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Le Discours de La Dénonciation Dans de Yasmina Khadra

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Mohammed Seddik Ben Yahya- Jijel


Faculté des lettres et des langues étrangères
Département de lettres et langue française

No de série : .............

No d'ordre : ..............

Mémoire

pour l'obtention du diplôme de master

Spécialité: français

Option: Littérature et civilisation

Le discours de la dénonciation dans la dernière nuit de Raïs


de Yasmina Khadra

Présentée par : Dirigé par :

 Kessouri Ines
 Mr. Baayou Ahcen
 Hamdi Soumia

Devant le Jury:

 Président: Mr. Adrar


 Rapporteur: Mr. Baayou Ahcen
 Examinateur: Mr. Radjeh

Année universitaire 2019/2020


Remerciements

Tout d’abord, nous remercions DIEU pour la patience


qu’il nous a donnée afin de franchir Toutes les
difficultés et les obstacles de la vie.

C’est avec respect que nous adressions nos


remerciements les plus sincères à l’égard de notre
directeur de recherche Mr. BAAYOU AHCEN qui a
dirigé ce travail, nous le remercions pour tous ses
conseils et ses encouragements, pour sa disponibilité et
sa compréhension.

Nous remercions également les membres du jury pour


avoir consenti à lire ce mémoire.

Nous remercions tous ceux qui, par un mot, nous ont


donné la force de réaliser ce modeste travail, nous vous
dis MERCI.
Dédicace
À mes chers parents. Qui ont été toujours là pour moi, Que Dieu le

miséricordieux les garde pour moi.

À celui qui me donne tous ses soins possibles : À toi mon cher père.

À la plus adorable, tendre et merveilleuse perle : À toi ma chère mère.

À mes chers frères : IBRAHIM, ISLAM et SALIM.

À mes chères cousines : YASMIN, AFAF, HADJER, SARA et ZINEB

À ma seule tante FAIZA et toutes sa famille.

Que je souhaite pour eux tout le bonheur et la réussite.

À toute ma famille sans exception.

À mon fiancé, mon cher SAMIR, et à toute sa famille.

À mes chers copines : CHAHINEZ et INES.

À tous mes enseignants.

À toute personne m’a aidée …

À tous ceux qui, par un simple sourire, m’ont donné la force de continuer.

Aimablement . . . Je dédie ce modeste travail.

SOUMIA
Dédicace
Je dédie ce modeste travail à mes parents NOUREDDINE et RADIA qui

sont mon Essentiel, surtout à ma mère, mon unique amour qui représente

mon vrai bonheur.

À mes petits frères CHOAIB et TAMIM, les deux hommes qui

embellissent ma vie.

À ma petite sœur et mon âme LOUBNA.

À une personne très particulière que je porte toujours dans le fond de mon

cœur YASSER.S, qui a toujours été avec moi dans mon malheur Avant mon

bonheur.

À ma grand-mère BAYA, que Dieu nous la garde.

À mon binôme et ma chère copine SOUMIA HAMDI que j’aime tant.

À mes meilleures amies : CHAHINEZ et NOUZHA qui ont toujours su

dessiner le sourire sur mon visage.

À mes cousines adorées IBTISSEM, AMINA et IMEN.

À toute ma famille, mes amis et mes proches.

Et à tous les êtres qui me sont chers et qui nous ont quittés si tôt ‫رحمهم هللا‬.

INES
Table des matières

Introduction générale .......................................................................................9


Chapitre I : chapitre présentatif
Introduction
1-1- Biographie de Yasmina Khadra .......................................................................14
1-2- Résumé du roman ..............................................................................................15

1-3- Biographie de Kadhafi ....................................................................................17

1-4- Analyse de titre et de la couverture du corpus ...............................................18

4-1- Analyse du titre ............................................................................................18

4-2- Analyse de couverture .................................................................................19

Conclusion
Chapitre II : Différents thèmes abordés
Introduction
1- Différents thèmes abordés ....................................................................................24
1-1- Signes avant-coureurs du printemps arabe en Libye .....................................24
1-2- Manque de liberté d’expression .......................................................................26

1-3- Révolte du peuple libyen ..................................................................................27

3-1-Raisons sociales.............................................................................................28

3-2-Raisons politiques…......................................................................................30

3-3-Raisons économiques.....................................................................................32

1-4- Résistance inutile de dictateur...........................................................................33


1-5- Mort et chute d’El Kadhafi : ............................................................................35

Conclusion
Chapitre III : Applications des théories sur le corpus :
Introduction
1- Applications des théories sur le corpus : ...................................................................38
1-1- Psychanalyse au service d'analyser l'état d'âme du dictateur dans son enfance …39
1-2- Pour une approche psychocritique sur la convocation de Van Gogh…………....45
1-3- Kadhafi chez le père de la fille qu’il voulait demander au mariage ……………..47
1-4- Sociocritique au service d’analyser la multitude de sociétés…………………...49
Multitude de sociétés……………………………………………………………..50
4-1- Société du passé..............................................................................................51
4-2- Société du présent...........................................................................................52
4-3- Société du futur ..............................................................................................53
Conclusion
Chapitre IV : Discours dénonciateur
Introduction
1- Dénonciation sous toutes ses formes………………………………………………..55
2- Utilisation du Je dans le récit ………………………………………………………56
3- Style d’écriture pour dénoncer……………………………………………………...59
Conclusion

Conclusion générale ..............................................................................................64


Références bibliographiques ..............................................................................68

Résumés………………………………………………………………………………71
Introduction
Générale
La dénonciation dans le discours à travers le roman La dernière nuit du rais de
Yasmina Khadra , est une tradition devenue un thème saillant et récurrent dans la
littérature algérienne d’expression française ; c’est la voix de l’engagement, du
militantisme , de la révolte implicite de langage que choisissent les auteurs comme :
Caïd Bencherif, Chukri Khodja, Mohamed Ould Cheikh, Assia Djabar , Kateb Yacine ,
Mohamed Dib , Rachid Mimouni et d’autres encore , enfin plus proches de nous
Yasmina Khadra ; Dans une interview, il affirme à propos de l’écriture : « Depuis
toujours, je voulais écrire mon «Antigone» à moi ».1

Nous avons choisi de travailler sur le discours dénonciateur :

Au regard de cette définition, la dénonciation apparaît, d’abord, comme


un procès discursif modalisé. Ensuite, syntaxiquement « dénoncer »
est un verbe d’action ; sur le plan énonciatif, il est acte de parole assumé
par un locuteur (ou un énonciateur) dont l’intention est de communiquer
avec un « public », soit un destinataire ; donc le procès discursif
modalisé se réduit à un procès énonciatif ; dénoncer, comme acte de
parole, possède, aussitôt une force illocutoire (Théorie de J. Austin et
O. Ducrot).

La dénonciation est un moyen, effet, illocutoire ainsi qu’elle est une action de
renforcement d’un tel discours perlocutoire et c’est ce qu’on appelle " les signes du
discours dénonciateur ", elle se base sur la notion de distance ; c'est pour l’écrivain
prélever aux faits, pour porter une vue de remise en question. Notamment ; la
dénonciation peut prendre plusieurs sens dans la classe des verbes illocutoires :
contester, remettre en cause.
De ce fait, ses écrits interprètent d’une manière fictionnelle l’actualité qui leur
accorde une image sociale et historique. Ils apparaissent comme de véritables
témoignages. Notre écrivain est de ceux qui témoignent pour dénoncer ; en effet que
peut-on détecter, tout d’abord, de la lecture de La Dernière Nuit du Raïs ? C’est

1
Yasmina Khadra, Interview avec Dan Burcea, Éditeur Julliard, 16/12/2015.

9
l’invasion systématique du texte par un discours dénonciateur ; ce dernier s’inscrit dans
notre corpus dans la période du printemps arabe.

Pour l’analyse d’un tel discours, nous nous appuyons sur la définition du verbe
« dénoncer » proposée par le grand dictionnaire encyclopédique Larousse (1982)
« dénoncer quelque chose (abstrait) : le révéler, le faire connaître publiquement comme
néfaste. »

En effet ; la littérature algérienne de langue française, est le meilleur terrain pour


observer les relations entre sociétés et la création littéraire, en raison notamment de sa
naissance sous la colonisation et ses traces, qui sort d’un passage du néant à la vie
littéraire, ces écrivains ont trouvé un terrain propice à étaler leur vision de la situation
vécue.

Actuellement, la majeur partie des écrivains algériens de la langue française ont


une attirance vers une littérature subversive ; particulièrement la période appelée
décennie noire. Permis les œuvres nouvelles les plus en vue, on cite l’auteur Yasmina
Khadra avec ses romans : l’Écrivain, Les hirondelles de Kaboul, L’attentat et La
dernière nuit du raïs.

Ce dernier nous fait découvrir le côté caché de l'ex-dictateur libyen, qui a vécu
une enfance très difficile. En fait, sa famille lui a menti toute sa vie et il n'a jamais su
qui était vraiment son père, ce mensonge va aussi le poursuivre toute sa vie. On
comprend alors à quel point son enfance a eu des effets indirects sur sa vie. En lisant ce
roman on a l'impression que Rais Kadhafi est en train de parler et c'était grâce au style
d’écriture de l'écrivain qui se glisse dans la peau du dictateur libyen, c'est lui qui
raconte ce qu'il a vécu et ça se passe dans les derniers jours avant sa capture et son
lynchage. Le roman décrit un personnage complexe dont la dureté n'a d'égale que sa
fragilité. Nous l'accompagnons dans ses souvenirs d'enfance dans son parcours militaire,
son pouvoir sanguinaire et son lynchage public. Un tyran assoiffé de pouvoir, applique
sans pitié toutes ses vengeances. Il était toujours prudent et se déclare qu'il est le
délégué de Dieu jusqu'à ce qu’il se soit trouvé dans la peau d'un vrai criminel. Yasmina
Khadra nous livre un excellent roman raconté à la 1ère personne les moments les plus
intimes de la vie d'un homme quelques heures qui précèdent sa chute. Il est vrai que
l'histoire de Mouammar Kadhafi est une véritable tragédie humaine et un personnage

10
extraordinaire. Cette histoire dresse le portrait atypique de tous les dictateurs, les tyrans
et les sanguinaires, qui ont tablé sur toutes les barbaries humaines.

D’une manière implicite, on peut dire que le discours dénonciateur peut prendre
un place lisible dans ce roman ; s’explique par le fait qu’il dénonce une situation
sociopolitique du printemps arabe.

Nous avons décidé de travailler sur Yasmina Khadra ou Mohammed


Moulesshoul, car il nous présente un écrivain sensible aux vrais problèmes de la société
à travers ses écrits. Lorsque nous lisons ce roman nous avons l’impression que le
dictateur libyen Kadhafi est en train de nous parler et c’était grâce à son style
d’écriture.

De ce fait, nous nous intéressons à La dernière nuit du Rais parce qu’il inspire
Khadra de trouver comment raconter une histoire tragique, ce texte traite d’un sujet
d’actualité, le soulèvement du peuples libyens contre son despote.

Par ailleurs, c’est la charge politique de ce roman qui nous a motivées à aborder
une étude analytique intitulée : le discours dénonciateur dans « La Dernière Nuit du
Rais » de Yasmina Khadra.

Notre travail vise à comprendre les raisons qui ont poussé Yasmina Khadra à
utiliser le discours dénonciateur dans son roman. De cet angle, nous posons la
problématique suivante :

• Comment adapter la dénonciation dans les textes littéraires ?

• Quel est le rôle joué par le texte littéraire dans la dénonciation des horreurs de
notre temps ?

Autour de cette question s’articulent quelques hypothèses :

• l’auteur viserait-il à faire réagir les lecteurs à travers un discours dénonciateur


sur la situation contemporaine de la société libyenne ?

• l’auteur inviterait-il -à un changement de la situation dans laquelle vivent les


êtres humains.

11
Pour pouvoir infirmer ou confirmer ces hypothèses et atteindre notre objectif,
nous allons faire appel aux approches et théories suivantes :

• La psychocritique

• La psychanalyse

• La sociocritique

Notre travail de recherche sera réparti en (04) quatre chapitres comme suit :

- Dans le premier chapitre, intitulé Le chapitre présentatif nous allons présenter la


biographie et la bibliographie de l’auteur ainsi que la présentation du personnage
principal ; et aussi une étude para-textuelle concernant notre corpus.

- Dans le deuxième chapitre, nous allons parler des différents thèmes abordés qui nous
aideront à étudier la dénonciation au cœur du texte littéraire.

- Dans le troisième chapitre, nous évoquerons les théories et les approches et nous
allons essayer de les appliquer sur notre corpus.

- Dans le dernier chapitre, nous proposerons une séquence analytique portant sur
l’interprétation de notre corpus et ses passages (l’utilisation du "Je", le style
d’écriture…)

Pour arriver enfin à voir quelles sont les techniques et le style que l’auteur a utilisé pour
analyser la société libyenne dans son roman.

12
Chapitre I :
Chapitre présentatif
Dans le premier chapitre, nous tenterons de cerner le cadre présentatif de ce
roman pour délimiter notre champ d’étude, nous nous intéresserons à la biographie et
la bibliographie de Yasmina Khadra ainsi que la présentation du personnage principal
Mouammar Kadhafi ; et aussi une analyse concernant la couverture, le titre du roman
et d’autres significations servent à l'interprétation du texte .

1-Biographie de Yasmina Khadra :

Yasmina Khadra (en arabe : ‫ )ياسمينة خضراء‬est le nom de plume de l'écrivain


algérien Mohammed Moulessehoul.

Né le 10 janvier 1955 à Kenadsa, dans l'actuelle wilaya de Bechar dans le Sahara


algérien. C’est un écrivain algérien d'expression française.

Son père, officier de l'ALN blessé en 1958, veut faire de lui un soldat en
l'envoyant dès l'âge de neuf ans dans un lycée militaire, où il fait toutes ses études avant
de servir comme officier dans l'armée algérienne pendant 36 ans. Durant la période
sombre de la guerre civile algérienne dans les années 90, il est l'un des principaux
responsables de la lutte contre l'AIS puis le GIA, en particulier en Oranie.

Mohammed Moulessehoul choisit en 1997, avec le roman Morituri, d'écrire sous


pseudonyme. Diverses raisons l'y poussent, mais la première que donne Moulessehoul
est la clandestinité. Elle lui permet de prendre ses distances par rapport à sa vie militaire
et de mieux approcher son thème cher : l'intolérance.

Il démissionne de l'armée algérienne en 2000, pour se consacrer à sa vocation:


l'écriture, et choisit de s'exprimer en langue française. Après un court passage au
Mexique, il vient s'installer en 2001, en France, où il habite jusqu’à aujourd'hui. En
2002 dans L'imposture des mots, Khadra-Moullessehoul répond aux attaques qui
fustigent son passé militaire.

Il choisit de rendre hommage aux femmes algériennes et à son épouse en


particulier, en prenant ses deux prénoms, Yasmina Khadra, et ne révèle son identité
masculine qu'en 2001 avec la parution de son roman autobiographique L'Écrivain. Son
pseudonyme féminin est effectivement composé du prénom de son épouse et l’auteur
déclare, avec beaucoup d’amour, à ce sujet :

14
Mon épouse m'a soutenu et m'a permis de surmonter toutes les
épreuves qui ont jalonné ma vie. En portant ses prénoms comme
des lauriers, c'est ma façon de lui rester redevable sans elle,
j'aurais abandonné. C'est elle qui m'a donné le courage de
transgresser les interdits. 1 Lorsque je lui ai parlé de la censure
militaire, elle s'est portée volontaire pour signer à ma place mes
contrats d'édition et m'a dit cette phrase qui restera biblique pour
moi : “Tu m'as donné ton nom pour la vie. Je te donne le mien
pour la postérité”.2

Son identité tout entière est dévoilée dans L'imposture des mots en 2002. A cette époque
ses romans ont déjà touché un grand nombre de lecteurs et de critiques.

