INTRODUCTION GÉNÉRALE
L’inflation constitue un phénomène macroéconomique central dont les effets se répercutent
sur l’ensemble des activités économiques d’un pays. Elle se définit comme une augmentation
généralisée et persistante du niveau général des prix, entraînant une perte du pouvoir d’achat
de la monnaie et influençant à la fois la consommation des ménages, les coûts de production
des entreprises ainsi que les décisions d’investissement. La croissance économique,
généralement appréhendée à travers l’évolution du produit intérieur brut (PIB) réel, demeure
pour sa part un indicateur fondamental du niveau de développement économique et social
d’une nation1.
Dans l’analyse économique, la relation entre l’inflation et la croissance économique fait l’objet
de débats théoriques et empiriques approfondis. Certains courants de pensée soutiennent
qu’un niveau d’inflation modéré peut accompagner, voire stimuler, la croissance économique
en facilitant l’ajustement des prix relatifs et en améliorant les perspectives de rentabilité des
investissements. À l’inverse, une inflation élevée et instable est généralement perçue comme
une source majeure de déséquilibres macroéconomiques, susceptible de décourager l’épargne,
de perturber l’allocation des ressources et de freiner l’investissement productif,
compromettant ainsi la croissance à long terme2.
Cette problématique revêt une importance particulière dans les pays en développement,
caractérisés par des structures économiques fragiles, une base productive limitée et une forte
exposition aux chocs internes et externes. Dans ces économies, l’inflation constitue
fréquemment un obstacle majeur à la réalisation d’une croissance soutenue et inclusive, en
accentuant l’incertitude économique et en fragilisant le cadre macroéconomique.
La maîtrise de l’inflation apparaît dès lors comme un objectif prioritaire des politiques
économiques, en vue de créer un environnement stable et favorable au développement 3.
La République Démocratique du Congo (RDC) s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
Depuis le début des années 2000, l’économie congolaise est marquée par des épisodes
récurrents de tensions inflationnistes, résultant notamment des déséquilibres budgétaires, de
1
P. A. SAMUELSON et W. D. NORDHAUS, Économie, France, De Boeck, 2010, p. 45.
2
R. DORNBUSCH, S. FISCHER et R. STARTZ, Macroeconomics, États-Unis, McGraw-Hill, 2011, p. 102.
3
O. BLANCHARD, Macroeconomics, États-Unis, Pearson Education, 2017, p. 88.
la dépendance vis-à-vis des importations, de la volatilité du taux de change et de la faiblesse du
tissu productif national. Malgré des périodes de croissance économique relativement soutenue,
principalement tirées par le secteur extractif, les performances économiques demeurent
fragiles et peu inclusives, l’inflation continuant d’éroder le pouvoir d’achat des ménages et de
limiter les effets positifs de la croissance sur le bien-être de la population4.
Dans ce contexte, l’analyse de l’impact de l’inflation sur la croissance économique en
République Démocratique du Congo sur la période allant de 2000 à 2023 s’avère pertinente et
nécessaire. Elle permet de mieux comprendre la dynamique macroéconomique du pays et de
dégager des enseignements susceptibles d’éclairer les choix des décideurs publics en matière
de politiques économiques. C’est dans cette perspective que s’inscrit le présent travail, qui,
après cette introduction générale, abordera successivement l’état de la question et la
problématique de l’étude.
0.1. ÉTAT DE LA QUESTION
La relation entre l’inflation et la croissance économique a suscité un intérêt soutenu dans la
littérature économique, tant dans les pays développés que dans les pays en développement.
Les travaux existants montrent que l’effet de l’inflation sur la croissance dépend du niveau
d’inflation, de la structure de l’économie et du cadre institutionnel. Afin de situer la présente
recherche, cette section présente quatres études majeures : une étude menée dans les pays de
l'Union européenne, l'autre en Occident, une étude réalisée en Afrique et une étude portant
spécifiquement sur la République Démocratique du Congo.
