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Arbitrage

Le document traite de l'ordre juridique arbitral dans le contexte de la mondialisation et de l'arbitrage international, soulignant son autonomie par rapport aux systèmes juridiques étatiques. Il examine les fondements théoriques de cette autonomie, tels que la volonté des parties et la lex mercatoria, ainsi que les interactions nécessaires entre l'arbitrage et les juridictions nationales. En conclusion, l'ordre juridique arbitral est présenté comme un système hybride, dépendant de la coopération étatique tout en conservant des caractéristiques d'autonomie.

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Arbitrage

Le document traite de l'ordre juridique arbitral dans le contexte de la mondialisation et de l'arbitrage international, soulignant son autonomie par rapport aux systèmes juridiques étatiques. Il examine les fondements théoriques de cette autonomie, tels que la volonté des parties et la lex mercatoria, ainsi que les interactions nécessaires entre l'arbitrage et les juridictions nationales. En conclusion, l'ordre juridique arbitral est présenté comme un système hybride, dépendant de la coopération étatique tout en conservant des caractéristiques d'autonomie.

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Institut Supérieur Privée Polytechnique

Année scolaire 2025-2026

Filière : Droit des Affaires et Fiscalité

Thème : L’Ordre juridique arbitral

Exposants

COMBIA L. Jessica

DAKISSAGA Elisé

DIANDA Grace Sarata

KINI Frederic

NANA COMPAORE Nathanael

Enseignant : Monsieur

1
Introduction

Dans un contexte de mondialisation des échanges économiques, les opérateurs du commerce


international recherchent des modes de règlement des différends capables de dépasser les
contraintes des systèmes juridiques nationaux. L’arbitrage international s’est ainsi
progressivement imposé comme un mécanisme privilégié de résolution des litiges
commerciaux, en raison de sa flexibilité, de sa confidentialité et de la neutralité qu’il offre aux
parties.

Traditionnellement, l’arbitrage était perçu comme un simple mécanisme procédural dépendant


des systèmes juridiques étatiques. Cependant, l’évolution de la pratique arbitrale et le
développement du commerce international ont conduit une partie importante de la doctrine à
adopter une vision différente. Certains auteurs considèrent désormais que l’arbitrage
international constitue un véritable ordre juridique autonome, doté de ses propres règles,
principes et mécanismes de fonctionnement.

Cette conception a été particulièrement développée par des auteurs tels que Berthold
Goldman, qui a contribué à théoriser l’existence d’un droit transnational du commerce, ou
encore Emmanuel Gaillard, pour qui la justice arbitrale s’inscrit dans un ordre juridique
spécifique, distinct des systèmes juridiques étatiques.

Toutefois, si l’arbitrage international présente indéniablement des caractéristiques


d’autonomie, il ne saurait être totalement détaché des ordres juridiques nationaux. En effet,
l’efficacité de la sentence arbitrale dépend largement de la reconnaissance et de l’exécution
qui lui sont accordées par les juridictions étatiques.

Dès lors, la question se pose de savoir dans quelle mesure l’arbitrage international peut
être considéré comme un ordre juridique autonome et quelles sont les limites de cette
autonomie face aux systèmes juridiques étatiques.

Pour répondre à cette interrogation, il convient d’analyser, dans un premier temps, la


conception de l’ordre juridique arbitral comme système autonome et transnational (I),
avant d’examiner, dans un second temps, les interactions nécessaires entre l’ordre
juridique arbitral et les ordres juridiques étatiques (II).

2
I. La conception de l’ordre juridique arbitral comme système autonome et transnational

L’idée selon laquelle l’arbitrage international constituerait un ordre juridique autonome


repose à la fois sur des fondements théoriques solides et sur des manifestations concrètes dans
la pratique arbitrale.

A. Les fondements théoriques de l’autonomie de l’arbitrage

1. La volonté des parties et la convention d’arbitrage

L’un des piliers fondamentaux de l’arbitrage international réside dans l’autonomie de la


volonté des parties. Contrairement à la justice étatique, qui s’impose aux justiciables, la
justice arbitrale trouve sa source dans un choix volontaire des parties au litige.

