CH7: Voter Une Affaire Individuelle Ou Collective?
CH7: Voter Une Affaire Individuelle Ou Collective?
Mme d’Alès
Objectifs d'apprentissage :
- Être capable d'interpréter des taux d'inscription sur les listes électorales, des taux de participation et d'abstention
aux élections.
- Comprendre que la participation électorale est liée à divers facteurs inégalement partagés au sein de la population
(degré d'intégration sociale, intérêt pour la politique, sentiment de compétence politique) et de variables
contextuelles (perception des enjeux de l'élection, types d'élection).
- Comprendre que le vote est à la fois un acte individuel (expression de préférences en fonction d'un contexte et
d'une offre électorale) et un acte collectif (expression d'appartenances sociales).
- Comprendre que la volatilité électorale revêt des formes variées (intermittence du vote, changement des
préférences électorales) et qu'elle peut refléter un affaiblissement ou une recomposition du poids de certaines
variables sociales, un déclin de l'identification politique (clivage gauche/droite notamment) et un renforcement du
poids des variables contextuelles.
I. Le vote
A. Présentation
B. Détermination de l’abstention
A. Définition et formes
B. Explications
1ere SES 2025 2026 CH7 Voter une affaire individuelle ou collective ? Mme d’Alès
Les déterminants du vote : facteurs explicatifs de la participation et du choix électoral. Loin d’être purement
aléatoires, les comportements électoraux des citoyens dépendent de leurs attributs socio-économiques et culturels.
La non-inscription : fait pour un individu qui pourtant remplit toutes les conditions pour le faire, de ne pas
s’inscrire sur les listes électorales.
La mal-inscription: fait d'être inscrit sur les listes électorales dans un lieu qui ne correspond pas au lieu de
résidence.
La participation électorale : fait pour un individu inscrit sur les listes électorales de participer effectivement au
scrutin. On la mesure avec le taux de participation électorale.
Taux de participation électorale : nombre de votants/ nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales x 100
L’abstention électorale : fait pour un individu inscrit sur les listes électorales de ne pas participer aux scrutins.
Elle est mesurée par le taux d’abstention électorale.
Le taux d’abstention électoral : nombre d’électeurs inscrits sur les listes qui n’ont pas voté/ nombre d’électeurs
inscrits sur les listes x 100
Le taux d’inscription : mesure le pourcentage d’électeurs inscrits parmi les électeurs potentiels.
On le calcule grâce à la formule suivante : électeurs inscrits/ électeurs potentiels x 100.
Le vote intermittent (ou l’abstention intermittente) :consiste à voter à certaines élections mais pas à d’autres.
Le sentiment de compétence politique : est le sentiment que les individus ont de connaître et de comprendre la
vie politique et de pouvoir légitimement donner leur opinion sur les débats politiques.
La volatilité électorale : désigne les changements du comportement électoral entre 2 scrutins. C’est donc le fait de
ne pas voter systématiquement pour le même parti politique.
L’identification politique : est le phénomène par lequel un individu s’identifie et soutient un parti ou un camps
politique. L’identification politique est notamment liée à la socialisation.
Variables lourdes : variables sociales et culturelles qui semblent les plus explicatives du vote.
Vote de classe : théorie selon laquelle l’appartenance à une classe sociales déterminée influe sur le comportement
électoral
Vote sur enjeux : Théorie selon laquelle les électeurs orientent leur vote en fonction de leur opinion sur un
ensemble de problèmes politiques, qu’ils confrontent aux solutions proposées par les différents candidats.
Le vote : acte de participation à un scrutin tout en étant inscrit sur les listes électorales.
Big Data : Gestion des données numériques allant de la captureà à la recherche, au partage au stockage, à lanalyse
et à la présentation des données.
L’identification partisane : fait pour un individu de s'identifier à un parti ou de reconnaître en lui le meilleur
défenseur de ses intérêts et opinions. La famille : la socialisation politique primaire joue un rôle primordial dans la
transmission des préférences politiques des parents aux enfants.
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Sensibilisation :
→☺Les faire réfléchir sur l’importance du vote dans un régime démocratique, faire émerger les grandes notions
des aspects d’une démocratie et des différents types de démocratie.
Dans les régimes démocratiques, la seule méthode prévue pour accéder au pouvoir est d'organiser une élection
entre plusieurs candidats ou entre plusieurs listes de candidats. Le vote est donc central.
