Histoire politique
1 La démocratie :
origines, débats et contestations
« Lorsque dans a répubique, e peupe en corps
a a souveraine puissance, c’est une déocratie »
M, .
Introduction
À Athènes, au e sièce a. è., après avoir connu une onarchie, puis une oiarchie,
a déocratie s’inscrit dans e cadre de a cité-État qui doine e onde rec. Cette
cité athénienne se définit par son caractère civique bien pus que éoraphique. Si
ee est constituée d’un centre urbain et de a capane qui ’entoure, ee est surtout
une oranisation poitique et sociae au sein de aquee une counauté d’hoes
citoyens a pour a preière fois donné au peupe a possibiité de ouverner avec es
catéories supérieures. I s’ait d’une déocratie faisant de a counauté de citoyens
un peupe souverain êe si es fees, es escaves et es étraners en sont excus
(C. MOSSÉ, 1). Cette conception antique de a déocratie est récupérée par es
penseurs des Luières qui ’éarissent. I ne s’ait pus de considérer e pouvoir du
peupe qui se réduit à une inorité, ais de prendre en copte a voonté énérae.
Si ’exercice de a déocratie directe peret de ettre en œuvre a voonté énérae,
ee n’est pas possibe partout et une déocratie représentative tend à s’iposer
après a Révoution française. Seus es eieurs ou es pus éduqués pratiquent e
pouvoir. La déocratie entre aors en tension avec a citoyenneté et a Répubique,
nouve horizon poitique vers eque tend e e sièce français. À partir de 178,
c’est de a contestation que naît a déocratie (A. LIGNEREUX, 2012). En France, a
déocratie s’enracine dans a Répubique aors qu’ee se diffuse en Europe au sein
des onarchies ou des répubiques naissantes à a faveur des révoutions du e sièce.
Aujourd’hui, e spectre de a déocratie est aité coe un outi de réuation des
confits dans e nouve ordre internationa.
La déocratie apparaît coe un défi pour es penseurs et pour es réies
poitiques tant par sa quête de éitiité poitique que par es écanises d’excusion
ou de contestation qu’ee énère.
Concepts/notions
¡ Contre-démocratie : concept foré par Pierre ROSANVALLON (2006) pour
caractériser es instruents de contrôe perettant d’exercer un contre-
pouvoir. Ee est une fore d’exercice de a citoyenneté et n’est pas seueent
e fait des doinés. Toutes es fores de anifestations, de déradations, de
raffitis sont autant d’expressions sociaes d’une participation à a vie poitique
par d’autres biais que es urnes.
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¡ Démocratie : réie déocratique dans eque e pouvoir est détenu par e
peupe.
¡ Illégalismes : révotes qui éanent d’une incopréhension et d’un sentient
d’injustice des couches popuaires sanctionnées par un réie aors que eurs
rands-parents et parents ne ’étaient pas (A. LIGNEREUX, 2008).
¡ Politique : a poitique désine ’art de ouverner a cité par ’exercice du
pouvoir et e ouverneent de ’État. Le poitique est un ordre perettant
aux hoes de faire société : i désine un type de reations ayant pour but
une oranisation coective.
¡ République : du atin res publica désine a chose pubique. Ee est une fore
d’oranisation sociae et poitique de ’État.
Chronologie
¡ 594-593 a. è. : réfores de Soon pour répartir es citoyens en casses censi-
taires à Athènes.
¡ 509 a. è. : fondation de a répubique roaine de type aristocratique.
¡ 508-507 a. è. : réfores de Cisthène qui divise e territoire de ’Attique (de
a cité d’Athènes) en trois et répartit es citoyens en dix tribus, partaées en
dèes. L’éaité des citoyens est aors fondée par eur ieu d’habitation et non
eur richesse ou eur naissance.
¡ 457 a. è. : Péricès instaure e misthos, une indenité perettant à chaque
citoyen de participer à a vie poitique.
