DIH 1
I – GENERALITES
Le chef est responsable des hommes et dans ce cadre répond des actes qu’ils posent, il a le devoir
permanent d’instructeur, d’éducateur dans le but de préparer ses subordonnés pour le combat.
Cette instruction inclut la connaissance par ses subordonnés de l’ensemble des règles fondamentales
du DIH. Ces règles constituent non seulement leurs obligations, mais aussi et surtout leurs droits et
devoirs.
En définitive, il doit les préparer aux aspects humanitaires de la guerre. En clair, le rôle du chef
au combat commence en temps de paix.
II- EN TEMPS DE PAIX
Il est le premier agent de diffusion du DIH pour ses subordonnés. A ce titre, il doit régulièrement :
- Instruire ses subordonnés sur les règles des comportements au combat
- En discuter avec eux
- Etre à leur écoute
- Etre attentif à toute incompréhension et être en mesure de les corriger.
- Il doit leur faire comprendre la signification de ces règles.
- Les convaincre à les appliquer en cas de conflit armé au point qu’elles deviennent des
reflexes.
III – AU COMBAT
- Il doit rappeler à ses subordonnés d’appliquer les règles de DIH.
- Il doit veiller à leur application.
- Il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le respect du DIH et en
supprimer les infractions ou faire cesser les actes contraires aux conventions
- Il doit donner les ordres clairs
- Anticiper sur tout ce qui peut faire obstacle au respect de ces règles
- Réprimer tout acte contraire au DIH, rendre compte de ces cas de violation au supérieur
pourqu’une action disciplinaire ou pénale soit entreprise à l’encontre des auteurs.
- Ne jamais ordonner que pas de « survivants »
- S’il reçoit un ordre contraire au DIH, il doit en rendre compte à son supérieur et le rendre
attentif à ses responsabilités, car le fait d’agir sur ordre d’un supérieur ne libère pas le
subordonné de ses responsabilités pénales individuelles, même si une infraction commise
par le subordonné engage la responsabilité pénale et disciplinaire de ses supérieurs.
NB : la commission d’un crime par un subordonné n’exonère pas ses supérieurs de leurs
responsabilités pénales ; s’ils savaient que le crime allait être commis ou s’ils n’ont pas pris des
mesures pour punir les auteurs.
Si l’accusé a agit en exécution d’un ordre donné, il n’est pas dispensé de sa responsabilité, mais ce
fait peut être un motif de diminution si le tribunal le juge conforme à la justice.
DIH 2
IDENTIFICATION ET SIGNES CONVENTIONNELS
A- IDENTIFICATION
I – GENERALITES :
Le terme identification se réfère aux mesures établies pour que les personnes et les biens qui ont
droit à la protection en cas des conflits armés puissent être identifiés. Ainsi, les personnes qui ne
participent pas directement aux hostilités tels que les civils, personnels sanitaires, religieux des forces
armées ou non doivent être protégés conformément aux conventions .De même, les installations à
caractère civil doivent faire l’objet d’une protection.
Définition :
Identifier : C’est définir ou déterminer la nature de quelqu’un ou de quelque chose
Combattant : Tout membre des Forces Armées d’un pays en conflit à l’exception des personnels
sanitaires et religieux.
Sont aussi considérés comme combattants
Les Membres de Milices,
les Corps des Volontaires,
des Levées de Masse,
les Civils travaillant pour les forces armées et qui l’accompagnent.
S’ils sont capturés, ils bénéficient du traitement du prisonnier de guerre.
Non combattant : Les non combattants sont essentiellement :
Les Personnels civils
Les personnels sanitaires et religieux des forces armées ou non
Les journalistes en mission professionnelle.
S’ils sont capturés ils sont épargnés et protégés en toute circonstance.
NB : D’autres catégories de personnes participant aux hostilités ne sont pas des combattants : c’est le
cas des Mercenaires et des Espions.
Mercenaire : Personne spécialement recrutée sur place ou à l’étranger pour combattre au compte
d’une partie en conflit moyennant une rémunération
Espion : Une personne qui recueille ou qui cherche à recueillir les renseignements d’intérêts
militaires de façon illicite ou clandestine dans une partie en conflit au profit de la partie adverse.
II- OBJECTIF MILITAIRE.
Les biens qui par leur nature, leur emplacement, leur destination ou leur utilisation apportent
une contribution effective à l’action militaire et dont la destruction totale ou partielle, la capture ou la
neutralisation offre un avantage militaire précis.
Exemple : Les combattants, les casernes, les véhicules de banque.
