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Cours dispensé le Mardi 17 Mai 2011 Vol 4 100 Frs
SECO L1
Thème II : L’ACCORD DE PARTENARIAT ECONOMIQUE (APE)
LES ACCORDS DE PARTENARIAT
ÉCONOMIQUE (APE)
I. Définition des Accords de Partenariat Économique
Les Accords de Partenariat Économique (APE) sont des accords commerciaux conclus entre l’Union
européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Leur objectif principal est de créer
une zone de libre-échange compatible avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce.
II. Contexte et origine des APE
1️⃣ Les Accords de Lomé (1975–2000)
Les relations commerciales entre l’UE et les pays ACP étaient régies par les Accords de Lomé, qui
accordaient des préférences commerciales non réciproques aux pays ACP.
2️⃣ L’Accord de Cotonou (2000)
Signé au Cotonou, l’Accord de Cotonou remplace les Accords de Lomé et prévoit la négociation des APE
pour respecter les règles de l’OMC.
III. Objectifs des APE
Les APE poursuivent plusieurs objectifs :
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🔹 1. Intégration dans l’économie mondiale
Faciliter l’insertion des pays ACP dans le commerce international.
🔹 2. Développement économique
Stimuler la croissance économique par :
l’augmentation des exportations,
l’attraction des investissements,
la modernisation des économies.
🔹 3. Coopération régionale
Renforcer l’intégration régionale en Afrique (ex : CEMAC, CEDEAO).
IV. Fonctionnement des APE
🔸 Principe de réciprocité
Contrairement aux Accords de Lomé, les APE sont réciproques :
L’UE ouvre totalement son marché aux produits ACP.
Les pays ACP ouvrent progressivement leur marché aux produits européens (sur 15 à 20 ans).
🔸 Démantèlement tarifaire progressif
Suppression graduelle des droits de douane sur une partie des produits.
🔸 Clauses de sauvegarde
Les pays ACP peuvent protéger certains secteurs sensibles (agriculture, industrie naissante).
V. Cas du Cameroun
Le Cameroun a signé un APE intérimaire avec l’Union européenne en 2009, entré en vigueur en 2016.
Caractéristiques :
Accès libre au marché européen pour les produits camerounais (banane, cacao, bois, etc.).
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Démantèlement progressif des droits de douane sur environ 80 % des produits européens.
VI. Avantages des APE
✅ 1. Accès garanti au marché européen
Les exportations africaines bénéficient d’un accès sans droits de douane.
✅ 2. Stimulation des investissements
Les APE rassurent les investisseurs étrangers.
✅ 3. Modernisation économique
Encouragent les réformes structurelles.
VII. Limites et critiques des APE
1. Risque de désindustrialisation
Les industries locales peuvent être fragilisées par la concurrence européenne.
2. Perte de recettes douanières
Les droits de douane représentent une part importante des recettes publiques dans certains pays africains.
3. Dépendance commerciale
Renforcement des exportations de produits primaires au détriment de la transformation locale.
VIII. Enjeux actuels
Compatibilité avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)
Diversification économique
Industrialisation
Souveraineté économique
Conclusion
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Les APE constituent un instrument majeur de la politique commerciale entre l’Union européenne et les
pays ACP. S’ils offrent des opportunités de croissance et d’intégration internationale, ils soulèvent
également des débats sur la protection des économies locales et le développement industriel.
Section I : PRESENTATION DE L’ACCORD
I – DE LOME A COTONOU
L’accord de Cotonou signé en Juin 2000 institue une réforme radicale des
relations entre l’Union Européenne et les pays ACP (Afrique Caraïbe Pacifique)
jusque là régis par les différentes conventions commerciales de Lomé. Celles-ci
étaient basées sur un système de préférence non réciproque pour la plupart des
produits industriels et agricoles en provenance des ACP. Pratiquement tous les
produits ACP rentraient librement sur le marché européen, les pays ACP appliquent
aux importations européennes les mêmes traitements qu’aux importations du
reste du monde.
Pour trois produits agricoles rentrant en concurrence avec les produits
européens (sucre, banane, viande de bœuf), un régime particulier appelé
« protocole » permettait d’entrer une quantité limitée de ces produits sur le
territoire européen d’une quantité limitée de ces produits à prix intérieur fixe,
mais supérieur au coût mondial.