¡ 431-404 a. è. : uerre du Péoponnèse opposant Athènes et a iue de Déos
à Sparte aiée à a iue du Péoponnèse.
¡ 404 : a « tyrannie des Trente » se et en pace à Athènes après sa défaite face
à Sparte.
¡ 322 a. è. : disparition de a déocratie athénienne.
¡ 27 a. è. : fin de a répubique roaine. Octave reçoit e titre d’Auuste et et
en pace e Principat.
¡ 1789 : « Premier vote français » (P. GUENIFFEY, 13) aux États-énéraux.
4,3 iions de citoyens votent es aires, es représentants départeentaux
et nationaux.
¡ 1791 : preière Constitution française cédant a souveraineté du roi à a nation.
¡ 1793 : exécution de Louis XVI ; une nouvee Constitution instaure e vote des
députés au suffrae universe ascuin, ais en raison de a uerre ee n’est
pas appiquée.
¡ 1799 : consuat de Bonaparte.
¡ 1848 : suffrae universe ascuin en France ; « printeps des Peupes » en
Europe ; éection de Louis Napoéon Bonaparte président de a Répubique.
¡ 1989 : chute du ur de Berin.
¡ 1991 : disparition de ’URSS.
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Historique
Aux origines de la démocratie :
une cité-État, Athènes, aux e et e siècles a. è
Le systèe déocratique athénien évoue au cours des e et e sièces a. è. et
est de pus en pus contesté avant d’être renversé.
À ’issue des uerres édiques (478-477 a. è.) Athènes constitue a iue de
Déos1 qu’ee doine de anière hééonique. En son sein, es cités-États aiées
d’Athènes paient un tribut qui peret de financer e fonctionneent de a cité-État
athénienne. Ee est à a tête d’un iense epire aritie dont a pérennité
dépend de tous es citoyens. Le destin de a déocratie est étroiteent ié à ceui de
a iue de Déos. Lorsqu’au e sièce a. è. a cité d’Athènes devient une déocratie,
Péricès (461-42 a. è.) diffuse ’idée qu’ee constitue e réie idéa car es droits des
citoyens sont assurés par a oi. I est stratèe et s’attache à consoider a déocratie
athénienne. I déveoppe sa puissance iitaire et s’attache à a reconstruction et
à ’ebeisseent de ’Acropoe. I instaure e misthos, une indenité journaière,
afin que chaque citoyen puisse participer à a vie poitique sans perdre e profit
d’une journée de travai.
Périclès prononce l’éloge de la démocratie
Périclès prend la parole en 431 au cours de la célébration des funérailles des soldats
morts la première année de la guerre du Péloponnèse.
« Notre réie poitique ne prend pas pour odèe es ois des autres : oin d’ii-
ter autrui, nous soes nous-êes un exepe. Quant au no, coe es
choses dépendent non pas du petit nobre ais de a ajorité, cea s’appee
une déocratie. […] S’aissant des affaires privées, a oi assure ’éaité de tous.
Cependant, en ce qui concerne es affaires pubiques, si un citoyen se distinue
en queque doaine, i peut accéder aux responsabiités, oins en fonction de
sa catéorie sociae qu’en raison de son érite personne. En outre, a pauvreté
n’est pas un obstace : si quequ’un est capabe de rendre service à a cité, i n’en est
pas epêché par ’obscurité de sa condition sociae. (…) Dans e doaine pubic,
[…], nous obéissons aux aistrats et aux ois, surtout à cees qui protèent es
victies de ’injustice. »
Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, II, 37, fin du e sièce avant J.-C.
