MODELISATION HYDROLOGIQUE
Chargé du cours : Pr. Fatogoma BAMBA
Ecole Nationale d’Ingénieurs-Abderhamane » Baba Touré
(ENI-ABT)
OBJECTIF
A l’issu de ce cours, l’apprenant devra comprendre :
- Qu’est ce qui c’est qu’un modèle
- Qu’est ce qui c’est qu’un modèle hydrologique ;
- A quoi sert un modèle ;
- Etapes à suivre pour l’utilisation un modèle ;
- La typologie des modèles.
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CHAPITRE I : INTRODUCTION
Depuis la nuit des temps, les hommes se sont toujours installés à proximité des
cours d'eau, malgré les débordements possibles de ceux-ci lors des crues. La
violence et les dégâts causés par celles-ci ont toujours eu un côté mystique, ce
qui n'a pas empêché certains de chercher des explications rationnelles.
Thalès a été l'un des premiers à voir l'eau sous toutes ses formes comme une
entité unique, mais si l'on considère l'hydrologie comme l'étude du cycle de l'eau
et des échanges entre l'atmosphère (nuages, pluie), la surface terrestre (rivières,
lacs, océans) et le sous-sol (nappe, rivières souterraines), Aristote est un des
premiers hydrologues à expliquer certains phénomènes de condensation et de
rosée. Faute de mesure, les Grecs n'ont cependant pas pu relier correctement les
grandeurs et il a fallu des siècles avant d'avoir de réels modèles hydrologiques.
1.1 DEFINITIONS
1) Modèle :
Un modèle scientifique est une représentation simplifiée, et souvent idéale, de la
réalité d'un phénomène permettant d'élaborer une théorie plus ou moins précise
adhérant aux observations et de prévoir ce qu'il se passerait dans certaines
conditions.
2) Modélisation :
La modélisation est la conception d'un modèle. Selon son objectif et les moyens
utilisés, la modélisation est dite mathématique, géométrique, 3D, mécaniste (ex :
modélisation de réseau trophique dans un écosystème), cinématique... Elle
nécessite généralement d'être calée par des vérifications in situ, lesquelles
passent par le paramétrage et le calibrage des « modèles » utilisés.
3) Modèle hydrologique d’écoulement :
Un modèle hydrologique d’écoulement est un outil numérique qui permet de
déterminer l’hydrogramme d’un cours d’eau dans une section à partir de celui
connu dans une autre du même cours d’eau.
4) Modèle hydrologique pluie-débit :
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Un modèle hydrologique pluie-débit, est un outil numérique de représentation de
la relation pluie-débit à l'échelle d'un bassin versant. Il permet de transformer des
séries temporelles décrivant le climat d'un bassin versant donné (séries de
précipitations et de températures par exemple, séries qui sont les entrées du
modèle hydrologique) en une série de débits (sortie du modèle hydrologique).
De nombreux modèles hydrologiques ont été développés depuis la fin des années
1960. Le choix du type de modèle à utiliser dépend généralement de l’objectif de
modélisation ainsi que des données d'entrées disponibles.
1.2 TYPES DE MODELISATION
Le terme modélisation est employé dans plusieurs domaines :
en mathématiques appliquées, et en pratique en chimie, en physique, en
informatique, en météorologie ou en sciences de la vie et de la terre, le
modèle mathématique permet d'analyser des phénomènes réels et de
prévoir des résultats à partir de l'application d'une ou plusieurs théories à
un niveau d'approximation donné ;
en ingénierie, la modélisation 3D est un cas particulier du précédent qui
consiste à produire des images d'objet réel ;
en informatique, on parle de modélisation des données pour désigner une
étape de construction d'un système d'information ;
dans le domaine de l'environnement, de l'écologie (modèles d’’écosystème,
du climat et de la météorologie, des modèles de plus en plus complexes
nécessitant les plus gros calculateurs se développent depuis plusieurs
décennies, notamment pour l'étude du changement climatique, etc.. Mais,
divers auteurs plaident pour une généralisation de la modélisation du
fonctionnement de la biodiversité (qui est l'une des composantes majeures
de la stabilisation climatique via les puits de carbone et plus généralement
la base des services écosystémiques) ;
en pédagogie, la modélisation de la discipline consiste en une
représentation simplifiée des objets d'enseignement sous une forme plus
ou moins abstraite que les apprenants auront à s'approprier ;
en conseil, la modélisation d’entreprise consiste à modéliser les différents
concepts de l'Entreprise tout en les associant les uns aux autres pour offrir
une vue globale, multidimensionnelle et cohérente ;
dans une entreprise, la modélisation de processus consiste à structurer et
à représenter visuellement les activités de l'entreprise ;
en économie, la modélisation économique permet une représentation
simplifiée de la réalité économique ou d'une partie de l'économie ;
en musique, la modélisation est la reproduction (ou tentative de
reproduction) des sons et des effets produits originellement par un
instrument différent : les synthétiseurs de musique sont des instruments
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électroniques permettant notamment de créer des sons plus ou moins
fidèles à ceux d'instruments traditionnels, une guitare dite "à modélisation"
est une guitare électrique capable de reproduire des sons de guitares
d'autres marques ;
en comportement humain, la modélisation est une démarche au sein de la
programmation neurolinguistique.
1.3 OBJECTIF DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE
La modélisation peut réussir à répondre à de nombreuses questions centrées sur
l’eau, gestion des risques et de la ressource. On peut résumer quelques-unes de
ces problématiques comme suit :
• Simulation de débits, pour le comblement de lacunes dans des séries de
données, la reconstitution de débits historiques (les données de pluie étant
souvent disponibles sur des périodes beaucoup plus longues que les débits) ou
pour permettre des traitements statistiques.
• Prédétermination des débits de crue ou d’étiage : on désire savoir avec quelle
fréquence des débits de crue (supérieurs à un seuil de risque par exemple) ou des
faibles débits (en deçà d’un débit réservé par exemple) risquent de se produire, et
sur quelle durée. Dans ce cas, on se place dans une démarche d’analyse
fréquentielle. Cette connaissance peut permettre le dimensionnement d’ouvrages
et de réservoirs ou d’aménagements dans le lit (mineur à majeur) du cours d’eau.
• Prévision des crues et des étiages : il s’agit d’évaluer par avance (avec un délai
de quelques heures à quelques jours), connaissant l’état du bassin, les débits de
crues susceptibles de présenter des risques (inondation) ou les débits d’étiages
pouvant demander de mettre en place une gestion particulière de la ressource (par
des barrages-réservoirs par exemple) pour assurer l’approvisionnement en eau ou
la préservation de la vie halieutique. On s’inscrit ici dans une démarche d’analyse
en continu du bassin.
• Influence d’aménagements sur l’hydrologie : il s’agit de pouvoir prédire les
changements de la réponse du bassin suite à des modifications des
caractéristiques du bassin d’origine humaine ou à des changements
environnementaux.
Ces problématiques font ressortir deux aspects importants : celui de l’évaluation
du risque et celui de la gestion de la ressource. La pertinence des réponses que
l’on peut leur apporter est conditionnée par celle du modèle dans sa représentation
du bassin relativement aux objectifs fixés. Si d’autres approches hydrologiques
que la modélisation pluie-débit propose des réponses à certaines de ces
problématiques (analyse fréquentielle statistique sur les débits pour la
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prédétermination), cette dernière paraît cependant très profitable pour des
questions supposant un traitement temporel continu, comme la prévision des
débits. Dans ce cas, le fait de remonter à l’origine des débits (la pluie) permet en
plus de profiter d’un délai supplémentaire par rapport à des méthodes n’exploitant
que l’information sur les débits.
Figure : Intérêt d’un modèle pluie-débit (Perrin, 2000).
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CHAPITRE II : MODELISATION HYDROLOGIQUE
La modélisation du comportement hydrologique des bassins versants est
incontournable des lors que l’on s’intéresse à des problématiques relatives à la
gestion des ressources en eau, à l’aménagement du territoire, ou à l’une des
différentes facettes des risques hydrologiques. Elle doit pouvoir décrire les
différentes étapes de la transformation pluie-débit et en particulier les processus
liés à la formation des crues et à l’apparition des étiages. Elle est censée fournir
des informations exploitables pour le dimensionnement d’ouvrages hydrauliques,
de protection contre les crues ou pour la gestion hydrologique et écologique du
bassin versant étudié.
Un modèle hydrologique, ou modèle pluie-débit, est un outil numérique de
représentation de la relation pluie-débit à l'échelle d'un bassin versant. Il permet
de transformer des séries temporelles décrivant le climat d'un bassin
versant donné (séries de précipitations et de températures par exemple, séries
qui sont les entrées du modèle hydrologique) en une série de débits (sortie du
modèle hydrologique).
Ainsi donc, un modèle hydrologique n’est qu’une simplification d’un système
complexe. Ainsi, à chaque stade de la modélisation, des approximations sont
réalisées : perception des phénomènes, formalisation en un cadre conceptuel,
traduction dans un langage de programmation, etc.
De nombreux modèles hydrologiques ont été développés depuis la fin des années
1960. Le choix du type de modèle à utiliser dépend généralement de l’objectif de
la modélisation ainsi que des données d'entrées disponibles.
2.1 PRINCIPES DES MODELES HYDROLOGIQUES
Les modèles hydrologiques permettent de transformer des séries décrivant le
climat d'un bassin versant (typiquement des séries de précipitations et
de températures) en une série de débits. Cette transformation est souvent divisée
en deux parties :
1. Une première partie souvent appelée la "production", qui consiste en la
détermination de bilans d'eau à l'échelle du bassin versant. Ce bilan permet
notamment de répartir la pluie brute observée (la totalité de la pluie qui est
tombée sur le bassin versant et qui est mesurée par un ou
plusieurs pluviomètres) en pluie "nette" (la proportion de la pluie brute qui
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participe au débit du bassin versant étudié), en quantité d’eau
évapotranspirée et en quantité d'eau stockée par le bassin versant.