Khadra illustre également le dialogue de sourds qui oppose l'Orient et l'Occident


avec les trois romans : Les Hirondelles de Kaboul, qui raconte l'histoire de deux couples
afghans sous le régime des Talibans ; L'Attentat, roman dans lequel un médecin arabe,
Amine, intégré en Israël, recherche la vérité sur sa femme kamikaze ; Les Sirènes de
Bagdad relate le désarroi d'un jeune bédouin irakien poussé à bout par l'accumulation de
bavures commises par les troupes américaines.

En 2010, l'auteur délaisse pour un temps ce sujet du conflit au Moyen-Orient, pour


écrire un conte moral : L'Olympe des infortunes.

Yasmina Khadra a touché plusieurs millions de lecteurs dans le monde. Adaptés


au cinéma, au théâtre, en bande dessinée, en chorégraphie, ses romans sont traduits dans
42 langues et édités dans plusieurs pays.

En 2015, il publie La Dernière Nuit du Raïs, où le narrateur est l'ancien dictateur libyen
Kadhafi.

2- Résumé du roman :

Le roman raconte la dernière nuit de Kadhafi dirigeant de la Libye. Cette nuit est
celle du 20 octobre 2011, Kadhafi a fui à Syrte est entouré de sa garde rapprochée alors
que l'insurrection a gagné le pays.

1
LECOMPTE.C, «Le rêve de l’enfant- soldat », in [Link] (consulté le18/2/2016)
2
[Link]/site official

15
La narration est chronologique, entrecoupée d'épisodes de la jeunesse de Kadhafi et des
pensées amères du dirigeant envers son peuple.

L'œuvre de Yasmina Khadra La dernière Nuit du Rais nous dévoile le côté


caché de l'ex-président libyen. Ce dernier a vécu une enfance très difficile en fait sa
famille lui a menti toute sa vie et il n'a jamais su qui était vraiment son père, ce
mensonge va aussi le poursuivre toute sa vie. On comprend alors à quel point son
enfance a eu des répercussions sur sa vie. En lisant ce roman on a l'impression que Rais
Kadhafi est en train de parler et c'était grâce au style d’écriture de l'auteur qui veut se
glisser dans la peau du dictateur libyen, c'est lui qui raconte ce qu'il a vécu et ça se passe
dans 2 ou 3 jours avant la fin de sa vie. Le roman façonne un personnage complexe dont
la cruauté n'a d'égale que son extrême fragilité nous l'accompagnons dans ses souvenirs
d'enfance dans son parcours militaire, son pouvoir sanguinaire et son lynchage public.
Un tyran assoiffé de pouvoir, exécutant toutes ses vengeances, il reste prudent et se
déclare l'élu de Dieux c'est brusquement retrouvé dans la peau d'un criminel ordinaire.
Yasmina Khadra nous livre un excellent roman raconté à la 1ère personne les moments
les plus intenses de la vie d'un homme quelques heures qui précèdent le fin est
absolument captivant. Il est vrai que l'histoire de Mouammar Kadhafi est une véritable
tragédie est un personnage extraordinaire, Yasmina Khadra dresse le portrait universel
de tous les dictateurs, les tyrans et les sanguinaires déchus les ressorts les plus secrets de
la barbarie humaine.

Yasmina Khadra consacre les quelques deux cent pages aux ultimes moments de
la vie d’une personnalité aussi atypique qu’ambiguë du Colonel Mouammar Kadhafi
qui après gloire se trouve indésirable face à son destin lâché par toute une Nation, et
qu’il ne lui restait que ses hommes dont la psychologie nous est projetée selon ce que
lui décident: des êtres faibles et médiocres. Ce roman pourrait s’apparenter aux
mémoires d’un homme d’état mais avec une dimension théâtrale révélée (scènes). Un
huis clos avec le Rais où l’ego de l’ancien dictateur est si flagrant que l’on penserait
avoir affaire à divers personnages. Il sera donc tout au long du récit d’une plongée dans
la vie et surtout la tête de la damnée, du mort, du vaincu. La foule a eu raison enfin de
son arrogance, son mépris, de son corps et de son orgueil…

16
3- Biographie de Kadhafi:

Le grand Guide libyen, Mouammar Kadhafi Né le 19 juin 1942 à Qasr Abou Hadi
et mort le 20 octobre 2011 à Syrte.

Plus jeune enfant d’une famille de paysans bédouins, il est le seul de sa famille à
suivre des études. Il est exclu de l’école préparatoire de Sebha qu’il a fréquentée de
1956 à 1961 pour cause d’activisme politique, il poursuit à Mis rata et apprend
l’Anglais et l’Italien. Il est déjà un fervent admirateur de Nasser, Mao et Tito. Il
poursuit ses études en droit à l’Université de Libye puis entre à l’Académie militaire de
Benghazi en 1963. Il obtient son diplôme puis suit un entraînement supplémentaire en
Grande Bretagne au British Arme Staff Collège. Il revient en 1966 comme officier aux
transmissions.

Le 1er septembre 1969 il mène un coup d’état avec un groupe d’officiers contre le
roi Idris al-Mahdi alors que ce dernier est soigné en Turquie. La monarchie est abolie, la
république proclamée et l’héritier du roi mis en prison. Kadhafi s’octroie une promotion
au grade de colonel qu’il conservera toute sa vie. Devant la réticence des autres
gouvernements à reconnaître un simple colonel comme chef du pays, il déclare que la
Libye est « gouvernée par le peuple ». Cela lui permet de gouverner le pays avec le
grade de colonel, comme son idole Nasser le fit avec l’Egypte. En 1977 il renverse la
république en déclarant la « révolution du peuple » : il change le nom de République
arabe libyenne en « Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste » et interdit le
multipartisme.

Il fait évacuer aux Etats-Unis leurs bases sur son territoire et augmente le prix du
baril de pétrole, en étant suivi par le reste des pays de l’OPEP. La tension monte et au
cours des années 1980, après une série d’attentats terroristes en Europe et abord
d’avions tels que celui de Lockerbie ou du vol 772 UTA Paris-Brazzaville, la Libye est
mise au ban des accusés de la communauté internationale. Le 15 Avril 1986 les Etats-
Unis lancent un bombardement de sa résidence faisant suite à des informations
confirmant l’implication de milices financées par Kadhafi dans un attentat qui a tué un
militaire américain à Berlin-Ouest plus tôt dans l’année. La mégalomanie de Kadhafi
n’arrange rien alors qu’il se proclame « Guide de la Révolution » et se sert de l’attentat
comme d’une propagande à sa plus grande gloire.

17
Néanmoins à partir de 1995, Kadhafi cherche à revenir dans les bonnes grâces de
la communauté internationale. Il livre les agents et des aveux dans l’affaire de l’attentat
de Lockerbie, et dédommage les victimes et obtient en retour la levée des sanctions de
l’ONU. Il signe le traité de non-prolifération nucléaires et ouvre son économie aux
entreprises occidentales en 2003 et se rapproche des puissances européennes. Il
continue de prôner le panafricanisme et la création d’un Etat-continent Africain un
projet utopiste qui agace beaucoup Thabo Mbaïki, dirigeant de l’Afrique du Sud. Il
impose son « petit livre vert » dans les écoles et maintient une image de façade
progressiste sur la condition féminine.

En février 2011, le Printemps arabe atteint la Libye et souligne la segmentation


du pays en plusieurs parties. Kadhafi tente une répression brutale qui échoue lors de
l’intervention occidentale il se replie alors à Syrte. Le 20 octobre 2011, le Conseil
national de transition annonce sa mort dans cette ville alors encerclée par les rebelles.

4- Analyse du titre et la couverture du corpus :

En effet, comme on l’a mentionnée au début, le chapitre sera consacré à l’étude


des éléments constituants notre corpus La dernière nuit du Raïs.

On commence par :

1 -Analyse du titre :

La dernière nuit du raïs …par un autre sens la fin d’un monde !

Littérairement, le titre est d’un élément essentiel du paratexte ; Réduit le


plus possible à un ou à quelques mots pour évaluer le contenu généralement et pour
le résume parfois. Claude Duchet l’a défini comme suivant :

Le titre du roman est un message codé en situation de marché, il


résulte de la rencontre d’un énoncé romanesque et d’un énoncé
publicitaire ; se lui en croisent, nécessairement littéralité et socialité, il
parle l’œuvre en terme de discours social mais le discours social en
terme de roman.1

1
Claude Duchet, « élément de titrologie romanesque » In littérature. Décembre 1973. P 12.

18
On peut dire que La dernière nuit du raïs est un titre attirant pour le lecteur ; il le
pousse vraiment à lire le roman et comme on sait habituellement ; c’est selon le titre
que le lecteur choisit son roman.

La dernière nuit du raïs, un échec ou quelques moments avant la chute ! D’après


ce titre le lecteur sait déjà que le personnage principal est donc exclu (fini) ; c’est cette
proposition avancée par l’auteur à son lecteur pour l’attirer là où veut la cible du titre.

Analysons donc ce titre et voir ses notifications :

La : Article défini féminin.

Dernière : adjectif féminin ; sémiologiquement mot qui indique la fin de quelque chose
ou la fin de la vie (la mort).

Nuit : nom féminin ; c’est la période comprise entre le coucher et le lever du soleil,
littérairement un mot représente l’obscurité.

Du : déterminant.

Raïs : nom masculin ; chef suprême, dans certains pays arabes (Égypte, notamment),
président, gouverneur…

Si on accorde les mots qui forment le titre, on voit dès le départ la chute du
personnage après avoir atteint un sommet (être le Raïs).

Et selon la grammaire et la sémantique, le titre est net et bien organisé mais ce qui
attire l’attention c’est le mot exotique « Rais », qui n’est pas un mot français mais c’est
une touche lexicale appartenant à la langue arabe, et dans la littérature française ce
genre d’astuces est utilisé pour des raisons plus ou moins politiques et intellectuelles.

2 – Analyse de couverture :

La couverture de notre corpus : d'un tyran à une silhouette déchue !

La couverture est parmi les éléments principaux qui attirent l’œil du lecteur
lorsque il prend une œuvre littéraire pour la lire . et surtout dans la première de
couverture qui cherche généralement à donner une petite suggestion de l’histoire
avant même de lire cette œuvre. Et bien sûr sans oublier avec elle l’importance de
l’image et sa représentation visuelle (illustration). Comme le précise Henri Mitterand :

19
« La couverture soutient le titre pour annoncer le texte »1

La couverture est formée de deux parties : la première page de couverture et la


quatrième page de couverture.

Première page de couverture :

On observe tout d’abord sur la première page de couverture de notre roman le


nom de l’auteur « Yasmina Khadra » ; et tant que ce dernier est un maghrébin d’origine
algérienne qui est considéré comme témoin de son temps, cela peut nous faciliter
d’avoir un petit aperçu sur l’histoire du roman car ses thèmes s’inspirent constamment
de l’actualité, donc à l'occasion, on aura affaire à un roman du même genre en d’autres
termes La dernière nuit du Rais analyserait un sujet d’actualité maghrébine ou arabe.

Plus bas, au milieu on trouve le titre de l’œuvre La dernière nuit du Rais qui
détecte également quelques signes et une vue sur le roman puis, vient l’illustration et le
genre de l’ouvrage « Roman », et tout en bas on a mentionné la maison d’édition
«Casbah ».

Edition Casbah est une entreprise algérienne qui a vu le jour en 1995, son
directeur général et fondateur est Semaine Ameziane, cette mais on évolue d’une
manière constante elle figure en première place dans l’ordre des éditions nationales. Ses
publications se diversifient et touchent pratiquement tous les domaines : littérature
générale, essais et témoignage historique, ouvrages scolaires et universitaires ...etc.

Quatrième page de couverture :

La quatrième page de couverture, contient aussi le nom de l’auteur, le titre du


roman et deux petits paragraphes concernant généralement le résumé du roman et sa
synthèse.

On aperçoit que dans le premier paragraphe, la mention des mots qui sont
apparemment dits par le personnage principal du roman qui est Mouammar El Kadhafi
dans lesquels il exprime sa peur, son doute et fait ses déclarations de derniers instants
de sa vie.

1
Mitterand, Cité par : Achour Christiane, Bekkat Amina, Clef pour la lecture des récits: Tell 2002. P72

20
Lorsqu’on lit ce résumé, on peut comprendre qu’il y a une touche de fiction dans
la narration de cette Histoire, et on remarque aussi, qu’il y a vraiment un mélange entre
l’Histoire et la fiction ; puisque en réalité, ce n’est pas Mouammar El Kadhafi qui a
raconté les événements de la dernière nuit de sa vie puisque ce dernier fut tué mais c’est
Yasmina Khadra qui s’est mis dans sa peau. Afin d’exprimer le vrai sentiment du
personnage lors de ses derniers moments de survie... Donc on lit les mots de Khadra
mais on entend la voix de Kadhafi.

Et relativement à la deuxième partie du résumé, elle est sous forme de petite


bibliographie pour présenter l’écrivain et regrouper la liste de ses ouvrages.

À l’extrême gauche, on voit la photo de l’auteur et tout en bas, on remarque la réécriture


de la maison d’édition et le code barre de l’ouvrage.

D’un autre côté, on va essayer d’analyser et de comprendre la photographie de


notre couverture à travers ses illustrations.

Cette dernière a le même but que le titre ; ils sont deux éléments complémentaires.
L’illustration avec la première de couverture ont plusieurs fonctions que ce soit
publicitaires ou esthétiques, comme le précise Karl Canvat, chercheur et professeur de
la littérature française : « La première est la fonction référentielle qui dit quelques chose
du contenu du livre, la deuxième fonction esthétique qui joue un rôle décoratif et enfin
la fonction idéologique qui renvoie à des normes culturelles ».1

C’est la convergence entre le titre la dernière nuit du Rais et l’image présentée


qui attire le lecteur tant que ces derniers se correspondent.

En ce qui concerne la photographie illustrée dans ce roman, nous apercevons une


silhouette d’un être humain bien formée et très représentative car elle ressemble
effectivement à la figure d’El Kadhafi.

On saura décidément qu’il s’agit d’El Kadhafi à travers son style vestimentaire
original et connu, aussi à la forme de sa tête et le chapeau qu’il porte. Avec le mot
Rais dans le titre qui nous fait penser directement à ce personnage lorsqu’on regarde
attentivement l’image.

1
Genre et pragmatique de la lecture, [Link]

21
Ensuite, on remarque que la couleur dominante dans l’image c’est le rouge qui
renvoyé peut être au sang que ce soit celui du Kadhafi lui-même après sa mort, ou le
sang de toutes ses victimes.

Ainsi, on aperçoit le coucher du soleil, c’est presque la fin de la journée, cela


renvoie à la fin de la vie du président libyen.

On voit aussi la couleur noire dans l’image, cela pourrait renvoyer à l’obscurité et
la peur dans laquelle El Kadhafi avait vécu durant son évasion, comme elle pourrait
renvoyer aussi à l’époque de son pouvoir ou régnaient l’injustice et la misère dans le
pays.

Enfin, on remarque que la lune est couverte de nuages pas comme d’habitude
lorsqu’elle était lumineuse et claire, peut-être parce que Kadhafi la voit dans le
dernier jour de sa vie tant que elle était très significative tout au long de son chemin.