Être citoyen à Athènes ipique d’être un hoe ibre, d’avoir 18 ans et d’être
inscrit sur a iste des dèes depuis es réfores de Cisthène en 508-507 a. è. Péricès
propose en 451 a. è. une oi qui définit de anière pus restrictive es conditions
pour être citoyen. I faut aors être né du ariae éitie d’un père citoyen et d’une
ère fie de citoyen. Les citoyens sont inoritaires dans a totaité de a popuation
de ’Attique qui copte 380 000 habitants pour 42 000 citoyens. La citoyenneté se
définit pour Aristote (384-322 a. è.) coe « la participation à l’exercice des pouvoirs
de juge et de magistrat », ainsi que par a participation à ’Assebée. À a définition
courante de a citoyenneté ipiquant d’être né de deux parents citoyens, i ajoute a
« possibilité de pouvoir participer au pouvoir délibératif et judiciaire ». Les critères pour
1. Ee rassebe ’ensebe des cités-États aiées à Athènes.
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être citoyen sont d’être un adute inscrit au dèe et de participer à a vie poitique
de a cité. C’est donc ’exercice du pouvoir (archè) qui caractérise e citoyen ayant
des droits et des devoirs.
Après a uerre du Péoponnèse (431-404 a. è.) qui oppose Athènes à Sparte
victorieuse, a déocratie évoue au e sièce. Péricès rendu responsabe de a
défaite est écarté du pouvoir. La déocratie est rétabie en 403 a. è. et des esures
sont prises pour a préserver. Les ois sont révisées et es procédures perettant
de es odifier se copiquent. Les citoyens es pus riches dénoncent es dérives
de a déocratie qui peret désorais aux thètes, es citoyens es pus pauvres,
d’accéder aux pus hautes fonctions aors qu’is étaient jusque-à excus des chares
de coandeent. Is dénoncent une justice qui eur est hostie et a pus forte
pression fiscae. La Liue de Déos ayant été dissoute en 404 a. è., Athènes ne peut
pus copter sur e tribut des cités aiées. L’exercice du pouvoir se fait au sein
d’institutions qui arantissent a déocratie directe. Tous es pouvoirs dépendent
de ’Ecclésia, ’assebée de tous es citoyens athéniens qui sièent de droit. Is ne
sont ni éus, ni tirés au sort. Ee vote es ois, es prouue, décide de a uerre
et de a paix, éit es aistrats. Ee dispose d’un droit d’ostracise pour exier un
citoyen jué danereux pour a déocratie. Chaque citoyen peut proposer une oi
ou un aendeent. Les ois sont votées à ain evée puis ravées sur des stèes
ou des panneaux de bois, es axones. Ees sont affichées sur ’Aora pour que tout
e onde es connaisse. Les pouvoirs sont séparés et e éisatif revient à a Boulè
charée de préparer es travaux de ’Ecclésia. Un tirae au sort pari tous es citoyens
peret de désiner ses ebres. Le tirae au sort est e ode de désination e pus
fréquent à Athènes. Son utiisation repose sur ’idée que n’iporte que citoyen est
apte à exercer une fonction poitique et que tous es citoyens se vaent. I est jué
pus déocratique que ’éection car i donne à tous a possibiité de participer au
ouverneent de a cité. Le pouvoir judiciaire est confié à ’Héliée et ’exécutif aux
aistrats. Le pouvoir des aistrats est iité par e principe d’annuaité et de
coéiaité. Seus es stratèes ne sont pas tirés au sort. Les Athéniens noent
isonoie eur réie poitique pour quaifier ’éaité des citoyens devant a oi
coe fondeent de a déocratie.
À a fin du e sièce av. J.-C., a déocratie est en péri. Des troubes créés par a
uerre du Péoponnèse enacent a déocratie. Les déaoues sont dénoncés
par des auteurs coe e draature Aristophane. Dans Les Guêpes en 422 a. è., i
dénonce es effets pervers des institutions judiciaires et réaise une parodie de a
anie procédurière des Athéniens. I tourne en dérision es aistrats « corropus »
et ridicuise es citoyens ayant trop facieent recours à a justice.
