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DEVOIR SURVEILLE 3**
Co-réduction de formes symplectiques.
Dans tout le problème
- E est un R-espace vectoriel de dimension finie n ∈ N∗ ,
- Id est l’application identité sur E : Id(x) = x pour tout x ∈ E,
- L(E) est l’algèbre des endomorphismes de E,
- GL(E) est le groupe des automorphismes de E,
- E ∗ = L(E, R) est l’espace vectoriel des formes linéaires sur E,
- A(E) est l’espace vectoriel des applications ω : E × E → R qui sont bilinéaires et antisymétriques,
c’est-à-dire qui vérifient, quel que soit (x, y, z) ∈ E 3 et quel que soit λ ∈ R,
ω(λx + y, z) = λω(x, z) + ω(y, z), ω(x, λy + z) = λω(x, y) + ω(x, z)
ω(x, y) = −ω(y, x)
Pour tout ω ∈ A(E) et x ∈ E, on note ω(x, ·) la forme linéaire définie par
ω(x, ·) : E → R
y 7→ ω(x, y)
Pour tout ω ∈ A(E), on note ϕω l’application linéaire définie par
ϕω : E → E ∗
x 7→ ω(x, ·)
Un élément ω de A(E) est appelé forme symplectique sur E si ϕω est un isomorphisme de E sur E ∗ .
Un élément J de L(E) est appelé structure complexe sur E s’il vérifie J 2 = −Id.
On dit qu’une forme symplectique ω sur E dompte une structure complexe J si ω(x, J(x)) > 0 pour
tout x ∈ E\{0}.
On note
- Mn (R) l’algèbre des matrices carrées de taille n à coefficients réels,
- GLn (R) le groupe des matrices inversibles de taille n à coefficients réels,
- In la matrice unité de taille n,
- lorsque n est pair, Jn la matrice carrée de taille n définie par blocs
!
0 −I 2n
Jn = 2
I n2 0
- det l’application déterminant sur Mn (R),
- t M la transposée de la matrice M .
On identifie tout élément de M1 (R) à un nombre réel.
La partie I est utilisée dans la partie III. Les parties II et III sont indépendantes entre elles.
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Partie I : Bases symplectiques
1. Montrer que la dimension de l’espace vectoriel E ∗ vaut n.
2. Montrer que ω(x, x) = 0 pour tout ω ∈ A(E) et pour tout x ∈ E.
3. Soit ω ∈ A(E) et B = (b1 , . . . , bn ) une base de E.
(a) Montrer qu’il existe une unique matrice M ∈ Mn (R), dont on précisera les coefficients,
telle que pour tout (x, y) ∈ E 2 , ω(x, y) =t XM Y où X, Y ∈ Rn sont les matrices colonnes
représentant respectivement x et y dans la base B :
x1 y1 x = x1 b1 + · · · + xn bn ,
X = ... , Y = ... ,
xn yn y = y1 b1 + · · · + yn bn .
On notera alors M = MatB (ω).
(b) Montrer que M est antisymétrique, c’est-à-dire que t M = −M .
(c) Montrer que l’espace vectoriel A(E) est de dimension 1 lorsque E est de dimension 2.
(d) Montrer l’équivalence entre les trois énoncés suivants.
(E1 ) ω est une forme symplectique sur E.
(E2 ) Pour tout x ∈ E\{0}, il existe y ∈ E tel que ω(x, y) 6= 0.
(E3 ) MatB (ω) est inversible.
4. Montrer que, s’il existe une forme symplectique sur E, alors E est de dimension paire.
Dorénavant, jusqu’à la fin du problème, n est un entier pair > 2.
5. Montrer que l’application ω0 définie par
ω0 : Rn × Rn → R
(X, Y ) 7 t XJn Y
→
est une forme symplectique sur Rn .
Jusqu’à la fin de cette partie, on fixe une forme symplectique ω sur E.
Le but des questions 6 à 9 est de montrer qu’il existe une base B de E telle que MatB (ω) = Jn .
6. Traiter le cas où E est de dimension 2 .
7. Soit F un sous-espace vectoriel de E.
(a) Montrer que, pour toute forme linéaire u : F → R, il existe une forme linéaire u
e:E→R
dont la restriction à F coı̈ncide avec u.
On note F ω le sous-espace vectoriel de E défini par
F ω = {x ∈ E : ∀y ∈ F, ω(x, y) = 0}
et ψF l’application linéaire définie par
ψF : E → F∗
x 7→ ϕω (x)|F
où ϕω (x)|F est la restriction de ϕω (x) à F .
(b) Montrer que la restriction de ω à F × F est une forme symplectique sur F si et seulement
si F ∩ F ω = {0}.
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(c) Quels sont le noyau et l’image de ψF ?
(d) Montrer que dim(F ) + dim (F ω ) = dim(E).
(e) Montrer que, si la restriction de ω à F × F est une forme symplectique sur F , alors
E = F ⊕ F ω et la restriction de ω à F ω × F ω est une forme symplectique sur F ω .
8. Montrer par récurrence qu’il existe une base Be de E telle que
J2 0 ··· 0
.. ..
0 J2 . .
MatBe(ω) =
.. .. ..
