un
précédent mariage.
3- L’imposition selon le revenu net global
Le revenu imposable est un revenu net global. Ce revenu est constitué
par le montant total des revenus nets déterminés distinctement suivant les
règles propres à chacune des catégories de revenus.
Pour ce faire, il est procédé dans une première étape à la
détermination du revenu ou bénéfice net par catégorie de revenu, compte
tenu des règles qui lui sont propres et dans une deuxième étape à la
compensation entre catégories bénéficiaires et autres déficitaires lorsque
le déficit est justifié par une comptabilité régulière, y compris la
comptabilité simplifiée tenue conformément aux dispositions de l’article
62 du code de l’IRPP et de l’IS.
Lorsque le revenu global n’est pas suffisant pour que le déficit subi
au niveau d’une catégorie de revenu puisse être intégralement imputé, le
reliquat non imputé est reportable successivement sur le revenu net global
des années suivantes jusqu’à la 4ème année qui suit celle du déficit.
Après détermination du revenu net global, il est procédé aux
déductions des charges et déductions communes, c’est-à-dire celles qui ne
se rapportent pas à une catégorie déterminée de revenus ou bénéfices.
II- Les revenus imposables
Les revenus imposables sont classés en sept catégories à savoir :
- les bénéfices industriels et commerciaux
- les bénéfices des professions non commerciales
- les bénéfices des exploitations agricoles et de pêche
- les revenus fonciers
- les revenus des valeurs mobilières et les revenus de capitaux
mobiliers
- les traitements, salaires, pensions et rentes viagères
- et les revenus de source étrangère.
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SECTION III
LES REGIMES D’IMPOSITION DES DIFFERENTES
CATEGORIES DE REVENUS
I. BENEFICES INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX
1) Définition
L’article 9 du code de l’IRPP et de l’IS définit les bénéfices
industriels et commerciaux (BIC) comme étant ceux réalisés dans les
entreprises exerçant une activité commerciale au sens du code de
commerce
A cet effet, l’article 2 du code de commerce considère comme
opérations commerciales, même si certaines ne peuvent être exercées que
par des sociétés anonymes, notamment :
- l’extraction des matières premières ;
- la fabrication et la transformation des produits manufacturés ;
- l’achat et la vente ou la location des biens, quels qu’ils soient ;
- le transport terrestre, maritime et aérien des biens et des
personnes ;
- les opérations d’assurance terrestre, maritime et aérienne ;
- les opérations de change, de banque ou de bourse ;
- les opérations de commission et de courtage, c’est-à-dire les
opérations d’intermédiation réalisées par des personnes
indépendantes qui mettent en rapport des clients et des
fournisseurs de biens ou de services.
2) Détermination du bénéfice net
A- Le Régime réel
Le bénéfice net est déterminé dans ce cas sur la base d’une
comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises.
Ce bénéfice tient compte de tous les produits réalisés par l’entreprise
durant l’exercice, y compris ceux réalisés en dehors des opérations
effectuées par cette dernière, telles que les subventions, primes, gains
exceptionnels…
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Ces produits doivent être diminués des charges réelles effectuées par
l’entreprise telles que loyers, achats, rémunérations de personnels, frais
d’entretien et de réparation, amortissements, provisions, …)
La déduction de ces charges est subordonnée à la satisfaction des
conditions suivantes :
- être engagées dans l’intérêt de l’exploitation,
- correspondre à une charge effective et être appuyées des pièces
justificatives tells que factures dûment établies,
- se rapporter à l’exercice au cours duquel elles sont engagées,
- doivent avoir été constatées en comptabilité
B- Le régime réel simplifié
Les entreprises individuelles dont le chiffre d’affaires hors taxes (NC
n°13/2007) n’excède pas 100.000D sont dispensées de la tenue d’une
comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises.
Leur assiette imposable est déterminée dans les mêmes conditions
que les entreprises soumises au régime réel sur la base de la différence
entre leurs produits et leurs charges en tenant compte des stocks et des
amortissements.
Toutefois, les provisions constituées par lesdits entreprises ne sont
pas admises en déduction.
La comptabilité simplifiée consiste à la tenue :
- d’un registre côté et paraphé par les services du contrôle fiscal sur
lequel elles enregistrent au jour le jour les produits et les charges,
- d’un livre d’inventaire sur lequel elles enregistrent annuellement
les stocks et les immobilisations.
C-Le régime forfaitaire
Les entreprises individuelles dont le chiffre d’affaires annuel ne
dépasse pas 30.000D peuvent être soumises à l’impôt selon le régime
forfaitaire lorsqu’elles remplissent certaines conditions :
Il doit s’agir d’une entreprise :
- individuelle à établissement unique et à activité unique;
- non importatrice, non exportatrice ;
- non rémunérée par des commissions ;
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- n'exerçant pas l'activité de commerce de gros et ne fabricant pas
des produits à base d'alcool ;
- ne possédant pas plus d'un véhicule de transport en commun de
personnes ou de transport de marchandises dont la charge utile ne
dépasse pas trois tonnes et demi;
- non soumise à la TVA selon le régime réel ;
- dont les exploitants ne réalisent pas d'autres catégories de revenus,
autres que les revenus de valeurs mobilières et les revenus de
capitaux mobiliers ; et
- qui n'a pas été soumise à l'impôt sur le revenu selon le régime réel
suite à une vérification fiscale.
II. BENEFICES NON COMEMRCIAUX
1) Définition
Sont classés dans cette catégorie les bénéfices réalisés de l’exercice
d’une profession à caractère indépendant telles que les professions
libérales c’est-à-dire les professions où l’activité intellectuelle joue un
rôle prépondérant ( médecin, avocat, expert, …), et de toute occupation
lucrative non commerciale (auto-école , école privée, agent
d’assurance…)
2) Détermination du bénéfice net
Le bénéfice net est déterminé selon deux régimes, à savoir le régime
réel et le régime forfaitaire d’assiette.
A- Le régime réel
Le régime réel constitue le régime de droit commun en l’absence
d’option de la part du contribuable pour le régime du forfait d’assiette. Le
bénéfice net est constitué par la différence entre les produits bruts réalisés
pendant l’année civile d’une part et les charges nécessitées par
l’exploitation au cours de la même année, d’autre part.
Le régime réel suppose que le résultat réalisé est un résultat réel
dégagé à partir d’une comptabilité conforme à la législation comptable
des entreprises. Dans ce cas, le bénéfice net est déterminé de la même
façon qu’en matière des bénéfices industriels et commerciaux.
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B- Le régime forfaitaire d’assiette
Les personnes qui réalisent des bénéfices dans la catégorie de
bénéfices non commerciaux peuvent choisir de déterminer leur bénéfice
net sur la base de 70% des recettes brutes encaissées l’année précédant
celle de l’imposition.
Le terme recettes brutes couvre tous les encaissements réalisés
durant l’année considérée indépendamment de l’année à laquelle ils se
rapportent, il peut s’agir de recettes correspondant à des opérations
réalisées au cours de la même année ou au cours d’années antérieures ou
encore à titre d’avances.
Ne sont pas compris dans les recettes :
- Les débours, il s’agit des remboursements par les clients des frais
leur incombant et avancés par le contribuable, c’est le cas par
exemple des droits de douanes avancés par le transitaire pour le
compte de son client et remboursés par ce dernier,
- Les créances acquises au cours d’une année et non encore
recouvrées.
Etant précisé à ce niveau que dans la mesure où les intéressés
déposent au titre d’une année donnée leur déclaration sur la base du
régime réel, ils ne peuvent plus exercer l’option pour la détermination de
leur base imposable d’une manière forfaitaire.
III. BENEFICES DES EXPLOITATIONS AGRICOLES
ET DE PECHE
1) Définition
Les bénéfices soumis à l’impôt sur le revenu au titre de cette
catégorie sont ceux réalisés des exploitations agricoles ou de l’exercice
d’une activité de pêche et ce quelle que soit la forme de l’exploitation.