I. Le vote
A. Présentation
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→ Un bref historique :
Le vote implique un pluralisme politique.
Pluralisme politique
Dans le cadre de la démocratie représentative, la pluralité des partis permet une représentation de toutes les
sensibilités politiques.
La Constitution française au travers de La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 stipule que « La loi garantit les
expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie
démocratique de la Nation. »
En France, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) tout au long de chaque campagne électorale s'assure de
l'égalité de traitement dans les médias de chaque parti en garantissant un temps d’antenne équitable.
Le mode de scrutin se caractérise par le type de scrutin et le mode d’attribution des sièges :
1/ Pour le type de scrutin
2/ Pour le mode d’attribution des sièges, on distingue souvent quatre modes de scrutin :
→ Youtube, Fonctionnaire territoriaux, Comprendre les ÉLECTIONS en France (suffrages et scrutins) 5 min52
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- le modèle individualiste et rationnel ou l’individu/ électeur est considéré comme actif qui prend des décisions
rationnelles.
La variable lourde la plus importante est l’appartenance à une catégorie économique et sociale.
C’est ce qu’on appelle le vote de classe.
« Le vote de classe est un vote déterminé par le rapport que les individus entretiennent aux moyens de production et d’échange. »
Paul LAZARFELD a mis en évidence le poids de ces variables lourdes lors de l’élection présidentielle américaine
de 1940 . Il écrit « une personne pense politiquement comme elle est socialement. »
Selon lui les orientations politiques sont stables et dépendent des normes du milieu familial social et culturel.
Dans ces conditions la campagne politique a un effet très limité sur les choix politiques.
En off :A l’Université de Columbia, à l’occasion des élections présidentielles de 1940, des sociologues, notamment Paul Lazarfeld, ont
cherché à savoir si le vote était influencé par des variables sociologiques ou s’il était le fruit des campagnes électorales. En interrogeant
régulièrement des électeurs, ils s’aperçoivent que la grande majorité d’entre eux a arrêté son choix avant même l’ouverture de cette
campagne sans en changer par la suite. Plus encore, ils remarquent que cette orientation initiale était étroitement liée au groupe
d’appartenance de chacun, défini par son statut social, sa religion et son lieu de résidence. Lazarsfeld montre ainsi qu’on peut prédire le
vote d’un individu en connaissant quelques-unes de ses caractéristiques sociales (statut social, lieu de résidence, religion). Les électeurs
protestants aisés qui vivent en milieu rural votent à 75% pour le Parti républicain, et les électeurs catholiques issus de milieux urbains
défavorisés votent à 75% pour le Parti démocrate. Pour Lazarsfeld, "les gens pensent politiquement comme ils sont socialement".
L'Élection présidentielle américaine de 1940 est la 39ᵉ élection présidentielle des États-Unis qui a eu lieu le 5 novembre 1940. Le
président sortant, Franklin Delano Roosevelt, candidat démocrate, a rompu avec la tradition de ne pas concourir pour un troisième
mandat, ce qui devint un enjeu majeur de cette élection. Le candidat républicain Wendell Willkie, un quasi-inconnu mena une campagne
énergique mais ne put éviter la réélection confortable de Roosevelt. Ce dernier allait remporter l'élection pour un quatrième mandat en
1944. »
D’autres explications en dehors du rôle des variables lourdes sont donc avancées pour expliquer le vote.
C’est ce que font les analystes qui prônent le modèle individualiste et rationnel pour l’expliquer.
→L’indice d’Alford:
1- Introduction et enjeux de la notion
L'indice d'Alford, créé au début des années 60, est utilisé pour déterminer l'importance du "vote de classe", autrement dit du lien entre classe
sociale et orientation politique lors du vote. Il s'inscrit donc dans le débat sur les variables lourdes du comportement électoral. Plus précisément,
il est souvent utilisé parce qu'il permettrait de montrer un déclin du vote de classe: le lien entre une classe sociale et un vote serait de moins en
moins fort.
4- Un indice critiqué
Toujours utilisé, l'indice d'Alford a été critiqué comme un indice un
peu "simpliste" sur le plan méthodologique.
- la société est devenue beaucoup plus complexe et distinguer les
ouvriers et les non ouvriers est très simpliste: un certain nombre
d'employés, par exemple, font partie des catégories populaires
sans être ouvriers.
