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Cours Pve262 Issba

Le document traite de la défense des cultures, en mettant l'accent sur les contraintes phytosanitaires et les méthodes de lutte contre les bio-agresseurs tels que les ravageurs, les maladies et les mauvaises herbes. Il souligne l'importance de la protection des cultures pour réduire les pertes agricoles et aborde les défis contemporains de l'agriculture, notamment la nécessité de pratiques durables. La protection agro-écologique est présentée comme une approche intégrée pour répondre à ces enjeux tout en préservant l'environnement et la santé humaine.

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Cours Pve262 Issba

Le document traite de la défense des cultures, en mettant l'accent sur les contraintes phytosanitaires et les méthodes de lutte contre les bio-agresseurs tels que les ravageurs, les maladies et les mauvaises herbes. Il souligne l'importance de la protection des cultures pour réduire les pertes agricoles et aborde les défis contemporains de l'agriculture, notamment la nécessité de pratiques durables. La protection agro-écologique est présentée comme une approche intégrée pour répondre à ces enjeux tout en préservant l'environnement et la santé humaine.

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PVE262 : DEFENSE DES CULTURES

Objectifs : Connaitre les contraintes phytosanitaires à la production et les


différentes méthodes de lutte utilisées dans la protection des cultures.
Contenu : montrer l’importance de la protection des cultures en agriculture,
donner des éléments, les définitions, les caractéristiques et les dégâts sur les
maladies, les déprédateurs et les mauvaises herbes des plantes cultivées ainsi
que les méthodes de lutte utilisées dans la protection des cultures.

I. Introduction
II. Généralité sur les ennemis des cultures et leurs dégâts
II-1- les herbes
II-2- les insectes
II-3- les oiseaux granivores
II-4-……………………………….
III. Les différents types de lutte
III-1- condition d’utilisation des produits phytosanitaires (port des EPI,
Homologation des produits, observation de la durée de rémanence des
produits)
III-2- lutte biologique
III-3- lutte chimique produits homologués et non homologués
III-4- lutte …………………….
IV- Pratiques
IV-1- utilisation des équipements
IV-2- fabrication des produits phytosanitaires biologiques
- Un désherbant
- Insecticide

I. Introduction
L’importance des dégâts occasionnés aux cultures et aux denrées stockées par
divers organismes nuisibles ou concurrents, encore dénommés bio-agresseurs
(ravageurs, micro-organismes et virus, mauvaises herbes), contraint l’agriculteur à
recourir à des mesures de protection. La défense des cultures ou protection
des cultures a pour but de réduire les pertes de récoltes qui peuvent
intervenir pendant la période de culture, avant la récolte, ou après celle-ci,
en phases de transport, stockage et transformation des produits agricoles,
(directes ou indirectes), dues à l'activité de ces bio-agresseurs et de divers
facteurs abiotiques. La défense des cultures ou protection des cultures est vitale
pour l'homme car, cet adage le dit si bien, « l'agriculteur ne reçoit que ce que les
parasites veulent bien lui laisser ».

Dans le monde d'aujourd'hui, le secteur agricole est confronté à de nombreux


défis : nourrir une population mondiale croissante tout en répondant à la
multiplication des interdictions de produits chimiques, aux préoccupations
environnementales et aux exigences croissantes de la chaîne
d'approvisionnement. La protection biologique des cultures offre une solution
durable à ces problèmes urgents.

On estime qu'environ 50 % de la production agricole mondiale est perdue avant


ou après la récolte. Chaque année, les organismes nuisibles détruisent en effet,
jusqu’à 40 % de la production agricole globale selon la FAO. L’organisme onusien
estime également que les maladies des plantes coûtent chaque année plus de
220 milliards $ alors que les dommages liés aux insectes nuisibles envahissants
sont évalués à 70 milliards $. Les pertes de récoltes dues aux ravageurs
menacent la sécurité et la sûreté alimentaires mondiales. Au cours des six
dernières décennies, la lutte contre les ravageurs au moyen de pesticides
chimiques a permis d'importants gains de rendement par unité de surface dans le
monde entier. Cependant, la durabilité à long terme de la lutte chimique contre les
ravageurs est de plus en plus mise en doute en raison de son impact négatif sur
la santé humaine, la biodiversité et l'environnement.

Par conséquent, il est urgent d'améliorer la science de la protection des cultures


afin de relever les cinq principaux défis de l'agriculture du 21e siècle de manière
holistique : (i) maintenir ou améliorer la productivité agricole, (ii) produire des
aliments sains, (iii) réduire les impacts négatifs de l'agriculture sur l'écosystème et
la santé humaine, (iv) assurer la viabilité économique des exploitations et (v)
adapter l'agriculture au changement climatique.

La protection agro-écologique des cultures (PAC) peut être une approche


puissante pour relever ces défis, comme le démontre le présent document. La
PAC est l'application des principes de l'agroécologie à la protection des cultures
afin de promouvoir des changements vertueux et durables dans les systèmes
agricoles et alimentaires. La PAC combine plusieurs approches et disciplines,
notamment l'écologie, l'agroécologie et la lutte intégrée contre les ravageurs. Elle
promeut un système de protection des cultures compatible avec des systèmes
agricoles et alimentaires sains, des principes agro-écologiques et l'approche " one
health".

[Link]
Les-Ennemis-Des-Cultures
II. Généralité sur les ennemis des cultures et leurs dégâts
II-1- les principales catégories ou groupes d’ennemis des cultures
 Ennemis du règne animal (biotique) = ravageurs
- Invertébrés : insectes, acariens, mollusques (escargots, limaces),
myriapodes, nématodes
- Vertébrés : oiseaux, mammifères (rongeurs, ruminants)
 Ennemis du règne végétal (biotique)= agents phyto-pathogènes ou
parasites
- Ennemis moléculaires (particules) = virus
- Ennemis cellulaires (micro-organismes) = mycoplasmes, bactéries,
champignons
- Plantes adventices (mauvaises herbes) et plantes parasites
 Maladies physiologiques ou non-parasitaires (abiotique)
- Liées au sol : carence ou excès d’éléments minéraux
- Liées au climat : sécheresse, inondations, tempêtes

II- 1-2- Les ravageurs :


Les ravageurs appartiennent à cinq embranchements : les arthropodes
(principalement insectes et acariens), les nématodes, les mollusques, les oiseaux
et les mammifères (principalement rongeurs, mais aussi les ruminants).

