Jeancy N Rapport Final PDF
Jeancy N Rapport Final PDF
Domaine : Forêt
Parcours : Licence Professionnelle
Spécialité/Option : Sciences et Techniques Forestières
Thème
Echantillonnage à distance par caméra piège pour des espèces les plus
consommées dans la zone de chasse de Kabo et de Makao,
Départements de la Sangha et de la Likouala
Directeur de Rapport
Dr Roger Albert MBETE, Maître-Assistant CAMES, ENSAF, UMNG
Encadreur de Rapport
Dr Vittoria Estienne, Chef de Service Recherche au Parc National Nouabalé-Ndoki
DEDICACE
Je dédie ce travail à :
i
REMERCIEMENTS
Le travail de recherche présenté dans ce rapport est le résultat de trois années passées à
l’Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie et de Foresterie (ENSAF) et de 3 mois de stage
passé au Parc National de Nouabalé-Ndoki. Au-delà de l’acquisition des techniques, des
connaissances et du raisonnement scientifique, ce rapport m’a permis de gagner en
maturité. Tout ceci n’aurait pu être réalisé sans un ensemble de personnes à qui j’adresse
mes plus sincères remerciements, ainsi que le témoignage de mon plus profond respect :
- au Docteur Roger Albert MBETE, Maître-Assistant CAMES à l’ENSAF, Directeur de ce
rapport. Merci pour votre disponibilité, vos conseils, vos orientations, vos motivations et
pour la confiance que vous m’avez offert ;
- au Docteur Vittoria ESTIENNE, Chef de Service Recherche du Parc National Nouabalé-
Ndoki, pour m’avoir accueilli au sein de cette structure. Merci pour votre présence et vos
conseils scientifiques judicieux tout au long de la réalisation de ce travail.
- je remercie les membres du jury convoqués pour examiner ce document.
- je tiens à remercier tous les enseignants de l’Ecole National Supérieur d’Agronomie et de
Foresterie (ENSAF), en particulier le Professeur Parisse AKOUANGO, Directeur de
l’ENSAF ; le Docteur Félix KOUBOUANA, Maitre de Conférences CAMES, UMNG,
Directeur Adjoint de l’ENSAF; le Chef du Bureau de Stage, le Docteur Pierre MBETE,
Maitre de Conférences CAMES, UMNG; le Professeur Victor MAMONEKENE, Maitre
de Conférences CAMES, UMNG ; le Docteur Armel IBALA NZAMBA, Maitre de
Conférence CAMES, UMNG ; le Docteur AYESSA LECKOUNDZOU, Maitre-
Assistant CAMES, UMNG. Merci pour l’accueil chaleureux au sein de l’établissement,
les conseils et encouragements m’ont poussé à arriver au bout.
- je remercie le Docteur Germain MAVAH, le Coordonnateur du Projet SWM, pour ses
conseils et ses orientations ;
- mes remerciement les plus cordiaux s’adressent également à Monsieur Benjamin EVANS,
Directeur du Parc National Nouabalé-Ndoki, pour ses merveilleux conseils et
encouragements ;
- je tiens à remercier le Docteur Saint Fédriche NDZAI, Assistant à l’ENSAF pour ses
merveilleux conseils, le temps qu’il a consacré à m’écouter ;
ii
- je remercie Monsieur Blaise MILANDOU KIABELO, pour l’orientation, les conseils et
les corrections;
- je remercie Monsieur Guichard BOUNGOU, Assistant à l’ENSAF pour l’orientation et
les conseils ;
- je tiens à remercier les agents de la WCS CONGO : Crépin EYANA, Wen MAYOUKOU,
Aymar BOUNDA, Cisquet OPEPA, Frelcia BAMBI, Onesi SAMBA, Phael
MALONGA, Marien YOKA , Dalvenir MOTIJEL. Merci pour l’accueille au sein de
l’entreprise, les conseils et encouragements.
- je tiens à remercier mes chers doyens de l’ENSAF : Jeansy Alverick KIMBEMBE,
Gerléo Lassy MOUNDAGA. Merci pour les conseils et encouragements.
- je tiens à remercie mes collègues: Joseph Harvey Natan ELENGUE, Nazaire OTANGA,
Cline DIMI MANGA, Paperno Charnauld Justavie MAHOUNGOU, Florent OLENGA,
Mont-Désir NTOUNDA, Davin MEKEMENEA, Nature ELENGA, Chadrel ONARY,
Exaucé BOULE, Ololo ONGOMAT, Jemima AYESSA, Lynda MVILA . Merci pour
les bons moments passés ensembles dans divers travaux académiques.
- je remercie tous mes amis(e) et frères et sœurs qui m’ont soutenu de loin comme de près.
- je tiens à remercier tous mes collègues des promotions confondues avec qui nous avons
passé nos trois (3) ans de vie estudiantine à l’ENSAF.