2. Une deuxième partie souvent appelé le "transfert" ou "le routage", qui
consiste à répartir dans le temps la quantité d'eau participant
au débit du bassin versant étudié.
2.2 Avantages d’utilisation du modèle hydrologique
Un modèle hydrologique peut être utilisé dans plusieurs contextes :
Calculs et prévisions des crues,
Calculs et prévision des étiages,
Prédétermination de débits extrêmes,
Études d'impact anthropique sur l'hydrologie (construction
d'aménagements hydrauliques (barrage par exemple), changements
d'occupation du sol, etc.),
Études d'impact de changements climatiques sur l'hydrologie,
Simulation de débits pour combler des lacunes dans les données et
reconstituer des séries de débits historiques.
2.3 MODELISATION DANS LES BASSINS VERSANTS
2.3.1 Bassin jaugé
Les premières applications des modèles hydrologiques de type pluie-débit
portaient sur des bassins jaugés, Il s’agit de bassins disposant de chroniques de
pluies et de débits suffisamment longues pour pouvoir calibrer les paramètres des
modèles. Depuis ces premières applications, la question des bassins non jaugés
est devenue une priorité de la décennie 2000.
2.3.2 Bassin non jaugé
Selon l'organisation mondiale de la météorologie en1984, une couverture de
station « admissible » pour un bassin semi-aride est de disposer d’au moins un
poste pluviométrique tous les 100 à 250 km 2. Relativement à cette norme, un
bassin non jaugé est défini comme un bassin dépourvu de mesures
hydrométriques voire même de relevés pluviométriques. Cette situation est
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souvent rencontrée dans les zones arides et semi-arides.
Et, en effet, quand l'information hydrologique est absente ou rare, les modèles
hydrologiques sont difficiles à calibrer. Certains auteurs ont cru pouvoir transposer
les données d'un bassin jaugé vers un bassin non jaugé moyennant l'utilisation de
méthodes de régionalisation qui exploitent les similarités de comportement sur la
base de la proximité spatiale des bassins.
- Concept de régionalisation dans les bassins versants non jaugés
Les méthodes de régionalisation proposées pour l'étude des bassins non jaugés
portent sur les débits d'étiage ou de crue, et cette transposition des données d’un
bassin jaugé vers un bassin non jaugé est le résultat :
(i) d’une phase d’identification des régions susceptibles d’être
considérées comme homogènes relativement aux processus qui
y prévalent,
(ii) et d’une phase d'application d’une méthode d'estimation
appropriée à la variable transposée. Si certains auteurs comme
Rojas-Serna (en 2005) donnent une revue exhaustive de ces
méthodes, d’autres comme Zhang et Chiew (2009) suggèrent de
recourir exclusivement à l’analyse de la proximité spatiale.
- Régionalisation par homogénéisation
L'homogénéisation est basée sur l'identification de toute ressemblance entre les
bassins jaugés et non jaugés. L'extraction des similarités conduit à l’identification
de zones homogènes. Il s’agit de regroupements de bassins ayant un même
comportement par rapport à une caractéristique physiographique ou climatique.
Lorsqu’on s’intéresse aux seules caractéristiques hydrologiques, tels que les
débits extrêmes, la délimitation des zones homogènes est délicate suite aux
incertitudes affectant les mesures. C’est dire que l'efficacité de la méthode
d'homogénéisation dépend de sa capacité à identifier et à délimiter les zones
homogènes.
- Régionalisation par régression
Le principe de la méthode consiste à établir par régression linéaire simple ou
multiple les relations appropriées entre les variables d’intérêt d'un bassin connu et
ses caractéristiques physiographiques et climatiques. Ces relations servent à
déduire les variables des bassins non jaugés (non instrumentés). Les paramètres
sont alors estimés par la méthode des moindres carrés.
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Cette technique de régionalisation demeure difficile à interpréter et n'aboutit pas
toujours à un bon résultat. Bien que les résultats soient mitigés ; elle est,
cependant, la seule issue pour pallier aux problèmes de mesures des bassins non
jaugés. Pour cette raison, selon certains, les méthodes géostatistiques constituent
une alternative qui donne de meilleurs résultats.
2.3.3 Bassin peu jaugé
Peu jaugé, faiblement jaugé ou tout simplement bassin comportant peu de
données sont les qualificatifs utilisés pour désigner des systèmes ayant des
réseaux de stations de mesures hydrométriques et/ou pluviométriques peu
développés.
Entre les classes des bassins jaugés et ceux non jaugés se pose une classe
intermédiaire, dite classe de bassins peu jaugés, où les mesures hydrologiques
sont peu informatives.
D’aucuns assimilent ces bassins à des bassins non jaugés du moment que les
mesures disponibles ne permettent pas d’en donner une bonne représentation.
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CHAPITRE III : TYPOLOGIE DES MODELES HYDROLOGIQUES
L’avènement de l’informatique a participé en grande partie au développement de
nombreux modèles. La littérature répertorie une panoplie de modèles qui
témoignent de ces progrès. La plupart des classifications répertorient les modèles
sur les critères relatifs soit à la représentation dans l'espace (modèles globaux –
modèles distribués), soit en rapport avec le type de représentation temporelle
(événementiels - continus) soit encore sur une représentation selon les processus
(modèles empiriques).
Plusieurs auteurs comme Singh (en 1995), Ambroise (en 1999) Refsgaard et
Storm (en 1996) ont proposé une classification des modèles hydrologiques en trois
catégories : les modèles empiriques, les modèles conceptuels et les modèles
distribués à base physique. D’après Refsgaard (en 1997), les modèles
hydrologiques peuvent être classés selon la description des processus physiques
en tant que conceptuels ou physiques et selon la description spatiale des
processus au niveau du bassin versant en tant que globaux ou distribués. En
raison de l’ambigüité de certains critères (notion de conceptuel ou de physique)
une certaine confusion règne encore sur l’appartenance de tel ou tel modèle à une
famille donnée.
Chocat (en 1997), propose, quant à lui, de classer les modèles hydrologiques
par types d’utilisation (modèles cognitifs, modèles prévisionnels, modèles
décisionnels et modèles normatifs) et par type d’approche (physique, analogique,
symbolique, déterministe, probabiliste, stochastique, empirique).
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Figure 3 : Classification des modèles proposée par Singh, 1995
Selon Singh en 1995 (Figure 4 qui suit), un modèle est caractérisé par 5
éléments constitutifs :
- la géométrie du système (bassin versant),
- les entrées dans le système,
- les lois de formalisation des processus,
- l’état initial et les conditions aux limites du système et enfin,
- les sorties.
Il a aussi (Singh en 1995) proposé trois critères pour classer les modèles
hydrologiques qui sont :
- la description des processus,
- échelle spatio-temporelle et
- la méthode utilisée pour résoudre les équations.
Selon la description des processus, on peut avoir plusieurs niveaux de
classification : modèle global ou distribué, déterministe ou stochastique. La
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méthode de résolution employée peut également différencier les modèles en
empirique ou conceptuel.
Figure 4 : Composants d’un modèle (Singh, 1995)
Figure 5 : Schéma représentant le fonctionnement d’un modèle pluie-débit,
(Inspiré du schéma de Versiani (1983) et Boudhraa (2007))
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3.1 Classification selon la représentation de l’espace
Selon la description des processus hydrologiques dans le modèle et sa liaison
avec les caractéristiques du bassin versant, le modèle peut être global ou
distribué, déterministe, stochastique ou mixte.
1) Modèle Global
Dans un modèle global (lumped model) ou « boite noire », le bassin est
considéré comme une entité unique. Des relations empiriques (issues de
l’expérience) relient les entrées et les sorties sans chercher à se rapprocher d’une
loi physique. Les équations sont souvent des équations différentielles ordinaires
qui ne prennent pas en compte la variabilité spatiale des processus, des entrées,
des conditions au limites et les caractéristiques géométriques du système (bassin
versant).
Les processus sont décrits sous forme d’équations simplifiées ou d’équations
issues de raisonnement empiriques. Parmi les modèles globaux qui existent dans
la littérature, nous pouvons citer : le modèle GR (Edijanto et Michel, 1989).
2) Modèle distribué
Le modelé distribué (distributed model), quant à lui prend explicitement en
compte la variabilité spatiale des processus et /ou des variables d’entrées et /ou
des conditions aux limites et /ou des caractéristiques du bassin versant. Les
équations sont parfois des fonctions de probabilité de type PDF (probability
differential function). Il faut reconnaitre que dans la réalité, le volume de données
nécessaires pour l’implémentation de ce modèle n’est en général pas disponible
sur le bassin d’application, ce qui rend ce type de modèle peu opérationnel. Le
tableau qui suit présente quelques critères pour classer les modèles en global ou
distribué (Singh, 1995).
Tableau : Critères de classification des modèles en global ou distribué (Singh,
1995)
Entrée Caractéristiques Composant du Equations Sortie Type du Modèle
du système processus
Global Global Global EDO Global Global
Global Global Distribué PDF Distribué Distribué
Distribué Distribué Distribué PDF Distribué Distribué
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Distribué Global Distribué PDF Distribué Distribué
ODE: Ordinary Differential Equation, PDF: Probability Differential
Function.
L’approche distribuée offre au moins deux avantages : elle peut mieux
capturer la variabilité spatio-temporelle des composantes du cycle de l’eau et elle
permet d’étudier les conséquences de changement d’échelle et elle permet
d’aborder par exemple la question d’évolution du système (changement
d’occupation du sol) ou d’étudier l’effet de la variabilité spatiale des entrées et des
sorties.
