212 APPROFONDISSEMENT
7. PASTORALISME,
AGRO-PASTORALISME ET ORGANISATION FONCIERE :
LE CAS DES PEULS
Danièle KINTZ
Dans les zones sahélienne et soudanienne de l'Afrique de l'Ouest, l'élevage
est organisé selon trois modes dominants : comme activité économique exclu-
sive, nous l'appelons « pastoralisme pur» ; pratiqué conjointement (c'est-à-dire
sur les mêmes territoires globaux et par les mêmes gens) avec l'agriculture,
c'est 1'« agro-pastoralisme » ; enfin, l'élevage comme production d'appoint
aux côtés de l'agriculture. Dans chacun de ces trois cas, l'organisation écono-
mique s'inscrit dans l'espace de façon spécifique et les systèmes fonciers
avec lesquels elle est en interaction sont différents. .
L'ethnie peule, en communautés disséminées ou groupées, est présente
dans tous les pays au sud du Sahara jusqu'au Congo. Ses membres, pour les-
quels l'élevage est une spécialisation ancienne et réputée, pratiquent cette
activité essentiellement selon deux des types organisationnels que nous venons
de citer : le pastoralisme pur et l'agro-pastoralisme. Aujourd'hui, l'agro-
pastoralisme étant dominant, nous lui donnerons, dans ce texte, une place
importante en nous appuyant particulièrement sur les études que nous avons
réalisées dans la région de Dori (nord-est de la Haute-Volta) et dans celle de
Maradi (centre-sud du Niger).
Nous entendons ici « organisation foncière» dans un sens large et faisons
référence à toutes les parties de l'espace sur lesquelles des droits individuels
ou collectifs sont reconnus (propriétés cessibles, transmissibles, droits d'usage,
etc.). De ce point de vue, apparaissent comme pertinents les éléments spatiaux
suivants : l'habitat, l'eau, les pâturages, les champs et les voies d'accès à l'eau
et aux pâturages. Nous allons analyser successivement chacun de ces éléments
dans son rapport au foncier.
L'habitat
Seul l'habitat urbain - maisons en ciment ou en « banco» (argile crue) et
terrains - fait l'objet de transactions commerciales, mëme lorsqu'il s'agit de
petites villes comme celle de Dori (5 000 habitants) dans le nord-est de la
Haute-Volta, C'est surtout la présence des services administratifs des etats
actuels qui différencie une ville d'un village important mais aussi l'existence de
la résidence d'un chef traditionnel, la taille des voies d'accès, du marché, des
boutiques, etc., ou plutot la combinaison de tous ces facteurs. Les terrains y
sont alors vendus nus ou construits. Ils se transmettent aussi par héritage. Les
maisons peuvent être prêtées ou louées.
Après les villes peules, par ordre décroissant dans l'importance de la moné-
tarisation des rapports fonciers, vient ensuite le milieu agro-pastoral. Dans
celui-ci, l'habitat se présente de deux manières : groupé en villages ou dispersé
dans les champs. Dans le premier cas, les maisons et les terrains qui les jouxtent
peuvent être prêtés et sont . . Ils ne sont ni loués ni ven-
AGRO-PASTORALISME 213
dus. Les limites des terrains sont moins fixes qu'en ville, les « cours »
(ensemble terrain-habitations d'une même famille) peuvent être agrandies,
déplacées. Un nouveau terrain est obtenu sur simple demande faite au chef
de village. En effet, dans les régions peules où l'habitat est groupé en villages,
il est rare que les champs soient contigus aux habitations, celles-ci sont au con-
traire entourées d'une étendue de terrain dénudé, piétiné par le bétail qui ren-
tre le soir au village. Cet espace vide est à usage collectif. Installer de nouvelles
« cours » sur celui-ci ne rencontre pas de résistance tant que la circulation du
bétail y reste facile. La région de Dori, en Haute-Volta, est représentative de
cette situation.
Dans le cas où l'habitat des agro-pasteurs est dispersé (par exemple dans les
zones peules de la région de Maradi, au Niger), cette dispersion se fait sur les
champs. La propriété de l'espace habité ne se différencie pas de celle de la terre
agricole, chaque propriétaire de champ construisant sur celui-ci les maisons
dont il a besoin. L'habitat est le plus souvent démontable (paillotes), des ani-
maux y sont à l'attache, maison et fumure étant déplacées régulièrement tout
autour des champs afin d'assurer à ceux-ci la plus grande couverture possible
en engrais organiques et résidus ménagers. Si les champs sont cessibles et
transmissibles (nous verrons ce point plus loin), l'habitat ne l'est pas en tant
que tel.
