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Le Precambrien: Dr. Ahmed Ould Lekourie

Le Précambrien, période géologique s'étendant de 4,6 à 0,6 milliards d'années, est divisé en trois subdivisions : Hadéen, Archéen et Protérozoïque, marquées par la formation de la Terre, l'émergence des premiers blocs continentaux et des changements atmosphériques. Les terrains précambrien sont souvent dépourvus de fossiles, bien que des traces de vie, comme les stromatolithes, aient été identifiées, et la vie aquatique a connu une diversité croissante vers la fin de cette période. Les roches typiques incluent les orthogneiss TTG et les formations de fer rubanées, qui témoignent des processus géologiques complexes de cette époque.

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Le Precambrien: Dr. Ahmed Ould Lekourie

Le Précambrien, période géologique s'étendant de 4,6 à 0,6 milliards d'années, est divisé en trois subdivisions : Hadéen, Archéen et Protérozoïque, marquées par la formation de la Terre, l'émergence des premiers blocs continentaux et des changements atmosphériques. Les terrains précambrien sont souvent dépourvus de fossiles, bien que des traces de vie, comme les stromatolithes, aient été identifiées, et la vie aquatique a connu une diversité croissante vers la fin de cette période. Les roches typiques incluent les orthogneiss TTG et les formations de fer rubanées, qui témoignent des processus géologiques complexes de cette époque.

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LE PRECAMBRIEN

Dr. Ahmed ould lekourie


Plan
I. Définition et limites
II. Aperçu sur la faune, la flore et l’atmosphère
III. Croissance crustale
IV. Précambrien du craton de l’Afrique de l’Oust
V. Précambrien en Mauritanie
Définition
Les terrains d’âge Précambrien affleurent d’une façon
générale dans les vieux boucliers déformés,
métamorphisés et actuellement stabilisés. Ces terrains
sont appelés cratons
.
Ces terrains anciens se retrouvent souvent sous forme de
noyaux relictuels repris dans des chaînes plus récentes.
Exemple : des noyaux archéens observés dans des chaînes
birimiennes ou panafricaines.
Répartition géographique des grandes
provinces Précambriennes
limites

La limite inférieure du Précambrien

n’est pas bien définie. Cependant, avec le


développement des méthodes de datation, les
terrains les plus anciens actuellement datés,
donnent un âge entre 3,8 et 4 Ga (Australie).
Si nous observons l’histoire du Système Solaire , on
estime la formation du Soleil il y a 4,7 Ga et celle de la
Protoplanète (c’est à dire le 1er élément qui aurait
évolué pour donner la Terre) il y a 4,6 Ga. Ce hiatus
entre 4,6 et 4 Ga correspond à la différenciation de la
Protoplanète jusqu’à aboutir à la formation des
différentes structures de la terre.
La limite supérieure du Précambrien
n’est pas bien définie, on pense que la base du Cambrien
(donc la limite supérieure du Précambrien) serait définie
par l’apparition des premiers Trilobites ce qui marquerait
donc l’abondance de fossiles dans les roches, ce qui serait
aussi caractéristique de la vie.
Souvent la base du Cambrien repose sur des
formations plissées qui posent problème et appelées
Infracambrien. Quand la base du Cambrien est bien
définie, on a l’Eocambrien qui correspond à des
formations de type tillites (dépôts glaciaires).
Dans les formations précambriennes, on pense que
les plus récentes seraient jusqu’à 600 Ma ou (540
Ma). Ce qui veut dire que le Précambrien aurait duré
de 4 à 4,6 Ga. Les 600 Ma jusqu’à l’Actuel
correspondraient au Phanérozoïque c’est -à-dire du
Cambrien jusqu’à l’Actuel.

