MÉTHODE DE L’EXPLICATION DE TEXTE
I) Le travail préparatoire au brouillon :
NB : ce travail doit être complet et très précis, consacrez-y beaucoup de temps !
1) Analyse :
D'abord, pour mieux comprendre le texte et sa démarche argumentative, mettez en
évidence sa structure logique. C'est-à-dire repérez les mots de liaison (« mais », « or », « donc »,
etc.), les questions, les tournures hypothétiques, les enchaînement de phrases, etc.
Ensuite, étudiez le texte dans l’ordre en réfléchissant sur chaque phrase, chaque idée, et
même chaque mot ou détail importants. C'est ce travail qui est le plus long, mais il est essentiel car
il vous fournira le contenu de votre développement. Le plus important est d'éviter la paraphrase,
c'est-à-dire la simple reformulation du texte, car cela n'apporte rien (juste une mauvaise note). Ce
qu'il faut faire, au contraire, c'est chercher et expliquer ce que ne dit pas l'auteur et montrer
toute la richesse cachée du texte !
Voici donc quelques conseils à appliquer à chaque étape de votre analyse :
Définissez le sens précis des principaux concepts (termes qui ont une
importance théorique). Beaucoup de mots qui a priori ne sont pas des notions
philosophiques, deviennent pourtant dans le texte des « concepts » dont l'usage a des
enjeux philosophiques et qui donnent un sens précis et fort à la phrase. Il faut donc les
Comprendre analyser longuement, voir s’ils ont plusieurs sens et quel est leur sens ici. Si vous
le sens : connaissez l’auteur, demandez-vous si le mot n’a pas un sens particulier chez lui. Il
faudra montrer les intentions et les conséquences de l’usage de ces termes.
Établissez le sens global de la phrase, et faites le bilan de tout ce qui est
affirmé par l'auteur dans cette phrase. Quand une phrase est longue et riche, on peut
analyser séparément ses différentes propositions.
Pourquoi l'auteur dit cela ? Mettez-vous à la place de l'auteur. Défendez et
justifiez ses idées en complétant son argumentation. Pour cela, montrez bien les
présupposés ou fondements de sa pensée, c'est-à-dire les hypothèses ou la conception
du monde sur lesquelles cette pensée s'appuie implicitement. Expliquez le mieux
Interpréter : possible les causes du phénomène dont parle l'auteur. Justifiez le choix et l'usage qu'il
fait de certains concepts philosophiques.
Quelles sont les conséquences philosophiques de ce qu'il dit ? C'est-à-dire
quelles vérités et quels choix les propos de l'auteur impliquent-ils si l'on va jusqu'au bout
de la réflexion ? Que peut-on en déduire ? A quoi cela mène-t-il ? C'est ce que l'on
appelle les « enjeux » du texte.
Faites des objections : montrez ce qui est discutable, ambigu ou paradoxal
dans les propos de l'auteur. Attention : le but est de critiquer le texte pour mieux le
défendre ensuite ! On en cherche les limites afin de le pousser dans ses derniers
retranchements, et ainsi le clarifier et mieux le comprendre. Il faut donc aussi répondre
vous-même à vos propres objections, les « dépasser », pour mettre en valeur l'intérêt,
Débattre : la profondeur et la force philosophique du texte.
Comparez l'auteur à d'autres philosophes. Attention, là aussi il y a un piège :
il ne faut surtout pas les assimiler les uns aux autres, il faut au contraire les distinguer !
En effet, malgré les ressemblances, chaque philosophie est unique. En insistant sur les
différences, vous prouvez ainsi que vous avez compris la subtilité et l'originalité du
texte. De plus, cette comparaison, en montrant que d'autres points de vue que celui de
l'auteur sont possibles, peut aider à faire des objections au texte.
2) Synthèse :
Après avoir analysé le détail du texte, il s’agit de prendre du recul :
1. Repérez 2 ou 3 parties dans le texte. Résumez la thèse de chacune en une phrase. Tentez
de comprendre comment les parties s’articulent les unes avec les autres.
