PREVALENCE
PREVALENCE
La vaccination est une intervention de santé publique essentielle pour réduire la morbidité et la
mortalité des maladies infectieuses chez les enfants. Malgré les efforts mondiaux pour améliorer la
couverture vaccinale, de nombreux enfants demeurent non ou insuffisamment vaccinés, notamment
dans les régions en développement comme le Tchad.
Dans le district sanitaire d'Abéché, le centre de santé Kamina II joue un rôle clé dans la mise en œuvre
des programmes de vaccination. Cependant, des défis tels que la sensibilisation insuffisante,
l'accessibilité limitée et des barrières socioculturelles compromettent l'atteinte des objectifs de santé
publique.
Cette étude se concentre sur l'évaluation de la prévalence de la vaccination chez les enfants de 0 à 5
ans dans ce contexte. Les objectifs spécifiques sont :
Déterminer la proportion d’enfants entièrement vaccinés.
Identifier les facteurs associés à une faible couverture vaccinale.
Proposer des recommandations pour améliorer la situation.
En adoptant une approche méthodologique rigoureuse, cette recherche entend fournir des données
probantes pour orienter les politiques et les interventions en matière de vaccination dans cette zone.
I
Chapitre 1 : L’état de question
1. Contexte de l’étude
Les motivations de mener une étude sur le non-respect de la vaccination et particulièrement les enfants
de zéro à cinq sont multiples et variées. Cette section présente le non-respect de la vaccination comme
un problème mondial ; la situation en Afrique, au Tchad et au centre de santé de Kamina dans le district
d’Abéché qui sert de lieu d’étude.
Depuis les travaux de Luis Pasteur, l’environnement a plein des micro-organismes responsables des
maladies infectieuses et contagieuses. Le progrès scientifique va commencer et apparaître nettement.
C’est la découverte de la prévention de certaines maladies infectieuses, et de la vaccination contre la
variole. Edward Jenner (1749-1823), découvre après plusieurs années d’observations et de recherches
le moyen d’immuniser l’homme contre la variole par l’inoculation du Cow-pox ou vaccine.
Au début des années 1970, cinq millions d’enfants mourraient chaque année dans le monde à la suite
d’une maladie évitable par la vaccination. Le taux de couverture vaccinale des enfants était alors
inférieur à 5%. C’est alors que l’OMS lança en 1974 le Programme Elargi de Vaccination (PEV) contre
six maladies : diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, rougeole et tuberculose. Ce programme fut
effectif en 1977. Les populations cibles étaient les nouveau-nés et les nourrissons dans leur première
année de vie, mais aussi des enfants plus âgés, jusqu’à 3 ou 4 ans, incorporés dans des actions de
rattrapage, des femmes en âge de procréer pour la prévention du tétanos néonatal, des grands enfants
et des adultes pour la vaccination antitétanique tous les 10 ans. En 1990, les directives de l’OMS étaient
d’éradiquer la poliomyélite, éliminer la rougeole, contrôler le tétanos néonatal. Puis, trois autres
maladies ont été incluses dans le Programme Elargi Vaccination comme la fièvre jaune en 1988 en
zone d’endémie amarile, l’hépatite à virus B en 1992, l’infection à Haemophilus influenzac type b en
1998. Malgré les efforts de l’OMS, certains ne respectent pas la prise normale des vaccins selon le
calendrier élaboré.
La couverture mondiale a reculé, passant de 86% en 2019 à 83% en 2020. OMS estime que 23 millions
d’enfants de moins d’un an n’ont pas reçu les vaccins de base, soit le chiffre le plus élevé depuis 2009.
En 2022, le nombre d’enfants complètement non vaccinés a augmenté de 3,4 millions. Seules 19
introductions de vaccins ont été enregistrées en 2020, soit moins de la moitié des chiffres enregistrés
chacune des vingt dernières années (OMS, 2022).
