Introduction à l'Analyse Complexe
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7 avril 2026
Résumé
Ce document introduit les concepts fondamentaux de l'analyse complexe, une branche des
mathématiques étudiant les fonctions d'une variable complexe dérivables. Après avoir déni le
corps des nombres complexes et la notion de fonction holomorphe via les équations de Cauchy-
Riemann, nous étudions les propriétés remarquables de l'intégration complexe (théorème
de Cauchy, formule intégrale de Cauchy) et leurs conséquences : analyticité, principe du
maximum, développement en série entière (séries de Taylor et Laurent). La dernière partie
est consacrée au calcul des résidus et à ses applications au calcul d'intégrales réelles. Des
exemples illustrent chaque notion.
Table des matières
1 Nombres complexes et fonctions holomorphes 2
1.1 Rappels sur C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Dérivabilité complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Équations de Cauchy-Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.4 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2 Intégration complexe et théorème de Cauchy 2
2.1 Courbes et intégrales curvilignes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.2 Théorème de Cauchy (version simple) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.3 Formule intégrale de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.4 Conséquences : analyticité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3 Développements en série 3
3.1 Séries de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3.2 Séries de Laurent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3.3 Points singuliers et classication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
4 Théorème des résidus 3
4.1 Dénition du résidu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
4.2 Théorème des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
4.3 Calcul des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
5 Applications au calcul
R d'intégrales réelles 4
5.1 Intégrales de type R R(cos θ, sin θ) dθ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2π
5.2 Intégrales impropres f (x) dx . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
0
∞
5.3 Intégrales avec sin et cos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
−∞
6 Principes fondamentaux 4
6.1 Principe du maximum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
6.2 Théorème de Liouville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
6.3 Théorème fondamental de l'algèbre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1
7 Conclusion 5
A Exercices 5
2
1 Nombres complexes et fonctions holomorphes
1.1 Rappels sur C
L'ensemblepC = {x + iy | x, y ∈ R} est muni de l'addition et de la multiplication usuelles. Le
module |z| = x + y et l'argument arg(z) vérient z = |z|e . La topologie de C est celle de
2 2 iθ
R .
2
1.2 Dérivabilité complexe
Dénition 1.1. Soit U ⊂ C un ouvert et f : U → C. On dit que f est C-dérivable en z ∈U si
la limite
0
f (z0 + h) − f (z0 )
f ′ (z0 ) = lim
h→0 h
existe (dans C). f est holomorphe sur U si elle est dérivable en tout point de U .
Remarque 1.2. La dérivabilité complexe est beaucoup plus contraignante que la dérivabilité
réelle. Elle impose que f soit une fonction harmonique et vérie les équations de Cauchy-Riemann.
1.3 Équations de Cauchy-Riemann
Si f (z) = u(x, y) + iv(x, y), la dérivabilité complexe équivaut à :
∂u ∂v ∂u ∂v
= , =− .
∂x ∂y ∂y ∂x
De plus, f (z) =
′ ∂u
∂x
∂v
+ i ∂x .
1.4 Exemples
f (z) = z (n ∈ N) est holomorphe sur C, f (z) = nz .
n ′ n−1
f (z) = e est holomorphe, (e ) = e .
z z ′ z
f (z) = z n'est dérivable en aucun point (ne vérie pas Cauchy-Riemann).
2 Intégration complexe et théorème de Cauchy
2.1 Courbes et intégrales curvilignes
Une courbe γ : [a, b] → C de classe C par morceaux. L'intégrale de f le long de γ est :
1
Z Z b
f (z) dz = f (γ(t)) γ ′ (t) dt.
γ a
2.2 Théorème de Cauchy (version simple)
Théorème 2.1 (Cauchy-Goursat). Soit f holomorphe sur un ouvert simplement connexe U .
Alors pour tout lacet γ (courbe fermée) contenu dans U ,
Z
f (z) dz = 0.
γ
En particulier, l'intégrale ne dépend que des extrémités si le domaine est simplement connexe.
3
2.3 Formule intégrale de Cauchy
Théorème 2.2 (Formule de Cauchy). Soit f holomorphe sur un ouvert contenant un disque
fermé D(z0 , R). Alors pour tout z dans le disque ouvert,
I
1 f (ζ)
f (z) = dζ.
2πi |ζ−z0 |=R ζ −z
Cette formule est fondamentale : elle exprime les valeurs de f à l'intérieur du disque à partir
de ses valeurs sur le bord.
2.4 Conséquences : analyticité
Corollaire 2.3. Une fonction holomorphe est indéniment dérivable, et ses dérivées sont données
par I
n! f (ζ)
f (n) (z) = dζ.
2πi (ζ − z)n+1
Ainsi, toute fonction holomorphe est analytique : développable en série entière au voisinage
de tout point.
3 Développements en série
3.1 Séries de Taylor
Pour f holomorphe au voisinage de z , 0
∞
X f (n) (z0 )
f (z) = (z − z0 )n ,
n!
avec un rayon de convergence R égal à la distance de z à la première singularité.
n=0
3.2 Séries de Laurent
Lorsque f est holomorphe sur une couronne r < |z − z | < R, on a un développement en série
de Laurent :
0
X ∞
f (z) = an (z − z0 )n ,
n=−∞
avec a n = 1
2πi
H f (ζ)
(ζ−z0 )n+1
dζ .
