II) La conscience morale
1. Le choix moral elle une prise de conscience :
Idée principale :
-être conscient, c’est agir en connaissance de cause, en réfléchissant à nos actes
et à leurs raisons
-L’homme, contrairement à l’animal, n’agit pas seulement par instinct ou besoin,
mais apr choix réfléchi.
Développement :
-L’animal réagit à ses besoins immédiats et à son environnement.
-L’être humain, lui, se représenter les raisons de ses actions et eut les juger
moralement (distinguer le bien du mal)
-La conscience morale apparaît donc comme réflexion sur soi-même avant d’agir.
Limite de pensée courante :
-Nous risquons de confondre la connaissance de soi avec la connaissance de ce
que nous possédons ou l’image que nous renvoyons
-Nous nous interrogeons souvent sur ce que nous avons (biens, réussite, nos
intentions)
Référence : Hannah Arendt (texte 1, p70)
-Arendt montre, à travers Socrate, que conscience morale consiste à dialoguer
avec soi-même.
-Cette dite infériorité est un dédoublement intérieur : chacun devient à la fois
juge et jugé de ses propres actes
-Être moral, c’est donc se soucier de soi et rechercher l’accord intérieur entre nos
actes et nos principes
2. Le choc des consciences : l’autre n’est pas moi, il
est un objet, et pour l’Autre je ne suis pas lui, je
suis un objet :
Idée principale :
-La conscience ne se développe pas seule : elle se forme dans le rapport aux
autres, au sein d’une conscience collective.
-Mais cette appartenance sociale peut aussi devenir source de préjugés et de
conflits.
Développement :
-Nous partageons tous une identité collective (famille, culture, nation, religion).
-Cette appartenance influence la manière dont nous nous percevons les autres.
-L’histoire montre que ces représentations collectives ont souvent produit des
discriminations (sexistes, racistes, religieuses…)
Référence : Simone de Beauvoir (texte 2, p 71) :
-Beauvoir montre que les préjugés sociaux enferment les individus dans des rôles
(ex : la femme comme « Autre » ).
-Ces représentations dévalorisantes empêchent la reconnaissance mutuelle entre
les consciences.
Ouverture :
-En se confrontant, les consciences peuvent aussi progresser la discussion et le
dialogue permettent de dépasser les préjugés.
-La reconnaissance réciproque fonde la dignité égale de tous les êtres humains
(ex : DDHC)
3. La revendication d’autonomie de la conscience
morale :
Idée principale :
-La conscience individuelle cherche à s’affranchir des contraintes collectives
pour juger par elle-même.
-Être conscient moralement, c’est vouloir penser et agir librement selon sa
propre raison.
Développement :
-En critiquant les normes imposées, la conscience individuelle revendique son
autonomie morale.
-Elle refuse de se soumettre aveuglément à l’opinion ou à la loi si celles-ci
contredisent sa conviction intime.
Référence : John Locke (texte 3, p. 73)
-Pour Locke, l’identité personnelle repose sur la conscience individuelle :
c’est elle qui fait de nous le même être à travers le temps ;
c’est aussi elle qui fonde notre responsabilité morale.
-La conscience fonde donc la morale subjective : chacun doit juger selon sa
propre raison.
Exemple :
-Dans un régime autoritaire, une personne peut invoquer une clause de
conscience pour refuser d’agir contre ses principes (ex. refus d’obéir à un ordre
injuste).
Conclusion partielle / transition :
-La conscience morale est à la fois liberté intérieure et responsabilité envers
soi et autrui.
-Elle n’est pas donnée : elle se construit dans le jugement, le dialogue et parfois
la résistance.
Notes :
-La conscience et ce que je suis, le savoir de ce que je suis et l’identité
individuelle et le savoir de qui je suis.
Conscien
ce (Repère
spatio-
Mémoire identité
(ses
Référence culturelle : le film SPLIT. L’unité psychique de cet individu est
fracturée, et est représentée par les différentes personnalités qu’il manifeste.
Existe-t-il encore une unité de sa conscience ?