Pour conclure, on peut dire que l’illustration de la couverture, ainsi que le titre ne
sont que des symboles qui aident à comprendre le contenu du roman.

22
Chapitre II :
Différents thèmes
abordés
Après avoir présenté notre corpus et son écrivain, et défini les personnages
principaux, ainsi que les éléments de base concernant notre sujet, on a consacré au
deuxième chapitre intitulé les différents thèmes abordés.
L’objectif dans ce chapitre est de mettre l’accent sur les signes avant-coureur du
printemps arabe en Libye, encore de jeter un coup d'œil sur le manque de liberté
d’expression en ce moment-là.
Cependant, ce deuxième chapitre a pour objectif de dévoiler que la dernière
nuit du raïs est un roman qui se base sur la révolte du peuple libyen et son
soulèvement, Par la suite, on va essayer de cerner les éléments qui indiquent la
résistance inutile du dictateur, et de les analyser.
Et pour mieux comprendre le contenu de l’œuvre donc notre analyse aura
finalement comme objet d’étude la chute et laa4mort du Mouammar Kadhafi.

1-Signes avant-coureurs du printemps arabe en Libye :

Le printemps arabe ou les Révolutions arabes, ce sont d'énormes mouvements


de protestation pacifiques qui ont été lancés dans certains pays arabes au cours de la fin
2010 et début 2011, touchés par la révolution tunisienne qui a réussi le renversement de
l'ancien président zinne El Abidine Ben Ali.
Les révolutions arabes ont réussi jusqu'à présent à renverser plusieurs régimes.
Après le succès de la révolution tunisienne, la révolution égyptienne du 25 janvier qui a
atteint à faire tomber l'ancien président Mohamed Hosni Moubarak, puis la révolution
libyenne du 17 février en tuant Mouammar Kadhafi et renversant son régime ; comme
le précise Marc Bonnant :

Quelques idéalistes, ceux qui n'ont pas le sens tragique de l'Histoire et


qui croient modifier la réalité en la niant, s'étaient réjouis des
révolutions arabes. Ils saluaient la promesse de l'aube et l'émergence
du printemps. Mais déjà les événements leur donnent tort : les
islamistes ont pris le pouvoir en Tunisie, la charia est désormais la loi
libyenne, les Frères musulmans attendent embusqués, en Égypte.
L'aube est une nuit, le printemps une ère glaciaire.1

1
Marc Bonnant « Hommage à Charlie Hebdo », Le Matin (Suisse), 6 novembre 2011, p. 15

24
Ces révolutions ont été marquées par l'apparition d’une voix arabe éclatée pour
la première fois en Tunisie et devenu populaire dans tous les pays arabes, et c'est: «Le
peuple veut renverser le régime».
La guerre civile libyenne est une révolution qui a éclaté et s'est transformée en
conflit armé à la suite de manifestations populaires, commençant dans certaines villes
libyennes, contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi.
Mais on ne peut pas prendre objectivement les événements qui se sont déroulés
en Libye entre le 17 février et le 20 octobre 2011 sans savoir les signes avant-coureurs
du printemps arabe en ce moment-là.
Parmi ces derniers on met l’accent principalement sur les inégalités, les
corruptions et les gouvernements qui sont mis en cause, mais d'autres remarques que ce
soit politiques, sociales ou économiques se sont faites entendre.
Sans oublier le coût de la vie élevé ainsi que le besoin de démocratie et les
tensions qui ont grandi en Libye …notamment l'absence des droits fondamentaux du
peuple libyen, la pauvreté extrême, et la désobéissance civile et le chômage…
D’un autre côté, il était remarqué aussi que les droits des femmes sont en recul,
plusieurs d’entre elles ont été victimes des pressions et des menaces, et d’autres ont été
attaquées par des armées.
En effet, des nouvelles lois ont introduit des discriminations contre les femmes,
par exemple en facilitant le mariage des enfants et en permettant aux hommes de
divorcer de leur épouse sans obtenir l’acceptation de la justice.
Le système de justice ne fonctionne pas comme il se doit. Les tribunaux de
certaines villes sont fermés parce que la situation est très dangereuse, il y avait des
juges et des avocats qui ont été agressés et enlevés, et des milliers de personnes
considérées comme fidèles et honnêtes au colonel Kadhafi sont prisonniers depuis des
années sans procès.
Généralement, les mauvaises conditions de vie sont des signes qui annoncent
que des émeutes vont éclater d’un moment à l’autre. L’état économique, sécuritaires et
politique sont les signes avant-coureurs qu’un printemps arabe va se déclencher en
Libye.

25
2- Manque de liberté d’expression :

Tout comme les médias indépendants ont fortement contribué à la création


du printemps arabe, les révolutions du printemps arabe ont également contribué à la
liberté de l’expression locale dans leur pays. Par contre, la liberté d’expression et les
médias sont alors de plus en plus restreints en Libye.
En général, la liberté d’expression et de la presse ont été limitées par rapport
à la précédente, en particulier les deux années précédant le Printemps arabe.
Mais pendant cette période, nous constatons que certains médias ont perdu leur
crédibilité en couvrant les événements du printemps arabe, par leur soulèvement de
problèmes, la fabrication de mensonges et aussi leur éloignement par rapport aux
principes professionnels concernant le but médiatique des événements, au point que ces
médias sont devenus une raison majeure pour le citoyen arabe de ne pas sentir de
sécurité et sûreté.
Les organisations libyennes considèrent que l'interdiction de critiquer la
révolution est liée au fait que la liberté d'expression est limitée et que certaines
questions sont interdites d’être abordées. Et au lieu de renforcer la protection de la
liberté en Lybie, le gouvernement insiste pour utiliser les lois répressives de Kadhafi.
Les Libyens sont descendus dans la rue pour demander plus de liberté, pas un autre
régime totalitaire.
Dans cette partie, on doit mettre l’accent sur l’agression contre les
journalistes qui considèrent cette répression comme preuve irréfutable contre la liberté
d'expression en Lybie.
Avec ce rapport on dénonce les attaques contre les journalistes tant que ces
derniers fustigent les tentatives de crimes, des enlèvements et des menaces de
liquidation à l’égard des journalistes, y compris des menaces de mort pour des raisons
liées au travail médiatique effectué par eux.
Comme exemple, la dernière de ces attaques a eu lieu le 11 février, lorsque le
bureau de la chaîne de télévision Al-Asima à Tripoli a été attaqué à la grenade, et le
directeur du bureau du canal de la capitale à Benghazi a été enlevé pendant une courte
période ; Craignant cette attaque similaire et après avoir reçu de nombreuses menaces,
les employés du ce bureau ont quitté leurs services.

26
Et malgré ces violations, les autorités libyennes étaient incapables d'enquêter sur
les attaques contre les journalistes ou traduire en justice les responsables de ces
agressions.
Dans certains cas, les attaques contre les médias imposent une sorte
d'autocensure et les journalistes sont parfois obligés de démissionner de leur poste,
comme le dit Cabu :
"Il n'y a pas de limites à l'humour qui est au service de la liberté d'expression car, là où
l'humour s'arrête, bien souvent, la place est laissée à la censure ou à l'autocensure."
1

Un des autres indicateurs montrait aussi que les journalistes sont soumis à la
pression des éditeurs et des membres des conseils d'administration des organisations en
ce qui concerne leur liberté d'expression. D’un autre côté les journalistes sont aussi
contraints par des institutions religieuses.
En effet, le Congrès général national a adopté une décision interdisant la
diffusion des chaînes de télévision par satellite qui éditent toute séquence qui pourrait
être hostile à la révolution du 17 février, ou toute séquence qui pourrait avoir pour but
de déstabiliser le pays ou de créer la discorde entre les Libyens.
Dans une déclaration publiée en août 2011, peu de temps avant le renversement
de Kadhafi, les autorités ont promis de garantir le droit à la liberté d'expression en
Lybie.
Alors que la révolution du printemps arabe en Lybie se poursuit, l'avenir de la
liberté d’expression arabe reste mystérieux, mais les jours à venir prouveront si ce pays
a tiré les leçons des erreurs de régime précédent d’El Kadhafi, et permettront une
expression libre et pluraliste respecte les normes professionnelles et objectives, ou va-t-
elle glisser dans le tourbillon du passé et continuer à réprimer la liberté d’expression.

3- Révolte du peuple libyen :

À la recherche d'une nouvelle Libye le peuple libyen rêvait d'une Etat moderne et
démocratique; avec la vague du printemps arabe qui a touché la Tunisie et l'Égypte et le
début du changement dans ces derniers, les indicateurs et les conditions régionales et
internationales ont confirmé la possibilité de produire un changement en Libye. À

1
Cabu - 1938-2015 - interview dans L'Express, 4 avril 2012

27
cause d'un vaste décalage entre sa richesse et sa situation interne et externe; le résultat
c'était le début des manifestations contre le système politique libyen le 17 février 2011.
Pendant les trois jours, la révolution s’est transformée en guerre acharné et
sanglante; après l'intervention des bataillons de sécurité pour affronter les jeunes de la
Révolution avec des armes; ce qui a aggravé et compliqué la situation en Libye.
D’une part, on va étudier les causes de cette guerre civile ; pour connaitre son
évolution d’une révolution pacifique à une guerre sanglante. D’autre part ; les effets de
cette guerre sur les conditions sociales, politique et économique de la Libye et son
impact sur les régions voisines. La chute de régime de Kadhafi est l’un des sujets les
plus fréquemment débattus soit sur les réseaux sociaux ou sur les médias tel que son
impact sur tous les domaines ; ainsi que leur évolution continue, vers la crise et la
complexité. On va mettre l’accent sur les causes de cette guerre (sociales, politique et
économique) sur les niveaux internes et externes :

A- Raisons sociales :

La Libye est parmi les pays africains les plus développés. Certains indices
indique que la Libye est riche en ressources naturelles tel le pétrole pourtant le peuple
vit une situation précaire ce qui a donné naissance à une guerre civile.
Le programme des Nations Unies qui est publié le 2 novembre 2014 qui contient
un rapport sur le développement humain dans 164 pays et la Libye se classe la 53e et la
première en Afrique; le pourcentage de la classe sociale instruite en Libye pendant 15
ans est 88,3% en plus de 150 universités reparties dans toute la Libye1, se caractérisent
par de bons services par rapport à leur infrastructures. Le rapport aussi cite certaines
lacunes au niveau social de ce pays:
A- le taux de dépenses éducatives et de la santé est très faible dans les dernières
années avant la révolution ; 9,3% du budget public sous le système Kadhafien.2
B- le pourcentage de personnes instruites se reculait pendant les années qui
précèdent la révolution, le nombre de diplômés du secondaire plus de 25 ans atteignant

1
http/[Link] /news/arabic/2011/06/26.
2
Aissa Baghani : " une lecture sur le développement humain en 2011 " http//[Link]-al-
[Link]/news/clicked/18358.

28
44 % d'hommes et 55,6 % des femmes, ce qui est très faible par rapport aux autres pays
arabes1.
C- les travailleurs ou qui sont à la recherche d'un emploi, représentent 76,9% des
hommes et 24,7% des femmes2, cela indique que la participation des femmes est
négligeable et n'est pas à la mesure des proportions de l'enseignement supérieur pour les
hommes, que signifie la marginalisation des femmes et leurs rôles dans la société
libyenne.

On doit tenir en compte du secteur de la santé aussi ; qui est mal maîtrisé et la
dégradation de ces services en particulier les soins de santé. Ce secteur a connu un
déclin sur les capacités matérielles et humaines, ce qui a poussé les citoyens d'aller se
soigner chez les pays développés.
En plus de la fuite des cerveaux, car ce secteur souffre de carences (la faible
capacité et les installations sont mal équipées...)
En ce qui concerne la sécurité sociale, nous constatons que le soutien aux produits
de base et l'assurance maladie sont sous l'emprise sécuritaire du régime. Toutes ces
conditions sociales indiquent la souffrance du peuple libyen et la baisse du niveau de
vie malgré que leur pays soit très riche. Ceci à cause de la distribution injuste de sa
richesse, les bénéfices et les revenus pétroliers sont accaparés par la classe dirigeante
(Kadhafi et sa famille), qui ont gaspillé la fortune de la communauté libyenne en
achetant des armes et ouvrant des comptes en devises à l’Occident.
Kadhafi également exploitait les revenus pétroliers pour acheter la loyauté des
tribus, certaines tribus ont profité de cette situation en achetant des armes et persécuté
les faibles et les petites tribus.
En outre, l’injustice sociale où on peut dire le faible niveau de justice sociale, une
corruption endémique qui est devenue une des principales préoccupations de la
population à cause de l’absence d’une stratégie transparente pour la lutte contre la
corruption.
En effet, la Libye est caractérisé par un accroissement continuel du taux de
chômage des diplômés sans emploi, ce pays n'adopte pas une échelle salariale à la
mesure des conditions de vie, en plus la domination de médiation et des relations
personnelles pour obtenir un avantage ou un emploi. De même la Libye n'a pas une

1
Id
2
Id

29
constitution qui réglemente le travail politique ; c'est le livre vert qui était le programme
du régime de la Jamahiriya arabe libyenne. L'expansion du chaos lors de la distribution
de certains droits, tel que( le logement, les prêts et la terre...) aussi le facteur d'inégalité
de développement entre les régions de l'Est et de l'Ouest; concernant ce dernier point il
vient après que les habitants de Benghazi ce soient opposées et protester contre Kadhafi
à cause de l'affaire de la prison d'Abou Salim le 29 avril 1996; ce qui a amené de
marginaliser la région orientale (Benghazi et ses environs ) et la privation de toute
opportunité et avantages de l'état.
Avec le temps, il est apparu clairement le grand décalage entre le budget fourni
par l'État; en terme de développement dans les secteurs (d’éducation et de la santé) dans
cette région par rapport à Tripoli (la capitale) et les zones soutenant Kadhafi.

