Oral Com
Oral Com
ARTICLES IMPORTANTS : L. 311-1 CMF, L. 311-2 CMF, L. 314-1 CMF, L. 511-1 CMF (I),
A. Les « banques »
Le terme « banque » que nous utilisons dans la vie de tous les jours recouvre, en droit, une
réalité plus complexe. Il désigne principalement 4 types d’établissements :
1. Les établissements de crédit (la banque au sens strict)
2. Les établissements de paiement qui fournissent les services de paiement mentionnés dans
l’article L. 314-1 CMF
3. Les sociétés de financement
4. Les prestataires de services d’informations sur les comptes
Sont des établissements de crédit ceux « dont l’activité consiste, pour leur propre
compte et à titre de profession habituelle à recevoir des fonds remboursables du public [...] et
à octroyer des crédits ».
[ Si on nous demande la différence entre établissement de crédit et les autres établissements on peut
répondre que :
1. Les établissements de financements (crées par un règlement européen) ne réalisent que des
opérations de crédit et non des dépôts de fonds. Par conséquent, elles ne pourront pas
émettre de chèques
2. Les établissements de paiement sont ceux qui fournissent à titre de profession habituelle
des services de paiements (paiement par carte ou virement). Encore une fois, le paiement
par chèque ne leur est pas ouvert.
3. Les établissements de monnaie électronique sont ceux qui émettent et gèrent à titre de
profession habituelle de la monnaie électronique (L. 516-1 CMF) ]
En outre, les banques peuvent réaliser des activités connexes qui ne sont pas réservées aux
établissements de crédit. Parmi ces activités mentionnées par l’article L. 311-2 CMF, il y a
notamment :
1. Les services de paiement (non-bancaires) : virement, prélèvement, retrait et versement
d’espèces et aussi depuis DSP2,
2. L’émission de monnaie électronique
3. Les opérations de change
4. Les opérations de placement financier ou de conseil en gestion de patrimoine.
Page 1 sur 43
L’ENCADREMENT DES BANQUES
PRINCIPES IMPORTANTS :
RÈGLES POUR PROTÉGER LES BANQUES :
PERSONNE MORALE OBLIG, CAPITAL MIN, DEUX DIRIGEANTS. CONTRÔLÉES PAR L’ACPR ET/OU LA BCE +
BF. DOIVENT AVOIR 2 COMMISSAIRES AUX COMPTES, SERVICE INTERNE DE CONTRÔLE, AVOIR UN
MINIMUM DE LIQUIDITÉS ET ADHÉRER À UNE ASSOCIATION PROFESSIONNELLE.
Pour éviter les faillites différents moyens sont mis en œuvre par le législateur :
1. Recourir au monopole et à l’agrément
2. Imposer des obligations aux établissements en veillant à leur respect
Autrement dit, l’encadrement porte tant sur l’accès à la profession, qu’à l’exercice de la
profession.
1. ENCADREMENT DE L’ACCÈS
Quant à la question de l’agrément, il est donné à l’issue d’une procédure qui fait intervenir deux
autorités administratives. Elles vérifient que les conditions sont bien remplies :
1. L’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui intervient pour l’agrément de
tous les établissements. Elle n’intervient pas que dans un rôle « prudentiel », mais également
en « résolution » pour résoudre les crises bancaires
2. La Banque centrale européenne (BCE) pour les établissements de crédit et les sociétés de
financement ou encore, la Banque de France, pour les établissements de paiement et ceux de
monnaie électronique.
Si un établissement vient à exercer l’activité bancaire sans avoir été agréé, de fortes
sanctions pénales ont été prévues pour ce qu’on appelle le délit illégal de la profession bancaire.
Page 2 sur 43
2. ENCADREMENT DE L’EXERCICE
2. Les normes privées produites par les associations professionnelles (la FBF par exemple). Les
établissements de crédit ont l’obligation d’adhérer à de telles associations qui produisent des
règles déontologiques
Lorsque le banquier fournit ses services de paiement ou de crédit à une personne (l’usager),
un contrat se forme entre eux. Pour le banquier, il devra se soumettre à plusieurs obligations.
1. LA DISCRÉTION
Page 3 sur 43
2. LA VIGILANCE
3. L’INFORMATION
Il y a 3 niveaux :
1. Le banquier doit informer son client sur les services qu’on lui propose
2. Il doit le mettre en garde contre les risques que son client prend
3. Il doit conseiller son client sur l’adéquation du service à ses besoins (rare)
4. LE DISCERNEMENT
Page 4 sur 43
LA RENCONTRE DES VOLONTÉS DU CLIENT ET DU BANQUIER LORS DE
L’OUVERTURE DU COMPTE
ARTICLES IMPORTANTS :
L. 511-4 CMF, L. 311 CMF, L. 312-1 CMF, L. 312-1-3 CMF, L. 312-1-1 CMF.
A. LA VOLONTÉ DU BANQUIER
1. LA LIBERTÉ DE CONTRACTER DU BANQUIER
De l’autre côté, compte tenu des risques que le prend banquier, et de la nécessaire confiance
qu’il doit avoir à l’égard de son client, ne faut-il pas que le banquier ait un droit de refuser
l’ouverture d’un compte ?
Entre ces deux positions le législateur a tranché en admettant implicitement un droit au refus
du banquier. Ce droit résulte de deux fondements présents dans la loi bancaire de 1984 :
1. D’abord cette loi ne déclarait pas applicable aux banques l’art. 36 de l’ordonnance de 1986
sur le refus de vente (art. L. 511-4 CMF)
2. Ensuite, l’art. 58 de cette loi (codifiée désormais à l’art. L. 312-1 du CMF) qui n’a reconnu
un droit au compte qu’au client évincé, sous-entendu ce droit au compte ne s’applique qu’aux
clients qui ont essuyé un refus. Il y a donc bien un droit au refus, libre ensuite au client soit de
chercher une autre banque qui lui offrira toute la panoplie des services soit de faire valoir son
droit au compte, mais alors les services bancaires seront limités aux services de base
mentionnés à l’article L. 311 du CMF.
On précisera aussi que depuis 2013, l’article 312-1-3 CMF, la liberté contractuelle du
banquier est limité. Cet article oblige les banques à proposer aux particuliers « en situation de
fragilité » une « offre spécifique ».
Page 5 sur 43
B. LA VOLONTÉ DU CLIENT
1. LA LIBERTÉ CONTRACTUELLE
2. LA CAPACITÉ À CONTRACTER
Règles de droit civil sur la distinction des actes d’usage et des actes graves. Pas de compte
pour les mineurs sauf intervention du représentant légal. Cependant par la suite, le mineur
pourra réaliser seul les actes d’usages de paiement, encaissement etc.
Majeurs protégés, peuvent pas le faire tout seul sinon la sanction c’est la nullité.
Page 6 sur 43
LES MENTIONS SUR LE CHÈQUE
ARTICLES IMPORTANTS : L. 131-2, L. 131-3, L. 131-16, L. 131-71, L. 131-45, L. 131-31, L. 131-8,
L. 131-5 CMF
1. Dénomination de « chèque »
2. Nom du tiré (celui qui doit payer)
3. Lieu où le paiement doit s’effectuer (guichet de la banque)
4. Phrase rappelant l’obligation du banquier. « Banque X, payez contre ce chèque… » ou
« Mandat pur et simple de payer »
S’il manque une mention : nullité du chèque (L.131-3 al. 1er CMF).
1. Mention du bénéficiaire
2. Possibilité d’inscrire une clause de « non à ordre » (L. 131-16 CMF). Par principe, il existe
une clause tacite « à ordre » : ce qui signifie que le bénéficiaire du chèque peut en transmettre le
bénéfice à quelqu'un d’autre par le mécanisme de l’endossement.
3. Possibilité d’inscrire une clause de « non endossement » à une personne autre qu’une banque.
Cette clause est ouverte expressément par l’art. L. 131-71 et en pratique généralisée.
4. La clause de barrement (deux barres parallèles au recto du chèque). Cette clause signifie que
ce chèque barré « ne peut être payé par le tiré qu’à un banquier […], un établissement de
paiement ou à un client du tiré » (L. 131-45 CMF).
5. La clause de certification qui garantit l’exigence d’une provision (rare)
Page 7 sur 43
LA PROVISION DU CHÈQUE
A. NÉCESSITÉ DE LA PROVISION
La provision n’est pas à proprement parler une condition de validité du chèque, mais elle
doit exister dès l’émission du chèque. On dit que la provision doit être préalable.
