CYCLE : BTS
SPECIALITE : SAGE-FEMME
NIVEAU : 1
SFM 121
PHARMACOLOGIE SPECIALE
Dr. MBOCK Armel Junior
Ph. D en Physiologie
ANNEE ACADEMIQUE 2023 -2024
OBJECTIFS DE LA PHARMACOLOGIE
Les objectifs de l'enseignement de la pharmacologie sont de fournir les bases
rationnelles de la pharmacologiques expérimentales et thérapeutiques.
Un enseignement sur les principes du développement, sur la méthodologie
d'évaluation des effets des médicaments sera également
La pharmacologie spéciale est consacrée à l’étude des molécules des principales
classes thérapeutiques. En d’autres termes, c’est l’étude systématique du
médicament dans sa structure chimique, ses propriétés biologiques, sa toxicité et ses
indications. Les prérequis de cours sont les connaissances sur la pharmacologie
générale et la pathologie générale
OBJECTIFS DU COURS
Objectif général
À la fin de l’apprentissage, l’apprenant(e) (Sage-Femme / Maïeuticien) doit être
capable d’acquérir des notions de base en pharmacologie
Objectifs spécifiques
✓ Décrire les entités chimiques en cause et leur mode d’action
✓ Expliquer les choix thérapeutiques et les schéma posologiques
✓ Conseiller une bonne utilisation médicamenteuse
✓ Surveiller les effets secondaires et interactions médicamenteuses
✓ Optimiser l’utilisation des médicaments dans le cadre de bonnes pratiques cliniques
OUVRAGES CONSULTES
Parmi les ouvrages de pharmacologie utiles à consulter dans le cadre de cet
enseignement, on peut citer :
• Goodman et Gilman : Les bases pharmacologiques de la thérapeutique
• M Moulin : Abrégé de pharmacologie, Éditions Masson
• BG Katzung : Pharmacologie fondamentale et clinique
• P Lechat : Pharmacologie médicale
• M Bourin : Cours de pharmacologie
PLAN DU COURS
INTRODUCTION GENERALE
CHAPITRE I : LES DIFFERENTES FAMILLES DE MEDICAMENTS
1. les médicaments anti-infectieux 6. les médicaments de l’appareil digestif
2. les médicaments du système nerveux central 7. les médicaments de l’appareil respiratoire
3. les médicaments du système nerveux végétatif 8. les médicaments hormonaux et vitamines
4. les médicaments de l’appareil cardiovasculaire et rénal 9. les médicaments des troubles de l’hémostase
5. les médicaments de l’inflammation et des réactions 10. les médicaments utilisés au cours de la
tissulaires grossesse, l’accouchement et l’allaitement .
CHAPITRE II : MEDICAMENTS ET GROSSESSE
1. interactions médicamenteuses dans le compartiment maternel
2. interactions médicamenteuses dans le compartiment placentaire
3. interactions médicamenteuses dans le compartiment fœtal
4. les risques embryo-fœtaux des médicaments
5. la prise médicamenteuse chez la femme enceinte
CHAPITRE III : MEDICAMENTS ET ALLAITEMENT
1. interactions médicamenteuses avec l’allaitement 3. le passage du plasma maternel dans le lait
2. le passage du médicament chez la mère 4. le passage dans le tube digestif du nourrisson
CONCLUSION GENERALE
INTRODUCTION GENERALE
Définition de la pharmacologie
D'un point de vue étymologique, le terme pharmacologie
pourrait avoir plusieurs significations, mais on s'accorde
actuellement pour lui faire désigner la Science des
médicaments.
C'est la science des effets et du devenir dans l'organisme des
médicaments.
Elle se différencie de la pharmacie qui fabrique et dispense le
médicament.
INTRODUCTION GENERALE
Définition du médicament
Toute substance ou composition présentée comme
possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard
des maladies humaines ou animales.
Toute substance/composition pouvant être utilisée chez
l'homme ou chez l'animal ou pouvant leur être administrée,
en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer,
corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en
exerçant une action pharmacologique, immunologique ou
métabolique
INTRODUCTION GENERALE
Médicaments et grossesse
Des études épidémiologiques indiquent que la prise de
médicaments par les femmes enceintes est fréquente.
44 à 95 % (selon le pays), prennent entre 2 et 13 médicaments
par grossesse.
