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Le document explore les origines et l'évolution de la démocratie, en se concentrant sur la cité-État d'Athènes au 5e siècle av. J.-C., où le peuple a acquis la souveraineté. Il aborde les réformes qui ont permis l'émergence de la démocratie, ainsi que les tensions entre démocratie et citoyenneté, notamment à travers des concepts tels que la contre-démocratie et les illégalismes. Enfin, il retrace une chronologie des événements clés qui ont façonné la démocratie en France et en Europe, depuis les réformes de Solon jusqu'à la Révolution française.

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Le document explore les origines et l'évolution de la démocratie, en se concentrant sur la cité-État d'Athènes au 5e siècle av. J.-C., où le peuple a acquis la souveraineté. Il aborde les réformes qui ont permis l'émergence de la démocratie, ainsi que les tensions entre démocratie et citoyenneté, notamment à travers des concepts tels que la contre-démocratie et les illégalismes. Enfin, il retrace une chronologie des événements clés qui ont façonné la démocratie en France et en Europe, depuis les réformes de Solon jusqu'à la Révolution française.

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Histoire politique

1 La démocratie :
origines, débats et contestations
« Lorsque dans a répubique, e peupe en corps
a a souveraine puissance, c’est une déocratie »
M, .

Introduction
À Athènes, au e sièce a. è., après avoir connu une onarchie, puis une oiarchie,
a déocratie s’inscrit dans e cadre de a cité-État qui doine e onde rec. Cette
cité athénienne se définit par son caractère civique bien pus que éoraphique. Si
ee est constituée d’un centre urbain et de a capane qui ’entoure, ee est surtout
une oranisation poitique et sociae au sein de aquee une counauté d’hoes
citoyens a pour a preière fois donné au peupe a possibiité de ouverner avec es
catéories supérieures. I s’ait d’une déocratie faisant de a counauté de citoyens
un peupe souverain êe si es fees, es escaves et es étraners en sont excus
(C. MOSSÉ, 1). Cette conception antique de a déocratie est récupérée par es
penseurs des Luières qui ’éarissent. I ne s’ait pus de considérer e pouvoir du
peupe qui se réduit à une inorité, ais de prendre en copte a voonté énérae.
Si ’exercice de a déocratie directe peret de ettre en œuvre a voonté énérae,
ee n’est pas possibe partout et une déocratie représentative tend à s’iposer
après a Révoution française. Seus es eieurs ou es pus éduqués pratiquent e
pouvoir. La déocratie entre aors en tension avec a citoyenneté et a Répubique,
nouve horizon poitique vers eque tend e e sièce français. À partir de 178,
c’est de a contestation que naît a déocratie (A. LIGNEREUX, 2012). En France, a
déocratie s’enracine dans a Répubique aors qu’ee se diffuse en Europe au sein
des onarchies ou des répubiques naissantes à a faveur des révoutions du e sièce.
Aujourd’hui, e spectre de a déocratie est aité coe un outi de réuation des
confits dans e nouve ordre internationa.
La déocratie apparaît coe un défi pour es penseurs et pour es réies
poitiques tant par sa quête de éitiité poitique que par es écanises d’excusion
ou de contestation qu’ee énère.

Concepts/notions
¡ Contre-démocratie : concept foré par Pierre ROSANVALLON (2006) pour
caractériser es instruents de contrôe perettant d’exercer un contre-
pouvoir. Ee est une fore d’exercice de a citoyenneté et n’est pas seueent
e fait des doinés. Toutes es fores de anifestations, de déradations, de
raffitis sont autant d’expressions sociaes d’une participation à a vie poitique
par d’autres biais que es urnes.
13
¡ Démocratie : réie déocratique dans eque e pouvoir est détenu par e
peupe.
¡ Illégalismes : révotes qui éanent d’une incopréhension et d’un sentient
d’injustice des couches popuaires sanctionnées par un réie aors que eurs
rands-parents et parents ne ’étaient pas (A. LIGNEREUX, 2008).
¡ Politique : a poitique désine ’art de ouverner a cité par ’exercice du
pouvoir et e ouverneent de ’État. Le poitique est un ordre perettant
aux hoes de faire société : i désine un type de reations ayant pour but
une oranisation coective.
¡ République : du atin res publica désine a chose pubique. Ee est une fore
d’oranisation sociae et poitique de ’État.