B. PROPRIÉTÉ DE LA PROVISION
Le tireur ne peut pas disposer de la provision tant que le chèque n’est pas encaissé. Le
chèque transfert au bénéficiaire sa propriété. Le transfert de la provision est immédiat :
1. Le décès, l’incapacité ou la procédure collective du tireur sont sans incidence sur le droit du
bénéficiaire
2. Les créanciers du tireur ne peuvent plus appréhender (arrêter) cette créance via une saisie-
attribution notamment.
Page 8 sur 43
L’OPÉRATION DE PAIEMENT DU CHÈQUE
Le chèque est payable à vue, il peut être présenté en paiement dès son émission, même
avant la date qui y est apposée. Le chèque doit être présenté en paiement dans les 8 jours de
l’émission. Toutefois, les conséquences du non respect de ce délai ne sont pas très graves :
1. Chèque peut encore être encaissé dans un délai d’un an à compter de l’expiration du délai de
présentation. Au-delà, la créance sera prescrite (L. 131-59 CMF)
2. Si le chèque est certifié, la certification (garantie de la provision) ne dure que le temps du délai
de présentation
1. AVANT LE PAIEMENT
L’opposition : Quand le tireur (ou parfois le porteur) fait opposition, ça veut dire qu’il interdit au
tiré de payer. L’opposition doit être faite par écrit et le banquier doit lui aussi répondre par écrit au
client en l’informant des sanctions encourues en cas d’opposition illicite.
Cas d’oppositions licites : perte ou vol (motifs les plus fréquents), la procédure de sauvegarde,
de redressement ou de liquidation judiciaire et enfin, l’utilisation frauduleuse du chèque.
Pour ne pas mettre en péril le fonctionnement du chèque, il est nécessaire que les cas d’opposition
soient limités. Des infractions pénales sont prévues à l’encontre des banquiers qui ne respecteraient
pas ces cas (L. 131-35 CMF).
Page 9 sur 43
LE DÉFAUT DE PAIEMENT DU CHÈQUE
En principe, le défaut de paiement doit être constaté par un acte authentique qu’on appelle
protêt. Ce protêt doit être établi avant la fin du délai de présentation. Une copie est adressée au
greffe pour en informer le parquet. Si ce protêt n’est pas dressé, alors le porter est dit négligent.
Les porteurs recourent plutôt à des certificats de non paiement (L. 131-73 CMF) délivrés
gratuitement au porteur. Ceux-ci permettront au porteur d’obtenir assez vite un titre exécutoire,
c'est-à-dire un titre permettant de recourir à un huissier pour être payé.
Le porteur qui s’est montré diligent en établissant le protêt dispose de deux actions :
1. Une action cambiaire très efficace car, comme pour le droit qu’il tirait du chèque, on ne peut
pas s’opposer au paiement en invoquant certaines exceptions telle l’existence d’un vice caché
etc. En revanche, comme c’est une action « commerciale », on retrouve l’exigence de rapidité :
d’où une prescription courte de 6 mois
2. Une action tirée du rapport fondamental entre celui qui a reçu le chèque en paiement et celui qui
lui a donné. Cette action sera moins efficace que la précédente parce qu’ici on pourra opposer
des exceptions. En revanche la prescription sera celle du droit commun (5 ans)
Étapes :
1. Banque informe préalablement au rejet. Client a un court laps de temps pour régulariser (L.
131-73 CMF)
2. Si client ne régularise pas dans le délai indiqué, la banque adresse une lettre d’injonction
indiquant au tireur qu’il a l’interdiction d’émettre des chèques et doit restituer les formules en
sa possession
La durée de l’interdiction est de cinq ans mais il peut y mettre un terme dans les situations
suivantes :
1. Si elle s’avère injustifiée, elle pourra être suspendue par le juge (L. 131-79 CMF)
2. Si le tireur régularise en honorant sa signature ou en prouvant qu’il a réglé le montant du
chèque impayé
3. Si le tireur vient à bénéficier de procédure de traitement de ses difficultés financières
4. Si le tireur est placé sous une mesure de protection judiciaire
L’exigence d’un consentement est posée par l’article L. 133-6 du CMF : « Une opération de
paiement est autorisée si le payeur a donné son consentement à son exécution ». L’article ne parle
pas de validité de l’opération mais l’art. L. 133-7 al. 2 CMF indique que l’opération n’est sinon pas
autorisée donc il semble que ce soit la même idée.
Quant à la forme, elle est libre (L. 133-7 CMF). Depuis la transposition de DSP 2, il y a
une exception à cette liberté des formes qui résulte de L. 133-44, I CMF qui prévoit les cas dans
lesquels il doit être recouru à une méthode d’identification forte. « C’est quoi une identification
forte ? », il faut se reporter à l’article L. 133-4 CMF : « Une authenti cation forte [...] reposant sur
l'utilisation de deux éléments ou plus appartenant aux catégories " connaissance " (quelque
chose que seul l'utilisateur connaît), " possession " (quelque chose que seul l'utilisateur possède)
et " inhérence " (quelque chose que l'utilisateur est) et indépendants en ce sens que la
compromission de l'un ne remet pas en question la abilité des autres, et qui est conçue de
manière à protéger la con dentialité des données d'authenti cation ».
Ces méthodes sont exigées dans 3 cas dont les deux derniers concernent des ordres de
paiement :
1. Client accède à son compte de paiement en ligne
2. Client initie une opération de paiement électronique
3. Client exécute une opération par le biais d’un moyen de communication à distance (susceptible
de comporter un risque de fraude)
« Quelle sanction si la forme n’est pas autorisée ? » Selon L. 133-7 CMF qui fait
référence à « un tel consentement » il semble que l’opération doit être réputée non autorisée,
autrement dit nulle.
Irrévocabilité.
Conditions : L. 133-7 al. 3 CMF indique que le consentement peut être retiré par le payeur tant que
l’ordre de paiement n’a pas acquis un caractère d’irrévocabilité (L. 133-8 CMF)
Page 11 sur 43
fi
fi
fi
fi
LES RÈGLES RELATIVES AUX OBLIGATIONS DES PARTIES DANS LES
INSTRUMENTS DE PAIEMENT AUTRES QUE LE CHÈQUE
ARTICLES IMPORTANTS : L. 314-8 ET S (CMF); 314-7, III; 133-11; 133-13; 133-16 ET -17; 133- 25
CMF
Les textes sur l’obligation d’information sont contenus dans les articles L. 314-8 et suivants du
CMF.
Il y a d’abord une information antérieure à l’utilisation de l’instruments. Les textes opèrent une
distinction entre les opérations isolées et celles qui relèvent d’un contrat-cadre (exemple le contrat
conclu pour l’utilisation de la carte bancaire).
Pour le contrat-cadre donc, les opérations seront beaucoup plus détaillées que pour les opérations
isolées :
• Pour l’opération le prestataire donnera des informations minimales utiles à l’opération
ponctuelle (délais d’exécution, frais, taux de change, identifiant du bénéficiaire).
• Pour le contrat-cadre, il faudra qu’il contienne toutes les infos sur le bon fonctionnement de
l’instrument, des renseignements sur le prestataire, des règles sur la modification du contrat,
sa résiliation, les frais, taux d’intérêt et de change, etc.
Il y a également des informations postérieures. Ainsi, en vertu de ces textes qu’existe le
récapitulatif détaillé des frais (L. 314-7, III).
Le prestataire doit verser les sommes à l’identifiant (IBAN) adressé par le client. Il doit verser la totalité du
montant, sans pouvoir en déduire les frais (L. 133-11). Si jamais le compte est insuffisant, il peut refuser
mais doit alors immédiatement en informer son client.
Concernant les délais d’exécution la règle est posée par l’art. L. 133-13 suivant lequel le prestataire du
béné ciaire doit obtenir l’inscription au crédit de son compte au plus tard le jour ouvrable suivant la
réception de l’ordre par le prestataire du payeur ; J = J+1 (le jour d’inscription est le jour de réception +
1). Pour les opérations de versement d’espèce, le jour comptabilisé sera, du moins pour les personnes
physiques, le jour où l’opération est réalisée : J=J.
Les obligations du payeur (frais, taux, etc.) sont largement détaillées dans le contrat conclu avec le client. Il y
a tout de même deux sources d’obligations légales : L. 133-16 et -17 :
• Le cas d’une erreur sur le montant (hypothèse originale introduite en 2009 [DSP 1]) ;
• Le cas de la fraude commise par des tiers usurpateurs.
L’art. L. 133- 25 CMF permet au payeur de demander le remboursement d’un débit lorsque ce
payeur a laissé au bénéficiaire l’initiative de l’ordonner (prélèvement) ou de le transmettre (carte)
sans en xer le montant.