0,9 et 4,6 % des prescriptions concerneraient des
médicaments tératogènes ou fœtotoxiques.
- Quels effets secondaires ?
- Quelles sont les interactions possibles ?
INTRODUCTION GENERALE
Induction possible de malformations chez l’embryon :
(l’embryogénèse), soit entre le 13 e jour et le 56 e jour après la
conception.
Soit l’œuf sort 100 % indemne
d’une exposition à un toxique
Entre la conception
et le 12e jour
loi du « tout ou rien » soit son développement
s’arrête (fausse couche)
INTRODUCTION GENERALE
Fœtotoxicité : à partir du 57e jour et jusque pendant
l’allaitement
Pendant la grossesse un certain nombre de paramètres du
métabolisme vont modifier la cinétique des médicaments
administrés à la mère.
INTRODUCTION GENERALE
Les prescripteurs :
liste établie par le représentant légal de l’établissement.
-médecins
-internes
-sages-femmes
-...
CHAPITRE I : LES DIFFERENTES FAMILLES DE
MEDICAMENTS
N° FAMILLES DE MEDICAMENTS TYPES DE MEDICAMENT SELON LES FAMILLES
1 Les médicaments anti-infectieux les antibiotiques, les antituberculeux, les antiparasitaires,
les antiviraux
2 Les médicaments du système nerveux les antalgiques, les anesthésiques, les antiépileptiques,
central les psychotropes, les antiparkinsoniens
3 Les médicaments du système nerveux les médicaments du système sympathique et système
végétatif parasympathiques
4 Les médicaments de l’appareil les antihypertenseurs, les diurétiques, les
cardiovasculaire et rénal normolipémiants, le plasma et ses fractions
5 Les médicaments de l’inflammation et des les anti-inflammations, les médicaments de la goutte, les
réactions tissulaires antihistaminiques
6 Les médicaments de l’appareil digestif les médicaments de l’intestin, de l’estomac, du foie, des
voies biliaires, les antiémétiques, les produits de
contraste utilisés en radiologie digestive
7 Les médicaments de l’appareil respiratoire les antitussifs, les expectorants, les analeptiques
respiratoires, les médicaments de l’asthme, de l’asphyxie
8 Les médicaments hormonaux et vitamines les médicaments du diabète, les hormones peptidiques et
stéroïdes, les contraceptiques, les vitamines
9 Les médicaments des troubles de les anticoagulants, les antiagrégants plaquettaires, les
l’hémostase modificateurs de la fibrinolyse, les hémostatiques
10 Les médicaments utilisés au cours de la
grossesse, l’accouchement et l’allaitement.
FAMILLES DE TYPES DE MEDICAMENT MECANISMES ET EXEMPLES
MEDICAMENTS SELON LES FAMILLES
les antibiotiques Les bêta-lactamines, Les cyclines, Les
aminosides, Les macrolides, Les quinolones
Isoniazide (H) Rifampicine (R) Éthambutol
les antituberculeux
(E) Pirazinamide (Z) Stréptomycine (S)
Les médicaments
ANTI-INFECTIEUX Flubendazole (Fluvermal), Pyrantel
les antiparasitaires (Combantrin), Antimoniate de méglubine
(Glucantime)
anti-herpès (Aciclovir et dérivés), anti-grippe
les antiviraux (oseltamivir et zanamivir), anti-cytomégalovirus
(ganciclovir et foscarnet), antivirus hépatite B
(adefovir, lamivudine, entecavir), antivirus
hépatite C (ribavirine et interferon),
antirétroviraux
FAMILLES DE TYPES DE MEDICAMENT MECANISMES ET EXEMPLES
MEDICAMENTS SELON LES FAMILLES
les anesthésiques Halothane (Halothane®) Isoflurane (Aeranne®, Isoflurane®)
Desflurane (Suprane®, Desflurane®) Sévoflurane
(Sévorane®, Sojourn®, Sevoflurane®)
LES ANTALGIQUES
L'acide valproïque, La lamotrigine, La carbamazépine,
les antiépileptiques L'oxcarbazépine, La gabapentine, Le topiramate, Le
Les lévétiracétam, La vigabatrine, La prégabaline, Le zonisamide,
médicaments …
du système les psychotropes Neuroleptiques, Stimulants, Dépresseurs, Hallucinogènes
nerveux
central modulent les effets des neurotransmetteurs : ils améliorent ou
les stabilisent les anomalies de fonctionnement des cellules
antiparkinsoniens nerveuses. Exemple : lévodopa (L-dopa) (corbilta.,
duodopa, lévodopa bensérazide teva, carbidopa /entacapone
arrow, biogaran, viatris)
Médicaments capables de diminuer ou d’abolir la perception
les antalgiques des sensations douloureuses sans entrainer la perte de
conscience
FAMILLES DE TYPES DE MEDICAMENT MECANISMES ET EXEMPLES
MEDICAMENTS SELON LES FAMILLES
Les médicaments les médicaments du système atropine. bêtabloquants. éphédrine. ésérine ou
du système sympathique et système physostigmine. hordénine. pilocarpine. scopolamine ou
nerveux végétatif parasympathiques hyoscine.
