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Cours Integrales RN

Ce document présente un cours complet sur les intégrales dans ℝⁿ, incluant des rappels sur l'intégrale de Riemann, les formes différentielles, et les intégrales multiples. Il couvre des concepts fondamentaux tels que les propriétés des intégrales, le théorème de Fubini, et les techniques de calcul. Le cours est destiné aux étudiants de niveau Licence et Master.

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Cours Integrales RN

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COURS DE MATHÉMATIQUES

INTÉGRALES DANS ℝⁿ
et Dépendance Paramétrique

Cours complet — Niveau Licence / Master

Contenu du cours

I. Rappels sur l'intégrale de Riemann et intégrales impropres


II. Formes différentielles
III. Intégrales multiples sur ℝⁿ
IV. Techniques de calcul des intégrales multiples
V. Intégrales dépendant d'un paramètre
VI. Champs de vecteurs et opérateurs différentiels
VII. Changement de variables
VIII. Premières notions d'équations aux dérivées partielles
IX. Intégrales curvilignes
X. Formule de Green-Riemann
XI. Intégrales de surface
XII. Théorème de Stokes
Chapitre I — Rappels sur l'intégrale de Riemann et
intégrales impropres

1. L'intégrale de Riemann sur [a, b]


1.1 Subdivisions et sommes de Darboux
📌 Définition — Subdivision

Soit [a, b] un intervalle fermé borné. Une subdivision σ de [a, b] est une famille finie de
points :
σ = { a = x₀ < x₁ < x₂ < ... < xₙ = b }
Le pas de la subdivision est : |σ| = max(xᵢ₊₁ - xᵢ) pour i = 0, ..., n-1.

Pour une fonction f bornée sur [a, b], on définit les sommes de Darboux :
m_i = inf{ f(x) | x ∈ [xᵢ, xᵢ₊₁] }, M_i = sup{ f(x) | x ∈ [xᵢ, xᵢ₊₁] }
s(f, σ) = Σᵢ mᵢ(xᵢ₊₁ - xᵢ) (somme inférieure)
S(f, σ) = Σᵢ Mᵢ(xᵢ₊₁ - xᵢ) (somme supérieure)

📌 Définition — Intégrale de Riemann

f est dite intégrable au sens de Riemann sur [a, b] si :


sup_σ s(f, σ) = inf_σ S(f, σ)
Cette valeur commune est alors appelée l'intégrale de Riemann de f et notée :
∫[a,b] f(x) dx

1.2 Critères d'intégrabilité


⬛ Théorème de Riemann-Lebesgue

Une fonction bornée f : [a, b] → ℝ est intégrable au sens de Riemann


si et seulement si l'ensemble de ses points de discontinuité est de mesure nulle (au sens de
Lebesgue).
En particulier, toute fonction continue par morceaux est intégrable au sens de Riemann.

✏ Remarques importantes

• Toute fonction continue sur [a, b] est intégrable au sens de Riemann.


• Toute fonction monotone sur [a, b] est intégrable au sens de Riemann.
• Une fonction peut avoir des discontinuités et rester intégrable (ex : fonction en escalier).
• L'intégrabilité de Riemann est strictement plus restrictive que l'intégrabilité de Lebesgue.
1.3 Propriétés fondamentales
L'intégrale de Riemann vérifie les propriétés suivantes :
• Linéarité : ∫[a,b] (αf + βg) = α∫[a,b] f + β∫[a,b] g
• Positivité : f ≥ 0 ⟹ ∫[a,b] f ≥ 0
• Croissance : f ≤ g ⟹ ∫[a,b] f ≤ ∫[a,b] g
• Chasles : ∫[a,b] f + ∫[b,c] f = ∫[a,c] f pour tout c entre a et b
• Valeur absolue : |∫[a,b] f| ≤ ∫[a,b] |f|

⬛ Théorème fondamental du calcul intégral

Soit f continue sur [a, b]. On pose F(x) = ∫[a,x] f(t) dt.
Alors F est de classe C¹ sur [a, b] et F'(x) = f(x) pour tout x ∈ [a, b].
De plus, si G est une primitive de f sur [a, b], alors :
∫[a,b] f(x) dx = G(b) - G(a)

2. Intégrales impropres
2.1 Définition et convergence
📌 Définition — Intégrale impropre

Soient a ∈ ℝ et f intégrable au sens de Riemann sur [a, b] pour tout b > a.


On dit que l'intégrale ∫[a, +∞) f(x) dx converge si la limite suivante existe et est finie :
∫[a, +∞) f(x) dx = lim_{b→+∞} ∫[a,b] f(x) dx
On définit de même la convergence en a si f n'est pas bornée au voisinage de a.