Chronologie
¡ 594-593 a. è. : réfores de Soon pour répartir es citoyens en casses censi-
taires à Athènes.
¡ 509 a. è. : fondation de a répubique roaine de type aristocratique.
¡ 508-507 a. è. : réfores de Cisthène qui divise e territoire de ’Attique (de
a cité d’Athènes) en trois et répartit es citoyens en dix tribus, partaées en
dèes. L’éaité des citoyens est aors fondée par eur ieu d’habitation et non
eur richesse ou eur naissance.
¡ 457 a. è. : Péricès instaure e misthos, une indenité perettant à chaque
citoyen de participer à a vie poitique.
¡ 431-404 a. è. : uerre du Péoponnèse opposant Athènes et a iue de Déos
à Sparte aiée à a iue du Péoponnèse.
¡ 404 : a « tyrannie des Trente » se et en pace à Athènes après sa défaite face
à Sparte.
¡ 322 a. è. : disparition de a déocratie athénienne.
¡ 27 a. è. : fin de a répubique roaine. Octave reçoit e titre d’Auuste et et
en pace e Principat.
¡ 1789 : « Premier vote français » (P. GUENIFFEY, 13) aux États-énéraux.
4,3 iions de citoyens votent es aires, es représentants départeentaux
et nationaux.
¡ 1791 : preière Constitution française cédant a souveraineté du roi à a nation.
¡ 1793 : exécution de Louis XVI ; une nouvee Constitution instaure e vote des
députés au suffrae universe ascuin, ais en raison de a uerre ee n’est
pas appiquée.
¡ 1799 : consuat de Bonaparte.
¡ 1848 : suffrae universe ascuin en France ; « printeps des Peupes » en
Europe ; éection de Louis Napoéon Bonaparte président de a Répubique.
¡ 1989 : chute du ur de Berin.
¡ 1991 : disparition de ’URSS.
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Historique

Aux origines de la démocratie :


une cité-État, Athènes, aux e et e siècles a. è
Le systèe déocratique athénien évoue au cours des e et e sièces a. è. et
est de pus en pus contesté avant d’être renversé.
À ’issue des uerres édiques (478-477 a. è.) Athènes constitue a iue de
Déos1 qu’ee doine de anière hééonique. En son sein, es cités-États aiées
d’Athènes paient un tribut qui peret de financer e fonctionneent de a cité-État
athénienne. Ee est à a tête d’un iense epire aritie dont a pérennité
dépend de tous es citoyens. Le destin de a déocratie est étroiteent ié à ceui de
a iue de Déos. Lorsqu’au e sièce a. è. a cité d’Athènes devient une déocratie,
Péricès (461-42 a. è.) diffuse ’idée qu’ee constitue e réie idéa car es droits des
citoyens sont assurés par a oi. I est stratèe et s’attache à consoider a déocratie
athénienne. I déveoppe sa puissance iitaire et s’attache à a reconstruction et
à ’ebeisseent de ’Acropoe. I instaure e misthos, une indenité journaière,
afin que chaque citoyen puisse participer à a vie poitique sans perdre e profit
d’une journée de travai.

Périclès prononce l’éloge de la démocratie


Périclès prend la parole en 431 au cours de la célébration des funérailles des soldats
morts la première année de la guerre du Péloponnèse.
« Notre réie poitique ne prend pas pour odèe es ois des autres : oin d’ii-
ter autrui, nous soes nous-êes un exepe. Quant au no, coe es
choses dépendent non pas du petit nobre ais de a ajorité, cea s’appee
une déocratie. […] S’aissant des affaires privées, a oi assure ’éaité de tous.
Cependant, en ce qui concerne es affaires pubiques, si un citoyen se distinue
en queque doaine, i peut accéder aux responsabiités, oins en fonction de
sa catéorie sociae qu’en raison de son érite personne. En outre, a pauvreté
n’est pas un obstace : si quequ’un est capabe de rendre service à a cité, i n’en est
pas epêché par ’obscurité de sa condition sociae. (…) Dans e doaine pubic,
[…], nous obéissons aux aistrats et aux ois, surtout à cees qui protèent es
victies de ’injustice. »
Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, II, 37, fin du e sièce avant J.-C.