3.3 Points singuliers et classication
Pôle : la partie singulière (termes n < 0) est nie. Ordre du pôle = plus petit m tel que
a ̸= 0.
Singularité essentielle : une innité de termes n < 0 non nuls.
−m
Singularité eaçable : tous les a = 0 pour n < 0 ; on peut prolonger holomorphiquement.
n
Exemple 3.1. f (z) = a un pôle simple en 0. f (z) = e a une singularité essentielle en 0.
1
z
1/z
4 Théorème des résidus
4.1 Dénition du résidu
Dénition 4.1. Soit f holomorphe sur un disque épointé 0 < |z − z | < R. Le résidu de f en
est
0
z0 I
1
Res(f, z0 ) = a−1 = f (z) dz.
2πi |z−z0 |=r
4
4.2 Théorème des résidus
Théorème 4.2 (Théorème des résidus). Soit f holomorphe sur un ouvert simplement connexe
U sauf en un nombre ni de points z1 , . . . , zk . Pour tout lacet γ entourant ces points et homotope
à zéro dans U privé des singularités,
I k
1 X
f (z) dz = Res(f, zj ).
2πi γ j=1
4.3 Calcul des résidus
Pour un pôle simple : Res(f, z ) = lim (z − z )f (z).
0
z→z0
0
Pour un pôle d'ordre m : Res(f, z ) = (m −1 1)! lim dzd .
m−1
0 m−1
((z − z0 )m f (z))
z→z0
5 Applications au calcul d'intégrales réelles
5.1 Intégrales de type
R 2π
0
R(cos θ, sin θ) dθ
On pose z = e , dθ = dz/(iz), cos θ = (z + z )/2, sin θ = (z − z
iθ −1 −1 )/(2i). L'intégrale devient
une intégrale de contour sur le cercle unité, calculable par résidus.
5.2 Intégrales impropres
R∞
−∞
f (x) dx
Si f est une fraction rationnelle sans pôle réel, avec deg dénominateur ≥ deg numérateur +
2, alors Z ∞ X
f (x) dx = 2πi Res(f, z).
−∞ pôles dans Im z>0
Exemple 5.1. Calculer I = . Pôles en ±i. Seul i dans le demi-plan supérieur. Res(f, i) =
R∞ dx
. Donc I = 2πi · .
−∞ 1+x2
1 1
2i 2i =π
5.3 Intégrales avec sin et cos
On utilise des contours avec une indentation ou des intégrales de Fourier : R ∞ iax
−∞ e f (x) dx .
6 Principes fondamentaux
6.1 Principe du maximum
Théorème 6.1. Soit f holomorphe sur un domaine connexe U et non constante. Alors |f |
n'atteint pas de maximum local sur U (sauf si f est constante). Sur un compact, le maximum est
atteint au bord.
6.2 Théorème de Liouville
Théorème 6.2. Toute fonction holomorphe bornée sur C tout entier est constante.
Ce théorème a une preuve simple utilisant la formule de Cauchy et donne une démonstration
élégante du théorème fondamental de l'algèbre.
5
6.3 Théorème fondamental de l'algèbre
Corollaire 6.3. Tout polynôme non constant à coecients complexes possède au moins une
racine dans C.
Démonstration. Si P (z) n'avait pas de racine, 1/P (z) serait holomorphe et bornée sur C (car
|P (z)| → ∞), donc constante, contradiction.
7 Conclusion
L'analyse complexe est une théorie riche et élégante, où la dérivabilité implique l'analyticité et
où l'intégration joue un rôle central via le théorème des résidus. Nous avons vu les notions de base :
fonctions holomorphes, équations de Cauchy-Riemann, intégrales de contour, séries de Laurent,
résidus. Les applications sont nombreuses : calcul d'intégrales réelles diciles, transformée de
Fourier, théorie des nombres, mécanique des uides (écoulements potentiels). Ce texte n'est
qu'une introduction; le lecteur pourra ensuite approfondir la théorie de Riemann (mapping
conforme, surfaces de Riemann) ou les fonctions spéciales.
A Exercices
1. Montrer que f (z) = |z| n'est holomorphe qu'en z = 0.
2
2. Calculer H ez
|z|=2 z−1 dz .
3. Déterminer la série de Laurent de f (z) = 1
z(1−z)dans les couronnes 0 < |z| < 1 et |z| > 1.
4. Calculer R 2π dθ
par résidus.
5. Soit f entière (holomorphe sur C) telle que |f (z)| ≤ C(1 + |z| ) pour tout z. Montrer que
0 2+cos θ
n
f est un polynôme de degré ≤ n.
Références
[1] W. Rudin, Analyse réelle et complexe, Masson, 1998.
[2] S. Lang, Complex Analysis, Springer, 1999.
[3] L.V. Ahlfors, Complex Analysis, McGraw-Hill, 1979.
[4] P. Henrici, Applied and Computational Complex Analysis, Wiley, 1974.