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Correction Rapport 2

Ce rapport de recherche analyse les relations entre agriculture et élevage dans la commune de Makacolibantang, située dans le sud-est du bassin arachidier sénégalais, entre 1980 et 2015. Il met en lumière les dynamiques spatio-temporelles influencées par des transformations environnementales, socio-économiques et politiques, ainsi que les tensions et complémentarités entre ces deux secteurs. L'étude vise à comprendre comment ces rapports ont évolué face aux pressions foncières et aux changements climatiques.

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Correction Rapport 2

Ce rapport de recherche analyse les relations entre agriculture et élevage dans la commune de Makacolibantang, située dans le sud-est du bassin arachidier sénégalais, entre 1980 et 2015. Il met en lumière les dynamiques spatio-temporelles influencées par des transformations environnementales, socio-économiques et politiques, ainsi que les tensions et complémentarités entre ces deux secteurs. L'étude vise à comprendre comment ces rapports ont évolué face aux pressions foncières et aux changements climatiques.

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Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Faculté des Lettres et Sciences Humains

F.L.S.H

********

Département de géographie

********

Option : Espace, Société et Développement (ESD)

Parcours : Gestion et Développement des Espaces Ruraux (GDER)

Rapport de recherche Master

THEME :
Analyse spatio-temporelle des rapports entre agriculture et élevage
dans le sud-est du bassin arachidier sénégalais : cas de la commune
de Makacolibantang

Présenté par : Sous la direction de :

Dr Abdoulaye DIAGNE
Insa BA
Enseignant-chercheur

Maitre-Assistant

Année universitaire
2024-2025
1
Table des matières
Remerciements :................................................................................................................................................................ 3
SINGLES ET ACRONYMES :................................................................................................................................................ 4
INTRODUCTION GENERALE : ............................................................................................................................................. 5
PROBLEMATIQUE .............................................................................................................................................................. 6
1. CONTEXTE DU SUJET .................................................................................................................................... 6

2. JUSTIFICATIONS ............................................................................................................................................. 7

CADRE OPERATOIRE .......................................................................................................................................................... 9


Titre : tableau illustratif des questions, hypothèse et objectifs de recherche ...................................................... 10

CADRE THEORIQUE ......................................................................................................................................................... 11


1. REVUE DE LA LITTERATURE .................................................................................................................. 11

2. DISCUSSION CONCEPTUELLE .................................................................................................................. 15

LA METHODOLOGIE PROVISOIRE DU MASTER ............................................................................................................... 21


1. RECHERCHE DOCUMENTAIRE ................................................................................................................ 21

2. COLLECTE ET TRAITEMENT DE DONNEE ........................................................................................... 21

2.1. L’enquête qualitative ................................................................................................................................ 22


2.2. L’enquête quantitative .............................................................................................................................. 22
2.3. Le traitement des données ........................................................................................................................ 22
CONCLUSION ................................................................................................................................................................... 23
PLAN PROVISOIRE DE RECHERCHE MASTER ................................................................................................................... 24
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES : ................................................................................................................................. 25

2
Remerciements :

Tout d’abord je rends grâce à Allah qui nous a donné la santé physique et mentale ainsi que le courage pour
continuer ce travail.

Ensuite à ma mère et mon père

A toute ma famille

A mon tuteur cheikh Lamine BA et toute sa famille

Mes remerciements vont à l’endroit de mon professeur encadreur Docteur Abdoulaye DIAGNE, et de toutes
celles et ceux qui m’ont accordé un peu d’attention tout au long de ce travail.

3
SINGLES ET ACRONYMES :

ANSD : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie

BA : Bassin Arachidier

CIRAD : Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement

CR : Communauté Rurale

FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

GOANA: Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance

IRD : Institut de Recherche pour le Développement

ISPA : Société Internationale de l’Agriculture de Précision

ISRA : Institut Sénégalais de Recherche Agricole

NTIC : Nouvelle Technologies de l’Information et de la Communication

PAR : Plan d’Action de Réinstallation

PAS : Plan d’Ajustement Structurel

PIB : Produit Intérieur Brut

PNIA : Programme National d’Investissement Agricole

PRAPS : Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel

REVA : Retour Vers Agriculture

SODEVA : Société de Développement et de la Vulgarisation Agricole

UCAD : Université Cheikh Anta Diop

UNOWAS : Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel

4
INTRODUCTION GENERALE :

Le monde rural se caractérise par une forte hétérogénéité sociale, économique et spatiale, ce qui rend difficile
l’adoption d’une définition universelle (CIATTONI, A. et VEYRET, Y., 2007). Selon GASQUET, M. L
(CIRAD, 2016), « est considéré comme rural ce qui n’est pas urbain1», une définition révélatrice de la
diversité des réalités rurales. De manière générale, l’espace rural se distingue par une faible densité de
population, un habitat dispersé et une prédominance des activités primaires, notamment l’agriculture et
l’élevage (Pélissier, P. 2004). Toutefois, cet espace, longtemps façonné par les activités agricoles, connaît
aujourd’hui des mutations profondes sous l’effet de dynamiques démographiques, économiques, politiques,
technologiques et environnementales.

Dans les pays développés, les innovations techniques et les transformations socio-économiques ont contribué
à recomposer les structures rurales. Dans les sous-développés comme en Afrique de l’Ouest, cette
recomposition est particulièrement perceptible : la croissance démographique, l’extension des terres cultivées,
la mobilité pastorale et les politiques publiques influencent fortement les pratiques de l’espace rural. Au
Sénégal, depuis les années 1960, les campagnes connaissent une transformation marquée par la modernisation
progressive de l’agriculture, l’intensification de l’élevage, la diversification des activités et une pression
croissante sur les ressources naturelles (DIAGANA, MANKOR, FALL ET GUEYE, 2008).

Le bassin arachidier, cœur historique de l’agriculture sénégalaise, constitue un espace emblématique de ces
mutations. Dans sa partie orientale et notamment dans la commune de Makacolibantang, les interactions entre
agriculture et élevage se reconfigurent sous l’effet de l’augmentation des besoins fonciers, de la mobilité
pastorale, de la variabilité climatique et des dynamiques socio-économiques. Cette commune, située dans le
sud-est du Bassin arachidier, constitue un espace particulièrement représentatif de ces dynamiques en raison
de son ouverture aux transhumances, de l’importance de la production agricole et des mutations foncières
observées depuis les années 1980. Cette situation favorise parfois la complémentarité entre les deux systèmes
de production, mais intensifie également les risques de concurrence et de conflits d’usage entre éleveurs et
agriculteurs.

Ainsi, notre étude propose d’analyser les rapports entre agriculture et élevage dans le sud-est du bassin
arachidier sénégalais de 1980 à 2015, en prenant la commune de Makacolibantang comme terrain d’analyse.
Pour mieux guider la lecture de ce rapport, notre travail s’articulera autour de ces différents parties à savoir :
la problématique (contexte et justification), cadre opératoire (questions, hypothèses, et objectifs de recherche),

1
Gasquet, M. L. (2021), le développement des espaces ruraux en Afrique de l’ouest, pp. 1-31.

5
le cadre théorique (revue de littérature et la discussion conceptuelle), une méthodologie de recherche, et enfin
un plan provisoire de Master II.