2) Détermination du revenu net
Le bénéfice net relevant de la catégorie des bénéfices de
l’exploitation agricole et de pêche peut être déterminé selon trois modes à
savoir :
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- le régime réel,
- le régime des recettes-dépenses
- le régime d’évaluation forfaitaire du bénéfice
A- Le régime réel
Dans le cas où les intéressés tiennent une comptabilité conforme à la
législation comptable des entreprises, leur bénéfice net est déterminé dans
les mêmes conditions que les bénéfices industriels et commerciaux au
régime réel, sous réserve des règles particulières en matière
d’amortissement.
B- Le régime des recettes-dépenses
Le résultat net est égal dans ce cas à la différence entre les recettes
totales réalisées au cours de l’année précédant celle de l’imposition et les
dépenses engagées pour la réalisation de ces dépenses en tenant compte
du jeu des stocks.
L’expression « recettes totales », désigne toutes les sommes
encaissées au cours de l’année qui précède celle du dépôt de la
déclaration, indépendamment de l’année à laquelle ces recettes se
rapportent. En parallèle, les dépenses à retenir sont celles payées au cours
de la même année indépendamment de l’exercice de leur engagement.
C- Le régime de l’évaluation forfaitaire du bénéfice
Pour certaines spéculations (olives, agrumes, céréales, vigne) le
revenu net est déterminé sur la base d’une monographie établie par
l’administration fiscale et des experts du domaine. Cette monographie est
annuelle. Elle est fixée en fonction des spéculations et des régions.
IV. LES REVENUS FONCIERS
1) Définition
La catégorie des revenus fonciers couvre, lorsque les biens
générateurs du revenu ne sont pas inscrits à l’actif d’un bilan :
- les loyers des propriétés bâties et des propriétés non bâties de
toute nature y compris les terrains occupés par les carrières,
tourbières et sablières,
13
- les plus-values de cession de terrains à bâtir situés dans la zone
urbaine, d’immeubles ou partie d’immeubles ou de droits
sociaux dans les sociétés civiles immobilières,
- les plus-values de cession de lots de terre dont l’origine de
propriété provient de la cession de terres domaniales qui ont
perdu leur vocation agricole.
2) Détermination du revenu net foncier
A- En matière de loyers
A-1- Détermination du revenu brut
Le revenu brut est constitué par les recettes brutes perçues par le
propriétaire ou l’usufruitier au cours de l’année d’imposition, augmentées
des dépenses incombant normalement au propriétaire et mises à la charge
du locataire et diminuées du montant des dépenses qui incombent
normalement au locataire et supportées par le propriétaire.
L’expression «recettes brutes » désigne notamment :
les loyers encaissés, y compris la TVA le cas échéant, au cours de
l’année qui précède celle du dépôt de la déclaration quelle que soit
la période à laquelle ils se rattachent, c’est-à-dire les loyers de
l’année ainsi que ceux encaissés à titre d’avance ou d’arriérés.
Toutefois ne sont pas prises en considération les sommes perçues par
le propriétaire à titre de garantie, tant qu’elles n’ont pas été utilisées pour
le paiement d’arriérés de loyers.
Les recettes exceptionnelles, telles que :
- les pas de porte, droits d’entrée, indemnités de résiliation de
contrats et autres indemnités perçues par le propriétaire dans
la mesure où elles ne compensent pas une dépréciation subie
par l’immeuble loué ;
- les revenus accessoires, tels que le droit d’affichage ;
- la valeur des avantages en nature, prévus par le bail, tels que
les constructions et aménagements réalisés par le locataire et
dont la propriété doit revenir au propriétaire à la fin du bail
sans contrepartie.
Les dépenses qui incombent normalement au propriétaire mais qui
sont mises à la charge du locataire, telles que :
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- les dépenses de réparation ;
- la taxe sur les immeubles bâtis ;
- les primes d’assurances contre les risques dont le
propriétaire est responsable.
Par contre, ne font pas partie des recettes brutes, les dépenses
supportées par le propriétaire pour le compte du locataire, telles que les
dépenses relatives aux frais d’entretien des ascenseurs, les frais
d’éclairage et de chauffage, de fournitures d’eau et de gaz etc.
A-2- Détermination du revenu net
Le revenu net foncier peut être déterminé selon le mode forfaitaire
ou le mode réel.
- Le régime forfaitaire de détermination du revenu net des
propriétés bâties
Le revenu net des propriétés bâties est obtenu après déduction, des
recettes brutes, d’un montant forfaitaire de 30%.
Cette déduction forfaitaire couvre :
- les charges de gestion de l’immeuble,
- les rémunérations des concierges,
- les primes d’assurances des différents risques inhérents aux
immeubles et dont la charge incombe au propriétaire,
- l’amortissement des immeubles.
En sus de la déduction forfaitaire, le propriétaire est autorisé à
déduire :
les dépenses d’entretien et de réparation justifiées
Les dépenses d’entretien et de réparation déductible sont celles engagées
en vue de maintenir l’immeuble en état d’utilisation normale. Elles
couvrent notamment de réparation des installations (eau, électricité, gaz,
…)
Toutefois, sont exclues des dépenses d’entretien et de réparation
déductibles, les dépenses en capital amortissables, c’est-à-dire celles qui
ont pour effet l’augmentation notable de la valeur de l’immeuble et dont la
charge est couverte par la déduction forfaitaire de 30%, tels que les
travaux de démolition et de reconstruction, même en partie, de grosses
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réparations (remise à neuf des toitures …), d’installation de nouveaux
équipements et commodités (installation d’ascenseur, raccordement aux
réseaux téléphoniques, gaz naturel …)
la taxe sur les immeubles bâtis effectivement acquittée :
Il peut s’agir de taxes relatives à l’année d’imposition ou des années
antérieures.
- Le régime forfaitaire de détermination du revenu net des
propriétés non bâties
Le revenu net forfaitaire des propriétés non bâties est constitué par le
revenu brut diminué :
- des dépenses effectivement réalisées, justifiées et qui sont
nécessaires pour la réalisation du revenu (coût des travaux de
construction des clôtures, salaires des gardiens …)
- et de la taxe foncière sur les terrains non bâtis effectivement
acquittée au cours de l’année qui précède celle du dépôt de la
déclaration.
- Le régime réel
Les personnes qui justifient de la tenue d’une comptabilité conforme
à la législation comptable des entreprises peuvent déterminer leur résultat
net dans les mêmes conditions qu’en matière des bénéfices industriels et
commerciaux.
Choix entre le régime forfaitaire d’assiette et le régime réel
Les contribuables peuvent valablement opter, année par année, à
l’un ou l’autre des régimes ; la tenue d’une comptabilité régulière et
continue dans le temps, ne met pas obstacle à l’option au régime
forfaitaire d’assiette ; l’option n’est pas conditionnée par des formalités
particulières, dans le sens où le dépôt de la déclaration sous l’un ou
l’autre des régimes vaut option.
B- En matière de la plus-value immobilière
b-1) Opérations soumises a l'impôt sur le revenu dû au titre de la
plus-value immobilière
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L’impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value immobilière
s'applique aux cessions et opérations assimilées telles que l'échange, la
donation ou l'apport en société:
des droits sociaux dans les sociétés civiles immobilières,
des immeubles bâtis
des immeubles non bâtis autres que les terres agricoles situées
dans les zones agricoles
des lots ou parties de lots de terres domaniales ayant perdu leur
vocation agricole,
des biens hérités.
b-2) Opérations exonérées
L'impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value immobilière ne
s'applique pas aux plus-values de cessions réalisées sur les biens susvisés
lorsqu'il s’agit d’une :
- cession pour cause d'utilité publique
- cession au profit du conjoint ou aux parents en ligne directe
(ascendants et descendants)
- de la première cession d’un seul local à usage d'habitation dans la
limite d’une superficie globale ne dépassant pas 1000 m2 y compris les
dépendances bâties et non bâties.