En plus de ces préférences, des mécanismes de stabilisation des coûts tel que
STABEX (Stabilisation des Exportations) permettaient de compenser les pertes
de recettes liées à la baisse du prix des matières premières sur le marché
international.
Le bilan de ces préférences a été globalement décevant. Les conventions de
Lomé n’ayant pas empêché la marginalisation des pays ACP dans le commerce
mondial.
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En effet, et cela malgré l’élargissement du groupe ACP, la part de ces
exportation est passée de 3% au début des années 70 à environ 1,5% à ce jour.
Le régime de Lomé n’a pas non plus permis la diversification des produits
exportés par les ACP. Pour beaucoup de ces pays, la part des exportations
agricoles dépasse de 50% les exportations totales et celles-ci sont souvent
concentrées sur un petit nombre de produits.
Toutefois, malgré ce bilan globalement décevant, certains secteurs ont profité
de l’avantage que leur donnent les préférences européennes. Car, si les
exportations agricoles des ACP par exemple ont augmenté de 43% entre 1988 et
2000, ce taux est particulièrement remarquable pour les fleurs +230%, de légumes,
+132% ou encore le tabac, +83%).
1) Une remise en cause radicale
Le bilan décevant du système de préférence s’explique par des problèmes
structurels, les préférences peuvent être jugées comme non initiatives ou
dérivatives, car en accordant un accès privilégié au marché européen par rapport au
concurrent où les prix artificiellement élevés pour des produits de protocole, elles
auraient favorisé « le maintien d’exportation traditionnelles au détriment
d’exportation plus diversifiées », mais surtout « la compétitivité des ACP » très
faible est liée au contraintes pesant sur l’offre de produit (faiblesse du niveau
d’investissement, des infrastructures, des technologies, des services financiers ou
encore des institutions des marchés). Les quelques points (pourcentages) retirés
des préférences tarifaires ne sont pas suffisants pour compenser ces difficultés
structurelles.
Depuis, d’autres obstacles non tarifaires tels que les normes salutaires et
phytosanitaires ou encore les obstacles techniques au commerce limitent les
exportations des ACP.
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Malgré ce bilan décevant, la réforme radicale du régime de Lomé est surtout
motivée par la nécessité de le rendre conforme aux règles de l’OMC.
2) Exigences de mise en conformité avec l’OMC
Les préférences accordées aux ACP enfreignent le principe NPF établi par le
1er article de GGATT et selon lequel « toute préférence commerciale accordée à
un pays membre de l’OMC doit l’être automatiquement et sans condition à tous
les autres membres. » (cette question ne manque jamais à
l’examen, confer c£é du succès)
Les exceptions sont prévues à ce principe (NFP), car une préférence peut
être discriminatoire :
- Dans le cadre des accords de libre échange réciproque ;
- Dans le cadre d’un traitement accordé à un pays développé, à tous les pays en
voie de développement ou à tous les PMA, sans distinction entre les pays (SPC).
Les préférences héritées de Lomé ne sont pas éligibles au titre de ces
exceptions, d’une part, l’origine est non réciproque, parce qu’il n’est pas un accord
de libre échange et d’autre part, il est discriminatoire, car plus généreux envers les
ACP qu’envers d’autres pays en développement. Pour cette raison, il a fallu modifier
le régime commercial de Lomé pour le mettre en conformité avec les règles de
l’OMC.
Un nouveau régime commercial sur lequel se sont accordés les ACP et
l’Union Européenne en Juin 2000 à Cotonou est mis en place sous la forme
d’accord partenariat économique.
II – L’ACCORD DE COTONOU ET MISE EN PLACE DES A.P.E
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L’accord de Cotonou régit l’ensemble des relations entre les pays ACP et
l’UE et ouvre à la fois la coopération de développement et les relations
commerciales.
Le volet commercial de l’accord de Cotonou visant à mettre en place à partir
de 2008 l’accord de partenariat économique entre l’UE d’une part et les pays
ACP regroupés au sein des blocs régionaux d’autre part.