1. Les insectes :
Les insectes représentent la plus grande part de la biodiversité animale, avec
près de 1,3 million d’espèces donc de nombreuse sont indispensables à la
pollinisation des plantes cultivées. Un grand nombre d’insectes se nourrissent de
la manière végétale (insectes phytophages) et certains constituent à ce titre des
espèces nuisibles aux plantes cultivées.
Certaines espèces sont utiles en ce qu’elles permettent le recyclage de la matière
organique(nécrophages) et son incorporation au sol (coprophages).
 Tableau des rôles résumés des insectes :
Rôles positif ( importance Rôles négatifs (nuisibilité à l’intérêt
écologiques) de l’homme)
Recyclage de matière organique dans Agriculture : destruction des cultures et
le sol des denrées entreposées, réduction
des récoltes
Pollinisation de certaines plantes Foresterie : destruction et réduction
des produits forestiers
Support nutritionnel pour certains
animaux
Régulation des équilibres biologiques
Epuration des écosystèmes
Etc.

 Les ordres des principaux insectes d’intérêt agronomiques :

Ordre Type de pièces Exemples


buccales
Diptères Broyeur, piqueur- Mouches
spongieur
Hétéroptères Piqueur-suceur Punaises
Homoptères Piqueur-suceur Pucerons, mouches
blanches
Hyménoptères Broyeur, suceur-lécheur Abeilles, fourmis, guêpes
Coléoptères Broyeur Coccinelles, Chrysomèles
Longicornes, scarabées
etc.)
Orthoptères broyeur les grillons, sauterelle et
criquets.
Lépidoptère broyeur Papillon, noctuelles
Dermoptères
Isoptères broyeur Termites
Thysanoptères

Description des insectes :

[Link]
2. Les Acariens :
Ce sont des Arachnides généralement de petite taille qui attaquent les cultures,
l’homme et les animaux. Ils ne possèdent ni antenne ni ailles et se distinguent
des araignées par leur taille mais surtout par la soudure des trois parties du
corps (tête, thorax, abdomen). Ils se nourrissent de la sève des plantes qu’ils
sucent à travers leurs pièces buccales. Certains sont impliqués dans la
transmission des maladies virales.
Les acariens ayant une importance agronomique se rencontrent principalement
autour de cinq grandes familles :
- Tetranychidea ou les vrais acariens rouges ;
- Tarsonemidea communément appelés tarsonèmes ;
- Eriophyidea, regroupant les acariens qui provoquent les gales chez les
plantes ;
- Tenuipalpidea, ou faux acariens tisserands ;
- Phytoseiidae, comportant pour l’essentiel des acariens prédateurs.

2-1- Tetranychidea ou les vrais acariens rouges :

Les tétranyques sont des animaux minuscules, leur taille variant de 0,2 à 0,9 mm,
et sont à peine visibles à l'œil nu pour la plupart. Les Tetranychidae sont une
famille d'acariens ectoparasites de végétaux. Selon la base de données
internationale dédiée à cette famille, elle comportait en 2011 1 272 espèces
reconnues.
Cycle de reproduction à plusieurs stades : œuf, larve, protochrysalide (immobile),
protonymphe, deutochrysalide (immobile), deutonymphe, téléiochrysalide
(immobile) et adulte.

2-2- les Tarsonomidea :


La famille des Tarsonomidae regroupe des acariens dont les espèces sont très
petites (< 0,3 mm), au corps ovale, translucide et brillant, relativement glabre. Les
chélicères sont modifiées en stylets partiellement rétractiles. La femelle, plus
grande que le mâle, est seule visible à la loupe de poche, ses pattes postérieures
sont filiformes.
Chez les Tarsonemidae, les stades sont réduits à une seule larve hexapode (3
paires de pattes) suivie d'un stade immobile (la pupe) puis du stade adulte.
Les pullulations de tarsonèmes sont très favorisées par temps chaud et humide.
Installés sur les jeunes feuilles et sur l'épicarpe des fruits en formation, les
individus injectent une salive toxique dans les tissus de l'hôte végétal. Il en résulte
des déformations (voire le rabougrissement de toute la plante) et l'apparition de
taches bronzées ou de craquelures et fendillements. Les tarsonèmes ne sont pas
vecteurs de virus.

2-3- Eriophyidea :

Galles allongées provoquées par


des ériophyides sous des feuilles
de Prunus domestica

Les phytoptes et les ériophyides sont des acariens qui font partie de la
superfamille des Eriophyoidea, qui se nourrissent tous exclusivement de
plantes. Les membres de cette superfamille ont tous le corps mou, plus ou
moins vermiforme. Ils ne possèdent que deux paires de pattes, près de la «
tête », contrairement à la majorité des acariens qui ont quatre paires de pattes.
Mis à part les pattes, le corps des Eriophyoidea possède deux parties : le
gnathosome (pièces buccales) et l’idiosome (le reste du corps). Comme tous
les autres acariens, ils n’ont pas de tête à proprement dit.

3. Les mollusques.
[Link]
%20Limaces%20et%20escargots%20sont,des%20jardins%20(Helix
%20aspersa).

3.1- Généralités
Les Mollusques ravageurs des cultures sont des insectes importants et
problématiques surtout dans les régions humides et tempérées.
Ils peuvent attaquer un grand nombre de cultures et constituent des ravageurs
importants pour plusieurs cultures, ils attaquent essentiellement les feuilles, les
fruits ainsi que la partie racinaire de quelques végétaux (Tubercules, bulbes…
etc.).
Les Mollusques se composent de plusieurs classes distinctes et la classe nuisible
et problématique en agriculture, et qui cause les dégâts aux plantes est celle
des mollusques gastéropodes (Limaces et escargots principalement).
Il existe plusieurs espèces des limaces et les escargots, et chacune d’entre elles
est composée des espèces nuisibles aux cultures et d’autres qui peuvent être
classées inoffensives ou auxiliaires (quelques espèces).
Les Mollusques causent les dégâts pendant toute leur vie active et principalement
pendant l’automne, le printemps et l’hiver doux, chaque espèce des limaces et
escargots peut s’attaquer à une ou plusieurs cultures.
3.2- Symptômes et dégâts des Mollusques ravageurs

Les symptômes des attaques des Mollusques se présentent sous forme de :

 Trace de la mastication des feuilles de plantes ou des jeunes plantes


entièrement.
 Des trous caractéristiques dans les fruits.
 Présence des sécrétions de mucus sur les plantes et à la surface de sol.
 Apparition de quelques maladies sur les plantes attaquées.
 Réduction de la surface photosynthétique.
 Affaiblissement général des plantes.
 Étranglement et la mort des branches ou de la plante entière.

