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Co-R Eduction de Formes Symplectiques.: MPI - DS3 - 2024-2025

Le document présente un devoir surveillé sur la co-réduction de formes symplectiques, abordant des concepts tels que les espaces vectoriels, les formes bilinéaires, et les structures complexes. Il est divisé en trois parties : la première traite des bases symplectiques, la deuxième des outils sur les polynômes, et la troisième de la réduction simultanée des formes symplectiques. Chaque partie contient des questions et des démonstrations visant à établir des propriétés et des résultats fondamentaux liés aux formes symplectiques.

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Le document présente un devoir surveillé sur la co-réduction de formes symplectiques, abordant des concepts tels que les espaces vectoriels, les formes bilinéaires, et les structures complexes. Il est divisé en trois parties : la première traite des bases symplectiques, la deuxième des outils sur les polynômes, et la troisième de la réduction simultanée des formes symplectiques. Chaque partie contient des questions et des démonstrations visant à établir des propriétés et des résultats fondamentaux liés aux formes symplectiques.

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MPI - DS3** - 2024-2025 1

DEVOIR SURVEILLE 3**

Co-réduction de formes symplectiques.

Dans tout le problème


- E est un R-espace vectoriel de dimension finie n ∈ N∗ ,
- Id est l’application identité sur E : Id(x) = x pour tout x ∈ E,
- L(E) est l’algèbre des endomorphismes de E,
- GL(E) est le groupe des automorphismes de E,
- E ∗ = L(E, R) est l’espace vectoriel des formes linéaires sur E,
- A(E) est l’espace vectoriel des applications ω : E × E → R qui sont bilinéaires et antisymétriques,
c’est-à-dire qui vérifient, quel que soit (x, y, z) ∈ E 3 et quel que soit λ ∈ R,

ω(λx + y, z) = λω(x, z) + ω(y, z), ω(x, λy + z) = λω(x, y) + ω(x, z)


ω(x, y) = −ω(y, x)

Pour tout ω ∈ A(E) et x ∈ E, on note ω(x, ·) la forme linéaire définie par

ω(x, ·) : E → R
y 7→ ω(x, y)

Pour tout ω ∈ A(E), on note ϕω l’application linéaire définie par

ϕω : E → E ∗
x 7→ ω(x, ·)

Un élément ω de A(E) est appelé forme symplectique sur E si ϕω est un isomorphisme de E sur E ∗ .
Un élément J de L(E) est appelé structure complexe sur E s’il vérifie J 2 = −Id.
On dit qu’une forme symplectique ω sur E dompte une structure complexe J si ω(x, J(x)) > 0 pour
tout x ∈ E\{0}.

On note
- Mn (R) l’algèbre des matrices carrées de taille n à coefficients réels,
- GLn (R) le groupe des matrices inversibles de taille n à coefficients réels,
- In la matrice unité de taille n,
- lorsque n est pair, Jn la matrice carrée de taille n définie par blocs
!
0 −I 2n
Jn = 2
I n2 0

- det l’application déterminant sur Mn (R),


- t M la transposée de la matrice M .
On identifie tout élément de M1 (R) à un nombre réel.

La partie I est utilisée dans la partie III. Les parties II et III sont indépendantes entre elles.
MPI - DS3** - 2024-2025 2

Partie I : Bases symplectiques


1. Montrer que la dimension de l’espace vectoriel E ∗ vaut n.
2. Montrer que ω(x, x) = 0 pour tout ω ∈ A(E) et pour tout x ∈ E.
3. Soit ω ∈ A(E) et B = (b1 , . . . , bn ) une base de E.
(a) Montrer qu’il existe une unique matrice M ∈ Mn (R), dont on précisera les coefficients,
telle que pour tout (x, y) ∈ E 2 , ω(x, y) =t XM Y où X, Y ∈ Rn sont les matrices colonnes
représentant respectivement x et y dans la base B :
   
x1 y1 x = x1 b1 + · · · + xn bn ,
X =  ...  , Y =  ...  ,
   

xn yn y = y1 b1 + · · · + yn bn .