Enfin, que tous ceux qui m’ont assisté et soutenu tout au long de ma formation et à la réalisation
de ce modeste travail, trouvent ici le témoignage de ma profonde reconnaissance.
iii
SIGLES ET ACRONYMES
ACFAP : Agence Congolaise de la Faune et des Aires Protégées ;
ACP : Afrique Caraïbes Pacifique ;
CDB : Convention sur la Diversité Biologique ;
CIB : Congolaise Industrielle des Bois ;
CIFOR : Centre International de Recherche sur les Forêts ;
CIRAD : Centre de Recherche de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour
le Développement ;
CNIAF : Centre National d’inventaire et d’Aménagement des Ressources Forestières et
Fauniques ;
CTDS : L’échantillonnage à Distance par Piège Caméra ;
DS : Distance Sampling ;
ENSAF : Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie et de Foresterie ;
FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture ;
Ha : Hectare ;
LTDS : L’échantillonnage par Transect Linéaire à Distance ;
PNNN : Parc National de Nouabalé-Ndoki ;
PNUE : Programme des Nations Unies pour l’Environnement ;
RC : République du Congo ;
STC : Société Thanry-Congo ;
SWM : Sustainable Wildlife Management ;
UFA : Unité Forestière d'Aménagement ;
UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature ;
UMNG : Université Marien Ngouabi ;
UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture ;
USLAB : Unité de Surveillance et de Lutte Anti Braconnage ;
WCS : Wildlife Conservation Society.
iv
TABLE DES MATIERES
DEDICACE ................................................................................................................................. i
REMERCIEMENTS .................................................................................................................. ii
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
Problématique ......................................................................................................................... 2
v
II.3.1 Pédologie ............................................................................................................ 11
III.1 Résultats..................................................................................................................... 19
III.1.1 Richesse faunique et nombre d’évènements enregistrés dans les deux zones ... 19
III.1.3 Nombre de vidéos enregistrées dans les deux zones par espèce ........................ 20
vi
III.1.6 Fréquence relative des espèces cibles ................................................................ 24
III.2.1 Richesse faunique et nombre d’évènements enregistrés dans les deux zones d’études
.............................................................................................................................................. 27
III.2.3 Nombres de vidéos enregistrées et sites dans les deux zones par espèce .................. 27
ANNEXES ................................................................................................................................ A
Annexe 6 : Exemples d'espèces cibles capturées par les caméras pièges ............................... F
vii
LISTE DES FIGURES
viii
LISTE DE TABLEAUX
Tableau I: Outils utilisés sur le terrain pour la collecte des données faunistiques et floristiques 12
Tableau II: Composition faunique et nombre d’évènement ..................................................... 19
Tableau III: Nombre de vidéos enregistré par espèce .............................................................. 21
Tableau IV: Sites d'échantillonnage par espèces...................................................................... 22
Tableau V: Fréquence relative des espèces ............................................................................. 24
Tableau VI: Classification de la Liste rouge d’IUCN .............................................................. 24
Tableau VII: Indices d’abondance relative .............................................................................. 25
ix
INTRODUCTION
Contexte et justification
Les forêts constituent des écosystèmes particulièrement précieux pour l’humanité, elles
représentent un réservoir de la biodiversité végétale et animale dont les populations profitent
pour leur alimentation, leur habitat et leur santé (Zima et al., 2018). Elles procurent un habitat
à 80 % des espèces d’amphibiens, 75 % des espèces d’oiseaux et 68 % des espèces de
mammifères (FAO et PNUE, 2020). Elles jouent également un rôle essentiel dans la lutte contre
le changement climatique et contribuent ainsi à la prévention de l’insécurité alimentaire (FAO
et PNUE, 2020).
Actuellement, les forêts occupent environ 4,06 milliards d’hectares, soit 30,8 % de la superficie
terrestre mondiale, elles produisent des biens et services importants pour l’Humanité comme la
viande de brousse qui comble entre 60 et 80 % de besoins quotidiens en protéines des
populations (FAO et PNUE, 2020).
Nonobstant l’importance écologique, alimentaire, sanitaire (la pharmacopée) et climatique de
ces forêts, les relations entre l’Homme et les milieux naturels ont considérablement évolué au
cours du développement des civilisations humaines. Celui-ci a développé plusieurs méthodes,
techniques et stratégies pour lui permettre de satisfaire à ses besoins en ressources naturelles
(Roubaud, 2004). Mais, cela se faisait de manière anarchique entrainant la dégradation et la
déforestation (Gaston et al., 2013).
Ainsi, l’augmentation de l’exploitation de ces ressources est due à la croissance démographique,
aux développements technologiques de la chasse et à l’émergence d’un commerce de viande de
brousse en expansion avec un taux de prélèvement moyenne annuelle de 51 Kg par habitant en
zone rurale et dix fois en zone urbaine (Mbété, 2012 ; Vliet et al., 2017 ; Maisels et al. ,2019).
Cette surexploitation présente un impact très négatif sur la biodiversité et sur la régénération
forestière d’autant plus que certaines espèces animales contribuent à la pollinisation, la
germination et la dissémination des graines (Roche, 1998 ; Fargeot, 2013). Cette destruction
progressive de ces habitats naturels a renforcé le besoin de protéger ces écosystèmes (Yves,
2004).
Les forêts tropicales couvrent une superficie de 1,79 milliard ha réparties en trois blocs : le
bassin amazonien en Amérique du Sud, le bassin Bornéo Mékong, en Asie du Sud - Est et le
bassin du Congo, en Afrique Centrale (FAO, 2015). L’exploitation illégale et non réglementée
de la faune sauvage dans les régions de forêts tropicales entraîne la rareté et la disparition de
certaines espèces (CBD, 2018). La conservation des ressources naturelles est identifiée depuis
1
plusieurs années comme une organisation fondamentale de la politique forestière dans tous les
pays africains (René, 2001).