En effet, par le biais d’une convention d’arbitrage, généralement sous la forme


d’une convention d’arbitrage insérée dans un contrat, les parties décident de confier le
règlement de leurs éventuels différends à un tribunal arbitral plutôt qu’aux juridictions
étatiques. Ce choix constitue la base même de la compétence des arbitres et confère à
l’arbitrage sa légitimité.

La jurisprudence a largement reconnu l’importance de cette convention. Dans l’arrêt Gosset


v. Carapelli, la Cour de cassation française a affirmé le principe de l’autonomie de la clause
compromissoire par rapport au contrat principal. Ainsi, même si le contrat est contesté ou
annulé, la convention d’arbitrage peut continuer à produire ses effets.

Ce principe a été approfondi dans l’arrêt Dalico, dans lequel la Cour de cassation a affirmé
que la validité de la convention d’arbitrage internationale doit être appréciée selon des règles
matérielles propres à l’arbitrage international, indépendamment de toute loi nationale.

Ces décisions illustrent la place centrale accordée à la volonté des parties et contribuent à
renforcer l’idée d’une relative autonomie de l’ordre juridique arbitral.

2. La lex mercatoria et les principes transnationaux

L’autonomie de l’arbitrage international repose également sur l’existence d’un ensemble de


règles et de principes qui ne proviennent pas directement des États. Ces règles sont souvent
regroupées sous l’appellation de lex mercatoria.

3
Cette notion, largement développée par Berthold Goldman, renvoie à un ensemble de
principes et d’usages issus de la pratique du commerce international. Il s’agit notamment des
usages commerciaux, des principes généraux du droit du commerce international ou encore
des règles élaborées par certaines institutions arbitrales.

Dans cette perspective, les arbitres ne sont pas nécessairement tenus d’appliquer une loi
nationale précise. Ils peuvent également s’appuyer sur des principes transnationaux du
commerce international, tels que ceux codifiés dans les Principes UNIDROIT relatifs aux
contrats du commerce international.

Ainsi, l’arbitrage international tend à s’appuyer sur un corpus normatif qui dépasse les
frontières étatiques, ce qui contribue à renforcer son caractère transnational et l’idée d’un
ordre juridique propre.

B. Les manifestations de l’autonomie de l’ordre juridique arbitral

1. Le principe de compétence-compétence

Parmi les principes fondamentaux qui témoignent de l’autonomie de l’arbitrage figure


le principe de compétence-compétence.

Selon ce principe, les arbitres disposent du pouvoir de statuer eux-mêmes sur leur propre
compétence, y compris lorsque celle-ci est contestée par l’une des parties. Autrement dit, le
tribunal arbitral est habilité à déterminer si la convention d’arbitrage est valide et applicable
au litige.

La jurisprudence française a consacré ce principe, notamment dans l’arrêt Copré, qui impose
aux juridictions étatiques de se déclarer incompétentes lorsqu’un litige relève manifestement
d’une convention d’arbitrage.

Ce mécanisme permet d’éviter que les juridictions étatiques ne paralysent la procédure


arbitrale et contribue ainsi à préserver l’autonomie du système arbitral.

2. L’indépendance relative de la sentence arbitrale

L’autonomie de l’ordre juridique arbitral se manifeste également à travers la conception


particulière de la sentence arbitrale internationale.

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Certains auteurs, notamment Emmanuel Gaillard, considèrent que la sentence arbitrale
constitue un acte de justice internationale privée, qui ne s’inscrit pas nécessairement dans un
ordre juridique national déterminé.

Cette idée a été illustrée par l’arrêt Hilmarton, dans lequel la Cour de cassation a admis la
reconnaissance en France d’une sentence arbitrale internationale alors même qu’elle avait été
annulée dans l’État du siège.