II
En 2020, 17,1 millions de nourrissons dans le monde n’avaient pas bénéficié de la dose initiale de
DTC, ce qui est le signe d’un accès insuffisant à la vaccination et aux autres services de santé, et 5,6
autres millions de nourrissons n'étaient que partiellement vaccinés. Sur ce total de 23 millions
d’enfants, plus de 60% vivaient dans 10 pays qui sont, Angola, Brésil, Éthiopie, Inde, Indonésie,
Mexique, Nigéria, Pakistan, Philippines et République démocratique du Congo (UNICEF, 2022)
1.2 En Afrique
En Côte d’ivoire une étude menée en 2022 montre que les causes liées aux services de vaccination
retrouvées sont la faible exécution des stratégies avancées de vaccination (59,8%), l’insuffisance de
communication des rendez-vous de vaccination (15,3%), l’insuffisance du personnel (58,3% des
centres tenus par un seul agent), le manque de motivation des agents vaccinateurs (100%),
l’insuffisance de formation sur le PEV des agents vaccinateurs (75%) l’insuffisance de la chaîne de
froid dans le district (75%) de chaîne de froid non fonctionnelle).
L’Afrique centrale ne reste pas épargnée de ce phénomène, une étude a été menée dans les ménages
du district de santé de Djoungolo, un des six districts de santé de la ville de Yaoundé comportant 90
quartiers répartis dans onze aires de santé. La population des enfants de 0 à 11 mois, cible du PEV est
de 26 333. Les résultats ont montré le manque d’information sur la vaccination (65,3%),
III
1.3 Au Tchad contexte actuel
Selon une enquête diligentée par l’UNCEF au Tchad précisément dans les provinces du Borkou, du
Kanem, du Ouadaï, de la Tandjilé, de Wadi Fira et du Lac-Tchad a montré que le non-respect du
calendrier vaccinal était dû à l’ignorance par les mères de l’âge d’administration des différents
antigènes (61%), de l’intervalle entre deux doses vaccinales, du nombre requis de vaccinations (63%)
et à leur perception négative sur l’organisation des prestations de vaccination notamment le mauvais
accueil par les vaccinateurs (27%), le long temps d’attente (33%) et l’insuffisance d’informations
reçues sur la vaccination (20%) (MSP, 2022).
Selon les agents vaccinateurs, le non-respect du calendrier vaccinal est dû aux occasions manquées,
aux ruptures de vaccins, aux intempéries, à la défaillance de la chaîne du froid, à l’absence de la
stratégie avancée de vaccination et au nombre insuffisant des agents vaccinateurs. La formation
continue des vaccinateurs, le renforcement des effectifs du personnel, la sensibilisation et l’information
efficaces des mères ou gardiens d'enfants permettraient de réduire le taux de non-respect du calendrier
vaccinal (UNICEF, 2022).
2. Justification
2.1 Justification personnel
Au cours de notre vie professionnelle, nous avons constaté plusieurs-irrégularités des enfants au non-
respect du calendrier de la vaccination. Plusieurs facteurs justifient parfois le retard ou le refus de la
prise du vaccin. Pourtant, la connaissance sur l’importance de la vaccination des enfants de zéro à cinq
ans devrait permettre d’anticiper la survenue de ces complications souvent mortelles et très
invalidantes. Le séjour hospitalier parfois long rendait les soins plus coûteux et même parfois mortel,
IV
Nous avons reçu plusieurs mères d’enfants qui participées à la vaccination dans le centre de santé de
Kamina ne respectant les intervalles précises de la vaccination. Due à la mauvaise observance
thérapeutique l’état de santé s’est désaltère peu à peu. Les enfants vont être sensibles aux infections
dues aux maladies cibles. Cependant, nous nous sommes questionnés sur les facteurs entravant le non-
respect du calendrier de la vaccination des enfants.
La vaccination est la stratégie de prévention contre plusieurs maladies cibles et mortelles chez les
enfants de zéro à cinq ans. Les enfants qui bénéficient des vaccins seront immunisés des antigènes qui
vont défendre l’organisme contre les germes infectieux et contagieux. La vaccination est l’un des plus
grands succès de la santé publique la variole a été éradiquée en 1980, l’incidence mondiale de la
poliomyélite a baissé de 99%. Les problèmes actuels concernent la sécurité des vaccins et des
injections, les manifestations post-vaccinales. Les contre-indications des vaccins sont exceptionnelles.
