INTRODUCTION GÉNÉRALE (Développée)
Le secteur du génie civil et plus spécifiquement celui du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) est un
pilier fondamental du développement économique et social d'un pays. Il répond à des besoins
essentiels tels que les infrastructures de transport, les équipements publics et, de manière cruciale,
le logement. Les bâtiments d'habitation constituent une réponse directe à un besoin primaire des
populations, influençant leur qualité de vie, leur santé et leur intégration sociale. La construction de
ces ouvrages, aussi modestes soient-ils en apparence, est une opération complexe qui mobilise une
multitude de compétences, de ressources et d'acteurs.
Cependant, la réalisation concrète de ces projets est fréquemment confrontée à des écueils majeurs.
L'observation courante des chantiers, en particulier dans un contexte de moyens parfois limités,
révèle des difficultés récurrentes. Le non-respect des délais d'exécution est sans doute le problème
le plus visible, entraînant des pénalités financières pour l'entreprise, des retards dans la livraison
pour le maître d'ouvrage, et des surcoûts liés à la prolongation de la présence des équipes et à la
location du matériel. À cela s'ajoutent les dépassements de budget, souvent dus à une mauvaise
estimation initiale, à du gaspillage de matériaux, ou à des modifications en cours de chantier. Enfin,
la qualité des ouvrages peut s'en trouver affectée, avec des malfaçons, des finitions négligées ou des
pathologies du bâtiment apparaissant à plus ou moins long terme, nécessitant des réparations
coûteuses et préjudiciables à la réputation des constructeurs.
L'origine de ces défaillances est presque toujours la même : une gestion de chantier insuffisante et
une planification inadéquate des travaux. Une mauvaise coordination entre les corps de métier, une
communication défaillante entre la maîtrise d'œuvre et l'entreprise, une estimation trop
approximative de la durée des tâches, une allocation des ressources (humaines et matérielles) mal
anticipée, ou encore une absence de suivi rigoureux de l'avancement, sont autant de facteurs qui
peuvent compromettre gravement la réussite d'un projet, quel que soit son envergure.
Ainsi, la gestion de chantier ne se limite pas à une simple fonction administrative ; elle apparaît
comme le véritable cœur névralgique du projet. Elle englobe l'ensemble des processus
d'organisation, de coordination et de contrôle des ressources humaines, matérielles, financières et
informationnelles mobilisées sur le site. Son objectif ultime est de transformer un projet théorique
(plans, devis) en une réalité physique (l'ouvrage) dans le respect du triptyque fondamental : Qualité -
Coût - Délai. Parallèlement, la planification des activités de construction en est le système nerveux.
Elle ne se contente pas de dresser une simple liste de tâches. Elle vise à modéliser le déroulement du
chantier en définissant l'enchaînement logique et technique des opérations, en identifiant les tâches
qui conditionnent la durée totale du projet (le chemin critique), en optimisant l'utilisation des
ressources pour éviter les périodes d'inactivité ou de surcharge, et en permettant d'anticiper les
contraintes, les risques et les éventuels goulots d'étranglement.
C'est dans cette optique d'analyse et de recherche de performance que s'inscrit le présent travail,
portant sur le thème : « Gestion de chantier et planification des activités de construction : cas d’un
bâtiment d’habitation RDC ».
L'objectif principal de ce mémoire est donc d'analyser de manière approfondie la gestion et la
planification d'un chantier concret de construction d'un bâtiment d'habitation de type rez-de-
chaussée. Il s'agira, à travers cette étude de cas, d'identifier avec précision les difficultés rencontrées
sur le terrain, d'en analyser les causes profondes et de proposer des solutions d'amélioration
concrètes et adaptées, permettant d'optimiser l'exécution des travaux et d'augmenter les chances de
succès du projet.
Pour atteindre cet objectif, une méthodologie rigoureuse en trois phases a été adoptée :
1. Une phase d'observation directe et continue du chantier, permettant de recueillir des données
factuelles sur l'organisation au quotidien, les interactions entre les acteurs et les problèmes
émergents.