L’utilisation des modèles hydrologiques distribués est devenue très
fréquente car ils permettent non seulement de décrire la situation passée mais
aussi de tester des scénarios futurs. Comme modèle distribué, nous citons :
SWAT, ATHYS, Cequeau, MIKESHE, TOPMODEL.
Une connaissance géographique et physique détaillée du bassin versant est une
nécessité pour la modélisation hydrologique distribuée. L’accès à cette
connaissance est de plus en plus facilité grâce aux SIG qui permettent de gérer et
d’exploiter les données relatives aux bassins versants.
L’intégration de la variabilité spatiale de l’occupation du sol du bassin versant dans
la modélisation hydrologique peut améliorer d’une façon nette l’adéquation
observation/simulation.
Des chercheurs comme Flugel (en 1995) ont montré l’importance de la
représentation de l’occupation du sol dans la modélisation hydrologique distribuée
d’un bassin versant. La formule de Penman-Monteith, en prenant en compte la
couverture végétale pour le calcul de l’évapotranspiration, donne de bons résultats
par rapport à d’autres formules où la couverture végétale n’est pas prise en
compte.
Néanmoins, ce type de modèle pose de nombreux problèmes. A titre d’exemple,
on peut citer le problème de sur-paramétrisation. Le nombre de paramètres
possibles est en effet croissant avec l’augmentation du nombre de mailles ou
d’unités de modèle. Ce genre de problème pose d’une part des difficultés
métrologiques (acquisition des données expérimentales pour renseigner les
paramètres) et d’autre part des problèmes dans la phase de calage du modèle.
Dans la majorité des cas, le modèle n’est pas totalement distribué étant donné que
certains composants du système prouvent être globalisés. Le modèle est alors de
type semi-distribué (semi-distributed model) qui tient compte de la variabilité
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 15
spatiale à travers des classes ayant des comportements hydrologiques supposés
similaires. A titre d’exemple, on peut citer TOPMODEL.
3.2 Classification selon la nature des variables
En fonction du niveau de description des processus, le modèle peut être aussi
déterministe, stochastique ou mixte. Dans un modèle déterministe
(deterministic model), il est supposé que les variables d’entrée et les paramètres
du système sont parfaitement déterminés ou déterminables. Par contre dans un
modèle stochastique (stochastic model), ce sont plutôt des distributions de
probabilité qui sont associées à ces grandeurs.
La majorité des modèles sont déterministes. L’approche probabiliste est utilisée
soit parce que le phénomène étudié est aléatoire soit parce que l’on cherche à
représenter des permanences difficilement explicitables physiquement.
3.3 Classification selon la discrétisation temporelle
Selon les objectifs recherchés à travers la modélisation, le comportement du
bassin peut être reproduit uniquement pour des événements particuliers
(typiquement des épisodes de crues) ou en continu sur une période plus ou moins
longue englobant des périodes de temps. On distingue ainsi les modèles
événementiels et les modèles continus.
1) Modèle événementiel
Les modèles événementiels (event-based model) visent à reproduire la réponse
du bassin en termes de débit lors d’un épisode pluvieux. Ce genre de modèle, qui
n’est activé qu’au moment des pluies, nécessite de pouvoir préciser l’état initial du
bassin en fonction des conditions climatiques antécédentes.
2) Modèle continu
Les modèles continus (continuous-time model) permettent quant à eux,
de suivre l’évolution des variables d’état et/ou de sortie à plus long terme. Dès lors,
certains processus ne peuvent plus être négligés dans les modèles continus en
particulier l’évaporation et l’évapotranspiration. Ces modèles nécessitent donc des
variables de condition aux limites (les précipitations, la température, le
rayonnement solaire, le vent,…) supplémentaires par rapport aux modèles
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 16
événementiels pour expliquer l’évolution des stocks d’eau sur le bassin pour une
ou plusieurs années hydrologiques.
3.4 Classification selon la description des processus
Pour décrire les processus de cheminement d’une goutte de pluie tombée sur le
bassin jusqu'à l’exutoire, on a recours le plus souvent à une simplification qui
consiste à décomposer le processus hydrologique en différents sous-processus
qui peuvent être représentés séparément et, ceci facilite aussi l’acquisition des
données d’expérimentation.
1) Modèle empirique
Les modèles empiriques, de type « boite noire », cherchent à reproduire la
dynamique des variables de sortie en fonction des variables d’entrée sans tenter
de décrire les processus élémentaires. A titre d’exemple, nous pouvons citer la
formule :
𝐷é𝑏𝑖𝑡 = 𝑘. (𝑝𝑙𝑢𝑖𝑒)𝑛
Ou : 𝑘 𝑒𝑡 𝑛 sont des coefficients déterminés par une régression effectuée sur les
mesures pluie-débit.
Selon Ambroise (en 1991), le modèle empirique caractérise globalement la relation
pluie-débit par un traitement de séries chroniques.
2) Modèle conceptuel
Les modèles conceptuels considèrent en général le bassin versant, après
quelques simplifications du cycle de l’eau, comme un ensemble de réservoirs
interconnectés.
Par exemple dans les modèles conceptuels semi distribués, l’espace y est
discrétisé en sous-unité que l’on considère ‘‘homogène ’’ en terme de
caractéristiques physiques et/ou en terme de fonctionnement hydrologique.
Plusieurs approches ont été développées pour mieux découper l’espace et
intégrer ainsi une description de la variabilité spatiale des caractéristiques physico-
graphiques du bassin dans la connaissance des processus hydrologiques.
Dans la pratique, le choix de tel ou tel modèle est fortement lié aux composantes
hydrologiques que nous cherchons à reproduire à travers la modélisation mais
aussi aux échelles spatio-temporelles. Un processus peut être considéré comme
important dans un modèle et négligeable dans un autre.
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 17
3.5 Classification selon le degré d'abstraction
1) Modèles physiques
Les équations de ces modèles sont déduites à partir des principes de base de la
physique (conservation de masse, quantité de mouvement, quantité d'énergie, …),
et dont la forme finale simplifiée contient des paramètres qui ont un sens physique.
Ils représentent le système à une échelle réduite. Comme modèles physiques on
peut citer : KINEROS (pour la simulation des hydrogrammes) ; LISEM ((Limbourg
Soil Erosion Model), utilisé pour comme modèle d’érosion et de transport de
pesticides, complètement distribué) ; etc.
2) Modèles mathématiques
Ils décrivent le processus hydrologique à l'aide des équations mathématiques qui
relient les variables d'entrée et de sortie.
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 18
CHAPITRE IV : COMPOSANTS DE LA STRUCTURE D’UN MODELE
PLUIE-DEBIT
L'un des objectifs de la modélisation pluie-débit sur un bassin versant est
d'analyser la réponse du système (débit) à une pluie en invoquant des hypothèses
simplificatrices.
Comme exemple de modèle pluie-débit, on peut s’intéresser à la modélisation
faisant intervenir une fonction de production et une fonction de transfert (figure 6
qui suit).
Figure 6 : Structure d'un modèle Pluie-Débit (d'après Perrin, 2000).
4.1 Fonction de production
On cherche souvent à distinguer la partie de la pluie qui tombe sur le bassin de
celle qui va participer effectivement à l’écoulement vers l’exutoire. La fraction de
la pluie qui échappe à l'interception et à l'infiltration est appelée « pluie nette ou
active ». C'est cette quantité qui va s'écouler et que la fonction de production va
évaluer.
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4.2 Hydrogramme Unitaire
Sherman (en 1932), définit l’hydrogramme unitaire (HU) d’un bassin versant
comme un hydrogramme de ruissellement direct résultant d’une pluie nette,
uniforme (constante), d’une durée de référence D, suffisamment longue selon
Musy (1998) pour générer un écoulement sur l’ensemble du bassin.
L’intérêt de la théorie de Sherman réside dans la linéarité du système qu’elle
postule : la réponse à un signal unique est proportionnelle à son intensité et la
réponse à plusieurs signaux décalés dans le temps est la somme des réponses
aux signaux individuels.
C’est à dire que si un hydrogramme unitaire est divisé en k tranches de durée d,
le pourcentage du volume total ruisselé dû à chaque tranche est une constante
caractéristique du bassin. Un hydrogramme unitaire peut être donné sous une
forme discrète par les valeurs de la fraction de pluie qui atteint l'exutoire en fonction
du nombre de pas de temps.
𝑄𝑛 = ∑ 𝑃𝑖 𝑈𝑛 − 𝑖 + 1
𝑖=1
Où :
𝑄𝑛: Débit à l’ instant 𝑛∆𝑡,
𝑃𝑖: 𝑃luie entre les instants 𝑖∆𝑡 et (𝑖 + 1)∆𝑡,
𝑈𝑛 − 𝑖+: 𝐻ydrogramme unité au temps (𝑛 − 𝑖 + 1)∆𝑡.
Cependant, pour des raisons théoriques et pour caractériser l'hydrogramme
unitaire par un petit nombre de paramètres, il est plus intéressant de considérer
des hydrogrammes unitaires générés par un opérateur mathématique ou physique
simple : une équation différentielle du premier ordre ou une cascade de réservoirs
linéaires.
1) Hydrogramme Unitaire Instantané
L’hydrogramme unitaire instantané suppose que l’averse a une durée
infinitésimale. Il représente la réponse du système à une impulsion instantanée.
Le produit de convolution linéaire donne l'intégrale, ci-dessous, connu sous le nom
de l'intégrale de Duhamel :
𝑡=𝑡
𝑄(𝑡) = 𝐼. 𝐴. ∫ 𝑈0(𝑡 − 𝜏) . 𝑑𝜏
𝑡=0
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 20
Préserve les hypothèses de linéarité et d’invariance exigées par la théorie de
l’hydrogramme unitaire. (Musy, 1998). Dans cette expression :
𝛕 : Durée de la pluie,
A : Surface du bassin versant,
I: Intensité de la pluie,
𝑑𝝉 : Durée instantanée,
𝑈0: Une averse d'une durée 𝛕 →0.