Le bassin du Congo est le deuxième grand massif forestier après celui de l’Amazonie (OFAC,
2008 ; UNESCO, 2010), 10 à 15 % de sa superficie est couvert par des aires protégées. Ce
bassin offre un potentiel très important pour la conservation de la biodiversité (Souvannovong
et al., 2008). Couvrant une superficie d’environ 228 millions d’hectares soit 57 % de sa
superficie totale (FAO, 2022), il abrite une diversité biologique estimée à 400 espèces de
mammifères, 1300 espèces d’oiseaux, 336 espèces d’amphibiens, 400 espèces de reptiles et
20 000 espèces de plantes parmi lesquelles 800 espèces sont endémiques (Mindonga et al.,
2020). En effet, la chasse est une composante importante de l’économie domestique dans le
bassin du Congo et représente entre 15 et 75 % total de revenus de ménages (Wilkie et
Carpenter, 1998 ; Aye, 2014).
La République du Congo couvre une superficie de 23,5 millions d’hectares des forêts avec 3
Parcs nationaux et 8 réserves (CNIAF, 2015). Le programme de gestion durable de la faune
sauvage (SWM) contribue depuis 2018 à la conservation de la faune sauvage, des écosystèmes
et de leurs services, ainsi qu’à l’amélioration des conditions de vie et à la sécurité alimentaire
des populations qui dépendent de ces ressources (WCS, 2019).
Cependant, ils existent plusieurs solutions qui permettent de trouver un équilibre entre la
conservation de la biodiversité forestière et l’utilisation durable des forêts, par exemple pour
inverser le cours de la déforestation et de la perte de biodiversité, il est nécessaire de transformer
en profondeur les modes de production et de consommation alimentaire des populations pour
une gestion durable de ces ressources (FAO et PNUE, 2020).
Problématique
La viande de brousse reste la première source de protéines animales pour la majorité des
familles du bassin du Congo (Mbété et al., 2011) environs 50 millions d’êtres humains
dépendent de près ou de loin de la faune sauvage pour leur sécurité alimentaire (Vliet et al.,
2017). Néanmoins, la proportion totale de surfaces émergées occupées par des zones forestières
a diminué de 32,5 à 30,8 % au cours des trois décennies écoulées (de 1990 à 2020), cela
représente une perte nette de 178 millions d’hectares de forêt (FAO et PNUE, 2020). La
demande de cette dernière est de plus en plus importante, ce qui est à l’origine de l’extinction
de nombreuses espèces animales (Wilkie et Carpenter, 1998). Les études menées dans les pays
du bassin du Congo montrent que la consommation de la viande de brousse est estimée de 1 à
5 millions de tonnes par an (Aye, 2014).
2
Face à ces menaces sur la faune sauvage, il s’est avéré primordiale de mettre en place des
mesures de gestion appropriées basées sur l’information des données précises de l’abondance
des populations animales à partir desquelles tout changement peut être facilement mesuré en
permanence (Einspenner ,2016). L’alimentation des populations des sites forestières (Kabo et
Makao) est fortement basée sur les ressources naturelles notamment le viande de brousse. Les
études menées dans ces zones montrent que le taux prélèvements en gibier pour
l’autoconsommation et la vente s’élèvent à 83,09 % (Ekoungoulou, 2010), c’est dans ce sens
que s’inscrit l’intérêt de cette étude sous le thème : « Echantillonnage à distance par caméra
piège pour des espèces les plus consommées dans la zone de chasse de Kabo et de Makao,
Départements de la Sangha et la Likouala ». Le but de cette étude est d’évaluer l’abondance
relative des espèces fauniques pour une chasse durable.
3
CHAPITRE I : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
4
➢ Rôle environnemental
Les espèces sauvages africaines ont évolué avec leur milieu naturel et sont alors à priori mieux
adaptées que toute espèce exotique, résistent mieux aux conditions dures de l’Afrique et
exploitent les ressources végétales fragiles de façon plus efficace et équilibrée que le bétail
domestique. Elles constituent donc une ressource naturelle extrêmement précieuse qu’il
conviendrait de valoriser par une exploitation rationnelle en préservant la diversité et équilibre
naturel (Czudek, 2001).
➢ Rôle socioculturel
L’importance socioculturelle de la faune sauvage en Afrique ne doit pas être sous-estimée et
elle doit toujours être introduite comme une sérieuse composante dans les différents projets de
la conservation des ressources naturelles (Czudek, 2001). Le rapport entre l’homme et la faune
est historiquement très fort et les sociétés africaines utilisent traditionnellement les animaux
dans l’alimentation, la médecine, la religion, l’éducation, l’artisanat, l’art, etc. (Czudek, 2001).
La faune contribue ainsi positivement à la santé spirituelle, physique et mentale. Les rituels et
la médecine traditionnelle sont largement pratiqués. Une très grande partie de la population fait
appel à cette forme traditionnelle de soins, plus accessible et aussi moins onéreux que la
médecine moderne. La croyance bien ancrée dans l’efficacité de ces médicaments traditionnels
tirés de la faune sauvage permet de combattre un certain nombre de problèmes de santé à
moindre coût et de dépenser ses moyens financiers pour se procurer des aliments ou autres
articles nécessaires plutôt que d´acheter le médicament moderne difficilement disponible et
cher (FAO, 1998). En regardant les nombreuses utilisations de la faune sauvage dans la vie
quotidienne des populations africaines, il apparaît plus évident que la conservation et le
maintien d’un certain niveau de la population animale est nécessaire pour assurer leur identité
culturelle et sociale (Czudek, 2001). Le respect des coutumes locales et la recherche des
bénéfices tangibles et appréciables que les projets de l’aménagement de la faune sauvage
peuvent apporter à la population riveraine est le seul moyen de la faire participer à la
conservation de ses ressources naturelles (Czudek, 2001).
