Intégration
Analyse – MP1
y
f (x)
Z b
f (x) dx
a
x
a b
Subdivisions, fonctions en escalier, continuité uniforme,
intégrale de Riemann, formule de Taylor
4 mars 2026
Intégration – MP1 1
0. Table des matières
1 Subdivisions 2
1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Subdivision adaptée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2 Fonctions en escalier 3
2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Intégrale d’une fonction en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3 Continuité uniforme et fonctions lipschitziennes 4
3.1 Continuité uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.2 Fonctions lipschitziennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
4 Fonctions continues par morceaux 6
4.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.2 Intégrale d’une fonction continue par morceaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5 Sommes de Riemann 8
6 Primitives et intégrale 9
6.1 Primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
6.2 Table des primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
6.3 Techniques d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
7 Classes C n et formules de Taylor 11
7.1 Classe C n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
7.2 Formule de Taylor avec reste intégral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
7.3 Inégalité de Taylor-Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
7.4 Formule de Taylor-Young (rappel) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
7.5 Égalité de Taylor-Lagrange (forme avec c) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
8 Inégalité de Cauchy-Schwarz intégrale 14
9 Résumé général de toutes les formules 14
Intégration – MP1 2
1. Subdivisions
1.1. Définition
Définition: Subdivision d’un segment
Une subdivision du segment [a, b] est une famille finie de points σ = (x0 , x1 , . . . , xn )
telle que :
a = x0 < x1 < x2 < · · · < xn = b
Les intervalles [xi−1 , xi ] pour i ∈ {1, . . . , n} sont appelés les sous-intervalles de la
subdivision.
Le pas de la subdivision est :
δ(σ) = max (xi − xi−1 )
1≤i≤n
σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) avec a = x0 < x1 < · · · < xn = b
δ(σ) = max (xi − xi−1 )
1≤i≤n
Exemple: Subdivision régulière
La subdivision régulière de [a, b] en n sous-intervalles est :
b−a
xk = a + k , k = 0, 1, . . . , n
n
b−a
Son pas est δ = n
.
Définition: Subdivision plus fine
On dit que σ ′ est plus fine que σ (noté σ ≼ σ ′ ) si tout point de σ est aussi un point de
σ ′ , c’est-à-dire σ ⊂ σ ′ .
Remarque
— Si σ1 et σ2 sont deux subdivisions, σ1 ∪ σ2 est une subdivision plus fine que σ1 et σ2 .
— Raffiner une subdivision ajoute des points sans en retirer.
1.2. Subdivision adaptée
Définition: Subdivision adaptée
Soit f : [a, b] → R. On dit qu’une subdivision σ = (x0 , . . . , xn ) est adaptée à f si
f est continue (ou constante, selon le contexte) sur chacun des sous-intervalles ouverts
]xi−1 , xi [.
Intégration – MP1 3
σ adaptée à f ⇐⇒ f est continue sur chaque ]xi−1 , xi [
Remarque
La notion de subdivision adaptée est centrale pour définir les fonctions en escalier et les
fonctions continues par morceaux. Les points de discontinuité de f doivent être parmi les
xi de la subdivision.
x
x0 = a x1 x2 x3 x4 = b
Subdivision adaptée
2. Fonctions en escalier
2.1. Définition
Définition: Fonction en escalier
Une fonction φ : [a, b] → R est dite en escalier s’il existe une subdivision σ =
(x0 , x1 , . . . , xn ) de [a, b] telle que φ est constante sur chaque intervalle ouvert ]xi−1 , xi [.
On dit que σ est une subdivision adaptée à φ.
φ en escalier ⇐⇒ ∃ σ = (x0 , . . . , xn ), ∃ c1 , . . . , cn ∈ R : ∀ x ∈ ]xi−1 , xi [, φ(x) = ci
c2
c1
x
x0 x1 x2 x3 x4 x5
Fonction en escalier
Intégration – MP1 4
2.2. Intégrale d’une fonction en escalier
Définition: Intégrale d’une fonction en escalier
Si φ est en escalier sur [a, b] avec la subdivision adaptée σ = (x0 , . . . , xn ) et φ = ci sur
]xi−1 , xi [, alors :
Z b X n
φ(x) dx = ci (xi − xi−1 )
a i=1
Z b n
X
φ(x) dx = ci (xi − xi−1 )
a i=1
Cette définition ne dépend pas du choix de la subdivision adaptée.
Remarque
Les valeurs de φ aux points xi de la subdivision n’interviennent pas dans le calcul de
l’intégrale. Modifier φ en un nombre fini de points ne change pas la valeur de l’intégrale.
