CHAPITRE V-PARTIE A
LA RUPTURE
(Etude qualitatif de la rupture)
Introduction
Nombreuses sont les catastrophes maritimes, aériennes ou terrestres, survenues suite à la
défaillance de certains éléments de constructions et qui ont causés des pertes considérables,
tel est le cas pour la navette spatial Apollo explosant en plein vol; Le pétrolier Erika coulant
a plein flot et l’explosion dans la centrale nucléaire de Tchernobyl au niveau de l’un de ces
réacteurs ; pour ne citer que ces exemples.
Dans la plupart des cas, ces accidents ont eus comme origine soit la malveillance des
opérateurs soit à l’endommagement des organes constitutifs de ces installations.
Dans le cadre de notre recherche, nous allons nous intéresser à la deuxième hypothèse qui
est l’endommagement.
Point de vue scientifique, l’endommagement correspond au début du processus de la rupture
c'est-à-dire amorçage et propagation des fissures jusqu'à une taille critique après laquelle on
assiste à la rupture ; Et pour éviter ce genre de catastrophes, on se voit dans l’obligation
d’effectué des examens de contrôle et d’expertise afin de pouvoir détecter toute anomalies qui
peuvent résidées au sein de ces installations.
1/ Méthodes d’examens et différents modes de ruptures
Méthodes de détection des fissures.
Il va de soi que le plus bel avenir que l’on puisse rêver pour nos connaissances sur les
phénomènes de rupture serait que, du fait de ces connaissances, ces phénomènes vinssent à
disparaître complètement de la pratique des constructions. Malheureusement, on est pas a
l’abri de ces accidents qui survient aux cours de service ou en essais ; Ceci nous a mener a
effectué des examens afin de pouvoir étudier les surfaces de rupture.
Cette étude se base sur l’application de la microfractographie, qui utilise le pouvoir de
résolution et la profondeur de champ qui est du point de vue de l’utilisation, les deux
caractéristiques essentielles du microscope électronique.
Les surfaces de rupture sont observées soit par l’intermédiaire de répliques a l’aide du
microscope électronique a transmission, soit directement dans le microscope a balayage.
A/Microscope électronique à transmission
Le pouvoir de résolution théorique du microscope électronique à transmission est limité à
environ 5 Aº, a la fois par les phénomènes de diffraction et par l’aberration de sphéricité des
lentilles qui croit comme le cube de l’ouverture. Les angles d’ouverture résultent donc d’un
compromis et sont inférieurs à 10-2 radians. Cette ouverture est en pratique à peu prés trois
cents fois plus faible que celle d’un objectif photonique à immersion. La diminution de
l’ouverture numérique a pour conséquences une augmentation considérable de la profondeur
de champ qui lui est inversement proportionnelle ; Cette caractéristique est encore de 2μ pour
une résolution de [Link] n’y a par ailleurs pas de problèmes de distance frontale.
La difficulté est d’une autre nature : l’observation se fait par transmission, les électrons
doivent traverser l’objet et il exclu d’examiner directement les cassures. Rupture des métaux
.B/Microscope électronique à balayage
Le microscope électronique a balayage permet d’examiner directement les surfaces de
rupture; la dimension des échantillons est cependant limitée par les possibilités de porte-
objets.
Dans cet appareil, l’objet est exploré séquentiellement, ligne après ligne, par une sonde
électronique très fines formées a partir d’un faisceau d’électrons focalisés sur la surface
métallique au moyens de lentilles magnétiques. La surface, ainsi irradiée, émet différents
signaux dans les principaux sont :
Des électrons primaires rétrodiffusés, d’énergies voisines de celles des électrons
incidents.
Des électrons secondaires de faibles énergies, issues de la cible et dues a la collision
d’électrons primaires avec ceux du métal.
L’un ou l’autre de ces signaux module la brillance du faisceau d’un oscillographe
cathodique sur l’écran duquel s’inscrit l’image.
Le microscope a balayage à aussi une très grande profondeur de champ et son pouvoir de
résolution est, en première approximation, de l’ordre de grandeur du diamètre de la sonde
électronique, c'est-à-dire environ 200A. Rupture des métaux
2/ Différents types de rupture
La rupture d’une pièce nécessite de formuler un diagnostic sur les causes et les
mécanismes mis en jeu, C’est le role de la fractographie à l’échelle macrographique, et de la
microfractographie à l’échelle du microscope électronique. Rupture des métaux
Et pour différencier les types de rupture, plusieurs critères ont étés proposés pour cet effet,
parmi eux :
1- Un critère macroscopique ou mécanique : Avec la présence ou non d’une
déformation plastique avant la rupture. Exemple lors de l’essai de traction.