Être citoyen à Athènes ipique d’être un hoe ibre, d’avoir 18 ans et d’être
inscrit sur a iste des dèes depuis es réfores de Cisthène en 508-507 a. è. Péricès
propose en 451 a. è. une oi qui définit de anière pus restrictive es conditions
pour être citoyen. I faut aors être né du ariae éitie d’un père citoyen et d’une
ère fie de citoyen. Les citoyens sont inoritaires dans a totaité de a popuation
de ’Attique qui copte 380 000 habitants pour 42 000 citoyens. La citoyenneté se
définit pour Aristote (384-322 a. è.) coe « la participation à l’exercice des pouvoirs
de juge et de magistrat », ainsi que par a participation à ’Assebée. À a définition
courante de a citoyenneté ipiquant d’être né de deux parents citoyens, i ajoute a
« possibilité de pouvoir participer au pouvoir délibératif et judiciaire ». Les critères pour

1. Ee rassebe ’ensebe des cités-États aiées à Athènes.


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être citoyen sont d’être un adute inscrit au dèe et de participer à a vie poitique
de a cité. C’est donc ’exercice du pouvoir (archè) qui caractérise e citoyen ayant
des droits et des devoirs.
Après a uerre du Péoponnèse (431-404 a. è.) qui oppose Athènes à Sparte
victorieuse, a déocratie évoue au e sièce. Péricès rendu responsabe de a
défaite est écarté du pouvoir. La déocratie est rétabie en 403 a. è. et des esures
sont prises pour a préserver. Les ois sont révisées et es procédures perettant
de es odifier se copiquent. Les citoyens es pus riches dénoncent es dérives
de a déocratie qui peret désorais aux thètes, es citoyens es pus pauvres,
d’accéder aux pus hautes fonctions aors qu’is étaient jusque-à excus des chares
de coandeent. Is dénoncent une justice qui eur est hostie et a pus forte
pression fiscae. La Liue de Déos ayant été dissoute en 404 a. è., Athènes ne peut
pus copter sur e tribut des cités aiées. L’exercice du pouvoir se fait au sein
d’institutions qui arantissent a déocratie directe. Tous es pouvoirs dépendent
de ’Ecclésia, ’assebée de tous es citoyens athéniens qui sièent de droit. Is ne
sont ni éus, ni tirés au sort. Ee vote es ois, es prouue, décide de a uerre
et de a paix, éit es aistrats. Ee dispose d’un droit d’ostracise pour exier un
citoyen jué danereux pour a déocratie. Chaque citoyen peut proposer une oi
ou un aendeent. Les ois sont votées à ain evée puis ravées sur des stèes
ou des panneaux de bois, es axones. Ees sont affichées sur ’Aora pour que tout
e onde es connaisse. Les pouvoirs sont séparés et e éisatif revient à a Boulè
charée de préparer es travaux de ’Ecclésia. Un tirae au sort pari tous es citoyens
peret de désiner ses ebres. Le tirae au sort est e ode de désination e pus
fréquent à Athènes. Son utiisation repose sur ’idée que n’iporte que citoyen est
apte à exercer une fonction poitique et que tous es citoyens se vaent. I est jué
pus déocratique que ’éection car i donne à tous a possibiité de participer au
ouverneent de a cité. Le pouvoir judiciaire est confié à ’Héliée et ’exécutif aux
aistrats. Le pouvoir des aistrats est iité par e principe d’annuaité et de
coéiaité. Seus es stratèes ne sont pas tirés au sort. Les Athéniens noent
isonoie eur réie poitique pour quaifier ’éaité des citoyens devant a oi
coe fondeent de a déocratie.
À a fin du e sièce av. J.-C., a déocratie est en péri. Des troubes créés par a
uerre du Péoponnèse enacent a déocratie. Les déaoues sont dénoncés
par des auteurs coe e draature Aristophane. Dans Les Guêpes en 422 a. è., i
dénonce es effets pervers des institutions judiciaires et réaise une parodie de a
anie procédurière des Athéniens. I tourne en dérision es aistrats « corropus »
et ridicuise es citoyens ayant trop facieent recours à a justice.