Dans le Précambrien, on distingue trois subdivisions


majeures (Figure) : l’Hadéen, l’Archéen et le
Protérozoïque.
L'Hadéen
(-4,6 à -4 Ga) qui correspond à la formation et à la
stabilisation de la Terre primitive avec la période de
l'océan magmatique, de la différenciation du noyau
métallique (-4,6 à -4,4 Ga) et la formation de la proto-
croûte continentale (-4,4 à -4,0 Ga). Les températures
ont déjà suffisamment diminué pour permettre un
océan et une hydrosphère.

Vue d'artiste sur l'aspect de


la Terre au cours de
l'Hadéen
Les terrains archéens

Bien que l’Archéen soit présent dans toutes les parties du


monde, il est remarquable de noter que seule une poignée
des terrains de cet âge ont été réellement étudiés en détail.
Tous ne sont pas aussi bien connus; les plus étudiés sont
naturellement ceux qui affleurent dans de bonnes
conditions, sont facilement accessibles, sont situés dans
des pays riches, et sont riches en mines. Il y a aussi un
fort intérêt scientifique pour ceux de ces cratons où l’on
trouve des roches particulièrement vieilles.
Présentation de la géologie de l’Archéen

Les terrains Archéens se composent, en général, d’une


“trilogie” assez typique :

1. Un “socle” gneissique, formés d’un ensemble plus ou


moins composite, Plus ou moins déformé, que l’on
appelle collectivement “gneiss gris”. Le composant
essentiel des gneiss gros est un orthogneiss de nature
sodique, qui définit une série dite TTG (tonalite–
trondhjemite–granodiorite).
2. Des ensembles de laves et de sédiments, généralement
métamorphisés en faciès schiste vert. On parle de
“ceintures de roches vertes” (CRV). Leurs relations
avec le socle gneissique sont complexes, et à vrai dire
assez variables.

3. Des plutons “potassiques” ”tardifs”, qui sont des


intrusions de granites et de granodiorites non ou peu
gneissique, post-tectonique. Les deux termes sont entre
guillemets, car il s’avère que la nature de ces plutons n’est
pas forcément très différente de celle des composants
granodioritiques des TTG.
Les terrains protérozoïques

Le Protérozoïque est une période relativement


mal connue. Elle n’a pas l’étrangeté de
l’Archéen (en termes de roches ou de
structures),mais elle reste assez différentes de
la Terre actuelle. Deux types d’objets
géologiques caractérisent cette période :
Les ceintures mobiles
Au Protérozoïque, on observe une diférence importante
entre deux types de domaines : les cratons, et les ceintures
mobiles.
Les cratons sont des blocs rigides, qui ne connaissent que
peu d’activité géologique d’origine profonde (ce qui ne les
empêche pas d’être fracturés, recouverts de sédiments, de
laves, etc.).
Ce sont sans doute des blocs protégés par une épaisse racine
lithosphérique, réfractaire et froide, qui empêche la
déformation de la lithosphère, et limite les processus dans le
manteau sous-cratonique.
Entre les cratons se trouvent des “ceintures
mobiles”, c’est à dire des zones, à l’inverse, très
métamorphisées (en faciès granulite en général),
partiellement fondues, fortement déformées.

Les ceintures mobiles marquent la limite entre différents


fragments de cratons, qui sont soudés le long de ces
structures : il s’agit donc, probablement, des racines de
chaînes de montagnes anciennes.
Mais ces régions ne présentent pas que des
similarités avec les chaînes de montagnes
modernes (pas d’ophiolites, pas ou peu de
preuves de sutures océaniques, pas ou peu de
métamorphisme de haute pression), si bien qu’on
peut s’interroger sur la nature des processus
orogéniques du Protérozoïque.
Le magmatisme basique