On parle aussi de convergence absolue si ∫|f| converge, ce qui implique la convergence de ∫f.

2.2 Critères de convergence


⬛ Critère de comparaison

Soient f, g positives et intégrables sur [a, +∞). Si 0 ≤ f(x) ≤ g(x) pour x grand, alors :
• ∫g converge ⟹ ∫f converge
• ∫f diverge ⟹ ∫g diverge

⬛ Critère des intégrales de Riemann (références)

∫[1, +∞) x⁻ᵅ dx converge ⟺ α > 1


∫[0⁺] x⁻ᵅ dx converge ⟺ α < 1
Ces intégrales servent de références pour les comparaisons asymptotiques.

✏ Exemples classiques

• ∫[1, +∞) e⁻ˣ dx = 1 (converge)


• ∫[1, +∞) 1/x dx = +∞ (diverge)
• ∫[1, +∞) sin(x)/x dx converge mais pas absolument (semi-convergence)
• La fonction Gamma : Γ(s) = ∫[0,+∞) xˢ⁻¹ e⁻ˣ dx converge pour s > 0

2.3 Règles de calcul


Les intégrales impropres se calculent en général par :
• Intégration par parties : ∫[a,b] u dv = [uv]ₐᵇ - ∫[a,b] v du (puis passage à la limite)
• Changement de variable : ∫[a,b] f(g(t)) g'(t) dt = ∫[g(a),g(b)] f(x) dx
• Décomposition en éléments simples pour les fractions rationnelles
Chapitre II — Formes différentielles

1. Définitions générales
📌 Définition — 1-forme différentielle

Soit U un ouvert de ℝⁿ. Une 1-forme différentielle sur U est une application ω qui à chaque
point
x ∈ U associe une forme linéaire sur ℝⁿ, s'écrivant :
ω = Σᵢ aᵢ(x) dxᵢ où a₁, ..., aₙ : U → ℝ sont des fonctions.
On dit que ω est de classe Cᵏ si les fonctions aᵢ sont de classe Cᵏ.

📌 Définition — p-forme différentielle

Une p-forme différentielle est une expression de la forme :


ω = Σ_{i₁<...<iₚ} aᵢ₁...ᵢₚ(x) dxᵢ₁ ∧ ... ∧ dxᵢₚ
où ∧ désigne le produit extérieur (antisymétrique).
En particulier : dx ∧ dy = -dy ∧ dx et dx ∧ dx = 0.

2. Différentielle extérieure
📌 Définition — Différentielle extérieure d

Si f est une fonction (0-forme), sa différentielle est :


df = Σᵢ (∂f/∂xᵢ) dxᵢ
Si ω = Σ aᵢ dxᵢ est une 1-forme, alors :
dω = Σᵢ daᵢ ∧ dxᵢ = Σᵢ,ⱼ (∂aᵢ/∂xⱼ) dxⱼ ∧ dxᵢ

⬛ Propriétés fondamentales

1. d(ω + η) = dω + dη (linéarité)
2. d(ω ∧ η) = dω ∧ η + (-1)ᵖ ω ∧ dη (règle de Leibniz graduée)
3. d(dω) = 0 (nilpotence : d² = 0)
La propriété d² = 0 est fondamentale : elle signifie que toute forme exacte est fermée.

3. Formes fermées et formes exactes


📌 Définitions

Une p-forme ω est dite :


• FERMÉE si dω = 0
• EXACTE si ω = dη pour une certaine (p-1)-forme η (appelée potentiel ou primitive)
Toute forme exacte est fermée. La réciproque dépend de la topologie du domaine.

⬛ Lemme de Poincaré

Sur un domaine étoilé U (ou contractile), toute forme fermée est exacte.
En particulier, si U est un ouvert étoilé et si dω = 0, alors il existe η telle que ω = dη.
Ce résultat est local : globalement, la condition peut échouer (cf. topologie algébrique).

Exemple en dimension 2
Considérons ω = P(x,y) dx + Q(x,y) dy. Alors :
dω = (∂Q/∂x - ∂P/∂y) dx ∧ dy
ω est fermée ssi ∂Q/∂x = ∂P/∂y. Sur un ouvert simplement connexe, ω exacte ⟺ ω fermée.
Chapitre III — Intégrales multiples sur ℝⁿ

1. Intégrale double
📌 Définition — Intégrale double sur un pavé

Soit D = [a,b] × [c,d] un pavé de ℝ², f : D → ℝ bornée.


