Routage Dynamique : RIP et
OSPF
Découvrez comment les réseaux modernes s'adaptent automatiquement aux
changements grâce aux protocoles de routage dynamique
Présenté par KOUADIO JOËL ROCH Licence 2 ASSRI
Pourquoi le routage statique atteint-il ses limites ?
Les défis du routage statique
Dans les réseaux modernes, le routage statique montre rapidement ses
faiblesses. Imaginez devoir configurer manuellement chaque route sur des
dizaines de routeurs ! Chaque ajout de réseau nécessite une intervention
humaine, chaque panne demande une reconfiguration manuelle.
La scalabilité devient un cauchemar : plus le réseau grandit, plus la gestion
devient complexe. Les erreurs humaines se multiplient, le temps de
convergence après une panne est catastrophique, et l'impossibilité de
s'adapter automatiquement aux changements rend le réseau rigide et
vulnérable.
La révolution du routage dynamique
Adaptation automatique Convergence rapide
Les protocoles détectent et réagissent aux changements de topologie sans Le réseau recalcule instantanément les meilleures routes en cas de panne
intervention humaine
Scalabilité infinie Optimisation intelligente
Ajoutez des routeurs et des réseaux sans reconfigurer l'ensemble Sélection automatique des meilleurs chemins selon des métriques
sophistiquées
RIP : Le protocole pionnier
Qu'est-ce qui rend RIP si simple et universel ?
Le Routing Information Protocol (RIP) est le vétéran des protocoles de routage dynamique. Créé dans les années 30s
1980, il utilise un algorithme de vecteur de distance basé sur Bellman-Ford. Sa simplicité fait sa force : chaque
Intervalle de mise à jour
routeur partage sa table de routage avec ses voisins toutes les 30 secondes.
RIP version 1 (classful) ne supporte pas le VLSM et n'inclut pas de masque de sous-réseau. RIP version 2 corrige
ces limitations en ajoutant le support CIDR, l'authentification, et le multicast ([Link]).
La métrique de RIP ? Le nombre de sauts (hops). Simple mais limité : la distance maximale est de 15 sauts, le
15
16ème étant considéré comme infini. Cette limitation empêche RIP de gérer les grands réseaux d'entreprise.
Sauts maximum
2
Versions principales
0 0
1 2
Échange initial Calcul des métriques
Les routeurs envoient leurs tables de routage complètes aux voisins directs Chaque routeur additionne les sauts pour déterminer la distance vers chaque réseau
0 0
3 4
Mise à jour périodique Détection de pannes
Toutes les 30 secondes, les tables sont renvoyées pour maintenir la cohérence Si aucune mise à jour n'arrive pendant 180s, la route est marquée inaccessible
Mécanismes de prévention des boucles dans RIP
Les boucles de routage sont le cauchemar de tout réseau : elles entraînent une consommation excessive de bande passante, des paquets perdus et une instabilité générale. Pour contrer ce phénomène dévastateur, le protocole RIP intègre plusieurs mécanismes robustes qui, bien que parfois au détriment
de la rapidité de convergence, garantissent la cohérence et la fiabilité du routage en empêchant les routes invalides de se propager.
Split Horizon Poison Reverse
Définition : Une règle qui empêche un routeur de renvoyer une information de routage sur la même interface par laquelle il l'a reçue. Définition : Amélioration du Split Horizon, où un routeur annonce activement une route comme inaccessible (mètrique de 16 sauts) via l'interface
Exemple : Si le Routeur B apprend qu'il peut atteindre le Réseau X via le Routeur A, alors le Routeur B n'annoncera jamais la route vers le Réseau X par laquelle il l'a apprise.
au Routeur A. Exemple : Si le Routeur B apprend une route vers le Réseau X via le Routeur A, et que cette route devient inaccessible pour B, il enverra à A une
Bénéfice : Élimine efficacement les boucles de routage simples impliquant deux routeurs. annonce pour le Réseau X avec une métrique de 16 (infini).
Bénéfice : Accélère la convergence en signalant explicitement et immédiatement les routes mortes aux routeurs voisins, évitant ainsi des
informations obsolètes.
Invalid Timer (Timeout) Hold-Down Timer
Définition : Délai pendant lequel une route est considérée comme valide même sans mise à jour. Au-delà, elle est marquée comme "invalide" et sa Définition : Période pendant laquelle un routeur ignore toute nouvelle information (même meilleure) concernant une route qui vient d'être déclarée
métrique passe à 16. inaccessible.
Valeur par défaut : 180 secondes (3 minutes). Valeur par défaut : 180 secondes.
Fonctionnement : Si aucune mise à jour pour une route spécifique n'est reçue dans ce laps de temps, RIP la considère comme inaccessible. Fonctionnement : Une fois qu'une route est marquée inaccessible, le routeur refuse toutes les mises à jour pour cette route pendant cette période,
Bénéfice : Permet de détecter les pannes de liens ou l'inaccessibilité de routeurs voisins après une période définie. à moins qu'une mise à jour provenant de la même source avec une meilleure métrique ne soit reçue.
Bénéfice : Empêche l'introduction d'informations de routage erronées ou obsolètes juste après une panne, stabilisant ainsi le réseau.