Les conditions pour rentrer dans ce mécanisme sont 1° l’absence de fixation du montant et 2° que
«le montant de l'opération dépassait le montant auquel le payeur pouvait raisonnablement
s'attendre en tenant compte du pro l de ses dépenses passées, des conditions prévues par son
contrat-cadre et des circonstances propres à l'opération. ».
Page 12 sur 43
fi
fi
fi
LE « CONTRAT PORTEUR » DE CARTE BANCAIRE
ARTICLES IMPORTANTS : D. 312-5; D. 133-1; 314- 13, V CMF; 314-13, V, AL. 41 CMF; 133-23
CMF
L’émetteur et le titulaire concluent un contrat dont l’objet est la définition du service de paiement proposé
assorti des conditions d’utilisation.
Page 13 sur 43
LE VIREMENT ET LE PRÉLÈVEMENT
• Pour le donneur d’ordre (le payeur) cela lui évite de transporter des fonds ou de disposer
d’un titre de paiement.
• Pour la banque mandatée par le payeur, c’est sécurisant car elle ne paiera que si le compte
est approvisionné (et il faut ici souligner que ce sont les banques qui ont inventé ce moyen
de paiement).
• Pour l’État cela donne une traçabilité et est utile dans la lutte contre le blanchiment.
Pour chaque ordre de virement, le payeur doit consentir. Ce consentement peut valoir pour une
opération isolée ou bien pour une série d’opération. On parle alors de virement permanent (expl
virement loyer ou virement école).
Du côté du banquier, celui-ci doit exécuter sa mission loyalement et sans faute (en particulier quant
au respect des dates de réalisation des opérations). Il doit donc faire concrètement une double
passation en compte qui produira transfert de propriété. Le banquier ne peut pas refuser finalement
le virement ordonné.
Si jamais le banquier se trompe de bénéficiaire ou de montant et manque ainsi à son obligation
d’agir sans faute, il reprennent la somme. Comme pour le chèque, le banquier n’a pas à exécuter
l’ordre si le compte n’est pas approvisionné et il risque d’engager sa responsabilité s’il le fait.
Le prélèvement a son origine en France dans les rapports des services publics avec leurs usagers.
C’est EDF qui, en 1956, et le premier à l’avoir mis en place. Ces services publics voulaient en effet
disposer d’un moyen simple, sécurisant et peu onéreux pour être payé. En pratique on parle souvent
d’avis de prélèvement ou d’autorisation de prélèvement.
Déf : Le prélèvement, aussi désigné par la périphrase « d’ordre donné par le bénéficiaire », est un
mécanisme par lequel un créancier fait parvenir à sa banque un avis de prélèvement transmis au
banquier domiciliataire du débiteur, banquier qui débite alors le compte de son débiteur.
En principe le débiteur reçoit par avance de son créancier un avis quelques jours avant le terme lui
annonçant le prochain prélèvement et son montant. Grâce à cet avis, le débiteur pourra vérifier 1° la
réalité de la facture et 2° l’approvisionnement de son compte.
Page 14 sur 43
LA MONNAIE ÉLECTRONIQUE
ARTICLES IMPORTANTS: 315-1 CMF; 112-6 CMF ;315-2 CMF; 133-30 CMF; 133- 29; 561-2 CMF
Une définition de la monnaie électronique se trouve à l’art. L. 315-1 CMF. De ce texte il apparaît
que la monnaie électronique est 1° une valeur monétaire représentant une créance du bénéficiaire
sur l’émetteur, 2° émise contre la remise de fonds, fonds dont l’art. L. 315-3 nous dit qu’ils ne
peuvent pas être d’un montant inférieur à la valeur monétaire émise, 3° cette valeur monétaire est
stockée sur un support électronique tel qu'une carte à puce ou une mémoire d'ordinateur et 4° elle
est acceptée comme moyen de paiement par des personnes autres que l’émetteur. Le paiement par
monnaie électronique se réalise par le transfert des unités de valeur électronique d’un porte-
monnaie électronique à un autre. La monnaie électronique ne paraît pas être une monnaie
scripturale.
L’art. L. 112-6 du CMF le suggère en l’assimilant expressément aux espèces. Cela explique
pourquoi par exemple la détention de monnaie électronique ne produit pas d’intérêts. De même, on
ne peut pas détenir plus de 10 000 € (D. 315-2 CMF) car, les espèces ne peuvent pas non plus
s’entasser. Il y a pourtant des aménagements à cette identité de régime. Expl : le plafond de
paiement n’est pas de 1000 € comme c’est le cas pour les vraies espèces, mais de 3 000 €.
S’agissant du remboursement de la monnaie électronique, le CMF prévoit que celui-ci est en
principe sans frais (L. 133-30 CMF) sur simple demande du détenteur de monnaie (L. 133- 29).
Cette analyse du Bitcoin paraît confortée par la lecture de l’art. L. 561-2 du CMF qui parle
d’« unités de valeur non monétaires ». Ce texte, issu de l’ordonnance n° 2016-1635 du 1er déc.
2016 vise à étendre les obligations de lutte contre le blanchiment aux entreprises offrant des
services relatifs à « des unités de valeur non monétaires ». Derrière cette expression, ce sont bien les
cybermonnaie qui sont visées.
le Bitcoin et plus généralement les cybermonnaies constituent bien un instrument de paiement, mais
non pas une monnaie. La CJUE est en partie d’accord avec cette analyse puisqu’elle a bien
souligné, dans un arrêt du 2 oct. 2015, Skatteverket c/ David Hedqvist, que le Bitcoin était un
« moyen de paiement alternatif aux moyens de paiement légaux et n’ont pas une finalité autre que
celle de moyen de paiement » (§52). La CJUE a en revanche bien qualifié le Bitcon de « type de
monnaie numérique non réglementée ».
Page 15 sur 43
LES MENTIONS OBLIGATOIRES DE LA LETTRE DE CHANGE
ARTICLES IMPORTANTS: 110-1 10°; 313-13 C. CONSO; 511-1 C. COM
La lettre de change est un écrit par lequel une personne appelée tireur, donne à une autre, appelée
tiré, l’ordre de payer à une époque déterminée une certaine somme d’argent à une troisième
personne, appelée preneur ou bénéficiaire, ou à l’ordre de celle-ci. On parle aussi de traite.
D’après L. 110-1 10° elle est un acte de commerce par la forme et s’applique à des non-
commerçants. Néanmoins depuis 1978, son usage est interdit dans les opérations de crédit à la
consommation et en matière de crédit immobilier (cf. L. 313-13 c. conso).
Fonctionnement: Le vendeur (tireur) va tirer une lettre de change sur l’acquéreur (tiré), puis va
remettre la lettre de change à l’escompte à un banquier afin de mobiliser sa créance. Le banquier
verse alors immédiatement la somme.
Schéma complexe 1 : l’endossement: le bénéficiaire décide à son tour de se procureur des fonds auprès d’une
banque. Auquel cas il va endosser la lettre à l’ordre de la banque 2 qui va acquérir la propriété sur la
provision en échange de la valeur fournie, c’est-à- dire le montant du titre sous déduction là encore d’agio et
commissions.
Schéma complexe 2 l’acceptation: L’acceptation c’est lorsque le tiré qui, jusqu’à présent n’est pas intervenu,
va accepter la lettre de change en apposant à son tour sa signature sur la lettre, ce qui va alors ajouter un
rapport cambiaire dans ses rapports avec toutes les personnes.
Schéma complexe 3 l’aval: L’aval est une garantie supplémentaire que va pouvoir demander le tireur ou
l’endosseur pour conférer une garantie au béné ciaire ou à l’endossataire. Celui qui donne son aval,
l’avaliste, s’engage en effet à payer tout ou partie du montant de l’effet de commerce en cas de défaillance de
la personne pour le compte de laquelle il est donné
Le texte important est ici l’art. L. 511-1 c. com. Il énumère neuf mentions :
• La dénomination lettre de change • L’indication de l’échéance.
Page 16 sur 43
fi
fi
LA TRANSMISSION DE LA LETTRE DE CHANGE
ARTICLES IMPORTANTS: 511-21; 511-21 AL. 6; 511-21 AL. 3; ART. 2305 C. CIV; 1251, 3° ET 2306 C.
CIV; 511-21 AL. 9 C. COM.
c’est une garantie personnelle et cambiaire de paiement du titre par laquelle un avaliste qui
s’engage à payer tout ou partie de l’effet en cas de défaillance de l’avalisé, c’est-à-dire la personne
pour le compte de laquelle il est donné (L. 511-21). L’aval est un cautionnement renforcé par sa
nature cambiaire. En raison de l’aval, il n’y aura par exemple pas d’obligation de mise en garde, de
respect de proportionnalité de la caution ou encore d’information annuel de l’aval. Ces garanties ne
valent que pour la caution.
