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Science PolitiqueL2-1

La science politique, ou politologie, est une discipline des sciences sociales qui étudie les phénomènes politiques, englobant la théorie politique, la sociologie politique, et les relations internationales. Elle a émergé au 19e siècle, avec des contributions majeures de penseurs comme Max Weber, et a évolué pour devenir une discipline autonome, distincte du droit constitutionnel. En Afrique, la science politique est en développement, cherchant à établir son identité et sa reconnaissance académique depuis les années 80.

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Science PolitiqueL2-1

La science politique, ou politologie, est une discipline des sciences sociales qui étudie les phénomènes politiques, englobant la théorie politique, la sociologie politique, et les relations internationales. Elle a émergé au 19e siècle, avec des contributions majeures de penseurs comme Max Weber, et a évolué pour devenir une discipline autonome, distincte du droit constitutionnel. En Afrique, la science politique est en développement, cherchant à établir son identité et sa reconnaissance académique depuis les années 80.

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Définition de la science politique : la science politique ou politologie est une

discipline académique qui étudie les phénomènes politiques. La science


politique est l’une des disciplines des sciences sociales. Elle recouvre la
théorie politique, la sociologie politique, la science administrative, les relations
internationales.
La science politique ou politologue est une discipline académique qui étudie
les phénomènes politiques.
La science politique est l’une des disciplines des sciences sociales.
La science politique recouvre la théorie politique, la sociologie politique, la
science administrative, les relations internationales.
La politique machiavélienne :
Le machiavélisme désigne dans le langage courant une conception de la politique
prônant la conquête et la conservation du pouvoir par tous les moyens.

La politique de la chaise vide :


La politique de la chaise vide désigne, initialement, la politique de blocage de la CEE
menée par le gouvernement français sous la présidence de Charles de Gaulle du 30 juin
1965 au 30 janvier 1966.

Max Weber, né le 21 avril 1864 et mort le 14 juin 1920, est


un économiste et sociologue allemand originellement formé en droit.
Considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie, il porte ses interrogations sur les
changements opérés sur la société avec l'entrée dans la modernité. On lui doit
notamment des analyses complexes du capitalisme industriel, de la bureaucratie et du
processus de rationalisation en Occident.
SCIENCE POLITIQUE

Introduction

La science politique n’a connu son véritable essor qu’à partir du 19e siècle et du début du 20e siècle.
Notamment avec les œuvres de MAX WEBER mettant l’État et sa bureaucratie (suprématie),
l’intervention étatique et sa rationalité, le pouvoir et les mécanismes de sa légitimation bref les
mécanismes de sa légitimation au centre de l’analyse politique de premier plan. On peut situer la
naissance de la science politique moderne dans la seconde moitié du 19eme siècle aux ETATS-UNIS, à
l’université de COLOMBIA. En 1857 Francis Lieder est le premier professeur d’histoire de science
politique. En 1880, il est créé la première école de science politique. En 1904 l’association américaine
de science politique présidée successivement par GOODNOW, PRICE LOWELLE et WINSON voit le
jour. Dans les années 1950 /1960, des études mettent l’accent sur les comportements des individus
du groupe ; époque où la science politique se développe, en se rapprochant de disciplines voisines
comme (économie, anthropologie, sociologie et philosophie) où des auteurs américains développent
des modèles (Easton).

En Europe la science politique ne s’affirme véritablement qu’au lendemain de la seconde


guerre mondiale, notamment en Grande Bretagne, en France, en Italie et en Allemagne.
Ainsi en France par exemple, c’est en 1945 que l’école livre des sciences politiques est
nationalisée, devenant l’institut d’étude politique (IEP) ; tandis que la fondation
nationale des sciences politiques a pour mission de développer la science politique. En
1944 est créée l’association française de science politique, en 1951 la revue française
de science politique. Elle se développe même dans les facultés de lettres dès 1964. On
assiste à la création de nombreux laboratoires de recherches aux formations de thèses.
Peu à peu la science politique a cherché à rompre avec le droit pour être plus autonome.

En Afrique, la science politique est encore une discipline timidement représentée et