Environ 83% des nourrissons dans le monde (113 millions) ont reçu les trois doses du vaccin diphtérie-
tétanos-coqueluche-hépatite B (DTC-Hep B), qui les protègent contre des maladies infectieuses
pouvant être graves, voire mortelles. (Aubry, 2022).
3. Problème de recherche
Les maladies cibles en particulier chez les enfants de zéro de cinq ans sont des affections aigues voire
mortelles qui altère la qualité de vie des enfants et imposent des nombreuses contraintes qui rappellent
à chaque moment, la réalité de la maladie à la famille ou entraine une perturbation sociale. Un non-
respect du calendrier vaccinal entraine une mauvaise observance de la vaccination et expose à des
graves complications des maladies. Les enfants atteintes de l’un des
Maladies cibles par le Programme Elargi de Vaccination (PEV) se trouvent de manière imprévue dans
la nécessité d’une prise en charge en urgence ou certaines de ces maladies abrègent la vie des enfants
à la mort précoce. D’autre part la survenue des complications nécessite davantage l’avis d’un
professionnel de santé dans un contexte d’insuffisance en personnel qualifié. L’accessibilité
géographique des populations à un personnel compétent est difficile. Ces situations exposent à des
complications et à la mortalité précoce, qui est monnaie courante dans nos milieux urbains et ruraux.
Les taux de mortalité chez les enfants sont légèrement plus élevés en milieu rural qu’en milicu urbain.
Les taux de mortalités infanto-juvéniles, les écarts sont importants entre les Provinces. Il est plus faible
dans le Wadi Fira (67%) et beaucoup plus élevé dans le Logone Oriental (230) (PNDS, 2022).
V
Face à ces difficultés et considérant l’approche du Programme Elargi de Vaccination centrée sur les
enfants, il devient nécessaire de comprendre le non-respect du calendrier vaccinal des enfants comme
co-chercheur pour la construction d’un cadre favorable à l’observance. Il est alors essentiel d’identifier
des stratégies efficaces visant à renforcer ces enfants dans leur respect du calendrier vaccinal. L’un des
objectifs pour le développement durable en rapport avec le secteur de la santé est, d’ici 2030, réduire
d’un tiers la mortalité prématurée due aux maladies cibles par le Programme Elargi de Vaccination
(UNICEF, 2022).
Les conséquences majeures des maladies cibles par la vaccination des enfants de zéro à cinq ans sont
reliées aux complications qui peuvent faire leur apparition immédiate ou avec le temps. En effet, des
niveaux insuffisant immunité organique favorisent l’introduction du germe dans l’organisme et très
rapidement le nourrisson sera exposer à la maladie. Les conséquences sont les handicapés physiques,
détérioration de l’organe vital, et la mort de ce dernier. Cela crée un vide dans la famille ou une
perturbation de la dynamique familiale pour suivi d’un long traitement du à une complication qui
pouvait être évité par la vaccination.
4. Problématique
Les maladies cibles infectieuses et/ou contagieuses constituent un danger potentiellement mortel pour
les hommes en particulier chez les enfants de zéro à cinq ans. Attire l’attention du Ministère de la Santé
Publique et de la Prévention et aussi instaure un déséquilibre au sein de la famille (Cantau 2010).
L’incidence de certaines maladies infectieuses comme le bacille de Koch, la diphtérie, la coqueluche,
le tétanos, l’hépatite B, l’Hémophilie influenza type B, poliomyélite, la sociodémographiques des
mères d'enfants et les facteurs organisations dans la couverture du calendrier vaccinal.
Quels sont les facteurs de non-respect du calendrier vaccinal des enfants de zéro à cinq ans dans le
centre de santé de Kamina II.
1. Quels sont les facteurs socio-culturels des mères d'enfants de zéro à cinq ans participant au centre
de santé de Kamina
2. Quels sont les facteurs sociodémographiques des mères d'enfants de zéro à cinq ans au centre de
santé de Kamina II
VI
3. Quels sont les facteurs organisation de séances de la vaccination chez les enfants de zéro à cinq ans
au centre de santé de Kamina.