Comme pour l’acceptation il faut une signature et elle doit être manuscrite. Si le dirigeant d’une
société ne le précise pas la signature vaut engagement personnel. S’il s’engage au nom de sa société
il devra le préciser. La signature peut être apposée sur le titre ou hors de celui-ci (L. 511-21 al. 3).
L’art. L. 511-21 dit que l’aval garantit le paiement.
Le recours cambiaire est prévu par l’article L. 511-21 al. 9 c. com. Ce recours lui permet d’agir sur
le terrain cambiaire contre les autres débiteurs cambiaires (l’avalisé, le tireur, le tiré accepteur). Ce
recours est intéressant car il bénéficiera de la règle de l’inopposabilité des exceptions, dans toute sa
rigueur : on ne pourra pas lui opposer les exceptions tirées du rapport entre l’avalisé et la personne
actionnée.
Page 17 sur 43
LE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE
ARTICLES IMPORTANTS: 511-39; 511-31; 511-40; 511-39; L. 511-1; 511-27 AL. 5; 511-78; 511-49;
511-49, II; 511-21 AL. 7; 512-1
La « mort » de la lettre de change : le paiement
Le porteur du titre souhaitant être payé doit le présenter en paiement. C’est même une obligation
dont il ne pourra être dispensé qu’en cas de titre suspect ou de redressement judiciaire du tiré. (L.
511-39). La présentation se fait au lieu indiqué sur le titre, en pratique le lieu d’une agence bancaire.
Très souvent comme le présentateur est aussi un banquier, la remise se fera en chambre de
compensation. tout est automatisé avec le SIT (système interbancaire de télécompensation).
Il faut présenter la lettre de change à l’échéance, mais on donne un délai de 2 jours ouvrables à
l’échéance. S’il n’y a pas d’échéance inscrite (à vue), il y aura un délai butoir d’un an. Au-delà, le
porteur est dit négligent et privé de tous ses recours cambiaires.
D’après l’art. L.511-40, le paiement peut avoir lieu en espèces, chèque ou virement (le plus
fréquent). Le tiré peut opter pour un paiement partiel que le banquier sera tenu d’accepter pour
protéger les autres débiteurs cambiaires.
En cas de refus du tiré (ou de sa banque) de payer, le porteur a plusieurs obligations. La principale
est de dresser protêt avec le formalisme authentique que cela implique (L. 511-39).
Le système classique entraîne de trop abondantes et coûtes manipulations de titres. Ainsi les
banquiers ont mis en place un système dématérialisée où ce ne sont plus les titres qui circulent mais
les données les concernant. Ce système peut-être plus ou moins dématérialisée :
Page 18 sur 43
Titulaires: Le porteur diligent pourra exercer un recours cambiaire contre tous les signataires
antérieurs de la lettre de change et évidemment ils seront tenus pour le tout. Il n’a pas à tenir
compte de l’ordre.
Montant: Le porteur peut réclamer le montant de l’effets, le taux légal depuis l’échéance et tous les
frais (protêt et avis).
Forme du recours: Il pourra être à l’amiable, judiciaire ou pourra prendre la forme de la contre-
passation. Quid lorsque c’est le banquier agit contre son client (celui lui ayant donné le titre à
l’escompte) : il va seulement débiter le compte de son client du montant de l’effet majoré des
sommes précitées. La contre-passation vaut paiement donc le banquier n’a pas intérêt à la pratique
si le solde du compte de son client est insuffisant car il risque alors de ne pas être payé. Le porteur
pourra aussi faire une saisie conservatoire et que si la lettre a été acceptée, aucune mesure judiciaire
préalable ne sera nécessaire.
Prescription: On a ici des règles de prescription abrégée, je vous renvoi à l’art. L. 511-78. Elles
varient de six mois à trois ans selon les situations et les personnes actionnées.
Le billet à ordre est un écrit par lequel une personne, appelée souscripteur, s’engage à payer à une
époque déterminée une certaine somme d’argent à l’ordre d’une autre personne appelée
bénéficiaire.
Comme la lettre de change, le billet à ordre est un effet de commerce mais, à la différence de la
lettre de change, il n’y a ici que deux personnes.
Le billet à ordre est beaucoup moins utilisé que la lettre de change et si on faisait une sociologie du billet à
ordre on verrait que son utilisation correspond surtout à trois cas :
• Le billet de fonds, celui émis par l’acquéreur d’un fonds de commerce qui souscrit un billet et le
donne au vendeur.
• Le billet utilisé par de gros acheteurs qui préfèrent émettre eux-mêmes le titre plutôt que ce soit leur
créancier qui émette une lettre de change
• Le billet de mobilisation utilisée par des banques prêtant de l’argent à une personne, car il leur
permet plus facilement de se refinancer auprès d’une autre banque.
Les textes sur le billets à ordre se trouvent aux art. L. 512-1 et suivants. On va retrouver presque les mêmes
conditions et les mêmes effets que pour la lettre de change. Quelques différences :
• La clause de non à ordre est sous entendue, alors que pour la LC, c’était la clause d’ordre qui était
sous-entendue.
• La signature du souscripteur doit être manuscrite (comme celle du tiré accepteur d’une LC, mais pas
du tireur)
• Le billet à ordre n’étant pas un acte commercial par la forme, il n’obéira pas forcément aux règles de
capacité commerciale. Tout dépendra de sa nature d’acte civil ou d’acte de commerce.
Page 19 sur 43
fi
LES SANCTIONS À L’ÉGARD DES DIRIGEANTS ET DES ASSOCIÉS DANS LE DROIT
DES ENTREPRISES EN DIFFICULTÉ
ARTICLES IMPORTANTS: 622-20; 651-1; R. 651-1 C. COM; 653-3 À -6; 653-2; 653-10; 653-9; 653- 8;
654-2 1°, 2°; 654-3
Le traitement des êtres humains salariés est laissé au droit du travail qui tente de protéger les
salariés par deux mécanismes : le droit des licenciements pour motif économique d’une part et les
garanties d’impayé de salaires via l’AGS.
Lorsque le dirigeant (et éventuellement ses associés) ont poursuivi une activité ruineuse et ont agi
de manière fautive, ils vont encourir un certain nombre de sanctions. Les unes visent à protéger les
créanciers, les autres la société. Il existe ici deux mécanismes permettant de sanctionner le dirigeant
(et éventuellement ses associés) à l’origine de la ruine de l’entreprise : il y a le mécanisme de droit
commun qu’est l’action en responsabilité (I) et un mécanisme issu du droit commercial, qu’est
l’action en insuffisance d’actifs (II).
Page 20 sur 43
fi
il existe plusieurs formes de sanction, interdiction personnelle ou interdiction de gérer, elles
obéissent à des règles communes :
• L’action ne peut être introduite que par un mandataire de justice ou un créancier contrôleur
• La durée de l’interdiction est limitée à 15 ans
• L’interdiction peut prendre fin de manière anticipée si l’intéressé a apporté une
contribution suffisante au passif ou s’il a reçu une formation lui permettant d’acquérir
les compétences qui lui manquaient.
Cas de faillite : Les articles L. 653-3 à -6 donnent la liste des cas dans lesquels une faillite
personnelle peut être ouverte.
Cas d’interdiction : Cette procédure d’interdiction de gérer est prévue par l’article L. 653- 8 c. com.
Les cas sont les suivants :
Les sanctions pénales: Si la tendance historique est celle d’une dépénalisation du droit des
procédures collectives, l’importante loi du 26 juillet 2005 a plutôt manifesté une tendance inverse.
En effet, deux événements sont venus accroître le champ de cette répression :
• L’élargissement de ces procédures à tous les entrepreneurs, alors qu’avant elles ne
concernaient que les commerçants ;
• L’abandon du critère de l’exigence d’une activité économique pour la personne morale
Comme précédemment, l’action en justice est réservée aux mandataires de justice, au
ministère public ou au contrôleur des créanciers.
La banqueroute est applicable aux dirigeants (de droit ou de fait) qu’ils soient personne physique ou
personne morale. Ratione materiae, il faut d’après l’art. L. 654-2 1° qu’ait été ouverte une
procédure de redressement ou de liquidation judiciaire contre le débiteur. 2° L’un des faits suivants
doit être caractérisé :
• La réalisation d’opération économiques ruineuses pour l’entreprise ;
• Le détournement ou la dissimulation d’une partie de l’actif du débiteur ;
• Avoir tenu une comptabilité fictive.
La peine encourue est d’après l’art. L. 654-3 de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
Peuvent s’y adjoindre des peines complémentaires de faillite personnelle ou d’interdiction de gérer.