2) Hydrogramme Unitaire Conceptuel
Cet hydrogramme assimile la réponse du bassin versant à une cascade de
réservoirs plus ou moins complexes.
3) Hydrogramme Unitaire Géomorphologique (GUH)
Les caractéristiques géomorphologiques d’un bassin versant servent à
décrire son comportement hydrologique et à rendre compte de sa fonction de
transfert. L’hydrogramme unitaire géomorphologique assimile la fonction de
transfert à une fonction de distribution de probabilités des temps de parcours, en
faisant droit à la linéarité et l’invariance temporelle des phénomènes de transfert.
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 21
CHAPITRE V : MISE EN ŒUVRE D’UN MODELE HYDROLOGIQUE
L'application d’un modèle hydrologique se déroule en plusieurs étapes :
- Le choix du type de modèle à utiliser ;
- Les traitements préliminaires des données ;
- L’opération d'estimation des paramètres (calage) et ;
- L’étape de validation ;
- Le calcul des incertitudes ;
- Le choix et le calcul du critère d’ajustement.
5.1 Choix du modèle
Le choix de tel ou tel modèle reste toujours une étape délicate dans la
mesure où on n’a pas d’idée au préalable des processus hydrologiques qui
peuvent intervenir dans le bassin.
Pour une quantité de données disponibles, la performance d’un modèle passe par
un maximum quand la complexité varie. Une fois la complexité du modèle optimale
dépassée, les paramètres du modèle deviennent trop nombreux, par rapport aux
données disponibles, pour caler correctement le modèle ou plus précisément pour
définir un calage optimal unique. Ceci réduit la performance du modèle. A
l’opposé, un modèle plus simple ne peut pas exploiter toutes les informations
disponibles dans les données.
L’amélioration de la quantité des données disponibles contribue à l’augmentation
de la performance du modèle jusqu'à un certain seuil. Au-delà de ce seuil, la
richesse de la donnée n’améliore plus la performance du modèle.
Dans ce cas, on peut utiliser un modèle plus complexe pour pouvoir exploiter les
informations disponibles dans les données.
La difficulté consiste donc à se positionner le plus près possible de l’optimum de
complexité du modèle par la richesse de données disponibles.
5.2 Traitement des données
Les données à utiliser dans ledit modèle sont collectées, analysées et traitées.
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 22
Dans la collecte des données, il faut faire en sorte qu’on y ait une série longue
pour non seulement le calage du modèle mais aussi pour sa validation.
L’analyse permet d’exclure les données aberrantes ou fausses. Quant au
traitement, il permet de reconstituer les données manquantes ou le remplacement
de celles qui sont aberrantes.
5.3 Calage
Le calage consiste à ajuster les valeurs numériques attribuées aux
paramètres du modèle pour reproduire au mieux la réponse observée. C’est le
processus de choix de jeux de valeurs des paramètres. Cette opération, peut se
faire manuellement par une procédure ‘’essai erreur’’, ou automatiquement par
une procédure d’optimisation en cherchant la valeur optimale d’un critère donné
(communément appelé fonction objectif) qui améliore la cohérence entre la
réponse observée et simulée du bassin ou même par calage mixte en combinant
les deux méthodes précédentes. Il existe plusieurs méthodes dans la littérature
pour déterminer cette valeur optimale telle que la méthode de détermination
directe. Nous pouvons citer par exemple la méthode d’optimisation de Rosenbrock
et la méthode Simplex. Néanmoins, l’application de ce genre de méthodes trouve
rapidement ses limites à cause de la présence de multiples valeurs optimales et
de la dépendance le plus souvent forte entre les paramètres.
D’autres algorithmes complexes, de type probabilistes, ont été ainsi
développés pour chercher l’optimum global. Dans ce type de méthodes, la
convergence ne se fait plus au sens de distance mathématique mais de distance
probabiliste. Parmi celles-ci nous pouvons citer l’algorithme simple et génétique.
Ce genre d’algorithme nécessite malheureusement des données et un temps de
calcul considérables.
Récemment, d’autres algorithmes d’optimisation globaux ont été développés.
Dans les années 1990, Beven (1993) a introduit la notion ‘‘d’équifinalité’’. Le
fondement de cette approche réside dans le constat qu’il n’y a, en règle générale,
pas un seul et unique jeu de paramètres optimal pour caler un modèle, mais une
famille de solutions ou des régions d’autre surface de réponse donnant des
résultats de qualité similaire. Cela est traduit par le développement de la méthode
GLUE (Generalized likelihood uncertainty estimation) de Beven et Binley (1992)
qui utilise les réalisations Monte Carlo pour faire une exploration de la gamme des
simulations possibles. C’est une méthode basée sur une approche bayésienne et
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 23
donc les mesures de vraisemblance peuvent être modifiées en fonction des
données nouvelles. L’autre avantage de cette méthode réside dans le calcul des
intervalles de confiance et l’estimation des erreurs et incertitudes reliées à
l’opération de calage. Néanmoins, l’inconvénient de cette méthode reste les temps
élevés de calcul.
5.4 Validation
Une fois le modèle hydrologique distribué implémenté sur un bassin versant
donné, se pose ensuite la question de savoir quelle est la capacité du modèle à
simuler le présent ou le futur ? C’est l’étape de validation qui doit répondre à cette
question.
Cette étape consiste à vérifier la reproductivité des résultats par le modèle et la
représentativité des paramètres calés. Son principe est de tester le modèle sur
une série de données non utilisées dans la phase du calage. Ainsi, l’existence de
cette phase dépend de la disponibilité en données.
Plusieurs schémas de calage et de validation ont été ainsi proposés par la
communauté scientifique.
Deux approches sont très utilisées par les hydrologues :
Une approche classique de validation qui consiste à choisir aléatoirement
une partie des données pour le calage des paramètres du modèle. C’est
l’étape de validation interne qui a pour objectif d’analyser la sensibilité du
modèle aux valeurs des paramètres qui le constituent.
Une approche basée sur la validation multicritères et multi-échelles
appliquée à l’ensemble du bassin. C’est l’étape de validation externe. Elle
consiste à confronter les résultats du modèle à une réalité, c’est-à-dire
concrètement à des données (hydrogramme mesurés sur des stations
intermédiaires) qui n’ont pas été utilisées pour le construire. Il importe de
bien veiller à ce que la validation externe d’un modèle ne soit pas conduite
sur des données qui ont servi à l’établir.
5.5 Incertitudes
Depuis les années 90, le calage des modèles hydrologiques a été associé, le
plus souvent, aux calculs d’incertitudes. Ainsi, Melching (1995) puis Refsgaard et
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 24
Storm (1996) ont identifié quatre types d’incertitudes dans l’application des
modèles hydrologiques :
Incertitude liée à la nature : c’est une conséquence de la variabilité spatio-
temporelle du processus dans la nature (exemple : précipitations,
température) qui introduit une fonction aléatoire dans le processus
physique de genèse de ruissellement.
Incertitude liée aux données : la plupart des auteurs s’accordent sur le
constat qu’il est impossible d’identifier la variabilité et la complexité locale
des données à travers quelques points de mesure. Donc la variabilité
présentée dans les données d’entrée du modèle est une limite pour
représenter la variabilité naturelle introduisant ainsi l’incertitude dans les
données. Refsgaard et Storm (1996) soulignent l’existence d’incertitudes
aléatoires ou systématiques au niveau des techniques d’acquisition des
données et des méthodes d’interpolation utilisées. Le développement de la
technique de télédétection a contribué à réduire l’incertitude liée aux
données (Les erreurs d’enregistrement ou de représentativité).
Incertitude liée aux paramètres du modèle : ce type d’incertitude est
influencé par l’incertitude liée aux données à cause des caractéristiques
d’optimisation du modèle pendant le processus de calage.
Incertitude liée à la structure du modèle : l’incapacité du modèle de
représenter les processus physiques réels de ruissellement est à l’origine
de ce type d’incertitude.
5.6 Critères d’ajustement
Les critères d’ajustement permettent de juger de l’adéquation entre la
chronique observée des débits et celle reproduite par le modèle. Ils permettent
ainsi d’évaluer les modèles (sa fiabilité). Selon l’objectif, ces critères peuvent être
calculés sur :
(i) les débits,
(ii) la racine carrée des débits ou,
(iii) les logarithmes des débits.
Différents critères d’évaluation des modèles peuvent être utilisés, parmi lesquels
on peut citer :
- Le critère de Nash ;
- « Bilan » et ;
- « Volume des crues ».
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 25
1) Nash
L’un des critères d’ajustement les plus utilisés en hydrologie est celui de Nash-
Sutcliffe. Il est donné par l’expression suivante :
∑𝑛
𝑖=1(𝑄𝑜𝑏𝑠−𝑄𝑐𝑎𝑙𝑐)²
𝑁𝑎𝑠ℎ = [1 − ∑𝑛 (𝑄𝑜𝑏𝑠−𝑄𝑜𝑏𝑠
̅̅̅̅̅̅̅)²
] où :
𝑖=1
𝑄𝑜𝑏𝑠: Débits observés (m³/s),
𝑄𝑐𝑎𝑙: 𝐷ébits calculés ou simulés (m³/s),
̅̅̅̅̅̅̅
𝑄𝑜𝑏𝑠: 𝑀oyenne des débits observés (m³/s),
𝑁: 𝑁𝑜mbre de pas de temps sur la période étudiée.
Les valeurs du critère de Nash-Sutcliffe sont comprises entre 1 et -∞ (non borné
inférieurement). Un Nash négatif signifie que la qualité de la simulation est
mauvaise. Un Nash qui tend vers 1, c’est que la simulation est bonne.