III) La conscience : entre certitude immédiate et
méditation du langage
1. La certitude du cogito
Idée principale :
-La conscience nous donne un accès immédiat à nos pensées, et permet une
certitude intérieure.
Développement :
-Penser, c’est accéder directement aux idées que nous produisons dans notre
esprit.
-La conscience est alors raison intuitive : le savoir qu’elle produit est absolument
certain, car je -sais ce que je pense.
-Descartes (texte 1, p. 74) : le doute méthodique consiste à nier la vérité de toute
réalité extérieure.
-Même en doutant de tout, il est certain que nous pensons : « Je pense,
donc je suis » (cogito).
Conclusion partielle, et transition :
-La conscience est le fondement de la certitude de l’existence du sujet à lui-
même. J’ai une connaissance certaine de mon existence car je pense
continuellement.
2. La limite de la vérité produite par l’introspection : la
nature du langage
-L’introspection seule a des limites : la pensée doit souvent se structurer et
s’exprimer pour être partagée ou comprise.
-Le langage est l’intermédiaire entre notre pensée et autrui.
-Les signes (mots, phrases, expressions) permettent de communiquer nos
idées.
-Pour comprendre notre propre pensée, nous devons d’abord la formuler
intérieurement, avant de la partager.
-La pensée dépend du langage.
-Elle est un ensemble d’idées muettes.
-Dire « je pense » atteste de l’expression d’une pensée, pas directement du
contenu de la pensée.
Conclusion partielle, et transition :
-La conscience est certaine pour soi, mais sa communication et sa validation
à soi et à autrui dépendent du langage.
3. La conscience est un effet du langage :
Idée principale :
– La relation entre conscience et langage questionne la réalité de l’unité et
l’identité du sujet.
Développement :
– Wittgenstein (texte 2, p. 75) : la conscience est un ensemble de “jeux de
langage”.
– Nous avons conscience de nous-mêmes en parlant à la première personne.
– L’expression du “je” est essentielle pour affirmer :
• l’unité,
• l’identité,
• l’individualité du sujet.
– Les certitudes de notre conscience semblent donc dépendre du langage, qui
rend possible l’expression de l’individualité à travers les pronoms personnels : je,
tu, il, elle.
Conclusion :
– La conscience assure une certitude pour le sujet, mais cette certitude n’est
pas purement absolue, elle est médiatisée et fondée par le langage.
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Chapitre III : La conscience & l’inconscient
Partie 2 : L’inconscient
Problème : Peut-on connaitre ce qui, par définition, échappe à notre
connaissance ?
Introduction :
Amorce : Nous évoquons souvent l’inconscient pour désigner ce qui,
dans nos pensées ou nos comportements, échappe à notre connaissance.
Ex : Ainsi, un lapsus est couramment interprété comme la manifestation
d’un décalage entre ce que nous voudrions dire et ce que nous pensons
réellement.
Limite : Toutefois, une telle confusion dans le langage peut aussi
s’expliquer par des facteurs qui ne relèvent pas nécessairement de
l’inconscient : fatigue, distraction ou simple maladresse.
Annonce de l’ambiguïté notionnelle : Cette ambiguïté révèle déjà la
difficulté de cerner ce que nous appelons « inconscient », cet espace de
l’esprit qui semble, par définition, se soustraire à la saisie de la
conscience.
Définition : L’inconscient renverrait alors à l’ensemble des pensées et
des représentations qui demeurent hors de la connaissance immédiate ou
réfléchie.
• Ex. 1 : Nombre de nos motivations profondes, qui orientent
discrètement nos actions, prendraient racine dans cette zone de l’esprit.
• Ex. 2 : De même, nos sentiments, nos préférences ou nos répulsions
semblent reposer sur des raisons que nous sommes souvent incapables
d’expliciter.
Ainsi, l’expérience même de notre vie psychique nous conduit à admettre
qu’une partie de nos pensées nous échappe. C’est cette part obscure hors
de la portée de notre attention, mais pourtant active, que nous désignons
sous le nom d’inconscient.