Propriété: Propriétés de l’intégrale des fonctions en escalier
Si φ et ψ sont en escalier sur [a, b] :
Rb Rb Rb
1. Linéarité : a (αφ + βψ) = α a φ + β a ψ.
Rb
2. Positivité : φ ≥ 0 =⇒ a φ ≥ 0.
Rb Rb
3. Croissance : φ ≤ ψ =⇒ a φ ≤ a ψ.
Rb Rc Rb
4. Chasles : a φ = a φ + c φ.
3. Continuité uniforme et fonctions lipschitziennes
3.1. Continuité uniforme
Définition: Continuité en un point (rappel)
f est continue en x0 si :
∀ ε > 0, ∃ δ > 0, ∀ x ∈ I : |x − x0 | < δ =⇒ |f (x) − f (x0 )| < ε
Ici δ dépend de ε et de x0 .
Définition: Continuité uniforme
f : I → R est uniformément continue sur I si :
∀ ε > 0, ∃ δ > 0, ∀ x, y ∈ I : |x − y| < δ =⇒ |f (x) − f (y)| < ε
Ici δ dépend uniquement de ε, pas du point.
Intégration – MP1 5
f unif. continue sur I ⇐⇒ ∀ ε > 0, ∃ δ > 0, ∀ x, y ∈ I : |x − y| < δ =⇒ |f (x) − f (y)| < ε
Attention
La différence fondamentale :
— Continue : pour chaque ε et chaque point x0 , on trouve un δ (qui peut dépendre de
x0 ).
— Uniformément continue : pour chaque ε, on trouve un seul δ qui marche pour
tous les points.
Théorème: Théorème de Heine
Toute fonction continue sur un segment [a, b] (intervalle fermé borné) est uniformé-
ment continue sur [a, b].
f continue sur [a, b] =⇒ f uniformément continue sur [a, b]
Remarque
La réciproque est triviale : uniforme continue =⇒ continue.
Le théorème de Heine est faux sur un intervalle ouvert ou non borné en général.
Exemple: Continue mais pas uniformément continue
f (x) = sin(1/x) sur ]0, 1] est continue mais pas uniformément continue.
f (x) = x2 sur R est continue mais pas uniformément continue (car pour ε = 1, si x et y
sont grands, |x2 − y 2 | peut être grand même si |x − y| est petit).
Exemple: Uniformément continue
√
f (x) = x sur [0, +∞[ est uniformément continue.
f (x) = sin x sur R est uniformément continue (car | sin x − sin y| ≤ |x − y|).
3.2. Fonctions lipschitziennes
Définition: k-lipschitzienne
f : I → R est k-lipschitzienne (avec k ≥ 0) sur I si :
∀ x, y ∈ I : |f (x) − f (y)| ≤ k |x − y|
La constante k est appelée constante de Lipschitz.
f est k-lipschitzienne ⇐⇒ ∀ x, y ∈ I : |f (x) − f (y)| ≤ k |x − y|
Intégration – MP1 6
Théorème: Lipschitz implique uniforme continue
f k-lipschitzienne =⇒ f uniformément continue =⇒ f continue
Les réciproques sont fausses en général.
Propriété: Critère de Lipschitz par la dérivée
Si f est dérivable sur I et |f ′ (x)| ≤ k pour tout x ∈ I, alors f est k-lipschitzienne.
|f ′ | ≤ k sur I =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ k |x − y| ∀ x, y ∈ I
(conséquence de l’inégalité des accroissements finis)
Exemple: Fonctions lipschitziennes
1. f (x) = 3x + 1 est 3-lipschitzienne sur R car f ′ (x) = 3.
2. f (x) = sin x est 1-lipschitzienne sur R car |f ′ (x)| = | cos x| ≤ 1.
3. f (x) = |x| est 1-lipschitzienne sur R.
√
4. f (x) = x n’est pas lipschitzienne sur [0, +∞[ car f ′ (x) = 1
√
2 x
→ +∞ en 0+ . Mais
elle est uniformément continue.
k-lipschitzienne |f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|
Uniformément continue δ indépendant du point
Continue δ dépend du point
4. Fonctions continues par morceaux
4.1. Définition
Définition: Fonction continue par morceaux
f : [a, b] → R est continue par morceaux s’il existe une subdivision σ = (x0 , . . . , xn )
de [a, b] telle que :
1. f est continue sur chaque intervalle ouvert ]xi−1 , xi [.
