UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP CLUB DES ANTIQUITES
FACULTÉ DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
DÉPARTEMENT D’HISTOIRE
Support de cours : HIS 231 A
Commission pédagogique du Club des Antiquités
Département d’Histoire
ANNÉE UNIVERSITAIRE:
2022 - 2022
INTRODUCTION
D’après la tradition la plus célèbre, concernant les origines de Rome, la ville aurait été fondée sur la
colline du Palatin en 753 avant J. C. par Romulus, fils du dieu Mars et de la vestale Rhéa Silvia de la
famille royale d’Albe. La ville proclamée, ville d’asile, connait un accroissement rapide de sa population
mâle ; aussi, pour se procurer des femmes, Romulus organise l’enlèvement des Sabines, femmes d’un
peuple voisin, alors la guerre s’en suivit. A la fin de la guerre, les deux peuples fusionnèrent et ce fut le
règne des Latino-sabins de 753 à 617 av. J. C. et le règne des Etrusques de 616 à 509 av. J. C. Ces
données de la tradition ont été, de nos jours la source de nombreuses hypothèses sur l’origine de la cité
et de sa population. Cependant la confrontation de la légende avec les rapports de l’archéologie et
certaines politiques, surtout religieuses, de la Rome postérieure permet à l’historien moderne d’entrevoir
ce que durent les institutions de la Rome naissante à la période royale.
I. Fondation de Rome
1. les récits mythologiques
Dans les douze zones de son Eneide, publié après sa mort dans les années 10 avant J.C., Virgile relate
la préhistoire de Rome. Le titre de l’épopée vient de son héros, Enée, fils d’Anchise et de la déesse
Vénus, et survivant de la prise de Troie par les Grecs : les événements sont censés se dérouler au XIIe
siècle avant J.C. Enée quitte l’Asie mineure et son périple marin l’amène à l’embouchure du Tibre, en
Italie. Là, il obtient la main de Lavinia, fille du roi locale Latinus. Après des exploits guerriers contre
les Rutules, Enée fonde une cité dont le nom, Lavinium, célèbre celui de sa femme.
Nos connaissances sur le mythe des origines reposent ensuite principalement sur le récit de Tite-Livre.
Le fils d’Enée, Ascagne, appelé aussi Iule, quitte Lavinium pour fonder Albe-la- longue, sur laquelle
règnent treize rois. Au début du VIIIe siècle, Amulius détrône le roi Numitor et fait exposer les jumeaux
que sa nièce Rhéa Silvia avait eu des œuvres du dieu Mars. Les deux enfants, Romulus et Remus, sont
recueillis par une louve qui les élève dans une grotte du futur Palatin romain. Parvenus à l’âge adulte,
ils tuent Amulius et fondent la ville de Rome sur les lieux de leur enfance. C’est au cours de cet acte
fondateur que Remus fut tué par son frère Romulus qui devient le premier roi de Rome. Les traditions
virgiliennes et liviennes témoignent le désire de filiation divine : Enée est le fils de Vénus, Romulus et
Remus ont été engendrés par Mars. Virgile se veut le continuateur d’Homère et se montre soucieux de
rattacher Rome à de lointaines origines troyennes .Il y a une légitimation culturelle et religieuse du
destin de Rome, et simultanément de César et d’August qui appartiennent à la famille Julia. Les éléments
propagandistes des deux textes n’altèrent pas la tradition mais la rapportent dans le but d’éclairer le
présent en « historicisant » le passé. Or, les fouilles menées à Rome tendent de plus en plus à mettre à
jour des conformes à cette tradition.
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2. Les rapports de l’archéologie
Sur ce fond légendaire, l’archéologie fournit une approche plus concrète de la réalité, en confirmant
d’ailleurs certaines légendes. C’est le cas des fonds de cabanes trouvés en 1907 et dégagés en 1949 sur
le Palatin, près de l’endroit rectangulaire où les Romains conservaient le souvenir de la maison de
Romulus (casa Romuli). Rome serait situé sur les collines de 40 à 50 mètres d’altitude, encadrant des
zones basses où coulaient le Tibre et de petits affluents. C’était un carrefour entre l’Apennin et la mer
tyrrhénienne, entre l’Etrurie et la Campanie. S’y rencontraient bergers itinérants, agriculteurs
sédentaires et marchands. Ces contacts auraient favorisé la prospérité de ces villages et leur
rapprochement. Ils auraient constitué une ligue de septimontiale (des sept collines) qui aurait abouti, à
la fin du VIIe siècle où au début du VIe siècle avant J.C., à un synœcisme (fusion), constituant la ville
de Rome. Suivre cette hypothèse revient donc à placer cette période l’acte fondateur de Romulus.
Ces idées ont été récemment révisées par une spécialiste de cette époque, d’Alexandre Grandazzi.
Selon lui, les fouilles archéologiques récentes conduisent à pencher plutôt pour l’hypothèse d’une
fondation de Rome en tant que telle au milieu du VIIIe siècle, d’autres éléments venant ensuite agréger.