On forme des subdivisions σ₁ de [a,b] et σ₂ de [c,d], d'où des sous-pavés Dᵢ ⱼ.
Les sommes de Darboux sont : s(f,σ) = Σᵢⱼ mᵢⱼ |Dᵢⱼ| et S(f,σ) = Σᵢ ⱼ Mᵢ ⱼ |Dᵢ ⱼ|
f est intégrable si sup s(f,σ) = inf S(f,σ). Cette valeur est ∬_D f(x,y) dx dy.

1.1 Intégrale sur un domaine quelconque


Pour un domaine D borné quelconque, on choisit un pavé P contenant D et on pose :
f̃(x,y) = f(x,y) si (x,y) ∈ D, f̃(x,y) = 0 sinon
L'intégrale sur D est ∬_D f = ∬_P f̃ , pourvu que f̃ soit intégrable sur P.

✏ Domaines réguliers

Un domaine D est dit régulier (ou Jordan-mesurable) si son bord ∂D est de mesure nulle.
Sur un tel domaine, toute fonction continue est intégrable.
Les domaines usuels (disques, ellipses, triangles, polygones) sont réguliers.

2. Théorème de Fubini
⬛ Théorème de Fubini

Soit D = [a,b] × [c,d] et f : D → ℝ intégrable. Si pour presque tout x, la fonction y ↦ f(x,y)


est intégrable sur [c,d], alors :
∬_D f(x,y) dx dy = ∫[a,b] (∫[c,d] f(x,y) dy) dx = ∫[c,d] (∫[a,b] f(x,y) dx) dy
On peut intervertir les intégrations dans l'un ou l'autre sens.

Pour les domaines non rectangulaires de type :


D = { (x,y) ∈ ℝ² | a ≤ x ≤ b, φ₁(x) ≤ y ≤ φ₂(x) }
∬_D f(x,y) dx dy = ∫[a,b] (∫[φ₁(x), φ₂(x)] f(x,y) dy) dx

3. Intégrale triple et intégrale n-uple



Extension à ℝⁿ
La construction se généralise sans difficulté à ℝⁿ. On intègre f sur un ouvert borné Ω ⊂ ℝⁿ :
∫...∫_Ω f(x₁, ..., xₙ) dx₁ ... dxₙ
Le théorème de Fubini s'applique avec les mêmes hypothèses.
L'intégrale triple sur Ω ⊂ ℝ³ est souvent notée ∭_Ω f(x,y,z) dx dy dz.

⬛ Théorème de Fubini généralisé (Tonelli)

Si f est mesurable et ∫...∫ |f| dx₁...dxₙ < +∞ (ou si f ≥ 0), alors on peut intégrer
dans n'importe quel ordre. Ce résultat étend Fubini aux fonctions intégrables au sens de
Lebesgue.
Chapitre IV — Techniques de calcul des intégrales
multiples

1. Réduction par Fubini


La méthode principale est l'itération des intégrales simples via Fubini.
Exemple : calcul de ∬_D x²y dA sur D = [0,1] × [0,2]
∬_D x²y dA = ∫₀¹ (∫₀² x²y dy) dx = ∫₀¹ x² [y²/2]₀² dx = ∫₀¹ 2x² dx = 2/3

2. Domaines à bords courbes


Pour des domaines délimités par des courbes, on choisit le bon ordre d'intégration.
Exemple : ∬_D f sur D = {(x,y) | x² + y² ≤ R²}
∬_D f(x,y) dA = ∫_{-R}^{R} ∫_{-√(R²-x²)}^{√(R²-x²)} f(x,y) dy dx
ou mieux, en passant en coordonnées polaires (voir chapitre VII).

3. Symétries et parité
⬛ Utilisation des symétries

Si D est symétrique par rapport à l'axe Oy et f est impaire en x (f(-x,y) = -f(x,y)), alors :
∬_D f(x,y) dA = 0
Plus généralement : si D a une symétrie et f est bien choisie, l'intégrale peut se simplifier.
Toujours vérifier la parité avant de calculer !