2. Une phase d'analyse documentaire, centrée sur l'étude critique des documents techniques du
projet (plans architecturaux et structurels, devis quantitatifs et estimatifs, planning initial, rapports
de suivi).
3. Une phase de modélisation et de proposition, visant à formaliser l'organisation existante, à
élaborer une nouvelle planification optimisée et à formuler des recommandations pratiques.
La structure du mémoire, reflet de cette démarche, est articulée autour de quatre chapitres
complémentaires. Le premier chapitre posera les fondements théoriques en définissant les concepts
clés de la gestion de chantier et les principaux outils de planification. Le deuxième chapitre sera
consacré à la présentation détaillée du projet d'étude et de l'organisation mise en place sur le
chantier. Le troisième chapitre constituera le cœur de l'étude pratique, avec l'élaboration et l'analyse
de la planification des activités de construction. Enfin, le quatrième chapitre présentera une analyse
critique des résultats obtenus, confrontera la théorie à la pratique, et formulera des propositions
concrètes d'amélioration pour la gestion et la planification de ce type de chantier.
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CHAPITRE I : GÉNÉRALITÉS SUR LA GESTION DE CHANTIER ET LA PLANIFICATION (Développé)
1.1 Généralités sur la gestion de chantier
La gestion de chantier peut être définie comme l'ensemble des processus techniques, administratifs
et humains mis en œuvre pour organiser, coordonner et contrôler les moyens nécessaires à la
réalisation d'un projet de construction, depuis son installation jusqu'à sa livraison. Elle est bien plus
qu'une simple fonction de surveillance ; c'est une fonction intégratrice qui vise à orchestrer
l'intervention de multiples parties prenantes (maîtrise d'ouvrage, maîtrise d'œuvre, entreprises,
fournisseurs, bureaux de contrôle) autour d'un objectif commun : la réalisation de l'ouvrage dans les
conditions optimales.
Son objectif principal est d'assurer la parfaite adéquation entre l'ouvrage final et les exigences du
maître d'ouvrage, tout en respectant les contraintes contractuelles de délais, de coûts et de qualité.
Pour y parvenir, une bonne gestion de chantier repose sur plusieurs piliers fondamentaux :
· Une organisation rationnelle et anticipée : Cela implique de penser l'agencement du site (zones de
stockage, circulation des engins, implantation de la base vie), de définir les méthodes d'exécution, et
de séquencer logiquement les travaux.
· Une communication et une coordination efficaces : Le chef de chantier joue un rôle central de "chef
d'orchestre". Il doit assurer la circulation fluide de l'information entre les différents intervenants,
organiser des réunions de chantier régulières, et résoudre les conflits d'interface entre les corps
d'état.
· Une maîtrise des contraintes techniques et environnementales : La gestion de chantier intègre la
gestion des risques (sécurité des travailleurs, protection des riverains, gestion des déchets), le
respect des normes environnementales, et l'adaptation aux conditions climatiques et géotechniques
du site.
Dans le domaine du BTP, il est essentiel de comprendre que chaque chantier est unique. Il présente
des caractéristiques particulières liées à la nature de l'ouvrage (maison individuelle, immeuble de
grande hauteur, ouvrage d'art), aux conditions du site (terrain plat ou en pente, zone urbaine dense
ou rurale), aux moyens disponibles (compétences de la main-d'œuvre, parc de matériel de
l'entreprise) et aux exigences spécifiques du projet. Il est donc indispensable d'adapter la stratégie de
gestion à ces spécificités, en rejetant toute approche standardisée et rigide.
1.2 Les objectifs fondamentaux de la gestion de chantier
La gestion de chantier vise principalement à atteindre trois objectifs fondamentaux, souvent
représentés par le triangle "Qualité-Coût-Délai", dont les sommets sont interdépendants : la
modification de l'un impacte nécessairement les autres.