B- Raisons politiques :

Les contestations populaires en Tunisie et l'Egypte contre le régime politique ont


réussi à changer la hiérarchie du pouvoir politique, cela influence le peuple libyen et le
pousse à faire le changement ; en raison de la ressemblance des conditions entre le
peuple libyen et les peuples voisins. Kadhafi est considéré comme l'un des plus anciens
présidents, Il durera tout le temps de son action aux commandes de son pays : 42 ans, ce
qui a poussé son peuple à demander un changement de régime et de président. Kadhafi
arrive au pouvoir lors du coup d'État de 1969contre Idris Al-Senoussi, il a imposé un
système politique différent de tous les régimes connus, qui est la Jamahiriya, que le
colonel a appelé dans son livre vert: peuple qui se gouverne par soi-même.
Ensuite, contrairement à la Tunisie ou bien à l'Égypte, la Libye et le régime du
colonel Kadhafi se basent sur des alliances tribales. En d'autres mots, Kadhafi est un
chef de clan qui bénéficie de l'appui des autres tribus libyennes. En fait, ces allégeances
tribales datent de la période coloniale et avaient un objectif qui leur était commun :
contrer l'envahisseur italien. On observe la continuité des alliances entre tribus depuis
l'arrivée de Kadhafi au pouvoir avec des nominations stratégiques qui lui permettent de
s'assurer de la stabilité de son gouvernement, mais aussi de sa légitimité. Les
nominations en lien avec les alliances avaient pour objectif de décentraliser le pouvoir
afin de conserver un appui populaire des différentes tribus. On parle alors de postes
hautement placés dans l'armée, l'administration et les affaires. Diederik Vandewalle,

30
professeur et spécialiste de la Libye, affirme toutefois que ces multiples allégeances
risquent aussi de se retourner contre le président.
À cause de cela un véritable manque et vide constitutionnel, juridique, partisan
législatif et politique sur le niveau politique pendant le pouvoir du Kadhafi , que les
tribus ont pu occuper tout au long de cette période , ce qui a poussé Kadhafi à exploiter
cela pour accroître son pouvoir et son contrôle sur les tribus en adoptant une politique
de «diviser pour régner», aussi l'essai d'hériter le pouvoir à son fils, Saïf al-Islam, est
devenue un fait accompli par son implication dans les comités populaires et sa
préparation interne et externe pour devenir l'héritier de son père, Mouammar.
Ce sont les raisons qui poussent le peuple à exiger de réformer une base
politique comme la rédaction d'une nouvelle constitution garantissant la participation
effective du peuple, mettant fin à la violation des droits civiques des citoyens, la liberté
de former des partis et la liberté d'opinion et d'expression.
De plus, le massacre des prisonniers d'Abou Salim le 29 juin 1996 est un élément
catalyseur de l'insurrection libyenne du 17 février 2011, Le 29 juin 1996, plus de 1 270
détenus ont été abattus en moins de quatre heures par l’armée, les prisonniers
appartenant à des groupes islamiques, depuis lors, les familles des victimes se sont
rassemblées pour obtenir une juste rétribution.
Les familles des disparus et tués ont formé une association libre et ont tenu de
nombreuses manifestations à Benghazi. Avocat Fathi Terbil a aidé à les représenter. Il a
été arrêté à plusieurs reprises pour sa peine. Saif al-Islam Kadhafi (fils du dictateur) a
tenté de résoudre le problème par l’intermédiaire de sa Fondation internationale Kadhafi
pour les associations caritatives vers 2007, Lorsque le printemps arabe a eu lieu en
Tunisie et en Egypte, avocat Fathi Terbil a été parmi les premiers arrêtés par les
autorités libyennes tentent de conjurer une révolution. Les familles d’Abou Salim se
sont rassemblées pour protester contre son emprisonnement, et ce rassemblement a
finalement contribué à la révolution en Libye. Les rapports des Nations Unies dans le
domaine des droits de l'homme et d'Amnesty International concernant les pratiques
répressives du régime libyen, comme il est indiqué dans le rapport ; la liberté
d'expression et la liberté de réunion et d'association sont restées soumises à de sévères
restrictions et les autorités n'ont pas fait une tolérance significative à l'égard de
l’opposition.

31
C- Raisons économiques :
Comparé à ses voisins d'Afrique du Nord, la Libye est un pays relativement riche,
grâce à sa production de pétrole. Le pays détient les plus grosses réserves d'Afrique et
c'est un des quatre principaux producteurs du continent. L’économie de la Libye dépend
principalement des revenus du secteur pétrolier, qui composent la presque totalité des
exportations.
Certains pays européens en sont très dépendants : l’Irlande, l’Italie, l’Autriche, la
Suisse et la France importent leur pétrole de Libye et l'industrie et l'agriculture est
limitée, l'activité agricole pâtissant surtout de la nature des sols du pays (désertiques).
Malgré les bons indicateurs qui caractérisent l'économie libyen, notamment dans le
domaine pétrolier mais il y a de faible taux d'inflation (environ 5,5% en 2010)[Link]
nombreux Libyens se plaignent de leurs mauvaises conditions de vie.
Dédié à la contestation en Libye, le salaire moyen dans le pays serait de 200
dollars par mois, le taux de chômage serait le plus élevé des cinq pays d'Afrique du
Nord, selon le site Les [Link]. Il était ainsi de 30% en 2009, d'après des
estimations du Ministère des Affaires étrangères français. Les jeunes seraient
2
particulièrement touchés, Alors que la pauvreté a atteint un niveau élevé.
Les Libyens de l'intérieur et de l'extérieur du pays constatent que depuis que
"Mouammar Kadhafi" a pris le pouvoir , à l'occasion d'un coup d'Etat sans effusion de
sang contre le roi Idris en 1969, la Libye a perdu de nombreuses opportunités de
renaissance et de progrès de son peuple, malgré sa richesse par rapport aux autres pays
arabes, la longue crise dans laquelle est entrée l’économie libyen depuis la deuxième
moitié des années 1980 a agi comme un révélateur des fragilités de l’édifice Jamahiriya.
Et face à cette érosion durable de la rente, les années d’embargo ont été celles d’une
double adaptation. D’une part, celle de l’appareil d’Etat qui, confronté à la chute des
revenus pétroliers, doit redéfinir les fondements de la légitimité.
D’autre part, celle de la population libyenne qui, entre 1970 et 1995, a subi une
érosion constante de ses conditions de vie, attestée par la chute spectaculaire du PIB par
habitant, de plus de 70 %.les rapports du régime libyen estimait à plus de 200 milliards
de dollars d'excédents financiers pétroliers3, en plus des cinquante milliards de dollars
qui entrent le trésor libyen chaque année. Il existe de grandes disparités dans la

1
http/[Link] /news/arabic/2011/2/26.
2
Id
3
Id

32
répartition de la richesse du pays, au lieu de la répartition équitable de milliards de
dollars de revenus pétroliers sur le peuple libyen, les revenus et les bénéfices pétroliers
sont accaparés par Kadhafi et sa famille.
On peut décrire ces quatre décennies dominées par le «colonel Kadhafi» par: La
dissipation des activités révolutionnaires et de la force dans la société libyenne, en plus
de ce que ses fils ont gaspillé de la richesse de la société libyenne. Profitant des années
d’embargo imposés à la Libye dans les années 1990, pour justifier ses échecs sur tous
les domaines (économiques, sociales et politiques), cette période marquée par
l'expansion des réseaux de contrebande et de blanchiment de l'argent dans lequel
certaines hauts fonctionnaires de l'État ont été impliqués, les citoyens libyens se
plaignaient de cette classe dirigeante qui domine en Libye, soit dans les comités
révolutionnaires ou les officiers supérieurs des brigades de sécurité de Kadhafi ou de ses
camarades.
Le peuple se plaigne parce que cette classe a monopolisé (les postes supérieurs
dans le ministère, possédait des fermes et des usines, représentait le pays à l'étranger,
travaillait dans des ambassades et des bureaux d'État d'investissement à l'étranger et
bénéficiait de divers avantages), et ils ont également hérité de tout cela par la suite à
leurs fils.
N'oublions pas aussi que Kadhafi a utilisé la richesse et l'argent du peuple libyen
pour soutenir certains pays africains pauvres (pour assurer leur soutien dans ses projets
africains), en plus, Kadhafi a soutenu certains mercenaires africains et certains groupes
d'armés africains pour s’assurer leur soutien et leur loyauté.
Par conséquent, tous ces facteurs ont provoqué l'accélération de la colère et du
ressentiment du peuple libyen contre Kadhafi et ses partisans, et donnent naissance à
une vague de protestation populaire, réclamant une meilleure situation et mettre fin à
une pauvreté généralisée, ainsi que l’exclusion sociale et la corruption.

4- Résistance inutile de dictateur :

Des opposants au régime du dictateur sont sortis manifester en Libye le 17 février


2011, qu'ils ont proclamé "jour de colère", les forces de sécurité avaient tué plusieurs
manifestants; une guerre civile se déclenche en Libye. Mouammar Kadhafi affirme que
la Libye n'a pas besoin d'importer le concept occidental de démocratie, car elle s'appuie

33
sur son propre système fondé sur la "troisième théorie universelle". Ce régime se
substitue à la démocratie représentative, un système direct via des institutions appelées
comités populaires. En revanche, les forces de sécurité affiliées au régime de Kadhafi
ont répandu une forte rumeur, que le régime distribuerait cinq mille dinars à chaque
famille devant le bâtiment de l'Union des producteurs à Benghazi. Kadhafi qui est
toujours connu par sa tyrannie, sa barbarie, et sa confiance en soi, résistait depuis les
premières heures de la révolte, ce tyran qui arrive au point de dire qu'il est "fils de
Dieu :"Je suis Mouammar El Kadhafi, cela devrait suffire à garder la foi, je suis celui
par qui le salut arrive, dieu est avec moi, je suis Mouammar El Kadhafi, la
méthodologie faite homme..."1
Kadhafi a toujours cru qu'il resterait le leader et le symbole de la force arabe et
islamique, il était sûr qu'il ne va jamais perdre son équilibre ; malgré qu'il est dans ses
dernières heures de pouvoir et de sa vie aussi et il refusait d'admettre cela et il disait
malgré tout cela au final il sera lui le gagnant :" Je sortirai du chaos plus fort que jamais
tel le phénix renaissant de ses cendres, ils peuvent m'envoyer tous les missiles qu'ils
disposent, je ne verrai que des feux d'artifices me célébrant"2
Kadhafi au début de ces protestations, commençait à réprimer dans le sang des
manifestations qui ont commencé à la mi-février dans l’est de la Libye. «Je mourrai en
martyr!»3, hurle-t-il le 22 février, dans un fiévreux discours diffusé par la télévision
libyenne. Il vocifère encore les jours suivants, accusant Al-Qaïda de manipuler et
droguer la jeunesse et appelant ses partisans à écraser les manifestants, la rébellion
lance des attaques sur Tripoli, où des quartiers se soulèvent et la capitale tombe le 21.
Des membres de sa famille, dont son épouse, Safia, ses fils Mohammed et Hannibal,
ainsi qu’Aïcha, sa fille, se réfugient en Algérie.
L’exécutif formé par l’insurrection, a pris le pouvoir en Libye d'après
l'autorisation légitime de la communauté internationale et le Conseil national de
transition (CNT). Le dictateur, lui, demeure introuvable. Dénonçant une «mascarade», il
continue dans des messages audio d’appeler la population à se révolter contre le CNT,
tandis que ses derniers partisans résistent encore, notamment à Baní Walid et Syrte, sa
ville. Après la chute de son dernier bastion, tout devient danger pour Kadhafi chose qui
l'oblige à quitter la ville de Syrte le 19 Octobre , fuir et affirmer dans une déclaration

1
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais, [Link]. , p13.
2
Ibid. p. 13.
3
[Link]

34
enregistrée diffusée par une chaîne de télévision que son départ de Bab al-Aziziah
n'était qu'un retrait «tactique», car la forteresse n’était plus qu'un tas de décombres après
avoir été la cible de 64 missiles de l'OTAN [depuis le début du conflit]». La déclaration
ne précisait pas d'où s'exprimait Kadhafi.
L’ex- président libyen se refugiait dans une école abandonnée avec ses fidèles
serviteurs et quelques nombres de son armée les plus proches : "C'est mon fils
Moutassim, responsable de la défense de Syrte, qui a choisi pour mes soldats, en guise
de quartier général, une école désaffectée au cœur du District 2. "1
"J'ignore à qui appartenait la demeure mitoyenne de l'école où je réside depuis quelques
jours"2
La résistance inutile du dictateur est tombée après l’entrée des rebelles à Tripoli.
Le succès militaire de ces derniers semblent dans la chute de la capitale notamment
l’arrestation de plusieurs fils de Kadhafi dont Seif al-Islam, le plus influent , ces
élément commençait à faire de peur au dictateur , La nuit du 20 Octobre, ils ont décidé
de s’enfuir de cette école avec ses partisans, ils étaient obligés de changer la route,
soudain les rebelles ont coupé le chemin, des tonnerres de corps mitraillettes, les
rebelles n’arrêtent pas de recevoir des renforts, ils sont tout près . Son fils Moutassim et
ses gardiens ont été blessés, l’ex-président a essayé de s’enfuir et commence à courir
sans savoir où il va, soudain, il a vu une canalisation de drainage devant lui, donc il a
choisi de se cacher dedans, il se retrouve seul abandonné par ses gardiens.

5- Mort et chute d’El Kadhafi :

Kadhafi né en 1942, il a vécu son enfance si pauvre, il avait juste de quoi se


nourrir. Malgré ça il avait toujours réussi dans ses études depuis le cycle primaire
jusqu’à son baccalauréat, il apprend avec une façon étonnée, facilement, vitement … il
était depuis son enfance autoritaire et fier !
Il était féru de lecture, il connait presque tous les grands personnages qui ont fait
l'histoire du monde et de l’Afrique comme : Abraham Lincoln, le général de Gaulle,
Mao Zedong, Patrice Lumumba et surtout Gamal Abdel Nasser, le président égyptien
qui l’inspire spécifiquement.

1
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais, [Link]. , p15.
2
Idem.

35
À l'époque, il était marqué une chaine d'évènements dans le monde arabe telle : la
guerre d'Algérie, l'agression de l'Égypte, la bataille du Liban, la question palestinienne,
la révolution au Yémen…etc.
Mais on précise principalement, l'état misérable du peuple libyen, et la présence
sur son sol de bases militaires américaines et britanniques ; les facteurs qui ont poussé
Kadhafi à réfléchir pour libérer son pays de la domination étrangère, de la pauvreté et
des inégalités sociales.
Après son obtention du baccalauréat en philosophie, il refuse de travailler ; puis il
décide de créer un groupe de jeunes pour entrer à l’école militaire de Benghazi afin de
l’infiltrer l’académie pour guider la révolution.
Six ans plus tard, Kadhafi prend le pouvoir avec ses compagnons d’armes, il était
qu’un jeune officier de 27 ans.
Puis il avait accédé au pouvoir après le coup d’Etat militaire en septembre 1969
jusqu'à 2011 ; il a été emporté par le printemps arabe comme le Tunisien Zine ben Ali
et l'Egyptien Hosni Moubarak. Donc, La Libye fut gouvernée 42 ans par Mouammar El
Kadhafi.
Depuis le début de la révolution libyenne, le 15 février 2011, dans le passage des
Printemps arabes, la Libye est ravagée par la guerre civile. Alors que la capitale,
Tripoli, est définitivement tombée le 27 août aux mains des milices rebelles
Ensuite, le Printemps arabe commence à gagner la Libye et le peuple se révolte ; il
arrive petit à petit jusqu’à la ville de Syrte Comme le dit Alfred de Montesquieu
reporter à "Paris Match", est certain de connaître le scénario des dernières heures de
Kadhafi : "Au cours du mois d'octobre, la ville de Syrte où il a trouvé refuge commence
à tomber aux mains des rebelles"1
Après tout ça, plus rien n’est stable en Libye, pas de sécurité ni de sureté, les
rebellions ont menacé le pouvoir du Kadhafi après ils ont obtenu l’aide des force
internationales voulant la mort de Kadhafi ; et cela est devenu un risque pour lui raison
pour laquelle il a quitté la ville …il était blessé à la tête et aux jambes par une attaque
aérienne de l'Otan alors qu'il tentait de fuir Syrte.
Et comme on a cité précédemment, il fuit et se réfugie malgré sa blessure avec son
fils, ses proches, ses fidèles serviteurs, ses hommes de l’armée, et quelques gardes du

1
Alfred de Montesquiou, reporter à "Paris Match», Dans le premier épisode du podcast"Paris Match
Stories", produit par Europe 1 Studio,le 12 novembre 2019.