2) « Bilan »
Ce critère correspond au rapport du volume total écoulé estimé sur le volume total
écoulé observé ;
3) « Volume des crues
Il qui correspond au volume d’eau en crue observé sur ce même volume calculé.
Il faut auparavant nécessaire de définir un seuil de débit (C) à partir duquel on
considère qu’il y a un épisode de crue.
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 26
CHAPITRE VI : PRESENTATION DE QUELQUES MODELES
HYDROLOGIQUES
6.1 Modèle global (IHACRES)
Le modèle IHACRES (Identification of unit Hydrographs And Component flow
from Rainfalls,Evaporation and Streamflow data) est le résultat d’une collaboration
entre le CEH (Centre for Ecology and Hydrology) du Royaume-Uni et l’Université
Nationale de l’Australie (ANU).
Ce logiciel peut être appliqué pour des investigations dans des petits bassins
versants équipés pour des études spéciales ou pour des études régionales dans
des grands bassins.
Le modèle IHACRES utilise la fonction de transfert à partir de trois modules de
calcul, en séries, comme indiqué sur la figure ci-dessous. Il permet la simulation
des écoulements continus ou instantanés pour n’importe quel bassin versant et
pour n’importe quelle donnée temporelle supérieure ou égale à 1 min.
Ce modèle demande peu de données : les précipitations, un hyétogramme
(pour le calage), la température ou l’ETP, et les dimensions du bassin versant. En
sortie du modèle on récupère : un hydrogramme de crue modélisé, l’humidité du
bassin et les incertitudes indicatives associées aux paramètres d'hydrogramme
unitaire.
Figure 1 : Structure du modèle IHACRES (Maftai, 2002)
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 27
6.2 Modèle HEC-HMS
Le HEC-HMS (Hydrologic Modeling System) est un logiciel qui simule le
comportement hydrologique d'un bassin versant suite à des événements pluvieux
prédéterminés, développé par Hydrologic Engineering Center (HEC) du corps de
l’armée américaine des ingénieurs. Ce logiciel permet de calculer des
hydrogrammes de crues pour plusieurs objectifs à savoir : les études de drainage
urbain, la prévision des crues et leur impact, la conception des réservoirs, la
réduction des effets des inondations. Le programme présente une interface
graphique, des composantes hydrologiques intégrées, un système spécifique de
stockage de données (DSS) et des outils de gestion, etc.
Le logiciel HEC-HMS permet de traiter ou de simuler à la fois les différentes
données suivantes :
- Les précipitations : Ces données peuvent correspondre à des relevés
pluviométriques réels d’événements pluvieux ordinaires ou exceptionnels mais
aussi à des événements pluvieux théoriques basés sur une étude statistique,
- Les pertes (par infiltration, retenue ou évapotranspiration) qui permettent
d'évaluer le ruissellement à partir des précipitations et des caractéristiques du
bassin versant,
- Les ruissellements directs qui prennent en compte les écoulements de surface,
les stockages et les pertes de charge,
- L’hydrologie fluviale, concernée par l’écoulement de l'eau dans le lit de la rivière.
Ces différents paramètres seront ensuite modélisés mathématiquement par
un ensemble de modèles intégrés dans HEC-HMS et qui permettront d'obtenir la
réponse du système hydrologique global suite à un changement de conditions
hydrométéorologiques.
6.3 Modèle CEQUEAU
Le modèle hydrologique CEQUEAU, développé à l’Institut National de la
Recherche Scientifique- Eau (INRS-Eau) depuis 1971, est un modèle déterministe
distribué à bilan, qui prend en compte les caractéristiques physiques du bassin
versant par le découpage de celui–ci en éléments de même dimensions. Cette
discrétisation spatiale du bassin versant permet de suivre l’évolution
spatiotemporelle des phénomènes, de prévoir l’effet de toute modification
physique du bassin versant et de prendre en compte des réservoirs réels ou fictifs.
Le modèle compte deux parties principales visant à décrire le mieux possible
l'écoulement de l'eau vers l'exutoire du bassin versant. La première partie
concerne l'écoulement vertical de l'eau appelée fonction de production qui
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 28
transforme les précipitations réelles en précipitations utiles sur chaque carreau
entier et à chaque pas de temps. La schématisation de ce processus est
représentée par un ensemble de réservoirs communiquant entre eux à l'aide de
relations mathématiques reproduisant à l'échelle du pas de temps de la simulation,
les différents transferts de masse (fig.2), et la deuxième partie concerne le transfert
de l'écoulement dans le réseau de drainage appelé fonction de transfert qui assure
le cheminement de l’eau entre les carreaux partiels (fig.3).
Figure 2 : Fonction de production du modèle hydrologique CEQUEAU (Morin).
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 29
Figure 3 : Fonction de transfert du modèle CEQUEAU (Morin).
6.4 Modèle à base physique distribuée (MIKE SHE)
D’après Ambroise (1998), Andry et Christpphe (1998) et Henin H (2004), le
modèle SHE (système hydrologique européen) combine des sous modèles
physiques spatialisés établis pour les principaux processus qui se produisent dans
un bassin versant, comme le rappelle la liste ci –après :
a) interception (modèle de Reutter) et évaporation (modèle de Penman-
Moneith)
b) fonte de neige (bilan d'énergie)
c) écoulement de surface et cours d'eau (ondes diffusantes)
d) écoulements non saturés (équation de Réchards)
e) écoulement au milieu saturé (équation de Boussinesq)
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 30
Figure 4 : Cycle de l'eau dans le logiciel MIKE SHI : processus modélisés
(Bruyn, 2004).
Figure 5 : Structure du modèle SHE (Beven et al., 1980).
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 31
6.5 TOPMODEL (Modèle conceptuel distribué)
TOPMODEL (Topography based hydrological Model) est un modèle
hydrologique initialement développé par (Beven & Kirkby, 1979), (Beven, 1989),
(Beven, 1992) à l’Université de Lancaster. Il s’agit d’un modèle pluie-débit qui suit
une approche articulée autour de deux idées centrales :
• le ruissellement se produit sur des zones contributives variables,
• la topographie influence la manière dont se produit le ruissellement.
L’originalité de TOPMODEL réside dans la définition de l’indice topographique. Cet
indice est un paramètre dynamique qui traduit la propension qu’a un pixel à se
saturer plus ou moins vite. TOPMODEL modélise le sol à l’échelle du versant de
la façon suivante :
• la surface du sol donne lieu au ruissellement superficiel (Horton ou Aires
contributives saturées),
• la zone racinaire retient l’eau de pluie en début d’événement,
• la zone insaturée transfère la pluie infiltrée vers la zone saturée selon l’équation
de Darcy,
• la zone saturée s’écoule vers l’exutoire.
Figure 6 : Schématisation des écoulements sur le versant par TOPMODEL
(Estupina, 2004).
TOPMODEL modélise donc les processus latéraux sous la forme d'une nappe
temporaire s’écoulant vers le réseau hydrographique. On lui associe différents
modules d'interception, de fonte des neiges, d'évapotranspiration, de transfert de
surface (Figure 7).
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 32
TOPMODEL n'a pas la prétention d'être un modèle complet, mais plutôt un
ensemble de concepts qui doivent être utilisés de façon appropriée. Il est facile à
mettre en oeuvre, il utilise peu de paramètres, il est facile à initialiser en début
d'événement et il est compatible avec les MNT et les SIG (Estupina, 2004).
Figure 7 : Représentation schématique de TOPMODEL (S1, S2, S3 : niveaux
dans les réservoirs ; m : un des paramètres du modèle) (d'après Beven et Kirkby,
1979 in Perrin, 2000).
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 33
CHAPITRE VII : MODELES GR (GENIE RURAL)
L'intérêt des modèles GR réside dans leur aptitude à assurer une globalisation du
système : au niveau des processus en utilisant des relations simples à l'échelle du
bassin sans liens avec la physique :
- Au niveau spatial en assimilant le bassin comme une entité homogène,
- Au niveau du temps.
Les modèles GR ont été développés pour des pas de temps variés annuel (GR1A),
mensuel (GR2M) et journalier (GR3H et GR4J).
Les dernières générations des modèles GR (GR4j, GR3M, …etc.) testées en
zone semi-aride sur des bassins peu jaugés ont été soumises à plusieurs critiques
qui ont permis d’améliorer leurs performances en palliant certaines contraintes par
l’intégration de certains facteurs de correction. La nouvelle génération de modèle
GR aborde également les pas de temps.
Plusieurs tentatives d'amélioration ont été proposées pour les modèles GR. Les
innombrables travaux ont eu lieu en grand partie au groupe CEMAGREF Antony
où plusieurs chercheurs ont eu pour objectif de développer ces modèles en les
rendant de plus en plus compatibles avec la complexité des hydrosystèmes. Dans
l'historique suivant, on voit l'évolution comme suit :
Le premier modèle de la saga GR est une version modifiée du modèle CREC
(Cormary et Guilbot, 1973) dont le module de base a été réduit à deux réservoirs
paramétrés sur leurs capacités respectives (Michel, 1983).
Plus tard, Edijatno (1987, 1991) a modifié la fonction de production de ce modèle
référencé GR2 en introduisant un troisième paramètre qui est la constante de
temps de l’hydrogramme unitaire.
Ce modèle, GR3, a ensuite été amélioré pour appréhender les échanges
souterrains via un paramètre. Le nouveau modèle GR4 a conduit, quant à lui, à
une meilleure performance que la version antérieure.
La nouvelle version du modèle journalier GR4j est très similaire à la précédente
avec de minimes modifications sur le réservoir de production. Perrin et al. (2003)
améliorent aussi le modèle avec 4 paramètres permettant une progression dans
la simulation des étiages.