- cession de terrains situés dans les périmètres de réserves foncières
au profit de l’Etat, des collectivités locales et des agences foncières
b-3) détermination de la plus-value imposable
* Règle générale
La plus-value imposable est constituée par la différence entre le
prix de cession déclaré des biens ou celui revisé suite aux opérations de
vérifications fiscales selon les procédures applicables en matière de droit
d’enregistrement ou la valeur d'échange, de donation ou d'apport en
société ou à partir des valeurs déclarées dans les déclarations déposées au
titre des mutations par décès d'une part, et le prix de revient ou de
construction majoré des impenses et de 10% par année de détention,
d'autre part.
17
* Cas particuliers
◊ Terres d'origine domaniale ayant perdu leur vocation
agricole autres que celles acquises par voie d’échange
Aux fins de l'obtention de la main levée provisoire et à défaut de
cession effective, la plus-value sera déterminée dans un premier temps à
partir de la valeur fixée par l'expert du domaine de l'Etat.
◊ Biens acquis par donation entre ascendants et entre époux
Dans ce cas le prix de revient est déterminé sur la base de la valeur
des biens en question à la date de leur possession par le donateur. La
durée de détention est calculée, dans ce cas, à compter de la date de
possession par le donateur.
V. TRAITEMENTS, SALAIRES, PENSIONS ET RENTES
VIAGÈRES
1) Définition de la catégorie
A- Traitement, salaires et assimilés
Entrent dans cette catégorie toutes les rémunérations quelle qu’en
soit l’appellation ou la forme perçues à raison d’une profession salariale,
publique ou privée. La qualité de salarié est acquise par toute personne
qui est liée à un employeur par un contrat de travail ou qui se trouve dans
un lien de subordination vis-à-vis de la personne qui utilise ses services ;
(article 6 du code de travail).
Le revenu brut au titre des traitements et salaires est constitué par
toutes les rémunérations dont a disposé le salarié de la part de son
employeur pendant l’année précédant celle de l’imposition, c’est-à-dire
la rémunération principale et toutes les rémunérations accessoires qui lui
sont rattachées telles que:
- les avantages en nature, évalués pour leur valeur réelle ;
- les indemnités ou primes servies à différents titres: primes de
rendement, d’assiduité, de sujétions, de risque, de responsabilité,
de caisse, gratification de fin d’année etc...
- les allocations pour frais professionnels lorsqu’elles ne répondent
pas aux conditions d’exonération, telles que l’indemnité
kilométrique, l’indemnité de fonction…
18
L’avantage en nature consiste en la mise à la disposition du salarié
gratuitement d’un bien : logement, voiture,…
L’avantage en nature peut aussi prendre la forme d’une prestation
fournie par l’employeur au salarié tel est le cas de la prestation de
nourriture, de fourniture de gaz, d’électricité ou d’eau.
Toutefois, les avantages en nature octroyés par nécessité de service
ne sont pas imposables. A titre d’exemple, n’est pas imposable,
l’avantage en nature sous forme de logement mis à la disposition de
l’employé par l’employeur suite à une obligation de présence sur les lieux
du travail.
Ne sont pas également imposables notamment les avantages suivants:
* les avantages en nature sous forme de logement fourni par
l’employeur du fait de l’isolement du lieu de travail. Tel est le cas :
- du travail dans des sites sahariens (El Borma par exemple)
- ou sur des plate formes de forage off-shore.
* L’uniforme de travail et matériels de sécurité (casques, lunettes,
gants etc...)
* les avantages octroyés pour des raisons de protection sanitaire
du salarié, tels que le lait et les produits d’hygiène (produits savonneux).
B/ Pensions et rentes viagères
a) Les pensions
Les pensions sont des allocations périodiques payées en contre partie
d’un service antérieur ou en exécution d’une obligation légale ; il s’agit
notamment :
- des pensions de retraite servies par l’Etat, les collectivités locales,
les établissements publics et autres organismes ;
- des pensions d’invalidité ;
- des pensions alimentaires, servies en exécution d’obligations
légales, telles que celles versées aux ascendants, descendants et
conjoints.
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b- Les rentes viagères
Les rentes viagères sont des allocations périodiques versées en
exécution d’engagements contractuels ou d’un jugement et dont le terme
est le décès du bénéficiaire.
2) Détermination du revenu net
A) En ce qui concerne les traitements et les salaires
Le revenu net de cette catégorie se détermine en déduisant du
revenu brut les cotisations sociales obligatoires et les frais professionnels
fixés à 10% sur le reliquat.
Les cotisations obligatoires effectuées par l’employeur couvrent les
retenues en vue de la constitution, de rentes, de pension de retraite ou
pour la couverture de régimes obligatoires de sécurité sociale.
Déduction supplémentaire pour les salariés payés au « SMIG » et
« SMAG »
Les salariés payés au salaire minimum garanti (SMIG) et au salaire
minimum agricole garanti (SMAG) bénéficient d’une déduction
supplémentaire de 500D ; la déduction s’opère sur la base du revenu net,
c’est-à-dire le revenu brut diminué des frais professionnels et des
déductions pour situation et charges de famille.
B) En ce qui concerne les pensions et rentes viagères
Le revenu net des pensions et des rentes viagères est obtenu par
application à leur montant brut d’un abattement de 25%.
3) Traitements, salaires, pensions et rentes viagères non soumis à
l’impôt sur le revenu
Ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu notamment :
- Les rentes viagères et allocations temporaires servies aux victimes
d’accident de travail ou aux ayants droit.
- Les rentes viagères servies en représentation de dommages et
intérêts en vertu d’un jugement pour la réparation d’un préjudice
corporel. C’est le cas par exemple d’une rente servie suite à un accident
automobile.
20
- Les allocations, indemnités et prestations servies sous quelle que
forme que ce soit en application de la législation relative à l’assistance, à
l’assurance et à la sécurité sociale.
- La gratification de fin de service.
L'exonération porte sur l’indemnité de licenciement servie
conformément au code du travail soit dans la limite de trois mois de
salaire.
Toutefois dans le cas où les conventions collectives ou
particulières, ou dans le cas où la commission de contrôle de licenciement
ou l’inspection de travail fixent une indemnité de licenciement à un
montant excédant trois mois de salaires, tout le montant ainsi fixé sera
exonéré de l’impôt.
- Les rémunérations servies par les Etats étrangers au profit du
personnel détaché auprès du gouvernement tunisien dans le cadre de la
coopération technique.
- Les allocations spéciales destinées à couvrir les frais inhérents à la
fonction ou à l’emploi.
- L'indemnité d'expatriation, des émoluments et autres avantages
payés en contre partie des services effectivement effectués à l’étranger à
condition que l’employeur soit domicilié ou établi en Tunisie et portant
sur :
- des études techniques, économiques, sociales ou environnementales;
d'assistance technique, ou
- de travaux de construction, de montage, de surveillance ou de
maintenance s’y rattachant.
- La plus-value provenant de la levée par les salaires de l’option de
souscription au capital des sociétés exerçant essentiellement dans le
secteur de services informatiques, d’ingénierie informatique et de
services connexes et dans le secteur de la technologie de communication
et de l’information et des nouvelles technologies ainsi que des sociétés
côtées en bourse.
21
- La cotisation des employeurs aux contrats collectifs d’assurance vie
répondant aux conditions prévues à l’article 39 du code de l’IR et de l’IS.
VI. REVENUS DES VALEURS MOBILIÈRES ET REVENUS DE
CAPITAUX MOBILIERS
1) Les revenus des valeurs mobilières
A/ Définition
a) Les bénéfices distribués
Cette catégorie englobe toutes les distributions des bénéfices faites par les
personnes morales passibles de l’impôt sur les sociétés et certaines
opérations assimilées par loi à des distributions de bénéfices.
- Distribution de bénéfices proprement dite
Aux termes du paragraphe II de l’article 29 du code de l’IRPP et de
l’IS, sont considérés comme distribués :
- les bénéfices ou produits qui ne sont ni mis en réserves ni
incorporés au capital, ce qui suppose un désinvestissement, c’est-
à-dire une sortie de fonds de l’entreprise ;
- les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés,
actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les
bénéfices
- les bénéfices réalisés par les établissements tunisiens des sociétés
étrangères.