1.2.1 Le respect des délais
Le respect des délais est un enjeu majeur, tant pour le maître d'ouvrage, qui a prévu une date de
livraison (par exemple, pour la vente ou la location des logements), que pour l'entreprise, qui
s'engage contractuellement sous peine de pénalités de retard. Une mauvaise organisation, une
planification trop optimiste, une coordination défaillante entre les corps de métier (par exemple,
l'intervention des plombiers avant la fin des travaux de maçonnerie), ou des aléas non anticipés
(intempéries, retard de livraison de matériaux) peuvent entraîner des retards en cascade, générant
des surcoûts, des tensions entre les acteurs et, in fine, une insatisfaction du client.
1.2.2 La maîtrise des coûts
L'objectif de maîtrise des coûts consiste à réaliser l'ouvrage dans la limite de l'enveloppe budgétaire
définie dans le devis. Une gestion efficace permet de contrôler les postes de dépenses principaux :
· Main-d'œuvre : En évitant les temps d'attente, les déplacements inutiles, et en optimisant la
productivité des équipes.
· Matériaux : En luttant contre le gaspillage (chutes, pertes, vols), en optimisant les commandes pour
éviter les ruptures de stock ou les surplus, et en veillant à leur bonne conservation sur site.
· Matériel et équipements : En planifiant leur utilisation pour éviter les locations inutilement longues
et en assurant leur maintenance préventive pour éviter les pannes coûteuses.
Une gestion financière rigoureuse passe également par un suivi régulier des dépenses engagées par
rapport au budget prévisionnel, permettant de détecter rapidement les dérives et de prendre des
mesures correctives.
1.2.3 La qualité des ouvrages et la sécurité
La qualité des travaux ne se limite pas à l'aspect esthétique final. Elle englobe la conformité de
l'ouvrage aux plans et aux spécifications techniques, la durabilité des matériaux mis en œuvre, et le
respect des règles de l'art et des normes en vigueur (notamment les normes parasismiques,
thermiques, etc.). Une gestion défaillante, avec un contrôle insuffisant, peut entraîner des défauts
d'exécution (défaut d'alignement, mauvaise qualité des bétons, ponts thermiques, étanchéité
défectueuse) nécessitant des reprises souvent complexes et très coûteuses, sans compter l'atteinte à
la réputation de l'entreprise. La sécurité est indissociable de la qualité : un chantier bien organisé,
propre, avec des circulations dégagées, des protections collectives (garde-corps, lignes de vie) et
individuelles (casques, gants, harnais) adaptées, est un chantier où les risques d'accidents du travail
sont significativement réduits.
1.3 Les acteurs du chantier et leurs interactions
La réalisation d'un projet de construction est une œuvre collective qui fait intervenir plusieurs
acteurs aux rôles distincts mais complémentaires. Une bonne gestion de chantier nécessite une
compréhension claire de leurs prérogatives et de leurs interfaces.
1.3.1 Le maître d'ouvrage (MOA)
Le maître d'ouvrage est le donneur d'ordre, le "propriétaire" du projet. Il peut s'agir d'un particulier,
d'une société immobilière, d'une collectivité territoriale. Il exprime le besoin, définit le programme
(fonctions, surface, qualité souhaitée), finance l'opération et fixe les objectifs en termes de coût et de
délai. Son rôle est stratégique : il arrête les choix et valide les grandes étapes. En fin de projet, il
réceptionne l'ouvrage.
1.3.2 Le maître d'œuvre (MOE)
Le maître d'œuvre est le concepteur et le garant technique du projet. Il peut s'agir d'un architecte,
d'un bureau d'études techniques (BET) ou d'un ingénieur en génie civil. Il traduit le programme du
MOA en solutions techniques (plans, notes de calcul, spécifications). Durant le chantier, il est chargé
de la direction des travaux : il suit l'exécution, veille au respect des plans et des normes, constate
l'avancement, conseille le MOA pour la validation des situations de travaux et des éventuels
avenants. Il est l'interlocuteur technique privilégié de l'entreprise.