Ductile Fragile
∆L
Figure 1 : Rupture ductile (a gauche) ; Rupture fragile (a droite) ;
2- Un critère microscopique, fondé sur l’observation de faciès de rupture, et qui peut
dépendre de l’échelle à laquelle est observé la cassure.
–Il existe généralement deux types de rupture, si on prend en considération la vitesse de
propagation des fissures.
A/ Les ruptures par fissuration rapide : Ce genre de rupture peut se présenter sous trois
formes bien distinctes :
Rupture ductile.
Rupture quasi-fragile.
Rupture fragile.
B/ Les ruptures après fissuration progressive : Dans ce cas la, la propagation des fissures peut
être due a des :
Sollicitations cycliques, telles que la fatigue mécanique ou thermique.
Sollicitations statiques, telles que la corrosion sous contraint, fluage,
etc. ;
Sollicitations complexes, telles que la fatigue-corrosion, fatigue -
fluage.
Or, la propagation de ces fissures peut être, soit :
Transgranulaires.
Intergranulaires. Précis de métallurgie
Comme nous l’avons mentionné préalablement, la classification de faciès de rupture peut se
faire à partir de l’apparence de la rupture, fragile ou ductile. C’est la classification la plus
ancienne.
Une autre classification peut se faire à partir du mode rupture, intergranulaire ou
transgranulaire. Cette classification [3] présente l’avantage d’insister sur le mécanisme de
propagation de la fissure. Elle peut se résumer à :
1-La rupture transgranulaire :
Par la coalescence des microvides.
Par clivage.
Par fatigue.
2-La rupture intergranulaire :
Par coalescence de microvides.
Par rupture fragile le long des joints des grains. A.G
DISCRIPTION DES DIFFERENTS TYPES DE RUPTURE
Les ruptures par propagation rapide des fissures :
1/Rupture ductile : Ce mode de rupture est caractérisé par une forte déformation plastique
après la phase élastique. L’énergie de rupture est alors beaucoup plus élevée. (Figure 5) ;
Les ruptures ductiles se produisent donc après le déplacement ou le glissement d’un grand
nombre de dislocations. Certaines d’entre elles viennent buter sur des obstacles tels que les
joints de grains, inclusions, précipités, etc. Cela entraîne des empilements de dislocations qui
conduisent à la formation des microvides ou microfissures. Lorsque ces défauts deviennent
importants, le métal se déchire. L’apparition de ces microvides a lieu surtout sur des
inclusions, par rupture de ces dernières ou par décohésion de leur interface avec la matrice.
A l’échelle macroscopique, la cassure a un aspect fibreux, et a l’échelle microscopique, on
voit des cupules correspondant à chaque cavité, ce qui confirme la présence de la déformation
plastique. L’allongement à la rupture est fonction de la contrainte hydrostatique, du fait la
pression hydrostatique tend à renfermer les cavités. Dunod aide mémoire.
σ a
σr σ Rupture ductile
σèl
0 ε
a b
Figure 2 : a/ Courbe de déformation d’un matériau ductile. Dislocations et plasticité
b/ Rupture ductile. (Faciès en cupules).
2/Rupture fragile :
Contrairement à la rupture ductile, la rupture fragile ce produit sans déformation plastique ou
avec une faible déformation. Prenons l’exemple de l’essai de traction, l’allongement ou la
striction à rupture seront nuls ou très petits. La déformation avant la rupture sera presque
élastique. Le phénomène de la rupture fragile correspond au cas ou les dislocations ne peuvent
pas se déplacer ou les mouvements sont difficiles et limités. C’est le cas des solides à liaisons
très orientées (ioniques ou covalentes) tels que les céramiques, les composés métalliques, etc.
C’est le cas aussi des alliages métalliques dans lesquels on à augmenté fortement les
caractéristiques de résistance (durcissement structural, précipitation, etc.).
Ces caractères expliquent que, généralement, la fragilité augmente avec la limite
d’élasticité. Les ruptures fragiles se faisant sans déformation plastique, elles se produisent par
décohésion de plans cristallographiques et présentent un aspect de facettes. Dunod (mat Mét)
. Dislocations et plasticité.
Figure 3 : Courbe de déformation d’un matériau fragile.