La comédie d’Aristophane dénonce les travers de la justice


Le juge porte un nom inventé par Aristophane qui signifie « qui aime Cléon », allusion
à l’homme politique athénien Cléon, qui fait augmenter de 50 % l’indemnité versée
aux juges de l’Héliée.
« Le jue Phiocéon : Mon réa à oi ce n’est pas e sauon ni es anuies : je
préférerais e ettre sous a dent un bon petit procès inon, cuit à ’estouffade.
Y a-t-i pus déicieuse béatitude que cee d’un jue, par e teps qui court ? D’abord,
dès on petit ever, on e uette aux abords du prétoire, des hauts personnaes,

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des rosses éues ! Et puis, sitôt je ’approche, une ain qui a rafé des deniers
pubics se isse dans a ienne ; suppication, courbettes à rand renfort de
aentation : « Pitié pour oi, on petit père, si jaais tu as ratissé toi aussi
queque chose dans es fonctions que tu as repies ! » Et puis, une fois entré en
séance je ne fais rien de ce que j’ai prois ; j’écoute es accusés parer sur tous
es tons pour se tirer d’affaire. Parbeu ! Quees cajoeries n’est-on pas appeé
à entendre quand on jue ! Les uns einent sur eur pauvreté et is en rajoutent ;
d’autres nous racontent des anecdotes ou une petite drôerie d’Esope ; es autres
enfin ancent des baues pour e faire rire et désarer a auvaise hueur.
Là-dessus, e père, en eur no, ’ipore coe un dieu, tout en trebant, de
ne pas e condaner pour aversation. N’est-i pas ape on pouvoir ? Ai-je
à envier queque chose à Zeus ? Et e pus aréabe de tout, que j’avais oubié : c’est
quand je rentre avec on saaire. »
D’après Aristophane, Les Guêpes, 422 a. è.

Deux coups d’État repacent teporaireent a déocratie par une oiarchie,


en 411 a. è., puis en 404 a. è. avec es « Trente tyrans ». Les iites de a déocratie
athénienne tiennent en preier ieu à une citoyenneté inéae. Une aphore de
520 a. è. conservée au British Museum de Londres rappee qu’« un pauvre paysan
[…] à cause de ses travaux ne pourra porter son attention sur les affaires publiques ».
Contraireent à une idée reçue, es citoyens n’ont pas pour seue activité a partici-
pation à a vie poitique pendant que eurs escaves travaient a terre. Is sont très
ipiqués dans es travaux aricoes. Ainsi, eur participation à a vie poitique est
conditionnée par eur fortune. Si cee-ci est ince, is seront obiés de priviéier e
travai réunérateur. C’est pour cea que e misthos a été créé. Aors que es citoyens
sont éaux devant a oi, is ne e sont pas devant a richesse. La rande ajorité doit
travaier pour survivre e pus souvent coe paysans, oin du centre poitique.
En vie, es artisans et es coerçants sont éprisés car eurs activités sont aussi
exercées par des étèques ou des escaves. En dépit des ituries iposées aux
citoyens aisés et du misthos, es écarts de considération et de fortune persistent
et seus queques iiers d’individus ont e teps et es oyens de se rendre
à ’Eccésia. Ainsi, seues queques puissantes faies peuvent prétendre exercer
es aistratures. La vie poitique est accaparée par des orateurs qui dirient a cité.
Ee est donc une affaire de professionnes qui connaissent ’art de a paroe, de a
rhétorique apprise chez es sophistes qui enseinent a persuasion pour détenir e
pouvoir. Is séduisent e corps éectora par déaoie. Outre es contestations, a
déocratie est ise en péri par des adversaires extérieurs. Phiippe II de Macédoine
(382-336 a. è.) enace es intérêts d’Athènes et des autres États recs. Is sont écrasés
par es Macédoniens à Chéronée en Béotie en 338 a. è. Le réie est préservé, ais
une révote en 322 a. è. conduit es Athéniens à a souission aux Macédoniens
et a déocratie est aboie. Le pouvoir passe aux pus fortunés. Les aristocrates
encenchent un processus d’« aristocratisation » des cités, renforcé par ’action des
Roains au détrient de a cité déocratique.
Au début de ’ère chrétienne, e onde éditerranéen est unifié par Roe. Les
notabes doinent es cités et es conseis déocratiques tirés au sort aissent a
pace à des conseis aristocratiques, caqués sur e Sénat roain. Le peupe continue
à donner son avis, es notabes prenant arde de e épriser.