Sont également considérés comme bénéfices distribués, les
bénéfices distribués par les organismes de placement collectif en valeurs
mobilières, régis par le code des organismes de placement collectif,
promulgué par la loi 2001-83 du 24 juillet 2001, tel que modifié et
complété par les textes subséquent et notamment la loi 2005-104 du 19
novembre 2005, à savoir :
- les SICAV
- les fonds communs de placement en valeurs mobilières, y
compris les fonds d’amorçage
- les fonds communs de placement à risque.
22
- Distribution de bénéfices par assimilation de la loi
Sont assimilés à des distributions de bénéfices notamment :
- les sommes mises à la disposition des associés ou
actionnaires directement ou indirectement, par personne
interposée, à titre d’avances, d’acomptes ou de prêts.
- les rémunérations occultes, c’est-à-dire les sommes
versées par la société à des personnes dont l’identité n’est
pas révélée ;
- les bénéfices occulte, c’est-à-dire les distributions des
bénéfices qui n’apparaissent pas au niveau de la
comptabilité ;
- les jetons de présence et les tantièmes attribués aux
membres du conseil d’administration ou du conseil du
surveillance en leur dite qualité.
b- Les plus-values de cession des titres de capital
Fait également partie de cette catégorie la plus-value mobilière
réalisée de la cession des actions et des parts sociales non rattachées à un
actif professionnel et ce pour les opérations de cession effectuées à partir
du 1er janvier 2004. Toutefois, cette plus-value ne fait pas partie du
revenu global, elle fait l’objet d’une imposition distincte au taux de 10%.
B/ Détermination du revenu net
Le revenu net de la catégorie est constitué par le montant brut des revenus
distribués l’année précédant celle de l’imposition.
Cas particulier des plus-values mobilières
La plus-value imposable est égale à la différence entre le prix de
cession des actions ou des parts sociales d’une part et leur valeur
d’acquisition d’autre part.
Pour le calcul de ladite plus-value, il est procédé :
- à la compensation avec les moins values résultant des opérations de
cession d’actions et de parts sociales réalisées au cours de l’année
précédent celle de l’imposition ;
- et ensuite à un abattement supplémentaires de 10.000 D par an.
23
C/ Revenus de valeurs mobilières non soumises l’impôt sur le
revenu :
Ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu notamment :
- les dividendes
- les plus value de cession :
des actions cotées à la Bourse des Valeurs Mobilières de
Tunis et des actions à introduire en Bourse ;
des actions des SICAV ;
des actions et des parts sociales cédées par les SICAR pour
le compte des tiers personnes physiques ;
totale des actions ou des parts sociales détenues par un
dirigeant dans le capital de la société qu’il dirige suite à
l’atteinte par ce dernier de l’âge de la retraite ou suite à son
incapacité de poursuivre la gestion de la société.
Exemple:
Soit une personne physique qui a réalisé au cours de
l’année 2006 les opérations de cessions d’actions et de
parts sociales ayant enregistré les résultats suivants :
- une plus-value sur la cession des actions cotées à
la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis d’un
montant de 20.000D (exonérée),
- une plus-value de cession des actions non cotées
en bourse d’une valeur de 30.000D, et
- une moins-value de cession des parts sociales de
9.000D.
Dans ce cas la plus-value réalisée est égale à : 30 000D –
9 000D = 21.000D
La plus-value imposable est égale à 21.000D – 10.000D =
11.000D
2) Revenus de capitaux mobiliers
A/ Définition
Il s’agit des produits :
- des créances de toute nature,
24
- des dépôts d’argent à vue ou à échéance fixe
- des comptes courants, et
- des cautionnements réalisés l’année précédant celle de
l’imposition.
B/ Détermination du revenu net
Le revenu net est constitué par le montant brut des intérêts et autres
produits et avantages que le créancier perçoit au cours de l’année
précédant celle de l'imposition.
Toutefois, sont déductibles de l’assiette de l’impôt sur les revenus
dans la limite de 1000D par an les intérêts des sommes placées dans des
comptes spéciaux d’épargne ouverts auprès des banques ou auprès de la
Caisse d’Epargne Nationale de Tunisie (CENT).
Cette déduction est fixée à 1500 dinars par an pour les emprunts
obligataires.
Toutefois et en cas de cumul de revenus d’obligations et de
comptes spéciaux d’épargne, il sera fait application de chaque plafond de
déduction d’une manière distincte sans que le montant total déductible
excède 1500D.
Exemple :
Soit un contribuable qui a perçu en 2006:
- 2000D d’intérêts au titre des sommes placées dans un compte
spécial d’épargne ouvert auprès d’une banque
- 3000D d’intérêts d’obligations.
Le calcul du montant des intérêts imposables s’effectue comme suit :
- intérêts des comptes spéciaux d’épargne
2 000D - 1000D = 1 000D
- intérêts des obligations
3 000 - 500 = 2 500D
Total 3 500D
C/ Intérêts exonérés
Sont exonérés de l’impôt sur le revenu notamment :
- les intérêts servis aux titulaires des comptes d’épargne
logement,
25
- les intérêts des dépôts et de titres en devises ou en dinars
convertibles,
- les intérêts des comptes courants ouverts entre industriels,
commerçants et exploitants agricoles à la condition que les
opérations inscrites en compte courant se rattachent
exclusivement à la profession,
- les intérêts des comptes épargnes études ouverts par les parents
au profit des enfants.
VII. AUTRES REVENUS
1) Définition
La catégorie « autres revenus » comprend exclusivement les revenus
de source étrangère.
Toutefois ces revenus ne font partie du revenu global du
contribuable que dans la mesure où ils n'ont pas fait l'objet d'une
imposition dans le pays d'origine.
2) Détermination du revenu net
Le revenu net est constitué par le revenu brut réalisé. Toutefois, pour
les traitements, salaires, pensions et rentes viagères, la détermination du
revenu net après déduction forfaitaire de 10% pour les traitements et
salaires et de 80% pour les pensions et les rentes viagères.
L’application de l’abattement de 80% au titre des pensions et des
rentes viagères est subordonnée :
- au transfert des pensions ou rentes viagères dans un compte
bancaire ou postal en Tunisie ou à leur déclaration à
l’importation,
- à la production à l’appui de la déclaration annuelle d’impôt les
justificatifs du transfert ou de l’importation desdits montants en
Tunisie.
Exemple :
Supposons qu’un retraité marié et résident en Tunisie bénéficie
d’une pension de retraite mensuelle provenant de la France d’un montant
égal à 2500D.
Etant donné que ladite pension est imposable conformément aux
dispositions de la convention Tuniso-Française de non double imposition
26
exclusivement en Tunisie, et dans la mesure où le retraité concerné ne
réalise pas d’autres catégories de revenus, l’impôt exigible sur son revenu
global est calculé comme suit :
- Revenu annuel global :
2500D x 12 = 30 000 D
- Déduction (80%) 24 000 D
- Déduction de 150D au titre du chef de famille : 150 D
- Revenu net: 5 850 D
- L’impôt sur le revenu annuel : 652,5D
VIII : DEDUCTIONS COMMUNES
Sont déductibles du revenu global dans le cas où ils n’ont pas été pris
en considération pour la détermination de revenu net de l’une des
catégories :
Déductions pour chef de famille
Le chef de famille a droit à ce titre à une déduction de 150D.
Déduction pour enfants a charge
Cette déduction est accordée au titre des enfants à charges dont l’âge
ne dépasse pas 20 ans au 1er janvier de l’année d’imposition :
- 90 dinars au titre du premier enfant;
- 75 dinars au titre du deuxième enfant;
- 60 dinars au titre du troisième enfant;
- 45 dinars au titre du quatrième enfant;
Cependant, la déduction pour enfants à charge est portée à :
- 300 dinars par enfant poursuivant ses études supérieures sans
bénéfice de bourse et âgé de moins de 25 ans au 1er janvier de
l'année d'imposition et ce, dans la limite des quatre premiers
enfants à charge
- 750 dinars par enfant infirme quelque soit son âge et son rang.