3/ Rupture quasi-fragile : C’est une rupture brutale qui se propage sans déformation
plastique macroscopique, mais avec une déformation plastique microscopique. Ce type de
rupture intervient dans une zone de transition qui sépare les deux modes citer plus haut,
(fragile, ductile).Les surfaces des cassures semi fragiles offrent dans une plage normale à la
direction de l’effort, un relief rayonnant à chevrons plus ou moins bien dessinés, lié au fait
que cette déchirure se réamorce constamment dans l’épaisseur de la pièce. Dans une lame, ce
relief prend une disposition en chevrons emboîtés. La pointe des chevrons est dirigée vers
l’amont de la déchirure, ainsi l’examen macroscopique permet de connaître le sens de
propagation de la rupture, et dans le cas d’une rupture amorcée sur une hétérogénéité de
structure, il aide à localiser ce défaut dont la nature pourra être ensuite identifiée, par
exemple, par un examen micrographique.
Figure 4 : Déchirure quasi fragile d’un tube d’acier doux : Amorce en
surface se propageant par des chevrons dans l’épaisseur de la paroi du tube.
(Zone en rouge). T.I
Rupture transgranulaire : Rupture qui se produit au travers des joints de grains de la
structure.
A/ Rupture par coalescence de microvides : Souvent, même dans les matériaux purs, on
rencontre des particules fragiles ou ayant une résistance plus faible que la matrice. Ces
particules peuvent être des fines précipitées, des carbures, des sulfures (souvent des sulfures
de manganèse dans les aciers) ou précipitées de seconde phase (γ dans les aciers
inoxydables).Ces particules sont peu déformables. Aussi quand la matrice se déforme
beaucoup il se crée, autour de ces particules, un champ de contraintes élevées qui peut amener
la rupture de l’interface particule-matrice. Les régions de fortes contraintes vont se déformer
plastiquement. Quand le matériau a atteint sa capacité maximale de déformation, il y à
rupture. Les traces de ces ruptures locales sur la surface de rupture s’appellent des cupules.
La rupture transgranulaire par coalescence de cupules est rencontrée très fréquemment dans
les métaux faiblement alliés, ou dans les ruptures survenant au-delà de la température de
transition ductile-fragile.
La taille et le nombre des cupules dépendent du nombre de centres d’initiation de la rupture
et de la plasticité du métal. Les défauts les plus efficaces sont des précipités de deuxième
phase, le plus souvent des inclusions. Il est à noter qu’il existe une taille minimale des
précipités pour initier les cupules. A.G
a b
Figure 5 : a) Rupture transgranulaire par coalescence des microvides. Mécanisme
b) Rupture transgranulaire par coalescence des microvides aux joints de grains du de la
nitrure d'aluminium AlN. déformation
B/ Rupture par clivage : Ce type est particulièrement dangereux, car la rupture se produit a
grande vitesse (40% de la vitesse du son dans le matériau) selon des plans cristallographiques
définis, avec une faible déformation plastique. Les conditions pour que le clivage se produise
sont liées à la structure cristallographique, au mode de chargement, et d’une façon générale à
tous les facteurs qui favorisent la triaxialité des contraintes. Ainsi des ruptures par clivage
transgranulaire se produisent dans les cubiques centrés et les hexagonaux compacts. La
rupture transgranulaire par clivage idéal sera donc, telle que les deux surfaces de rupture
correspondent exactement.
La contrainte qu’il faut exercer localement pour amorcer un clivage est très élevée (de
l’ordre du dixième du module d’Young). Le processus se déclenche par des déformations
plastiques hétérogènes qui créent de très importantes concentrations de contraintes, à l’échelle
microscopique, par poinçonnage interne : ces déformations peuvent être des bandes de
glissement étroites ou des macles. L’apparition du clivage a lieu quand la contrainte est
suffisante dans l’élément de volume. σ a atteint une contrainte critique σf ; cette contrainte de
clivage est peu fonction de la température. Elle diminue quand la vitesse de sollicitation
augmente. Cette contrainte dépend essentiellement de la taille d du grain et elle varie comme
d –1/2. Il est important de comprendre que, de toute façon, le clivage, d’après le mécanisme
décrit, ne peut survenir que si la limite d’élasticité a été atteinte. A.G
a b
Figure 6 : a) Rupture transgranulaire par clivage.
T.I
b) Rupture par clivage d’un acier extra-doux : a partir d’un joint de grain vers un autre.
C/ Rupture par fatigue : Les grandes lignes du comportement en fatigue d’une fissure sont
aujourd’hui bien connues. Grossièrement, on peut rappeler que le comportement d’une fissure
se décompose en trois stades : L’initiation, la propagation et la rupture finale.