17
Actualité

Les fondements de la démocratie contemporaine :


vivre la démocratie en France
L’étincee révoutionnaire et fin à ’Ancien Réie en 178 et ouvre un sièce
de révotes et de révoutions. La ise en pace de a déocratie ne se fait pas
sans heurts, ni sans retours en arrière. La Révoution française n’accouche pas
iédiateent d’un réie déocratique qui n’est qu’un horizon d’attente sur
un on e sièce. Ainsi a déocratie naît-ee de a contestation, puis venant à se
confondre avec a Répubique a réprie, pour finaeent iposer une discipine
civique aux citoyens (A. LIGNEREUX, 2008).
Les iéaises et a révote ont peris bien des conquêtes déocratiques
à travers une anière extrêe de vivre a déocratie (A. LIGNEREUX, 2008). La
vioence teporaire est un oyen de conquérir a déocratie. Un continuum de a
vioence de ’époque oderne à ’époque conteporaine ontre que a rébeion
occupe toujours ’espace pubic jusqu’à a fin du e sièce. La Révoution vient
transforer ces révotes en rupture profonde et en un chaneent poitique et
socia radica. La période napoéonienne n’est pas exepte de contestations face
à a conscription et à a codification. Ces troubes récurrents du preier e sièce
ne sont pas sans rappeer a Révoution française dont e souvenir est prénant
(J. NICOLAS, 2002). Les révotes popuaires ne sont pas seueent iées à des
instincts de survie coe es révotes fruentaires pourraient e aisser penser.
Ees sont exacerbées en période de cherté des prix ou de auvaises récotes, ais
ees sont aussi un evier d’avancées sociaes et déocratiques. Le rapport de force
peret d’aboutir à des avancées éities. La révote est aussi un boucier contre
es réfores. Ee peut prendre des fores extrêes à ’exepe du drae de
Hautefaye du 16 août 1870. Aain de Moneys, un jeune nobe, est suppicié et brûé
par une foue ’accusant d’avoir crié « Vive la République ! ». À ’annonce de preières
défaites dans e cadre de a uerre franco-prussienne, ’anoisse de ’invasion et
a hantise d’un retour à ’ordre ancien aènent es paysans de cette capane du
Sud-Ouest à une vioence extrêe car is détestent a nobesse. Le suppicié est
transforé en traître à a patrie et perçu coe un bouc éissaire. On s’iaine,
dans un contexte de haine contre e Prussien, qu’i puisse être à a fois nobe et
répubicain. Les cris de « Vive l’empereur ! » rappeent un sentient bonapartiste
popuaire forteent ancré dans es capanes françaises. Le bonapartise
affaibi sebe enacé d’un retour à ’Ancien Réie par des nobes et a uerre
franco-prussienne. La phobie de ’Ancien Réie accopane ce assacre. Pour
es Répubicains, es paysans sont des cannibaes. Is arrivent au pouvoir queques
seaines après e assacre et ne tiennent pas à être assiiés à de tes actes de
sauvaerie (A. CORBIN, 10). La révote apparaît coe une anière extrêe de
vivre a déocratie. Ee revêt des coposantes déocratiques. Si on considère
’insurrection coe un ode d’existence partaé par tous et qui profite à tous,
es éeutiers forent un roupe qui se ouverne par ui-êe et qui représente
une fore de déocratie directe (A. LIGNEREUX, 2008).
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La révote a d’abord été perçue coe éitie au no de a utte contre e
despotise ou parce qu’ee perettait des avancées sociaes et poitiques profi-
tabes à tous, ais ’avèneent de a Répubique induit un chaneent de reard