4. Passage en coordonnées curvilignes


En pratique, le changement de variables (voir ch. VII) est la technique la plus puissante.
• Coordonnées polaires en ℝ² : x = r cos θ, y = r sin θ, dA = r dr dθ
• Coordonnées cylindriques en ℝ³ : x = r cos θ, y = r sin θ, z = z, dV = r dr dθ dz
• Coordonnées sphériques en ℝ³ : x = ρ sinφ cosθ, y = ρ sinφ sinθ, z = ρ cosφ, dV = ρ² sinφ
dρ dφ dθ

5. Exemples de calculs
Exemple 1 — Aire d'un domaine
Aire(D) = ∬_D 1 dA
Exemple 2 — Volume d'un solide
Vol(Ω) = ∭_Ω 1 dV
Exemple 3 — Centre de masse
x̄ = (∬_D x ρ(x,y) dA) / (∬_D ρ(x,y) dA)
Exemple 4 — Moment d'inertie
I_z = ∭_Ω (x² + y²) ρ(x,y,z) dV
Chapitre V — Intégrales dépendant d'un paramètre

1. Continuité sous le signe intégrale


⬛ Théorème de continuité

Soit f : [a,b] × I → ℝ (I intervalle, [a,b] compact). On suppose :


1. Pour presque tout x, t ↦ f(x,t) est continue sur I
2. Il existe une fonction φ ∈ L¹([a,b]) telle que |f(x,t)| ≤ φ(x) pour tout t
Alors F(t) = ∫[a,b] f(x,t) dx est continue sur I.

Cas des intégrales impropres : la condition 2 est remplacée par une condition de domination
uniforme.

2. Dérivation sous le signe intégrale


⬛ Théorème de Leibniz (dérivation sous le signe ∫)

Soit f : [a,b] × I → ℝ. On suppose :


1. f est intégrable en x pour tout t ∈ I
2. (∂f/∂t)(x,t) existe pour presque tout x
3. |∂f/∂t (x,t)| ≤ φ(x) ∈ L¹([a,b]) pour tout t
Alors F(t) = ∫[a,b] f(x,t) dx est dérivable et :
F'(t) = ∫[a,b] (∂f/∂t)(x,t) dx

✏ Règle de Leibniz généralisée (bornes variables)

Si F(t) = ∫[α(t), β(t)] f(x,t) dx avec α, β dérivables, alors :


F'(t) = f(β(t), t) β'(t) - f(α(t), t) α'(t) + ∫[α(t), β(t)] (∂f/∂t)(x,t) dx

3. Intégration sous le signe intégrale


⬛ Théorème de Fubini-Tonnelli (intégration)

Sous des hypothèses analogues (domination par une fonction intégrable), on peut
intervertir
intégration en t et intégration en x :
∫_I (∫[a,b] f(x,t) dx) dt = ∫[a,b] (∫_I f(x,t) dt) dx
4. Transformées intégrales classiques
4.1 Transformée de Laplace
📌 Définition — Transformée de Laplace

Pour f : [0,+∞) → ℝ, la transformée de Laplace est :


L{f}(s) = ∫₀^{+∞} f(t) e^{-st} dt
Elle converge pour Re(s) > s₀ (abscisse de convergence).
Propriété : L{f'} = s·L{f} - f(0) (dérivation → multiplication)

4.2 Transformée de Fourier


📌 Définition — Transformée de Fourier

Pour f ∈ L¹(ℝ), la transformée de Fourier est :


f̂ (ξ) = ∫_{-∞}^{+∞} f(x) e^{-2πiξx} dx
Propriétés : f̂ '(ξ) = 2πiξ f̂ (ξ) et ‖f̂ ‖₂ = ‖f‖₂ (théorème de Plancherel).

5. Applications
• Calcul de l'intégrale de Gauss : ∫_{-∞}^{+∞} e^{-x²} dx = √π (par le paramètre)
• Formule d'Euler-Poisson : ∫₀^∞ x^{s-1} e^{-x} dx = Γ(s)
• Résolution de certaines équations différentielles via Laplace
Chapitre VI — Champs de vecteurs et opérateurs
différentiels

1. Champs de vecteurs
📌 Définition — Champ de vecteurs

Un champ de vecteurs sur un ouvert U ⊂ ℝⁿ est une application :


F : U → ℝⁿ, x ↦ F(x) = (F₁(x), F₂(x), ..., Fₙ(x))
En dimension 3, on écrit F = (P, Q, R) ou F = P i + Q j + R k.

2. Les opérateurs différentiels


2.1 Gradient
📌 Gradient

Pour f : U ⊂ ℝⁿ → ℝ de classe C¹, le gradient est :


grad f = ∇f = (∂f/∂x₁, ∂f/∂x₂, ..., ∂f/∂xₙ)
En ℝ³ : ∇f = (∂f/∂x) i + (∂f/∂y) j + (∂f/∂z) k
Interprétation : ∇f(x) pointe dans la direction de plus grande croissance de f.

2.2 Divergence
📌 Divergence

Pour F = (P, Q, R) champ de vecteurs de classe C¹ sur U ⊂ ℝ³ :


div F = ∇ · F = ∂P/∂x + ∂Q/∂y + ∂R/∂z
La divergence mesure la tendance d'un champ à 'émettre' ou 'absorber' de la matière.
div F = 0 ⟺ F est à flux conservatif (solénoïdal).