Plusieurs études empiriques européennes se sont intéressées à la relation entre l’inflation et la
croissance économique, parmi lesquelles figure l’analyse approfondie menée par PAPPAS ET
BOUKAS sur les économies de l’Union européenne. À travers cette étude, les auteurs cherchent
principalement à évaluer l’impact du taux d’inflation et de la volatilité inflationniste sur la
croissance du produit intérieur brut réel, tout en mettant en évidence le rôle joué par la
politique monétaire, notamment à travers les taux d’intérêt.
L’analyse repose sur des données de panel couvrant l’ensemble des pays de l’Union
européenne sur la période allant de 2000 à 2023, ce qui permet de tenir compte à la fois des
dynamiques temporelles et des spécificités structurelles propres à chaque économie.
Sur le plan méthodologique, les auteurs mobilisent des modèles économétriques dynamiques
de données de panel, incluant des estimations linéaires et non linéaires, et recourent à des
techniques avancées telles que la méthode des moments généralisés (GMM) afin de corriger les
4
BANQUE CENTRALE DU CONGO, Rapport annuel, République Démocratique du Congo, BCC, 2022, p. 37.
problèmes d’endogénéité et d’hétérogénéité entre pays. Les variables explicatives clés
intègrent le taux d’inflation, la volatilité de l’inflation, les taux d’intérêt à long terme ainsi que
des variables de contrôle telles que l’investissement et le crédit. Les résultats empiriques
révèlent que le taux d’inflation moyen n’exerce pas d’effet négatif statistiquement significatif
sur la croissance économique dans les pays de l’Union européenne durant la période étudiée,
suggérant qu’un niveau modéré d’inflation ne constitue pas nécessairement un frein à la
croissance.
En revanche, la volatilité de l’inflation apparaît comme un facteur défavorable à la croissance
économique, dans la mesure où l’instabilité des prix accroît l’incertitude, décourage
l’investissement et complique la planification des agents économiques. Par ailleurs, les taux
d’intérêt élevés, souvent résultant de politiques monétaires restrictives mises en œuvre pour
contenir l’inflation, sont associés de manière significative à une baisse de la croissance
économique.
Ces résultats conduisent les auteurs à conclure que, dans le contexte européen, ce sont moins
les niveaux d’inflation modérés que l’instabilité inflationniste et le durcissement de la politique
monétaire qui constituent les principaux obstacles à la croissance économique, apportant ainsi
une contribution importante au débat sur le lien inflation croissance dans les économies
développées5.
L’étude de R. J. BARRO constitue l’une des références majeures dans l’analyse empirique du lien
entre l’inflation et la croissance économique dans les pays développés. 6À travers cette
recherche, l’auteur cherche à évaluer l’impact de l’inflation sur la croissance économique à long
terme à partir d’un large échantillon de pays occidentaux, en mettant l’accent sur les
mécanismes macroéconomiques susceptibles d’influencer durablement la performance
économique. La problématique centrale de l’étude consiste à déterminer si l’inflation exerce
une influence significative et persistante sur la croissance économique, notamment en
perturbant les décisions d’investissement, en réduisant l’efficacité de l’allocation des ressources
et en accroissant l’incertitude macroéconomique. Sur le plan méthodologique, l’auteur adopte
une approche économétrique fondée sur l’exploitation de données de panel couvrant plusieurs
pays et différentes périodes d’observation, ce qui permet de tenir compte à la fois des
dynamiques temporelles et des spécificités structurelles propres à chaque économie.
La procédure d’analyse repose sur l’estimation de modèles de régression dans lesquels le taux
de croissance du produit intérieur brut réel est expliqué par le taux d’inflation, tout en intégrant
un ensemble de variables de contrôle telles que le niveau d’investissement, le capital humain,
5
A. PAPPAS et N. BOUKAS, Analyse de l’impact de l’inflation et de la volatilité inflationniste sur la croissance économique :
données empiriques issues des économies de l’Union européenne, Suisse, MDPI, 2025, p. 6-18.
