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Correction Dissertation Rousseau

La dissertation explore la relation entre l'homme et la nature à travers les écrits de Jean-Jacques Rousseau, soulignant que l'oubli de soi est essentiel pour éprouver un sentiment d'appartenance à la nature. Elle examine également les œuvres de Canguilhem, Jules Verne et Marlen Haushofer pour illustrer comment la solitude et la contemplation permettent une identification avec le monde naturel, tout en questionnant la possibilité d'une expérience véritablement non anthropocentrée. Enfin, elle conclut que, malgré les efforts pour se fondre dans la nature, l'humain reste limité par sa conscience et son jugement.

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La dissertation explore la relation entre l'homme et la nature à travers les écrits de Jean-Jacques Rousseau, soulignant que l'oubli de soi est essentiel pour éprouver un sentiment d'appartenance à la nature. Elle examine également les œuvres de Canguilhem, Jules Verne et Marlen Haushofer pour illustrer comment la solitude et la contemplation permettent une identification avec le monde naturel, tout en questionnant la possibilité d'une expérience véritablement non anthropocentrée. Enfin, elle conclut que, malgré les efforts pour se fondre dans la nature, l'humain reste limité par sa conscience et son jugement.

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Correction dissertation Rousseau Expériences de la nature 2025/2026

Correction dissertation Rousseau


La fin du XVIIIe siècle est marquée par les débuts d’une culture du plein air, l’ascension des monts
alpins initiant l’essor de la marche, activité qui allait remporter l’engouement de toute une génération
d’écrivains romantiques. Les Rêveries du promeneur solitaire semblent d’ores et déjà faire état de cette
nouvelle sensibilité. Jean-Jacques Rousseau exprime en effet le sentiment de plénitude que lui procure le
fait de s’abstraire du monde social : « Je médite, je ne rêve jamais plus délicieusement que quand je
m’oublie moi-même. Je sens des extases, des ravissements inexprimables à me fondre pour ainsi dire dans
le système des êtres, à m’identifier avec la nature entière. » Ce propos, écrit à la première personne du
singulier, est à l’image de la rêverie dont il se réclame : empruntant le vocabulaire de l’évasion, avec le
lexique onirique comme « rêve », « ravissements », l’intitulé se présente comme un développement de
deux phrases dont l’amplitude s’accroit au fil de l’écriture. Le promeneur solitaire évoque ainsi le plaisir
d’être seul, qui est moins une privation du monde social, qu’une véritable émancipation. En effet, la
méditation bienheureuse à laquelle il s’adonne le conduit à un tel état qu’il éprouve un sentiment
d’appartenance à la nature, une fusion « dans le système des êtres ». Ainsi, le passage du « je » sujet au
« je » objet semble célébrer une dissolution du moi dans « la nature entière ». Ce passage du « je »
anthropocentré à un moi qui fait corps avec ce qui l’entoure est proche de l’ineffable : l’adjectif
« inexprimable », l’expression lexicalisée « pour ainsi dire » le traduisent. Dès lors, le propos exprime
bien le décentrement d’une conscience qui s’abîme dans l’environnement au point de s’oublier. Toutefois,
le fait même que Jean-Jacques Rousseau emploie trois fois la première personne du singulier en position
de sujet et trois fois en position d’objet crée un paradoxe : l’expérience contemplative, telle qu’elle
s’exprime ici, affiche le nécessaire oubli de soi, quand, dans le même temps, elle est l’occasion de répéter
et de réaffirmer l’importance du sujet qui perçoit. N’y a-t-il pas une contradiction entre l’oubli de soi et
l’usage réitéré du « je » ? Dès lors l’expérience non anthropocentrée relève-t-elle d’une construction de
langage ou bien est-elle possible ? Compte tenu de cette difficulté, on pourra donc se demander s’il est
possible pour le « moi » de faire abstraction de son anthropocentrisme pour éprouver son appartenance à
la nature. Pour étayer cette question, on s’appuiera sur la lecture de l’œuvre de Canguilhem, publiée en
1952, intitulée La Connaissance de la vie, ainsi que celle de deux romans, Vingt Mille Lieues sous les
mers, de Jules Verne, écrit au cours des années 1868 et 1869 ainsi que Le Mur invisible, de l’écrivaine
autrichienne Marlen Haushofer, rédigé près d’un siècle plus tard, soit en 1963. Ce vaste empan nous
permettra d’examiner dans un premier temps la nécessité de l’oubli de soi pour éprouver le sentiment
d’appartenance à la nature. Cet examen préalable nous conduira cependant à mettre en doute cette
possibilité d’échapper à soi-même lorsqu’on est humain. Dans ces conditions, il nous apparaîtra alors que
la conscience humaine fait moins obstacle à la dissolution du moi dans le tout qu’elle ne décuple et
amplifie le sentiment d’appartenir à un ensemble plus vaste.