PROBLEMATIQUE

1. CONTEXTE DU SUJET

L’analyse spatio-temporelle des rapports entre agriculture et élevage dans le sud-est du bassin arachidier
s’inscrit dans un ensemble de transformations environnementales, socio-économiques et politiques profondes
survenues entre 1980 et 2015. Cette période constitue un tournant majeur pour le développement rural et pour
la structuration des systèmes agropastoraux dans le monde, au Sénégal et particulièrement dans le sud-est du
bassin arachidier.

Dans le monde, la mondialisation constitue un phénomène majeur qui bouleverse les systèmes agropastoraux.
En effet, l’interconnexion croissante entre ville et campagne influence profondément les espaces ruraux,
notamment à travers la pression foncière, l’intensification des cultures commerciales, ainsi que le
développement de l’élevage intensif, souvent au détriment des cultures vivrières et du pastoralisme
traditionnel (FAYE, A. et LANDAIS, E. ; 1985). Par ailleurs, les nouvelles technologies de l’information et
de la communication (NTIC) accentuent cette transformation du système agropastoral en favorisant la
mécanisation des pratiques agricoles et l’industrialisation des modes d’élevage (Bernard, K. ; 1991). Ces
facteurs fragilisent les rendements agricoles, réduisent les disponibilités fourragères et perturbent les
équilibres entre agriculture et élevage.

Au Sénégal, l’agriculture représente la principale activité des espaces ruraux et demeure un secteur clé de
l’économie nationale, avec une contribution de 15 % au PIB en 2019 et 30 % des emplois (ANSD, 2021).
Dominée par de petites exploitations familiales, la production agricole est fortement concentrée dans le bassin
arachidier, qui regroupe 57 % des terres cultivables. Ce secteur est toutefois confronté à l’aridité croissante, à
l’irrégularité pluviométrique et à la dégradation des sols, éléments amplifiés par les épisodes de sécheresses
majeures des années 1970 et 1980.

L’élevage occupe également une place centrale dans le monde rural sénégalais. Il contribue à 28,5 % de la
valeur ajoutée du secteur primaire et à 4,3 % du PIB (ANSD, 2021). Avec près de la moitié des ménages
ruraux engagés dans cette activité, l’élevage assure la sécurité alimentaire, la mobilité pastorale et la résilience
sociale. Cependant, comme l’agriculture, il demeure exposé à la dégradation des ressources naturelles, à la
réduction des pâturages et à des pressions foncières croissantes.

6
En revanche, les effets du changement climatique constituent aujourd’hui l’un des plus grands défis mondiaux.
En effet, l’irrégularité de la pluviométrie, la dégradation des sols, le surpâturage, la déforestation et la
désertification, ainsi que la perte de la biodiversité affectent profondément les systèmes de production
agropastoraux sénégalais.

Sous l'effet combiné des crises climatiques, de la croissance démographique, de l’intensification de la


modernisation et des transformations politiques, les populations du vieux bassin arachidier ont initié dès les
années 1970s un front pionnier agricole vers le Sénégal oriental (DUBOIS, J. P. 1999), tandis que les pasteurs
du sahel intensifiaient les mouvements de transhumance vers le sud du pays (SANTOIR, C. 1978). Ces
mouvements ont contribué à reconfigurer les équilibres entre agriculture et élevage dans le sud-est du bassin
arachidier et particulièrement dans commune de makacolibantang.

2. JUSTIFICATIONS

La commune de Makacolibantang constitue un espace privilégié pour l’étude des relations entre agriculteurs
et éleveurs dans le sud-est du bassin arachidier. Dans cette commune, l’agriculture constitue la principale
activité et occupe plus de 70 % de la population active. Après l’agriculture l’élevage est la deuxième activité
économique de la commune de Makacolibantang représentant 20 % de la population active. L’élevage est
associé à l’agriculture grâce à l’utilisation du bétail comme animaux de trait (bovin, équin, asin). Mais aussi,
permet aux paysans de fertiliser les sols ; On y pratique l’élevage de type extensif traditionnel (Direction de
l’Environnement et des Etablissements Classés (DEEC), MARS 2010). Située dans une zone agro-écologique
favorable à l’agropastoralisme et historiquement marquée par l’arrivée simultanée de migrants agricoles et de
pasteurs transhumants, elle présente aujourd’hui des pratiques agricoles et agropastorales complémentaires,
concurrentielle et parfois conflictuelles.

Les rapports entre agriculture et élevage y sont de plus en plus remarquables, oscillant entre complémentarités
(fertilisation organique, traction animal, résidus de récolte) et tensions (dégâts de cultures, compétition
foncière, accès aux ressources). Cette situation en fait un terrain d’étude pertinent pour analyser les
dynamiques spatio-temporelles entre ces deux activités dans un contexte de pressions environnementales,
démographiques et politiques accrues.

La période 1980–2015 est marquée par une recomposition profonde des politiques publiques de
l’administration sénégalais. Dans les années 1980, l’adoption des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS)
entraîne le désengagement de l’État, la réduction des subventions agricoles, la libéralisation de la filière
arachidière et l’affaiblissement des dispositifs d’encadrement technique (Diagana, B. al, 2008). Ce retrait
fragilise les exploitations familiales, les obligeant à développer de nouvelles stratégies d’adaptation face aux
aléas climatiques et économiques.

7
Durant les années 1990, la réforme de la décentralisation de 1996 (l’acte II de la décentralisation) transfère
neuf (9) compétences stratégiques (aménagement du territoire, environnement, urbanisme, santé, action
sociale, éducation, sports, jeunesse, et culture) aux collectivités territoriales. Cependant, les moyens financiers
limités et la coexistence entre autorité coutumière et autorités administratives renforcent parfois les tensions
d’accès aux ressources entre agriculteurs, éleveurs et migrants agricoles.

Les années 2000 connaissent l’émergence de nouvelles politiques agricoles, telles que le Plan REVA (Retour
vers Agriculture), la GOANA (Grande Offensive Agricole pour Nourriture et l’Abondance), le PNIA
(Programme National d’Investissement Agricole) et l’introduction de projets d’agrobusiness (Diagana, B., al,
2008). Ces initiatives visent à relancer la production agricole, promouvoir l’entrepreneuriat rural et moderniser
les systèmes de production. Toutefois, elles contribuent également à accentuer les enjeux autour du foncier,
notamment dans les espaces de fronts pionniers où la disponibilité des terres attire investisseurs, agriculteurs
migrants et éleveurs transhumants, ce qui accentue la concurrence pour l’espace et les conflits entre
agriculteurs et éleveurs.