Les biens à caractère civil : Ce sont les biens qui ne sont pas les objectifs militaires, ils ne doivent
être ni attaqués, ni subir des représailles. (Église, hôpitaux…).
Mais certains biens civils peuvent devenir des objectifs militaires, il suffit qu’a un moment ils
contribuent effectivement aux opérations militaires d’une partie au conflit (pont, école)
Principe d’attaque.
Pour attaquer un objectif, certaines règles doivent être observées :
Distinction : Combat uniquement les combattants, mais attaque les objectifs militaires,
épargne les biens civils ;
Limitation : Limite les destructions aux exigences de la mission ;
Identification : Avant de lancer une attaque, vérifie que les objectifs que tu attaques sont bel
et bien des objectifs militaires et que le DIH n’en interdit pas l’exercice.
B - SIGNES CONVENTIONNELS
I - GENERALITES
Dans le champ de bataille, des éléments de toute nature interviennent pendant le déroulement des
conflits. Certains d’une manière active (les combattants) et d’autres de manière neutre. Cette dernière
catégorie et leur matériel sont munis des signes distinctifs et doivent être protégés car l’emblème de la
croix rouge et du croissant rouge constituent les signes de la protection et doivent être respecté.
II - DEFINITION
Un signe conventionnel est un signe qui résulte d’un accord officiel passé entre les Etats et
permettant de représenter une personne, un matériel ou une collectivité ayant un intérêt général ou
particulièrement civil.
III - LES DIFFERENTES SORTES DE SIGNES
Il existe deux sortes de signes conventionnels :
- Les Signes Nationaux
- Les Signes Internationaux.
1- LES SIGNES NATIONAUX
On peut citer :
- Le Drapeau,
- Les Tenues et Insignes Militaires
- Les Symboles etc. …
11 - LE DRAPEAU
C’est le symbole le plus marquant de la souveraineté d’une nation. Il est généralement de forme
rectangulaire, constitué des couleurs de la nation et portant ou non des armoiries.
12 - LES TENUES ET INSIGNES MILITAIRES
Ils sont portés par des militaires, permettent de déterminer le Pays et l’unité d’appartenance de ces
derniers
2- LES SIGNES INTERNATIONAUX
CROIX ROUGE
-Services sanitaires militaires et civils,
CROISSANT ROUGE
ou -Personnel religieux militaire et civil : (uniquement du service sanitaire
civil et de la protection civile).
CRISTAL ROUGE
Protection civile
Ouvrages et installations contenants des forces dangereuses : barrages,
digues, centrales de production d’énergies nucléaire.
Biens culturels signalés : protection générale.
Personnel de protection des biens culturels
Biens culturels signalés : protection spéciale.
Monuments historiques, musées, etc…
(signe pratiquement remplacé par les signes de protection générale et
spéciale ci-dessus)
Zone et localité sanitaire et de sécurité.
Cristal Rouge : Le Protocole Additionnel III aux conventions de Genève de 1949 portant création
d’un nouvel emblème (le CRISTAL ROUGE) est adopté le 08 Décembre 2005.
Il a le même statut juridique que la Croix Rouge et le croissant rouge et peut être utilisé de la
même façon et aux mêmes conditions.
Il est dénué de toute connotation religieuse, culturelle ou politique.
Le Lion et Soleil Rouge : Utilisé par certains Etats jusqu’en 1980 et avait le même statut juridique
que la Croix Rouge et le croissant rouge.
LES ABUS DE L’EMBLEME.
a – L’IMITATION : C’est l’utilisation d’un signe risquant de créer, par la forme et/ou la couleur une
confusion avec l’emblème.
b – L’USURPATION : C’est l’utilisation d’un signe par des entités ou les personnes n’ayant le droit ou
lorsque les personnes normalement autorisées ne l’utilisent pas conformément aux règles des conventions et des
protocoles.
c – LA PERFIDIE : C’est l’utilisation de l’emblème à des fin de combat ; elle constitue un crime de
guerre.
DIH 3
LES VICTIMES DE GUERRE - REGLES DE COMPORTEMENT
DEFINITION :
Une victime de guerre est une personne qui, à la suite d’un conflit armé a subi des entraves légères ou
graves sur le cours normal de son existence.
I- LES DIFFERENTES VICTIMES DE GUERRE
On peut citer :
Les malades- les blessés –les naufragés – les déplacés – les refugiés – les prisonniers de guerre – les
disparus – les morts.