On notera alors M = MatB (ω).


(b) Montrer que M est antisymétrique, c’est-à-dire que t M = −M .
(c) Montrer que l’espace vectoriel A(E) est de dimension 1 lorsque E est de dimension 2.
(d) Montrer l’équivalence entre les trois énoncés suivants.
(E1 ) ω est une forme symplectique sur E.
(E2 ) Pour tout x ∈ E\{0}, il existe y ∈ E tel que ω(x, y) 6= 0.
(E3 ) MatB (ω) est inversible.
4. Montrer que, s’il existe une forme symplectique sur E, alors E est de dimension paire.
Dorénavant, jusqu’à la fin du problème, n est un entier pair > 2.
5. Montrer que l’application ω0 définie par

ω0 : Rn × Rn → R
(X, Y ) 7 t XJn Y

est une forme symplectique sur Rn .


Jusqu’à la fin de cette partie, on fixe une forme symplectique ω sur E.

Le but des questions 6 à 9 est de montrer qu’il existe une base B de E telle que MatB (ω) = Jn .
6. Traiter le cas où E est de dimension 2 .
7. Soit F un sous-espace vectoriel de E.
(a) Montrer que, pour toute forme linéaire u : F → R, il existe une forme linéaire u
e:E→R
dont la restriction à F coı̈ncide avec u.
On note F ω le sous-espace vectoriel de E défini par

F ω = {x ∈ E : ∀y ∈ F, ω(x, y) = 0}

et ψF l’application linéaire définie par

ψF : E → F∗
x 7→ ϕω (x)|F

où ϕω (x)|F est la restriction de ϕω (x) à F .


(b) Montrer que la restriction de ω à F × F est une forme symplectique sur F si et seulement
si F ∩ F ω = {0}.
MPI - DS3** - 2024-2025 3

(c) Quels sont le noyau et l’image de ψF ?


(d) Montrer que dim(F ) + dim (F ω ) = dim(E).
(e) Montrer que, si la restriction de ω à F × F est une forme symplectique sur F , alors
E = F ⊕ F ω et la restriction de ω à F ω × F ω est une forme symplectique sur F ω .
8. Montrer par récurrence qu’il existe une base Be de E telle que
 
J2 0 ··· 0
 .. .. 
 0 J2 . . 
MatBe(ω) = 
 .. .. ..


 . . . 0 
0 ··· 0 J2

9. Conclure. En déduire que ω dompte au moins une structure complexe sur E.

Partie II : Deux outils sur les polynômes


On note Rd [X] l’espace vectoriel des polynômes de degré 6 d à coefficients réels, pour tout d ∈ N.
10. Soit P, Q ∈ R[X] des polynômes non nuls de degrés respectifs p et q strictement positifs.
Montrer que l’application linéaire LP,Q définie par

LP,Q : Rq−1 [X] × Rp−1 [X] → Rp+q−1 [X]


(V, W ) 7→ V P + W Q

est un isomorphisme si et seulement si P et Q sont premiers entre eux dans R[X].


11. Soit d ∈ N∗ . Construire une application

r : Rd [X] → R
P 7→ r(P )

polynomiale en les coefficients de P , telle que, si r(P ) est non nul, alors les racines de P dans
C sont simples.
Indication : On pourra utiliser la question précédente.
12. Soit d ∈ N∗ et f une fonction polynomiale sur Rd . On suppose que la fonction f est non
nulle. Montrer que f −1 (R\{0}) est dense dans Rd . Indication : on pourra utiliser le fait qu’un
polynôme non nul à une variable n’a qu’un nombre fini de racines.

Dans la partie III, on fixe deux formes symplectiques ω et ω1 sur E.