36
corps qui ont juré de mourir pour le Raïs dans une école abandonnée. Mais
malheureusement ce groupe n’était pas suffisant et pris au piège des rebelles. Comme
précise Alfred de Montesquieu lorsque il narré les derniers moments du dictateur :

Mais le groupe est pris au piège. Après avoir parcouru 140 mètres, ils
aperçoivent d'autres rebelles postés sur une route surélevée et tentent
de se cacher dans deux tuyaux d'irrigation qui passent sous cette route.
Abou Baker s'enfonce dans l'un. Kadhafi dans l'autre.
C'est la fin de la cavale du dictateur. Les jeunes rebelles de l'unité
l’arrêtent. Et après avoir extirpé Kadhafi d'une foule de trentaine de
personnes déterminées à le lyncher, ils installent le prisonnier dans
une petite ambulance et prennent la route. Ils veulent le ramener à
Misrata, leur fief. Avoir capturé le "Guide", s'assurer d'un immense
prestige.1

Le dictateur libyen a trouvé la mort le 20 octobre 2011, il est tué devant son
peuple et devant le monde arabe. Quelques jours après son évasion, il fut capturé après
l’avoir trouvé caché dans une ancienne canalisation d’eau puis lynché.
Les nouvelles autorités libyennes ont annoncé la mort d’El Kadhafi aux mains
des révolutionnaires et jusqu’à maintenant Kadhafi et son fils Mouatassim sont enterrés
dans un lieu secret dans le désert libyen.

Pour conclure, nous avons mis l’accent sur les signes avant-coureur du printemps
arabe en Libye, ensuite nous avons parlé de manque de liberté d'expression sous le
régime de Kadhafi.
Nous avons essayé d’étudier la révolte du peuple libyen et les raisons (sociales,
politiques et économiques) de cette révolte sanglante puis nous avons présenté la
résistance inutile du dictateur.
Pour arriver finalement à comprendre la chute et la mort du personnage principal
de notre corpus, on constate qu’il est une personnalité tellement différente des autres.

1
Idem.

37
Chapitre III :
Applications des
théories sur le corpus
Pour mieux analyser notre sujet, il convient d’éclairer quelques théories
(psychanalyse, psychocritique et sociocritique) dans le troisième chapitre. Ce dernier va
cerner les éléments essentiels de notre étude.
Ensuite, nous avons traité la psychanalyse, psychocritique et sociocritique
comme des approches littéraires, on a mis l’accent sur l’histoire de chacune, après ses
définitions, et en s’appuyant sur l’esprit de ses fondateurs. Par ailleurs, on va les
appliquée sur certaines parties de récit.
Puis nous procédons à l’analyse profonde de l’état d’âme du dictateur
Mouammar Kadhafi, suivra l’analyse de l’image du Van Gogh dans son esprit, pour
arriver finalement à traiter le refus de sa demande de mariage par le père de la fille qu’il
voulait épouser.
On conclut le chapitre en donnant un petit aperçu sur la multitude de sociétés et
son importance dans notre corpus.

1- psychanalyse au service d'analyser l'état d'âme du dictateur dans son


enfance :

Le mot psychanalyse est composé du suffixe psyché qui signifie l'esprit, l’âme en
grec et de l’analyse.1
La psychanalyse en tant que théorie est l’effet des analyses minutieuses sur des
textes Littéraires menées par son fondateur Sigmund Freud dont l’ensemble des
hypothèses Émises pour des pratiques cliniques se trouvent appliquées dans le champ de
l’analyse Littéraire. Cette science a donné d’une manière incontournable une nouvelle
dimension D’aborder des créations artistiques et précisément littéraires.
Le fondateur est le médecin neurologue autrichien Sigmund Freud, à la charnière
des XIXe et XXe siècles élabora une théorie selon laquelle notre psychisme est
dépendant de sa partie enfouie, l'inconscient, où affluent nos pulsions et s'enfouissent
nos refoulements .Dans les conflits entre conscient et inconscient, il perçut l'origine d'un
certain nombre de troubles psychiques médicalement inexplicables.
La psychanalyse, fondée sur la verbalisation aussi complète et libre que
possible, sur l'écoute des souvenirs, des rêves, des associations d'idées ou d'images qui
viennent spontanément en l’analysant et permettent de reconstituer sa genèse psychique.

1
[Link].

39
Elle prend en considération la psychologie du processus de création, la psychologie des
personnages ou même du lecteur.

Elle est donc à la fois théorie qui a complètement modifié la conception que l'on
avait de l'être humain et méthode de cure. Aujourd'hui il existe un grand nombre des
"écoles " psychanalytiques, chacune avec ses particularités, mais sans remise en cause
radicale des concepts du Maître.
Freud, en faisant une étude analytique de l’œuvre de Janson sur le rêve, voulait
démontrer le roman et la fiction portent des traces des rêves, que la psychanalyse
s’applique à interpréter. Bien que Janson n’ait connu aucun des écrits de Freud, il a su
établir entre les images du rêve et du désir latent cette relation qui révèle et dissimule à
la fois les idées sur lesquelles Freud a tellement insisté. La psychanalyse ainsi trouve,
dans cette étude de la littéraire, une confirmation supplémentaire de ses thèses. Freud
applique aussi sa méthode sur d’autres domaines comme l’anthropologie ou la
sociologie, empruntant des concepts à la théorie psychanalytique. Il montrera que la
psychanalyse est capable de jeter une lumière neuve sur l’évolution de la société ou sur
la crise contemporaine de la civilisation. Mais à la vérité, au moment où la psychanalyse
commence à se chercher des débouchés au-delà de son domaine (l’hystérie, la névrose :
ce sont deux maladies nerveuses, qui font bien partie du champ d'étude de la
psychanalyse).
Freud voit que le conflit psychique est la cause de tout comportement
pathologique d’un Sujet ; une sorte de débandade entre deux forces : l’une de désir et
l’autre de réalité. Il affirme le rôle de l’enfance dans le développement du psychisme.
Avec la découverte majeure du complexe d’Œdipe, il a bouleversé les idées sur cette
phase de vie dans la mesure où il est difficile d’imaginer que l’enfant entre trois et cinq
ans vit ce complexe.

Le psychisme est abordé par Freud selon trois(03) points de vue qui sont
étroitement
liées et fonctionnent ensembles : alors ses points de vue sont :
 Un point de vue dynamique : selon lequel on étudie les forces et les conflits
psychique.
 Un point de vue économiques : où il y’a l’énergie psychique qui circule.

40
 Un point de vue topique : où le psychisme s’organise en territoires et en systèmes.

Dans notre texte, nous aborderons en premier lieu l’idéalisation dans la réflexion
de Kadhafi en étudiant l’Idéal du moi. La dernière nuit du raïs nous présente la face
cachée d'un homme né sous le signe d'une injustice, qui a vécu une enfance misérable.
Yasmina Khadra nous a présenté un côté négatif de Mouammar Kadhafi, mais nous
trouvons aussi que le comportement de Kadhafi peut avoir des explications, des raisons
présentes dans le texte qui vont justifier ses gestes et ses comportements assez sévères.
En premier lieu nous parlons sur le premier facteur remarquable son passé précisément
son enfance. Malgré que Yasmina Khadra ait essayé de décrire la réalité de la capture et
lynchage de Kadhafi et la chute de son régime, il revient souvent en arrière pour
mentionner certaines dates comme le passé pour expliquer les actes du présent.
Donc il fait alors rappel au passé du dictateur qui explique certaines attitudes et
comportements actuels. Parce que cet homme a vécu dans la misère, originaire du
Fezzan, sans père, méprisé, opprimé par la misère et l'ancien régime. La période
d'enfance était dure et misérable pour le personnage Kadhafi qui a vécu la pauvreté et
la faim, comme par exemple dans ce passage :

La misère était mon élément .je ne mangeais qu’une fois sur deux,
toujours la même nourriture à base de tubercules lorsque le riz venait à
manquer .la nuit, les genoux collés au ventre sous ma couverture, il
m’arrivait de rêver d’une cuisse de poulet jusqu’à me noyer dans ma
salive. 1

L’influence de l’oncle commence sur Kadhafi au point où il voit qu’il est la lune
grande et éclairée qui éclaire le monde sans hésitation : « Je lui avais demandé de me
montrer le mien. Son doigt avait désigné la lune, sans hésitation, comme s’il s’agissait
d’une évidence. Depuis, chaque fois que je levais les yeux au ciel, je voyais la lune
pleine. Toutes les nuits. Ma pleine lune à moi. ».2
L’oncle consiste à inculquer son idée. Et cette fois il considère que Kadhafi est
l’enfant béni qui va changer le destin de Kadhafi : « Mon oncle jurait que j’étais

1
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais, [Link]. , p01.
2
Ibid. p. 10.

41
l’enfant béni du clan des Ghous, celui qui restituerait à la tribu des Kadhafi ses épopées
oubliées et son lustre d’antan ».1
Malgré son enfance dure et miséreuse, il continue de rêver encouragé par son oncle qui
était pour lui un guide ou un mentor comme dans ce passage :

Enfant, j’ai connu la faim, la culotte rafistolée et les savates trouées, et


j’ai longtemps trainé pieds nous sur les cailloux brûlants. La misère
était mon élément. Je ne mangeais qu’une fois sur deux, toujours la
même nourriture à base de tubercules lorsque le riz venait à manquer.
La nuit, les genoux collés au ventre sous ma couverture, il m’arrivait
de rêver d’une cuisse de poulet jusqu’à me noyer dans ma salive.2

Sa phobie des seringues l’a accompagné toute sa vie malgré qu’il soit devenu un
grand souverain arabe libyen. Cela prouve qu’il est un être ordinaire comme les autres :
« J’ai horreur des seringues. J’ai attrapé cette phobie à l’âge de treize ans lorsqu’une
assistante a failli me rendre infirme en cassant une aiguille dans ma fesse. L’infection
qui s’en est suivie m’a cloué au lit durant des semaines ».3
Malgré la réalité de ses origines modestes il n’a jamais perdu la confiance en
soi : « Le faste qu’elle me jetait par brassées à la figure me renvoyait à mes origines
modestes, mais je n’en avais cure. Mon parcours parlait pour moi. Parti du bras de
l’échelle, je gravissais une à une les barricades des préjugés »4.
La responsabilité qu’il prend sur ses épaules dès son enfance envers sa famille
lui oblige de réussir malgré tous les obstacles qu’il va affronter : « Ma famille s’était
ruinée pour que je sois le premier enfant de mon clan à entrer à l’école -j’étais conscient
qu’un tel privilège me condamnait à réussir contre vents et marées, à prouver au monde
que je n’avais rien à envier à personne ».5
Les souvenirs de l’école coranique et la dureté du Cheikh restent collés dans la
mémoire du Kadhafi comme par exemple dans ce passage :

Je reconnais l’école coranique de mes sept ans, ses murs en torchis et


son plafond aux poutres vermoulues. Emmitouflé dans un manteau

1
Ibid. p. 11.
2
Ibid. p. 15.
3
Ibid. p. 52.
4
Ibid. p. 55.
5
Id.p.55.

42
vert, le visage perdu dans une coiffe ébouriffée […] Le cheikh avait
horreur des trublions qui ne faisaient que braire et rire sous cape.
Quand il mettait le grappin sur l’un d’eux […] nous sommait de
former un cercle autour du pris en faute et nous gratifiait d’une terrible
séance de falaqa. Ce genre de châtiment me traumatiserait longtemps.1

La peur causée par le châtiment de Cheikh le laisse imaginer des choses


extraordinaires :

Soudain, le cheikh se réveille et son regard fond sur moi tel un rapace.
Pourquoi ne récites-tu pas avec tes camarades ? Qu’as-tu fait de ta
planchette ? Aurais-tu renoncé à ta religion, espèce de chien ? hurle-t-
il en se soulevant dans un geyser d’indignation. A la manière de
Moïse, il jette au sol sa perche qui se transforme aussitôt en un
épouvantable serpent noir, frémissant de toutes ses écailles, la langue
fourchue semblable à une flamme jaillissant des enfers.2

Dès son enfance, il était méchant avec tout le monde comme dans le passage
suivant : «Il va falloir l’enfermer, ton djinn, criait la voisine à ma mère. Il n’est plus
possible pour nos gosses de le croiser sur leur chemin sans qu’il se jette sur eux. »3
Le passage suivant montre que le personnage de Kadhafi ne fait confiance à personne :
«En réalité, je n’écoutais personne pour ne pas subir leurs mensonges »4

L’absence du père nait chez lui un grand vide :

On m’a toujours menti. Lorsque je demandais après mon père, ma


mère me répondait, expéditive : ‘’il est au paradis.’’ Mon père me
manquait. Atrocement. Son absence me mutilait. J’étais jaloux des
gamins qui gambadaient autour de leurs géniteurs. Quand bien même

1
Ibid. p. 62.
2
Ibid., p. 63.
3
Ibid. p. 84.
4
Ibid. p. 84.

43
ces derniers ne payaient pas de mine, ils me paraissaient grands
comme des dieux.1

Le désespoir de reconnaitre son père lui permet de penser à quitter le monde


pour le rejoindre comme le montre ce passage : « A cinq ans, j’avais envisagé d’attenter
à ma vie. Je voulais mourir pour rejoindre mon père au ciel. L’existence sans lui n’avait
ni saveur ni attrait. J’avais mâchouillé une herbe vénéneuse et n’eus droit qu’à une forte
fièvre ponctuée de diarrhées ».2

Malgré les mensonges sur la véritable identité de son père il insiste de la reconnaitre :
« A neuf ans, j’acculais mon oncle pour qu’il me dise la vérité sur la disparition de mon
père. ‘’Il est mort dans un duel. Pour laver l’honneur du clan. » 3
A chaque fois, il trouve une autre histoire sur la mort de son père : « Un voisin
me déclara que mon générateur avait été tout bonnement écrasé par un tank lors de la
grande offensive de Rommel. "Le pauvre errait dans la tempête de sable, avec sa chèvre.
Il n’avait pas vu venir le char d’assaut". J’étais furieux »4.
Pour éviter le dérangement de cet enfant, son clan décide de lui envoyer à
l’école : «Jusqu’à l’âge de onze ans, on m’a considéré comme un enfant dérangé […]
Finalement, pour ramener le calme dans le hameau, mon clan dut se cotiser pour
m’envoyer à l’école. »5
La Voix qui accompagne le personnage de Kadhafi lui donne une confiance
illimitée au point où il compare son être avec les prophètes et lui donne même l’idée
qu’il va être une légende :

Ce fut devant une glace, dans les toilettes scolaires, que la Voix se
déclara en moi. Elle m’assurait que je n’avais pas à rougir de mon
statut d’orphelin, que le prophète Mohammed n’avait pas connu son
père, et Issa le Christ non plus. C’était une voix magnifique ; elle
absorbait ma peine comme un buvard […] Je compris alors que j’étais
prédestiné à la légende.6

1
Ibid. p. 84.
2
Ibid. p. 84.
3
Ibid.p.85.
4
Id .
5
Ibid. p. 86
6
Id.

44
L’école n’était pas un grand obstacle qui empêche le personnage de faire tout ce qu’il
veut comme le montre ce passage :

A l’école de Sebha, puis à celle de Misrata, mes camarades buvaient


mes paroles jusqu’à l’ébriété. Ce n’était pas moi qui les ensorcelais
avec mes diatribes, mais la voix qui chantait à travers mon être. Mes
instituteurs ne me supportaient pas. Je prenais la défense des cancres,
rechignais sur notes que l’on m’infligeait, appelais à la grève, criais au
scandale, montais les élèves démunis contre les enfants des bourgeois,
critiquais ouvertement le roi ; les renvois de l’école n’y changèrent pas
grand-chose.1

2/ Pour une approche psychocritique sur la convocation de Van


Gogh :

Psychocritique est dés son élaboration comme théorie a prouvé que l'on pouvait
rechercher les reflets de l’inconscient de l’auteur dans son texte.
Egalement, cette méthode littéraire compté sur la découverte de la structure autour de
laquelle s’organise l’ensemble de la production littéraire d’un écrivain et consiste à
trouver la diversité des sujets énoncés. Selon Charles Mauron : « On trouve la
distinction psychanalytique entre le contenu manifeste et le contenu latent. »2
La psychocritique, c’est une méthode d’analyse a pour fondement d’étudier une
œuvre ou un texte pour relever des faits et des relations issus de la personnalité
inconsciente de l’écrivain ou du personnage : « La psychocritique considère la
psychanalyse comme une science indispensable à connaitre et à utiliser, mais elle ne
songe pas à guérir, elle utilise la psychanalyse pour relier une science à un art. »3
C’est-à dire que son objectif n’est pas de chercher le « problème » de l’écrivain
mais de repérer les métaphores obsédantes de son œuvre ou l’un de ses œuvres.