Exemple :
Soit une personne physique qui a réalisé au titre de l’année 2006 un
revenu, net des cotisations sociales obligatoires, dans la catégorie des
27
traitements et salaires d’un montant de 12.000 D et des revenus fonciers
nets de 5.000 D. Supposons que l’intéressé soit marié et ait 5 enfants dont
le premier enfant est âgé de 30 ans et est infirme, le deuxième âgé de 23
ans est un étudiant non boursier et les trois autres enfants sont âgés de
moins de 20 ans.
Dans ce cas le revenu net soumis à l’impôt sur le revenu et l’impôt
sur le revenu dû par l’intéressé sont déterminés comme suit :
Détermination du revenu global imposable :
Traitements et salaires nets (12 000D-10 %) 10 800 D
Revenu foncier net 5 000 D
Revenu net global 15 800 D
déductions communes
(150D + 750D +300D + 75D + 60D + 45D) 1 380D
revenu net soumis à l’impôt 14 420D
IR dû selon le barème de l’impôt 2 630D
déduction des retenues à la source au titre
des traitements et salaires 1 620D
IR reste à payer 1 010D
Déduction pour parents à charge
Elle est fixée à 5% du revenu net imposable avec un maximum de
150 dinars par parent à charge à la double condition que :
- le montant déductible figure sur la déclaration des revenus du ou
des parents à charge qui doit être déposée concomitamment avec
celle du contribuable,
- le revenu brut du ou des parents à charge, augmenté du montant
de la déduction, n'excède pas le salaire minimum
interprofessionnel garanti.
28
-Les autres déductions
Sont déduits du revenu global notamment :
- les arrérages des rentes payées à titre obligatoire et gratuit;
- les primes afférentes aux contrats d'assurance vie dans les limites
fixées par la législation en vigueur (800D par contribuable majorés
de 400D au titre du conjoint et de 200D au titre de chacun des
enfants à charge) et ce, lorsque ces contrats comportent l’une des
garanties prévues à l’article 39 du code de l’IRPP et de l’IS
- les intérêts des comptes spéciaux d'épargne ou des emprunts
obligataires et ce dans des limites fixées par la législation en
vigueur;
- les remboursements des prêts universitaires en principal et intérêts ;
- les revenus provenant de l'exportation, totalement pendant 10 ans à
partir de la première opération d'exportation;
- les deux tiers des revenus provenant de l’exportation nonobstant le
minimum d’impôt et sans limitation dans le temps et ce pour les
entreprises qui ont consommé les 10 ans de déduction totale et
celles qui entrent en activité à partir du 1er janvier 2008 ;
- les revenus provenant de l’hébergement et de la restauration des
étudiants pendant dix ans ;
- les revenus provenant du courtage international dans la limite de
50% pendant 10 ans à partir de la première opération de courtage
international;
- les montants déposés dans les comptes-épargne pour
l’investissement et dans les comptes-épargne en actions dans la
limite de 20.000D par an et sous réserve du minimum d’IR ;
- la plus-value provenant des opérations de transmission des
entreprises en difficultés économiques ou des entreprises sous
29
forme de participations ou d’actifs pour départ du propriétaire à la
retraite ou pour incapacité de poursuivre la gestion et ce, sous
certaines conditions,
- la plus-value provenant de l’apport d’une entreprise individuelle au
capital d’une société ;
- les revenus réinvestis dans la souscription au capital des entreprises
dans les conditions prévues par la législation relative aux
incitations fiscales;
- les revenus réinvestis dans la réalisation de projets d’hébergement
et de restauration universitaires sous réserve du minimum d’IR.
SECTION III : LIQUIDATION DE L’IMPOT SUR LE REVENU
I. Cas général de liquidation de l’impôt sur le revenu
1. Liquidation de l’impôt sur le revenu par application du barème
Le calcul de l’impôt sur le revenu, s’effectue, en considération de la
fraction du dinar comme un dinar entier, conformément au barème
suivant :
Taux effectif à la limite
Tranches Taux supérieure
0 à 1.500 Dinars 0% 0%
1.500,001 à 5.000 Dinars 15 % 10,50 %
5.000,001 à 10.000 Dinars 20 % 15,25 %
10.000,001 à 20.000 Dinars 25 % 20,12 %
20.000,001 à 50.000 Dinars 30 % 26,05 %
Au delà de 50.000 Dinars 35 % -
30
Exemple
Soit une personne physique qui exerce une activité d’avocat et qui a
réalisé, à ce titre, des recettes brutes s’élevant à 50.000D.
Supposons que cette personne, qui ne tient pas de comptabilité au
titre de son activité non commerciale, ait :
- contracté une assurance-vie pour un montant de 700D, garantissant
un capital aux ayants droit en cas de décès ;
- reçu des dividendes pour un montant de 3000D ;
- ouvert un livret d’épargne logement auprès de la banque de l’habitat
dont les intérêts s’élèvent à 300D.
Si on supposait que cette personne serait veuve avec deux enfants à
charge, âgés respectivement de 26 ans et 24 ans, tous deux des étudiants
non boursiers, son impôt sur le revenu est calculé comme suit :
Bénéfices non commerciaux
Recettes brutes 50 000D
Abattement (30%) 15 000D
Recettes nettes 35 000D
Intérêts compte d’épargne logement (exonérés)
Dividendes (exonérés)
Revenu global brut imposable 35 000D
A déduire :
Déduction pour chef de famille 150D
Déduction pour enfants à charge 300D
Déduction pour assurance-vie 700D
Revenu net imposable 33 850D
IR dû :
Jusqu’à 20.000D x 20,12% 4 025D
13 850D x 30% 4 155D
Impôt sur le revenu dû 8.180D
31
2- Minimum d’impôt sur le revenu
A/ Minimum d’impôt de 0,1% du chiffre d’affaires
L’impôt annuel calculé par application du barème général de l’impôt
sur le revenu ne peut être inférieur à un minimum égal à 0,1% du chiffre
d’affaires brut (TTC) ou des recettes à l’exception du chiffre d’affaires ou
des recettes provenant de l’exportation pour les personnes physiques
soumises à l’IRPP au titre des BIC et des BNC, sans que ce minimum ne
soit inférieur à 100D.
Le chiffre d’affaires, qui constitue la base de l’impôt minimum, est
défini comme étant « les produits des activités et des opérations
courantes de l’entreprise. C’est-à-dire celles ayant un rapport étroit avec
son objet social.
L’impôt minimum de 100D s’applique aussi aux personnes
physiques qui exercent une activité industrielle ou commerciale ou une
profession non commerciale et qui ne réalisent pas de chiffre d’affaires
ou qui sont en cessation provisoire d’activité.
Sont considérées en cessation provisoire d’activité, les personnes
soumises à l’IR qui ont cessé d’exercer leur activité sans déposer la
déclaration de cession ou de cessation d’activité, prévue par l’article 58
du code de l’IRPP et de l’IS.
Toutefois, l’impôt minimum fixé à 100D ne s’applique pas :
- aux entreprises nouvelles durant la période de réalisation du projet et
ce dans la limite des 3 premiers exercices, à compter de la date du
dépôt de la déclaration d’existence, prévue par l’article 56 du code
de l’IRPP et de l’IS. Au-delà de cette période de franchise, l’impôt
minimum demeure exigible même si le projet n’est pas encore
achevé ou n’est pas encore entré en production,
- aux entreprises exerçant dans les zones de développement régional
ou dans les secteurs de développement agricole durant la période de
déduction totale de leurs bénéfices ou revenus.
32
Exemple :
Supposons qu’une personne physique célibataire exerçant une
activité non commerciale, ait réalisé au titre de l’exercice 2005 un chiffre
d’affaires total de 450.000D dont 200.000D provenant de l’exportation et
un bénéfice net de 3.000D
Dans ce cas, l’impôt sur le revenu serait calculé comme suit :
- impôt sur le revenu dû selon le barème de l’impôt et sur la base du
bénéfice net : 225D
- minimum d’impôt dû sur la base du chiffre d’affaires autre que
celui provenant de l’exportation :
(450.000D- 200 000D) x 0,1% = 250D
Dans ce cas, l’impôt exigible serait le minimum d’impôt de 250D
étant donné qu’il est supérieur à l’impôt dû de 225D.