Décrire les facteurs de non-respect de la vaccination des enfants de zéro à cinq ans dans le centre de
santé de Kamina
1. Décrire les facteurs socio-culturels des mères d'enfants de zéro à cinq ans au centre de santé de
Kamina
2. Décrire les facteurs sociodémographiques des mères d'enfants de zéro à cinq ans au centre de santé
de Kamina
3. Décrire les facteurs organisationnels de séances de vaccination chez les enfants de zéro à cinq ans.
VII
CHAPITRE 2 : LE CADRE CONCEPTUEL
1. La vaccination
La vaccination est un acte qui vise à conférer à un organisme la capacité de lutter efficacement contre
les agents d’une maladie donnée. C’est l’introduction dans l’organisme de l’individu d’un produit
fabriqué à base agent pathogène ; antigène qui est capable d’entrainer la fabrication par l’organe de
substance empêchant le développement de cet agent Ac spécifique. Pour protéger tous les enfants et
leur mère de certaines maladies, un programme a été élaboré dans ce sens, c’est le Programme Élargi
de vaccination (PEV).
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la vaccination consiste à immuniser une personne
contre une maladie infectieuse, généralement en lui administrant un vaccin. Les vaccins, qui stimulent
le système immunitaire, prémunissent la personne d’une infection ou d’une maladie. Un vaccin
prophylactique est une préparation à base d’antigènes, spécifique d’un agent infectieux donné. Outre
l’antigène, le vaccin est constitué de plusieurs autres composants, dont des conservateurs, des
excipients, des stabilisants et des adjuvants.
La vaccination représente un des plus grands progrès de la science par son impact sur la santé et sur
l’espérance de vie humaine. Son histoire débute à l’Antiquité où déjà, il est indiqué que certaines
maladies graves ne peuvent se contracter qu’une seule fois, comme le décrit Thucydide lors d’une
épidémie de peste qui ravagea Athènes en 430 avant Jésus-Christ : ceux qui en avaient réchappé
n’avaient plus de craintes personnelles, car on n’était pas atteint une seconde fois de façon qui fut
mortelle. Devant ce constat empirique, les scientifiques ont voulu reproduire ce phénomène en créant
des formes atténuées de certaines maladies. Ainsi, le premier vaccin inventé est celui de la variole.
Ainsi, en s’inspirant de ces tentatives qu’en 1796, Edward Jenner inocule à un enfant de huit ans du
pus d’une vache ayant contracté la variole bovine. Un mois plus tard, il vérifie s’il était immunisé en
lui injectant, cette fois-ci, du pus humain. L’enfant ne déclare aucune maladie. En 1810, il conclut que
l’immunité conférée est temporaire. Les concepts de vaccination et de rappel sont nés.
Le tétanos est dû aux toxines produites par un bacille anaérobie, Clostridium tetani. Cette bactérie est
présente dans le sol sous forme sporulée, extrêmement résistante. C’est au niveau d’une plaie qu’elle
pénètre dans le corps. Il se produit une germination des spores et une production de toxines. Ces toxines
vont interférer avec les neurotransmetteurs et entraîner une atteinte neuromusculaire avec des
contractures, des spasmes musculaires et des convulsions. Il s’agit de l’atteinte généralisée la plus
VIII
fréquente (80% des cas) et aussi la plus grave. L’atteinte peut aussi atteindre les nerfs crâniens ou rester
localisée à une région proche de la plaie. Le tétanos entraîne une hospitalisation prolongée, où environ
30% des cas décèdent.
Selon OMS, entre 2018 et 2020, un total de 36 cas de tétanos a été déclaré parmi lesquels 11 sont
décédés, soit une létalité de 31%. Le taux d’incidence en 2018 était de 0,14 par million d’habitants. Ce
sont les tranches d’âges entre zéro et cinq ans qui sont les plus à risques. Les cas et les décès qui
persistent pourraient être évités par la vaccination systématique des enfants par l’anatoxine tétanique,
avec une amélioration de l’application de la politique des rappels et, en cas de plaie, par la vaccination
et l’administration d’immunoglobulines spécifiques humaines. Le traitement fait appel à des
immunoglobulines humaines et à une antibiothérapie. Pour prévenir cette maladie, un vaccin inerte
composé d’anatoxines existe depuis plus de 70 ans. Au Tchad, il fait partie des vaccins obligatoires du
nourrisson.