2. f admet une limite finie à droite en chaque xi−1 et une limite finie à gauche en
chaque xi .
On dit que σ est une subdivision adaptée à f .
Intégration – MP1 7
(
f continue sur chaque ]xi−1 , xi [
f continue par morceaux ⇐⇒ ∃ σ = (x0 , . . . , xn ) :
−
f (x+
i−1 ) et f (xi ) existent (finies)
Remarque
— Toute fonction continue est continue par morceaux.
— Toute fonction en escalier est continue par morceaux.
— Une fonction continue par morceaux peut avoir un nombre fini de discontinuités.
— Aux points xi , la valeur f (xi ) peut être différente des limites latérales.
4.2. Intégrale d’une fonction continue par morceaux
Théorème: Approximation par fonctions en escalier
Si f est continue par morceaux sur [a, b], alors pour tout ε > 0, il existe deux fonctions
en escalier φ et ψ telles que :
Z b
φ ≤ f ≤ ψ et (ψ − φ) < ε
a
Définition: Intégrale d’une fonction continue par morceaux
Si f est continue par morceaux sur [a, b] avec la subdivision adaptée σ = (x0 , . . . , xn ) :
Z b n Z
X xi
f (x) dx = f (x) dx
a i=1 xi−1
R xi
où chaque xi−1
f est l’intégrale de f (continue sur ]xi−1 , xi [ avec limites finies aux bords).
Z b n Z
X xi
f (x) dx = f (x) dx
a i=1 xi−1
Exemple: Intégrale d’une fonction continue par morceaux
(
x si 0 ≤ x < 1
f (x) =
3 − x si 1 ≤ x ≤ 2
Subdivision adaptée : σ = (0, 1, 2).
2 1 Z 2 2
x2
Z Z
1 1 1 1 5
f (x) dx = x dx+ (3−x) dx = + 3x − = +(6−2)−(3− ) = +4− = 2
0 0 1 2 2 1 2 2 2 2
Intégration – MP1 8
Propriété: Propriétés de l’intégrale
Pour f, g continues par morceaux sur [a, b] :
Z b Z b Z b
(αf + βg) = α f +β g (linéarité)
a a a
Z b Z c Z b
f= f+ f (Chasles)
a a c
Z b
f ≥ 0 =⇒ f ≥0 (positivité)
a
Z b Z b
f ≤ g =⇒ f≤ g (croissance)
a a
Z b Z b
f ≤ |f | (inég. triangulaire)
a a
5. Sommes de Riemann
Définition: Somme de Riemann
Soit f continue par morceaux sur [a, b] et σ = (x0 , . . . , xn ) une subdivision de [a, b]. On
choisit des points ξi ∈ [xi−1 , xi ]. La somme de Riemann associée est :
n
X
Sn = f (ξi ) (xi − xi−1 )
i=1
Théorème: Convergence des sommes de Riemann
Si f est continue par morceaux sur [a, b], alors quand le pas δ(σ) → 0 :
Z b
Sn → f (x) dx
a
Cas de la subdivision régulière sur [a, b] :
b n−1
b−aX b−a
Z
f (x) dx = lim f a+k
a n→+∞ n k=0 n
Cas particulier sur [0, 1] :
Z 1 n−1 n
1X k 1X k
f (x) dx = lim f = lim f
0 n→+∞ n n n→+∞ n n
k=0 k=1
Intégration – MP1 9
x
a b
n = 10 rectangles
Méthode: Reconnaître une somme de Riemann
Pour calculer lim Sn :
n→∞
1. Factoriser par n1 .
2. Identifier f (k/n) ou f (a + k(b − a)/n).
R1 Rb
3. Conclure avec 0 f ou a f .
Pn 1
Exemple: limn→∞ k=1 n+k
n n Z 1
X 1 1X 1 dx
= −−−→ = ln 2
k=1
n+k n k=1 1 + k/n n→∞ 0 1+x
Pn n
Exemple: limn→∞ k=1 n2 +k2
n n Z 1
X n 1X 1 dx π
2 2
= −−−→ =
k=1
n +k n k=1 1 + (k/n)2 n→∞ 0 1+x 2 4
Pn q
1 k
Exemple: limn→∞ n k=1 n
√
Somme de Riemann de f (x) = x sur [0, 1] :
1 1
√
Z
2 3/2 2
lim = x dx = x =
0 3 0 3
6. Primitives et intégrale
6.1. Primitives
Définition: Primitive
F est une primitive de f sur I si F est dérivable sur I et F ′ = f .
Théorème: Existence des primitives
Toute fonction continue sur un intervalle I admet des primitives sur I.