B/ Minimum d’IR pour les personnes éligibles aux avantages
fiscaux
Pour les besoins de la détermination du minimum d’impôt sur le
revenu, prévu par l’article 12 bis de la loi n°89-114, ainsi que le
minimum d’impôt sur le revenu de 0,1% prévu par l’article 44 du code de
l’IRPP et de l’IS, il y a lieu de retenir le revenu net global diminué en
premier lieu des déductions communes, des déductions pour
réinvestissements physiques et financiers et des bénéfices non
conditionnés par le minimum d’impôt prévu par l’article 12 bis de la loi
n°89-114.
Exemple
Soit une personne physique célibataire qui exercice une activité
industrielle, qui a réalisé à ce titre un chiffre d’affaires de 1000 000D et
bénéfice net de 80 000D et qui a souscrit et libéré au capital d’une société
totalement exportatrice pour un montant de 60 000D.
33
L’IR dû sera liquidé comme suit :
IR dû par application du barème
Revenu net global 80 000D
Déduction du bénéfice réinvesti -60 000D
Revenu imposable 20 000D
IR dû : 20 000D x 20,12% 4 024D
IR minimum :
IR minimum prévu par l’article 12 bis de la loi 89-114
IR dû sur le revenu net global
50 000D x 26,05% 13 025D
30 000D x 35% 10 500D
Impôt dû sur le revenu net global 23 525D
IR minimum dû 23 525D x 60% 14 115D
IR minimum de 0,1% du chiffre d’affaires
1000 000D x 0,1% 1000D
Dès lors que le minimum d’IR prévu par l’article 12 bis de la loi 89-
114 est supérieur à l’impôt calculé sur la base du revenu net global après
déduction du bénéfice réinvesti, et au minimum de l’impôt sur le revenu
prévu par l’article 44 du code de l’IRPP et de l’IS, il y a lieu de
considérer l’impôt minimum cité en premier lieu comme impôt dû, soit
14 115D.
II. Cas particuliers de liquidation de l’impôt sur le revenu
1. Personnes physiques soumises à la contribution fiscale
forfaitaire
Par dérogation à la règle générale d’imposition sur la base du
barème général de l’impôt sur le revenu les agents de direction et
d’encadrement de nationalité étrangère peuvent opter, lorsque cela leur
est plus favorable, pour leur assujettissement à l’impôt sur le revenu au
taux libératoire et proportionnel de 20% de leur revenu brut, avant toute
34
déduction à quelque titre que ce soit, y compris les contributions sociales
obligatoires pour la constitution des pensions de retraite.
2. Tarifs de l’impôt sur le revenu au titre de la plus-value
immobilière
L’impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value immobilière est dû
aux taux suivants :
- 5% de la plus-value, si la cession intervient au-delà de la
dixième année à partir de la date d’entrée en possession de
l’immeuble cédé ;
Le taux de 5% s’applique également aux plus-values de cession
des biens hérités quelle que soit la période de détention.
- Et 10% de plus-value, si la cession intervient à l’intérieur de
la période de 10 ans, à partir de la date d’entrée en possession
de l’immeuble cédé.
En ce qui concerne les plus-values de cession de terres d’origine
domaniale ayant perdu leur vocation agricole, le taux de l’impôt sur le
revenu est fixé à 50%.
Toutefois, ce taux est réduit à 25%, lorsque la cession est faite au
profit de :
- l’Agence Foncière d’Habitation (AFH),
- l’Agence Foncière Touristique (AFT),
- l’Agence Foncière Industrielle (AFI),
- la société Nationale Immobilière de Tunisie (SNIT),
- la Société de Promotion des Logements Sociaux, (SPROLOS).
3- Tarifs de l’impôt sur le revenu au titre des plus-values de
cession des actions, des parts sociales et autres titres de capital
réalisés par les particuliers
Les plus-values de cession des actions, des parts sociales et autres
titres de capital réalisés par les particuliers sont soumises à l’impôt sur le
revenu au taux de 10% de leur montant net.
4. Tarif de l’impôt forfaitaire sur le revenu
Les personnes physiques exerçant une activité industrielle ou
commerciale, qui sont éligibles au régime forfaitaire d’imposition sont
35
redevables de l’impôt sur le revenu, par référence aux recettes réalisées
conformément au tableau suivant :
EN DINARS
TRANCHE DE CHIFFRE MONTANT MONTANT DES MONTANT
D'AFFAIRES ALLANT DE DE L'IMPOT ACOMPTES TOTAL DE
L'IMPOT
0 à 3 000 25 22.500 47.500
3 000.001 à 6 000 45 40.500 85.500
6 000.001 à 9 000 75 67.500 142.500
9 000.001 à 12 000 120 108 228
12 000.001 à 15 000 180 162 342
15 000.001 à 18 000 260 234 494
18 000.001 à 21 000 360 324 684
21 000.001 à 24 000 460 414 874
24 000.001 à 27 000 580 522 1102
27 000.001 à 30 000 700 630 1330
L’impôt forfaitaire est libératoire de la TVA.
En plus de l’impôt annuel fixé par le barème, les forfaitaires doivent
acquitter à titre définitif des acomptes provisionnels égaux à 90% de
l’impôt forfaitaire annuel.
Les artisans forfaitaires sont dispensés du paiement des acomptes
provisionnels.
Toutefois, les bénéficiaires du régime forfaitaire peuvent opter pour
le paiement d’un impôt annuel et définitif de 1500 D non susceptible de
relèvement sauf en cas de réalisation d’un chiffre d’affaires supérieur à
100 000D.
Dans ce cas, ils sont dispensés des acomptes provisionnels.
* Cas particulier : Cession du fonds de commerce par les
forfaitaires
Les personnes physiques bénéficiaires du régime forfaitaire sont
soumises à l’impôt selon le régime réel dans la mesure où elles cèdent un
fonds de commerce.
L’assiette imposable de l’année de la cession du fonds de commerce
est égale à la différence entre les recettes brutes réalisées au cours de
l’année de la cession et les dépenses engagées au cours de la même année
majorée de la plus-value de cession du fonds de commerce.
36
L’impôt dans ce cas est liquidé selon le barème fixé pour toutes les
personnes physiques.
CHAPITRE II
MODALITES DE PAIEMENT DE L’IR ET DE L’IS
SECTION I : LES ACOMPTES PROVISIONNELS
I. PERSONNES REDEVABLES DES ACOMPTES PROVISIONNELS
Les acomptes provisionnels sont dus, à partir de la deuxième année
d’activité, par :
- les personnes morales soumises à l’impôt sur les sociétés ;
- les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu au titre
de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, y
compris celles soumises au régime forfaitaire d’imposition, et des
bénéfices des professions non commerciales.
Personnes non soumises au paiement des acomptes provisionnels
Ne sont pas soumises au paiement des acomptes provisionnels :
- les associés, personnes physiques, des sociétés de personnes
et assimilées exerçant une activité industrielle ou
commerciale ou une profession non commerciale, au titre de
l’impôt sur le revenu correspondant à leur parts dans les
bénéfices réalisés par les mêmes sociétés ;
- les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu
selon le régime forfaitaire d’imposition, au titre de l’exercice
d’une activité artisanale ;
- les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu
selon le régime forfaitaire d’imposition, ayant opté pour le
paiement de l’impôt forfaitaire de 1500D ;
- les personnes morales soumises à l’impôt sur les sociétés à
raison des bénéfices agricoles.
37
II. BASE, TAUX ET PAIEMENT DES ACOMPTES PROVISIONNELS
1. Assiette et taux des acomptes provisionnels
Les acomptes provisionnels sont acquittés en trois échéances, égale
chacune à 30 % de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés dû
au titre de l'année précédente.