Le pastoralisme pur, qui est lié au nomadisme, est la situation la plus
opposée à celle de la ville : l'habitat est toujours démontable (paille tressée,
nattes) et il est parfois réduit (par exemple, chez les Peuls Bororo du Niger)
à un panneau coupe-vent qui protège les jeunes enfants et les ustensiles ména-
gers. Le seul cas ob l'installation d'un campement de ce type donne lieu à une
procédure c'est celui où, en saison sèche, des Peuls nomades s'entendent avec
le propriétaire d'un champ pour s'installer quelque temps sur ce champ avec
leurs animaux et donc, ainsi, procurer du fumier à l'agriculteur en échange
de la fourniture de bottes de mil - on parle alors de « contrat de fumure ».
Bien que cette procédure soit liée à un habitat, ce n'est pas sur celui-ci qu'elle
porte mais uniquement sur les prestations en fumier et en céréales.
Ces quatre cas - situation urbaine, agro-pastoralisme avec villages, agro-
pastoralisme avec habitat dispersé, pastoralisme - montrent la force du lien
qui existe entre le taux d'urbanisation et la présence d'une procédure concer-
nant l'habitat.
L'eau
En ville, l'eau est commercialisée de trois façons: par adduction d'eau dans
les maisons, par vente de l'eau aux fontaines publiques; par les porteurs d'eau
qui distribuent soit l'eau qu'ils ont eux-mêmes achetée soit celle de puits aux-
quels ils ont accès ou encore celle des mares. Enfin, certains propriétaires de
cours font creuser des puits dans celles-ci - le plus souvent ils s'attachent
pour cela les services de spécialistes rémunérés. Après cet investissement ini-
tial, l'eau est alors gratuite. Pour utiliser un puits ainsi creusé, il faut l'autori-
sation de son propriétaire (il est en même temps celui du terrain) lequel peut,
éventuellement, demander une contre-partie monétaire.
En système agro-pastoral, deux situations se présentent qui ne sont pas,
cette fois, en liaison avec la concentration de l'habitat mais avec la profon-
deur de la nappe phréatique. Si elle est peu profonde, des puits sont creusés
dans le lit des marigots dès l'assèchement de ceux-ci (vers fm septembre dans
214 APPROFONDISSEMENT
le nord-est de la Haute-Volta, par exemple), ils ne sont pas busés et s'effon-
drent dès que les pluies remplissent de nouveau les cours d'eau (généralement
en juin dans le même exemple). Chaque chef de famille creuse donc chaque
année un ou plusieurs puits pour abreuver son propre bétail et l'accès à tous les
puits est libre pour les usages domestiques. Tout homme séjournant quelque
temps dans la région avec son bétail creuse les puits dont il a besoin. Par ailleurs,
l'eau n'est jamais refusée aux troupeaux de passage. Cette situation - eau
peu profonde - n'est généralement pas liée à un état de pénurie et ne donne
pas lieu à des difficultés techniques: c'est donc aussi celle qui occasionne le
moins de procédures.
Lorsque la nappe phréatique est profonde - par exemple dans toute la
zone centrale du Niger où les puits ont rarement moins de dix mètres de
profondeur et souvent beaucoup plus - les puits sont permanents. Us sont
creusés et busés par des spécialistes et constituent donc un investissement
important. Ce point est fondamental : pouvoir creuser un puits implique la
possession de moyens financiers supérieurs à ceux de la moyenne de la popu-
lation. fi s'agit souvent de chefs de lignages ou de fractions et, à l'inverse, le
fait de devenir propriétaire d'un puits après un déplacement et une nouvelle
installation entraîne la création d'une nouvelle fraction; c'est alors le proprié-
taire du puits qui en devient le chef. Dans cette situation, l'eau n'est généra-
lement pas vendue, mais y avoir accès nécessite l'autorisation de celui qui a
fait creuser le puits. Par ce biais, celui-ci a un pouvoir de contrôle très impor-
tant sur l'installation de nouveaux venus, l'ouverture de champs en milieu
agro-pastoral et l'utilisation des paturages en milieu pastoral. U se crée ainsi
autour de lui une clientèle sociale et politique.