1.3. La poliomyélite
L’infection à poliomyélite est due à un virus très contagieux, qui envahit le système nerveux et peut
entrainer une paralysie totale en quelques heures. Le mode de transmission principale est la voie féco-
orale. Après s’être multiplié dans l’intestin, le virus envahit le système nerveux. Les premiers
symptômes de la poliomyélite sont la fièvre, l’asthénie, les céphalées, les vomissements, la raideur de
la nuque et les douleurs dans les membres. Dans un (1) cas sur deux cent (200), une paralysie
irréversible survient. Entre 5 et 10% des malades paralysés décèdent lorsque leurs muscles respiratoires
cessent de fonctionner.
Le nombre des cas a baissé de plus de 99% depuis 1988, passant de 350 000 selon les estimations dans
plus de 125 pays d’endémie à 416 cas notifiés en 2019 dans trois pays d’endémie (Nigeria, Pakistan et
Afghanistan). Il n’existe pas de traitement, la vaccination est le seul moyen de prévention. Il existe un
vaccin antipoliomyélitique oral qui est un vaccin vivant atténué et un vaccin entier inactivé. Ce dernier
est obligatoire en Tchad.
A ce volet scientifique se rajoute dès lors un volet sociopolitique. Les souverains d’Europe
commencent à s’intéresser à la protection de la santé de leurs sujets. Les guerres ont par ailleurs
également joué un rôle majeur dans le développement des vaccins. La vaccine contre la variole est
réglementée dans l’armée française par un décret du 25 mai 1811 et l’on constate son efficacité et
l’intérêt d’une revaccination lors de la guerre franco-prussienne en 1870.
IX
1.4 L’importance de la vaccination
La couverture vaccinale atteint les objectifs fixés à 95% de couverture de la population, et ce partout
dans le monde, l’éradication des maladies bénéficiant d’un vaccin pourrait se poursuivre selon
l’exemple de la variole. En effet, grâce aux campagnes de l’OMS menées entre 1967 et 1977, la variole
a été éliminée en 1980 au niveau mondial. La poliomyélite devrait être la deuxième maladie éradiquée
de la planète grâce à la vaccination. En 1994, la région des Amériques a été certifiée exempte de
poliomyélite, suivie en 2000 par le Pacifique occidental, puis par l’Europe en 2002 et l’Asie du Sud-
Est en mars 2014. Il ne reste actuellement plus que trois pays d’endémie (Afghanistan, Nigeria et
Pakistan). Avec la poursuite des efforts, l’OMS espère une éradication totale de cette maladie d’ici la
fin 2018. La rougeole et la rubéole pourraient également disparaître à moyen terme. Un plan de l’OMS
prévoit son éradication dans cinq grandes régions d’ici 2020. Cependant, sur la base des tendances et
des résultats actuels, les experts mondiaux de la vaccination pensent que les objectifs ne seront pas
atteints.
1.5 L’immunité :
C’est la capacité qu’à l’organisme de se défendre contre les maladies. Il y a 2 types : immunité naturelle
et artificielle. L’organisme immunisé va être capable de défendre contre toutes les maladies cibles afin
de réduire la morbidité et la mortalité liées aux maladies cibles les plus meurtries chez les enfants de 0
à 11 mois, 5 ans, maladies plus meurtrières tels que la tuberculose, poliomyélites, dysphorie,
coqueluche, tétanos, hépatite B, hémophiles influenzae type B (méningite), rougeole. C'est également
une mesure préventive économique, le traitement de la maladie.
X
1.6 Les effets secondaires
Les réactions locales aux sites d'injection (douleur, rougeur, æœdème) dans les 24 à 72 heures après
une injection interviennent très fréquemment. D'autres signes généraux surviennent aussi
régulièrement : céphalées, nausées, arthralgies, myalgies, asthénie, frissons et fièvre. On observe aussi
l'apparition de diarrhées, vomissements, rash cutané, dermatite et prurit. De manière plus rare peuvent
survenir réactions anaphylactiques comme urticaire, œdème de la face et dyspnée, lymphadenopathie,
convulsion, syncope, syndrome de Guillain-Barré, paralysie faciale, myélite, névrite brachiale,
paresthésie/hypoesthésie transitoire du membre vacciné et vertiges.