6
R. J. BARRO, Inflation et croissance économique, États-Unis, National Bureau of Economic Research, 1995, p. 153-169.
la croissance démographique et la qualité des institutions. Les résultats empiriques obtenus
mettent en évidence une relation négative et statistiquement significative entre l’inflation et la
croissance économique à long terme, indiquant qu’une inflation élevée tend à freiner la
croissance en augmentant l’incertitude, en décourageant l’investissement productif et en
altérant l’efficacité des mécanismes économiques. L’auteur conclut ainsi que la stabilité des prix
constitue une condition essentielle à la promotion d’une croissance économique soutenable
dans les pays développés7
Dans le contexte africain et plus largement celui des pays en développement, l’étude menée
par Michael Bruno et William Easterly apporte un éclairage fondamental sur la relation entre
inflation et croissance économique. L’objectif principal de leur travail consiste à analyser les
effets des épisodes de forte inflation et d’hyperinflation sur la croissance économique, en
mettant un accent particulier sur les économies africaines caractérisées par des structures
productives fragiles et une forte dépendance aux chocs externes. 8
La problématique centrale soulevée par les auteurs est de déterminer si toute inflation
constitue un frein à la croissance ou si ce sont essentiellement les périodes de forte inflation
persistante qui exercent un impact négatif significatif sur la performance économique. Il s’agit
ainsi d’identifier l’existence de seuils critiques au-delà desquels l’inflation devient un obstacle
majeur à la croissance, en perturbant les décisions d’investissement, en affaiblissant la
crédibilité des politiques économiques et en accentuant l’instabilité macroéconomique. Sur le
plan méthodologique, Michael Bruno et William Easterly adoptent une approche
économétrique fondée sur l’exploitation de données macroéconomiques couvrant un large
échantillon de pays en développement, dont plusieurs pays africains, sur de longues périodes
d’observation. La procédure d’analyse repose sur l’identification des épisodes de forte inflation
et d’hyperinflation, suivie d’une comparaison systématique des taux de croissance économique
observés avant, pendant et après ces épisodes, permettant ainsi de mesurer les effets
dynamiques de l’instabilité des prix sur l’activité économique. Les résultats empiriques mettent
en évidence une chute significative de la croissance économique durant les périodes de forte
inflation, tandis qu’une inflation modérée n’exerce pas nécessairement un effet négatif
significatif sur la croissance à long terme.
Les auteurs montrent en outre que les économies africaines apparaissent particulièrement
vulnérables aux chocs inflationnistes en raison de la faiblesse des institutions, de l’instabilité
des politiques macroéconomiques et de la forte exposition aux déséquilibres budgétaires et
monétaires. Ils concluent que ce n’est pas l’inflation en soi qui freine la croissance, mais plutôt
7
R. J. BARRO., [Link], p.159
8
M. BRUNO et W. EASTERLY, Inflation et croissance économique dans les pays en développement, États-Unis, National Bureau
of Economic Research, 1998, p. 1-25.
l’instabilité inflationniste excessive, ce qui souligne l’importance de politiques
macroéconomiques crédibles et de la maîtrise durable de l’inflation pour favoriser une
croissance économique soutenable dans les pays africains9.
