Cet arrêté nous montre les mesures prises par le gouverneur pour fixer le prix de transport en commun.
L’article 60 de la loi organique relative à la liberté des prix et à la concurrence dispose : sont constitutifs
d’infraction en matière des prix :
Les pratiques illicites ;
Le commerce triangulaire ;
La rétention des stocks ;
La détention illicite des stocks ;
Le défaut de facturation
La non transmission des structures des prix ;
La non publication des prix et documents commerciaux.
Les sanctions sont prévues aux articles 64-71 de la même loi.
L’article 6 dans son alinéa 1 dispose : les prix des biens et services sont librement fixés par ceux qui en
font l’offre. Alinéa 2, ils ne sont pas soumis à l’homologation préalable mais doivent, après qu’ils aient
été fixés, être communiqués, avec le dossier y afférent, au ministre ayant l’économie nationale dans ses
attributions, pout un contrôle a posteriori. Mais, il existe des secteurs dits stratégique ou c’est
uniquement l’Etat qui a le monopole de fixation des prix, notamment :
L’hydrocarbure
L’eau
Le transport
L’électricité
Pour ce qui est du transport, l’article 8 dans son deuxième alinéa dispose : pour le transport public, il
peut déléguer cette compétence aux gouverneurs de provinces.
Pour ce qui concerne les agents habilités pour le contrôle des tarifs, la loi du 9 juillet en son article 78
dispose que les agents et fonctionnaires du ministère de l’économie nationale sont habilités ou qualifiés
pour procéder aux enquêtes relatives à la fixation des prix qui exerce le contrôle direct, nous avons aussi
les agents du ministère de transport, les agents de police de circulation routière et d’autres organes
notamment, la police de commerce, la commission de la concurrence et la commission nationale de
prévention routière qui exercent un contrôle indirect.
La réglementation des prix étant essentiellement pénale, dans la mesure où toute violation en la
matière est constitutive d’infraction. Il importe donc de rappeler qu’il existe des organes chargés de la
répression en la matière. La répression des infractions en matière des prix est assurée par les agents et
fonctionnaires du ministère de l’économie commissionnés et qui sont à cet effet revêtus de statut
d’officiers de police judiciaire (opj) à compétence restreint que la loi désigne comme enquêteurs.
INTERET DU SUJET
Ce sujet est assez pertinent et présente pour nous un grand intérêt. Nous nous sommes donc intéresser
sur deux aspects notamment : sur le plan pratique et sur le plan théorique.
Sur le plan théorique
Ce travail constitue et constituera un enrichement à la documentation pour ce qui concerne le régime
répressif de la pratique des tarifs illicites de transport en commun dans la ville de Kinshasa d’une part, et
d’autre part ce travail permettra aux autorités de prendre des mesures suffisantes pour réguler à mieux
ce secteur aussi vital pour le peuple.
Sur le plan pratique
La présente étude permettra à tous de s’imprégner des règles générales et spécifiques applicables dans
le secteur de transport public.
METHODSE ET TECHNIQUES DE RECHERCHE
La réalisation de ce travail nécessite des méthodes et techniques appropriées.
Les méthodes
Dans ce travail, nous avons opté pour deux approches méthodologiques
La méthode juridique
Etant juriste en formation, nous ne pouvons rédiger notre travail sans faire allusion à cette méthode qui
nous est d’une importance capitale car, elle nous permettra de passer en revues certains textes et
revues légaux, certaines lois et règlements.
La méthode sociologique
Celle-ci nous permettra d’effectuer des descentes sur terrain pour nous informer de ce qui se passe en
rapport à notre sujet.
Les techniques de recherche
Les techniques de recherche permettent de réunir les informations nécessaires en rapport à notre sujet.
Pour la réalisation de ce travail, nous avons choisi deux techniques de recherche à savoir : technique
documentaire et technique d’observation.
La technique documentaire
Elle nous permettra tout au long cette étude de passer en revue les documents nécessaires pour la
réalisation de ce travail. Nous faisons allusion aux ouvrages des professeurs, syllabus et note des cours.
La technique d’observation
L’observation est une technique de collecte des données recueillis lors d’un suivi quelconque.
Délimitation de l’étude
Etant un travail scientifique, il est nécessaire de délimiter notre champ de recherche. Ce travail est limité
dans le temps et dans l’espace.
Dans le temps, nous prenons la période allant de 2019 à nos jours
Dans l’espace, c’est dans la ville de Kinshasa où s’étendront nos recherches.
Plan sommaire
Outre l’introduction et la conclusion, ce présent travail comporte deux chapitres dont la première porte
sur le cadre explicatif et les règles applicables aux transports. Et le second porte sur les règles sur le
contrôle des tarifs et les sanctions encourues pour les infractions.
CHAPITRE 1. CADRE EXPLICATIF DES PRIX ET REGLES APPLICABLES AUX TRANSPORTS.