1
Id. P. 86.
2
Charles MAURON, Introduction à la psychocritique, Paris, José Corti, 1963, p. 49.
3
Charles MAURON, Des métaphores obsédantes au mythe personnel, Paris, José Corti, 1964, P.51.

45
La psychocritique se veut une critique littéraire et scientifique,
partielle, non réductrice. Littéraire, car ses recherches sont fondées
essentiellement sur les textes ; scientifique, de par son point de départ
(les théories de Freud et de ses disciples) et par sa méthode empirique
(Mauron se réclame de la méthode expérimentale) ; partielle,
puisqu’elle se limite à chercher la structure phantasme inconsciente,
non réductrice. 1

Qui est Charles Mauron ?

Charles Mauron est un français, né à Saint-Rémy-de-Provence en 1899. Il meurt


dans un accident de voiture en 1966. Après des études scientifiques à la faculté de
Marseille, il devient assistant de chimie en 1921. Mais la détérioration de sa vue le
contraint à se retirer à la campagne et à se convertir à d'autres intérêts. Il s'intéresse
d'abord à l'esthétique. Son excellente connaissance de l'anglais le conduit à traduire de
nombreux ouvrages, Les Sept Piliers de la sagesse de T. E. Lawrence, Orlando de
Virginia Woolf, des textes de D. H. Lawrence, K. Mansfield, Forster ou Fry. Il se lie à
des auteurs anglo-saxons et il collabore à leurs revues. Ainsi, pendant les années qui
précèdent la deuxième guerre mondiale, il acquiert une certaine notoriété en Grande-
Bretagne alors que les poèmes qu'il publie à Paris ne recueillent qu'un succès assez
modeste en dépit de leur beauté (Poèmes en prose, 1930 ; Esquisse pour le tombeau
d'un peintre, 1938). C'est cependant au cours de cette période qu'il met au point la
psychocritique, sa contribution principale à la littérature. Cette méthode a eu un succès
considérable dans les années 1940-1950.
D’abord, tout le long du roman, la figure de l’illustre peintre néerlandais,
naturaliste d’appartenance artistique, très connu par ses fresques et tableaux mais
également pour son suicide après s’être coupé l’oriel, est convoquée. Il s’agit de Von
Gogh, une figure universelle à laquelle s’est associée la figure du Tyran Kadhafi,
reconnu pour son repli sur soi : « Je suis seul face au destin, et le destin regarde
ailleurs. »2
Ses deux figures, il n’y a quasiment aucune similitude, excepté le désir de
grandeur d’un incompris et d’un imaginal à l’image de Van Gogh. Kadhafi se prend

1
Léandre SAHIRI, À propos de « Deuxième épitre à Laurent Gbagbo » de Tiburce Koffi : les mots
utilisés par Tiburce Koffi sont à la limite de l’injure proférée à l’égard de M. Laurent Gbagbo.
2
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais, [Link]. , p152.

46
pour un esthète non reconnu ayant pris place dans les pages les plus tenues des annales
de l’histoire : « Je n’ai pas grand-chose en commun avec Van Gogh, à part peut-être la
misère que j’ai connue enfant et qui l’acheva, lui, au milieu de ses toiles qui ne lui
assuraient qu’un repas sur deux »1
La fin du roman, la fin de Kadhafi, nous renseigne amplement sur les raisons de la
convocation de Von Gogh à l’oriel amputée après avoir entendu, dans son imaginaire,
sa mère lui dire, avant qu’il rende âme « Tu n’écoutes que d’une oreille, celle que tu
prêtes volontiers à tes démons, tandis que l’autre reste sourde à la raison… »2
La convocation de Von Gogh se présente telle une morale du récit dans la mesure
où finalement chaque oreille possède sa fonction, c’est-à-dire une oreille écoute les
démons et l’autre écoutant les anges. Il est question pour lui de ne pas écouter les
démons qui l’ont conduit, au final à la ruine, à la chute.

3-Kadhafi chez le père de la fille qu’il voulait demander au mariage :

Faten est le personnage féminin ayant attiré le plus Kadhafi dans le roman, Il l’a
connu à l’âge de quinze ans, c’était la seule pour qui le cœur d’EL Kadhafia battu
sérieusement et sincèrement, elle était son unique amour.
Faten représentait dans un premier temps l’amour attendu et rêver et puis dans un
second temps, la déception et le chagrin. Aux yeux d’EL Kadhafi c’est une fille
captivante « Les yeux plus grands que l’horizon, les cheveux noirs jusqu’au fessier, la
peau translucide, elle semblait sortir d’un songe d’été. Je l’ai aimée à l’instant ou je l’ai
vue. »3.
Le père de Faten est le directeur d’école ou sa fille et Kadhafi ont étudié, donc
elle avenu d’une famille de notables « j’ai contracté ce mal sublime qu’on appelle
l’amour à l’école de Sebha, dans le Fezzan tribal. J’avais quinze ans, […] Faten était la
fille du directeur. Elle venait parfois nous regarder, nous les garçons, nous chamailler
dans la cour de l’école. »4
Il est tombé amoureux d’elle dans un total secret« je lui écrivais des lettres
enflammées sans parvenir à lui en glisser une »5

1
Ibid. P.64.
2
Ibid. P.181.
3
La dernière nuit du Rais. [Link]. P58.
4
Loc. cit
5
Loc. cit

47
Faten a complètement bouleversé la vie de Kadhafi, il a gardé son amour pour lui-
même puisqu’il ne pouvait l’avouer à personne « Je ne fermais l’œil que pour la
rejoindre à travers mille fantasmes. »1
Après plusieurs années passées, Kadhafi a décidé de demander la main de Faten,
et c’était le plus beau jour de sa vie« j’étais tellement heureux que j’avais du mal à
marcher droit le long de cette rue bordée de villas cossues. […] Je ne marchais pas, je
planais, porté par les battements de mon cœur. »2
Mais s’était vite tourné en journée cauchemar, le refus catégorique de la part du
père de Faten était comme un choc pour Kadhafi « Ce fut le jour le plus triste de mon
existence. J’eus envie de hurler jusqu’à ce que mes cris fassent taire le vacarme des
vagues, jusqu’à ce que l’horreur dans mon regard fasse reculer les flots. »3
Kadhafi n’arrivait pas à comprendre la cause du refus, un refus motivé par son rang
sociale :

Vous trouverez une fille de votre rang’ qui vous rendra heureux […] Il
n’était naguère qu’un point fonctionnaire incapable de joindre les
deux bouts, plus préoccupé par le ballet des mouches autour de ses
draps de misère que par les fripons qui fumaient en cachette dans les
toilettes de son école. 4

Il réussit à compenser cette déception par une assurance grandissante qu’il a acquise à
l’académie militaire ; il a refusé de se plier.
Et c'est ce qui a formé un complexe dans le personnage principal, donc ce nœud
est passé à la vengeance sur cette famille « Je n’ai pas pardonné l’affront »5 rassasiée
par compensation sexuelle des femmes, publiques, instruits, artistes, épouses de
fonctionnaires loyaux, femmes de chambre, jeunes vierge en prime de la vie, c'est-à-dire
que chaque femme qui vient en termes de désir…
Sa mémoire est chargée d'un passé malade complètement diversifiée, l'autorité
avait la possibilité de réaliser des intérêts purement personnels, et il y en avait peu un
petit nombre de programmes de développement bénéfiques pour la Lybie.

1
Loc. cit
2
Ibid. P.59.
3
La dernière nuit du Rais. [Link].. P.63.
4
Ibid. P.63.
5
Ibid. P.64.

48
Même la dimension biologique a une relation avec la nostalgie de personnage
principal, là où on le trouve qu'il aspire a des jours de jouissance et de solitude, tout
simplement, car le jugement est entre ses mains, il lui facilite de chercher tout.

4- Sociocritique au service d’analyser la multitude de sociétés :

La sociocritique est une approche critique du fait littéraire, qui a pris naissance
vers les années soixante comme réponse à la psychocritique de Charles Mauron,
Claude Duchet crée la notion de sociocritique pour désigner la socialité des textes.
Par les sociologues :
« C’est dans la spécificité esthétique même, la dimension valeur des textes, que la
sociocritique s’efforce de lire cette présence des œuvres au monde qu’elle appelle la
socialité.» 1
La sociocritique se distingue radicalement de la sociologie, son rôle est de
détecter les diverses manifestations du social dans le texte littéraire.
Cette approche s’inspire des autres disciplines semblables, elle s’inspire par
exemple de la sociologie de la littérature.
La sociocritique n’est ni une discipline ni une théorie. Elle n’est pas non plus une
sociologie, on peut dire qu’une méthode ou forme d’une perspective.
Généralement, la critique littéraire face à chaque texte littéraire pour montrer la relation
entre le lecteur, l’auteur et le texte littéraire.
Pour une sociocritique ou variations sur un incipit dans la revue littéraire, Claude
Duchet défini la sociocritique comme suit :

La sociocritique vise d’abord le texte. Elle est même une lecture


immanente en ce sens qu’elle reprend à son compte cette notion de
texte élaboré par la critique formelle et l’avalise comme objet d’étude
prioritaire. Mais la finalité est différente puisque l’intention et la
stratégie de la sociocritique sont deux restitués au texte littéraire des
formalistes sa teneur social.2

1
Duchet Claude, Sociocritique, Fernand Nathan. Paris, 1979, p4.
2
DUCHET Claude, Pour une sociocritique ou variation sur un incipit, la revue de la littérature, 1971

49
D’après cette définition, on doit mémoriser que la sociocritique comme outil
d’analyse littéraire qui se distingue des autres outils. Elle s’intéresse beaucoup plus à ce
que le texte transcrit, pas à ce qu’il signifie.

Sociocritique de Pierre Zima :

Pierre Zima est l’auteur en 1980 d’une texto sociologique, pour lui :
«Le texte littéraire est ce qui permet d’échapper. À l’instrumentalisation d’une société
moderne.» 1
Aussi pour lui, « La sociologie du texte a pour charge d’appréhender l’étude du
texte au niveau du langage notamment par l’étude des structures sémantiques et
narratives.»
Zima fait appel à certains nombres de connaissances notamment la connaissance
de sociolecte qu'il définit comme « un langage de groupes » lois d'une chance collective
et particulière.
Selon lui, La sociocritique a une relation dans la perspective mais se donner
surtout pour occupation de montrer leur rapport à la société.

Multitude de sociétés :
On va cerner les éléments qui indiquent la présence de multitude de sociétés dans le
roman, et de les analyser et expliquer chacune à part : Société du passé, société de
présent celle de la dernière nuit, et la société de futur imaginée par Kadhafi.
Parmi les éléments fondamentaux qui rattachent l’histoire et la société : la fiction et
la réalité.
En effet, la dernière Nuit du Rais est une représentation qui concerne un angle de
vérités référentielles pour jouer le personnage de Kadhafi dans ses derniers moments de
vie.
D’un autre côté, nous remarquons que l’analyse des sociétés dans la dernière Nuit
du Rais de Yasmina Khadra s’inspire d’une connaissance de l’Histoire personnelle du
personnage et sa propre vie.

1
Zima Pierre. Manuel de sociocritique, Paris, le Harmattan, 1985.

50
D’après une lecture profonde de ce corpus, on peut dire que les sociétés qui
existent dans le roman sont multiples.
Nous remarquons que le romancier a écrit son roman en employant la technique
du flash-back.
Il met en scène le fauve acculé. Le passé remonte. Les flash-back se succèdent,
l'enfance sous la tente de bédouin, les humiliations du jeune officier et la rage de la
revanche. Le dernier carré des fidèles essaie de faire illusion. Le raïs rugit. Il y a ce
délire impressionnant d'un face-à-face entre le défunt Saddam Hussein et Kadhafi plus
mégalo que son visiteur fantôme : « Mon destin est entre mes mains. Et Dieu aussi. »On
sait comment cela s'est terminé, le dictateur terré dans une canalisation de drainage
agricole. 1
Premièrement, on doit savoir le passé du personnage principal car Yasmina
Khadra cherche dans ce texte à mettre le passé en relation avec le présent, même s’il
voulut décrire la réalité de la chute de Mouammar Kadhafi, il revient souvent en arrière
pour citer dans son texte certaines dates du passé.
On remarque que la biographie du personnage est apparue dès le début du récit à
travers les Flash –back. Donc nous avons choisi pour une analyse qui est le fait de
caractériser les éléments de chaque société.

1-Société du passé :
Par ces deux passages suivants nous pouvons découvrir l’origine de notre
personnage principal :
« Quand j’étais enfant, il arrivait à mon oncle maternel de m’emmener dans le désert.
Pour lui, plus qu’un retour aux sources, cette excursion était une ablution de l’esprit."2
«Mon oncle jurait que j’étais l’enfant béni du clan des Ghous, celui qui restituerait à la
tribu des Kadhafi ses épopées oubliées et son lustre d’antan. »3
Donc, il est bédouin du Sahara libyen. Ainsi, comme on l’a déjà mentionné dans
la partie précédente de ce chapitre il nous relate l’échec de son premier amour, lorsqu’il
a demandé la main de la fille de directeur de l’école de Sebha et que ce dernier lui

1
Yves Viollier, Julliard, 18 EUR., Publié le 30/09/2015.
2
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais, [Link]., p09
3
Ibid., p.11.

51
refuse. Kadhafi fut trop triste dans ce jour-là : « Ce fut le jour le plus triste de mon
existence »1
On peut dire que Mouammar Kadhafi a été refusé à cause de son appartenance et
son origine : « Même Syrte la ville de mon adolescence, le berceau de ma révolution,
me tourne le dos »2
Kadhafi parle de sa ville, comme-ci c’était une personne, et il dit que cette ville
berceuse à l’origine lui tourne le dos.
Par ailleurs, Mouammar nous raconte qu’il ne connait pas son père : « A cinq ans,
j’avais envisagé d’attenter à ma vie. Je voulais mourir pour rejoindre mon père au ciel.
J’avais mâchouillé une herbe vénéneuse et n’eus droit qu’a une forte fièvre ponctué de
diarrhées »3
« A neuf ans, j’acculai mon oncle pour qu’il me dise la vérité sur la disparition de mon
Père»4

Puis, il nous a parlé de l’école coranique et d’après ces passages, nous affirmons
que Kadhafi a été étudié dans une école coranique entant que bédouin de Fezzan : « Je
reconnais l’école coranique de mes sept ans, ses murs en torchis et son plafond aux
poutres vermoulues»5
Et malgré sa déception de son histoire d’amour, Kadhafi a cherché encore une fois
Faten, on suppose qu’il a l’espoir de la trouver, mais malheureusement elle était mariée
et elle a deux enfants : « En 1972, trois ans après mon intronisation à la tête du pays, j’ai
cherché Faten .Elle était mariée à un homme d’affaire et mère de deux enfants.»6
Puis, il nous informe du coup d’état qu’il a réalisé en 1969 : «Camarade de
promotion à l’Académie militaire de Benghazi, il était à mes côtés lors du coup d’Etat
de 1969 et faisait partie de 12 membres du Conseil du commandement de la
révolution»7

2-Société du présent :

1
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais, Op .cit, p63.
2
Ibid., p70.
3
Ibid., p91.
4
Ibid., p91.
5
Ibid. p 66.
6
Ibid. p64.
7
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais. Op ;cit, p30.