Si les régions agro-pastorales connaissent les deux types de situation -
accès facile à l'eau avec puits temporaire et accès difficile avec puits perma-
nents - la zone pastorale sahélienne qui est plus septentrionale, se situe géné-
ralement dans la deuxième catégorie. U en est ainsi de toute la partie centrale
du Niger; là les puits sont fermés par des branchages épineux lorsque le groupe
se déplace et certains puits, actuellement, sont vendus.
Outre les situations que nous venons de décrire, des éleveurs et agro-
pasteurs peuls résident aussi à proximité de fleuves et de mares pérennes. Là,
la question du rapport à l'eau ne se pose plus en tant que telle, mais est fonc-
tion de l'organisation des voies d'accès; ce cas est donc, tout au long de l'année,
le mëme que celui que connaissent les autres régions en saisons de pluies et
que nous analyserons plus loin.
Les pâturages
Nous utilisons ici « pâturages » dans un sens large qui englobe non seule-
ment les zones herbacées, les paturages aériens (arbustes et arbres) mais aussi
les champs qui, en saison sèche, fournissent sous forme de résidus agricoles
une part non négligeable de l'alimentation du bétail. Certains groupes peuls
n'élèvent que des bovins, d'autres uniquement des ovins et des caprins, mais,
dans la majorité des cas, le cheptel peul est constitué de ces trois espèces ani-
males, c'est donc à elles que nous renvoyons globalement pour les termes
« bétail Il, « cheptel Il, etc.
En ce qui concerne l'organisation agro-pastorale, nous introduirons deux
types de distinction: l'opposition entre les régions où les Peuls sont majori-
AGRO-PASTORALISME 215
taires et celles où ils sont minoritaires; la différence de nature entre la trans-
humance de saison sèche et cene de saison des pluies.
Lorsque les agro-pasteurs peuls sont majoritaires, c'est généralement là
où ils ont constitué des Etats dont ils détiennent la chefferie. Ils y ont une
maltrise politique de l'espace et leur organisation agro-pastorale y est domi-
nante. C'est le cas de la région de Dori, dans le nord-est de la Haute-Volta: là,
des terres sont réservées à l'agriculture, les seeno ou sols sablonneux, d'autres
à la pâture, ce sont les bolaare ou terrains argileux qui fournissent de bons
paturages herbacés et les rives des cours d'eau pour leurs pâturages aériens.
Dans cette région, les champs sont des propriétés individuelles, mais les pâtu-
rages relèvent de droits collectifs. En effet, la préservation des zones réservées
à l'élevage fait l'objet d'un consensus général dans la population. Lorsqu'il
arrive que cette coutume soit transgressée, c'est le plus souvent le fait d'étran-
gers à la région qui provoquent ainsi un litige relevant du chef de village sur le
territoire duquel la transgression a été commise (tout l'émirat de Dori est divisé
en territoires villageois contigus qui correspondent au découpage juridictionnel
traditionnel). La prégnance de ces droits collectifs sur les pâturages ne con-
cerne toutefois que la nature de l'utilisation de ces zones et non pas le nombre
ou la qualité des utilisateurs: l'accès aux pâturages est libre (toutefois une limi-
tation s'exerce par le contrOle sur l'eau) à la condition qu'ils ne soient utilisés
qu'à la pâture.
Lorsque les agro-pasteurs peuls sont minoritaires, ils le sont généralement
par rapport à une ethnie privilégiant nettement l'agriculture. La région de
Maradi, au Niger, est représentative de cette situation: environ 10 % de la
population est constituée de Peuls agro-pasteurs ; ils sont disséminés en petits
groupes entre les villages des agriculteurs hausa (qui pratiquent aussi l'élevage,
mais à un bien moindre degré). Aucune mesure de protection des terres à
pâturage n'y est prise, le bétail pâturant en saison sèche sur les champs et
dans les rares poches de brousse laissées intactes; en saison de pluies, les ovins
et les bovins sont conduits en transhumance. Dans cette région, si bien sür
la propriété individuelle des animaux existe comme partout ailleurs, on peut
considérer qu'il n'y a pas de droit ni individuel ni collectif sur l'espace dont
ont besoin ces animaux.