I. L’oubli de soi, condition nécessaire pour faire l’expérience de la nature


L’oubli de soi-même est exposé par Jean-Jacques Rousseau comme la condition d’une expérience
réelle de la nature.
Véritable état de grâce, la solitude est décrite comme le décentrement d’un « moi », qui sent avec
plus d’acuité combien il relève à son tour du milieu qui l’entoure. Le questionnement conduit par
Canguilhem nous aide à penser le bien-fondé de cette idée. En effet, le propos de Jean-Jacques Rousseau
semble bien incompatible avec l’idée que l’humain puisse se concevoir comme « un être transcendant à la
nature et à la matière » (p.138), legs du cartésianisme que le chapitre « Machine et organisme » de La
Connaissance de la vie soumet à examen critique. En somme, ce que décrit Jean-Jacques Rousseau se
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présente comme une expérience où l’humain se « déshumanise » en quelque sorte : il s’éprouve enfin
comme une partie de la nature comprise dans la nature ; les verbes « se fondre », « s’identifier »
témoignent du fait qu’il ressent les points communs qui le lient aux autres vivants. C’est ce caractère
commun avec les animaux que la narratrice du Mur invisible explore. Ainsi, la mort de Lynx est à ce point
douloureuse qu’elle conduit le personnage féminin à rêver « souvent d’animaux ». L’état de solitude est
tel qu’il la conduit à faire l’expérience d’une intersubjectivité qui se traduit dans ses rêves par un langage
commun : « Ils [Les animaux] me parlent comme des humains et dans mes rêves cela semble tout
naturel ». (p. 174). Ces rêves s’accentueront à mesure que son immersion au sein de son environnement
sera plus dense : « Dans mes rêves, je mets au monde des enfants qui sont indifféremment des humains,
des chats, des chiens, des veaux, des ours et d’étranges êtres couverts de poils. Mais tous naissent de moi
et il n’y a rien en eux qui puisse m’effrayer ou me rebuter » (p. 274). Le fait que le subconscient de la
narratrice exprime la possibilité qu’elle puisse donner naissance à des êtres autres qu’humains témoigne
de l’assimilation de son état à celui des autres êtres. Enfin, dans Vingt Mille Lieues sous les mers, la pêche
dans le Pacifique aux abords de l’île Crespo (I, 18) est l’occasion d’une méditation de Nemo sur
« l’élément » marin, qualifié d’ « organisme ». En déclarant qu’il le perçoit comme un « élément de vie
pour des myriades d’animaux », et en ajoutant la parenthèse « - et pour moi ! » , le capitaine suggère les
points communs qui le relient aux autres espèces qui se nourrissent de l’océan – la nature de ses repas,
purement composés de mets issus du milieu marin accrédite ce point de vue. Le chapitre X de la première
partie, intitulé « L’homme des eaux », est l’opportunité de célébrer l’appartenance du personnage de
Nemo au milieu marin dans lequel il évolue. Le premier festin de mets octroyés par les mers, qu’il offre à
ses « invités », justifie le titre de cette section, l’homme assimilant la mer au « véhicule d’une surnaturelle
et prodigieuse existence », à « l’infini vivant ». En somme, le personnage se conçoit comme un au sein
de la nature. Cette façon de concevoir le capitaine sera remotivée à la fin du roman puisqu’Aronnax, en
état d’anxiété avant de quitter le Nautilus, rêvera que le maître de bord « n’était plus [s]on semblable,
c’était l’homme des eaux, le génie des mers ». Ainsi, l’appartenance de cet homme à la nature semble
faire écho au propos de Rousseau.
En somme, le point de vue énoncé par Jean-Jacques Rousseau a le mérite de montrer les effets de la
solitude, état qui favorise l’identification de soi avec « le système des êtres ». La privation de la
compagnie des autres humains semble en effet rendre l’humain plus disponible à la compagnie des autres
vivants, plus à l’écoute de ce qui l’entoure. Le « ravissement » est possible dès lors que l’humain n’est
plus accaparé par la vie sociale, qui tend à maintenir le monopole des relations entre les êtres vivants.
Vingt Mille Lieues sous les mers semble en effet conforter cette hypothèse : le choix de Nemo de renoncer