souvent incomprise du public. Dans la sphère académique, elle cherche à se faire une
place et peine à la retrouver. Au moment où en Amérique ou encore en Europe des
instituts spécialisées sont créés depuis le 20eme siècle afin de former des spécialistes
traitant de la science politique. Les États africains ont commencé à accorder un intérêt
particulier à la science politique vers les années 80 avec la création des facultés des
sciences juridiques. Mais ce n’est qu’en 1990 que la chambre politique a connu son
développement avec la démocratisation du système politique, mais aussi avec la mise
en œuvre d’une section de science politique au conseil Africain et Malgache de
l’enseignement supérieur (CAMES) entre 2009 et 2010.
Cette institutionnalisation n’évacue pas pour autant les grands débats sur les contours
de l’objet même de la science politique. C’est ainsi qu’on a souligné la confusion entre
science politique et droit constitutionnel. Cette confusion exprime l’objet initiale de la
science politique celui de discipline destinée à corriger, compléter et interpréter la théorie
générale du droit constitutionnel. En effet la science politique a réalisé une évolution
spectaculaire par l’affirmation d’une identité propre. La science politique n’est plus le
corolaire obligé du droit constitutionnel mais une discipline indépendante dont l’objet
s’articule autour d’une approche fondée sur l’observation des phénomènes, la
formalisation, systématisation de ceux parmi eux qui peuvent avoir une portée générale,
la modélisation des rapports qui sous-tendent ces faits de façon à pouvoir en ressortir
des théories et des lois plus ou moins équivalentes aux théories et aux lois
monothéiques.
Partant de là, nous pouvons affirmer que l’objet de la science peut être dégagé de celui
du droit constitutionnel ainsi que d’autres disciplines qui constituent certes les viviers
dans lesquels la science a puisé ses origines, mais avec qui elle a largement pris ses
distances. Mais l’objet de la science politique doit surtout être dégagé de la philosophie
politique. En effet, les présentations doctrinales sont de nature directive et non
explicative. La science politique en tant que discipline que nous affirmons scientifique
doit être en mesure de retrancher la spéculation de l’action. C’est ainsi que l’objet de la
science politique est d’expliquer les phénomènes politiques, les institutions (L’ÉTAT,
gouvernement et parlement), les comportements d’une série d’acteurs (les partis
politiques, les dirigeants politiques, l’administration, les groupes de pression, l’opinion
publique, les croyances, les représentations du réel des acteurs (la démocratie, la liberté,
légalité. …). De plus la science politique s’intéresse au divers processus (processus de
socialisation politique, processus électoraux, processus de mobilisation collective,
processus de construction des politiques publiques. Enfin, la science politique
s’intéresse aux sondages aux techniques délibératives, aux discours politiques, aux
médias, et plus largement à la communication politique. Au regard de ce qui précède,
retenons que la science politique recouvre un champ extrêmement vaste et évolutif. Ces
objets se renouvellent fréquemment. Elle utilise des méthodes très diversifiées pour les
rendre intelligibles. Elle est une activité rigoureuse qui ne doit pas être confondue avec
l’activité politique elle-même ou l’activité journalistique. Cependant, elle n’est pas une
science au sens du 19eme siècle un savoir certain et cumulatif. Mais au sens de la fin
du 20eme siècle c’est à dire qu’elle forge un savoir dégageant des règles générales de
fonctionnement des sociétés politiques.

Ceci étant dit le cours d’introduction à la science politique s’efforcera d’associer deux
types de démarches :

● Une démarche pluridisciplinaire : pour faire de la science politique il faut


nécessairement emprunter à l’histoire, à l’économie, au droit constitutionnel, à la
philosophie politique.

● Une démarche pragmatique : multiplier les concrètes pour éviter les propos
abstraits même si une partie reste théorique.
Cela dit il est important de souligner dans ce cours que nous ne prétendons aucunement
apporter une vision d’ensemble des problèmes qui se rapportent à la notion de science
politique, et encore moins à la dimension historique de la notion au percé spectaculaire
réalisé par les différentes écoles notamment nord-américaine. Notre apport est défini en
fonction du contexte d’accueil notamment sous forme d’une initiation à la science
politique. Il consiste à un apport simplifié à travers deux axes fondamentaux :

1. Le premier est consacré à l’analyse conceptuelle du vocable politique, celle de la


science politique et de son autonomie.

2. Le second est consacré à l’étude du cadre institutionnel de l’expression de la


politique.

Ce sont ces deux chapitres qui constituent en effet la trame de fond de ce cours.

Chapitre I : L’analyse conceptuelle de la notion de politique et de la science politique

Nous allons voir l’analyse conceptuelle de la science politique (section1) avant de


mettre l’accent sur celle de science politique (section 2).

SECTION I : l’analyse conceptuelle du vocable politique

Le vocable politique est androgène (c’est à dire qui est à la fois masculin et féminin) et
polysémique (recouvre plusieurs définitions plus ou moins consensuelle). Il fait l’objet
de multiples usages dès lors on peut s’interroger sur la question de savoir qu’est-ce que
donc la politique. À cette question apparemment simple il n’y a pas de réponses
simples. Il est vrai traditionnellement la politique se manifeste à travers des activités
comme : les élections, le fonctionnement des partis politiques ou encore l’État. Mais tout
au long de l’histoire de la discipline, les spécialistes en science politique ont proposé des
définitions multiples parfois contradictoires ou imbriquées de ce que la politique
implique. D’emblée, il convient d’être au claire sur la différence entre le politique
(paragraphe 1) et la politique (paragraphe 2) mais aussi entre ses usages courants
(paragraphe3) .

PARAGRAPHE 1 : LA DEFINITION DU POLITIQUE

Au premier vu le politique renvoie à l’organisation et à l’exercice du pouvoir dans une


société organisée, ou encore à l’autorité qui définit l’ordre nécessaire permettant aux
hommes de vivre ensemble.

Le politique désigne également « l’homme d’État, l’homme politique engagé pour la


cause de la cité ».

Selon le politologue PIERRE FAVRE : «Le politique concerne les fonctions de


coordinations des activités, de résolution des conflits, de hiérarchisation des objectifs
que requièrent l’existence de la société »
PARAGRAPHE 2 : LES APPROCHES DEFINITIONNELLES DE LA POLITIQUE

La politique a fait l’objet de nombreuses définitions qui peuvent être synchronisées dans
des thématiques majeures qui renvoient à des types d’activités ou à des relations que
les différents penseurs considèrent comme relevant de la politique. Ces différentes
conceptions sont : la politique comme fonctionnement de l’État (1) la politique comme
moyen de conquête, d’exercice, et de sauvegarde (2) la politique comme moyen de
résolution pacifique des conflits (3) la politique comme conflit des classes (4) la
politique comme action public ou politique publique (5).

1. LA POLITIQUE COMME FONCTIONNEMENT DE L’ÉTAT

La politique a traditionnellement été associée à l’art de gouverner la cité, c’est à dire


l’État. Certes, le recentrage de l’activité politique autour de l’État comporte des limitations
dans la mesure où il existe des sociétés sans État et sans gouvernement mais si l’État a
classiquement été le centre de beaucoup d’analyses politiques, c’est parce qu’il est
l’autorité suprême la plus évoluée dans une société moderne. Selon le sociologue
allemand MAX WEBER « L’État a le monopole de l’usage légitime de la force physique
pour faire respecter son ordre dans un territoire donné ». Il faut noter que la conception
de la politique englobe aujourd’hui au-delà de l’État les partis politiques, l’ordre
international, les groupes de pression et les élections.