La transhumance de saison sèche est une mesure positive par rapport à
l'élevage : elle consiste en la recherche de meilleurs pâturages et s'effectue
le plus souvent vers le Sud, l'accès aux terres est libre, mais l'eau est un fac-
teur limitatif des déplacements. C'est en saison sèche que dans la région de
Dori, en Haute-Volta, les bergers transhumants vont vers le Sud-Est. En raison
des pluies, le bétail est gardé sur place et simplement tenu à l'écart des champs.
La transhumance de saison des pluies n'est qu'en partie une mesure déter-
minée par l'élevage: elle permet de conserver les pâturages pour la saison sèche,
mais elle est surtout organisée, aux dires mêmes des agro-pasteurs, pour éloi-
gner le bétail des zones intensément cultivées, elle s'effectue donc surtout vers
le Nord, au-delà de la limite des cultures. Là, en saison des pluies, l'accès à
l'eau ne constitue pas une difficulté, il y a des mares temporaires. Dans le cas
présent, il n'y a de droit ni sur les paturages ni SUr l'eau, une fois la zone de
transhumance atteinte. C'est le passage du Sud au Nord jusqu'à cette zone
qui fait l'objet de droits et de litiges.
En situation de pastoralisme pur, il n'y a pas d'appropriation des pâtu-
rages en tant que tels, mais leur utilisation est entièrement conditionnée
par l'accès à l'eau en saison sèche. Nous avons déjà dit que le pastoralisme pur
s'exerçait surtout dans la zone la plus septentrionale du Sahel, là où l'eau
216 APPROFONDISSEMENT
est généralement profonde. Celui qui possède un puits contrôle donc en même
temps les pâturages qui l'entourent. Cet élément a été mis en lumière par les
politiques hydrauliques des différents états sahéliens : les puits et les forages
creusés par l'État permettent l'utilisation d'un plus grand nombre de pâtura-
ges mais, n'appartenant à personne en particulier, leur accès est laissé libre
à tous les éleveurs et les pâturages qui se situent à proximité de ces nouveaux
points d'eau sont très vite surexploités. Un certain contrôle sur les pâturages
en tant que tels ne nous semble donc exister que dans le système agro-pastoral
à dominante peule. Ailleurs, soit il est absent, soit il passe par la maltrise de
l'eau.
les champs
Les Peuls agriculteurs sans bétail ne constituent, le plus souvent, que
des cas individuels. Ce n'est donc qu'en situation agro-pastorale que l'on
peut parler de leurs champs. Ceux-ci sont toujours des propriétés masculines
individuelles (les régions où les femmes peules pratiquent elles-memes l'agri-
culture et possèdent des champs sont rares) transmissibles et, depuis peu,
cessibles. Les champs sont fixes : la fumure évite les déplacements
et les jachères. lis ont toujours pu être prëtés, Aujourd'hui, la terre agricole est
d'autant plus couramment louée ou vendue qu'elle est proche d'une ville.
Dans les régions où la pression agricole est forte, les champs ne peuvent
plus, désormais, ëtre obtenus que par achat, toutes les terres fertiles ayant
déjà été mises en culture. En revanche, dans d'autres zones, une terre peut
ëtre octroyée à titre définitif par le chef de village ou de lignage local. Préci-
sons que, chez les Peuls, il n'y a pas de chef de terre distinct du chef politique,
comme c'est le cas dans nombre d'ethnies soudaniennes.
Les voies d'accès à l'eau et aux pAturages
Le déplacement des individus, qui circulent généralement à pied, ne
donne lieu à aucune réglementation ; c'est celui du bétail dont il s'agit ici
et uniquement en saison des pluies, car, alors, les cultures occupent de vastes
espaces et c'est à ce moment-là que, dans certaines régions (par exemple,
tout le centre du Niger), s'effectue la transhumance. Les services adminis-
tratifs ont prévu des couloirs de passage, mais ceux-ci ne sont pas respectés.