La décennie 2010 est marquée par l’Acte III de la décentralisation, qui instaure la communalisation intégrale.
Toutes les communautés rurales et communes d’arrondissement du territoire national deviennent des
communes de plein exercice, ce qui modifie profondément les échelles de gouvernance locale. Cette réforme
renforce le rôle des collectivités territoriales dans la gestion du foncier, des ressources naturelles et des
infrastructures rurales, tout en rendant plus visibles les conflits d’usage entre agriculteurs et éleveurs, surtout
dans les zones de pression foncière.

Ainsi, le choix de la commune de Makacolibantang et de la période 1980–2015 repose sur sa pertinence


scientifique, socio-économique, politique et environnementale, ce qui justifie pleinement l’intérêt de cette
étude.

8
CADRE OPERATOIRE

Dans le débat scientifique portant sur les rapports entre agriculture et élevage, en prenant comme cadre d’étude
le sud-est du bassin arachidier, plus précisément la commune Makacolibantang, notre contribution s’articule
autour de la question principale de recherche suivante : Comment les rapports entre agriculture et élevage
ont-ils évolué dans le temps et l’espace dans la commune de Makacolibantang ?

Pour mieux appréhender cette question, nous l’avons scindée en trois questions spécifiques :

 Quels sont les rapports de complémentarité ou de cohabitation entre agriculture et élevage ?

 Quels sont les relations de concurrence ou de conflits entre agriculteurs et berges dans la commune de
Makacolibantang ?
 Quels sont les stratégies mises en place par les acteurs locaux, les autorités administratives et
coutumiers pour organiser et réguler les activités agricoles et pastorales dans l’espace communal ?

A ces questions, nous avons postulés des hypothèses ci-dessous :

 Les deux secteurs entretiennent des relations de complémentarités à travers la traction animale, la
fumure organique et les résidus de récolte comme alimentation du bétail.
 Les relations entre agriculteurs et éleveurs deviennent conflictuelles en cas de dégâts de cultures,
d’occupation de parcours et/ou de points d’abreuvement.
 Les acteurs locaux, soutenues par les autorités administratives et coutumières, mettent en place des
stratégies telles que la création d’espaces dédier au pastoralisme et l’aménagement concerté des points
d’abreuvement.

En plus, à ces questions et hypothèses de recherche, nous nous sommes assignés des objectifs de cherche ci-
dessous:

 Mettre en évidence les relations de complémentarité entre agriculteurs et éleveurs dans la commune
de Makacolibantang
 Montre les logiques de concurrence et les facteurs de conflit entre agriculteur et éleveurs dans la
commune de Makacolibantang
 Analyser les stratégies locales de gestion et de régulation des activités agricoles et pastorales visant à
favoriser l’intégration entre agriculture et élevage dans la commune de Makacolibantang

9
Titre : tableau illustratif des questions, hypothèse et objectifs de recherche

Niveau Questions de recherche Hypothèses de recherche Objectifs de recherche

Comment les rapports entre les rapports entre agriculture Analyser les dynamiques
agriculture et élevage ont- et élevage dans la commune de spatio-temporelles des
principal
ils évolué dans le temps et Makacolibantang ont connu rapports entre agriculture
l’espace dans la commune une évolution spatio-tempo- et élevage dans la
de Makacolibantang ? relle marquée par une alter- commune de
nance entre complémentarité, Makacolibantang afin de
cohabitation difficile et comprendre les transfor-
concurrence accrue pour mations du système
l’accès aux ressources. agropastoral.

Quels sont les rapports de Les deux secteurs Mettre en évidence les
complémentarité ou de entretiennent des relations de relations de
Spécifique
cohabitation entre complémentarités à travers la complémentarité entre
1
agriculture et élevage ? traction animale, la fumure agriculteurs et éleveurs
organique et les résidus de dans la commune de
récolte comme alimentation Makacolibantang.
du bétail.

Quels sont les relations de Les relations entre Montre les logiques de
concurrence ou de conflits agriculteurs et éleveurs concurrence et les facteurs
Spécifique
entre agriculteurs et berges deviennent conflictuelles en de conflit entre agriculteur
2
dans la commune de cas de dégâts de cultures, et éleveurs dans la
Makacolibantang ? d’occupation de parcours commune de
et/ou de points d’abreuvement Makacolibantang.

Quels sont les stratégies Les acteurs locaux, soutenues Analyser les stratégies
mises en place par les par les autorités administra- locales de gestion et de
Spécifique
acteurs locaux, les autorités tives et coutumières, mettent régulation des activités
3
administratives et en place des stratégies telles agricoles et pastorales
coutumiers pour organiser que la création d’espaces visant à favoriser l’inté-
et réguler les activités agri- dédier au pastoralisme et gration entre agriculture et
coles et pastorales dans l’aménagement concerté des élevage dans la commune
l’espace communal ? points d’abreuvement de Makacolibantang

10
CADRE THEORIQUE

1. REVUE DE LA LITTERATURE.

La compréhension de ce sujet nous a fallu la lecture de plusieurs ouvrages, articles, thèse, mémoires et
rapports. Ces documents nous ont permis de comprendre que l’analyse spatio-temporelle des rapports entre
agriculture et élevage dans le sud-est du Bassin arachidier sénégalais s’inscrit dans un contexte de
transformations profondes liées à la pression démographique, à l’intensification de l’agriculture, aux
dynamiques foncières, à la variabilité climatique, aux effets de la mondialisation et aux mutations des
politiques publiques. Les travaux consultés montrent que les relations entre agriculteurs et éleveurs varient
dans le temps et dans l’espace entre complémentarité, cohabitation difficile et antagonismes croissants.

Les recherches de BERNARDET, Ph. (1986) mettent en évidence l’existence de fortes tensions entre
agriculteurs et éleveurs dans les savanes du Nord ivoirien. Ces tensions trouvent leur origine dans la
compétition pour l’espace, notamment l’occupation des pistes de passage des troupeaux et des points d’eau.
Toutefois, l’auteur ne discute pas suffisamment les formes de complémentarité qui caractérisent
traditionnellement les systèmes agropastoraux. Cette limite a été relevée car, dans de nombreux contextes
sénégalais, l’agriculture et l’élevage fonctionnent comme deux activités interdépendantes, notamment autour
de la fumure organique, de la traction animale et de l’entretien des jachères.

Les travaux de FAYE, A et LANDAIS, E (1986) complètent cette lecture en montrant, à partir d’enquêtes en
milieu rural, que certaines ethnies, particulièrement les Sereer, disposent de systèmes agropastoraux intégrés
permettant un usage plus rationnel des terres, tandis que d’autres, comme les Wolof du centre-nord du Bassin
arachidier, privilégient la production agricole au détriment des ressources fourragères. Ils soulignent que
l’essor de la traction animale dans les années 1970 a stimulé le développement de l’embouche bovine,
encouragée par la demande croissante de viande en milieu urbain et en bœufs de travail en milieu rural et
soutenue par des structures comme la SODEVA. Toutefois, l’extension des surfaces cultivées se fait souvent
au détriment des pâturages et des jachères, accentuant les tensions entre agriculteurs et éleveurs.