52
Premièrement, dans ce passage nous découvrons que notre personnage Kadhafi
est un militaire, il parle de sa carrière en tant que ancien militaire opprimé. Mais il n’a
pas accepté sa situation et il a changé son destin :

Je n’étais qu’un jeune officier désabusé dont les coups de gueule ne


dépassaient guère le contour de ses lèvres, mais j’ai osé de dire non au
fait accompli crier « ça suffit » (…). Et j’ai renversé le cours du
destin comme on retourne les cartes qu’on refuse de servir.1

Il parle aussi de sa chambre et le bracelet de la petite fille Khadîdja :

On a nettoyé ma chambre, masqué les fenêtres avec des tentures


bâchées et bricolé une sorte de veilleuse à partir d’une torche
alimentée par une batterie d’automobile. Sous le canapé me servant de
lit, j’ai trouvé un mince bracelet en or qui a du appartenir à une petite
fille.2

D’ailleurs, on sait que Kadhafi est un homme fort et dur, mais il y a des passages
qui le décrivent comme une personne pleine d’émotions, faible comme dans : «Je
pouvais disposer de tous les trésors de la terre, il suffisait qu’une femme me refuse pour
que je redevienne le plus pauvre des hommes».3
Et en certains moments il a peur, seul et parfois fragile ; ça montre dans : « J’ai
peur. Ma chair est hérissée de frissons.»4 « Je suis seul. Seul au monde. »5

3-Société du futur :
Dans un passage Yasmina khadra veut dire que la Libye sans Kadhafi n’a aucune
importance, et son peuple ne peut pas vivre sans lui : « Je ne peux pas imaginer la Libye
sans vous aux commandes, Rais. Ça n’aurait aucun sens »6
Et dans un autre passage, Kadhafi a imaginé la situation de la Libye sans lui, il
imagine qu’elle serait une terre pleine de malheur et sans valeur: « Sans moi, la Libye
ne serait qu’un désastre sans nom et sans lendemain cette terre sainte serait vouée au
1
Ibid.p12.
2
Ibid. p39.
3
Ibid;.p 58.
4
Ibid, p 66.
5
Ibid., p 193.
6
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais,.OP, cit, p 77.

53
malheur et à la honte. Nos cimetières lâcheraient leurs fantômes sur nos jours et nos
nuits, les survivants se mueraient en zombies et nos stèles en gibets!»1

Il a senti dans ses dernières heures que son peuple n’a jamais aimé, comme il le
dit dans ce passage :

Mon peuple m’a menti depuis le début, depuis ce matin où a la radio


de Benghazi, haines et lui ai rendu sa dignité. Il ne m’a jamais aimé,
mon peuple ; Il n’a fait que me flatter pour mériter mes largesses, à
l’instar de mes courtisans, de mes proches et de mes putains.2

Ainsi, notre personnage Kadhafi a parlé aussi de son rêve de sa situation après sa
mort, il a imaginé son corps présenté au palais et sa dépouille : « J’imaginais mon corps
exposé au palais présidentiel orné de couronnes et d’étendras, des souverains et des
officiels venus des quatre coins de la planète observer de longues minutes de silence
devant ma dépouille… »3.

Pour conclure ce chapitre, nous avons appliqué les théories suivantes


(psychanalyse, psychocritique et sociocritique) et définit chaque théorie avec la
présentation de son fondateur. Ensuite à l’aide de ces trois théorie, nous avons essayé de
faire l’analyse de l’état d’âme du dictateur Mouammar Kadhafi dès son enfance, suivra
l’analyse d’image du Van Gogh dans son esprit, pour arriver finalement à traiter le
refus de sa demande de mariage par le père de la fille qu’il voulait épouser. Et à la fin
du chapitre en donnant un petit aperçu sur la multitude de sociétés et son importance
dans notre corpus.
Pour dire à la fin que Yasmina Khadra à travers ce roman réaliste a voulu donner
une chance au vrai Kadhafi, à travers ce personnage héros qui porte le même nom et
prénom, khadra se glisse dans la peau de Kadhafi et présente un coté psychique,
pensées, rêves et cauchemars… de Mouammar et lui donné la parole de s’exprimer, de
dire son mot et de prendre sa défense devant le monde entier.

1
Ibid., p 88.
2
Ibid., p 195.
3
Ibid., p 192.

54
Chapitre IV :
Discours
dénonciateur
L’objectif de ce chapitre est de mettre l’accent sur la dénonciation, et donner un
aperçu sur toutes ses formes.

Par la suite, on va expliquer l’utilisation du JE et son rôle dans le récit en se


basant sur le texte donné par l’auteur.

Notre analyse aura encore comme objet d’étude le style d’écriture pour dénoncer
et ses éléments qui entourent La dernière nuit du raïs pour mieux comprendre le
contenu de l’œuvreet sa relation avec le discours de la dénonciation.

On conclut le chapitre en donnant un petit aperçu sur l’adaptation du texte de


Yasmina Khadra dans les textes dénonciateurs.

1-Dénonciation sous toutes ses formes :

Notre étude tente de découvrir dans La dernière nuit du raïs de nombreuses


relations textuelles contiennent des signes culturels et artistiques, notamment dans le
but d’arranger un discours dénonciateur simulant la fin d'une histoire racontée par
Yasmina Khadra sur les lèvres de Kadhafi.

Principalement, Le thème de son œuvre est l'absurdité de la violence, avec un


discours de la dénonciation hâtive.

En général, notre écrivain utilise comme environnement une situation actuelle


qui transcende les circonstances spécifiques par l’utilisation de certains discours et
plus précisément le discours dénonciateur…1

Le texte amplifie un langage corporel synonyme d'arrogance, de violence et de


démonstration de force ; une façon d'affirmer une forte présence dans l'espace public.
Un discours ironique et dénonciateur d'une irrésolution et d'une prétention maladive.
Le dictateur libyen est coléreux et arbitraire. Sa puissance est ressentie par ses
proches comme un fardeau dont ils supportent à peine le poids excessif.2

Il est question d'une écriture de dévoilement, voire de dénonciation,


essentiellement basée sur le démasquage. Elle nous met en présence d'une figure

1
[Link]
2
[Link]

55
archétypale du dictateur dont la nature ambigüe expliquerait la surprenante
ambivalence de ses représentations littéraires.1

Pour conclure l’analyse des énoncés dans la formation discursive de la


dénonciation nous a conduits à investir plusieurs types du discours tel :

Un discours concernant le sujet dénonciateur, c’est-à-dire la parole des personnages


dans le roman.

Un discours des « silences » de l’œuvre ou de ses sens et significations dans le


champ textuel lui-même.

On peut aussi résumer notre travail qui concerne la dénonciation en général, en


trois parties essentielles :

-La partie narrative du roman : La dernière nuit du raïs comme histoire / récit.

-La partie discursive : le texte comme discours de la dénonciation.

-La dénonciation : un discours social et idéologique.

On doit installer le cadre théorique pour procéder à l’analyse du discours de la


dénonciation dans le roman.

Donc, nous avons fait appel, de même compte tenu de nos hypothèses de départ,
à la linguistique pragmatique des actes de parole. Au plan pragmatique, dénoncer
étant une parole proférée par un locuteur habilité à le faire par le contexte. On peut
parler d’un « rituel discursif » : l’énonciateur agent de la dénonciation « agit » en
situation de communication, sa parole action (ou parole active) est codifiée,
normalisée, institutionnalisée par l’usage social, dans le système des relations
intersubjectives de l’environnement social. 2

2- Utilisation du pronom "JE" dans le récit :

Le roman "La dernière nuit du raïs" est plein de la présence du pronom "je"
dedans, alors lorsqu’on lit le roman, on note que le personnage principal domine une

1
Revue Science and Vidéo N° 8 | Représentation(s) du dictateur dans les arts et la littérature du monde
arabe et musulman.
2
Cf. Austin, J. L. : Quand dire, c’est faire.- Paris, Ed. du Seuil, 1991.

56
grande partie des discours et dialogues et même des déclarations qu’ont été
capturées.

Et le but de cette domination, est de clarifier l'intention de l'auteur Yasmina


Khadra, car cela signifie que la présence textuelle du pronom «je», historiquement
reflète sa présence dans le passé et la façon dont il a dominé le rais Kadhafi dans ses
discours et ses conversations avec les autres, et comment il ne leur a pas donné de
chance dans l'échange de [Link] le choix du personnage Yasmina Khadra a
répondu :

Kadhafi ne fut pas un tyran ordinaire : sa vision messianique, sa langue pleine


de panache, son extravagance font de lui un personnage romanesque dans la lignée
du roi Lear et de Caligula. Comment un simple Bédouin a-t-il pu fomenter un coup
d’État à 27 ans et régner quarante-deux ans sur la Libye ? J’ai pris la plume pour le
comprendre mais notre rencontre a été conflictuelle : j’écrivais le jour, à la première
personne, pour percer le secret de son âme et de ses errements ; il me harcelait la nuit
et m’invectivait dans mon sommeil. Ai- je habité mon personnage ou est-ce lui qui
m’a possédé ? Je ne saurais vous le dire. Il a ajouté.1

Et c’est ce que reflète principalement l'absence d'une culture du discours dans


son environnement politique, donc, l'histoire montre que la nature des régimes
dictatoriaux expulse la culture du discours de leur arène autoritaire et prévale sur la
«conscience de soi».

«L’ego» collectif est à son avis une menace flagrante pour le siège du gouvernement,
non considérant cela comme un dialogue qui renforce la vision politique de la nation
tout entière.

Donc, à la lecture de ce roman de l'écrivain algérien, la première chose que l'on


remarque est que le texte lui-même comporte de nombreux aspects en termes de
définition du pronom qui domine le texte (le je), ce qui signifie qu'en le lisant, le
lecteur-critique sent que le texte n'est pas du tout un roman, mais plutôt
Autobiographie abstraite, écrite par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, alors
qu'il mène une guerre contre son peuple qui le rejette.

1
[Link]

57
L'écrivain a réussi à faire de ce roman un texte narratif très flexible, et par cela
nous entendons ici, c'est une flexibilité interprétative pour lui, car il est facile pour le
lecteur de classer ce texte en fonction de sa lecture, et s'il voulait le considérer
comme une autobiographie, alors il peut le faire et il a raison. Car l'ego parlant (le
pronom je) est très dominant dans le texte, ce qui indique la présence d'indices que
le dictateur Mouammar Kadhafi a écrit sa biographie, et l'écrivain Yasmina Khadra
a composé son corpus sur cette autobiographie précédente. Selon lui : "Pour
m’approprier pleinement les états d’âme, les angoisses et la raison de mon
personnage. J’ai écrit la majorité de mes romans à la première personne du singulier.
Cela m’implique davantage dans mon texte."1

Par contre, un autre lecteur peut considérer ce roman comme une simple
biographie altruiste, que l'écrivain voulait identifier les points d'ombre dans la vie et
l'histoire du dirigeant libyen.

Ainsi, un autre lecteur selon son point de vue critique, peut classer ce roman
comme étant d'un autre genre, et c'est une biographie, mais pas comme les autres
connus, mais plutôt une autobiographie où le pronom personnel "JE" c’est le
locuteur.

Le dictateur Mouammar Kadhafi est décédé en octobre 2011 et le texte a été


rédigé en 2015, ce qui est mentionné dans ce roman, ce sont des biographies, comme
si le raïs était vivant et l'écrivait avec sa plume, mais il est mort, et ce qui a fait sa
présence dans l'autobiographie, c'est la proportion de la présence du pronom je dans
le texte plus abondamment que les autres pronoms.

Et c’était à cause de la nature des événements, mais aussi la ressemblance de vie


personnelle entre Mouammar Kadhafi et Yasmina Khadra , tel dit ce denier :

Par ailleurs, comme Kadhafi, je suis né dans le désert, dans une tribu, au
Maghreb, je suis arabo-berbère comme lui, de la même religion, et j’ai été, moi aussi,
soldat. Ces facteurs m’ont permis de mieux saisir la mentalité et la personnalité de
mon personnage.2

1
Yasmina Khadra, Interview avec Dan Burcea, Éditeur Julliard, 16/12/2015.
2
[Link].

58
Ainsi que la position qu'occupe le dictateur dans le monde, et tant que ce dernier
est le personnage principal du roman, donc le pourcentage de concentration
artistique de l'écrivain sur celui-ci était, à partir du titre, début du texte, puis le corps
du texte, jusqu’à la conclusion du texte.

Finalement, on peut dire que ce texte narratif reste enfermé dans les paris d'une
lecture critique du texte, et chaque lecteur et son contexte formatif, mais en fin de
compte La dernière nuit du raïs reste un texte narratif stable, et les lecteurs sont
nombreux !

3- Style d’écriture pour dénoncer :

Le style d’écriture est l’un des meilleurs moyens de faire passer un message à
une population entière. Le message véhiculé par l’auteur peut être explicite ou bien
caché derrière des tournures de phrases ou des métaphores. Yasmina Khadra adopte
dans notre œuvre pour un discours dénonciateur, comme déclare un critique
littéraire: « en littérature écrire c’est dénoncer », nous constatons que le réel est
exprimé dans La Dernière Nuit du Rais à travers les techniques et le style d’écriture
littéraire, tel que les figures de style qui viennent renforcer les descriptions
psychologiques détaillées de personnage principal Kadhafi. L’auteur emploie dans ce
texte des comparaisons, des métaphores, des hyperboles et parfois, il recourt à
l’allusion : « Je sortirai du chaos plus fort que jamais, tel le phénix renaissant de ses
cendres »1 .Le phénix ici symbolise l’oiseau mythologique qui renait des cendres, il
traduit l’espoir qu’il nourrit le soulèvement populaire qui a désavoué du dictateur.
Kadhafi fait allusion au prophète Mohammed, il confirme : « Ce n’est pas possible.
Le prophète Mohammed lui-même est critiqué. »2 .Se référant au prophète faisant
allusion aux hasards subis avec sa tribu pour se justifier et se mettre au dessus de
tous les reproches susceptibles de lui être faits par les Libyens.

Nous considérons les figures métaphoriques comme par exemple : « Je suis


Mouammar Kadhafi, la mythologie faite homme. S’il y a moins d’étoiles ce soir dans

1
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais, [Link]. , p13.
2
Ibid. P.23.