La comédie d’Aristophane dénonce les travers de la justice
Le juge porte un nom inventé par Aristophane qui signifie « qui aime Cléon », allusion
à l’homme politique athénien Cléon, qui fait augmenter de 50 % l’indemnité versée
aux juges de l’Héliée.
« Le jue Phiocéon : Mon réa à oi ce n’est pas e sauon ni es anuies : je
préférerais e ettre sous a dent un bon petit procès inon, cuit à ’estouffade.
Y a-t-i pus déicieuse béatitude que cee d’un jue, par e teps qui court ? D’abord,
dès on petit ever, on e uette aux abords du prétoire, des hauts personnaes,
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des rosses éues ! Et puis, sitôt je ’approche, une ain qui a rafé des deniers
pubics se isse dans a ienne ; suppication, courbettes à rand renfort de
aentation : « Pitié pour oi, on petit père, si jaais tu as ratissé toi aussi
queque chose dans es fonctions que tu as repies ! » Et puis, une fois entré en
séance je ne fais rien de ce que j’ai prois ; j’écoute es accusés parer sur tous
es tons pour se tirer d’affaire. Parbeu ! Quees cajoeries n’est-on pas appeé
à entendre quand on jue ! Les uns einent sur eur pauvreté et is en rajoutent ;
d’autres nous racontent des anecdotes ou une petite drôerie d’Esope ; es autres
enfin ancent des baues pour e faire rire et désarer a auvaise hueur.
Là-dessus, e père, en eur no, ’ipore coe un dieu, tout en trebant, de
ne pas e condaner pour aversation. N’est-i pas ape on pouvoir ? Ai-je
à envier queque chose à Zeus ? Et e pus aréabe de tout, que j’avais oubié : c’est
quand je rentre avec on saaire. »
D’après Aristophane, Les Guêpes, 422 a. è.
Deux coups d’État repacent teporaireent a déocratie par une oiarchie,
en 411 a. è., puis en 404 a. è. avec es « Trente tyrans ». Les iites de a déocratie
athénienne tiennent en preier ieu à une citoyenneté inéae. Une aphore de
520 a. è. conservée au British Museum de Londres rappee qu’« un pauvre paysan
[…] à cause de ses travaux ne pourra porter son attention sur les affaires publiques ».
Contraireent à une idée reçue, es citoyens n’ont pas pour seue activité a partici-
pation à a vie poitique pendant que eurs escaves travaient a terre. Is sont très
ipiqués dans es travaux aricoes. Ainsi, eur participation à a vie poitique est
conditionnée par eur fortune. Si cee-ci est ince, is seront obiés de priviéier e
travai réunérateur. C’est pour cea que e misthos a été créé. Aors que es citoyens
sont éaux devant a oi, is ne e sont pas devant a richesse. La rande ajorité doit
travaier pour survivre e pus souvent coe paysans, oin du centre poitique.
En vie, es artisans et es coerçants sont éprisés car eurs activités sont aussi
exercées par des étèques ou des escaves. En dépit des ituries iposées aux
citoyens aisés et du misthos, es écarts de considération et de fortune persistent
et seus queques iiers d’individus ont e teps et es oyens de se rendre
à ’Eccésia. Ainsi, seues queques puissantes faies peuvent prétendre exercer
es aistratures. La vie poitique est accaparée par des orateurs qui dirient a cité.
Ee est donc une affaire de professionnes qui connaissent ’art de a paroe, de a
rhétorique apprise chez es sophistes qui enseinent a persuasion pour détenir e
pouvoir. Is séduisent e corps éectora par déaoie. Outre es contestations, a
déocratie est ise en péri par des adversaires extérieurs. Phiippe II de Macédoine
(382-336 a. è.) enace es intérêts d’Athènes et des autres États recs. Is sont écrasés
par es Macédoniens à Chéronée en Béotie en 338 a. è. Le réie est préservé, ais
une révote en 322 a. è. conduit es Athéniens à a souission aux Macédoniens
et a déocratie est aboie. Le pouvoir passe aux pus fortunés. Les aristocrates
encenchent un processus d’« aristocratisation » des cités, renforcé par ’action des
Roains au détrient de a cité déocratique.