Comparaison des Timers RIP
Invalid Timer Délai avant de marquer une route comme inaccessible si aucune mise à jour n'est 180 secondes Détecter les pannes de liens ou de routeurs.
reçue.
Hold-Down Timer Délai pendant lequel les mises à jour pour une route inaccessible sont ignorées. 180 secondes Empêcher la propagation d'informations obsolètes.
Note importante : L'ensemble de ces mécanismes, bien qu'essentiels pour prévenir les boucles et assurer la stabilité du réseau, ralentissent significativement le temps de convergence de RIP.
Configuration pratique de RIP
Configuration de base RIPv2 Vérification et diagnostic
Router(config)# router rip Router# show ip protocols
Router(config-router)# version 2 Router# show ip route rip
Router(config-router)# network [Link] Router# debug ip rip
Router(config-router)# network [Link] Router# show ip rip database
Router(config-router)# no auto-summary
Ces commandes permettent de vérifier le bon fonctionnement : voir les
Router(config-router)# passive-interface
réseaux annoncés, les routes apprises, et diagnostiquer les problèmes
L'option no auto-summary est cruciale pour désactiver la
GigabitEthernet0/0
de convergence.
summarisation automatique classful. L'interface passive empêche
l'envoi de mises à jour RIP sur les réseaux terminaux.
Astuce professionnelle : RIP convient parfaitement aux petits réseaux (moins de 15 routeurs) mais devient inefficace au-delà. Sa
convergence lente (plusieurs minutes) le rend inadapté aux environnements critiques modernes.
OSPF : L'intelligence du routage à état de liens
Comment OSPF révolutionne-t-il le routage dans les grands réseaux ?
Open Shortest Path First (OSPF) représente une évolution majeure. Contrairement à RIP, OSPF est un protocole à état de liens qui construit une carte
complète du réseau. Chaque routeur connaît la topologie entière et calcule indépendamment les meilleurs chemins avec l'algorithme de Dijkstra
(SPF).
1 2 3
Découverte des voisins Échange d'états de liens Construction de la base LSDB
Les routeurs OSPF établissent des Les LSA (Link State Advertisements) Chaque routeur compile une base de
adjacences via les paquets Hello décrivent chaque liaison et sont propagés données topologique identique (Link State
(multicast [Link]) envoyés toutes les 10 à tous les routeurs de la zone Database)
secondes
4 5
Calcul SPF Convergence
L'algorithme de Dijkstra calcule l'arbre des plus courts chemins ultra-rapide
Les mises à jour incrémentielles permettent une convergence en
depuis le routeur local quelques secondes seulement
Architecture OSPF et configuration
avancée
Le concept révolutionnaire des Areas
OSPF organise le réseau en zones (areas) pour optimiser les performances. L'Area 0 (backbone) est obligatoire et centrale. Les autres areas se
connectent au backbone, réduisant ainsi le trafic et la taille des tables de routage.
Les routeurs ont différents rôles : Internal Router (IR) dans une seule area, Area Border Router (ABR) connectant plusieurs areas, Backbone
Router (BR) dans l'area 0, et Autonomous System Boundary Router (ASBR) injectant des routes externes.
Configuration OSPF sur Cisco
Router(config)# router ospf 1
Travaux Pratiques : Laboratoire de routage dynamique
Scénario : Déploiement d'un réseau d'entreprise multi-sites
Vous êtes l'administrateur réseau d'une entreprise avec trois sites. Votre mission : implémenter RIP puis OSPF pour comparer les performances et comprendre les différences pratiques.
Topologie et adressage
Matériel nécessaire : 4 routeurs Cisco (R1, R2, R3, R4), 4 switches, 4 PCs
Plan d'adressage :
• Réseau Site A (R1) : [Link]/24 - PC1 : [Link]
• Réseau Site B (R2) : [Link]/24 - PC2 : [Link]
1 • Réseau Site C (R3) : [Link]/24 - PC3 : [Link]
• Réseau Datacenter (R4) : [Link]/24 - PC4 : [Link]
• Liaison R1-R2 : [Link]/30
• Liaison R2-R3 : [Link]/30
• Liaison R3-R4 : [Link]/30
• Liaison R1-R4 : [Link]/30
Phase 1 - Configuration RIPv2
Configurez RIPv2 sur tous les routeurs. Activez les interfaces, désactivez l'auto-summary, et rendez passives les interfaces vers les PCs.
Tests à effectuer :
2 Vérifier les tables de routage avec show ip route
• Tester la connectivité complète (PC1 doit ping PC4)
• Mesurer le temps de convergence : débrancher un lien et chronométrer
Observer les mises à jour avec debug ip rip
Phase 2 - Migration vers OSPF
Désactivez RIP et configurez OSPF. Mettez R1 et R2 dans l'area 0, R3 et R4 dans l'area 1. R3 devient ABR.
Configuration requise :
• Process ID : 1 sur tous les routeurs
• Router-IDs : [Link] pour R1, [Link] pour R2, etc.
3 • Ajuster les coûts manuellement sur les liens rapides
Analyse comparative :
• Comparer les temps de convergence RIP vs OSPF
Examiner les bases de données LSDB avec show ip ospf database
Vérifier les adjacences : show ip ospf neighbor
Questions de réflexion