Intégration – MP1 10
F ′ = G′ = f sur I =⇒ F − G = C ∈ R
Théorème: Théorème fondamental de l’analyse
Si f est continue sur I et a ∈ I, la fonction :
Z x
F (x) = f (t) dt
a
est l’unique primitive de f qui s’annule en a.
(
x
F ′ (x) = f (x)
Z
F (x) = f (t) dt =⇒
a F (a) = 0
Z b
f (x) dx = F (b) − F (a) = [F (x)]ba
a
6.2. Table des primitives
f (x) F (x) Domaine
xn+1
xn (n ̸= −1) R
n+1
1
ln |x| R∗
x
eαx
eαx R
α
cos x sin x R
sin x − cos x R
1 i π πh
tan x − ,
cos2 x 2 2
1
arctan x R
1 + x2
1
√ arcsin x ] − 1, 1[
1 − x2
u′
ln |u|
u
un+1
u′ · u n
n+1
u′ eu eu
Intégration – MP1 11
6.3. Techniques d’intégration
Intégration par parties :
Z b Z b
′
uv = [uv]ba − u′ v
a a
Changement de variable :
Z b Z β
f (x) dx = f (φ(t)) φ′ (t) dt
a α
avec a = φ(α), b = φ(β).
7. Classes Cn et formules de Taylor
7.1. Classe Cn
Définition: Fonction de classe C n
Soit f : I → R. On dit que f est de classe C n sur I (noté f ∈ C n (I)) si f est n fois
dérivable sur I et si f (n) est continue sur I.
f ∈ C 0 (I) ⇐⇒ f continue sur I
f ∈ C 1 (I) ⇐⇒ f dérivable et f ′ continue
f ∈ C n (I) ⇐⇒ f (n) existe et est continue
f ∈ C ∞ (I) ⇐⇒ f ∈ C n (I) ∀ n ∈ N
Propriété: Inclusions
C ∞ (I) ⊂ · · · ⊂ C 2 (I) ⊂ C 1 (I) ⊂ C 0 (I)
Remarque
— C n (I) est un espace vectoriel.
— Les fonctions usuelles (polynômes, exp, sin, cos, ln, etc.) sont C ∞ sur leur domaine.
— Somme, produit, composée, quotient (si dénominateur non nul) de fonctions C n est
C n.
Exemple: Classes C n
1. f (x) = |x| est C 0 (R) mais pas C 1 (R) (non dérivable en 0).
2. f (x) = x|x| est C 1 (R) mais pas C 2 (R).
3. f (x) = ex est C ∞ (R).
Intégration – MP1 12
7.2. Formule de Taylor avec reste intégral
Théorème: Taylor avec reste intégral
Si f ∈ C n+1 ([a, b]), alors pour tout x ∈ [a, b] :
n x
f (k) (a) (x − t)n (n+1)
X Z
k
f (x) = (x − a) + f (t) dt
k=0
k! a n!
x
(x − t)n (n+1)
Z
Le terme Rn (x) = f (t) dt est le reste intégral.
a n!
Remarque
Pn f (k) (a)
— La partie polynomiale Tn (x) = k=0 k!
(x − a)k est le polynôme de Taylor
d’ordre n en a.
— La formule est exacte (pas d’approximation) : f (x) = Tn (x) + Rn (x).
— Elle nécessite f ∈ C n+1 (hypothèse plus forte que Taylor-Young qui ne demande que
f n fois dérivable).
Exemple: Taylor reste intégral pour ex
f (x) = ex , a = 0, ordre n :
n x
xk (x − t)n t
X Z
x
e = + e dt
k=0
k! 0 n!
Pour x = 1 : n 1
(1 − t)n t
Z
X 1
e= + Rn avec Rn = e dt
k=0
k! 0 n!
Majoration : et ≤ e sur [0, 1], donc :
e 1
Z
e
0 ≤ Rn ≤ (1 − t)n dt = −−−→ 0
n! 0 (n + 1)! n→∞
7.3. Inégalité de Taylor-Lagrange
Théorème: Inégalité de Taylor-Lagrange
Si f ∈ C n+1 ([a, b]) et Mn+1 = supt∈[a,x] |f (n+1) (t)|, alors :
n
X f (k) (a) Mn+1
f (x) − (x − a)k ≤ |x − a|n+1
k=0
k! (n + 1)!
Intégration – MP1 13
où Mn+1 = sup |f (n+1) (t)|.
t∈[a,x]
Autrement dit :
Mn+1
|Rn (x)| ≤ |x − a|n+1
(n + 1)!