Les agriculteurs, poussés par la nécessité, tendent à accroître la superficie de
leurs champs et donc à empiéter sur ces zones réservées au bétail. li en est
de meme pour les voies d'accès aux mares et à certains puits qui permettent
aux bergers d'abreuver les animaux sur leur route. Cette question est délicate;
elle donne lieu à des conflits constants, soit que le bétail fasse des dégâts dans
les cultures, soit qu'il soit dans l'impossibilité de poursuivre sa route.
les éléments nouveaux
La croissance urbaine, rapide en Afrique, développe, entre autres choses,
deux types d'investissement que les citadins font dans l'économie rurale :
en terres agricoles et en bétail. Dans le premier cas, des champs sont achetés
et des manœuvres rémunérés pour les cultiver. Dans le second cas, du bétail
AGRO-PASTORALISME 217
est confié à des bergers à la campagne, le cheptel de certains villagesest parfois
ainsi constitué pour moitié par des animaux appartenant à des propriétaires
citadins. Cet élevage a un rapport indirect avec l'organisation foncière puisqu'il
est utilisateur d'eau et de pâturages.
Les bergers qui, dans leur pratique professionnelle quotidienne, ne disso-
cient pas leur propre bétail de celui qui leur est confié, observent, en ce qui
concerne l'eau et les pâturages, les types d'organisation analysés plus hauts.
L'accès aux produits de cueillette était traditionnellement laissé libre,
mais la demande des villes en bois de chauffe et de construction et en foin
(pour le bétail stabulé) s'est tellement accrue que de nombreux paysans par-
lent de la nécessité d'instaurer un contrôle sur les ponctions effectuées sur
leurs territoires (les services des Eaux et Forets remplissent déjà en partie ce
rôle pour ce qui concerne le bois).
CONCLUSION
La propriété foncière, chez les Peuls, se manifeste donc d'une façon pro-
che de ce qu'elle est dans le monde occidental dans trois domaines: l'habitat
en milieu urbain ; les puits profonds d'une partie de la zone agro-pastorale
et de la quasi-totalité des régions purement pastorales; les champs des sec-
teurs agro-pastoraux où la pression agricole est la plus forte. Là, le foncier
s'organise dans un réseau d'échanges monétaires.
Le foncier se situe dans un contexte plus souple et non marchand dans
les régions agro-pastorales où l'eau n'est pas profonde et celles où des terres
cultivables sont encore disponibles, c'est-à-dire là où les problèmes techniques
sont les moins aigus.
Les pâturages ne font l'objet d'une préservation que dans le cas où les
Peuls sont majoritaires et leur mode de vie agro-pastoral dominant. Ailleurs,
l'élevage n'est pratiqué que là où l'agriculture ne peut pas l'ëtre, c'est ainsi
qu'il existe encore des zones purement pastorales : elles sont trop septen-
trionales pour que des cultures y soient entreprises.
D'une manière plus générale, on peut considérer que le lien entre le foncier
et le pastoral est moins fort qu'entre le foncier et l'agricole car il ne participe
jamais d'une appropriation aussi directe ni aussi marquée que celle que cons-
titue la possession d'un champ. L'organisation pastorale en retire un avantage:
elle est plus mobile et plus adaptable aux conditions de l'année que ne l'est
l'agriculture. Mais, là où les conditions écologiques permettent la coexistence
de l'agriculture et de l'élevage, les espaces pastoraux sont souvent menacés, à
des degrés divers, par l'accroissement des terres que cultivent les Peuls eux-
rnëmes ou d'autres groupes ethniques.
TABLE DES MATIÈRES
Préambule :.................... 5
Liste des membres du comité scientifique de préparation. . . . . . . . . 8
PREMIÈRE PARTIE
LES ENJEUX INITIAUX
Critiquer et dépasser une image caricaturale de l'Afrique
noire précoloniale
Introduction, par E. Le Roy Il
The initial stakes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
CHAPITRE 1
Rapport introductif aux journées d'études, par J .-P. Chauveau,
J.-P. Dozon, E. Le Bris, E. Le Roy, G. Salem, F.-G. Snyder.
1. L'émergence de l'objet foncier dans la littérature administrative
et scientifique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2. L'actualité des problèmes fonciers en Afrique noire et les ques-
tions qu'elle suggère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
CHAPITRE II
Approches thématiques
422 TABLE DES MATIÈRES
I. Le statut du foncier dans l'analyse de l'économie de plantation
au Ghana, par J .-P. Chauveau. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2. Épistémologie du « foncier» dans le cadre des économies de
plantation ivoiriennes, par J.-P. Dozon 56
3. Le statut du foncier dans les études de terroirs menées par les
géographes en Afrique de l'Ouest, par E. Le Bris. . . . . . . . . . . . 61
4. Le régime foncier rural en Afrique noire, par C. Coquery-
Vidrovitch . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
5. Une approche pragmatique des situations foncières, par Ph.
Haeringer 84
CHAPITRE III
Première discussion générale sur le rapport introductif
I. Interventions............................................. 91
2. Débats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
DEUXIÈME PARTIE
L'APPROFONDISSEMENT DES ENJEUX
La terre dans les discours, les pratiques et les représenta-
tions de l'Afrique contemporaine.