Dans le présent chapitre, il sera question de donner quelques explications sur les termes clés de ce
travail (section1) et les règles applicables aux transports (section2).
SECTION1. Cadre conceptuel du transport et autres
Les flous qui règnent sur certains concepts de notre étude peuvent constituer un obstacle majeur dans
la compréhension de notre recherche. C’est pourquoi, il nous est nécessaire de donner plus de lumière
sur ceux-ci.
§1. Le transport des services publics d’autobus, services d’autocar, services spéciaux par routes, services
de taxis.
Le transport des services publics d’autobus et services autocar
L’article 1 du décret du 7 janvier 1958 relatif au transport des personnes par véhicules automobiles
définit les services publics d’autobus comme étant les services réguliers de transport en commun de
personnes effectuées suivant un itinéraire ou un réseau et une périodicité déterminés, entre deux
points ou en circuit, desservants des endroits désignés d’avance, et accessibles à quiconque moyennant
payement du prix du transport.
L’art 6 du même décret dispose, le service public d’autobus n’est autorisé qu’après une enquête portant
sur l’utilité, l’opportunité, l’itinéraire, le tarif envisagé et les conditions d’exploitation du service et un
examen des garanties morales matérielles de la personne qui demande l’autorisation.
Le service public d’autocar désigne :
1° les transports rémunérés de personnes à caractère occasionnel prenant en charge et ramenant à un
même endroit, au cours du même déplacement du véhicule, un groupe de personnes réunies en vue de
la réalisation d’un programme commun fixé d’avance, et qui ne doublent pas les services publics de
transport en commun ;
2°Les autres transports rémunérés de personnes voyageant en groupe, que le gouverneur général aura,
par mesure générale, rangés dans sa catégorie.
Ce service n’est autorisé qu’après un examen portant sur l’opportunité du service et sur les garanties
morales et matérielles de l’exploitant.
Les services spéciaux par route et les services des taxis
On entend par service spéciaux par route :
1°les transports rémunérés de personnes qui ne peuvent être rangés dans aucune des catégories
précédentes ;
2° Le service d’autobus dont la durée n’excède pas six mois.
Ce service n’est autorisé qu’après un examen portant sur l’utilité du service et son opportunité au point
de vue de la coordination des moyens de transport, et sur les garanties morales et matérielles de
l’auteur de la demande.
Les services de taxi désignent :
Les transports rémunérés de personnes par voitures automobiles pour six personnes ou moins, non
compris le conducteur, mises à la disposition du public à un ou plusieurs points de stationnement
déterminés et qui réunissent les conditions ci-après :
1° le service comporte la mise à la disposition de l’usager de la voiture entière et non de places
séparées ;
2° le pont de destination est fixé par l’usager et non par le transporteur.
Ce service n’est autorisé qu’après une enquête portant sur l’opportunité du service et les endroits de
stationnement, et après examen des garanties morales de l’exploitant.
Les prix illicites
Indiquons à ce stade que le législateur congolais n’a pas défini le concept « prix » et n’en a pas donné les
contours. Nous allons partir d’un constat à partir duquel il sera possible de dégager les éléments qui
peuvent nous aider à comprendre ce qu’il faut entendre par « prix »
Pour définir le prix, il faut partir de l’idée qu’il doit être question de la contrevaleur d’une chose soit
matérielle, soit immatérielle. Le prix est, dans une économie des marchés, la valeur monétaire d’une
chose, quantifiable ou non quantifiable.
Le prix en droit civil, le prix illicite est pris comme une somme d’argent sur laquelle porte l’obligation de
payer née d’un contrat à titre onéreux. Au sens strict, désigne la somme due au vendeur par l’acquéreur
d’un bien dans un contrat de vente, ou à l’entrepreneur par le maitre de l’ouvrage dans un contrat
d’entreprise (lorsque le service n’est pas fourni par le membre d’une profession libérale). Par extension,
lato sensu, il désigne également le loyer dans le bail, le salaire dans le contrat de travail, les primes dans
le contrat d’assurance ou les intérêt dans le prêt.
Le prix est aussi la contrepartie monétaire ; c’est-à-dire, une somme d’argent que l’acquéreur s’oblige à
payer au vendeur en contrepartie du transfert de la chose.
L’article 25 de la loi organique prohibe la pratique de prix illicites jusqu’à l’ériger en infraction. Les
hypothèses de cette pratique sont énumérées par le législateur lui-même.
Il est quand même non sans importance de définir le prix illicite.