Les diurétiques, les bêtabloquants, les inhibiteurs calciques,
les antihypertenseurs les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) et les
antagonistes de l'angiotensine II.
le bumétanide (Burinex), le furosémide (Lasilix, Logirene...)
Les médicaments les diurétiques
et le pirétanide (Eurelix).
de l’appareil
cardiovasculaire Modifient les concentrations plas- matiques en un ou
et rénal les normolipémiants plusieurs des paramètres suivants : cholestérol total, LDL-
cho- lestérol, HDL-cholestérol, triglycérides.
Maladie hémorragiques : Facteurs (VIII, IX, VII, XI, XIII,
Facteur de von Willebran) Concentrés (de fibrinogène, de
complexe prothrombinique, de complexe prothrombinique
le plasma et ses fractions
activé ou « factor VIII inhibitor bypassing agent »)
Maladies thrombotiques : Concentrés (d'antithrombine, de
protéine C)
FAMILLES DE TYPES DE MEDICAMENT MECANISMES ET EXEMPLES
MEDICAMENTS SELON LES FAMILLES
acide acétylsalicylique (AAS),
les anti-inflammations, célécoxib, diclofénac, flurbiprofeène,
ibuprofène, indomethacin, kétoprofène,
kétorolac, méloxicam, nabumétone,
naproxène, piroxicam et sulindac.
Les
médicaments Colchicine. La colchicine est d'autant
de les médicaments de la plus efficace sur l'accès goutteux
l’inflammation goutte, qu'elle est prise précocement, AINS,
et des réactions Corticoïdes
tissulaires
Loratadine (Clarityne®) ; Desloratadine
(Aerius®) ; Cétirizine (Virlix®) ;
les antihistaminiques Lévocétirizine (Xyzall®) ou
fexofénadine (Telfast®).
FAMILLES DE TYPES DE MEDICAMENT MECANISMES ET EXEMPLES
MEDICAMENTS SELON LES FAMILLES
Intestin Antispasmodiques: Debricalm. Débridat., Dicetel., Duspatalin.
Mébévérine zentiva., Mébévérine zydus. Phloroglucinol arrow.,
Phloroglucinol bgr.
Estomac le Maalox et le Xolaam, le Gaviscon ainsi que le Rennie ou
encore le Phosphalugel.
Les L'acide ursodésoxycholique (DELURSAN, URSOLVANT,
médicaments Voies biliaires CHOLURSO, URSOFALK) est le seul médicament ayant une
AMM pour le traitement des lithiases biliaires.
de l’appareil
digestif Les médicaments à base de dompéridone (Motilium®, Peridys®,
Antiémétiques Oroperidys®), métoclopramide (Anausin Metoclopramide®,
Primperan®, Prokynil L.P) ou métopimazine (Vogalène®,
Vogalib®).
Produits de contraste Le sulfate de Baryum (corps chimique minéral) est le premier
produit de contraste qui a été utilisé en radiologie classique
utilisés en radiologie grâce à ses propriétés chimiques notamment pour les examens
digestive de l'appareil digestif (il n'est pas soluble dans l'eau et n'est donc
pas digéré ou absorbé par le corps lors de l'ingestion)
FAMILLES DE TYPES DE MEDICAMENT MECANISMES ET EXEMPLES
MEDI-CAMENTS SELON LES FAMILLES
les antitussifs (opiacés dextrométhorphane biogaran. dextrométhorphane
et non opiacés), é[Link]. antituberculeux
Les molécules les plus fréquentes sont la carbocistéine,
les expectorants l'acétylcystéine et l'ambroxol.
les analeptiques citrate de cafeine cooper, dopram, vectarion.