En République Démocratique du Congo (RDC), la relation entre inflation et croissance
économique est principalement abordée dans les travaux institutionnels, notamment ceux de la
Banque Centrale du Congo (BCC). Ces études s’inscrivent dans une perspective
macroéconomique visant à comprendre les mécanismes par lesquels l’inflation affecte
l’économie nationale, notamment à travers l’impact sur la demande, l’épargne, l’investissement
et la stabilité des prix. L’objectif central de ces travaux est d’évaluer l’évolution de l’inflation, de
mesurer sa persistance et d’apprécier ses effets sur la croissance du produit intérieur brut réel,
dans un contexte caractérisé par une forte dépendance aux importations, une structure
productive fragile et une vulnérabilité aux chocs externes (prix des matières premières,
fluctuations des devises, etc.). Cette approche vise également à identifier les facteurs
structurels et conjoncturels qui expliquent l’ampleur et la durée des épisodes inflationnistes en
RDC.10
La problématique abordée par la BCC consiste à déterminer dans quelle mesure l’inflation,
lorsqu’elle est élevée et persistante, constitue un frein à la croissance économique et une
menace pour le pouvoir d’achat des ménages. 11 En RDC, l’inflation est souvent alimentée par
des facteurs externes (hausse des prix des importations, dépréciation du franc congolais) et des
facteurs internes (dépenses publiques non couvertes, expansion monétaire, contraintes de
production). La question centrale est donc de savoir si la croissance économique peut être
soutenue malgré un environnement inflationniste, ou si, au contraire, l’inflation structurelle et
l’instabilité des prix fragilisent la demande intérieure, réduisent l’épargne et freinent
l’investissement productif. Dans ce cadre, les travaux institutionnels cherchent à mettre en
évidence les canaux de transmission de l’inflation vers l’économie réelle, en soulignant
notamment le rôle du taux de change, de la politique monétaire, de la gestion budgétaire et de
la confiance des agents économiques.
9
M. BRUNO et W. EASTERLY., [Link], p.1-25.
10
BANQUE CENTRALE DU CONGO, Rapport annuel sur la situation économique et financière de la République Démocratique du
Congo, , BCC, 2018, 2022, 2025
11
BANQUE CENTRALE DU CONGO, Rapport annuel sur la situation économique et financière de la République Démocratique du
Congo, , BCC, 2018, 2022, 2025
Sur le plan méthodologique, les analyses de la BCC s’appuient sur une approche descriptive et
analytique fondée sur l’exploitation des données macroéconomiques nationales. La procédure
consiste à examiner les séries chronologiques de l’inflation, du PIB réel, du taux de change, de
la masse monétaire, des recettes publiques et des dépenses publiques. Ces études utilisent
également des indicateurs de l’inflation sous-jacente et de l’inflation importée afin de
distinguer les sources internes et externes du phénomène inflationniste. En outre, la BCC
recourt à des analyses comparatives entre périodes (avant, pendant et après les épisodes
d’inflation) et à des simulations macroéconomiques pour estimer les effets probables de
différents scénarios (par exemple, une dépréciation du taux de change ou une augmentation
des dépenses publiques). Cette démarche permet de dégager des tendances structurelles et
d’évaluer la durabilité de la croissance économique dans un environnement de prix instables.
Les résultats des travaux institutionnels de la BCC indiquent que l’inflation élevée et instable
constitue un facteur limitant la croissance économique en RDC. En effet, l’instabilité des prix
réduit le pouvoir d’achat des ménages, ce qui se traduit par une baisse de la consommation
réelle et une augmentation de la pauvreté. Par ailleurs, l’inflation élevée accroît l’incertitude
macroéconomique et décourage l’investissement privé, car les agents économiques sont moins
enclins à planifier à long terme dans un environnement où les prix sont imprévisibles. La
dépendance aux importations amplifie ce phénomène, car la dépréciation du franc congolais se
traduit rapidement par une hausse des prix des biens importés, ce qui se répercute sur le
niveau général des prix. De plus, les déséquilibres budgétaires, souvent financés par l’expansion
monétaire, contribuent à alimenter l’inflation, créant ainsi un cercle vicieux où l’inflation
renforce l’instabilité économique et compromet la croissance durable. 12
Enfin, ces analyses institutionnelles concluent que la stabilité des prix est un préalable