Plan du cours :
I. Aux limites de la conscience et de l’attention :
• Nous avons conscience ⇒ Nous avons connaissance des choses sur lesquelles
nous portons notre attention. Or, notre attention est limitée.
Auteurs :
1. René Descartes → l’examen des pensées qui échappent à notre attention
révélerait leurs motifs.
2. Gottfried Wilhelm Leibniz → la fonction de l’attention.
II. L’inconscient régule l’équilibre psychique du
sujet :
• L’inconscient est un concept qui désigne un espace où sont stockées un
ensemble de pensées qui échappent à notre attention. Ce processus vital, le
refoulement, est nécessaire à notre équilibre psychique.
Auteurs :
1. Friedrich Nietzsche → l’oubli est vital ; il permet de conserver un esprit
équilibré.
2. Sigmund Freud → L’oubli n’est pas passif ; il est actif et nécessaire à
l’équilibre de la psyché.
I. Aux limites de la conscience et de l’attention :
1. Le rôle de l’attention : nous avons conscience des
choses auxquelles nous prêtons attention.
Idée principale :
Au moyen de l’attention, nous sommes capables de prendre connaissance
d’éléments de l’expérience que nous jugeons importants. Ex : suivre un cours,
écouter la conversation d’un ami sur une terrasse de café en ville.
L’attention désigne le processus cognitif par lequel certaines informations sont
sélectionnées et traitées de manière prioritaire, tandis que les stimulations non
pertinentes sont ignorées.
Développement :
La conscience est étroitement liée à l’attention, dans la mesure où les contenus
dont nous faisons l’expérience consciente ; ceux dont nous disons que nous
avons connaissance, correspondent généralement aux informations sur
lesquelles l’attention s’est portée.
Références philosophiques :
• René Descartes (texte 2, p. 135) souligne que nous avons grand intérêt à
examiner nos propres pensées afin de réduire l’influence des choses qui
échappent à notre attention ; à notre connaissance attentive.
• Par ailleurs, Gottfried Wilhelm Leibniz (texte 1, p.134) suggère que nous
percevons les données sur lesquelles nous portons notre attention, et nous
éliminons les informations que nous ne jugeons pas importantes.
Conclusion/Transition :
Nous prenons connaissance des choses sur lesquelles nous portons notre
attention. Les autres informations, en revanche, sont momentanément ignorées
mais ne sont pas perdues. Or, nous ne pouvons que supposer ces informations
ignorées car elle échappent par définition à notre conscience attentive.
2. Les limites de l’introspection :
Idée principale :
Dès lors, l’exercice d’introspection est contraint par une première difficulté :
comment peut-on connaître ce qui échappe à notre attention ? Autrement dit,
comment puis-je réfléchir aux choses que j’ignore ?
Développement :
Envisager le rôle de l’attention lorsque nous abordons la conscience nous amène
nécessairement à reconnaître que l’expérience n’est pas entièrement connue.
Autrement dit, le sujet ne connaît que ce qui retient son attention ou ce sur quoi
il la dirige volontairement.
• L’introspection est ainsi limitée aux choses connues dans l’expérience par le
moyen de l’attention.
• D’autres composantes ignorées dans l’expérience ne sont cependant pas
totalement effacées de celle-ci. Ex : un parfum qui nous rappelle une personne
dans nos souvenirs les plus lointains.
Références philosophiques :
• Arthur Schopenhauer (texte 3, p. 136) remarque que nos pensées
demeurent en partie incompréhensibles : le sujet ne peut pas prétendre connaître
toutes ses pensées. Sa réflexion repose sur l’argument suivant : le besoin de
réfléchir à nos propres pensées implique qu’elles nous sont d’abord inexplicables.
• Sigmund Freud (texte 4, p. 137) propose alors l’hypothèse d’un inconscient
actif et agissant en chacun de nous. Il constate en effet que de nombreux
comportements ne peuvent pas être expliqués uniquement par les intentions
conscientes d’un individu. Dès lors, il devient nécessaire de supposer l’existence
de mécanismes échappant à notre conscience : des mécanismes inconscients.