DUGUE, P., VALL, E., LECOMTE, P., KLEIN, H. D., ET ROLLIN, D. (2004) analysent l’évolution des
relations entre agriculture et élevage dans les savanes d’Afrique de l’Ouest et du Centre, notamment dans le
bassin arachidier sénégalais et la zone cotonnière du Cameroun. Dans cet article, les auteurs montrent qu’avant
les indépendances, les deux activités étaient fortement complémentaires, grâce à la jachère et au maintien de
la fertilité des sols. Cependant, à partir des années 1960, cette complémentarité s’est transformée sous l’effet
de la croissance démographique, de l’urbanisation accélérée et surtout de la promotion de la traction animale

11
qui a favorisé l’intensification des cultures. Cette évolution a renforcé la pression foncière et créé de nouvelles
tensions entre agriculteurs et éleveurs. De ce fait, dans le bassin arachidier, certains groupes (comme les
Wolof) réduisaient leur cheptel tandis que d’autres (Sereer, Peul) allongeaient la durée de leurs transhumances.
Les auteurs soulignent aussi que les politiques agricoles (arachide, coton) ont parfois renforcé les synergies,
notamment grâce à l’utilisation des résidus de culture dans l’alimentation animale et l’élevage comme moins
de sécurisation des surplus de récolte. Pour répondre à ces transformations, DUGUE, P. et ses collègues
proposent un nouveau cadre d’analyse visant à favoriser l’intégration agriculture-élevage. Celui-ci repose sur
trois niveaux : la production de biomasse (cultures fourragères, amélioration des bas-fonds), l’organisation
des exploitations et des filières (gestion des moyens de production, relations contractuelles) et enfin la gestion
collective et sociale des ressources (dialogue local et règles d’usage). Cet article montre ainsi que les relations
agriculture-élevage dépendent des transformations démographiques, foncières et socio-économiques, et qu’un
renforcement de la complémentarité exige une approche systémique et participative impliquant les
producteurs et les institutions rurales.

L’ouvrage de MASSE, D., LALOU, R., TINE, C., BA, M., & VAYSSIERES, J. (2018) s’inscrit dans la
même logique. Ils analysent la trajectoire spatio-temporelle du « vieux bassin arachidier » à partir de Niakhar.
Ils montrent que la période précoloniale était caractérisée par une forte intégration agriculture-élevage chez
les Sereer. L’introduction de l’arachide pendant la période coloniale et les politiques agricoles postérieures
(extension des terres, mécanisation, loi sur le domaine national) ont progressivement réduit les jachères et les
parcours pastoraux, modifiant les rapports entre agriculture et élevage. La sécheresse des années 1973-1974
et 1983-1984, ainsi que la croissance démographique ont accentué cette dynamique, entraînant la migration
vers les «Terres Neuves» et le développement de l’embouche bovine. Le cas du village de Sob illustre
l’évolution des systèmes agraires : l’abandon progressif des jachères et la diversification des cultures,
combinées à l’essor de l’embouche, montrent la recomposition des systèmes agriculture-élevage face aux
pressions environnementales et socio-économiques.

Quant à BERNARD, K. (1991), il analyse les rapports entre agriculture-élevage dans les régions
méditerranéennes. Il montre que la modernisation, la croissance démographique, la mécanisation ainsi que la
rareté des berges favorisent la désintégration des systèmes traditionnels entre agriculture et élevage.
Néanmoins, des facteurs techniques et zootechniques, comme la sélection, l’insémination, la stabulation ou
l’irrigation des fourrages, renforcent la complémentarité entre les deux secteurs. L’étude de plusieurs pays
(Maroc, Tunisie, Grèce, Italie, Albanie, Égypte) illustre que l’intégration ou la désintégration entre agriculture
et élevage dépend de l’adaptation des exploitants aux contraintes géographique, économiques et climatiques.

GONIN, A. (2016) s’intéresse à la territorialisation des espaces pastoraux en Afrique de l’Ouest. Il montre
que les relations entre agriculteurs et éleveurs évoluent sous l’effet de la privatisation, de la décentralisation

12
et de la délimitation des espaces de pâturage. L’espace mobile, qui devait favoriser la mobilité des pasteurs,
est limité par la territorialisation. Cette stratégie engendre des conflits d’accès aux ressources et transforme
l’organisation socio-spatiale, bien que certains projets, comme 50.000 hectare exclusivement pour le
pastoralisme dans le nord de la Côte d’Ivoire, puissent favoriser les éleveurs.

LANDAIS, E. ET LHOSTE, P. (1990) proposent une approche technique et agronomique de l’association


agriculture-élevage en Afrique intertropicale. Ils soulignent que l’intégration repose sur trois piliers : la
traction animale, l’introduction de nouvelles soles fourragères et la valorisation du fumier animal. Toutefois,
les contraintes démographiques et la faible maîtrise des techniques fourragères limitent cette intégration.
Malgré cela, agriculture et élevage restent souvent complémentaires, permettant de soutenir la production
agricole et pastorale en Afrique intertropicale.

HUGUENIN, J. (1989) analyse l’évolution du cheptel de trait dans les exploitations sereer des «terres
neuves» du Sénégal oriental, dans un contexte où l’État et la Banque mondiale cherchaient à promouvoir la
traction animale pour intensifier l’agriculture. L’auteur montre que l’introduction et le développement de
l’élevage de trait ont profondément transformé les systèmes de production sereer, notamment au sud de
Koumpentoum. À travers cinq catégories d’exploitations, il explique que les animaux de trait ont permis
l’extension des superficies cultivées et sont devenus un élément central du fonctionnement et de la
performance des exploitations. L’étude révèle également que l’évolution de la traction animale entre 1972 et
1988 n’a pas été linéaire : la traction équine domine durant les périodes de crise, car moins coûteuse, tandis
que la traction bovine progresse lorsque les conditions économiques sont favorables, ce qui confirme que
l’élevage joue un rôle de thésaurisation dans les bonnes années agricoles. L’auteur observe en outre que la
composition du cheptel de trait est relativement équilibrée entre chevaux et bovins, mais que leurs modes de
conduite diffèrent : les équins, souvent gardés près des habitations, provoquent peu de dégâts, alors que les
bovins, conduits en parcours ou en vaine pâture, sont plus susceptibles d’entrer en conflit avec les cultures.
L’apport essentiel de cet article réside dans la mise en évidence du rôle structurant de l’élevage de trait dans
l’intensification agricole et la place stratégique de la traction animale dans la dynamique agricole du Sénégal
oriental.