Page 21 sur 43
L’HISTOIRE DU DROIT DES ENTREPRISES EN DIFFICULTÉ
La loi du 13 juillet ; 1967 sur le règlement judiciaire, la liquidation des biens, la faillite personnelle
et les banqueroutes a marquer le tournant du droit des faillites vers un droit des entreprises en
difficulté. Désormais le sort des dirigeants, qui dépend de leur faute, est traité à part du sort de
l’entreprise. Pour cette dernière, deux procédures sont mises en place : le règlement et la faillite. Ce
changement d’orientation permet d’englober dans le champ des procédures collectives toutes les
personnes morales de droit privé et non les seules commerçantes.
Un mécanisme préventif de suspension des poursuites est mis en place par une ordonnance du 23
septembre 1967. Il s’agit de suspendre provisoirement les poursuites à l’égard d’entreprises «en
situation financière difficile mais non irrémédiablement compromise ». Mais le domaine est très
étroite : cela ne concerne que les entreprises « dont la disparition serait de nature à causer un trouble
grave à l’économie nationale ou régionale ».
En 1984 et 1985 vont être adoptés deux lois qui vont confirmer l’existence d’un volet préventif et la
dualité des procédures de règlement et de liquidation.
Ces textes et ceux plus ponctuels pris par la suite pour les artisans et commerçants viennent
confirmer les orientations prises en 1967 :
Les réformes ultérieures en 2008, 2010, 2014, 2016 et 2019 ont maintenu l’objectif de renforcement
de la sauvegarde en corrigeant les malfaçons de la loi de 2005 et en multipliant les mécanismes
attractifs. Les dispositifs de prévention ont été renforcés également via la loi PACTE de 2019 avec
les signaux faibles (cf. infra). Des versions simplifiées de la sauvegarde ont été introduite : la SFA
(sauvegarde financière accélérée) par une loi de 2010, la sauvegarde accélérée en 2014, avant que
Page 22 sur 43
l’ordonnance de 2021 revienne à une seule version simplifiée : la sauvegarde accélérée.
De plus, deux apports particuliers de l’ordonnance du 12 mars 2014 doivent être signalés
concernant les droits des créanciers.
Page 23 sur 43
LA DÉTECTION DES DIFFICULTÉS DES ENTREPRISES
Certains entrepreneurs sont conscients des difficultés qu’ils rencontrent ou s’apprêtent à rencontrer.
Pour eux, ont été mis en place des CIP, centre d’information sur la prévention des difficultés des
entreprises. Mais tous les entrepreneurs ne sont pas aussi lucides ou clairvoyants. Il faut donc que
l’information vienne à lui.
Pour aider le dirigeant à voir ce qu’il ne voit pas ou refuse de voir, la loi du 1er mars 1984 a créé
plusieurs procédures d’alerte qui, comme leur nom l’indique, sont destinées à attirer l’attention au
sein de l’entreprise de différents dangers la menaçant.
Ces procédures ont été réformées par diverses lois en 1994 et 2014 qui ont œuvré globalement à une
simplification des différentes procédures et une extension de leur champ d’application à toutes les
entreprises (personnes morales de droit privé et personnes physiques ayant une activité
professionnelle, agricole ou indépendante.
Les conditions matérielles: Pour déclencher le l’alerte le législateur avait le choix entre des
conditions matérielles précises, identifiant certains faits particuliers, tels l’inscription du privilège
du Trésor public lorsque des cotisations sociales ne sont pas payées, ou un critère général.
Hors de l’entreprise:
• Le président du tribunal, qui est celui qui en pratique en prend le plus l’initiative, jouant
ainsi de son autorité morale sur les chefs d’entreprise.
• Le commissaire au compte lui a une obligation d’alerte s’il constate les conditions matérielles de
l’alerte sont réunies dans les documents qu’il examine
• Les groupements de prévention agréé, qui sont des associations auxquelles peuvent adhérer les
personnes immatriculées au registre des entreprises ou les EIRL afin de fournir.
L’alerte par le CE, elle est également hiérarchique est formalisée. Elle
comprend trois phases progressives :
La mission du conciliateur: Sa mission est précisée par l’article L. 611-7 Depuis 2014, il peut aussi
avoir pour mission « l’organisation d’une cession partielle ou totale de l’entreprise » Cette mission
est nécessairement très brèves, cinq mois au maximum (L. 611-6) car, pendant cette période, le
débiteur est protégé contre l’ouverture d’une procédure collective et il ne faudrait pas que pendant
cette période l’activité de l’entreprise s’aggrave.
Le conciliateur peut avancer différents arguments :
L’accord homologué:
Quatre conditions sont imposées par l’articles L. 611-8, II du code de commerce
• Les CCSF, Commission des chefs de services financiers, destinées à aider les débiteurs de
dettes fiscale ou sociale.
• Les CODEFI (comité départemental d’examen des problèmes de financement des
entreprises)
• Les Commissaires aux Restructurations et à la Prévention des difficultés des entreprises
• Le CIRI, Comité interministériel de restructuration industrielle
Page 25 sur 43
LES CONDITIONS D’OUVERTURE RELATIVES À LA PERSONNE D’UNE
PROCÉDURE JUDICIAIRE DE TRAITEMENT DES DIFFICULTÉS DE L’ENTREPRISE
ARTICLES IMPORTANTS: 620-1; 628-1; 631-1; 640-1; 645-1; 631-3; 640-3; 620-2; 631-2; 640-2;
631-5; 640-5; 621-2 C. COM
Les principaux textes régissant la procédure sont les suivants :
• L. 620-1 et L. 628-1 pour la sauvegarde et la sauvegarde accélérée.
• L. 631-1 pour le redressement judiciaire
• L. 640-1 pour la liquidation judiciaire
• L. 645-1 pour le rétablissement professionnel
Tous ces textes ont en commun d’exiger une situation objective de dif cultés.
La procédure collective est ouverte à l’égard d’une personne juridique et non d’une entreprise, sujet
économique dont le sort est certes l’enjeu de la procédure. Les conditions varient selon que le
débiteur est une personne physique (1) ou morale (2). Il y a toutefois une règle commune à ces deux
cas : la règle suivant laquelle on ne peut pas ouvrir une procédure contre une personne qui est déjà
soumis à une procédure collective, idée qu’on résume souvent par l’adage : « faillite sur faillite ne
faut ».
Le débiteur retiré Hors décès : Si d’aventure une personne qui n’est plus en activité voit apparaître
une nouvelle dette, elle a la possibilité de demander l’ouverture d’une procédure, sans condition
particulière de délais (L. 631-3 et L. 640-3). Dans l’hypothèse du décès d’une personne en cessation
des paiements, les mêmes règles vont pouvoir s’appliquer :
Les procédures peuvent être ouvertes à l’égard de « toute personne morale de droit privé » (L.
620-2, L. 631-2 et L. 640-2), pas seulement les sociétés donc, mais aussi les syndicats, comité social
et économique, association, GIE. En revanche sont donc exclus :
• Les personnes morales de droit public
• Les groupements sans personnalité morale
Comme pour les personnes physiques, il sera possible d’ouvrir une procédure même contre une
personne morale « morte », autrement dit radiée du registre des entreprises, mais si l’action est faite
par un créancier elle devra intervenir dans l’année (L. 631-5 et L. 640-5). L. 621-2 c. com
Page 26 sur 43
fi
LA NOTION DE CESSATION DES PAIEMENTS
ARTICLES IMPORTANTS: 620-2; 631-8 AL.1; 631-1 AL.1; 628-6; 628-1 AL. 4; 628-8
Dès qu’une procédure collective doit/peut être ouverte le juge doit vérifier l’existence ou non d’une
cessation des paiements. Le seul cas où le juge peut se dispenser de la vérification de cette condition
c’est lorsqu’il ouvre une procédure secondaire à une procédure d’insolvabilité déjà ouverte dans un
État de l’Union européenne où le débiteur a le centre de ses intérêts principaux. Il y a une autre
condition, prévue par l’art. L. 620-2 c. com. qui est la plus importante : il faut que le débiteur
« justifie de difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter ». Le juge doit constater la date de
cessation de paiement. La deuxième tâche du juge est de fixer la date de cessation des paiement. Si
le juge ne dit rien, alors la date est réputée celle à laquelle le jugement a été ouvert. (L. 631-8 al. 1er
c. Com.). Mais il y’a une date buttoir, car il ne peut pas remonter au-delà de 18 mois précédent la
date du jugement d’ouverture (L. 631-8 al. 1er). Le juge ne peut pas remonter au-delà de la décision
d’homologation d’un accord de conciliation
La définition de cette notion ressort de l’article L. 631-1 al. 1er c. com. qui la définition comme
étant la situation d’un débiteur « dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif
disponible ».
