Chapitre 1 : Le régime juridique et le fonctionnement des associations
L'association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en
commun leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des
bénéfices.
I. Les di érentes formes d'associations
Association de fait (non déclarée) : Contrat consensuel sans écrit obligatoire.
Elle n'a pas de personnalité juridique ni de patrimoine. Les membres engagent
leur responsabilité personnelle.
Association déclarée : Acquiert la personnalité morale et la capacité juridique
dès sa publication au Journal o iciel. La déclaration se fait en préfecture ou
sous-préfecture.
Association reconnue d’utilité publique (RUP) : Nécessite 3 ans d'existence, au
moins 200 adhérents, des statuts types du Conseil d’État et des ressources
annuelles de 46 000 €. Elle peut recevoir des donations et des legs.
Association agréée : Condition pour obtenir certaines subventions ou se porter
partie civile (ex: associations de consommateurs).
II. Création et Gouvernance
Conditions de formation : Minimum deux personnes (physiques ou morales).
Consentement non vicié et contenu licite.
Cas des mineurs : Un mineur de 16 à 18 ans peut participer aux AG et être élu au
CA, mais ne peut pas être président, trésorier ou secrétaire général.
Statuts et Formalités : Les statuts sont obligatoires pour la déclaration. Ils
doivent préciser le titre, l’objet et le siège social. L'autorité doit délivrer un
récépissé dans les 5 jours.
Organes dirigeants : Généralement un bureau (président, secrétaire, trésorier)
et parfois un conseil d'administration. Les pouvoirs sont fixés par les statuts.
III. Responsabilités et Dissolution
Responsabilité : L'association est responsable pénalement des infractions
commises pour son compte par ses organes. Elle a une obligation de sécurité
envers ses membres.
Bénévolat : Pas de lien de subordination ni de rémunération. En cas d'accident,
l'association doit l'indemniser via une "convention de tacite assistance".
Dissolution : Le boni de liquidation ne peut pas être partagé entre les membres
(sauf reprise des apports). La personnalité morale survit pour les besoins de la
liquidation.
Chapitre 2 : Fiscalité, Fondations et autres Organismes (OSBL)
I. Le régime fiscal des associations
L'administration fiscale examine la lucrativité en trois étapes:
1. Gestion désintéressée : Dirigeants bénévoles et pas de distribution de
bénéfices.
o Rémunération : Autorisée jusqu'à $3/4$ du Smic par dirigeant.
o Seuils pour rémunérer plus (1 à 3 dirigeants) : 0 si ressources $\le$ 200
k€ ; 1 si entre 200 k€ et 500 k€ ; 2 si entre 500 k€ et 1 M€ ; 3 au-delà de 1
M€.
2. Examen de la concurrence : Si l'activité ne concurrence pas le secteur
commercial, elle est exonérée.
3. La règle des 4P : Si concurrence, on analyse le Produit, le Public, le Prix et la
Publicité.
Franchise d'impôt : Exonération des recettes lucratives accessoires si elles ne
dépassent pas 80 011 €.
IS Patrimonial : Taxe sur les revenus de patrimoine (24% sur les locations, 10%
sur les obligations, 15% sur les dividendes).
II. Les Fondations et Fonds
Fondation : A ectation irrévocable de biens à une œuvre d’intérêt général.
o Fondation RUP : Peut détenir des immeubles de placement (revenus
locatifs), contrairement aux associations.
o Fondation d’entreprise : Créée pour 5 ans min. avec 150 000 € min. Pas
d'appel à la générosité publique.
o Fondation universitaire : Abritée par l'université, elle n'a pas la
personnalité juridique.
Fonds de dotation : Personne morale de droit privé, dotation initiale de 15 000 €
min. Appel à la générosité publique autorisé, mais aucune subvention
publique.
Fonds de pérennité : Gère des titres de sociétés pour assurer leur survie
économique et financer des œuvres d'intérêt général.
III. Contrôle légal (Commissaire aux Comptes)
La nomination d'un CAC est obligatoire si:
Subventions publiques ou dons défiscalisés > 153 000 €.
Dépassement de 2 des 3 seuils (activité économique) : 1,55 M€ (bilan), 3,1 M€
(CA), 50 salariés.
Rémunération des dirigeants ou émission d'obligations.