Les respiratoires mucolytiques
médicaments montélukast, théophylline à libération prolongée,
de l’appareil tiotropium et, après avis spécialisé, omalizumab,
respiratoire les médicaments de benralizumab, mépolizumab ou reslizumab. (Almitrine
l’asthme Caféine Doxapram)
Le traitement d'urgence a pour objectif principal la
restauration de la liberté des voies aériennes et
l'oxygénation: bronchodilatateurs (Beta 2- mimétiques,
de l’asphyxie Anti cholinergique, Xantines), anti-inflammatoires
(Corticoïdes, Cromones, Antileucotriènes), anticorps
monoclonaux
FAMILLES DE TYPES DE MEDICAMENT MECANISMES ET EXEMPLES
MEDICAMENTS SELON LES FAMILLES
-Les sensibilisants à l'insuline comprennent les biguanides (par
exemple, metformine) et les thiazolidinédiones (par exemple,
les médicaments du pioglitazone).
diabète -Les médicaments qui retardent l'absorption du glucose par
l'intestin incluent les inhibiteurs de l'alpha-glucosidase (par
exemple, acarbose et miglitol).
Les
médicaments Estrogènes par voie vaginale (BLISSEL, COLPOTROPHINE.
ESTRING, FLORGYNAL, GYDRELLE, PHYSIOGINE ovule et
hormonaux et crème, TROPHICRÈME, TROPHIGIL)
vitamines Estrogènes par voie cutanée (DÉLIDOSE, DERMESTRIL
les hormones DERMESTRIL SEPTEM, ESTRÉVA gel, FEMSEPT,
FEMSEPTEVO, OESTRODOSE, THAÏS, THAÏS SEPT)
peptidiques et Estrogènes par voie orale (OROMONE, PHYSIOGINE
stéroïdes comprimé, PROVAMES)
Progestatifs : voie orale (COLPRONE, DUPHASTON
ESTIMA, PROGESTAN, PROGESTÉRONE BIOGARAN,
PROGESTÉRONE VIATRIS, UTROGESTAN)
Estrogènes et progestatifs en association (ACTIVELLE,
CLIMASTON, CLIMASTON, CLIMÈNE, DIVINA, DUOVA,
KLIOGEST)
FAMILLES DE TYPES DE MEDICAMENT MECANISMES ET EXEMPLES
MEDICAMENTS SELON LES FAMILLES
Pilules microprogestatives (antigone, cerazette,
les contraceptiques désogestrel biogaran, désogestrel cristers, désogestrel
mylan pharma, désogestrel sandoz, elfasette,
optimizette)
Les Sous-classe(s) thérapeutique(s) de la classe thérapeutique
médicaments Vitamines
Associations vitaminiques, Vitamine A, Vitamine C (acide
hormonaux et ascorbique)
vitamines les vitamines Vitamine E, Vitamine PP (Nicotinamide), Vitamines D,
Vitamines du groupe B
Médicaments de la classe thérapeutique Vitamines
A 313, ADRIGYL, ALFACALCIDOL THERAMEX, ASCORBATE
DE CALCIUM RICHARD, BECILAN, BECOZYME,
BEFLAVINE, CACIT VITAMINE D3, CALCIDOSE VITAMINE
D3, CALCIFEDIOL GERDA, … ZYMADUO 150 UI, ZYMADUO
300 UI
FAMILLES DE TYPES DE MEDICAMENT MECANISMES ET EXEMPLES
MEDICAMENTS SELON LES FAMILLES
Apixaban (Eliquis), dabigatran (Pradaxa)
les anticoagulants edoxaban (Lixiana), rivaroxaban (Xarelto)
warfarine (Coumadin)
les antiagrégants Aspirine (KARDEGIG®, RESITUNE® et
Les plaquettaires PROTECT®) ; les inhibiteurs des récepteurs
médicaments P2Y12 (PLAVIX®, EFFIENT®, BRILIQUE®)
des troubles
de Les deux thrombolytiques les plus utilisés
l’hémostase les modificateurs de la Actilyse (altéplase) et Therasolv (urokinase).
fibrinolyse les alternatives sont Actosolv (urokinase) et
Metalyse (tenecteplase)
Etamsylate, Dicynone, Romiplostim,
les hémostatiques Eltrombopag, Emicizumab, Fostamatinib.