7.1 Modèle pluie-débit annuel GR1A
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 34
Le modèle GR1A (modèle du Génie Rural à 1 paramètre Annuel) est un
modèle pluie-débit global à un seul paramètre. Son développement a été initié au
Cemagref à la fin des années 1990, avec pour objectif de mettre au point un
modèle de simulation pluie-débit robuste et fiable en vue d’utilisations pour des
applications d'évaluation et de gestion de la ressource en eau.
a- Description mathématique
La structure du modèle est très simple puisqu'elle se résume à une simple
équation, le débit (Qk) de l'année k étant proportionnelle à la pluie Pk de la même
année, avec un coefficient d'écoulement dépendant de Pk, de la pluie Pk-1 de
l'année k-1 et de l'évapotranspiration potentielle annuelle moyenne E.
Le modèle GR1A s'écrit sous la forme d'une simple équation :
1
Qk Pk 1 0 .5
0.7 Pk 0.3Pk 1
2
Où : 1
X .Ek
- Qk : Débit simulé de l'année k
- Pk : Pluie observée de l'année k
- Pk-1 : Pluie observée de l'année k-1
- Ek : Evapotranspiration potentielle de l'année k
- 𝑋 : Paramètre du modèle à optimiser
Le paramètre X traduit l'influence d'une ouverture du bassin sur l'extérieur non
atmosphérique (par exemple échange avec des nappes profondes ou avec des
bassins adjacents dans le cas d'une non-superposition des limites topographiques
et géologiques) :
Si X est supérieur à 1, le système perd de l'eau et si X est plus petit que 1, le
système en gagne, le tout exprimé en fraction de l'ETP.
b- Paramètre
Le modèle ne comporte qu'un paramètre optimisable, le paramètre X
adimensionnel, qui apparaît comme un coefficient modulateur de
l'évapotranspiration potentielle. Sur un large échantillon de bassins versants, la
médiane de X vaut 0.7 et un intervalle de confiance à 90% est donné par [0.13 -
3.5].
7.2 Modèle pluie-débit mensuel GR2M
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 35
Le modèle GR2M (modèle du Génie Rural à 2 paramètres Mensuel) est un
modèle pluie-débit global à deux paramètres. Son développement a été initié au
Cemagref à la fin des années 1980, avec des objectifs d'applications dans le
domaine des ressources en eau et des étiages. Ce modèle a connu plusieurs
versions, proposées successivement par Kabouya (1990), Kabouya et Michel
(1991), Makhlouf (1994), Makhlouf et Michel (1994), Mouelhi (2003) et Mouelhi et
al. (2006b), qui a permis d'améliorer progressivement les performances du
modèle.
La version présentée ici est celle de Mouelhi et al. (2006b) qui paraît la plus
performante. Sa structure, bien qu'empirique, l’apparente à des modèles
conceptuels à réservoirs, avec une procédure de suivi de l’état d’humidité du
bassin qui semble être le meilleur moyen de tenir compte des conditions
antérieures et d’assurer un fonctionnement en continu du modèle.
Sa structure associe un réservoir de production et un réservoir de routage ainsi
qu'une ouverture sur l'extérieur autre que le milieu atmosphérique. Ces trois
fonctions permettent de simuler le comportement hydrologique du bassin.
a- Description mathématique
Un schéma de la structure est donné à la figure ci-dessous, 𝑃𝑘 est la pluie
mensuelle du mois k et Ek l'évapotranspiration potentielle moyenne pour le même
mois calendaire.
Figure 8 : Schéma de la structure du modèle GR2M
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 36
La fonction de production du modèle repose sur un réservoir de suivi d'humidité
du sol, très similaire à celui existant dans le modèle GR4J. Du fait de la pluie P, le
niveau S dans le réservoir devient S1 défini par :
𝑆+𝑋1𝜑 𝑃
𝑆1 = 𝑆 où 𝜑 = tan ℎ ( )
1+𝜑𝑋 𝑋 1
1
Le paramètre 𝑋1, capacité du réservoir, est positif et est exprimée en mm. La pluie P1
en excès est donnée par :
𝑃1 = 𝑃 + 𝑆 − 𝑆1
Du fait de l'évapotranspiration, le niveau 𝑆1 devient 𝑆2 :
𝑆1(1−𝜓) 𝐸
𝑆2 = 𝑆 où 𝜓 = tan ℎ ( )
1+𝜓(1−𝑋1 ) 𝑋 1
1
𝐸 est l'évapotranspiration potentielle. Le réservoir se vidange ensuite en une
percolation 𝑃2 et son niveau𝑆, prêt pour les calculs du mois suivant, est alors
donné par :
𝑆2
𝑆= 1⁄ Et 𝑃2= 𝑆2 -S
3
𝑆2 ³
[1+(𝑋 ) ]
1
La pluie totale 𝑃3 qui atteint le réservoir de routage est donnée par : 𝑃3 = 𝑃1 +
𝑃2
Le niveau 𝑅 dans le réservoir devient alors 𝑅1 ∶ 𝑅1 = 𝑅 + 𝑃3
Un terme d'échange en eau est alors calculé par : 𝐹 = (𝑋2 − 1). 𝑅1
Le paramètre 𝑋2 est positif et adimensionnel. Le niveau dans le réservoir devient
:
𝑅2 = 𝑋2. 𝑅1
Le réservoir, de capacité fixe égale à 60 mm, se vidange suivant une fonction
quadratique. Le débit est donné par :
𝑅22
𝑄=
𝑅2 + 60
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 37
b- Paramètres
Le modèle a deux paramètres optimisables :
X1 : Capacité du réservoir de production (mm).
X2 : Coefficient d’échanges souterrains (-).
Sur un large échantillon de bassins versants, on obtient les valeurs données dans
le tableau suivant.
Tableau : Valeur des paramètres du modèle GR2M obtenues sur un large
échantillon de bassins versant
Paramètre Médiane Intervalle de confiance à
90%
X1 (mm) 380 140 – 2640
X2 (-) 0,92 0,21 – 1,31
7.3 Modèle pluie-débit journalier GR4j
Le modèle GR4J (modèle du Génie Rural à 4 paramètres Journaliers) est un
modèle pluie-débit global à quatre paramètres. Son développement a été initié au
Cemagref au début des années 1980, avec pour objectif de mettre au point un
modèle de simulation pluie-débit robuste et fiable en vue d’utilisations pour des
applications de gestion de la ressource en eau et d’ingénierie (dimensionnement
d’ouvrage, prévision des crues et des étiages, gestion de réservoirs, détection
d’impact...).
Ce modèle a connu plusieurs versions proposées successivement par Nascimento
(1995), Edijatno et al. (1999), Perrin (2000), Perrin (2002) et Perrin et al. (2003).
La version appliquée dans ce travail est celle de Perrin et al. (2003).
Le modèle GR4J dispose de certaines fonctions qui sont communes avec le
modèle GR2M (par exemple la fonction de production liée au réservoir sol). Son
module de routage est plus sophistiqué qu'au pas de temps mensuel.
La figure ci-dessous, illustre le schéma conceptuel du modèle « GR4» et les quatre
paramètres calés. On distingue : la fonction de production, qui permet de calculer
la pluie efficace à partir des données journalières de pluie et d’évapotranspiration
potentielle grâce à un premier réservoir, et la fonction de transfert qui permet de
transformer la pluie efficace en débit. Cette fonction de transfert est composée de
deux branches qui se vidangent de manière différente : l’une permet de
représenter les écoulements rapides (branche directe), et l’autre qui est à vidange
lente puisqu’elle transite par un réservoir linéaire. (Perrin et al (2003) in Ducharne,
(2009)). L'utilisation du modèle GR4J requiert pour ses différents calculs les
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 38
informations suivantes : la superficie du bassin, les chroniques des moyennes
journalières des pluies, les chroniques journalières d'ETP et les valeurs des taux
de remplissage des deux réservoirs : de production(X1) et de transfert(X3).
Figure 9 : Schéma du modèle GR4J (Perrin et al (2003))
a- Paramètres
Le modèle GR4J ne comporte que quatre paramètres à caler :
X1: Capacité du réservoir de production (mm)
X2: Coefficient d’échanges souterrains (-)
X3: Capacité à un jour du réservoir de routage (mm)
X4: Temps de base de l’hydrogramme unitaire HU1 (j)
Sur un large échantillon de bassins versants, on obtient les valeurs données dans
le Tableau suivant :
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 39
Tableau : Valeurs des paramètres du modèle GR4J obtenues sur un large
échantillon de bassins versants
Paramètre Médiane Intervalle de confiance à
80%
X1 (mm) 350 100 à 1200
X2 (-) 0 -5 à 3
X3 (mm) 90 20 à 300
X4 (jours) 1.7 1.1 à 2.9
a- Description Mathématique
L’expression mathématique des différentes fonctions sous GR4j est résumée ci-
dessous ;
-La phase d’interception
Cette étape est basée sur la détermination de la pluie nette notée Pn et
l’évaporation notée
𝐸𝑛:
Si 𝑃 ≥ 𝐸 alors 𝑃𝑛 = 𝑃 − 𝐸 et 𝐸𝑛 = 0
Si 𝑃 ≤ 𝐸 alors 𝐸𝑛 = 𝐸 − 𝑃 et 𝑃𝑛 = 0
- La fonction de production
Cette fonction est exprimée par deux valeurs, la partie de la pluie stockée dans
le réservoir notée 𝑃𝑠 et le taux d’évaporation réelle de l’eau dans le réservoir
noté 𝐸𝑠 .