5
la méthode dite du line transect ou l'Echantillonnage par Transect Linéaire à Distance (LTDS),
est l’une des méthodes les plus utilisées depuis longtemps pour l’estimation des densités des
populations, soit par des observations indirectes en utilisant des signes substitutifs tels que des
crottes ou des nids qui seront observés depuis le transect puis mesurés la distance
perpendiculaire au transect; soit par des observations directes qui consistent à marcher très
silencieusement sur le transect pour détecter le nombre d’animaux en premier avant qu’ils
puissent vous détecter. Ensuite, mesurer la distance perpendiculaire entre le transect et le centre
du groupe (Sawadogo, 2012 ; WCS, 2022). Les transects doivent être absolument des vraies
lignes droites et coupées en utilisant la boussole (WCS, 2016). C’est ainsi que les observateurs
humains se déplacent le long de transects linéaires, mesurant ou estimant les distances
perpendiculaires entre les objets et les transects. Cette méthode est basée sur le constat que la
probabilité de détection d’animal diminue avec la distance du transect (Sawadogo, 2012 ; Kühl
et al., 2020). Cette méthode est souvent onéreuse et présente des limites dans le temps car elle
ne permet pas d’échantillonner des données de nuit.
En outre, les récentes avancées technologiques surtout celles des caméras pièges permettent
d’enregistrer des évènements rares et inédits en l’absence de toutes perturbations contrairement
à l’observation directe de la faune (Harissou et al., 2021). Les caméras pièges présentent
plusieurs avantages tels que : les estimations de densité et d’abondance de toutes les espèces
mêmes pour lesquelles l’indentifications des individus n’est pas possible, présente moins
d’effet et évite les biais par rapport aux enquêtes sur les crottes ou les nids, elles permettent
d’obtenir des observations d’espèces rares (WCS, 2022).
6
traditionnelles par échantillonnage à distance (Kühl et al., 2020). Les caméras pièges
suppriment cette exigence (Kühl et al., 2020) ainsi :
➢ les caméras sont actives 24 heures sur 24, de sorte que le nombre d'observations
(photographies d'animaux passant devant l'objectif) par unité de temps est beaucoup plus élevé
que lorsqu'un observateur passe un temps limité à chaque point ;
➢ les caméras collectent des données de jour comme de nuit ;
➢ les caméras sont moins susceptibles, si elles sont bien gérées, d'attirer l'attention de la
faune, ou d'être évitées par la faune, qu'un observateur humain, ce qui répond à l'une des
hypothèses clés de l'échantillonnage à distance (les animaux ne devraient pas bouger en
réponse à l'observateur) ;
➢ Les caméras n'ont pas d'angle de vision à 360 degrés, il faut donc en tenir compte lors
de l'estimation de la densité animale ;
➢ Les animaux ne sont pas "disponibles" 24 heures sur 24 - certains sont semi-arboricoles,
beaucoup sont diurnes ou nocturnes, et il faut donc également en tenir compte lors de l'analyse
(Maisels, 2019).
7
conflits. Le changement d’affectation des terres pour des besoins agricoles et industriels a aussi
eu un impact important sur l’habitat et le comportement de la faune sauvage (CBD, 2018). Le
braconnage, c’est tout acte de chasse sans permis, en période de fermeture, en des endroits
réservés (parc national…) ou avec des engins ou des armes prohibées (Ngaba, 2015).
8
CHAPITRE II : MATÉRIEL ET METHODES
II. Présentation de la zone d’étude et approche méthodologique
II.1 Localisations géographiques des zones d’études
Cette étude a été réalisée dans les départements de la Likouala et la Sangha au nord de la
République du Congo. Dans le département de la Sangha, elle a été réalisée dans le District de
Kabo, précisément dans le village de Kabo qui se trouve dans l’UFA Kabo (site de la CIB). Elle
couvre une superficie totale de 267 048 hectares (figure 1) est limitée :
➢ au Nord par la rivière Ndoki jusqu’à sa confluence avec la rivière Goualogo ;
➢ au Sud par la parallèle 1°50’ N situe à 7 km au nord du confluence Mbolo-Sangha ;
➢ à l’Ouest par la Sangha, puis la frontière entre la République Congo et la République
Centrafricaine jusqu’à la rivière Ndoki ;
➢ à l’Est par la limite départementale Sangha-Likouala (CIB, 2006).
Quant au département de la Likouala, l’étude a été réalisée dans le village de Makao situé dans
l’UFA Ipendja (site de la STC). Elle couvre une superficie totale de 461 296 hectares (figure
1) et limitée :
➢ au Nord par la rivière Lola jusqu’à son intersection avec la rivière Ipendja ;
➢ au Sud et à l’Ouest par la rivière Lola en aval jusqu’à sa confluence avec la rivière
Motaba ;
➢ à l’Est par la confluence des rivières Ipendja et Motaba (STC, 2016).
9
Figure 1: Carte géographique des zones d’études
La température moyenne mensuelle est d’environ 25°C, avec un minimum en aout (24,0°C) et
un maximum en mars (25,7°C). Les écarts thermiques diurnes sont faibles (inferieurs à 10°C).
L’hygrométrie moyenne annuelle est de 85 % (CIB, 2006).
Le climat du département de Likouala dans l’UFA d’Ipendja est la même que celui d’Impfondo.
Il est caractérisé par une saison sèche de 40 jours de décembre à janvier et d’une saison de pluie
10
325 janvier à novembre. Il présente des précipitations de 1600 à 1800 mm et une température
moyenne annuelle de 25 – 26° C (Feintrenie et al., 2014 ; STC, 2016).