Introduction, par E. Le Roy 97
CHAPITRE IV
Représentations autochtones de l'espace
1. Représentations et organisations endogènes de l'espace chez les
Myene du Gabon (Nkomi et Mpongwe), par P.-L. Agondjo-
Okawe.................................................. 101
2. Lectures de l'espace africain, par Betote Dika Akwa Nya
Bonanbela . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
3. L'espace et l'organisation foncière toucouleur (Sénégal et Mau-
ritanie), par M. Wane 118
4. Rapports des débats, par P.L. Agondjo-Okawe . . . . . . . . . . . . . . 120
5. Synthèse des débats, par E. Le Roy... ... ... ..... . .. .. . .... 122
6. L'accès à la terre chez les paysans basundi (région du Pool,
Congo), par D. Desjeux , . .. .. 126
TABLE DES MATIÈRES 423
CHAPITRE V
La logique foncière de l'État depuis la colonisation
1. Le choix d'une problématique juridique, par R. Verdier... . . . . 133
2. L'expérience ivoirienne, par A. Ley. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
3. L'expérience malienne, par A. Rochegude... 141
4. Rapport des débats, par A. Ley, A. Rochegude et R. Verdier.. 148
5. Synthèse des débats, par E. Le Roy 150
CHAPITRE VI
La rente foncière
1. Genèse de la rente foncière et du capitalisme agraire, par J.
Charmes 155
2. Rapport des débats, par F. Snyder 163
3. Synthèse des débats, par E. Le Bris 165
CHAPITRE VII
Agro-pastoralisme
1. Le processus juridique, les droits fonciers et l'aménagement de
l'environnement dans un canton hausaphone du Niger, par
J.-T. Thompson.......................................... 169
2. Les Leyde du Delta central du Niger: tenure traditionnelle ou
exemple d'un aménagement de territoire classique, par S. Cissé 178
3. Rapport des débats, par E. Grégoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189
4. Synthèse des débats, par E. Grégoire 192
5. Évolution du régime foncier dans une société d'éleveurs noma-
des. Le cas des Twaregs Kel dinnik dans la région de Tahoua
(Niger), par G. Lainé. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
6. Un système de production agro-pastoral en crise: le terroir de
Gourjae (Niger), par E. Grégoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
7. Pastoralisme, agro-pastoralisme et organisation foncière: le cas
des Peuls, par D. Kintz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 212
CHAPITRE VIII
La mise en place des réformes agrofoncières
1. Réflexions sur la réforme foncière sénégalaise de 1964, par M.
Niang. .. . . .. . . . 219
2. Le projet de la mise en valeur de la vallée de Baila en Basse-
Casamance (Sénégal), par M. Diao . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
3. La réforme agrofoncière au Togo, par K. Koffigoh. . . . . . . . . . . 240
4. La réforme agrofoncière et droit coutumier au Togo, par M.
Foli.... .. ... .. ... . ... ... . .... .. . . .. . . . 253
5. Rapport des débats. par M. Foli 263
424 TABLE DES MATIÈRES
6. Synthèse des débats, par E. Le Roy 264
7. Droit d'usage et propriété privée, par J.-M. Gastellu 269
CHAPITRE IX
Les grands projets d'aménagement et de développement dons les
domaines agricoles, forestiers, hydrauliques, miniers ou pastoraux.