Toutefois, l’assiette des acomptes provisionnels est déterminée sans
prendre en considération les résultats des opérations de cession des
éléments d’actif corporels, des éléments d’actif incorporels et du
portefeuille titres sans que l’assiette des acomptes provisionnels soit
inférieure au minimum d’impôt de 0,1% du chiffre d’affaires. A cet effet,
il est procédé à la re-détermination des résultats de l’année précédente sur
lesquels est calculé l’IR ou l’IS théorique servant de base pour la
détermination des acomptes provisionnels et ce par :
1. la déduction de la plus-value provenant de la cession des actifs
immobilisés matériels, des actifs immobilisés immatériels et du
portefeuille titres réalisée au cours de l’exercice de l’imposition.
2. la réintégration de la moins-value résultant de la cession desdits
actifs et desdits titres au cours de l’exercice de l’imposition.
Exemple:
Soit une société « A » soumise à l’IS au taux de 30%, qui a réalisé
des bénéfices nets imposables au titre de l’exercice 2006 de 1.400.000D
dont 650.000D une plus-value provenant de la cession de l’un de ses
dépôts. Si on suppose que la société ait enregistré au titre du même
exercice une moins-value de 50.000D résultant de la cession d’actions
qu’elle détient dans le capital d’une société anonyme, l’IS dû au titre de
l’exercice 2006 est calculé comme suit :
1.400.000D x 30% = 420.000D
38
Toutefois, les acomptes provisionnels dus par ladite société au cours
de l’exercice 2007 sont déterminés sur la base des bénéfices nets réalisés
sans prise en considération de la plus-value réalisée de la cession du
dépôt et de la moins-value résultant de la cession d’actions et ce comme
suit :
- bénéfices nets imposables 1.400. 000D
- déduction de la plus-value provenant
de la cession du dépôt - 650.000D
- réintégration de la moins-value résultant de
la cession des actions + 50.000D
- bénéfices nets servant de base pour
le calcul de l’assiette des acomptes provisionnels 800.000D
- IS théorique servant de base pour le calcul des
acomptes provisionnels
800.000D x 30% = 240.000D
- chaque acompte provisionnel serait de :
240.000D x 30% = 72.000D
2- Délais de paiement des acomptes provisionnels
Les acomptes provisionnels sont payables durant:
- les 25 premiers jours des mois de juin, septembre et décembre
pour les personnes physiques,
- les 28 premiers jours des mêmes mois pour les personnes morales.
3- Imputation sur les acomptes provisionnels
Les retenues à la source opérées à quelque titre que ce soit, telles que
celles opérées au titre des revenus de capitaux mobiliers, des honoraires,
des commissions, des courtages, des rémunérations occasionnelles
(vacations) et des loyers, ainsi que les avances de toute nature sont
imputables sur les acomptes provisionnels dus.
En cas d’excédent non imputé sur la première échéance, ce dernier
est reportable successivement sur les deux échéances restantes, si la 3 ème
échéance n’est pas suffisante pour que les retenues puissent être
intégralement imputées, ces dernières peuvent être reportées sur l’impôt
sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés et éventuellement sur les
acomptes provisionnels ultérieurs, sans limitation de durée, sauf demande
en restitution.
39
SECTION II
LES AVANCES
La législation en vigueur prévoit deux types d'avance ; une avance
de 25 % sur la base du bénéfice réalisé applicable aux sociétés de
personnes et assimilées et une avance de 10 % applicable aux
produits de consommation importés.
I. AVANCE DE 10 % SUR LES PRODUITS DE
CONSOMMATION IMPORTES
Les biens de consommation importés font l’objet d'une avance au
taux de 10%, de leur valeur en douane.
1. Base de l'avance
L'avance est liquidée au taux de 10% sur la base de la valeur en
douane des biens et produits, majorée de l'ensemble des impôts, droits et
taxes y relatifs ( droits de douane, taxe sur la valeur ajoutée, ... ).
2. Sort de l'avance
L'avance payée au cours d'une année est déductible, dans les
mêmes conditions que la retenue à la source, des acomptes provisionnels
dus au titre de l'année de son paiement. En cas d'excédent non imputé sur
le premier acompte, il est reportable successivement sur les deuxième et
troisième acomptes et éventuellement sur l'impôt sur le revenu ou sur l'IS
dû au titre de l'année de son paiement.
Lorsque l'impôt annuel n'est pas suffisant pour que l'imputation
puisse être intégralement opérée, le reliquat non imputé peut, au choix de
l'entreprise, soit continuer à s'imputer sur les acomptes provisionnels dus
ultérieurement et éventuellement sur l'impôt sur le revenu ou l'impôt sur
les sociétés ou bien faire l'objet d'une restitution sur demande.
II. AVANCE DE 25 % DUE PAR LES SOCIÉTÉS DE PERSONNES
ET ASSIMILEES
40
En vertu des dispositions de l’article 51 bis du code de l’IR et de
l’IS, les sociétés de personnes et assimilées sont tenues de payer une
avance de 25% sur les bénéfices réalisés l’année précédente.
La déclaration et le paiement de cette avance doit intervenir au plus
tard le 25 mars de l’année suivant celle de la réalisation des bénéfices.
Par ailleurs, l’avance que la société a payée au titre de l’importation
des produits de consommation ainsi que la retenue à la source éventuelle
opérée au nom de la société sont imputables sur l’avance dont elle est
redevable au taux de 25% au titre des bénéfices réalisés.
En cas de non imputation de toutes les retenues à la source ou de
toute l’avance au titre de l’importation des produits de consommation,
l’excédent desdites retenues à la source ainsi que l’excédent de l’avance
au titre de l’importation des produits de consommation est imputable sur
les avances dues au titre des bénéfices ultérieurs.
Il peut, également, faire l’objet d’une demande en restitution
conformément à la législation en vigueur.
SECTION III
LA RETENUE A LA SOURCE
I. Domaine d’application des retenues à la source
L’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés font l’objet d’une
retenue à la source au titre de certaines rémunérations. Ce principe
conduit à ne soumettre à la retenue à la source que les rémunérations
servies à des personnes soumises à l’un ou à l’autre des impôts.
En conséquence, lorsque le bénéficiaire des rémunérations bénéficie
de la déduction totale des revenus ou bénéfices ou se trouve exonéré ou
situé en hors du champ d’application de l’un ou de l’autre des impôts, la
retenue à la source ne lui est pas applicable, sauf le cas des revenus de
capitaux mobiliers servis à des personnes morales qui sont en dehors du
champ d’application de l’impôt sur les sociétés ou qui en sont exonérées.
La retenue à la source est due notamment au titre :
- des traitements, salaires, pensions et rentes viagères
41
- des honoraires, y compris les rémunérations des activités non
commerciale quelle qu’en soit l’appellation, commissions,
courtages, activités occasionnelles (vacations) et loyers ;
- des revenus de valeurs mobilières, y compris les jetons de
présence servis aux membres du conseil d’administration ou au
conseil de surveillance des sociétés anonymes et des sociétés en
commandite par action ;
- des revenus de capitaux mobiliers et des intérêts des prêts servis
aux banques étrangères, non établies non domiciliées en Tunisie ;
- des montants payés au titre des marchés ;
- des montants égaux ou supérieurs à 1000D payés par l’Etat, les
collectivités locales et les entreprises publiques ou des montants
égaux ou supérieurs à 5000D payés par les autres entreprises ;
- des plus values de cession d’immeubles.
II. Fait générateur des retenues à la source
Le fait générateur de la retenue à la source est constitué par le
paiement effectif.
L’expression « paiement effectif », désigne le paiement en espèces,
la remise d’un titre de paiement (chèques, …), la mise à disposition des
rémunérations, tel le crédit d’un compte.