De cette haute époque daterait donc la définition d’une enceinte sacrée, le pomœrium, premier témoin
territorial et religieux de l’existence d’un Etat romain.
II. La royauté
1. La succession des rois
Rome a connu 7 rois dont 4 Latino-Sabins et 3 Etrusques.
Le premier roi de Rome fut Romulus qui est le fondateur de la ville. Il régna entre 753-717 avant Jésus
Christ. Selon la tradition qui raconte que Romulus a tué son frère Remus lors d’une dispute. Apres la
mort du roi Romulus le royaume est resté pendant un an sans roi, c’est ainsi que Numa Pompilius est
nommé roi par le sénat. Numa fut aussi un Sabin qui régna pendant 43 ans soit entre 715-672 av. J. C.
Son règne fut marqué par les institutions religieuses qu’il a données à Rome. Il a bâti aussi le temple de
Janus, reforme le calendrier qui, sous Romulus n’avait que dix mois. Il fonda le collège des vestales,
celui des prêtres Sellens. Apres Numa vient un autre Sabin du nom de Tullus Hostilius qui régna pendant
32 ans, c'est-à-dire entre 672-640 av. J. C. Son règne fut marqué par des guerres de conquêtes des terres
avec Albe en 666 av .J.C et fut entouré de ses légions, les soldats Albains sans armées et ordonna la
destruction de leur ville. Apres lui vient le règne d’Ancus Marcius qui était le quatrième et le dernier
Latino-Sabin à régner au trône. Ancus Marcius, à l’exemple de Numa, encouragea l’agriculture, restaura
le culte religieux, bâtit le premier pont de bois sur le Tibre et établit une force terrestre sur le Janicule.
Son règne pacifique ne fut troublé que par une guerre contre les Latins. Il régna pendant 24 ans soit entre
640-617 av. J. C. Apres Ancus Marcius vient le règne des Etrusques. En faite le 1er roi Etrusques fut
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Lucius Tarquin. On le nomma aussi Tarquin l’Ancien. Il régna entre 616-579 av .J. C. Son règne fut
marqué surtout à l’agrandissement et à l’embellissement de Rome. Tarquin était étranger ; son père,
Démarate (exilé de Corinthe, c’était établi à Targuinies, ville d’Etrécie), lui introduit auprès du roi
Ancus, qui l’avait désignait en mourant pour servir de tuteur à ses fils. Il fut assassiné par les fils d’Ancus
Marcius qui ne profitèrent pas de leurs crimes. Son gendre Servius Tullius, jeune homme d’une origine
incertaine, s’empara de la royauté sans avoir été élu par le sénat ni par le peuple. Apres un règne de 44
ans soit entre 578-535 av .J .C, il fut renversé par le second Tarquin (534 av .J.C). On le nomma aussi
Tarquin le superbe ou le Tyran, il régna entre 534-509 av .J.C soit 25 ans. Son règne fut marqué, selon
V Duruy, une ère nouvelle dans l’existante de Rome. Il chassa du mont Tarpéien tout les dieux de Numa
pour y élever un temple à Jupiter et à toutes les divinités de l’Olympe Grec. Avec les dieux de la Grèce
l’art entre dans Rome ; c’est un artiste d’Etrurie qui moula les 1ères statues. Selon Tite Live, le Tyran
gouvernait sans consulter ce corps sur toutes les affaires. Cet essai de royauté absolu voulu à Tarquin le
surnom de Superbe. Le crime de Sixtus mit le comble à l’impopularité de Tarquin le Superbe. Ainsi, la
liberté opprimée trouva un vengeur dans Brutus. Cependant, une affaire de mœurs qui aurait conduit les
romains à le chasser de Rome à la fin du VIe ou au début du Ve siècle av. J. C., avec sa femme et ses
enfants. Sant doute faut- il y voir une volonté politique de rejeter des dynasties étrusques puisque, avant
lui, Tarquin l’Ancien et Servius Tullius sont mentionnés comme ayant été assassinés.
2. La naissance d’une cité-Etat
Le début d’une organisation hiérarchique de la société. Les chefs de gentes c'est-à-dire des familles
romaines constituent très tôt une sorte de conseil d’ancien : le sénat. Il compta, 100 puis 200 membres.
Tullius Hostilius lui fit construire un lieu de réunion au pied du capitole, la Curia hostilia. Les familles
sénatoriales unies par la mémoire d’ancêtres communs, continuèrent une aristocratie que l’on appelle le
patriciat. Les patriciens représentaient l’élite des citoyens romains, non seulement par la fortune, mais
aussi par lignage. Rome comptait aussi des citoyens sans droits politiques ni juridiques, qui ne pouvaient
se prévaloir d’ancêtres romains comme patriciens : les plébéiens.
Des citoyens soldats rassemblent sous le nom de Quirites, les Romains, les Sabins, puis d’autres
voisins latins. Selon Cicéron, les citoyens romains auraient été d’abord divisés en deux tribus, les
Ramnenses et les Titienses, puis en trois, avec la tribu des Luceres. Chacune de ces trois tribus auraient
été composées de dix Curies de cent hommes, soit mille hommes chacune. Leurs critères d’appartenance
étaient sans doute ethniques et religieux. Tribus et Curies sont la première organisation connue des
romains. Cette division avait un but à la fois militaire et politique, ainsi qu’un caractère religieux.