indispensable à une croissance soutenable en RDC. Elles recommandent une politique
monétaire prudente et crédible, une gestion rigoureuse des finances publiques, ainsi qu’une
diversification de l’économie afin de réduire la dépendance aux importations. En ce sens,
l’inflation n’est pas seulement un phénomène conjoncturel, mais un indicateur de la qualité des
politiques macroéconomiques et de la résilience de l’économie. La maîtrise de l’inflation est
donc présentée comme un objectif prioritaire pour renforcer le pouvoir d’achat des ménages,
stimuler l’investissement privé et améliorer les perspectives de croissance économique à long
terme en République Démocratique du Congo
0.1. Problématique
L’inflation et la croissance économique figurent parmi les principales variables
macroéconomiques au cœur des préoccupations des décideurs publics et des chercheurs en
12
BANQUE CENTRALE DU CONGO, Rapport annuel sur la situation économique et financière de la République Démocratique du
Congo, , BCC, 2018, 2022, 2025
économie. À l’échelle mondiale, la relation entre ces deux variables demeure largement
débattue, les analyses empiriques révélant des résultats contrastés selon les contextes
économiques et institutionnels. Alors que certaines études soutiennent qu’une inflation élevée
et persistante constitue un frein majeur à la croissance économique en raison de l’incertitude
qu’elle engendre et de son impact négatif sur l’investissement, d’autres travaux montrent
qu’un niveau modéré d’inflation peut accompagner, voire soutenir, la croissance économique
lorsqu’il s’inscrit dans un cadre macroéconomique stable et crédible 13. Cette divergence met en
évidence la nécessité d’analyser le lien inflation–croissance en tenant compte des spécificités
structurelles et institutionnelles propres à chaque économie.
Dans les pays en développement, et particulièrement en Afrique, la problématique de l’inflation
et de la croissance économique revêt une importance accrue en raison de la vulnérabilité des
économies aux chocs externes, de la faiblesse des structures productives et de l’instabilité des
politiques macroéconomiques. Les économies africaines ont été confrontées, à plusieurs
reprises, à des épisodes de forte inflation associés à des déséquilibres budgétaires, à une
expansion monétaire excessive et à une forte dépendance aux importations. Les études
empiriques menées dans ce contexte montrent que la croissance économique est
significativement affectée lors des périodes de forte inflation, tandis qu’une inflation modérée
ne constitue pas nécessairement un obstacle majeur à la croissance 14. Cette réalité soulève la
question de l’existence de seuils inflationnistes critiques au-delà desquels l’inflation devient un
facteur de blocage du processus de croissance économique.
En République Démocratique du Congo (RDC), la relation entre l’inflation et la croissance
économique se pose avec une acuité particulière, compte tenu des caractéristiques
structurelles de l’économie nationale. La période allant de 2000 à 2023 est marquée par des
fluctuations importantes du niveau général des prix, résultant notamment de la dépréciation
récurrente du franc congolais, de la forte dollarisation de l’économie, de la dépendance aux
importations et des déséquilibres persistants des finances publiques. Malgré certaines phases
de croissance économique positive, notamment à partir des années 2010, l’économie
congolaise demeure caractérisée par une instabilité macroéconomique chronique, où l’inflation
continue d’éroder le pouvoir d’achat des ménages et de fragiliser le climat des affaires 15. Cette
situation soulève des interrogations fondamentales quant à la capacité de l’économie
congolaise à soutenir une croissance durable dans un environnement marqué par une inflation
élevée et instable.
13
R. J. BARRO., [Link], p.132.
14
M. BRUNO et W. EASTERLY., [Link], p.56.
15
BANQUE CENTRALE DU CONGO, Rapport annuel sur la situation économique et financière de la République Démocratique du
Congo, , BCC, 2018, 2022, 2025
La problématique centrale de ce travail consiste dès lors à analyser l’impact réel de l’inflation
sur la croissance économique en République Démocratique du Congo au cours de la période
2000–2023. Il s’agit de déterminer si l’inflation constitue un frein significatif à la croissance
économique ou si son effet dépend de son niveau, de sa persistance et de son interaction avec
d’autres variables macroéconomiques telles que le taux de change, l’investissement et la
politique monétaire.