2. LA POLITIQUE COMME MOYEN DE CONQUETE, D’EXERCICE ET DE SAUVEGARDE DU


POUVOIR

JACQUES BAUDOUIN indique que la politique : « C’est la scène où s’affrontent les


individus et les groupements en compétitions pour la conquête et l’exercice du pouvoir ».
La politique renvoie à la lutte concurrentielle pour la répartition du pouvoir (POLITICS).
C’est en cela qu’elle est souvent dévalorisée (elle renvoie à la lutte pour le pouvoir, a
l’intrigue, au rapport de force). Cette dimension renvoie à ce que l’on appelle dans le
langage courant, «la vie politique ». La politique recouvre les mécanismes de la
compétition politique, le jeu de la concurrence entre les partis, la lutte entre ceux qui font
de la politique leur métier. Le sociologue PIERRE BOURDIEU donne de la politique cette
définition c’est : « Le lieu où s’engendre dans la concurrence entre les agents qui s’y
trouvent engagés des produits politiques entre lesquels les citoyens ordinaires réduits
au statut de consommateur doivent choisir »

Par politique, on peut entendre aussi la scène sur laquelle s’affronte sous les yeux du
public et des citoyens une série d’acteurs pour la conquête et l’exercice du pouvoir.
PHILIPPE BRAUD définit la scène politique comme : «Le lieu de compétition pacifique
autour du pouvoir de monopoliser la coercition, de dire le droit et d’en garantir
l’effectivité de la société concernée »

3 : LA POLITIQUE COMME RESOLUTION PACIFIQUE DES CONFLITS SOCIAUX


La politique est l’art de trouver des solutions pacifiques aux conflits sociétaux, à travers
le compromis et la recherche du consensus BERNARD CRICK de 1962/2004 est peut-
être le défenseur le plus connu de cette position. Pour lui la politique n’est « qu’une
solution possible aux problèmes de l’ordre ».

Un argument similaire est défendu par GERRY STOKER (2006) « la politique exprime
non seulement la réalité des désaccords et des conflits dans la société, mais qu’elle est
aussi l’un des moyens de résoudre et de réparer les désaccords qui caractérisent nos
sociétés sans recourir à la coercition illégitime ou la violence ». Dans la lecture
WEBERIENNE : « la politique est l’instance qui permet de vivre ensemble et la résolution
des conflits d’intérêts inhérents à la vie en société ».

4 - LA POLITIQUE COMME LUTTE DES CLASSES :


Pour d’autres, la politique est basée sur des rapports conflictuels et c’est l’absence de
politique qui mène à une plus grande cohésion sociale, fondée sur un accord autour des
valeurs fondamentales. C’est la conception de la politique qui dérive des écrits de KARL
MAX. Selon MAX chaque société est liée à une lutte entre deux grandes classes liées
entre elles par des rapports sociaux ou « de rapport de productions ». Ceux qui
possèdent et contrôlent les moyens de production constituent la classe des
oppresseurs, tandis que ceux qui détiennent la force de leur force de travail
appartiennent à la classe des opprimés. Dans cette perspective, la domination politique
n’est qu’une conséquence de la domination économique de la classe qui détient les
moyens de production. De ce fait l’activité politique est centrée sur la lutte entre ces
deux classes antagonistes pour la suprématie. Puisque la classe dominante ne peut se
constituer comme « classe pour soit » sans s’organiser dans L’ÉTAT qui assure la
permanence des conditions de la reproduction du capital. KARL MAX soutient que la
victoire finale de la classe opprimée contre ses oppresseurs et la création d’une société
sans classe permettrons d’établir une société basée sur le consensus et la coopération
(et communisme). Il s’agit, en d’autres termes, d’une société dans laquelle la politique et
L’ÉTAT peuvent ne pas être nécessaire.
Aussi importante que soit elle la conception MAXIENNE de la politique ignore le fait que
la politique est aussi un processus de coopérations et que la plupart des interactions
humaines ne sont pas toujours conflictuelles. Cette conception de la politique minimise
aussi d’autres identités comme l’ethnicité, la religion, le régionalisme, qui, en plus de la
classe, influence le comportement politique des individus et des groupes.

5 : POLITIQUE COMME ACTION PUBLIQUE OU POLITIQUE PUBLIQUE

Une politique ou les (politiques publiques) renvoient à des formes d’actions finalisées et
leurs moyens visant à résoudre un « problèmes » ou à satisfaire des « demandes ». Il
s’agit-là de designer l’action concrète des pouvoirs publics dans divers secteurs de
l’action publique (l’économie, la culture, le tourisme, l’environnement…) ou dans l’action
gouvernementale au sens large (les discours de « politique générale » des premiers
ministres). La fonction de régulation sociale spécifique que remplit le politique ne se
traduit pas la mise en œuvre des politiques publiques, dispositifs d’actions publiques
qui visent à produire un certain nombre d’effets sociaux

PARAGRAPHE 3 : LES USAGES COURANTS DE LA POLITIQUE

Il s’agit des usages normatif et descriptif d’une part (A) et des usages génériques et
spécifiques d’autre part (B).