FAMILLES DE MEDICAMENTS LES PLUS PRESCRITS
MEDICAMENTS
- le paracétamol (63,3%),
- le fer (48,9%),
- l’acide folique (44,5%),
Les - le phloroglucinol (38,6%),
médicaments - le magnésium (27,1%),
utilisés au - l’amoxicilline (25,9%),
cours de la - l’hélicidine (23,5%),
grossesse, - l’alginate de sodium, (Gaviscon®, Maalox®) (17,9%)
l’accouchement
- la dompéridone (15,7%),
et l’allaitement.
- la tixocordol, (le Pivalone) (14,1%),
- l’hespéridine, (Cyclo3®, Daflon®…) (12,1%)
- le rhinofluimucil (10,8%)
-prednisolone (9,6%).
CHAPITRE II : MEDICAMENTS
ET GROSSESSE
1. interactions médicamenteuses dans le compartiment maternel
➢ La cinétique d’un médicament reçu par une femme enceinte
est différente.
➢ Toutes les étapes de la cinétique subissent des modifications
dont les hormones de la grossesse sont souvent
responsables.
1-L’absorption 2-La distribution 3-La biotransformation
4-L’élimination 5-L’hémodilution
➢ Ces changements peuvent favoriser une activité plus
importante du médicament, ou au contraire la diminuer.
1. interactions médicamenteuses dans le compartiment maternel
pharmacocinétique pharmacodynamie
Absorption
Distribution
[ ] effets
Biotransformation
Elimination
Hémodilution
1. interactions médicamenteuses dans le compartiment maternel
L’absorption
L’absorption est diminuée dans l’estomac parce que le pH est plus
élevé.
Par contre, la diminution de la mobilité intestinale due à la progestérone
et le volume de l’utérus gravide favorisent l’absorption des substances
hydrophiles (qui aiment l’eau).
1. interactions médicamenteuses dans le compartiment maternel
La distribution
La distribution se fait dans un volume aqueux
plus important : le volume total d’eau en fin de
grossesse est d’environ 8 litres dont 1,2 litre de
plus dans le plasma du 3e trimestre.
Une fraction de la substance est soustraite pour
passer dans le compartiment fœto-placentaire
ce qui est de nature à diminuer l’efficacité des
substances hydrophiles.
Par contre, une diminution de l’albuminémie
maternelle augmente la fraction libre active.
1. interactions médicamenteuses dans le compartiment maternel
La biotransformation
La biotransformation du médicament est moindre dans le foie à
cause de la présence dans le sang de grandes concentrations de
progestérone et d’œstrogènes. Cela augmente la fraction libre du
médicament et donc généralement son efficacité.
1. interactions médicamenteuses dans le compartiment maternel
L’élimination
L’élimination étant favorisée par la biotransformation, elle
devient dès lors moins efficace. Mais d’autre part, la filtration
glomérulaire rénale est plus importante ce qui est de nature
à l’augmenter.
Au final, l’élimination varie avec l’âge de la grossesse et la
nature de la substance.
1. interactions médicamenteuses dans le compartiment maternel
L’hémodilution
L’hémodilution propre à la grossesse diminue la concentration
plasmatique de la substance.
Globalement, malgré une grande variabilité des paramètres, une
même dose de médicament induira pendant la grossesse des
concentrations plasmatiques inférieures à ce qu’elle aurait induit
en l’absence d’une grossesse.
1. interactions médicamenteuses dans le compartiment maternel
Chronologie des
périodes critiques
du développement
fœtal et du risque
d’exposition aux
médicaments
2. interactions médicamenteuses dans le compartiment placentaire
Les mécanismes de passage dans le placenta dépendent de
plusieurs facteurs :
- le poids moléculaire de la substance administrée ;
- la liposolubilité de la drogue ;
- si la molécule est ionisée ;
- les propriétés pharmacologiques de la substance sont également
déterminantes.