II.2.2 Géologie
La plus grande partie de Kabo repose sur des formations greso-schisteuses du précambrien
moyen, plus ou moins recouvertes par des grès du secondaire (grès de Carnot) et des formations
argilo-sableuses tertiaires. Les formations sédimentaires quaternaires de la Cuvette congolaise
(alluvions argileuses ou sableuses), recouvrent le Sud-Est de l’UFA et les bordures des rivières
Sangha et Ndoki (ORSTOM, 2006) l’UFA Ipendja, est recouverte d’alluvions récentes du
quaternaire, composées principalement de grès, d’argile, de sables et de limons sur plusieurs
dizaines de mètres de profondeur (Peyrot, 1977).
Dans l’UFA d’Ipendja la majeure partie, ne présente pas de relief élevé, avec une altitude ne
dépassant pas les 400m. L’UFA présente un réseau hydrographique peu développé, elle est
cependant délimitée par deux importantes rivières, la Motaba au sud‐ouest et l’Ibenga au nord‐
est. Il est également à noter l’importance de la rivière Ipendja, donnant son nom à l’UFA, et qui
la traverse du sud est au nord-ouest (CIB, 2006 ; STC, 2016).
II.3.1 Pédologie
Les sols des 2 UFA sont essentiellement de type ferralitique, plus ou moins hydromophe. Ce
sont des sols argilo-limoneux ou limono-sableux selon la nature des alluvions, très acides et
peu fertiles (CIB, 2006 ; STC, 2016).
II.3.2 Végétation
Les sols des 2 UFA sont sableux et argileux riches en litières et favorables à l’agriculture. La
végétation est constituée de forêt dense (massif forestier du bassin du Congo) il s’agit des forêts
semi‐sempervirentes de terre ferme, forêts à Marantacées, forêts à monodominance de Limbali
11
(Gibertiodendron dewevrei), savanes. Elles ont une abondance et diversité d’espèces de faunes
et de flores sauvages (CIB, 2006 ; STC, 2016 ; Agnagna, 2019).
II.3.3 Faune
Le nord de la République du Congo renferme une grande richesse des espèces fauniques. Par
exemple : concernant les primates, cette zone renferme au moins huit espèces de
Cercopithecidae (genres Cercopithecus, Cercocebus et Colobus), deux espèces d’Hominidae
(genres Gorilla et Pan) et Bovidae (Cephalophus callipygus, Cephalophus dorsalis,
Cephalophus sylvicultor, Philantomba monticola) ainsi que la population de Loxondota
africana cyclotis (l’éléphant) (CIB, 2006 ; STC, 2016).
II.4 Matériel
II.4.1 Matériel biologique
Le matériel biologique étudié était constitué de 15 espèces fauniques les plus consommées dans
les zones de chasses de l’UFA Kabo et l’UFA Ipendja (village Makao. Pour plus de détails
confère Annexe 4 et voir les images des espèces sur Annexe 6.
Outils Utilité
GPS GARMIN 64 pour relever des coordonnées géographiques
Boussoles Suunto pour l’orientation, la navigation
Piège caméra Browing pour capturer et les vidéos de jours comme de nuits
Carnet de terrain (Foresty pour prendre des notes utiles sur le terrain
supliers,Inc.)
Cartes laminées pour faire les vidéos de références
Delorme pour la communication
Mètres-rubans pour mesurer la hauteur de l’arbre et faire la matrice des
vidéos de référence
Machettes pour ouvrir les pistes
Sécateurs pour couper les petits arbustes
Appareil photo canon pour prendre les photos
12
Boitier de sécurité pour protéger la caméra
Sangle pour attacher le boitier de sécurité à l’arbre
Câble de verrouillage pour sécuriser l’ensemble du dispositif (le boitier et la
caméra)
Ensemble de rubans de couleurs vives pour connaitre la distance de l’espèce
Fiche technique pour enregistrer les données
II.5 Méthodes
II.5.1 Collecte des données
La présente étude s’est déroulée dans la période allant de février-mars 2021 à Kabo et
novembre-décembre 2021 à Makao. La méthode d'échantillonnage mise en évidence est celle
de caméra piège (Distance Sampling). L’emplacement des points caméras était établie à l’aide
du logiciel Distance version 7.4 et les points sur la carte ont été placés à l’aide du logiciel
ArcGis 10.8. L’équidistance entre deux points caméras dépendait de la superficie de la zone de
chasse. Concernant la zone de chasse de Makao (Figure 3), la distance entre deux points
caméras était de 2 Km sur une superficie de 273 Km2 et de 3,5 Km sur une superficie de 572
Km2 de la zone chasse de Kabo (Figure 2). Chaque caméra piège a été attachée à un arbre et
puis ces caméras pièges ont été récupérées après un mois.
13
Figure 2: Emplacement des caméras dans la zone de chasse de Kabo
14
II.5.2 Installation des caméras
L’installation des caméras pièges obéit à plusieurs critères (Figure 5), voir l’Annexe 2 pour les
images d’installation :
➢ choix du site : il dépendait de l’arbre qui présente une bonne conformité et un bon
diamètre;
➢ recherche du cap pour l’emplacement de la caméra : avec la boussole, la caméra piège
a été orienté au nord ou au sud ;
➢ paramétrage : réglage de la caméra ;
➢ emplacement : la caméra piège a été placée sur l’arbre à une hauteur de 50 cm du sol ;
➢ fixation : une délimitation a été faite à l’aide du sécateur les limites de la caméra sur
l’arbre ( figure 4);
➢ déploiement/début : faire la vidéo du début en utilisant le papier plastifié.