A : LES USAGES NORMATIF ET DESCRITIF

L’usage normatif correspond à l’emploi du mot dans le cadre d’un jugement de valeur.
Ce jugement peut être lui-même rapporté au critère du bien et du mal. En d’autres termes
le jugement peut être valorisant : l’usage normatif est alors mélioratif ; il peut être aussi
dévalorisant, dépréciatif l’usage normatif est alors péjoratif. Cette dernière catégorie est
celle qui dorénavant, vient immédiatement lorsque l’on parle de politique. Des
expressions du type : « c’est de la politique… » ou encore évoquer la « la politique
politicienne » nous renvoient au discrédit a généralisé qui touche le mot « politique ».
Même s’il a sans doute toujours existé puisque déjà ALEMBER définissait la politique
comme : « l’Art de tromper les autres ». L’emploie péjoratif est singulièrement généralise.
Il s’agit cependant d’un phénomène assez récent comme l’indiquait, non sans humour le
philosophe MICHEL SERRES il y eu un authentique bouleversement ces dernières
années : « en 1968 lorsque je voulais intéresser je leur parlais de politique ; lorsque je
voulais les faire rire je leur parlais de religion. 30ans plus tard si je voulais les intéresser
je leur parlais de religion et lorsque je veux les faire rire j’aborde de la politique ». La
perception de la politique a donc tendanciellement changé, le mot politique est
dorénavant connecté par l’idée d’un univers nauséabond constitué de luttes
permanentes pour des postes de discours creux, de pratiques douteuses, de phrases
assassines. Une telle perception existe et est fréquemment colportée mais il est pour
autant très difficile de mesurer sa réalité et d’évaluer ses effets. A l’opposé l’usage
normatif peut être mélioratif. Cet usage est devenu rare, mais on le retrouve dans une
expression comme « cet homme est un fin politique » (s’agissant de quelqu’un qui
n’exerce pas nécessairement une activité politique). Il s’agit alors de désigner quelqu’un
d’habile, avisé.

L’usage descriptif renvoie à l’univers de l’administration d’un domaine, de la gestion d’un


ensemble. Parler de « la politique africaine de la France » de la politique sociale, de « la
politique de COLBERT » mais aussi de la politique d’un tel groupe industriel de « la
politique de recrutement » renvoient à un usage assez neutre du terme politique

B : LES USAGES GENERIQUES ET SPECIFIQUES DE LA POLITIQUE

Le critère retenu ici est, non l’existence d’un synonyme mais l’entendu de ce que recouvre
le terme politique qui peut varier considérablement.
Les principaux sens du dictionnaire permettent de hiérarchiser ses significations a allant
du plus entendu au moins :

● En un premier sens, politique recouvre l’ensemble des affaires publiques : par


exemple l’affaire du foulard islamique n'est pas religieuse mais politique ; le
développement du génie génétique est politique et non scientifique. Dans tous les
cas, le mot politique renvoie à un choix intéressant l’ensemble de la société. Dans
une formule comme « la politique de la France », c’est même l’ensemble de ces
choix qui est visé. Cette acception est générique précisément parce qu’elle
renvoie à l’ensemble de la société

● Dans un second sens politique désigne le fait de gouverner une société humaine
ici, le mot renvoie à un segment de la société chargé de conduire ou diriger
d’orienter et mettre en œuvre les choix. Tel est le sens d’une expression comme la
« classe politique ». De ce fait, le mot politique est spécifique en raison du
nombre de personnes directement impliquées.

● A un troisième sens politique désigne non le fait mais la manière de gouverner :


sous cet angle la politique sera de droite ou de gauche ; elle sera conservatrice,
réactionnaire progressiste, socialiste, libérale ou nationaliste. Cela peut être aussi
une politique expansionniste colonialiste, impérialiste, interventionniste, Le terme
est ici spécifique du fait des valeurs particulières qui inspirent l’action

● Dans un quatrième sens politique désigne une tactique, une stratégie, un


ensemble de techniques : la « politique électoraliste ou populiste de jacques
Chirac », la « politique de l’autruche » la « politique de la chaise vide » la
« politique MACHIAVELIENNE ET FLORANTINE DE MITERANT », la « politique
BLING BLING de SARKOZY ». Dans tous les cas, l’acception est spécifique par les
moyens mobilisés

SECTION 2 : ANALYSE CONCEPTUELLE DE LA SCIENCE POLITIQUE ET DE SON


AUTONOMIE
Le développement précèdent a permis de cerner un peu mieux ce que l’on met derrière le
« mot politique ». Du moins a-t-on compris que le domaine de la politique recouvre des
objets diversifiés et évolutifs. Reste à savoir en quoi la science politique est une science.
Cette appellation est peut-être en partie trompeuse. Dans les lignes qui suivent nous
voudrions introduire à un questionnement épistémologique c’est à dire une réflexion sur
le statut de cette discipline. Pour cela, nous poserons deux questions : qu’est ce qu’une
science, comment définir la science politique ? Pour répondre à cette question nous
allons analyser le concept de science politique (PARAGRAPHE 1) avant de voir son
autonomie (PARAGRAPHE 2)

PARAGRAPHE 1 : ANALYSE CONCEPTUELLE DE LA SCIENCE POLITIQUE

La définition de la science politique repose nécessairement sur l’objet de son étude : elle
fait référence a deux conceptions fondamentales. Une conception de nature juridique
dont la notion de l’État est le support et une conception de nature sociologique axée sur
la notion du pouvoir (A). La science politique fait de la sorte l’objet de sur enchère a ce
qu’elle soit la science de l’État (A) ou la science du pouvoir (B).