. . . 0
0 ··· 0 J2
9. Conclure. En déduire que ω dompte au moins une structure complexe sur E.
Partie II : Deux outils sur les polynômes
On note Rd [X] l’espace vectoriel des polynômes de degré 6 d à coefficients réels, pour tout d ∈ N.
10. Soit P, Q ∈ R[X] des polynômes non nuls de degrés respectifs p et q strictement positifs.
Montrer que l’application linéaire LP,Q définie par
LP,Q : Rq−1 [X] × Rp−1 [X] → Rp+q−1 [X]
(V, W ) 7→ V P + W Q
est un isomorphisme si et seulement si P et Q sont premiers entre eux dans R[X].
11. Soit d ∈ N∗ . Construire une application
r : Rd [X] → R
P 7→ r(P )
polynomiale en les coefficients de P , telle que, si r(P ) est non nul, alors les racines de P dans
C sont simples.
Indication : On pourra utiliser la question précédente.
12. Soit d ∈ N∗ et f une fonction polynomiale sur Rd . On suppose que la fonction f est non
nulle. Montrer que f −1 (R\{0}) est dense dans Rd . Indication : on pourra utiliser le fait qu’un
polynôme non nul à une variable n’a qu’un nombre fini de racines.
Dans la partie III, on fixe deux formes symplectiques ω et ω1 sur E.
Partie III : Réduction simultanée
13. Montrer qu’il existe un unique u ∈ GL(E) tel que ω1 (x, y) = ω(u(x), y) pour tout (x, y) ∈ E 2 .
Montrer alors que u appartient à l’ensemble S défini par
S = u ∈ GL(E) : ∀(x, y) ∈ E 2 , ω(x, u(y)) = ω(u(x), y)
Dans les questions 14 à 19, on suppose que E est de dimension 4.
14. Soit B une base de E telle que MatB (ω) = J4 . Soit U ∈ M4 (R) la matrice de u dans la base B.
(a) Quelle relation y a-t-il entre les matrices J4 et U ?
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(b) Montrer qu’il existe N ∈ M2 (R) et α, β ∈ R tels que
N αJ2
U=
βJ2 t N
(c) Déterminer, en fonction de N, α et β les coefficients du polynôme T défini par T (X) =
det (N − XI2 ) + αβ. Montrer que T est un polynôme annulateur de U .
Dans les questions 15 à 19, on suppose que u n’admet aucune valeur propre réelle.
Le but des questions 15 à 19 est de montrer qu’il existe une base Be de E, r > 0 et θ ∈ R\πZ tels que
0 −R−θ
MatB̃ (ω) = J4 et MatB̃ (ω1 ) = r
Rθ 0
cos θ − sin θ
où Rθ = .
sin θ cos θ
15. Montrer que U est diagonalisable sur C. En déduire qu’il existe λ ∈ C\R et des vecteurs Z et
Y de C4 linéairement indépendants sur C tels que U Z = λZ et U Y = λY .
16. Soient Z1 , Z2 , Y1 , Y2 des vecteurs de R4 tels que Z = Z1 + iZ2 et Y = Y1 + iY2 . Soient
(z1 , z2 , y1 , y2 ) ∈ E 4 de coordonnées respectives Z1 , Z2 , Y1 , Y2 dans la base B. Montrer que
Be := (z1 , z2 , y1 , −y2 ) est une base de E.
17. Montrer que
ω (z1 , z2 ) = ω (y1 , y2 ) = 0
ω (z1 , y1 ) = −ω (z2 , y2 )
ω (z1 , y2 ) = ω (z2 , y1 )
18. Montrer que, quitte à remplacer Y par ξY avec ξ ∈ C\{0} bien choisi, on a ω (z1 , y1 ) = −1 et
ω (z1 , y2 ) = 0.
19. Montrer qu’il existe r > 0 et θ ∈ R\πZ tels que
Rθ 0
MatB̃ (u) = r
0 R−θ
et conclure.
Jusqu’à la fin de cette partie, on ne fait plus d’hypothèse sur la dimension de E ni sur l’endomorphisme
u. On considère un polynôme P ∈ R[X] annulateur de u et une décomposition P = P1 · · · Pr , où r ∈ N∗
et P1 , . . . , Pr sont des polynômes premiers entre eux deux à deux dans R[X]. On note Fj = ker [Pj (u)]
pour j = 1, . . . , r.
20. Montrer que E = F1 ⊕ · · · ⊕ Fr et que Fj est stable par u pour j = 1, . . . , r.
21. Montrer que, pour tous j et k appartenant à {1, . . . , r} et distincts, on a Fk ⊂ Fjω et Fk ⊂ Fjω1
(la notation F ω est définie en question 7 ).
On dit alors que F1 , . . . , Fr sont deux à deux orthogonaux pour ω et pour ω1 .
22. En déduire que, pour tout j ∈ {1, . . . , r}, les restrictions de ω et ω1 à Fj × Fj sont des formes
symplectiques sur Fj .
23. On suppose que le polynôme caractéristique de u est à racines au plus doubles dans C. Montrer
que E est la somme directe de sous-espaces de dimension 2 ou 4 , deux à deux orthogonaux
pour ω et ω1 , et sur lesquels les restrictions de ω et ω1 sont des formes symplectiques.