3.4- Conditions favorables à la vie des Mollusques ravageurs

Les Mollusques ravageurs de la classe des gastéropodes sont des insectes qui
ont généralement pour toutes les espèces les mêmes conditions favorables à la
vie (la croissance et développement), ces conditions favorables à la vie des
Mollusques sont :

Climat doux à légèrement froid : Les Mollusques préfèrent généralement des


conditions climatiques douces, les températures qui varient entre 10 à 20 °C
accélèrent leur cycle de reproduction et de vie, il existe quelques espèces qui
peuvent tolérer la chaleur.

Humidité élevée : une humidité élevée favorise la survie des Mollusques, ils sont
souvent plus actifs et se reproduisent davantage lorsque l’humidité est élevée, la
sécheresse peut nuire aux Mollusques.

Présence des plantes hôtes potentielles : La présence d’un large choix des
plantes hôtes préférables par les Mollusques est un facteur favorable, les plantes
hôtes peuvent être des cultures ou bien des adventices.

Absence de prédateurs naturels : l’utilisation intensive et non raisonnée des


pesticides affecte négativement la présence des insectes auxiliaires (prédateurs
des Mollusques), alors l’absence de ces derniers perturbe l’équilibre naturel de la
faune et par conséquent favorise la prolifération de ces ravageurs.

Présences des cachettes : la présence des matières organiques non


décomposée au sol, les pierres, les zones ombragées ou d’autres types de
cachettes favorise la protection de ces ravageurs (des prédateurs et des aléas
climatiques difficiles) et par conséquent rend les conditions aux parcelles
favorables au bon déroulement de leur cycle de vie.
3.5- Cultures sensibles aux Mollusques ravageurs
Les Mollusques ravageurs attaquent un grand nombre de cultures, et chaque
espèce de Mollusques peut attaquer un ou plusieurs cultures végétales, les
principales cultures sensibles aux attaques des Mollusques sont celles qui ont des
feuilles tendres et minces ainsi que des fruits à « peaux » mince telles que :

 Arbres fruitiers : Agrumes, figuiers…etc.


 Cultures maraîchères : betterave, Laitue, chou…etc.
 Céréales : Blé, orge, maïs…etc.
 Oléagineuses : colza…etc.

Les Mollusques peuvent attaquer plusieurs autres cultures.

4- Nématodes parasites de plantes


Ce sont des vers de très petite taille, invisibles à l'œil nu tout au long de leur
cycle de développement. Certains groupes sont, comme les nématodes à galles,
très polyphages : s'attaquant plusieurs espèces végétales cultivées et adventices.
Les cultures les plus parasitées appartiennent aux familles des solanacées
(tomate, poivron, pomme de terre etc.), des cucurbitacées (melon, concombre,
courgette etc.),

Cycle de vie des nématodes


La plupart des espèces sont parthénogénétiques et ne nécessitent donc pas la
présence de mâles pour se reproduire.
Le cycle de vie des nématodes commence au stade œuf, avec une période
d'incubation variant entre 20 et 30 jours selon la température du sol
Normalement, le cycle se déroule en cinq étapes, dont quatre stades juvéniles se
terminant par une mue. La dernière étape est l'individu adulte sexué, mâle ou
femelle. S'engage alors une nouvelle reproduction et un nouveau cycle.
Principaux symptômes
Symptômes aériens :
* Nanisme (rabougrissement)
* Flétrissement
* Chlorose (jaunissement)
* Perte prématurée des feuilles et des fruits
* Mort des plantes Plant rabougri

Symptômes racinaires :
* Réduction du système racinaire
* Prolifération des racines
* Lésions
* Galles sur racines ou tubercules

5- les myriapodes :
Les myriapodes sont plus connus sous le nom de « mille-pattes » bien qu’il n’en
possède rarement plus d’une centaine.
Les myriapodes sont de forme allongée, leur taille va de quelques millimètres à
plusieurs centimètres selon l’espèce. Leur corps est composé d’une tête suivie de
nombreux segments portant soit une (Chilopodes) ou deux paires de pattes
(Diplopodes). Pour distinguer les myriapodes entre eux, on peut compter le
nombre de paires pattes :

 15 paires : lithobies et scutigères


 21 à 23 paires : scolopendres
 Plus de 25 paires : géophiles
Leur tête porte une paire d’antennes, quatre paires de mandibules et deux paires
de mâchoires.

Les dégâts causés par les myriapodes

Les dégâts peuvent être assez graves et impressionnants : une attaque sur des
plants de pomme de terre peut réduire à néant une récolte.
Les espèces de myriapode de types scutigerelles ou blaniules attaquent les
racines et les tiges par morsures et rongent littéralement les tubercules.

Ils agrandissent également les cavités créées par les limaces et peuvent entraîner
par leur présence des maladies fongiques.

6- Oiseaux et mammifères :
Les rongeurs sont considérés comme des nuisibles. C'est d'ailleurs le mammifère
indésirable le plus fréquent, que ce soit dans les habitations ou dans les cultures.
Rats, souris, rats-taupes, campagnols et autres fouineurs trouvent refuge dans les
caves, dans les greniers et parfois même dans les maisons pour consommer
toutes sortes d'aliments. Ils sont présents à la campagne, mais aussi en ville.
Dans les cultures, les rongeurs se délectent de graines et pousses. Ils apprécient
par-dessus tout les céréales (maïs, blé, avoine, orge…), mais ne refusent pas non
plus certaines plantations légumières à leur portée.
Certains oiseaux sont des animaux auxiliaires, c’est-à-dire qu'ils favorisent la
biodiversité et sont bénéfiques pour les récoltes par exemple. Cependant, d'autres
sont de véritables nuisibles. C'est notamment le cas des pigeons qui souillent et
dégradent les bâtiments comme les rues. Ils sont porteurs de maladies graves, à
savoir : la chlamydiose, l'histoplasmose ou encore la cryptococcose qui causent
des allergies chroniques.

II-3- Ennemis du règne végétal (biotique).