1.3.3 L'entreprise de construction (ou groupement d'entreprises)
L'entreprise est l'exécutant. Elle est responsable de la réalisation physique de l'ouvrage,
conformément aux documents fournis par la MOE et aux règles de l'art. Elle mobilise et organise la
main-d'œuvre (chef de chantier, conducteur de travaux, ouvriers), fournit et met en œuvre les
matériaux et le matériel. Elle doit assurer la gestion quotidienne du chantier, la sécurité de ses
employés et le respect des délais. Elle est juridiquement responsable de la qualité de son travail
(garantie décennale, notamment).
1.3.4 Les autres acteurs
D'autres acteurs interviennent également : le bureau de contrôle, organisme indépendant chargé de
vérifier la conformité de l'exécution aux règles de sécurité et aux normes techniques ; le
coordonnateur Sécurité et Protection de la Santé (SPS) , obligatoire sur certains chantiers pour
prévenir les risques liés à la co-activité ; et bien sûr, les fournisseurs de matériaux et de matériels.
1.4 Généralités sur la planification des activités de construction
La planification des activités de construction est un processus intellectuel et technique qui consiste à
définir, ordonnancer et dimensionner dans le temps l'ensemble des tâches nécessaires à la
réalisation de l'ouvrage. Elle constitue le prolongement opérationnel de la gestion de chantier. C'est
un outil de prévision, de coordination et de contrôle indispensable.
Elle permet de répondre à des questions cruciales : Quelles sont les tâches à réaliser ? Dans quel
ordre doivent-elles s'enchaîner ? Combien de temps va durer chaque tâche ? Quand une tâche peut-
elle commencer et doit-elle se terminer ? Quelles sont les ressources (main-d'œuvre, matériel)
nécessaires à chaque instant ? Quelles sont les tâches dont le retard compromettrait la date de fin du
projet ?
Les bénéfices d'une planification rigoureuse sont multiples :
· Optimisation des ressources : En évitant les temps d'attente, en lissant les besoins en main-d'œuvre
et en matériel.
· Maîtrise des délais : En fixant des objectifs intermédiaires clairs et en permettant un suivi objectif
de l'avancement.
· Anticipation des contraintes : En identifiant en amont les interfaces complexes, les
approvisionnements critiques, ou les périodes à risque.
· Aide à la décision : En simulant l'impact de retards ou de modifications (par exemple, l'effet d'une
intempérie de deux semaines sur la date de fin).
1.5 Outils de planification
Plusieurs outils, de la simple liste au logiciel spécialisé, permettent d'élaborer et de visualiser un
planning.
· Le diagramme de Gantt : C'est l'outil le plus répandu et le plus intuitif. Il représente les tâches sous
forme de barres horizontales disposées le long d'une échelle de temps. La longueur de la barre
indique la durée de la tâche. Il permet de visualiser simplement le phasage des travaux, les
chevauchements possibles et l'avancement (en coloriant la barre au fur et à mesure). Il est très
efficace pour la communication avec l'équipe de chantier.
· La méthode PERT (Program Evaluation and Review Technique) : C'est un outil plus conceptuel, basé
sur la théorie des graphes. Il modélise le projet comme un réseau de tâches reliées par des
contraintes d'antériorité (telle tâche ne peut commencer que lorsque telle autre est finie). Son
principal intérêt est de mettre en évidence le chemin critique : la séquence de tâches qui ne peut pas
être retardée sans impacter la date de fin du projet. Cela permet au gestionnaire de concentrer son
attention sur ces tâches cruciales.
· La méthode des antécédents (ou méthode des potentiels) : Très utilisée dans les logiciels de gestion
de projet modernes (comme Microsoft Project ou Primavera), elle permet de modéliser des relations
plus complexes entre les tâches (début-début, fin-fin, avec des décalages).