BERNUS, E. (1974) dans son article l’évolution récente des relations entre éleveurs et agriculteurs en
Afrique tropicale : l’exemple du Sahel nigérien montre que les relations entre agriculteurs et éleveurs
combinent complémentarité (fumure, services pastoraux, échanges) et rivalité, particulièrement dans les zones
où l’expansion agricole entrave l’accès des pasteurs aux ressources hydriques. L’auteur illustre comment
l’administration peut jouer un rôle crucial dans la régulation de ces conflits, notamment en créant des chemins
d’accès pour les transhumants. Cette observation éclaire utilement la situation sénégalaise où les dynamiques
foncières sont similaires.

13
Ainsi, le rapport (Janvier 2021) du PRAPS (projet régional d’appui au pastoralisme au sahel) sur Sénégal
apporte un éclairage opérationnel sur les politiques publiques visant à réduire les conflits entre agriculteurs et
éleveurs dans les zones de forte transhumance. Le PAR (plan d’action de réinstallations) est une phase du
projet d’aménagement du couloir de transhumance de la PRAPS qui vise à accompagner les personne affectées
par ce projet, le PAR vise à minimiser ces impacts et effets négatifs potentiels et optimiser les impacts et effets
positifs de ce couloir de transhumance et de prévenir les éventuelles incidences sociales négatives qui
pourraient découler de la mise en œuvre du projet. Bref, le plan d’action de réinstallations cherche à éviter de
porter préjudice à une partie de la population en limitant des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Ce projet
d’aménagement du couloir Mawdo Peulh – Koumpentoum / Lour Escale – Nguenth Pathé montre la volonté
des autorités de garantir un passage sécurisé aux transhumants tout en limitant l’empiètement sur les terres
cultivées. L’approche du PRAPS, fondée sur la concertation, la participation communautaire et l’inclusion des
parties prenantes, met en avant une gouvernance territoriale proactive face aux défis du changement
climatique, de la pression foncière et de la mobilité pastorale pour créer une synergie entre agriculture et
élevage.

Le rapport du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS, 2018) sur le
pastoralisme et la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel apporte une perspective régionale essentielle. Il
montre que dans de nombreux pays (Mali, Guinée, Mauritanie, Burkina Faso, Niger, Nigéria), l’agriculture
est priorisée au détriment du pastoralisme, confronté à des contraintes climatiques, démographiques, sociales
et politiques. En Afrique de l’ouest, la transhumance, du nord vers des zones plus humides au sud, accentue
les conflits entre agriculteurs, éleveurs et agro-pasteurs. Ces conflits peuvent avoir des conséquences
dramatiques, comme au Nigéria en 2017, où 62 000 personnes ont été déplacées suite aux affrontements entre
les acteurs des deux secteurs. Ces situations démontrent l’importance d’une meilleure intégration entre
agriculture et élevage pour garantir la sécurité et la durabilité des systèmes de production.

Par ailleurs, le rapport souligne le rôle crucial des organisations communautaires, des leaders religieux et des
autorités administratives pour prévenir ou résoudre ces conflits par la délimitation des espaces pastoraux et
agricoles. L’exemple de la Guinée illustre l’efficacité de comités organisant des réunions entre agriculteurs et
éleveurs avant les semailles et après les récoltes pour mieux organiser les activités dans l’espace.

Enfin, l’ouvrage de DIAGANA, MANKOR, FALL ET GUEYE (2008) inscrit la problématique dans une
perspective structurelle en analysant les contraintes biophysiques et socio-économiques du Bassin arachidier
à travers le modèle Tradeoffs Analysis (TOA). Les auteurs montrent que les scénarios visant à réduire la
pauvreté entraînent souvent une dégradation accrue des sols, révélant un compromis difficile à résoudre dans
un contexte où les ressources naturelles sont déjà fragilisées. Ils soulignent que l’intégration agriculture–

14
élevage constitue l’une des stratégies les plus prometteuses pour restaurer la fertilité, stabiliser les systèmes
de production et diversifier les revenus des ménages ruraux.

Si les travaux existants éclairent largement les dynamiques agropastorales dans le monde, au sahel et dans
certaines zones du Sénégal, rares sont ceux qui analysent les interactions agriculture-élevage dans les
communes du sud-est du bassin arachidier comme Makacolibantang. Cette lacune justifie l’approche adoptée
dans ce rapport.

2. DISCUSSION CONCEPTUELLE
Pour mieux appréhender ce sujet, nous allons étudier les concepts clés qui sont fondamentale pour la
compréhension et l’étude de la thématique. Par ailleurs, nous avons identifié ces mots clés ci-dessous :
analyse ; spatio-temporelle ; rapport ; agriculture ; élevage ; système agropastoral ; sud-est du bassin
arachidier ; commune de makacolibantang.

Analyse : Selon le dictionnaire le Robert l’analyse consiste à décomposer un tout pour en ses éléments
constituants et d’en établir des relations. C’est une opération intellectuel consistant à rendre un concept, un
phénomène, ou tous d’ensemble plus compréhensible et plus explicite. Pour les géographes, l’analyse désigne
une démarche scientifique qui permet de comprendre et d’expliquer l’organisation de l’espace. En outre,
l’analyse géographique est une lecture structurée de l’espace, visant à identifier les logiques spatiales, les
systèmes territoriaux, et les interactions entre les lieux, (Brunet, R. ,1992). Elle consiste à étudier un
phénomène humain ou naturel en le décomposant en élément simples afin de comprendre les causes, les effets
et ses dynamiques. Il est également possible pour un travail d’analyse de discerner les correspondances entre
les rassemblements humains et les conditions physiques (Vidal de la blanche, P., 1948).

Ainsi, l’analyse spatio-temporelle accorde donc une place centrale aux questions « où ? » et « quand ? » ; à
partir de ces questions, se déroule une longue série de questionnements spatiaux, sociaux et temporels.
Notamment pourquoi ceci est-il là et pas ailleurs ? Ou bien au contraire, pourquoi est-ce également ailleurs ?
Jusqu’à où cela va il ? Quand s’est-il commencé ?... (LAZZAROTTI, O., 2006, p.6). Lorsque l’analyse prend
en compte l’espace et le temps, elle repère, révèle, analyse, classifie, et explique les configurations des
phénomènes, les processus de leurs mise en place, et de leurs évolutions (BAVOUX, J. J., 1998, p.158). Bref
l’analyse consiste à examiner comment un phénomène varie dans le temps et dans l’espace tout en identifiants
les transformations socio-économiques, et environnementaux qu’il entraine.

Rapport : Le rapport est un mot polysémique ; selon le dictionnaire le Robert, il peut être défini d’une part
comme l’action de rapporter ce qu’on a vu ou entendu ; d’autre part, le rapport est une corrélation entre deux
ou plusieurs éléments. Néanmoins, dans ce sujet, le rapport est la relation ou le lien qui existe entre deux
secteurs d’activité. Il renvoie aux interdépendances et aux interactions qui existe entre agriculture et élevage,

15
indiquant comment elles sont connectées, liées par une cause à effet, une ressemblance, ou une opposition,
que ce soit au niveau logique, physique, ou social, impliquant qu'on ne peut pas concevoir l'une sans l'autre.
Quand on parle de rapport entre deux choses, on cherche à comprendre comment une chose est liée à une
autre. Cela peut être une connexion simple, une influence réciproque, ou une structure complexe qui les unit.