A ces effets indésirables généraux s'ajoutent les effets indésirables spécifiques à chaque vaccin, qui ont
été signalés après la commercialisation, lors de la phase de surveillance. Par exemple, pour le vaccin
rougeole, oreillons et rubéole (ROR), certains cas de méningite, d'orchite, d'épididymite, de syndrome
de type rougeole légère et d'oreillons atténués ont été rapporté.
2. Les maladies cibles bénéficiant d'un vaccin actuellement recommandé pour les enfants
2.1 La diphtérie
2.2. Le tétanos
La baisse de la prévalence des maladies à prévention vaccinale fait que le public n’est plus sensibilisé
à ces maladies cibles, mais pas encore éradiquées. La gravité de ces maladies infectieuses est oubliée
et c’est le vaccin qui devient suspect, par crainte de possibles effets secondaires. Il s’agit de la balance
XI
bénéfice-risque. Le danger est pourtant présent, comme le rappelle l’épidémie de rougeole qui s’est
déroulée en décembre 2014, où une quarantaine d’enfants ont été contaminés à Disneyland
(Californie). Cette maladie était pourtant éradiquée des États- Unis depuis 15 ans, mais depuis 2011,
le nombre de cas de rougeole a été multiplié par six, lié à une baisse des vaccinations. La polémique
sur l’implication du vaccin anti-rougeole et anti Amaril dans l’autisme y a probablement joué un rôle
(OMS, 2022).
Une étude a permis de constater que, malgré les couvertures actuelles acceptables grâce au Fond GAVI
(stratégie avancée), les formations sanitaires doivent fournir encore beaucoup d’efforts pour améliorer
la qualité de l’acte vaccinal dans le District. C’est pourquoi il est nécessaire de s’investir davantage
dans l’organisation et le management des systèmes de santé de prévention vaccinale dans le District,
avec la participation de tous les acteurs au respect du calendrier de vaccination, le renforcement de
l’information, l’éducation et la communication (IEC), implication de la communauté dans le rappel des
dates de rendez-vous et respect des rendez-vous de vaccination (GAVI, 2022).
En effet, la couverture vaccinale n’est pas optimale et relève donc d’autres facteurs que la simple
connaissance du calendrier par les médecins. Une étude prospective a été menée en 2018 aux urgences
de l’hôpital de Beaune sur les facteurs déterminants de la couverture vaccinale antitétanique. Sur les
147 patients inclus, le taux de mauvaise couverture vaccinale était de 14% des enfants âgés de zéro à
cinq ans et 34% des mères d’enfants se sentaient mal informés. Cette étude vient donc renforcer la
nécessité de communication envers le public, notamment aux parents des enfants cibles par la
vaccination et fixer des rappels vaccinaux (UNICEF, 2022).
XII
Chapitre III. Méthodologie
1. Présentation du milieu de travail
Dans ce chapitre, nous détaillons les différentes étapes méthodologiques suivies dans notre recherche
sur la prévalence de la vaccination chez les enfants de 0 à 5 ans dans le district sanitaire d'Abéché, plus
précisément au centre de santé de Kamina II.
XIII
Au sud par la zone de responsabilité de Salamat ; et au nord par l’aéroport. Le Centre de santé Kamina
II est situe au quartier Kamina II Sur l’axe d’Adré .A population de 22803
Elle dispose un (2) bâtiment comprenant cinq (7) salles et un (1) véranda, puis trois (2) Hangars et
deux (2) latrines :
o une (1) salle de consultation
o une (1) salle de pharmacie
o une (1) salle de CPN
o une (1) salle de soin
o un (1) magasin
o une salle de labo
o une salle PEV
o un (1) véranda servant la salle d’attente
o trois (3) Hangars en tôles pour la prise en charge de la malnutrition et information éducation
communication (IEC).
o deux (2) latrines.
3. Situation Administrative :
Le centre de santé Kamina II dispose de personnels qualifié dont neufs (9) agents et six (6) relais
communautaires cités ci- dessous.
un (1) techniciens supérieurs en Bio- médical et pharmaceutique.