- opposer vote à gauche et vote à droite conduit à passer à côté de
certaines évolutions politiques. Ainsi, certains pensent que le vote
pour l'extrême-droite est aussi un vote de classe dominée dans le
sens où il s'agit d'un vote contestataire et non d'un vote pour les
partis réformistes, ayant pour but de gouverner (droite, centre, gauche).
- certains auteurs, en utilisant des outils plus élaborés sur le plan statistique, ont pu montrer que le vote de classe se maintient partiellement.
Les analystes du modèle individualiste et rationnel mettent en avant le fait que le vote est avant tout le reflet d’un
choix individuel et rationnel.
C’est le développement de l’analyse de « l’électeur stratège » d’Anthony DOWNS dans « An economices theory
of democraty » de 1957. Anthony DOWNS y met en évidence le fait que l’électeur devient stratège et qu’il choisit
donc de manière autonome.
1/ sur le choix des sujets traités : c’est ce que montre la théorie de l’agenda.
2/ sur la manière dont sont traités les sujets : c’est ce qu’on appelle l’effet de cadrage.
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3/ Sur la manière dont sont présentées les différentes opinions ; c’est ce qu’on appelle l’effet d’amorçage.
→En conclusion Et aujourd’hui les nouvelles technologies deviennent des outils majeurs.
→Facebook : Comment Facebook peut influencer le résultat d'une élection, 3 min
→Facebook : Gagner des élections grâce à vos données, 7 min25
→Facebook : Marketing politique : Démocra-ciblée - #DATAGUEULE 68, 12 min
La mal-inscription :
→☺ Article la mal-inscription en annexe
La non-inscription :
→☺Article la non inscription en annexe
B. Détermination de l’abstention
Doc 2 P 236 : Abstentionnistes dans le jeu politique et abstentionnistes hors du jeu politique
Doc 3 P 237 : Sociologie de l’abstention au premier tour des élections présidentielles de 2017
Doc 4 P 237 : Un affaiblissement des déterminants sociologiques de l’abstention
L’abstention :
→l’abstentionnisme constant :
Ces abstentionnistes sont qualifiés de « hors jeu » par Anne Muxel.
→ l’abstentionnisme intermittent
Ces abstentionnistes sont qualifiés « dans le jeu « par Anne Muxel.
→En conclusion
La participation électorale
Taux de participation électorale
Taux d’inscription
1/Pour pouvoir voter en France il faut être inscrits sur les listes électorales.
2/ L’abstention
A. Définition et formes
La volatilité électorale
B. Explications
1/ Les votes des électeurs sont de moins en moins déterminés par leur appartenance sociale
Gauche Droite
→Youtube :Voter : une affaire individuelle ou collective ? (SES 1re) livre scolaire 2 min15
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Annexes :
Le vote constitue la pierre angulaire de la démocratie représentative. À la fois rituel citoyen et mode de sélection des
candidats à l’élection qui conduit au mandat politique, le fonctionnement du vote est très largement déterminé par le mode de
scrutin.
Le mode de scrutin peut être défini comme le mécanisme permettant de désigner les élus et repose sur le choix d’un principe
de décompte des voix permettant l’attribution des sièges et mandats.
Deux grandes modes de scrutin existent :
- le scrutin majoritaire
- le scrutin proportionnel.
Il existe une multitude de variantes pour chacun de ces modes de scrutin, et ce d’autant plus qu’il est possible de croiser ces
deux modes.
Les modes de scrutin jouent un rôle déterminant dans la vie politique et dans le champ du pouvoir.
En effet, choisir un certain mode de scrutin détermine pour une large part les stratégies politiques des candidats, la légitimité
de ceux qui sont élus, l’organisation des élections, le nombre de partis politiques, et voir même le résultat de l’élection et le
comportement des électeurs en influençant pour une part la façon dont ils se prononcent.
1/ Le scrutin majoritaire : repose sur un principe simple, en apparence : le candidat à l’élection qui a le plus grand nombre
de voix est élu. Le candidat élu le sera soit à la majorité absolue des suffrages exprimés, c’est-à-dire qu’il dispose de plus de
50% des voix, soit à la majorité relative, son score est plus élevé de tous les autres candidats.