𝑠
𝐴[1−[𝐴]²] 𝑃𝑛
𝑃𝑠 = 𝑠 ×𝑊 Avec 𝑊 = tan ℎ ( 𝐴
)
1+𝐴×𝑊
𝑠
𝑆(2−𝐴) 𝐸𝑛
𝐸𝑠 = 𝑠 ×𝑉 Avec 𝑉 = 𝑡𝑎𝑛 ℎ ( 𝐴
) par :
1+[2−𝐴]×𝑉
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 40
Depuis ces équations, il en résulte un troisième terme qui est la percolation qui est
1
−4
𝑠 −4
donnée 𝑃𝑒𝑟𝑐 = 𝑆 [1 − [1 + ( ) ]]
2.25 𝐴
Cette quantité d’eau est subdivisée en deux parties :
Les 90% ou (0.9) sur le schéma sont transférées par un hydro-gramme unitaire,
noté HU1et un réservoir de routage. Les 10% (0.1 sur le schéma) restante sont
transférées par un seul hydro-gramme noté HU2. Ces deux hydro-grammes
caractérisent le paramètre X4 cité plus haut.
Les hydrogrammes sont calculés par le contenu du réservoir noté S :
𝑆 = 𝑆 − 𝑃𝑒𝑟𝑐
Nous aurons par rapport au deux hydrogrammes HU1 ET HU2 la notation suivante
: SH1 et SH2
5
𝑡 2
pour < 𝑡 < 𝑋4 𝑆𝐻1(𝑡) =[ ]
𝑋4
5
1 𝑡 2
𝑆𝐻2(𝑡) = [ ]
2 𝑋4
5
1 𝑡 2
Pour 𝑋3 < 𝑡 < 2 × 𝑋4 𝑆𝐻2 =1- [2 − ]
2 𝑋4
𝑡 ≥ 𝑋4 𝑆𝐻1(𝑡) = 1
𝑆𝐻2(𝑡) = 2
Un échange souterrain est mis en évidence par F qui est déterminée par :
7
𝑅 2
𝐹 + 𝑋2 × [ ]
𝑋3
R : représente le niveau d’eau dans le réservoir
Le niveau d’eau dans le réservoir de transfert noté 𝑅 est mis à jour par l’ajout d’une
quantité 𝑞9 désignant une sortie d’eau dans l’hydrogramme 𝐻𝑈1 qui dépend aussi
de l’échange souterrain 𝐹, 𝑅 s’écrira de la forme :
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 41
𝑅 = 𝑚𝑎𝑥(0. 𝑅 + 𝑄9 + 𝐹)
Ce niveau se vidange par la suite sous une forme de sortie 𝑄𝑟 :
1
𝑅 4 4
𝑄𝑟 = 𝑅 {1 − [1 + ( ) ] }
𝑋3
Le niveau s’écrira en final :
𝑅 = 𝑅 − 𝑄𝑟
La deuxième sortie de l’hydro-gramme 𝐻𝑈2 est soumise aux même conditions
d’échange que celle issue de 𝐻𝑈1 par contre c’est cette partie qui va définir la
composante de l’écoulement 𝑄𝑑
Le débit final du modèle s’écrira de la forme :𝑄 = 𝑄𝑟 + 𝑄𝑑
Figure 8 : Schéma de la structure du modèle GR4J (d’après Perrin, 2000).
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 42
CHAPITRE VIII : MODELES D’ECOULEMENT DANS LE LIT DES COURS
D’EAU
Ces modèles sont utilisés pour la détermination des hydrogrammes tout au long
d’un cours d’eau. Pour cela, il est indispensable de connaitre non seulement
l’hydrogramme de la section de départ, mais aussi les caractéristiques
hydrauliques des sections de calcul tout au long du cours d’eau. Ce sont les
modèles de propagation des ondes de crues. Parmi ces modèles on peut citer :
8.1 Les modèles basés sur les équations de Barre De Saint Venant
Ces modèles sont constitués de :
- Le modèle dynamique basé sur le système d’équations complètes.
- Les modèles de diffusion et cinématique utilisant les équations simplifiées ;
8.1.1 Le modèle dynamique
Ce modèle est basé sur le système d’équations complètes de Barre de Saint de
Venant qui sont :
Pour la première fois en 1871, Barre De Saint Venant a obtenu pour les canaux
ouverts le système des équations différentielles pour le mouvement du courant
d’eau non permanent dans les canaux ouverts. Ce système d’équations
comprend :
- L’équation de l’équilibre dynamique :
α 𝜕𝑉 β 𝜕𝑉 𝑉2
I= V + +
𝑔 𝜕𝑥 𝑔 𝜕𝑡 𝑅𝐶 2
β 𝜕𝑉
Où : - pente liée à l’accélération ;
𝑔 𝜕𝑡
α 𝜕𝑉 𝜕 α𝑉 2
V = ( ) - pente liée à la vitesse le long du courant ;
𝑔 𝜕𝑥 𝜕𝑥 2𝑔
𝑉2
- pente de résistance.
𝑅𝐶 2
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 43
La somme des deux premières pentes constitue la pente d’accélération.
- Et l’équation de continuité :
𝜕𝑄 𝜕𝐴
𝜕𝑥
+ 𝜕𝑡 = 0
Dans les conditions d’existence des apports latéraux des affluents sur le tronçon
de calcul, le système d’équations devient :
L’une des formules est l’équation dynamique d’écoulement des eaux. Elle s’écrit
sous la forme suivante :
𝜕𝐻 α 𝜕𝑉 β 𝜕𝑉 𝑉2 𝑞𝑉
I=- = V + + 2 + et,
𝜕𝑥 𝑔 𝜕𝑥 𝑔 𝜕𝑡 𝑅𝐶 𝑔𝐴
𝜕𝑄 𝜕𝐴
𝜕𝑥
+ 𝜕𝑡 = q
Où : x et t – sont des variables désignant les distances et le temps ; V – la
vitesse moyenne du courant dans la section ; A – l’aire de la section
transversales du courant (paramètre dépendant de la profondeur du courant) ; Q
– les débits du courant, égal au produit de V et de A ; C – le Coefficient de
Chésy ; R – le rayon hydraulique (il est pris égal à la profondeur moyenne h pour
les cours d’eau naturels avec des sections larges) ; q – les débits latéraux
(apports) sur l’unité de distance ; I – la pente de la ligne du plan d’eau ; g –
l’accélération de la pesanteur ; H – hauteur d’eau à l’échelle ; α et β – les
coefficients de correction de vitesses, caractérisant la variabilité de la vitesse du
courant dans la section.
Il y a lieu de remarquer que dans des cas, certains auteurs décrivent l’équation
de l’équilibre dynamique sous la forme suivante
𝜕𝑄 𝜕 𝑄2 𝜕𝑍
𝜕𝑡
+ 𝜕𝑋 [β 𝐴
]+gA[𝜕𝑋 + 𝐼𝑓] = 0
Où If – pertes de charge ; Z – le niveau de la surface de l’eau et,
1
Q = 𝑛 SR2/3 I1/2
Où I – la pente hydraulique du courant liquide.
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 44
8.1.2 Le modèle de diffusion
En excluant de l’équation dynamique les deux premiers membres d’inertie, on
obtient :
𝜕𝑍
+ 𝐼𝑓 = 0
𝜕𝑋
En utilisant la formule de Chézy pour le débit Q = K√𝐼𝑓, de laquelle on obtient la
pente hydraulique du courant d’eau If, on a :
𝑄|𝑄| 𝜕𝑍
If = 𝐾2
=- 𝜕𝑋 ; avec K = AC√𝑅
Avec cette forme de 𝑄|𝑄|, on tient compte du signe (-) pour le débit dans le cas
des ondes de remous. Ce phénomène de remous s’observe au point de
rencontre de deux cours d’eau quand un est en crue par rapport à l’autre.
L’équation de diffusion décrit l’amortissement de l’onde de crue par le débit
Q(x,t).
En déterminant le débit Q par la formule de Chézy-Manning comme suit :
𝐴
Q = 𝑛 R2/3 √𝐼𝑓
Où 𝑛 - est le coefficient de rugosité de Manning.
En remplaçant If par sa valeur, on obtient :
𝜕𝑍
𝐴 −
𝜕𝑋
Q = 𝑛 R2/3 𝜕𝑍 0,5
| |
𝜕𝑋
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 45
8.1.3 Le modèle cinématique
Les difficultés de calculs par le modèle de diffusion a amené à utiliser le modèle
cinématique. Dans ce modèle le débit Q se détermine :
𝐴
Q = 𝑛 R2/3 √𝐼𝑜
L’onde cinématique peut s’écouler seulement le long du courant et suppose une
relation univoque entre les débits et les cotes à l’échelle de l’eau.
8.1.4 Méthodes de résolution des équations de l’écoulement non
permanent
La résolution de ces équations permet non seulement de calculer l’hydrogramme
de l’écoulement dans les cours d’eau mais aussi de le prévoir dans ses
différentes sections.
Pour la résolution de ces équations, il existe des méthodes numériques qui sont :
- La méthode des éléments finis ;
- La méthode des différences finies.
a) Méthode des éléments finis
Cette méthode n’a jusqu’à présent pas encore eu beaucoup d’utilisation.
b) Méthode des différences finies
La base de la méthode consiste à élaborer les analogues des différences finies
des équations de l’écoulement non permanent du courant d’eau qui sont après
résolus algébriquement. Dans les équations, les dérivés partiels sont changés par
les relations discrètes de la variation de la fonction et de l’argument. La méthode
de discrétisation des paramètres dans les équations peut avoir une grande
disparité du point de vue des résultats finaux du calcul du mouvement non
permanent de l’écoulement du courant d’eau par les différences finies des
équations.
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 46
Dans la résolution des schémas des différences finies, on utilise les nœuds de
calcul dans le plan (t, x), où t – le temps et x – la distance le long du cours d’eau
jusqu’aux sections dans lesquelles les valeurs de la fonction (paramètres
hydrauliques du courant d’eau) sont déterminés. Les coordonnées t et x sont
prises dans le plan discrètement à travers un choix préalable des intervalles de
temps ∆t et de la distance ∆x. Ces valeurs ont une grande importance pour
l’exactitude de l’approximation des équations différentielles avec les schémas
des différences finies.