59
le ciel de Syrte et que ma lune paraît aussi mince qu’une rognure d’ongle, c’est pour
que je demeure la seule constellation qui compte. »1. Et il ajoute :

Ce fut le jour le plus triste de mon existence. J’étais allé sur la


plage voir la mer se pulvériser contre les rochers. J’eus envie de
hurler jusqu’à ce que mes cris fassent taire le vacarme des
vagues, jusqu’à ce que l’horreur dans mon regard fasse reculer
les flots. 2

Ensuite, le texte est plein de qualifications, de passages descriptifs attribués


surtout au personnage principal Kadhafi. Comme ce passage par exemple :

[…], c'est-à-dire moi, le frère Guide, le visionnaire infaillible né


d’un miracle, que l’on croyait farfelu et qui demeure debout
comme un phare au milieu d’une mer démontée, balayant de son
bras lumineux et les ténèbres traitresses et l’écume des vagues
en furie.3

Nous remarquons que certains adjectifs peuvent être subjectifs, ils présentent
une certaine subjectivité de l’écrivain derrière les paroles du narrateur. De plus,
Khadra s’est appuyé parfois dans son texte sur la personnification comme dans :
«Même Syrte, la ville de mon adolescence, le berceau de ma révolution, me tourne le
dos.»4
« Il fut un temps où les places publiques et les stades grouillaient de monde venu
m’acclamer.»5

1
Ibid. P.13.
2
Ibid. P.58.
3
Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Rais, [Link]. , p11.
4
Ibid. p. 152.
5
Id.p.152.

60
Cette richesse descriptive est sûrement due à l’actualité du sujet, des
personnages et des événements de ce texte. Ce qui a facilité à l’auteur cette tâche de
description dont il a chargé le personnage-narrateur Kadhafi.

Yasmina Khadra fait partie d'un mouvement littéraire mondial,


l'auteur s'inspire des Anciens mais dans des modèles et des contextes
différents, avec une autre richesse du verbe et un dressage de la
langue. Son propos littéraire n'est pas ouvertement politique mais en
présentant un jugement sur le monde, sur la société, sur le pouvoir, il donne au
discours une signification politique.

Ainsi Yasmina Khadra comme la majorité des écrivains contemporains aborde


dans ses écrits des sujets liés à son actualité et traite des crises économiques,
identitaires, culturelles et sociopolitiques.

Il relate ses récits dans des styles d'écritures musant et très touchant.
Qu’on peut estimer comme des œuvres originales et très riches. Son style d’écriture
est une reconnaissance du sens qu'il donne au monde La plume pour s’exprimer.
L’auteur utilise plusieurs types de discours tel que le discours dénonciateur , mais
Khadra cette fois dans ce roman a renversé les rôles ; c'est-à-dire le dictateur libyen
dénonce, sa vie d’enfant marginalisé , son amour raté par ce qu’il n’était pas
bourgeois ; tant que son origine bédouine et son père était inconnu ! .En d’autres
termes, Khadra ne se contente pas de décrire les derniers moments d’un homme
condamné à mort, mais il raconte ses profondes douleurs, il arrive même au point de
justifier ses actes monstrueux et inhumain. Comme ce passage : «je n’ai pas
pardonné l’affront »1, lorsqu’il a parlé de la vengeance sur la famille de Faten (le
refus de mariage)

Cependant, Yasmina Khadra n’a pas pris le statut d’un juge, mais, il est là pour
comprendre son personnage, raison pour laquelle on croirait à première vue que
l’auteur est lui-même personnage, puisque qu’il est très juste avec Kadhafi. Ainsi,
Khadra a épaté le lecteur et a pu dépassé toute espérance grâce à ce statut qu’il a
attribué à son personnage, il confirme que l’humain reste humain malgré l’acte qu’il

1
Ibid.p.64.

61
puisse commettre, qu’il soit empereur ou dictateur, au fond de lui il garde toujours
un coté d’humanité qui lui fait avouer qu’il a été méprisant et injuste.

Enfin pour clôturer ce chapitre, nous déduisons que la dénonciation a fait par
excellence son rôle dans ce roman.

De plus, nous avons essayé d’expliquer l’utilisation du JE et son rôle dans le


récit en se concentrant sur le discours donné par l’auteur.

Notre étude analytique aura aussi comme objet d’étude le style d’écriture pour
dénoncer et ses éléments qui entourent la dernière nuit du rais pour mieux
comprendre le contenu de notre texte et sa relation avec le discours de la
dénonciation.

62
Conclusion
Générale
Nous avons tenté dans ce mémoire de master de mener une analyse sur le roman
intitulé La Dernière Nuit du Rais de l’écrivain algérien Yasmina Khadra.

Dans notre analyse, ce roman est une version romancée du propre le dictateur
libyen Mouammar Kadhafi.

Le titre du texte peut donner lui-même une idée générale de ce qu’il déroule
l’histoire du roman afin de pousser le lecteur à une lecture profonde.

Pour une ressource littéraire, Yasmina Khadra raconte les derniers moments du
dictateur libyen. Il lui donne la parole pour s’exprimer à la première personne du
singulier jusqu’à la dernière minute de sa vie

Tant que le roman se déroule en flash-back, l’auteur a tenté de nous décrire la


psychologie et l’état d’âme de de notre personnage principal «Kadhafi »

À travers notre étude, nous avons essayé de trouver l’ensemble de réponses aux
questions que nous avons posées dans notre problématique principale concernant
l’adaptation de la dénonciation dans les textes littéraires

Nous avons divisé notre analyse en quatre chapitres. Revenons maintenant aux
remarques et aux résultats que nous avons relevés dans chacun de nos chapitres :

Tout d’abord, nous avons essayé de réserver le premier chapitre à la présentation de


l’écrivain Yasmina Khadra, puis pour délimiter notre champ d’étude nous nous sommes
intéressées à la biographie du personnage principal Mouammar Kadhafi, et Après
l’avoir défini, nous avons analysé la couverture, le titre du roman et d’autres
significations servent à l'interprétation du texte, comme nous avons proposé un
traitement des éléments para textuels dans le corpus.

Ensuite, le deuxième chapitre était consacré à l’analyse de certains thèmes abordés,


et pour mieux comprendre le contenu de l’œuvre, notre analyse a eu comme un objet
d’étude la chute et la mort de Mouammar Kadhafi après avoir présenté les signes
avant-coureur du printemps arabe en Libye, et encore de jeter un coup d'œil sur le
manque de liberté d’expression.

64
Par ailleurs, nous nous sommes basées aussi sur la révolte du peuple libyen et son
soulèvement, puis on a essayé de cerner les éléments qui indiquent la résistance inutile
du dictateur, et de les analyser l’une après l’autre.

L’analyse profonde de notre sujet nous a permis par la suite de mettre en lumière
l’application de quelques théories littéraires dans le troisième chapitre, et à l'aide de la
psychanalyse de Freud ; nous avons fait une étude psychanalytique du personnage
principal Mouammar Kadhafi dans un roman réaliste, autobiographique.

Notre but est d'analyser l’état d’âme du dictateur dans son enfance. On conclue que:
l'enfance était à la base de la construction de la psyché du Kadhafi. Avec son oncle qui
lui insérait l'idée de la supériorité, il croit qu'il est différent des autre dès son enfance,
aussi l'équivoque qui tourne au tour de la réalité de son père et qui lui laisse incapable
de faire confiance à personne, et il ne fait confiance qu’à la voix qu'il entend, tous les
obstacles qu'il a vécu dans l'enfance (pauvreté, l'orphelinat, les mensonges...) le rendent
un homme fort, orgueilleux qui croit qu'il ne commit pas de fautes et qu'il est toujours
juste, donc pour lui il est toujours unique et différent.
Le dictateur n'a pas pu oublier son passé malgré son statut politique et militaire
qu'il atteint, il reste toujours attaché à son passé avec les souvenirs d’enfance (pauvreté,
orphelinat, amour raté, insulte des autres...) tous ses souvenirs ont été des obstacles dans
sa vie, et le rendent dur et intolérant avec tout le monde.
Puis, nous avons mis en relief les fondements de la psychocritique de Charles
Mauron sur la convocation de Van Gogh. On note des malaises psychologiques latents
chaque fois qu’il voit l’image de Van Gogh dans ces rêves et cauchemars. Ce
monologue présente une curiosité au fond du dictateur (les cauchemars de peintre
néerlandais qui s’est coupé l’oreille avant de se suicider !)

En plus, le refus de sa demande de mariage par le père de la fille qu’il voulait


épouser Faten, le mépris causé par le père de Faten, un élément qui a le plus marqué
Kadhafi et qui peut être considéré comme un facteur important dans la vie d’un tyran,
cet événement à conditionné sa transformation, voir sa métamorphose. Ce mis estime et
ce rejet a fait naitre en lui le sentiment d’un tyran qui viole toutes les femmes qui lui
venaient à l’esprit.

65
Nous avons appliqué aussi, l’approche sociocritique sur la multitude de sociétés
dans le roman, et nous avons cerné les éléments qui indiquent la présence de chacune
(Société du passé concernant l’enfance, société de présent celle de la dernière nuit du
dictateur, et la société de futur imaginé par lui).

Finalement, tant que notre recherche intitulée : le discours de la dénonciation


nous avons essayé de réserver le quatrième chapitre à la dénonciation et toutes ses
formes, afin de diviser le texte en trois parties essentielles : La partie narrative du
roman ainsi que la partie discursive pour arriver finalement au discours social et
idéologique (dénonciateur).

De plus, nous avons accordé une importance particulière sur la domination de


pronom JE dans le récit, et à travers l’utilisation de ce pronom nous avons découvert le
but de Yasmina Khadra qui voulait identifier les points d'ombre dans la vie et l'histoire
du dirigeant libyen.

Et pour faire passer son message littéraire codé à une population entière, il utilise
un style d’écriture dénonciateur riche par des figures de style illustratives, cette méthode
d’écriture nous a poussé à faire une analyse interprétative concernant l’art de style
dénonciateur.

Pour conclure, nous voudrions dire que notre recherche n’est qu’une tentative
d’adaptation de notre part. Nous espérons avoir atteint notre objectif, et répondu aux
problématiques précédentes.

Néanmoins, nous souhaitons tout simplement que notre modeste travail peut
donner des solutions à d’autres interrogations et ouvrir de nouvelles perspectives de
recherche en développant l’effort et en élargissant l’analyse.

66
Références
Bibliographiques
Références bibliographiques

1. Corpus d’étude :
KHADRA, Yasmina. La dernière nuit du Rais, Alger: Casbah, 2015.

2 - Ouvrages Théoriques :
- DUCHET Claude, élément de tétralogie romanesque In littérature. Décembre 1973. P
12.

- BONNANT Marc, Hommage à Charlie Hebdo, Le Matin (Suisse), 6 novembre 2011,


p. 15

- MITTRANDD, Cité par : Achour Christiane, Bekkat Amina, Clef pour la lecture des
récits: Tell 2002. P72

- MAURON Charles, Introduction à la psychocritique, Paris, José Corti, 1963, p. 49.

- MAURON Charles, Des métaphores obsédantes au mythe personnel, Paris, José


Corti, 1964, P.51.

- ZIMA Pierre, Manuel de sociocritique, Paris, le Harmattan, 1985.

3- Mémoires et thèses consultés :


- Mémoire de magister (sous la direction Mme Fewzia Sari), Université d’Oran, Es-
Sénia, Institut des Langues Etrangères, Octobre 1996.

- Thèse de Doctorat Option : Sciences des Textes Littéraires De la polyvalence des


genres au récit imposteur Le parcours littéraire de Yasmina Khadra : L’écrivain,
l’imposture des mots, Cousine K, La rose de Blida, La part du mort. Université d’Oran.

4-Articles/ Revues :
- DUCHET Claude, Pour une sociocritique ou variation sur un incipit, La revue de la
littérature, 1971.

- CABU- 1938-2015 - interview dans L'Express, 4 avril 2012.

- Yasmina Khadra, Interview avec Dan Burcea, Éditeur Julliard, 16/12/2015.

- Yves Viollier, Julliard, 18 EUR., Publié le 30/09/2015.


68
- Revue Science and Vidéo N° 8 | Représentation(s) du dictateur dans les arts et la
littérature du monde arabe et musulman.

- «le Parti du diable » in « LE Monde » 2-V-1975

5-Siteographie :
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18/06/2020.

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libye. Consulté le 18/05/2020

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le 11/05/2020

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contre-kadhafi/. Consulté le 09/07/2020

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le 8/07/2020.

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evenements_1559992_3212.[Link]é le 18/06/2020

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69
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2009324_3826.php consulté le 20/07/2020

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changement-109451/print/1 consulté le 20/07/2020

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22/07/2020

6-Dictionnaires :
- Dictionnaire de français Larousse, Larousse Bourdas, France, 1997.

- Dictionnaire Grand Larousse Tome 2.

70
Résumé :

La recherche menée dans ce modeste travail tend à analyser notre thème le


discours de la dénonciation dans le roman La Dernière Nuit de Rais de Yasmina
Khadra, l’un des célèbres écrivains algériens d’expression française.

Nous avons traité les traces intertextuelles de discours dénonciateur présentent dans
l’œuvre, cela nous a permis de faire appel à plusieurs approches littéraires : la
psychocritique, la psychanalyse et la sociocritique.

Puis, dans un cadre interprétatif, nous avons essayé de démontrer la prise de Kadhafi
comme un personnage référentiel avec sa mégalomanie à la fois dans la vie de Yasmina
Khadra. Tout en cherchant les motivations et les objectifs de notre auteur, ainsi que, les
procédés appuyés dans cette opération.

Pour arriver enfin à voir quelles sont les techniques et le style que l’auteur a utilisé pour
analyser la société libyenne dans son roman à travers sa vision par rapport au sujet du
personnage principal Mouammar Kadhafi et sa chute.

Mots clés : La dénonciation, Discours dénonciateur, Mégalomanie, Mouammar


Kadhafi, La chute.

: ‫الملخص‬

‫يميل البحث الذي تم إجراؤه في هذا العمل المتواضع إلى تحليل موضوعنا خطاب التنديد في رواية ليلة الريس‬
.‫ إحدى أشهر الكتاب الجزائريين الناطقين بالفرنسية‬،‫األخيرة من تأليف ياسمينة خضرة‬

:‫ مما سمح لنا بالتوجه إلى عدة مناهج أدبية‬،‫لقد تعاملنا مع اآلثار المتداخلة بالخطاب التنديدي الموجود في الرواية‬
.‫ والنزعة االجتماعية‬،‫ والتحليل النفسي‬،‫السياسة النفسية‬

‫ حاولنا أن نظهر أخذ القذافي كشخصية مرجعية مع جنون العظمة الذي يعاني منه في حياة‬، ‫ في إطار تفسيري‬، ‫ثم‬
.‫ وكذلك النصائح المدعومة في هذه العملية‬،‫ياسمينة الخضراء أثناء البحث عن دوافع وأهداف كاتبنا‬

‫أخيرا ما هي الطرق واألسلوب الذي استخدمه المؤلف لتحليل المجتمع الليبي في روايته من خالل‬
ً ‫لنرى‬
.‫رؤيته لموضوع الشخصية الرئيسية معمر القذافي وسقوطه‬

.‫ السقوط‬، ‫ معمر القذافي‬، ‫ جنون العظمة‬، ‫ الخطاب التنديدي‬، ‫ التنديد‬: ‫الكلمات المفتاحية‬
Abstract:

The research carried out in this modest work tends to analyze our theme the
discourse of denunciation in the novel The Last Night of Rais by Yasmina Khadra, one
of the famous French-speaking Algerian writers.

We dealt with the intertextual traces of the denouncing discourse present in the work,
which allowed us to appeal to several literary approaches: psychocriticism,
psychoanalysis and sociocriticism.

Then, in an interpretive framework, we tried to demonstrate the taking of Gaddafi as a


referential character with his megalomania as well in the life of Yasmina Khadra. By
researching the motivations and objectives of our author, as well as the processes
supported in this operation.

To finally discover the techniques and style used by the author to analyze Libyan
society in his novel through his vision of the subject of the main character Muammar
Gadhafi and his fall.

Keywords: The denunciation, Speech denouncer, Megalomania, Muammar Gaddafi,


The fall.

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