Agriculture : Selon le dictionnaire le Robert ; « l’agriculture est la culture du sol, un ensemble des travaux
transformant le milieu naturel pour la production des végétaux et des animaux utile à l’homme 2». Elle désigne
un ensemble de savoir-faire et d’activités ayant pour objet la culture des sols et, plus généralement l’ensemble
des travaux sur le milieu naturel permettant de cultiver et de prélever des êtres vivant utile à l’être humain.
Dans le contexte de la géographie, notamment celui exploré par des géographes comme GEORGE, P.
l'agriculture est définie comme l'ensemble des activités humaines organisées visant à la transformation et à
la valorisation des ressources naturelles (végétales et animales) pour la production de biens utiles à
l'homme (nourriture, vêtements, etc.), impliquant des savoir-faire techniques et une organisation spatiale
spécifique. C’est dans ce sens que Raymond, R. (2018) disait que L'agriculture « désigne l'ensemble des
travaux visant la production de végétaux et d'animaux utiles » aux humains « pour se nourrir, se soigner, se
vêtir ou pour l'aider dans ses diverses activités3 ».

L’agriculture est l’activité fondamentale des espaces ruraux, c’est le principal secteur de création d’emploi et
sources de revenus des paysans. En effet, selon la FAO, « le développement agricole peut agir tant directement
pour atténuer la pauvreté rural ou qu’indirectement puisque l’état de l’agriculture influence celui de
l’économie rural non-agricole »4. Par ailleurs, l’évolution du secteur agricole dans le contexte du changement
climatique, de la croissance démographique et de la modernisation, fait qu’on a plusieurs concepts liés à
agriculture (BOSERUP, E., 1965).

 L’agriculture extensive : Ce type d’agriculture nécessite de grandes surfaces de terres pour trouver
un équilibre économique. Il préserve l’eau et la biodiversité mais peut participer à la déforestation ou
au défrichement de nouvelles terres pour accroitre l’espace cultivable.
 L’agriculture intensive : Elle se caractérise par des rendements forts, souvent sur des surfaces
réduites, ou même hors-sol. Ce types d’agriculture ne préserve pas le milieu naturel ambiant et ne
respecte pas l’environnement. Ce qui est cherché dans ce type d’agriculture c’est des rendements
quantitatifs.
 L’agriculture durable : C’est l’appellation à l’agriculture des principes de développement durable
tels que reconnue par la communauté l’internationale à Rio en 1992. Il s’agit d’un système de

2
Dictionnaire le robert : [Link]
3
Raymond, Richard (2018), « Agriculture et environnement, des ruptures industrielles vers une redécouverte des agroécologies
» in Arnould, Paul et Simon, Laurent (dir.). Géographie des environnements. Belin, coll. « major », 2018 (1ère éd. 2007).
4
Horizon 2010, étude de la FAO chapitre 9, agriculture et pauvreté : [Link]

16
production visant à assurer une production pérenne de la nourriture, de bois, de fibres en respectant
les limites écologiques, économiques, et sociale. En d’autre terme, « Une agriculture
durable désigne des systèmes d'exploitation agricole qui, tout en respectant l'environnement, sont
économiquement rentables, capables de fournir à la société une nourriture de bonne qualité et en
quantité suffisante, tout en assurant des revenus suffisants aux agriculteurs 5».
 L’agriculture intelligente : Ce type d’agriculture s’inscrit dans un contexte de changement
climatique, et cherche à produire plus avec moins, tout en protégeant l’environnement et en aidant
les agriculteurs à faire face aux sécheresses aux irrégularités des pluies et à la dégradation des sols.
D’après la FAO (2010) « l’agriculture intelligente face au climat vise à accroitre durablement la
productivité et les revenus agricoles, à renforcer la résilience au changement climatique et à réduire
ou supprimer les émissions de gaz à effets de serres lorsque cela est possible 6».
 L’agriculture de précision : Selon l’ISPA (société internationale de l’agriculture de précision)
« l’agriculture de précision est une stratégies de gestion qui collecte, traite, et analyse des données
temporelles, spatiales, et individuelles sur les plantes et les animaux, et les combine avec d’autres
informations pour appuyer les décisions de gestion en fonction de la variabilité estimée, afin
d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources, la productivités, la qualité, la rentabilité, et la
durabilité de la production agricole7. ». Elle occupe aujourd’hui une place centrale dans le système de
production agricole mondiale. Car elle permet d’optimiser l’utilisation des ressources et de réduire la
variabilité des systèmes de production, grâce à la cartographie, à la modélisation, et à la
géolocalisation. (CHARVET, J. P. 2014)

Dans le contexte où la concurrence entre agriculteurs et éleveurs intensifie les tensions, ces types d’agriculture
pourraient offrir des outils, des mécanismes, et des stratégies permettant une gestion plus fine et plus
rationnelle des terres (DOLLFUS, O. 1997). En améliorant l’usage des ressources, elles peuvent contribuer à
réduire les conflits d’usage tout en renforçant la résilience au changement climatique.

Elevage : C’est le versant de l’agriculture, une activité économique du secteur primaire qui consiste à produire
et entretenir d'animaux domestiques. Elle permet de produire un éventail d’aliments nutritifs et riche en
protéines pour l’alimentation humaine. Selon WOLKOWITSCH, M. (1966) « élevage désigne, au sens étroit
du terme, la conservation d’un animal au sein d’une même exploitation depuis sa naissance jusqu’à sa mort ;
{…} au sens large, l’élevage désigne la production et l’entretien du bétail, l’animal passe généralement de

5
Geoconfluences : [Link]
6
FOA: organisation des nations unis pour l’alimentation et l’agriculture : [Link]
agriculture/overview/fr/
7
International society of precesion agriculture (ISPA) (2024): [Link]

17
plusieurs propriétaire au cours de son existence8 ». Par ailleurs, comme l’agriculture, on peut identifier
l’élevage extensif qui se pratique avec peu de têtes de bétail sur de vastes espaces en nomadisant à la recherche
de pâturages. Et l’élevage intensif, qui se pratique sur espace réduite et nécessite de produire ou d’acheter
d’aliments pour nourrir les animaux. En Afrique de l’ouest et au sahel, particulièrement au Sénégal, le schéma
de vie des éleveurs vont du pastoralisme nomade et transhumant à l’agropastoralisme sédentarisé ou semi-
sédentarisé (SANTOIR, C., 1978 ; Philippe, B., 2024 ; UNOWAS, 2018). Par ailleurs, le concept élevage
entretiens de forts liens particuliers aux concepts de pastoralisme et de transhumance

 Le pastoralisme désigne l’élevage nomade ou itinérant, ou encore à l’élevage extensif de bétail.