à son nom et d’adopter, à la manière d’Ulysse face au Cyclope dans l’Odyssée, le nom d’un anonyme,
permet au capitaine de choisir la condition d’apatride pour mieux se fondre au sein de la nature. De
même, la narratrice du Mur invisible reconnaît que c’est le caractère extrême de sa situation qui la conduit
à éprouver plus amplement l’unité avec le vivant. Peu à peu, sa transformation se dessine, les soucis
peuvent laisser la place à des moments d’extase. La phrase « Le soleil, la large étendue du ciel au-dessus
des prés et le parfum qui s’en dégageait me transformaient lentement en une femme étrangère » (p.212)
témoigne de cette relativisation de la position humaine. Les éléments – lumière, azur – qui se mêlent par
ailleurs à des sensations -l’odorat – sont en position de sujet dans la phrase et témoignent de cet état de
disponibilité à l’environnement. Cette disponibilité d’esprit peut aussi être celle de l’expérimentation
méthodique, évoquée par Canguilhem. En effet, la discipline requise par l’observation oblige le
scientifique à faire abstraction de lui-même pour percevoir la spécificité du vivant.
Effectivement, se fondre « dans le système des êtres », s’identifier « avec la nature entière » passe
par la mise en sourdine de la rationalité humaine. C’est à ce prix, aux yeux de Rousseau, que l’individu
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ressaisit son appartenance à la nature. L’état de « méditation » semble laisser libre cours à des pensées qui
vont leur train, à la manière d’une promenade. Ainsi, l’imaginaire supplante l’intellect et permet de mieux
réaliser à quel point l’humain fait partie de la nature. Vingt Mille Lieues sous les mers dépeint l’extase qui
s’empare du capitaine, qui se fait alors rousseauiste, l’abondance d’exclamations emphatiques traduisant
l’émoi d’un Nemo qui se défait de sa discrétion pour se livrer lui aussi à un discours plus emphatique et
poétique que rationnelle ; la mer est alors décrite comme l’origine et la fin de la vie, l’analogie sonore
mer/mère étant alors autorisée: « Ah ! m’écriai-je, je comprends la vie de cet homme ! Il s’est fait un
monde à part qui lui réserve ses plus étonnantes merveilles ! » (I,14). De même, les soirées à l’alpage sont
l’occasion pour la narratrice du Mur invisible de faire l’expérience du décentrement, l’état contemplatif
correspondant à un « éloignement de soi-même » si intense qu’il devient dangereux puisqu’il est
susceptible de faire oublier les besoins essentiels à la vie humaine. La pensée se dissout ainsi dans la
considération du « grand jeu du soleil, de la lune et des étoiles », « qui n’avait pas été inventé pour les
hommes » (p. 244-245). Cette nouvelle considération de l’humain devant l’infini corrobore donc le
propos de Jean-Jacques Rousseau. La renonciation à l’identification d’une signification du malheur qui
lui est arrivé fait partie de cette expérience pour la narratrice du Mur invisible. Enfin, si le savant ne fait
évidemment pas abstraction de sa raison, il n’en demeure pas moins qu’il a tout intérêt à se défendre de sa
propre disposition à se faire « juge » et non partie de la nature ; car « la connaissance, tant qu’elle
n’accepte pas de se reconnaître partie et non juge, instrument et non commandement, écarte [l’homme de
la vie]. » Si le savant n’est pas un promeneur qui s’abîme dans des rêveries poétiques, il n’en partage pas
moins avec ce dernier une occultation partielle de soi-même, s’adonnant par le biais de l’expérimentation
à une contemplation active de la spécificité et de la variété du vivant.
[Transition] Ainsi, l’expérience vécue par le philosophe des Lumières se présente comme le récit
d’une expérience désanthropocentrée. Au sein de la nature, l’humain ressentirait sa juste place au point de
s’abstraire de lui-même, de se « dés/humaniser » en quelque sorte. Néanmoins, cette expérience de la
nature n’est-elle pas une construction de langage ? Le simple fait que le « je » soit mentionné quatre fois
dans la citation n’est-il pas la preuve par les faits de l’impossibilité de se défaire de soi ?