Définition positive : Une « impossibilité » dit le texte. Cela veut dire que le débiteur n’a pas les
fonds pour payer et qu’il ne peut pas se les procurer à bref délai. Le texte parle ensuite du passif
exigible ; on va donc rassembler ici toutes les dettes du débiteur, du moins les dettes exigibles,
c’est-à-dire celles qui sont à terme.
Définition négative: Il est possible de distinguer la cessation des paiements d’autres notions proches
Conditions ratione personae : Cette procédure peut bénéficier à toutes les entreprises dont les
comptes ont été certifiés par un CAC ou établis par un expert-comptable (L. 628-1 al. 4), ce qui est
plus ouvert que le droit antérieur. Conditions ratione temporis : La procédure ne peut durer deux
mois, prorogeable jusqu’à 4 (L. 628-8).
Page 27 sur 43
fi
QUI PEUT SAISIR LE TRIBUNAL POUR DEMANDER L’OUVERTURE D’UNE
PROCÉDURE DE TRAITEMENTS DES DIFFICULTÉS ?
ARTICLES IMPORTANTS: R. 621-1; 631-4; 640-4; 621-2
Dans sa demande d’ouverture, l’art. R. 621-1 indique que le débiteur doit exposer « la nature des
difficultés qu’il rencontre et les raisons pour lesquelles il n’est pas en mesure de les surmonter ». Le
débiteur doit faire accompagner sa demande de certains documents, notamment une attestation sur
l’honneur qu’il n’a pas bénéficié d’un mandat ad hoc ou d’une conciliation dans les 18 mois
précédents.
Aux termes des art. L. 631-4 et L. 640-4 du c. com., le débiteur doit formuler sa demande dans les
45 jours de la cessation des paiements, sauf à avoir, dans ce délai demandé l’ouverture d’une
procédure de conciliation. Il y a toutefois une exception, déjà envisagée, dans le cas où la procédure
est demandé par une personne retirée.
Page 28 sur 43
LES ACTEURS DE LA PROCÉDURE COLLECTIVE
ARTICLES IMPORTANTS:662-3; 621-9; 621-4; 621-10; 661-1
Pour pouvoir être prononcé le jugement doit, à peine de nullité, avoir entendu le débiteur et les
représentants du personnel. Si le débiteur est un établissement de crédit il faudra aussi entendre
l’ACPR. Pour rendre sa décision le tribunal sera libre d’entendre toute personne. Il pourra
notamment demander communication de documents relatifs au mandat ad hoc si le débiteur n’a pas
attesté sur l’honneur qu’il n’avait pas été soumis à une telle mesure. Il pourra aussi exiger la
communication de documents de commissaires au compte.
L’audience a généralement lieu en chambre du conseil (L. 662-3) Le jugement doit contenir les
informations suivantes :
• La réunion des conditions de fond,
• La date de cessation des paiements,
• La durée de la période d’observation (6 mois max)
Des acteurs communs à toutes les procédures: Le juge-commissaire chargé, d’après l’art. L. 621-9
de veiller au déroulement rapide de la procédure et à la protection des intérêts en présence ». Le
représentant des salariés que le tribunal invite les membres du CE ou à défaut les délégués du
personnel à élire (L. 621-4).
Des acteurs spéci ques à chaque procédure qui sont tous mandataires de justice: Un
administrateur du moins lorsque l’entreprise franchit certains seuils (20 salariés et 3 millions de
chiffres d’affaires) ou lorsqu’un plan de cession est envisagé, Le mandataire judiciaire
obligatoirement désigné par le tribunal afin de représenter les créanciers. Seul lui a qualité pour agir
au nom des créanciers.
Une fois le jugement rendu il doit être publié et cela le plus largement possible afin de permettre à
tous d’en avoir connaissance. Cela est évidemment notifié au débiteur, aux mandataires désignés, au
ministère public mais aussi au TPG, seul créancier personnellement informé. S’ajoute à cela une
publicité générale:
• Mention au registre des entreprises
• Mention au BODACC
• Mention dans un journal d’annonces légales
L’idée générale à retenir est celle d’une restriction des voies de recours et cela pour éviter
l’enlisement de la procédure ainsi que l’absorption du capital du débiteur par les frais de procédure.
Ces recours sont énoncés par les art. L. 661-1 et s. auxquels je vous renvoie. / Les délais sont de 10
jours (contre 1 mois en droit commun).
Page 29 sur 43
fi
L’INTERDICTION DES PAIEMENTS LORS DE LA PÉRIODE D’OBSERVATION
ARTICLES IMPORTANTS: 622-17, I C. COM; 622-7, I AL. 1; 625-8; 622-7, II, AL. 2; 624-16 AL. 4;
622-17; 622-7
Afin de permettre à l’entrepreneur d’établir sereinement un plan de sauvegarde et de préserver son
entreprise, la loi lui offre, via la période d’observation, un véritable havre de paix. Concernant la
durée, la sauvegarde doit être courte 6 mois au maximum renouvelable 1 fois depuis l’ordonnance
de 2021, contre 2 auparavant.
Le principal effet de la procédure est le « gel du passif ». Cela n’a pas été créé au départ pour
protéger le débiteur, mais pour protéger le créancier : geler le passif c’était un moyen de s’assurer,
dans le redressement et la liquidation, qu’aucun créancier ne serait avantagé, qu’il y aurait une
égalité des créanciers. Ce gel du passif va ainsi permettre à l’activité de se poursuivre.
Le gel du passif repose sur 2 piliers : l’interdiction des paiement qui concerne le débiteur,
l’interdiction des poursuites qui concerne ses créanciers. S’ajoute quelques règles secondaires
telles que l’arrêt du cours des intérêts ou l’absence de déchéance du terme du fait de l’ouverture de
la procédure.
Pour savoir si une créance est antérieure ou postérieure, il faut avoir égard à sa date de naissance,
autrement dit à la date de son fait générateur et non à celle de son exigibilité c’est souvent difficile
de déterminer ce fait générateur :
• C’est simple pour la responsabilité : le dommage créé par la violation d’une norme légale ou
contractuelle est le fait générateur.
• Pour les contrats, c’est plus compliqué : on tiendra compte ici non pas de la date de
signature du contrat, mais de la date à laquelle la prestation de service est réalisée.
Page 30 sur 43
L’INTERDICTION DES POURSUITES INDIVIDUELLES LORS DE LA PÉRIODE
D’OBSERVATION
ARTICLES IMPORTANTS: 622-7, III; 622-7, I AL. 1; 625-8; 622-7, II, AL. 2; 624-16 AL. 4; 622-1, II;
622-21; 622-28; 622-29; 622-30
Le débiteur ne peut plus payer ses créanciers. Il peut obtenir payé par ses débiteurs ! Il faut ici faire
deux précisions :
• L’interdiction ne frappe que l’entrepreneur en difficulté. Ainsi, cela ne fait pas obstacle
au paiement émanant d’un tiers quand bien même ce paiement éteindrait la dette de
l’entrepreneur en difficulté.
• Cette règle n’affecte pas les paiements ou procédure de paiement antérieure à
l’ouverture. La nullité absolue (L. 622-7, III c. com.)
L’article L. 622-1, II, c. com. interdit d’abord certaines actions en justice contre le débiteur.
L’interdiction des procédures d’exécution: L’art. L. 622-21 prévoit également l’arrêt et l’interdiction
des procédures d’exécution sur tous les biens du débiteur, sauf évidemment si la procédure a déjà
produit son effet définitif.
Page 31 sur 43
LA GESTION DE L’ENTREPRISE LORS DE LA PÉRIODE D’OBSERVATION
Le principe est posé par l’art. L. 622-1, I. : « L’administration de l’entreprise est assurée par son
dirigeant » mais le texte est peu clair. Il faut se tourner vers l’art. L. 622-3 pour avoir la règle
clairement établie. le débiteur va devoir réaliser un inventaire de ses biens et le déposer au tribunal.
L’art. L. 622-7 fixe une liste d’actes interdits à peine de nullité (absolue) et la bonne foi du tiers n’a
pas d’incidence. Du paiement des créances antérieures et des actes de disposition étrangers à la
gestion courante de l’entreprise.
La présence d’un administrateur est obligatoire seulement lorsque le débiteur a 20 salariés ou plus
de trois millions d’euros de chiffre d’affaire (L. 621-4).
Page 32 sur 43
LE RÉGIME DES CONTRATS EN COURS
La définition de contrat en cours C’est d’abord un contrat. Pas forcément formalisé d’ailleurs. En
revanche l’adhésion à un statut légal obligatoire ou encore le contrat de société ou la constitution de
sûreté ne sont pas considérés comme des contrats en cours.