L’Afrique de l’Ouest et le Sahel ont le grand système pastoral du monde fondé sur la transhumance
(UNOWAS, 2018). Le pastoralisme requiert généralement une certaine forme de mobilité des bergers
et de leurs animaux, souvent saisonnière, entre la saison sèche et la saison des pluies et quotidienne
entre les pâturages et les points d'eau. Cette mobilité permet de tirer profil de ressources qui varient en
quantité et en qualité d’un lieu à l’autre au cours de l’année.
 La transhumance : selon la CNRTL la transhumance est « un système d’élevage fondé sur le
déplacement de troupeaux de région vers d’autres dont les périodes de végétation sont décalées en
fonction des saisons ou des raison climats différents 9(…) ». C’est-à-dire les troupeaux et les éleveurs
traversent une distance plus grande, parfois avec de nombreuses étapes intermédiaires. En outre, la
transhumance est la migration temporelle des éleveurs et de leur cheptel entre les pâturages de la
saison sèche et les pâturages de la saison des pluies. En Afrique de l’ouest la transhumance est
généralement orientée des zones plus arides, au nord, vers les zones plus humide, au sud (UNOWAS,
Août 2018). Ce type d’élevage est un moyen pour les éleveurs d’assurer la sécurité et productivité de
leurs bétails faces aux contraintes climatiques de zones sahéliennes (SANTOIR, C. 1978).

Système agropastoral : Un système est ensemble d’éléments pour former un tout. De ce faite, le système
agropastoral peut être défini comme ensemble d’activités agricoles et pastorales organisées de manière
complémentaire dans un espace donné. Autrement dit c’est la combinaison des facteurs de production agricole
et pastorale sur un territoire. Selon Pélissier, P. (1966) « le système agropastoral est une organisation intégrée
des activités agricole et pastorale où l’élevage soutient l’agriculture et inversement10 ». D’ailleurs, la
combinaison de ces deux secteurs crée soit une relation de complémentarité soit une relation d’antagoniste.
L’agropastoralisme nécessite donc une sédentarisation pour cultiver tout en maintenant la mobilité du bétail
pour la transhumance. Ce système agropastoral se transforme de plus en plus dans le monde contemporaines
marqué par l’innovation technologique (les TIC), la modernisation des deux secteurs mais surtout par le

8
Wolkowitsch, M. (1966) ; l'élevage dans le monde, Collection Armand Colin – Géographie.
[Link]
9
Centre national de ressources textuelles et lexicales : [Link]
10
Pélissier, P. (1966) Les paysans du Sénégal. IFAN /ORSTOM, Dakar.

18
phénomène du changement climatique et la croissance démographique (DUGUE, P., al 2004 ; Bernard, K.
1991). Cette transformation bouleverse les relations entre agriculteurs et éleveurs, qui autrefois étaient
complémentaire et caractérisaient par une profonde intégration, mais aujourd’hui, ces relations sont
concurrentielle pour l’accès aux ressources et parfois conflictuelle (GONIN, A. 2016). Ce pendant avec
l’innovation et la modernisation, les acteurs tentent de restaurer cette intégration et cette complémentarité par
de nouveaux méthode d’accroissement des productions sur un espace restreint (DUGUE, et al, 2004). Par
exemple l’embouche est une méthode de développer l’élevage sans recourir aux parcours ou à la mobilité
(FAYE, A. ET LANDAIS, E., 1985). Mais aussi avec l’agriculture de précision, l’agriculture intelligente et
l’agriculture durable, il est possible de produire plus sans pour autant dégrader les ressources naturelles.

Bassin arachidière: « Le Bassin arachidier (BA) constitue la principale région agricole du pays. Dans son
acceptation traditionnelle, ce qui est appelé le «vieux Bassin arachidier» couvre 5 régions administratives
(Louga, Diourbel, Thiès, Kaolack et Fatick) se trouvant entre les isohyètes 200 et 800mm. Mais, un glissement
suivant un gradient Nord-Sud s’est opéré durant ces dernières décennies pour englober une partie des régions
de Tambacounda et de Kolda11 ». A travers cette définition, on comprend que le bassin arachidier couvre la
partie centrale du pays et tend vers le Sénégal orientale dans un contexte marqué par des crises climatiques,
de croissance démographique et de politiques agricole. Cette zone est un espace rural en recomposition,
marqué par la production de l’arachide, des cultures vivriers et de l’élevage dans des systèmes agropastoraux
(Masse, D. et al, 2018).

Le sud-est du bassin arachidier est situé dans la zone climatique nord soudanienne continentale
principalement dans les régions de Kaffrine et Tambacounda. Cette zone est caractérisée par des conditions
climatiques favorables à l’agriculture et un paysage profitable au pastoralisme et à la transhumance notamment
avec une pluviométrie annuelle situé entre 500 à 800mm d’eau et une densité de population moyens (Faye,
A., et ISRA., 1989). Le peuplement de cette zone a commencé avec la conquête du « Mouridisme » (1912-
1914), qui pratiquaient de la production agricole particulièrement de l’arachide. Ensuite s’en est suivie la
remonte du peuplement sereer avec les migrations forcées initiée par l’administration coloniale en 1934. De
plus sous l’effet conjugué de la sécheresse (1972-73) et de la saturation des terres cultivables, certains famille
du vieux BA ont initié une migration volontaire de front pionnier vers le Sud-est du BA notamment les « terres
neuves » (DUBOIS, J. P., (1999). Ce front pionnier est favorisé par les politique agricole mises en place par
l’administration sénégalais pour réorganiser les terres agricoles, renforcer la résilience de la population du
vieux BA face à la détérioration des ressources productives, mais aussi pour satisfaire la demande nationale
en produit agricole notamment arachide.

11
Diagana, B., Mankor, A., Fall, C. S., & Guèye, A. (2008). Agriculture durable et réduction de la pauvreté dans le Bassin arachidier
du Sénégal : Résultats du Modèle Analyse Tradeoffs. ISRA, Collection Réflexions et Perspectives.

19
Commune Makacolibantang : Faisant partie de la commune d’arrondissement de Makacolibantang qui
regroupait trois communautés rurales, dont Makacolibantang, Kahéne et Ndoga Babacar. Toutefois, avec
l'acte 3 de la décentralisation en 2013 (communalisation intégrale), toutes ces entités ont été transformées en
communes de plein exercice. Par contre, sur le plan de la déconcentration, les trois communautés rurales (CR)
dépendent toujours de la sous-préfecture de Makacolibantang. Dans cette arrondissement, l’agriculture et
élevage sont les principales activités de la population. Dans le cadre de notre travail de recherche, il se porte
plus précisément sur la commune de makacolibantang qui se trouve dans la zone éco-géographique du Sénégal
oriental, dans la région de Tambacounda plus précisément dans le département de Tambacounda ; elle est
située à 13° 39’ 26’’ nord et 14°15’14’’ ouest. En outre, elle est limitée à l’Est par la commune de Ndoga
Babacar, à l’Ouest par la commune de Kahéne, au Nord par la commune Koussanar, au Sud par la
république de Gambie. Par ailleurs, cette commune de Makacolibantang a une population de 52.983 habitants
répartie dans 138 villages et hameaux sur une superficie de 804,5km² soit une densité de 65,8 habitants/ km²
(ANSD, 2023).