- Les virus
Un phytovirus, ou virus de plantes, est un virus s'attaquant aux organismes
végétaux. Ces virus ont la particularité de pénétrer la cellule végétale de leur hôte
afin de détourner à leur profit les mécanismes de la cellule et leur permettre de se
reproduire.
Les maladies à virus sont caractérisées par la généralisation de l'infection ; la
plante présente souvent des symptômes locaux, dits primaires, au voisinage
immédiat du point d'inoculation, puis, dans tous ses organes sensibles, des
symptômes caractéristiques, dits secondaires. Le symptôme le plus connu est la
mosaïque, caractérisée par la juxtaposition, sur les feuilles, de zones vert foncé et
de zones d'un vert plus tendre ; quelquefois la totalité de la feuille peut jaunir
(jaunisse). Ces symptômes peuvent être accompagnés de déformations (feuilles
cloquées, gauffrées, frisées, enroulées, en vrille), d'excroissances sur les feuilles,
de taches sur les fleurs ou sur les fruits, de nécroses blanches ou brunes sur les
feuilles ou sur les tiges. En laboratoire on a obtenu, autour du point d'inoculation,
des nécroses locales qui arrêtent le déve loppement ultérieur du virus.
Exemple de maladies virales du bananier.
- Ennemis cellulaires (micro-organismes) :

La transmission de ces maladies se fait par des insectes volants, entre autres
vecteurs.
Les maladies bactériennes : Les plantes infectées par des
bactéries développent une zone sombre, noire et humide, aux contours
anguleux, car les bactéries peinent à percer les principales veines de la plante. En
se propageant dans la plante, elles digèrent les cellules et laissent la plante
gorgée d'eau et pâteuse.
Une même bactérie peut provoquer des symptômes différents sur différents
organes.

Les nécroses et les brûlures : ce sont des attaques localisées qui aboutissent à
la mort lente des cellules. La feuille présente des petites plaques de cellules
mortes et sèches.

Les tâches huileuses ou pourriture molle : l’attaque des bactéries se


matérialise par une prolifération rapide qui détruit les tissus sous-jacents. La
prolifération des bactéries se réalise dans un amas visqueux.

Les galles ou tumeurs : il s’agit d’une prolifération anarchique des cellules de la


plante hôte provoquée par les bactéries.

Les chancres peuvent être dus à plusieurs types de bactéries, dont


certains pathovars de Pseudomonas syringae qui attaquent notamment les
marronniers depuis peu.

Les trachéobatérioses : il s’agit d’une prolifération à l’intérieur des tissus


conducteurs de la plante hôte. Les feuilles se flétrissent du côté des tissus
atteints.

Quelles sont les bactérioses des plantes les plus répandues ?


Suivant les bactéries impliquées, il existe différents types de bactérioses,
plus ou moins répandues suivant les régions, les conditions climatiques…
Comme les bactéries phytopathogènes sont subdivisées en différentes souches,
les pathovars, elles peuvent s’attaquer à des espèces multiples.

 Le feu bactérien (Erwinia amylovora) : c’est la bactériose la plus


dangereuse pour les arbres fruitiers, les arbustes et plantes de la
famille des Rosacées, les poiriers y étant particulièrement sensibles. Elle
peut tuer un arbre en 8 à 15 mois. Cette maladie bactérienne est soumise à
une législation très stricte qui oblige entre autres à signaler tout symptôme
suspect.
 Le chancre bactérien (Pseudomonas syringae) : cette affection s’est
largement développée ces dernières années, essentiellement sur les
arbres fruitiers. La bactérie, naturellement présente sur les feuilles, se
développe sur le feuillage, les bourgeons et les bouquets de mai, via les
cicatrices des feuilles, les fentes ou les blessures de l’écorce. Les
symptômes apparaissent : taches sur les feuilles vert clair puis brunes,
taches noires sur les fruits, zones déprimées (nécroses) sur l’écorce avec
écoulement de [Link] branches entières ou l’arbre finissent par
mourir.
 La pourriture molle ou pourriture bactérienne (Pectobacterium
carativora ou Erwinia chrysanthemi) : la première bactérie s’attaque aux
racines, aux tiges et aux fruits des cucurbitacées, des solanacées, des
salades, des choux, des céleris… La deuxième à des plantes
potagères comme les oignons ou les pommes de terre, mais aussi à des
plantes ornementales comme les œillets, les chrysanthèmes ou les
dahlias. Concrètement, le feuillage flétrit, brunit puis se liquéfie et se
décompose. Il peut dégager une odeur désagréable.
 Les graisses bactériennes (Pseudomonas syringae ou Xanthomonas
spp.) qui se manifestent principalement sur les haricots et les pois,
mais aussi sur les choux, les artichauts, les tomates, les
cucurbitacées. Ces bactéries se transmettent par les graines et se
développent lorsqu’une période humide et venteuse est suivie d’un temps
chaud et sec au moment de la floraison. On voit alors apparaître des taches
anguleuses, huileuses et transparentes, pourvues de bords jaunes. Les
feuilles brunissent et meurent, puis la plante périt en quelques jours. Sur les
pois et les haricots, des taches vertes foncé bordées de rouge apparaissent
sur les gousses.

Les maladies fongiques : Une maladie cryptogamique, ou maladie fongique, est


une maladie causée à une plante par un champignon ou un autre organisme
filamenteux (cas des Oomycetes) parasite
Maladies fongiques courantes
 Mildiou
Dégâts et symptômes: Des taches brunâtres avec une auréole jaunâtre
apparaissent sur la face supérieure des feuilles, alors que sur la face inférieure se
développe un feutrage blanc-gris. Par la suite, les taches vont s’étendre et
provoquer un dessèchement des feuilles. Si l'attaque n'est pas enrayée
rapidement, elle se poursuit sur les tiges et les fruits, provoquant leur
pourrissement.
Conditions favorables à son développement: Un été très humide et chaud
(entre 10 et 25°C), des écarts importants de température jour/nuit.
Plantes touchées: pommes de terre, tomates, vigne, laitues, oignons, poireaux,
pensées, géranium,…

 Oïdium
Dégâts et symptômes: Le développement d’un feutrage blanchâtre sur les
feuilles. Par la suite, les feuilles brunissent, se dessèchent et chutent
prématurément. Certaines plantes annuelles et légumes tels que les courges sont
touchés par la maladie en fin de vie en automne. Ceci est un signe de
vieillissement normal de la plante et ne doit pas vous inquiéter.
Conditions favorables à son développement: humidité modérée à élevée avec
des températures allant de 10 à 20°C. La présence d’eau sur les feuilles lui est
défavorable.
Plantes touchées: courges, fruits, arbustes à baies, vigne, plantes
ornementales,...
 Rouille
Dégâts et symptômes: Ces champignons se distingue par la présence de
pustules orangées, brunes ou jaunes sur la face inférieure des feuilles. Des
petites taches peuvent également apparaître sur la face supérieure des
[Link] cas de fortes attaques, les parties végétales atteintes se déforment et
on observe une chute prématurée des feuilles.
Conditions favorables à son développement: La présence d’eau ou une
humidité relative très élevée (> à 96 %) sont des facteurs importants. Des
températures comprises entre 17 et 22°C sont les plus favorables.
Plantes touchées: Nombreuses plantes dont les plus connues sont la rouille
blanche du chrysanthème, la rouille du rosier et la rouille grillagée du poirier.