sur es iéaises. Les idéaux répubicains évouent pour proressiveent ne
pus voir a révote coe une fore d’expression déocratique ais coe
une tendance réressive et réactionnaire. Si dans es représentations popuaires a
Répubique apparaît coe e réie de toutes es ibertés, son sens sous ’Ancien
Réie quaifie putôt e pouvoir de ceux qui prétendent s’inérer dans es affaires
pubiques sans avoir de titre pour e faire. À a faveur des désordres du e sièce,
cette acception refait surface. Lors des révoutions de 1848 a vision extensive des
ibertés se diffuse pari es insurés. La victoire du parti de ’ordre aux éections
de 184 conduit à une reprise en ain autoritaire du pays. Les préfets sont noés
par ’exécutif dès 1850 pour faire appiquer a oi sur es horaires et ferer es cabarets
d’où peuvent partir des dissidences. Ce n’est que orsque a Répubique sera bien
enracinée qu’ee pourra faire face aux radicaux ou aux anarchistes qui se sentent
trahis par ’autorité des forces de ’ordre. L’État répubicain se construit aors à travers
a utte contre es iéaises et ’anarchise. L’avèneent d’un espace coun
où es privièes et es particuarises ont disparu suscite des écontenteents.
I faut distinuer ces révotes contre-révoutionnaires d’une opposition idéoo-
ique à a Répubique. Ce sont des réactions à ’ordre civique qui se et en pace.
Sous ’Epire (1804-1815), ’apparei d’État se structure et es hoes sont ieux
arés pour cobattre es révotes. Un aiae du pays est opéré. Les rébeions
surviennent à où s’instaent es briades de endares. Is sont instaés dans es
ares du territoire et se heurtent aux résistances à eur autorité. La répression
inscrit a obiisation protestataire dans un diaoue poitique. La utte contre es
iéaises en Répubique, notaent sous a IIIe Répubique (1870-140), peut
aussi prendre une fore éducative (A. LIGNEREUX, 2008). Si e peupe est a
instruit ou fanatisé, es Répubicains pensent qu’i peut se troper ors de ouve-
ents rébeionnaires. Ainsi, e révoté devient un citoyen par ’apprentissae de a
discipine civique. I doit aors renoncer à a vioence au profit du vote. L’estape
de Louis-Marie BOSREDON d’avri 1848 téoine de ’opposition entre e vote et a
vioence. Le fusi doit être aissé au profit des nouveaux objets qui font e citoyen,
à savoir ’urne et e buetin de vote. La déocratie rejette aors a vioence. Ee n’est
pus éitie aors que e vote peret au peupe d’exercer a souveraineté. Mais i
faut éduquer e citoyen à cette fore de déocratie et à ’abandon de a brutaité.
L’écoe à travers a orae répubicaine incuque e civise contre es iéaises
à partir des années 1880 râce à des ouvraes coe e Manuel républicain de
Jues BARNI pubié à Paris en 1872. Face à a pression fiscae et au risque de révotes,
une pédaoie civique se et en pace pour faire accepter ’ipôt (N. DELALANDE,
2011). Les anues scoaires répubicains ontrent que ’ipôt est utie. I a peris
de construire es cheins de fer ou es écoes. Outre a réprobation de a vioence,
’écoe vient dire ce qui est bon pour e citoyen. L’éducation à a orae répubicaine
produit éaeent un inféchisseent du odèe de viriité. Les représentations
iées à a viriité évouent. Ainsi au début du e sièce, être un hoe ne nécessite
pas de ontrer sa vaeur physique pour défendre son honneur, ais de téoiner
d’une aîtrise de soi tout en faisant respecter es ois. L’appication de ce odèe
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