II. Toutefois, une expérience de la nature qui se passe de l’anthropocentrisme est-


elle effective ? L’humain peut-il occulter ce qu’il est pour sentir ?
A. Il semble impossible de remettre en cause la possibilité pour l’humain de faire totalement
abstraction de ce qu’il est, de sa conscience, pour s’identifier à ce qui l’entoure.
GC : L’exemple du hérisson, qui clôt le chapitre de la partie « Méthode » intitulé
« l’expérimentation en biologie animale », témoigne de la difficulté à se mettre à la place de ce petit
animal couvert de piquants. Le premier réflexe, qui consiste à considérer que les hérissons traversent nos
routes, révèle combien il est difficile de se défaire de ses propres tendances.
MH : La narratrice du Mur invisible elle-même, qui entretient une relation dense et riche à ce qui
l’entoure, fait le constat de son impossibilité à s’identifier à certains individus plutôt qu’à d’autres : « Et
les insectes, comme ils me restent étrangers » (p. 293). La différence de proportions entre homme et
insecte est un véritable obstacle à l’identification, l’empathie ne pouvant aisément naître. Cette même
difficulté, la narratrice la rencontre lorsqu’elle évoque les poissons, notamment les truites, dont elle ne
parvient pas à saisir le bien-être au sein de leur milieu : « Ma faculté d’imagination est très limitée, elle
n’arrive pas à pénétrer jusqu’à la chair lisse et blanche des animaux à sang froid » (p. 293). Par opposition
à la catégorie des vivants à sang chaud à laquelle la narratrice appartient, cette catégorie d’êtres à sang
froid ne parvient pas à provoquer en elle un réflexe d’empathie ou d’identification.

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*JV : le cachalot, II,12, prête à des commentaires qui révèlent la résistance à toute identification. →
usage de termes axiologiques : le spécimen est décrit comme « un animal disgracieux, plutôt têtard que
poisson », « mal construit », voire « manqué dans toute la partie gauche de sa charpente » → preuve que
l’homme garde un réflexe de jugement moral.
[Link] l’individu cherche à se fondre dans la nature, à l’éprouver, à l’épouser, il éprouve les
limites de cette expérience, et se voit sentir et juger comme un humain.
MH : « Je reste un être humain qui pense et qui sent, écrit-elle, et je ne pourrai pas perdre l’habitude
de le faire. » (p.246) → la narratrice éprouve ses propres limites à s’identifier à la nature, cette entité
impassible qui lui est d’ailleurs parfaitement indifférente. La propension à l’analyse, l’exercice du
jugement semblent faire obstacle à une symbiose totale entre un « moi » humain et ce qui l’entoure.
JV : « l’homme des eaux », celui dont le nom témoigne de l’appartenance à son milieu, ne lui
échappe pas moins : en effet, il reste celui qui verse des larmes dans le chapitre intitulé « Le Cimetière de
corail » (II,5) Cette marque d’émotivité témoigne bien d’une sensibilité toute humaine et d’une empathie
vis-à-vis de son prochain, de celui qui lui ressemble et auquel il était attaché. Ainsi, l’identification au
Tout, semble relever, dans le cas du capitaine Nemo, d’un acte volontaire, d’une posture de révolte qui
masque mal la persistance d’un « moi » bien humain, dont les blessures constituent les principaux
mobiles.
GC :que le savant lui-même crée des machines à partir de ce qu’il connaît à savoir son propre
organisme témoigne bien de cette difficulté à mesurer l’ampleur du réflexe anthropocentriste.
C. Dans ces conditions, la dissolution du moi au sein de la nature semble moins une réalité qu’une
construction de langage, qu’une fiction passagère.
L’expression « pour ainsi dire », qu’emploie Jean-Jacques Rousseau, prête, de fait, à commentaire. Le
récit d’un moment d’extase, de fusion de soi avec la nature, est tout de même mis à distance par le
philosophe lui-même qui conçoit combien ce qu’il relate n’aboutit pas véritablement et combien
l’expérience d’union d’un « moi » au sein de la nature est toute incomplète et relative, l’homme gardant la
conscience de ce qu’il est.
JV : à la question de l’Ecclésiaste, qui clôt Vingt mille lieues sous les mers, « Qui a jamais pu
sonder les profondeurs de l’abîme » ? le narrateur répond « le capitaine Nemo et moi ». →La conclusion
du roman sur le mot « moi » témoigne de la persistance du « je », d’une conscience narcissique dans
l’expérience de la nature.
MH : tendances de la narratrice à projeter sur l’animal ses propres états d’âme, tendance qui peut
faire songer à l’anthropomorphisme : quand bien même celle-ci semble faire abstraction de sa nature
proprement humaine, l’attention qu’elle porte à la corneille blanche semble bien traduire sa volonté de
confondre son sort à elle et celui de l’oiseau dans un parallèle poétique → correspondance possible entre
la situation de la corneille blanche, « rejetée », « bannie » et « solitaire » et celle de la narratrice, mise à
l’écart du phénomène étrange qui a annihilé tous ses repères.
GC : propension du savant à « diviser » plutôt qu’à « voir », à décomposer et à analyser, plutôt qu’à
saisir dans un ensemble.
[Transition] La dissolution du moi dans le tout, si elle semble bel et bien viser un décentrement
salutaire par rapport à une vision anthropocentrée, est moins avérée qu’il ne le semble de prime abord. La
conscience dont l’homme dispose est précisément une singularité qui fait obstacle à l’expérience d’une
dissolution de son moi dans le tout et qui limite son expérience de la nature en tant qu’être naturel.