A- CONCEPTION SOCIOLOGIQUE

MAURICE DUVERGER estime que cette conception de la discipline est à la fois la plus
ancienne et la plus proche du sens commun. Cette conception donne une part
importante a la souveraineté dans la mesure ou le fait de supposer la science politique
comme étant une science relative à l’État et en considérant l’État comme un type de
communauté « aujourd’hui » le plus fortement organisée et le mieux intégrée débouche
sur un constat particulier la société nationale (l’État est considéré comme un genre à
part par rapport aux autres groupes ou collectivités). Dans le sens d’une position
transcendante ou souveraine. L’État serait une sorte de société parfaite ne dépendant
d’aucune autre et dominant tous les autres.

Pour les tenants de cette conception, les phénomènes politiques se réduisent à


l’organisation du gouvernement de l’État. LEON DUGUI estime que : « les phénomènes
politiques sont ceux qui se rapportent à l’origine et au fonctionnement de l’État. Ce sont
ces phénomènes juridiques. Cette prétendue science n’est autre chose que le droit
constitutionnel, c’est à dire une branche de la science générale du droit ». Cette
conception se nourrit clairement de l » l’hégémonie du droit public sur la science
politique. Elle est représentée par GEORGES JILLINECK, MARCEL PRELO etc. Mais les
limites de cette conception se sont vite manifestées : L’ÉTAT est une conception
historique qui n’a pas toujours existé et qui est mis en mal par la mondialisation ;
d’autres instances exercent un rôle considérable sur la scène politique comme les partis,
les médias, les sociétés de pensées…. C’est pour cette raison que d’autres acteurs ont
tentés de définir la science politique comme science de pouvoir.

B : LA SCIENCE POLITIQUE COMME LA SCIENCE DU POUVOIR

Dans les années 1950,1960 la science politique était redéfinie comme la « la science du
pouvoir ». En effet si L’ÉTAT n’est pas un phénomène universel le pouvoir, lui l’est. Cette
définition correspond à un élargissement du domaine de la science politique en
direction des partis, des élections, des groupes d’intérêt et de l’élite.

Cette conception est fondée sur le rejet de la supériorité de la collectivité publique c’est à
dire la souveraineté qui est « considérée comme une idéologie et non une réalité ». Les
tenants de cette école MAX WEBER, DAVIRD HAROLD, LASWELL, ROBERT DAHL,
RAYMOND ARON ET GEORGES BURDEAU qui considèrent que le phénomène est par
conséquent de politique et intersecté à toute collectivité organisée. GEORGE BURDEAU
considère que le caractère politique est celui qui s’attache tout fait acte ou situation en
tant qu’ils traduisent l’existence d’un groupe humain de relation d’autorité ou obéissance
établi en vue d’un fin commun. Il suit que la particularité de l’État par rapport a celui des
autres groupes ou collectivités ne doit pas être considérée a priori c’est à dire que sa
nature transcendante ou « souveraine » ne doit pas tenir lieu d’une hypothèse
dogmatique mais qui reste à prouver.

Outre ces deux définitions, la science politique a fait l’objet de définition des manuels
récents par certains auteurs. Parmi ces définitions nous allons retenir celle proposée par
BERNARD LACROIX ce dernier écrit que : « le science politique peut être définie comme
l’explication des conditions et des formes de débat politique l’explication des fait et
geste des professionnels engagés dans cette activité et enfin l’étude de la manière dont
ce déploiement d’activités affecte les affaires sociaux (IN SCALPEL, 1994, N1) ». Cette
définition connait des limites dans la mesure où elle est largement assez composite. A
l’extrême limite on peut concevoir la science politique comme une constellation de
recherches portant sur divers objets ; ces recherches peuvent se concurrencer, se
juxtaposer, s ignorer et parfois se compléter.
PARAGRAPHE 2 : LA SCIENCE POLITIQUE UNE SCIENCE AUTONOME

Au cœur de l’activité politique, on retrouve le pouvoir. MAX WEBER le définit comme <<
la chance de faire triomphe au sein d’une relation sociale sa propre volonté ; peut
importe sur quoi repose cette science>>.

Fondamentalement, le pouvoir ainsi définit se différencie de la domination qui


nécessite la légitimité.

Le pouvoir a ceci de particulier qui peut se réaliser par la force. Plusieurs approches du
pouvoir peuvent être développées :

- une approche substantialiste: le pouvoir est quelque chose que l’on a, que l’on
peut perdre ou que l’on peut augmenter ;

- une approche institutionnaliste : le pouvoir est assimilé à l’ÉTAT ou aux


institutions. Les dépositaires du pouvoir, les gouvernants, ne l’ont pas à titre
individuel mais par les postes et les fonctions qu’ils occupent ;

- une approche rationnelle : le pouvoir suppose une relation sociale. Il s’exerce sur
quelqu’un. C’est la capacité d’obtenir de quelqu’un une chose que le destinataire
du pouvoir n’aurait pas fait.

Il ressort de ces approches que le pouvoir n’est nécessairement politique.

C’est au demeurant, ce qui sépare le pouvoir entendu au sens large du pouvoir politique
qui s ‘exerce sur toute la société.

Le pouvoir politique fixe ainsi les limites et intensifie tous les autres pouvoirs.

Le pouvoir politique peut, en outre, être vu comme l’ensemble des mécanismes de


coercition à l’intérieur d’un groupe ou d’une collectivité composée d’une population et
regroupé sur un territoire. Il n’apparaît pas, en revanche, que tout pouvoir politique
prenne la forme d’un ETAT. Le pouvoir politique n’est pas obligatoirement
institutionnalisé même s’il en prend la force dans noc sociétés modernes. L’ETAT
demeure la forme sociétale la plus abouti. Il a << le monopole de la violence légitime>>
disait MAX WEBER. En réalité, le pouvoir de l’ETAT comporte un versant interne, à
travers le pouvoir de contrainte des ETATS et un versant externe par le truchement du
droit de faire la guerre par exemple.