A l’intérieur des cratons, on observe souvent un


important magmatisme basique. Le plus souvent,
il prend la forme de filons de dolérites, qui
hachent les terrains anciens; il n’est pas rare de
voir plusieurs jeux de filons, chacun avec sa
direction structurale. Ces filons sont souvent
impressionnants, pouvant atteindre des dizaines
de mètres d’épaisseur, et se suivre sur des
kilomètres sur le terrain.
Parfois, les magmas basiques,
probablement piégés dans des niveaux
particuliers de la croûte, forment des
complexes basiques plutoniques. Ils
dévellopent alors des litages complexes,
qui témoignent de processus d’évolution
de la chambre magmatiques.
Aperçu sur la flore, la faune
et l’atmosphère
Les formations précambriennes sont très pauvres en
fossiles voire azoïques (signifie qu’un milieu ne comporte
aucune vie animale, ou qu’un terrain ne présent aucune
trace de vie fossile).
• Les études actuelles montrent que depuis l’archéen, il
existait des traces de vie. Par exemple dans le
Précambrien supérieur, il a été défini des Stromatolithes
qui sont en réalité des dépôts laminaires concentriques
de calcite dus à des algues de type Cyanophycées.
Les études actuelles ont révélé dans les BIF
(Banded Iron Formation) c’est à dire des
formations rubanées contenant du fer et parfois
de la matière organique, la présence de bactéries
qui seraient responsables du rubanement observé
sur la roche.
• Les BIF sont développés dans des
formations très anciennes datées de
l’Archéen.
Concernant l’atmosphère, il y a deux hypothèses :
Certains disent que l’atmosphère était acide : océan
acide avec un pH = 6,5 à 7 et eau de pluie avec pH =
2,5.
D’autres disent que l’atmosphère est basique. Dans
ce cas, on a un océan sodique. Leur théorie est ainsi
appelée: SOH (Sodo Ocean Hypothesis).
Vers -800 Ma apparaissent les premiers métazoaires = invertébrés
marins peu complexes, et sans test (sans coquille) représentés –
entre autre - par des méduses alors que le taux d'O2 = 5% du taux
actuel.
C'est dans un dépôt en Australie (Ediacara Hills au Nord
d'Adélaïde) daté de -670 à -570Ma qu’on a identifié les premiers
métazoaires connus sous le nom de faune d’Ediacara (fig.). Celle-ci
est représentée par des organismes à symétrie radiale ou bilatérale,
sans structures squelettique, médusoïdes pélagiques et fixées,
constitués de feuillets minces indiquant des échanges avec le milieu
par diffusion ionique et gazeuse (sans la participation d'organes
complexes).
A la fin du Précambrien, la vie se limite au milieu
aquatique; elle est marquée par une très grande
diversité d'espèces unicellulaires et
pluricellulaires. La plupart des groupes actuels
étaient présents à cette époque; d'autres ont
disparues depuis, y compris la faune d’Ediacara
qui s’est éteinte il y a environ -550 millions
d'années. Il faut noter que les algues et les
lichens, à cette époque, bordaient les océans.
Quelques repères chronologiques

Pour ne pas se perdre dans le Précambrien, on peut


avoir en tête les dates suivantes :

L’Hadéen : des preuves indirectes au mieux. 4.56 – 4.0


Ga
– Formation de la Terre : 4.56 Ga
– Plus vieux minéraux connus : zircons de Jack Hill,
4.4 Ga
– Plus vieilles roches connues : Gneiss d’Acasta
(Province de l’Esclave, Nord du Canada), 4.04 Ga2
L’Archéen : la construction des premiers blocs continentaux. 4.0
– 2.55 Ga
– Plus vieux sédiments connus, et plus ancien fragment
continental de taille “utilisable” : CRV d’Isua, Groenland. 3.8 Ga
– Plus anciennes roches en Afrique:3.644Ga,au Swaziland (bloc
de Barberton)
– Premières traces indirectes de vie : signatures isotopiques du
Carbone à Isua (3.8 Ga), contestées3.
– Premiers fossiles : stromatholites et cyanobactéries, 3.5 Ga
(dans le Pilbara)
– Construction du bloc de Barberton, 3.5–3.1 Ga
– Ceinture du Limpopo (premiers épisodes), 2.65 Ga
– Fin de l’Archéen : par convention, 2.55 Ga
Le Protérozoïque : mouvements et collisions de
continents. 2.55 –
0.6 Ga
– Deuxième jeu de la ceinture du Limpopo, mise en place
du complexe du Bushveld : 2.05 Ga
– Transition vers une atmosphère oxydante, env. 2.0 Ga
– Apparition des eucaryotes, env. 2.0 Ga
– Premières ophiolites reconnaissables, 1.1 Ga
– Premiers schistes bleus et éclogites préservés, 0.8 Ga
– Orogénène panafricaine et construction du Gondwana,
0.8–0.6 Ga
Le Phanérozoïque : la Terre telle qu’on la
connaît. 0.6 – 0 Ga
– Apparition de la coquille, début des “temps
fossilifères”, Cambrien : 0.6 Ga
– Orogénèse hercynienne : 0.3 Ga
– Pangée, extinction Permienne : 0.25 Ga
– Orogénèse alpine : 0.1 Ga
– L’homme : 0.003 Ga
Quelques roches précambriennes
typiques