MP/MPI 4 (N. Landon)


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III. Si l’homme ne peut se départir de son humaine condition, il faut admettre que
l’intellect décuple, en l’homme, la finesse d’appréciation de ce qui l’entoure.
[Link] et langage doivent permettre, paradoxalement, de faire l’expérience d’une immersion
au sein de la nature.
GC : Paradoxe : c’est l’intelligence humaine, cet outil qui, précisément, discrimine, évalue et
sépare, qui doit permettre de se fondre dans la nature aussi vrai que, « même avec l’aide de l’intelligence,
nous avons besoin parfois de nous sentir bêtes. » (p. 16). →Vertu du rationalisme raisonnable, qui doit se
savoir exposé à la déraison de sa raison.
JV : l’intelligence de Nemo, qui est moins une barrière qu’une condition de possibilité
d’expérience, lui permet paradoxalement d’élaborer les moyens de se fondre au sein de la nature et de
faire corps avec elle, l’embarcation ayant tous les atours des organismes qui peuplent les mers, à la fois en
matière de propulsion comme d’apparence.
MH : c’est l’écriture, soit le langage conscient, qui permet à la narratrice d’en arriver, à la fin du
roman, à l’acceptation de sa finitude : « A présent je suis très calme. Il m’est possible de voir un peu plus
loin. Je vois que ce n’est pas la fin. Tout continue » (p. 321). L’intelligence, paradoxalement, lui apprend
à ne pas tout ramener à elle-même. L’abandon de la plume, du stylo, lui permettra donc d’accomplir un
pas supplémentaire vers sa condition d’être au sein du vivant. En somme, c’est grâce à l’intelligence que
la narratrice éprouve l’humilité nécessaire.
B. Car l’intelligence doit pouvoir amplifier l’expérience de la nature. →contemplation = acte à la
fois sensoriel et intellectuel.
JV : importance du savoir au sein du roman/ place centrale de la bibliothèque au sein du Nautilus.
Connaître, établir des nomenclatures, classer, consigner, c’est ajouter à l’expérience sensorielle
l’expérience de l’esprit et accroître l’émerveillement. →importance des « etc » qui suggèrent tout ce qui
n’est pas dit et qui invitent le lecteur à prendre la mesure de l’incommensurable.
MH : l’intelligence pousse la narratrice à observer : exercice de l’intelligence à reconnaître les
plantes comestibles, les endroits où elles poussent (les framboisiers), description précise de la vie des
animaux, de leurs mouvements + accroissement de l’émerveillement grâce à l’observation : perception
accrue de certains végétaux, qu’elle ne voyait pas avant (les rhododendrons), de couleurs : « C'est
seulement alors que je pus voir que les rhododendrons étaient en fleurs. Ils s'étiraient le long de la pente
en un long ruban rouge » (p. 72). Ainsi, le récit de « l’immersion » au sein de la nature reste nécessaire.
La fiction d’un moi en pleine nature participe en effet de la déconstruction de l’anthropocentrisme.
GC : Le rationalisme raisonnable accroît la possibilité d’apprécier la variété du vivant, tout en
appréciant la propre spécificité biologique de l’homme.

MP/MPI 5 (N. Landon)

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