Deux (5) techniciens supérieurs en laboratoire
trois (3) Infirmiers diplôment d’Etat et sage-femme
un (1) agent technique de santé
trois (3) garçons de salle.
douze (14) membres de comité de gestion (coges).
six (6) relais communautaire
3. Approche méthodologique
Nous avons adopté une approche quantitative et descriptive pour mesurer la prévalence de la
vaccination et identifier les facteurs influençant la couverture vaccinale.
XIV
3.2 Méthode de recherche
1. Population d’étude et participants
Population cible : Enfants âgés de 0 à 5 ans résidant dans la zone couverte par le centre de santé Kamina
II.
Participants principaux : Les mères ou tuteurs des enfants.
2. Critères de sélection
Inclus : Enfants résidant dans la zone depuis au moins six mois.
Exclus : Enfants ayant des dossiers médicaux incomplets.
3. Taille d’échantillon
Sur une population estimée à 1 500 enfants, un échantillon de 150 a été choisi selon la méthode de
calcul de Cochran.
4. Méthode d’échantillonnage
Échantillonnage aléatoire stratifié : Les participants ont été répartis selon leur zone de résidence pour
garantir une représentation équitable.
5. Modalités de recrutement
Les mères ont été recrutées au centre de santé lors des journées de consultation pédiatrique, après leur
consentement éclairé.
XV
Les données ont été saisies dans SPSS et analysées à l’aide de statistiques descriptives (fréquences,
pourcentages) et analytiques (tests de corrélation).
3.13 Considérations éthiques
1. Consentement éclairé : Toutes les participantes ont signé un formulaire de consentement.
2. Confidentialité : Les données ont été anonymisées.
3. Autorisation : Le projet a été approuvé par le comité d’éthique du district sanitaire d’Abéché.
3.14 Communication des résultats
Les résultats seront présentés aux autorités locales et au personnel médical du centre Kamina II. Un
rapport synthétique sera également envoyé au ministère de la Santé.
3.15 Difficultés rencontrées
1. Réticence initiale de certaines mères à participer en raison de méfiances liées aux enquêtes.
2. Accès limité à certaines localités éloignées en raison du mauvais état des routes.
3. Contraintes de temps pour interviewer toutes les participantes.
Si des ajustements ou des détails supplémentaires sont nécessaires, je suis à votre disposition !
XVI
CHAPITRE 4 : PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RÉSULTATS
Dans ce chapitre, nous présentons les résultats obtenus à partir de notre enquête sur la prévalence de la
vaccination chez les enfants de 0 à 5 ans dans le centre de santé de Kamina II, ainsi que leur analyse.
Ces résultats sont accompagnés de tableaux et graphiques pour faciliter leur compréhension.
4.1 Données sociodémographiques des participants
Les données sociodémographiques des mères ou tuteurs interviewés ont été collectées pour comprendre
les caractéristiques de la population étudiée.
Tableau I : Répartition des participants par âge et niveau d'éducation
31-40 ans 07 50
41-50ans 05 35.70
51 et plus 00 00
Total 14 100
XVII
La distance au centre de santé est le principal facteur limitant la vaccination.
Un manque d’information sur les campagnes et les effets secondaires perçus sont aussi des barrières
notables.
4.4 Perception des mères sur la vaccination
Graphique 2 : Attitudes des mères envers la vaccination
Positif : 105 mères (70%).
Neutre : 30 mères (20%).
Négatif : 15 mères (10%).
Bien que 70% des mères aient une perception positive de la vaccination, cette attitude favorable ne se
traduit pas systématiquement par une couverture vaccinale complète.
4.5 Impact des campagnes de sensibilisation
Parmi les 150 participantes, 90 (60%) ont déclaré avoir participé à une séance de sensibilisation sur la
vaccination.
Parmi elles, 65% ont entièrement vacciné leurs enfants, contre seulement 30% des mères qui n’avaient
pas été sensibilisées.
Tableau III : Relation entre participation aux campagnes et statut vaccinal
XVII
I
CHAPITRE V : DISCUSSION
Dans cette section, nous allons interpréter les résultats obtenus dans le cadre de notre étude, en les
comparant avec des recherches antérieures et en examinant leur signification dans le contexte local.