15
➢ vidéo de référence : utiliser les papiers laminés ou numérotés de 1 à 15 pour effectuer
les vidéos à chaque distance de la matrice (Figure 5), voir les images de désinstallation
sur l’Annexe 3.
16
Les données ont été enregistrées dans un tableur Excel version 2016, confère Annexe 5. La
reconnaissance des espèces animales a été rendue possible grâce au guide de reconnaissance
des mammifères d’Afrique (Kingdon, 2013).
Ces données ont été ensuite importées dans le logiciel R 4.0.5 et ont été utilisées pour estimer
l’abondance relative animale.
17
𝒎𝒊
FR = x 100 Équation 4
𝒏𝒑
18
CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSION
III.1 Résultats
A l’issue des échantillonnages menés dans les périphéries du Parc National de Nouabalé-Ndoki,
les résultats de la zone de chasse de Kabo et ceux de Makao sont présentés.
III.1.1 Richesse faunique et nombre d’évènements enregistrés dans les deux zones
L’étude réalisée dans la zone de Kabo et Makao a été focalisée sur 15 espèces, 4 ordres et 8
familles (tableau II). Les résultats indiquent que la famille des Bovidae et celle des Suidae sont
les plus représentées dans ces deux zones. Concernant le nombre d’évènements, la famille des
Bovidae avec (2033 pour Kabo et 909 pour Makao) a enregistré un nombre d’évènements très
élevés, suivie de celle des Cricetidae avec 167 évènements pour Kabo et la famille des
Hystricidae avec 320 évènements pour Makao.
Nbres d’évènements
Ordres Familles Espèces
Kabo Makao
Cephalophus callipygus 781 152
Cephalophus dorsalis 172 137
Cephalophus leucogaster 3 0
Bovidae Cephalophus silvicultor 118 40
Philantomba monticola 945 580
Artiodactyles
Syncerus caffer 3 0
Tragelaphus euryceros 11 0
Hylochoerus meinertzhageni 1 0
Suidae
Potamochoerus porcus 27 21
Tragulidae Hyemoschus aquaticus 22 0
Hystricidae Atherurus africanus 102 320
Rongeurs
Cricetidae Cricetomys sp. 167 73
Galliformes Numididae Guttera plumifera 20 22
Viverridae Genetta sp. /civettictis sp. 26 7
Carnivores
Herpestinae Herpestes sp. 92 95
19
III.1.2 Richesse spécifique par ordre
La figure 6 montre la valeur de la richesse spécifique en fonction des ordres.
III.1.3 Nombre de vidéos enregistrées dans les deux zones par espèce
Le tableau III montre le nombre de vidéos enregistrées par espèce. Les résultats indiquent que
L’espèce Philantomba monticola présente le nombre de vidéos le plus élevé dans la zone de
Kabo et Makao avec respectivement 1412 et 785 vidéos. Dans la zone de chasse de Kabo
Cephalophus callipygus est aussi abondante avec 1034 vidéos suivi de Cricetomys sp. avec 220
vidéos les autres espèces sont faiblement représentées et aussi dans la zone de chasse de Makao
Atherurus africanus est aussi abondante avec 358 vidéos suivi de Cephalophus callipygus avec
202 vidéos et d’une part d’autres espèces sont faiblement représentées et d’autre part
Cephalophus leucogaster, Hyemoschus aquaticus, Hylochoerus meinertzhageni, Syncerus
caffer et Tragelaphus euryceros avec 0 vidéos ne sont pas représentées dans la zone de Makao.
20
Tableau III : Nombre de vidéos enregistré par espèce
Cephalophus leucogaster 4 0
Guttera plumifera 94 69
Hyemoschus aquaticus 32 0
Hylochoerus meinertzhageni 1 0
Herpestes sp. 126 106
Syncerus caffer 4 0
Tragelaphus euryceros 49 0
21
Tableau IIV: Sites d'échantillonnage par espèces
Cephalophus callipygus 45 35
Cephalophus dorsalis 35 34
Cephalophus leucogaster 3
Cephalophus silvicultor 37 15
22
III.1.5 Spectres brut et pondéré
Les spectres brut et pondéré analysés varient d’une famille à une autre (figure 7)
23
III.1.6 Fréquence relative des espèces cibles
Le tableau V montre la fréquence (présente 1 et absente 0) relative dans les deux zones. Dans
la zone de chasse de Kabo toutes les espèces ciblées ont été présentes et dans la zone de chasse
de Makao 5 espèces (Cephalophus leucogaster, Hyemoschus aquaticus, Hylochoerus
meinertzhageni, Syncerus caffer et Tragelaphus euryceros) n’ont pas été présentes.
Tableau V: Fréquence relative des espèces
Fréquence relative
Espèces
Kabo Makao
Atherurus africanus 1 1
Cephalophus callipygus 1 1
Cephalophus dorsalis 1 1
Cephalophus leucogaster 1 0
Cephalophus silvicultor 1 1
Genetta sp. /civettictis
1 1
sp.