Dès lors, la présente étude s’articule autour de deux questions de recherche complémentaires.
Premièrement, dans quelle mesure l’inflation observée en République Démocratique du Congo
entre 2000 et 2023 a-t-elle influencé la dynamique de la croissance économique ?
Deuxièmement, quelle est la nature de la relation existant entre l’inflation et la croissance
économique en RDC sur la période considérée : s’agit-il d’une relation linéaire, non linéaire ou
conditionnée par certains seuils macroéconomiques ? L’analyse de ces questions vise à mieux
comprendre les mécanismes de transmission de l’inflation vers l’économie réelle et à dégager
des enseignements pertinents pour l’orientation des politiques macroéconomiques, en
particulier celles visant la stabilité des prix et la promotion d’une croissance économique
durable en République Démocratique du Congo.
0.3. HYPOTHÈSES
Sur la base de la problématique formulée et des objectifs poursuivis par cette étude, les
hypothèses suivantes sont retenues :
H1: L’inflation exerce une influence significative sur la croissance économique en
République Démocratique du Congo au cours de la période allant de 2000 à 2023.
H2: La relation entre l’inflation et la croissance économique en République
Démocratique du Congo sur la période 2000–2023 est négative, de sorte qu’une hausse
du taux d’inflation entraîne un ralentissement de la croissance économique.
0.4. OBJECTIFS DE L'ÉTUDE
Il s'agit de manière globale d'analyser l’impact de l’inflation sur la croissance économique en
République Démocratique du Congo au cours de la période allant de 2000 à 2023, afin de
dégager des enseignements utiles pour l’orientation des politiques macroéconomiques.
De manière plus spécifique, il s’agit de :
Examiner l’évolution du taux d’inflation et du taux de croissance économique en
République Démocratique du Congo entre 2000 et 2023, afin d’identifier les principales
tendances et ruptures conjoncturelles.
Évaluer l’effet de l’inflation sur la croissance économique en République Démocratique
du Congo à l’aide d’une analyse économétrique, en mobilisant les données
macroéconomiques pertinentes.
Analyser la nature et le sens de la relation entre l’inflation et la croissance économique,
afin de déterminer si cette relation est significative et si elle est de nature positive ou
négative.
Identifier les implications des résultats obtenus pour les politiques macroéconomiques,
en vue de proposer des orientations susceptibles de renforcer la stabilité des prix et de
soutenir une croissance économique durable en RDC.
0.5. CHOIX ET INTÉRÊT DU TRAVAIL
0.5.1. Choix du sujet
La République Démocratique du Congo connaît depuis plusieurs années une inflation
récurrente, qui affecte de manière directe le niveau de vie des populations, la compétitivité des
entreprises et la dynamique de l’activité économique.
La période 2000–2023, en particulier, est marquée par des fluctuations importantes du taux
d’inflation, des chocs externes, des ajustements macroéconomiques et des transformations
structurelles. Ces éléments rendent nécessaire une analyse approfondie de la relation entre
inflation et croissance économique, afin de mieux comprendre les mécanismes de transmission
et les implications pour la stabilité macroéconomique.
C’est dans ce cadre que nous avons porté notre choix sur ce sujet, dans le but de contribuer à
résoudre ce problème pertinent en fournissant une analyse empirique rigoureuse et des
éléments de compréhension utiles pour les politiques publiques.
0.5.2. Intérêts du sujet
Ce sujet revêt un triple intérêt, à savoir scientifique, social et personnel, en raison de sa
complexité.
Sur le plan scientifique
cette étude constitue un guide et une référence pour les futurs chercheurs, en offrant une
analyse empirique actualisée de la relation entre inflation et croissance économique dans le
contexte congolais.