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CHAPITRE II : PRÉSENTATION DU PROJET ET ORGANISATION DU CHANTIER (Développé)
2.1 Présentation générale du projet
Le projet qui fait l'objet de cette étude est la construction d'un bâtiment d'habitation individuel de
type rez-de-chaussée (RDC). Ce type de projet, bien que d'apparence modeste, est représentatif des
défis quotidiens de la construction. Il s'inscrit dans un contexte de développement périurbain où la
demande de logements individuels accessibles est forte. La réussite de ce chantier est un enjeu
important pour le maître d'ouvrage (un propriétaire privé) qui souhaite disposer de son logement
dans les meilleurs délais et avec un niveau de qualité satisfaisant, et pour l'entreprise de construction
qui doit livrer l'ouvrage tout en préservant sa marge bénéficiaire et sa réputation.
Le bâtiment, de plain-pied, est conçu pour offrir un cadre de vie fonctionnel et confortable à une
famille. Il répond à un programme simple mais complet, intégrant les espaces de vie, de repos et de
service essentiels, dans le respect des normes d'habitabilité et de sécurité en vigueur.
2.2 Localisation et description du site du projet
Le terrain d'assiette du projet est situé dans une zone d'extension urbaine, caractérisée par un
habitat pavillonnaire en développement. La parcelle est à peu près rectangulaire et relativement
plane, ce qui est un avantage pour l'implantation et l'organisation du chantier.
L'analyse du site a révélé plusieurs facteurs influençant directement l'organisation des travaux :
· Accessibilité : Le terrain est accessible depuis une voie publique récemment aménagée. Cette
accessibilité est bonne pour les véhicules légers et les camions de livraison de matériaux, à condition
que la voirie ne soit pas encombrée par d'autres chantiers. Une attention particulière devra être
portée à la gestion des livraisons pour éviter la gêne pour les riverains et les blocages.
· Nature du sol : Une étude géotechnique de type G12 (mission de conception) a été réalisée. Elle a
révélé un sol de bonne portance, composé d'argiles sableuses compactes, avec un niveau d'eau
suffisamment profond pour ne pas gêner les fouilles de fondations. Cette donnée a permis de valider
le choix de fondations superficielles.
· Environnement immédiat : Le chantier est voisin de parcelles non construites et de quelques
habitations. La cohabitation avec les riverains doit être gérée avec soin (respect des horaires de
travail, limitation des nuisances sonores et des poussières).
· Disponibilité des réseaux : Les réseaux d'eau potable, d'électricité et d'assainissement sont présents
en limite de parcelle, ce qui facilite les raccordements définitifs et l'alimentation de la base vie du
chantier.
2.3 Description du bâtiment d'habitation RDC
2.3.1 Caractéristiques architecturales
Le bâtiment présente une architecture simple et épurée, privilégiant la fonctionnalité et la compacité
pour maîtriser les coûts. Il comprend :
· Un séjour/salon ouvert sur une cuisine américaine, formant l'espace de vie principal.
· Deux ou trois chambres, dont une suite parentale avec salle d'eau.
· Une salle de bains commune, des WC séparés.
· Des espaces de circulation (hall d'entrée, couloir) optimisés.
· Des surfaces de rangement (placards, cellier).
Les dimensions des pièces et les ouvertures (fenêtres, portes-fenêtres) sont conçues pour assurer
un éclairement naturel satisfaisant et une ventilation efficace, conformément aux règles d'hygiène et
de sécurité. La hauteur sous plafond est standard (2,50 m finis).
2.3.2 Caractéristiques structurelles
La structure du bâtiment est conçue pour en assurer la stabilité, la résistance et la durabilité.
· Fondations : Compte tenu de la nature du sol et des charges modérées, des fondations superficielles
par semelles filantes en béton armé (dosé à 350 kg/m³) ont été retenues. Elles sont coulées dans des
fouilles ouvertes à la profondeur hors-gel (généralement 0,80 à 1,00 m).
· Infrastructure : Un hérisson drainant (couche de gros graviers ou de pierres concassées) est mis en
place sous la future dalle, surmonté d'une membrane polyane et d'un isolant thermique. Les murs de
soubassement (ou murs de fondation) sont réalisés en maçonnerie de parpaings (agglos) pleins ou
creux, chaînés horizontalement et verticalement en béton armé.