La plupart des roches que l’on trouve


dans les terrains précambriens n’ont en
fait rien de spécial ; ces ont des granites ,
des laves (basaltiques ou rhyolitiques),ou
encore des sédiments détritiques. La
spécificité du Précambrien vient de
quelques aspects :
Les roches qui sont manquantes : éclogites,
schistes bleus (et andésites dans l’Archéen);
– Les proportions des différents types de roches
: les carbonates par exemple existent, mais sont
rares à l’Archéen;

Trois types de roches, typiquement


précambriennes, méritent d’être décrites avec un
peu plus de détails :
✓ Les orthogneiss gris, sodiques, appelés
“TTG”(tonalites–trondhjémites–granodiorites). Ce
sont les roches plutoniques les plus communes de
l’Archéen, puis elles se raréfient progressivement
durant le Protérozoïque, et sont virtuellement
absentes au Phanérozoïque.

✓ Un groupe de laves ultra-mafiques, les


komatiites. Elles sont assez communes à
l’Archéen et disparaissent peu à peu, pour
devenir exceptionnelles après 2.0 Ga1.
✓ Des sédiments chimiques, les
“BIF” (Banded Iron
Formations”. Très abondants au
début du Protérozoïque, ils sont
présents dans l’Archéen, et se
raréfient à partir de 2.0 Ga
environ.
Les Orthogneiss TTG

Fig : Trondhjémites du pluton de Fig : Gneiss TTG très déformés de


Stolzburg, 3.45 Ga, région de Sand River, environ 3.1 Ga, près de
Barberton Musina, Limpopo Belt
Le socle des cratons archéens (70 à 80 % du volume)
est formé d’un complexe de “gneiss gris”. Il s’agit
d’orthogneiss, généralement polyphasés et déformés,
souvent migmatitiques.
Caractéristiques

Ces gneiss sont bien caractérisés à la fois au plan


minéralogique et chimique (Martin, 1994) :

a. Minéralogie

Sur le terrain, il s’agit de granitoïdes riches en


plagioclases (diorites, tonalites, granodiorites). On
utilise aussi le nom de trondhjémite (tonalite
leucocrate); d’où le nom de “série TTG” (tonalite–
trondhjémite–granodiorite).
Ce sont des roches à quartz (20–35%), où le
feldspath alcalin est rare ou absent (1 à 5%), le seul
feldspath présent étant le plagioclase
(45–60 %) (oligoclase à andésine : An20−35).
Les minéraux sombres (moinsde15%) sont la
biotite(15%)et la hornblende verte(1 à2%).
Les minéraux accessoires, abondants (0,5à1,5%),
sont l’épidote, le sphène, le zircon et l’allanite.
Ces caractéristiques opposent donc les gneiss TTG aux
granitoïdes connus à l’heure actuelle, qui sont marqués par
une série de différenciations calco-alcalines, avec un
enrichissement progressif en feldspath potassique, et un
plagioclase moins abondant qui est en général de l’albite
(An10−20).

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