III. Reversement de la retenue à la source
La retenue à la source opérée, à quelque titre que ce soit, est
reversée, à la recette des finances compétente :
- durant les 15 premiers jours du mois suivant celui au cours duquel
la retenue à la source est opérée pour les débiteurs personnes
physiques. Toutefois, dans le cas des personnes physiques
soumises à l’impôt sur le revenu selon le régime forfaitaire
d’imposition, les retenues à la source sont reversées une fois par
trimestre et ce dans les 15 premiers jours du mois qui suit le
trimestre au cours duquel les retenues sont opérées (article 54 LF
2006) ;
- durant les 28 premiers jours du mois suivant celui au cours duquel
la retenue à la source est opérée pour les personnes morales.
Toutefois, en cas de cession ou de cessation totale, les retenues à la
source doivent être reversées à la recette des finances compétentes dans
les 15 jours qui suivent la date de cession ou de cessation totale d’activité.
42
IV. Sort des retenues à la source
Sauf le cas des retenues à la source au titre des revenus de capitaux
mobiliers servis à des personnes qui sont en dehors du champ
d’application de l’impôt sur les sociétés ou qui en sont exonérées, les
retenues à la source opérées constituent un crédit ouvert sur le trésor
public et sont de ce fait imputables sur les acomptes provisionnels, ou sur
l’IR ou l’IS dû, lors du dépôt des déclarations annuelles ; en cas
d’excédent non imputé, ce dernier est soit reportable sur les acomptes
provisionnels ou sur l’impôt annuel dû ultérieurement soit restituable sur
demande.
Toutefois, les retenues à la source opérées au titre des rémunérations
servies à des personnes non établies non domiciliées en Tunisie sont
libératoires de toutes obligations fiscales, en matière d’impôt sur le
revenu et d’impôt sur les sociétés, sauf le cas des retenues opérées au titre
des plus-values immobilières.
La retenue à la source est également libératoire de déclaration, sauf
option pour l’assujettissement au régime réel d’imposition, pour :
- les personnes physiques ou morales non résidentes en Tunisie, qui
y accomplissent des opérations temporaires de montages, de
construction et/ou de surveillance, dont la durée ne dépasse pas 6
mois, quand bien même elles sont considérées comme disposant
d’un établissement stable en Tunisie.
- les personnes morales non résidentes en Tunisie, qui n’y exercent
aucune activité économique, mais qui y réalisent des plus-values
de cession d’immeubles.
V. Taux de la retenue à la source
1. Cas particulier des retenues a la source sur les traitements
salaires, pensions et rentes viagères.
Les modalités de calcul de la retenue à la source sur les traitements
et salaires diffèrent selon qu'il s'agit d'employeur informatisé ou non
informatisé.
A/ EMPLOYEURS NON INFORMATISES
Aux termes du paragraphe II de l'article 53 du code de l'impôt sur le
revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés, tout
43
employeur non informatisé est tenu d'effectuer les retenues à la source sur
les paiements mensuels selon un barème élaboré par l'administration.
Ce barème tient compte notamment :
- de la déduction de 10% au titre des frais professionnels,
- des déductions pour situation de famille,
- des abattements pour enfants à charge.
Exemple :
Soit un contribuable marié ayant 2 enfants à charge qui perçoit un
salaire brut mensuel taxable de 250D.
Le retenue à opérer dans ce cas de figure à l’intersection de la ligne
250D (traitement brut mensuel) et la colonne « chef de famille 2
enfants » ; ladite retenue est de 11,063D.
Remarque :
Pour le cas des paiements par quinzaine par exemple, la retenue à la
source correspond à la moitié de l’impôt résultant du barème qui
correspond à deux paiements par quinzaine, dans l’exemple précité, la
retenue à la source correspondant à une quinzaine est égale à : 11,063/2 =
5,531D.
RETENUE SUR LES RETRIBUTIONS PROVISOIRES
OU OCCASIONNELLES
La retenue à la source sur les rétributions occasionnelles servies par
le même employeur (prime de rendement, de productivité, ..) est effectuée
sur leur montant net en fonction du traitement annuel soumis à l'impôt sur
le revenu conformément au barème suivant :
REVENU NET TAUX
1.500,001 à 2.000,000 10 %
2.000,001 à 5.000,000 15 %
au delà de 5.000,000 20 %
EXEMPLE
Soit un salarié marié ayant 2 enfants à charge qui dispose d'un
salaire annuel brut imposable de 4500 D et d'une rétribution
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occasionnelle brute imposable de 600 D. Pour l'application du taux
effectif à l'indemnité, il y a lieu de tenir compte du traitement annuel net
de frais professionnels et des déductions au titre de la situation et des
charges de famille, majoré de la rétribution occasionnelle nette de frais
professionnels.
Calcul de la retenue d'impôt :
Traitement brut : 4 500 D
Déductions :
-10% frais professionnels 450 D
- Marié + 150D
315 D
- 2 enfants à charge 165D
- Traitement net : 3 735 D
- Rétribution occasionnelle brute : 600 D
- Déduction pour frais professionnels (10%) 60 D
- Rétribution nette 540 D
Total revenu net : 3 735 D + 540 D = 4275 D
Le revenu annuel net de l'intéressé se situe entre 2 000,001 D et
5000,000D , le taux effectif applicable à la rétribution occasionnelle est
de 15%.
La retenue à opérer sur cette rétribution est égale à :
600 D - 60 D = 540 D
540 D x 15% = 81 D
B/ EMPLOYEURS INFORMATISES
Dans ce cas, l'impôt sur le revenu mensuel objet de la retenue à la
source est égal au quotient de l'impôt sur le revenu annuel déterminé par
application du barème de l'impôt sur le revenu par rapport au nombre de
paies.
Les modalités de détermination de la retenue s'appliquent selon les
procédés suivants :
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- il ne sera pas tenu compte au niveau de la retenue à la source des
déductions au titre des enfants âgés entre 20 et 25 ans poursuivant
des études supérieures sans bénéfice de bourse, des parents
fiscalement à la charge du contribuable et des enfants
infirmes .Toutefois, les enfants mineurs ouvrent droit aux
déductions normales selon leur rang au niveau de la retenue à la
source ;
- le montant du salaire brut , de la pension ou de la rente est
diminué des frais professionnels fixés forfaitairement à 10%
pour les salariés en activité et d'un abattement de 25% pour les
retraités et les pensionnés et des déductions pour situation et
charges de famille .
Dans ce cas, la retenue à la source mensuelle est égale à 1/12 de
l'impôt annuel déterminé par référence au barème de l'impôt sur le
revenu.
Calcul de la retenue sur les paies supplémentaires ou
indemnités occasionnelles
La retenue à la source sur ces paies est constituée par la différence
entre l'impôt annuel calculé sur la base du revenu annuel majoré de ces
paies ou indemnités et le revenu annuel déterminé sans tenir compte de
ces paies ou indemnités .
2. Taux de retenues à la source applicables aux différentes
rémunérations (voir tableau 1)
SECTION IV
REGULARISATION ANNUELLE
Toute personne soumise à l’IR ou à l’IS est tenue de déposer sa
déclaration annuelle des revenus ou bénéfices (voir tableau 2)
Lorsque la liquidation annuelle fait apparaître un complément d’impôt sur
le revenu ou d’impôt sur les sociétés, celui-ci est acquitté au comptant.
Toutefois, les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu ont la
faculté d’acquitter le complément d’impôt, moitié lors du dépôt de la
déclaration et moitié avant la fin du 4 ème mois qui suit la date limite du
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dépôt de la déclaration. Ce paiement fractionné n’est accordé qu’aux
personnes ayant déposé leur déclaration dans les délais légaux.
Lorsque la liquidation de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les
sociétés fait apparaître un excédent d’impôt (suite à l’imputation des
avances, acomptes et retenues à la source), le montant non imputé est
reportable soit sur les acomptes provisionnels, soit sur l’impôt sur le
revenu ou l’impôt sur les sociétés dû ultérieurement, il peut faire l’objet
d’une restitution s’il provient de l’avance ou de la retenue à la source.
En cas d’impossibilité d’imputation de l’excédent provenant des
acomptes provisionnels dans un délai de 3 ans à partir de la date de sa
constatation ou en cas de cessation d’activité, l’excédent peut faire l’objet
d’une restitution sur demande.
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