La RDC présente des caractéristiques structurelles particulières (dépendance aux importations,
volatilité du taux de change, faible diversification productive) qui peuvent influencer la
dynamique inflation-croissance différemment des économies avancées. L’analyse de la période
2000–2023, marquée par des phases de stabilité, des chocs externes et des ajustements
macroéconomiques, permet de dégager des enseignements méthodologiques et conceptuels
utiles pour les travaux futurs, tout en enrichissant la littérature existante.
Sur le plan social
l’intérêt de ce sujet se manifeste par les effets directs de l’inflation sur le niveau de vie des
populations. Une inflation élevée et instable réduit le pouvoir d’achat des ménages, augmente
le coût de la vie et accentue la vulnérabilité des couches défavorisées. Dans un pays où une
grande partie de la population vit avec des revenus modestes, la maîtrise de l’inflation constitue
un enjeu majeur de justice sociale et de cohésion nationale. Ainsi, cette étude contribue à
éclairer les enjeux de la stabilité des prix pour la protection du bien-être des ménages et pour la
réduction de la pauvreté.
Sur le plan personnel
ce sujet représente une première voie vers la recherche et l’approfondissement des notions
liées à l’inflation et à la croissance économique. Il offre à l’auteur l’opportunité de renforcer ses
compétences en analyse macroéconomique et en économétrie, tout en développant une
capacité d’analyse critique. En outre, ce travail permet à l’auteur de se familiariser avec les
méthodes d’investigation scientifique et de contribuer de manière significative au débat
économique national, en formulant des recommandations pertinentes susceptibles d’éclairer
les décisions des autorités publiques.
0.6. DÉLIMITATION DU SUJET
La présente étude se limite à l’analyse de l’impact de l’inflation sur la croissance économique en
République Démocratique du Congo sur la période 2000–2023. Elle porte sur l’économie
congolaise dans son ensemble, sans distinction provinciale, afin d’apprécier la relation au
niveau macroéconomique. Sur le plan conceptuel, l’étude se concentre sur l’effet du taux
d’inflation sur le taux de croissance du PIB réel, en intégrant quelques variables
macroéconomiques de contrôle. Elle n’aborde pas les déterminants structurels de la croissance
(gouvernance, productivité sectorielle, etc.) ni les effets sociaux de l’inflation, car l’objectif
principal est de mesurer l’impact de l’inflation sur la croissance.
L’analyse repose sur les données macroéconomiques disponibles pour la période 2000–2023.
0.7. MÉTHODOLOGIE DU TRAVAIL
Cette étude adopte une approche quantitative, basée sur des données macroéconomiques de
la République Démocratique du Congo couvrant la période 2000–2023. Les données utilisées
proviennent des sources officielles et reconnues, notamment la Banque Centrale du Congo
(BCC), la Banque mondiale et les publications statistiques nationales. L’analyse porte
principalement sur le taux d’inflation et le taux de croissance du PIB réel, tout en intégrant des
variables de contrôle telles que l’investissement, le taux de change, la consommation et la
politique budgétaire.
Sur le plan méthodologique, l’étude utilise des techniques économétriques adaptées à l’analyse
des séries temporelles. Après une phase descriptive consistant à examiner les tendances et les
variations des variables, l’analyse économétrique repose sur un modèle de régression pour
estimer l’impact de l’inflation sur la croissance économique. Le choix du modèle est justifié par
la nécessité de tester la relation de long terme entre inflation et croissance et de contrôler les
effets d’autres variables macroéconomiques. Les résultats obtenus sont interprétés en tenant
compte des tests de validation (tests de stationnarité, tests de co-intégration et tests de
robustesse), afin de garantir la fiabilité des estimations.
0.8. SUDVISION DU TRAVAIL
Hormis l’introduction et la conclusion, le présent travail est structuré en trois chapitres.
Le premier chapitre porte sur les fondements théoriques de l’inflation et de la
croissance économique.
Le deuxième chapitre est consacré à la revue de la littérature empirique.
Le troisième chapitre traite de l’analyse de la situation économique de la RDC, de
l’approche méthodologique et de l’interprétation des résultats.