De même, dans l’arrêt Putrabali, la Cour de cassation a affirmé que la sentence arbitrale
internationale n’est pas intégrée dans l’ordre juridique de l’État du siège, ce qui renforce
l’idée de son rattachement à un ordre juridique arbitral autonome.

II. L’articulation de l’ordre juridique arbitral avec les ordres juridiques étatiques

Malgré son autonomie relative, l’ordre juridique arbitral ne peut fonctionner indépendamment
des États. Son efficacité repose largement sur la coopération des juridictions nationales et
demeure soumise à certaines limites fondamentales.

A. La reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales par les États

L’une des principales raisons pour lesquelles l’arbitrage international reste étroitement lié aux
ordres juridiques étatiques tient à la nécessité d’assurer l’exécution des sentences arbitrales.

À cet égard, l’instrument juridique le plus important est la Convention de New York de
1958. Cette convention impose aux États signataires de reconnaître et d’exécuter les sentences
arbitrales rendues à l’étranger, sous réserve de certaines exceptions limitées.

Grâce à cette convention, les sentences arbitrales peuvent circuler relativement facilement
d’un État à un autre, ce qui contribue grandement au succès de l’arbitrage international.

Toutefois, les juridictions étatiques conservent un pouvoir de contrôle sur les sentences
arbitrales. Ce contrôle peut notamment s’exercer dans le cadre du recours en
annulation devant les juridictions du siège de l’arbitrage ou lors de la procédure
d’exequatur nécessaire à leur exécution.

Dans l’arrêt SNF v. Cytec, la Cour de cassation française a rappelé que ce contrôle devait
rester limité afin de préserver l’efficacité de la justice arbitrale.

5
B. Les limites de l’autonomie de l’ordre juridique arbitral

1. Le respect de l’ordre public international

L’autonomie de l’arbitrage trouve sa limite principale dans le respect de l’ordre public


international.

Les juridictions étatiques peuvent refuser de reconnaître ou d’exécuter une sentence arbitrale
si celle-ci viole les principes fondamentaux de leur ordre juridique. Ce mécanisme constitue
une garantie essentielle visant à éviter que l’arbitrage ne serve à contourner certaines valeurs
fondamentales.

Cette limite est expressément prévue par la Convention de New York de 1958, qui autorise
les États à refuser l’exécution d’une sentence contraire à leur ordre public.

2. Le rôle de soutien des juridictions étatiques

Enfin, les juridictions étatiques peuvent être amenées à intervenir pour soutenir le bon
fonctionnement de l’arbitrage. Elles peuvent notamment intervenir en cas de difficultés dans
la constitution du tribunal arbitral, de contestation de la convention d’arbitrage ou de violation
des principes fondamentaux de procédure.

Ainsi, loin d’être totalement opposés, ordre juridique arbitral et ordres juridiques
étatiques entretiennent une relation de complémentarité, chacun jouant un rôle essentiel
dans le fonctionnement global de la justice arbitrale.

6
Conclusion

L’analyse de l’ordre juridique arbitral révèle l’existence d’un système juridique original,
caractérisé par une forte autonomie fondée sur la volonté des parties, les principes
transnationaux du commerce international et la pratique arbitrale. Cette autonomie se
manifeste notamment à travers des principes tels que la compétence-compétence ou encore
l’indépendance relative de la sentence arbitrale.

Toutefois, cette autonomie demeure relative. L’efficacité de l’arbitrage international dépend


largement de la coopération des juridictions étatiques, notamment pour la reconnaissance et
l’exécution des sentences arbitrales. De plus, les États conservent un pouvoir de contrôle
limité destiné à garantir le respect de principes fondamentaux tels que l’ordre public
international.

En définitive, l’ordre juridique arbitral ne peut être considéré ni comme totalement


indépendant des États ni comme entièrement subordonné à ceux-ci. Il apparaît plutôt
comme un ordre juridique hybride, situé à l’interface entre les systèmes juridiques
nationaux et le droit transnational du commerce international.

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