2. interactions médicamenteuses dans le compartiment placentaire
1. le poids moléculaire de la substance administrée :
s’il est inférieur à 400 daltons, il passera facilement par simple
diffusion. Si le poids est inférieur à 100 daltons (l’alcool éthylique
par exemple), il passera très facilement, quasi instantanément.
2. la liposolubilité de la drogue
elle augmente considérablement le passage placentaire et ces
substances ont tendance à se concentrer chez le fœtus qui aura dès
lors une concentration supérieure à celle de la mère.
2. interactions médicamenteuses dans le compartiment placentaire
3. si la molécule est ionisée
Elle passera au contraire plus difficilement à cause des pH inégaux
des faces maternelles et fœtale du placenta.
4. les propriétés pharmacologiques de la substance sont
également déterminantes
Un vasodilatateur par exemple, active le passage tandis qu’un
vasoconstricteur s’y oppose.
3. interactions médicamenteuses dans le compartiment fœtal
Les processus enzymatiques de catabolisme des médicaments qui ont
traversé le placenta sont immatures chez le fœtus et cela explique une
accumulation du médicament dont les répercussions sur son
organisme vont dépendre de l’âge de la grossesse.
Les effets les plus redoutables sont les altérations de la prolifération
cellulaire qui vont entrainer des défauts de développement
3. interactions médicamenteuses dans le compartiment fœtal
- de la 1 re à la 2 e semaine une action toxique entraine la mort
de l’embryon et son expulsion (loi du tout ou rien) ;
- de la 3 e à la 9 e semaine c’est la période de l’organogénèse : le
risque de tératogénèse est important et porte sur les organes en
formation à ce moment ;
3. interactions médicamenteuses dans le compartiment fœtal
- après la 9e semaine et jusqu’au terme le risque devient limité à des
défauts morphologiques ou à des altérations physiologiques
mineures.
Le système nerveux central reste toutefois très sensible et cela pose le
problème parfois aigu de l’usage des sédatifs qui ont tendance à
s’accumuler dans le foie du fœtus.
4. Les risques embryo-fœtaux des médicaments
✓ 2 à 3% des enfants naissent avec une malformation ;
✓ 5% d’entre elles sont dues à une cause médicamenteuse.
Les risques et les conséquences sont toutefois différents selon l’âge
gestationnel. On divise la grossesse en quatre périodes :
- la période pré-implantatoire, du 1er au 12ème jour après la conception,
- la période embryonnaire, du 13ème au 56ème jour,
- la période fœtale, de la onzième semaine d’aménorrhée jusqu’au terme,
- et la période néonatale qui commence le jour de l’accouchement.
4. Les risques embryo-fœtaux des médicaments
1. La période pré-implantatoire
Durant cette période, les échanges materno-fœtaux sont peu
nombreux. C’est la loi du « tout ou rien » qui prime. Le médicament
tératogène pris pendant cette période n’aura aucune conséquence ou
entraînera la mort embryonnaire.
4. Les risques embryo-fœtaux des médicaments
2. La période embryonnaire
Cette période correspond à l’organogénèse. C’est au cours de la période
embryonnaire que le risque malformatif ou tératogène est le plus
important. Une substance dite « tératogène est susceptible de «
provoquer des malformations ou des monstruosités chez l’enfant dont la
mère a été traitée pendant la grossesse ». Les malformations les plus
fréquemment retrouvées sont les anomalies faciales et les cardiopathies.
4. Les risques embryo-fœtaux des médicaments
2. La période embryonnaire
Plusieurs facteurs influent ce risque : la nature du médicament, la
période et durée d’exposition, les posologies ainsi que les
particularités génétiques de chacun.
La survenue d’une éventuelle malformation dépend du moment
d’exposition.
4. Les risques embryo-fœtaux des médicaments
3. La période fœtale
La période fœtale fait suite à l’organogénèse et se poursuit jusqu’à
l’accouchement. Elle est principalement consacrée à la croissance et
la maturation du fœtus. Ainsi, le risque malformatif est diminué mais
non nul. En revanche, on retrouvera plus facilement un retard de
croissance, des altérations fonctionnelles des organes temporaires ou
définitives voire une cancérogénèse à distance.
4. Les risques embryo-fœtaux des médicaments
3. La période fœtale
Un médicament a des risques de « fœtopathie » lors de cette période.