· Superstructure (Élévation) :
· Ossature : La structure porteuse est mixte. Elle est constituée de poteaux et de poutres en béton
armé coulés sur place, qui reprennent les charges de la toiture et des murs. Des chaînages
horizontaux (ceintures) au niveau des planchers et verticaux aux angles et jonctions des murs
assurent le contreventement et la rigidité de l'ensemble.
· Murs de remplissage : Les murs extérieurs et de séparation sont réalisés en maçonnerie de
parpaings creux (agglos) montés à joints alternés, hourdés au mortier de ciment.
· Plancher haut / Toiture : Le bâtiment est couvert par une dalle pleine en béton armé (environ 15 à
18 cm d'épaisseur), ferraillée avec un treillis soudé. Cette dalle sert de support à l'étanchéité et à la
couverture (souvent une toiture en tôle bac acier ou en tuiles sur charpente légère, posée sur des
costières ou acrotères).
2.4 Organisation du chantier
L'organisation du chantier est la traduction concrète des principes de gestion. Elle a été pensée avant
même le démarrage des travaux.
2.4.1 Installation de chantier (Plan d'installation de chantier - PIC)
Un Plan d'Installation de Chantier a été élaboré. Il définit avec précision l'affectation des différents
espaces :
· Clôture et accès : Le terrain a été entièrement clôturé pour des raisons de sécurité et pour éviter les
intrusions. Un portail verrouillable a été installé pour l'accès des véhicules, et un portillon pour les
piétons.
· Base vie : Une baraque de chantier modulaire a été implantée dans un coin de la parcelle, à l'écart
des zones de travail. Elle sert de vestiaire, de réfectoire et d'abri pour les intempéries. Un bloc
sanitaire mobile (WC chimiques) a été installé à proximité. Un point d'eau potable et un compteur
électrique provisoire ont été branchés pour alimenter la base vie et le chantier.
· Zones de stockage :
· Stockage des granulats (sable, gravier) : Aire stabilisée, imperméabilisée par un géotextile, pour
éviter le mélange avec la terre et la perte de matériaux.
· Stockage du ciment : Zone abritée et surélevée (sur palettes) pour le protéger de l'humidité. Si du
ciment en sacs est utilisé, il est stocké dans un local fermé et sec.
· Stockage des aciers : Aire plane dédiée, avec des supports pour éviter le contact avec le sol, et
abritée si possible pour limiter la corrosion.
· Stockage du coffrage : Zone de dépose et de préparation du bois et des panneaux de coffrage.
· Circulations : Les voies de circulation des engins (bétonnière, camion de livraison) ont été définies
pour minimiser les manœuvres et éviter les zones de stockage et la base vie.
2.4.2 Moyens humains
L'équipe affectée au chantier est dimensionnée pour la nature et l'ampleur des travaux :
· Le chef de chantier : Présent à temps plein. Il est le responsable opérationnel. Il organise le travail
quotidien des équipes, gère les approvisionnements (vérifie les quantités et la conformité des
livraisons), tient le cahier de chantier (où sont notés les événements marquants, les intempéries, les
absences, les directives), et veille à l'application des consignes de sécurité.
· Le maçon-chef d'équipe : Ouvrier hautement qualifié, il est le référent technique pour les travaux de
maçonnerie et de béton armé (coffrage, ferraillage, coulage). Il dirige l'équipe de production.
· Les ouvriers spécialisés : Une équipe de 3 à 4 maçons et ferrailleurs, polyvalents, capables de
réaliser l'ensemble des tâches du gros œuvre.
· Les manœuvres : 1 à 2 manœuvres pour l'approvisionnement des équipes en matériaux (eau,
mortier, parpaings), le nettoyage du chantier et les tâches d'assistance générale.
· Intervenants extérieurs : Des entreprises spécialisées interviendront ponctuellement sous la
coordination du chef de chantier pour des lots spécifiques : terrassier (si le terrassement n'est pas
fait en régie), étancheur, carreleur, plombier, électricien, menuisier.