Nous analyserons également les implications pour la santé publique et identifierons les limites de notre
travail.
Ces résultats indiquent une amélioration par rapport aux données nationales pour la même région en
2023, où la couverture vaccinale était de 60 %.
Cependant, le taux de 10 % d’enfants non vaccinés reste préoccupant, car il expose ces enfants à des
maladies graves comme la rougeole ou la poliomyélite.
Disponibilité des vaccins : 80 % des mères interrogées ont rapporté une disponibilité régulière des
vaccins au centre. Cela reflète les efforts des autorités sanitaires pour maintenir la chaîne du froid.
Distance du centre de santé : Les mères vivant à plus de 10 km du centre ont 30 % de chances en moins
de vacciner complètement leurs enfants, soulignant l’impact des barrières géographiques.
Les mères des 10 % d’enfants non vaccinés ont mentionné des croyances culturelles (40 %) et des
rumeurs sur les effets secondaires des vaccins (30 %).
La méfiance envers le système de santé est une barrière significative, en particulier chez les populations
marginalisées.
XIX
À l’échelle nationale, selon un rapport de l’UNICEF, la couverture vaccinale globale est de 65
%. Cela place Kamina II légèrement au-dessus de la moyenne nationale, ce qui témoigne des
efforts locaux.
Nos résultats corroborent les conclusions de l’étude de Tchad (2022), qui a montré que la
sensibilisation communautaire joue un rôle clé dans l’amélioration de la couverture vaccinale.
L’importance de l’information est cruciale : les données montrent que les mères bien informées
vaccinent davantage leurs enfants. Les campagnes doivent inclure des stratégies adaptées aux contextes
culturels pour lutter contre les idées reçues.
Les mères vivant loin des centres de santé ont plus de difficulté à respecter le calendrier vaccinal. Il
serait pertinent d’introduire des cliniques mobiles pour rapprocher les services des populations
éloignées.
Les enfants issus des ménages pauvres sont surreprésentés parmi ceux non vaccinés. Une politique de
vaccination gratuite pour tous doit être maintenue et renforcée.
4. Limites de l’étude
Représentativité de l’échantillon
Notre étude s’est concentrée uniquement sur le centre de santé Kamina II, ce qui peut limiter la
généralisation des résultats à d’autres régions du district sanitaire d’Abéché.
Les informations collectées auprès des mères reposent en partie sur leurs souvenirs, ce qui peut
introduire un biais de mémoire.
Manque de ressources
Nous avons rencontré des limitations dans l’analyse en raison de contraintes de temps et de
financement.
Conclusion
XX
Le chapitre de discussion met en lumière l’importance d’une sensibilisation accrue, de l’amélioration
de l’accessibilité des services de santé et d’une lutte active contre les obstacles culturels. Les résultats
obtenus offrent une base solide pour orienter les politiques locales, bien que des recherches
complémentaires soient nécessaires pour couvrir les autres zones du district sanitaire.
XXI
Conclusion
Les résultats de cette étude révèlent une couverture vaccinale insuffisante, avec seulement la moitié
des enfants de 0 à 5 ans entièrement vaccinés dans le centre de santé de Kamina II. Les principaux
facteurs limitant la vaccination incluent la distance géographique, le manque d’information et des
préoccupations financières ou culturelles. Cependant, les campagnes de sensibilisation se sont avérées
efficaces pour accroître la couverture vaccinale, démontrant l'importance de l'éducation
communautaire.
Réduire les obstacles géographiques en multipliant les centres de vaccination ou en organisant des
campagnes mobiles.
Intensifier les efforts de sensibilisation, en ciblant les mères et les leaders communautaires pour dissiper
les doutes liés à la vaccination.
Intégrer des programmes de soutien financier ou logistique pour les familles vulnérables.
En conclusion, cette étude souligne l’urgence d’agir de manière ciblée et durable pour garantir à chaque
enfant l’accès à des vaccins essentiels, contribuant ainsi à la réduction des maladies évitables et à
l'amélioration globale de la santé publique dans la région.
XXII