Au début de ’ère chrétienne, e onde éditerranéen est unifié par Roe. Les
notabes doinent es cités et es conseis déocratiques tirés au sort aissent a
pace à des conseis aristocratiques, caqués sur e Sénat roain. Le peupe continue
à donner son avis, es notabes prenant arde de e épriser.
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Actualité
Les fondements de la démocratie contemporaine :
vivre la démocratie en France
L’étincee révoutionnaire et fin à ’Ancien Réie en 178 et ouvre un sièce
de révotes et de révoutions. La ise en pace de a déocratie ne se fait pas
sans heurts, ni sans retours en arrière. La Révoution française n’accouche pas
iédiateent d’un réie déocratique qui n’est qu’un horizon d’attente sur
un on e sièce. Ainsi a déocratie naît-ee de a contestation, puis venant à se
confondre avec a Répubique a réprie, pour finaeent iposer une discipine
civique aux citoyens (A. LIGNEREUX, 2008).
Les iéaises et a révote ont peris bien des conquêtes déocratiques
à travers une anière extrêe de vivre a déocratie (A. LIGNEREUX, 2008). La
vioence teporaire est un oyen de conquérir a déocratie. Un continuum de a
vioence de ’époque oderne à ’époque conteporaine ontre que a rébeion
occupe toujours ’espace pubic jusqu’à a fin du e sièce. La Révoution vient
transforer ces révotes en rupture profonde et en un chaneent poitique et
socia radica. La période napoéonienne n’est pas exepte de contestations face
à a conscription et à a codification. Ces troubes récurrents du preier e sièce
ne sont pas sans rappeer a Révoution française dont e souvenir est prénant
(J. NICOLAS, 2002). Les révotes popuaires ne sont pas seueent iées à des
instincts de survie coe es révotes fruentaires pourraient e aisser penser.
Ees sont exacerbées en période de cherté des prix ou de auvaises récotes, ais
ees sont aussi un evier d’avancées sociaes et déocratiques. Le rapport de force
peret d’aboutir à des avancées éities. La révote est aussi un boucier contre
es réfores. Ee peut prendre des fores extrêes à ’exepe du drae de
Hautefaye du 16 août 1870. Aain de Moneys, un jeune nobe, est suppicié et brûé
par une foue ’accusant d’avoir crié « Vive la République ! ». À ’annonce de preières
défaites dans e cadre de a uerre franco-prussienne, ’anoisse de ’invasion et
a hantise d’un retour à ’ordre ancien aènent es paysans de cette capane du
Sud-Ouest à une vioence extrêe car is détestent a nobesse. Le suppicié est
transforé en traître à a patrie et perçu coe un bouc éissaire. On s’iaine,
dans un contexte de haine contre e Prussien, qu’i puisse être à a fois nobe et
répubicain. Les cris de « Vive l’empereur ! » rappeent un sentient bonapartiste
popuaire forteent ancré dans es capanes françaises. Le bonapartise
affaibi sebe enacé d’un retour à ’Ancien Réie par des nobes et a uerre
franco-prussienne. La phobie de ’Ancien Réie accopane ce assacre. Pour
es Répubicains, es paysans sont des cannibaes. Is arrivent au pouvoir queques
seaines après e assacre et ne tiennent pas à être assiiés à de tes actes de
sauvaerie (A. CORBIN, 10). La révote apparaît coe une anière extrêe de
vivre a déocratie. Ee revêt des coposantes déocratiques. Si on considère
’insurrection coe un ode d’existence partaé par tous et qui profite à tous,
es éeutiers forent un roupe qui se ouverne par ui-êe et qui représente
une fore de déocratie directe (A. LIGNEREUX, 2008).