1- La zone d’amorçage de la fissure, qui est une région de concentration de contraintes
constituée de défauts préexistants, très souvent des inclusions, ou de chargement brusque
de section. En l’absence de tels défauts, des bandes de glissement créent des amorces.
2- Une zone de propagation de la rupture de fatigue, d’aspect lisse et soyeux, sans
déformation plastique apparente. Cette zone est souvent striée ; chaque strie peut
correspondre à un chargement de régime de fatigue (arrêt, démarrage) ou même à chaque
cycle.
3- Une zone de rupture. A.G
Figure 7 : Cassure par fatigue à la surface et à 20 mm de profondeur d’un cylindre de laminoir à froid .
T.I
La rupture intergranulaire :
C’est une rupture qui se produit le long des joints des grains. Le joint est plus faible que la
matrice ; Plus les précipités seront grands, plus la rupture sera intergranulaire. La rupture peut
être ductile ou fragile. Les ruptures intergranulaires sont a la fois celles qui se propagent aux
interfaces séparant les grains d’une même phase et celles qui se propagent aux limites entre
des phases de nature différente.;
Les joins de grains peuvent perdre leur cohésions quand les constituant étranger vient
s’intercaler entre les deux réseaux des grains adjacents. Il faut envisager deux cas selon que la
présence d’impuretés aux joints se manifeste ou non par la formation d’une seconde phase.
Dunod
Un autre cas peut être mis a jour, par la présence ou non d’impuretés, c’est la fragilité
intergranulaire induite par la formation d’une seconde phase aux joints de grains. De
nombreux cas de fragilité intergranulaire sont dus à des précipitations le long des joints.
Lorsqu’un alliage contenant des précipités intergranulaires est soumis à une déformation a
froid. Les précipités, souvent plus durs que la matrice jouent un rôle mécanique important ; ils
ne peuvent suivre les déformations du métal sans se rompre ou se décoller ; il y a ainsi
formation d’amorces de rupture susceptibles de favoriser, voir de provoquer la propagation de
la rupture le long des joints, par un mécanisme analogue a celui d’une rupture ductile ;
immédiatement en avant du front de rupture. En raison de la forte triaxialité des contraintes, le
mécanique d’amorçage joue de proche en proche, produisant ainsi les trous qui donnent
naissance aux cupules. Ce type de rupture intergranulaire pressente donc une grand similitude
d’aspect « d’intergranulaire ductile ».
L’aspect des surfaces de rupture de ce type dépend de la dimension et de la reptation des
précipites dans le joint : plus le nombre de précipités par unité de surface est élevé plus grand
est la nombre de cupules, et du fait l’épaisseur de la zone déformée est réduite, le long du
joint par la propagation de la rupture ; ainsi l’énergie dépensée pour cette propagation décroît
quand la densité des particules croit.
La formation des précités intergranulaire s’accompagne toujours d’une modification de la
composition chimique de la matrice.
Il peut en résulter une variation de la ductilité des zones voisines du joint, c’est l’un autre
facteur qui doit également intervenir dans le mécanisme de la fragilité intergranulaire.
Dans certaines cas, la fragilité intergranulaire provoquée par des précipites peut en partes
disparate lorsque la matrice est le siège d’une précipitation intracristalline dense ; la présence
des précipites semble modification les conditions dans lesquelles peuvent se former les
contraintes aux joint de gains. Rupture des métaux
IL existe deux types de rupture intergranulaire comme nous l’avons mentionné
précédement :
A/ Rupture par coalescence des microvides : Ce mode de rupture a été observé dans les
alliages contenant des précipités dans les joints de grains. Ces deuxièmes phases, souvent plus
dures que la matrice (carbures, carbonitrures,…) agissant, surtout à basse température comme
amorce de rupture.
La déformation plastique est ainsi concentrée dans la zone moins riche en élément
d’alliages. Les précipités longs et plats auront tendance à engendrer un faciès de rupture
fragile.
Les faciès de rupture intergranulaire ductile sont caractérisés par des surfaces de grain bien
marqué, avec des cupules, généralement un peu moins bien définis que celles des ruptures
transcristallines. Ce type de rupture a été observé comme conséquence de certains traitements
thermiques conduisant à une précipitation d’une seconde phase aux joints de grains. C’est le
cas de la fragilité après surchauffe des aciers faiblement alliés austénitisés a hautes
température. A.G
Figure 8 : Rupture intergranulaire par coalescence des microvides.