2. Résumez en une phrase la thèse que soutient le texte. Conseil : pour être sûr que vous
avez bien trouvé la thèse globale et non pas seulement une thèse annexe ou secondaire, vérifiez
que tous les passages du texte servent bien à l’argumenter.
3. Synthétisez les enjeux du texte : les grands principes (sa vision de l'homme, du monde,
de la société, etc.) qui fondent sa thèse ainsi que les conséquences théoriques ou pratiques de cette
thèse. En somme, les « tenants » et les « aboutissants » du texte.
4. Cherchez ensuite à quel problème philosophique ce texte se confronte, c’est-à-dire à
quelle question la thèse du texte répond. Vous devez donc bien sûr chercher les autres réponses
possibles au problème, notamment celles à laquelle l’auteur s’oppose et qu’il tente de réfuter.
5. Cherchez quel est son thème ou son objet : c’est généralement une notion philosophique.
II) La rédaction :
Dans l'ensemble, votre devoir doit faire entre 6 et 8 pages. S'il est trop court, c'est que vous
avez paraphrasé ou survolé le texte.
1) L’introduction :
L’introduction reprend les éléments de la synthèse, en commençant par le thème :
1. Présentez le thème ou l’objet du texte : si c’est une grande notion philosophique,
définissez-la.
2. Commencez le processus de problématisation en partant d'une thèse opposée à celle de
l'auteur. Exprimez alors les difficultés ou les paradoxes qu'elle contient, puis exposez le problème
philosophique et ses différents aspects ou enjeux très précisément, sous forme de questions.
3. Exposez ensuite avec la plus grande rigueur la réponse de l’auteur au problème, c’est-à-
dire la thèse du texte. Résumez aussi brièvement son argumentation ainsi que ses enjeux (les
« tenants » et « aboutissants »).
4. Donnez le plan général du texte en résumant chaque partie en une ou deux phrases.
Remarque : évitez les annonces de plan allusives (dites « Dans la première partie du texte, l’auteur
explique que… » et non « l’auteur parle de… »).
2) Le développement :
Il se fait en 2 ou 3 parties, chacune correspondant à une partie du texte. Votre explication
doit toujours suivre l’ordre du texte.
Exposez votre analyse (cf. le travail préparatoire au brouillon). Vous devez montrer l’intérêt,
l’originalité et la complexité du texte. Comme dans une dissertation, le correcteur doit voir que vous
menez un véritable travail de réflexion personnelle. Il ne faut pas seulement réfléchir sur le texte,
mais aussi réfléchir avec lui. C’est la richesse, la rigueur et profondeur de votre analyse qui fera
votre note.
Il y a deux défauts à éviter absolument :
faire des remarques sans intérêt philosophique (par exemple des remarques
biographiques ou stylistiques),
partir dans des réflexions ou des exposés qui perdent de vue le texte (à ce propos :
n’oubliez pas d’en citer régulièrement des bribes).
Entre les différentes parties, faites une transition (suffisamment étoffée) qui explique où
l’auteur en est de sa réponse au problème. Il faut expliquez quelles choses restent à prouver ou à
éclaircir et pourquoi.
Vous pouvez, à la fin du développement et avant la conclusion, rajouter une partie consacrée
à la discussion du texte, si votre réflexion concerne l’ensemble du texte ou si elle est trop longue
pour avoir pu trouver sa place au cours de l’analyse suivie.
3) Conclusion :
D'abord, très rapidement, rappelez le problème que vous avez exposé en introduction et
résumez la thèse et l’argumentation du texte (quelques phrases maximum).
Puis, faites un bilan :
Le texte, poussé dans ses derniers retranchements, a-t-il complètement surmonté les
critiques ? Reste-t-il des obscurités ? Est-il encore possible de soutenir d’autres réponses au
problème ?
Montrez à nouveau toutes ses conséquences théoriques et pratiques, son originalité et ses
enjeux.