Aux termes de l’article 5 du décret-loi du 20 mars 1961, est prix illicite :
Le prix inférieur aux prix maxima fixés par les arrêtés du ministre de l’économie nationale ou par les
gouverneurs des provinces ;
Un prix supérieur aux prix normaux
Cette définition du prix illicite fut modifiée par l’ordonnance-loi de 1983 qui a institué la politique de
libéralisation en matière de prix. D’après cette nouvelle législation, sont illicites :
Le prix supérieur au prix fixé conformément aux dispositions de ladite ordonnance-loi et ses mesures
d’application, les prix librement fixés par les opérateurs économiques eux-mêmes ;
Le prix supérieur aux prix normaux, c’est-à-dire, qui entraine la réalisation des bénéfices anormaux.
Les deux textes précités ayant été abrogés conformément à l’article 86 de la loi organique, la définition
est à rechercher dans cette dernière. En effet, L’art 5 al 12 de la loi n°18/020 du 9 juillet 2018 relative à
la liberté des prix et à la concurrence définit le prix illicite comme :
Le prix supérieur au prix fixé conformément aux dispositions de la présente loi et à leurs mesures
d’application ;
Ou le prix supérieur au prix règlementé.
Cette définition n’est pas claire, elle est susceptible de créer une équivoque dans la mesure où le
législateur rajoute dans sa définition un autre concept à contours flous à savoir « prix règlementé » qu’il
ne définit pas. En sus, le prix n’est qualifié d’illicite qu’en rapport avec les prix supérieurs. Quel serait
alors le sort des prix inférieurs ?
Devrait-on les considérer forcement comme normal et licite ? ce n’est pourtant pas évident.
A défaut de définition légale, il convient de se référer au sens usuel du concept : le prix (du latin
pretium) peut être défini comme la somme d’argent que l’acheteur s’oblige à donner en échange de la
chose. Par exemple, dans le contrat de vente, il constitue un élément capital et doit être déterminé et
désigné par les parties elles-mêmes.
Types de prix
De ce fait, la doctrine distingue plusieurs types de prix à savoir :
Le prix nominal est celui qui est affiche ou exprime en monnaie courante ;
Le prix de monopole est celui d’un produit impose par le monopole contrôlant sa vente ;
Prix de production est constitué du total des couts des matières premières, produits intermédiaires et
facteurs de production(travail) nécessaire pour produire un bien ou un service. On l’appelle « cout e
production » en comptabilité ;
Le prix d’appel est le procédé consistant, pour un distributeur, à mener une action publicitaire intense
sur un produit de marque pour lequel il adopte un niveau de marge très bas et dont il dispose en faible
qualité ; puis à inciter les clients attirés par cette publicité, à acheter un produit substituable à celui sur
lequel elle a porté ;
Le prix du marché est celui d’un produit tel qu’on le constate sur les marchés. Il est obtenu par la
confrontation de l’offre et de la demande de ce produit ;
Les prix discriminés sont les pratiques consistant à faire payer pour les mêmes biens ou services des prix
différents selon ce que l’on sait de l’acheteur ;
Le prix d’équilibre est le prix qui égalise offre et demande sur un marché ou règne la concurrence ;
Les prix courants sont le prix observes de transaction a un instant donne ;
Les prix constants conscient à l’utilisation du système des prix d’une période de base ou de référence.
On supprime l’effet de variation de prix pour ne prendre en compte que les volumes ;
Les prix administrés sont les prix fixes et maintenus constants pendant une période et pour toute une
série de transactions pour les entreprises privées et l’Etat ;
Le prix vil est le prix tellement inferieur à la valeur réelle de la chose que le vendeur subit perte
considérable ;
Le prix simulé est le prix dont le montant est annulé par effet d’une contrelettre modifiant d’une
manière clandestine ce prix entre les parties ;
Le prix imposé est celui qui a un caractère minimal au prix de vente d’un produit ou à celui d’une
prestation de service ;
Les prix prédateurs consistent à offrir à l’égards des consommateurs des prix de vente abusivement bas
par rapport au cout de production, transformation et commercialisation.
En droit congolais, ces différents types de prix sont soit licites soit illicites.
Caractère des prix.......
Le prix doit être déterminé, car la vente ne peut être valablement conclue sans même que le prix ait été
fixé dans le même sens et pose le principe de l’interdiction de vente sans prix d’où l’offre sans prix est
inefficace et le contrat de vente sans prix est nul d’où, l’importance de déterminer le prix pour qu’il n’ait
pas de désagrément lors de la conclusion d’un contrat.
Le prix doit être sérieux, le contrat de vente suppose le paiement du prix de la chose par l’acquéreur.
Qui dit prix sérieux, dit refus par le juge de l’acceptation d’un prix dérisoire, car le prix dérisoire équivaut
à une absence de prix.
Fondement juridique des prix
Il faut savoir que la législation des prix date du 30 juin 1945, mais elle tire ses racines dans la législation
de 1939 voir début 1940 et dans celle de l’Etat français, elle est donc constituée des ordonnances n°96-
1483 et 45-1483. La première est relative aux prix et la seconde à la poursuite et la répression à la
législation économique.