Il faut ensuite que ce contrat soit en cours, c’est-à-dire en cours d’existence et d’exécution :
• En cours d’existence, cela veut dire que le contrat doit avoir été conclu des deux côtés. En
revanche, pour le bail commercial, le législateur a mis en place, à l’art. L. 145-41 c. com. un
régime qui ralentit considérablement l’acquisition de la résolution, même s’il y a eu une
clause résolutoire.
• En cours d’exécution, cela veut dire que le débiteur est encore créancier de son
cocontractant, même s’il ne s’agit pas de l’effet caractéristique du contrat.
Les exceptions Les contrats de travail sont exclus (L. 622-13, VI).
Le régime du contrat en cours se caractérise par deux traits tendant tous deux au maintien des
contrats en cours:
• Une obligation pour le cocontractant de poursuivre l’exécution, sans pouvoir invoquer
l’exception d’inexécution liées à une inexécution antérieure au contrat.
• Une restriction des cas de résiliation qui contribue elle aussi au maintien du contrat en cours.
Page 33 sur 43
L’AIDE AU FINANCEMENT DE L’ENTREPRISE EN DIFFICULTÉ (LE « PRIVILÈGE
D’ARGENT FRAIS »)
Une créance née régulièrement Par régulière on entend une crée postérieure née conformément aux
règles gouvernant les pouvoirs du débiteur et de l’administrateur :
• Pour un acte juridique, sera irrégulier l’acte interdit car étranger à la gestion courante
ou encore contrat poursuivi par le débiteur malgré la non poursuite décidée par
l’administrateur.
• Pour un fait juridique, il sera régulier s’il est survenu à l’occasion de l’exercice des
fonctions régulières et en pratique ce sera presque tout le temps le cas, ce qui est
discutable car l’acte ne sert à rien.
D’après L. 622-17, I, ne sont favorisées que les créances nées « pour les besoins [finalité] du
déroulement de la procédure ou de la période d'observation, ou en contrepartie [cause] d'une
prestation fournie au débiteur pendant cette période », À cela s’ajoute le privilège général de la
procédure prévu par les articles L. 622-17 et L. 641-13. C’est un droit de préférence sur le prix de
vente des biens du débiteur.
Page 34 sur 43
L’ADOPTION DU PLAN DE SAUVEGARDE SANS COMITÉ DES CRÉANCIERS
ARTICLES IMPORTANTS: 620-1; 626-12; 623-1; 626-8; 626-8; 626-1 -2; 626-2 AL. 2; 626-2 AL. 3
Comme l’indique l’art. L. 620-1, le plan de sauvegarde tend à la « réorganisation de l’entreprise
afin de permettre la poursuite économique, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif ». Il
peut impliquer la cession partielle de certains actifs pour faciliter la [Link] durée du plan ne
peut pas excéder dix années (L. 626-12), avec une exception de 15 années pour depuis la loi Pacte
du 22 mai 2019 les personnes (physique ou morale) exerçant une activité agricole. L’adoption du
plan peut être faite selon deux procédures distinctes, une avec des classes des créanciers qui
permettra aux créanciers de s’impliquer activement dans l’élaboration du plan.
Comme l’indique l’art. L. 623-1 c. com. il doit s’agir d’un bilan « économique et social », précisant
« l'origine, l'importance et la nature des difficultés de l'entreprise ».
Tout cela donne lieu à la rédaction d’un rapport qui devra être déposé au greffe et adressé à diverses autorités
mentionnées à l’art. L. 626-8 : représentant du personnel, contrôleurs, ministère public.
Le projet de plan de sauvegarde Les art. L. 626-1 -2 déterminent de manière très générale le projet
de plan : il doit présenter quatre types d’informations :
Page 35 sur 43
L’ADOPTION DU PLAN DE SAUVEGARDE AVEC COMITÉ DES CRÉANCIERS
ARTICLES IMPORTANTS: 626-29; 626-30, IV; 626-30, I; 626-30, III; 626-31; 626-32
La réforme de 2005 a développé une nouvelle forme d’adoption du plan impliquant beaucoup plus
largement et de manière collective les créanciers au sein d’un comité des créanciers, ce qui
permettait de contourner l’opposition de créanciers minoritaires. La réforme de l’ordonnance de
2021 vient encore accentuer la possibilité de contourner l’opposition de minoritaires en multipliant
le nombre de comités désormais appelés « classes des parties affectées » et en permettant de
contourner l’opposition d’une classe par l’approbation des autres. Examinons comment ces classes
sont mises en place, avant que de montrer les différences impliquées par l’adoption du plan de
sauvegarde en présence d’une telle classe.
La création de ces classes est obligatoire dans certains cas et facultative dans les autres. Les deux
cas où elle est obligatoire outre dans la sauvegarde accélérée sont délimitées par l’article L. 626-29 :
• Le fait d’atteindre certains seuils fixés par décret et définis par référence soit au nombre de
salariés et au montant net du chiffre d'affaires de ces entreprises ou sociétés soit au montant
net de leur chiffre d'affaires.
• Le fait de détenir ou contrôler une autre société
Tous les créanciers ne seront pas concernés par ces classes. En demeurent exclus les « créances
résultant du contrat de travail, les droits à pension acquis au titre d'un régime de retraite
professionnelle et les créances alimentaires ne sont pas affectées par le plan » (L. 626-30, IV). Sont
de même exclus les créanciers non affectés par le plan (L. 626-30, I,), Les autres créanciers devront
intégrer ces classes « représentatives d’une communauté d’intérêt économique suffisante ».
Cas 1 : Le plan a été approuvé par toutes les classes, alors le tribunal va adopter le plan après
avoir vérifié 5 conditions selon l’article L. 626-31.
Cas 2 : Le plan n’a pas été approuvé par toutes les classes, alors l’article L. 626-32 permet au
débiteur ou à une partie affectée de saisir le tribunal pour que celui-ci soit imposé aux dissidents.
Cas 3 : On ne peut pas forcer l’accord inter-classe, alors il faut élaborer un plan hors du cadre des
classes de parties affectées.
Page 36 sur 43
L’INEXÉCUTION DU PLAN DE SAUVEGARDE
ARTICLES IMPORTANTS: 626-25; 626-27; 626-26; 626-31-1; 626-26; 628-1 AL. 3; 626-29 (L.
628-4); 628-6
Une fois le plan adopté, il bénéficie d’une opposabilité erga omnes. Pour s’assurer toutefois que
celui-ci sera bien respecté, il est prévu que le tribunal nomme un commissaire à l’exécution du plan
pour en surveiller l’exécution (art. L. 626-25).
L’art. L. 626-27, I prévoit qu’en cas de défaut de paiement des dividendes, le commissaire à
l’exécution du plan est seul habilité à les recouvrer.
L’autre mécanisme d’évitement est la modification du plan (L. 626-26). Les conditions de la
modification dépendront des conditions d’adoption : si c’est un plan adopté par le seul tribunal,
celui-ci a toute latitude pour le modifier. S’il s’agit d’un plan adopté par les classes de créancier, le
parallélisme des formes implique un nouveau vote des classes (L. 626-31-1). L’art. L. 626-26
prévoit en outre depuis l’ordonnance de 2021 que lorsque la demande porte sur les modalités
d’apurement du passif, il faudra consulter les créanciers, mais que le défaut de réponse vaudra
acceptation sauf s’il s’agit de remises de dettes ou de conversions en titre.
La décision de modification ne sera prise que si :
• Existe un motif grave et non imputable au débiteur ;
• Cela est nécessaire au débiteur.
Le plan dans la sauvegarde accélérée: cette procédure de sauvegarde a été créée en 2014 afin de
disposer une procédure de sauvegarde accélérée pour les débiteurs qui ne rencontreraient pas
seulement des difficultés financières où existait la SFA. Elle a fusionné avec la SFA en 2021 et
désormais l’art. L. 628-1 al. 3 dit seulement que lorsque la dette est financière il est possible de
limiter les effets de la sauvegarde à ces seuls créanciers.
Le plan sera obligatoirement adopté après consultation des classes de parties affectées prévus par
l’art. L. 626-29 (L. 628-4). Cela change du droit antérieur où il fallait consulter tout le monde.
Concernant les effets de la procédure, il est dit à l’art. L. 628-6 qu’elle ne produit effet qu’à l’égard
des parties affectées ayant participé à la conciliation.