Si le pouvoir ne peut reposer durablement que sur la contrainte selon MAX WEBER, la
domination, elle, introduit la notion de consentement. En effet, les dominés doivent
accepter que les dominants exercent une autorité sur eux. Ainsi, toute domination
suppose, au préalable, une volonté d’obéir qui repose sur la croyance de la légitimité de
l’ordre reçu. Plus précisément, lorsqu’on parle de domination politique, il s’agit d’une
domination qui se veut légitime et qui s’exerce sur les ressortissants de l’ETAT.

CHAPITRE 2 : LE CADRE INSTITUTIONNEL D’EXPRESSION DE LA POLITIQUE


L’activité sociale voire politique peut épouser une forme (objectivé dans les dispositifs
de rôles différenciés, interdépendant, des pratiques multiples, des règles de
comportement. Elle se réalise donc dans un cadre institutionnel qui prend des formes
diverses : ETAT, partis politiques, groupes d’intérêt, ETC; groupements qui permettent
des négociations et des compromis entre acteurs aux intérêts antagoniques. Il s’agit de
déterminer la nature et le mode de fonctionnement de ces structures institutionnelles.
Pour cela, nous allons analyser successivement l’ETAT (section I), les partis politiques
(section II) puis les groupes de pression (section III).

Section I : l’ETAT

L’état est un concept qui se rapporte à un ensemble d’individu qui, à l’intérieur d’un
espace territorial entretiennent des liens juridiquement réglés et jouissent d’une certaine
souveraineté. Dans la réalité, cet ensemble apparaît comme la résultante d’action
réciproque de gouvernant, d’agent administratif, et d’autres acteurs sociaux les uns et
les autres. La configuration sous laquelle il se présente varie selon l’espace déterminé, le
nombre, les ressources disponibles (financières et humaines), le mode de rapport de
production, l’efficacité des systèmes de régulation d’intérêt et d’intégration. Pour
d’autres, il est corrélatif à une entreprise extérieure de domination qui maintient le
respect des nombres du <<vivre ensemble >>. Parmi les individus par la menace de
châtiment à l’encontre des contrevenants, c’est-à-dire un pouvoir politique. Ceci nous
conduit à concevoir l’ETAT comme un ordre juridique d’une part (P1) et d’autre part
comme un pouvoir politique (P2). Outre ces deux perceptions, nous envisageons

P1 : L’ETAT UN ORDRE JURIDIQUE

L’identité de l’ETAT avec un ordre juridique est postulée par le juriste allemand (CARRRÉ
e
DE MALBERG) au début du 20 siècle. Le juriste autrichien, HANS KELSUN (1881-1973),
qui a enseigné en AUTRICHE et en Allemagne a systématisé ses postulats dans son
ouvrage intitulé THEORIE PURE DU DROIT. Il montre que les trois éléments considérés
comme traditionnellement constitutifs de l’ETAT (la population, le territoire, la puissance
publique) n’existent pas en dehors du cadre juridique. Autrement dit, l’ETAT n’est rien
d’autre que la forme de l’unité entre une population donnée, un territoire déterminé et
une organisation structurée par les normes juridiques.

À partir de là, il convient de percevoir l’ETAT et le droit non comme deux entités qui sont
étrangères l’une de l’autre mais comme deux moments distincts d’une même tonalité.
Par conséquent, la formule d’ETAT de droit apparaît comme un pléonasme car tout
ETAT est forcément un ordre juridique.

À la question de savoir de quoi cet ordre juridique tire son origine, et partant sa
légitimité, KELSEN répond que c’est de lui même. Il justifie cette <<autoréférence>> de
l’ordre juridique en s’appuyant sur un rapport hiérarchique entre les diverses classes de
norme dans ce rapport, chacune des classes de normes tire directement sa légitimité
dans sa conformité à celle qui lui est directement supérieure, et cela, ainsi de suite. La
classe des normes légales, formant ainsi une chaine, sont, de manière nécessaire reliées
à une norme fondamentale : la constitution. L’autorité supérieure de celle-ci résulte de la
maxime <<d’obéir au commandement du constituant>>. Il ne s’agit ni plus ni moins que
d’une loi que KELSEN produit à partir du ne et donc en dehors des actions réciproques
des individus les uns sur les autres. La raison juridique apparaît comme la faculté de
subsumer sous des règles, c’est à dire de discerner si des textes, des pratiques, des
comportements rentrent ou non sous une règle donnée. En résumé, pour KELSEN les
appareils répressifs (bureaucratie, justice, armée, police, etc.) aussi bien que les
organisation de la société civile (famille, entreprise, groupement d’intérêt0 ne sont pas
autre chose que les produits de la norme fondamentale.

Au regard de cette analyse, il est clair que l’ETAT est ordre juridique. Il est aussi perçu
comme un pouvoir politique.

P2 : l’ETAT UN POUVOIR POLITIQUE

À coté de la vision juridicité de KELSEN il existe une vision politiste de l’ETAT. Cette
vision s’efforce de saisir cette organisation à travers l’action réciproque des individus,
les ressources de revenu et les conflits sociaux ; la division du travail et la spécialisation
des rôles spéciaux, les représentations sociales et les dispositions d’esprit des acteurs
en présence. Dans cette vision, l’ETAT est représenté comme un processus, c’est à dire
comme étant engagé dans un mouvement, un changement, une transformation et une
évolution constante. L’ETAT apparaît non pas comme un enchevêtrement de norme
placés au dessus des liens ordinaires qui rattache les individus les uns aux autres, et
que le législateur est amené à découvrir, parce qu’initier mais comme le processus
évolutif des groupement humains eux même ; l’analyse a pour tache d’en suivre la lente
marche progressive à travers tous ces détours et de démontrer en lui, à travers toutes les
contingences apparentes, la présence de lois universelles.