Ce scrutin peut porter sur la désignation d’un seul candidat, il s’agit alors d’un scrutin majoritaire uninominal lorsqu’il n’y a
qu’un seul siège à pourvoir.
L’exemple type de ce type de scrutin est l’élection présidentielle française.
Il peut aussi être plurinominal lorsqu’il y a plusieurs sièges à pourvoir.
→Le scrutin majoritaire peut se dérouler sur un seul tour, ci qui est le cas des élections à la Chambre des communes
britannique, le candidat qui l’emporte est celui qui obtient le plus de voix dans ce seul et unique tour.
→Le scrutin majoritaire peut aussi être à deux tours. Le premier tour sert à éliminer les candidats ayant le moins de voix
pour ne conserver que les candidats qui ont franchi un certain seuil.
Cette modalité du scrutin majoritaire est utilisée pour les élections présidentielles et legislatives françaises en autre.
Pour ce scrutin, le seuil minimum de maintien au second tour correspond à 12,5% des électeurs inscrits sur les listes
électorales.
Le deuxième tour n’a lieu que si au premier tour aucun des candidats n’a atteint la majorité absolue des suffrages exprimés et
qu’ils se trouvent donc en situation de ballotage.
2/ Le scrutin proportionnel consiste à attribuer à chaque parti une représentation sensiblement proportionnée.
Le scrutin proportionnel est le plus souvent un scrutin de liste utilisé pour choisir les représentants au sein d’une assemblée
exerçant des fonctions législatives.
Il existe deux types de liste : les listes fermées et les listes ouvertes.
Dans les deux cas, chaque parti présente autant de candidats qu’il y a de sièges à pourvoir.
Dans le cas de la liste fermée, les candidats et l’ordre des candidats sur la liste ne peuvent être changés.
Dans le cas de liste ouverte, les électeurs peuvent changer l’ordre des candidats sur la liste et ajouter ou supprimer des
candidats sur la liste. Ils peuvent aussi décider de placer sur la liste des candidats de toutes les listes selon le principe du
panachage.
L’attribution du nombre de sièges en fonction du résultat obtenu dépend de la modalité qui a été choisie pour calculer la
répartition. On distingue 2 types de scrutin proportionnels :
→La représentation proportionnelle intégrale, un quotient électoral est déterminé en divisant le nombre de suffrages
exprimés par le nombre de siège à attribuer. Chaque liste reçoit autant de sièges qu’elle a obtenu de fois ce quotient.
Afin de limiter l’influence des petites organisations politiques et d’éviter la fragmentation de l’assemblée en une multitude de
composantes politiques, un seuil minimum de suffrages exprimés est souvent fixé (5% pour les élections municipales).
→La représentation proportionnelle approchée repose sur le fait que le quotient électoral puisse être supérieur au total des
voix obtenues par les listes, ou qu’il y aie de nombreux sièges à pourvoir après la première répartition en raison d’un nombre
de suffrages exprimés peu élevé.
La question est de savoir comment répartir les sièges non attribués à la proportionnelle intégrale.
Pour simplifier, deux méthodes existent pour déterminer cette deuxième répartition.
- La première : celle du plus fort reste : après retrait des voix correspondant aux sièges attribués à la proportionnelle intégrale,
attribution des postes restants aux listes disposant du nombre de suffrages exprimés restant le plus important.
- La deuxième : à la plus forte moyenne, attribution dans un premier temps des sièges avec le quotient, puis les sièges restant
sont attribués aux listes en fonction de leur moyenne.
La moyenne est calculée en divisant le nombre total de voix obtenues par chaque liste par le nombre de sièges de quotient
déjà attribués plus un (siège dit « fictif »). Les sièges restants sont ainsi attribués dans l'ordre décroissant de la moyenne.
1ere SES 2025 2026 CH7 Voter une affaire individuelle ou collective ? Mme d’Alès
→L’indice d’Alford:
1- Introduction et enjeux de la notion
L'indice d'Alford, créé au début des années 60, est utilisé pour déterminer l'importance du "vote de classe",
autrement dit du lien entre classe sociale et orientation politique lors du vote. Il s'inscrit donc dans le débat sur les
variables lourdes du comportement électoral. Plus précisément, il est souvent utilisé parce qu'il permettrait de
montrer un déclin du vote de classe: le lien entre une classe sociale et un vote serait de moins en moins fort.