2.3 Rotationnel

Rotationnel (en ℝ³)

Pour F = (P, Q, R) de classe C¹ sur U ⊂ ℝ³ :


rot F = ∇ × F = (∂R/∂y - ∂Q/∂z) i + (∂P/∂z - ∂R/∂x) j + (∂Q/∂x - ∂P/∂y) k
Ou formellement : rot F = det | i j k |
| ∂/∂x ∂/∂y ∂/∂z |
|P Q R |
rot F = 0 ⟺ F est irrotationnel.
2.4 Laplacien
📌 Laplacien

Pour f : U → ℝ de classe C², le Laplacien est :


Δf = div(grad f) = ∇²f = Σᵢ ∂²f/∂xᵢ²
En ℝ³ : Δf = ∂²f/∂x² + ∂²f/∂y² + ∂²f/∂z²
f est dite harmonique si Δf = 0.

3. Identités vectorielles fondamentales


⬛ Relations fondamentales

1. rot(grad f) = 0 (le gradient est irrotationnel)


2. div(rot F) = 0 (le rotationnel est solénoïdal)
3. div(grad f) = Δf (définition du Laplacien)
4. rot(rot F) = grad(div F) - ΔF
5. div(fF) = f·div F + F·grad f
6. rot(fF) = f·rot F + (grad f) × F

4. Champs conservatifs
⬛ Champ conservatif (gradient)

F est un champ conservatif s'il existe f (potentiel scalaire) telle que F = grad f.
Conditions équivalentes (sur un ouvert simplement connexe) :
• F est conservatif
• rot F = 0 (F est irrotationnel)
• ∫_C F·dr est indépendante du chemin
• ∮_C F·dr = 0 pour tout contour fermé C
Chapitre VII — Changement de variables

1. Formule de changement de variables


⬛ Théorème de changement de variables

Soit Φ : U → V un C¹-difféomorphisme entre deux ouverts bornés de ℝⁿ.


Soit f : V → ℝ intégrable. Alors :
∫_V f(y) dy = ∫_U f(Φ(x)) |det JΦ(x)| dx
où JΦ(x) est la matrice jacobienne de Φ en x.

📌 Matrice jacobienne

Si Φ = (Φ₁, ..., Φₙ), la matrice jacobienne est :


JΦ(x) = (∂Φᵢ/∂xⱼ)_{i,j}
Le jacobien (déterminant) |det JΦ| mesure le taux de déformation de volume.

2. Coordonnées polaires en ℝ²
📌 Changement polaire

Φ(r, θ) = (r cos θ, r sin θ), r > 0, θ ∈ [0, 2π)


Jacobien : det JΦ = r
Formule : ∬_D f(x,y) dx dy = ∬_{Φ⁻¹(D)} f(r cosθ, r sinθ) · r dr dθ

Application : intégrale de Gauss


∫_{-∞}^{+∞} e^{-x²} dx = √π
Preuve : on calcule (∫e^{-x²}dx)² en passant en polaires.

3. Coordonnées cylindriques en ℝ³
📌 Changement cylindrique

Φ(r, θ, z) = (r cosθ, r sinθ, z), r > 0


Jacobien : det JΦ = r
Formule : ∭_Ω f dV = ∭ f(r cosθ, r sinθ, z) · r dr dθ dz
Utile pour les solides de révolution autour de l'axe Oz.
4. Coordonnées sphériques en ℝ³
📌 Changement sphérique

Φ(ρ, φ, θ) = (ρ sinφ cosθ, ρ sinφ sinθ, ρ cosφ)


ρ ≥ 0, φ ∈ [0, π], θ ∈ [0, 2π)
Jacobien : det JΦ = ρ² sin φ
Formule : ∭_Ω f dV = ∭ f(Φ(ρ,φ,θ)) · ρ² sinφ dρ dφ dθ
Utile pour les sphères, boules, et domaines à symétrie centrale.

5. Autres changements utiles


Coordonnées elliptiques
x = a r cosθ, y = b r sinθ → jacobien = abr
Utile pour les ellipses : {x²/a² + y²/b² ≤ 1}.
Changement affine
Pour les parallélépipèdes obliques, un changement linéaire simplifie le domaine.
Chapitre VIII — Premières notions d'équations aux
dérivées partielles

1. Introduction et classification
📌 Définition — EDP

Une équation aux dérivées partielles (EDP) est une relation entre une fonction
u(x₁, ..., xₙ) et ses dérivées partielles d'ordre 1, 2, ...
L'ordre d'une EDP est l'ordre maximal des dérivées qui y apparaissent.