2.4.3 Moyens matériels
Le choix du matériel vise un bon équilibre entre performance et coût de location/amortissement :
· Matériel de production : Une ou deux bétonnières (capacité 350 à 500 litres) pour la production du
béton et du mortier. Une petite pelle mécanique peut être louée pour les fouilles importantes. Des
vibreurs à béton (aiguilles vibrantes) pour assurer un bon serrage du béton.
· Matériel de coffrage : Un stock de panneaux de coffrage en bois (ou métalliques), de bastaings, de
serre-joints, de tire-fonds et d'étais pour réaliser les coffrages de poteaux, poutres et dalle.
· Matériel de ferraillage : Cisaille, cintreuse, pince à ligaturer, fil de fer.
· Matériel de mesure et de contrôle : Théodolite ou niveau de chantier (niveau laser) pour
l'implantation et le contrôle des niveaux. Mètres rubans, règles de maçon (2 m et 3 m), niveaux à
bulle, fils à plomb.
· Échafaudages : Des échafaudages de pied roulants ou fixes, avec garde-corps, pour les travaux en
hauteur (chaînages hauts, acrotères).
2.5 Méthodologie adoptée pour la gestion et la planification du chantier
La méthodologie appliquée dans ce travail combine une approche pragmatique d'observation et une
approche normative issue des bonnes pratiques.
2.5.1 Découpage des activités de construction (Work Breakdown Structure - WBS)
Le projet a été décomposé en lots et sous-lots cohérents pour faciliter l'analyse :
1. Travaux Préparatoires et Terrassement : Installation de chantier, piquetage, terrassement des
fouilles.
2. Infrastructure (Partie enterrée) : Réalisation du hérisson, coulage des semelles de fondation,
élévation des murs de soubassement, pose du dallage sur terre-plein (ou prédalle).
3. Superstructure (Élévation) : Réalisation des poteaux, des poutres, des chaînages verticaux et
horizontaux, et élévation des murs de façade et de refend.
4. Plancher Haut et Couverture : Coffrage, ferraillage et coulage de la dalle de toiture, réalisation des
acrotères, pose de l'étanchéité et de la couverture.
5. Second Œuvre et Finitions (hors champ principal de l'étude) : Cloisons, doublages, menuiseries
extérieures et intérieures, plomberie, électricité, carrelage, peinture.
2.5.2 Estimation des durées des activités
Pour chaque activité, une durée a été estimée en se basant sur :
· Les métrés : Calcul des quantités à mettre en œuvre (m³ de béton, m² de mur, ml de chaînage, kg
d'acier).
· Les rendements : Enquête auprès d'entreprises locales et utilisation de données bibliographiques
(ex: "temps unitaires d'exécution des travaux de bâtiment"). Par exemple, rendement d'une équipe
de maçons pour la pose de parpaings (m²/h), rendement pour le ferraillage (kg/h), etc.
· Les moyens disponibles : La capacité de la bétonnière, le nombre d'heures de travail par jour, la
taille de l'équipe.
2.5.3 Élaboration du planning
À partir du découpage et des durées estimées, un diagramme de Gantt prévisionnel a été élaboré. Il
tient compte des contraintes techniques d'enchaînement (ex: on ne peut pas couler la dalle avant
d'avoir terminé les murs porteurs). Ce planning a servi de référence pour le suivi du chantier.
2.6 Importance de l’organisation et de la planification dans la réussite du projet
Dans le cas concret de ce bâtiment RDC, l'organisation et la planification ne sont pas des exercices
théoriques mais des nécessités pratiques. Une organisation rigoureuse (PIC clair, gestion des stocks)
a permis d'éviter le chaos, de réduire la manutention inutile et de limiter les pertes de matériaux.
Une planification, même simple, a permis de synchroniser les arrivages de matériaux avec les besoins
des équipes, d'anticiper l'intervention du bureau de contrôle pour les étapes clés (réception des
fondations, réception de la dalle), et de donner un cadre temporel à l'équipe. L'analyse qui suit dans
le chapitre III permettra de mesurer l'écart entre ce prévisionnel et la réalité du terrain.