Elle est définie comme « le terme groupant les malformations (ou plutôt
les anomalies morphologiques et les altérations viscérales) dues à
certaines actions (toxiques, infectieuses ou carentielles), exercées sur
le produit de conception pendant la période fœtale de la vie intra-
utérine ».
4. Les risques embryo-fœtaux des médicaments
4. La période néonatale
Après la naissance, le nouveau-né doit éliminer les médicaments
éventuellement présents dans son organisme par ses propres moyens.
Ses activités métaboliques et sécrétoires sont immatures. La vitesse
d’absorption est réduite du fait d’une diminution de la vitesse de
résorption intestinale et de la réduction de la synthèse des acides
biliaires.
4. Les risques embryo-fœtaux des médicaments
4. La période néonatale
L’affinité de l’albumine pour le médicament est elle aussi diminuée,
entrainant une augmentation de la fraction libre active. La clairance et
la vitesse d’élimination des médicaments métabolisés par le foie sont
diminuées. Enfin, l’élimination rénale est fortement réduite. Ainsi, la
demi-vie d’élimination est 2 à 4 fois plus longue chez le nouveau-né et
encore plus chez le prématuré. Le nouveau-né se trouve donc de ce
fait, imprégné pendant plusieurs jours par un médicament pris par la
mère avant ou pendant l’accouchement. Des symptômes néonataux
de sevrage ou de surdosage peuvent apparaître, notamment chez les
prématurés.
5. La prise médicamenteuse chez la femme enceinte
1. Les médicaments les plus prescrits
Les médicaments les plus prescrits sont :
- le paracétamol (63,3% des femmes), - le fer (48,9%),
- l’acide folique (44,5%), - le phloroglucinol (38,6%),
- le magnésium (27,1%), - l’amoxicilline (25,9%),
- l’hélicidine (23,5%), - la dompéridone (15,7%),
- le rhinofluimucil (10,8%) -prednisolone (9,6%).
- l’alginate de sodium, (exemple : Gaviscon®, Maalox®) (17,9%),
- la tixocordol, (exemple : le Pivalone) (14,1%),
- l’hespéridine, (exemple : Cyclo3®, Daflon®…) (12,1%),
5. La prise médicamenteuse chez la femme enceinte
2. Les médicaments d’automédication les plus consommés
Les médicaments les plus utilisés en automédication pendant la
grossesse sont :
- l’alginate de sodium (gaviscon® et le maalox®)
- le paracétamol, - le phloroglucinol (spasfon®),
- l’hespéridine (daflon®), - la diosmectite (smecta®),
- la lisopaïne, - le macrogol (forlax®),
- l’homéopathie.,
5. La prise médicamenteuse chez la femme enceinte
3. Les précautions à prendre
La prescription médicale chez les femmes enceintes repose sur
l’analyse individuelle d’un rapport bénéfice/risque entre le fœtus et la
mère.
Les médicaments sont classés en différentes catégories :
- médicaments tératogènes formellement contre-indiqués,
- médicaments tératogènes que l’on peut néanmoins utiliser en
cours de grossesse,
- médicaments contre-indiqués pendant la vie fœtale,
- médicaments à risque d’imprégnation et de syndrome de sevrage
chez le nouveau-né.
5. La prise médicamenteuse chez la femme enceinte
3.1. Médicaments tératogènes formellement contre-indiqués
Dans cette catégorie, les
médicaments sont
clairement malformatifs et
leur usage en cours de
grossesse ne répond pas
à une nécessité vitale.
Leur consommation en
cours de grossesse est
donc formellement
contre-indiquée.
5. La prise médicamenteuse chez la femme enceinte
3.2. Médicaments térato-
gènes utilisables en
l’absence d’alternative
Ces médicaments peuvent être
utilisés en raison de leur
bénéfice thérapeutique certain
en l’absence d’alternative
thérapeutique. Il est néanmoins
indispensable de mettre en place
un suivi multidisciplinaire avec
une surveillance échographique
ciblée et rapprochée
5. La prise médicamenteuse chez la femme enceinte
3.3. Médicaments contre-
indiqués pendant la vie
fœtale
Ces médicaments sont
sans effet malformatif
mais engendrent des
effets fœtaux et/ou
néonatals graves
5. La prise médicamenteuse chez la femme enceinte
3.4. Médicaments à risque
néonataux
De nombreux médicaments,
prescrits fréquemment pendant la
grossesse, sont à risque transitoire
pour le nouveau-né. Il est décrit des
risques d’imprégnation et de
syndrome de sevrage chez le
nouveau-né. C’est pourquoi, il est
important de mettre en place une
prise en charge adaptée dès
l’accouchement et dans le post-
partum.