Cette vision a trouvé sa forme achevée dans la SOCIOLOGIE wébérienne. MAX WEBER
considère l’ETAT moderne comme :<<une entreprise politique de caractère
institutionnelle dont la direction administrative revendique avec succès, dans
l’application des règlements, le monopole de la violence légitime>>. Dans le même ordre
d’idée, il y a lieu de noter que le pouvoir politique fixe ainsi les limites ou intensifie tous
les autres pouvoirs. Partant de cette analyse, il est clair que l’ETAT peut être perçu
comme un pouvoir politique qui en est même le détenteur. Conçu comme tel, il y a lieu
de souligner que l’adaptation de l’ETAT s’opère grâce à un certain nombre d ‘organes qui
exercent relativement à certaines fonctions spécifiques qu’il est appelé à remplir :
légiférer, exécuter, JUGER. Il s’agit du parlement, du gouvernement, et de l’administration,
des cours et tribunaux. Ceci étant dit, nous allons voir la légitimité du pouvoir politique.

P3 : LA LÉGITIMITÉ DU POUVOIR POLITIQUE

Une précaution conceptuelle s’impose d’emblée : la légitimité diffère de la légalité. Du


point de vue juridique, l’enjeu est principalement les rapports qu’entretiennent la
légitimité et la légalité. La légalité est la conformité à la loi ou aux règlements établis
par les institutions et hic nunc ; la légitimité est la conformité à des valeurs partagées
par des communautés qui sont supérieure à l’ordre juridique. Les deux notions ne
coïncident pas totalement : d’une part, un pouvoir parfaitement légitime peut agir de
manière illégale ; d’autre part, un pouvoir totalement illégitime : STALINE et HITLAIR
parmi d’autres peut agir de manière légale. Ceci dit, nous allons analyser la conception
wébérienne de la légitimité9A) avant d’étudier ses critiques.

A- LA CONCEPTION WÉBÉRIENNE DE LA LÉGITIMITÉ

Il s’agira ici de mettre l’accent sur la typologie de domination de max weber et ses
avantages

1-la typologie de domination de max weber

Au plan analytique, l’essence personnel du pouvoir a pu donner naissance à plusieurs


catégorie intéressante pour pencher le pouvoir .MAX WEVER a développé trois formes
de domination distincte qui sont de nature à institutionnaliser le pouvoir :

-la domination traditionnelle qui se fonde sur la sacralisation de la coutume, de la


tradition ou des règles du passé. On peut donner comme exemple l’obéissance aux
anciens ou au prince de sang qui cristallise, sur sa personne, ses traditions.

- la domination charismatique

La domination charismatique qui se fond sur les qualités du chef qui jouie de vertu et
de qualité exceptionnelles. Le charisme du chef fait qu’il suscite l’admiration l’amour, la
ferveur et la grandeur. La légitimité qui assoit cette forme de domination surgit à
l’occasion d’une prise de grande ampleur d’un bouleversement des institutions ou d’une
révolution.

La domination légale rationnelle

Qui se fond sur le droit considéré comme un pouvoir abstrait et impersonnel ayant pour
mission d’organiser l’ordre social. L’obéissance est ici dépersonnalisée; elle
s’institutionnalise. L’exercice de cette domination repose sur la fonction de celui qui
l’exerce et non pas sur sa personne. Il s’agit donc de pouvoir de type bureaucratique.

2-LES AVANTAGES DE CETTE TYPOLOGIE.

L’analyse de ce type de légitimité présente un double avantage il montre l’importance de


la monopolisation de la force légitime et l’ambivalence propre à tout pouvoir politique. Il
est difficile pour tout pouvoir politique de gouverner seulement sur la base de la
contrainte : pour DUGUIT tout pouvoir est condamné à chercher des soutiens. Le pouvoir
est inséparable de la confiance, croyance, en sa légitimité. Mais les processus de
délégitimassions peuvent à tout moment ébranler un régime politique pour préparer sa
transformation ou sa chute.

Aucun pouvoir ne peut reposer durablement sur la contrainte seule sans le minimum de
légitimité ; un pouvoir légitime n’est pas un pouvoir sans violence, les gouvernants sont
autorisés à y avoir recours. Les démocraties modernes sont fondées sur la domination
légale rationnelle, par des règles écrites dont la plus haute est la constitution. La
légitimité ainsi déclinée ne correspond pas à un ETAT éternel ou permanent. Elle fait,
sans cesse, l’objet d’un travail de ressourcement. Ceci dit nous allons voir les critiques
de la conception wébérienne de la légitimité.

B-LES CRITIQUES DE LA CONCEPTION WÉBÉRIENNE DE LA LÉGITIMITÉ

GUGLIELMO FERRERO et JURGEN HABERMAS ont émis des critiques sur la conception
wébérienne.