Classification des EDP du second ordre


Pour L u = Σᵢⱼ aᵢⱼ ∂²u/∂xᵢ∂xⱼ + termes d'ordre 1 + ... = 0, on distingue :
• Elliptique : tous les valeurs propres de (aᵢⱼ) ont le même signe — ex : Δu = 0
• Parabolique : une valeur propre nulle — ex : équation de la chaleur ∂u/∂t = Δu
• Hyperbolique : valeurs propres de signes opposés — ex : équation des ondes ∂²u/∂t² =
c²Δu

2. Les EDP fondamentales


2.1 Équation de Laplace (équation harmonique)
📌 Équation de Laplace

Δu = ∂²u/∂x² + ∂²u/∂y² = 0 (en ℝ²)


Les solutions sont appelées fonctions harmoniques.
Propriété de la moyenne : u(x₀) = (1/|∂B|) ∮_{∂B} u dσ pour toute boule B centrée en x₀.
Applications : électrostatique, potentiel gravitationnel, hydrodynamique.

2.2 Équation de Poisson


Δu = f (f donnée)
C'est la version non-homogène de Laplace. La solution est donnée par convolution avec la
fonction de Green.

2.3 Équation de la chaleur


📌 Équation de la chaleur

∂u/∂t = κ Δu, κ > 0 (conductivité thermique)


u(x,t) représente la température au point x à l'instant t.
Solution fondamentale : K(x,t) = (4πκt)^{-n/2} exp(-|x|²/4κt)
Solution : u(x,t) = ∫ K(x-y, t) u₀(y) dy (convolution avec la donnée initiale)

2.4 Équation des ondes


📌 Équation des ondes

∂²u/∂t² = c² Δu (c = vitesse de propagation)


En dimension 1 : ∂²u/∂t² = c² ∂²u/∂x², solution générale : u = f(x-ct) + g(x+ct)
Formule de d'Alembert : u(x,t) = [u₀(x-ct) + u₀(x+ct)]/2 + (1/2c)∫ v₀ ds
Applications : acoustique, cordes vibrantes, électromagnétisme.

3. Méthodes de résolution
• Séparation des variables : u(x,t) = X(x)·T(t)
• Transformée de Fourier (en espace)
• Transformée de Laplace (en temps)
• Méthode des caractéristiques (EDP du premier ordre)
• Méthode de Green (solutions fondamentales)

4. Conditions aux limites


Problème de Dirichlet
u = g sur ∂Ω (valeur imposée au bord).
Problème de Neumann
∂u/∂n = g sur ∂Ω (dérivée normale imposée au bord).
Conditions mixtes
Combinaison des deux : αu + β ∂u/∂n = g sur ∂Ω.
Chapitre IX — Intégrales curvilignes

1. Courbes paramétrées
📌 Définition — Arc paramétré

Un arc paramétré de classe C¹ est une application γ : [a,b] → ℝⁿ de classe C¹.


γ'(t) est le vecteur tangent en γ(t).
L'arc est régulier si γ'(t) ≠ 0 pour tout t ∈ [a,b].
La longueur de l'arc est : L(γ) = ∫[a,b] ‖γ'(t)‖ dt

2. Intégrale curviligne d'une fonction scalaire


📌 Intégrale de longueur d'arc

Pour f : U ⊂ ℝⁿ → ℝ et γ : [a,b] → U arc de classe C¹ :


∫_γ f ds = ∫[a,b] f(γ(t)) ‖γ'(t)‖ dt
C'est une intégrale par rapport à la mesure de longueur d'arc.
Indépendante du paramétrage (à sens près).

3. Intégrale curviligne d'un champ de vecteurs


📌 Intégrale de ligne (circulation)

Pour F : U ⊂ ℝⁿ → ℝⁿ champ de vecteurs et γ : [a,b] → U :


∫_γ F · dr = ∫[a,b] F(γ(t)) · γ'(t) dt
En ℝ³ avec F = (P,Q,R) et γ = (x(t), y(t), z(t)) :
∫_γ F · dr = ∫[a,b] (P x' + Q y' + R z') dt = ∫_γ P dx + Q dy + R dz

✏ Interprétation physique

• La circulation ∫_γ F·dr représente le travail du champ F le long du chemin γ.


• Si F est conservatif (F = grad f), alors ∫_γ F·dr = f(γ(b)) - f(γ(a)) (indépendant du chemin).
• Pour un contour fermé γ : ∮_γ F·dr = 0 si F conservatif.

