Le constructivisme, théorie de l’apprentissage, a été développé, entre autres, par Piaget, dès 1923,
en réaction au behaviorisme qui, d’après lui, limitait trop l’apprentissage à l’association stimulus-
réponse. L’approche constructiviste met en avant l’activité et la capacité inhérentes à chaque sujet, ce
qui lui permet d’appréhender la réalité qui l’entoure1.
Le constructivisme suppose que les connaissances de chaque sujet ne sont pas une simple « copie »
de la réalité, mais une « (re)construction » de celle-ci. Le constructivisme s'attache à étudier les
mécanismes et processus permettant la construction de la réalité chez les sujets à partir d'éléments
déjà intégrés.
La compréhension, constamment renouvelée, s’élabore à partir des représentations plus anciennes
d’événements passés, que le sujet a d’ores et déjà « emmagasinées » dans son vécu. En fait, le sujet
restructure (« reconceptualise »), en interne, les informations reçues en regard de ses
propresconcepts : c’est le phénomène de restructuration conceptuelle à travers ses expériences.
CONSTRUCTIVISME ou SOCIO-CONSTRUCTIVISME ?
Depuis 1978, les recherches sur la notion de conceptions préalables ou
représentations initiales permettent aujourd'hui de distinguer trois grandes
positions en éducation:
La première ignore La deuxième consiste à éviter La troisième tient compte des
les conceptions les conceptions préalables: conceptions préalables:
préalables:
modèle comportementaliste modèles constructiviste et
modèle transmissif socio-constructiviste
Comportement Boîte Comportement
Tête initial noire final attendu
Tête vide. pleine.
L'élève ne L' élève
sait rien sait. Ancien Nouvel
Déséquilibre
équilibre équilibre
1- Modèle
transmissif Tête vide. Tête pleine.
L'élève ne sait rien L' élève sait.
Cette pédagogie, appelée "magistrale" ou "frontale" s'inspire des travaux de
John Locke. La connaissance transmise par l'enseignant viendrait
s'imprimer dans la tête de l'élève comme dans de la cire molle.
2- Modèle
comportementaliste Comportement Boîte Comportement
initial noire final attendu
Cette théorie, appelée béhaviotrisme, prend appui sur les travaux de
Thorndike, Pavlov, Skinner et Watson.
L'apprentissage résulte d'une suite de conditionnements "stimulus-
réponse". Les connaissances sont définies en termes de comportements
observables attendus en fin d'apprentissage.
3- Modèle
constructiviste et
socio-constructiviste
Ancien Nouvel
Déséquilibre
équilibre équilibre
Cette pédagogie est centrée sur l'apprenant. C'est l'élève qui apprend par
l'intermédiaire de ses représentations. Les conceptions initiales ne sont pas
seulement le point de départ et le résultat de l'activité, elles sont au coeur du
processus d'apprentissage.
1. Le constructivisme
2. Le socio-constructivisme
- Interdépendance de l'apprentissage et de son contexte
- Le conflit sociocognitif
- La métacognition
3. Tableau de synyhèse
Le constructivisme
Le nouveau savoir n'est effectif que s'il est reconstruit pour s'intégrer au
réseau conceptuel de l'apprenant.
Ausubel (1968) parle de ponts cognitifs. La façon dont l'élève assimile les
connaissances est primordiale. Il peut y avoir des apprentissages
significatifs ( sens, liens avec ce que l'élève sait déjà) et mécaniques (sans
liens, du «par coeur»).
Les thèses structuralistes du psychologue Jean Piaget (1896-1980), pour
en justifier la thèse centrale : toute connaissance est le résultat d'une
expérience individuelle d'apprentissage, font appel aux concepts
d'accomodation et d'assimilation formant le processus d'accommodation.
André Giordan ajoute que cette accommodation transforme les schèmes de
la pensée et vient, le plus souvent, s'opposer aux savoirs établis. Ce conflit
cognitif, base de la pédagogie constructiviste, se heurte à des difficultés à
différents niveaux:
- Un individu maintient sa représentation sur un objet tant et aussi
longtemps qu'il n'a pas de problème avec cette conception.