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La révote a d’abord été perçue coe éitie au no de a utte contre e
despotise ou parce qu’ee perettait des avancées sociaes et poitiques profi-
tabes à tous, ais ’avèneent de a Répubique induit un chaneent de reard
sur es iéaises. Les idéaux répubicains évouent pour proressiveent ne
pus voir a révote coe une fore d’expression déocratique ais coe
une tendance réressive et réactionnaire. Si dans es représentations popuaires a
Répubique apparaît coe e réie de toutes es ibertés, son sens sous ’Ancien
Réie quaifie putôt e pouvoir de ceux qui prétendent s’inérer dans es affaires
pubiques sans avoir de titre pour e faire. À a faveur des désordres du e sièce,
cette acception refait surface. Lors des révoutions de 1848 a vision extensive des
ibertés se diffuse pari es insurés. La victoire du parti de ’ordre aux éections
de 184 conduit à une reprise en ain autoritaire du pays. Les préfets sont noés
par ’exécutif dès 1850 pour faire appiquer a oi sur es horaires et ferer es cabarets
d’où peuvent partir des dissidences. Ce n’est que orsque a Répubique sera bien
enracinée qu’ee pourra faire face aux radicaux ou aux anarchistes qui se sentent
trahis par ’autorité des forces de ’ordre. L’État répubicain se construit aors à travers
a utte contre es iéaises et ’anarchise. L’avèneent d’un espace coun
où es privièes et es particuarises ont disparu suscite des écontenteents.
I faut distinuer ces révotes contre-révoutionnaires d’une opposition idéoo-
ique à a Répubique. Ce sont des réactions à ’ordre civique qui se et en pace.
Sous ’Epire (1804-1815), ’apparei d’État se structure et es hoes sont ieux
arés pour cobattre es révotes. Un aiae du pays est opéré. Les rébeions
surviennent à où s’instaent es briades de endares. Is sont instaés dans es
ares du territoire et se heurtent aux résistances à eur autorité. La répression
inscrit a obiisation protestataire dans un diaoue poitique. La utte contre es
iéaises en Répubique, notaent sous a IIIe Répubique (1870-140), peut
aussi prendre une fore éducative (A. LIGNEREUX, 2008). Si e peupe est a
instruit ou fanatisé, es Répubicains pensent qu’i peut se troper ors de ouve-
ents rébeionnaires. Ainsi, e révoté devient un citoyen par ’apprentissae de a
discipine civique. I doit aors renoncer à a vioence au profit du vote. L’estape
de Louis-Marie BOSREDON d’avri 1848 téoine de ’opposition entre e vote et a
vioence. Le fusi doit être aissé au profit des nouveaux objets qui font e citoyen,
à savoir ’urne et e buetin de vote. La déocratie rejette aors a vioence. Ee n’est
pus éitie aors que e vote peret au peupe d’exercer a souveraineté. Mais i
faut éduquer e citoyen à cette fore de déocratie et à ’abandon de a brutaité.
L’écoe à travers a orae répubicaine incuque e civise contre es iéaises
à partir des années 1880 râce à des ouvraes coe e Manuel républicain de
Jues BARNI pubié à Paris en 1872. Face à a pression fiscae et au risque de révotes,
une pédaoie civique se et en pace pour faire accepter ’ipôt (N. DELALANDE,
2011). Les anues scoaires répubicains ontrent que ’ipôt est utie. I a peris
de construire es cheins de fer ou es écoes. Outre a réprobation de a vioence,
’écoe vient dire ce qui est bon pour e citoyen. L’éducation à a orae répubicaine
produit éaeent un inféchisseent du odèe de viriité. Les représentations
iées à a viriité évouent. Ainsi au début du e sièce, être un hoe ne nécessite
pas de ontrer sa vaeur physique pour défendre son honneur, ais de téoiner
d’une aîtrise de soi tout en faisant respecter es ois. L’appication de ce odèe
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