4. Indépendance du chemin
⬛ Condition d'exactitude

Soit F = (P,Q) un champ de classe C¹ sur un ouvert simplement connexe U ⊂ ℝ².


Les conditions suivantes sont équivalentes :
1. ∫_γ F·dr est indépendante du chemin dans U
2. ∮_γ F·dr = 0 pour tout contour fermé γ dans U
3. F est conservatif : ∃f telle que ∇f = F
4. rot F = 0, i.e. ∂P/∂y = ∂Q/∂x

5. Calcul de potentiel
Pour trouver f tel que ∂f/∂x = P et ∂f/∂y = Q :
• On intègre ∂f/∂x = P en x : f(x,y) = ∫P(x,y) dx + g(y)
• On détermine g(y) par la condition ∂f/∂y = Q
• On vérifie le résultat
Chapitre X — Formule de Green-Riemann

1. Domaines réguliers du plan


📌 Domaine à bord régulier orienté

Un domaine D ⊂ ℝ² est dit régulier si son bord ∂D est une courbe fermée de classe C¹ par
morceaux.
L'orientation positive (directe) de ∂D est telle que D est à gauche du parcours.
Autrement dit : on tourne dans le sens antihoraire autour de D.

2. Formule de Green-Riemann
⬛ Théorème de Green-Riemann

Soit D un domaine régulier borné de ℝ², et P, Q de classe C¹ sur un voisinage de D̄ .


Alors :
∮_{∂D} P dx + Q dy = ∬_D (∂Q/∂x - ∂P/∂y) dA
où ∂D est parcouru dans le sens positif (antihoraire).

✏ Cas particuliers importants

• Aire du domaine : A(D) = (1/2) ∮_{∂D} (x dy - y dx)


• Si rot F = 0 (i.e. ∂Q/∂x = ∂P/∂y) : ∮_{∂D} P dx + Q dy = 0
• Lien avec Stokes en 3D : Green-Riemann est un cas particulier de Stokes (n=2, surface
plane).

3. Applications de Green-Riemann
3.1 Calcul d'aires
La formule donne directement :
A(D) = ∮_{∂D} x dy = -∮_{∂D} y dx = (1/2) ∮_{∂D} (x dy - y dx)
Exemple : ellipse {x²/a² + y²/b² ≤ 1}
Paramétrisation : x = a cosθ, y = b sinθ, θ ∈ [0, 2π]. On trouve A = πab.

3.2 Formules de Green (version intégration par parties)


⬛ Première formule de Green

∬_D f Δg dA = ∮_{∂D} f (∂g/∂n) ds - ∬_D ∇f · ∇g dA


où ∂g/∂n = ∇g · n est la dérivée normale extérieure.

⬛ Deuxième formule de Green (symétrique)

∬_D (f Δg - g Δf) dA = ∮_{∂D} (f ∂g/∂n - g ∂f/∂n) ds


Cette formule est symétrique en f et g. Elle est fondamentale en physique mathématique.

4. Preuve de Green-Riemann (idée)


On décompose la formule en deux parties :
∮ P dx = -∬_D ∂P/∂y dA et ∮ Q dy = ∬_D ∂Q/∂x dA
Chaque partie se montre pour un domaine 'simple' (de type y = φ(x) ou x = ψ(y)) puis on se
ramène au cas général par découpage.
Chapitre XI — Intégrales de surface

1. Surfaces paramétrées
📌 Définition — Surface paramétrée

Une surface paramétrée de classe C¹ est une application Φ : D ⊂ ℝ² → ℝ³ de classe C¹.


Φ(u, v) = (x(u,v), y(u,v), z(u,v))
Les vecteurs ∂Φ/∂u et ∂Φ/∂v sont les vecteurs tangents.
La surface est régulière si (∂Φ/∂u) × (∂Φ/∂v) ≠ 0 (les tangentes sont indépendantes).

📌 Vecteur normal et élément de surface

Le vecteur normal à la surface est : N = (∂Φ/∂u) × (∂Φ/∂v)


L'élément d'aire vectoriel est : dS = N du dv
L'élément d'aire scalaire est : dσ = ‖N‖ du dv
L'aire totale de la surface est : A(S) = ∬_D ‖N(u,v)‖ du dv

2. Intégrale de surface scalaire (flux scalaire)


📌 Intégrale de surface — champ scalaire

Pour f : U ⊂ ℝ³ → ℝ et Φ : D → U :
∬_S f dσ = ∬_D f(Φ(u,v)) ‖(∂Φ/∂u) × (∂Φ/∂v)‖ du dv

Cas d'un graphe z = g(x,y)


dσ = √(1 + (∂g/∂x)² + (∂g/∂y)²) dx dy

3. Intégrale de surface d'un champ de vecteurs (flux)


📌 Flux d'un champ de vecteurs

Pour F : U → ℝ³ et S surface orientée de normale unitaire n :


∬_S F · dS = ∬_S F · n dσ = ∬_D F(Φ(u,v)) · N(u,v) du dv
où N = (∂Φ/∂u) × (∂Φ/∂v) (non normalisé, orienté).
Le flux mesure la quantité de F traversant la surface S.