Partie III : Réduction simultanée


13. Montrer qu’il existe un unique u ∈ GL(E) tel que ω1 (x, y) = ω(u(x), y) pour tout (x, y) ∈ E 2 .
Montrer alors que u appartient à l’ensemble S défini par

S = u ∈ GL(E) : ∀(x, y) ∈ E 2 , ω(x, u(y)) = ω(u(x), y)




Dans les questions 14 à 19, on suppose que E est de dimension 4.


14. Soit B une base de E telle que MatB (ω) = J4 . Soit U ∈ M4 (R) la matrice de u dans la base B.
(a) Quelle relation y a-t-il entre les matrices J4 et U ?
MPI - DS3** - 2024-2025 4

(b) Montrer qu’il existe N ∈ M2 (R) et α, β ∈ R tels que


 
N αJ2
U=
βJ2 t N

(c) Déterminer, en fonction de N, α et β les coefficients du polynôme T défini par T (X) =


det (N − XI2 ) + αβ. Montrer que T est un polynôme annulateur de U .
Dans les questions 15 à 19, on suppose que u n’admet aucune valeur propre réelle.
Le but des questions 15 à 19 est de montrer qu’il existe une base Be de E, r > 0 et θ ∈ R\πZ tels que
 
0 −R−θ
MatB̃ (ω) = J4 et MatB̃ (ω1 ) = r
Rθ 0
 
cos θ − sin θ
où Rθ = .
sin θ cos θ
15. Montrer que U est diagonalisable sur C. En déduire qu’il existe λ ∈ C\R et des vecteurs Z et
Y de C4 linéairement indépendants sur C tels que U Z = λZ et U Y = λY .
16. Soient Z1 , Z2 , Y1 , Y2 des vecteurs de R4 tels que Z = Z1 + iZ2 et Y = Y1 + iY2 . Soient
(z1 , z2 , y1 , y2 ) ∈ E 4 de coordonnées respectives Z1 , Z2 , Y1 , Y2 dans la base B. Montrer que
Be := (z1 , z2 , y1 , −y2 ) est une base de E.
17. Montrer que
ω (z1 , z2 ) = ω (y1 , y2 ) = 0
ω (z1 , y1 ) = −ω (z2 , y2 )
ω (z1 , y2 ) = ω (z2 , y1 )
18. Montrer que, quitte à remplacer Y par ξY avec ξ ∈ C\{0} bien choisi, on a ω (z1 , y1 ) = −1 et
ω (z1 , y2 ) = 0.
19. Montrer qu’il existe r > 0 et θ ∈ R\πZ tels que
 
Rθ 0
MatB̃ (u) = r
0 R−θ

et conclure.
Jusqu’à la fin de cette partie, on ne fait plus d’hypothèse sur la dimension de E ni sur l’endomorphisme
u. On considère un polynôme P ∈ R[X] annulateur de u et une décomposition P = P1 · · · Pr , où r ∈ N∗
et P1 , . . . , Pr sont des polynômes premiers entre eux deux à deux dans R[X]. On note Fj = ker [Pj (u)]
pour j = 1, . . . , r.
20. Montrer que E = F1 ⊕ · · · ⊕ Fr et que Fj est stable par u pour j = 1, . . . , r.
21. Montrer que, pour tous j et k appartenant à {1, . . . , r} et distincts, on a Fk ⊂ Fjω et Fk ⊂ Fjω1
(la notation F ω est définie en question 7 ).
On dit alors que F1 , . . . , Fr sont deux à deux orthogonaux pour ω et pour ω1 .
22. En déduire que, pour tout j ∈ {1, . . . , r}, les restrictions de ω et ω1 à Fj × Fj sont des formes
symplectiques sur Fj .
23. On suppose que le polynôme caractéristique de u est à racines au plus doubles dans C. Montrer
que E est la somme directe de sous-espaces de dimension 2 ou 4 , deux à deux orthogonaux
pour ω et ω1 , et sur lesquels les restrictions de ω et ω1 sont des formes symplectiques.

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