 Pourriture grise (Botrytis)


Dégâts et symptômes: Apparition d’un feutrage gris qui conduit au
dépérissement de l’organe atteint. Les fruits sont souvent les premières victimes
du Botrytis.
Conditions favorables à son développement: Ce champignon s’attaque le plus
souvent à des plantes affaiblies, en mauvaise santé ou abîmées : c’est un
parasite de faiblesse. Une humidité élevée (proche de 90%) est favorable à son
développement. Par contre, la température n’a pas d’influence.
Plantes touchées: fraisiers, groseilliers, laitues, pensées, géranium,…
 Anthracnose
Dégâts et symptômes: L’infection cause des taches foncées bien délimitées. Le
centre de ces taches a tendance à blanchir avec le temps. Les symptômes sur les
fruits sont très souvent des taches marron sur le pourtour et noires en leur centre
présentant une forte dépression. Le champignon peut infecter la plante jusqu’aux
graines. Dans ce cas, elle peut apparaître au printemps et attaquer les jeunes
plantules.
Conditions favorables à son développement: Les spores germent sur la plante
lorsque la température se situe entre 15 et 27 °C avec une forte humidité. La
maladie apparaît plus sévère après un printemps frais et humide. Les spores sont
transportées par le vent, elles se conservent aussi sous l’écorce des plantes
infectées l’année précédente ou dans les débris végétaux.
Plantes touchées: haricots, fèves, fraises, concombres, tomates, arbustes
(vigne) ou arbres.

 Moniliose
Dégâts et symptômes: On observe tout d’abord des attaques au moment de la
floraison. Les bouquets floraux ou les rameaux sont alors flétris et ils brunissent.
Lorsque ce sont les fruits qui sont atteints, ils présentent une pourriture molle et
des coussinets blancs concentriques. Au dernier stade de la maladie, les fruits se
momifient et restent suspendus à l’arbre. Ils servent de réservoir à la maladie pour
l’infection de l’année suivante.
Conditions favorables à son développement: Un temps frais, venteux et
pluvieux. Les fruits peuvent être infectés à partir des blessures de grêle,
d’insectes ou d’oiseaux. Les points de contact entre les fruits peuvent aussi
permettre la propagation du champignon.
Plantes touchées: fruits à pépins ou à noyaux
 Taches noires du rosier
Dégâts et symptômes: Comme son nom l'indique, ce champignon provoque des
taches noires plus ou moins circulaires sur la face supérieure des feuilles. Par la
suite, on observe un jaunissement progressif de la feuille et une chute précoce
des feuilles. Ces symptômes sont visibles au printemps et en été.
Conditions favorables à son développement: Au printemps, les spores sont
disséminées par les pluies et vont infecter les organes jeunes des rosiers. Ces
rosiers nouvellement infectés vont devenir une source de contamination. La
présence d’eau liquide sur les feuilles est donc indispensable au développement
du champignon. Une température de 15 à 27°C est idéale.
Plantes touchées: feuilles de rosiers

 Tavelure
Dégâts et symptômes: Sur les feuilles, la tavelure se caractérise par des taches
irrégulières. Ces taches prennent une coloration brun olivâtre puis noire. Les
attaques précoces sur jeunes fruits provoquent leur chute. Lorsque l’attaque
survient sur un fruit plus développé, les parties atteintes cessent de se développer
et se déforment. On observe alors des croûtes liégeuses de couleur noire et des
crevasses. A noter qu’en cas de faible attaque, la chair n’est pas altérée.
Conditions favorables à son développement: Le champignon passe l’hiver
dans les feuilles mortes tombées au sol et sur les rameaux dans le cas du poirier.
Au printemps, les spores sont disséminées par les pluies lorsque les
températures sont favorables (de 7 à 25°C). La période sensible se situe au
moment du débourrement et dans les semaines qui suivent, particulièrement à la
chute des pétales qui constituent un point d’entrée de la maladie.
Plantes touchées: feuilles et fruits de pommiers et poiriers

III. Plantes adventices (mauvaises herbes) et plantes parasites

Une mauvaise herbe est une plante poussant dans un endroit où elle n’est pas
désirée des êtres humains. En agriculture, les mauvaises herbes ou adventices
peuvent endommager les cultures lorsqu’elles poussent dans les champs ou
empoisonner les animaux de rente lorsqu’elles poussent sur les pâturages. Elles
peuvent être grossièrement classées en espèces de plantes annuelles et
pérennes.

IV- Comment dépister les ennemis des cultures.


Le dépistage des ennemis des cultures consiste à parcourir un champ (ou une
parcelle de champ ou une serre) pour observer l’état général de la culture, la
présence ou non de mauvaises herbes, de symptômes de maladies, d’insectes et
de prédateurs naturels, puis à consigner par écrit l’ensemble des observations
effectuées. L’objectif final étant d’obtenir un portrait objectif de la culture pour ainsi
décider si une intervention est nécessaire.
Un dépistage adéquat est réalisé à pied pour être en mesure d’obtenir des
observations précises. En complément à ce dépistage, certaines technologies,
telles que l’imagerie satellite et les drones, peuvent venir en aide pour cibler des
zones à explorer plus en détail. Lors du dépistage, un pantalon long, des
manches longues et un chapeau sont de mises afin de se protéger adéquatement
des résidus potentiels de pesticides et du soleil.

Les outils pour effectuer le dépistage et le suivi des ennemis des cultures
Le matériel de base requis pour le dépistage comprend un support papier ou
électronique pour la consignation des données, une loupe 15X ou plus (un objectif
grossissant à agrafer sur un téléphone cellulaire pour prendre des photos en gros
plan peut aussi être utile), un canif, un ruban à mesurer, des contenants pour
récolter des échantillons à analyser, du ruban forestier ou un autre type de ruban
pour identifier des plants ou des zones de culture problématiques, etc. D’autres
outils peuvent aussi être utiles pour effectuer le dépistage et le suivi au champ et
en serre :
- Consultation de modèles bioclimatiques pour prédire le développement et
l’évolution des populations d’insectes et de maladies des cultures :
- Consultation de guides d’identification des ennemis des cultures : en
consultant des sites tels que IRIIS phytoprotection, Llcultures Ontario ou
Ephytia pour accéder à une banque d’images et de descriptions des
ennemis et des symptômes associés. En cas de doute au Laboratoire
d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP)
- Emploi de pièges : le suivi de nombreux insectes s’effectue à l’aide de
pièges à phéromone et/ou englués.