Page 37 sur 43
LES SPÉCIFICITÉS DU REDRESSEMENT JUDICIAIRE PAR RAPPORT À LA
SAUVEGARDE
• Ils poursuivent les mêmes finalités : permettre, sous la direction en principe du débiteur, la
poursuite de l’activité de l’entreprise, le maintien de l’emploi et l’apurement du
passif ;
• Ils utilisent le même instrument : l’adoption d’un plan, adopté éventuellement avec
l’aide des classes des créanciers et à l’issue d’une période d’observation.
Le redressement judiciaire peut résulter soit d’une ouverture ab initio soit d’une procédure de
conversion. l’ouverture d’une procédure de redressement doit être demandée par le débiteur en
activité dans les 45 jours de la cessation des paiements, sauf s’il a déjà demandé une conciliation.
Sous les mêmes conditions, cela peut être demandé par un créancier ou par le ministère public, ce
dernier pouvant d’ailleurs être alerté directement par le président du tribunal (disparition saisine
d’office).
Page 38 sur 43
LES EFFETS DU JUGEMENT DE LIQUIDATION JUDICIAIRE
Le domaine de la cessation de l’activité: Il découle de l’art. L. 641-10 a contrario que l’activité est
interrompue car elle est ruineuse pour la société et donc également aussi dangereuse pour les
créanciers.
Bien qu’imposée par les textes, l’activité de l’entreprise peut se poursuivre par exception.
• L’art. L. 641-10 le permet «si la cession totale ou partielle de l’entreprise est envisageable ou si
l’intérêt public ou celui des créanciers l’exige ».
• L’art. L. 641-11-1 permet également, en dehors d’un tel maintien de l’activité, la poursuite
de contrats en cours.
L’article L. 641-13 permet de payer par préférence certaines créances nées après la liquidation, en
sus des créances privilégiées nées pendant la période d’observation. Trois créances sont
concernées :
• Celles nées ou les besoins de la procédure ou le maintien provisoire de l’activité
• Celles nées en contrepartie d’une prestation fournie au débiteur pendant le maintien de
l’activité ou en exécution d’un contrat en cours dont le maintien a été décidé par le
liquidateur.
• Celles nées pour les besoins de la vie courante, ce qui va permettre au débiteur de
commencer à préparer son rebond.
Page 39 sur 43
LES OPÉRATIONS DE LA LIQUIDATION JUDICIAIRE P131
La réalisation de l’actif Déf : Réaliser l’actif cela veut dire mettre en œuvre les actes par lesquels cet
actif va pouvoir être converti en espèce monétaire. Tout comme on dit de l’artiste qu’il réalise une
œuvre, on peut dire du liquidateur qu’il réalise un actif.
Le liquidateur va pouvoir réaliser tout l’actif du débiteur, à l’exception des rares bien insaisissables,
notamment ceux frappés d’une déclaration d’insaisissabilité. On aurait pu pourtant hésiter dans ce
dernier cas dans la mesure où cette déclaration n’est pas opposable aux créanciers antérieurs. Le
liquidateur, chargé d’agir dans l’intérêt collectif
Les articles L. 642-18 s. énoncent le droit commun de la cession de biens isolées.
La procédure est la suivante : toute réalisation doit être autorisée (vente de gré à gré) ou ordonnée
par le juge-commissaire (adjudication). Le juge-commissaire fixe les grandes lignes que le
liquidateur doit ensuite appliquer et préciser.
l’art. L. 642-20 l’interdit, de crainte de la fraude. Il y a quelques exceptions pour les biens
nécessaires aux besoins de la vie courante ou les biens faisant partie d’une exploitation agricole.
Si aucune offre n’a été émise antérieurement, le liquidateur va organiser la procédure d’émission
des offres. Pour cela, le liquidateur va devoir :
• Susciter les offres (mesure de publicité)
• Analyser les offres en tenant compte de la qualité de tiers, du sérieux de l’offre et de
son adéquation au contenu exigé par l’art. L. 642-2
Page 40 sur 43
LE RÉTABLISSEMENT PROFESSIONNEL
ARTICLES IMPORTANTS: 645-1 ET -2; 641-1; 626-7; 631-7; 631-20-1; 645-1; 645-12
Cette procédure, fondée pour l’essentiel sur une suggestion « pratico- doctrinale », vise à créer une
procédure alternative à la liquidation judiciaire, afin de favoriser le rebond rapide de l’exploitant,
avec cette idée que l’entrepreneur apprend de ses échecs. Ce rebond est permis car la procédure est
d’une durée de 4 mois. les frais de procédure ne sont pas couverts et les créanciers ne récupèrent
rien, de sorte que le seul enjeu pour eux est de récupérer un certi cat d’irrécouvrabilité pour
pouvoir traduire comptablement la perte constatée.
Cette procédure est régie par les articles L. 645-1 et -2. Elle n’est ni collective, ni liquidatative.
Ainsi contrairement aux procédures collectives, elle ne se caractérise ni par la discipline imposée ni
par le dessaisissement du débiteur.
L’ouverture de la procédure est subordonnée à des conditions de fond et de forme qu’il convient
d’examiner. Précisons d’emblée que ces conditions doivent être présentes tout au long de la
procédure ; si elles ne le sont plus au moment où le juge statue alors il devra ouvrir une liquidation
judiciaire. Avec la loi Pacte du 22 mai 2019, et dans un souci d’encourager l’ouverture de cette
procédure, il est prévu que le tribunal devra examiner si ces conditions d'application sont réunies
chaque fois qu'il aura à statuer sur l'ouverture d'une liquidation judiciaire (L. 641-1 pour l’ouverture
et L. 626-7, L. 631-7 et L. 631-20-1 pour la conversion). L’art. L. 645-1 énonce cinq conditions
expresses.
Cette procédure peut être ouverte à la demande d’un créancier du MP ou même du débiteur (rare en
pratique !) dès lors qu’est constatée :
Page 41 sur 43
fi
L’IDENTIFICATION DU PASSIF DU DÉBITEUR
La déclaration des créances, Il faut ici d’emblée relever les différentes approches de cette
déclaration :
• Pour le législateur européen, cette déclaration est un droit qu’ont les créanciers (art.
39 du règlement)
• Pour le législateur français c’est avant tout un devoir dont la méconnaissance
aboutira à qualifier le créancier de négligent.
Cette obligation de déclaration est très étendue et concernera toutes les créances de somme d’argent
antérieures. Apportons trois précisions :
• La déclaration concerne toutes les créances aussi incontestables soit son titre : un
jugement, un acte notarié, etc. Il y a une forme de sacralisation de la déclaration
qui est assez unique et qu’on ne trouve pas ailleurs.
• Si la créance porte sur une obligation de faire, pas de déclaration si le débiteur
exécute, mais s’il n’exécute pas alors il faudra déclarer les DI.
• La déclaration n’est pas nécessaire si la créance est éteinte, mais encore faut-il
qu’elle soit véritablement éteinte, ce qui ne sera pas le cas d’une créance payée via
un référé provision, lequel ne préjudicie pas du fond.
Si la créance n’est pas déclarée alors elle est inopposable à la procédure et les créanciers sont dits
forclos sauf à être en être relevés. La même chose s’applique aux sûretés l’assortissant, comme
l’explicite désormais l’art. L. 622-26.
Le juge commissaire à qui les créances ont été transmises va alors statuer sur la créance. Il a
plusieurs possibilités :
• Admettre la créance en tout ou partie, avec ou sans ses sûretés.. Pour les créances de Trésor
public et de la Sécu, il peut faire une admission de créance provisionnelle.
• Rejeter la créance.
• Se déclarer incompétent ou surseoir à statuer dans l’hypothèse où le contentieux de la
compétence relèverait de la compétence d’un tiers ou ferait déjà l’objet d’un contentieux.
Page 42 sur 43
L’IDENTIFICATION DE L’ACTIF DU DÉBITEUR
Les textes du code de commerce opèrent une distinction entre différentes actions :
• Les actions en revendication tendant à faire reconnaître par les organes de la
procédure le droit de propriété du revendiquant sur un bien détenu à l’ouverture de la
procédure par le débiteur.
• Les actions en reprise qui concernent l’EIRL et qui visent à permettre au propriétaire
agissant au titre d’un autre patrimoine de récupérer des biens qui risqueraient d’être
appréhendés par la procédure
• Les actions en restitution pour les biens sur lesquels le droit de propriété est déjà
reconnu à l’ouverture de la procédure
Ainsi l’art. L. 624-8 prévoit il la perte des avantages matrimoniaux du conjoint, ou plus exactement
le fait qu’ils sont inopposables à la procédure collective. Ce texte reposant sur une présomption de
fraude du débiteur, il ne s’applique que dans l’hypothèse où le débiteur exerçait déjà une activité
indépendante lors de son mariage : on soupçonne qu’il ait anticipé
Page 43 sur 43