Cricetomys sp. 1 1
Guttera plumifera 1 1
Hyemoschus aquaticus 1 0
Hylochoerus
1
meinertzhageni
0
Herpestes sp. 1 1
Philantomba monticola 1 1
Potamochoerus porcus 1 1
Syncerus caffer 1 0
Tragelaphus euryceros 1 0
24
Tableau VI: Classification de la liste rouge d’IUCN
Statut
Ordre Famille Espèces
IUCN
25
Tableau VII: Indice d’abondance relative
RAI
Espèces
Kabo Makao
26
III.2 Discussion
III.2.1 Richesse faunique et nombre d’évènements enregistrés dans les deux zones
d’études
Cette étude a été focalisée sur 15 espèces, 4 ordres et 8 familles. Les résultats obtenus indiquent
que la famille des Bovidae avec (7) suivie de celle des Suidae avec (2) présentent un nombre
élevé d’espèces rencontrées. La famille des Bovidae a enregistré un nombre d’évènement très
élevés dans ces deux zones avec 2033 évènements pour Kabo et 909 évènements pour Makao
et la famille des Numididae présente une faible nombre d’évènement avec 20 évènements pour
Kabo aussi la famille des Tragulidea n’est pas représentée avec 0 évènement pour Makao , cette
tendance pourrait s’expliquer notamment par le fait que la famille des Bovidae présente plus
d’espèces enregistrées Nos résultats approuvent l’hypothèse obtenus par Yapi et al. (2011)
stipulent que les activités de la famille des Bovidae demeurent la plus observées depuis les
premières phases du suivi écologique avec 67 % d’empreintes en République du Congo.
III.2.3 Nombres de vidéos enregistrées et sites dans les deux zones par espèce
Dans les deux zones de chasse, l’espèce Philantomba monticola présente le nombre de vidéos
le plus élevé, avec respectivement avec 1412 pour Kabo et 785 pour Makao suivie du
Cephalophus callipygus avec 1034 vidéos pour Kabo et Atherurus africanus avec 358 vidéos
pour Makao. Cela pourrait s’expliquer par le fait que Philantomba monticola est plus abondante
dans les deux zones de chasse. Selon Vliet et al. (2007), des espèces de gibier comme :
Philantomba monticola résistes aux pressions humaines telles que la dégradation de l’habitat
ou la chasse.
Nos résultats correspondent à ceux obtenus par Hedwig et al. (2017), qui affirment que le
Céphalophe bleu est l’espèce fréquemment capturée dans la région de Bate au Gabon.
27
Concernant le nombre de sites d'échantillonnée par espèces, Les résultats indiquent que sur les
51 caméras placées dans la zone de chasse de Kabo, l’espèce Philantomba monticola (44) et
Cephalophus callipygus (45) et la zone de chasse de Makao présente les mêmes observations
que celle de Kabo car, sur 48 caméras placées, l’espèce Philantomba monticola (38) et
Cephalophus callipygus (35) sont les plus présentées et les autres espèces sont moins présentées
dans cette zone de chasse. Cette dominance pourrait s’expliquer par le fait que les deux zones
d’études les Céphalophes sont présents dans tous les types d’habitats. Nos résultats corroborent
avec ceux obtenus dans le triangle de Djéké en 2020 dont le céphalophe bleu (Philantomba
monticola) est présenté comme l’espèce le plus filmée et le plus vue dans la plupart des sites.
28
III.2.7 Classification IUCN des espèces cibles
Nos résultats indiquent que sur les 15 espèces cibles 9 espèces ayant un statut de peu
d’inquiétudes, 5 espèces sont presque menacées et 1 espèce en danger selon la classification de
l’IUCN (2020) ces résultats pourraient s’expliquer par le fait que plus les espèces sont chassées
plus elles deviennent menacées voir même en voie d’extinction. Nos résultats vont dans le
même sens que ceux obtenus par Bout (2006) qui affirme que, l’influence anthropique avaient
poussé les grands ou moyens mammifères au seuil de l’extinction au Gabon.
29
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
L’étude réalisée dans la périphérie du Parc National de Nouabalé-Ndoki (PNNN) dans les zones
de chasse de Kabo et de Makao, donne un aperçu global des espèces fauniques avec comme
intérêt d’évaluer l’abondance relative des espèces ciblées les plus chassées au niveau local. Les
résultats obtenus montrent que la famille des Bovidae est la plus présentée quantitativement
(spectre pondéré) avec 88,66 % pour Kabo et 62,82 % pour Makao suivi des Cricetidae (6,76
%) pour Kabo et Hystricidae (22,11 %) pour Makao. Qualitativement (spectre brut), la famille
des Bovidae 46,67 % est la plus représenté, suivies des Suidae 13,33 % à Kabo et à Makao la
famille des Bovidae 36,36 % est la mieux représentée. Les résultats obtenus par les nombres
d’évènements et de vidéos montre que Philantomba monticola est l’espèce la plus observées
dans les deux zones. Les résultats du RAI montre que Philantomba monticola est l’espèce la
plus abondante dans les deux zones. Cette étude indique que, toutes ces 15 espèces ciblées sont
présente dans la zone de Kabo. Par contre, 5 espèces n’ont pas été observées dans la zone de
Makao, il s’agit notamment de : C. leucogaster, H. acquaticus, H. meinertzhageni, S. caffer et
T. euryceros. Ces résultats montrent que, selon le statut IUCN, 9 espèces sont classées peu
inquiétante, 5 espèces sont presque menacé et 1 espèce en danger.
En définitive, cette étude indique que la zone de chasse de Kabo présente plus des espèces
ciblées avec une abondance importante que celle de Makao. Avec respectivement 15 espèces à
Kabo et 10 espèces à Makao. Dans la zone de Makao les espèces suivantes : Cephalophus
leucogaster, Hyemoschus aquaticus, Hylochoerus meinertzhageni, Syncerus caffer et
Tragelaphus euryceros sont les plus chassées avec un RAI de 0. La famille des Tragulidea est
la plus chassée avec 0 évènement enregistre dans la zone de Makao.