Établir le parcours et choisir la technique de dépistage


Le parcours emprunté durant le dépistage doit être représentatif de l’entièreté de
la superficie cultivée.
Type de parcours
Selon la culture et son développement, le parcours de dépistage varie afin de
faciliter la marche :
● Un parcours en zigzag est possible dans les cultures basses (exemple : fraise,
laitue, jeune soya ou jeune maïs, etc.);
● Un parcours dit « en escalier » dans les cultures hautes à enjamber ou à
traverser (exemple : pomme de terre, crucifères, soya ou maïs, etc.);
● Un parcours linéaire constitué d’allers-retours dans les cultures de type arbustif
en rangées palissées ;
● Tout autre parcours est valable si la superficie est bien couverte et si les zones
à surveiller sont incluses au parcours.

Exemple d’un parcours de dépistage effectué


à deux dates successives

Techniques de dépistage :
La technique de dépistage à employer et la façon de faire (p. ex. comptage
d'insectes, battage des plants, filet-fauchoir, nombre et position des feuilles ou
des folioles à observer) varient souvent selon l'ennemi à dépister. Et, pour un
même ennemi, la technique peut aussi différer selon la culture.

Compilation des données de dépistage et outils de suivi


Lorsque le dépistage est terminé, il faut compiler les données obtenues. Couplés
au résultat des captures, s’il y a suivi à l’aide de pièges, les résultats du dépistage
permettent de prendre une décision plus éclairée, selon les stratégies
d’intervention possibles contre l’ennemi ou les ennemis présents.

Seuil économique d’intervention


Un seuil économique d’intervention équivaut à la densité de ravageurs ou à la
mesure des dommages à ne pas dépasser pour éviter des pertes de rendement
plus élevées que le coût des interventions. Il indique donc le moment où une
action de contrôle est justifiée pour éviter qu’une situation ne dégénère au point
d'atteindre le niveau de préjudice économique.
Différents documents présentent les seuils économiques d’intervention pour les
ennemis des cultures. Outre les communiqués du RAP, des recueils et des guides
sont publiés pour différentes cultures, qu’elles soient cultivées en champ ou en
serre. Certains documents peuvent aussi être consultés en ligne ; le Recueil des
seuils d'intervention contre les insectes et maladies en cultures maraîchères, le
Guide agronomique des grandes cultures et la Fiche 65 du Guide de PFI du
Réseau-pommier en sont des exemples.
En résumé : Une surveillance régulière de votre champ est essentielle pour
détecter précocement les parasites et les maladies des plantes et limiter leur
propagation. Voici quelques astuces pour vous aider dans cette démarche :

 Examinez les feuilles : Vérifiez régulièrement le feuillage de vos plantes,


afin de détecter rapidement les feuilles abimées : jaunissantes, flétries,
tachetées ou déformées… La présence de petits trous peut signifier qu’un
insecte se nourrit de vos plantes, tandis que les taches ou le feutrage du
feuillage est souvent le signe d’une maladie. Pensez notamment à regarder
au revers des feuilles : les insectes ou leurs œufs s’y cachent souvent. Si
les feuilles se flétrissent, deviennent molles ou sèches, cela peut signifier
par exemple que les racines sont asphyxiées ou qu’un champignon bloque
la circulation de la sève dans la plante…
 Observez les insectes et apprenez à les identifier, afin de savoir s’ils
représentent un danger pour vos plantes ou non. A l’inverse, vous pourrez
peut-être repérer des insectes auxiliaires, comme les chrysopes, qui sont
des prédateurs de pucerons.
 Suivez le cycle de croissance : Si vos plantes ne se développent pas
comme prévu ou si leur croissance semble retardée, cela peut être le signe
d’un problème sous-jacent : manque de nutriment, maladie ou présence
d’insectes parasites…
 Surveillez les changements de couleur : Les maladies fongiques ou
bactériennes peuvent souvent provoquer des changements de couleur dans
les plantes. Par exemple, l’oïdium se manifeste par un dépôt blanc sur les
feuilles, tandis que la tache noire provoque des taches noires sur les feuilles
de rose.

.
IV. TECHNIQUES DE DEFENSE DES CULTURES

IV-1- Le « triangle de la maladie »


 Agir directement sur le pathogène :
En appliquant un fongicide dans le cas d’un champignon
 . Agir sur la plante hôte
En sélectionnant des cultures bénéficiant d’une résistance génétique à un ou
plusieurs agents pathogènes («résistance» est le contraire de «sensibilité»).

 Agir sur l’environnement

En modifier certains paramètres environnementaux afin de rendre le milieu


défavorable au développement de pathogènes (prophylaxie) : les champignons et
moisissures ont par exemple besoin d’un fort taux d’humidité pour se développer
et le drainage du sol représente souvent une solution efficace pour inhiber la
croissance de ces derniers.

IV-2- Méthodes de lutte :

Les méthodes de protection des cultures sont utilisées pour lutter contre les
bioagresseurs. Elles sont utilisées en combinaison pour associer leurs effets
partiels, c’est ce qu’on appelle la protection intégrée.

Les méthodes de protections alternatives regroupent les méthodes de


protection non chimiques.

Lutte chimique raisonnée

Pesticides : herbicides, fongicides, insecticides, etc.

En dernier recours, localisé, pesticide adapté, respectueux des auxiliaires

Lutte génétique

= utilisation de variétés résistantes, OGM (ex : TYLC tomate…)

Bioagresseurs
adventices, maladies, ravageurs

Lutte biologique

= utilisation d’organismes vivants


prédateurs :

 micro-guêpes parasitoïdes :
 champignon sentomo-pathogènes…

Lutte physique

 désherbage: thermique, manuel,


 travail du sol,
 paillage
 filets anti-insectes…

Lutte culturale

= adaptation du système de culture pour limiter le développement des


ravageurs – préventif et curatif

 rotation des cultures


 cultures associées
 densité plantation
 fertilisation
 drainage

IV-3- L’utilisation des pesticides :


Les pesticides, « produits qui tuent les pestes » ou produits
phytopharmaceutiques, sont pour la plupart des produits chimiques qui présentent
des risques pour la santé et l’environnement.
Ils sont répartis en plusieurs familles chimiques:
 herbicides (contre les végétaux)
 insecticides (contre les insectes)
 fongicides (contre les maladies fongiques causées par les champignons)
 nématicides (contre les nématodes)
 rodenticides (contre les rats et les souris)
 acaricides (contre les mites et les tiques)
molluscicides (contre les escargots)

La liste des pesticides autorisés au Cameroun est fixée Ministériel et est mise à
jour régulièrement. Les produits y sont classés par catégorie :

Catégorie 1
Les produits extrêmement dangereux et très dangereux utilisés par
les applicateurs professionnels

Catégorie 2

les produits modérément dangereux et peu dangereux utilisés par les utilisateurs
professionnels

Catégorie 3

Les autres produits pour le tout public

Les agriculteurs font partie de la catégorie des utilisateurs professionnels. Ils sont
dispensés de l’obtention d’agrément d’application des pesticides dans le cadre de
leurs activités professionnelles mais ils ne peuvent pas faire de travaux
d’application de pesticides pour un tiers. L’accessibilité à certains pesticides à
usage professionnel nécessite la présentation de leur carte professionnelle.