1. Transformations « dirigées» de l'espace agraire et réponses
paysannes à la périphérie des lacs volta (Ghana) et kossou
(Côte-d'Ivoire), par V. Lassailly-Jacob , ,.. 281
2. Grands projets de développement et pratique foncière en Côte
d'Ivoire. L'exemple de l'opération San Pedro, par A. Schwartz 293
3. L'aménagement du fleuve Sénégal et ses implications foncières,
par J .-L. Boutillier 301
4. Rapport des débats, par J.-P. Chauveau et G. Pontié · 308
5. Synthèse des débats, par E. Grégoire.. . . . . . . . . .. . .. . .. . . 311
6. Organisation foncière et opération de développement. Le cas
soninke du Sénégal, par J.-Y. Weigel 315
CHAPITRE X
Politique foncière de l'État dons l'aménagement urbain
1. Mimétisme et droit de la planification urbaine en Afrique
noire, par M. Prouzet 325
2. Objet d'une recherche sur les politiques foncières de l'État
dans l'aménagement urbain, par A. Durand-Lasserve et J.-F.
Tribillon 330
3. Rapport des débats, par A. Durand-Lasserve, M. Prouzet et
J.-F. Tribillon 334
4. Synthèse des débats, par E. Le Bris 336
CHAPITRE XI
Stratégies « privées» d'occupation de l'espace en milieu urbain et
péri-urbain
1. Stratégies populaires pour l'accès au sol dans la ville africaine,
par Ph. Haeringer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 341
2. Stratégie spatiale et stratégie familiale: la volonté de maintien
en centre ville (exemple dakarois), par G. Salem 360
3. Rapport des débats, par E. Le Bris. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 370
4. Synthèse des débats, par E. Le Roy. . .. . .. . . . .. . . . . . . . . . .. . 372
TABLE DES MATIÈRES 425
TROISIÈME PARTIE
LES NOUVEAUX ENJEUX
Quels seront les rapports sociaux impliqués par l'espace à
l'horizon de l'an 2000 ?'
Introduction, par E. Le Roy 379
CHAPITRE XII
Discussion générale et bilan
1. Synthèse du débat de clôture, par E. Le Bris 381
2. Bilan des journées d'études, par E. Le Bris et E. Le Roy 382
CHAPITRE XIII
La question foncière en Afrique noire
- Comment la « question foncière» est-elle abordée dans les dis-
cours sur l'Afrique noire à l'époque contemporaine? 391
- Le rôle central de l'État africain dans l'évolution contempo-
raine de la « question foncière » ••••••••••••••••••••••••••• 392
- Les enjeux de la « question foncière » à l'horizon de l'an 2000 395
ANNEXES
1. Liste des participants aux « Journées d'études sur les problè-
mes fonciers », Paris, 22-25 septembre 1980 . . . . . . . . . . . . . . . .. 401
2. Liste des organismes et des sigles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 405
3. Index des noms de groupes et de lieux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 407
4. Index des concepts 413
5. Liste des cartes et des figures , 420
ÉDITIONS KARTHALA
Collection MÉRIDIENS
Christian RUDEL, Guatemala, terrorisme d'État.
Bernard JOINET, Tanzanie, manger d'abord.
Philippe LEYMARJE, Océan Indien, le nouveau cœur du monde.
André LAUDOUZE, Djibouti, nation-carrefour.
Bernard LEHEMBRE, L'Ile Maurice.
Collection LES AFRIQUES
Essedine MESTlRI, Les Cubains et l'Afrique.
I. MBAYE DIENG et J. BUGNICOURT, Touristes-rois en Afrique.
Carlos MOORE, Fela Fela, cette putain de vie.
Bernard LANNE, Tchad-Libye: la querelle des frontières.
J .S. WHITAKER, Les États-Unis et l'Afrique: les intérêts en jeu.
Abdou TOURÉ, La civilisation quotidienne en Côte-d'Ivoire. Procès
d'occidentalisation.
G.R.A.A.P., Paroles de brousse: Des villageois africains racontent.
Jean-Marc ELA, L'Afrique des villages.
Guy BELLONCLE, La question paysanne en Afrique noire.
Collectif, Alphabétisation et gestion des groupements villageoisen Afrique
sahélienne.
Collection HOMMES ET SOCIÉTÉS
1. Sciences politiques et économiques
Abdoulaye Bara DIOP, La société wolof.
J.F. MEDARD, Y.A. FAURE et al., État et bourgeoisie en Côte-d'Ivoire.
Guy ROCHETEAU, Pouvoir financier et indépendance économique en Afri-
que: le cas du Sénégal. En coédition avec l'ORSTOM.
Collectif, Enjeux fonciers en Afrique noire. En coédition avec l'ORSTOM.