Remarque
— Cette inégalité donne une majoration de l’erreur quand on approche f par son
polynôme de Taylor.
— Elle se déduit de la formule avec reste intégral en majorant |f (n+1) | par Mn+1 .
— Utile pour montrer que le reste tend vers 0 et que f est développable en série entière.
Exemple: Majoration de |ex − (1 + x + x2 /2)|
Pour f (x) = ex , a = 0, n = 2, x ∈ [0, 1] :
f (3) (t) = et , donc M3 = sup[0,1] et = e.
x2 e |x|3
x e
e − 1+x+ ≤ |x|3 =
2 3! 6
Pour x = 0,1 :
e × 0,001
e0,1 − 1,105 ≤ ≈ 4,5 × 10−4
6
Exemple: Approximation de cos(0,1)
f (x) = cos x, a = 0, n = 4 :
x 2 x4
cos x ≈ 1 − +
2 24
f (5) (t) = − sin t, M5 = 1.
10−4 (0,1)5
cos(0,1) − 1 − 0,005 + ≤ ≈ 8,3 × 10−8
24 120
7.4. Formule de Taylor-Young (rappel)
Théorème: Taylor-Young
Si f est n fois dérivable en a :
n
X f (k) (a)
(x − a)k + o (x − a)n
f (x) =
k=0
k!
Intégration – MP1 14
Remarque
Comparaison des formules de Taylor :
Formule Hypothèse Reste
Taylor-Young f n-dérivable en a o((x − a)n )
Rx (x−t)n (n+1)
Taylor reste int. f ∈ C n+1 a n!
f (t) dt
Mn+1
Taylor-Lagrange f ∈ C n+1 |Rn | ≤ (n+1)!
|x − a|n+1
7.5. Égalité de Taylor-Lagrange (forme avec c)
Théorème: Égalité de Taylor-Lagrange
Si f ∈ C n+1 ([a, b]), il existe c ∈ ]a, x[ tel que :
n
X f (k) (a) f (n+1) (c)
f (x) = (x − a)k + (x − a)n+1
k=0
k! (n + 1)!
Remarque
L’inégalité de Taylor-Lagrange se déduit de l’égalité en prenant la valeur absolue et en
majorant |f (n+1) (c)| ≤ Mn+1 .
8. Inégalité de Cauchy-Schwarz intégrale
Théorème: Cauchy-Schwarz
Si f et g sont continues par morceaux sur [a, b] :
Z b 2 Z b Z b
2
f (x) g(x) dx ≤ f (x) dx · g(x)2 dx
a a a
Égalité ⇐⇒ f et g proportionnelles.
9. Résumé général de toutes les formules
Intégration – MP1 15
Subdivision : σ = (x0 < x1 < · · · < xn ), δ(σ) = max(xi − xi−1 )
Z b Xn
Escalier : φ= ci (xi − xi−1 )
a i=1
Cont. unif. : ∀ ε, ∃ δ, ∀ x, y : |x − y| < δ ⇒ |f (x) − f (y)| < ε
k-Lipschitz : |f (x) − f (y)| ≤ k |x − y|
Heine : f ∈ C 0 ([a, b]) ⇒ f unif. continue
Z b Xn Z xi
Cont. par morceaux : f= f
a i=1 xi−1
Z 1 n−1
1X
Somme Riemann : f = lim f (k/n)
0 n→∞ n
k=0
Z x
Primitive : F (x) = f (t) dt, F ′ = f, F (a) = 0
a
Z b Z b
′
IPP : uv = [uv]ba − u′ v
a a
Z b Z β
Chgt var : f (x) dx = f (φ(t)) φ′ (t) dt
a α
Cn : f ∈ C n ⇐⇒ f (n) continue
n x
f (k) (a) (x − t)n (n+1)
X Z
k
Taylor r.i. : f (x) = (x − a) + f (t) dt
k=0
k! a n!
Mn+1
Taylor-Lagrange : |Rn (x)| ≤ |x − a|n+1
(n + 1)!
n
X f (k) (a)
Taylor-Young : f (x) = (x − a)k + o((x − a)n )
k=0
k!
Z 2 Z Z
2
Cauchy-Schwarz : fg ≤ f · g2
Intégration – MP1 16
Subdivision
σ = (x0 , . . . , xn )
Fct cont. par
Fct en escalier
morceaux
constante par morceaux
limites finies
Intégrale
Rb
a f
Taylor Sommes Riemann
1 P
reste intégral n f (k/n)