CHAPITRE III : MEDICAMENTS ET
ALLAITEMENT
1. interactions médicamenteuses avec l’allaitement
Les médicaments administrés à la mère vont passer dans le lait
maternel et pourront exercer une action sur l’organisme de l’enfant.
Pour évaluer cet effet, il faut considérer les différentes étapes du
métabolisme de la substance :
- l’absorption si la mère prend le médicament par voie orale ;
1. interactions médicamenteuses avec l’allaitement
- son métabolisme dans le plasma maternel : qu’il y parvienne après
avoir été pris par voie orale ou qu’il soit administré par voie
parentérale ;
- le passage du plasma maternel dans le lait ;
- le passage dans le tube digestif du nourrisson ;
- son métabolisme dans l’organisme de l’enfant.
1. interactions médicamenteuses avec l’allaitement
2. Le passage du médicament chez la mère
Si le médicament est administré par voie orale, il faut tenir compte de sa
résorption digestive. En effet, certains médicaments ne sont pas du tout
résorbés et ne sont donc pas concernés par un passage éventuel dans le
lait.
Si, par contre, ils sont soit bien résorbés, soit administrés par voie
parentérale, ils vont subir dans le plasma maternel des modifications
métaboliques qui vont influencer le passage dans le lait
2. Le passage du médicament chez la mère
- le taux de liaison aux protéines qui les inactive varie d’une substance à
l’autre ;
- le mécanisme de sulfo- et de glycurono-conjugaison qui le rende
soluble et faciliter leur excrétion rénale ;
- la destruction par les cytochromes propres à cette famille de
médicaments les élimine ;
- enfin ils peuvent être excrétés par les fèces via le cycle entéro-
hépatique.
3. Le passage du plasma maternel dans le lait
Entre le plasma maternel et la lumière alvéolaire lactée, il y a trois
membranes à franchir : la paroi capillaire, la membrane basale
des glandes lactogènes et la paroi des cellules alvéolaires.
Ce passage est conditionné par différents facteurs :
- le volume de la molécule : s’il est inférieur à 200 daltons le passage
se fait facilement par simple diffusion passive ;
3. Le passage du plasma maternel dans le lait
- son ionisation qui dépend de la chimie du médicament et du pH du lait :
celui-ci est légèrement acide et oscille entre 6,6 et 7,3
- le taux de liaison aux protéines qui l’inactivent et qui est très variable
;
- la liposolubilité de la substance : c’est le paramètre le plus difficile à
évaluer parce qu’il varie très fortement d’une substance à l’autre et la
teneur du lait en lipides est variable. En effet le colostrum n’en contient
quasi pas tandis qu’en période de lactation active, la teneur en
lipides est plus élevée le matin que le soir.
3. Le passage du plasma maternel dans le lait
Enfin il faut tenir compte du fait que la sécrétion de lait est en majeure
partie extemporanée. Par conséquent, c’est la concentration
plasmatique du médicament chez la mère au moment de la tétée qui
est déterminante.
4. Le passage dans le tube digestif du nourrisson
Plusieurs phénomènes caractérisent le passage d’une substance dans
le tube digestif du nourrisson :
- la liaison aux protéines qui inactive le médicament y est moins
importante ;
- le nourrisson possède dans son foie une glycuronidase qui libère la
substance inactivée par la glycurono-conjugaison ;
- la quantité de médicament ingérée dépend évidemment du
volume de la tétée qui augmente avec l’âge de l’enfant ;
4. Le passage dans le tube digestif du nourrisson
- l’achlorhydrie physiologique du nouveau-né peut augmenter la
biodisponibilité de certains médicaments, particulièrement de certains
antibiotiques.
En conséquence, la plupart des médicaments auront tendance à
posséder une plus grande biodisponibilité chez l’enfant que chez la
mère.
CONCLUSION GENERALE