2. Histoire et Anthropologie
Joseph AMBOUROUE-AvARO, Un peuple gabonais à l'aube de la coloni-
sation. Le bas Ogowé au x/x' siècle. En coédition avec le Centre de
Recherches Africaines.
Collectif, La civilisation ancienne des peuples des Grands Lacs. En coé-
dition avec le Centre de Civilisation Burundaise.
François GAULME, Le pays de Cama. Un ancien État côtier du Gabon
et ses origines. En coédition avec le Centre de Recherches Africaines.
Antoine GISLER, L'esclavage aux Antilles françaises (XVII'-X/X' siècles).
Juliette BESSIS, La Méditerranée fasciste, l'Italie mussolinienne et la
Tunisie. En coédition avec les Publications de la Sorbonne.
Yoro FALL. L'Afrique à la naissance de la cartographie moderne
(XIV'·XV' siècle). En coédition avec le Centre de Recherches
Africaines.
Zakari DRAMANI ISSIFOU, L'Afrique dans les relations internationales
au XVI' siècle. En coédition avec le Centre de Recherches Africaines,
Louis NGONGO, Histoire des Forces religieuses au Cameroun
(1916-1955).
Françoise RAISON (Et. réunies par), Les souverains malgaches. Cons-
tructions monarchiques et réappropriations populaires.
Bakoly OOMENICHINI-RAMIARAMANANA, Du Ohabolana au Hainteny :
langue, littérature et politique à Madagascar. En coédition avec le
Centre de Recherches Africaines.
3. Langues et cultures
Pierre DUMONT, Le français et les langues africaines au Sénégal. En
coédition avec l'A.C.C.T.
Philippe NTAHOMBAYE, Des noms et des hommes. Aspects psychologi-
ques et sociologiques du nom au Burundi.
Collection RELIRE
Eugène MAGE, Voyage au Soudan occidental (1863-1866). Introduction
d'Yves Person.
David LIVINGSTONE, Explorations dans l'Afrique australe et dans le
Bassin du Zambèse (1840-1864). Introduction d'Elikia M'Bokolo.
Ida PFEIFFER, Voyage à Madagascar (1856). Introduction de Faranirina
Essoavelomandroso.
Victor SCHOELCHER, Vie de Toussaint Louverture. Introduction de J.
Adélaïde-Merlande.
Collection LETTRES DU SUD
Yodi KARONE, Le bal des caïmans.
Max JEANNE, La chasse au racoon.
Merle HODGE, Crick crack monkey,
Gérard CORPATAUX, Voyage sans retour.
Joël LUGUERN, Les parasols de Danang,
José LOUZEIRO, Pixote ou la loi du plus faible.
Collection DE CONTES
Gabriel MFOMO, Soirées au village (Cameroun).
Jacques PUCHEU, Contes haoussa du Niger.
Gabriel MFOMO, Les initiés (Cameroun).
Henri TOURNEUX, Les nuits de Zanzibar (contes swahili).
Marie-Paule FERRY, Les dits de la nuit (contes tenda du Sénégal).
Collection SARABANDE (livres pour enfants)
Chouka la mangouste antillaise (texte de Maryse Cériote et dessins de
Bordeclerc).
Marcy DANS LEE, [bon, l'oiseau des Philippines.
HORS COLLECTION
[Link].N.A.F.L.A.,lnitiation à la linguistique africaine par les
langues du Mali.
ANSELIN (Alain), La question peule et l'histoire des Égyptes ouest-
africaines.
MICHEL (Andrée) et Coll., Femmes et multinationales.
Collectif, Culture et politique en Guadeloupe et Martinique. En coédi-
tion avec le journal Alizés.
Collectif, Études africaines en Europe,' Bilan et inventaire (2 tomes).
ZHEGIDOUR (Slimane), La poésie arabe moderne entre l'islam et
l'occident.
POLITIQUE AFRICAINE (revue trimestrielle)
1. La politique en Afrique noire: le haut et le bas.
2. L'Afrique dans le système international.
3. Tensions et ruptures politiques en Afrique noire.
4. La question islamique en Afrique noire.
5. La France en Afrique.
6. Le pouvoir d'être riche.
7. Le pouvoir de tuer.
8. Discours populistes, mouvements populaires.
(Pour plus de précisions sur ces titres, demandez le catalogue complet des éditions
Karthala : 22-24, bd Arago, 75013 Paris.)