Pour ce qui est les fondements d’une religion civique, la tradition romaine impute au roi Numa la
paternité des institutions religieuses de la cité fondamentale dans son organisation politique. Ses
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successeurs n’auraient qu’à compléter son œuvre. Ainsi les augures, chargés de prendre les présages,
les flamines (de Jupiter, Mars et Quirinus), les Saliens, Voués à Mars. C’est de lui que daterait aussi le
titre de pontifex maximus (grand pontife), autorité suprême de la religion romaine. La religion, lien entre
les hommes et le monde de divinités, possède un pouvoir structurant très fort. Elle commande au
politique, au juridique, au civique.
III. Les problématiques
1. Les influences grecque et étrusque
La Latium de la Rome royale était certes encadré par des peuples italiques, mais aussi par des cités
étrusques elle-même hellénisées. L’influence des Etrusques sur la civilisation de Rome archaïque fut
déterminante. Ils lui transmirent leurs sens de l’organisation du monde, de la manifestation du divin par
des signes et des présages. On s’est demandé si la ville de Rome n’était pas une fondation étrusque. Le
rite de fondation, tel que Romulus est censé l’avoir effectué, est un rite de délimitation étrusque. Le mot
latin Urbus, qui désigne la ville puis Rome elle-même, peut être d’origine étrusque. D’un point de vue
politique, les legs étrusques au jeune Etat romain sont considérables ; l’usage de la monnaie, l’apanage
et le cadastrage des terres, l’usage de l’écriture, la place éminente de la religion et du droit contrôlés par
l’aristocratie en sont l’héritage. En revanche, il n’y a pas d’Etat étrusque, ce qu’on appelle parfois
« l’empire étrusque » est une vue de l’esprit. Il s’agissait, comme dans le monde grec, d’un chapelet de
cités dirigées par des lucumons, sorte de roi-tyran issu des aristocraties locales. Les deux Tarquin et
Servius Tullius étaient des rois au regard de l’histoire romaine ; mais ils étaient des lucumons et Rome,
sous la domination étrusque, était une lucumonie. Ici réside la limite de l’influence étrusque ; elle porte
sur un substrat de culture religieuse, politique et juridique. Nul doute que Rome ait aussi connu
l’influence de la cité grecque. Ainsi, la division des Quirites en classes censitaires n’est pas sans rappeler
celle des athéniens par Solon au début du VIe siècle av. J. C.
2. Les impacts politiques de la royauté
Tite- Live présente la royauté comme étant à l’origine des grands aspects politiques, militaires et
religieux de l’Etat romain. Mais il fait également un régime honni, dont les institutions républicaines
s’emploieront par la suite à conjurer le retour, en élaborant une organisation politique empêchant le
pouvoir personnel. Au temps de la république romaine, être soupçonné d’aspirer à la royauté est une
accusation gravissime. Le pouvoir personnel y était en effet considéré comme une tyrannie et, partant,
rejeté. Lorsque Jules César fut la victime d’un tel rejet en 44 av. J. C, un autre model royal avait entre-
temps exercé une influence sur le monde romain, celui des royautés hellénistiques, de la IIIème à la 1ère
siècle.
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Des marques de la royauté romano-étrusque survécurent-elles dans la postérité ? Le mot même de Rex
(roi) persista dans une fonction sacerdotale, celle du Rex sucrorum. On peut dire également que l’aspect
tyrannique de la royauté romain fut présent dans l’institution républicaine d’exception que fut la
dictature. Pour Polybe, enfin, le caractère monarchique perdura dans des magistratures républicaines.
« L’escorte honorifique des licteurs, qui accompagnait les magistrats et le directeur, en est un exemple ».
On peut dire que la royauté perdura dans le nouveau régime politique sous une forme atomisée.
Conclusion
La plupart des histoires romaines sont narratrices, combinant l’ordre chronologique et des chapitres
thématiques. Ainsi, la longévité de cet Etat romain est remarquable : deux siècles s’étendent en effet
depuis la fondation de Rome au milieu du VIIIème siècle av. J. C. Jusqu’à la chute de la royauté en 509
av. J.C, dès lors, on assiste à la naissance de la république.
BIBLIOGRAPHIE
- BLOCH Raymond, Les Origines de Rome, Paris, PUF, collection « Que sais-je ? », 1985
- JACKES François, Les Curateurs des cités dans l’occident romain de Trajan à Gallien, NEL, Etudes
prosopographiques V, 1983
- NICOLET Claude, Le Métier de citoyen dans la Rome républicaine, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2e
éd. 1979
- RANDAZZI Alexandre, La fondation de Rome, Paris, Les Belles Lettres, 991, Reed. Hachette,
Collection « Pluriel » 1997
-ROMAN Yves, Le Haut-Empire romain, Paris, Ellipses, 1988
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