1-LES CRITIQUES DE GUGLIELMO FERRERO SUR LA TYPOLOGIE DE MAX WEBER :

GUGLIELMO FERRERO : lors de la seconde guerre mondiale, l’historien italien procéda à


la critique implicite de la de démarche de WEBER. Comme lui, il dressa une typologie de
légitimité distinguant le principe électif, principe héréditaire, le principe <<aristo
monarchique>> et le principe démocratique. Chacun de ces principes a eu son heure de
gloire parfois combinée à un autre. La période récente est marquée par le règne du
principe démocratique mais l’originalité de FERRERO réside dans la compréhension de
la légitimité qu’il attribue aux génies invisibles de la cité. Que veut il dire? IL détecte un
processus circulaire qui caractérise un régime politique. En d‘autres termes, un régime
est << un point de rencontre de deux lignes : l’une qui descend, le pouvoir ; l’autre qui
monte, la légitimé>> à l‘opposer de WEBER, FERRERO soutient donc que la légitimité ne
provient pas dans haut par l’élément légal ; au contraire elle provient d’en bas en raison
de la dimension temporelle, historique. Il faut que <<le pouvoir soit attribué selon un
principe de légitimité accepté par ceux qui obéissent ou au moins par leur majorité, et
respecté par ceux qui commandent>>. De plus, <<la légitimité n’est jamais un état
naturel, spontané, simple et immédiat, c’est, (…) l’aboutissement d’un long effort qui
peut échouer>>. Un pouvoir n’est jamais jugé ex nihilo mais toujours par rapport à des
valeurs déjà présentes, acceptées. Un pouvoir dépend de la morale sociale,
SITTLICHKEIT au sens de HEGEL. Ainsi, <<un principe de légitimité n’est jamais isolé ne
vit n’agit et ne s’impose jamais par la force. Il s’harmonise toujours avec les mœurs, la
culture, la science, la religion, les intérêts économiques ; avec l’orientation générale des
esprits…>>. La racine de la légitimité est donc l’ensemble des croyances populaires, des
sentiments, des opinions qui se sont sédimentées. Mais puisque la culture est elle
même historique, en perpétuel mouvement, la légitimité restera toujours vulnérable,
fragile, tributaire des génies invisibles de la cité.

2- LES CRITIQUES DE JÜRGEN HABERMAS

JURGEN HABERMAS : cette fragilité de la légitimité est analysée en profondeur lorsque


ce dernier juge que les démocraties modernes sont traversées par une crise
<<légitimation>> considérable. Dans son ouvrage, RAISON ET LÉGITIMITE analysant la
crise économique des années 1970 et ses répercussions, HABERMAS suggère que la
légitimité, dans les sociétés occidentales s’est déplacée du cadre institutionnel global
vers des revendications plus ponctuelles et catégorielles. Plus précisément, l’idée
classique de lé s’est scindée en deux sous le coup de la mutation accélérée opérée au
20siécle. Le développement économique et ses crises cycliques a progressivement
engendré une crise permanente. Elle se transforme d’abord dans l’incapacité de l’ETAT à
réguler le secteur économique la logique marchande, de consommation pénètre dans
toute l’sphère et des esprits du coup, la crise économique se transforme en crise
politique de régulation. Certes, le système politique a longtemps pu surmonter le
privatisme civique des consommateurs en achetant la loyauté des masses par des
compensations, des aides. Mais à un certain moment, le système politique ne parvient
plus à satisfaire les attentes qui l’a dans le public. Le système entre alors dans une crise
de légitimation dans la mesure où il est accusé de ne plus refléter les valeurs qui le
fondent. En somme, la société contemporaine se caractérise par une première forme de
légitimité très flottante, dépendante de la satisfaction des besoins privés. La crise de
légitimation à ce niveau se répercute alors sur la seconde de légitimité qui est celle
globale attaché aux institutions de leur ensemble. Le système évolue vers un curarisme
dépité où les croyances, les idées, les intérêts se révèlent très incohérent entre eux et font
obstacle à la reconnaissance de valeur commune. Il en résulte une prolifération des
particularisme et un risque de dissocie permanent. Faute d’une approche plus
délibérative de la politique dans laquelle les institutions et règles de droits favorisent et
encadrent le dialogue la légitimite2 ne sera plus alimentée et risque de disparaître. À la
lumière de ses fonctions, nous allons mettre l’accent sur les parties politiques

Section : LES PARTIES POLITIQUES


e
Depuis la fin du 19 siècle, les partis politiques sont devenus les acteurs majeurs de la
vie politique. En effet, ils déterminent le fonctionnement et la nature même des régimes
politique. C’est ainsi que les régimes totalitaires ne comportent comme parti unique et
que dans les démocraties pluralistes, la compétition est ouverte entre plusieurs partis.
Cela dit, pour étudier les partis politiques, l’accent sera mis sur l’analyse conceptuelle
des partis politiques (P), SUR LEUR CLASSIFICATION (P20, SUR LEUR FONCTION ET
LEUR LÉGITIMATION (P3)

P1 :L’ANALYSE CONCEPTUELLE DES PP


Plusieurs auteurs ont théorisé la conception de PP

A-DÉFINITION DE PHILIPPE BRAUD des PP

Pour Philippe BRAUD, il s’agit<<d’organisation, relativement stable qui mobilise des


soutiens en vue de participer directement à l’exercice du pouvoir au niveau central et ou
locale>>. L :a première caractéristique des PP est donc leur stabilité, ce qui signifie que
leur espérance de vie est supérieure à celle de leur fondateur. Le parti politique n’est
donc pas une clique ou une faction, organisation construite sur l’adhésion à une
personne. Se ne sont pas non plus des mouvements adoptes bâtis ou

B-LA CONCEPTION DE JOSHEPH LA PALOMBARAET MYRON WEINER

DANS son ouvrage POLITICAL PARTIES et POLITICAL DEVELOPPEMENT les deux


auteurs proposent une définition qui permet de distinguer les PP des autres
organisations. Ils mettent ainsi en évidence quatre caractéristiques :

1- la durabilité :<<Une organisation durable dont l’espérance de vie soit supérieure


à celle DE SES DIRIGEANTS>>. Le PP n’est pas une faction reposant sur
l’adhésion à une personne, mais aux mouvements fondés sur les enjeux
particuliers

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