La République Démocratique du Congo a connu plusieurs législations en rapport au prix, nous avons
notamment :
La loi du 14mai 1946 réprimant les actions collectives en vue de faire obstacles à la réglementation de
prix ;
La loi du 4 avril 1947 réglementant la rétention des stocks et l’établissement des factures ;
Le décret du 19 mars 1957 fixant les règles de publication des décisions gouvernementales relatives aux
décrets de refus de vente, les conditions discriminatoires de vente, les majorations des prix, la limitation
des ventes de certains produits ou services à certaines heures de la journée ;
Le décret-loi du 20 mars 1961 portant législation générale des prix tel que modifié par l’ordonnance loi
n°83/026 du 12 septembre 1983. Ce décret-loi fut également suivi de nombreux autres législations.
Actuellement, cette matière est régie par la loi organique n°18/020 du 9 juillet 2018 relative à la liberté
des prix et à la concurrence.
Tarification
Par tarification, il faut entendre, la fixation des prix selon un tarif précis.
Le tarif est alors défini comme une disposition réglementaire fixant le montant de la redevance payée
par le particulier usager d’un service public. En commerce, c’est un tableau qui marque le prix de
certaines denrées, les droits d’entrée, de sortie, de passage. Par extension, le tarif est le prix à payer. Le
tarif est aussi une contrepartie après un service rendu. Il est souvent lié à la prestation d’un service.
Exemple, tarif de transport, le tarif d’hôtel…
.
...
Le régime répressif
Le régime désigne l’ensemble des règles applicables à une notion.
§2. Sortes de transport
Dans ce paragraphe, il sera question d’énumérer ou répertorier toutes les catégories des transports
existants.
Le transport des personnes et le transport des marchandises
Le transport prit dans son sens de déplacement des marchandises ou des personne, est un contrat parmi
ceux énumérés dans le code civil, le transport fait objet d’une abondante législation sans que le
législateur le définisse dans un contexte juridique. Il peut néanmoins être entendu comme le
déplacement d’un bien ou d’une personne d’un point A à un autre point B, au moyen de transport.
La diversité des sources du droit des transports rend très difficile l’étude du contrat des transports. Il
n’y’a pas en réalité un contrat unique de transport. Il y’en a plusieurs et les règles varient sensiblement
selon que le contrat est interne ou international, des marchandise ou des passagers, routier, ferroviaire,
aérien, maritime ou fluvial.
Par transport des personnes, on entend un contrat qui consiste en l’engagement d’un transporteur
professionnel à acheminer saine et sauve une personne déterminée d’un lieu défini à un autre,
moyennant le paiement d’un prix.
Par contre le transport des marchandises, est un contrat par lequel une personnes physique ou morale,
le transporteur, s’engage principalement et moyennant rémunération, à déplacer par route, d’un lieu à
un autre et par le moyen d’un véhicule, la marchandise qui lui est remise par une autre personne
appelée l’expéditeur.
Le professeur Gustave BEYA SIKU définit le contrat de transport comme : « tout contrat par lequel une
personne physique ou morale, appelée transporteur, s’engage à titre principal à déplacer, d’un lieu à un
autre, une marchandise que lui remet une autre personne appelée expéditeur, par le moyen d’un engin
mobile et en contrepartie d’une rémunération.
Le professeur KUMBU KI NGIMBI définit lui aussi le contrat transport comme : « une convention par
laquelle un voiturier professionnel s’engage à assurer le déplacement d’une personne ou d’une
marchandise selon un mode de locomotion déterminé et moyennant un prix spécifié.
A cette définition, il se dégage quelques remarques :
Le contrat de transport est une variété autonome et originale du louage d’ouvrage et d’industrie, c’est
un contrat d’entreprise.
Le statut juridique original du contrat de transport appelle une exacte détermination des traits
spécifiques afin de permettre une correcte qualification.
La stipulation du mode de locomotion est nécessaire en raison de profonde différences des régimes
applicables.
Si le transport des personnes ne met en présence que deux contractants (voiturier et usager), le contrat
de transport des marchandises intéresse généralement trois parties (voiturier, expéditeur et
destinataire). Mais un expéditeur peut adresser à lui-même une marchandise.
Le transport par voie aérienne et le transport par voie ferrée.
Selon la définition consacrée par le dictionnaire aérien, une voie aérienne est une région de contrôle ou
portion de contrôle présentant la forme d’un couloir et dotée d’aides de navigation aérienne. Les voies
aériennes sont définies par la règlementation aérienne nationale applicable.
La loi organique n°23/001 du 12 janvier 2023 modifiant et complétant la loi n°10/014 du 31 décembre
2010 relative à l’aviation civile en son article 3. 84 définit le transport aérien comme étant un transport
consistant à ache