La négociation des APE a débuté en Septembre 2001 et devait se poursuivre
jusqu’au milieu de l’année 2007. Malheureusement, les négociations n’ont pas
abouti et sont toujours en cours et seuls les accords intérimaires sont signés à ce
jour.
1) Des fondements des APE
Ces fondements tel que définis par l’accord de Cotonou sont les suivants :
a) La réciprocité des APE oblige les ACP à offrir la réciprocité, c'est-à-dire
qu’à leur tour, ils ouvrent progressivement les produits au marché européen. Le
principe est que cette ouverture va être asymétrique, l’UE ouvrant son marché
à 100% aux produits échangés et les ACP à 80%.
b) La négociation par bloc régionaux : l’UE encourage les ACP à signer
les APE, non pas inconsidérablement, mais en bloc de groupement régionaux.
Cela permettait d’éviter la prolifération des accords et de contribuer à soutenir
l’intégration régionale intra ACP.
c) Un traitement particulier pour le PMA : l’accord de Cotonou
dispose que les 40 PMA des groupes ACP ne sont pas tenus de signer un APE
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pour conserver leur niveau d’accès au marché de l’UE, ceci en raison de « la
fragilité particulière de leur économie. »
2) Quelles alternatives aux APE ?
Si les accords de libre échange sont en cours, ils ne sont pas obligatoires.
Pour les pays ACP qui ne s’engageront pas dans les APE, le nouvel accord permet
un traitement différent pour les PMA et les non PMA. Cette nouveauté met fin au
principe de non discrimination des ACP.
Les alternatives aux APE seront probablement les suivantes :
- Pour les PMA : c’est l’initiative « Tout sauf les armes » qui s’applique (depuis
mai 2011, l’UE laisse entrer librement sur son marché, tout les produits en
provenance des PMA, sauf les armes et munitions : c’est l’initiative « Tout sauf
les armes »).
- Pour les pays ACP non PMA, l’accès au marché européen serait régi par un
dispositif alternatif qui reste à définir ? toutefois, la seule option alternative à
l’accord de libre échange aujourd’hui admise à l’OMC étant le SPG (Système de
Préférence Généralisé) accordé à tous les pays en développement, il est
probable que celui-ci s’imposera.
3) Les implications de l’ouverture des marchés des pays ACP aux produits
européens.
Trois impliquions principales liées à l‘ouverture des marchés des pays ACP
peuvent être relevées :
a) Mise en concurrence avec tout produit européen
En ce qui concerne l’accès au marché, les pays ACP insistent sur la nécessité
de conserver les acquis antérieurs et notamment de garder le bénéfice des
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protocoles. Condamnés à plusieurs reprises par l’OMC, ces protocoles sont en
cours de modification importante et les produits ne pourraient plus rentrer sur le
territoire européen au prix européen.
Pour continuer à bénéficier de l’accès préférentiel au marché européen, les
ACP doivent aussi éliminer les barrières aux exportations européennes sur leur
marché. Cette réciprocité met non seulement en concurrence sur les marchés
ACP les produits locaux par des exportations, mais en plus, elles peuvent être
source de destruction des économies et du recul en terme de développement.
b) Les implications fiscales
Celles-ci seront également importantes pour les pays ACP dont plus de 20%
des recettes publiques proviennent des recettes douanières. En ouvrant leurs
frontières à leur principal partenaire commercial, les pays ACP perdront une
ressource importante.
c) Les ACP et les initiatives des intégrations régionales.
Le rapport conjoint UE-ACP adopté suite à la conclusion de la première
phase de négociation est claire sur ce point : les APE n’ont de sens que s’ils
renforcent les initiatives d’intégration régionales existant dans les pays ACP.
Dans ce sens, les APE devront servir à consolider les marchés ACP avant de
promouvoir l’intégration commercial avec l’UE. L’idée est qu’en permettant des
économies d’échelle, l’intégration régionale renforce la compétition des
produits.
De plus, en harmonisant les politiques commerciales, l’intégration augmente
les flux commerciaux intra régionaux et renforcent la stabilité de la région qui
sera mieux à même d’attirer les investisseurs étrangers.
Fin du cours dispensé ce jour
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