II. L’inconscient régule l’équilibre psychique du
sujet :
1. La fonction de l’oubli : une nécessité vitale pour
l’équilibre de l’esprit.
Idée principale :
Le concept d’inconscient permet d’expliquer le processus de refoulement.
Chacun écarte de sa conscience des pensées, désirs ou souvenirs jugés
inacceptables (par soi ou par autrui) ou menaçants (pour soi ou pour autrui), qui
sont alors maintenus dans l’inconscient.
Développement :
L’inconscient désigne ainsi l’espace psychique où sont renvoyées ces pensées,
désirs ou souvenirs afin de protéger le sujet et de préserver son équilibre
psychique. Cet oubli est nécessaire, car il prévient des perturbations pouvant
nuire à l’intégrité du sujet.
Références philosophiques :
• Friedrich Nietzsche (texte 1, p. 138) suggère que l’oubli est une exigence
vitale. Il affirme que nous avons tout intérêt à oublier certaines choses afin de
préserver notre équilibre. Il compare ce processus à la digestion du corps et
rapproche la fonction de l’oubli de celle d’un gardien, qui protège et régule la vie
psychique.
Conclusion/transition :
En ce sens, l’inconscient est actif. Cette part de notre esprit régule l’équilibre
psychique du sujet en ordonnant ce qui doit être conscient et ce qui doit être
refoulé et oublié.
2. Le mécanisme de refoulement :
Idée principale :
L’oubli est un processus involontaire : il se produit à notre insu et fait disparaître
certains événements de notre mémoire consciente. Cet oubli n’est toutefois pas
un effacement total du passé : les souvenirs demeurent, mais dans un espace
psychique momentanément inaccessible à la conscience.
Développement :
En psychanalyse, cet oubli prend le nom de refoulement. Il s’agit d’un mécanisme
nécessaire qui éloigne de la conscience des éléments susceptibles de la
perturber, c’est-à-dire des pensées, désirs ou souvenirs potentiellement nuisibles
à la vie psychique du sujet. Ainsi, comme évoqué précédemment, le refoulement
constitue une nécessité vitale : un processus spontané et naturel de l’esprit
humain, grâce auquel le sujet peut préserver son équilibre.
Références philosophiques :
Sigmund Freud (texte 2, p. 139) suggère que l’amnésie infantile n’est pas un
phénomène anodin et qu’elle doit être comprise à la lumière du refoulement.
Selon lui, ces souvenirs anciens ne sont pas réellement effacés : ils demeurent
inconscients, c’est-à-dire inaccessibles à la conscience, même s’ils continuent
d’exister cachés dans la vie psychique du sujet.
Conclusion/transition :
L’inconscient ne doit pas être confondu avec un effacement de la mémoire. En
revanche, il faut reconnaître que l’oubli constitue une dimension active du
fonctionnement psychique. Nous oublions par nécessité vitale : cet oubli
contribue à préserver notre équilibre intérieur et relève d’un mécanisme naturel
de l’esprit. Ce processus, nommé refoulement, désigne l’une des opérations
fondamentales de la vie psychique humaine.
Conclusion du chapitre :
• Problème initial : Alors, connaît-on tout de soi ?
Ainsi, nous ne pouvons prétendre connaître entièrement tout de soi. Si la
conscience nous donne un accès privilégié à nos pensées, à nos états, à nos
actions et au monde, elle ne se suffit pas à elle-même : une partie de notre vie
psychique demeure en dehors de son champ. L’oubli, compris comme un
mécanisme naturel et nécessaire de préservation de l’équilibre intérieur, et le
refoulement, qui maintient hors de la conscience des éléments susceptibles de la
perturber, montrent que l’esprit comporte une dimension inconsciente. Dès lors,
loin d’être totalement transparent à lui-même, le sujet doit reconnaître
que sa connaissance de soi reste partielle, traversée par des zones
d’ombre qui conditionnent pourtant son existence.