20
LA METHODOLOGIE PROVISOIRE DU MASTER

Comme tout travail de recherche scientifique, pour faire l’analyse spatio-temporelle des rapports entre
agriculture et élevage dans le sud-est du bassin arachidier, nous allons adopter une méthodologie de recherche
pour dépasser les évidences, surmonter le doute scientifique, et participer à la définition de la discipline de la
géographie. Ainsi, notre méthodologie se résume en deux phases pour atteindre ce but: la recherche
documentaire et le travail de terrains.

1. RECHERCHE DOCUMENTAIRE
Elle consiste à consulter les écritures scientifiques antérieures en lien avec notre thématique pour bien
appréhender le sujet et comprendre les mots clés. C’est pourquoi d’ailleurs, nous avons consulté plusieurs
documents d’articles, d’ouvrages, thèses et mémoires qui nous ont permis d’approfondir notre compréhension
du sujet et d’en avoir plus des informations. En plus, nos supports de cours du cycle licence nous ont été
d’une grande utilité pour la compréhension de l’organisation des activités agricole et pastorale en milieu rurale
sénégalais. En effet, à travers cette recherche documentaire, nous avons constaté qu’il y’a une manne de
recherches scientifiques qui ont été faites sur l’analyse spatio-temporelle des rapports entre agriculture et
élevage dans le monde et au Sénégal. Toutefois, notre terrain d’étude reste vide pour des études sur les
systèmes agropastoraux. Ainsi, pour apporter notre contribution de recherche scientifique dans le sud-est du
bassin arachidier particulièrement dans la commune de Makacolibantang, nous avons été dans différents
centres de documentation parmi lesquels nous avons :

La bibliothèque universitaire de l’UCAD ;

La bibliothèque de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) ainsi que celle du département de
géographie de l’UCAD, notamment la salle de travail.

Par ailleurs, nous avons également consulté plusieurs des sites internet qui nous ont beaucoup aidé à
approfondir notre recherche notamment : cairn infos ; Google scholar ; Persée ; Géoconfluences ; Wikipédia ;
IRD (Institut de Recherche pour le Développement) ; ISRA (Institut Sénégalais de Recherche Agricole) ;
CIRAD-Agritrop (Centre de coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement)…

2. COLLECTE ET TRAITEMENT DE DONNEE


Cette étape est la partie pratique de notre travail de recherche, elle consiste à faire d’abord une visite de terrain
pour faire l’état des lieux et observé l’organisation des activités l’espace. Ensuite, à travers cette visite de
terrain, nous allons élaborer des questionnaires d’enquêtes qualitatives et quantitatives pour collecter des
données qui feront ensuite l’objet de traitement.

21
2.1. L’enquête qualitative
Celle-ci sera déterminée par un questionnaire soumise à un guide d’entretien bien structuré. Dans ce guide il
s’agira de recueillir des informations auprès de ménages, des ONG, des autorités locales…

Elle nous permettra de se renseigner sur les conditions de vie des agriculteurs et des éleveurs, leurs sources de
revenus, les différents rapports qui existent entre les deux activités, les causes profonds des conflits, les
stratégies de gestion des conflits et/ou d’organisation des activités dans l’espace communal etc.

2.2. L’enquête quantitative


C’est aussi une partie importante pour notre travail, elle sera déterminée également sous forme de
questionnaire pour collecter des données de mesures, des chiffres et des statistiques. Elle nous permettra
d’obtenir des informations sur la population ; le pourcentage d’agriculteurs déclarant des dégâts causé par les
bétails ; nombre de cas de conflits entre 1980 - 2015 ; mais aussi la superficie de champs cultivés, ou la
distance parcouru par les troupeaux…

2.3. Le traitement des données


Pour cette partie, nous allons traiter, analyser, et interpréter les informations recueillir sur le terrain par le biais
des différentes enquêtes effectuées. Pour cela nous allons utiliser plusieurs outils techniques et des logiciels
de traitement de données tels que : Word, Excel, kobocollect, kobotoolbox, QGIS, ARCGIS…

22
CONCLUSION

En définitive, ce rapport de Master I a pour objectif de faire une recherche documentaire sur l’analyse spatio-
temporelle des rapports entre agriculture et élevage dans le sud-est du bassin arachidier. Ainsi, nous avons pu
lire plusieurs documents scientifiques généraux et spécifiques (ouvrages, articles, thèse, mémoire) en rapports
avec cette thématique.

Beaucoup de ces documents montrent des rapports à la fois complémentaire et conflictuel entre agriculture et
élevage. Cependant, dans le contexte contemporain marqué par le changement climatique, la croissance
démographique, la mondialisation, et le développement des TIC on note une relation de désintégration accrue
entre les deux activités à l’échelle mondiale. Toutefois à l’échelle sénégalaise, l’intégration entre les deux
activités reste toujours soutenue et favorisé par l’importance de la traction animale dans la production agricole
ainsi que la fumure animale, mais aussi la prédominance des agropasteurs dans les espaces ruraux.

Dans le cadre de notre projet de chercher Master II, nous avons conçus une méthodologie de recherche basée
une visite terrains suivie d’enquêtes. Ces enquêtes (quantitatives et qualitatives) seront menées avec une
population bien ciblée et un échantillonnage bien définit en fonction des réalités du terrain. Par la suite, nous
allons traiter et analyser les informations collectées par le biais des logiciels de traitement de données pour
obtenir des résultats escomptes. Enfin, ces résultats feront l’objet d’interprétions pour confirmer ou affirmer
les hypothèses avancées.

23
PLAN PROVISOIRE DE RECHERCHE MASTER

Première partie : Les relations de complémentarités entre agriculture et élevage dans la commune de
Makacolibantang

Chapitre 1 : L’importance de la traction animale

Chapitre 2 : La fumure organique

Chapitre 3 : Les résidus de récolte comme alimentation du bétail

Deuxième partie : Les relations conflictuelles entre agriculteurs et éleveurs dans la commune de
Makacolibantang

Chapitre 1 : Les dégâts de cultures,

Chapitre 2 : L’occupation de parcours et de points d’abreuvement

Troisième partie : Les stratégies d’organisation de l’espace misent en place par les acteurs locaux, soutenues
par les autorités administratives et coutumières.

Chapitre 1 : Les espaces dédiés au pastoralisme

Chapitre 2 : L’aménagement concerté des points d’abreuvements

Chapitre 3 : Les stratégies de gestion des conflits

Conclusion

24
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

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Dans Deux Villages Du Vieux Bassin Arachidier (Sénégal)
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Https://[Link]/Uupsvqwob4s0vb1in

26

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