A- Blessés et malades
Est blessé ou malade toute personne, militaire ou civile en raison d’un traumatisme d’une maladie
ou de toute autre incapacité ou trouble physique ou mental ont besoin des soins médicaux immédiats et
s’abstiennent de tout acte d’hostilité
B- Les naufragés
Est naufragé, toute personne militaire ou civile se trouvant en situation périlleuse en mer ou en
d’autres eaux par suite d’infortune qui les frappe ou qui frappe le navire ou l’aéronef les transportant et
qui s’abstienne de tout acte d’hostilité
Elle continue à être considéré comme naufragé jusqu’à la fin du sauvetage
C- Le déplacé
C’est une personne qui à la suite d’un conflit armé a quitté son lieu de résidence habituelle sans
avoir traversé les frontières nationales.
D-Le refugié
C’est une personne qui à la suite d’un conflit armé a quitté son lieu de résidence habituelle et se
trouve hors des frontières nationales.
E-Les disparus
Ce sont des personnes dont les familles et les puissances dont elles dépendent n’ont pas de
nouvelles sur leurs sorts à la suite d’un conflit armé. Chaque partie a l’obligation de rechercher les
personnes portées disparues par la partie adverse
F- Les morts
Un mort est une personne ayant perdu la vie suite à un conflit armé.
I- REGLES DE COMPORTEMENT
3.1- Combattants ennemis qui se rendent :
- Epargne- les
- Désarme – les
- Traite-les humainement
- Remet- les à ton chef
3.2- Combattants ennemis blessés :
- Recueille-les
-Soigne-les
-Remet-les à ton supérieur ou au personnel sanitaire le plus proche.
3.3 Personnes civiles
- Respecte- les
-Traite humainement celles qui sont à ton pouvoir
- Protège-les contre les mauvais traitements, les actes de vengeance et la prise d’otages sont
interdits ;
- Respecte leur bien, ne leur cause aucun dommage et ne leur vole pas.
DIH 4
DROITS ET DEVOIRS DU PRISONNIER DE GUERRE
I -DEFINITION :
Est considéré comme prisonnier de guerre ; tout combattant tombé au pouvoir de la partie
adverse ou tout combattant tombé au pouvoir de l’ennemi
II – DROITS DU PRISONNIER DE GUERRE.
Les conventions de Genève et leurs protocoles additionnels offrent aux prisonniers plusieurs
droits parmi lesquels, nous pouvons retenir ceci
De prime abord, il est important de savoir qu’un prisonnier de guerre est au pouvoir de la puissance
adverse et non à celui des individus ou des corps de troupe qui l’ont capturé.
Ils ont en toute circonstance droit au respect de leur dignité et de leur honneur.
Ils ne sont pas prisonniers des droits communs par conséquent ne seront ni enchainés ni internés dans
les pénitenciers
Ils ont ainsi droit :
- A la protection : de ce fait ils doivent être éloignés le plus tôt possible de la zone de combat
pour être hors de danger
- Aux soins médicaux qu’exige leur état
- Aux visites protégées avec les membres du CICR
- A l’information (courrier etc.)
- A la pratique du sport et aux activités culturelles
- Aux ports de leur grade et des insignes
- A une alimentation correcte (ration suffisante en quantité en qualité et variée)
- D’être interrogé dans la langue qu’ils comprennent.
- D’être interné dans les établissements situés sur terre ferme et non dans les pénitenciers
- A un habillement en fonction du climat.
Sont interdits :
- Les intimidations
- La torture
- Les insultes
- Les traitements dégradants ou humiliants, la curiosité publique.
- Les mutilations
- Les représailles.
En toute circonstance, les femmes doivent être traitées avec tous les égards particuliers dus à leur
sexe. Toutefois, en cas de capture d’une personne dont on a le doute sur son statut, on le traite d’abord
comme prisonnier de guerre en attendant qu’un tribunal compétant détermine son statut.
III – DEVOIR DU PRISONNIER DE GUERRE
- S’évader dès la première occasion pour rejoindre son camp et continuer le combat
- Se conformer aux règles relatives à la détention
- Ne donner que des renseignements concernant son identité, nom, prénom, grade, date de
naissance, matricule ou renseignement équivalent.
- Ils ne doivent en aucun cas renoncer partiellement ou totalement ce que lui assure les
conventions.
NB : En cas d’évasion ratée, le prisonnier de guerre n’est passible que des sanctions disciplinaires.
Le personnel médical ou religieux n’est pas considéré comme prisonnier de guerre mais peut
être retenu uniquement pour apporter son assistance à ces derniers. Ce personnel bénéficie de toutes les
facilités nécessaires pour lui permettre d’exercer leur fonction en faveur des prisonniers de guerre. /-