La commission des pesticides a pour mission de proposer toutes les mesures


nécessaires pour une utilisation efficace des pesticides tout en limitant leur effet
indésirable. Elle participe à l’évolution de la réglementation sur les pesticides en
donnant par exemple son avis sur les substances pouvant être importées, les
agréments, l’utilisation de nouvelles substances.

Comment s’informer sur les pesticides? Comment les utiliser sans risque ?

Il est nécessaire de bien connaitre les substances utilisées afin de respecter les
doses à appliquer, les délais de rentrée et les délais avant récolte pour protéger
l’applicateur, le consommateur et l’environnement. Un arrêté fixe les
concentrations maximales en résidu des pesticides autorisés qui sont tolérées
dans les fruits et les légumes frais, congelés ou surgelés. Ces concentrations
maximales ou limites maximales de résidus (LMR) ont été fixées pour garantir la
sécurité du consommateur.

Afin de limiter les risques sur la santé de l’homme, l’utilisation des produits
phytopharmaceutiques nécessite le respect de règles d’utilisation ainsi que le port
de protections adaptées ou équipements de protection individuelle (EPI):

 un masque
 une combinaison
 des gants
 des bottes
 des lunettes de sécurité
L’étiquette du produit et la fiche de données sécurité doivent être lues
attentivement avant toute utilisation pour connaitre les précautions à prendre ainsi
que les usages et les doses à appliquer.

Les pictogrammes ou symboles de danger préviennent l’utilisateur des dangers


des produits. Ils ont été remis à jour et peuvent être retrouvés sur les étiquettes
des produits sous les 2 formes ci-dessous :

Les conseils de prudence détaillent les précautions à prendre pour l’utilisateur :


les équipements de protection à porter lors du traitement et les gestes à faire pour
ne pas s’empoisonner.

Le délai avant récolte DAR est la durée minimale entre la date de traitement et la
date de récole. Il figure sur l’étiquette, par défaut il a été fixé en France à3 jours
minimum.

Le délai de rentrée DRE est une durée pendant laquelle il est interdit aux
personnes de pénétrer sur ou dans les lieux où a été appliqué le produit (ex.
champs, serres). Il est de minimum 6h et en milieu fermé de minimum 8h.

La fiche de données sécurité en français doit être fournie gratuitement par le


vendeur à l’acheteur du produit. Si elle n’est pas distribuée avec le produit,
réclamez-la. Elle reprend les informations de l’étiquette et les complète.
Elle comprend entre autres des rubriques sur l’identification du produit et du
fournisseur, l’identification des dangers, la conduite à tenir en cas d’accident pour
les premiers secours, les conditions de manutention et stockage, les EPI à porter
et les méthodes de traitement des déchets.

Ces fiches peuvent également être téléchargées gratuitement aux adresses :

 [Link]/fr
 [Link]
Pour optimiser la gestion des traitements par des produits phytosanitaires, il est
important de tenir un registre phytosanitaire sur papier ou informatiquement et de
noter ses observations.
Exemple de registre

Les informations qui doivent au minimum y figurer sont :

 la parcelle et sa localisation
 la culture implantée et la variété
 la date du traitement
 le nom du ou des produits utilisés
 la dose par hectare
 la date de récolte
 la constatation d’organismes nuisibles le cas échéant

Appareillage utilisé :
Les principaux types de pulvérisateurs rencontrés en Afrique de l’Ouest et du
Centre sont : les appareils à moteur avec disque centrifuge, les pulvérisateurs à
pression entretenue et les atomiseurs.
- Les appareils à moteur avec disque centrifuge Ce sont des appareils de
traitement de type Très Bas Volume (TBV) à piles ayant les caractéristiques
suivantes ; Poids vide avec nourrice : 1 à 2,5 kg ; Tension 6 à 12 volts et
puissance 1 à 1,5 watts permettant 15-20 heures de traitement ; Vitesse de
rotation 4000 à 6000 tours/min produisant des gouttelettes de 50 à 200 µ ;
Volume de bouillie épandue de 10 à 30 l/ha en fonction de la buse utilisée
(50 à 200 ml/min) ; Nourrice graduée, d’une capacité de 5 à 10 litres, en
plastique résistant aux produits et à la chaleur ; Bretelles en nylon de
longueur variable et d’une largeur d’environ 3 cm ; Appareil doté d’au moins
un filtre plastique (tamis) à l’ouverture de la nourrice ; Dosette graduée pour
mesure de produit concentré.
- Les pulvérisateurs à pression entretenue Ce sont des appareils de
traitement manuels de type Bas Volume (BV) à dos à pression entretenue
(Prise de pression à partir de piston ou de membrane). Les principales
caractéristiques de ces appareils sont : Cuve en plastique résistant aux
produits avec une capacité de 15 à 20 litres ; Au moins deux types de
buses: buse à turbulence (insecticides) et à fente (herbicides) ; Appareil
doté d’une lance ou d’une rampe horizontale à 4 buses ; Largeur de travail 1
à 2 lignes avec la lance et 2 lignes avec la rampe Pression de travail
insecticides 3 à 4 bars et herbicides 1 à 1,5 bars ; Epandage de 30 à 150
litres de bouillie par hectare ; Appareils munis de 2 à 3 filtres ; Bretelles en
nylon résistant à longueur variable et d’une largeur moyenne de 5 cm
souvent équipées d’épaulières ; Poignée robuste (en métal ou en fibre de
verre) ; Régulateur de pression. Figure 1 : Schéma d’un appareil à moteur
avec disque centrifuge (ULVA +) – MICRON.
- Les atomiseurs (appareils à moteur) Les atomiseurs (figure 6) sont des
appareils dont l’énergie est fournie par un moteur électrique. La bouillie
(insecticide ou herbicide) est propulsée par le vent réalisé par le moteur sur
de longues distances (5 à 25 m selon le modèle).

 Dosage Mettre la dose recommandée : - plus de la dose : gaspillage,


brûlure des plantes - moins de la dose : échec et développement de la
résistance Ne jamais manipuler les poudres à mains nues ! Manipuler les
poudres avec précautions (poussières toxiques) Tourner le dos au vent.
Utiliser l’équipement approprié. Ne jamais remuer la bouillie avec les mains
nues. Ne jamais siphonner à la bouche. Eviter soigneusement toute
éclaboussure. Disposer toujours d’eau et de savon.