B/Rupture fragile le long des joints des grains : Ce faciès de rupture est rencontré dans
tous les matériaux ou la cohésion du joint de grain est moindre que celui de la matrice. La
rupture intergranulaire fragile engendre un faciès ou les grains sont très évidents, bien
découpés, les surfaces des joints de grains très lisses.
Ce type de rupture se rencontrer à haute température, sous des conditions de fluage, de
corrosion, de fragilisation par l’hydrogène, en fatigue. Exemple des aciers inoxydables qui
sont sensibles à la fragilisation intergranulaire par précipitation de carbure dans les joints de
grains. A.G .
Figure 9 : Rupture intergranulaire fragile le long des joints des grains.
3/ Influence des facteurs métallurgiques
Le mécanisme de rupture est un phénomène qui dépend de plusieurs facteurs, qui peuvent
avoir une grande influence sur le processus d’amorçage et propagation des fissures.
Parmi ces facteurs, on peut citer :
3-1/ Influence de la vitesse de déformation :
Compte tenu de la vitesse de déplacement des dislocations, on comprend qu’une déformation
trop rapide limite le mouvement de ces dislocations ; Par conséquent, la ductilité diminue.
C’est cette déformation, au voisinage immédiat de la pointe de fissure, qui entraîne la
réalisation des étapes microscopiques d’extension de la fissure. (Dans le cas ou il y’a jonction
entre cette déformation et une cavité, on assiste alors a la formation d’une cupule) . Rupture des
métaux.
Figure10 : Modélisation et visualisation expérimentale de la localisation de la déformation
plastique suivant des bandes de Portevin Le Chatelier, avec une vitesse imposée dans une
éprouvette plate entaillée, sollicitée en traction simple
Echelles Pertinentes en mécanique des matériaux
3-2/ Influence de l’effet d’entaille :
La présence d’un défaut ou d’une entaille entraîne une concentration de contraintes qui peut
modifier le régime de rupture.
Pour l’essai de traction par exemple, les résultats dépendent essentiellement, de la géométrie
de la pièce, mais aussi de la profondeur de l’entaille, si elle existe. Dunod (Mat .Méta).
L’effet d’entaille est une action analogue à un affaiblissement superficiel qu’exerce tout
accident de forme constituant une entaille non parallèle à la contrainte principale responsable
de la fissuration. Deux cas sont à considérer : effet d’entaille perpendiculaire à la contrainte
principale et effet d’entaille oblique. Lorsque l’effet d’entaille est perpendiculaire, on observe
un étalement de la cassure le long de l’effet d’entaille.
S’il y a obliquité de l’effet d’entaille par rapport à la direction générale des contraintes, la
fissure suit d’abord le fond de l’entaille, la fissure se subdivise en une série de fissures
distinctes, orthogonales à la direction générale des contraintes, et plus ou moins imbriquées
les unes dans les autres. Rupture des métaux.
a) b)
Dunod
Figure 11 : a) Evolution de la limite d’élasticité en fonction de la température, par effet de l’entaille (Mét).
b) Variation de la grandeur caractéristique a dans la formule de la sensibilité à T.I
l’entaille. (a étant la profondeur de l’entaille) ;
.
3-3/ Influence de la température de transition :
Quand la température détroit, le mouvement des dislocations, qui est activé thermiquement,
devient de plus en plus difficile ; Par conséquent, la scission nécessaire pour les déplacer
augmente et avec elle la limite d’élasticité. A une température assez basse, la déformation
plastique devient impossible avant rupture du matériau.
Ainsi, il existe une température dite de transition au-dessous de laquelle le matériau devient
fragile. Dunod (Mat.Mét)
Figure 12 : Transition fragile – ductile d'un acier ferritique (0.09 % C) : Aspect de la surface de
rupture
.
MECANISMES
DE LA DEFORMATION PLASTIQUE
3-4/ Influence du facteur d’intensité de contrainte K :
Le paramètre K, qui fait la synthèse a lui tout seul de la géométrie de la pièce fissurée, de la
longueur de la fissure et du chargement appliqué, est appelé facteur d’intensité des
contraintes.
Dans de nombreuses études, il a été prouvé que la rupture s’initie à fond de fissure dans le
plan ou la contrainte KI est [Link] rupture se produit lorsque le facteur d’intensité de
contrainte KI atteint une valeur critique KIC. Cette valeur caractérise quantativement la
résistance du matériau à la propagation brutale de la fissure. T.I
Les principales causes de concentrations de contraintes sont les discontinuités, telles que les
trous, les entailles, les écoulements, etc. ;
Figure 11 : Illustration schématique qualitative montrant l’origine de la concentration de contraintes.