- Avec le temps, les représentations spontanées reprennent leur place
puisque dans la vie courante, elles fonctionnent.
- La conception initiale fortement enracinée est trop éloignée de la nouvelle
représentation proposée pour que l'apprenant puisse l'accepter.
- L'élève manque d'informations ou ne dispose pas des
ressources (opérations mentales, stratégies et procédures à
utiliser...) nécessaires à l'intégration d'une nouvelle conception.
- Il n'a pas envie de changer parce qu'il n'y trouve pas d'iintérêt.
C'est l'élève qui apprend et personne ne peut le faire à sa place. Et
cependant, il peut difficilement trouver seul toutes les données nécessaires
à tout changement de conceptions. Le rôle de l'enseignant est alors
primordial: c'est lui qui doit proposer et mettre en place une pédagogie
socio-constructiviste pour permettre aux élèves de construire et intégrer les
nouveaux savoirs.
Le socio-constructivisme
La construction d'un savoir bien que personnelle s'effectue dans un cadre
social. Les informations sont en lien avec le milieu social, le contexte et
proviennent à la fois de ce que l'on pense et de ce que les autres apportent
comme interactions.
Interdépendance de l'apprentissage et de son contexte
L'acquistion de connaissance dépend du contexte pédagogique, c'est à dire
de la situation d'enseignement et d'apprentissage et des activités
connexes. Lave (1988), Brown, Collins et Duguid (1989) soutiennent que
l'acte d'apprendre est une interprétation d'une expérience, d'un langage ou
d'un phénomène saisi dans leur contexte. Les tenants de l'apprentissage
contextuel (situated learning) préconisent le recours, en situation
d'apprentissage, à des tâches authentiques dans des contextes les plus
réalistes possibles. Les difficultés de mise en oeuvre pratique d'un
apprentissage en contexte réel nécessitent la prise en compte de certaines
variables pédagogiques : la place importante accordée à l'exploitation des
informations issues de l'environnement d'apprentissage, la gestion de la
complexité, son adaptation à l'acquisition de compétences ciblées et sa
faculté d'éclairer l'apprenant sur ses propres démarches cognitives.
Le conflit sociocognitif
Le concept de conflit sociocognitif s'éloigne de la conception individualiste
de Piaget.
Vygotsky prétend que les interactions sociales sont primordiales dans un
apprentissage. Il a développé le concept de la ZPD (Zone Proximale de
Développement)
Doise et Mugny prolongent les travaux de Piaget et Vygotsky. Ils présentent
les interactions entre pairs comme source de développement cognitif à
condition qu'elles suscitent des conflits sociocognitifs. Selon ces deux
auteurs, l'interaction sociale est constructive dans la mesure où elle
introduit une confrontation entre les conceptions divergentes. Un premier
déséquilibre interindividuel apparaît au sein du groupe puisque chaque
élève est confronté à des points de vue divergents. Il prend ainsi
conscience de sa propre pensée par rapport à celle des autres. Ce qui
provoque un deuxième déséquilibre de nature intra-individuelle :
l'apprenant est amené à reconsidérer, en même temps, ses propres
représentations et celles des autres pour reconstruire un nouveau savoir.
Le narratif devient, dans cette perspective, un moyen de "penser notre
propre pensée" (Bruner, 1995) et renvoie à la compréhension de sa propre
pensée ainsi que celle d'autrui.
La métacognition
La métacognition désigne l'analyse que l'apprenant fait de son propre
fonctionnement intellectuel. Savoir que l'on a des difficultés avec les
fractions, que l'on comprend mieux un problème si l'on fait un schéma, sont
des connaissances métacognitives. La métacognition renvoie aux activités
mises en oeuvre pour exécuter une tâche et à l'ajustement de ces activités
(gestion de l'activité mentale).
La métacognition c'est une compétence à se poser des questions pour se
planifier, s'évaluer constamment avant, pendant et après une tâche pour se
réajuster au besoin. Il s'agit de prendre conscience de ses méthodes de
pensée et de réguler ses propres processus de pensée.