 CALCUL DES DOSES DES PRODUITS INSECTICIDES : Les insecticides


appliqués au champ en culture se présentent sous la forme de formulations
commerciales appelées substances phytopharmaceutiques. Ces
formulations sont constituées d’une ou de plusieurs substances actives
mélangées à des adjuvants (mouillants, solvants, etc.). La substance active
est la substance ou le micro-organisme qui tue le ravageur et les adjuvants
servent à présenter le ou les substances actives sous forme utilisable par
les producteurs et assurent la bonne conservation du produit formulé. Figure
8 : Combinaison de protection lors de la manipulation des pesticides La
dose à épandre peut s’agir d’une quantité de substance active contenue
dans une formulation exprimée en grammes par hectare (g/ha) ou d’une
quantité de produit commercial contenant un certain poids de substance (s)
active (s) et dans ce cas, on parle de litres ou de centilitres par hectare (l/ha
ou cc = ml/ha). Pour déterminer la quantité d’un produit commercial X
nécessaire pour appliquer une dose A à l’hectare d’une substance active
avec une formulation contenant B pour cent de cette substance active, on
fait :
A x 100
---------------- = X
B
Exemple : pour appliquer 0,15 kg s.a/ha d’un produit granulé nommé KILL à 2,5%,
on a :
0,15 x 100
--------------- = 6 kg de produit granulé KILL par hectare
2,5
RÉCAPITULATIF POUR UNE BONNE UTILISATION DES PESTICIDES : Les
règles essentielles pour une bonne utilisation des pesticides :
- Lire attentivement l’étiquette et respecter les indications.
- Se protéger en manipulant les pesticides et protéger les autres contre les
empoisonnements.
- Choisir un pesticide recommandé pour la culture et les nuisibles à
combattre.
- Respecter la dose d’utilisation recommandée.
- Faire le traitement régulièrement pour couvrir toutes les parties de la plante
à protéger.
- Nettoyer et ranger le matériel et les pesticides restants à la fin du traitement.
- Se laver tout le corps et les habits après avoir fini le traitement.
- Ne pas utiliser les semences traitées pour l’alimentation humaine ou
animale.

IV-4- Lutte contre les mauvaises herbes :

Le meilleur moyen de lutter contre les mauvaises herbes est de les priver de soleil
et d’espace. Les trois techniques ci-après permettent de le faire :

 Couper ou enterrer les mauvaises herbes à l’aide d’une houe ou d’une


faucille, avant que leurs fleurs ne donnent des graines ;
 Couvrir le sol de 6 cm de paillis (les mauvaises herbes coupées à la houe
ou à la faucille peuvent être utilisées comme matériel de paillage);
 Cultiver des plantes rampantes à croissance rapide pour couvrir le sol (par
exemple, des cultures de couverture comme la citrouille, le niébé ou la
patate douce).

Pour lutter de façon plus durable contre les mauvaises herbes, il faut cultiver des
plantes qui couvrent le sol en permanence. Le système des cultures étagées, où
des plantes de différentes tailles poussent ensemble, constitue le moyen le plus
efficace.

IV-5- Lutte contre les oiseaux :


Les méthodes de lutte contre les oiseaux sont très variées et comprennent entre
autres la dissuasion physique, la dissuasion visuelle, des dispositifs
d'effarouchement sonores, l'utilisation d'oiseaux de proie (fauconnerie)[1], l'emploi
de substances chimiques, de produits contraceptifs et de barrières actives. Les
oiseaux s'adaptent en général rapidement aux dispositifs de lutte les plus
statiques parce qu'ils constituent de fausses menaces. Les dispositifs de lutte
anti-aviaire qui sont les plus efficaces consistent soit à bloquer physiquement les
oiseaux, soit à modifier activement leur comportement au moyen de chocs doux
et inoffensifs.

Les effaroucheurs d'oiseaux sont des dispositifs utilisés par les humains pour
repousser les oiseaux : Il s'agit notamment de dispositifs utilisés par
les cultivateurs pour effrayer les oiseaux et les dissuader de manger les graines
qu'ils viennent de semer. Ils sont également utilisés sur les terrains d'aviation pour
limiter la présence d'oiseaux près des pistes et le risque de collision avec les
aéronefs.
Epouvantail Oiseau de proie Filets anti-oiseaux

Prévenir plutôt que guérir


La prévention est la clé de la réussite contre les maladies. En appliquant les
principes suivants, vous mettez toutes les chances de votre côté afin d’éviter
l’apparition de maladies :

 Choisissez des plantes adaptées à la nature et à la composition de votre


sol.
 Espacez les plantes pour une meilleure aération.
 Evitez les fumures trop riches en azote, qui favorisent les maladies.
 Dans le potager, appliquez une rotation des cultures (au moins trois ans
entre chaque culture).
 Coupez (au sécateur, pour éviter les blessures inutiles) les feuilles
basses qui seront les premières atteintes (surtout dans le cas du mildiou)
dès que la plante porte des fruits proches de la maturité.
 Evitez de planter des variétés sensibles aux maladies et privilégiez les
variétés résistantes.
 Evitez les arrosages par aspersion du feuillage et arrosez de préférence le
matin afin que la végétation sèche avant le soir.
 Renforcez les défenses naturelles des plantes sensibles avec des
arrosages ou des pulvérisations foliaires grâce à des décoctions de prêle,
ortie, tanaisie ou ail. Retrouvez nos recettes ici.

Comment limiter les dégâts ?


Une fois que la plante présente des symptômes d’une maladie, vous pouvez
encore agir pour limiter les dégâts et freiner la contamination des autres plantes.

 Les tiges et feuilles desséchées par les maladies peuvent constituer des
foyers de réinfestation la saison suivante et doivent être brûlées ou jetées
aux ordures.
 Éliminez rapidement les parties de plante atteintes ou la plante entière
en cas de contamination avancée.
 N’oubliez pas de désinfecter vos outils à l’alcool entre chaque
intervention.
 Essayez le bicarbonate de soude contre l’oïdium, la maladie des taches
noires et les rouilles.
 Pulvérisez préventivement une solution à base de soufre, efficace
contre l’oïdium, la pourriture grise, et les taches noires du rosier.
 Traitez préventivement avec un fongicide à base de cuivre, efficace contre
le mildiou, les rouilles, la tavelure, l’anthracnose et la moniliose. Il y a
différentes formulations sur le marché : la bouillie bordelaise, l’oxychlorure
ou l’hydroxyde de cuivre.

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