Il existe deux classes de schémas de différences finies : claires et non claires.
Les schémas des différences finies non claires d’approximation des
différentielles permettent la résolution du système d’équations pour toutes les
valeurs de x pour lesquelles on calcule les éléments de l’intervalle de temps (j+1)
à partir des données connues ou calculées au préalable à l’intervalle de temps
(j).
Quant au schéma des différences finies claires, il permet de déterminer la valeur
du paramètre hydraulique recherché par calculs successifs pour chaque nœud
du schéma (x, t). Selon des auteurs comme Kounge et Kolly, Koraine et
Kouchmaint ce schéma d’approximation donne des calculs beaucoup plus
stables. Ainsi, ils proposent le schéma suivant :
𝜕𝑓 [𝛹𝑓(𝑗+1,𝑖+1)+ (1− 𝛹)𝑓(𝑗+1,𝑖)] − [𝛹𝑓(𝑗,𝑖+1)+ (1− 𝛹)𝑓(𝑗,𝑖)]
≈
𝜕𝑡 ∆𝑡
𝜕𝑓 𝜃[𝑓(𝑗+1,𝑖+1) − 𝑓(𝑗+1,𝑖)] + (1− 𝜃)[𝑓(𝑗,𝑖+1)+ 𝑓(𝑗,𝑖)]
≈
𝜕𝑥 ∆𝑥
Où 𝛹 et 𝜃 - coefficients de poids, f – fonction de la grille (dans le cas concret, les
éléments hydrauliques et morphologiques en fonction de x et de t), ∆𝑡 - le pas de
temps et ∆𝑥 - le pas de distance (distance entre deux stations prises dans le
calcul) le long du tronçon de calcul. Selon les mêmes auteurs, les résultats des
calculs des équations de Barre De Saint Venant par ce schéma dépendent des
valeurs des coefficients 𝛹 et 𝜃. Ainsi, pour obtenir des calculs stables, ils
recommandent de prendre 𝛹 variant entre 0,5 et 1,0 et 𝜃 entre 0,6 et 1,0.
Au cas où 𝛹 = 𝜃 = 1,0, le schéma devient :
𝜕𝑓 𝑓(𝑗+1,𝑖+1)−𝑓(𝑗,𝑖+1)]
≈
𝜕𝑡 ∆𝑡
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 47
𝜕𝑓 𝑓(𝑗+1,𝑖+1)− 𝑓(𝑗+1,𝑖)]
≈
𝜕𝑥 ∆𝑥
8.2 Méthodes simplifiées
Les difficultés de détermination de toutes les données nécessaires pour le calcul
du mouvement non permanent du courant d’eau par les méthodes dynamiques
et aussi le volume très important des calculs obligent à utiliser les méthodes les
plus simples. Parmi ces méthodes on peut citer :
- Les méthodes du bilan ;
- Les méthodes basées sur l’intégrale de Douamel.
1) Méthodes du bilan
Ces méthodes sont obtenues à partir de la résolution de l’équation du bilan
hydrologique et de l’équation dynamique sous une forme simplifiée (selon les
conditions de simplification).
L’équation du bilan hydrologique a la forme suivante :
𝑄 ′ (𝑑)+ 𝑄 ′ (𝑓) 𝑄 ′′ (𝑑)+ 𝑄′′ (𝑓) 𝑊𝑓 𝑊𝑑
– = -
2 2 ∆𝑡 ∆𝑡
Il est supposé que le débit entrant (𝑄 ′ ) et celui sortant (𝑄 ′ ′) changent selon une
loi linéaire au cours de l’intervalle de temps ∆𝑡 (les d et f désignent le début et la
fin du tronçon).
Il existe différentes méthodes utilisant l’équation du bilan hydrologique. Parmi
ces méthodes on peut citer :
a) Méthode Kalinine-Miloukov)
Cette méthode est basée sur la supposition suivante : le tronçon du cours d’eau
avec sa longueur L (appelé tronçon caractéristique) a une action de régulation
sur l’onde des crues tout comme sur celle des lâchers d’eau qui est égale au
volume W stocké dans cette partie. Il est aussi supposé que sur cette partie du
cours d’eau, lors du mouvement non permanent des eaux, il existe une fonction
univoque entre le volume d’eau et le débit dans l’exutoire, c'est-à-dire :
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 48
W = f(𝑄′ ′)
La longueur du tronçon caractéristique du cours d’eau (L) se détermine par la
formule suivante :
𝑄 𝑑𝑍𝑦
L = 𝑖𝑦 𝑑𝑄𝑦
Où Qy, iy et Zy sont respectivement les débits, les pentes et les cotes de la
surface de l’eau pour un régime permanent du curant d’eau.
Pour les calculs dans la partie (de longueur L) du cours d’eau, le volume se
détermine par la relation suivante :
W = Ԏ𝑄 ′
Où le coefficient Ԏ est le temps de propagation de l’onde sur la partie du cours
d’eau de longueur L et se détermine sous sa forme générale comme suit :
𝑑𝑊 ∆𝑊
Ԏ= 𝑑𝑄
= ∆𝑄
Les auteurs de la méthode recommandent de prendre les valeurs de ∆t telles
que ∆t ≤ Ԏ.
Selon eux, la méthode donne de bons résultats pour les calculs particuliers
(calcul partiel du mouvement non permanent du régime des cours d’eau). Mais,
avec l’existence de beaucoup de tronçons caractéristiques (de longueurs Li) le
long du cours d’eau, les calculs deviennent énormes. C’est pourquoi, les auteurs
recommandent l’utilisation des courbes de propagation des ondes.
b) Méthode de Maskingam
Cette méthode a été élaborée par Mar-Carty et utilisée pour la première fois sur
le fleuve Maskingam (aux USA). Elle est basée sur la résolution des équations
du bilan hydrologique et de la courbe des volumes sous sa forme linéaire (W) en
fonction du débit moyen (Qmoy) sur le tronçon de longueur L, c'est-à-dire :
W = f(Qmoy) = Ԏ.Qmoy
Où Qmoy se détermine par l’expression suivante :
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 49
Qmoy = kQ’ + (1-k)Q’’
Les valeurs du coefficient k sont prises comme constantes sur le tronçon et
varient dans l’intervalle entre 0 et 0,5, c'est-à-dire : 0 < k < 0,5.
Le paramètre Ԏ par sa valeur est presque égal au temps de propagation des
débits maximas sur le tronçon. En prenant Ԏ - constante et k – constante,
l’équation de calcul devient :
Q’’(f) = CoQ’(f) + C1Q’(d) + C2Q’’(d)
∆𝑡−2Ԏ𝑘
Où Co = ∆𝑡+2Ԏ(1−𝑘)
∆𝑡+2Ԏ𝑘
C1 = ∆𝑡+2Ԏ(1−𝑘)
∆𝑡−2Ԏ(1− 𝑘)
C2 = ∆𝑡+2Ԏ(1−𝑘)
Avec C0 + C1 + C2 = 1.
En tenant compte des apports (ou des prises) d’eau (q = q’ + q’’) aux (ou des)
tronçons de calcul, on a l’équation du bilan hydrologique qui devient :
𝑄 ′ (𝑑)+ 𝑄 ′ (𝑓) 𝑄 ′′ (𝑑)+ 𝑄′′ (𝑓) 𝑊𝑓 𝑊𝑑
– + q’ + q’’ = -
2 2 ∆𝑡 ∆𝑡
𝑊𝑑 = [k(Q’d + q’d) – (1 – k)(Q’’d + q’’d]
Où q’ et q’’ sont respectivement les apports ou prises d’eau au début et à la fin
du tronçon de calcul.
En tenant compte de ces apports, on obtient :
Q’’f = C0 Q’f + C1 Q’d + C2 Q’’d + C3 q
Avec C3 = C0 + C1 = 1 – C2 = (2∆t) / [∆t + 2 Ԏ(1 – k)].
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 50
2) Méthodes basées sur l’intégrale de Douamel
Avec l’existence seulement des débits entrant et sortant du tronçon du cours d’eau
et le manque de données morphologiques et de pertes hydrauliques, le dit tronçon
est pris comme une « boite noire » qui transforme l’hydrogramme entrant en celui
sortant. En considérant les paramètres de la boite noire comme des constantes,
on obtient l’intégrale de Douamel sous la forme suivante :
𝑡
Q’’(t) = ∫0 𝑄′ (𝑡)𝑃(𝑡 − Ԏ)𝑑Ԏ
Où 𝑃(𝑡 − Ԏ) - fonction d’influence (ou la fonction intégrale du temps de
propagation).
Conclusion
Les progrès informatiques ont permis un développement important de la
modélisation en hydrologie. De ce fait, il existe un très grand nombre de modèles
variés, simples ou complexes, qui dépendent de l’utilisateur et des questions
auxquelles ils cherchent à répondre (prédiction de crues, simulation d’ouvrage,
gestion de la ressource en eau, aménagement des bassins versants…).
Les modèles font intervenir un certain nombre de paramètres. Pour les ajuster à
un bassin versant donné, il est nécessaire de disposer d'une série de
précipitations, d'une série d'évaporation et d'une série de débits à l'exutoire afin
de pouvoir utiliser le modèle. Ces trois séries de données doivent impérativement
être disponibles sur la même période d'observation.
Un modèle hydrologique peut être définit comme une représentation simplifiée
d’une réalité physique.
En hydrologie, la modélisation concerne dans la plupart des cas la relation pluie-
débit c'est-à-dire que les modèles utilisent la pluie comme variable d’entrée et
calculent un hydrogramme en sortie du bassin.
Pr. F. BAMBA (ENI-ABT) Page 51