✏ Orientation des surfaces

Pour une surface fermée (sphère, tore), on choisit la normale sortante.


Pour une surface ouverte, l'orientation est liée au bord par la règle de la main droite.
Changer l'orientation change le signe du flux.

4. Théorème de la divergence (Gauss-Ostrogradski)


⬛ Théorème de Gauss-Ostrogradski

Soit Ω ⊂ ℝ³ un ouvert borné à bord régulier orienté vers l'extérieur, F champ de classe C¹.
Alors :
∬_{∂Ω} F · n dσ = ∭_Ω div F dV
Autrement dit : le flux sortant à travers la surface = intégrale de la divergence dans le
volume.

Applications du théorème de Gauss


• Loi de Gauss en électrostatique : ∯_{∂Ω} E · n dσ = Q_enc / ε₀
• Conservation de la masse en mécanique des fluides : div(ρv) = -∂ρ/∂t
• Principe d'Archimède : calcul de la poussée hydrostatique
Chapitre XII — Théorème de Stokes

1. Énoncé du théorème
⬛ Théorème de Stokes

Soit S une surface orientée de classe C² à bord ∂S orienté de manière compatible,


et F un champ de vecteurs de classe C¹ sur un voisinage de S. Alors :
∮_{∂S} F · dr = ∬_S (rot F) · dS = ∬_S (rot F) · n dσ
Le sens de ∂S est déterminé par la règle de la main droite par rapport à n.

✏ Règle d'orientation (main droite)

Si la normale n de S est vers le haut, ∂S doit être parcouru dans le sens antihoraire
(vu du dessus, i.e. dans le sens où n pointe).
Green-Riemann est le cas particulier de Stokes pour S ⊂ ℝ².

2. Cas particuliers et applications


2.1 Lien avec Green-Riemann
Pour S = D ⊂ ℝ² (surface plane), avec n = k et F = (P, Q, 0) :
rot F · k = ∂Q/∂x - ∂P/∂y
Et on retrouve exactement la formule de Green-Riemann.

2.2 Champs solénoïdaux et conservatifs


⬛ Conséquence : champs conservatifs

Si rot F = 0 sur un ouvert simplement connexe, alors pour toute surface S :


∮_{∂S} F · dr = ∬_S (rot F) · dS = 0
Cela confirme que F est conservatif (circulation nulle sur tout contour fermé).

3. Applications physiques
3.1 Loi de Faraday (électromagnétisme)
La loi de Faraday s'écrit :
∮_{∂S} E · dr = -d/dt ∬_S B · dS
Via Stokes : rot E = -∂B/∂t (forme locale de la loi de Faraday).
3.2 Loi d'Ampère (magnétostatique)
∮_{∂S} B · dr = μ₀ I_enc. Via Stokes : rot B = μ₀ J.

3.3 Calcul de circulations


Le théorème de Stokes permet de remplacer un calcul de circulation (1D) par un calcul de flux de
rotationnel (2D), ou vice-versa, selon le plus simple.

4. Version générale : le théorème de Stokes-Cartan


⬛ Théorème de Stokes généralisé

Pour une p-forme différentielle ω de classe C¹ sur une variété orientée M à bord ∂M :
∫_{∂M} ω = ∫_M dω
Ce théorème unifie : Green-Riemann (p=1, n=2), Gauss-Ostrogradski (p=2, n=3),
Stokes classique (p=1, n=3), et le théorème fondamental du calcul (p=0).

5. Récapitulatif des grandes formules


Théorème Formule Domaine

Green-Riemann ∮_{∂D} Pdx+Qdy = ∬_D (∂Q/∂x - D ⊂ ℝ²


∂P/∂y) dA

Gauss-Ostrogradski ∬_{∂Ω} F·n dσ = ∭_Ω div F dV Ω ⊂ ℝ³

Stokes (classique) ∮_{∂S} F·dr = ∬_S rot F · dS S surface ⊂ ℝ³

Stokes-Cartan ∫_{∂M} ω = ∫_M dω M variété

— Fin du cours —

Intégrales dans ℝⁿ et Dépendance Paramétrique

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