3-5/ Influence de l’épaisseur de la pièce :
La ténacité à rupture des matériaux décroît quand l’épaisseur augmente. Puisque le mode de
rupture passe d’un mode en contrainte plane à un mode de déformation plane.
Cet effet se produit en raison du fait que le facteur de concentration de contrainte plastique
décroît quand le degré de déformation décroît. Et par conséquent, une augmentation de la
contrainte appliquée nécessite une augmentation de la taille de la zone plastique.
Rupture des métaux
Figure 12 – Dépendance de Kc en fonction de l’épaisseur de la pièce
T.I
3-6/ Influence de la limite élastique :
La limite élastique d’un alliage métallique n’est pas une propriété intrinsèque puisqu’elle
correspond à l’apparition de la déformation plastique. Or celle-ci repose sur des mécanismes
microscopiques qui sont sensibles à la température.
Si la déformation plastique est difficile à mettre en oeuvre, le matériau pourra atteindre sa
contrainte de rupture sans déformation plastique : le matériau sera dit fragile et présente un
comportement presque élastique. Si ce n’est pas le cas, la déformation plastique peut se
développer avec une amplitude suffisante avant la rupture, on parlera dans ce cas la d’une
rupture ductile.
Selon les conditions de sollicitation en contrainte et en température, la limite élastique peut
évoluer de manière différente de la contrainte de rupture, et un même matériau pourra être
fragile ou ductile.
En règle générale, la limite élastique diminue avec l’élévation de température, mais cette
variation dépend fortement à la fois de la microstructure et du processus de déformation
plastique le plus favorable à température donnée.
Il faut prendre en compte la vitesse de chargement en contrainte ou la vitesse de
déformation imposée, car c’est une donnée souvent contingente dans l’utilisation des pièces
métalliques. Et de ce fait, on peut conclure que, plus la limite d’élasticité diminue, et plus le
matériau devient plus tenace, c’est-à-dire, augmentation de la fragilité.
3-7/ Influence du taux d’austénite résiduelle :
En sachant que l’austénite diminue vraisemblablement la ductilité du matériau, ce dernier a
tendance à se rompre, si il y’a rupture d’une façon fragile.
Rupture des métaux
Figure 13 : Variation de limite d’élasticité avec la teneur d’austénite résiduelle.
4/ Technique de détection
Il existe d’autre méthodes or les dtfférents microscopes pour la détection d’éventuelles
fissures dans les pièces lors de leur mise en service, et qui peuvent provoquer des cassures.
Pour les cassures franches séparant une pièce en fragments distincts, il n’y a naturellement
pas d’autre problème de détection que de retrouver tous les fragments de la pièce, ce qui n’est
d’ailleurs pas toujours facile. Par contre, la détection des fissures qui ne sont pas franchement
ouvertes peut nécessiter des moyens plus surs que la simple observation à l’œil nu, surtout si
ces fissures ne débouchent pas ou si elles débouchent dans une région non accessible de la
surface de la pièce.
Fissures Internes
Parmi les essais non destructifs la radiographie se prête mal à la recherche des fissures,
surtout lorsque leur orientation est inconnue. On utilise le plus souvent les procédés
électriques (courant de Foucault° et surtout le sondage par écho d’ultrasons, cette dernière
technique permettant quelquefois de déterminer l’étendue des fissures décelées.
La présence d’une fissure peut également se traduire par une modification décelable de la
rigidité de la pièce et cette modification permet de recourir au sonnage de certaines pièces
particulières pour savoir si elles sont fissurées.
Fissures débouchant à l’extérieur
Lorsque les fissures débouchent à l’extérieur dans une région accessible de la surface de la
pièce, on peut utiliser plusieurs méthodes de recherche. La plus simple est l’examen à l’œil nu
ou à la loupe. Cet examen donne de meilleurs résultats si la surface de la pièce a subi au
préalable une préparation soignée (polissage etc...) terminée par une attaque chimique ou un
polissage électrolytique. Lorsque la surface à examiner n’est pas plane, on retrouve plus
sûrement l’ensemble des fissures dont elle est affectée en prenant une réplique
nitrocellulosique de haute fidélité. Le second avantage de cette méthode est que cette réplique
peut être examinée à de plus forts grossissements que la loupe et une préparation très poussée
de la surface peut être dans certains cas superflue.