4- Un indice critiqué
Toujours utilisé, l'indice d'Alford a été critiqué comme un indice un peu "simpliste" sur le plan méthodologique.
- la société est devenue beaucoup plus complexe et distinguer les ouvriers et les non ouvriers est très simpliste: un
certain nombre d'employés, par exemple, font partie des catégories populaires sans être ouvriers.
- opposer vote à gauche et vote à droite conduit à passer à côté de certaines évolutions politiques. Ainsi, certains
pensent que le vote pour l'extrême-droite est aussi un vote de classe dominée dans le sens où il s'agit d'un vote
contestataire et non d'un vote pour les partis réformistes, ayant pour but de gouverner (droite, centre, gauche).
- certains auteurs, en utilisant des outils plus élaborés sur le plan statistique, ont pu montrer que le vote de classe se
maintient partiellement.
1ere SES 2025 2026 CH7 Voter une affaire individuelle ou collective ? Mme d’Alès
La « mal-inscription » sur les listes électorales touche des millions de Français, Le monde
Les électeurs qui ont déménagé ont jusqu’au 31 décembre pour changer de bureau de vote. A Paris, le corps électoral pourrait franchir
un record à la fin de l’année, dépassant le palier de 1,247 million atteint en 1978.
Non-inscrits et mal-inscrits : comment les ramener aux urnes Par Ulysse Bellier — 6 juillet 2018 à 10:46 Liberation
Alors qu’une réforme des inscriptions sur les listes électorales entre progressivement en vigueur, une nouvelle note
de l’Insee montre que trois millions de Français en âge de voter sont absents des registres.
Non-inscrits et mal-inscrits : comment les ramener aux urnes ?
Elections législatives, présidentielle, européenne : chaque élection montre que les jeunes votent moins que les
autres. Une étude de l’Insee parue cette semaine souligne aussi le faible taux d’inscription sur les listes électorales
des trentenaires. Un phénomène qui se manifeste particulièrement chez les «jeunes hommes sans diplôme et dans
des situations économiques précaires», précise à Libération Céline Braconnier, politiste et directrice de Sciences-
Po Saint-Germain-en-Laye. A peine 57% des trentenaires sans aucun diplôme sont inscrits sur les listes électorales,
quand c’est le cas pour 86% des bacheliers. «Le niveau de diplôme est le facteur sociodémographique qui
discrimine le plus», écrivent Sébastien Durier et Guillaume Touré, les auteurs de la note de l’Insee Mais d’autres
éléments entrent en ligne de compte : le lieu d’habitation, et les modes d’acquisition de la nationalité.
Les personnes naturalisées, sont surreprésentées parmi les non-inscrits, observe Céline Braconnier. 35 % des
Français nés à l’étranger (né Français ou non) étaient non-inscrits notait en 2012 dans une autre étude l’Insee,
contre 6 % pour ceux nés en France. Mais ces derniers bénéficient de l’inscription d’office depuis 2001, ce qui a
«mécaniquement» réduit la non-inscription des jeunes, explique la politiste. Mais en cas de déménagement, s’ils ne
sont pas accompagnés, «s’ils ne sont pas socialisés au vote et entraînés à s’inscrire, ils alimenteront la non-
réinscription et donc l’abstention»
Alors que l'élection présidentielle aura lieu dans huit mois, les Français disposant du droit de vote et ayant
déménagé ne doivent pas tarder à faire les démarches nécessaires pour être inscrits sur les listes électorales de leur
nouvelle commune. Après le 31 décembre prochain, il sera trop tard : pour voter, ils continueront alors à dépendre
de leur ancienne commune. Dès lors, ces "mal-inscrits" pourraient s'abstenir de voter.
En attendant une réforme de la procédure d'inscription votée en juillet dernier et qui entrera en vigueur pour les
élections municipales de 2020 (voir notre article du 21 juillet 2016), l'Association des maires de France (AMF) et
le réseau Cap’Com appellent les communes à se mobiliser dès à présent pour réduire au maximum le nombre de
ces situations aujourd'hui très répandues. En charge de la gestion des listes électorales, elles sont les mieux placées
pour communiquer auprès des habitants sur les démarches d'inscription.
sur les facteurs ont aussi obtenu de bons résultats. Toutes ces pistes doivent participer d'une stratégie qui, de
préférence, multiplie les canaux et les supports et ne se contente pas de l'écrit.