30
En perspective, il serait souhaitable de :
➢ sensibiliser les communautés locales et populations autochtones avec des données
scientifiques, consécutives aux menaces dont les espèces fauniques sont confrontées.
D’où la nécessité de promouvoir la gestion participative et durable des ressources
fauniques ;
➢ mettre en place une nouvelle politique de gestion de la ressource faunique,
conformément à la règlementation et la législation en vigueur dans notre pays ;
➢ diversifier l’apport en protéine animale, si possible développer l’élevage des animaux
domestiques et la pisciculture.
31
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35
ANNEXES
Annexe 1 : Présentation du programme de gestion durable de la faune (SWM)
➢ Historique
En République du Congo, les concessions forestières et les aires protégées jouent un rôle très
important dans la protection de la biodiversité. Cependant, cette biodiversité est confrontée à
plusieurs menaces. Parmi lesquelles, chasse non durable y menace fortement la biodiversité, à
très la chasse illégale des espèces intégralement protégées et la surexploitation de la faune pour
nourrir les populations de villages traditionnels mais aussi les villes secondaires telles que
Ouesso, et les grandes villes plus éloignées (Brazzaville, Bangui). Avec la croissance
démographique expansion de la demande en viande de brousse augmente de plus en plus, ce
qui cause la dégradation des habitats forestiers. Ainsi, la chasse pourrait rapidement réduire
l’abondance de la faune (SWM, 2018). En effet, contenue de tout c’est tous ces problèmes
évoqués, le programme de gestion durable de faune qui était Décembre 2018, a proposé des
solutions adaptées et préjudiciable à durabilité de la faune et la sécurité alimentaire et
nutritionnelle associée à la consommation de la viande et poisson d’origine sauvage dans 8
pays. Au Congo, le projet se focalisera sur les concessions forestières qui constituent le bassin
d’approvisionnement en viandes sauvages (gibier et poisson) de la ville de Ouesso (SWM,
2018).
➢ Objectifs
L’objectif général du Programme de gestion durable de la faune est de contribuer à la
conservation de la faune sauvage, des écosystèmes et de leurs services, ainsi qu’à l’amélioration
des conditions de vie et à la sécurité alimentaire ( Amélioration et la règlementation de la chasse
de la faune sauvage ; accroitre l’offre en viandes et poissons d’élevage produits de manière
durable ; renforcer les capacités de gestion des communautés autochtones et métropoles ;
réduire la demande en viande de brousse, en particulier dans les villes et métropoles ) ; des
populations qui dépendent de ces ressources dans les pays ACP.
Son objectif spécifique est de concilier les enjeux de sécurité alimentaire et de conservation de
la faune par une exploitation durable et légale des populations animales sauvages par les acteurs
ruraux et un ajustement de l’offre en protéines alternatives d’origine domestique au bénéfice
des populations rurales et urbaines.
Plusieurs modèles sont développés dans divers pays ACP pour atteindre cet objectif global. Le
projet mis en œuvre au Congo illustre le modèle : « Gestion communautaire durable de la chasse
et de la pêche au sein de concessions forestières » (SWM, 2018).
A
➢ Les résultats visés par SWM
Les activités du projet sont regroupées en six « résultats », permettent d’évaluer et de suivre
l’atteinte des autres résultats. Dans le cadre de notre étude focalisera sur les résultats deux qui
dit :« La gestion des espèces sauvages résilientes à la chasse ou à la pêche est améliorée ». Le
projet travaillera en collaboration avec les Directions Départementales de l’Economie
Forestière, le personnel ACFAP des USLAB, les compagnies forestières, et la société civile
pour : 1) mettre en place et opérationnaliser des territoires de chasse et de pêche aux accès
différenciés selon les populations cibles ; 2) accompagner les acteurs locaux chargés de la
gouvernance des territoires dans la mise en place de mécanismes de cogestion avec les
concessionnaires forestiers; 3) identifier les règles de chasse/pêche, de gestion des
prélèvements, de surveillance et de suivi des règles permettant une gestion adaptative de la
chasse et de la pêche par les groupes de chasseurs/pêcheurs ; 4) renforcer les capacités des
chasseurs/pêcheurs, les accompagner pour développer le micro-entrepreneuriat et un système
d’épargne/prêt et diversifier ainsi leurs revenus en compensation de toute perte potentielle liée
à la baisse du niveau de prélèvement à un niveau durable(SWM, 2018).
➢ Organisation et Fonctionnement
Le programme de gestion durable de la faune (SWM) regorge de nombreuses entités reparties
de manière suivante :
B
Annexe 2 : Installation du caméras pièges
C
D
Annexe 4 : Liste des espèces cibles pour cette étude
E
Annexe 5 : Fiches de traitement des données sur Excel
F
Cephalophus dorsalis Cephalophus silvicultor
(Céphalophe bai) (Céphalophe à dos jaune)
G
Atherurus africanus (Atherurus) Hylochoerus meinertzhageni(Hylochère)
H
Annexe 7 : Matériels techniques : A) Caméras pièges ; B) Les cartes laminées ; C) Mètres-
rubans ; D) Boussole ; E) Sécateur ; F) Machette ; G) GPS ; H) Delorme et I) Ruban de couleur
vive
A B
C D
E F
G H I
I
32